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 Colère et rancune

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Les Guerriers
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Message Sujet: Colère et rancune   Jeu 25 Aoû - 0:54


Livre I, Chapitre 5 • Le Tournoi des Trois Opales
Maelys Aigrépine & Octavius le Rouge

Colère et rancune

Ou quand on a quelques petites choses à se dire



• Date : Le 24 septembre 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Octavius s'entraîne, après avoir comaté pendant un bon bout, histoire d'être prêt pour la seconde épreuve du Tournoi des Trois Opales. Son chemin, cela dit, s'arrête sous les gradins, entre l'arène et les loges, pour une raison avec de jolis yeux et un caractère emporté.


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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Jeu 25 Aoû - 3:28

La première épreuve a laissé le champion de la Ville Haute dans un état lamentable et c’est même peu dire. Si c’était une simple blessure à l’ego, celle de ne pas avoir remporté d’opale, ç’aurait été bien rapidement soigné, mais c’est bien physiquement qu’il a souffert plus que nécessaire. Il est resté debout, mais il a encaissé bien trop. Bien plus que n’importe qui en serait capable. Depuis, Louison Aubrenacre passe chaque jour à sa loge soigner son genou, sous son regard méfiant, et le tout s’améliore lentement. Au moins, il ne sursaute plus au moindre frémissement de plume de la cigogne qui l’accompagne, bien qu’il ne se sente pas en sécurité dans sa seule compagnie.

Octavius a donc recommencé à s’entraîner, graduellement, ne désirant pas se reposer plus sur ses lauriers. Le 22, à peine quelques étirements. Le 23, un peu plus intensément. Aujourd’hui, le 24, en soirée, un entraînement complet, avec les armes réparées que la forge d’Hacheclair a fait porter à sa loge. Pas besoin de trop forcer : il a confiance en ses capacités et a seulement besoin de se dérouiller. Puis, il est fasciné de pouvoir se déplacer avec une douleur chaque fois plus minime, au niveau de son genou et de sa hanche. La magie fait vraiment des miracles, sur son ancienne blessure, et ses remerciements à la jeune Chevaucheuse sont certes bourrus, mais sincères.

Des gradins, on l’a encouragé dès qu’il a mis les pieds sur le sable, et deux hommes de Bellifère ont même proposé de venir l’aider à s’entraîner, clamant que c’était un honneur de le faire aux côtés d’un réel champion. Pas comme ces Faës, pas comme ces femmes, qui ne méritent aucunement les opales remportées. Lui a préféré se taire, ne rien dire, tenir sa langue, et accepter les adversaires que le Destin lui offraient. Une attitude de lâche. Avoir été brave, avoir été vrai, il aurait protesté, il aurait vanté les mérites de Grâce et de Maelys, il aurait défendu leurs noms. Il ne l’a pas fait. Il a préféré la facilité. Il n’en est pas fier. Peut-être est-ce pour cela qu’il a écourté l’entraînement ? Quoi qu’il en soit, il ne s’écoule même pas une heure avant qu’il remercie les deux hommes, qui l’invitent à passer à une quelconque taverne de la ville pour venir célébrer. Tentant. Presque autant que la perspective de se reposer, en l’attente d’un Homme Vapeur version faë.
Perspective qui, elle, se révèle surtout effrayante. Qu’est-ce que la Guilde des Mages leur prépare, par Aura ?

Il aperçoit un peu plus loin la championne de Lagrance, juste sous les gradins qui mènent à leurs loges. Probablement désire-t-elle s’entraîner elle aussi ? Octavius pense, pendant une seconde, lui proposer qu’ils le fassent tous les deux, mais il abandonne vite l’idée. Il ne doit pas trop pousser. Il ne doit pas exagérer. Il a… il en a fait déjà beaucoup, non ? Alors son regard fuit, s’écarte, alors qu’il s’apprête à la croiser sans plus s’attarder.

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Ven 26 Aoû - 2:02

Après la première soirée bien arrosée, suite à la remise des Opales, il est finalement temps de reprendre sérieusement l'entraînement. Je suis restée quelque peu frustrée, ces derniers jours, avec mes blessures qui m'élancent tellement que chaque geste me coûte. J'ai serré les dents, quand quelques plaies ont fini par se rouvrir, parce que je ne faisais pas suffisamment attention à mon état de faiblesse pour me modérer. J'ai fini par me calmer, à regret, pour ne pas arriver aux prochaines épreuves dans un état lamentable... Mais cette mollesse me dérange au plus haut point, surtout que je ne parviens plus à faire de nuits complètes depuis les premiers jours à Hacheclair. J'évolue seule, la plupart du temps, et reste donc constamment en alerte. Je me dois de surveiller moi-même mes arrières, et si possible, d'assurer aussi celles des autres. Je sais que mon Capitaine gardera un œil attentif sur nous, de jour comme de nuit d'ailleurs, mais impossible de rester l'esprit tranquille. Cette Opale de Feu est une récompense insoupçonnable, comme une cible pour nos ennemis, dont on peut craindre une certaine audace. Je ne crois pas qu'ils resteront sagement à ne rien faire, maintenant que la première épreuve est terminée, bien au contraire. D'autant que j'ai échappé à leurs attentions, jusqu'à maintenant...

Ces pensées sombres n'arrivent pourtant pas à faire flancher mes résolutions. Nous sommes déjà le 24, et les jours passent à toute vitesse. La deuxième épreuve approche à grands pas, et si je n'ai pas la moindre idée de ce que nous réservent les mages - même si j'ai encore de bien mauvais souvenirs de ma dernière excursion à l'Académie - je refuse de me reposer sur mes lauriers.

Je n'ai pas usé de ma magie depuis que nous avons défait l'Homme-Vapeur, pour m'économiser, et par confiance en mes capacités en la matière. C'est pourtant, tout autant que le reste, un muscle qu'il me faut travailler. J'ai pris mes deux lames enchantées avec moi, en reléguant l'arsenal impressionnant dont j'avais demandé la confection pour la première épreuve. L'Arène était, de toute façon, devenue un véritable cimetière de lames suite à l'explosion. La plupart ont été irrécupérables, et il me reste principalement ces deux-là, qui ne me quittent que rarement. Peut-être devrais-je encastrer l'Opale de Feu à l'une d'elles, ce qui serait plus seyant - et surtout plus guerrier - que d'en faire un bijou d'apparat... Mais l'ancien détenteur, Octavius, n'en avait pas fait de même ? L'idée m'est subitement plus dérangeante, alors que je me souviens avec amertume de la conclusion de notre combat. Durant quelques secondes, j'ai vraiment cru que Neve était mort, et il aurait pu l'être. Le guerrier a simplement eu de la chance que son erreur ne lui soit pas fatale, et à cette simple pensée, mon poing se crispe de colère.

En parlant du loup... Alors que j'emprunte le dessous des gradins pour me rendre de ma loge à l'arène, j'ai le malheur de croiser sa route. Mon sang ne fait qu'un tour, et je n'hésite pas à accélérer le pas pour le rejoindre, alors qu'il s'écarte, le regard fuyant... Une attitude de lâche qui ravive davantage ma fureur. Je n'ai pas réfléchi une seule seconde, avant que mon poing ne le percute en plein visage. J'aurais voulu entendre le craquement sonore d'un nez que l'on vient de briser mais, force est de constater, qu'il est bien trop grand, et mon allonge guère suffisante, pour lui donner la raclée qu'il mérite. J'aurais peut-être dû viser plus bas, d'un coup de genou bien placé.

- Ca, c'est pour Neve !

Je vois cette Opale de Feu rutiler à sa ceinture, jumelle de celle que je porte. Je l'aurais bien brisée, celle-là aussi, comme le reste de son corps, pour lui faire payer... Ce serait présumer de mes forces.

- Tu n'es qu'un lâche, Octavius ! Tu crois que tu mérites de la porter ?

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Mer 31 Aoû - 3:46

S’attend-il à un coup ?

Non.

Alors, il ne le voit pas venir. Absolument pas. Heureuse est la chance, qui fait que Maelys affirme une bonne tête de moins que lui et dont l’allonge est proportionnelle à sa petitesse, permettant à son poing d’à peine frapper son menton avec une mollesse bien typique de quelqu’un ayant mal évaluée la distance entre ledit poing et la cible. Mage de distance, mh ? Il aurait pu le deviner tout seul. « Ca, c'est pour Neve ! » Aussitôt, il attrape le poignet de la championne, le tenant assez loin pour qu’elle ne vienne pas lui coller un autre coup au visage. Le ridicule ne fait que commencer et il ne le sait même pas encore. « Qu’est-ce qu’tu racontes ? », qu’il rétorque, les sourcils froncés dans son visage hâlé. Il s’est d’ores et déjà excusé au Chevaucheur, qui a rejeté le tout, argumentant qu’ils étaient tous dans la même galère. Il a pris cela comme le pardon qu’il était venu chercher et depuis, tout va mieux. Il s’entraîne pour que ça ne recommence pas. Pour ne pas être pris au dépourvu une deuxième fois. Il est allé se plaindre à Maelys ? Ou elle a décidé qu’il était à plaindre ? Difficile de dire ce qu’il en est, avec ces mages. « Tu n'es qu'un lâche, Octavius ! Tu crois que tu mérites de la porter ? »
Là, c’est s’attaquer directement à son honneur.
Sa main libre se porte, par réflexe, à la garde de son épée, effleurant l’Opale de flammes qui trône à la garde. Elle doit être aussi grosse que la paume de Maelys, maintenant qu’il peut la voir de près, maintenant qu’il tient son poignet ridiculement délicat dans sa main. Son expression, embêtée, est devenue définitivement fâchée. Qu’est-ce qu’elle en sait, celle-là, de s’il la mérite ou pas, son opale ? Elle était là, peut-être, en 993, pour le voir combattre sur le sable de ce même Colisée, pour le voir se foutre des blessures et vouloir vaincre, quitte à ramper ? « T’en sais rien. J’la mérite, autant qu’tu mérites la tienne. La voix gronde, mais n’est pas complètement en colère. Pas encore. Il est patient : autant le rester. Pis Neve, y’en a rien à foutre, de c’qu’est arrivé. Il te l'a dit, ça ? » Au cas où que ce soit vraiment un cas qu’il soit allé pleurnicher à Maelys, suite à leur rencontre. Neve lui a pas fait cette impression, mais… qu’est-ce qu’il en sait, lui aussi ?

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Dernière édition par Octavius le Rouge le Dim 9 Oct - 5:52, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Jeu 1 Sep - 12:28

Je me demande s’il a au moins senti le coup porter. Rien n’est moins sûr, vu l’armoire à glace qui me fait face. Ce n’est pas pour rien qu’il était censé prendre les coups pour les autres. La montagne de muscles bronche à peine, mais est rapide pour attraper mon poignet avant que je m’écarte, ou retente l’expérience en jaugeant mieux la distance.

- Lâche-moi, sale brute !

Je ne fais pas du tout preuve d’une mauvaise foi éloquente en le traitant ainsi, alors que j’ai frappé la première. Je me débats dans sa prise en lui lançant un regard noir pour récupérer le plein usage de ma main. Mon cœur s’est subitement emballé, à ce simple contact, qui me rappelle de lointains souvenirs des plus désagréables. Ce n’est pas la première fois qu’on m’attrape ainsi, et l’espace d’un instant, j’ai l’impression de redevenir cette gamine des rues qui fuyait le courroux d’un marchand qu’elle venait de délester de sa bourse. J’aurais préféré qu’il me frappe, plutôt que de m’entraver ainsi. Je vais finir par le mordre pour qu’il lâche prise.

Le voilà, à me demander des explications, avec cette lueur d’incompréhension dans le regard qui ne fait qu’alimenter ma rancœur. Je rue, gronde, et le ton monte d’un cran.

- Tu sais très bien de quoi je parle, ne fais pas l’innocent. On avait chacun notre rôle à jouer dans cette Arène… Et tu as failli au tien ! Il aurait pu mourir à cause de toi ! Tu en as conscience ?

Lâche. Indigne. Je ne me prive pas de lui lancer au visage… Pour le voir ensuite porter sa main à la garde de son épée. Mon sang ne fait qu’un tour, alors que j’interprète son geste comme un danger immédiat, et la magie fait tressaillir sa lame qui sort du fourreau, guidée par une volonté propre, pour atterrir directement dans ma main. Je ne lui laisse pas l’occasion d’esquisser le moindre mouvement que je lui glisse sous la gorge, avec un regard noir.

- Qu’est-ce que tu croyais me faire ? Lâche-moi maintenant.

Je détache chaque syllabe de ces trois derniers mots, comme s’il n’avait pas compris la première fois. Mon regard est rivé au sien, avec cette Opale flamboyante entre nous deux. Sa colère répond à la mienne, mais ses paroles m’interpellent et me laissent perplexe. Il le pense vraiment ? J’aurais cru qu’il serait le dernier à le reconnaître.

- Il ne faut pas seulement en être digne sur le sol de l’arène.

Et le voilà qui me parle de Neve… Ah, bien. Il est allé constater par lui-même les dégâts ?

- Et quoi, ça te suffit ? Parce qu’il est bien trop gentil pour t’en vouloir ? Tu m’énerves !

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Dim 11 Sep - 6:59

Qu’est-ce qu’elle pense ? Qu’il va l’attaquer ? Même la lâcheté et la paranoïa ont des limites, par Kern. Il n’a pas le temps de bouger, ou d’intervenir, que son épée et sortie de son fourreau et qu’elle vient effleurer sa pomme d’Adam, presque la racler. « Qu’est-ce que tu croyais me faire ? Lâche-moi maintenant. » Octavius ne cille pas. Pas même alors que la lame de sa propre épée est sous sa gorge, dans la main d’une femme qui doit lever le bras bien trop haut, dans une position très peu confortable, pour être capable de l’amener à ce niveau. Et d’utiliser sa magie pour être seulement capable de la soulever. Comme si ça lui faisait peur. Puis, il ne lâche pas Maelys non plus – même, il est possible qu’il serre un peu plus fort le poignet entre ses doigts, raffermissant sa prise sur celui-ci. Il ne serait pas surpris qu’elle en ait des bleus, s’il ne réussit pas à le lui casser. Il en serait capable, mais il ne le fera pas. Pas tout de suite, du moins. « Fais attention, avec ça. Tu pourrais te blesser. » Il n’y a pas un sourire pour accompagner sa pique, mais nul doute que c’est une blague. Peut-être ? Il n’est certainement pas le larron le plus enjoué et le plus blagueur que vous avez rencontré. Puis, la situation n’a rien de drôle.
Enfin, si. Un peu, quand même.

« Il ne faut pas seulement en être digne sur le sol de l’arène. Le guerrier s’esclaffe, d’un éclat de rire sans joie. Qu’est-ce que t’en sais, de si j’suis digne ou pas ? » Elle n’en sait foutrement rien et pour cause, elle vient elle-même de se contredire. D’abord, elle l’attaque pour ce qu’il a fait, ou non, dans l’arène, pour ensuite lui dire qu’il n’est pas digne de son opale à cause de ce qu’il a fait, ou non, hors de l’arène ? Elle n’est pas… logique. « Et quoi, ça te suffit ? Parce qu’il est bien trop gentil pour t’en vouloir ? Tu m’énerves ! Bah alors on est à égalité, hein », qu’il siffle, montant son autre main pour empoigner ce qui reste de la garde son épée, juste sous la main de Maelys. Histoire d’ajouter un peu plus de ridicule à tout cela. « Tu m’laisses la ranger et j’te lâche. Pis après tu pourras m’expliquer tout c’que tu veux à propos d’ma lâcheté et de j’sais pas quelle autre connerie, tout c’qui peut t’faire plaisir », qu'il explique sur un ton qui se veut patient, mais qui est surtout excédé. La gentillesse de Neve, ce qu’il devrait faire pour mériter son opale et tout ce qui pourra la faire partir et arrêter de le regarder comme si elle voulait le tuer par la force de son seul regard.

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Dim 11 Sep - 23:24

Je ne dois pas être très crédible, à tenter d'intimider une montagne de muscles qui me surplombe d'une bonne tête, si ce n'est deux. J'aurais presque envie d'appuyer davantage cette lame contre sa gorge pour lui tirer une autre expression, tout, plutôt que cette froide indifférence, pas le moins du monde impressionné par mes gesticulations de moustique. Je ne lui fais pas le plaisir de crier, quand je sens sa prise s'affermir davantage sur mon poignet, à m'en faire un mal de chien, même si mon expression crispée est quelque peu éloquente. Je l'aurais bien fait voler pour lui faire payer, mais il ne risquait pas de me lâcher pour autant. Je risquerais de me retourner le bras par mégarde ou de me retrouver dans une posture qui ne me plairait guère... Donc, mauvaise idée.

- Ca te fait rire ? Tu risquerais d'être surpris.


Difficile à dire, en vérité. Il essaie de m'humilier ? J'ai l'habitude. Ce n'est pas une raison pour lui laisser l'occasion de persister. Oui mais, cette lame est bien trop lourde, et je sens mon pouvoir décliner à force de la maintenir en place. Et, autant le dire, blesser un Champion ferait mauvais genre... Il doit parfaitement savoir que je n'irais pas jusque là, malgré mon sang chaud. J'aurais préféré lui coller à nouveau mon poing dans la figure pour me soulager un peu, surtout à l'entendre me rire au visage. Je gronde bassement :

- Parce que t'as l'air d'en être digne, là, de suite ? C'est facile de maîtriser quelqu'un qui pèse trois fois moins lourd que toi... Mais il paraît que le grand Octavius a peur des petites bêtes.

Je ne devrais sans doute pas le provoquer davantage, mais maintenant que le bras de fer a commencé, je ne compte pas repartir perdante. Je ne veux pas qu'il croit avoir le moindre ascendant sur moi, ou que je puisse avoir peur de lui. Alors, peu importe, les coups bas ou la mauvaise foi. L'important, c'est uniquement de sortir vainqueur. Toujours.

J'ai pourtant un mouvement de recul quand il lève son autre main vers moi, pour empoigner la garde à son tour. J'aurais dû faire voler cette maudite épée dans le décor, à se planter dans le bas des gradins tiens... Il aurait été bien embêté pour la récupérer. Je me crispe, ne me décide pas à la lâcher... Mais ses paroles me laissent profondément perplexes. Un marché ? De toute façon, je ne vais plus pouvoir l'utiliser comme je voudrais, ni la tenir plus longtemps. Je déplie lentement mes doigts, attendant de le voir faire de même sur mon poignet avant de relâcher pleinement la garde et de battre retraite, pour instaurer une nouvelle distance entre nous deux. Je lance une œillade à mon poignet, me retenant de le masser alors qu'il a bleuit à vue d'œil. Je vais vraiment garder sa marque, maintenant.

- T'expliquer quoi ? T'en as rien à faire, de ce que je pourrais te dire... Tu le montres assez bien. T'as mérité ce poing. Au moins, tu pourras dire que t'as encaissé un coup maintenant.

Je suis prête à m'en retourner, sans autres formes de procès. Je ne compte pas rester pour m'humilier davantage. Je finirais encore par me faire mal en essayant de l'atteindre, ce bloc de glace... Et je lui ai suffisamment craché mon fiel au visage pour apaiser un tant soit peu ma colère. Le reste, je l'évacuerais à l'entraînement. Je me retourne, m'écarte déjà, pour mettre de la distance entre nous deux sans lui laisser le temps de poser encore la main sur moi.

Mes pas sont rapides, virulents. Je remonte le chemin qu'il vient tout juste de traverser, quand j'entends un cliquetis dérangeant juste au-dessus de moi. Je ralentis un peu la cadence et lève la tête, juste au moment où la première secousse se fait sentir. Je retiens une exclamation quand de la sciure me tombe dans les yeux, à placer mes bras en maigre protection... Et j'ai à peine le temps de comprendre ce qu'il se passe, que tout s'écroule subitement sur moi, dans une cacophonie sans nom. Mon cri de terreur meurt dans ma gorge, en un gémissement étouffé. Je n'ai que le temps de faire léviter un bloc de pierre qui m'aurait broyé, avant que la douleur ne me cueille... Puis le noir. Les ténèbres, accueillantes.

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Dim 9 Oct - 6:02

La mage semble enfin réaliser que la situation n’est pas à son avantage. Ou plus du tout, si ça lui fait plaisir de croire qu’elle l’a déjà été. Pourtant, elle continue de grogner, de gronder, petit animal farouche bien décidé à se battre et à mordre s’il le faut : « Parce que t'as l'air d'en être digne, là, de suite ? C'est facile de maîtriser quelqu'un qui pèse trois fois moins lourd que toi... Mais il paraît que le grand Octavius a peur des petites bêtes. Les plus aisées à se débarrasser », répond le guerrier du tac au tac, ce même air splendidement impassible sur les traits. Bien que sa prise est plus ferme, prête à briser, s’il le faut. À une provocation de trop.

Lentement, elle déplie les doigts de la garde de son épée et il fait de même sur son poignet, pour l’assurer de l’égalité du marché, jusqu’à ce qu’elle lâche complètement son arme. Prestement, il la range dans son fourreau, observant la jeune femme d’un œil désormais méfiant. Elle pourrait bien lui sauter sur le dos à peine le lui tournera-t-il !

« T'expliquer quoi ? T'en as rien à faire, de ce que je pourrais te dire... Tu le montres assez bien. T'as mérité ce poing. Au moins, tu pourras dire que t'as encaissé un coup maintenant. » Ça ne mérite même pas un commentaire. Ni une insulte, ni une excuse, juste ce haussement des épaules si détestable, de celui qui n’a rien à dire et détester de toute façon parler. Elle a fini, elle en a eu assez, elle n’attend même pas de lui qu’il comprenne. Ça ne l’empêche pas d’avoir sacrément envie de lui en coller une, histoire qu’elle sache ce que c’est, que d’encaisser un coup, mais Maelys n’est pas dupe de son air calme et s’écarte encore un peu plus, avant de le dépasser. Il poursuit son chemin, du même pas rapide et fâché que le sien – bien que celui d’Octavius a toujours ce boitement caractéristique auquel il s’est habitué et qu’il refuse de perdre – et ses oreilles ne lui permettent pas d’entendre les craquements au-dessus de la tête de la championne de Lagrance. C’est uniquement la terrible cacophonie qui le fait faire volte-face, abasourdi, à temps pour voir toute une aile des gradins s’écrouler directement sur la tête de Maelys. À peine… à peine où il est passé, quelques minutes plus tôt.
Aussitôt, il se précipite jusqu’à l’amas de débris, d’où s’élève un nuage de sable, de poussière et de sciure de bois, qui vient piquer ses yeux et envahir son nez de leur odeur râpeuse, boisée. Sale. Aucun son, aucun bruit, aucun cri. Est-elle morte ? Elle est tellement… tellement petite. Il se rappelle son poignet fin entre ses doigts. Facile à briser.

« Maelys ? »

Son appel est hésitant.
Il ne sait même pas si elle lui répondra.
Merde.

Et évidemment, il n’y a personne. Putain de personne. Oh, comme par hasard, ils sont seuls dans cette foutue arène, sous ces foutus gradins, qui se sont écrasés ailleurs que sur sa tête et ce de justesse. Par le biais d’une coïncidence qu’il ne croit absolument pas en être une. Bon sang de… bon soir. Le guerrier gravit quelques poutres et roches, jusqu’à se rapprocher de l’endroit où il sait à peu près être la mage. La colère envers elle a disparu, remplacée par l’inquiétude. « Par Alder et… Aura, par tous ces… putains de dieux… Maelys ? MAELYS ? » Il crie plus fort, espérant que sous l’amas de débris, la mage est encore vivante. Encore consciente. Aucune réponse ne lui vient, mais il a l’impression d’entendre bouger. Gratter, légèrement. Octavius décide de prendre ce bruit, peut-être issu de son imagination, comme un signe positif et se met alors à agripper morceaux de bois et pierres pour les lancer plus loin, espérant dégager un chemin jusqu’à la jeune femme. Bientôt, ce sera des billes et poutres de bois, qu’il devra soulever, et des blocs de pierre suffisamment lourds pour broyer… oui, une femme comme Maelys. Pourquoi il doit forcément penser à des trucs pareils ? L’angoisse, lentement, grimpe en lui. « Hors de question que tu t’en sauves comme… ça. » Il avait seulement envie de lui foutre une claque, par Kern, pas de la tuer par éboulement de gradins.

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Jeu 13 Oct - 22:30

« ... Maelys ? MAELYS ? »

Un gémissement étouffé filtre d'entre mes lèvres. Je m'extirpe avec difficulté de ma torpeur, pour une réalité encore plus accablante à affronter. Mal... J'ai si mal, partout. Je tente vainement de respirer, et même ce simple geste, pourtant si naturel, me met au supplice. Je manque d'air. Je tousse, ferme les yeux quand une volée de sciure me parvient soudainement. Ma poitrine est prise dans un étau insoutenable, et chaque mouvement me coûte. J'ai envie d'hurler ma détresse, mais le seul son que j'émets me paraît piteux, à résonner dans ce silence qui m'enveloppe... Mais pas totalement. J'entends cette voix, qui me paraît pourtant si lointaine, et qui m'appelle avec cet accent d'inquiétude. J'ai cru naïvement qu'il ne s'agissait que des échos alarmés de mon propre dragon, à marteler dans mon esprit... Mais quelqu'un m'appelle bien aussi au dehors, de l'autre côté de cette prison de bois et de roche. Quelqu'un est là, pour moi.

Je ne sais si c'est cette souffrance aigüe, ou cet espoir tenu, qui m'arrache quelques larmes. Peut-être était-ce uniquement ces sciures de bois qu'il me fallait chasser de mes yeux pour entrevoir mon environnement proche. J'arrive encore à bouger mon bras gauche, guère plus. Cela devra suffire, et peut-être que ce que je m'apprête à faire signera ma délivrance... Ou mon trépas. Je concentre mes dernières forces pour faire léviter doucement le bloc qui me compresse la poitrine, en sachant pertinemment que si je relâche la pression, il finira proprement le travail. Je prends une violente goulée d'air, salvatrice, mais qui m'arrache un bref cri alors que je sens mes côtes protester contre ce mouvement contraire.

Je lâche une exclamation étonnée, entre deux respirations :

- Octavius...?

Je ne sais pas s'il a pu m'entendre, et si c'est bien lui. J'ai cherché lentement à me déplacer, en sentant mes forces décliner à toute vitesse, dans un élan désespéré. Je tremble à tout rompre, quand ma magie cède du terrain. Je relâche tout quand il me paraît impossible de le maintenir. Je serre les dents, mes bras placés en maigre protection... Et la douleur manque de me faire sombrer à nouveau dans l'inconscience. Je crois qu'il est tombé à côté, et que j'endure surtout les secousses, directement dans ma jambe droite. Je tente de l'extraire, en vain. Elle est coincée sous un autre bloc. Je souffle, à bout de force :

- Ma jambe est bloquée...

Je sens la panique m'étreindre à nouveau. Je n'arrive pas à creuser en sens inverse. Mes ongles se contentent de racler quelques pierres sans parvenir à les déloger. Je me sens tellement impuissante... Je tente de me dégager un peu d'espace, mais mes forces s'amenuisent à mesure que ma vue se trouble... Je ne veux pas mourir comme ça, fille du ciel et des vents, ensevelie vivante. Je dois... Compter sur lui.

L'Opale de Feu, pour celui qui n'abandonne jamais.
Je bouge à peine, quasiment inerte, quand la lumière filtre à nouveau. J'ouvre difficilement un œil pour l'apercevoir dans la pénombre de ce début de soirée. Je tousse, et respire avec avidité.

- Je n'ai jamais été aussi heureuse... De voir quelqu'un. Et il faut... Que ce soit toi...

Je ris. Je tousse. Je me sens partir...
Ma main se tend avec hésitation en avant, par la faille qu'il vient de créer, comme pour... Je ne sais pas. J'ai besoin de croire que je peux m'en sortir, que deux Opale de Feu, finalement, peuvent faire des miracles. Quand je pense que la première chose qui m'est venue à l'esprit en le croisant était de lui mettre mon poing dans la figure. Le Destin doit bien se rire de nous.

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Lun 14 Nov - 22:18

« Octavius...? » C’est sa voix, ça, non ? C’est bien son nom qu’il a entendu, non ? Il ne sait même pas si c’est cela, ou si c’est l’espoir qui le fait croire, mais il continue d’enlever les morceaux de bois cassés et les blocs de pierre de son chemin. Il ne sent pas sa peau s’entailler sur les clous, sur les coins des pierres, et même la chaleur du sang de ses paumes meurtries ne le sort pas de sa tâche. Il doit la sortir de là. Elle ne doit pas mourir comme ça. Pas à cause d’une bande d’hurluberlus inconnus dont il n’a strictement rien à foutre. S’ils sont même pas capables de… de tuer quelqu’un en face, à la loyale… Deux poutres de bois sont jetées plus loin et celles-ci libèrent un espace suffisant pour qu’il puisse espérer apercevoir la championne de Lagrance.

Gagné : en se penchant prudemment au-dessus du trou, il peut voir Maelys. Son visage sale, blessé, le haut de son corps, et il est facile de deviner qu’elle ne peut pas bouger. Une de ses jambes, ou même les deux, doit être bloqué. Elle a l’air si fragile, comme ça, mais Octavius chasse aussitôt cette idée, bien terrifiante, pour se fixer à celle, butée, que Maelys n’est pas fragile. Elle était dans les derniers debout, contre l’Homme-Vapeur. Elle a une Opale de Flammes. C’est une battante. « Je n'ai jamais été aussi heureuse... De voir quelqu'un. Et il faut... Que ce soit toi... Tu pensais… jamais jouer à la… demoiselle en… en dét-détresse, hein ? Il rit un peu, lui aussi. C’est si absurde, comme situation. Garde tes forces. Reste calme. J’te sors de là. »

Peu importe qu’il se blesse en le faisant, peu importe qu’il est Ibéen et elle Faë, ni même que ce soit une femme mage acoquinée à un lézard volant qui parle dans la tête des gens.

L’homme se recule un peu, pour mieux évaluer l’amas de débris. Il doit faire particulièrement attention, pour ne pas que quoi que ce soit tombe sur la Chevaucheuse. Ce serait contre-productif. Lorsqu’il se sent prêt, aussi rapidement qu’il le peut, il se met au travail. Il pousse une bille de bois, y appuie des pierres, repousse une poutre, et etcetera, tout en pestant tout bas : « Pis évidemment… y’a pers… sonne… alors que d’ha… bitude y’a… f-foule… Une écharde se plante dans sa main, il ne prend même pas le temps de l’enlever. Pas un de ces… foutus… crétins… de… Bell… lifère… » Des traces de main sanglantes ornent les matériaux enlevés. Il vérifie, d’un regard, que Maelys est toujours vivante, consciente, avant de se remettre à sa tâche.
Il ne sait pas ce qu’il le prend, à ce moment. Peut-être est-ce la situation, si similaire à ce qu’il a déjà vécu ? Fille des airs, comme il a déjà été un fils des cieux. Qu’importe, puisque sans doute trop bas, il parle, dans le fracas des roches et du bois : « J’ai failli… mourir, y’a… peut-être… dix ans. Peut-être. Approximativement. Avant l’Opale. Avant le Rouge. Mon… mon griffon est… Mort. C’était ma f… faute. » Même si ce ne l’est peut-être pas, lui le croira toujours. Comment ne pas se sentir coupable, alors qu’il a senti son griffon mourir ? Alors qu’il a été bombardé de sa douleur, de son agonie, alors qu’il a distinctement senti une part de lui s’éteindre ? Octavius porte en lui un deuil qui ne pourra jamais être fait entièrement, pour autant que son esprit a perdu une part de ce qui le complétait, que son cœur a été déchiré, et qu’avec Cobalt, si fier, si intrigant, une partie de lui n’est plus. « Ja… jamais… plus… je ne veux… être respon… sable de… de ça. » Alors qu’on se moque de lui, qu’on le raille, qu’on lui rappelle ce qu’il a vécu, ce dont il est responsable. Il est là pour protéger et il ne veut plus que son nom se teinte de sang. Pas plus qu’il en porte déjà. Il a chaud, il sue de toutes parts. Il a bientôt fini. Elle doit rester avec lui. Il lève la voix un peu, pour s'assurer qu'elle l'entende, cette fois : « Comment il s’appelle ton… ton dragon ? » Il veut qu’elle lui parle. Qu’elle le rassure. Qu’elle est encore là.

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Mer 30 Nov - 1:50

Je veux... Fermer les yeux. Je n'arrive pas à respirer. Je tousse, et m'agite vainement. Tout en moi cherche à retarder l'inéluctable, alors que mes forces décroissent à grande vitesse. Je tiens bon. Je sais qu'il est là. Je l'entends creuser, et chaque secousses m'arrachent autant de souffrances qu'elles parviennent à me tenir éveillées. Je m'accroche à cette Opale de Feu, celle que j'ai arraché à ces ibéens misogynes qui pensaient tous qu'une frêle mage faë ne ferait pas partie des derniers debout. Je suis en vie, pour leur prouver le contraire, encore une fois. Même si, ironiquement, c'est un de ces ibéens qui cherchent à m'extraire de ce piège.

Je me crispe, et tente vainement de me relever en faisant fi du poids qui entrave ma jambe, simplement pour lui prouver que... Je ne suis pas une demoiselle en détresse.

- Mon poing dans ta... Gueule !

J'aurais été plus prolixe, en d'autres circonstances. Je l'ai pris comme une insulte, même si c'était de l'humour... Belliférien je parie. Moi aussi, ça en était. Ca tombe bien. Il se l'est déjà pris, mon poing, même s'il n'en garde même pas une marque. Je me raccroche à cette rage de vivre, salvatrice. Sauf que je ne le vois plus, déjà. Il ne va pas partir maintenant... N'est-ce pas ? J'ai du mal à contrôler cet élan de panique qui s'empare insidieusement de moi. Je serre la mâchoire, pour m'empêcher de l'appeler. Il l'a bien dit, qu'il allait me sortir de là.

Et puis je l'entends à nouveau, qui creuse, puis qui râle. Autant pour moi, il n'a pas l'air d'apprécier davantage les Bellifériens que moi, et me confirme bien dans quelle situation nous nous trouvons. Je me demande si ce n'était pas plutôt lui qui était visé. Je le pense, sans en avoir la certitude. J'ai un sourire absent, alors que mes pensées m'échappent. Je n'ai pas la force de parler, et lui est subitement bavard, alors que je me fais si silencieuse. Oh, il continue de râler mais... Mais entre le fracas des roches déplacés, ses paroles se font plus sérieuses, plus affectées. Son griffon... Mort ? Par sa faute ? Je reste interdite. Je n'ose même pas imaginer quelle douleur ce doit être, de perdre un être qui vous est si précieux. Les souffrances que je ressens, en ce moment même, ne sont rien comparés à ce que l'absence de Mirage dans mon esprit pourrait me causer. Et comment... Peut-on survivre à cela ? Continuer de vivre malgré tout ? Le fait-il seulement ?

Quand je ferme les yeux, de nouvelles larmes ont creusé leur sillage dans la poussière et la saleté sur mes joues. De compassion. De peine. De peur et de rage. L'Opale de Feu est froide, dans ma main, comparée à l'Emeraude qui boue dans mes pensées. Comme lorsque Messaïon lui-même nous a imposé ces tourments, il ne parle plus, mais est plus présent que jamais.

- Mirage.

J'ai murmuré, dans un souffle tenu. Je puise dans mes dernières forces, et les pierres elles-mêmes relaient ce grondement à mon esprit. Je reprends, avec bien plus de hargne :

- Il s'appelle Mirage !

J'arrive à bouger, avec peine. J'ai peut-être une côte cassée, parce que la douleur me vrille quand je me redresse pour tirer sur ma jambe bloquée, quand il soulève le bloc qui l'entrave. Je m'extirpe avec peine, et me recroqueville au sol quand il relâche la pression. Je respire, de manière saccadée. Un soulagement m'étreint aussitôt, alors que la douleur se réveille instantanément dans ma jambe. C'est une bonne nouvelle, en vérité. Je lâche, avec sincérité :

- Octavius... Merci. Je... te dois la vie.

Je ne l'oublierais pas. Il n'était pas tenu d'agir ainsi. Ses mains sont couvertes de sang, comme un témoignage muet de ce que cela lui a coûté. Je roule sur le dos, le regard rivé au sien. Il est immense, et couvre la voûte étoilée. Pourtant, je l'aperçois à peine derrière ce rideau de sang, avec ma vision qui se brouille tandis que l'adrénaline qui me faisait encore tenir me quitte.

- Je suis désolée... Pour ton griffon. Je n'aurais pas eu la foi de me battre sans lui...

Sans Mirage. Et peut-être sans lui aussi, non plus.
Je tends une main hésitante, et n'achève pas mon mouvement.
Oui. Je suis en vie, grâce à lui.

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Message Sujet: Re: Colère et rancune   Ven 2 Déc - 0:24

Il n’entend rien. Pas de réponse. Faites qu’elle ne soit pas morte. Pas avant qu’il ait réussi à la sortir de là. Il ne sait si… s’il serait capable de supporter une autre mort. Même si celle-ci n’est pas de sa faute.
Ce n’est pas ainsi que Maelys doit mourir, victime d’un honteux sabotage orchestré par de sombres personnages suffisamment lâches pour agir dans l’ombre. C’est une guerrière, il l’a bien vu, et c’est à la bataille qu’elle doit mourir, le protégé de Kern en est convaincu. Il sent jusqu’au regard du dieu de la Guerre posé sur eux, guettant l’issue de ce dramatique tableau. Il est hors de question que le royaume de Sithis aujourd’hui s’enrichisse de la vie de Maelys.

Une voix hargneuse émerge de sous les derniers blocs qu’il doit déplacer, le faisant reprendre sa tâche avec frénésie : « Il s'appelle Mirage ! » Mirage, Mirage, Mirage le dragon. Il s’accroche à ce nom, quasi crié, avec la force du désespoir, jusqu’à retirer le dernier bloc de pierre le séparant de la Chevaucheuse. Recroquevillée, blessée, mais vivante, bien vivante. « Octavius... Merci. Je... te dois la vie. » Pas encore, qu’il veut répondre, pas encore, mais sa phrase le secoue plus qu’il le voudrait et peut-être, à quelque part, efface un peu du sang qui tache son nom. Dans une surprise qui l’ébranle.
Il n’a jamais sauvé quelqu’un.
Lui doit-elle vraiment la vie ?
Octavius respire fort, vite, autant qu’elle, son sang bat fort dans sa tête, et leurs regards ne peuvent se quitter, lorsque Maelys se retourne et le regarde. La douleur est sourde, dans tout son corps, engourdie par l’adrénaline et la peur, voisine de cet état qui peut atteindre la transe lorsqu’il est au cœur de la bataille. « Je suis désolée... Pour ton griffon. Je n'aurais pas eu la foi de me battre sans lui... Le geste de la jeune femme est inachevé, mais il attrape sa main avant qu’elle retombe. Il la serre sans doute trop fort, mais il en a trop peu conscience. Ça va, petite… ça va. » Petite, qu’il dit, écho du silence de Mirage, la voix touchée par ses mots. Il s’agenouille pour caller le corps de la Chevaucheuse contre son torse. Elle est presque trop légère entre ses bras, alors qu’il la soulève et qu’il se remet lui-même debout. Il n’y a pas de temps à perdre.

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