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 Maladroites excuses

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Message Sujet: Maladroites excuses   Sam 30 Juil - 18:26


Livre I, Chapitre 5 • Le Tournoi des Trois Opales
Melinda Orlemiel & Serenus Dardalion & Mayeul de Vifesprit

Maladroites excuses

Emmêlons mots et rencontres



• Date : le 2 août 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Melinda veut s’excuser auprès de Mayeul pour avoir manqué leur rendez-vous. Elle va lui porter un message à son intention à la Caserne de Serre et rencontre Serenus en chemin.


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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Sam 30 Juil - 18:34

La plume hésita, à quelques millimètres du parchemin, comme si le message qu’elle était chargée de transmettre s’était soudain échappé de la prison de mots dans laquelle j’avais voulu l’enfermer. Je n’avais jamais été habituée à devoir demander pardon, et encore moins à m’excuser d’actes qui n’étaient pas entièrement ma faute. J’ignorais quelles expressions étaient appropriées, lesquelles reflèteraient le mieux le regret qui était le mien, et comment les agencer de sorte que tout cela ait du sens. Or, à part aligner une série d’excuses et de justifications plus ou moins bancales, je n’avais aucune idée de ce qu’il convenait de faire. Je reposai la plume sur la table pour éviter toutes taches sur le papier, et me rejetai en arrière sur ma chaise, cherchant la formulation idéale.

— Et pourquoi je devrais m’excuser, d’ailleurs ? grondai-je en me relevant soudainement, à bout de patience. Je n’aurais sans doute pas oublié notre rendez-vous s’il avait daigné éviter de m’empoisonner ! Peut-être que c’est lui qui devrait venir jusqu’à moi pour me demander pardon !

Je secouai la tête en ricanant, et eus une moue presque méprisante.

— Oui j’ai conscience que ce que je dis est ridicule, oui je sais que je vais devoir présenter ces excuses, et oui je vais le faire !

Ce n’était pas la première fois que ces arguments surgissaient dans mon esprit. A vrai dire, je ne cessais de me débattre intérieurement à ce sujet depuis que j’avais trouvé, dans la rue, une chemise qui, bizarrement, me rappelait étrangement Mayeul. Je m’étais rappelé ce rendez-vous qu’il m’avait donnée. Et je m’étais aussi remémoré de la date précise de cette rencontre. Date qui était passée depuis presque un mois. Rendez-vous que j’avais totalement manqué. Alors que j’avais promis de m’y rendre. De ma vie, je n’avais sans doute jamais brisé une promesse. Avant celle-là.

Alors oui, j’étais monstrueusement en colère. Furieuse contre moi-même pour ma mémoire qui m’avait trahie. Furieuse contre Mayeul pour ce rendez-vous mal placé. Furieuse contre ce poison cielsombrois sans qui rien ne serait arrivé. Furieuse contre cette indécision que je ressentais depuis plusieurs jours. Et je me sentais aussi démunie qu’une enfant. Je n’avais jamais brisé de promesse avant, et même si j’avais conscience que de plates excuses étaient nécessaires, j’ignorais comment m’exprimer, au juste.

— Bon, autant que tu t’y mettes, Melinda, ça n’avancera pas si tu continues à tourner en rond dans ta chambre comme une abeille prisonnière.

Je m’attablai de nouveau, repris ma plume, et me remis au travail. Au lieu de réfléchir à comment écrire l’ensemble de mon message, peut-être qu’il me suffisait de commencer par le début, puis de laisser simplement ma main parler toute seule, tout comme ma langue semblait apprécier le faire ?

Mayeul,

Je suis… profondément désolée. Vous comprendriez à quel point si vous pouviez saisir l’ampleur de mon désarroi, en cet instant, tandis que je me souviens de notre rendez-vous avec quelques petites semaines de retard, et que je m’aperçois que je vous ai complètement oublié ! Ne le prenez pas mal, vous êtes assez ridicule pour être inoubliable (Est-ce que ce genre de remarque est vraiment appropriée dans une lettre d’excuses ? Pardonnez-moi si tel n’est pas le cas, je n’ai pas vraiment l’habitude d’écrire ce genre de choses).

Même si c’est de votre faute, à vous et à votre poison cielsombrois,


J’hésitai une fraction de seconde puis barrai ce début de phrase de façon très peu soignée. J’étais désolée, c’était l’intention qui comptait, non ? Il ne voulait pas en plus que j’essaye de lui écrire un mot d’excuse avec une application dont je ne me sentais pas capable?

Même si c’est de votre faute, à vous et à votre poison cielsombrois, j’espère que vous pourrez me pardonner d’avoir brisé ma promesse et d’avoir complètement oublié ce rendez-vous.

Puisque cette rencontre faisait partie d’un marché, je vous en offrirai bien évidemment une autre. Et, pour compenser mon oubli et obtenir votre pardon, je suis prête à vous proposer une autre compensation. Je loge actuellement à la Taverne de la Rose, si vous cherchez à me trouver.

J’espère, encore une fois, que vous pourrez me pardonner.

Melinda Orlemiel


C’était loin d’être parfait, j’en étais consciente. Toutefois, dans mon état d’esprit, avec les regrets qui me serraient la gorge et m’empêchaient de respirer normalement, j’aurais beaucoup de mal à faire mieux. Et beaucoup de mal, sans doute, à faire pire. Je glissai le mot dans une lettre que je fermai soigneusement avec un peu de cire puis, décidée à me rendre à la Caserne de Serre pour l’y porter, je m’apprêtai à sortir. Je pris une profonde inspiration en portant la main à la poignée. Je n’étais pas à proprement parler inquiète, mais j’étais un peu tendue, puisque j’ignorais quelle réaction pouvait bien avoir Mayeul en lisant mon message. Mon regard se posa alors sur la cape offerte par Serenus. Il ne faisait pas froid, pas vraiment mais… la porter me rassurerait. Je la jetai négligemment sur mes épaules et sortit de la taverne.

J’avais à peine ouvert la porte que j’entrais en collision avec quelqu’un. Je m’apprêtais à m’excuser lorsque je relevai les yeux pour les porter sur… Serenus. Mon regard s’assombrit considérablement. Il avait décidément le talent de me tomber dessus dans les situations les moins appropriées. Je lui aurais bien parlé, mais il était hors-de-question que je reporte encore la date de mes excuses. J’étais capable de changer d’avis une bonne dizaine de fois avant de retrouver le courage de me rendre à la Caserne de Serre pour porter cette lettre – ou une autre, d’ailleurs, parce que si je reportais mon attention sur ce message, je n’aurais probablement aucun remord à le réduire en miettes.

— Serenus, bonjour, le saluai-je en appuyant sur le « bonjour ».

J’avais appris, depuis le couronnement, qu’il tenait absolument aux salutations, et comme j’adorais taquiner mes interlocuteurs, il m’avait paru particulièrement malin d’exagérer le trait.

— Tu es venu pour me voir ? demandai-je avec plus de sérieux.

Je lui avais dit lors du couronnement de Chimène, alors qu’il prenait de mes nouvelles, que je logeais à la Taverne de la Rose. S’il passait par Lorgol, il était tout à fait plausible qu’il soit venu pour moi. Mais il était tout aussi logique de penser qu’il voulait simplement boire un verre. Je choisis immédiatement de l’informer que j’étais très occupée, sans pour autant lui préciser que j’avais des excuses à présenter à un Voltigeur. J’étais déjà assez mal à l’aise de devoir parler au concerné de mes regrets, inutiles que j’en discute avec chaque passant croisé en chemin.

— Je dois absolument me rendre à la Caserne de Serre et ça ne peut plus attendre, sous aucun prétexte. Tu peux m’accompagner si tu veux.

Est-ce que je voulais qu’il m’accompagne ? Pas vraiment. Pas plus que je ne voulais pas qu’il m’accompagne. En fait, j’ignorais ce que je préférerais, et j’espérais qu’il ne me poserait pas la question. Je serais alors obligé d’éviter de lui répondre en le laissant développer ses propres suppositions. Et j’avais compris que lorsqu’il faisait ce genre de suppositions, l’esprit humain avait plus souvent tendance à se blesser qu’à se complaire dans un beau rêve.

Sans plus attendre, je me mis en route. J’avais suffisamment visité Lorgol pour connaitre approximativement le chemin, et je me faisais désormais confiance pour pouvoir m’y retrouver. D’un autre côté, m’égarer dans la Ville aux Mille Tours m’arrangerait presque. Cela m’éviterait d’avoir à présenter mes excuses maintenant. Afin de me calmer, je pris une profonde inspiration, la bloquai lorsque mes poumons furent sur le point d’exploser, puis la relâchai tout doucement. Il était inutile de reporter encore, et inutile d’essayer de trouver des obstacles sur mon chemin.

— J’espère que tu vas bien, lâchai-je à Serenus, espérant qu’il sauterait sur cet appas et se mettrait à parler.

J’aurais pu moi-même citer toutes les raisons que j’avais de haïr ma vie – un détestable voyage en Outrevent, l’impression que la magie n’avait plus aucun attrait, l’inquiétude que je ressentais désormais en pensant à mon duché, et puis bien entendu les excuses que je devais présenter – mais je n’avais pas vraiment envie de me plaindre pour l’instant. Je devais garder courage et contenance pour l’instant où je serais face à Mayeul.

Je me présentai à la Caserne de Serre et interpellai poliment le premier homme qui croisa mon chemin pour lui demander de porter la missive à Mayeul de Vifesprit. Ma main trembla brièvement sur le parchemin, comme si j’avais soudainement changé d’avis. Un bref instant, je manquai de perdre mes moyens et de fuir, mais je parvins finalement à confier le message aux mains de cet homme. Aussitôt que cette lettre ne fut plus entre mes mains, je poussai un profond soupir de soulagement. J’avais présenté mes excuses, c’était fait.

Maintenant, je pouvais encore quitter discrètement la ville, non?

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Lun 1 Aoû - 17:22

La chaleur était décidément beaucoup plus écrasante dans cette partie de la ville. Il avait l'impression d'être un poulet qu'on venait de mettre au four tant il avait chaud avec son armure. Celle ci lui pesait sur le dos et il avait à présent qu'une seule envie : la retirer pour pouvoir se rafraîchir. Serenus pressa sa jument et se dépêcha d'entrer dans la Guilde pour pouvoir se changer.
Les rares guerriers présents évitaient les zones d’entraînements lorsque celles ci étaient en plein soleil et préféraient la sieste aux combats à l'épée. Serenus sourit en regardant ses collègues se plaindre de la chaleur et enfila une tunique plus légère. Il savait que les entraînements reprendront le soir venu et avait aussi hâte de voir les nouvelles recrues s'attaquer à leurs aînés. Mais pour le moment, il avait autre chose à faire. Il allait profiter de ce pseudo jour de repos pour aller rendre visite à des vielles connaissances. Enfin, connaissances remontant à quelques mois. Le guerrier s'assit sur son lit et enfila ses chausses tout en se demandant comment il allait s'en sortir devant elle. Il savait qu'il devait aller la voir et il en avait vraiment envie.. Mais dans quoi est ce qu'il s'engageait ? Certes il considérait Melinda comme sa petite sœur mais... comment dire.. Elle n'avait pas un caractère facile. Il avait pu le remarquer plusieurs fois, que ce soit dans les rues de Lorgol ou dans les couloirs du palais. Serenus avait su rester impassible et avait gardé son sang froid. Il valait mieux qu'il reste calme sinon son impulsivité pouvait l'amener très loin. Serenus finit de lacer ses chausses et se leva. Il inspira doucement, il était temps. Il était venu en parti exprès pour elle, pour améliorer leur relation, il n'allait pas prendre les jambes à son cou pour rentrer chez sa mère. Le guerrier sortit de la Guilde et prit la direction de la Taverne de la Rose. A peine franchit il le seuil que la chaleur écrasante l'assomma comme si on venait de lui donner une tarte. Il secoua la tête. Il avait connu pire que ça. Heureusement, la Taverne n'était plus très loin.

Soudain il percuta une jeune femme qui, concentrée dans ses papiers. Et cette femme n'était rien d'autre que Melinda ! A croire qu'ils étaient destinés à se rencontrer par des bousculades... Serenus sourit et inclina la tête lorsqu'elle insista sur le « bonjour ». C'est bien, elle n'avait pas oublié. Il lui répondit alors :

« - Bien le bonjour ma chère Melinda. Tu as l'air d'aller bien. »

Elle enchaîna en lui disant que s'il était là , c'était pour venir la voir. Le guerrier, étonné, haussa les sourcils. Il ne s'attendait certainement pas à ça , lui qui voulait lui faire une surprise avec soit un petit « coucou » soit un gros « BOUH » (quoique le coucou était susceptible d'être mieux reçu). Il hocha donc la tête tout en répondant :

«  Et oui.. Je suis là pour venir te voir, je voulais savoir comment tu allais depuis le couronnement. Et m'excuser si je me suis montré... vexant, dans les couloirs l'autre jour... »

Il remarqua avec surprise encore une fois qu'elle portait la cape qu'il lui avait offerte. Malgré la chaleur, elle avait tenu à la porter. Était ce parce qu'elle était malade (dans ce cas il veillerait à rester à plus de trois pas d'elle (il ne manquerait plus qu'il chope la crève ! Non mais et puis quoi encore ?)) ou parce qu'elle appréciait tellement ce cadeau qu'elle ne s'en séparait jamais ? Il faudrait qu'il lui pose la question. Mais pas tout de suite, il ne voulait pas aller trop vite. En plus Melinda paraissait bien occupée. Son doute fut vite confirmé quand elle lui annonça qu'elle devait se rendre à la Caserne de la Serre et qu'elle ne devait pas perdre de temps. Elle lui dit cependant qu'il pouvait l'accompagner. Serenus répondit :

«  - Bien sûr que je t'accompagne ! Je ne vais pas te laisser aller tâter du griffon toute seule. J'en profiterais pour prendre des nouvelles d'un ami. »

Serenus appréciait les voltigeurs mais il y avait quand même des limites. Il devait reconnaître que ceux ci, avec les Chevaucheurs, avaient un bien meilleur prestige que les guerriers qui eux ne chevauchaient que leur cheval (et une belle demoiselle de temps à autre). Un dragon ou un griffon était bien plus impressionnant qu'un simple cheval puant le crottin. Serenus ne comptait plus les filles qui hurlaient de joie en voyant un voltigeur ou un chevaucheur passer dans le ciel. Serenus les enviait en quelque sorte. On leur confiaient les meilleurs missions, la sécurité d'Arven reposait sur les épaules des Chevaucheurs et des Voltigeurs.. Quand aux Guerriers, on leur laissait les missions d'escortes, de protections de nobles geignards. Serenus leva la tête en apercevant la Caserne qui se rapprochait. Non il n'était pas jaloux.. Il les enviait juste, c'est pas pareil (enfin peut être que si). Et puis la Guilde avait quand même un grand prestige pour qu'on continue à faire appel à ses services. Il se dit également qu'une armée de guerriers seraient beaucoup moins efficace qu'une armée de chevaucheurs et de voltigeurs.. Il n'avait donc pas de raisons d'être jaloux. Et il avait de très bons amis parmi ces organisations tel que Neve et Mayeul et il ne voulait pour rien au monde changer cela.

Melinda le sortit de sa rêverie en demandant s'il allait bien. Serenus haussa les épaules et répondit :

«  - Oh tu sais... La routine... Quand je suis pas en mission, je reste pour entraîner les recrues ou pour bander mes plaies...Rien n'a beaucoup changé depuis le couronnement. Et toi ? »

Ils entrèrent dans la Caserne et Melinda demanda à un homme de porter son message à un certain Mayeul de Vifesprit. Serenus sursauta et se tourna vers la jeune femme. Décidément c'était la journée des surprises ! Qu'est ce qui allait arriver maintenant ? Une Elena en soubrette qui jaillirait d'une boite ? Serenus pencha la tête et demanda avec une « légère » mais certaine curiosité :

«  - Tu connais Mayeul ? Le monde est petit ! »

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Lun 1 Aoû - 22:03

Melinda, douce et jolie Melinda, qui lui avait posé un lapin alors qu’il pensait que leur soirée n’avait pas été un désastre total. Qu’il l’avait raccompagné dans les rues de Lorgol, l’abandonnant à la porte de la taverne où elle résidait, dans l’illustration la plus parfaite de l’honneur et de la droiture d’un noble gentilhomme qu’il était, parfois, quand c’était nécessaire. Rien, aucune fausse note - enfin, aucune de très grave - et pourtant, elle l’avait évité. Ou oublié, peut-être. Quoi qu’il en soit, elle n’était pas venue, et Mayeul en avait été passablement décontenancé : c’était rare, tout de même, qu’une fille ne donne pas suite à l’un de ces rendez-vous, et il n’était pas sûr d’avoir envie d’en prendre l’habitude. Et puisqu’elle n’était pas venu, il avait sorti cette rencontre de son esprit.
De toute façon, avec les événements qui s’étaient enchaînés, il n’avait guère eu le temps de ruminer à cette rencontre manquée. Contrairement à ce qu’il disait, et au sourire qu’il affichait, cette rencontre avec les statues de pierre l’avait bien plus secoué qu’il ne voulait l’admettre. Ajoutons à ça la cérémonie du couronnement de Chimène, deux-trois ennuis à la caserne et effectivement, il n’avait qu’une envie, oublier. Tout.

C’est pour ça qu’il était à Lorgol. Sa maison, si longtemps, celle qui respirait Mathilde, celle qui le rendait anonyme. Mayeul ne se l’expliquait pas, mais il aimait cette ville, et elle lui manquait véritablement quand il était au loin, comme un des derniers endroits qui le rattachait encore à sa soeur. Mais ce n’était pas pour pleurer sur son sort qu’il s’était levé ce matin : il avait été observer l’entraînement des cadets, jurant qu’il serait sage et presque invisible, admirant pourtant sans s’en cacher les prouesses de ces Voltigeurs en devenir et de leurs compagnons ailés. Un piaillement de triomphe de Nuage face à une manœuvre osée le sortit de sa contemplation, et Mayeul se rappela qu’il avait promit à une amie de passer la voir plus tard. Le temps de se préparer, cela lui laisserait une heure ou deux encore devant lui. Délaissant Nuage à ses propres occupations, après une dernière caresse sur les plumes douces, le Voltigeur se dirigea vers l’entrée de la Caserne, pour regagner la rue.
C’est un bruit de conversation qui l’interrompit, et la mention de son nom. Curieux, il ne lui fallu pas longtemps avant de savoir de qui il s’agissait. «Tiens donc, Melinda !» S’exclama-t-il avec amusement. Il n’était pas fâché - pas vraiment -, seulement un peu vexé, aussi s’empara-t-il de la lettre qu’elle lui avait écrite, esquissant un sourire à l’attention de l’autre Voltigeur. «C’est pour moi. Une lettre de rupture, très certainement.» Si son ton indiquait bien qu’il plaisantait, c’est pourtant avec un geste faussement outré qu’il désigna Serenus. «Et pour sortir avec un ami, en plus. Femme cruelle.»

Tournant résolument le dos à la Caserne, il les entraîna dans les rues adjacentes, avant de se tourner vers Serenus et de lui offrir un sourire. «Je suis heureux que tu ailles mieux, mon ami. Mais si j’étais toi, je ne traînerais pas trop avec cette demoiselle, elle a tendance à te trouver des défauts parfaitement imaginaires.» Il se tourna vers Melinda avant de répondre à la question précédente du guerrier. «Oui, on se connaît, on s’est croisé ici, à Lorgol. Et elle m’a oublié.» Expliqua Mayeul, l’air faussement blessé. «Qu’est-ce que vous m’avez écrit, d’ailleurs, douce Melinda ?» Demanda-t-il avant d’ouvrir la lettre, la lisant avec rapidité avant d’éclater de rire. «Melinda, je ne vous en veux pas, ça arrive à tout le monde d’oublier. Ceci dit... Je vous ai attendu. Et je n’aime pas ça, attendre. Vous avez peut-être raison, je devrais demander réparation.»

Jaugeant la demoiselle un instant, puis la lettre qu’il tenait toujours en main, Mayeul finit par se tourner vers le guerrier. «Qu’est-ce que tu en penses, Serenus? Un déjeuner offert par une charmante demoiselle ? Vous pourrez me raconter comment vous vous connaissez, tous les deux.» Glissant son bras autour de la taille de la jeune fille, le Voltigeur lui tendit la lettre. «Et écrire" Je vous promets une compensation" et l’adresse de votre chambre dans la même phrase Melinda, si je n’étais pas quelqu’un de raisonnable, je jurerais que c’est une proposition. Un mot à dire, et je me débarrasse de l’encombrant guerrier pour que vous puissiez me montrer à quel point vous êtes désolée.» La taquina-t-il, suffisamment fort pour que Serenus entende. Il ne savait pas vraiment quel lien unissait ces deux là, mais Serenus était marié, non ? Et pas à Melinda, à moins qu’il n’ait loupé quelque chose. Il était facilement distrait, certes, mais tout de même, il l’aurait remarqué s’ils étaient en couple. Probablement.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Jeu 4 Aoû - 20:20

J’avais l’air d’aller bien ? J’eus envie de rire tant ces quelques mots me paraissaient ridicules. J’avais juste l’air, en tous cas. En réalité, je me sentais sur des charbons ardents, indécise, dubitative, nerveuse. Comme je ne voulais pas m’étaler sur le sujet, je lui demandai s’il était là pour me voir. Il acquiesça, et avoua être venu demander de mes nouvelles et – ô miracle – s’excuser. Je fronçai les sourcils. Il ne s’était pas simplement montré vexant, il m’avait obligé à me montrer moi aussi acerbe, alors même que j’étais trop fatiguée pour avoir l’énergie de me battre avec lui. Je hochai pourtant la tête. Je n’avais pas vraiment besoin d’une dose de problèmes supplémentaire, pas alors que la lettre qui tenait entre mes mains semblait me brûler les doigts.

— Excuses acceptées, lâchai-je en haussant les épaules.

En vérité, je n’avais pas grand-chose à faire de ses excuses. Puisque j’avais fermement refusé de m’attacher à lui, il n’avait pas pu me blesser. L’aurait-il même voulu, il en aurait été incapable. Voilà l’avantage de garder ses distances. Il m’avait juste prouvé de la meilleure des façons ce que je pensais en mon for intérieur. J’ajoutai que je devais me rendre en urgence à la Caserne de Serre, et il voulut m’accompagner pour m’aider à lutter contre les griffons. Je haussai les yeux au ciel, songeant qu’il cherchait encore à me protéger, alors que je pouvais très bien me défendre toute seule. Au moins me laisserait-il tranquille le temps d’aller prendre les nouvelles de son ami. Je pourrais affronter seule le malaise que je ressentais à l’idée d’avoir à présenter des excuses.

Nous nous mîmes en route, et je finis par demander à Serenus comment il se portait. Laconique, il m’avoua que rien n’avait vraiment changé depuis le couronnement, puis demanda de mes nouvelles. Je dus pâlir considérablement. Je pris une profonde inspiration pour me calmer et offrir un sourire hésitant à Serenus. Comment lui expliquer que j’avais affronté les anges pleureurs et n’en était pas ressortie tout à fait… indemne ? Comment lui dire qu’il m’arrivait encore de temps en temps de parler à voix haute juste pour vérifier que j’en étais encore capable ? Comment lui faire comprendre que désormais ma maison, mon chez-moi, Outrevent, me semblait à jamais corrompu par l’acte de ces mages de l’Automne ? Comment lui parler des cauchemars que je faisais presque toutes les nuits, et qui me réveillaient en sueur ? Impossible. Toujours souriante, je haussai simplement les épaules.

— Je vais relativement bien.

Si ce n’était ces souvenirs sur les anges pleureurs. Et mon impossibilité d’entrer à l’Académie à cause des mages du Sang. Et ces malheureuses excuses que je me devais de présenter. En réalité, je pouvais même dire que j’étais plutôt mal, mais le mot « relativement » était un allié très utile pour qui ne voulait pas répondre à certaines questions. Par chance, nous arrivâmes rapidement en vue de la Caserne de Serre, où je pus transmettre mon mot d’excuses. J’essuyai mes mains moites sur la cape que je portais, un soupir de soulagement au bord des lèvres. Libérée.

Enfin, je le croyais, naïvement, qu’il me suffirait de déposer cette lettre et de partir comme si de rien n’était pour me sentir mieux. La voix de Mayeul me figea sur place. Mais pourquoi fallait-il qu’il soit là en personne ? Je le regardai s’emparer de ma lettre, hésitant à céder à l’envie de fuir avant qu’il n’y pose les yeux. Mais à quoi bon ? De toute façon, il y aurait bien un moment où nous finirons par parler du contenu désastreux de ce message. Il plaisanta sur le fait qu’il s’agirait certainement d’une lettre de rupture – ce qui me fit hausser un sourcil sceptique, parce qu’avant une rupture, il fallait déjà qu’il y ait un lien à rompre – et insinua que je puisse sortir avec Serenus. Je jetai un regard noir à ce dernier, comme si c’était de sa faute à lui.

— Je ne sors pas avec Serenus, lâchai-je d’une voix sèche avant de m’adoucir en me retournant vers Mayeul, parce que je lui devais des excuses, après tout. Mais vous avez peut-être raison de me considérer comme cruelle.

Après tout, j’avais brisé une de mes promesses, et à mes yeux, il n’y avait pas pire crime que celui-là. J’avais les excuses sur le bout de mes lèvres, mais de toute façon, il n’avait qu’à lire le message que je lui avais envoyé pour le savoir, non ? Evidemment, tandis qu’il nous entrainait dans les rues de Lorgol, il prit son temps pour saluer Serenus – ce qui me laissa m’interroger sur la façon dont ces deux-là se connaissaient, tout comme le guerrier s’était questionné sur la manière dont j’avais pu rencontrer Mayeul, question que j’avais d’ailleurs volontairement ignoré. Il prétendit au passage que je trouvais aux autres des défauts imaginaires. Je haussai les yeux au ciel.

— Essayez de prétendre que vous n’étiez pas ridicule avec les chemises que vous portiez au couronnement de Chimène, fis-je remarquer en haussant les épaules, sans même songer que le critiquer mettait sérieusement à mal ma tentative d’excuses. Les défauts que je vous vois ne sont pas imaginaires.

Mayeul, lui, n’était pas décidé à ignorer la remarque de Serenus, et avoua qu’on s’était croisé à Lorgol et que je l’avais oublié. Le rouge, rouge de la honte, de la culpabilité, du regret, me brûla les joues. J’eus une moue ennuyée. Je m’apprêtais à répliquer, lorsque le voltigeur se décida enfin à ouvrir la lettre. Je resserrai les mains sur ma cape, désireuse soudain de m’enfoncer six pieds sous terre, tandis que je me remémorais à quel point mes talents pour m’excuser étaient pitoyables. J’espérais de tout cœur qu’il ne lise pas les mêmes mots que j’avais écrits, tout en sachant que ce vœu était ridicule. Comme je haïssais patienter en silence, je me tournai vers Serenus et marmonnai, en espérant que Mayeul soit occupé à autre chose qu’à m’écouter :

— Je ne l’aurais pas oublié s’il ne m’avait pas embrouillé l’esprit avec ses trucs cielsombrois.

Sitôt sa lecture finie, Mayeul éclata de rire. Il ne savait sans doute pas à quel point les promesses étaient importantes à mes yeux, parce que sinon, il ne se serait peut-être pas moqué de moi à ce point-là. Je tressaillis comme si son rire avait été une insulte. Non, ça n’arrivait pas à tout le monde d’oublier. On n’oubliait pas les promesses. C’était tout simplement, dans mon esprit, complètement inimaginable. Les promesses, on s’en rappelait, et surtout, on les tenait. Je baissai les yeux vers mes pieds, mal à l’aise. Au moins, ne m’en voulait-il pas. Je n’aimais pas sa façon de prendre mes excuses à la légère, mais j’aurais encore moins aimé qu’il m’en veuille, sans doute. Je considérai avec soulagement le fait qu’il accepte réparation. J’aurai ainsi l’impression de faire quelque chose pour obtenir le pardon. Je pourrai réparer ce que j’avais fait. Et ma culpabilité m’en remercierai sans aucun doute en disparaissant pour de bon.

— Je suis désolée, répétai-je en me mordillant la lèvre inférieure, tandis qu’il me jaugeait du regard. Je n’aime pas briser mes promesses. Je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas eu l’esprit… confus.

Quelque part au fond de mes yeux devait briller une pointe de reproche. L’esprit confus, c’était de sa faute. Oh, bien entendu, il avait pris la peine de me ramener chez moi alors qu’il aurait très bien pu m’abandonner à mon impuissance devant mon corps et mes pensées qui se dérobaient à mon contrôle, mais ça n’empêchait pas une part de moi de considérer que toute cette comédie était en partie de sa faute. En partie, seulement. En grande partie de la mienne. J’avais fait une promesse – et c’était moi qui l’avait prononcée, en toute connaissance de cause – et je ne l’avais pas tenue – et c’était moi qui l’avait oubliée, maudite mémoire qui avait tendance, bien trop souvent, à perdre un nombre incalculable d’informations importantes. Et, tandis que je me faisais cette réflexion, le verdict tomba. J’en étais presque soulagée. Leur payer le déjeuner à tous les deux ? Pourquoi pas ?

— On s’est croisé ici, à Lorgol, déclarai-je avec un sourire mutin, parvenant à parler avec plus de facilités à présent que mes excuses avaient été acceptées et une réparation demandée, reprenant les mots exacts de Mayeul quand il avait décrit notre rencontre. Cette histoire ne nécessite pas un déjeuner.

Avant qu’il change d’avis, toutefois, et ne préfère une autre compensation – je connaissais la nature douteuse de certaines desdites compensations – je hochai affirmativement la tête.

— Mais je vous inviterai manger avec grand plaisir.

Mayeul, me prenant par surprise, parvint à glisser un bras autour de ma taille pour critiquer les détails de ma lettre. J’eus un sourire amusé, retrouvant le voltigeur que je connaissais, celui avec qui j’avais passé une excellente soirée, quoique semée de quelques péripéties, et celui avec qui les mots glissaient encore plus facilement que d’habitude. Bien entendu, il était hors-de-question que je le laisse me toucher aussi familièrement, ou que j’accepte ses allusions d’un simple sourire. Je lui donnai un coup de coude à l’estomac pour me dégager et recouvrer ma liberté.

— J’ai écrit mon adresse pour que vous puissiez me retrouver, pour parler de cette compensation, pas pour la mettre en œuvre, lâchai-je en secouant la tête avec amusement. Et je suppose que, raisonnable comme vous prétendez l’être, vous savez très bien que je ne vous aurais pas fait une telle proposition. Je pourrai, d’ailleurs, presque vous remercier de m’avoir fait remarquer mon erreur.

Presque. Pas tout à fait. J’eus un sourire en coin, d’humeur taquine.

— Et non je n’ai pas besoin de vos conseils sur la façon dont je pourrais vous remercier.

Je commençais à le connaitre, Mayeul, et j’avais le pressentiment qu’il aurait pu se jeter sur l’occasion si je l’avais laissé faire. Peut-être un préjugé de ma part, d’ailleurs. Après tout, j’avais la conviction qu’on ne pouvait déterminer avec certitude le comportement de qui que ce soit.

— Et sachez que je n’ai rien contre « l’encombrant guerrier », déclarai-je en jetant un regard  moqueur à Serenus. Il peut rester.

Je ne pus retenir un sourire amusé en regardant tour à tour le guerrier et le voltigeur.

— D’un autre côté, il aurait peut-être été amusant de voir votre façon de tenter de vous débarrasser de l’encombrant guerrier en question. Et de voir la façon dont Serenus aurait essayé de résister à un voltigeur.

Je me rappelai brutalement un détail de notre précédente conversation, à Mayeul et à moi et offrit au voltigeur un large sourire, mon malaise complètement oublié.

— D’ailleurs, vous devez toujours me montrer votre griffon. Ça, je ne l’ai pas oublié.

Je n’étais pas encore empoisonnée, au moment où nous en avions parlé, alors il était évident que je m’en rappelais. J’avais souvent tendance à être distraite et à oublier des choses, bien entendu, mais jamais les éléments qui m’importaient. Comme les promesses – ce cas-ci ayant été établi comme une exception. Ou la rencontre avec un griffon. Et si Mayeul m’avait bel et bien pardonné, j’avais encore un espoir de le voir, ce fameux griffon, non ?

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Lun 8 Aoû - 12:46

Il s'était passé quelque chose de grave. Serenus en aurait mit sa main à couper. Melinda avait considérablement pâli lorsqu'il lui avait demandé si elle allait bien. Elle avait cependant sourit avant de lui dire qu'elle allait plutôt bien. Serenus fronça les sourcils. Elle lui cachait quelque chose. Après, elle avait le droit de ne rien lui dire vu que rien ne les liait ensemble. Et puis, ils avaient autre chose à faire. Aussi Serenus se contenta t'il de répondre :

« - Toi tu me caches quelque chose... On en parlera plus tard. »

Ils entrèrent dans la caserne et Melinda donna son précieux papier à un homme qui passait par là. Serenus s'étonna que Melinda connaisse Mayeul quand celui ci fit son entrée avec un « Tiens donc, Melinda ! » amusé. Serenus fit un grand sourire en voyant le voltigeur qui avait l'air de s'être remis de leur aventure avec l'ange de pierre. A cette pensée, Serenus frissonna. En tant que guerrier qui avait vu pas mal de choses horribles, il avait su se remettre vite de ce qu'il s'était passé. Mais le temps ne guérit pas toute les blessures. Il lui arrivait encore de tressaillir en croisant une statue ailée. Le guerrier sortit de sa rêverie quand Mayeul plaisanta sur le fait que Serenus sortirait avec Melinda ce qui le fit bien rire. Melinda se chargea de répondre à sa place puis le voltigeur les entraina dans les rues de Lorgol. Serenus suivit et sourit également quand Mayeul demanda de ses nouvelles. Il dit alors en montrant un petit bout de sa cicatrice en soulevant le col de sa tunique :

« - Ça été difficile mais oui je vais mieux. La princesse Alméïde s'est bien occupé de moi. Et j'ai pu ramener mes frères d'armes auprès de leurs familles. Ils ont eu l'enterrement qu'ils méritaient. » Le guerrier soupira à la pensée de ces hommes qu'il avait côtoyé et aimé comme des frères pendant des années puis reprit : "Et toi ? je vois que ce fichu ange n'a pas ébranlé notre cher Mayeul. »

Mayeul précisa en riant qu'il ferait mieux de ne pas traîner avec Melinda et ajouta qu'ils s'étaient rencontré sans les rues de Lorgol. Le guerrier pencha la tête et dit en riant :

« - Drôle de coïncidence, j'ai aussi rencontré cette demoiselle à Lorgol, dans la ville basse. On peut dire que j'ai pris cher ce jour là. »

Mayeul décida alors de lire le fameux message que Melinda lui adressait puis lui dit qu'il acceptait ses excuses malgré le fait qu'il avait beaucoup attendu. Par conséquent il demandait réparation. Il demanda l'avis de Serenus qui répondit alors :

« - Un repas ? Bonne idée. Surtout que Melinda m'en doit un. »

Melinda accepta alors l'offre et sursauta quand Mayeul glissa son bras autour de sa taille  pour critiquer sa lettre. Serenus ne put s’empêcher de froncer les sourcils devant cette vision. Il allait lancer un regard noir à Mayeul quand il comprit que Melinda pouvait se défendre toute seule. Elle se dégagea avec un coup de coude qui fit sourire le guerrier. Puis Mayeul voulu la débarrasser de cet « encombrant guerrier ». La première chose que fit Serenus fut de baisser la tête pour voir s'il n'avait pas pris du bide par rapport à sa dernière rencontre avec le voltigeur. Il était certes grand et imposant mais il ne voulait en aucun cas l'être plus. Il passa une main sur ses hanches à la recherche de poignée d'amour et soupira. Bon, il avait peut être un peu pris du poids pendant son séjour en Erebor mais quand même, rien d'inquiétant. Rien de quoi être traité d'encombrant. Serenus écouta la réponse de Melinda avant d’enchaîner avec un sourire de défi :

« - L'encombrant guerrier n'aura aucun mal à résister a un voltigeur nourri à la fleur de pavot depuis le berceau... »

Il regarda devant lui, à la recherche d'une bonne taverne pour pouvoir s'attabler quand Melinda demanda à voir Nuage. Serenus sourit, il avait déjà vu Nuage lors de sa première rencontre avec Mayeul et il avait été impressionné par la prestance du griffon. Mais bon, il s'était toujours dit qu'un griffon ne valait pas un dragon. Certes les griffons étaient plus rapides, plus agiles mais un dragon était sans doute plus résistant, plus fort et beaucoup plus impressionnant.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Lun 8 Aoû - 18:33

C’était tellement plus simple de faire comme si de rien n’était. D’être joyeux, insouciant, plein de sourires et de vantardises, et d’essayer d’oublier les cauchemars, la terreur qu’il avait ressenti, cette impuissance et cette vérité soudaine qui s’était imposée à lui, malvenue à extrême. Il ne voulait pas mourir. Et même si les implications politiques de cette attaque - oui, attaque - des mages se révélaient petits à petit, Mayeul ne pouvait penser qu’à une seule chose : je ne veux pas mourir. Toutes ses provocations, cette volonté de ne pas faire attention à sa propre sécurité, de multiplier les acrobaties à dos de griffon sans se soucier du sol sous les ailes de Nuage, il y croyait, vraiment. Mais ce n’était qu’un moyen de maîtriser, de contrôler sa propre existence, il s’en rendait compte maintenant. Contrairement à ce que les autres croyaient, voler en étant sous influence des drogues qu’il chérissait tant, ce n’était pas un moyen de se mettre en danger, juste celui de contrôler un peu son existence. De faire ce qu’il voulait. De reprendre le contrôle, même si c’était un moyen bien stupide.
Et avec la survenue des Mages du Sang dans son existence jusque là maîtrisée tant bien que mal, le monde de Mayeul avait basculé. Il ne voulait pas mourir, et cette révélation le rendait malade. On lui avait arraché le peu de contrôle qu’il avait obtenu, qu’il pensait avoir, et la vérité avait éclaté : il ne voulait pas rejoindre Mathilde, et cela atterrait bien plus qu’il ne l’aurait pensé. Parce que oui, il pensait maîtriser : sa propre mort, ses cauchemars, ses envies. Mais tout cela, ça n’était qu’une illusion, comme celle qu’il avait vécu. Alors non, il n’allait pas bien. Mais il en donnait bien l’impression.

Elle et Serenus n’était donc pas en couple, parfait. Pas que Mayeul désire tenter sa chance, mais au moi, cela éviterait les malentendus avec le guerrier. Et quand Melinda lui rappela à quel point il avait eu l’air bien ridicule au couronnement de Chimène, Mayeul ouvrit la bouche avant de la refermer sagement. Hors de question de révéler à quiconque pourquoi et comment il avait été contraint de porter ces chemises. «Certes, je vous concède ce point, mais voyez : j’apprends vite.» Plaisanta le Voltigeur en esquissant une légère révérence. Oh oui, aujourd’hui, il était habillé de manière totalement normale : loin d’Euphoria, loin de Castiel, loin des problèmes. Serenus lui assura qu’il allait bien grâce aux bons soins de la princesse - cause bien involontaire de ses problèmes à lui - et Mayeul acquiesça avec un sourire, soulagé de savoir en vérité qu’il allait bien. « Non, tout va bien.» Mentit Mayeul avec facilité, avant d’observer Serenus avec curiosité. Cher ? Qu’entendait-il par là ?

Mais avant de poser la question, il ouvrit la lettre de Melinda, lisant ses excuses avec un amusement croissant. Sa remarque sur le poison Cielsombrois ne lui échappa pas, mais il préféra ne pas relever : la dernière fois, elle lui avait suffisamment fait la leçon dessus. Peut-être n’aurait-il pas autant rit, ceci dit, s’il avait compris à quel point cela blessait la jeune femme. Ce n’était même pas la peine, en réalité, qu’elle lui présente ses excuses. Mayeul n’était pas fâché, pas le moins du monde, mais puisqu’elle lui proposait de se racheter, il n’allait pas faire la fine bouche, après tout. Et un repas, idée appuyée par Serenus, semblait convenir à merveille.
Son bras autour de la taille de Melinda, occupé à critiquer les détails de sa lettre, le Voltigeur ne vit pas l’air désapprobateur du guerrier. Par contre, il sentit bien le coup de coude de Melinda et la laissa se dégager en riant, une main sur son ventre, faussement blessé. «Cruelle, décidément. Est-ce une façon de me remercier de mes conseils sur la teneur suspicieuse de cette lettre ?» Plaisanta le Voltigeur avec bonne humeur.

Il l’appréciait, Melinda. Sa façon de lui tenir tête avec amusement, de parler tout le temps, de répondre à ses piques par l’une des siennes. Une amitié bon enfant, qu’il était ravi d’avoir eu l’opportunité de nouer. Adressant un sourire à Serenus qui semblait observer s’il n’avait pas un peu grossi, Mayeul éclata de rire à sa réponse. «Crois moi Serenus, tu serais surpris. Même sans Nuage à mes côtés, je sais encore me défendre.» Se tournant vers Melinda, il lui glissa d’un ton amusé, bien assez fort pour que Serenus l’entende, à dessein. «Et puis, plus ils sont gros, plus ils tombent lourdement. C’est bien ça ?» S’il avait eu l’occasion de se battre aux côtés de Serenus, il n’avait jamais vraiment eu l’occasion de voir à quel point le Guerrier était sensible à ce genre de plaisanterie, aussi se tenait-il sur ses gardes en répondant à Melinda, un léger sourire sur les lèvres. «Sans doute pourrais-je le convaincre de vous voir si vous y tenez tant. En échange d’un baiser, je sais me montrer des plus convaincant.» L’indignation de Nuage dans son esprit, plus feinte que réellement sérieuse, agrandit son sourire. Le griffon savait, pour l’avoir expérimenté bien des fois, à quel point son voltigeur plaisantait lorsqu’il s’agissait de le présenter aux filles qu’il avait en ligne de mire. Il se prêtait au petit jeu de bon coeur, le plus souvent, sachant bien que Mayeul n’avait absolument pas besoin de lui pour coucher une fille dans son lit.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Mer 10 Aoû - 13:32

Si Serenus avait compris aussi facilement que je lui cachais quelque chose, je devais probablement aller vraiment mal. Je laissai échapper un soupir de dépit. Je voyais mal comment qui que ce soit pouvait se sentir bien après une nuit comme celle que j’avais vécu en Outrevent. Et puis perdre la voix… Je savais, bien entendu, que pour beaucoup ça n’aurait pas été un évènement aussi traumatisant, mais les mots, ils m’avaient toujours accompagnée, ils étaient là pour moi quand j’allais mal, ils me berçaient jusqu’au fin fond des nuits les plus noires. Ils avaient toujours été là, et je les avais pris pour une constante de mon existence. Apparemment… Apparemment ils n’étaient pas un allié aussi sûr que je l’avais pensé. Et ça me faisait mal, ça rongeait de l’intérieur d’apprendre que même les mots avaient finis par me trahir et m’abandonner. Même eux. Comme mon frère. Comme tout le monde finirait par le faire. Quant à en parler à Serenus… Hors-de-question.

— Ou nous n’en reparlerons pas du tout, déclarai-je d’un ton sombre, qui ne souffrirait pas la contradiction.

Par chance, nous arrivâmes à la Caserne de Serre, ce qui nous empêcha de poursuivre la conversation. Mayeul surgit juste avant que je puisse m’éclipser discrètement, à croire qu’il avait été averti de ma venue et qu’il l’avait fait exprès. On aurait dit qu’il cherchait à agir de sorte de me mettre dans la position la plus inconfortable possible : il me laissa attendre sur des charbons ardents, sans ouvrir cette maudite lettre dont je regrettais déjà tous les mots. Au moins il céda enfin sur le fait qu’il ait eu l’air ridicule, et je retins un cri de victoire, me contentant d’un sourire à demi-esquissé, assombri par la culpabilité que je ressentais toujours.

— Je savais que je finirais par vous convaincre.

J’écoutai d’une oreille distraite Mayeul prendre des nouvelles de Serenus, et je m’aperçus que la réponse donnée par le guerrier était bien plus fournie que celle qu’il m’avait offerte à moi. La curiosité me frappa ensuite de plein fouet. Ils avaient rencontré… la princesse Alméïde ? Il avait été blessé ? Les frères d’armes de Serenus étaient morts ? Et que venait faire le voltigeur dans tout cela ? J’entassai les questions dans un coin de mon esprit, consciente que j’en apprendrais peut-être plus en continuant à écouter qu’en interrompant la conversation par une avalanche de questions. Le mot me frappa alors comme un seau d’eau glacé en pleine figure. Ange. Alors eux aussi, ils avaient été victimes des mages de l’Automne ? Eux aussi, ils s’étaient laissé emporter par ce cauchemar illusoire ? Eux aussi ils avaient été traumatisés ? Apparemment, non pour cette dernière question, au vu de la réponse de Mayeul. Ils semblaient aller bien. Tous les deux. Mais moi aussi, un moment, j’avais eu l’air « bien », non ?

— Ce fichu ange ? répétai-je simplement en haussant un sourcil sceptique.

Je me tournai vers Serenus et esquissai un demi-sourire.

— On en reparlera plus tard, je suppose.

Pour l’instant, Mayeul ouvrait la lettre, et je retins mon souffle, soudain beaucoup plus nerveuse. Par chance, il ne demandait qu’un repas – un repas, ce n’était rien, un repas, c’était raisonnable et tout à fait à ma portée – et comme Serenus avait donné son aval, il semblait que ce soit la meilleure solution. Je haussai les yeux au ciel. Je ne devais pas vraiment un repas au guerrier, puisqu’il m’avait offert le dernier.

— J’avais cru comprendre que le repas auquel vous m'aviez conviée était un cadeau, Serenus. Or, il n’y a aucune compensation pour un cadeau lâchai-je avec une moue faussement déçue. Mais apparemment, nous n’avons pas la même définition de cadeau. Dommage.

Je frappai mes mains l’une contre l’autre.

— Enfin, trêve de plaisanterie ! Mayeul, avez-vous une préférence pour l’endroit où nous allons manger ?

Après tout, c’était lui qui avait été lésé, dans cette histoire, et s’il avait une préférence, autant que je m’y plie. D’un autre côté, je connaissais assez Lorgol, désormais, pour dénicher un bon endroit où manger, du moins, un endroit où il était agréable d’être assis et de papoter. Quant à la nourriture… j’étais très peu douée pour différencier un bon repas d’un mauvais. S’ils me laissaient choisir l’endroit où nous mangerions… ce serait à leurs risques et périls.

Mayeul considéra alors comme une excellente idée de me conseiller sur les détails de ma lettre, non sans glisser son bras autour de ma taille. Je le repoussai d’un coup de coude, bien qu’amusée de retrouver le voltigeur que je connaissais. Il n’avait de toute évidence pas l’air vexé que j’aie oublié notre rendez-vous, et je me sentais moi-même beaucoup plus détendue. Il plaisanta alors sur ma cruauté, et sur le fait que je le remerciais bien mal de ses conseils.

— Je vous ai déjà remercié – enfin, presque remercié, mais c’est presque pareil, déclarai-je d’un ton faussement sérieux, quoique trahie par le large sourire qui étirait mes traits. Devrai-je vous offrir une compensation à chacun de vos conseils ?

Mon sourire se fit mutin, et mon ton amusé.

— Et dans ce cas, ne devriez-vous pas m’offrir vous-même une compensation pour mes précieux conseils sur votre air ridicule ?

J’en vins à m’interroger sur qui, du voltigeur ou du guerrier, parvint à l’emporter sur l’autre. J’assistai, amusée, à leur petite conversation, chacun prétendant remporter la victoire. Je ne doutais pas qu’ils soient tous deux parfaitement capables de se défendre, mais je n’avais jamais vu ni l’un ni l’autre en plein combat. J’étais, par conséquent, tout bonnement incapable de déterminer qui serait le gagnant s’ils venaient à se battre en duel. La remarque de Mayeul me fit sourire, et je hochai affirmativement la tête.

— En toute logique, ce serait le cas. Il reste à savoir à quel point Serenus est gros, et s’il a mis en place ou non des stratégies pour pallier à ce défaut. Et puis, son poids pourrait être un avantage, aussi, s’il l’utilise à bon escient. Plus on est gros, plus on écrase facilement ses adversaires, non ?

Je jetai un regard amusé à Serenus. De toute ma tirade, je n’avais pas précisé si je le trouvais gros ou non. Pas particulièrement, d’ailleurs. J’avais déjà vu pire. Je lui lançai un léger sourire.

— Par contre, Serenus, il me semble que tu as la mauvaise habitude de sous-estimer tes adversaires. D’abord moi, et j’ai fini par te vaincre. Ensuite Mayeul…

Je laissai planer un léger silence derrière ce mot, avant de poursuivre d’un ton amusé :

— Enfin, fais attention avant de juger trop vite de la force de tes interlocuteurs, ça pourrait de nouveau te jouer des tours.

C’était un conseil amical, et je l’avais donné avec le sourire. Bien entendu, je n’aurais jamais vaincu Serenus dans un combat physique, j’en étais consciente, mais j’avais été clairement victorieuse dans la joute verbale qui nous avait opposés, et il pouvait difficilement le nier.

J’en vins à demander à Mayeul s’il me laisserait voir son griffon, et sa réponse me prit un peu au dépourvu. Un baiser contre un griffon. Un dilemme difficile. Je me mordillai la lèvre inférieure, balançant le pour et le contre. C’était un griffon quand même. Et je n’aurais sans doute pas l’occasion de rencontrer à tous les coins de rues des voltigeurs enclins à me montrer leur monture. Et puis ce n’était qu’un petit baiser, non ? Un tout petit bisou minuscule, qui ne me contraignait à rien. Rien de grave. Rien d’important. N’est-ce pas? Je n’avais jamais été vraiment sage de toute mon existence, qu’est-ce que me coûterait une idiotie de plus ? J’étais d’ailleurs sur le point de céder quand une idée me frappa aussi sûrement qu’un seau d’eau glacée, et je lançai à Mayeul un regard suspicieux, un sourire amusé étirant mes lèvres, adoucissant mon expression méfiante. J’avais pris le problème dans le mauvais sens !

— Ne serait-ce pas plutôt votre griffon que je devrais convaincre ? demandai-je d’une voix lente, comme si je réfléchissais aux mots qu’il convenait d’utiliser. Qu’est-ce qu’il y gagnerait, lui, à ce baiser ? Et qu’est-ce que lui voudrait pour que je puisse le rencontrer ?

Sans lui laisser le temps de répondre, je lui lançai un regard faussement accusateur.

— En vérité, vous êtes aussi cruel que moi, Mayeul. Vous avez préféré demander une compensation qui ne vous avantage que vous, laissant ainsi votre griffon à part, tout en essayant – accessoirement – de profiter de ma naïveté pour obtenir ce que vous vouliez.

Mon regard s’adoucit presque aussitôt, et un doux sourire étira mes lèvres.

— Peut-être est-ce pour ça – parce que votre cruauté fait curieusement écho à la mienne – que je vais vous pardonner cette pitoyable tentative.

Pitoyable, mais qui avait presque failli fonctionner. Enfin, ça, Mayeul n’en saurait rien, même si mon hésitation pouvait le pousser à penser que j’avais été prête à céder, puisque je n’avais pas rejeté immédiatement l’idée du baiser. Je jetai un coup d’œil à Serenus et me prit à regretter de ne pas avoir tout de même donné ce bisou au voltigeur. Juste pour voir la réaction du guerrier. Lui qui se prenait pour mon frère… qu’aurait-il fait alors ? Je rejetai rapidement cette idée, bien qu’elle ait fait naitre un sourire amusé au coin de mes lèvres. J’aurais peut-être eu l’occasion de voir, alors, qui des deux était le plus doué en combat…

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Sam 13 Aoû - 0:04

A peine eut il évoqué l'ange de pierre que Serenus frissonna. Il ressentit presque la douleur de sa blessure à la poitrine qui, depuis longtemps devenu cicatrice, avait mit du temps à guérir malgré les bons soins de la princesse. Melinda regarda Serenus d'un air curieux et proposa d'en reparler plus tard alors que, quelques minutes auparavant elle rejetait la proposition de Serenus de faire de même pour ses problèmes à elle. Serenus trouva cela curieux mais haussa les épaules. Cela ferait une terrifiante histoire à raconter au coin du feu. Mayeul, faussement vexé, réclama un repas pour que Melinda se fasse pardonner et Serenus, profitant de l'occasion, ajouta que Melinda lui en devait un. Ce à quoi la jeune femme répondit que ce repas « offert » par Serenus était un cadeau ; donc qui dit cadeau dit pas de remboursement. Serenus fit un grand « o » de la bouche et dit sur un ton qui se voulait sortir tout droit d'une tragédie antique :

« - Oh, je croyais que tu m'avais manipulé pour te voir offrir ce repas gratuit. Je pensais avoir droit moi aussi à une compensation. Mais nous n'avons pas la même définition du pardon. »

Il reprit un visage sérieux et se mit à réfléchir sur un bon endroit pour profiter d'un bon repas. Hum. Il lui semblait avoir vu qu'au Poney qui Tousse, ils servaient du veau avec une sorte de cassoulet. Serenus rejeta vite cette proposition. Il ne voulait pas embarrasser Mayeul et Melinda avec une digestion pour le moins bruyante. Puis il pensa à la Taverne de la Rose. Comme ça Melinda aurait sa chambre au dessus et n'aurait qu'a monter les escaliers pour rentrer. Mais elle ne méritait pas autant de gentillesse de sa part. Non. Il allait les emmener à l'autre bout de la ville, dans une petite taverne où l'on servait de la bonne nourriture et comme ça Melinda serait obligé de marcher pendant au moins une heure avant de rentrer. Serenus croisa le regard de Mayeul. C'était aussi puéril d'agir comme ça. Il était venu voir Melinda pour s'excuser et pour passer un moment avec elle, pas pour l'enfoncer. Serenus proposa alors :

« - Je connais une petite taverne pas très loin qui fait d'excellentes galettes en tout genre. Ça vous dit ? »

Non mais vraiment. Il était beaucoup trop gentil avec cette fille. Et en plus elle le lui rendait « tellement » bien... Sa gentillesse allait finir par lui jouer des mauvais tours un de ces jours. Il allait falloir qu'il change tout cela. Mayeul le ramena à la réalité quand il s'amusa à critiquer la lettre de Melinda puis quand il proposa de la débarrasser de l'encombrant guerrier. Mayeul avait du remarquer son petit examen corporel qui se voulait discret. Serenus assura qu'il aurait aucun mal à se débarrasser du voltigeur ce à quoi celui ci répondit en éclatant de rire que plus c'est gros plus ça tombe lourdement. Melinda le défendit (enfin si on pouvait appeler ça défendre car Serenus aurait plutôt dit enfoncer) en expliquant que son poids serait un avantage car il pourrait écraser ses ennemis. Serenus, bien que légèrement vexé, sourit et dit à Mayeul :

« - Prends garde à toi si tu ne veux pas finir comme les galettes de la taverne dont je vous parlais toute à l'heure. »

S'ils avaient décidés de blaguer sur son poids, autant jouer le jeu. Faire le gamin boudeur n'aurait sûrement pas arrangé les choses. Serenus passa une main sur son ventre et se dit qu'il ferait mieux de marcher plus souvent. Il avait passé trop de temps à cheval. Beaucoup trop de temps. Si bien que sa selle avait fini par s'adapter d'elle même à son postérieur. M'enfin, ce sont des choses qui arrivent. Melinda lui dit alors de ne pas sous estimer ses adversaires car ça finirait par lui retomber dessus un jour. Serenus répondit alors avec un sourire :

« - Je te remercie Melinda mais contrairement à toi, je sais ce dont Mayeul est capable. Je ne le sous estime pas. »

Melinda réclama alors de voir le griffon de Mayeul. Celui ci demanda un baiser en échange ce qui fit éclater de rire le guerrier qui imaginait Melinda donner une tarte au voltigeur plutôt qu'un baiser. A vouloir jouer les séducteurs il allait finir tout aussi humilié que lui. Mais il préféra ne rien dire, sachant très bien que Melinda pourrait se défendre toute seule comme elle avait su le faire quelques minutes plus tôt. Et effectivement, il ne s'était pas trompé. Après quelques secondes de réflexion, elle eut un sourire suspicieux. Elle lui répondit que le baiser devait revenir au griffon plutôt qu'a Mayeul. Et paf ! Bien envoyé petite Melinda ! Serenus fit un grand sourire en repensant à la fois où il avait réussit à déposer un petit baiser sur la tempe de Melinda, puis il posa la main sur l'épaule de Mayeul en lui disant avec un petit rire:

« - Bien essayé. »

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Mar 16 Aoû - 23:16

Le convaincre qu’il était ridicule avec ces chemises ? Peut-être, oui. Mayeul n’était pas d’assez mauvaise foi pour prétendre le contraire même si, en vérité, avoir autant attiré l’attention n’avait pas été pour lui déplaire. Une fois passé le côté vexant de la chose, il s’en était amusé, saisissant avec bonheur une occasion de se démarquer offerte par le Duc en personne. Melinda semblait ravie qu’il le reconnaisse, en tout cas, mais puisqu’elle ne plastronna pas trop longtemps de sa victoire - pour le moment du moins - il accepta de la lui laisser.
Quand Serenus évoque leur aventure en Erebor, Mayeul se montra soudain bien moi bavard. Cela passa inaperçu, ou presque, et il en était plus que ravi. Clairement, il n’était pas prêt à évoquer le sujet, et quand Melinda lança à Serenus qu’ils en reparleraient plus tard, il s’avoua être ravi de ne pas faire partie de cette discussion. Il les laissa deviser entre eux, non sans s’interrogeant sur leur relation. Il ne connaissait pas Serenus tant que cela, ni Melinda, pas assez du moins pour se targuer de savoir ce qu’il se tramait entre ces deux-là.

Le Guerrier sembla prendre la suite des opérations à son compte, leur proposant une taverne qu’il connaissait, et Mayeul acquiesça sans mot dire. Il s’en fichait un peu, tant qu’il pouvait plaisante avec Melinda, retrouvant avec amusement leurs échanges plein de piment. «Je brûle de vous offrir une compensation, c’est vous qui ne voulez pas.» Répliqua-t-il avec un sourire taquin, sachant pertinemment quelle serait la réponse de la jeune femme - et comptant un peu dessus, à vrai dire. Cela faisait partie du jeu, et il n’était pas sérieux, pas totalement du moins. Oh, il n’aurait sans doute pas dit non à une nuit en une si charmante compagnie, mais il doutait qu’elle finisse par accepter un jour, malgré ses tentatives amusés.
Son coup de coude était une bonne indication, d’ailleurs. Mayeul, faussement blessé, taquine le guerrier sur son embonpoint, suivi, à sa grande surprise, par les remarques presque innocentes de Melinda. Presque. Serenus, l’écraser? Mayeul éclata de rire, imaginant sans peine la scène quand le guerrier le menaça gentiment. Mais quand Melinda reprit la parole, il redevint sérieux, curieux de ce qu’elle venait de dire. « Le vaincre ? Sérieusement ? Ca, c’est une histoire qui m’intéresse, et qui vaut certainement que je paye la moitié de ce repas promis, si elle s’avère croustillante. Voyez...» Enchaîna-t-il, résistant à l’envie de mettre son bras autour de la jeune fille, à nouveau. Sa fierté blessée aurait du mal à s’en remettre aussi tôt « Je savais que vous voir promettait des tas d’histoires intéressantes.» Pour le coup oui, il était curieux. Melinda, battre Serenus ?

Le Voltigeur hocha la tête aux paroles de Serenus, avant d’expliquer rapidement. « C’est comme ça qu’on s’est connu Serenus et moi, nous avons combattu côte à côte. Mais il a pris du poids depuis ce temps là.» ne pût s’empêcher d’ajouter Mayeul, moqueur. Mais toutes ses blagues n’étaient pas destinées qu’à Serenus, puisque quand Melinda lui indiqua désirer voir son griffon, il prétexta qu’un baiser serait sans doute nécessaire. Elle failli mordre à l’hameçon, il en était sûr - le mordillement de sa lèvres, la lueur indécise de ses yeux - avant de décliner l’invitation, pleine de malice. Sa tirade était juste, en un sens, sauf qu’elle ne semblait pas saisir pleinement le lien unissant un Voltigeur à son griffon, et Mayeul s’empressa de le lui rappeler. Et d’embellir un peu les choses - Nuage ne lui en voudrait pas, de toute façon. Ou pas longtemps. «Croyez-moi, mon griffon sait bien que son intérêt réside dans un Voltigeur heureux. Je peux être très énervant lorsque j’en ai envie.» Blagua-t-il, avant de reprendre. « Vous savez Melinda, nous sommes liés, plus que des frères. Et Nuage est toujours ravi de faire de nouvelles connaissances, c’est plutôt moi qui suis jaloux.» Souligna le Voltigeur avec légèreté. Il n’hésita qu’un bref moment, jetant un regard à Serenus, avant de glisser son bras autour des épaules de la jeune femme et de lui glisser bien assez haut pour que le guerrier entende. « il est toujours plus que ravi de faire la connaissance de mes conquêtes. Il ne tient qu’à vous d’en être une, après tout.» Il n’était pas sérieux. Enfin, à moitié.

Reposant son regard rieur sur le Guerrier, Mayeul enchaîna. «Je ne sais toujours pas ce qui vous lie, tous les deux. Vous couchez ensemble ?» Bah quoi ? Quitte à mettre les pieds dans le plat, autant y aller carrément !

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Jeu 18 Aoû - 19:52

En réalité, je n’avais pas – et n’aurai jamais – manipulé Serenus pour qu’il m’offre un repas gratuit, pour la simple et bonne raison qu’à mes yeux, un repas avait bien peu de valeur. S’il avait été un tant soit peu intelligent, il aurait sans doute remarqué que cette faribole à laquelle j’étais parvenue à lui faire croire n’était rien d’autre qu’une idiotie sans fondement – parce que je n’aurais jamais tenté d’amadouer un individu suspect croisé au hasard des rues de la ville basse, parce que je ne l’aurais certainement pas harangué comme je l’avais fait si j’avais voulu le pousser à m’apprécier, parce que cette histoire était simplement beaucoup trop tirée par les cheveux pour être crédible. Les raisons étaient multiples, mais de toute évidence, le guerrier était déterminé à rester aveugle. Et je n’allais certainement pas tenter de faire lumière dans son esprit. Pas après tous les efforts que j’avais déployé pour y apporter la confusion. Et même s’il était évident qu’il plaisantait, je lui répondis d’un ton parfaitement sérieux.

— Que je t’aie manipulé ou non, c’était tout de même un cadeau de ta part, et j’espère que me l’offrir avait un peu d’importance à tes yeux.

Difficile de savoir si je plaisantais ou non. Mes paroles et mon ton de voix étaient mortellement sérieux, peut-être même un peu peinés. Mais il y avait ce sourire amusé esquissé sur mes lèvres, cette lueur taquine qui ne quittait pas mon regard, et ce haussement d’épaule négligent, comme si ce qu’il disait avait peu d’importance à mes yeux. En vérité… Je ne savais pas. Une part de moi espérait que tout ce qu’il m’avait offert, de cette cape que je portais à ce simple repas, avait une quelconque importance pour lui. Une autre… ne se préoccupait absolument pas de ce qu’il pouvait bien ressentir. Refusant de réfléchir plus longtemps – ou de laisser Serenus réfléchir plus longtemps – à cette étrange contradiction entre mes paroles et ma gestuelle, je frappai les mains l’une contre l’autre, et demandai au voltigeur s’il avait une préférence sur l’endroit où nous mangerions. Serenus prit la direction des opérations, et comme Mayeul était d’accord…

— Une fois n’est pas coutume, je me plie aux désirs du voltigeur, déclarai-je, sourire aux lèvres, esquissant un semblant de courbette en direction de Mayeul, avant de me retourner vers le guerrier. Je te laisse montrer le chemin, donc, Serenus.

Tandis que nous poursuivions notre route, Serenus faisant désormais office de guide, j’en vins à faire remarquer à Mayeul qu’il serait juste qu’il m’offre une compensation à chacun de mes conseils. A sa réplique, j’esquissai une moue faussement boudeuse, démentie par la lueur taquine qui brillait dans mes yeux.

— C’est vous qui êtes censé vous arranger pour que vos compensations me plaisent ! déclarai-je en haussant les épaules. Vous n’avez pas beaucoup d’imagination, si vous êtes incapable de trouver quelque chose qui pourrait potentiellement me contenter. Je ne crois pas être trop difficile, pourtant.

La conversation dériva sur l’embonpoint de Serenus, et même si je n’avais pas vraiment d’avis sur la question, je me pris au jeu. Je ne cherchais pas à le défendre – il était assez grand pour se servir de ses propres armes, non ? – pas plus que je ne cherchais à l’enfoncer, mais peut-être que mes paroles pouvaient être… interprétées, dans un sens comme dans l’autre. Par chance, le guerrier n’eut pas l’air de prendre mal mes propos, puisqu’il menaça même Mayeul de le transformer en galette. En fait, puisqu’il m’avait offert un repas après notre première conversation, des plus houleuses, j’aurais pu deviner que Serenus n’était pas un homme susceptible. Mais en présence de ce guerrier, j’avais tendance à me méfier de mon instinct, qui se mettait souvent à dérailler devant les contradictions.

Je fis tout de même remarquer à Serenus qu’il ferait mieux de ne pas sous-estimer ses adversaires. Après tout, moi il m’avait considérée comme une faible jeune fille – ce que j’étais en partie, je ne pouvais le nier – et j’avais fini par le faire céder. Mayeul parut fortement s’intéresser à cette histoire, au point de proposer de payer la moitié du repas. J’aurais pu faire remarquer que raconter ladite histoire faisait partie du marché, mais comme je l’avais dit moi-même, c’était à moi de m’arranger pour que la compensation plaise au voltigeur. Et s’il tenait à débourser son argent, je n’allais pas me plaindre…

— Je peux m’avérer plus dangereuse que je n’y parais, Mayeul, glissai-je en laissant un sourire presque carnassier étirer mes lèvres, avant de hausser les épaules, esquissant une moue mi-figue mi-raisin. De toute façon les histoires s’avèrent toujours beaucoup moins intéressantes une fois le mystère levé.

Celle de ma victoire sur Serenus n’était d’ailleurs pas d’un grand intérêt. C’était simplement une énième joute verbale comme il en existait probablement des centaines de par le monde. Rien de très intéressant. Mais après tout, j’étais incapable de savoir ce que Mayeul considérait comme captivant. Je ne le connaissais que bien peu, finalement, le voltigeur. Nous ne nous étions parlé qu’une fois – deux, avec celle-ci – et nos conversations avaient surtout été teintées de légèreté. Nous n’avions pas discuté pour faire connaissance, pas vraiment, simplement pour… discuter. Et même si j’avais surpris quelques-uns de ses traits de caractère, je me doutais qu’il restait encore bien des choses que j’ignorais à son propos.

En tous cas, l’histoire de leur rencontre, à lui et à Serenus, devait sans doute s’avérer intéressante, elle. S’ils avaient combattu côte à côte, ils avaient sûrement bon nombre de choses à raconter. Comme cette histoire avec la princesse Alméïde… et les anges. Je frissonnai. Une autre histoire conviendrait tout aussi bien, finalement. Je n’étais pas sûre de pouvoir dissimuler longtemps à quel point j’avais été ébranlée s’ils se mettaient à parler de statues de pierre. Rien qu’à y penser, mes doigts étaient parcourus de fourmillement, et je devais retenir pour ne pas porter ma main à ma gorge en murmurant « je peux parler ». J’en doutais toujours, parfois, lorsque je me réveillais, au cœur de la nuit, et que j’essayai d’échapper aux cauchemars qui avaient refermés leurs griffes sur moi.

— Plein d’histoires intéressantes en perspective, parvins-je à articuler avec un sourire crispé, contente d’avoir trouvé une excuse pour pouvoir parler sans avoir l’air trop ébranlée. Je proposerai bien de payer la moitié du repas pour les entendre mais comme c’est déjà le cas…

Par chance, comme d’habitude, les mots finirent par me sauver, et l’idée de voir le griffon de Mayeul m’éloigna de pensées bien trop dangereuses. Lorsque le voltigeur me proposa un baiser, je fus bien trop contente de me laisser sombrer dans une réflexion de plusieurs longues secondes, avant de lui fournir ma réponse. Serenus ricana un « bien essayé » qui me fit prendre conscience que, malgré mes sarcasmes, j’avais été à deux doigts d’accepter. Oui, peut-être que le voltigeur réussirait un jour à me voler un baiser. Peut-être. Après tout, à force d’insister, on faisait des merveilles. N’avais-je pas fini parle convaincre qu’il était ridicule ? Et il fallait bien l’avouer, Mayeul était doué pour insister, toujours avec humour, toutefois.

Mayeul répondit alors à ma tirade en faisant remarquer que son griffon voulait qu’il soit heureux. Je haussai les yeux au ciel. Je doutais d’être la seule capable de susciter un sourire sur les lèvres du voltigeur – il avait l’air trop naturel pour que ce ne soit un comportement réservé qu’à moi. Si jamais, contre toute probabilité, c’était le cas, alors il serait encore plus ridicule que je l’aurais pensé. Quant à se montrer énervant, je n’en doutais pas une seconde. Il maniait bien les mots, Mayeul, je pouvais le dire, et je savais d’expérience que quelqu’un qui se servait de la parole avec adresse pouvait se révéler particulièrement irritant, quand il le voulait. Je l’écoutai poursuivre sur son lien avec son griffon, et fronçai les sourcils quand il me passa un bras autour des épaules. Consciente que j’allais de toute façon devoir le convaincre de me présenter Nuage, j’évitai de lui donner un coup de coude, me contentant d’un pas de côté pour me dégager de son étreinte.

— Vous avez déjà eu l’occasion de me toucher bien assez la dernière fois, non ? fis-je remarquer, en faisant allusion à ce déplorable épisode où il avait dû me ramener à ma chambre. Vous êtes obligé de mettre vos mains partout ?

Si mes paroles pouvaient paraitre irritées, le sourire amusé qui étirait mes lèvres prouvait que je n’étais pas fâchée. Il en fallait bien plus que ça pour m’énerver. Je poursuivis avec légèreté :

— Quant à devenir une de vos conquêtes… Je crois que la réponse est évidente, n’est-ce pas ?

Il suffisait de voir la façon dont je m’étais dégagée pour la trouver, cette réponse. Je laissai échapper un petit rire.

— Conquête… Vous dites ça comme si vous partiez en guerre contre moi, et je ne me laisse pas facilement abattre, Mayeul. Comme je vous l’ai dit, je suis plus dangereuse que j’en ai l’air, vous devriez faire attention.

Un sourire amusé étira mes lèvres.

— Je ne voudrais pas vous blesser.

Je doutais, bien entendu, que Mayeul cède devant moi comme Serenus l’avait fait. Si j’avais pu vaincre le guerrier, sans doute était-ce en grande partie dû à l’effet de surprise. Et le voltigeur était un adversaire beaucoup plus coriace, qui maniait trop bien les mots pour que je puisse le battre. En tous cas, je ne me laisserai pas abattre, cela du moins j’en étais sûre. J’eus une moue ennuyée, me rappelant que j’avais manqué de céder pour lui donner ce baiser. Peut-être réussirait-il un jour à me convaincre, c’était possible. Mais me conquérir ? Le mot me semblait bien peu approprié. A lui seul, il me donnait envie de résister.

La question de Mayeul me prit totalement au dépourvu. J’avais l’habitude de rebondir facilement sur tout ce que disait le voltigeur – lui ou qui que ce soit d’autre, d’ailleurs. Je m’attendais à tout de sa part, mais ça ? Je lui lançai un regard effaré, comme s’il avait dit la plus grosse énormité du monde, bouche bée, les yeux écarquillés. Coucher avec Serenus ?  Je me retins de frémir. Une part de moi le considérait comme un frère, et l’autre, comme un potentiel danger. Dans aucun des deux cas, ni même dans un éventuel troisième, il n’était envisageable que… nous couchions ensemble. J’aurais voulu le dire – voire le hurler – mais les mots m’avaient échappés, et j’étais incapable de formuler une réponse correcte, alors qu’il aurait suffi d’un « non » tout simple. Je jetai un coup d’œil désespéré à Serenus, comme si j’avais besoin de lui pour connaitre la prochaine réplique.

— Quoi ? Mais pourquoi… ? parvins-je à articuler pour gagner du temps.

Je m’humectai les lèvres, consciente que je ferais mieux de reprendre mes esprits avant que Mayeul ne commence à s’imaginer que mon hésitation était due à une réponse gênante, alors que je pouvais répondre en toute innocence.

— Mais… non, pas Serenus ! Mayeul, je préférerais encore coucher avec vous !

Mes mots m’avaient trahie, et à choisir j’aurais préféré garder le silence. Je tentai tant bien que mal de me rattraper, regrettant une fois de plus d’être incapable d’effacer mes paroles après coup.

— Excuse-moi de le dire Serenus, mais soit je te considère comme un frère – ou quelque chose s’en approchant – soit comme un danger pour mon équilibre mental, mais pas… Enfin, tu comprends ?

Je l’espérais, parce que je ne m’étais jamais montrée aussi franche avec lui sur ce que je ressentais au plus profond de moi. Comme quoi la question de Mayeul avait tout de même des effets positifs… Sans attendre la réponse du guerrier, je me retournai vers le voltigeur.

— Et vous, Mayeul, comment osez-vous poser une question pareille ? Vous a-t-on déjà appris le sens du mot « tact » ?

Bien malgré moi, j’esquissai un semblant de sourire, soudain frappée par l’évidence.

— Vous avez de la chance qu’on ne m’ait pas appris le sens de ce mot, à moi non plus, parce que sinon, je pense que j’aurais pu m’énerver.

Je pris une profonde inspiration, contente d’avoir pu retrouver un semblant de calme.

— Et pour répondre à votre question, Serenus et moi sommes des… connaissances.

Je grimaçai, consciente que le mot n’était pas des plus appropriés.

— Enfin, je ne suis pas sûre qu’il y ait un mot pour décrire ce que nous sommes l’un pour l’autre. C’est compliqué.

Je pris une profonde inspiration, esquissant même un léger sourire. Je m’en étais bien sortie, finalement, non ?

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Dim 21 Aoû - 22:30


Serenus, content de voir que tout le monde semblait d'accord sur l'endroit où ils allaient manger, montra le chemin de la taverne aux galettes. Il marchait donc tranquillement (enfin tout est relatif, comment peut on être tranquille quand Melinda est derrière ?), quand la conversation dériva sur son embonpoint. Serenus ne savait pas si ses amis étaient sérieux quand à son tour de taille ou s'ils plaisantaient, mais il se jura de faire plus attention à son alimentation dans les jours à venir. Il ne voulait pas que son armure devienne trop petite pour lui ! Elle lui avait couté assez cher comme ça. Mayeul souligna que Serenus avait grossi depuis leur dernière rencontre ce qui le fit serrer les dents. Il avait plaisanté à son tour même si ce sujet de conversation ne lui plaisait pas du tout. Autant parler de la poitrine inexistante de Melinda, tant qu'on y est. Ou alors de l'affreuse coupe de cheveux de Mayeul. Le guerrier passa une main dans sa chevelure coupée récemment et sourit. Il était content de ne pas avoir une tignasse pareille. Le coiffage du matin devait être un enfer pour le pauvre Mayeul.

Ils en vinrent (enfin) à changer de sujet et ils parlèrent de leurs rencontres. Melinda réclama à entendre toute ces histoires, ce qui fit sourire le guerrier. Des histoires à raconter au coin du feu, il en avait à la pelle. Si on excluait celle ou il se faisait humilier par Melinda, elles pouvaient être très intéressantes à entendre. Il repensa à l'histoire qu'il adorait raconter à ses amis et collègues : celle où il avait du faire face à un ours affamé qui avait réussi à le faire tomber de son cheval. Il imagina les visages médusés de Mayeul et de Melinda quand il leur narrera le combat contre cet animal gigantesque et tout en poils. Mais ses rêves de gloires furent interrompu par le rêve de Melinda qui se consistait à flatter les plumes du griffon de Mayeul. Bravo ! Malin ! Se servir d'une volaille pour draguer, très intelligent. Cela ne servirait à rien. Melinda n'aimait qu'elle même. Celui qui allait un jour conquérir son cœur allait devoir braver vents et marées pour y arriver. Heureusement, les doutes de Serenus se confirmèrent quand Melinda refusa de faire un bisou à Mayeul en échange de sa rencontre avec le griffon, ce qui contenta beaucoup le guerrier. Les efforts de Mayeul pour la toucher furent récompensés par un pas de côté. Serenus se demanda si elle ne l'avait pas frappé parce qu'elle voulait voir Nuage. Melinda se défendit en prétendant qu'il l'avait assez touché. Le guerrier lança un regard qui se voulait protecteur à Melinda. Si Mayeul la touchait à nouveau, il allait se prendre un coup dans les noix. Et il lui faudrait plusieurs chariots de fleurs de pavots pour faire passer la douleur ! Mais bon, même si l'envie ne lui manquait pas, Melinda savait se défendre.

Puis Mayeul posa LA question qui tue ! A savoir si Mayeul et Serenus couchaient ensemble. Serenus regarda Melinda, déglutit, et explosa de rire. Les larmes lui montaient aux yeux mais il parvint à les contrôler. Il se redressa et s'excusa. Mais la tête de Melinda valait tout l'or du monde. Si un peintre avait été présent, Serenus lui aurait tout donné pour qu'il immortalise cet instant. Melinda demanda pourquoi puis annonça qu'elle préférait coucher avec Mayeul plutôt qu'avec lui. Le guerrier hocha la tête. Pour sa part, il aurait même préféré le griffon Nuage à Melinda. Celle ci se tourna vers le guerrier et lui dit que soit elle le considérait comme un frère soit comme un danger pour sa santé mentale et non pas comme... Comme un amant. Serenus hocha la tête et répondit :

"- Tu n'as pas à t'excuser Melinda. Je suis soulagé de voir qu'une partie de toi me considère comme ton frère. Et je trouve très drôle que l'autre partie pense que je suis un danger pour toi."

Après cela, Melinda sermonna Mayeul à cause de sa question très indiscrète. Serenus se contentait d'appuyer ses propos par des hochements de tête. Elle lui dit également qu'elle ne savait pas comment décrire sa relation avec Serenus. Le guerrier n'avait aussi pas de mots pour donner un nom à cette relation. Il soupira. Quand est ce que tout cela allait évoluer ? Serenus regarda Melinda et se demanda ce qu'elle ressentait réellement. Il la connaissait si peu...

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Mar 23 Aoû - 23:45

« On devrait en faire une coutume, vous savez ?» Hasarda Mayeul avec le sourire, « J’ai très souvent de bonnes idées.» Il était presque sérieux en disant ça, presque, alors que son sourire amusé laissait bien deviner le contraire. Plier Melinda à ses moindres désirs, il n’aurait pas dit non, même si cela aurait vit perdu de son charme. C’étaient leurs joutes verbales qui l’amusait, pas le fait qu’elle se couche devant lui. Ou sur lui, mais la pensée amusée fut vite noyée sous le discours de la jeune femme. « Comment ça, à moi de m’arranger ? Ce n’est pas vous, qui deviez me présenter des excuses pour votre abandon indélicat ?» Questionna Mayeul, faussement outré.
Et tandis que Serenus les guidait, la conversation demeura plaisante, variant de l’embonpoint présumé du Guerrier à la façon dont Melinda avait vaincu Serenus. Vaincue, réellement ? Le Guerrier ne protesta pas, signe qu’il donnait raison à la jeune femme, mais le Voltigeur avait bien du mal à cacher sa curiosité. Vaincue, vraiment ? «Peut-être, charmante Melinda, que les histoire perdent de leur intérêt lorsqu’on les raconte, mais celle-là. Non pas que je vous sous-estime.» Loin de là même. «Mais j’ai du mal à visualiser comment un fier Guerrier peut mordre la poussière face à une aussi jolie fleur que vous.» avoua Mayeul, glissant quelques compliments qui, il le savait, ne porteraient guère à conséquence. Melinda, bien qu’ils ne connaissent que depuis peu de temps, semblait seulement amusés de ses tentatives de drague, qui n’en était pas réellement. Oh non, s’il avait voulu attirer la jeune femme dans son lit, il s’y serait pris bien autrement, et surtout, il aurait vite fait de se débarrasser de Serenus. Ce n’était qu’un jeu, entre eux, un jeu plaisant, léger et amusé qui n’avait pas de conséquences.

Le Voltigeur ne remarqua pas le trouble de la jeune femme, occupé à se repérer tandis que le guerrier les entraînait toujours. Sa main autour des épaules de Melinda fut vite esquivée, tandis que la jeune femme critiquait le choix de ses mots, et que Serenus abordait un sourire ravi. Mayeul lui jeta un regard perplexe. Réellement ? L’un comme l’autre pensait que cela allait le calmer pour la soirée? Mayeul marchait au défi, et Melinda finirait par succomber... Ou lui mettre une gifle. Ce ne serait pas la première fois qu’il s’en prenait une, après tout. «Oui» répondit-il à la question de la jeune fille, avec un sourire resplendissant. « Je n’ai peur de rien, douce Melinda.» La provoqua-t-il. Et surtout pas d’elle, ça non.
Il n’avait pas manqué de voir les regards qu’ils échangeaient, la frêle demoiselle et le Guerrier. Leurs disputes, leurs mots... Mayeul avait fini par poser la question de leur relation, curieux et déterminé à savoir le fin mot de l’histoire. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leur réaction fut assez disparate. Tandis que Serenus éclatait de rire, Melinda tentait vainement de se débattre avec ses négations, et Mayeul la contempla, amusé. Elle préférait coucher avec lui, vraiment ? Oh, il n’était pas contre l’idée !

« Un frère, réellement ? Ce qui explique les regards noirs.» Comprit Mayeul à voix haute. Il considéra un instant Melinda, partagé entre le désir complètement stupide de l’embrasser là, maintenant, devant Serenus, juste pour provoquer une réaction. Qui, il le savait, risquait d’être fort douloureuse, mais le défi était ce qui rythmait sa vie, après tout. Le risque aussi. Mais Melinda reprit la parole, et Nuage transmit à son voltigeur son avis complètement défavorable. Se rangeant sagement à l’avis du griffon, le Voltigeur se mit à rire. « Bien sur que vous ne connaissez pas le sens de ce mot, sinon, vous n’aborderiez pas les gens dans la rue en clamant à quel point ils étaient ridicules.»

Ils finirent par arriver à la taverne sélectionnée par le Guerrier, s’installant à une table pour pouvoir commander à boire et à manger. Le Voltigeur se tourna vers Serenus, son sourire amusé indiquant clairement que la question qui suivrait ne serait guère à prendre au sérieux. «Compliquée, comme relation, donc. Alors, qu’est-ce que Melinda t’a fait, pour t’imposer le respect ?» Posant sa main sur celle de Melinda, il lui confia dans un murmure. « Et promis, ce soir, pas d’alcool fort. Je ne voudrais pas abuser encore de votre inexpérience. Même si je serais plus que ravi de vous dévoiler mes secrets. » Non, ces mots n’étaient absolument pas à double-sens. Pas du tout.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Ven 2 Sep - 0:25

Que Mayeul ait souvent de bonnes idées, j’étais prête à l’accorder – principalement parce que « souvent » était un mot assez imprécis. En l’occurrence, son idée était plutôt ridicule, comme nombre de choses qui le définissaient et qu’un observateur attentif pouvait remarquer, d’ailleurs. Moi, me soumettre aux désirs de qui que ce soit ? Je retins un rire moqueur. Oh, bien entendu, je ne niais pas que j’étais facilement manipulable avec un peu de savoir-faire – j’étais incapable de résister à un défi et tenais presque toutes mes promesses, alors oui, il était sans doute possible de me prendre au piège – mais me plier volontairement au bon-vouloir d’un autre ? Hors-de-question. Je tenais beaucoup trop à ma liberté, sans laquelle ma vie perdrait, à mon sens, tout son goût.

— Peut-être qu’il vous arrive de temps en temps d’avoir des bonnes idées, Mayeul, mais ce n’est pas parce qu’elles sont bonnes que je vais les approuver servilement.

Nous en vîmes à parler de compensations, et Mayeul me rappela cruellement que j’avais des excuses à lui présenter. L’espace d’un instant, un zeste de culpabilité resurgit du plus profond de mon être, parce que j’avais brisé une promesse, et parce que c’était impardonnable, et parce qu’un simple repas ou de banales excuses ne pourraient pas réparer ça, jamais. Je gardai le silence durant quelques secondes avant qu’un éclat de fureur envers ma propre personne ne réduise ces pensées défaitistes en cendres. J’étais en train de réparer du mieux que je pouvais un oubli dont il était en partie responsable, non ? Comme nul à ma connaissance n’avait encore inventé de magie capable de remonter le fil du temps, j’allais devoir m’en accommoder et vivre avec ça – et avec la certitude que plus jamais je ne laisserais Mayeul me servir un verre.

— Ne suis-je pas en train de me plier à vos désirs pour me faire pardonner ? N’est-ce pas suffisant ? questionnai-je avec un large sourire, même si une part de moi attendait la réponse avec un grand sérieux.

Parce qu’à mes yeux, effectivement, un simple repas n’était peut-être pas suffisant. J’avais le sentiment d’avoir accompli un crime grave, et puisque Mayeul était lésé dans cette histoire, s’il estimait que mes efforts ne compensaient pas mon oubli, alors j’étais prête à faire plus. La conversation, toutefois, se poursuivit avec légèreté, jusqu’à ce que je mentionne que j’avais vaincu Serenus. Je me sentis obligée de tempérer l’enthousiasme du voltigeur, tout en insinuant qu’il me sous-estimait peut-être. Sa réponse élargit le sourire affiché sur mes lèvres.

— Certaines fleurs ont des épines qui peuvent s’avérer coupantes quand on essaye de les assaillir ou de s’en approcher, me contentai-je de dire, pour laisser planer le mystère sur une histoire qu’il n’était pas encore l’heure de raconter.

Cette phrase était destinée autant à Serenus qu’à Mayeul. Lors de ma rencontre avec le guerrier, après tout, j’avais réagi vivement lorsqu’il m’avait décrite comme étant faible – une attaque verbale comme une autre – et lorsqu’il avait tenté de se comporter trop familièrement avec moi – une façon de s’approcher de moi. Du reste, lorsque le voltigeur tenta à nouveau de passer un bras autour de mes épaules, je lui demandai, mi-irritée, mi-amusée, s’il était obligé de me toucher chaque fois qu’il en avait l’occasion. Impénitent, il ne se démonta pas le moins du monde, pas même quand je le prévins que je pouvais m’avérer dangereuse, de temps en temps.

— Je ne vous dit pas ça pour vous faire peur, rétorquai-je en haussant les épaules.

Personnellement, je ne ressentais que rarement la peur, et j’avais dû mal à imaginer comment la susciter chez autrui. J’eus un large sourire, carnassier, déjà victorieux.

— Je voulais seulement vous prévenir. Pour que vous ne puissiez pas prétendre que c’est l’effet de surprise qui m’aura menée à la victoire lorsque vous finirez par céder devant moi.

Mais si j’en sentais déjà la douce saveur au bout de mes doigts, ma victoire était encore loin, et Mayeul porta un coup de maitre en posant une question qui m’embarrassa au plus haut point. Je me démenai tant bien que mal pour trouver une réponse exacte, espérant un peu d’aide de la part du guerrier qui se contenta… d’éclater de rire. Je jetai l’aide précieuse aux ordures avec mes espoirs et un morceau de la considération que j’avais réussi à placer en Serenus. Ses excuses n’avaient que bien peu de valeur à mes yeux tandis que – non sans le foudroyer d’un regard assassin – je laissai le soin aux mots de s’exprimer à ma place. Malheureusement, les mots ne s’avérèrent pas d’un grand secours, eux non plus. Même s’il ne le méritait pas, je présentai mes excuses au guerrier pour ma réplique qui aurait pu être plutôt mal prise.

— Drôle ? répétai-je en haussant un sourcil sceptique, surprise par le mot qui me semblait à l’opposé de ce que je ressentais.

Non ce n’est pas drôle aurai-je voulu hurler. Tu ne comprends donc pas que ça me déchire ? Tu ne comprends pas que ça fait mal quand deux sentiments opposés se partagent ton cœur ? Non, tu ne comprends pas, tu te contentes de rire et de me laisser me démener toute seule ! Mais je ne laissai rien percevoir de mon trouble, bien évidemment, me contentant d’afficher un masque de perplexité sur mon visage.

— Ce n’est pas le mot que j’aurais utilisé, me contentai-je de répondre d’un ton dubitatif. Mais pourquoi pas ? Après tout, il y a probablement trop de mots de par le monde pour que nous puissions tous penser au même.

Je retrouvai mon sourire en me retournant vers Mayeul.

— Je m’entendais très bien avec mon frère, corrigeai-je pour démentir son explication. Mais il est vrai que par certains points, il était complètement différent de Serenus.

Jamais mon frère ne m’aurait traitée de « faible », jamais il ne se serait moqué de moi, jamais il ne se serait laissé manipuler par quelques vérités bien emmêlées, et jamais il n’aurait cru aux masques que j’affichais par moment pour dissimuler ce que je pensais vraiment. Mais il pouvait se montrer aussi protecteur, je ne pouvais pas le nier. Et aussi… gentil. Je me retournai vers Serenus, laissant mon sourire s’élargir encore, un sourire sans joie, toutefois.

— Mais tu avais raison sur un point, Serenus, je ne te dois pas d’excuses pour avoir dit la vérité.

J’étais juste assez stupide pour essayer de ne pas te blesser une nouvelle fois. Je la gardai pour moi, cette phrase-là, pour me sermonner de n’avoir pas laissé la pure vérité parler d’elle-même. Je ne m’excusais pas, d’habitude, d’être sincère, mais une part de moi avait eu peur que le guerrier puisse être vexé d’une remarque qui ne lui était pas directement destinée. J’avais considéré Serenus comme étant idiot par bien des points, mais c’était moi, à présent, qui me comportais comme une idiote. Je serrai les dents, songeant qu’on ne m’y reprendrait plus, avant de reporter ma fureur sur Mayeul, l’accusant de manquer singulièrement de tact, et m'apercevant au passage que je lui ressemblais tout autant à ce propos. Il acquiesça en me rappelant comment je l’avais abordé, ce qui m’arracha un vrai sourire.

— A mes yeux, dire la vérité comme je la vois est une forme de tact, Mayeul, fis-je remarquer avec amusement.

Nous arrivâmes finalement à la fameuse taverne où nous nous installâmes. Mayeul, bien évidemment, réclama son histoire, questionnant Serenus. Amusée, je lançai un large sourire au guerrier, déclarant par-là, sans le moindre mot, que je ne lui serais d’aucune aide pour cette question. Qu’il se débrouille donc tout seul pour répondre au voltigeur, puisqu’il m’avait moi-même laissée faire – abandonnée, plutôt – quand était venu mon tour. Moi, rancunière ? Juste à peine…

Comme il me l’avait fait remarquer, Mayeul, une nouvelle fois, ne put s’empêcher de me toucher. Je songeai avec amusement que le voltigeur devait être vraiment en manque d’affection pour m’effleurer chaque fois qu’il trouvait une excuse pour ce faire. Je ne pris même pas la peine de retirer ma main, consciente qu’il devrait bien reprendre la sienne à un moment à un autre. Je ne pus m’empêcher de rire à sa remarque. J’avais retenu la leçon, et de toute évidence, lui aussi. Quant à me dévoiler ses secrets… j’avais le pressentiment qu’il ne parlait pas d’innocents secrets. Simple pressentiment, bien entendu.

— Je ne vous aurai pas laissé m’empoisonner une deuxième fois, maugréai-je avec une moue faussement boudeuse, avant qu’un sourire amusé ne s’installe de nouveau sur mes lèvres. Serenus, je m’en remets à toi, tu peux commander pour moi ?

Serenus, d’après mon expérience, était gentil. Il ne m’empoisonnerait pas, lui, au moins. En réalité, le fait était que s’il trahissait ma confiance à ce sujet, j’en aurais enfin fini avec cette détestable contradiction qui m’agitait et le classerait définitivement dans la catégorie « potentiellement dangereux ». Si en revanche il se montrait fiable, ça ne prouverait absolument rien et me laisserait moisir avec mes contradictions, mais au moins aurai-je la certitude d’un repas sûr. Je retournai mon attention vers Mayeul.

— Et vous, vous n’avez pas l’air étranger du fait d’abuser de l’inexpérience d’une pauvre inconnue, alors je ne sais pas si vos « secrets » le sont encore vraiment, secrets.

Après tout, aux yeux du voltigeur, je ne devais pas être d’une grande importance, aussi, s’il me proposait de me confier ses secrets, cela signifiait probablement que lesdits secrets n’étaient pas d’une grande valeur.

— Encore que vos vrais secrets, ceux qui ont assez de valeur à vos yeux pour que vous ne proposiez pas à n’importe qui de les entendre, ceux-là, je serai ravie de les connaitre.

Apprendre les secrets de quelqu’un était toujours une forme de défi, parce que les secrets, ils étaient cachés, dissimulés, soigneusement enterrés au plus profond des esprits. Je ne comptais pas vraiment, bien entendu, sur les confidences de Mayeul, et je m’y serais prise d’une toute autre façon si je voulais apprendre ce qu’il cachait. Un sourire mutin étira mes lèvres.

— Peut-être même que je serais prête à goûter à nouveau à vos poisons cielsombrois pour les entendre, ces « vrais secrets ».

Peut-être. A vrai dire, je n’étais pas du tout sûre d’en être capable. De ce que je m’en rappelais, j’avais détesté la sensation que m’avait donnée ce truc cielsombrois. Je n’avais plus le contrôle de ce que je faisais, de ce que je disais, de ce que je pensais. Enfin… encore moins que d’habitude. Dans cet état, je me sentais capable de mentir, de tricher, de tromper, de trahir, de briser une promesse. Je pouvais me montrer… haïssable, j’en étais sûre. Alors non, je ne prendrai sans doute pas le risque, quoi qu’il arrive.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Dim 4 Sep - 21:07

Au fond de lui, il était désolé de ne pas avoir pu aider Melinda qui, après la question qui tue de Mayeul, était vraiment embarrassé. Mais qu'est ce que c'était drôle ! Serenus n'avait pas pu s'en empêcher. Cela faisait longtemps que Serenus n'avait pas autant ri. Melinda lui lança un regard noir qui ne le calma pas pour autant. Il arrêta enfin de rire quand la jeune femme s'excusa pour ce qu'elle ressentait. Le guerrier lui avoua donc que tout cela l'amusait plus qu'autre chose, ce qui, visiblement étonna Melinda qui leva un sourcil. Serenus cessa de sourire et fixa Melinda. Avait il dit quelque chose qui fallait pas ? Le guerrier fronça les sourcils avant de dire, désormais perturbé à l'idée d'avoir dit une bêtise :

« - Enfin, drôle n'est peut être pas le mot juste..  Peut être que « curieux » serait plus adéquat . »

Melinda approuva effectivement en disant que « drôle » n'est pas le mot qu'elle aurait utilisé, mais elle rassura Serenus en lui disant qu'il y avait tellement de mots pour qu'on puisse penser à la même chose. Serenus leva un sourcil, perplexe. Il sentait qu'elle lui cachait quelque chose. Il avait l'habitude de ça. Combien de fois, lorsqu'il interrogeait des bandits capturés pour des vols, avait il senti qu'on lui mentait ? Mais Melinda n'était pas un bandit. Elle était beaucoup plus intelligente. Et surtout beaucoup plus vicieuse.
Pendant qu'il se creusait la tête, Melinda parla de son propre frère à Mayeul. Celui qui avait autant de similitudes avec Serenus que de différences. Elle finit par enchainer avec un grand sourire qu'il avit raison quand au fait qu'elle ne lui devait pas d'excuses pour lui avoir dit la vérité. Serenus tourna la tête vers elle et dit avec un petit sourire :

« - La vérité peut faire mal, mais c'est toujours la meilleure solution. Sauf quand il s'agit de femmes bien entendu... »

En disant cela, il faisait allusion à son épouse, qui était parti parce qu'il lui avait dit la vérité. S'il avait menti, elle n'aurait sans doute jamais rien su de cet épisode facheux sur l'île des Amoureux du Vent. Elle serait restée à ses côtés... Mais bien sûr, il fallait qu'il joue au chevalier honnête. Mais au moins, il y avait un bon point à cela. Il avait soulagé sa conscience. C'était le seul bon point. Pour des centaines de mauvais.

Il sortit de ses pensées déprimantes quand ils franchirent la porte de la Taverne aux galettes. Une vielle dame, en apercevant Serenus, se leva et vint les accueillir. Elle fit un gros baiser sur la joue de Serenus tout en le sermonnant de ne pas lui donner assez de nouvelles. Le guerrier s'excusa avec un grand sourire. Il était content de revoir cette dame. Il la connaissait depuis son arrivée à Lorgol, le jour où il a débuté sa formation. Il venait souvent boire un verre ou déguster une bonne galette au pâté de hérisson et il avait toujours conservé une bonne relation avec cette grand mère Elle avait toujours été là lorsque il en avait besoin.. Elle l'accueillait comme elle le faisait pour son fils et il la traitait comme il le faisait pour sa mère. A l'exception près qu'elle n'oubliait jamais de lui faire payer la note.
Le guerrier présenta ses amis et ils purent s'installer à table. Un jeune serveur, sans doute le petit fils , vint leur apporter un pichet de cidre ainsi que des amuses gueules.
Mayeul profita de cet « apéritif » pour réclamer l'histoire de la victoire de la petite et farouche Melinda sur le beau et puissant guerrier. Melinda lui lança un regard qui voulait dire « démerde toi coco ». Serenus lui dit en souriant :

« - C'est qu'elle est rancunière en plus ! ». Il but une gorgée de cidre avant de commencer : « Je me baladais dans Lorgol, je recherchais quelques indices sur les enlèvements survenus au port et je me disais que j'en trouverais dans les tavernes. Puis Melinda m'a percuté de plein fouet. »

Le serveur les interrompit. Serenus, avec l'accord de Melinda, commanda pour elle et pour lui deux galettes. Il prit pour lui sa préférée : celle au pâté de hérisson ; et pour Melinda, une galette au fromage de chèvre mélangé à du miel d'Outrevent. Lorsqu'ils furent de nouveau seuls, il reprit :

« - En bon guerrier, je lui ai conseillé de ne pas se balader seule en pleine nuit. Mon pauvre vieux, tu aurais vu ça. C'est comme si je m'étais pris un ouragan dans la figure. J'ai tellement pris cher que, au bout d'un moment, j'ai été forcé d'abdiquer. Mais au moins, cela finit sur une note positive puisqu'elle m'a fait un gros câlin avant de partir. »

Le sujet de conversation se déporta ensuite sur le fait que Mayeul aimait abuser de l'inexpérience des inconnus, ce à quoi Serenus ajouta :

« - Je confirme, j'en ai aussi fait les frais. Même si j'étais consentant... »

Les galettes arrivèrent enfin pendant que Melinda avoua qu'elle serait prête à goûter aux drogues de Sombreciel pour entendre les secrets de Mayeul. Serenus leva un sourcil. Alors comme ça, elle aussi avait déjà testé ces produits aux effets pour le moins étrange ? Cela serait aussi une bonne histoire à entendre ! Alors qu'il avalait une bouchée de galette, Serenus demanda :

« - C'est quoi cette histoire « d'empoisonnement » Melinda ? »

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Ven 16 Sep - 23:07

Sa joute verbale avec Melinda était amusante et rafraîchissante, il ne pouvait le nier. Évidemment, la petite rose avait des épines, mais c’était bien cela qui faisait le piquant du jeu. Et avec Melinda, tout était prétexte à titiller l’autre, à ironiser, chacun so tour, sur le discours tenu par la partie adverse, jusqu’à ce que l’un des deux reconnaisse ses torts. Serenus avait tort de s’inquiéter pour sa protégée : elle et Mayeul ne faisaient que rire ensemble, rien de plus. « Je pourrais vous proposer tellement d’autres compensations plus satisfaisantes. » Plaisanta le Voltigeur, l’air de ne pas y toucher. « Mais un repas en votre compagnie me satisfait grandement, Melinda. Vous m’avez manqué, vous et votre singulier manque de tact! » Avoua-t-il avec un sourire.
Et tandis que la conversation se poursuivait, attisant la curiosité du Voltigeur sur la relation étrange entre Serenus et la jeune femme, cette dernière sortit une phrase qui le fit éclater de rire. Vraiment, elle pensait remporter la victoire de cette joute verbale à laquelle ils s’abonnaient tous les deux ? « Je ne céderais jamais devant vous, Melinda, aussi charmante et intelligente que vous puissiez être. » Finit-il par lui glisser, les yeux pétillants d’amusement.

Son frère ? Mayeul la regarda curieusement, la petite Melinda, trouvant l’écho de ses propres paroles dans celles de la jeune femme. Parler au passé de son frère, était-ce un signe de quoi que ce soit ? Ou était-ce lui qui était trop sensible ? Mathilde... Il n’en parlait pas, jamais, ou presque. Serenus savait, pour avoir vu le portrait de sa soeur dans la maison familiale, mais la jeune femme ne savait pas, et il ne tenait pas à ce que cela se sache. C’est pour ça qu’il s’abstint de poser la question, forçant un peu son sourire quand Serenus répondit à sa remarque sur la vérité. « La vérité, c’est parfois très surfait. Mais quand il s’agit de femmes, il faut être clair dès le début. Il peut y avoir des avantages à dire la vérité. » Combien de fois avait-il quitté une jeune femme dans son lit, ou elle le sien, sans heurt ni soucis, justement parce qu’ils avaient été clair dès le début. La vérité... C’était bien de la connaître, la plupart du temps. Et puis, l’omission n’était pas réellement un mensonge, n’est-ce pas ?

Ils arrivèrent devant la taverne, s’attablant à une table libre, tandis que Mayeul réclamait son histoire. Histoire que Serenus s’offrit de raconter, suite à un regard noir de la jeune femme. Tandis que le Guerrier dressait le décor, Melinda lui demanda de commander pour lui, chose à laquelle Mayeul répliqua par un haussement d’épaules amusé. Comme si c’était son genre de droguer les jolies demoiselles ! Serenus, finissant son histoire, en rajouta une couche à ce sujet, et Mayeul leva les mains avec innocence. « Toi, mon ami, tu étais prévenu ! Melinda aussi, d’ailleurs. » Il les regarda tour à tour avant de conclure. « Si vous faits fi de mes conseils, inutile de vous en prendre à moi après. » Il les avait prévenu. Presque. Disons qu’il ne s’était pas attardé sur les effets, mais il en avait parlé... Vaguement. Il avait commandé également, Mayeul, avant de répondre.
« Alors, cette jeune dame t’as hurlé dessus et t’a prouvé que tu ne faisais guère le poids face à la puissance de son raisonnement et à la magnificence de ses propos ? Je suis déçu Serenus, je te pensais bien plus fort que ça. » Taquina-t-il le guerrier avant de se tourner vers Melinda, s’efforçant de ne pas perdre son sourire à l’évocation de ses secrets.

« Je n’ai pas beaucoup de secrets, Melinda, et aucun qui ne valent la peine de les chercher. C’était une figure de style, rien de plus. Je n’ai rien à cacher : Je suis Voltigeur, Cielsombrois, et futur héritier de Vifesprit. Quoique... ça, vous ne le saviez peut-être pas. » Réfléchit-il à haute voix, perplexe. C’était difficilement un secret : Serenus savait, lui. Mais il n’avait peut-être pas précisé sa noble ascendance à Melinda. Pas que cela change grand chose, sans doute : en Sombreciel, oui, sans doute, mais pas à Lorgol. Ici, Mayeul n’était qu’un anonyme parmi tant d’autres, loin des responsabilités et des Cours austères, et cela lui convenait à merveille.
Leur repas arriva rapidement, et Serenus s’intéressa à l’histoire de l’empoisonnement. Quoi qu’il puisse avoir en tête, il était probablement loin de la vérité. « Ce n’est rien, crois moi. J’ai juste fait goûter à cette frêle demoiselle une liqueur de Sombreciel, qui lui a un peu tourné la tête. Mai j’ai été très correct. » assura-t-il avec un léger rire, se remémorant la soirée passée avec la jeune femme, bien des semaines plus tôt.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Jeu 22 Sep - 21:09

Je ne m’aperçus de l’importance que j’accordais à la réponse de Mayeul que lorsqu’il eut fini de parler. Ce repas lui était suffisant. Parfait. Rassurée, je laissai mon sourire se faire plus lumineux, mes épaules de décrisper. Enfin, durant une fraction de seconde. Parce qu’après, le voltigeur déclara que je lui avais manqué. Je ne perdis rien de mon sourire, non, mais en mon for intérieur, je décidai qu’il était préférable que je ne croie pas en cette affirmation. J’appréciais Mayeul et nos conversations parce qu’elles paraissaient être sans conséquences – et encore, j’avais fini par devoir m’excuser platement pour une promesse que j’avais honteusement oubliée – mais que je lui manque, j’appelais ça une déplorable conséquence.

— Je vous ai manqué ? répétai-je en haussant un sourcil sceptique. J’avoue que j’ai du mal à vous croire à ce sujet.

Je ne pouvais qu’admettre, toutefois, que j’aimais bien nos joutes verbales – pas de là à dire qu’elles m’avaient manquées, mais j’étais contente de les retrouver. J’étais persuadée que je remporterai une victoire un jour, si je m’appliquais suffisamment. Tout objectif, avec un peu de détermination, pouvait être atteint, et celui-là n’était pas différent, même si Mayeul se montrait de mauvaise volonté.

— « Jamais » est un mot dangereux, Mayeul, savez-vous ? Il peut facilement devenir mensonge, déclarai-je avec un sourire victorieux, comme si je me délectais déjà de ma réussite prochaine.

Pour l’instant, toutefois, c’était le voltigeur qui était le plus susceptible de gagner, et dans notre joute verbale, sa question était un coup qui aurait pu me blesser mortellement. Je réagis tant bien que mal pour essayer d’échapper à cette situation embarrassante, et ne pus m’empêcher d’accuser Serenus par après, interloquée qu’il trouve ça drôle. Il se corrigea, mais même le mot « curieux » me paraissait déplacé. Enfin, tout le monde ne pouvait pas penser à la même chose à propos d’un même élément, sans doute. Je laissai le sujet mourir de lui-même, comme une pauvre abeille aux ailes arrachées qui ne pouvait, dès lors, que tomber vers le sol.

J’éprouvais désormais une sorte d’exaspération pour Serenus, et je n’hésitai pas une seule seconde à revenir sur les excuses que je lui avais faites, en admettant qu’elles avaient été inutiles, étant donné que j’avais simplement déclaré ce qui, pour moi, s’avérait être la pure vérité. Je m’apprêtais à hocher la tête aux dires du guerrier – oui, la vérité était toujours la meilleure solution, quelle que soit la situation – lorsqu’il se permit de faire une petite exception. Je le foudroyai aussitôt du regard. Comment ça, sauf quand il s’agissait de femmes ? Qu’est-ce qu’il voulait dire par-là ? Est-ce que je devais me sentir visée ? J’écarquillai les yeux, soudain prise d’un horrible doute. Est-ce qu’il me mentait, à moi ? Cette idée m’horrifia bien plus qu’elle n’aurait dû le faire, et je me maudis intérieurement de n’avoir pas été encore plus distante qu’à présent. Par comparaison, Mayeul avait un avis contraire à celui du guerrier, mais l’avis du voltigeur sur la vérité me concernait beaucoup moins. Sans doute parce que nos conversations, simples taquineries, ne nécessitaient pas beaucoup d’honnêteté.

— Peu importe les circonstances, il faut être sincère, déclarai-je en les foudroyant tous deux du regard comme si je pouvais, par ce simple moyen, leur faire comprendre leur erreur de jugement. La vérité est le seul repère que nous avons pour accorder ou non notre confiance aux autres.

Nous arrivâmes à la taverne, et Mayeul réclama, comme de juste, l’histoire de notre rencontre. Toujours irritée par le comportement de Serenus, je laissai ce dernier répondre, mais je compris rapidement que je ne pouvais pas vraiment lui permettre de raconter toute l’histoire alors qu’il exagérait un tout petit peu – mais même une exagération minime, ce n’était pas l’exacte vérité. Il déclara d’abord que j’étais rancunière, et je ne pus m’empêcher de corriger d’un haussement d’épaules.

— Je te laisse simplement répondre à la question qui t’a été posée, Serenus.

Comme il essayait de faire croire qu’il enquêtait, alors que je l’avais surpris à flâner dans les rues ! Et comme il prétendait que moi, j’étais celle qui l’avait percuté lui, alors que dans une collision, il fallait toujours être au moins deux fautifs ! Je jetai un coup d’œil amusé à Mayeul, me mordant la lèvre inférieure pour me retenir de rire devant la pensée malvenue qui traversa mon esprit. Serenus avait prétendu ne mentir qu’aux femmes… N’avait-il jamais remarqué que le voltigeur était en réalité un homme ? Décidément, ce guerrier se montrait un peu idiot, parfois. Je l’écoutai, résistant à l’envie d’éclater de rire, sans prononcer un mot de protestation, du moins, jusqu’à ce qu’il prétende que je lui avais fait un gros câlin.

— Tes souvenirs te trompent, Serenus, c’était tout juste une brève étreinte amicale, ne pus-je m’empêcher d’ajouter. Et puis tu as passé sous silence ton invitation, il me semble…

J’ignorais pourquoi Serenus n’avait pas mentionné mon passage à la guilde des Guerriers. Avait-il eu honte de sa seconde humiliation ? J’aurais pu garder le silence par respect pour les dires de celui que je considérais peu à peu comme un ami, mais j’avais promis à Mayeul de lui offrir une histoire complète, et il m’aurait paru injuste de ne pas mentionner cet épisode.

La conversation se poursuivit, et nous en vîmes à parler des secrets de Mayeul, que je considérais pour ma part comme fort peu secrets, à vrai dire, puisque le voltigeur aimait abuser de l’inexpérience de pauvres inconnus. Serenus ajouta qu’il avait été aussi victime de ce comportement, mais que lui s’était montré consentant. Je me demandai, les sourcils froncés, comment on pouvait subir volontairement cette… cette véritable impuissance du corps et de l’esprit. Il en faudrait beaucoup pour me convaincre de toucher de nouveau aux trucs cielsombrois. Mayeul se défendit en prétendant qu’il nous avait prévenus. Moi, prévenue que cette chose qu’il me servait était un dangereux poison ? Non. Non, décidément, ce souvenir n’était pas inscrit dans ma mémoire.

— A l’avenir, Mayeul, quand vous essayez de me prévenir, faites peut-être en sorte que ce soit un peu plus explicite, je serais comblée, susurrai-je avec un sourire amusé.

Mayeul se moqua de la lâcheté et de l’abandon du guerrier, et une fois de plus, je ne fis aucun commentaire, curieuse de voir comment Serenus allait se débrouiller. Garder le silence me demandait des efforts, c’était vrai, mais je trouvais ça assez intéressant d’assister aux joutes verbales du voltigeur avec un autre. Je glissai simplement que je serai ravie d’entendre les vrais secrets de Mayeul, ceux qu’il gardait pour lui. Sa réponse me fit sourire.

— Tout le monde a des choses à cacher, même les voltigeurs cielsombrois héritiers de Vifesprit, déclarai-je en haussant les épaules. Mais je remporterai d’abord la victoire sur vous avant de chercher à en savoir plus sur vos secrets, n’ayez aucune inquiétude.

Je doutais que Mayeul s’inquiète ; il était assez prétentieux pour penser que je ne remporterai jamais la victoire dans cette joute verbale qui nous opposait. Je ne savais pas qu’il était hériter de Vifesprit – je n’y avais, à vrai dire, jamais vraiment réfléchi – mais ça n’avait pas grande importance à mes yeux. Pour moi, il était juste l’homme avec qui la conversation s’écoulait tout naturellement, amusante, plaisante, aussi douce et agréable que du miel bien doré.

Notre repas arriva, et je me penchai aussitôt vers la nourriture. Je n’éprouvais aucun intérêt particulier pour les repas, mais observer ce que Serenus m’avait commandé me permit de laisser Mayeul répondre au guerrier, et d’entendre sa version de l’histoire. Le voltigeur, en tous cas, était assez sincère pour que je confirme son histoire d’un hochement de tête.

— Je ne suis pas frêle, soulignai-je toutefois en haussant les épaules. Mais je dois dire que Mayeul s’est montré très correct. D’après mes souvenirs.

Et comme j’avais oublié la date exacte du rendez-vous, peut-être que j’avais pu oublier également un détail ou l’autre… A ce sujet, je pouvais seulement accorder un zeste de confiance au voltigeur, et je le lui accordais volontiers, d’ailleurs. Je ne le pensais pas capable de profiter d’une situation pareille. Du moins, j’espérais qu’il n’en soit pas capable.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Mar 4 Oct - 21:33

Peut être était il allé trop loin dans ses propos. Enfin, heureusement pour lui, le sujet ne tarda pas à être définitivement enterré dans l'oubli. Serenus, pour tenter de se glisser dans celui qui évoquait la , vérité, avoua que la dire était parfois la meilleure chose à faire, sauf quand il s'agissait de femmes. Ce a quoi Mayeul répondit qu'avec les femmes, il fallait être clair dés le début. Par Kern, s'il savait. Serenus fit une moue, il hésitait à raconter sa dernière mésaventure avec la dernière personne du genre féminin qu'il a aimé. Il décida finalement de le dire que si on le lui demandait. Il ne voulait pas gâcher l'ambiance amicale qui régnait entre eux (amical ? Avec Melinda tout était relatif). Serenus resta donc silencieux jusqu'à leur arrivée dans la Taverne aux Galettes. Ils s'attablèrent et Serenus en profita pour raconter sa rencontre tumultueuse avec Melinda.

Ah... Cet épisode là, il ne risquait pas de l'oublier. Serenus repensait souvent aux circonstances qui l'avait conduit à leur rencontre quelque peu brutale. S'il avait ne serait ce que changé de rue, que de marché un peu plus à droite, ils se seraient croisés sans se regarder. Comme quoi, il en fallait peu pour déclencher un ouragan. Le guerrier imagina alors ce qui aurait pu se passer si, malgré tout, le Destin avait souhaité leur rencontre. Elle aurait lui pu demander son chemin, ou alors lui aurait pu juste lui dire bonsoir... Puis en y réfléchissant un peu, il se dit que la bousculade avait été le seul et unique moyen pour qu'ils se parlent. Serenus sortit de ses brèves pensées quand Melinda lui dit qu'il avait oublié de mentionner quelque chose... Serenus ne l'avait évidemment pas oublié. Comment oublier un repas qui avait été le plus humiliant de sa vie ? Serenus rétorqua alors :

« - Je crois que tu seras plus apte que moi pour raconter ce passage Melinda. Ce n'est pas que je n'ai pas envie d'en parler mais, vu que tu n'as pas l'air entièrement d'accord avec moi, je te laisse narrer ta version. »

Bon en vérité, il n'avait pas envie d'en parler. Surtout devant le voltigeur. Son ego était certes déjà au fond du trou et il ne voulait pas lui donner une pelle pour continuer à creuser. Même si inconsciemment ; il venait de le faire en passant la main à Melinda. Bravo Serenus! Très intelligent ! Serenus était en train de se maudire par la pensée quand Mayeul le taquina sur son histoire. Il prétendit qu'il le croyait plus fort que ça. Serenus haussa les épaules. Il voulait montrer qu'il s'en fichait qu'on le croit fort ou pas, même si au fond de lui, il brulait de lui montrer que Mayeul n'avait pas besoin de griffon pour voler. Il répondit alors, tout en croquant dans sa galette, parfaitement calme :

« - Tu sais bien que notre Melinda cache un cœur de dragon sous sa poitrine. Un guerrier ne peut pas grand chose contre un seigneur du ciel. »

Il s'était mit à appeler les dragons de cette manière depuis peu. En effet, il avait vu, quelques temps plus tôt, un majestueux dragon voler au crépuscule. Ses mouvements avaient tellement ému le guerrier que l'expression lui était directe venue à l'esprit. Il admirait et craignait à la fois les dragons. Quand il en voyait un, sur terre ou dans le ciel, il ne pouvait s'empêcher de sourire béatement comme un enfant. Serenus finit sa galette et revint dans le présent. Mayeul et Melinda continuaient à débattre sur les secrets du voltigeur. Le guerrier regarda la jeune femme, et se demanda distraitement si sa galette lui plaisait. Il croisa alors le regard de la vieille femme de la taverne qui veillait à ce qu'ils soient bien servis et bien nourris. Serenus sourit et retourna dans la conversation. Il demanda à Mayeul un peu plus de détails sur cette histoire d'empoisonnement. Lorsque Mayeul lui avoua qu'il lui avait fait gouter de la liqueur de Sombreciel. Serenus laissa échapper un petit rire et, quand Melinda riposta, il lui dit :

« - Frêle ou pas, cette liqueur a de quoi assommer un cheval, je me suis toujours demandé ce qu'il y avait dedans. J'en ai mis une fois sur une blessure, ça m'a brulé comme si ça avait été du feu

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Jeu 13 Oct - 23:08

Oui, elle lui avait manqué, la jolie demoiselle de Lorgol. Il avait apprécié leur échange verbal, sa franchise et sa bonne humeur, et la façon répétitive qu’elle avait de le convaincre à quel point sa démarche étai étrange. Ou horrible, il ne savait plus trop, vu qu’il n’y avait pas accordé la moindre importance. « Et le mensonge est un sujet que vous avez en horreur.» Aquiesça Mayeul, avant de lui sourire largement. « Vos doux propos m’ont terriblement manqué, belle dame. Je n’ai jamais , et j’insiste, jamais, rencontré votre pareille pour dire la vérité aux gens. » Il marqua une brève pause avant de lui sourire avec ironie. « Le discours vous agrée-t-il davantage ? »

La discussion se poursuivit, Serenus exposant les circonstances de sa rencontre avec la jeune femme, qui ne paraissait pas d’accord sur tous les points. Il étaient adorables à se chamailler comme un vieux couple, malgré leur affirmation de n’être absolument pas ensemble. Enfin, un vieux couple... Il l’imaginait, du moins. Sombreciel n’étant pas connu pour la fidélité extrême de ses habitants, c’était assez compliqué à définir, un vieux couple. Et si ses propres parents avaient des mœurs moins libre que bien d’autres, c’était sans doute parce que la drogue encombrait l’essentiel de leur esprit. Le petit discours de Melinda sur la vérité à tout prix attira un sourire sur les lèvres du Voltigeur : elle le avait, Melinda, ce qu’il pensait de cette idée. Mais qu’elle précise à Serenus qu’il se trompait promettait ne histoire encore plus savoureuse, aussi se garda-t-il d’interrompre leurs discussions.
Et ils s’étaient attablé, ans cesser de discuter. Le Voltigeur eût la décence de hocher la tête quand Melinda lui reprocha de ne pas avoir été assez prévenu : elle n’avait pas tort, sans doute, il n’avait guère était explicite. Mais pour sa défense, le résultat était bien plus amusant sous l’effet de la surprise.

« Vous n’avez donc aucune chance de découvrir le moindre de mes secrets. Secrets qui n’existent pas, d’ailleurs. Parce que jamais vous ne remporterez la victoire sur moi, charmante Melinda, aussi inventive et passionnée que vous puissiez être. » Déclara Mayeul avec arrogance, avant de lancer un regard à Serenus, bien trop appuyé pour être innocent, et de déclarer à la jeune femme d’un ton qui se voulait sérieux. « Mais on m’a déjà précisé que je me montrais particulièrement bavard, entre les draps d’un lit. » Etait-ce une proposition ? Une simple constatation ? Un mensonge pour attirer la jolie demoiselle dans ses filets ? Il laissait à Melinda le choix de prendre la proposition qui lui convenait le mieux. Elle saurait qu’il n’était pas sérieux sans doute, leurs échanges ne l’étant absolument pas, mais il était curieux d’attiser la jalousie du guerrier, et la jeune femme verrait peut-être clair dans son jeu.

« Et non, mon ami, je l’ignore. Je ne suis pas aussi proche que toi de la demoiselle, même si j’aspire à l’être. » Mayeul, c’est dangereux, pour un Voltigeur, de jouer avec le feu. Il enchaîna avec un sourire. « Mais j’ai toujours entendu dire que les dragon avaient un grand coeur, et une cervelle beaucoup plus petite. Assurément, Melinda en a plus dans la tête que n’importe quel dragon et donc par conséquent, son cœur ne peux être celui d’un de ces reptiles. » Le sourire suffisant qu’il abordait ne conviendrait sans doute pas au Guerrier amoureux des dragons, mais c’était pourtant bel et bien un compliment pour la demoiselle, non ? C’était l’essentiel. En plus, il n’en savait rien, Mayeul : il ne côtoyait pas assez de dragons pour faire de sa phrase une certitude. Mais c’était amusant de défier Serenus, presque autant que de défier Melinda, même si elle était une cible bien plus dangereuse. Le Guerrier lui même le savait, après tout : il avait baissé les armes devant elle. « Très correct, je vous l’assure, charmante Melinda. » Il lui adressa un sourire éclatant, avant d’enchaîner avec ironie. « Sinon, il ne me tarderait pas tant de vous revoir. » C’était logique, non ?

« Et c’est un secret de fabrication savamment protégé, accessible seulement à ceux qui sont dignes de le connaître. » Affirma le Voltigeur, dévisageant tour à tour ses compagnons de tablée. « Mes parents possèdent une petite distillerie artisanale..; vous y êtes la bienvenue, douce demoiselle. » Clama-t-il, charmeur. Dragueur à extrême. C’était bien comme ça qu’il préférait jouer avec Melinda, et le fait d’ajouter Serenus dans l’addition pimentait définitivement la sauce.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Sam 15 Oct - 11:50

Je lançai à Mayeul un regard suspicieux. L’ironie de ses paroles ne m’avait pas échappée. Mes doux propos ? Alors qu’il m’avait déclarée cruelle quelques instants auparavant ? Eviter les contradictions dans son propre discours me paraissait élémentaire, au moins sur la même journée. A moins bien entendu d’ajouter quelque poison cielsombrois dans l’équation, auquel cas sa victime avait tendance à oublier lesdites contradictions. Voilà qui m’éclairait, en fait, sur l’usage que le voltigeur faisait des breuvages imbuvables de son duché… Quant à ses tournures de phrases… je préférais ne même pas m’y attarder.

— Une petite révérence aurait parachevé vos efforts, je pense, déclarai-je d’un air songeur, comme si cette suggestion était tout à fait sérieuse, avant qu’un sourire moqueur ne s’épanouisse sur mon visage. Mais n’aurait rien changé à la crédibilité de vos paroles.

Et déjà Mayeul réclamait son histoire, comme un enfant son dessert préféré. Je laissai volontiers Serenus raconter notre rencontre, mais il n’hésitait pas beaucoup à travestir ou dissimuler la vérité, aussi ne pus-je m’empêcher de commenter ses propos. Était-il… irrité par mon intervention, quand il me proposa de continuer, puisque nos versions de cette histoire étaient différentes ? Je ne pouvais pas le déterminer. Et peut-être, puisque d’une part la dignité du guerrier était en jeu, aurai-je dû taire cet épisode. Mais d’un autre côté, j’avais passé un marché avec le voltigeur, et si Serenus avait voulu que je garde un secret, il aurait pu me le dire plus tôt. Je parlais tant et si bien qu’il devait être évident que je pouvais tout aussi bien révéler des choses qui ne devaient pas l’être, non ? Il aurait dû s'en douter. Quand même. Un peu. Même s’il était idiot, parfois.

— Serenus a omis de préciser que notre première rencontre s’est plus exactement terminée alors que je le plantais sans explications au milieu de la rue. Le lendemain matin, nous nous sommes recroisés devant l’antenne de la Guilde des Guerriers à Lorgol, et là, il m’a invité parmi ses collègues pour le temps d’un repas. Repas plutôt houleux, en fait, puisque j’ai été obligée de défendre devant tout le monde la dignité de ce brave guerrier qui se laissait marcher sur les pieds. Et là, par pitié peut-être, je lui ai dit au revoir d’une légère étreinte amicale.

« Peut-être » était décidément un mot très utile, qui ne cessait de m’impressionner par sa faculté à s’insérer dans une phrase pour faire d’un presque mensonge une presque vérité. Par pitié… comme si la pitié était la seule raison qui m’avait poussé, à ce moment-là, à me retourner vers Serenus pour l’enlacer. D’un autre côté, je ne savais pas vraiment ce qui m’avait pris. C’avait été comme un instinct déraisonnable, un élan du cœur et du corps irrépressible, une façon tout à la fois de le remercier et de lui dire que tout n’était peut-être pas perdu, que je pouvais encore l’apprécier – pour peu bien entendu qu’il perde ses envies protectrices et cesse de ressembler de près ou de loin à mon frère.

Il était bien sûr de lui, Mayeul, sûr de sa capacité à me résister indéfiniment. Mais « jamais » était un mot dangereux, je continuais d’en être persuadé. Le temps avait tendance à avoir des effets désastreux sur les mots qui avaient l’audace de s’y prélasser trop longtemps – et quel meilleur exemple de ces fameux mots que « jamais » ? Inutile toutefois de lui répéter une nouvelle fois que ses tournures de phrases le conduiraient inévitablement à se contredire, il refusait visiblement de le comprendre. Je me contentai donc de lui jeter un regard dubitatif, qui reflétait fort bien le fond de ma pensée. Parce que j’allais gagner, j’en étais sûre. Un jour, lointain peut-être, mais un jour tout de même. Et sans avoir besoin de me glisser entre les draps d’un lit.

— Qui sait, peut-être que j’y viendrais un jour, poussée par une curiosité dévorante ? déclarai-je pourtant avec un sourire moqueur, même si je doutais fort d’en arriver là.

Je me penchai vers Mayeul, taquine.

— Vous voyez, c’est beaucoup plus amusant d’utiliser « un jour » que « jamais », vous ne pensez pas ? Les possibilités deviennent soudain… infiniment plus nombreuses.

Je me tournai vers Serenus comme pour le prendre à témoin, un sourire innocent étirant mes lèvres.

— Qu’en penses-tu Serenus, tu crois que j’ai une chance de faire plier Mayeul un jour ?

Mayeul se moqua au passage de la lâcheté de Serenus qui avait cédé devant moi, et le guerrier, pour seule défense, déclara que j’avais un… un quoi ? un cœur de dragon ? Je haussai un sourcil sceptique. Je n’étais pas sûre de vouloir prendre ça comme un compliment. Oh, bien entendu, j’admirais les seigneurs du ciel, le souffle presque coupé par la fascination dès que je les observais. Mais de là à me comparer à l’un d’entre eux ? C’était une façon de voir les choses un peu mensongère, non ? La remarque du voltigeur, en revanche, me fit sourire. Etrange, on aurait presque dit un compliment sincère – même si je doutais que les dragons aient vraiment des petits cerveaux. Venant de lui, qui adorait ironiser, se moquer et me taquiner, ça m’étonnait un peu. Peut-être que la présence du guerrier comme témoin le poussait à changer de comportement ?

— Inutile de me comparer à un dragon ou à quoi que ce soit d’autre, je suis moi-même, et je suis incomparable, déclarai-je sans la moindre arrogance.

Incomparable au sens premier du terme, qu’on ne pouvait comparer avec rien d’autre, tout simplement parce que j’étais unique en mon genre.

— Mais Serenus, tu a raison sur un point, tu ne pouvais pas grand-chose contre moi, ajoutai-je avec un sourire moqueur.

Nous dérivâmes sur le sujet des poisons cielsombrois, un sujet qui ne me plaisait pas plus qu’un autre, sinon pour avertir Mayeul que plus jamais je ne me laisserais avoir – oui, bon, parfois, le mot « jamais » pouvait s’avérer utile, mais à très petites doses. En tous cas, Serenus était d’accord avec moi sur le fait que cette liqueur pouvait s’avérer particulièrement dangereuse, à se demander pourquoi les cielsombrois étaient toujours en vie. Sans doute avaient-ils développé une résistance particulière à toutes sortes d’autres poisons ? Une théorie sur laquelle méditer…

Le voltigeur, en tous cas, m’assurait s’être montré très correct avec moi au retour de cette soirée. Par réflexe, je lui lançai un regard dubitatif, haussant un sourcil interrogateur par la même occasion. Néanmoins, j’avais tendance à le croire, pour cette fois, parce que son affirmation correspondait à mes souvenirs. Quant à vouloir me revoir… pourquoi ? Pour essayer de m’empoisonner une nouvelle fois et, cette fois-ci, d’en profiter à cœur joie ? Mon regard se fit encore un peu plus suspicieux, si cela était possible, et j’ouvris la bouche pour répondre, mais déjà il enchainait en réponse à Serenus. Voilà donc un secret qu’il gardait pour lui – un secret que je pouvais lui arracher. D’ailleurs, comme pour m’inviter à essayer de le lui extorquer, il me déclara bienvenue à la distillerie de ses parents. Un léger sourire éclaira mon visage.

— Pour peu que je n’y goûte aucune spécialité cielsombroise, ce serait avec plaisir que je viendrais voir cette distillerie. Et j’ai désormais un secret à vous arracher, il me semble.

Je tapotai l’épaule du voltigeur, comme emplie de compassion.

— Ne soyez pas trop triste, mais je n’utiliserai pas la technique que vous m’avez donnée – vous mettre entre les draps d’un lit pour vous faire parler. Trop prévisible, vous comprenez ? Ce ne serait pas aussi amusant que de vous faire une surprise.

Et personnellement, je trouvais qu’il n’y avait rien de plus amusant que ces moments que l’on passait simplement à réfléchir à une tactique susceptible de fonctionner, et à en chercher une autre quand la (les) première(s) avai(en)t échoué. Et plus il fallait de stratégies différentes pour parvenir à un objectif, plus la réussite en était grisante. Sous cette perspective, Mayeul s’avérait être un défi plutôt intéressant.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Lun 17 Oct - 22:35

Certes son honneur et son ego étaient en jeu, mais alors pourquoi avait il fait la bêtise de confier l'histoire aux mains de Melinda. Mais maintenant il était trop tard pour revenir en arrière. Et puis, Mayeul n'irait sans doute pas répéter à tout le monde qu'un guerrier s'était laissé humilier par une gamine et que , plus tard, cette même gamine l'avait défendu. Serenus avait encore honte de ce qu'il s'était passé. Il adorait Melinda et ne pouvait pas lui en vouloir pour son geste... Mais maintenant, les choses ne seraient plus jamais les mêmes à l'antenne de Lorgol. Ses collègues lui demandaient souvent des nouvelles de la « petite tornade » comme ils aimaient à l'appeler tout en glissant une petite pique sur ce qu'il s'était passé. Serenus encaissait. Parfois, il laissait la colère agir et il se jetait sur l'imprudent pour lui faire comprendre qu'il était apte à se défendre seul. Mais cela ne changeait rien à la situation.

Serenus écouta Melinda raconter sa version de l'histoire. Un mot fit dresser les poils de ses bras et de sa nuque : « pitié ». Elle l'avait enlacé non pas pour lui dire au revoir, non pas par affection mais par pitié. Serenus serra le poing et détourna le regard. Son esprit lui souffla qu'elle mentait surement, qu'elle ne disait pas tout. Le guerrier posa sa fourchette et fixa un point de la table voisine pour tenter de rester le plus naturel possible. Même si un chien pouvait remarquer qu'il n'allait pas bien. « Par pitié »... Cette femme n'avait donc aucun cœur ? L'avait elle perdu en même temps que son frère ? Il eu envie de lui poser la question mais il se retint. Il valait mieux ne pas gâcher ce bon moment entre amis... Mayeul et Melinda étaient si souriant, ils étaient heureux d'être là. Autant faire comme eux et agir comme si ne rien n'était. Il serra les dents et passa la main dans ses cheveux pendant que Melinda glissa à Mayeul qu'elle viendrait peut être dans son lit un de ces jours, tout en ajoutant que le simple fait de dire « un jour » augmentait le nombre de possibilités que cela arrive un jour. Serenus, sentant son instinct protecteur revenir au galop, lança un regard dissuasif mais discret à Melinda avant de retourner dans la contemplation de la table voisine.

Puis, elle s'adressa à lui en lui demandant si elle arriverait un jour à faire plier Mayeul. « Parle lui de sa sœur et tu verras ce qui va arriver. »
C'est ce qu'il aurait pu dire s'il avait laissé sa colère s'exprimer. Au lieu de cela, il se contenta de répondre avec un petit sourire, histoire de montrer que tout allait bien :

« - Qui sait ce que le Destin nous réserve... »

Mayeul en rajouta une couche lorsqu'il se moqua de sa lâcheté, quand il avait cédé devant Melinda. Serenus se contenta de répondre que celle ci avait un cœur de dragon. Cela amusa beaucoup Mayeul qui rétorqua que les dragons avaient de petites cervelles et que par conséquent, Melinda ne pouvait être comparé à l'un d'eux. Serenus sourit même si le poing de sa main gauche, heureusement sous la table, se serra. Melinda dit également qu'il avait raison sur le fait qu'il n'aurait rien pu faire contre elle.

Serenus se retint alors de dire que les griffons ne sont de toute façon que de la volaille et dit avec un sourire forcé, comme pour détendre l'atmosphère :

« - Je sais pas ce que j'ai fait avec le genre féminin, mais soit elles m'humilient, soit elles veulent me tuer, c'est assez bizarre. »

Heureusement pour lui, la conversation prit un cours tout différent. Il demanda, pour commencer, la recette de la fameuse liqueur de Sombreciel, qui avait la réputation de bruler aussi bien la langue que l'estomac, tout en engourdissant agréablement la conscience. Mayeul répondit que c'était un secret de famille, mais que Melinda serait la bienvenue pour visiter la distillerie de ses parents. Serenus roula des yeux avec un petit ricanement. En voilà un qui ne perdait pas le nord ! Melinda se défendit en rétorquant qu'elle avait maintenant un secret à lui arracher mais qu'elle n'irait certainement pas dans son lit pour le faire. Serenus jeta un regard satisfait à ses amis. Ca c'était la Melinda qu'il connaissait. Vicieuse, intelligente et imprévisible. Il dit alors après une gorgée de cidre :

« - Et je doute que la drogue soit utile pour le forcer à avouer. Peut être des chatouilles sous les pieds qu'en penses tu ma chère ? »

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Sam 22 Oct - 16:58

Une révérence ? Melinda doutait-elle qu’il en soit capable ? De toute façon, comme elle le clamait si bien, cela n’aurait rien changé à sa crédibilité, donc, autant garder en réserves ses plus belles manières pour un argument qui en vaudra la peine. La jeune fille entreprit ensuite de lui raconter sa version de l’histoire, et le Voltigeur n’eut aucun peine à s’imaginer Serenus battre en retraite devant cette fille qui devait peser une cinquantaine de kilos tout mouillé. Qu’elle ait eu à coeur de le défendre devant ses pairs étaient un plus grave problème, en vérité : Mayeul imaginait sans peine à quel point l’humiliation avait dû être difficile à gérer, et encore plus une fois la demoiselle partie. Mais si Melinda avait jugé opportun d’agir, sans doute le Guerrier s’était-il retrouvé en grande difficulté. « Défendu par une jolie demoiselle, Serenus ? Ton orgueil a dû en prendre un coup. » Le provoqua gentiment Mayeul, remarquant bien que l’homme ne semblait guère de très bonne humeur. « Il faut savoir rire de soi-même, mon ami. » Lança le Voltigeur avec amusement, sans savoir pourtant que les pensées de Serenus étaient bien trop sombres pour qu’il puisse les tourner en dérision.

La conversation dévia sur le fait que Melinda saurait le faire plier, lui aussi, et tandis que le Guerrier en appelait au Destin, Mayeul s’esclaffa. « Utilisez plutôt jamais, car réellement, vous n’avez aucune chance de me faire plier devant vous, aussi charmante que vous soyez, Melinda. Votre vérité n’étant simplement pas la mienne, jamais je ne reconnaîtrais que vous avez plus raison que moi. Certains appellent ça mauvaise foi, je préfère le terme de vérité personnelle. » expliqua-t-il avec légèreté, avant de se moquer du soi-disant coeur de dragon de la jeune femme.

Et quand Serenus se plaignit de la bizarre habitude des femmes de l’humilier ou de vouloir le tuer - tiens donc, une autre histoire à connaître ? -, le Voltigeur ne chercha même pas à retenir un éclat de rire. « Il est clair que si tu traites toutes les femmes comme celle qui a partagé ta tente sur l’Ile des Vents, elles ne doivent guère t’apprécier ! Elles sont précieuses, celles qui partagent notre lit, que ce soit pour une nuit ou pour beaucoup plus. » Il ne l’avait pas vu de ses propres yeux, mais les marins parlaient, beaucoup, et les prisonniers avaient évoqué eux aussi la façon plutôt sèche du Guerrier de traiter avec son Amoureuse du Vent. « Il n’y a aucune honte à avoir de les quitter au petit matin, Serenus. Mirta demande de l’Amour, et c’est ce à quoi chacun aspire. Aimes-les, simplement. Peu importe que ça ne dure qu’un temps, elle doivent être traitées avec respect et admiration. Et elles ne pourront que t’admirer en retour.» Il n’était pas réellement sûr d’avoir des leçons à donner au Guerrier, mais l’Amour, c’était un sujet que les Cielsombrois maîtrisaient entre tous.

L’alcool, aussi, était un sujet qu’il maîtrisait. Le fameux poison Cielsombrois qu’il avait donné à Melinda n’avait le nom de poison que pour elle, après tout, et pas pour la majorité d’Arven. Et certainement, en aucun cas, pour lui. « Vous me brisez le coeur. » Affirma-t-il, avec tout le sérieux requis, à la jeune femme qui refusa ses avances - à nouveau. Mais il espérait savoir, Mayeul, quand arrêter avant de devenir lourd. Pour l’instant, ce n’était que des allusions amusées et une discussions légère, il n’avait en aucun cas l’intention de s’enticher de Melinda. Ni elle de lui, d’ailleurs, et c’était parfait comme ça. Parce que s’il devait tomber sous le charme de toutes celles à qui il faisait des propositions moqueuses, il n’aurait sans doute plus de temps pour Voltiger, le pauvre Mayeul ! Quoique passer la journée au lit ne lui déplairait pas, parfois.

La proposition de Serenus le fit rire doucement. « Vous ne savez tout simplement pas utiliser les bonnes méthodes, voilà tout. Je vous ai donné mon point faible, à vous d’en faire bon usage. » C’est Melinda qu’il observait, pourtant. Se retrouver dans un lit avec le Guerrier ne lui semblait pas être une position enviable, et il n’était pas sûr que Serenus soit du genre à goûter à ces pratiques. « Et donc, Melinda, à part humilier les Guerriers et suivre dans la rue des Voltigeurs à l’air adorable mais que vous qualifiez de ridicule.» Il n’était pas à quelques fleurs près, après tout, « Avez-vous eu le temps de retourner voir vos abeilles ?  Nous nous sommes croisés au couronnement, mais vous aviez l’air vraiment très occupée. » Ironique ? Moqueur ? Oh voyons, si peu !

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Jeu 27 Oct - 12:13

Y avais-je été un peu fort ? Peut-être que le « par pitié » avait été de trop ? Et pourquoi est-ce que je réfléchissais à ce genre de choses sans intérêt, d’abord ? Serenus n’avait pas l’air charmé par mes paroles, mais ce n’était tout de même pas de ma faute s’il se laissait influencer ainsi par de simples mots ! Il aurait pu les prendre avec humour. Ou remarquer ce tout petit « peut-être » qui s’était perdu dans ma phrase. Ou encore songer que je mentais – même si cette hypothèse était blessante et loin d’être fondée, après tout, le mensonge était chose courante dans ce bas-monde. Il existait des centaines d’alternatives qui lui auraient évité de se vexer. Et s’il ne pouvait pas les voir à cause d’une vue trop étriquée, ce n’était certainement pas de ma faute ! Par conséquent, ce n’était sans doute pas un pincement de regret qui me serra le cœur quand je vis son air renfrogné. Sans doute pas. Je n’étais pas assez idiote pour regretter la vérité, n’est-ce pas ?

Mayeul profita bien évidemment de l’occasion pour se moquer un peu de Serenus, et souligna avec justesse qu’il fallait pouvoir rire de soi-même. Je hochai affirmativement la tête ; l’autodérision était une autre échappatoire à la vexation, et en plus, généralement, elle était drôle. Mais bien entendu, peut-être que le guerrier aimait être blessé par de simples paroles – sinon, pourquoi continuerait-il à arborer cet air sombre alors que le sourire était une manière si facile de cacher à quel point on allait mal ? – en ce cas, nos arguments ne seraient d’aucune utilité, et je ne comptais pas m’user la voix à faire comprendre à cet idiot que prendre un air sombre n’arrangerait pas les choses.

Et il était si facile d’ignorer son entourage ! Un simple exemple : je pris un malin plaisir à ne pas me préoccuper du regard d’avertissement de Serenus quand je déclarai à Mayeul – sans vraiment le penser – que je pourrais en venir à partager son lit un jour pour remporter la victoire sur lui. Comme pour me faire pardonner, toutefois, des commentaires que le guerrier avait mal pris, je demandai son avis sur la question. Guère prolifique, il se contenta d’en appeler au Destin – pas vraiment un compliment pour mes extraordinaires capacités de persuasion, mais bon, passons. Le voltigeur, lui, maintint ses positions, en bon résistant. Je lui lançai un sourire éclatant.

— Ce qu’il y a d’extraordinaire avec les… « vérités personnelles », comme vous dites, c’est qu’elles sont bien plus flexibles que la Vérité. Et je vous assure que je pousserai vos vérités personnelles à changer un jour, Mayeul, déclarai-je sans cesser de sourire, mon ton de voix laissant clairement percevoir le « V » majuscule de la Vérité absolue.

Chacun, bien entendu, pouvait avoir sa propre vision de cette Vérité, en fonction de tout un tas de paramètres que j’étais probablement incapable de lister. Mais de toute évidence, la vision de Mayeul, elle, avait quelques défauts, que je m’empressais, en toute amitié bien sûr, d’essayer de réparer.

Nous parlâmes alors de l’humiliation qu’avait subie Serenus entre mes mains, et il se plaignit du terrible sort que paraissait lui réserver le genre féminin. Je haussai un sourcil sceptique devant sa plainte. J’étais persuadée qu’il exagérait, et je résistai à l’envie de lui faire remarquer qu’il était plutôt dangereux de faire des généralités à partir de quelques cas particuliers. Certaines femmes pourraient peut-être en prendre ombrage – pas moi, bien entendu, je ne me laissais pas déconcerter pour si peu. Mayeul, en tous cas, semblait trouver la situation risible. Je l’écoutai avec stupéfaction parler de cette femme sur l’Ile des Vents, et même si j’étais plutôt novice sur le sujet de l’amour, l’idée que Serenus ait abandonné cette pauvre fille après avoir partagé son lit m’horrifiait. Je lançai un regard méfiant au guerrier.

— On n’abandonne pas ceux qui nous on fait confiance, déclarai-je d’un ton presque sentencieux. Et ce n’est certainement pas la faute des femmes si tu ne vois pas celles qui t’aiment. Comme la dame qui t’a saluée quand nous sommes entrées dans cette taverne. A moins que j’ai raté quelque chose, elle ne t’a pas humilié et n’a pas tenté de te tuer.

Je marquai un bref temps d’arrêt, avant qu’une pensée subite ne frappe mon esprit.

— D’un autre côté, ce n’est pas parce qu’une femme t’humilie qu’elle ne t’apprécie pas, fis-je remarquer en haussant les épaules.

Et non, je ne parlais pas de moi. Pour le bien de notre relation, il valait mieux que je n’apprécie pas trop Serenus, et je comptais bien faire tout mon possible pour que les choses restent comme ça, même s’il paraissait s’efforcer de miner tous mes efforts en se rendant de temps en temps trop appréciable. Et puis, je ne cherchais pas vraiment à humilier Serenus, pas volontairement du moins. Ce n’était pas ma faute s’il se mettait en position de faiblesse chaque fois que je le croisais ! Qu’il prenne un peu exemple sur Mayeul qui, lui était loin d’être en position de faiblesse : j’avais beau ignorer ses conseils, et accepter son invitation avec une méfiance fort présente, il se contentait de se comporter avec nonchalance, comme si rien de ce que je pourrais dire ou faire ne pourrait jamais le blesser.

— Je suis cruelle, que voulez-vous ? raillai-je avec un sourire moqueur. Il est dans ma nature de briser des cœurs.

La proposition de Serenus de chatouiller Mayeul pour le faire céder me fit sourire. Oh non, le voltigeur n’abandonnerait pas aussi facilement. Ce n’était pas une bonne méthode, comme il le précisa lui-même. Mais partager son lit n’était pas une bonne façon de procéder non plus ; elle marquerait un peu ma reddition, et non sa défaite à lui. Et il était hors de question que je sois la première à baisser les bras. J’étais confiante, toutefois. Je finirai par trouver un moyen.

— Ou de trouver un autre de vos points faibles, peut-être un dont vous n’êtes même pas conscient, déclarai-je avec un haussement d’épaule nonchalant, avant de me tourner vers le guerrier. Les chatouilles sont un point de départ comme un autre – même si je ne suis pas sûre d’avoir envie de toucher à ses pieds, Serenus.

Alors, Mayeul me posa une de ses nouvelles questions délicates. Sans doute plus délicate que la précédente, sans doute moins évidente, mais qui touchait tout de même chez moi à un point sensible que je ne voulais pas voir révéler au grand jour. Oh oui, mes abeilles, je les avais vues. Oh oui, j’étais retournée en Outrevent et je n’étais rentrée que depuis quelques jours – rentrée, oui, rentrée ici, à Lorgol, comme si la Ville aux Mille Tours était devenue un peu plus mon chez-moi que mon duché d’origine. Mais ce que j’avais vécu là-bas, dans le rûcher ducal, je ne voulais pas en parler. A vrai dire, je ne voulais même pas y penser. Le souvenir restait trop sombre, trop effrayant, trop indicible. Et comment pouvais-je lui révéler, d’ailleurs, une de mes plus grands faiblesses, le fait que sans les mots, je m’étais sentie aussi perdue qu’une petite fille au cœur d’un incendie qui s’apprêtait à la dévorer ?

— Oui, je suis allée en Outrevent après le couronnement, déclarai-je d’une traite, sans relever l’ironie de Mayeul sur mon occupation – un détail, oui, mais un détail qui prouvait à lui seul que je n’étais pas dans mon état normal. Je me suis rendue au rucher ducal, et là-bas, il y a la plus grande profusion d’abeilles que j’avais jamais vue.

Cela du moins ce n’était pas un mensonge. J’avais été impressionné par la qualité de leurs ruches et de leur miel. Même si, sans me vanter, j’étais une apicultrice vraiment douée, je ne les égalais sans doute pas.

— J’y ai fait des rencontres presque aussi étranges qu’un guerrier humilié et un voltigeur adorablement ridicule, déclarai-je avec un sourire moqueur à l’intention dudit voltigeur.

Les mots. Les mots m’aidaient à reprendre le contrôle de la situation et à faire bonne figure malgré l’ombre des statues de pierre qui ne cessait de planer sur ces souvenirs.

— Et j’ai fini par rentrer.

Rentrer, à nouveau. Un lapsus de ma part ; je n’avais pas voulu signifier de façon aussi évidente que je considérais que mon chez-moi était plus à Lorgol qu’en Outrevent. Par chance, le voltigeur, tout comme le guerrier, n’étaient peut-être pas assez futés pour le remarquer, ou du moins, je l’espérais.

Je détesterais que mes faiblesses soient révélées au grand jour.

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Dim 6 Nov - 21:58


Qu'est ce qu'il avait à être bougon alors qu'il devrait rire et plaisanter ? Est ce penser à son épouse qui le contrariait autant ? Ou alors c'est revivre cette humiliation devant Mayeul qu'il respectait beaucoup. Serenus regardait le sourire narquois de son ami d'un mauvais œil. Celui ci, remarquant son humeur coléreuse, se contenta de lui dire qu'il fallait rire de soi même. Serenus se contenta de serrer les dents pour ne pas dire quelque chose qu'il pourrait regretter par la suite. Heureusement, Melinda garda le silence sur ce sujet , mais elle ignora délibérément son regard d'avertissement. Il se dit, après coup, qu'elle faisait exprès pour l'énerver et que, de toute manière, elle n'irait jamais dans le même lit que Mayeul. Pendant qu'il ruminait de sombres pensées, ses deux amis continuèrent à débattre sur les vérités personnelles et sur la possibilité que Mayeul plie un jour devant Melinda, comme Serenus l'avait fait quelques mois plus tôt. « Est tu un homme faible Serenus ? Qu'y a t'il sous cette armure ? » Lui souffla son esprit. Le guerrier soupira. Bah quoi ? Elle avait juste réussi à faire ressortir le timide gamin boulanger qui tentait de survivre au milieu de toute cette violence et de tous ces combats. Et alors ? Il ne fallait pas en faire tout un plat !

Pour tenter de calmer sa colère et, histoire de rire un peu, il se plaignit du comportement des femmes à son égard. Cela eu l'effet escompté car Mayeul éclata de rire. Serenus retrouva le sourire, du moins pour quelques instants. Comment pouvait il être au courant de … ? Serenus, surprit, leva un sourcil quand il évoqua celle qui avait partagé sa tente sur l'Ile des Vents. Il ajouta au passage, qu'il ne fallait pas traiter les femmes de manière aussi sèche lors de son départ. Mayeul lui conseilla juste de les aimer, même s'il fallait les quitter au petit matin. Cela se voyait que Mayeul n'était pas marié et qu'il n'avait connu aucune relation durable. Serenus recula légèrement sur sa chaise et dit juste, comme pour se justifier :

« - Si je l'ai « abandonné » comme vous dites, c'est parce que je ne pouvais par trahir Elena. J'étais ivre et oui, ce n'est pas une excuse. Mais je ne pouvais pas lui faire ça... »

Il se tut quelques instants durant lesquels Melinda évoqua la vieille dame de la taverne qui l'avait salué sans lui faire de mal. Serenus secoua la tête et reprit tout en jouant avec son alliance :

« - Au final, ça m'a servi à quoi de faire ça ? A rien. J'ai perdu deux femmes au lieu d'une. Comme quoi tu as raison sur ce point Mayeul.. » Il se tourna vers Melinda, fit un sourire légèrement forcé et dit, tout en désignant la femme de la taverne «  Elle, vois tu, ma chère Melinda, c'est différent. Cette brave mamie est capable de tout pour récupérer le montant exact de la note..  Donc, si un jour je mange ici en étant ruiné, elle cherchera sans doute à avoir ma peau»

Il partit dans un rire qui se voulait le plus franc possible tandis que la cuisinière, consciente qu'on parlait d'elle, agita une louche en bois dans leur direction avant de repartir aux cuisines.
Et enfin, ils changèrent de sujet pour se concentrer uniquement sur Mayeul. Serenus, plutôt satisfait de ne plus être au centre de la conversation, proposa de chatouiller les pieds de Mayeul pour le faire céder. Cela fit sourire Melinda et déclencha un petit rire chez Mayeul. Serenus fit de même. Il connaissait certes le vrai point faible de Mayeul, mais pourquoi gâcher un moment de bonne rigolade ? Et puis, voir Melinda se défendre à sa manière rajoutait un peu de piment à la conversation sans qu'il eu besoin d'en placer une. Melinda raconta ensuite ce qu'elle avait fait après le couronnement et les rencontres qu'elle avait pu faire. Serenus se pencha en avant. Sa curiosité était désormais bien réveillée. Quoi de plus étrange qu'un guerrier humilié ou un voltigeur ridicule ? Serenus demanda alors :

« - Qui as tu rencontré alors ? Un griffon déplumé ? »

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Message Sujet: Re: Maladroites excuses   Sam 12 Nov - 20:52

Pousser ses vérités personnelles à changer ? Les intentions de Melinda étaient peut-être louables, mais elle n’arriverait à rien avec lui, et elle le savait sans doute. Il camperait sur ses positions, Mayeul, quitte à en appeler à la mauvaise foi, mais rien que par esprit de contradiction, il s’ingénierait à tenir tête à la jeune femme. Surtout maintenant qu’il savait qu’elle avait fait plier Serenus : il y allait de son honneur, il était quand même bien moins facile à faire céder que le Guerrier de Cibella !

La conversation se déporta sur la jeune femme que Serenus avait rejeté sur l’ïle des Vents, quand le Guerrier bougonna que les femmes, dans leur intégralité, voulaient soit le tuer ou l’humilier. Pour une fois - fait rare, mais qui arrivait - Melinda semblait d’accord avec le Voltigeur, interloquée visiblement que le Guerrier puisse se comporter de façon aussi belliférienne. La remarque de Melinda ne passa pas inaperçue, et Mayeul ne résista pas au plaisir de lui demander avec humour. « Tiens donc ? Cela veut-il dire que vous appréciez Serenus ? » C’est ce qu’elle laissait entendre, en tout cas. En gros. Mayeul était très doué pour entendre ce qu’il voulait, de toute façon.

« Les femmes sont plus intelligentes que nous. Et oui, c’est peut-être un compliment, Melinda. » La devança le Voltigeur, amusé. « Elles savent que si un homme ne les traitent pas avec le respect qui leur est dû, c’est qu’il ne vaut pas la peine que l’on s’y attache. Sûrement auriez-vous dû le considérer avant. » Ca par contre, ce n’était guère un compliment, et Mayeul laissa le Guerrier le prendre comme il le voulait. Le Voltigeur ne se targuait pas de connaître la conscience féminine - quoique, avec des études en psychologie et une jumelle avec qui il partageait, autrefois, de nombreuses choses, sans doute en avait-il un meilleur aperçu que bien des hommes. Mais contrairement à Serenus, Mayeul ne laissa pas ses sombres pensées se lire sur son expression. Il était tellement habitué à ressentir cette douleur familière lorsqu’il évoquait, en paroles ou en esprit, sa sœur jumelle que c’était devenu une habitude, de ne rien montrer.

Et puis la conversation dériva sur un sujet qui ne lui plaisait guère, et que Mayeul s’efforça de bien vite reléguer aux oubliettes. Ses faiblesses. Si elle savait, la jolie Melinda, ce qui l’empêchait de dormir la nuit et l’incitait à abuser de ces drogues cielsombroises qu’il adorait et haïssait tout à la fois...

La question était banale, pourtant, mais la réponse de la jeune femme piqua sa curiosité, comme celle de Serenus, visiblement. Il répondit au sourire moqueur de Melinda mais contrairement au Guerrier, Mayeul avait bien entendu le sous-entendu. Rentrer. Et s’il l’avait capté, c’est bien parce qu’il avait toujours éprouvé la même chose. Si désormais, sans Mathilde, sa maison était à la caserne d’Euphoria, pendant des années, c’était Lorgol qui avait rempli ce rôle. Lorgol où il se sentait chez lui, aux côtés de Mathilde, même lorsqu’il avait intégré le Vol de Bellifère. Oh oui, il connaissait bien trop la sensation pour passer à côté.

« J’ai toujours pensé que Lorgol n’était pas le pire des endroit à considérer comme sa maison. » Expliqua le Voltigeur d’une voix douce, sa main caressant machinalement le pendentif qui pendait à son cou, caché sous sa chemise. Le présent de Mathilde. Un griffon, où ils avaient mêlé chacun une mèche de leurs cheveux. « Mais je rejoins Serenus : qui avez vous donc rencontré en Outrevent de plus étrange que moi ? Etrange, mais pas aussi adorable, j’en fais le pari. » Lui lança Mayeul avec un sourire désarmant. Oh oui, il aimait bien attirer l’attention sur lui, Mayeul. Curieusement, il avait remarqué que plus il se manifestait, moins on cherchait à creuser derrière ce qu’il montrait, ce qui lui convenait tout à fait, en réalité.

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