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 Un appel dans la nuit | Mélusine

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Message Sujet: Un appel dans la nuit | Mélusine   Lun 8 Aoû - 3:11


Livre I, Chapitre 5 • Le Tournoi des Trois Opales
Mélusine de Séverac & Alméïde d'Erebor

Un appel dans la nuit

à la faveur des étoiles



• Date : 20 juillet 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Alméïde n'arrive pas à dormir. Quatre jour après la dispute avec son frère, deux jours après l'attaque des Anges Pleureurs, elle ressent le besoin de parler à quelqu'un. Alors elle utilise son miroir d'Astrée pour contacter Mélusine.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Lun 8 Aoû - 3:25, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Lun 8 Aoû - 3:14

Le ciel est bien sombre sans ses lunes jumelles pour le parer d'un éclat scintillant. Plus que jamais, les étoiles y sont visibles mais comme leur lumière paraît froide au-dessus de ce désert d'ordinaire si brûlant. Cette nuit, il semble être mer de glace sous les yeux de la princesse qui l'observe depuis sa fenêtre, scrutant l'ombre des dunes, observant les formes indécises des demeures de Vivedune au loin, à peine éclairées de quelques torches dans la pénombre. Elle tremble sous la brise qui s'insinue sous les voiles de ses vêtements. Elle tremble et ses larmes depuis longtemps se sont taries. Elle a le cœur lourd et l'esprit confus. Le moindre son la fait sursauter et elle revoit dans chaque contour du palais les ombres mouvantes des statues de pierre qui les ont tourmentés deux jours plus tôt. Ses nuit sont peuplées de ces créatures, son sommeil est léger et trop rare. Tourmenté de cauchemars. D'ordinaire, elle en aurait parlé à Anthim, mais son frère est resté muet, malgré la mésaventure survenue dans son propre palais, malgré l'horreur vécue par sa propre sœur. Alors Alméïde s'est avant tout confiée à Sitara qui a partagé ces terribles instants à ses côtés, mais quelque chose lui manque et lui déchire le cœur. Au moment même où elle aurait eu le plus besoin de ses paroles réconfortantes, de ses bras chaleureux, de son regard profond, voilà qu'elle n'ose prononcer le moindre mot en sa présence.

Les frissons finissent par avoir raison d'elle et elle retrouve la chaleur de sa chambre, éclairée par une bougie posée sur sa coiffeuse. La flamme vacillante éclaire encore la lettre à moitié dissimulée sous d'autres documents, légèrement froissée entre ses doigts, reçue le matin même sous le couvert de la guilde des médecins. Devrait-elle en parler à son frère qui lui a interdit de lui adresser la parole ? Certainement pas. Elle n'a aucun désir d'ajouter de l'huile sur le feu et de toute manière, elle n'y répondra pas. Non, il n'aura pour réponse que son silence, écho de sa profonde déception. Mais le fait est qu'elle a mal Alméïde et que les paroles cherchent par dessus tout à s'échapper, à être partagées.

Presque inconsciemment, ses doigts retrouvent la poignée d'un tiroir qu'elle ouvre pour y récupérer un objet fort précieux. Le miroir lui renvoie son reflet, plus pâle qu'à l'ordinaire, dans l'obscurité. Elle en frôle la bordure et ferme les yeux, ravivant sous ses paupières closes l'image précise de la personne à laquelle elle désire s'adresser. Une faible lueur émane alors de l'objet et lentement, son reflet est remplacé par l'image floue d'une pièce qu'elle ne parvient pas à reconnaître dans la nuit.

« Mélusine ? » La voix est douce. La voix est basse. Trop basse peut-être. Et si elle dormait ? Et si elle ne l'entendait pas ? Il est tard, peut-être devrait-elle réessayer le lendemain. Malgré tout, elle essaie une nouvelle fois. « Mélusine, tu es là ? » La voix se fait plus forte, presque suppliante. J'ai besoin de toi.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Ven 12 Aoû - 16:51


Un appel dans la nuit
Une voix dans les ténèbres
Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


Le souffle frais des nuits du désert semble porter un chuchotement immatériel jusqu’aux frontières de ma conscience endormie. J’ai plongé dans un sommeil profond, lovée entre les bras de Hiémain qui peine à s’acclimater aux journées torrides d’Erebor, mais qui aime la brise douce de nos nuits – et je dors, sereine, sans plus de cauchemars ni de tourments. Je suis bien, tout contre lui : je m’y sens en parfaite sécurité, inaccessible et protégée, et je m’abandonne au repos avec une confiance aveugle, certaine qu’il veille sur moi et qu’aucun mal ne saura m’atteindre. C’est très certainement illusoire, et sûrement tout aussi ridicule que Fantasme se plaît à le déclarer ; mais je sais bien qu’elle aime à s’étendre près de Stellaire, la coquine, et dormir elle aussi étroitement protégée, de ce sommeil étrange des dragons qui ressemble plus à un rêve éveillé.

C’est au milieu de cette plénitude née d’un profond amour enfin exaucé, qu’une petite voix timide vient se glisser dans mes rêves. Elle murmure et résonne dans le dédale de mon esprit embrumé, et tandis que je tente péniblement de chasser les vestiges du sommeil qui alourdissent mes paupières, la voix s’élève à nouveau. D’un ton presque suppliant, qui, pour le coup, me réveille bien totalement. Confuse, je m’assieds péniblement sur le matelas, repoussant délicatement le bras de Hiémain qui grommelle vaguement sans s’éveiller. La voix, c’est de ma coiffeuse qu’elle vient – du miroir plus exactement. Lançant mes jambes en avant, je me lève et me coule silencieusement sur le tabouret recouvert d’un coussin moelleux juste devant. Dans la pénombre éclairée seulement par la lueur diffuse des lunes jumelles, je reconnais les traits adorables de ma princesse du désert. Elle a le visage soucieux, ma précieuse, et un affreux sentiment m’étreint le cœur. « Attends, une seconde, ma douce. » D’un geste vif, j’attrape dans le tiroir mon miroir à main, me faufilant dans le couloir pour ne pas éveiller mon aimé, serrant l’ovale contre mon cœur. Je sais que l’image de mon amie va s’y déplacer, puisqu’elle apparaît toujours dans le miroir le plus proche de moi. Une fois sur la terrasse qui surplombe le désert, je m’enveloppe d’un voile pour réchauffer ma peau nue dans la fraîcheur nocturne, et accorde toute mon attention à ma tendre amie.

« Alméïde ? Ma douce, que se passe-t-il ? Es-tu en danger, es-tu blessée ? » On dirait qu’elle a pleuré, et ton suppliant de sa voix résonne encore à mes oreilles. Réprimant un bâillement, je me penche vers la surface polie  pour mieux scruter ses traits tirés. Qu’a-t-il bien pu se passer ? Derrière elle, je devine une architecture toute erebienne : sûrement se trouve-t-elle à Vivedune, au palais ducal, et pas à Lorgol ou en visite ailleurs. Un mal mystérieux a-t-il frappé son frère ou sa belle-sœur ? Un malheur serait-il arrivé à bébé Qasim ? Fébrilement, dans les quelques secondes qui me servent à reprendre mon souffle, je passe mentalement en revue toutes les raisons susceptibles d’expliquer ce trouble bien peu habituel chez ma tendre perle des dunes. « Mémé, dis, est-ce que tu veux que je vienne te chercher ? » Impulsivement, la proposition est sortie dans un chuchotement inquiet. Mon mage des portails est toujours à portée de ma main, et j’ai l’impression, confusément, que le trouble de ma chère amie nécessite fermement un ou deux câlins. « Je peux être là dans quelques minutes s’il le faut, ma chérie. Qu’est-ce qui ne va pas ? »


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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Sam 13 Aoû - 17:45

L'obscurité s'estompe doucement sous ses yeux, des ombres se meuvent dans la pièce que le miroir lui renvoie. Ses yeux mettent du temps à s'ajuster et bientôt, elle réalise ce qu'il se passe. Son regard se détourne, la honte l'étreint et elle se morigène intérieurement de ne pas y avoir pensé plus tôt. Quelle idiote. Bien sûr qu'elle avait toutes les chances de voir son amie en compagnie de l'homme qu'elle aime, dont elle lui parle depuis si longtemps et qui lui avait causé tant de peine, tant de chagrin. Son silence, son absence. C'est à peine si la princesse lui a adressé la parole quelques fois et pourtant, elle aura du mal à effacer cette soudaine vision de sa mémoire. Peut-être aurait-elle mieux fait de se contenter de la solitude et de la pénombre de sa chambre. Peut-être que le sommeil l'aurait gagnée plus facilement qu'elle ne le pense.

« Attends, une seconde, ma douce. » La voix de Mélusine la rassure légèrement et elle acquiesce sans savoir si elle peut la voir. Elle n'ose jeter un nouveau coup d’œil sur le miroir, préfère attendre que la voie soit dégagée. L'esprit bouillonnant de tant d'événements récents, elle dénoue avec peine le fil de ce qu'il vient de se passer et de la raison pour laquelle son cœur se serre. Seul le silence lui tient compagnie durant quelques instants, avant que son amie ne prononce à nouveau quelques mots et qu'elle pose à nouveau son regard à la surface du miroir. C'est le visage éclairé par les lunes qui apparaît devant elle, visiblement encore un peu endormi et elle regrette soudain de l'avoir réveillée ainsi. Les raisons lui semblent soudain bien risibles et elle songe à les repousser au lendemain.

« Alméïde ? Ma douce, que se passe-t-il ? Es-tu en danger, es-tu blessée ? » En danger ? Blessée ? Non, rien de tout cela et elle le lui fait comprendre d'un simple hochement de tête, sentant sa gorge se nouer légèrement, ne sachant par où commencer. Par son incroyable bêtise ? Par les mots cruels d'Anthim ? Par l'horrible illusion dont ils ont été victimes quelques jours plus tôt ? Par cette lettre dont elle ne sait que penser ?

« Mon frère ne veut plus me parler... Oh, Mélusine, j'ai été si stupide. » À peine quelques mots qu'elle parvient à prononcer et qui lui font l'effet d'avoir régressé de plusieurs années. Elle n'est alors plus qu'une enfant en proie à la tourmente d'être ainsi ignorée de son grand frère qui la boude ostensiblement. Même sa voix se fait soudain bien plus fluette que d'ordinaire et le ridicule de la situation la frappe alors que son cœur, lui, reste meurtri.

« Mémé, dis, est-ce que tu veux que je vienne te chercher ? » Comment ? Alméïde ouvre de grands yeux et ouvre la bouche sans parvenir à prononcer un mot. La chercher ? Mais n'a-t-elle pas déjà la compagnie ? Ne serait-elle pas de trop ? Elle meurt d'envie de dire oui et pourtant, elle se sentirait comme une intruse dans cette demeure qu'elle a pourtant aimé visiter dans les moindres recoins quelques semaines plus tôt. « Je peux être là dans quelques minutes s’il le faut, ma chérie. Qu’est-ce qui ne va pas ? » Elle hoche vivement la tête. « N-non c'est bon je... C'est inutile. » Son ton ne convainc personne, pas même elle-même. Elle s'assoit alors sur son lit sans relâcher le miroir, regardant son amie sans parvenir à dissimuler la détresse au fond de ses yeux.

« Je suis désolée, je ne voulais pas te réveiller, ça peut attendre demain si tu veux. » Toujours soucieuse à l'idée d'embarrasser, toujours attentive à ce que d'autres désirent. Et son amie a certainement mieux à faire que d'écouter ses plaintes ; comme de retourner dans les bras de son baron, peut-être.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Lun 15 Aoû - 22:38


Un appel dans la nuit
Une voix dans les ténèbres
Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


La détresse d’Alméïde est clairement visible, et l’inquiétude achève de me réveiller tout à fait. Que peut-il bien se passer de l’autre côté du désert ? Tendue, je scrute ses traits tirés, notant des traces de larmes, et un regard si éteint que j’en frémis. Mémé, elle est pas comme ça normalement : c’est une bulle de douceur et de bien-être, de sourires et de tranquille bonheur paisible épanoui entre les dunes, et c’est aussi pour cette quiétude solaire qu’elle m’est si chère. Qu’a-t-il bien pu se produire pour éteindre d’un coup toute sa joie de vivre ? Si quelqu’un a osé s’en prendre à elle, ma fureur n’aura aucune limite : personne ne lève la main contre mes êtres aimés, personne. Personne, y compris mon duc et souverain : les larmes de ma princesse ont un prix qu’aucun mortel n’est en mesure de payer, et mes doigts se crispent autour du bois de Vespéral qui se dessine sous ma main. Mélusine ? La voix lointaine de Fantasme résonnant parmi mes pensées hargneuses se fraie un chemin au travers de mes envies de meurtre, et je reviens à la réalité. Tout va bien. Un souci à régler, mais qui n’exige pas ta présence. Frottement d’écailles à écailles ; je perçois son mouvement ensommeillé tandis que son long cou revient se poser près du corps massif de Stellaire qui dort de ce sommeil étrange des dragons.

Bon. Focalisant ma volonté, je m’exhorte au calme – non, Mélusine, tu ne feras point irruption au palais ducal de Vivedune pour en occire le seigneur, j’ai déjà bien assez de soucis à gérer ton frère sans que tu ne te mettes aussi à vouloir faire la guerre. J’ai presque l’impression d’entendre Père… « Non, ça n’attendra pas demain. Tu as du chagrin ; et c’est quelque chose que je ne supporte pas. Ne bouge pas. » Me relevant d’un bond, je traverse mon domaine au pas de charge, miroir en main, jusqu’à l’appartement modeste mais confortable qui loge mon mage des portails, son épouse et leurs trois enfants. Toquant à la porte, j’attends qu’il vienne m’ouvrir, d’une mine ensommeillée proclamant bien que je l’ai effectivement tiré du lit. Sans perdre de temps, j’attrape le bougeoir qu’il tient à la main, et le lève pour éclairer le miroir que je plante devant son nez. « Vous voyez cette pièce, Gaspard ? Regardez bien. Vous allez m’emmener là, maintenant. »

Eberlué, le brave homme s’exécute, grave dans sa mémoire chaque détail de la pièce ; puis je le vois se concentrer. Il dort encore à moitié, mais il a l’habitude de mes lubies, et je vois l’air se troubler autour de nous tandis qu’il focalise sa volonté. Ses bras ont ces gestes élégants des mages qui savent ce qu’ils font ; et au bout de quelques instants un portail évanescent flotte au milieu du couloir. « Parfait. Vous venez avec moi : on récupère quelqu’un, et on revient. » Joignant le geste à la parole, je l’attrape par le devant de sa gandoura et l’entraîne à ma suite, débarquant sous le nez d’une Mémé peut-être un peu choquée par cette invasion soudaine. « Faites vite, mon ami : vous risquez gros si l’on vous surprend au milieu du harem d’Erebor en pleine nuit, allez. » Il n’a guère besoin d’encouragements supplémentaires, et je fais lever mon Alméïde, pour la pousser devant moi dans le portail qui flotte docilement à mi-hauteur entre son lit et la porte de la chambre.

De retour à Sinsarelle, je laisse Gaspard retourner se coucher comme si de rien n’était – l’aller-retour n’a pris que quelques instants – et je me tourne vers ma princesse, dûment chapardée dans les règles de l’art. « Maintenant que te voilà officiellement enlevée en bonne et due forme, tu vas me raconter ! » Des deux bras, je l’attire contre moi pour la bercer un instant, toujours plantées au beau milieu d’un couloir, la serrant doucement et déposant un baiser dans son cou.



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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Mar 16 Aoû - 18:49

« Non, ça n’attendra pas demain. Tu as du chagrin ; et c’est quelque chose que je ne supporte pas. Ne bouge pas. » Quoi ? Elle écarquille les yeux et aperçoit vaguement les contours mouvants de la demeure de son amie qui se déplace. Mais que fait-elle ? « Mélusine ? » D'une petite voix, elle tente d'attirer à nouveau son attention mais c'est peine perdue ; elle a une idée en tête, il sera désormais impossible de l'en déloger, même avec toute la bonne volonté du monde. Soucieuse, Alméïde observe le miroir avec attention mais n'y décèle qu'ombres et obscurité. Elle perçoit une nouvelle voix également, qui répond à son amie sans qu'elle ne puisse en distinguer exactement les paroles. Entre tourmente et inquiétude, la princesse n'a pas bougé d'un pouce, assise sur son lit, ne sachant comment réagir. Et elle n'a pas l'occasion de remettre de l'ordre dans le fil de ses pensées, car Mélusine apparaît devant elle, accompagnée d'un homme qu'elle a déjà vu à ses côtés, visiblement encore un peu endormi. Alors elle ouvre des yeux ronds, Alméïde. Interdite, elle ouvre la bouche sans pouvoir prononcer un mot et se laisse entraîner par la poigne solide de son amie, le miroir posé sur le lit derrière elle. Puis aussi rapidement, elle se retrouve dans un couloir à des kilomètres de sa chambre, de son palais. Un couloir obscur mais rendu chaleureux par la seule présence de la marquise à ses côtés.

« Maintenant que te voilà officiellement enlevée en bonne et due forme, tu vas me raconter ! » Et sans plus de cérémonie, elle se retrouve au creux de ses bras. Elle ne réfléchit pas Alméïde. Elle met de côté le fait que deux personnes viennent d'entrer dans le harem en plein milieu de la nuit sans être inquiétés, qu'ils ont emporté la princesse sans qu'aucun garde ne le remarque et que son frère serait certainement dans une rage folle s'il l'apprenait. Tout cela, elle n'y songe pas ; elle se blottit dans les bras de Mélusine, s'accrochant à ce voile qu'elle porte, le nez enfoui au creux de son cou, humant son odeur rassurante avant de laisser échapper un sanglot discret. Comme elle est soulagée, comme elle se sent apaisée dans ces bras qui la retiennent, qui la soutiennent dans la pénombre de cette nuit erebienne. Des larmes silencieuses s'écoulent le long de ses joues, se meurent sur la peau de Mélusine qui l'étreint pourtant sans broncher. Et sa seule présence semble absorber les pensées qui la tourmentent.

Combien de temps reste-t-elle ainsi prostrée ? Quelques secondes, quelques minutes. Elle n'y songe pas plus qu'au reste et finit par relever la tête, essuyant distraitement ses joues d'un revers de manche. « Je lui ai menti Mélusine. Je ne lui ai pas dit que je me rendais quelques jours à Euphoria et j'espérais pouvoir lui en parler calmement. Mais le comportement de Castiel pendant le couronnement... » Oh, Anthim se serait énervé de toute manière, elle le sait bien. Mais son mensonge aurait pu être légitime, elle aurait pu plaider sa cause et celle du duc de Sombreciel dans l'espoir d'une réconciliation future si seulement il ne s'était pas comporté ainsi. Peut-être aurait-elle pu dépeindre cet homme plein d'entrain et de passion qu'elle avait vu au sein de la capitale cielsombroise, peut-être aurait-elle pu convaincre son frère qu'il existe un infime espoir qu'ils puissent, si ce n'est s'entendre, au moins trouver un compromis qui les dissuaderait de s'insulter à chacune de leurs rencontres. Mais non, tout ça n'a servi à rien.

« J'ai menti à mon frère, à mon duc. J'ai sciemment fermé les yeux sur les conflits incessants entre nos deux duchés, j'ai décidé de lui faire confiance et j'ai été humiliée. Et maintenant, Anthim ne veut plus me parler, ni même me voir. » La gorge nouée, les mots s'échappent sans qu'elle puisse en masquer la peine et la douleur. « Il y a deux jours, des Mages de l'Automne ont imposé à tout le palais leurs plus cruelles illusions et je n'arrive plus à fermer l’œil. D'ordinaire, je serais allée voir mon frère mais là... » C'est impossible. Son duc lui a demandé – non, ordonné – de ne plus aller le voir et, docile, elle obéit sans mot dire, espérant plus que tout regagner la confiance de celui qui lui a tout donné – et qui serait bien capable de tout lui reprendre. Elle a bien discuté avec Sitara des horreurs qui se dessinent sur ses paupières closes, mais la duchesse a déjà fort à faire et n'a certainement pas plus envie qu'elle de revivre les derniers événements. « Je ne sais pas comment rattraper mon erreur Mélusine. » Sa voix se brise sur ces derniers mots et elle retient à grande peine les larmes qui menacent à nouveau de couler. Comme elle a été stupide !

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Jeu 25 Aoû - 19:14


Un appel dans la nuit
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Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


Elle pleure.
Elle pleure, ma princesse, et une folle inquiétude étreint mon cœur. Je trouverai le responsable de ces larmes, je le trouverai oui : et je lui ferai payer chaque sanglot. Sans rien dire, je la serre contre moi, la berçant doucement, blottie entre mes bras. Pauvre mignonne ; elle s’accroche à moi comme un oiseau en pleine tempête, et tremble comme une feuille. Pauvre Alméïde ! Son chagrin m’émeut, et je me sens terriblement démunie face à sa détresse. Seul le son de ses pleurs rompt le silence, et je caresse doucement ses cheveux pour l’apaiser. Je suis là, ma douce : je suis là, tu es en sécurité, je vais prendre soin de toi.

Ses sanglots finissent par se calmer quelque peu, et elle relève la tête, essuyant ses joues du revers de sa manche. Et lorsqu’elle parle, j’identifie immédiatement le responsable. Castiel. C’est de sa faute, évidemment, si la colère d’Anthim a été suscitée : s’il n’avait pas tenté de charmer Mémé en l’attirant loin de chez elle, la leurrant de belles paroles et d’esbroufe cielsombroise, lui lançant mille apparences et faux-semblants au visage pour mieux lui tourner la tête, le duc d’Erebor n’aurait eu motif à se plaindre de sa sœur. Maudit Castiel – cessera-t-il donc un jour de tout détruire autour de lui par son égoïsme ? Quand réalisera-t-il vraiment à quel point il est néfaste pour ceux qui ont le malheur de trop s’approcher ? Je lui avais donné mon affection et ma tendresse, je l’ai élevé comme un frère, et il bafoué ma confiance en piétinant mon inquiétude, crachant sur les sacrifices que nous avions dû consentir pour le soigner. Et voilà qu’il provoque le chaos dans la vie de ma douce amie ; voilà qu’il empoisonne Alméïde avec son attitude puérile. Père, qu’avons-nous donc raté ? Furieuse, je ravale ma colère : ma tendre princesse a besoin avant tout de douceur et de câlins. J’irai casser quelques meubles laids plus tard.

La voix d’Alméïde se brise, et je la reprends contre moi, la câlinant avec toute ma tendresse, frustrée de ne pouvoir faire plus. « Anthim t’est fort attaché, ma précieuse, depuis bien longtemps ; je le sais, car il me parlait de toi, parfois. » Lorsque je partageais ses draps, à cette lointaine époque d’avant mes vingt ans. « Je pense qu’il sait sûrement ce qu’il en est vraiment : que tu n’as jamais eu de souhait de lui nuire, et que tu n’avais que de bonnes intentions. Je pense que son caractère l’a emporté et que ses mots ont dépassé sa pensée. Je pense aussi qu’il est plus simple pour lui d’être en colère contre toi, plutôt que de se pencher vraiment sur la question… » Je dépose un baiser chaleureux sur son front. « Viens, ma douce, ne restons pas là en plein passage. »

C’est vers les appartements des invités que je dirige nos pas, menant la marche avec Mémé étroitement serrée contre moi, tant je refuse de la lâcher. En chemin, je demande qu’on nous y fasse porter quelques-unes de ces pâtisseries succulentes dont je raffole, et du thé apaisant pour calmer les nerfs à vif de ma chère amie. Arrivées à destination, je m’affale dans un nid de coussins sur le lit immense, et attire fermement ma princesse contre moi, la calant contre mon épaule, sa tête contre la mienne. « Et maintenant, raconte-moi. Que s’est-il passé au palais, qui t’a si fort terrifiée ? »



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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Dim 28 Aoû - 18:47

Enfin, Alméïde se laisse aller. Dans les bras de Mélusine, elle se sait complètement en sécurité, tout naturellement, sans avoir à y réfléchir. Elle a en elle une confiance absolue et, blottie contre son corps, elle se permet enfin de lâcher prise. Il n'est pourtant pas dans ses habitudes de perdre ainsi son sang-froid, à la princesse du désert si douce, si calme, si posée. Elle prend si souvent sur elle, amasse le poids des responsabilités sur les épaules et pourtant, cette fois, elle n'arrive pas. Elle a été si déçue et elle culpabilise tant que, même si les anges n'apparaissaient pas sous ses yeux à chaque fois qu'elle les fermait, elle aurait bien du mal à dormir. Quelle naïveté, quelle stupidité ! Tant d'histoires pour un fol espoir et un mensonge tout sauf judicieux. Elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même pour l'humiliation qu'elle a subi et la colère dont elle est désormais l'objet. Et le pire, dans tout cela, c'est qu'elle ne peut même pas à en parler à son frère à qui elle se serait confiée depuis bien longtemps s'il n'était pas le principal concerné dans ce chagrin qui semble insurmontable.

« Anthim t’est fort attaché, ma précieuse, depuis bien longtemps ; je le sais, car il me parlait de toi, parfois. » À nouveau blottie contre sa tendre amie, elle retient d'autres larmes qui menacent de couler à ces quelques mots. Bien sûr que leur lien est des plus solides, elle le sait. Ou du moins, elle croyait le savoir. Elle doute Alméïde, car elle est consciente de l'avoir blessé, elle-même tourmentée par sa peine et sa déception, l'esprit bien trop troublé pour s'apercevoir que ce n'est probablement que passager. Elle se sent si démunie et elle s'accroche à Mélusine comme à une lueur dans la nuit noire. Ses mots semblent pourtant l'apaiser. Un tout petit peu. Juste assez pour que les sanglots se meurent dans sa gorge nouée et qu'elle parvienne à se redresser sans avoir besoin d'un quelconque soutien.

« Viens, ma douce, ne restons pas là en plein passage. » Elle acquiesce en silence et elle suit le mouvement dans la pénombre. Automate entre les doigts de la marquise, ses pas se rythment sur les siens. Elle se laisse guider en silence, sans vraiment prendre conscience de ce qui l'entoure et des personnes à qui elle s'adresse au cœur de la nuit. Sans un mot, elle grimpe sur le lit à la suite de Mélusine et se presse tout contre elle, rassurée par la chaleur de son corps, par la tendresse de son étreinte. C'est à peine si elle reconnaît la chambre dans laquelle elle a dormi lors de son séjour précédent ; il semble qu'une éternité s'est écoulée depuis, tant il s'est passé de choses.

« Et maintenant, raconte-moi. Que s’est-il passé au palais, qui t’a si fort terrifiée ? » Alméïde prend une grande respiration et elle raconte. Sa langue se délie, elle rappelle à sa mémoire l'arrivée soudaine d'un voltigeur et d'un guerrier blessé, seul survivant d'une caravane apportant un présent pour Anthim. Elle raconte l'inquiétude et la surprise. Elle raconte l'angoisse et la panique. Elle revoit les lumières qui s'éteignent, la silhouette de pierre qui s'extrait de la caisse de bois, la course poursuite à travers le palais vidé de toute présence, la concubine de pierre et le contact glacé de la statue, sur sa peau. Quand elle en arrive à cet instant de son récit, elle frissonne des pieds à la tête ; la sensation de son corps qui se glace et se mue peu à peu en pierre à son tour n'est que trop présente dans son esprit et son cœur semble manquer un battement. À aucun moment, elle n'a changé de position, blottie contre Mélusine dans la semi-obscurité.

« Ce n'était qu'une illusion, provoquée par des mages de l'Automne, mais j'ai eu si peur. Et le mot qu'ils ont laissé sonnait comme une menace... Oh, Mélusine, et s'ils revenaient s'attaquer à Anthim ? À Sitara et à Qasim ? À toutes mes nièces... ? » Elle tremble, Alméïde. Elle tremble et elle imagine déjà les pires scénarios se produire dans son esprit. Elle ne veut pas les perdre. Elle ne peut pas. C'est au-dessus de ses forces. Ses doigts se mêlent aux siens, s'y accrochent éperdument et c'est d'une toute petite voix qu'elle reprend : « Je suis tellement désolée de t'embêter avec tout ça Mélusine. En plus tu... tu n'es pas seule, je... Pardonne-moi. » Elle voudrait lui dire de retourner auprès de son baron, de la laisser se calmer seule, que ça finirait par passer. Mais elle a soudain envie d'être égoïste. Voler à la nuit quelques minutes, peut-être quelques heures auprès de son amie si chère à son cœur. Rien qu'un peu. Rien que cette fois. Rien qu'un instant.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Ven 2 Sep - 10:32


Un appel dans la nuit
Une voix dans les ténèbres
Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


Elle tremble, ma princesse, elle tremble si fort contre moi ; et je perçois l’intensité de la frayeur qu’elle a dû ressentir. J’ai entendu parler de ces étranges attaques qui ont eu lieu sur tout le continent, même si aucune n’a eu lieu ici à Sinsarelle. Je me suis demandé ce que les mages attendaient exactement : quel poids pourrait avoir Ibélène sur une décision essentiellement faë ? C’est Père qui m’a expliqué en détail les tenants et aboutissements du traité de paix qui maintient la trêve avec Faërie depuis mille ans, et la place centrale qu’y tiennent les magies bannies parmi lesquelles figure la magie du Sang… Sans mot dire, je resserre ma prise sur Alméïde, tentant de combattre sa peur avec un peu de chaleur. Pauvrette – elle semble proprement terrorisée, et j’en veux à ces mages égoïstes de l’avoir tant choquée. Elle me parle de la pierre contre sa peau, d’avoir eu l’impression de devenir pierre elle-même, et j’en frémis à mon tour, déposant quelques baisers sur sa tempe pour la rassurer tout autant que pour m’assurer qu’elle est bien toujours de chair et de sang contre moi. Chère, chère Alméïde – ils me l’ont tant traumatisée !

« Ils avaient un message à faire passer, ils n’ont pas de raison de s’en prendre à vous à nouveau. Et je pense que ton frère aura pris toutes les précautions nécessaires pour veiller à la sécurité de ses épouses et de ses enfants, ma douce. » Passons sous silence le fait que j’ai pu m’introduire au cœur du harem au plus noir de la nuit sans que personne n’en sache rien. « Elles ne risquent rien, tes nièces, ma douce ; et je pense que Sitara ne doit pas laisser Qasim sortir de son champ de vision. Tout le monde est en sécurité ; et ici, personne ne s’en prendra à toi. »

Il faudra me passer sur le corps ; et je sens Vespéral chuchoter au bout de mes doigts. Pas encore, pas déjà, pour le moment personne ne cherche à nous agresser, mais peut-être plus tard, mon ténébreux ami. Pour le moment, l’urgence, c’est la détresse d’Alméïde, et je me focalise sur elle, la berçant doucement contre moi dans la pénombre. « Tu ne m’embêtes pas, ma précieuse, tu le sais ; si je suis venue te chercher, c’est parce que j’en avais envie. » Parce que tu m’es si chère, ô douce Alméïde, que le simple fantôme d’une larme sur ta joue m’est insupportable. Tendrement, je caresse ses cheveux, du bout des doigts, délicatement. « Hiémain peut bien se passer de moi une nuit ; il te sait chère à mon cœur et comprendra sûrement que je tienne à te garder près de moi jusqu'au matin. » Chassant pour elle les démons qui hantent l’obscurité, pour qu’elle trouve un peu de repos et puisse arpenter sans danger cette étrange contrée du sommeil où l’esprit noue et délie tout autant rêves que cauchemars. Que Trelor lui tisse d’agréables songes – qu’elle puisse trouver un peu de sérénité dans ce monde où personne ne peut la suivre. « Dors un peu, ma princesse – je reste là, avec toi. A moins que tu ne préfères revenir avec moi dans mon lit ? Il y a bien de la place pour trois, tu sais. »



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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Mer 7 Sep - 20:57

Elle se sent mieux, maintenant qu'elle a tout raconté. Il lui semble qu'un poids s'est retiré de ses épaules, au moins partiellement, alors que sa peine et ses craintes se déversaient en son amie qui l'a sagement écoutée, réceptacle de sa détresse. Alméïde reste blottie au creux de ses bras comme une enfant qui chercherait un peu de réconfort mais ses larmes cessent de couler et elle parvient à s'apaiser, au moins un peu, au moins quelques instants.

« Ils avaient un message à faire passer, ils n’ont pas de raison de s’en prendre à vous à nouveau. Et je pense que ton frère aura pris toutes les précautions nécessaires pour veiller à la sécurité de ses épouses et de ses enfants, ma douce. » Elle acquiesce doucement à l'écoute de ces paroles rassurantes et elle tente de se raccrocher au mieux à cette idée. Ils ont fait passer leur message, oui. Mais n'ont-ils pas dit que ce n'était qu'un aperçu de ce qu'ils étaient capables de faire ? Qu'ils demandaient leur soutien plein et entier, comme une menace, une épée qui se balance au-dessus de leur tête ? Elle réprime un frisson, la princesse, à la seule idée que des mages puissent revenir et faire de ses proches un exemple afin de mieux se faire entendre. « Elles ne risquent rien, tes nièces, ma douce ; et je pense que Sitara ne doit pas laisser Qasim sortir de son champ de vision. Tout le monde est en sécurité ; et ici, personne ne s’en prendra à toi. » Ses doigts s'accrochent plus fermement aux siens mais elle ne dit mot, de peur que sa voix ne se brise sous l'émotion et qu'elle perde à nouveau le semblant de calme qu'elle est parvenue à retrouver. Elle a du mal à se tranquilliser totalement. Pour elle, le danger est encore bien réel, bien présent. Et il hante son esprit dès qu'elle baisse sa garde. L'inquiétude se fait un nid en son cœur et elle peine à la chasser véritablement ; peut-être qu'une bonne nuit de sommeil sera suffisante.

« Tu ne m’embêtes pas, ma précieuse, tu le sais ; si je suis venue te chercher, c’est parce que j’en avais envie. » Malgré tout, ces quelques mots font naître un mince sourire sur ses lèvres et adoucit les maux qui tiraillent son cœur. Peut-être aurait-elle dû attendre que le jour se lève pour la contacter mais elle est heureuse que Mélusine ait répondu si promptement à son appel, à sa détresse. Elle avait tant besoin de parler à quelqu'un et le visage de son amie s'est imposé naturellement à elle, comme une évidence. Elle savait qu'elle serait entendue et elle ne s'est pas trompée. « Hiémain peut bien se passer de moi une nuit ; il te sait chère à mon cœur et comprendra sûrement que je tienne à te garder près de moi jusqu'au matin. » Elle hoche doucement la tête sans dire un mot, surprise par ces mots. Que sait-il exactement ? Que lui a-t-elle dit ? Ne préfère-t-elle pas réellement retourner dans ses bras plutôt que de rester auprès d'une princesse de rien ? D'une vulgaire bâtarde ? Les mots d'Anthim restent profondément gravés en elle et Alméïde tremble de ne pouvoir lui adresser à nouveau la parole.

« Dors un peu, ma princesse – je reste là, avec toi. A moins que tu ne préfères revenir avec moi dans mon lit ? Il y a bien de la place pour trois, tu sais. » « P-pardon... ? » demande-t-elle d'une petite voix. Serait-elle sérieuse ? Elle songe alors à l'image apparue à la surface du miroir lorsqu'elle a contacté Mélusine et la seule idée d'aller jusqu'à la chambre la met profondément mal à l'aise. « Je ne préfère pas non. Je... je suis très bien ici. » ajoute-t-elle d'une voix un peu plus ferme malgré les quelques tremblements qui la font encore vibrer par instants. Lentement, elle se redresse, se détache à peine du corps de son amie pour s'emparer d'une tasse de thé déposée là à son intention. Elle sent les doux effluves d'épices et s'appuie contre les coussins pour en boire une gorgée, repliant ses jambes contre elle, jetant un regard à son amie dans l'obscurité. « Il faudra que tu me ramènes demain matin. Je ne veux pas qu'ils s'inquiètent de me voir absente... » Son frère s'inquiéterait-il réellement après tout cela ? Au fond, elle voudrait se convaincre que rien n'a changé mais elle doute, la princesse, elle appréhende. Elle préférerait rester auprès de sa tendre amie, mais elle se sent alors comme une intruse, s'immisçant dans quelque chose qui ne la regarde pas.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Ven 21 Oct - 1:26


Un appel dans la nuit
Une voix dans les ténèbres
Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


Elle semble gênée soudain, par l’évocation inattendue du nom de Hiémain, et mille questions sans réponse s’esquissent au fond de mon esprit. Elle l’a bien vu, pourtant, lorsqu’elle m’a contactée, non ? Elle sait, que je suis allée le chercher sur ses terres au cœur du royaume des glaces. Elle sait que je vais l’épouser, non ? … Non ? Je ne lui ai peut-être pas dit, dans le tourbillon de l’euphorie, et les événements glaçants du couronnement faë. J’ai peut-être oublié certains détails effectivement, emportée dans mon dégoût de Castiel, et Alméïde ignore encore à quel point mon existence va changer.

J’attends qu’elle avale sa tasse de thé, termine la mienne, puis je la reprends contre moi, la câlinant avec application, déposant quelques baisers affectueux sur ses tempes, la berçant doucement. « Je te ramènerai au palais demain, oui, personne ne saura que tu étais partie. Cette nuit, ma douce – je te garde avec moi. » Elle finit par s’endormir contre moi, ma pauvre princesse éplorée, et l’observe dormir, un pincement au cœur. Elle est si douce et délicate, mon Alméïde : si tendre, si généreuse, tant digne d’être aimée. Du bout des doigts, je caresse sa joue encore humide de larmes – je prie Joseï, Isil et Valda de te prendre sous leur aile bienveillance, mon aimée, pour que tu trouves enfin ce bonheur que tu as su mériter. Tendrement, je dépose un baiser léger sur son front chargé de soucis – un autre sur ses lèvres, si douces – et je la laisse un instant, pour passer la tête dans le couloir et demander qu’on apporte un chandelier et l’un de mes ouvrages préférés. Je n’ai pas du tout sommeil, et la nausée légère qui me barbouille m’empêcherait de m’endormir de toute manière, après toute cette agitation !

Je ne sais pas si je l’ai réveillée en allant et venant dans la chambre, tâchant de distraire mon estomac rebelle en arpentant les dalles de grès, ou si j’ai fait rentrer un air plus frais en écartant les voilages pour sortir sur le balcon ; toujours est-il qu’elle me rejoint un peu avant le l’aube, alors que je suis penchée par-dessus la balustrade, victime d’une nouvelle nausée qui fait poindre une sueur froide sur mes tempes. Je me sens comme fiévreuse, fatiguée brusquement, et je passe une main qui se veut désinvolte sur mon front. Je joue les désinvoltes, avec un sourire en coin : « Je pense que j’ai trop forcé sur les pâtisseries, ma douce – il faut bien dire que le miel des montagnes a un goût irrésistible ! »

J’ai un peu honte d’avoir été prise la main dans le sac, en pleine crise de foie ; mais bon, elle connaît ma gourmandise depuis des années, et même si je n’ai jamais été malade auparavant, j’imagine que je suis moins résistante que dans ma prime jeunesse. Je l’enlace tendrement, pose un instant la tête sur son épaule. « Pardonne-moi de t’avoir réveillée – tu as encore du temps avant l’aube, repose-toi. »



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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Sam 22 Oct - 17:05

« Je te ramènerai au palais demain, oui, personne ne saura que tu étais partie. Cette nuit, ma douce – je te garde avec moi. » C'est un sourire empli de gratitude qu'elle adresse à sa tendre amie. Ses yeux rougis par les larmes sont brillants d'une émotion intense et tout son corps semble se détendre à la simple pensée que Mélusine veillera sur elle cette nuit. Sa simple présence, son simple contact, voilà qui suffira amplement à chasser les cauchemars, du moins elle l'espère sincèrement. Alors quand elle termine son thé et que son amie la serre dans ses bras, Alméïde se laisse aller contre elle, se blottissant au creux de son cou, apaisée par le parfum discret de la marquise, si familier, si rassurant. Ses yeux se ferment et son esprit redevient léger sous les baisers, bercé par ses gestes délicats. Autant d'attentions qui l'enveloppent d'un cocon protecteur, idéal pour y accueillir le voile du sommeil et les rêves que Trelor y tissera. Elle ne sait pas réellement à quel moment elle a sombré ainsi dans l'inconscience, mais elle se retrouve bientôt immobile, la respiration profonde, dans les draps de soie. Les derniers événements l'ont tant touchée, l'image des anges l'ont tant hantée, qu'elle avait besoin de ce repos qu'elle touche enfin du bout des doigts. C'est à peine si les souvenirs de ces statues de pierre remontent à la surface durant la nuit, c'est à peine si son cœur souffre d'avoir songé à son frère ou au comportement de Castiel, à sa lettre dont elle ne sait quoi penser. Une fois endormie, elle demeure immobile, paisible, détendue.

Elle ne sait pas trop ce qui finit par la réveiller. Entre éveil et sommeil, à un moment de la nuit où l'esprit vogue entre deux mondes, une agitation discrète se fait entendre autour d'elle. Une brise caresse son visage, un son l'interpelle. Ses yeux s'ouvrent doucement, un à un. Elle cligne à plusieurs reprises, encore enfoncée dans le nuage épais de ses rêves qui, déjà, lui échappent. Elle met quelques secondes à se rappeler où elle se trouve, la princesse, puis elle remue dans le lit jusqu'à se retourner du côté du balcon dont la porte est ouverte.

Sortant discrètement du lit, elle avance jusqu'aux voiles qu'elle repousse d'un geste, apercevant Mélusine appuyée contre la balustrade. Dans le ciel, les étoiles adressent encore quelques clins d’œil timide alors que l'horizon laisse place aux premières lueurs de l'aube. L'air est encore frais et Alméïde frissonne légèrement en s'approchant, laissant échapper une bâillement qui se veut discret.

« Mélusine, tout va bien ? » demande-t-elle avec douceur en la rejoignant. « Je pense que j’ai trop forcé sur les pâtisseries, ma douce – il faut bien dire que le miel des montagnes a un goût irrésistible ! » Un sourire compatissant paraît sur ses lèvres et elle entoure son amie de ses bras lorsque celle-ci l'enlace avec tendresse. « Pardonne-moi de t’avoir réveillée – tu as encore du temps avant l’aube, repose-toi. » Ses mains caressent son dos avec douceur et sa voix n'est pas plus élevée qu'un murmure quand elle lui répond. « Ne t'en fais pas, j'ai assez dormi. Je préfère encore rester à tes côtés. » Elle reste encore ainsi, de nombreuses secondes, la serrant contre son cœur avant de prendre un peu de recul afin de l'examiner dans les faibles lueurs de l'aube et des lunes jumelles encore présentes. Elle semble bien pâle, sa Mélusine, et son front est recouvert d'une fine pellicule de sueur. De ses mains, Alméïde effleure son visage qu'elle examine alors de l’œil du médecin en plus de celui de l'amie. C'est peut-être l'abus de miel, mais la princesse régit le harem depuis assez longtemps pour qu'un doute la taraude. « Tu devrais t'asseoir un peu. Je peux aller te chercher une chaise si tu veux. » Ainsi, elle pourrait continuer à profiter de l'air frais en ces dernières heures de la nuit. « Tu es sûre que c'est les pâtisseries ? C'est la première fois que ça t'arrive ? » demande-t-elle d'un ton doux, prenant sa main dans la sienne. Peut-être pourrait-elle demander à lui faire apporter une tisane, peut-être a-t-elle trop l'habitude de vivre auprès de concubines pour être complètement objective sur l'idée qui a germé dans son esprit. Ou peut-être que la vie de son amie est sur le point de prendre un nouveau tournant.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Sam 12 Nov - 12:43


Un appel dans la nuit
Une voix dans les ténèbres
Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


J’aime qu’elle s’occupe de moi, ma princesse aux mains si douces. Une part de moi se réjouit égoïstement de la voir s’inquiéter pour moi – c’est preuve qu’elle tient un peu à moi, pas vrai ? Chère, si chère Alméïde. Je profite de son étreinte tant qu’elle dure, déposant un baiser scandaleux au creux de son cou, laissant mes mains profiter de la courbe de ses hanches. Un jour, peut-être changera-t-elle d’avis ? Je saurai attendre patiemment d’ici là. Dans ma vie, il n’y aura jamais qu’un seul homme, celui qui dort dans l’autre aile du bâtiment ; et ma princesse des dunes sera la seule femme. Je profite de ces moments de paix, où il n’y a qu’elle et moi ; des moments calmes, sans tempête ni nul tourment, juste à baigner dans sa présence pleine de sollicitude et d’affection.

Obéissante – une fois n’est pas coutume – je la laisse m’asseoir sur la chaise agrémentée d’un douillet coussin qu’elle ramène de la chambre, passant la main sur mon front nimbé d’une légère sueur. « Je pense que c’est à cause des sucreries, oui, ma douce, j’en abuse un peu depuis notre arrivée… » J’ai l’air un peu coupable, sûrement ; me voilà prise comme une gamine en faute, mais je n’ai pas honte de ma gourmandise. Pourquoi en avoir honte, de toute manière ? Ces pâtisseries sont réputées pour leur saveur et je ne fais, après tout, que rendre honneur à la compétence de mes serviteurs, n’est-ce pas ? Quoi qu’il en soit, je tâche de répondre de mon mieux à ses questions. Ses qualifications de médecin sont fort bienvenues dans de telles situations, et j’ai toute confiance en ses compétences. « Ce n’est pas la première fois, non, ça fait quelques jours que je me sens un peu barbouillée – mais je n’arrive pas à me priver de sucreries. Je suis irrécupérable, n’est-ce pas ? » Je conclus mon aveu d’un petit rire gêné, comme si elle m’avait surprise avec les doigts pleins de miel, occupée à me gaver de pâtisseries outrageusement sucrées. « A chaque fois je me dis que je vais arrêter de m’empiffrer avant d’aller dormir, et à chaque fois, bon… » Je hausse les épaules avec malice. « Il faut croire que je suis trop faible pour me contrôler ! » Heureusement, je ne m’empâte pas excessivement, juste un peu – rondeurs que je perds rapidement une fois de retour à Lorgol.

Quelle idée aussi de vivre au duché du sucre, hein, quand on est aussi gourmande que moi ! J’affiche un petit air faussement boudeur sous le regard inquisiteur de mon amie, cherchant à la faire rire – mais rien à faire, quand elle est prise dans son diagnostic médical, sa concentration est absolue. Elle a toujours ma main dans la sienne, et je réponds docilement à ses questions. Son insistance finit quand même par m’inquiéter un peu, même si elle ne s’est pas départie de son ton doux et apaisant. Je me sens bien, pourtant, à part cette vague nausée qui m’indispose. « C’est juste une petite indigestion, ma douce, n’est-ce pas ? » … N’est-ce pas ?




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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Mer 16 Nov - 17:27

« Je pense que c’est à cause des sucreries, oui, ma douce, j’en abuse un peu depuis notre arrivée… » Oh comme elle est mignonne sa chère Mélusine, d'habitude si assurée, affichant désormais une moue un peu coupable, un peu gênée. Gourmande qui ne s'en cache pas, profitant de ce qui se trouve à portée de ses doigts. Elle ne peut la contredire à ce sujet ; ces sucreries sont de réels délices et elle doit bien avouer avoir du mal à s'en passer elle aussi lorsqu'elle quitte les terres d'Erebor, si chères à son cœur. Elle se rappelle avec clarté des après-midi à se faufiler dans les cuisines en compagnie d'Anthim afin d'y dérober quelques pâtisseries qu'ils dévoraient, dissimulés dans les jardins du palais ou dans la chambre du jeune prince. Oh, comme ils se faisaient gronder lorsqu'ils se faisaient prendre, mais ça ne les empêchait pas de recommencer pour autant. Des souvenirs qui ornent ses lèvres d'un sourire plein de nostalgie mais qui ne la fait pas oublier le malaise de son amie.

Une fois Mélusine confortablement installée, elle repose délicatement ses doigts sur son front, caressant distraitement sa peau perlée de sueur en la questionnant comme le médecin et l'amie qu'elle est. « Ce n’est pas la première fois, non, ça fait quelques jours que je me sens un peu barbouillée – mais je n’arrive pas à me priver de sucreries. Je suis irrécupérable, n’est-ce pas ? » « Un peu. » répond-elle, complice, se retenant à grand peine de rire devant son air coupable. « A chaque fois je me dis que je vais arrêter de m’empiffrer avant d’aller dormir, et à chaque fois, bon…Il faut croire que je suis trop faible pour me contrôler ! » Elle rit doucement la princesse mais elle ne veut pas s'arrêter à cette explication. Ce n'est pas la première fois après tout, n'est-ce pas ? Alors elle lui pose quelques questions, certaines anodines, d'autres plus précises. Elle lui demande de décrire tout à fait comment elle se sent. Peut-être est-elle trop insistante ? Mais Alméïde s'inquiète de son état et veut uniquement s'assurer qu'il ne s'agit de rien de grave.

« C’est juste une petite indigestion, ma douce, n’est-ce pas ? » Hm. Pas cette fois, ma chère, ma tendre amie. « As-tu du retard ce mois-ci, Mélusine ? » demande-t-elle enfin. Et devant le regard de la marquise qui passe lentement de la réflexion à l'étonnement, son intuition devient assurance. Elle secoue doucement la tête, serrant sa main un peu plus fermement dans la sienne. « Ce n'est pas une indigestion, tu es... tu es simplement enceinte. » Elle s'est occupée de bien assez de concubines pour être certaines de son diagnostic, ça ne fait aucun doute pour elle. Mais le dire à haute voix semble la troubler, sans qu'elle ne comprenne vraiment pourquoi. Son sourire est tendre, sincère pourtant, et elle ajoute : « Félicitations Mélusine, tu vas être maman. » Et sans rien ajouter, elle la serre avec douceur entre ses bras. Mélusine maman. Voilà une nouvelle à laquelle elle ne s'attendait pas.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Mar 27 Déc - 17:40


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Une voix dans les ténèbres
Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


Docilement, je laisse Alméïde procéder à son auscultation. J’ai appris il y a déjà un moment qu’elle peut être redoutable si l’on interrompt son examen – elle est fortement dévouée à sa profession, et je dois bien l’admettre : j’aime qu’elle s’occupe de moi. Être, pour quelques minutes seulement, le seul objet de son attention… Paisible, je la laisse poursuivre ses observations, et réponds docilement à ses questions, jusqu’à ce que l’une d’elles ne me sorte brutalement de ma rêverie. Du retard ? Du… du retard. Une moue pensive remplace mon air serein, et de ma main libre je compte sur mes doigts, égrenant les jours depuis… depuis… longtemps… ? « Début juin… ? » J’ai murmuré, à mi-voix ; juste pour moi ; et je recompte, machinalement, comme si le résultat pouvait être différent, tapotant ma cuisse de mes cinq doigts au fur et à mesure que je fais défiler les jours. La surprise m’en a coupé le sifflet, et le soupçon qui commence à poindre dans mon esprit se voit confirmé par la voix douce de ma tendre princesse.

Enceinte. Je suis… « simplement » enceinte ? Tout simplement ? Mais non - non, cela n’a rien d’évident, ô Mirta ! En plus de quinze ans d’aventures, de draps froissés, de plaisirs partagés, d’amants passagers et d’amis réguliers, jamais, jamais telle situation ne s’était présentée. Je suis enceinte, par les jupons sacrés de Maari ! Moi, Mélusine de Séverac, enfant terrible, Voleuse patentée, Fou Noir par-dessus le marché - je suis enceinte. Vaguement, je perçois la joie sincère de Rhéa, et l’intérêt subit de Fantasme qui relève le cou au-dessus des dunes au loin. Un œuf ? Pour de vrai ? Tu vas couver, petite ? Un rire nerveux m’échappe à cette idée, et je laisse Rhéa expliquer à notre dragonne évaporée que le processus diffère un peu pour les humains. Le choc m’a coupé le souffle, et je me laisse faire comme une poupée de chiffon lorsqu’Alméïde me félicite. Enceinte. Pas tous les dieux du Panthéon – enceinte. Moi. Moi, Mélusine. L’indépendante, la farouche, la forcenée éprise de liberté, l’insolente, la provocante, la rebelle Mélusine – enceinte. Moi ! L’inconsciente, la capricieuse, l’insupportable, la rétive, la frondeuse – enceinte…

Un sentiment qui ressemble à de la panique commence à s’insinuer dans mes veines, et je lutte pour reprendre ma respiration. Moi, enceinte ? Avec un enfant ? Un petit être, si vulnérable, si fragile ? En suis-je seulement digne ? Est-ce que je le mérite vraiment ? Je ne me suis jamais imaginée avec un enfant auparavant. Même petite, quand Mélisende et moi jouions aux grandes dames, à nous imaginer adultes : elle était celle avec une famille de bambins, pas moi. Mon souffle s’accélère, plus rapide, plus saccadé, et je commence à me sentir mal d’hyperventiler. Je sens les bras de ma douce amie autour de moi, le contact de ses cheveux contre ma peau, son odeur ; et la tête commence à me tourner. La pièce aussi, d’ailleurs : dans un merveilleux camaïeu de couleurs floues, les formes se dissolvent à la lisière de mon champ de vision. Voilà un jour de grandes premières : ma première grossesse, ma première crise de panique. Et sûrement la première fois que je m’évanouis d’émotion, dans les bras de ma pauvre princesse désemparée.




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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Jeu 29 Déc - 1:11

Oh comme tu fulmines en cette belle matinée Joséphine. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant. L’aube pointait juste le bout de son nez quand tu es sortie de ta chambre, et comme tu le fais tous les matins, tu es allée jeter un œil dans celle de ta Mélusine. Mais la seule personne que tu as vue, endormie encore dans les bras de Niobé, c’est Hiémain. Pas ta douce amie. Alors tu as supposé à juste titre qu’elle devait être allée prendre l’air, comme ça lui arrive en ce moment vue ses nausées et son indigestion qui refuse de passer. Tu veux juste lui venir en aide, la câliner et la réconforter quand ça ne va pas fort. Mais tu n’as rien pu faire d’autre qu’hurler ta frustration en silence quand tu as vu, dans le lit de la chambre d’ami, cette misérable sorcière erebienne qui se fait appeler princesse. Oh comme elle t’insupporte, comme elle te paraît détestable ! Et elle est là, endormie aux côtés de TA Mélusine, dans SES bras même, profitant d’une étreinte que tu aurais du lui donner. C’est à pas de loup que tu es sortie de la pièce pour retourner dans ta chambre, balançant avec minutie et précision nombre de tes possessions les moins lourdes et les moins bruyantes qui iraient recouvrir le sol sous ta colère incontrôlée. C’est Mélusine qui t’a apprit à extérioriser de la sorte. Tu ne peux point crier ni hurler, mais ce n’est pas l’envie qui t’en manque. Hélas, ta douce amie n’est guère loin, dans cette chambre où elle ne devrait PAS être et elle pourrait être éveillée par ta rage.

Tu patientes difficilement, jusqu’à ce qu’il te semble entendre les serviteurs s’afférer. La maitresse de maison doit être debout – et sa compagne détestable aussi certainement. La tentation de les ignorer est forte, car l’espace d’une seconde, tu en veux à Mélusine de préférer cette infame erebienne à ta personne. Mais elle reste ta Mélusine, ton adorable Mélusine. Alors bien vite tu cèdes, même si tu gardes cette moue un peu énervée sur le visage. Fort bien, tu ferais preuve de retenue et sympathie en la présence de cette… Alméïde ! Aussi envisages-tu de préparer un petit plateau avec des collations pour le petit déjeuner, avec ces douces pâtisseries que ta Mélusine raffole. Juste assez pour lui faire plaisir et pas trop pour éviter de la rendre un peu plus malade.

Plateau dans les mains, tu avances méthodiquement vers le balcon où elles sont toutes deux installées. Mais quand tu aperçois de loin dans l’ouverture de la fenêtre ta Mélusine chuter dans les bras de la pseudo princesse, ton sang ne fait qu’un tour. Dans un fracas assourdissant de verre qui se brisent et d’ustensiles qui choient au sol, tu accours vers ta maitresse en hurlant.

« MELUSINE ! » Et à ses côtés, tu la prends dans tes bras, déversant toute ta colère sur la responsable de ce massacre. « Sorcière ! Regardez ce que vous lui avez fait ! Elle ne s’est jamais évanouie comme ça avant ! Qu’avez-vous fait ? Qu’avez-vous dit ?! Vous devriez avoir honte de ne point l’avoir rattrapé ! Comment pouvez-vous vous prétendre son amie en la mettant dans un tel état ! Allez ! Allez chercher le baron, il doit savoir de quelle manière vous traitez notre pauvre Mélusine ! »

Oh comme tu aimerais en dire plus, comme tu aimerais hurler encore, verser ton fiel avec toute la haine de ton cœur, née d’une certaine jalousie. Oh qu’elle parte cette vile erebienne, qu’elle parte vite. Enlaçant ta Mélusine, tu serres doucement dans tes bras sa silhouette tout à coup si frêle et si pâle. Tu meurs d’inquiétude pour elle, et ton visage le montre bien.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Jeu 29 Déc - 16:23

Elle lit la surprise dans le regard de son amie. Plus que ça, elle y lit le choc. Ne s'y attendait-elle vraiment pas ? Est-ce si surprenant ? Est-elle heureuse au moins d'apprendre une telle nouvelle ? Alméïde l'est, sans aucune doute, bien qu'elle ait l'esprit déjà bien chargé d'émotions pour s'en réjouir pleintement à cet instant. Elle est un peu prise au dépourvu, elle aussi, étonnée par ce revirement de situation alors qu'un mois plus tôt elle lui déclarait l'aimer avant de retourner dans les bras de son baron. Elle est un peu perdue la princesse mais elle n'en est pas moins ravie pour son amie. Son amie qui ne dit pas un mot, dont le visage perd toute couleur et qui tourne de l'oeil dans ses bras. Alméïde la retient tant bien que mal, mais elle ne parvient qu'à ralentir la chute de son amie quand un cri retentit dans la pièce. Immédiatement, la princesse relève la tête et aperçoit une furie cielsombroise traverser la chambre pour rejoindre Mélusine et la noyer sous un flot d'insultes et de reproches. Interdite, Alméïde la regarde sans comprendre. Elle bafouille, tente de s'expliquer, mais le regard noir de Joséphine la coupe dans son élan. Elle ne peut même pas faire valoir ses compétences de médecin, tant la jeune femme lui en veut. Si un simple regard pouvait tuer...

Alméïde finit par se relever et se précipite hors de la chambre. En chemin, elle rencontre Akim, alerté par le bruit, par les cris. Suspicieux, il l'observe avec la même méfiance que Joséphine. Alors la princesse lui explique brièvement la situation avant de lui demander d'aller aider à remettre la marquise dans son lit. Tout ira bien, assure-t-elle, ce n'est rien de grave. Et elle reste calme malgré le déferlement d'émotions qui la tiraillent. Seule au milieu du couloir, elle prend une grande inspiration et prend la direction de la chambre de Mélusine où, elle le sait, Hiémain dort encore. Elle frappe quelques coups à la porte, mais aucune réponse ne lui parvient. Encore quelques coups, toujours pas de réponse. Résignée, elle ouvre le battant et s'approche du lit, pleine d'appréhension. Le drap cache à peine la silhouette du baron et elle s'efforce de détourner le regard alors que d'une main timide, elle secoue doucement son épaule. « Messire, vous m'entendez ? Réveillez-vous. » Un grognement retentit et elle se sent de plus en plus mal à l'aise. Si seulement il pouvait se réveiller. « Je... je vous en prie, j'ai besoin de vous. Mélusine s'est évanouie quand... quand je lui ai annoncé sa grossesse et Joséphine m'a chassée de la chambre. C'est... Elle panique mais ce n'est rien de grave, je vous assure, il faut le lui expliquer. » Sa voix se fait presque suppliante alors qu'elle tente désespérément de réveiller le Kyréen. Et alors qu'il se retourne, le drap se déplace et dévoile un peu trop de détails. Sa main devant les yeux, Alméïde reprend d'une petite voix. « Messire... ? Un... un pantalon peut-être, avant de... d'y aller ? » Oui ce serait bien ça. Très bien même.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Dim 15 Jan - 18:36

Il avait fini par se rendre compte en plein milieu de nuit que Mélusine avait disparu de la chambre. La connaissant, il ne s’était pourtant pas plus inquiété que de coutume, et s’attendait à la voir revenir d’une minute à l’autre. Fatigué, il s’était bien vite rendormi, accueillant dans son esprit les rêves tissés par Trellor. Ces longues semaines passées en Erebor en compagnie de sa Mélusine l’avaient vidé de son énergie autant qu’elles l’avaient empli d’une sérénité nouvelle. En sa compagnie, Hiémain oubliait tout le poids du monde et tout ce à quoi il ne voulait pas songer. Les prémices d’un bonheur qu’il ne tenait pas à laisser s’échapper.

Paisible nuit qui passe, et tombé dans un profond sommeil, le baron n’entend pas les petits coups portés sur la porte, ni ne perçoit qu’une personne entre dans la pièce d’un pas timide. C’est une main sur son épaule, à le secouer en douceur, qui fini par le tirer lentement hors des bras du sommeil. Un léger grognement franchi ses lèvres, mais le voilà de retour dans le monde des éveillés, ouvrant avec un peu de peine les yeux. Le soleil n’est pas encore bien haut dans le ciel, il franchit à peine avec vigueur les volets et rideaux tirés, et ça l’étonne qu’on le réveille à une telle heure. Il n’est pourtant pas du genre à trainer au lit – quand Mélusine ne l’y force pas pour quelques activités – alors pourquoi le tirer ainsi ? Dans la pénombre, il peine un instant à distinguer qui vient le réveiller, il ne reconnaît pas la voix ni la silhouette de la femme, jusqu’à ce que les paroles, prononcées avec anxiété et empressement commencent à le ramener vers la réalité. Mélusine s’est évanouie ? Parce qu’on lui a dit qu’elle était enceinte ? Joséphine qui hurle et qui panique ? Il a un autre grognement en se retournant sur le dos, s’étirant légèrement sans prendre garde à la couverture qui avait tendance à se faire la malle.

« Très bien j’arrive. » Puis la remarque sur sa tenue, le fait qu’il était en cet instant complètement nu… « Oh. Excusez moi. Juste une minute. » Elle se détourne et il s’empresse de trouver ses vêtements de la veille, un pantalon et une chemise négligemment passée sur ses épaules. Puis une pensée le traverse, comme si jusqu’ici, elle n’avait guère eu d’importance avant d’en saisir l’ampleur. Pour le moins étonné, il se retourne vers la visiteuse, qu’il fini par reconnaître. La Princesse Alméïde ? Que faisait-elle ici ? Mais ça n’a encore une fois pas d’importance quand les mots franchissent la bouche du baron de Sylvamir avec une certaine incrédulité. Le sens avait prit quelques minutes pour résonner logiquement à son esprit. « Enceinte ? Mais de qui ? » De lui ? De… lui ou de quelqu’un d’autre… Il sait que Mélusine avait eu bien des amants (et amantes), et ça ne faisait qu’un mois à peine qu’ils étaient ensembles… Il avait conscience que la pauvre Alméïde ne pouvait lui répondre, mais les mots s’étaient faufilés sans demander. Bien vite néanmoins, il se reprend. Mélusine évanouie et enceinte. Bien bien…

« Pardon, je vous suis Princesse. »

Il est plutôt retenu avec la sœur du duc d’Erebor. A la différence de Mélusine, il n’est pas particulièrement proche d’elle, et c’était là une de leur première vraie rencontre, quand bien même sa chère et tendre lui avait déjà tant parlé de sa princesse. Elle ne l’était pas vraiment pour lui, et même si de si bon matin elle était venue le réveiller avec inquiétude pour Mélusine, il préférait maintenir une certaine distance. La froideur kyréenne au cœur des dunes d’Erebor, c’était presque paradoxal.

Suivant Alméïde, elle le conduisit dans l’une des nombreuses chambres d’amis de Sinsarelle, ce qui ne manqua pas une nouvelle fois d’éveiller quelques questions silencieuses dans son esprit. Mélusine avait été transportée dans le lit, à ses côtés, Joséphine veillait tout en lançant un regard agressif à la princesse lorsque celle-ci entra en sa compagnie. Sa fiancée, encore bien pâle et a fini quand même pas rouvrir les yeux. Alors il se glisse à ses côtés, assit sur le bord du lit, prenant se main dans la sienne. « Ca va ? » Il ne sait pas encore s’il doit laisser la joie l’envahir ou la déception le prendre. Car seule Mélusine était en mesure de savoir qui était le père de l’enfant qu’elle allait avoir.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Ven 20 Jan - 0:21

« Très bien j’arrive. » Enfin, il finit par émettre un son. Et par bouger aussi. Un peu trop à son goût même. Elle le lui fait immédiatement remarquer en se cachant les yeux, les joues d'un rouge soutenu. « Oh. Excusez moi. Juste une minute. » Elle hoche frénétiquement la tête et se détourne alors qu'il se lève et enfile un vêtement. Oh, comme elle est embarrassée la princesse. Pourquoi s'est-elle laissée embarquer déjà ? Ah oui, la douce pensée de son amie, son étreinte et le réconfort qu'elle lui apporte par sa simple présence. Elle lui manquait, son exubérante Mélusine, sa flamboyante marquise. Mais elle aurait préféré éviter de se faire insulter aux premières heures du matin ou de voir un baron kyréen dans son plus simple appareil. Le bon côté des choses, c'est que toute cette agitation lui fait oublier un instant le reste, qu'elle ne pense plus à son frère, à ces anges de pierre ni à cette lettre reçue il y a peu. Au moins pour quelques temps, elle a chassé le chagrin qui la ronge, l'esprit embrouillé par d'autres soucis. Dont un particulièrement pressant.

« Enceinte ? Mais de qui ? » Alméïde se retourne prudemment, surprise par la question. Elle ouvre la bouche pour répondre, mais elle réalise qu'elle n'en sait rien alors elle reste interdite et la referme, sans dire un mot. N'est-ce pas lui le père ? Pourquoi pose-t-il la question ? Elle sait que son amie a beaucoup d'amants et d'amantes, mais n'est-elle pas uniquement avec son baron désormais ? À moins qu'elle ait mal compris. Les moeurs cielsombroises lui échapperont toujours, malgré tous ses efforts.

« Pardon, je vous suis Princesse. » Ouf. Soulagée de ne pas avoir à répondre – et de le voir avec un pantalon – elle ouvre la marche et le conduit à travers les couloirs silencieux. Puis enfin, ils entrent dans la chambre où Mélusine est allongée sur le lit, éveillée, surveillée par des yeux acérés qui la fixent avec froideur. Elle est mal à l'aise, l'Erebienne, dans cette situation impromptue. Elle s'inquiète pour son amie, mais elle craint d'avancer et de s'attirer à nouveau les foudres de Joséphine. Et puis il y a Hiémain, qu'elle ne connaît pas, si ce n'est grâce à ce que son amie lui a raconté de lui. Non, elle n'est décidément pas très assurée.

Elle s'avance pourtant, timide, jusqu'au pied du lit. Elle reste un peu en retrait, derrière le baron, observant le teint pâle de Mélusine avec attention. Elle n'a pas envie de s'immiscer entre eux, mais c'est le médecin qui réagit, plus que l'invitée quand elle avance et pose une main sur son front, puis sur sa joue. « Tu devrais boire un peu, ça te fera du bien. » déclare-t-elle en douceur avant de lui tendre un verre d'eau certainement amené par Akim. Elle la laisse boire quelques gorgées, s'efforce de ne pas faire attention à la présence de Joséphine à ses côtés, qui surveille chacun de ses mouvements. Elle s'éclaircit légèrement la gorge, un peu empruntée. « Est-ce que tu veux qu'on te laisse te reposer un peu ? On peut revenir plus tard. » Oui, elle vient de réveiller Hiémain expressément pour venir la voir, mais on lui a quelque peu forcé la main. Pourtant, son amie n'est pas en danger immédiat, elle est juste... en état de choc. Rien de plus.

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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Dim 29 Jan - 17:05


Un appel dans la nuit
Une voix dans les ténèbres
Alméïde & Mélusine • 20 juillet 1001


J’ai vaguement conscience d’une agitation autour de moi, d’une voix qui perce les brumes de ma torpeur, de mouvement qui précède un silence soudain. On me déplace, on m’enveloppe d’une couverture, me semble-t-il ; et un murmure réconfortant chuchote à mes oreilles. Je me sens entourée d’amour, de tendresse et de sollicitude, et un fol instant je m’égare à penser que ma douce princesse consent à me rendre l’ampleur de l’affection que je lui porte. La déception n’est que passagère lorsque je rouvre les yeux pour découvrir à sa place le visage inquiet de Joséphine penchée sur moi – je l’aime aussi tendrement, ma fidèle suivante, mon amie loyale, mon soutien de toujours et la confidente favorite au-dessus de toutes les femmes dans ma vie. Encore un peu égarée, je lève la main jusqu’à sa joue, effleure maladroitement l’arrondi de sa pommette, l’attirant plus près de moi. Mon cœur déborde d’un sentiment confus que je n’identifie pas encore – c’est chaud, c’est doux, c’est plein d’impatience et en même temps vibre d’angoisse, mais c’est clair et pur, et je veux le lui partager. « Josette. » J’ai chuchoté, d’une voix tendue, entrecoupée d’un souffle hésitant. J’ai presque peur de mettre des mots sur mon émotion. La nouvelle m’a coupé les jambes et je ne l’ai pas encore complètement intégrée, mais je veux partager tout cela avec ma chère Joséphine. Je plonge mon regard dans le sien, laisse paraître sur mes lèvres un sourire ébahi, et encore un peu incrédule. « Josette, je suis… enceinte. » C’est incroyable. C’est inespéré. C’est formidable. C’est terrifiant. Je cherche sa main pour m’y cramponner, mais du mouvement m’annonce l’arrivée d’autres personnes, et je détourne le regard vers la porte de la chambre.

Ma douce princesse est de retour, et avec elle mon fiancé – le père de mon enfant, ô Mirta. Encore l’air un peu endormi, un froncement de sourcils perplexe et légèrement inquisiteur, doublé d’une inquiétude qui s’atténue lorsqu’il me voit éveillée. Docilement, je bois le verre que me tend Alméïde, remerciant d’un signe de tête le discret Akim qui s’incline et retourne monter la garde près de la porte, maintenant que je suis entre de bonnes mains. Doucement, je secoue la tête. « Non, je vais – je vais bien. J’ai juste été… surprise, et… ça a été un peu trop soudain, pour moi. Mais je vais bien, ma douce, Joséphine a bien veillé sur moi. Ne pars pas : tu as été le messager de cette nouvelle, et je veux que tu sois là pour fêter ça. » Quand bien même tu refuses de partager ma vie, mon aimée, laisse-moi te partager les petites joies de mon existence. Laisse-moi juste ça.

Hiémain s’est assis sur le bord du lit, et je lis un océan de doute dans la profondeur de son regard. Je m’accroche à ses doigts, j’agrippe sa main, fébrile et bouleversée – par la nouvelle, par l’inquiétude, par l’euphorie, par tout cet univers de possibles restés fermés pendant des années et qui viennent juste de s’ouvrir à mes pieds. Du bout des doigts de l’autre main, je caresse sa joue râpeuse sous la barbe naissante. « Mémé te l’a dit, n’est-ce pas ? Elle t’a annoncé ? Mon amour, je… » Ma voix me fait défaut, et une quinte de toux me coupe la parole, tant ma gorge est sèche. « Je porte ton enfant ! Hiémain, nous allons – nous allons avoir un bébé. » Péniblement, je m’assieds, encore un peu faible. Des deux bras je l’enlace, me blottissant contre son torse où j’entends tambouriner son cœur. Si vite, ô Valda – si fort. « Toi et moi, mon aimé, nous allons avoir un enfant. Un peu de toi, un peu de moi ; un enfant rien qu’à nous deux… » Ma voix me manque à nouveau, mon regard se brouille et une larme d’émotion glisse sur ma joue. J’ai envie de rire, j’ai envie de pleurer, je voudrais sauter et courir et danser et hurler et m’envoler – je voudrais qu’il me prenne dans ses bras, qu’il me serre contre lui, qu’il soit content de moi, heureux pour nous deux, réjoui de sa paternité ; mais le silence s’installe, et mon sang se glace petit à petit. Je le lâche, me redresse, cherchant à croiser ses yeux pour comprendre son mutisme. « Hiémain… ? » Mon ton est hésitant soudain, et je m’inquiète. « Tu n’es… pas content… ? »



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Message Sujet: Re: Un appel dans la nuit | Mélusine   Jeu 9 Mar - 1:36

Elle s’éveille doucement. Si pâle sa Mélusine qu’il commence à s’inquiéter un instant. Pourtant, il ne devrait pas. La nouvelle est bonne, merveilleuse même, si le doute ne ternissait pas la joie qu’il devrait pourtant ressentir. Pourquoi se braque-t-il autant pour une telle chose ? Bien sur que Mélusine est enceinte de lui, pourquoi en serait-il autrement ? Cela dit, il n’avait pas discuté avec elle sur les précédentes relations qui avaient pu précéder leurs retrouvailles, et pour peu que le pronostic soit juste, elle pouvait être enceinte depuis plus d’un mois. Cela aurait-il réellement changé quelque chose aux sentiments que Hiémain portait à Mélusine ? Sans doute pas. Il ne pouvait prétendre que, le cas échéant, l’orgueil s’en trouverait blessé, mais il aimait la jeune femme plus qu’il ne pouvait détester la nouvelle. Cela dit, pas question de s’emballer sans avoir le fin mot de l’histoire, et il se force, le baron kyréen, à ne pas afficher trop cet air légèrement préoccupé. Froid hélas, il l’est un peu.

La glace néanmoins n’est qu’un masque, un visage faux pour cacher les émotions qui fourmillent en un feu tenu dans son cœur. Il attend avec presque fébrilité que Mélusine parle, que Mélusine lui dise tout. Il acquiesce à ses premiers mots, d’un geste quasi mécanique en attendant la suite. Et le verdict tombe, accompagné d’une étreinte à laquelle Hiémain ne sait comment trop répondre. La surprise. Le choc même. En lui, son cœur s’est emballé, tambourinant avec une vivacité qui lui ferait presque mal. Loin sont les doutes désormais, ne reste plus que l’allégresse retenue par le choc. Il n’osait y croire, il n’osait l’imaginer. Pas immédiatement en tout cas. Oh elles sont si nombreuses, les émotions qui traversent le digne kyréen. Joie, peur, amour profond et questionnement sincère. Ô toutes ces pensées qui tourbillonnent qu’il n’entend presque plus les mots de sa douce Mélusine. Elle le perçoit sans mal, ce visage traversé d’émotions si contraires et pourtant si complémentaires. L’étreinte se relâche, le visage de Mélusine lui fait face, soudain prise d’une inquiétude palpable. Et les mots terminent à peine de franchir les lèvres de sa douce qu’il lui prend le visage entre les mains et l’embrasse comme s’il n’y avait plus de lendemain. Nul retenu dans ce baiser plein d’ardeur, l’amour qui pulse au bout de ses lèvres, ce désir de transmettre sa joie, son bonheur en ce simple contact, ce fugace instant. Peu importe que des regards gênés les observent, il se laisse submerger Hiémain, en embrassant sa Mélusine de toute la force de son cœur. Puis, à bout de souffle, il la prend à nouveau dans ses bras, l’enserrant avec vigueur tout en veillant à ne pas l’étouffer.

« C’est merveilleux mon amour. C’est merveilleux. » Souffle-t-il contre elle, enfouissant son visage dans la chevelure détachée, humant cette odeur dont il ne s’est jamais lassée et l’hante même dans ses rêves. Plusieurs secondes passent avant qu’il ne recule à nouveau, pour plonger son regard dans le sien. « Un enfant. Notre enfant. A toi et moi. » Il répète, comme pour s’assurer que c’est là la réalité. Il pourrait presque en trembler. Et dans cet instant de bonheur, il n’a pas remarqué que Joséphine entrainait Alméïde hors de la pièce, laissant le baron et sa marquise dans leur bulle, rêvant d’avenir et de lumière. « Je t’aime Mélusine. Je t’aime. » Et il n’aurait de cesse de lui répéter, de vive voix ou dans ses regards, dans ses gestes, dans ses pensées. Mais même les mots ne suffisaient pas à décrire tout ce qu’il pouvait ressentir pour elle.

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