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 La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]

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La Noblesse
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Message Sujet: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Sam 6 Aoû - 23:38


Livre I, Chapitre 5 • Le Tournoi des Trois Opales
Alméïde et Anthim d'Erebor

La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner.

On pardonne tant que l’on aime.



• Date : 3 août 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Il s'est passé de longues semaines depuis qu'Anthim a refusé de pardonner Alméïde de lui avoir menti. Mais la décision de ne plus lui parler lui pèse, et il fini par céder.


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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Sam 6 Aoû - 23:40

Longue matinée. Comme depuis presque trois semaines, depuis qu’il s’était fâché avec sa sœur bien aimée et qu’il ne passait plus les premières heures du jour en sa compagnie, discutant et bavardant comme ils en avaient eu si souvent l’habitude. La détermination et le caractère entêté d’Anthim d’Erebor n’avaient plus besoin qu’on leu refasse une réputation, tout le monde savait que s’il souhaitait ou ne souhaitait pas une chose, il tiendrait ses positions fermement. C’était ce qui avait maintenu son silence auprès d’Alméïde, décidé à répondre à l’ordre qu’il lui avait donné en refusant tout contact avec elle, par colère et par fierté. Maintenant que plusieurs semaines s’étaient écoulées, que la colère avait eu le temps de s’apaiser, le calme et la pensée avaient pu revenir dans l’esprit du duc, encore tourmenté par ce qu’il avait apprit et surtout par le choix qu’il avait prit sous le coup d’une rage incontrôlable. Il se souvenait de tout ce qu’il avait pu dire à sa sœur, du plus vrai au plus cruel, du vicieux au sincère, et bon sang, pour beaucoup de chose il s’en voulait réellement. Il savait que ses colères, quand elles naissaient d’une quelconque façon, étaient sans conteste dignes des tempêtes du désert et du brasier déversé sur les sables ardents d’Erebor. Mais il savait aussi qu’il n’était absolument pas réfléchi dans ces moments, et cette fois là n’avait pas échappé à la règle. C’était l’orgueil, terrible soit-il, qui l’avait laissé dans cette situation, refusant de s’avouer vaincu en allant à la rencontre de sa sœur qu’il savait terrifiée aujourd’hui à l’idée de le décevoir à nouveau et donc de contester ses ordres. A vrai dire, s’il voulait un jour reparler avec Alméïde, il serait sans doute le seul à devoir faire le premier pas. Et ça lui déplaisait autant qu’il en sentait la nécessité grandir de jour en jour.

Quand l’idée de peut-être céder lui était venue, il avait fallu au moins une semaine pour qu’il se décide réellement à le faire, et ce n’était que ce matin, après un petit déjeuner seul, qu’il avait perçu le besoin de parler à sa sœur. La pardonner même, bien qu’il trouvait toujours son mensonge odieux et déplaisant. Mais il pouvait comprendre. A tête reposée oui, il pouvait comprendre. Il y avait eu ce collier, autour de son cou, pour lui rappeler combien sa sœur comptait pour lui, combien cette décision qu’il avait prit lui crevait autant le cœur à lui qu’à elle. Ce collier, représentant une des balances de Joseï et dont le jumeau était au cou d’Alméïde était un cadeau qu’il lui avait fait il y a déjà bien longtemps, promesse d’une éternelle complicité entre eux. Il lui avait promit de ne jamais l’abandonner. Très orgueilleusement il songeait que c’était elle qui avait failli à cette promesse, mais certainement pas pour des mauvaises raisons. Oui il s’en rendait compte peu à peu.

Décidé à la trouver et à entamer le dialogue pour se raisonner du bien fondé des actes d’Alméïde, Anthim hésita malgré tout plusieurs fois avant de franchir le pas. Cette fierté était Ô combien terrible, cette idée de céder aussi facilement… en vérité, il ne l’aurait fait certainement pour personne d’autre qu’elle, cette preuve de clémence, hormis peut être avec Sitara. Mais il avait besoin d’elle, et quand il croisa sa silhouette au cœur de la bibliothèque, plongée intensément dans un livre, l’évidence lui sauta encore plus cruellement aux yeux. Mais que devait-il lui dire ? Par quoi pouvait-il bien commencer ? Il le voyait, ce gouffre qu’il avait sciemment creusé entre eux et tout à coup, parler semblait plus difficile. Il n’avait jamais eu de mal avant ça, à converser avec sa sœur, les sujets de discussions venaient seuls et sans complexes, les bavardages fusaient… là, le silence seul franchissait la gorge du duc, à quelques pas de sa sœur qui ne le voyait pas, caché dans son dos. Un soupir le trahi fugacement, mais il ne doute pas que le bruit de ses pas révéleraient sans mal sa présence. Il approcha donc, silencieux, avant de se pencher au dessus de l’épaule de la jeune femme, observant un instant sa lecture avant de se racler la gorge, peut être un peu nerveux. Pourtant, lorsque l’on observait ses traits, il maintenait ce visage noble et quelque peu sévère. Sa voix, qui ne tonnait plus et n’était plus aussi froide que la dernière fois où Alméïde l’avait entendu sonnait avec chaleur et douceur. Ce ton qui allait si bien avec le duc d’Erebor, ce ton qui lui était parfaitement habituel.

« Tu revois quelques uns de tes classiques ? Tu as déjà lu cet ouvrage. »

Et plutôt deux fois qu’une. C’était un livre qu’ils avaient lu ensemble, plus jeunes, se faisant tour à tour successivement la lecture. Cela rappelait tant de souvenir si prompt à lui pardonner et faire preuve de douceur. Comme pour l’amadouer. Mais il savait que ce n’était pas le cas. Juste d’anciennes mélancolies.

Ah elle évite son regard. Sans surprise. Un temps, un silence, il reprend.

« J’aimerais que l’on reparle tous les deux de ce qu’il s’est passé la dernière fois. Au calme et… sereinement. » Ces adjectifs s’adressaient surtout à lui même, qui avait cédé à une terrible colère la dernière fois, sans chercher à écouter sa sœur suppliante. Ah qu’il lui était difficile en même temps de céder, d’avoir l’air de lui pardonner dès ces premières paroles alors que ce n’était pas encore tout à fait le cas. Sans attendre de réponse, il se posa en face de sa sœur, sur les coussins prévus à cet effet pour une lecture agréable et reposante. « Je n’ai pas encore décidé si je te pardonnais ou non Alméïde. Mais je reconnais avoir été cruel envers toi, n’écoutant pas tes arguments. Pour cela, je suis désolé. Cela ne me… ressemble pas. »

Certes quelques excuses, il s’était senti obligé d’expliciter le fait que rien n’était joué alors que son cœur pourtant balançait déjà. A voir ce visage qu’il aimait tant, à apprécier cette présence qui lui avait toujours été si proche, cet équilibre qui avait quelques semaines plus tôt cédé à la colère tendait aujourd’hui vers le pardon.

Il pouvait comprendre. Et que trop même…

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Lun 8 Aoû - 2:01

Le silence règne dans la bibliothèque du palais, pratiquement déserte en cette fin de matinée. Étagères et fauteuils sont éclairés d'une lumière douce, chatoyante, scintillante, perçant les voiles tendus devant les immenses fenêtres. Dans une alcôve, la silhouette de la princesse se dessine sur des coussins moelleux aux couleurs éclatantes. C'est là qu'elle vient parfois se réfugier lorsqu'elle désire se changer les idées, dans ce coin de bibliothèque un peu à l'écart, un peu dissimulé par la marée de livres que l'on perçoit depuis l'entrée. Comme un jardin secret – pas si secret que ça – où personne ne pourrait l'atteindre. Il lui arrive également de flâner le long des jardins ou de se rendre jusqu'à la volière, où la vue est imprenable et qui recèle de souvenirs particuliers pour elle. D'un souvenir en particulier. Mais il lui fait trop mal ce souvenir-là et les températures à l'extérieur ne sont pas assez clémentes pour songer à paresser au soleil. Alors c'est tout naturellement que ses pas l'ont menée à la bibliothèque. Désœuvrée, le cœur lourd, Alméïde cherche à distraire ses pensées. Depuis quelques semaines, elle met toute son énergie à effectuer ses tâches quotidiennes, plus assidue que jamais dans la gestion du harem, dans les soins apportés aux concubines et à leurs filles, dans la bonne tenue de leurs appartements et aux activités qui leurs sont proposées. Elle qui, d'ordinaire, passe déjà un temps considérable à satisfaire leurs demandes et leurs besoins, elle ne se laisse pas un instant de répit, comblant le reste de son temps libre à relire d'épais volumes de médecine et à étudier les schémas qu'elle a autrefois couchés sur le papier. Et elle dort peu Alméïde, l'esprit embrouillé et le cœur alourdi par les regrets. Les paroles de son frères, tranchantes, se sont gravées dans sa mémoire et se rappellent à elle dès qu'elle baisse la garde. Un moindre prix à payer pour les mensonges proférés, très certainement.

Ce matin pourtant, ce n'est ni le harem, ni les études qui ont accaparés son attention. L'envie de s'évader s'est imposée à elle, non pas littéralement, uniquement en pensée. Elle a rapidement remis la main sur le livre déjà usé par le temps et les nombreuses lectures. Et les heures se sont écoulées sans qu'elle ne s'en aperçoive, et les pages ont été dévorées sans qu'elle ne le réalise. Lui rappelant vaguement les longues journées d'études où son frère devait la secouer afin qu'elle n'oublie pas d'aller manger un peu ou pour prendre l'air. Inconsciemment, ses doigts se portent à son pendentif qu'elle manipule distraitement avec de tourner une nouvelle page.

« Tu revois quelques uns de tes classiques ? Tu as déjà lu cet ouvrage. » Elle sursaute légèrement, Alméïde, surprise par la présence de son frère. Enveloppée dans sa bulle, elle n'a pas entendu le bruit caractéristique de ses pas qui s'approchaient derrière elle. Son regard quitte les mots réconfortants pour retrouver celui d'Anthim, juste un instant, avant de se baisser vers le sol avec embarras. Elle a espéré et espéré encore pendant des jours qu'il finirait par revenir auprès d'elle. Maintenant que c'est le cas, elle ne sait que dire, se contentant d'acquiescer à sa remarquer sans oser relever les yeux.

« J’aimerais que l’on reparle tous les deux de ce qu’il s’est passé la dernière fois. Au calme et… sereinement. » Timide, elle s'efforce d'affronter le regard limpide d'Anthim, marquant la page où elle a arrêté sa lecture avant de refermer le livre et de le reposer à ses côtés. Sa gorge se noue légèrement, elle appréhende la suite, malgré le calme apparent de son frère. Elle sait combien ses colères peuvent être tenaces parfois ; elle espère néanmoins pouvoir s'expliquer un peu mieux cette fois.

« Je n’ai pas encore décidé si je te pardonnais ou non Alméïde. Mais je reconnais avoir été cruel envers toi, n’écoutant pas tes arguments. Pour cela, je suis désolé. Cela ne me… ressemble pas. » Leur dernière discussion remonte à sa mémoire, aussi claire que si elle s'était déroulée la veille ; le temps n'a pas apaisé la douleur infligée par les paroles prononcées, mais les excuses d'Anthim lui font du bien à cet instant, même si elles ne sont qu'un début et que rien n'est encore gagné, pas après ce qu'elle a fait.

« Tu as tous les droits de m'en vouloir Anthim, je n'aurais jamais dû te mentir... » Ses doigts triturent distraitement la couverture du livre et un vague sourire parvient à se dessiner sur ses lèvres, un sourire triste, teinté d'excuses et de regrets. Durant ces dernières semaines, elle a songé bien des fois aux paroles qu'elle voudrait prononcer si son frère venait à lui parler à nouveau. À présent qu'il se trouve en face d'elle, la mémoire lui fait alors défaut et elle se retrouve comme une enfant prise en faute. Mais elle n'est certainement pas aussi démunie que la dernière fois. « Je sais que ça ne changera pas grand chose, mais je suis sincèrement désolée. Je ne voulais pas te faire honte, ni te faire de peine. Tu... Tu es la personne qui compte le plus à mes yeux, tu le sais. » Bien entendu qu'il le sait, la question ne se pose même pas. Et elle fera le nécessaire pour retrouver sa confiance, même si ça doit prendre des mois, des années. Ce qu'elle a mis quelques secondes à briser, elle le rebâtira, pierre par pierre. Et peu importent les efforts, peu importent les sacrifices. Elle veut juste retrouver son frère.

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Ven 19 Aoû - 0:37

Elle est si studieuse, la douce Alméïde, à tel point qu’elle n’entend pas son frère arriver et sursaute aux premières paroles qu’il ose prononcer dans le silence paisible de la bibliothèque. Elle se crispe, il le voit bien, et Anthim ne peut pas nier savoir pourquoi. Elle a sans doute encore peur de ses colères et fait basse figure face à lui, son duc. Son duc… tout ce qu’il était pour l’instant pour elle et non son frère, à cause de cet éloignement qu’il lui avait imposé autant qu’il s’était puni de cette décision insensée. Et il regrette tant en la voyant ainsi devant lui, mais il se force à rester stoïque et solide, ne pas veut pas céder si facilement à l’affection qu’il a toujours gardé pour elle. Il s’était senti terriblement blessé, Anthim, des mensonges proférés par sa sœur, mais il l’aimait toujours autant, et une dispute comme celle qui les avait éloigné n’avait bien heureusement pas brisé entièrement le lien qui les unissait. Ternit certes, la confiance perdue pour un temps, la crainte et la méfiance de mise… mais toujours l’amour certain, toujours la tendresse et la bienveillance. C’est pour ça qu’il s’excuse, c’est pour ça qu’il est là devant elle, essayant de comprendre et renouer ce qui avait manqué d’être brisé. Autant par sa faute que celle d’Alméïde.

Alors qu’il s’assoit en face d’elle, bien installé dans les coussins qui servent aux lecteurs assidus, il écoute avec attention les paroles de sa sœur. Et s’il n’est pas surpris ni n’apprend rien dans ce qu’elle lui dit, il laisse voir un sourire tendre et sincère. Il acquiesce avant de répondre, imposant toujours cette factice distance d’usage, trop fier encore pour céder si facilement aux impulsions qui ne sont pourtant pas son adage.

« Je le sais oui. Et il en va de même pour moi Alméïde, tu comptes énormément. C’est ce qui rend ton mensonge encore plus difficile à pardonner. »

Il ne peut s’empêcher de faire mention de nouveau à ce qui les avait mit en froid, et c’était là tout le nœud du problème en vérité. Plus qu’un mensonge en faveur de Castiel – même si cela jouait énormément – c’était un mensonge sciemment proféré sur quelque chose qui avait une grave importance. Anthim ne niait pas, si la proposition avait été faite par une autre personne que le duc de Sombreciel, il l’aurait sans doute moins mal prit. Mais Alméïde ne pouvait elle non plus pas s’excuser sur le fait qu’elle avait menti en connaissant le passif qui régnait entre Erebor et Sombreciel. Et il avait beau cherché, le duc ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle avait menti et dans quel espoir elle l’avait fait. Avoir une meilleure opinion de cet imbécile de Castiel ? Par les dieux, ce crétin avait prouvé seul qu’il était un incapable, et la récompense de l’Empereur Augustus avait été à la hauteur de tout ce que méritait Sombreciel et son duc : la honte d’Ibélène. Ah il en avait bien rit le Anthim, lorsqu’il avait eu vent de cette affaire qui n’était pas resté sourde longtemps aux oreilles des domestiques qui avaient fait passer le mot dans tout Arven. Ça lui allait si bien, il méritait amplement ce titre, ça, le duc d’Erebor devait lui reconnaître et surtout ne lui enviait pas le moins du monde. Il avait loisir de se moquer ouvertement de lui, même si par fierté, il s’en passait fort bien. Il n’avait pas besoin d’enfoncer le clou, Castiel se débrouillait bien seul. Aussi, espérer quoique ce soit de sa part était incompréhensible. Alméïde n’était pourtant pas naïve à ce point. Anthim ne la pensait pas tant utopiste d’ailleurs, sans doute s’était-il quelque peu fourvoyé sur la sagesse dont elle était capable de faire preuve. Ou était-ce à nouveau la colère qui parlait pour lui ? Il ravala ces brulantes pensées pour reprendre, calmement, comme il l’avait promit.

« La honte, c’est Castiel qui l’a appelé sur lui et sur toi, victime de ses frasques et de son idiotie. Il a prouvé à tous qu’il n’était pas digne de cette confiance que tu as bien voulu lui accorder Alméïde. Et oui, je suis déçu que pour lui tu aies préféré me mentir. » Il soupira, blessé de cette simple pensée, mais continua plus sereinement. « Mais je comprend. Ou du moins, je sais que je suis… puérilement colérique quand il s’agit de lui ou Sombreciel. Dis moi franchement, penses-tu que j’aurais refusé ta demande si tu me l'avais exposé ? »

La question était véritable, même si orgueilleusement, Anthim songea que par bonté, il aurait laissé sa sœur faire ce qu’il lui plaisait. Mais il n’était certainement pas objectif, et de ça aussi, il en avait conscience. Aussi préférait-il avoir l’avis de sa sœur, la seule à le connaître presque aussi bien que lui, et comprendre ainsi mieux le choix qui l’avait poussé à lui mentir.

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Ven 19 Aoû - 13:06

« Je le sais oui. Et il en va de même pour moi Alméïde, tu comptes énormément. C’est ce qui rend ton mensonge encore plus difficile à pardonner. » Elle acquiesce doucement, la mine désolée. Il serait inutile de nier l'évidence ; elle l'a blessé, tout autant qu'il l'a blessée ensuite lorsque la vérité a éclaté. Mais elle ne supporte pas cette situation. Son frère lui manque, plus qu'elle ne l'aurait cru possible. Même les journées loin de lui, lors d'une visite ou de ses études à Lorgol, sont moins pénibles car elle sait, tout au fond d'elle, qu'il lui est possible de le voir, de lui parler, de le contacter de quelque manière que ce soit si elle en ressent le besoin. Ces dernières semaines pourtant, un gouffre incommensurable s'est installé entre le frère et la sœur qui partagent le même toit. Leurs conversations lui manquent, sa simple présence rassurante et ses paroles réconfortantes. Elle sent entre eux cette complicité fragilisée par une erreur et des mots durs, prononcés sous le coup de la colère et elle a peur qu'elle ne se brise définitivement. Elle aperçoit néanmoins dans les yeux de son souverain une étincelle de tendresse comme il l'adresse à peu de personnes. Alméïde se sent soulagée de l'avoir enfin en face d'elle, de pouvoir prendre le temps de discuter réellement et de s'expliquer clairement.

« La honte, c’est Castiel qui l’a appelé sur lui et sur toi, victime de ses frasques et de son idiotie. Il a prouvé à tous qu’il n’était pas digne de cette confiance que tu as bien voulu lui accorder Alméïde. Et oui, je suis déçu que pour lui tu aies préféré me mentir. » Malgré la culpabilité qui ne la quitte plus, elle pose sur lui son regard sombre, les lèvres scellées. Le souvenir du couronnement est encore vif dans son esprit et l'humiliation infligée brûle encore ses joues à cette seule pensée. « Mais je comprends. Ou du moins, je sais que je suis… puérilement colérique quand il s’agit de lui ou Sombreciel. Dis moi franchement, penses-tu que j’aurais refusé ta demande si tu me l'avais exposé ? » Ses yeux ne quittent pas les siens et, malgré elle, ses lèvres tressaillent et dessinent un mince sourire sur ses traits pourtant affligés. « Je le pense oui... » répond-elle avec honnêteté. Car c'est cela qui caractérise le frère et la sœur, et non ce regrettable mensonge qu'elle a proféré sans en mesurer les conséquences. Alors oui, elle pense qu'il aurait refusé. Dans le cas contraire, elle aurait dit la vérité sans ambages ni tourment. Ou peut-être a-t-elle eu tort, peut-être aurait-il accepté. Mais sous ses conditions, la flanquant d'une quinzaine de gardes au bas mot, ne lui laissant pas un instant pour respirer ou profiter de son séjour qui, malgré tout, avait pour but de lui faire découvrir ce duché voisin dont elle ne connaissait rien.

Alméïde pousse un soupir discret. « Je me suis souvent posé la question... Admettons que, par le plus grand des hasards, une personne ne te voie que lorsque le duc de Sombreciel est dans les parages. Qu'y verrait-elle ? Serait-ce le souverain juste et généreux, le duc cultivé et pondéré que je côtoie depuis tant d'années ? Ou uniquement l'homme en proie aux colères ? Celui qui se défait de son sang-froid à la moindre provocation ? » Elle pèse bien ses mots la princesse, elle parle lentement sans véritablement attendre de réponse de la part de son frère. « Les rares fois où j'ai été amenée à voir Castiel, c'était en ta présence et je n'en ai vu que les pires facettes. Lors de sa dernière visite, j'ai cru enfin apercevoir quelque chose de différent. Ce n'est pas tant ma confiance que je lui ai accordée que le bénéfice du doute et les quelques jours passés à Euphoria étaient, ma foi... une agréable surprise. » Cela non plus, elle ne peut le nier après tout. Les doux souvenirs de son séjour sont pourtant ternis par des événements plus récents qui n'ont échappé à personne. « J'ai peut-être fait preuve d'un trop grand optimisme en pensant que c'était un premier par, si ce n'est vers la paix, au moins vers un compromis entre nos deux duchés. J'ai été déçue moi aussi, mais je ne regrette pas d'avoir au moins essayé. » Elle est franche, la princesse. Franche comme elle ne peut réellement l'être qu'avec Anthim en qui elle a une confiance indéniable et qui prête toujours l'oreille à son avis et ses conseils. Et elle se sent soulagée de pouvoir à nouveau lui parler de cette manière. Elle regrette le mensonge, elle regrette d'avoir blessé son frère et elle regrette de s'être trompée sur le compte de Castiel. Mais en aucun cas elle ne regrette les raisons qui l'ont poussée à agir comme elle l'a fait.

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Mar 20 Sep - 13:35

Malgré la froideur qui avait entachée leur relation, Anthim savait qu’il pouvait faire confiance à Alméïde quand il s’agissait de lui dire une vérité le concernant. Les mensonges qu’elle avait proféré étaient tout autre, mais en lui demandant son avis sur un acte qu’il aurait pu ou pu ne pas faire, il était persuadé qu’elle ne craindrait pas de lui parler sans détour. Elle pouvait se targuer d’être l’une des seules à ne pas titiller la susceptibilité de son frère en proférant quelques critiques. Sa sincérité jouait beaucoup pour elle. Jusqu’à maintenant.

Elle fait mal, la réponse, et il est vrai qu’Anthim ne s’attendait pas à ce qu’elle soit aussi catégorique dans ses paroles. Mais il l’accepte, le fier et solide duc du sable et du roc, même si un instant, son air se renfrogne. Est-il possible qu’il soit à ce point têtu et peu ouvert ? Il réfléchit à ces mots gravement, songeant. Elle n’avait certainement pas tort. A défaut de refuser, il aurait été stricte sur bien des conditions. Jamais il n’aurait accordé à Castiel le droit de voir sa sœur seule et sans personne pour l’accompagner, ce qui lui paraissait logique en un sens. Ce qui n’était surement pas ce qu’elle aurait voulue. Il peut le comprendre et en même temps… en même temps, il avait peur qu’Alméïde mésestime son rang et les contraintes qui parfois l’accompagnaient. Certes, ce n’était pas seulement à cause de ça qu’Anthim aurait écrasé sa sœur d’une garde conséquente pour veiller sur elle en Sombreciel.

Il ne sait trop quoi répondre sur l’instant, et heureusement, elle continue, forte d’argument qu’il ne peut hélas pas réfuter. Quand bien même a t-il grand mal à les accepter, il perçoit le point de vue de sa sœur, il comprend. Le partage-t-il pour autant ? Difficile à dire. Il déteste Castiel, un sentiment trop ancrée en lui depuis des années. Changer ? Cela paraissait presque improbable, et il n’en avait guère l’envie, au grand damne peut être de sa sœur qui cherchait tant à bien faire. Un acte qu’il ne pouvait lui reprocher, bien entendu. La seule chose qu’il ne supportait pas vraiment, c’était ce mensonge et ce manque de confiance. Mais après avoir entendu et fait face à la sincérité d’Alméïde, il était plus enclin à pardonner. Tant parce qu’il laissait l’ombrageuse tempête quitter son cœur que parce que rester plus longtemps en froid avec sa sœur lui paraissait insupportable.

« J’ai bien peur, ma très chère sœur, que les conflits opposants Erebor et Sombreciel ne trouveront pas le chemin de la paix aussi facilement. »

La politique était rude, mais le choc des cultures l’était encore plus. Qu’importe si une entente ou un alliance finissait par voir le jour – ce qu’Anthim n’espérait pas particulièrement – les peuples eux partageraient toujours cette haine commune de l’autre qui brulait depuis des millénaires. Sur quels fondements, le monde l’avait oublié, mais est-ce que cela changeait quelque chose ? Certainement pas.

« Je doute que Castiel – comme moi d’ailleurs – cherche ne serait-ce qu’à imaginer une paix entre nos deux terres. Je comprend pourquoi tu as cherché à voir de tes propres yeux une autre facette de lui comme il en existe une pour moi. Mais aujourd’hui, penses-tu que seule une haine aveugle guide nos discussions et nos rencontres ? Nous sommes bien incapables de nous entendre pour bien des raisons, et je pense malheureusement que ça ne changera pas. »

Peut-être était-ce un peu fataliste, trop négatif même, pour la douce Alméïde qu’Anthim savait au contraire trop optimiste, parfois naïve. Mais telle était la pensée et la vision du duc d’Erebor, qui trop têtu ne changerait pas aussi facilement d’avis parce que sa sœur avait essayé de voir autre chose qu’un imbécile fini chez son ennemi.

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Sam 1 Oct - 17:16

Elle explique enfin, Alméïde. Elle peut laisser les mots couler sans crainte d'être interrompue ou jugée et elle retrouve l'assurance qu'elle peut arborer lorsqu'elle s'exprime aux côtés de son frère. Son frère qui a toujours eu pour ses avis et ses conseils une oreille attentive, l'encourageant à partager le fond de sa pensée dès que quelque chose ne lui convient pas. Alors elle ne s'en prive pas la princesse, ayant toujours à cœur de trouver les mots justes afin d'aiguiller son souverain dans la direction qui lui semble la plus appropriée, faisant part de ses doutes et de ses craintes quant à une décision qui peut lui paraître hâtive ou trop sévère. Anthim est un homme juste pourtant, mais jamais lorsque cela concerne Sombreciel. Jamais. Le sujet est délicat depuis toujours, elle le sait bien et elle prend son temps pour qu'il comprenne le fond de sa pensée, ce qui a pu la pousser à commettre une telle erreur qu'elle regrette désormais profondément. Elle aurait dû essayer de lui en parler, elle aurait dû prendre le temps de le convaincre que cette visite était une bonne idée, au lieu de contourner son avis et son autorité. Elle a fait preuve d'un manque certain de sagesse, Alméïde. Et peut-être également de bon sens. Mais maintenant que le mal est fait, elle ne peut qu'espérer réparer les dégâts.

« J’ai bien peur, ma très chère sœur, que les conflits opposants Erebor et Sombreciel ne trouveront pas le chemin de la paix aussi facilement. » Elle retient un soupir et sur son visage se dessinerait presque une moue boudeuse. Voilà des paroles qu'elle a l'habitude d'entendre depuis des années et qu'elle entendra, elle n'en doute pas, encore très longtemps. Elle déplore pourtant ce pessimisme et cette mauvaise volonté dont ils font preuve chacun de leur côté.

« Je doute que Castiel – comme moi d’ailleurs – cherche ne serait-ce qu’à imaginer une paix entre nos deux terres. Je comprend pourquoi tu as cherché à voir de tes propres yeux une autre facette de lui comme il en existe une pour moi. Mais aujourd'hui, penses-tu que seule une haine aveugle guide nos discussions et nos rencontres ? Nous sommes bien incapables de nous entendre pour bien des raisons, et je pense malheureusement que ça ne changera pas. »

Alméïde regarde son frère dans les yeux, dans un mélange d'amusement et de résolution. Il a la tête aussi dure que le roc qui cerne leur merveilleux duché et elle sait combien il sera difficile – pour ne pas dire impossible – de le faire changer d'avis.

« As-tu seulement déjà essayé Anthim ? » demande-t-elle alors d'une voix douce. Un vague sourire étire ses lèvres, sachant pertinemment ce qu'il lui répondra, mais elle continue sur le même ton. « Je ne suis pas assez naïve pour penser que ça pourra changer en un rien de temps ou même que les relations deviendront cordiales. Je pense simplement qu'un geste dans la bonne direction, de temps à autres, ne peut pas faire de mal. Tu répètes assez souvent être le plus mature des deux, pourquoi ne pas le démontrer en étant le premier à faire cet effort qui vous paraît à tous deux insurmontable ? » Une étincelle de malice luit un instant dans son regard. Elle est un peu plus détendue la princesse, face au regard limpide de son frère mais pas encore assez pour arrêter de tortiller un pan de sa robe du bout des doigts. La suite, elle le sait, ne sera pas accueillie de manière aussi calme.

« Tu sais il... il m'a écrit p-pour s'excuser. Ce n'est peut-être pas grand chose face à ce qu'il a fait mais c'est certainement mieux que rien. » Elle baisse un instant les yeux sur ses mains, appréhendant sa réaction. Mais elle se devait de lui en parler cette fois, considérant la raison de leur dispute. Elle ne sait encore que penser de cette lettre qu'elle a parcourue de nombreuses fois et à laquelle elle n'a pas répondu – à laquelle elle ne répondra pas – bien que ce soit difficile pour elle de ne pas réagir. Car il vaut mieux ne pas l'encourager en attendant que les choses se tassent, n'est-ce pas ? Le comportement de Castiel l'a déçue et blessée, inutile de le nier et elle s'efforce de ne pas y songer plus avant. En vérité, elle préférerait oublier, passer à autre chose. Si seulement c'était aussi facile...

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Lun 14 Nov - 19:24

Sans doute était-ce vrai, Anthim n’avait jamais réellement cherché à changer les relations entre Erebor et Sombreciel. Peut-être était-ce par fierté, considérant les nombreuses mésententes qu’il y avait déjà eu et qu’y mettre fin si simplement n’était pas mérité. Ou était-ce par culture, comme il l’avait laissé sous entendre ? Après tout, depuis des millénaires, la haine était ancrée dans les cœurs sans que personne ne se souvienne de l’origine du mal. Alors changer, chercher à arranger les choses quand personne ne faisait d’effort de son côté, ça n’incitait pas spécialement à améliorer les relations. Et pourtant, il était juste et sage, Anthim, et il n’aurait pas été aussi catégorique au sujet de quelqu’un d’autre, même si par fierté et susceptibilité, il aurait été très certainement capable de jouer au con, comme il l’avait fait avec Alméïde. Encore que là, il avait prit sur lui pour faire un premier pas vers elle, enfouissant son égo un peu trop éclatant. Et il pouvait comprendre son désir à elle d’arranger les choses. Enfin… comprendre. C’était là un bien grand mot, puisque lui même n’avait pas ce désir là.

Avait-il seulement essayé de faire un effort pour arranger les choses ? La fierté mal placée soufflait que oui, ou que si il n’avait pas essayé, c’est parce que ce n’était pas à lui de faire le premier pas ! La raison et l’honnêteté d’Anthim à l’inverse criaient que non, il n’avait pas essayé ni vraiment envisagé de le faire. Et face à la remarque d’Alméïde, il ne peut répondre que par un sourire un peu boudeur. Elle avait su taper juste, comme toujours, et attentif, il écoute la suite de ses paroles sages. Au final, pourquoi ne pas faire cet effort qui semblait insurmontable ? Peut-être justement parce qu’il l’était, en un sens, autant pour lui qu’il devait l’être pour Castiel de Sombreflamme. C’était certainement stupide et les affichait tous deux comme d’absurdes gamins – ce qu’Augustus n’avait de cesse de leur répéter – mais ils étaient bien en peine d’envisager seulement un geste de bonne volonté. Aussi, répondre à Alméïde, qui avait su trouver les mots était particulièrement difficile pour Anthim, puisqu’il n’avait pour sa part pas de réellement réponse. Ou la seule qu’il avait était très catégorique : il n’en avait pas envie. Et ce n’était pas tant une question d’être capable que de désir. Faire la paix avec Sombreciel était stupidement impensable et impossible à ses yeux.

« Peut être justement parce qu’il l’est. » Mauvaise foi, évidemment, cachée malgré tout sous un ton doux. « Même sans prendre en compte les mésententes passées, ce qui est arrivé dernièrement ne mérite certainement pas de ma part des efforts. » Il n’avait reçu aucune excuse de la couronne Cielsombroise et ce n’était pas à lui de les exiger d’une quelconque manière. Il aurait pu, évidemment, mais il ne s’abaisserait pas à demander à Castiel une chose qu’il n’obtiendrait pas, il le savait parfaitement.

Un instant, la révélation de sa sœur laissa Anthim bien silencieux. Elle gronde pour quelques secondes, la colère au fond de lui, rappelant cette étrange proximité dont il n’avait pas connaissance mais qu’ils avaient surement du avoir tous deux en Sombreciel, lors de ce voyage secret. L’imaginer une seconde le répugne, mais il se retient bien de l’afficher ou le faire savoir. Il constate cependant qu’elle est venue lui en parler, et qu’elle ait retenue la leçon le rassure. Aussi convient-il d’agir avec calme, adressant un sourire à Alméïde, occultant du mieux qu’il pouvait la nouvelle que Castiel lui avait écrit.

« Des excuses hein ? Ce n’est certainement pas à moi qu’il en enverrait. » Il a un petit rictus, oscillant entre amusement et dégoût. « J’apprécie en tout cas que tu m’en parles Alméïde. A-t-il… formulé autre chose que des excuses ? »

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Jeu 17 Nov - 17:57

C'est un tel soulagement pour Alméïde que de pouvoir parler calmement à son frère de ce qu'il s'est passé. Elle a bien cru, pendant quelques temps, que jamais il ne saurait lui pardonner le mensonge proféré. Elle a eu peur, la princesse, de perdre cet être qu'elle chérit tant et ce, depuis toujours. Comme le sable et le roc de leur duché, ils sont très complémentaires tous les deux. Là où il peut être ferme et intransigeant, elle sait se montrer douce et tolérante. Lorsqu'elle est trop timide, trop peu assurée, la simple présence de son frère sait lui donner la force nécessaire pour faire ce qui doit être fait. Ils partagent tant, depuis tant d'années. Elle apprécie autant son sérieux que les rares moments où il se laisse aller à plaisanter, à sourire, à profiter d'un instant plus léger. Une facette de lui qu'il ne montre guère qu'à ses proches et qu'elle voit, jour après jour, briller dans ses yeux quand il porte son fils dans ses bras ou que Sitara est à ses côtés. C'est ainsi qu'elle voit Anthim, pas comme cet homme dur et froid, à la colère aussi violente et imprévisible que les tempêtes de sable dans le désert. Alors quand cette tempête s'est abattue sur elle... C'est l'appréhension qui a dicté ses gestes durant ces dernières semaines. L'appréhension et la honte, cuisante, ne lui laissant pas un instant de répit. Et quand enfin elle parvenait à balayer ces terribles souvenirs, les anges de pierre prenaient leur place au coeur de la nuit. Elle aurait tant voulu profiter du réconfort de ses bras, après cette attaque terrifiante. Mais elle s'est drapée de patience et elle a pris sur elle, comme souvent.

Alors oui, elle est soulagée Alméïde, mais pas pour autant totalement rassurée. Elle sait qu'il est encore en colère, quelque part, et elle prend un soin particulier à formuler le fond de sa pensée pour qu'il comprenne, à défaut de pouvoir lui pardonner. Son sourire boudeur, écho de celui qu'il arborait déjà enfant, parvient à la détendre légèrement, bien qu'elle sache déjà quelle direction prendra cette conversation. Comme toutes les discussions sur Sombreciel,elle se heurte à la roche la plus solide, inébranlable. Et comme la roche, seul le temps parviendra à en adoucir les arêtes, seule la persévérance érodera ses décisions. Cette conversation ne sera qu'une parmi tant d'autres. Une où, elle l'espère, elle parviendra au moins à retrouver la confiance de son frère. Elle ne lui a pas encore tout dit néanmoins, Alméïde, et l'inquiétude la rend fébrile.

« Peut être justement parce qu’il l’est. Même sans prendre en compte les mésententes passées, ce qui est arrivé dernièrement ne mérite certainement pas de ma part des efforts. » Elle ne peut le contredire à ce sujet, bien entendu. Et elle ne peut masquer la déception ressentie lors desdits derniers événements. Déception qui prend sa source bien plus profondément qu'il ne peut le deviner pour le moment. Il ne s'agit pas là que d'une histoire de main tendue dont Castiel se serait moqué, et c'est peut-être ça qui la blesse plus que tout le reste. Malgré tout, elle mentionne sa lettre d'excuses à Anthim et, si elle redoute un instant une nouvelle explosion de colère, celle-ci ne vient pas.

« Des excuses hein ? Ce n’est certainement pas à moi qu’il en enverrait. » Malgré elle, elle esquisse à son tour un sourire mitigé, légèrement amusé. « J’apprécie en tout cas que tu m’en parles Alméïde. A-t-il… formulé autre chose que des excuses ? » Alméïde relève les yeux vers lui, un peu embarrassée par cette question, les joues prenant une discrète teinte rosée. « Non, il... Rien d'important. » répond-elle franchement. Cette lettre aux accents de sincérité ne présentait avant tout que les excuses du duc de Sombreciel. Il n'est pas nécessaire de lui en faire partager les moindres détails, pas vrai ? « De toute manière je ne comptais pas y répondre. » ajoute-t-elle plus bas, d'une voix contrite. « Je ne voudrais pas qu'il... qu'il pense que... » Elle s'interrompt soudainement. Qu'il pense que quoi ? Qu'elle lui donne une seconde chance ? Elle ne peut dire ça à Anthim alors qu'il ne sait pas... À cette pensée, le rouge sur ses joues s'accentue un peu plus et il lui faut plusieurs secondes avant de parvenir à rassembler son courage. Il faut qu'elle le lui dise. Elle ne veut pas qu'il l'apprenne autrement, ni laisser ce nouveau secret flotter entre eux et élimer les liens qui les unissent.

« Anthim, je... je n'ai pas eu l'occasion de tout te dire lors de notre dernière... conversation. » Dispute, serait certainement plus juste. Elle sent son regard inquisiteur posé sur elle, la transpercer. Alors elle prend une grande inspiration. « Castiel et moi on... on s'est... embrassé. » Elle la voit, la surprise, sur le visage de son frère. Plus que de la surprise même. Le choc ? La colère ? L'indignation ? Tout cela à la fois ? Elle ne lui laisse cependant pas le temps de réagir. « Ce n'était pas... prémédité, je-je ne pensais pas que... Après ce qu'il a fait, je préfère ne pas... ne pas y penser. » ajoute-t-elle, balbutiant comme une enfant prise en faute.

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Lun 9 Jan - 3:34

Oh il est bien catégorique, Anthim. Et toute personne le connaissant savait que le roc ne céderait pas si facilement sur ces propos. Ce n’était pas seulement parce qu’il s’agissait de Sombreciel, mais parce que sa sœur, une personne qu’il aimait et chérissait avait été humilié devant la foule, sans considération aucune pour ses sentiments. Et au delà de la haine ancestrale, c’était surtout cela qui l’empêchait de vouloir regarder, ne serait-ce qu’un peu, d’un œil objectif. Il note avec satisfaction qu’Alméïde n’a rien à redire là dessus, non sans remarquer la déception dans son regard. Ce n’est pas ce qui ferait flancher Anthim hélas, et pour l’instant, mieux valait simplement laisser tomber le sujet, c’était le plus sage.

Cette lettre l’interroge et titille cruellement sa curiosité. Pire, elle l’énerve. Mais il s’était promis de ne pas laisser à nouveau la colère l’envahir. Surtout qu’en l’instant, sa chère sœur n’était pas coupable des mots que lui envoyait Castiel. Il ne peut s’empêcher hélas de songer à l’intérêt vif que portait ce misérable Cielsombrois à Alméïde. De l’inquiétude soulevait son cœur, bien qu’il n’en montra rien. Mieux, il laissa à sa sœur le soin d’expliquer, avec ses mots et sa douceur. Il y a de l’embarras dans sa voix, de la gêne sur son visage, une légère rougeur qui vient épouser la forme de ses joues. Il connaît si bien Alméïde, Anthim, qu’il est capable de remarquer le moindre mouvement de son visage, les expressions qu’elle affiche, lorsqu’elle lui ment ou cherche à cacher quelque chose. S’il à l’impression qu’elle ne dit effectivement pas tout, le duc d’Erebor ne laissa pas parler pour lui l’empressement. Quand bien même une question lui chatouilla les lèvres lorsque la princesse s’interrompit d’elle même dans sa phrase, laissant planer un doute irritant, caché sous une gêne bien difficile à rater. C’est avec beaucoup de difficulté qu’il garde le silence, avec peine qu’il ne laisse pas sa voix s’exprimer, avec douleur qu’il ne donne pas la parole à sa curiosité. Alméïde n’en a sans doute pas besoin après ça, et il ne souhaite pas éveiller à nouveau la colère entre eux deux. Il espère seulement… qu’elle ne va pas lui mentir.

L’instant semble durer une éternité. Pourtant, juste une poignée de secondes s’écoule, jusqu’à ce que la voix de sa sœur revienne, légèrement mieux maitrisée. Il grince un peu à la mention de leur dernière entrevue, mais il n’a qu’un geste vif, caché sous un regard perçant pour l’inciter à continuer, sans qu’elle n’ait à craindre son courroux. Pour l’instant. Car pourtant… pourtant il redoute ce qu’il va entendre, et de toutes ses forces il espère ne pas apprendre une chose que ses pensées avaient imaginé pour lui. Mais il devait bien s’y attendre, à ce que le couperet tombe, incisif et douloureux. Il ne peut s’empêcher de serrer le poing, de sentir sa mâchoire ainsi que tout son corps se contracter. Il voudrait ne pas avoir l’air agressif, il voudrait paraître plus doux, mais au fond de lui, et dans son regard aussi, s’affiche une indescriptible colère. Et ce n’est pas contre Alméïde qu’elle est tournée.

Ce chien de Castiel.

Ce bâtard inconséquent.

Ce maudit Cielsombrois.

Ils se sont embrassés. Fort bien. C’est une chose qu’il peut comprendre, qu’il peut appréhender sans pour autant l’accepter. Mais…

« Et cet enfoiré a osé te traiter de la sorte devant tout le monde ? » Oh mesurée est la voix du duc d’Erebor, mais la froideur n’a d’égale que la glace tranchant les hautes montagnes de son duché. Dans ses yeux, ses pupilles sont d’une colère retenue, et il pourrait frapper sur la table devant lui si la mesure  n’avait pas retenue son geste et son corps tout entier. Il a osé l’humilier ? Elle qui avait fait plus que lui offrir son amitié ? « Il t’a blessé plus profondément que je le croyais, Alméïde. » Et doucement, pas à pas, la douceur revient dans cette voix, dans ce regard. Compassion pour sa sœur bien aimée. Pourtant, cette expérience devait lui servir de leçon. On ne pouvait pas faire confiance aux Cielsombrois.

Des voleurs.

Il met un temps à nouveau pour répondre, choisissant bien ses mots, songeant à ce qu’il pouvait penser de ce baiser, de cette proximité qu’ils avaient pu avoir… et finalement il ne souhaite pas avoir plus de détail.

« Je préfère ne pas aborder plus ce sujet. Encore une fois, je suis content que tu m’en ais fait part, et sache que je ne suis pas en colère contre toi pour… pour ça. Ce sont tes mensonges qui m’ont déçu, mais n’en parlons plus. Aujourd’hui, je constate juste qu’il… Hé bien que c’est un pauvre chien sans cervelle. » A vrai dire, comment pouvait-elle espérer, après ça, qu’il lui donne la moindre chance ? « Il ne mérite pas que tu lui pardonne quoique ce soit Alméïde. » Il est sincère, Anthim, en parlant à sa sœur sur ces quelques mots. Et la haine s’est retranchée loin pour laisser place à la bienveillance, dans un regard légèrement inquiet. Il prend la main de sa sœur dans la sienne, caressant cette paume du bout des doigts, sans la quitter du regard.

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Sam 14 Jan - 2:29

Elle peut presque apercevoir la colère qui luit dans ses yeux. Elle la sent vibrer, tout autour, palpable et prête à exploser. Alméïde retient son souffle, le coeur battant, persuadée que l'orage va éclater d'une seconde à l'autre et qu'il va lui en vouloir ; comment pourrait-il en être autrement alors qu'elle lui a menti pour se rendre auprès d'un homme qu'il déteste et qu'elle a pourtant embrassé ? Pourtant, elle ne s'abat pas, l'ire du seigneur du roc et du sable. Elle est contenue, tournée vers celui qui a toujours été la cible de sa haine, enfouie profondément pour être ressortie plus tard, quand l'occasion se présentera. À cet instant, le calme est revenu, d'apparence tout du moins. Et la voix de son frère est posée quand elle retentit à nouveau.

« Et cet enfoiré a osé te traiter de la sorte devant tout le monde ? » Elle a la gorge serrée, trop pour parvenir à prononcer le moindre mot. Il n'y a rien à dire de toute manière, elle est humiliée, offusquée, dépitée par tout ce qui a pu se passer. Elle a cru avoir sa confiance, elle a cru avoir plus que ça certainement. Elle s'est montrée vulnérable entre ses mains et il l'a traitée sans aucun égard, sans aucun respect. Elle a honte, Alméïde, de s'être ainsi laissée abuser, séduite par ce qu'elle pensait être de la sincérité. Son manque de considération lui fait encore mal et elle garde les yeux baissés suite au commentaire d'Anthim, préférant éluder le sujet pour ne pas lui montrer à quel point ça la touche encore, après tout ce temps. Mais Anthim est son frère et il la connaît trop bien. « Il t’a blessé plus profondément que je le croyais, Alméïde. » Elle perçoit la douceur dans le ton, loin de la roche acérée, loin du sable qui érafle. Alors elle relève les yeux, timide, embarrassée. C'est le soulagement qui l'étreint quand elle réalise que son frère est là, à ses côtés. Qu'il l'écoute sans la juger, qu'il la soutient, d'une certaine manière, dans sa peine.

« Je préfère ne pas aborder plus ce sujet. Encore une fois, je suis content que tu m’en ais fait part, et sache que je ne suis pas en colère contre toi pour… pour ça. Ce sont tes mensonges qui m’ont déçu, mais n’en parlons plus. Aujourd’hui, je constate juste qu’il… Hé bien que c’est un pauvre chien sans cervelle. » Elle ne cherche même pas à le contredire, soulagée qu'il veuille tourner la page malgré ce qu'elle a fait. « Il ne mérite pas que tu lui pardonne quoique ce soit Alméïde. » Si les mots lui semblent durs, l'espace d'un instant, elle finit par acquiescer, le coeur serré. Peut-être a-t-il raison, peut-être ferait-elle mieux d'oublier ce désastreux épisode et retenir la leçon. Elle ignorera sa lettre, comme elle le lui a dit et les choses pourront redevenir comme avant, du moins autant que possible. Elle n'en reste pas moins douce et tolérante, la princesse, et elle sait qu'elle ne pourra nourrir une rancoeur telle que son frère en est capable. Pour autant, elle n'oubliera certainement pas le honte cuisante ressentie, mêlée à une douloureuse déception.

La main d'Anthim dans la sienne la rassure et elle esquisse un sourire tendre, serrant ses doigts contre les siens d'un geste tout d'abord peu assuré. « J'ai été si stupide... Je... » juste quelques mots, dans un murmure, puis elle se relève et fond dans les bras de son frère dans une étreinte sincère. Des larmes coulent le long de ses joues, d'émotion, mais elle les essuie bien rapidement en le relâchant, avant de s'asseoir près de lui. « Excuse-moi, c'est... tu m'as manqué Anthim. » Tant et si fort, elle a vraiment cru sentir son coeur se briser de ne plus pouvoir lui parler. Elle songe aux terribles cauchemars qui l'ont maintenue éveillée, à la douleur de ne pas pouvoir se confier à lui, chercher le réconfort ou un simple mot rassurant. À la seule pensée de ces créatures de pierre venant hanter ses rêves, elle réprime un frisson. « Est-ce que... tu as des choses de prévues aujourd'hui ? » demande-t-elle, hésitante, espérant pouvoir passer un peu de temps auprès de lui et rattraper le temps perdu. Mais elle sait combien ses tâches peuvent être prenantes, harassantes. Après tout, il est le sultan des dunes et du roc.

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Message Sujet: Re: La vie apprend à savoir pardonner, à tout pardonner [Alméïde]   Mar 31 Jan - 2:45

S’il est certain de son côté pouvoir conserver une intarissable rancœur à l’encontre du duc de Sombreciel, il sait que quoiqu’il dira, sa sœur ne pourra en faire autant. C’est certainement pour cela aussi qu’il l’aime et qu’elle est si précieuse, sa chère Alméïde : c’est une femme d’une extrême douceur et d’une gentillesse peu commune. Et ce qu’il craint, Anthim, c’est que d’autres en profitent à son insu. Elle a beau ne pas être totalement naïve, elle avait tendance à voir le bon en tout, là où lui était bien plus terre à terre, peut être trop. Il était après tout le roc solide et imperturbable. Mais au delà de la haine et de la rancœur qui n’a de cesse de s’embraser, de s’entretenir à cause des actes inconsidérés de ces idiots de Castiel, c’est la douleur de sa sœur qui le touche le plus, ce malaise dormant qu’il n’avait pu, à cause de sa propre colère, soigner plus tôt, ni même remarquer. Il s’en voulait vraiment, même si au fond Alméïde restait coupable des charges qu’il avait fait peser sur lui. Mais parce qu’il aime sa sœur et parce qu’Anthim n’est pas un homme cruel – malgré toute la détermination de son caractère parfois impétueux – il lui pardonne. Il lui pardonne d’avoir menti et d’avoir initié des choses aussi importantes sans lui en avoir parlé. Il ne veut pas la rendre prisonnière, Alméïde, il ne veut pas être autoritaire et tyrannique avec elle, et il espère ne pas avoir à nouveau à laisser sa colère pourtant rarement sollicitée se déverser sur elle.

Main dans la sienne, elle la relâche bien vite pour filer dans ses bras et lui donner une étreinte profondément sincère. Il sait combien cet éloignement a été difficile. Car s’il ne l’avouera certainement jamais, le fier sultan des sables et du roc, il n’en a pas moins été touché et blessé de tourner le dos à sa sœur. La famille a beaucoup d’importance en Erebor, et pour Anthim aussi. Le mensonge s’est révélé amer mais la colère ne valait pas la peine de ternir un lien si puissant et si important. Alors il la serre fort dans ses bras, sa petite sœur qui lui a manqué. Et si lui n’a pas de larmes, ses yeux n’en sont pas moins humides d’émotion.

« Toi aussi tu m’as manqué Alméïde. »

Même si elle s’est défaite de son étreinte, il renoue le contact en déposant une main chaleureuse sur sa joue, accordant un sourire sincère à sa chère sœur. Et au fond de ses prunelles si claires, ce pardon informulé mais bien présent s'affiche, lui adoucissant le regard qui ces dernières semaines n’avait été qu’un roc glacial et tranchant. Le contact se brise sans pour autant se perdre, et le sourire du duc ne se fane pas à la demande de la princesse. Au contraire, il se fait plus accentué, malgré la réflexion qui traverse en l’instant son regard. Tant de choses requièrent sa présence en ces temps troublés, et il serait fort peu judicieux de tout laisser tomber si facilement. Pourtant, s’il n’oublie pas ses devoirs en tant que Sultan, il n’oublie pas non plus celui qu’il a envers sa sœur. Alors il lui accordera du temps, et certainement pas à contrecœur.

« Rien qui ne presse pour l’instant. »

Et il avait grand plaisir à rattraper ce temps perdu ces dernières semaines, en ce lieu qui leur était si cher, cette bibliothèque où ils avaient passé tant de temps ensemble, et où ils resteraient encore un long moment au cours de l’après midi.

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