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 L'oppression dans un gant de velours

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Message Sujet: L'oppression dans un gant de velours   Mar 2 Aoû 2016 - 0:39


Livre I, Chapitre 5 • Le Tournoi des Trois Opales
Maelys Aigrépine & Mélodie Douxvelours

L'oppression dans un gant de velours

Au cœur de la nuit, dans le murmure des Milles Tours.



• Date : 18/07/1001
• Statut du RP : Fermé
• Résumé : Les deux amies d'enfance se retrouvent en de biens étranges circonstances, toutes les deux sous l'emprise des anges pleureurs... Quand Maelys émerge enfin de ce cauchemar illusoire, il se révèle que la présence de Mélodie, elle, était bien réelle.


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Dernière édition par Maelys Aigrépine le Mar 2 Aoû 2016 - 0:47, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Mar 2 Aoû 2016 - 0:41

Je me réveille dans un sursaut, soulagée que cet atroce cauchemar prenne fin. Je lance un regard hagard autour de moi, à constater que je ne suis pas la seule à avoir fait les frais de cette étrange torpeur. Je me suis rarement sentie aussi impuissante et prise au piège, mes lames étant inefficaces pour nous défaire de l'emprise des statues angéliques, si vivantes, si... J'en frissonne encore, alors que l'instant est passé, que chacun tente de reprendre ses activités comme si rien ne venait de se passer. Bien sûr, certains hurlent et s'indignent, mais si nos anciens geôliers sont présents dans les environs, ils ne daignent pas se montrer ouvertement.

Je froisse le parchemin scellé, avec une furieuse envie de le déchirer pour en faire des confettis... Et emprunte l'escalier comme peu de temps auparavant pour gagner les étages. Je dois rendre mon rapport au greffier, alors autant faire d'une pierre deux coups en lui amenant par la même occasion la preuve tangible de cette illusion collective dont nous avons été victimes, et des raisons qui les ont poussé à agir ainsi. Il ne fait nul doute qu'il s'agit de mage de l'Automne, présents à l'Académie, et qu'il va falloir aux mages-instructeurs de démêler cette épineuse situation pour qu'elle ne s'envenime pas. Maintenant que mes rapports sont entre leurs mains, ce n'est plus directement mon problème. Je n'ai plus qu'à espérer que mes prochaines nuits ne soient pas aussi mouvementées, et que ces anges ne me poursuivent pas réellement dans mes pires cauchemars.

C'est seulement quand je reviens sur mes pas pour quitter l'Académie que je l'aperçois, ombre diffuse qui s'échappe à travers les couloirs au cœur de la nuit. J'écarquille les yeux, subitement déconcertée, car je me rends compte que ce cauchemar avait tout de même une part de vérité. Comme Agnès qui se trouvait à mes côtés, et dont j'avais pu sentir la pression de ses mains contre mon bras pour se rassurer, Mélodie était, elle aussi, bien présente dans les environs. Je me lance à sa poursuite, courant à toute vitesse pour la suivre, comme quand nous n'étions que des enfants qui s'amusaient à voler d'honnêtes marchands... Mais bien vite, je la perds de vue. Elle m'aurait réellement échappée si je n'avais pas songé à lever les yeux vers le bâtiment le plus proche de l'Académie.

- Mélodie !

J'ai élevé la voix pour me faire entendre, dans l'espoir de la stopper. Je ne sais si elle a remarqué que je la suivais déjà, ou si elle a cherché sciemment à m'ignorer pour s'évanouir comme elle est venue. Je me doute que ses intentions n'étaient pas les meilleures à la voir traîner dans les couloirs de l'Académie mais... Cela ne change rien entre nous, n'est-ce pas ? J'use de mon pouvoir pour diminuer la distance entre nous, le concentrant sur la semelle de mes lourdes bottes pour me projeter dans les airs et atterrir prestement sur le toit, les genoux pliés et une main en avant pour me réceptionner. Je me souviens avec nostalgique que cette magie qui coule dans mes veines devait servir à l'époque à mes amis voleurs... Et auraient pu être redoutables.

- Mélodie... Tu comptes me fuir encore longtemps ?


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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Sam 6 Aoû 2016 - 18:44

J’ouvrais les yeux subitement, ma bouche grande ouverte en un cri muet. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine et soudain l’atmosphère se fit plus lumineuse, plus vivante. Comme par enchantement, je n’étais plus coincée dans ce foutu observatoire a tenté de survivre. Les gens se réveillaient, une statue sous le nez. Rien que de les voir me donnait des envies de meurtre. Je me secouais et me levais, prenais l’un des papiers pour le fourrer dans mon décolleté puis m’éclipsais avant que quiconque ne me voit. Je sortis rapidement dehors dans une cour minuscule et déserte. L’air me rafraichissait les idées, mais je n’étais pas encore totalement sereine, la poitrine comprimée par un malaise persistant. Cachée dans un recoin, derrière une petite remise, je m’appuyais contre la pierre, goutant sa fraicheur, sa solidité, sa réalité. Mes mains se posaient à plat contre le mur, suivaient ses reliefs avec lenteur. Je ralentissais ma respiration au rythme de mon exploration. Doucement, je reprenais contenance, je chassais les reliquats de peur s’accrochant à mon esprit, emballant mon cœur.

Je me laissais alors glisser sur le sol, m’asseyant en tailleur pour faire l’état de la situation. Les papiers à l’origine de ma venue étaient dans une des poches de mon pantalon. J’avais donc correctement accompli ma mission. Si j’en étais soulagée, je n’en restais pas moins perturbée. A quel moment avais-je été prise dans l’illusion, et pourquoi Maëlys ? De toutes les personnes présentes, pourquoi elle ? A vrai dire, elle passait en second plan, mais je ne m’étais tellement pas attendue à la croiser que… je ne pouvais m’empêcher d’y penser.
Je me souvins alors du papier trônant fièrement entre les petits doigts acérés de ces statues flippantes. Rien que d’y repenser me donnait la chair de poule.

Plus je lisais et plus mes yeux s’arrondissaient. Je laissais échapper un ricanement nerveux. Tout ça pour…ça ? Ils étaient sérieux ? Quelle bande de dégénéré. Magie du sang ou quoique ce soit d’autre, je me foutais pas mal de leur histoire. Même si dans le fond cela aura un impact sur l’ensemble du continent. Cependant, ne pouvant rien y faire, je préférais ne pas m’y frotter…mais…honnêtement ? Ils pensaient réellement que ce genre d’agissement était une solution ? Leur montrer ce genre d’horreur, mettre les gens dans l’impuissance…Cela ne leur attirerait aucune faveur. Les décisionnaires avaient l’honneur chatouilleux et se faire mettre dans une situation aussi embarrassante risquait d’avoir l’effet inverse que celui recherché. A vrai dire, j’étais en colère contre ces fous furieux, d’avoir dû endurer ça, cette peur, cette douleur. En colère de m’être faite bernée de la sorte. Je n’aimais pas être la proie et il n’y avait pas d’ennemie que je ne pouvais fuir d’une façon ou d’une autre…là ça avait été… différent. Il n’y avait eu aucune échappatoire

Je relève la tête, un brin perdue, me rappelant soudain que j’étais toujours dans l’académie et que ce n’étais pas une très bonne idée. L’excitation de la hauteur réchauffait mes muscles. J’étais obligée de revenir sur mes pas, de me perdre dans des couloirs pour rejoindre un endroit où je pourrais m’échapper tranquillement et sans risquer d’être vue. Une décharge me parcourait l’échine tandis que j’arpent les dédales de l’académie. Mon nom est crié par une voix particulièrement familière. J’accélérais le pas.

Je commence à monter souplement, mes gestes sont précis et rapides, mais je ne prends pas le temps d’être prudente. Je manque presque une aspérité, mais une impulsion de ma jambe me permet de me remettre en équilibre, juste assez pour me hisser rapidement sur le toit et être hors de portée. De quoi au juste ? Je ne le savais pas trop, mais je ne voulais pas m’éterniser, ça c’était une certitude. Une fois les hauteurs gagnées, j’avais l’impression de pouvoir enfin respirer normalement. Ici j’étais en sé… Nom d’Uld… Magie foireuse maléfique. Je panique une seconde, prête à sauter dans la première fenêtre, me raccrocher à une poutre ou je ne savais quoi avant de reconnaître Maëlys.
Elle se redresse et m’attaque à moitié verbalement. Je me masse l’arrête du nez, partagée entre l’amusement et l’agacement. Que pouvais-je donc lui répondre ? Je ne la fuyais pas, je travaillais. Je n’aimais pas vraiment me balader et taper la discussion avec un objet volé sur moi. Je n’étais pas comme ces voleurs pleins de charme et de miel et je trouvais ça nettement moins intéressant. Sans parler du fait que… Sérieusement, abandonner ces potes dans le besoin pour revenir la bouche en cœur des années après. En donnant à peine des nouvelles. Sérieusement, elle s’était attendue à quoi la gamine, logée, nourrie, blanchie à son académie prestigieuse ? J’aurais pu crever la gueule ouverte et la peau sur les os qu’elle ne l’aurait pas su et ne s’en serait pas inquiétée. La colère me réchauffait les joues.

-Tss, je ne te fuis pas Maë. J’ai simplement d’autre chose à faire. Comme toi, sans doute.

Je m’assieds tranquillement sur les tuiles branlantes, comme s’il c’était agis d’un tapis moelleux de salon. Comme si j’étais chez moi, mais dans le fond, c’était un peu le cas.

-D’ailleurs pas sûre que ça soit très bien pour toi d’être vue sur les toits en ma compagnie, non ?
Raillais-je doucement. Je n’y pouvais rien, je lui en voulais, j’étais en colère et je ne pouvais pas m’empêcher de la chercher d’une façon ou d’une autre. C’était plus fort que moi, inconscient. Ca devait simplement sortir.

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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Jeu 11 Aoû 2016 - 18:37

J'ai l'impression d'avoir devant moi un chat sauvage. Je me rétablis sur le toit et montre mes mains vides en signe d'apaisement. Je crois qu'elle aurait aussitôt filée, si elle ne s'était pas rendue compte que... C'est juste moi, Maelys. Quelque part, la voir s'arrêter dans son mouvement me rassure. Je me dis que nous ne sommes pas aussi proche du point de rupture, si elle ne fuit pas simplement en me reconnaissant, si bien que je ne peux accorder que du crédit à ses paroles quand elle m'assure ne pas chercher à s'éloigner de moi. Pour autant, sa première réaction me fait rapidement comprendre qu'elle n'est pas si ravie de me voir, et que je suis davantage un problème qu'un visage rassurant. Allons bon...

- Sûrement, comme arrêter quelques voleurs de l'Académie en cavale je présume... Mais je vais laisser les autorités de Lorgol s'en charger, qu'en penses-tu ?

Je risque un sourire, un rien hésitant avec elle. Je ne suis pas sûre qu'elle apprécie la blague, même si on plaisantait et se taquinait beaucoup, par le passé. Simplement, depuis mon entrée à l'Académie, notre relation s'est beaucoup dégradée au fil des années. J'ai eu beau venir la voir, aussi souvent que je le pouvais, nous avions clairement perdues cette complicité, et elle semblait même très bien se passer de moi. Aurais-je fait un choix différent, si j'avais su comment elle réagirait ? En vérité, non. Je voulais me sortir de la fange, et j'ai saisi la première occasion qu'on m'a laissé.

J'hausse les épaules, quand elle me questionne.

- Je m'en fiche pas mal de ce qu'ils peuvent penser de moi, tu sais. Tu crois vraiment que je serais capable de te dénoncer pour un vol ?

Je l'entends, pourtant, cette pique dans sa voix, qui me fait progressivement quitter ma réserve alors que je m'avance vers elle sur les tuiles instables.

- Sérieusement... C'est quoi ton problème, Mélo' ? On est amie, non ?

J'ai posé cette question, avec cette expression soucieuse et affectée, et malgré la nuit, je crains qu'elle ne s'en aperçoive. Ca me touche peut-être plus que je ne le devrais, mais au moins, elle pourra se rendre par elle-même que... Je tiens toujours à elle, malgré les doutes qu'elle m'envoie au visage.

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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Sam 17 Sep 2016 - 13:33

Celle qui se tenait devant moi était un souvenir, une amie, une sœur. Une traîtresse, que l’appât du gain, la possibilité d’un avenir meilleur avait fait abandonner les siens. Elle s’en était allée sans même se retourner, sans prendre de nouvelles, la tête remplit de merveilles, oubliant ceux qui l’avaient soutenu, aidé, aimé. Je me redresse, croisant d’instinct les bras contre ma poitrine en signe de désapprobation. Je ne pouvais la renier totalement, l’éjecter de ma mémoire. J’étais incapable d’étouffer l’amour que j’avais pour elle, comme d’éteindre le feu de la colère qui s’allumait dès que je la voyais. C’était un souvenir, et l’image que j’avais d’elle, ne collait plus du tout à celle du présent, si bien qu’il m’était difficile de savoir quelle attitude adopter.
Si elle pensait m’arrêter aussi facilement, elle aurait du mal. Il était certain que je ne pouvais faire long feu devant une mage, devant une chevaucheuse. Mais nous étions à Lorgol et je connaissais désormais des chemins qu’elle ne pourrait jamais emprunter, qu’elle ne soupçonnait même pas. Si traque, il devait y avoir, l’issue n’était pas si prévisible qu’il n’y paraissait. Je reste cependant aux aguets, j’avais connu Maëlys, à tel point que je me serais damnée pour sauver sa peau. Désormais, c’était une étrangère et après cette soirée terrifiante, j’étais sur les nerfs, le corps tendu comme un arc.

-L’Académie est bien gardée, je ne vois pas comment un quelconque voleur pourrait se glisser entre ces murs. C’est absurde voyons.

Lui lançant un sourire d’une innocence presque convaincante, je déplie mes bras pour les mettre derrière mon dos. Bien consciente qu’ainsi, je pourrais plus rapidement me mouvoir si besoin, il y avait. Je savais où était ma place, ainsi que celle de mon ancienne amie. Elles n’étaient pas compatibles. Elle avait choisi son camp, laissant le reste de côté. Tout en tentant de faire bonne figure en revenant de temps en temps pour tenir le compte des morts et des vivants. C’était d’une hypocrisie insupportable. Elle se foutait bien pas mal de ce qui se passait dans nos rues, elle qui nous avait fuis et qui avait décidé de se vautrer dans l’oubli.

-Je ne sais plus de quoi tu es capable ou non. Alors, tu m’excuseras de me méfier, mais la survie prime sur le reste.

Le châtiment des voleurs qui se faisait prendre était peu enviable. Les plaies rarement pansées guérissaient avec difficultés, ne pas tuer pour se donner bonne conscience, sachant pertinemment que la plupart ne passeraient pas la nuit. Des flashes carmin envahissent mon esprit, rendant ma bouche sèche. J’empêche les larmes de remonter à la surface. Il était hors de question de laisser quoi que ce soit transparaître, pas devant elle qui avait tant partagé dans ma vie, tant, tout, mais qui n’avait pas été là quand j’en avais réellement eu besoin.
Absente, injoignable, un souvenir inaccessible.
Mes jambes se plient d’instincts, prêtent à bondir, tandis que Maëlys se rapproche. Profitant d’un moment de faiblesse pour réduire la distance qui nous séparait. C’était une tentative bien vaine, certaines choses ne pouvaient être réparées.

-Nous l’étions, c’est la seule certitude que nous pouvons avoir Maë. La seule et l’unique.

Je me redresse, en lançant un rire amer, écartant les bras vers l’Académie et la Ville Haute.

-Nous n’évoluons plus dans les mêmes mondes. C’était ton choix. Tu es partie, pratiquement sans un mot, sans même te retourner, nous laissant comme des chiens. Oui, nous étions amies, mais tu vois… je crois que cette amitié tenait à peu de choses finalement.
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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Lun 26 Sep 2016 - 21:53

Je ne pouvais tirer un trait sur ce que nous avions été, l'une pour l'autre, pendant toutes ces années. Quoi qu'elle en dise, ou pense... Je n'avais pas oublié. Je me rappelais de chacun d'eux, ces voleurs et ces parias, qui avaient constitués ma véritable famille, loin de ces inconnus qui se targuaient de l'être, une fois ma magie dévoilée. Je leur devais tout, y compris ce que j'étais devenue. Ils m'avaient appris à saisir toutes les opportunités qui se présentaient à moi, à me débrouiller et ne compter que sur moi-même. Ils avaient fait de moi une battante, une audacieuse, qui ne recule devant rien. Et elle, surtout. Ce reflet lointain, si semblable et pourtant si différent. Nous avions été deux faces d'une même pièce... Indissociable.

Mélodie n'a pas tellement changé, à faire preuve d'autant d'ironie que de sarcasme... Mais elle ne peut pas me tromper, malgré ces années qui nous séparent. Elle est à l'affût, prête à bondir et s'évader, et ne me fait nullement confiance. Je pourrais en être blessée, mais je peux le comprendre. Elle doit à nouveau me jauger, maintenant que nous sommes dans deux camps différents. Moi, représenter l'Ordre et la Justice ? Quelle belle mascarade.

- Je me demande bien comment, en effet. Les mages auraient tôt fait de mettre la main dessus. Personne ne se risquerait dans l'enceinte... Alors ils n'ont vraiment pas besoin de mon assistance, n'est-ce pas ?

J'entre dans ce jeu, avec un sourire complice. Je m'assois tranquillement sur les toits de Lorgol, une jambe étendue devant moi, dans une impression de sérénité. Comme face à un petit animal méfiant, je montrais ainsi que je n'avais aucune intention de la poursuivre, si elle comptait s'enfuir, même si j'espérais réellement qu'elle ne le fasse pas. Après tout, ne vient-elle pas de souligner qu'elle ne cherche pas à me fuir ? Se défiler signifierait manquer à sa parole, et passer pour une faible qui a réellement peur de moi.

Elle est sincère, finalement, à s'interroger sur mes intentions réelles. Sa méfiance ne s'estomperait pas simplement en lui répétant à plusieurs reprises que je ne lui voulais aucun mal, mais seulement discuter. La survie... Ces paroles me rappellent de bien lointains souvenirs, et même maintenant, chaque jour constitue un nouveau défi.

- Et pourtant, tu es encore là. Si tu craignais vraiment que je te mente, tu n'aurais pas pris la peine de t'attarder.

Elle revête cette mine sombre qui m'interpelle... Ai-je dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Difficile à dire, et dans l'obscurité, je ne suis même pas certaine de ce que je vois. Je n'ai pas cherché davantage à m'approcher encore, me résignant.

- J'aurais espéré que tu aurais dépassée le stade de la simple survie, pour te mettre enfin à vivre.

Ses paroles me blessent plus qu'elles ne le devraient. J'ai tendu le bâton pour me faire battre, cette fois... Devrais-je m'en étonner ? Je ne suis pas douée pour conserver mes amis, mes efforts étaient certainement interprétés comme autant de maladresses. Avec le temps, et les revers, j'ai appris sans mal à me détacher s'il le fallait. Alors pourquoi, avec elle, je n'arrive pas à me résoudre... Et laisse la gangrène se propager ? C'est une déchirure, une longue agonie. Je ne peux rien en tirer de bon, mais je persiste, encore et encore, incapable de me faire une raison. J'abats mon poing sur les tuiles de Lorgol, trouvant refuge dans ma colère pour tenir à l'écart cette tristesse qui menace de me submerger.

- Je n'ai pas oublié d'où je viens, crois le ou non. C'était mon choix, oui. Et tu sais quoi ? Je ne regrette rien. J'ai saisi une opportunité, comme nous avions si bien appris à le faire. Je suis partie. Je suis revenue aussi souvent que je le pouvais, Mélodie. Les permissions ne sont pas nombreuses... Et je vous ai consacré chacunes d'elles, plutôt qu'à ma famille. Car vous étiez ma vraie famille, la seule qui comptait réellement à mes yeux. Alors traite-moi d'égoïste, si cela peut te réconforter, mais n'oublie pas que tu l'es tout autant à me reprocher mon départ... Parce que les vrais amis souhaitent le meilleur pour vous.

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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Dim 2 Oct 2016 - 16:44

Je l’observe avec une attitude nonchalante. Hésitant à sourire, hésitant à lui offrir un peu de cette complicité d’antan. Mon corps le voulait, il était habitué à la jeune femme, il voulait ressentir sa présence réconfortante, sa chaleur, son amitié. Mon cœur le lui refusait cependant, saignant d’une blessure qui ne voulait pas guérir, d’une certitude qui l’empêchait d’oublier. Sur les toits, la scène était surréaliste. La nuit nous accueillait avec bienveillance et je savais qu’Isil aurait prise cette enfant des rues dans ses bras, comme elle l’avait fait pour moi. Mais elle n’était pas l’un de ses rejetons, plus maintenant. Dans d’autres circonstances, dans un autre monde, nous aurions pu nous tenir sur ce toit, toutes deux en mission pour la Cour des Miracles, complices. Comme cela aurait toujours dû être. Le destin en avait décidé autrement, Maëlys en avait décidé autrement. Elle avait pris un chemin qui l’avait poussé à nous abandonner.

-Disons que j’ai la curiosité facile. C’est certainement un tort.

Il n’y avait désormais plus rien entre nous, à part des souvenirs. Pourquoi m’étais-je arrêtée ? C’était vrai ça, il n’y avait aucune raison à cela. Mon corps s’obstinait, dépassant parfois ce que je voulais ou ce que je pensais.
Elle réussit à m’arracher un sourire, moqueur, désabusé. Qu’est-ce qu’elle en savait de la vie ? Celle de la rue ? Elle n’y était plus. Vivre…Oui je vivais, mais je n’avais plus rien. Il y avait la Cour, mais je n’étais et ne saurais jamais de ses meilleurs éléments. Je n’avais aucune perspective d’avenir, je n’avais…rien à offrir. Je vivais, au jour le jour, car je savais que cela ne durerait pas longtemps. Comment en serait-il autrement lorsque ma mère, bien plus digne de rester vivante, était morte aussi vite et aussi brutalement ?
Oui, je n’avais pas dépassé le stade de la survie, car au final, il n’y avait jamais eu que ça.

-Vivre ? Avec quoi Maë ?

Cette hargne qui embrasse son regard, je la connaissais bien. Cette colère qui enfle dans sa voix. Cette conversation ne mènerait sans doute à rien.
Ces derniers mots me touchent malgré tout et je fronce les sourcils. M’énervant à mon tour. Si nous commencions à élever la voix, les regards finiront par se lever vers nous. Deux pimbêches imbéciles se crêpant le chignon sur les toits…. Quelle image ridicule. Mais voilà, je n’avais pas la sagesse de calmer mes ardeurs, comme Maë était incapable de voir ce que je voulais dire.

-Les permissions rares… Avant que tu ne sois promue chevaucheuse, tu avais plus de liberté. Je sais un minimum comment marche l’Académie, tu es partie sans rien nous dire, comme une voleuse. J’en étais même venue à aller voir tes parents en ayant peur qu’il te soit arrivé le pire. Tout ça pour ne revenir que des mois plus tard. Je n’ai toujours que souhaité le meilleur pour toi, tu le sais très bien… mais comment aurais-je pu continuer quand tu as simplement disparu de la circulation comme ça ? Tu y as pensé un peu ? Tu as tellement été obnubilée par ton opportunité que tu en as oublié le reste et quand tu t’es souvenue de ce que tu avais laissé derrière toi, tu n’as même pas pensé à ce qui avait pu se passer pour nous pendant ce temps. Rien n’est immuable, surtout dans les rues et ça, tu l’as oublié pendant que tu découvrais les merveilles de l’Académie, tu nous as relégué dans un coin bien profond de ton crâne.


La mort et la solitude, voilà ce qui était arrivé. Pesant sur moi jusqu'à ce que j’ai l’âge et les capacités de rejoindre la Cour. Une période infernale où le monde avait pris un aspect terrifiant. Ou je n’avais aucun moyen de la contacter. Je n’avais pas pu supporter la joie qui avait irradié d’elle, elle qui avait tout su et ne savait plus, lorsqu’elle était revenu de sa fichue Académie. Elle qui était, désormais, ignorante. Comment aurais-je pu me réjouir, alors que j’avais tout perdu. Comment aurais-je pu lui dire ?
Je l’avais donc évité, me murant dans un silence menteur, lui cachant la triste réalité des choses. Dès lors, nous n’avions cessé de nous éloigner.

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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Jeu 13 Oct 2016 - 10:21

Ô Destin cruel, qui donne toujours d’une main pour reprendre de l’autre. J’ai appris cette leçon tout au long de ma vie. J’ai toujours saisi toute les opportunités que le Destin m’offrait, à suivre cette voie… De l’excellence. Oui, mes amis m’importent, mais ils ne doivent jamais constituer un frein à ma progression. Car je vole, maintenant. Je vole… Transportée par ma magie en éveil, puis par les ailes puissantes de Mirage. Qui m’arrêtera ? Qui osera ? Pas elle, non.
Mélodie constitue tout ce pourquoi je me suis battue, avec tant de ferveur, autrefois… Et tout ce que j’ai abandonné, sans l’ombre d’un remord. Elle, n’a pas changé. Elle est toujours à crapahuter sur les toits, en vivant de quelques bourses coupées ci et là. Je l’ai aimé comme une sœur, oui… Mais embrasser la même existence qu’elle ? Non, jamais. Je suis devenue quelqu’un d’autres, et je suis fière de tout ce chemin parcouru.

Mélodie essaie de se donner contenance, et je ne le connaissais pas si prompt à se mentir à elle-même. Son amertume non plus ne m’est pas familière, mais il ne m’est pas difficile d’en connaître les raisons. Elle est déçue de moi. Un sentiment qui m’est pourtant si coutumier… Alors pourquoi fait-il toujours aussi mal ?

Je sens la colère poindre, pour repousser l’abattement, et elle répond à force égale. Un rire m’échappe, qui n’a rien de joyeux, teinté d’une ironie poignante… Mais je n’élève pas plus la voix, pour ne pas attirer l’attention sur nous, deux ombres noyées dans les ténèbres de Lorgol.

- Comme une voleuse ? Oui, c’est ce que nous étions.

Je m’étrangle, quand elle mentionne ma famille, celle qui aurait dû l’être en tout cas.

- Et vous m’auriez regardé comment, si vous aviez su avant l'heure ?

Je marque un silence. Etait-ce utile de polémiquer sur les raisons qui m’avaient poussé à agir ainsi ? Je secoue lentement la tête.

- Mais je suis revenue malgré tout. Je ne vous ai pas oublié, crois-le ou non.

Je suis venue leur rendre visite, autant que je le pouvais. Sans doute pas assez à son goût, mais le divertissement est toujours passé après mes devoirs de mage. Je n’ai pas profité de toutes les permissions que l’on nous accordait, parce que j’avais parfois un retard phénoménal à rattraper, que seul mon acharnement au travail, à toujours viser la perfection, me permettait de compenser. Certains avaient fait de grandes études, moi… Je savais à peine lire et écrire, faire quelques comptes pour ma famille. J’avais passé ma vie à crapahuter dans les ruelles de la Ville-Basse à leurs côtés, en me disant que je ne pourrais jamais prétendre à plus. C’était faux. J’avais pu m’extirper de ces conditions misérables, et elle aurait certainement pu en faire de même.

- Tu étais forte, Mélodie ! Vous l’étiez tous, et solidaires. Vous pouviez allégrement vous passer de moi pour poursuivre vos activités en toute impunité, sans jamais vous faire prendre… Moi aussi, je voulais rejoindre la Cour des Miracles, même encore à mon retour de l’Académie. J’avais choisi de me spécialiser dans la lévitation pour ces raisons, mais le Destin en a décidé autrement. Mes horizons se sont étendus, et ne sont plus limités à Lorgol. J’ai visé le ciel Mélodie, et maintenant, je peux toucher les nuages.


Je laisse ma colère gronder, et prendre le dessus. Elle ne comprend pas, le peut-elle seulement ? Quelle discussion de sourd ! Je devrais peut-être m’en retourner, maintenant. Mais lui tourner le dos, encore une fois ? J’ai du mal à me résoudre à le faire. Ce serait pourtant si simple, et elle serait certainement d’accord avec moi sur ce point-là. Je ne veux pas l’abandonner, pas vraiment… La bousculer un peu, peut-être.

- Rien n’est immuable. Tu l’as dit toi-même. Alors arrête de te lamenter sur ton sort, Mélodie. Tu es tellement tournée vers le passé, chargée d’amertume, que tu n’arrives plus à entrevoir l’avenir. Et tu voulais que je reste… Pourquoi ? Te tenir la main ? Je n’ai pas eu besoin que tu le fasses pour moi. Je m’en suis très bien sortie. Grandis un peu.

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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Lun 17 Oct 2016 - 13:02

-Mais tu es sérieuse ? Tu es stupide ou quoi. Tu imagines ce que j’ai pensé quand je ne t’ai plus vu nulle part comme ça du jour au lendemain ? Sans aucune nouvelle ? Tu as oublié comme la vie ne pardonne pas dans la Ville Basse, comme elle peut vous lâcher d’un moment à l’autre. Ca t’a amusé de faire peur à tout le monde ? De nous faire croire, pendant un instant, qu’on t’avait eu et que tu gisais, inerte, sur le pavé d’une des ruelles de la ville ?

Si nous avions bien une chose en commun, c’était la colère. Elle supplantait l’abattement, la tristesse, elle recouvrait tout pour nous éviter la souffrance, le temps d’un brasier seulement. Elle flottait entre nous, alourdissant l’air. Mon corps frisonne, je suis exténuée, je le sens. Plus que je ne l’aurais cru. Les illusions avaient grignoté avec minutie l’énergie de tous, pour mieux entrainer leurs victimes dans leurs frasques morbides. Ce n’était pas le moment pour avoir une conversation avec Maë…
Y avait-il seulement un bon moment ?
Ses paroles me percutent, me blessent et me font saigner, bien plus qu’elles ne l’auraient dû. Etait-ce à cause de la fatigue ou parce que c’était elle ? C’était un peu de tout ça, mais pas seulement. Sa suffisance, celle qu’elle me montrait désormais, celle qu’elle n’avait jamais eu envers moi parait ces répliques d’un venin qui endolorissait mon cœur et mon âme.

Elle nous méprisait, pendant qu’elle volait dans les cieux, le soleil avait brulé ses souvenirs, les vents les avaient altéré. Elle avait la même attitude que ces noblions qui descendaient parfois à la recherche de sensations fortes, pour se confortait de leur place dans ce monde, de leur supériorité. Elle en avait presque le regard, à tel point que cela m’en dégoûtait.

-Hé bien… tant mieux pour toi Maë…

Mais elle n’a pas fini, elle continue sa tirade, forte de son grade, de ses certitudes. C’en était trop. Qui pensait-elle être pour me parler ainsi. Nous avions été amies, mais cela ne lui permettait pas de me traiter ainsi. Ca n’aurait jamais été le cas avant et ce l’était encore moins aujourd’hui.

-Tu es gonflée quand même…. Sans nous, sans moi, tu serais morte une centaine de fois dans ces rues. Oui, tu aurais pu rester et me tenir la main, pas pour me montrer la voie, toi et moi n’en avons jamais eu besoin. Mais pour être mon amie, pour me soutenir. J’ai grandis, tout comme toi, et si j’ai de l’amertume comme tu le dis si bien, si je suis bloquée dans un passé lointain, ne crois pas en être la seule responsable. Tu as tellement loupé de chose, tellement de faits te sont passés sous le nez, pourtant tu aurais dû voir, tu aurais dû savoir. Mais tu es devenue aveugle et arrogante. Tes mots trahissent bien ce que tu ressens au fond de toi, au final… Tu nous méprises, moi, la Ville Basse, tes souvenirs et ce qu’ils te renvoient… Qui crois-tu être pour te penser aussi supérieure ? Que sais-tu de ces rues désormais ? De la Cour des Miracles que tu cite sans même en avoir jamais approché un membre ? … Je veux bien te l’accorder, une partie de moi est restée bloquée dans le passé, mais toi… à toucher les nuages tu en es venue à nous regarder de haut, exactement comme ceux que tu insultais l’attitude et les manières lorsque tu étais plus jeune… Honnêtement, ce n’est pas plus enviable.


La colère gonfle, éclate et ravage. Ma voix reste basse, pour ne pas attirer l’attention, elle en devient plus grave se décorant de note sombre et froide.  Je n’aimais pas son attitude et je n’aimais pas qu’elle salisse ainsi l’image que j’avais eu d’elle.
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Message Sujet: Re: L'oppression dans un gant de velours   Jeu 3 Nov 2016 - 23:09

- Il aurait peut-être mieux valu que vous me croyez morte pour de bon, si mon départ te tourmentait autant.

J'ai laissé la colère s'exprimer, avec fracas. Je ne lâche rien, comme d'habitude et... N'est-il pas préférable de cesser ce déchirement, pour elle comme pour moi ? J'étais venue pour crever l'abcès, mais force est de constater que je n'ai pas l'attitude qu'il lui conviendrait. Et quoi ? Elle voulait des excuses peut-être ? Ce serait parfaitement hypocrite d'en faire, même si l'envie m'en prenait. Je n'étais pas désolée de partir, inutile de se voiler la face par des faux-semblants. Alors oui, mieux vaut peut-être que je cesse définitivement de venir les voir, pour ne plus alimenter la flamme de la rancœur, que je sois morte, vraiment, à leurs yeux. Tout le monde s'en porterait mieux.

Je lui donne une ultime occasion pour déverser son fiel, et elle ne s'en prive pas. Je sens la présence désapprobatrice de Mirage dans un coin de mon esprit, si bien que l'Emeraude se décide à se mettre en mouvement dans la nuit noire, quitte à attirer l'attention subitement sur nous en nous rejoignant. J'aurais préféré qu'il ne s'en mêle pas, si bien que le temps presse subitement. Je perds définitivement patience avec elle.

- Et tu serais morte une centaine de fois aussi dans ces rues sans moi !

J'ai un mouvement rageur de la main, à me détourner, mais à l'entendre dire que je ne suis pas seule responsable...

- Bien, parfait ! Si j'avais besoin d'une preuve supplémentaire pour comprendre que la rue nous tue à petits feux... Comment tu peux m'en vouloir d'avoir voulu mieux, d'être arrivée à m'en sortir ? Je suis peut-être arrogante, mais tu es tellement égoïste !

J'ai craché ce dernier mot avec hargne. J'aperçois une silhouette mouvante dans les cieux, et entends à peine le dragon qui stabilise son vol au-dessus de nos têtes, menaçant sans l'être. Dans l'obscurité, ces écailles sont comme une tâche vert sombre à peine remarquable à l'horizon. J'ignore sciemment sa présence, incapable de me départir de ma colère.

- Oui, je vous méprise. J'ai renié cette existence pour une autre, bien meilleure. C'est ce que tu voulais entendre, Mélodie ? Tu es satisfaite ?

C'est faux. Ils sont bien davantage ma famille que mes géniteurs, mais... Elle ne veut bien entendre que ce qui l'intéresse. Peu importe, s'il me faut me détourner encore une fois. Je suis capable de le faire, et de tourner la page définitivement. Elle aussi, qui veut juste une bonne raison pour me rayer de sa vie. Je ne me prive pas de lui fournir.

- Tu as raison, nous ne sommes plus du même monde. J'ai eu tort de croire que nous étions encore... Quelque chose, l'une pour l'autre.

Ma voix a baissé d'un ton, résignée. Mirage a fini par se poser, pour darder son regard d'un ciel obscur sur elle. Son silence teinté d'indifférence me donne la force nécessaire pour me détourner d'elle et grimper sur son dos, sans céder à cet élan de panique qui m'enserre le cœur.

Mon amie. Ma sœur. Ma complice.

- Adieu, Mélodie.

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L'oppression dans un gant de velours
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