AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 De sang et de larmes | Hiémain

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
La Noblesse • Modo
avatar

Messages : 6818
J'ai : 31 ans
Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, régisseuse du harem, médecin

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Anthim, duc d'Erebor ; Augustus, empereur d'Ibélène
Mes autres visages: Ilse Tonnevent, Liselotte Passefil, Aurore Aubétoile
La Noblesse • Modo
Message Sujet: De sang et de larmes | Hiémain   Sam 27 Aoû - 14:15


Livre I, Chapitre 5 • Le Tournoi des Trois Opales
Hiémain de Sylvamir & Alméïde d'Erebor

De sang et de larmes

Tiens bon encore un peu. Pour elle.



• Date : 26 septembre 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Alméïde a appris ce qui est arrivé à Hiémain alors elle décide d'aller voir comment il va et de veiller sur lui pour éviter que son cas ne s'aggrave.


_________________
dialogues • mediumvioletred





To see a world in a grain of sand and heaven in a wild flower. Hold infinity in the palms of your hand and eternity in an hour.
William Blake


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse • Modo
avatar

Messages : 6818
J'ai : 31 ans
Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, régisseuse du harem, médecin

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Anthim, duc d'Erebor ; Augustus, empereur d'Ibélène
Mes autres visages: Ilse Tonnevent, Liselotte Passefil, Aurore Aubétoile
La Noblesse • Modo
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Sam 27 Aoû - 14:20

Il règne sur la pièce un silence de mort. La porte est lourdement gardée désormais et par la fenêtre, la lumière du jour décline lentement, rougeoyant à l'horizon, illuminant murs et sols d'une lueur écarlate d'une familiarité dérangeante. Le sang a été nettoyé, épongé. De nombreux médecins se sont précipités au chevet de la nouvelle victime d'une agression ignoble. Encore une oui. Duc ou champions, personne ne semble à l'abri de ces hommes et femmes qui œuvrent dans l'ombre pour mettre fin à ce Tournoi qu'ils estiment indigne. Les lettres de menaces et la multiplication des incidents n'y font rien pourtant ; l'épreuve aura lieu le lendemain, comme prévu, et ça a de quoi en angoisser plus d'un. Vont-ils tenter quelque chose durant l'épreuve elle-même ? Seraient-ils capables d'attenter à la vie des champions sans se soucier d'atteindre le public innocent qui se presse pour les voir ? Quelles mesures sont mises en place pour éviter qu'un tel drame se produise ? Tant de questions qui tournent encore et encore dans l'esprit de la princesse d'Erebor tandis qu'elle entre dans la chambre où le champion de Valkyrion est allongé, entre la vie et la mort. Ses deux gardes restent à l'entrée, s'ajoutant à ceux déjà présents, puis la porte se referme en douceur. Alors le cœur d'Alméïde se serre face à cette vision qui éveille en elle un mélange d'émotions, vacillant entre une colère sourde et une tristesse sans nom. Colère envers ceux qui ont osé accomplir un tel geste. Tristesse envers les deux silhouettes allongées sur le lit, presque entremêlées.

Elle s'avance sans un bruit, dépose son matériel sur la table et s'approche du lit où Mélusine est profondément endormie contre son fiancé, dont la respiration semble difficile. Son corps est couvert de bandages, son visage est blanc comme neige et une fine pellicule de sueur recouvre son front. D'autres médecins se sont bien occupés de lui, mais Alméïde a à cœur de veiller à ce qu'il passe la nuit. Et les suivantes. Pour la jeune femme à l'allure bien fragile, ainsi prostrée sur le lit, des traces de larmes marquant encore ses joues pâles.

L'Erebienne pousse un soupir discret et s'assoit près d'elle. Doucement, sans geste brusque, elle la serre contre elle, l'enveloppe de ses bras et la fait pivoter lentement dans le lit jusqu'à ce qu'elle se soit détachée complètement de son compagnon. Mélusine s'agite légèrement dans son sommeil, elle laisse échapper quelques sons incompréhensibles et s'accroche de toutes ses forces à l'oreiller qu'Alméïde place entre ses mains. Sans un mot, un sourire triste accroché à ses lèvres, elle la recouvre d'un drap et la laisse se reposer. Désormais, elle peut s'occuper du baron de Sylvamir.

Contournant le lit, elle débarrasse tout d'abord la table de chevets de tous ses éléments inutiles. Elle s'empare de la carafe d'eau qu'elle s'est procurée elle-même, en vide la moitié dans une bassine et la dépose à ses côtés. De son sac, elle en retire de nombreuses potions, des bandages, du tissu propre et tout ce qui pourrait lui être utile. Elle s'empare alors d'une chaise et s'assoit près de lui. À l'aide d'un tissu qu'elle humidifie, elle rafraîchit tout d'abord son visage, son cou, ses épaules. Son front est chaud et elle redoute l'infection alors elle décide de vérifier chaque bandage, chaque blessure. Le linge humide est déposé sur son front et lentement, elle défait un premier pansement pour s'assurer que la plaie a été suffisamment nettoyée. Elle remarque alors que l'une des blessures saigne encore et elle s'apprête à en changer le bandage lorsqu'elle le voit cligner des yeux à plusieurs reprises, remuant dans le lit. « N'ayez crainte, je ne fais que changer vos bandages. » murmure-t-elle, désireuse de ne pas éveiller Mélusine, endormie à ses côtés. « Je suis désolée, je ne voulais pas vous réveiller. » Puis, avec inquiétude : « Comment vous sentez-vous ? » Mal, très certainement. Mais la question n'est pas posée à la légère. Toute indication de son état pourra l'aider à mieux prendre soin de lui. Et c'est tout ce qui lui importe. Pour Mélusine.

_________________
dialogues • mediumvioletred





To see a world in a grain of sand and heaven in a wild flower. Hold infinity in the palms of your hand and eternity in an hour.
William Blake


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 246
J'ai : 34 ans
Je suis : baron de Sylvamir, voleur de la Cour des Miracles, ancien Fils des Ombres

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles et Astrid, duchesse de Valkyrion
Mes autres visages: Denys du Lierre-Réal, Anthim d'Erebor, Rackham l'Îlien et Joséphine Siguardent
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Dim 28 Aoû - 1:36

Si lente est sa respiration. Faible, c’est à peine si on le voit bouger, si l’on perçoit les mouvements naturels qui devraient faire s’élever son torse. Il est pale Hiémain, plus que d’habitude, plus que la normal. Et à le regarder, on pourrait croire que la vie a déserté son corps abandonné à un sommeil lourd, profond, mais qui n’a rien de réparateur et ne semble être qu’un avant goût au voyage prévu par Sithis dans l’au delà. Il ne rêve pas, il ne pense pas, il n’y a rien. Rien qu’un immense puits sans fond et sans sensation. Sans espoir. Il ne saurait dire s’il a conscience de quelque chose. Mais le peu de fois où ses yeux se sont ouverts, c’était pour observer une lumière agressive, observer des tâches colorées s’agiter pour retomber un peu mieux dans les ténèbres. Il avait entendu des voix sans les reconnaître, n’avait même pas eu le temps de se poser des questions qu’il sombrait toujours un peu plus. Au moins, dans cette noirceur, il n’y avait pas de douleur. Ce n’était peut être pas si mal.

Tu n’as pas le droit d’abandonner.

Ça serait pourtant si facile. Mais abandonner ne faisait pas parti des caractéristiques de Hiémain. Autrefois peut être, lorsqu’il avait fuit ses responsabilités pendant tant d’années. Mais aujourd’hui, quelque chose de précieux le rattachait à l’existence, à la vie. Il avait une lumière pour le guider, un astre pour le réchauffer, une main tendue pour le rattraper. Un espoir de futur qui était sur le point de se réaliser, et ça, même dans l’infinie de l’inconscience, il ne peut le lâcher. Cette chose qu’il a mit si longtemps à obtenir et à accepter… jamais. C’est elle qui le ramène toujours à la surface.

« Mélusine… »

Sa voix, faible, éraillée, tirée par une sécheresse dans la gorge. Il se sent si mal. Si faible. Et il n’est pas sur de pouvoir tenir malgré les bruits qu’il entend et la silhouette qu’il perçoit à moitié. Il a chaud et froid en même temps, et le plus infime mouvement est une torture. Mais c’est son nom à elle qui résonne en premier à travers le brouillard. C’est elle, encore une fois, qui l’a ramené. Mais ce n’est pas elle, sa Mélusine, qui lui fait face. Elle est penchée sur lui, cette silhouette à la peau un peu sombre, observant quelque chose sur son poignet…

Tu te souviens ?

Que trop bien oui. L’impuissance, le malaise. La peur qui tiraille, celle de mourir mais aussi de savoir qu’il ne pourrait rien faire si Mélusine était aussi attaquée. Il se souvient de ces silhouettes qui l’ont empêchées de bouger, usant de magie pour le piéger dans la prison de son esprit. C’est impuissant que Hiémain les a observé le mutiler, le tuant lentement à petit feu… Et sans Stellaire… il serait mort dans le silence le plus total. S’il avait été plus fort, il en aurait serré le poing et grincé des dents, hurlé sa rage et sa honte… mais il n’avait plus la force de rien. Il se sentait si faible, et la voix de l’inconnue le ramène à la réalité.

Alméïde. Une longue respiration éclaire ses poumons. Du mieux qu’il peut, il observe la jeune femme, venue sans doute s’occuper de lui. Comment il se sentait ? « Mal. » Le mot franchit lentement ses lèvres, sincère, même si ça lui coûte de l’avouer. Il n’est pas du genre à se plaindre, le Hiémain, et certainement pas aux personnes qu’il connaît peu. Oh il devrait pourtant la connaître, la princesse du désert, Mélusine lui parle si souvent d’elle. Mais jamais encore ils n’avaient eu l’occasion de converser. Et pour une première fois, on faisait mieux. Il pourrait presque en rire avec mépris si il en avait eu le pouvoir. « J’ai chaud… et froid. » Si terrible de ne pas trouver les mots pour expliquer ce qu’il ressentait. Il voulait bien aider la jeune femme en lui indiquant au mieux, mais ce n’était guère facile. « Je… » Il manque déjà tant de souffle. A quel point était-il mal ? Il n’était pas médecin lui même, mais son état était, semble-t-il des plus préoccupants. Au fond de lui, il percevait clairement l’inquiétude de Stellaire resté silencieux. « Comment va-t-elle ? » Les mots à nouveau sont hachés, lentement prononcés, mais clair sur ce qu’il veut savoir. Il n’a pas encore remarqué -  les forces lui manquent tant – qu’elle est là, sa Mélusine, un peu plus loin sur le lit à dormir dans la crainte et la peur.

_________________

Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.



Dernière édition par Hiémain de Sylvamir le Jeu 1 Sep - 20:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse • Modo
avatar

Messages : 6818
J'ai : 31 ans
Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, régisseuse du harem, médecin

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Anthim, duc d'Erebor ; Augustus, empereur d'Ibélène
Mes autres visages: Ilse Tonnevent, Liselotte Passefil, Aurore Aubétoile
La Noblesse • Modo
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Mer 31 Aoû - 9:30

« Mal. » parvient-il à articuler avec une franchise qui fait naître un sourire sur les lèvres du médecin. Un sourire qui se veut rassurant, malgré le chagrin qui transparaît dans ses traits. Elle l'observe sans un mot, examinant ses blessures d'un regard expert et elle ne parvient pas à comprendre comment il est possible d'infliger un tel supplice à qui que ce soit. Ils auraient pu le tuer, lui trancher la gorge et s'arrêter là. Mais leurs blessures avaient pour but la souffrance, pas uniquement physique. Les marques à son poignet, plus que les autres, l'affligent terriblement alors qu'elle se l'imagine en train de se vider de son sang avec lenteur. Comment ils sont parvenus à entrer dans sa loge et à l'agresser de cette manière ? Personne ne semble avoir une réponse satisfaisante et pourtant, il est bien là, sous ses yeux, balançant entre la vie et la mort. Que Callia veille sur lui. Sur cet homme qui rend heureuse sa Mélusine. Qui a un enfant à venir et qu'il doit – par tous les dieux, il le doit – voir grandir. Cet homme qu'elle ne connaît que par les mots que l'extravagante marquise a couchés sur le papier ou prononcés tant et tant de fois. Alméïde se rappelle sa détresse, son chagrin, lorsque le baron s'était envolé sans jamais donner de nouvelles. Et elle se rappelle sa joie immense quand il est réapparu dans sa vie. Elle songe, dans un coin reculé de son esprit, qu'elle voudrait apprendre à mieux connaître celui qui rend son amie si heureuse mais que le Destin a un sens de l'humour douteux. Cette première rencontre n'aurait pu avoir lieu sous un signe plus défavorable. Et pourtant...

« J’ai chaud… et froid. » Elle acquiesce, lui fait comprendre qu'elle a bien saisi. Il a perdu beaucoup de sang, la faiblesse de son corps se fera ressentir encore plusieurs jours et elle doit avant tout veiller à ce que ses blessures se referment bien sans s'infecter. La chaleur de son front s'est apaisée et elle espère que ce n'était pas un signe de fièvre ; elle examinera chaque blessure avec minutie de toute manière, nettoiera les plaies avec soin, les recouvrira de ses meilleurs onguents. Il n'est pas question qu'il meure sous sa surveillance.

« Je… » « Doucement. Vous avez perdu beaucoup de sang, il faut vous ménager. » répond-elle avec douceur, retournant le tissu humide sur son front afin d'y apposer le côté encore frais. « Comment va-t-elle ? » Presque malgré elle, Alméïde esquisse un mince sourire. Il a bien mérité son Opale blanche, lui qui met les intérêts des autres avant les siens, même à l'instant le plus critique. Alors la princesse tourne son regard vers la silhouette allongée près d'eux puis revient sur les prunelles d'un bleu profond. « Elle s'est enfin endormie. » le rassure-t-elle, lui laissant le temps de bien absorber ses paroles. « Ils ont mis du temps à la calmer, mais je crois que l'épuisement a eu raison d'elle. » La peur et le chagrin ont drainé toute son énergie. Son cœur se serre de la voir ainsi alors qu'elle devrait avoir droit, elle aussi, à du calme et du repos.

La princesse lui adresse un sourire désolé. « Je vais examiner vos plaies. Essayer de rester tranquille. » conseille-t-elle avec douceur mais fermeté. Elle saura agir aussi rapidement que possible pour éviter de lui causer plus de douleur que nécessaire, mais elle est obligée de passer par là. Commençant par le bandage entourant le poignet, dans un geste habile et précautionneux, elle rompt à nouveau le silence d'une petite voix mal assurée : « Est-ce que... est-ce que vous vous souvenez de ce qu'il s'est passé ? » Elle est curieuse Alméïde, mais ce n'est pas une simple curiosité morbide qui la pousse à savoir. Ces attentats n'ont que trop duré et elle songe encore à ceux qui s'en sont pris à Sitara la veille et à d'autres champions les jours précédents. Et elle veut que ça s'arrête, tout simplement.

_________________
dialogues • mediumvioletred





To see a world in a grain of sand and heaven in a wild flower. Hold infinity in the palms of your hand and eternity in an hour.
William Blake


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 246
J'ai : 34 ans
Je suis : baron de Sylvamir, voleur de la Cour des Miracles, ancien Fils des Ombres

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles et Astrid, duchesse de Valkyrion
Mes autres visages: Denys du Lierre-Réal, Anthim d'Erebor, Rackham l'Îlien et Joséphine Siguardent
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Jeu 1 Sep - 20:36

Il acquiesce, même si c’est difficile d’accepter un tel état de faiblesse. Mais plus terrible, se souvenir avec exactitude de cet instant… ce moment où l’impuissance totale s’est emparée de son corps, entravé par la magie, incapable de se battre, incapable de répliquer et incapable de se protéger. Il avait mal Hiémain, autant physiquement que moralement, et plus que la frustration, c’était la peur qui désormais s’emparait de lui. Elle n’était pas visible, son visage restait de la glace éternelle des hauts glaciers de Valkyrion. Mais elle était bien là, ancrée en lui tandis qu’il songeait à ce qui allait arriver maintenant. Il n’était pas dupe, il savait que sa vie était encore en équilibre, loin d’être épargnée des mains de Sithis. Il n’est pas idiot et il n’est pas non plus parfaitement optimiste. Et c’est cela qui l’inquiète… et s’il ne survivait pas ? Qui veillerait sur Mélusine ? Qui pourrait la protéger ?

Cesse de penser à cela mon garçon. Je refuse d’entendre des pensées aussi sombres.

Il ne répond pas à Stellaire, mais il sait que le dragon millénaire devine le fond de sa pensée. Il le connaît trop bien, le vieux Stellaire, et son sérieux actuel lui fait bien croire qu’il ne l’abandonnera pas. C’est sa voix qu’il a entendu bien souvent dans les songes lourds de l’inconscience. Sa voix qui l’a ramené jusqu’à la lumière de Mélusine. Sa Mélusine… Difficilement, le baron suit le regarde de la princesse du désert, tournant la tête malgré le peu de force qu’il lui reste. S’il le pouvait, il prendrait sa main dans la sienne, mais le contact l’éveillerait surement. Elle aussi à besoin de se reposer. Et les paroles d’Alméïde lui confirme tout ce qu’il pense. Pauvre d’elle… de si vives émotions ne sont pas bonnes pour son état actuel. Et si le sien est plus préoccupant, il ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour elle.

Nous veillons sur vous, Fantasme et moi.

Et cela à quelque chose de rassurant. Un instant, il ferme les yeux, de nouveau prit de fatigue. La tête lui tourne, les tympans sifflent et tapent douloureusement. Le linge humide sur son front produit quelques améliorations, mais rien qui ne soit significatif. Pas assez du moins. Bien malgré lui, il rouvre les yeux quand un tiraillement vient déranger ce qu’il lui reste de sensation. Non qu’Alméïde ne soit pas précautionneuse dans son travail, il ressent malgré tout une assez vive douleur. Elles sont profondes les entailles… cela lui arrache une légère grimace crispée mais il obéit, il reste tranquille. Et Hiémain essaie d’oublier le reste, en répondant à la question de la jeune femme.

« Oui. J’ai vu leurs silhouettes penchées sur moi, usant de la magie pour entraver mon corps… Je n’ai pas vu leurs visages. »

Il a seulement subit leur attaque impuissant. Elle en grognerait presque sa voix, s’il avait pu, mais l’on y sent l’amertume et la colère qui gronde. Bien vite éteinte cependant, quand une nouvelle fois sa vision tangue et qu’il se sent prit d’une violente migraine. Il en souffle, s’arrête de parler. Et le simple fait de respirer lui retire toutes ses forces. Il lui fait quelques secondes pour se reprendre.

« Dites moi franchement Alméïde… dans quel état suis-je ? » Même s’il n’abandonne pas, il n’est pas optimiste, le sombre et froid baron de Sylvamir. Et il besoin de savoir, il a besoin d’entendre les chances qu’il lui reste, car aux vues de ce qu’il ressent et son état actuel, il n’est pas certain que toutes les chances soient de son côté. Au fond de lui, Stellaire grogne, il perçoit son irritation. Et plus discrètement, il pourrait presque percevoir la désapprobation d’Obéron. Mais qu’importe. Il continue, difficilement, la voix un peu plus sèche, un peu plus éteinte. « Elle vous fait confiance et… elle tient énormément à vous. » Il n’a pas besoin de préciser de qui il parle ni de la couver de son regard pour savoir qu’il s’agit de Mélusine. « Elle me parle très souvent de vous Alméïde vous savez. Si je… » Le prononcer est difficile, mais il a besoin de le dire. « Si ces blessures ont raison de moi, elle aura besoin de vous Alméïde, plus que jamais. » Vous devez veiller sur elle. Mais ça il n’a pas encore la force de l’avouer. Peut-être par fierté, peut être aussi parce qu’il a encore cette flamme qui refuse définitivement d’abandonner.

_________________

Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse • Modo
avatar

Messages : 6818
J'ai : 31 ans
Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, régisseuse du harem, médecin

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Anthim, duc d'Erebor ; Augustus, empereur d'Ibélène
Mes autres visages: Ilse Tonnevent, Liselotte Passefil, Aurore Aubétoile
La Noblesse • Modo
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Lun 5 Sep - 23:03

Il semble si faible à l'instant, lui qui paraissait si fort quelques jours plus tôt, au cœur de cette arène. La vie tient à si peu de choses, Alméïde se le rappelle parfois avec peine et horreur, car il n'est pas rare qu'en tant que médecin elle soit confrontée à cette triste réalité. Elle observe la peau exsangue, elle examine les plaies en douceur, les nettoyant rapidement mais sans brutalité lorsqu'elle le juge nécessaire. Et elle garde le silence en effectuant ces gestes si naturels, nés de l'habitude, mais qui continuent à lui serrer le cœur.

« Oui. J’ai vu leurs silhouettes penchées sur moi, usant de la magie pour entraver mon corps… Je n’ai pas vu leurs visages. » Elle grimace légèrement à ces mots, la princesse. Des silhouettes masquées. Des hommes sans visage. Des personnes sans scrupule usant de leur magie pour des actes innommables. Alméïde sent poindre en elle une vague de colère et d'injustice ; comment ont-ils pu laisser passer de tels actes ? Que font les autorités bellifériennes ? Ont-ils si peu de considération pour leurs invités et leurs champions ? Ou sont-ils tout aussi dépassés ? Ce Tournoi est décidément placé sous les signe de la violence est des agressions, du sang et des larmes. Elle affiche un air sincèrement désolé et une profonde indignation luit dans son regard. Puissent-ils être retrouvés et punis en conséquence !

« Dites moi franchement Alméïde… dans quel état suis-je ? » Elle relève les yeux pour retrouver les siens. Toujours cette question. Toujours, elle franchit les lèvres de ceux qui se retrouvent sous ses soins, si tant est qu'ils aient subi de graves blessures. Elle ne détourne pas le regard pourtant. Elle affronte les perles d'azur qui ne la lâchent pas, dans l'attente d'une réponse franche de sa part, et elle n'a pas l'intention de se dérober. « Votre état est préoccupant. » répond-elle sans ambages, reportant son attention sur le poignet qu'elle entoure d'un bandage propre après avoir appliqué un peu d'onguent sur la plaie. Le geste est habile et précis, mais son esprit est préoccupé.

« Elle vous fait confiance et… elle tient énormément à vous. » Cette fois, elle évite soigneusement son regard tandis que ses joues se parent d'une très légère teinte rosée. Le lieu et le moment ne s'y prêtent guère, mais c'est plus fort qu'elle quand elle songe à tout ce que Mélusine lui a avoué au cœur de sa demeure. Aveux aussi inattendus que précieux pour la princesse qui ne sait quelle attitude adopter. « Elle me parle très souvent de vous Alméïde vous savez. Si je…  Si ces blessures ont raison de moi, elle aura besoin de vous Alméïde, plus que jamais. » Ces quelques mots lui font plus mal qu'elle ne l'aurait cru et elle relève les yeux pour le regarder avec surprise et consternation. « Vous allez vous en sortir. Il n'est pas question qu'il vous arrive quoi que ce soit tant que je peux l'éviter et je vous interdis d'abandonner. Elle ne s'en remettrait jamais. » Peinée mais autoritaire, Alméïde ne lâche pas son regard, tentant d'y insuffler toute l'assurance dont elle est capable en cet instant douloureux. Elle tente de ne pas s'attarder sur les informations superflues, de ne pas songer à ce que Mélusine a pu lui dire sur elle, en quels termes ils ont pu la mentionner. Tout cela n'a aucune importance à cet instant.

« Je vous promets de veiller sur elle si vous me promettez de ne pas baisser les bras. Votre état est préoccupant, certes, mais je reste confiante ; vous allez vous en sortir et vous vivrez encore bien des années pour voir votre enfant grandir. » Elle parvient même à lui adresser un mince sourire, teinté de cet optimisme qui se dessine sur chacun de ses traits. Puis elle examine une autre plaie tandis qu'à leurs côtés, Mélusine s'agite doucement dans son sommeil et prononce quelques paroles inintelligibles. Un sourire amusé fend ses lèvres. Pourvu qu'elle parvienne à se reposer. Toutes ces émotions fortes vont la rendre malade si ça continue.

_________________
dialogues • mediumvioletred





To see a world in a grain of sand and heaven in a wild flower. Hold infinity in the palms of your hand and eternity in an hour.
William Blake


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 246
J'ai : 34 ans
Je suis : baron de Sylvamir, voleur de la Cour des Miracles, ancien Fils des Ombres

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles et Astrid, duchesse de Valkyrion
Mes autres visages: Denys du Lierre-Réal, Anthim d'Erebor, Rackham l'Îlien et Joséphine Siguardent
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Mar 20 Sep - 17:03

Préoccupant. De cela, il en était presque certain Hiémain, mais l’entendre dit avec assurance et franchise par une personne qui s’y connaissait, c’était autrement plus fort. Mais il n’a ni expression de peur, ni tristesse qui vient trahir les sentiments qui tenaillent son cœur. Il même, du mieux qu’il peut, un maigre sourire, comme un merci formulé silencieusement. Mais préoccupant ne veut pas dire désespéré n’est-ce pas ? Il n’a pas le droit d’abandonner si facilement, même si la douleur et l’appréhension lui font voir les choses sous un angle bien différent. Les yeux posés sur Mélusine, un instant, juste un, avant d’accrocher ses prunelles à celles autoritaires d’Alméïde, tentant à raison de lui faire oublier ces noires pensées, de ne pas songer à la défaite alors qu’elle n’était pas encore annoncée.

« Je ne veux pas qu’elle souffre ou qu’elle soit malheureuse à cause de moi. Je lui ai déjà fait tant de mal. »

Il l’avait déjà abandonné une fois, et elle avait eu tant besoin de cette amie chère pour la soutenir. S’il disparaissait de nouveau, ce qu’il n’espérait certes pas bien évidemment, laisser sa Mélusine solitaire lui était insoutenable. Pourtant, l’optimisme éclatant de la princesse du désert parvenait quelque peu à réchauffer la glace qui encerclait le cœur du baron blessé. Ce pessimisme qui le caractérisait lui se voulait pragmatique aux vues de la situation, mais il n’était après tout que la victime emplie de souffrances et fatigue. Réfléchir posément, il ne le pouvait pas encore, Hiémain. Il ne parvenait qu’à laisser transparaitre l’inquiétude. L’inquiétude profonde pour celle qu’il aimait. Mais au sourire d’Alméïde, il répond en acquiesçant. Elle avait raison.

« Je peux vous promettre ça. »

Ne pas baisser les bras. Il l’avait déjà fait, il s’était déjà ardemment battu, il pouvait recommencer. Tout ce dont il voulait être sûr, c’était qu’elle, sa Mélusine soit entre de bonnes mains. Elle était bien plus fragile qu’elle ne le laissait paraître, il le savait. Il la connaissait trop bien, sa Mélusine. Elle chahute dans son sommeil, lourd et loin d’être réparateur, mais à l’observer, voir son regard trahissant des rêves agités, il ne peut empêcher son visage de se fendre d’un sourire bienveillant et protecteur, malgré les cernes et la pâleur de ses traits qui faisaient peine à voir.

« Notre enfant… J’ai encore tant de mal à me faire à cette idée et pourtant c’est si merveilleux. Elle est si rayonnante ainsi. »

Elle l’avait toujours été à ses yeux, sa Mélusine, mais plus encore depuis qu’ils avaient apprit qu’elle était tombée enceinte. Sa fée solaire illuminait naturellement tout sur son passage, la voir si abattue était si triste, il avait l’impression qu’à nouveau son cœur se formait de glace. Les mots avaient été murmuré comme une confession, Hiémain pourtant se confiant bien peu, mais la douce Alméïde était dame de confiance, et sa chaleur était toute aussi réconfortante. Il comprenait pourquoi sa Mélusine s’était tant reposée sur elle, jusqu’à avoir des sentiments plus… éloquents que la simple amitié. Il n’en fit pas mot, tel n’était pas son rôle et il n’en avait guère la force. Pour autant, s’il pouvait être jaloux, il ne l’était pas tout à fait de cette princesse du désert. Se tournant vers elle tandis qu’elle finissait de changer ses bandages, il l’observa en silence plusieurs minutes durant, sans dire un mot. Puis quand elle eut fini, il reprit.

« Assisterez-vous à l’épreuve demain ? »

_________________

Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse • Modo
avatar

Messages : 6818
J'ai : 31 ans
Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, régisseuse du harem, médecin

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Anthim, duc d'Erebor ; Augustus, empereur d'Ibélène
Mes autres visages: Ilse Tonnevent, Liselotte Passefil, Aurore Aubétoile
La Noblesse • Modo
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Sam 1 Oct - 17:55

Un poids douloureux semble peser sur les épaules du Kyréen et elle aperçoit dans son regard la peine, le pessimisme qui transparaît également dans ses paroles. Il n'est pas le premier patient qu'elle voit qui se sent condamné, et parfois, ils ont raison de le croire. Mais Alméïde n'est pas de ceux qui baissent les bras aussi facilement. En son être luit une flamme d'optimisme et d'espoir qui n'est pas prête de s'éteindre, quels que soient les malheurs auxquels elle peut être confrontée. Elle le sait, il est capable de s'en remettre, il est solide et il ne lui manque plus que des soins attentifs et la conviction de pouvoir échapper aux bras tentateurs de Sithis et à sa promesse d'un repos bienvenu. Non, au lieu de ça, il devra s'accrocher, ce sera long et douloureux, mais elle sera à ses côtés à chaque instant s'il le faut. Pour Mélusine avant tout. Mais aux paroles qui suivent, pour lui également.

« Je ne veux pas qu’elle souffre ou qu’elle soit malheureuse à cause de moi. Je lui ai déjà fait tant de mal. » Elle reste silencieuse, la princesse. Interdite face à ces mots qui lui serrent le cœur et qui ne lui rappellent que trop bien le chagrin de son amie lorsqu'il est parti sans un mot. Sans le réaliser, elle lui en a également voulu de faire ainsi souffrir cette femme qu'elle chérit tant et elle s'est demandée, lorsqu'il est revenu, si elle avait fait le bon choix. Ne pourrait-il pas, encore une fois, lui faire du mal ? Il semble pourtant que le baron en est non seulement conscient, mais qu'il regrette et ce simple constat le fait apparaître à ses yeux sous un tout nouveau jour. Indulgente, attendrie également de voir Mélusine aussi rayonnante depuis le retour de Hiémain, elle ne peut qu'admettre qu'il doit être quelqu'un de bien, malgré tout. Alors oui, elle restera à ses côtés, elle veillera à ce qu'il se remette des blessures qu'on lui a infligé et elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour qu'il se batte jusqu'au bout.

« Je peux vous promettre ça. » « Bien. » Un sourire fend ses lèvres. Pour elle, c'est déjà une victoire, un premier pas vers la guérison. À eux deux, ils devraient y parvenir. « Notre enfant… J’ai encore tant de mal à me faire à cette idée et pourtant c’est si merveilleux. Elle est si rayonnante ainsi. » À nouveau, le regard de la princesse se tourne vers la silhouette endormie de Mélusine et elle acquiesce, songeuse. Rayonnante oui, c'est le mot. Une étincelle de vie et de joie, voilà ce qu'elle a toujours été à ses yeux. Une aura éblouissante qui réchauffe tout ce qu'elle touche, avec parfois une intensité difficile à canaliser, mais elle lui fait toujours retrouver le sourire, sa douce amie.

Le silence retombe sur la pièce, paisible, alors qu'elle termine son inspection des blessures. Une fois la tâche terminée, elle repose ses affaires puis se tourne vers lui lorsqu'il s'adresse à elle. « Assisterez-vous à l’épreuve demain ? » Alméïde hoche lentement la tête, son regard exprimant clairement son ressenti. « Non, je n'aime pas beaucoup toute cette violence. Je ne sais pas ce que les Faës ont préparé mais je n'ai pas très envie de le découvrir. » La première épreuve a été assez pénible comme ça sans qu'elle ne s'inflige à nouveau un si terrible spectacle. Et puis, elle aura des yeux et des oreilles sur place qui la tiendront au courant si ça se déroule mal, n'est-ce pas ? « Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais rester ici, surveiller votre état. J'ai... J'aurais au moins le sentiment d'être utile. » Un mince sourire étire ses lèvres alors qu'elle se lève, essuyant ses mains à l'aide d'une cruche remplie d'eau laissée à disposition. « Je vais vous préparer un peu de thé, ça vous fera du bien. »

_________________
dialogues • mediumvioletred





To see a world in a grain of sand and heaven in a wild flower. Hold infinity in the palms of your hand and eternity in an hour.
William Blake




Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Lun 21 Nov - 23:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 246
J'ai : 34 ans
Je suis : baron de Sylvamir, voleur de la Cour des Miracles, ancien Fils des Ombres

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles et Astrid, duchesse de Valkyrion
Mes autres visages: Denys du Lierre-Réal, Anthim d'Erebor, Rackham l'Îlien et Joséphine Siguardent
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Lun 21 Nov - 12:20

Penser à l’avenir était un bon moyen de ne pas se laisser submerger par le présent. Lequel était très dur pour Hiémain à cet instant, même si les bons soins d’Alméïde avaient doucement calmé les tiraillements de ses plaies et que la fièvre c’était mise à reculer. Comme il aurait aimé pouvoir prendre la main de Mélusine juste une seconde, se projeter dans cet avenir qu’ils avaient tous deux milles fois imaginés et de façons si différentes à chaque fois. Pour lui qui avait toujours abandonné le passé sans réellement se tourner vers le futur, songeant toujours à l’instant présent, c’était quelque chose de nouveau qu’il n’avait guère envie de laisser filer. Il pourrait maudire le Destin d’être aussi cruel avec lui, depuis presque toujours d’ailleurs. Même si les moments à la Cour des Miracles avaient été les plus beaux et les plus lumineux, rien n’éclairait plus son chemin que Mélusine et son retour dans sa vie. Même s’il n’était pas d’un naturel optimiste et naïf, trop pragmatique, les paroles d’Alméïde et cet objectif qu’il ne comptait pas laisser tomber lui redonnait, non pas l’espoir – il ne l’avait pas abandonné – mais de la force. Celle de se battre.

Elle n’ira pas. Ça n’a rien d’étonnant. Et au delà de cette défection pour la violence, il pense pouvoir lire en elle l’envie de veiller certes sur lui, mais certainement aussi sur Mélusine, qui elle non plus d’ailleurs n’irait pas assister à la seconde épreuve. Quand bien même y avait-il des personnes là bas qu’elle connaissait et qu’elle appréciait, il doutait qu’elle l’abandonne pour aller voir ce qui n’était qu’un rude combat. Quoiqu’il n’en savait rien, la seconde épreuve était du ressort des mages de Faërie. Si la première épreuve était purement physique… qu’en serait-il de la deuxième ? Il n’osait guère y songer, même s’il ne put s’en empêcher l’espace d’une seconde, envoyant une prière à ceux qui demain seraient sur le sable de l’arène. Ceux là même qui avaient été ses compagnons pour une bataille.

« Nous le saurons bien assez tôt. »

Après tout, Stellaire ne manquerait certainement pas de lui faire part de ce qu’il allait voir dans le colisée. Même s’il percevait encore et toujours l’inquiétude du vieux dragon, celui-ci restait un grand bavard, parfois pas toujours dans les meilleurs moments d’ailleurs.

Il a un sourire pour elle, Hiémain, juste un petit rictus bienveillant quand elle propose de rester ici, auprès d’eux. Il serait bien en peine de refuser une telle proposition, et Mélusine serait surement plus rassurée si elle était ici avec eux plutôt que dans les gradins de cette maudite arène.

« Bien sûr, vous êtes la bienvenue. Nous serons tous plus rassurés de vous savoir ici je pense. » Il ignorait si elle était l seul médecin à qui l’on avait confié sa vie, sans doute pas considérant son amitié avec la duchesse Astrid qui avait du mobiliser quelques kyréens, mais Alméïde était une dame de confiance, et surtout l’amie de Mélusine. Celle-ci accepterait bien mieux la princesse du désert que les personnes envoyées par la duchesse de Valkyrion qu’elle devait maudire bien vivement. « Merci. »

Il n’a pas grand chose à ajouter. La perspective de boire du thé le laisse assez indifférent en vérité, et il ne sait pas trop s’il aura l’envie et la force de le boire. Mais il ne dit rien de plus et si c’est supposé l’aider, il ferait bien un effort pour cette boisson qui n’était que trop peu à son gout. Force est de constater de toute façon que la fatigue continue de batailler sur son esprit, et peu à peu, il lui est difficile de rester conscient, quand bien même le voudrait-il.

_________________

Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse • Modo
avatar

Messages : 6818
J'ai : 31 ans
Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, régisseuse du harem, médecin

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Anthim, duc d'Erebor ; Augustus, empereur d'Ibélène
Mes autres visages: Ilse Tonnevent, Liselotte Passefil, Aurore Aubétoile
La Noblesse • Modo
Message Sujet: Re: De sang et de larmes | Hiémain   Mar 22 Nov - 0:25

Elle n'aime pas beaucoup songer à l'épreuve du lendemain, la princesse des dunes. Cette mise en scène de la violence ne lui plaît pas et elle ne s'en cache guère ; elle est médecin et elle a juré de soigner, de protéger, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Sa seule présence ici est motivée par le désir d'accompagner et de soutenir son frère durant ce voyage diplomatique important et l'opportunité de retrouver des connaissances d'autres duchés qu'elle n'a pas l'occasion de voir souvent, à son plus grand malheur. Les épreuves, en vérité, ne l'intéressent pas. Elle est fière, bien sûr, que la championne d'Erebor soit parvenu à gagner une Opale, mais son intérêt s'arrête là.

« Nous le saurons bien assez tôt. » Elle acquiesce doucement, sans un mot. Justice ne manquera pas de surveiller ce qu'il se passe dans l'arène. Il partagera certainement ses commentaires avec Simon qui, elle le sait, doit être déçu de ne pouvoir y assister à travers ses yeux, en fier combattant qu'il est et en homme à la curiosité insatiable. Néanmoins, elle a à coeur de veiller sur Hiémain et, ce faisant, sur Mélusine également.

« Bien sûr, vous êtes la bienvenue. Nous serons tous plus rassurés de vous savoir ici je pense. » Un sourire tendre orne ses lèvres à ces mots. Les Bellifériens ont de très bons médecins, des chirurgiens réputés, mais elle se sent plus rassurée de rester à leurs côtés. Le remerciement du Kyréen lui fait baisser la tête un instant, timide, mais elle retrouve rapidement son regard clair. Puis le silence retrouve ses droits alors qu'elle s'affaire discrètement dans la pièce, afin de ne pas réveiller son amie qui dort désormais à poings fermés. Elle fait chauffer de l'eau, cherche à le ménager en le laissant en paix. Seul le temps aura raison de ses blessures désormais. Le temps et le repos.

Alméïde l'aide à boire quelques gorgées du thé qu'elle a préparé puis le laisse à nouveau tranquille, marchant jusqu'à la fenêtre, posant son regard sur le ciel nocturne parsemé d'étoiles. Il ne faut pas plus de quelques minutes pour qu'elle perçoive la respiration régulière de Hiémain, à nouveau endormi, épuisé par les épreuves subies. Alors elle se retourne, s'appuyant contre la vitre, observant son patient et son amie d'un regard doux et attentif. Un sourire attendri se dessine sur ses lèvres devant cette vision ; ils semblent si paisibles dans les bras de Niobé. Puisse la déesse les accueillir en son royaume et prendre soin d'eux encore de nombreuses heures. Et puisse Callia s'allier à elle pour panser leurs blessures et apaiser leurs maux. La princesse finit par prendre place sur un fauteuil, près de la fenêtre, un ouvrage en main qu'elle lit à la lueur d'une bougie, gardienne silencieuse dans la nuit. Elle finit elle aussi par sombrer dans un sommeil quelque peu agité, éveillée seulement par les premiers rayons du jour, annonçant le début de la seconde épreuve.

_________________
dialogues • mediumvioletred





To see a world in a grain of sand and heaven in a wild flower. Hold infinity in the palms of your hand and eternity in an hour.
William Blake


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
De sang et de larmes | Hiémain
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Dans le sang et les larmes [Hunters + Aria Hinoi] [11-12/03/42]
» Le sang se lave avec des larmes et non avec du sang [PV]
» Du sang sur les mains, de l'alcool dans les veines...
» Erin ▬ Qui baigne ses mains dans le sang les laveras dans les larmes.
» Don de sang

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arven :: Ibélène :: Bellifère :: Hacheclair-
Sauter vers: