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 La vie n'est qu'éternel recommencement

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Message Sujet: La vie n'est qu'éternel recommencement   Mar 5 Juil - 3:16


Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Freyja & Marianne

La vie n'est qu'éternel recommencement



• Date : 14 juillet 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Freyja a fait mander Marianne à la Taverne de la Rose pour l'entretenir d'un souci bien particulier.


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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Mar 5 Juil - 3:19


La vie n'est qu'éternel recommencement
Mais au bout d'un moment on tourne en rond quand même
Marianne & Freyja • 14 juillet 1001


Et c’est quand qu’elle arrive ? Par toutes les catins des ports, la ponctualité a tendance à se perdre, de nos jours ! Fébrile, la pirate arpente l’étage de la Taverne de la Rose de grands pas impatients, soulevant par endroits de petits nuages de poussière qui vaudront aux servantes du logis quelque bien sévère remontrance. Un aller dans un sens, à travers les deux chambres, le couloir et le palier de l’escalier pour déboucher sur la plate-forme d’envol ; vide – alors, retour dans l’autre sens, puis rebelote. Il s’est sûrement écoulé la moitié d’une heure lorsqu’un bruissement d’ailes indique qu’une créature à plumes vient de se poser sur le rebord prévu à cet effet. D’un bond, Freyja se précipite à l’extérieur – enfin ! Elle est là !

De quelques enjambées énergiques, elle fond droit sur sa proie, les bras tendus, pour l’attraper à la volée et la serrer contre elle dans une étreinte digne d’un ours des cavernes mal embouché. « T’es en retard, Marianne ! J’ai cru que tu viendrais pas ! » Tapant du pied sur le bois de la plate-forme comme une enfant gâtée, elle manifeste sa désapprobation – tout comme sa propre fille le fait, et en réalisant à quel point son comportement rappelle celui de sa boudeuse aînée, elle se détend, et émet un rire un peu gêné. « On dirait Lou-Ann ; je suis ridicule, allez. Pardonne-moi – j’avais tant hâte de te voir, mon amie, et je te remercie d’avoir promptement répondu à mon appel. » Une simple note, en vérité, confiée à un gamin des rues contre espèces sonnantes et trébuchantes pour qu’il s’en aille quérir Marianne d'Orsang, aux bons soins de la Guilde des Voltigeurs.

L’appel a visiblement fini par atteindre sa destinataire, et Freyja entraîne la femme médecin à travers tout l’étage, vers le salon privé qui sert à la fois de bureau, de coffre-fort, de bibliothèque et de salle d’entretiens privés. Posément, elle sort d’une commode deux chopines et une bouteille renflée contenant le meilleur rhum des îles, dont elle sert deux généreuses rasades. Elle s’installe en face de son amie – et, passant la main dans sa chevelure brune passablement en désordre, elle fixe la Voltigeuse, la bouche entrouverte, peinant visiblement à trouver ses mots tandis que son esprit saute frénétiquement d’une phrase à l’autre sans parvenir à se décider sur l’approche qui convient.

Par où commencer, nom d’une vivenef à roulettes ?


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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Mar 12 Juil - 18:15

Le soleil de juillet tape sur la peau hâlée de la Voltigeuse, mais c'est un vent frais qui souffle sur les hauteurs de la ville. Iode apprécie aussi la balade, se laissant porter par les courants de chaleur provenant des toits et des pavés. C'est une belle journée d'été, le rhume des foins a été abandonné sur le plancher des vaches, et les deux comparses profitent du ciel bleu en filant entre les tours. Freyja lui a donné une bonne occasion de quitter le cagnard de la Caserne de Serre !
D'ailleurs, à ce propos... Marianne ressort la missive de son amie, toujours aussi énigmatique. Elle la prie de la rejoindre dès que possible à la Taverne de la Rose, et c'est tout. Pas d'indice, pas de sous-entendu entre les courtes lignes. Un sourire apparaît sur le visage de la médecin : la première fois qu'elle a reçu de Freyja une lettre aussi concise, elle l'a retrouvée enceinte jusqu'aux yeux et pirate de la tête aux pieds. Elle l'a même convaincue d'embarquer sur l'Audacia, alors quelle surprise lui réserve-t-elle cette fois ?

L'aire d'envol de la Taverne est en vue. Marianne commence à s'impatienter et se couche sur l'encolure du griffon, qui préfère tout de même continuer à planer que descendre en piqué. Après quelques cercles au-dessus des toits, il se pose élégamment sur la plate forme, agitant à peine les roses d'un souffle d'air.
Il voulait faire une entrée discrète ? Raté. Freyja surgit en un instant, et lorsque Marianne quitte le dos de Iode d'un bond, c'est tout juste si elle ne lui saute pas directement dans les bras. « T’es en retard, Marianne ! J’ai cru que tu viendrais pas ! » Elle rit de son étreinte aussi vigoureuse et devant son impatience. « Plains-toi plutôt auprès de Iode ! Monsieur le Seigneur du ciel a préféré louvoyer dans les courants chauds plutôt que de battre des ailes en ligne droite. »
Le-dit seigneur grogne à peine, feignant d'être scandalisé par ces propos. Il sait qu'elle a aimé flâner autant que lui et qu'elle est de mauvaise foi. Tout comme Freyja, qui tape du pied pour bien faire comprendre qu'elle n'aime pas attendre pour rien. Entre le griffon et la pirate, qui lui rappellent furieusement sa filleule, Marianne a bien du mal à rester sérieuse ! Mais même son amie fait le parallèle avec sa fille, elle lui pardonne son retard avant de la conduire à l'intérieur, vers la fraîcheur.

Arrivées dans le petit salon, Marianne s'installe confortablement dans l'un des fauteuils tandis que la seconde de l'Audacia s'affaire près de la commode. Elle soupire d'aise en la voyant sortir une bonne bouteille. Du rhum, bien sûr, mais de l'excellent, et elle y trempe les lèvres avec délice. Elle reporte vite son attention sur Freyja, brûlant de savoir pourquoi elle l'a demandée aussi vite. La Voltigeuse trépigne, mais... rien ? On dirait qu'une tempête s'est déclarée derrière les yeux océan de son amie, les mots livrant bataille sans qu'aucun ne franchisse ses lèvres.
« Hé bien, depuis quand tu ne dis plus franchement ce que tu penses ? Tu me fais mariner depuis que j'ai reçu ta note et tu prolonges le suspense ! » Elle la taquine, mais elle n'oublie pas que la pirate flamboyante a été rudement mise à l'épreuve lors de leur dernière traversée, et elles n'ont pas pu se retrouver autour d'un verre depuis une éternité. Alors qu'importe, l'ancienne médecin de bord peut bien patienter encore un peu. Qu'elle mette de l'ordre dans ses idées. « Ne te fais pas des nœuds au cerveau. Prends ton temps va, et commence par le début. » Après tout, elles ont toute la journée pour elles. Tranquilles, dans un de leurs endroits préférés, avec une bouteille pleine à portée de main.

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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Lun 1 Aoû - 0:47


La vie n'est qu'éternel recommencement
Mais au bout d'un moment on tourne en rond quand même
Marianne & Freyja • 14 juillet 1001


Bon. Maintenant qu’elle est là, j’ose pas. C’est ridicule pourtant : c’est mon amie, la Marianne, elle a navigué avec moi, je connais son griffon, elle a mis au monde mes quatre enfants, elle vient souvent nous voir et je connais presque tout de sa vie – sauf le nom du père de ce bébé qu’elle a refilé à la nourrice de mon p’tiot – et voilà que je me retrouve pantoise devant elle, à pas savoir comment lui parler de ce doute qui m’obsède depuis que j’ai retrouvé mes filles sur l’île du bout du monde d’où on a rapporté Carmine et ses Amoureux du Vent. Faut dire aussi que ça m’a pas mal prise de court, et le regard de Philippe sur moi à ce moment-là m’a fait peur, mais ça m’a aussi tellement réchauffé le cœur, que… Je sais pas.

« J'veux que tu me dises si je suis enceinte. » C’est sorti tout seul. D’un ton nettement plus angoissé que ma fierté ne me l’aurait permis en temps normal, mais bon, c’est Marianne, par toutes les vierges de Lagrance, elle en a vu d’autres ! Des deux mains, je bats l’air devant moi, haussant les épaules, cherchant une fausse désinvolture pour cacher mon inquiétude. « C’est que, tu comprends, les vivenefs sur l’île… Carmine a parlé de potentiel dans nos sangs, à mon capitaine et moi, et… Bon, j’suis plus toute jeune, je vais avoir quarante ans et je sais qu’c’est normal de plus être très régulière, bon… Mais ça va faire trois mois et je me demande, tu vois ? Parce que, si je suis enceinte, je pourrai pas reprendre la mer en août, et quand Leo est né, et que ça s’est pas très bien passé, tu m’as dit que j’étais vieille et qu’il valait mieux pour moi que ce soit le dernier, et… »

Et je parle trop. D’une main un peu tremblante, en colère de me voir si risible et ridicule, et un peu inquiète quand même pour ma santé, j’attrape ma chope et avale une bonne rasade. Elle sait tout, Marianne. Je suis pas une bonne mère, je l’ai jamais été : je suis meilleure pour pondre les bébés que pour les élever, même si je les aime férocement, mes quatre avortons. Une nouvelle grossesse, de possibles conséquences nocives, c’est m’enchaîner à terre une fois de plus, et je ne le supporterai pas. L’océan, par pitié – pas un nouvel enfant, pas ici, pas maintenant ! « Et si jamais c'est le cas, j'ai besoin – j'ai besoin, Marianne, que tu l'empêches. Tu comprends... ? »

J'ose même pas la regarder. Ma pauvre soigneuse aux mains bénies, dans quelle situation je te mets !



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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Dim 27 Nov - 17:10

« J'veux que tu me dises si je suis enceinte. »
Plaît-il ? En voilà une drôle de demande. Certes, ce n'est pas la première fois que Freyja la sollicite pour confirmer une grossesse – ce serait même devenu une habitude régulière. Mais le ton de la déclaration est inédit ; Marianne y décèle de l'anxiété ? Comme en réponse à ses doutes, Freyja s'agite « C’est que, tu comprends, les vivenefs sur l’île… Carmine a parlé de potentiel dans nos sangs, à mon capitaine et moi, et… » Oh, la vivenef avec deux figures de proue. Ils étaient adorables, ces deux bambins de bois. Marianne écoute la suite, sirotant son rhum. Mais la pirate monte crescendo, inquiète de la dernière grossesse, de son âge, de naviguer... « Stop, stop ! Calme toi ma belle, tu n'as pas de raison de paniquer comme ça. Je vous avais conseillé de ne plus agrandir votre tribu, mais tu n'es pas si âgée que ça... Elle essaye de la rassurer, la fille de l'océan, à présent plongée dans sa chopine. Je suis d'accord que Leo n'a pas été très malin de vouloir sortir les pieds en premier, il m'a donné du fil à retordre. Mais c'est rare et j'étais pas inquiète outre mesure pour vous deux. » Bon, par contre, passons sous silence la contre-indication à naviguer. Si elle doit encore magouiller pour ramener Freyja à terre, Iode ne serait pas de trop. Iode. Corail. Un grand filet de pêche. Encore plus si c'est des jumeaux.
Mais en soit, Marianne ne voit aucune raison de se faire des nœuds au cerveau.
Et si jamais c'est le cas, je mettrais les bouchées doubles.
« Et si jamais c'est le cas, j'ai besoin – j'ai besoin, Marianne, que tu l'empêches. Tu comprends... ? »

Elle ne s'attendait pas à ça. Du tout.
Tout comme son rhum ne s'attendait à se tromper de chemin.

S'étranglant soudain, Marianne se redresse pour tousser le feu qui a embrasé sa gorge. Par Valda, quelle idée de lui balancer une telle affirmation comme ça ? Ses poumons lui en veulent ; c'est pas de l'eau de mer dans sa chopine !
Elle prend le temps de s'éclaircir la gorge pour remettre de l'ordre dans ses idées.
Donc. Son amie est peut-être enceinte, mais cette fois-ci c'est la fois de trop pour elle. Elle en a tout a fait le droit, elle a déjà quatre beaux enfants, et en comptant Aymeric et son Edouard, ça commence à faire de la marmaille à la Taverne. Mais elle, Marianne, que doit-elle faire, si Freyja est vraiment déterminée ?
Elle est médecin. Elle soigne, elle donne la vie. Si Callia le veut, elle sauve et accueille les âmes dans ce monde. Pour ce qui est de donner la mort, elle laisse cette tâche à d'autres et à Sithis. Mais une vie en devenir, qui sommeille encore ? Elle n'a pas d'avis là-dessus.
A vrai dire, elle n'avait encore jamais eu besoin de se poser la question.

« Je comprends. » Sa réponse est franche, quoique enrouée par l'alcool. Elle respecte le choix de son amie et le fait qu'elle fasse appel à elle, et non à Siméane, la touche. Elle l'aidera. Par contre, avant de réfléchir plus loin, un détail la chiffonne.
Un peu suspicieuse, Marianne observe le ventre de Freyja, un sourcil levé « Quatre mois de retard, tu es sûre ? Tu le caches bien si t'es enceinte. D'habitude ça se voit comme le nez au milieu de la figure, tu m'en a déjà fourni la preuve par quatre au cas où j'aurai eu un doute durant mes études. »
Sans parler des autres symptômes. En la questionnant un peu, peut-être qu'elle lui en dira plus ?

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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Lun 2 Jan - 18:03

Elle s’étrangle, la Marianne, recrachant son rhum par tous les orifices, et mon malaise augmente. C’est que je sais pas trop comment lui présenter la chose, moi ! Jusque-là, les grossesses c’était pas tant une mauvaise nouvelles, puis ils sont beaux, nos rejetons, faut bien le dire. Mais voilà, j’en ai gros de devoir quitter le pont à chaque fois, m’priver de naviguer, et m’enchaîner à terre pendant des mois. J’les aime, mes p’tits, hein, Maari m’en soit témoin : j’les aime, mais j’veux pas qu’ma vie leur soit soumise. J’veux leur apprendre la liberté, cette même liberté que j’ai conquise et qui m’a menée sur les flots dès que j’ai compris tout c’que j’avais à y gagner. Est-ce que ça fait d’moi une mauvaise mère ? Sûrement, un peu. Mais elle comprend, ma Marianne, pas vrai ? Elle nous connaît, mon Philippe et moi, elle sait comment on est. Lui, sa femme c’est la mer, c’est sûr ; et moi j’arrive qu’en deuxième. Et si j’suis plus à bord, est-c’que j’vais seulement lui manquer ? Moi, mon amant c’est l’océan, j’ai b’soin de sel et de vent pour respirer, et mon capitaine il arrive en second – mais s’il était pas là, qu’mon lit restait froid le soir, et que y’ait plus sa voix sur le pont, ça m’manquerait. Alors, un autre bébé… Rester à terre des mois, risquer ma santé… non.

Je l’écoute parler, ma Marianne, me rassurer, m’dire que je suis pas tant vieille que ça et qu’tout est encore possible. Foutue fertilité d’Brunante. A tous les coups c’est un truc de famille – après tout, il a bien fallu qu’une seule culbute au Louis pour engrosser la Lisbeth, hein. Comme quoi, sur un malentendu, hein… Y’a sûrement des p’tits bâtards de Brunante éparpillés un peu partout sur l’port, il est pas trop farouche, le p’tit. Et le Laurent ? Le Destin seul sait où ses pas vont l’porter. Je m’secoue loin d’toutes ces pensées toutes familiales, et j’écoute distraitement la Marianne m’poser toutes sortes de questions. Elle a pas l’air trop convaincue que je sois garnie, ma foi, c’est peut-être une bonne nouvelle qu’elle a pour moi, finalement ! Pensive, je joue des doigts sur le bois d’mon fauteuil, comptant mentalement les s’maines. « J’dirais trois mois, trois mois et d’mi, p’têt. Pas plus. Mais j’me sens pas spécialement vaseuse, t’sais. Pas malade le matin, pas particulièrement d’mauvais poil non plus. Comme d’habitude, quoi. » J’ai tué personne ces derniers temps et mis dehors seulement trois, quatre clients trop entreprenants avec mes serveuses. Faut bien dire qu’elles sont accortes et entreprenantes, les donzelles, mais quand elles disent non… eh bah, c’est non, et puis c’est tout.

Enfin bon. R’portant mon attention sur ma pirate des airs, sourcils froncés, j’réponds à son interrogatoire d’mon mieux. J’ai quand même quelques questions d’mon cru, que j’lui pose au moment où elle fait une petite pause. « Mais du coup, toi, quand t’as eu Édouard, c’tait compliqué, ou… ? Parce que, sauf erreur, t’es plus toute jeune non plus. »

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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Mer 8 Fév - 19:38

Plus Freyja lui répond, moins Marianne a de doutes finalement. Son amie a peut être juste un sacré retard, sans surprise de maternité caché derrière ça. Le taux de matelots passés par-dessus bord n'a pas augmenté. Pas de nausées. Pas de ventre plus rebondi. La médecin se détend, de plus en plus sûre d'elle. A la limite, elle pourrait débusquer Duchesse de la Ville Basse et faire passer l'épreuve des câlins à la pirate ; si la chatte blanche la dénigre royalement, et bien l'affaire est entendue.
Toutes ces questions rodées par le temps lui rappellent les quatre dernières grossesses de son amie. Ces moments chargés d'émotions, à accueillir ces tout-petits dans leur vaste monde, chaque naissance à la fois nouvelle et différente. A s'en occuper aussi, de ces adorables crevettes, tantôt affamées, tantôt endormies dans leurs bras. Dire que sa filleule a maintenant quinze ans ! Dire qu'elle a son propre bébé maintenant...

« Mais du coup, toi, quand t’as eu Édouard, c’tait compliqué, ou… ? Parce que, sauf erreur, t’es plus toute jeune non plus. »
La Voltigeuse rit de bon cœur. Son amie a le don pour changer de sujet et la détendre. Son ton est jovial quand elle lui répond :
« En fait, j'ai trouvé que neuf mois de galère cloué au sol, c'était surfait. J'ai préféré être livré dès le passage de la commande ! Elle ajoute, plus calmement : Mais je ne vous ai pas raconté des bobards en mai, Edouard n'est pas de moi. »
Elle se ressert en rhum pour ensuite se caler contre le dossier, sa chopine entre les mains. Freyja peut bien connaître toute l'histoire, elles se partagent tout.
« Figure-toi qu'un matin à la caserne d'Euphoria, j'ai trouvé au pied de ma porte un bébé endormi, soigneusement emmailloté dans une couverture. Surprise ! J'ai cru à une mauvaise blague de mon escadron, genre accueil "franc et chaleureux" d'une nouvelle recrue. Bref. Sauf que la journée a passé, et personne n'est venu réclamé ce petit bout. Si tu savais comme ça a jasé... Les Voltigeurs cielsombrois, c'est pire que tes gaillards après une chasse aux potins dans les bars de la Ville Basse.
Elle en rit maintenant, de toutes ces rumeurs de grossesse cachée, de la panique de se retrouver avec un nouveau-né sur les bras. Il avait, quoi, trois mois ? Sur le coup, elle n'en menait pas large, à devoir trouver une nourrice et des vêtements au pied levé.
J'ai cherché, hein. J'ai tenté de trouver sa famille ; mais avec comme seuls indices une couverture tout ce qu'il y a de plus banal et un malheureux fleuron...
Et puis, les enlèvements ont continué. J'me suis portée volontaire pour vous rejoindre et retrouver tes filles, et j'ai laissé le petit en sécurité à la Taverne. Tu connais la suite.

Elle boit une gorgée d'alcool. La suite... la tempête, l'Archipel du Vent et les sirènes. C'est sur le retour qu'elle a pris sa décision, faisant fi de tous les potins que ça conforterait.
Comme tu dis, je suis plus toute jeune. J'ai toujours pas trouvé l'homme avec qui je partagerai plus qu'un lit. Donc je ne me voyais pas avoir un gamin sans un époux à Orsang. Mais finalement, je me dit... si Maari a placé cet enfant sur ma route, ce n'est pas pour rien. Alors... je l'ai gardé. Je l'ai nommé Edouard. »
Oh, ce sourire niais qu'elle doit avoir sur la figure. Elle n'avait jamais renoncé vraiment à avoir des enfants, mais voilà, elle est exigeante avec les hommes. Elle sait qu'elle n'est pas facile, à vouloir parcourir les flots, puis voler à droite à gauche. L'Audacia lui a donné une famille, elle a pu reporter tout cet amour maternel qu'elle avait en elle sur les petits Jedidiah. Freyja est aussi proche d'elle qu'une sœur, Iode presque un frère.
Mais avoir un enfant, son propre enfant. Qui pourrait grandir au milieu de ceux qu'elle aime, qui serait à elle. Ça a fait son chemin dans son esprit. Elle l'aime, ce petiot qui commence à se mettre assis, à mettre n'importe quoi dans sa bouche – biberon, hochet, pied. Qu'importe qu'il ne soit pas de son sang. Elle trouvera un père plus tard.

Elle a toujours le sourire accroché aux lèvres – un peu malicieux – quand elle reprend, avec un ton néanmoins sérieux.
« Il me reste juste une formalité à régler, mais qui me tient à cœur. Edouard n'a pas encore de tuteur, et je voudrai... je souhaiterai que ce soit toi, la marraine. Et que ce soit toi qui choisisses le dieu qui le protègera. »

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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Ven 10 Fév - 0:32

Elle s’esclaffe, la Marianne, quand j’lui parle d’son marmot tombé de nulle part, et j’peux pas vraiment m’empêcher d’rigoler aussi, à voir comme elle y va de bon cœur. Ça a toujours été comme ça, elle et moi : depuis qu’on s’connaît, j’peux guère lui résister quand elle a décidé quequ’chose, dans le rire ou dans les larmes. C’pas pour rien qu’elle est ma confidente, ma meilleure amie, la marraine d’ma première-née et la seule en qui j’ai confiance pour toutes ces questions d’bébés… Elle me manque, d’puis qu’elle s’en est allée dans la poussière des terres faire sa vie loin de l’Audacia. Alors oui, elle vient nous voir un peu, d’temps en temps, quand son escadron lui laisse la permission, mais c’pas pareil. Elle me manque. C’comme ça, c’est ma copine qui Voltige, ma rebouteuse de bobos, l’accoucheuse d’mes enfants. Elle sait tout d’moi, la Marianne ; elle m’connaît par cœur, de dehors comme à l’intérieur.

Mais ça, c’est quequ’chose que j’avais point vu sur sa figure : ce sourire immense d’une maman qui parle d’son p’tit. J’aurais jamais pensé l’voir un jour, d’ailleurs. Pourtant j’ai toujours dit qu’elle f’rait sûrement une bien meilleure mère que moi, avec ses tendances toutes bellifériennes à materner tout c’qui passe. Elle f’sait merveille avec un ramassis d’pirates mal dégrossis, alors avec un môme à elle, forcément c’tait écrit dans les étoiles, pas vrai ? Alors ça fait rud’ment plaisir, d’la voir qui s’émerveille, heureuse avec ce p’tit bout d’homme qui dépend plus que d’elle. Je l’imagine, dans vingt ans, les cheveux blancs et le visage ridé comme une pomme, avec pt’êt ben des p’tits-enfants sur les g’noux, et ça m’réchauffe le cœur. J’espère juste qu’elle trouvera un homme bien comme il faut pour faire l’chemin avec elle. Elle mérite le bonheur, ma Voltigeuse au cœur de pirate.

Distraite dans mes pensées, je reviens les pieds dans mes bottes au moment où elle m’fait une proposition que j’attendais pas. Par les dents cariées du Kraken ! La foudre tombant à mes pieds m’aurait pas plus choquée que la demande de Marianne, et j’me demande un instant si j’suis pas tout bonnement un peu trop tombée dans l’rhum. L’temps de cligner des yeux un peu, de m’secouer le ciboulot pour voir si des fois je s’rais pas en train de pioncer : mais non, la Marianne est bien là, avec son sourire malicieux au coin des lèvres, et dans les yeux cette flambée d’sympathie qui lui vaut toute mon affection. J’ai pas trop d’mots pour lui dire l’fond de ma pensée – j’sais même pas trop c’que j’pense vraiment, là tout d’suite – alors je m’lève, j’traverse la pièce en deux enjambées, j’contourne son fauteuil et j’la prends dans mes bras. Puis je serre. Fort. J’la garde comme ça un p’tit moment, juste à la tenir contre moi, la voix coupée par l’émotion. « Je s’rais honorée. Je m’attendais pas… à c’que tu m’choisisses, moi. J’suis pas très douée pour élever les enfants. Ca m’touche beaucoup, tu sais. » Bien plus que j’suis capable de le dire. J’reste accrochée à elle un peu encore, la tête sur son épaule, à partager un peu d’notre émotion de mères. « Tu s’ras là, dis ? Si y’a un prochain qui m’vient. Si jamais l’Destin m’fait encore un coup à sa façon, hein ? »

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Message Sujet: Re: La vie n'est qu'éternel recommencement   Lun 17 Avr - 0:18

Elle pensait que Freyja s'en douterait, de cette demande. Marianne lui confierait sa vie en toute confiance, sans hésiter une seule seconde ; alors celle de son petit, c'est évident. Auprès des Brunante et des Jedidiah, il connaîtrait la vraie valeur de la liberté. Lorgol le verrait grandir, entouré d'enfants de son âge et d'une famille nombreuse. Et puis, même si elle n'en est encore pas là, ses responsabilités de Voltigeuse pourraient l'éloigner malgré elle, et elle sait que Freyja saura le prendre sous son aile si les relations entre les deux empires se gâtent. L'avantage de la vie de pirate.

Mais pour l'heure en face d'elle, la seconde de l'Audacia tombe des nues. Totalement prise au dépourvu. Marianne sent son sourire s'élargir un peu plus, attendrie de voir sa terreur des mers déstabilisée par l'annonce. Deuxième fois que la Voltigeuse rend muette son amie ! L'émotion qu'elle peut lire dans ses yeux la contamine, et elle rend son étreinte avec un bonheur tout joyeux.
« - Je s’rais honorée. Je m’attendais pas… à c’que tu m’choisisses, moi. J’suis pas très douée pour élever les enfants. Ca m’touche beaucoup, tu sais.
- Ça ne pouvait être que toi, ma belle. Tu as des belles valeurs : l'amour, la liberté, l'indépendance. Tu sauras les transmettre, j'te fais confiance.
Marianne profite encore de pouvoir la serrer dans ses bras. Elle n'a pas souvent eu l'occasion de passer du bon temps avec Freyja, ces derniers mois ; cet échange lui fait tellement de bien !
- Tu s’ras là, dis ? Si y’a un prochain qui m’vient. Si jamais l’Destin m’fait encore un coup à sa façon, hein ?
- Bien sûr, toujours ! Tu peux compter sur moi ; j'laisserai difficilement la place à quelqu'un d'autre de toute façon. Qu'elle ajoute avec une pointe de malice.
Quand elle est à nouveau libre de ses mouvements, elle en profite pour reprendre sa chopine et la lever bien haut :
A notre nouvelle marraine ! Il faudra transmettre la nouvelle au reste de la famille. Je me demande comment le prendra ma chippie de filleule. Étrangement, un drôle de pressentiment saisit la médecin, qui voit le début de soirée s'avancer par la fenêtre. En parlant de Lou... elle ne devrait pas être déjà rentrée ? Elle devait revenir après le départ de l'Audacia, Rhéa doit déjà être loin au large maintenant non ? »
Oh, voilà un constat qui ne plaît pas du tout à la seconde ! Il ne leur faut pas longtemps pour comprendre que Lou-Ann n'est pas revenue à la Taverne, et qu'il se pourrait bien que l'Audacia soit parti avec un passager clandestin...

Les deux amies fulminent. Intenable, cette graine de pirate ! Marianne s'engage à ramener la fugueuse, avec la promesse que sa mère lui passe un sacré savon. Sur l'aire d'envol, elle retrouve un griffon doré tout guilleret à l'idée de poursuivre la vivenef, et fort amusé par toute cette histoire.

RP TERMINÉ

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La vie n'est qu'éternel recommencement
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