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 encore debout

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Le Pavillon Noir • Modo
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Message Sujet: encore debout   Sam 8 Oct 2016 - 23:01


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Maelys Aigrépine & Ilse Tonnevent

Encore debout

La tête haute et en un seul morceau. Ou presque.



• Date : 15 octobre 1001
• Météo : Le ciel est couvert mais il ne pleut pas encore. Le vent souffle du nord.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Ilse déambule dans les rues de Lorgol, cherchant de quoi occuper son après-midi. Elle tombe sur une échoppe de marchands de vin et cherche à acquérir quelques tonneaux pour l'Audacia quand Maelys arrive à son tour.
• Recensement :
Code:
• [b]15 octobre[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1344-encore-debout]Encore debout[/url] - [i]Maelys Aigrépine & Ilse Tonnevent[/i]
Ilse déambule dans les rues de Lorgol, cherchant de quoi occuper son après-midi. Elle tombe sur une échoppe de marchands de vin et cherche à acquérir quelques tonneaux pour l'Audacia quand Maelys arrive à son tour.


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Dernière édition par Ilse Tonnevent le Sam 8 Oct 2016 - 23:12, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: encore debout   Sam 8 Oct 2016 - 23:08

Le ciel couvert est d'un gris implacable. Les flots s'agitent, la houle tourbillonne et les vagues tourmentent les navires à quai. Ilse observe les allées et venues et marins au coeur du port de la Ville-Basse, l'esprit encore troublé mais allégé du poids des semaines écoulées. Les événements de Hacheclair ont laissé en elle une marque indélébile qui s'ancrent sur son âme et peuplent ses nuits d'images dérangeantes, de cauchemars insidieux. Elle se réveille parfois, la nuit, la vision de silhouettes masquées gravées sous ses paupières, ou celle de chevaux galopant, ruant dans les landes de son enfance. Elle revoit le sang de ses amis, plus encore que celui de ses ennemis. Celui de Marianne qui s'écoule sur le pont de l'Audacia et en imprègne chaque parcelle du bois, chaque veinure. Et alors la mer devient écarlate, le ciel devient sombre et la voix de Grim s'évanouit pour n'être plus qu'un lointain souvenir tandis qu'il dégringole en une nuée de plumes à l'horizon. Ces images se mêlent les unes aux autres, se superposent, se suivent chaque nuit, différentes et pourtant toujours semblables. Ilse masque les tourments sous des traits impassibles et elle dissimule de son côté taciturne tout ce qui pourrait éveiller les soupçons de ses camarades. Comme les autres, elle a fêté leur départ. Comme les autres, elle a pris plaisir à faire chanter les canons dans le port de Hacheclair. Et comme les autres, elle est fière d'avoir éveillé le courroux de la marine belliférienne. Pourtant, la nuit, les ombres la maintiennent éveillée.

À quai, Ilse frissonne et resserre les pans de son manteau sous les assauts du vent du nord. Elle se renfrogne à l'idée de ne pouvoir être d'une grande utilité ce jour-là, alors que les pirates chargent matériel et ressources diverses à bord de l'Audacia. Sous ses yeux, elle plie et déplie ses doigts aux os récemment ressoudés mais encore fragiles. Les guérisseurs lui ont conseillé de ménager ses efforts. Foutaises. Elle saurait certainement se débrouiller. J'me demande pourquoi on écoute une bande de guérisseurs puisque t'es soudainement devenue une experte. Ilse se renfrogne. J'm'ennuie. J'aime pas rester à rien faire. Alors va faire un tour en ville. Tu m'donnes mal au crâne à ronchonner dans ton coin. Elle pousse un soupir mais écoute son conseil. Bien. Un tour en ville alors, c'est parti.

Les ruelles de la Ville-Basse lui ont manqué bien plus qu'elle ne l'aurait cru pendant ces quelques jours à Hacheclair. Ici, pas de regards haineux ou dédaigneux sur son passage, pas de commentaires désobligeants de la part d'une grosse brute sans cervelle, pas de meutes d'hommes bavant devant la moindre femme qui passe sous leurs yeux. Ici, elle est de retour chez elle. Et bientôt, elle sera à nouveau sur les flots, là où est sa place. Pas dans une arène à jouer les singes savants pour un public avide de violence et de sang. Et elle se fait discrète Ilse, remontant sa capuche sur la tête, peu désireuse d'attirer l'attention de ceux qui pourraient la reconnaître comme championne de la Ville-Basse. Elle se moque bien de ne pas leur rapporter une Opale, elle veut juste éviter les félicitations suite au feu d'artifice et au sujet des merveilleux avis de recherche qui ont déjà fait leur chemin jusque dans la cité aux mille tours.

Elle déambule ainsi une heure durant, en début d'après-midi, voguant entre les tours et à travers les canaux. Elle s'arrête parfois devant l'étal d'un marchand ou dans une échoppe, jusqu'à parvenir dans l'une de celles qui vendent vin et alcools divers. Un instant d'hésitation et puis elle entre, rabattant sa capuche. Le navire a bien eu le temps de se vider de ses réserves durant les dernières semaines, quelques tonneaux supplémentaires ne leur ferait pas de mal.

Un tintement retentit au-dessus de la porte et dans l'arrière-boutique lorsque la pirate pénètre dans les lieux déserts. L'échoppe semble peu visitée et elle y jette un coup d’œil avisé, avançant parmi les articles proposés. Un homme apparaît derrière le comptoir et Ilse lui rend son salut, esquissant à peine un sourire. Elle s'avance donc, prête à marchander un peu. « Bonjour. Notre navire reprend la mer dans quelques jours et on cherche de quoi remplir la cale. Vous auriez quelque chose à nous conseiller ? » qu'elle demande avec l'assurance de celle qui n'en est pas à son premier essai. Et quand la clochette retentit à nouveau au dessus de la porte, elle ne songe même pas à se retourner.

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Message Sujet: Re: encore debout   Ven 4 Nov 2016 - 22:15

« Dame » des Quatre Vents ?
C'est seulement un titre honorifique, Mirage.

Son ton moqueur m'arrache un soupir retentissant. Je risque d'en entendre encore longtemps parler, tiens... Et de continuer de me retourner si quelqu'un se prend l'envie de me désigner ainsi. Enfin ! Peu de chances que cela se produise en dehors de la sphère des mages. N'empêche que, rien que pour voir cette plaque gravée à mon nom, se rendre à Lorgol valait le détour. Ma main me lance encore affreusement, et je n'en suis qu'à la moitié de mon calvaire pour sa reconstitution mais... Au moins une note agréable vient égayer cette grise journée d'Octobre.

Et tu peux t'acheter une tour à Lorgol, avec cette « prime d'excellence » ?
Va savoir. Une tour des Quatre Vents, ça ne manquerait pas de panache non ?
Tu me réserveras une belle terrasse au sommet.


C'est beau, de rêver... Je ne sais pas vraiment comment utiliser intelligemment cet argent, en vérité. Pourtant, cela contribuerait certainement dans quelques projets auxquels je n'aurais pas encore songé... J'ai encore le temps de mûrir quelques idées. Car oui, étonnement, dès qu'il s'agit de dépenser de l'argent, je réfléchis scrupuleusement à mes priorités et évite de me montrer impulsive. Je crois que ce sont mes origines qui me travaillent.

Je redescends bien vite les pieds sur terre, à quitter les alentours de l'Académie pour les ruelles sinueuses de la Ville-Basse. Je les traverse sans vraiment m'en rendre compte, avec une indifférence teintée d'habitude. Je connais ce chemin par cœur, et il me plonge toujours dans une étrange nostalgie. J'avais apprécié mes premières années à l'Académie, bien moins difficiles que celles à la Caserne de Flammes. Les esprits étaient plus ouverts. Pourtant, mon retard était si colossal au début que je craignais de ne pas arriver à percer. Et maintenant ? J'ai un sourire chargé d'une certaine fierté. J'en ai fait du chemin, non ? Je peux critiquer ce Tournoi, qui m'a entraîné dans des situations parfois bien périlleuses pour des prétextes assez douteux... J'en suis tout de même sortie avec un nom. Et même s'il me faudra des mois entiers pour retrouver le plein usage de ma main... J'ai déjà trop enduré pour abandonner maintenant. Ce n'est qu'un contretemps, dont je saurais m'accommoder. Le Destin me réserve encore bien des surprises...

Je bifurque au prochain croisement, et me retrouve devant l'enseigne de mes géniteurs, qui portent désormais fièrement les couleurs de Lagrance avec le nom « Aigrépine ». Parfois, ou même souvent, ils me dégoutent. Avant que ma magie ne se déclare, je n'existais même pas pour eux... Ils ont rapidement changé d'avis, et profitent désormais de la popularité que j'ai acquise au Tournoi des Trois Opales pour augmenter leur profit.

On sait d'où vient ton ambition et ton sens de l'opportunisme, ma petite.
Je suis loin d'être la pire de la famille, Mirage !


Au moins, ils arriveront peut-être à percer... Et vendre un vin acceptable. Ou alors, ils profiteront d'un regain pour se tourner vers les liqueurs fruitées, qui ont tellement plus de succès en Lagrance. Je devrais peut-être leur en parler, tiens, dans ma grande bonté. Je roule des yeux, et repousse le battant de la boutique, lançant à la cantonade à mon père derrière le comptoir :

- Tu aurais dû voir ça. Ils m'ont même fait une plaque à mon n...


Je m'arrête subitement, en constatant qu'il n'est pas seul. Tiens ? Le succès est déjà au rendez-vous... Et quand je reconnais cette petite blonde qui me fait face, je ne crois pas si bien dire. Je reste abasourdie, les mots me manquant subitement. Que doit-on dire à quelqu'un qui a combattu à vos côtés, de son plein gré ou non, et avec qui vous vous êtes entredéchirés sur le sol de l'Arène à cause de ces épreuves sordides ? Mes pensées s'entrechoquent, propres à me donner la migraine, alors que je me remémore avec amertume les événements qui nous lient inextricablement.

- Maelys ? J'étais occupé avec cette dame, veux-tu bien...

- C'est la Championne de la Ville-Basse.

Ses yeux s'écarquillent de surprise, et son expression affable se change de manière presque imperceptible. Le voilà qui a repéré une nouvelle cible...

- Je suis réellement enchanté de faire votre connaissance, Dame Tonnevent. Ma fille m'a beaucoup parlé de vous, et je suis honoré que vous veniez visiter ma modeste échoppe. Je pourrais vous faire goûter quelques crus qui pourraient égayer vos soirées, connaissez-vous notamment l'Aigrépine ? Sa conception est toute récente, mais il a un succès foudroyant.


Je lui ai beaucoup parlé d'elle ? N'importe quoi. Il n'est même pas crédible, vu qu'il ne l'a pas reconnu sans moi. Je grimace, le voilà déjà lancé dans son baratin, prêt à lui mettre le grappin dessus. Et ce nom... Vraiment ! J'attrape Ilse par le bras pour l'entraîner à l'extérieur, sans autres formes de procès.

- On peut discuter un peu dehors ?
- Maelys ! Laisse-moi finir avec...
- On va revenir ! On ne sera pas loin... Juste devant la vitrine.
- Oh.

J'ai le même sourire affable que lui, que je revête assez peu, avant de franchir l'établissement en sens inverse. Bien sûr, qu'il allait accepter que deux Championnes restent tranquillement à discuter devant sa vitrine... Surtout quand l'une d'elle représentait sa Cité, et l'autre était sa fille. De quoi lui faire de la publicité gratuite, n'est-ce pas ?

Je la relâche, et pousse un soupir de soulagement.

- Il n'allait pas te lâcher, sinon... Et si tu veux mon conseil, leur vin est loin d'être le meilleur. Mais bon, ils s'améliorent...

J'hausse les épaules. Je lui lance un regard de biais, toujours un peu méfiante face à ses réactions. Nous ne nous sommes pas vraiment quittés en bons termes.

- Tu es vraiment arrivée là par hasard ?

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Message Sujet: Re: encore debout   Mer 9 Nov 2016 - 18:53

L'homme derrière le comptoir se met à parler d'un ton qui se veut assuré, baratinant avec la verve de ceux de la Ville-Basse, cherchant à faire passer son produit devant tous les autres. Elle a l'habitude Ilse, mais elle écoute, patiemment. Elle n'a que ça à faire après tout. Cette boutique, elle ne s'y était jamais attardée, elle ne se rappelait même plus l'avoir déjà vue. Pas très réputée donc, peut-être pas non plus très prisée. Mais elle est curieuse. Qui sait, peut-être sont-ils passés à côté d'une grosse affaire pendant des années sans s'en rendre compte. Mais elle en doute.

Elle n'a pas encore prononcé un mot quand la clochette retentit et qu'une voix s'élève dans la petite boutique. « Tu aurais dû voir ça. Ils m'ont même fait une plaque à mon n... » Inconsciemment, Ilse se redresse, plus tendue qu'une seconde auparavant. Elle reconnaît la voix et se retourne pour s'en assurer, sans un mot. Son visage reste indescriptible, il y a en son esprit un conflit qui gronde, comme l'orage lointain. Des sentiments contradictoires s'emparent d'elle à la vision de l'un des champions du tournoi. Particulièrement devant cette championne.

L'épais silence est rapidement interrompu par le tenant de la boutique et Maelys s'empresse de faire les présentations. Comme il est amusant de voir le changement sur les traits de cet homme qui, soudain, voit là une occasion en or. Elle s'étonne de ses paroles néanmoins ; tiens donc, c'est sa fille ? Et elle lui a parlé d'elle ? C'est à peine si elle hausse un sourcil sous la surprise que lui procure cette information mais elle ne fait aucun commentaire. Au lieu de ça, elle se fait entraîner par la chevaucheuse à l'extérieur, malgré les protestations de son père. Perplexe, Ilse la suit, presque soulagée qu'elle la relâche ; elle n'a jamais été quelqu'un de très tactile.

« Il n'allait pas te lâcher, sinon... Et si tu veux mon conseil, leur vin est loin d'être le meilleur. Mais bon, ils s'améliorent... » Silence. Elle jette un regard à la vitrine et aperçoit enfin le nom qu'elle n'a étrangement pas vu en arrivant, alors qu'il semble pourtant bien visible. « Tu es vraiment arrivée là par hasard ? » La canonnière esquisse un sourire, sans grande conviction. « La boutique où j'vais d'habitude était fermée, j'ai pas fait gaffe au nom de l'établissement. » Quelle ironie. De tous les marchands de la ville, il a fallu qu'elle tombe sur les parents de Maelys.

Son regard clair se pose sur celle qui a combattu à ses côtés, tout d'abord par défaut. Avec qui elle a partagé des moments agréables autour d'un verre – de plusieurs même. Qui l'a ensuite profondément dégoûtée avant de combattre à nouveau à ses côtés, n'ayant pas le choix cette fois-ci. À son réveil, Maelys était déjà partie, transportée en Lagrance, aux bons soins des guérisseurs qui devaient lui faire repousser les doigts de la main. Son regard se baisse d'ailleurs sur ladite main, son expression impassible alors qu'elle songe à tout ce qu'elles ont dû endurer. « J'pensais que t'étais encore en Lagrance pour rassembler les morceaux. » qu'elle déclare sans tergiverser, ni même penser à la ménager. Le processus doit être douloureux mais, d'un autre côté, il aurait pu lui arriver bien pire. Elle se rappelle la folie dans les yeux de la Kyréenne, souvenir voilé par le brouillard du contrôle qu'on exerçait sur elle.

« T'es comme de la mauvaise herbe, vraiment increvable. » ajoute-t-elle, esquissant un sourire en coin malgré le ton un peu trop sec. Entre plaisanterie et amertume, difficile de savoir si c'est un compliment ou non, ou si elle est contente de la voir en un seul morceau. Une chose est certaine, sa présence ne fait que remonter les mauvais souvenirs de ce tournoi, qu'elle en soit responsable ou non.

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Dernière édition par Ilse Tonnevent le Mer 16 Nov 2016 - 17:58, édité 1 fois
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Les Chevaucheurs
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Message Sujet: Re: encore debout   Dim 13 Nov 2016 - 10:57

Je ne suis pas vraiment à l'aise avec la pirate, encore moins vu son comportement. Ce n'est pas qu'elle est... Peu encline à me voir, ou même en colère, non. C'est plus insidieux et difficile à percevoir, ce qui me dérange d'autant plus, incapable de savoir sur quel pied danser. Si elle m'aurait franchement repoussée, à me certifier qu'elle ne veut plus rien à voir avec moi depuis le Tournoi, j'aurais pu être fixée. Je pense même que j'aurais pu le comprendre, et l'accepter. Mais là... Je ne sais tout simplement pas quelle attitude adopter. Elle fait silence, puis m'adresse un sourire plutôt faux, que je n'ai pas l'hypocrisie de lui rendre. Elle m'indique simplement que son enseigne habituelle était fermée.

- Ah, d'accord.

Et c'est tout ? Oui, après tout, elle est arrivée ici par hasard. J'ai un rire nerveux, en me passant une main sur le front. Qu'est-ce que je m'étais imaginée aussi ? Qu'elle aurait voulu me parler ? Elle ne pouvait même pas savoir que j'étais de passage à Lorgol, non ? C'est uniquement le Destin qui nous joue un vilain tour, pour qu'elle fasse escale durant mon séjour dans la Cité des Mille Tours.

Je surprends ce regard, qu'elle baisse sur ma main, et la lève à hauteur de visage. Elle est immobilisée, empêtrée dans des bandages... Et c'est peut-être mieux. La vision qu'elle offre quand on les retire est propre à retourner les estomacs les mieux accrochés. Reconstituer une main, c'est plutôt laid à voir.

- Je suis suivi par des guérisseurs, oui, mais ils ne sont pas tous lagrans. Alors ici ou là-bas... Je suis aux soins intensifs, tous les jours, pendant des heures. Ca fait un mal de chien, mais les tissus se remettent bien, et ils sont confiants. Je devrais avoir une main entière, d'ici deux semaines, et après il me faudra plusieurs mois de rééducation pour m'en servir à nouveau correctement. Si tout se passe bien... Je retrouverais la maîtrise pleine et entière de tous mes doigts d'ici là. La magie fait des miracles, non ?

Je l'abaisse, la mine sombre.

- Je suis interdit de vol pour un moment alors... Je m'occupe, comme je peux. Enfin, tout le monde n'aurait pas pu bénéficier d'un tel service. Je peux en remercier grandement mon Duché. J'aurais peut-être dû abandonner l'idée d'être Chevaucheuse, dans le cas contraire. Et puis, un congé longue durée, ce n'est pas si mal. Je veux dire... Après avoir été ensevelie vivante, s'être battus contre un géant métallique adepte des explosions, torturés par des visions cauchemardesques dans des illusions, puis obligés de s'entre-tuer... Un peu de repos, c'est plutôt une bonne chose, non ? Et on ne s'en sort pas si mal. Je veux dire, on est en vie, et c'est déjà beaucoup demandé après ce qu'on a vécu.

J'essaie de voir le positif, même si l'inactivité me ronge littéralement. Je ne veux pas avoir l'air de m'apitoyer sur mon propre sort, alors que dans d'autres circonstances, je n'aurais pas été aussi bien traitée. Si j'étais restée dans les rues de la Ville-Basse, nul doute que j'aurais fini la main tranchée, suite à un larcin qui aurait mal tourné, et elle n'aurait pas pu repousser. J'ai encore Mirage, alors tout va bien.

Je désigne d'un mouvement de menton sa propre main. Quand elle s'est effondrée dans l'Arène, après m'être venue en aide, j'ai cru que son heure était venue. J'aurais presque envie de la remercier, de l'avoir vu transpercer la guerrière de part en part c'était... Oui, mais non. C'est aussi déplacé de la remercier pour un acte qu'elle n'a pas spécialement recherché, comme nous tous.

- Et toi, bien remise ?

J'ai du mal à saisir, de par le ton qu'elle emploie, si elle me fait des blagues pince-sans-rire ou de véritables reproches. Je fronce les sourcils, et décide de ne pas tout gâcher par une pointe de susceptibilité malvenue.

- Je vais le prendre comme un compliment, surtout que c'est le titre qu'ils ont octroyé à Octavius... T'imagines ? J'ai vu ça, en passant.

Et toi, tu ne lui dis pas ton nouveau titre ?
Non, elle se foutrait vraiment de moi, là.
Mais non... Enfin peut-être, oui.


Je me rends déjà compte que je n'aurais pas dû mentionner le fier guerrier. C'est... Lui qui lui a infligé ses blessures, même si je l'ai cloué au sol avec l'épée d'Ilse dans l'arrière du genou, juste après. Je me mords la lèvre. Je n'en suis pas vraiment fière, même si c'était pour qu'il ne fasse pas de mal à Neve, ou à elle, qui étaient au plus proche du danger. Qui sait ? Peut-être qu'il ne peut même plus marcher maintenant... Je n'ai même pas envie d'y songer.

- On devrait peut-être... Je ne sais pas. Oublier, c'est difficile. On a fait tellement de choses horribles.

Je le reconnais, et lui glisse peut-être un peu comme des excuses voilées. Je baisse le regard sur cette main décharnée, souvenir cuisant des événements qui ont agité le Tournoi des Trois Opales. C'était cher payé, pour un bijou qui pare une de mes lames, alors ne parlons même pas de ceux qui n'ont pas pu repartir avec comme Ilse.

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Message Sujet: Re: encore debout   Mer 16 Nov 2016 - 18:46

Il y a quelque chose d'extrêmement dérangeant à se retrouver en sa compagnie. La compagnie d'une championne, d'une alliée par la force des choses, d'une combattante qu'elle a défendu sciemment, puis malgré elle. Sa simple présence ramène à son esprit les mauvais souvenirs liés au tournoi, qu'ils soient ou non liés à elle. Ilse revoit parfaitement l'intérieur de l'infirmerie, son silence pesant, les voix de ces hommes qui voulaient la tuer. Ces images n'ont pas encore totalement fini de hanter ses nuits ; elle se souvient de son impuissance, de cette vulnérabilité qui était sienne, de cette solitude écrasante dans un moment où elle aurait dû être surveillée, soignée. Mais elle sait également avoir été chanceuse. Ils sont nombreux, ceux qui se sont fait attaquer avant cela ou par la suite. Tentatives d'empoisonnements, champions ensevelis sous des décombres, les flammes qui s'emparent d'une loge, le scorpion glissé dans les draps, les chevaux déchaînés. Puis l'attaque de Hiémain, ignoble, qui l'a laissée sans voix. Il était à leur merci, ils auraient pu le tuer d'un seul geste. Au lieu de ça, ils ont préféré jouer de sa faiblesse et le torturer. Ilse réprime un frisson, s'efforce de rejeter tout cela dans un coin sombre de sa mémoire, se concentrant sur les paroles de la Chevaucheuse. Elle n'ose imaginer la douleur inhérente au fait de faire repousser des doigts entiers. Le simple fait de remettre en place les os de sa main semble assez terrible ainsi pour qu'elle puisse envisager l'étape supérieure d'une torture si raffinée. Finalement, elle ne s'en sort pas trop mal, la canonnière.

De ses mots, Maelys ravive quelques bribes du tournoi et elle grimace au souvenir des illusions. Car c'est bien là que réside le noeud du problème, pas vrai ? Car elle ne peut la blâmer sur tout le reste, si ce n'est ce comportement que la pirate déplore. Elle était alors remontée. Pire, elle aurait désiré la frapper, peut-être lui casser le nez au passage, afin de la faire taire. Mais après tout le reste, après avoir été utilisée comme une marionnette, après avoir vu les dégâts faits par l'Ordre dans les gradins... elle se demande encore si entretenir les braises d'une telle colère est pertinent ou non. C'est à peine si elle acquiesce à ses quelques paroles, visiblement plongée dans une profonde réflexion, cherchant à démêler les horreurs vécues lors d'un tournoi qui s'est révélé n'être qu'une belle mascarade. Tout d'abord, instruments de la paix, porteurs d'un message que la duchesse de Bellifère voulait faire passer. Ils sont alors devenus les instruments de la discorde, l'image même d'un continent qui ne peut s'unir face à l'ennemi. Il n'y a aucun honneur à terrasser une créature mécanique gigantesque pour le simple plaisir d'une foule avide de sang. Il n'y a aucun honneur à risquer sa vie pour un vulgaire bijou. Elle qui voulait faire honneur à la Ville Basse en leur ramenant la récompense tant désirée, elle est finalement bien amère Ilse, de n'avoir été que pantin dans des mains si nombreuses.

« Et toi, bien remise ? » La voix de la Chevaucheuse la tire de ses songes et enfin, elle esquisse un sourire en coin, relevant sa propre main, encore faible, mais plus entourée de bandages, comme la sienne. « Les mages ont pu rabibocher tous les os, mais ils sont encore fragiles. J'peux pas faire grand chose avec, pour l'instant. » Ca ne l'a pas empêchée de provoquer un joyeux feu d'artifice en plein coeur du port de Hacheclair, ni de vouloir mettre la main à la pâte sur la vivenef. Elle déteste se sentir aussi inutile. Et puis... ça lui donne bien trop de temps pour penser aux derniers événements, ce qu'elle veut à tout prix éviter.

« Je vais le prendre comme un compliment, surtout que c'est le titre qu'ils ont octroyé à Octavius... T'imagines ? J'ai vu ça, en passant. » Octavius. Tiens donc. Une douleur subite semble s'emparer de sa main un instant, à la mention du nom. Mais ce n'est certainement qu'une sensation passagère. Le guerrier n'y pouvait rien, pas plus qu'elle lorsqu'elle a attaqué ses propres amies à coup de flèches explosives. « C'est un titre qui lui va bien. » répond-elle, relativement amusée par ce surnom. Elle aurait peut-être pu en entendre parler plutôt, mais elle n'a pas cherché à prendre des nouvelles de ses camarades champions, en dehors de Grâce et Marianne.

« On devrait peut-être... Je ne sais pas. Oublier, c'est difficile. On a fait tellement de choses horribles. » Son regard se lève pour croiser le sien. Intriguée, elle reste silencieuse un instant, semble jauger le visage de la Chevaucheuse qui détourne les yeux. La canonnière soupire, lasse de revoir toutes ces images défiler devant ses yeux, de jour comme de nuit. « J'aimerais bien, ça rendrait les choses plus faciles. » Sa voix semble soudain bien grave et son regard également. Elle aimerait garder tout cela pour elle, elle aimerait la laisser sur place et faire demi-tour. Mais quelque part, Maelys est l'une des rares à savoir ce qu'elle peut ressentir à propos de tout ça. La présence et le réconfort de ses amis n'y changeront rien, ils n'étaient pas dans cette arène et personne n'est venu dénicher leurs peurs les plus profondes pour jouer avec. « Si la douleur était tout c'qui restait comme souvenir du tournoi, j'serais satisfaite. Mais à chaque fois que j'remonte sur le pont, j'les vois attachés. J'vois le bois imbibé de sang. » Son regard s'attarde sur la façade d'une autre échoppe, perdu dans le lointain. Elle n'élève pas plus la voix lorsqu'elle continue. « C'est moins net avec le temps, mais c'est toujours là. » Et quand elle ferme les yeux, c'est tout le reste qui l'assaille, tout le reste qui la hante. Elle sait ce que c'est, pas vrai ? C'est pour ça qu'elle veut oublier, elle aussi, n'est-ce pas ?

Ilse soupire, se secoue mentalement, cherchant à chasser cette soudaine morosité qui l'accable. « Enfin comme tu l'dis, on est encore là, c'est déjà pas mal. Et de toute évidence, ta famille en profite bien. » Elle s'efforce de prendre un air provocateur, pour oublier la faiblesse passagère, pour ne pas trop laisser entrevoir les failles. Elles ont déjà été bien assez exploitées.

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Message Sujet: Re: encore debout   Mer 30 Nov 2016 - 11:02

Elle est si pensive, la pirate. Je ne peux m’empêcher de m’interroger sur ce qui peut bien lui traverser l’esprit. Peut-être, tout comme moi, la simple vue d’une autre Championne réveille tous ces mauvais souvenirs ? Ceux seuls qui étaient dans cette arène peuvent réellement comprendre les mille tourments que nous avons endurés. Aux yeux de la plupart, ce n’était qu’un spectacle sanglant et captivant, dont ils se délectaient, ou alors détournaient-ils les yeux pour occulter les affres dans lesquels nous étions plongés. Je me souviens de tout, distinctement. Ce combat acharné contre l’Homme-Vapeur, qui aurait pu nous coûter la vie, et a coûté celles de ceux enfermés sous le métal, dans une explosion dévastatrice. Ces peurs enfouies et réveillées, en chacun de nous, et les flammes encore avec ce bois vivant qui craquait sans mes bottes. Ces manipulations de l’esprit, encore, alors que nous n’étions plus que des marionnettes entre les mains de l’Ordre du Jugement, vouées à s’entretuer… Comme pour faire voler cette belle cohésion qui était née entre nous. Nous le savions, tout au long de ces épreuves, après ces menaces, ou parfois même tentatives, de meurtre… Nous le savions, que nous ne pouvions plus compter que sur nous-mêmes. Les fiers Champions, d’horizons si différents, soudés dans une même cause, non celle d’emporter une de ces Opales mais de survivre à ces horreurs. Les fiers Champions, qui se sont entredéchirés comme jamais. En si peu de temps, nous avons été les plus proches amis et les pires ennemis, de liens soudés dans le sang et les larmes. Je ne pourrais oublier aucun d’entre eux, et encore moins tout le mal que je leur ai fait, comme celui qu’ils m’ont fait.

Nous parlons de nos vieilles blessures, comme deux vieux frères d’armes qui se retrouvent. Mon regard s’attarde sur ses mains, si parfaite en comparaison, et un sourire teinté de tristesse ourle mes lèvres. Je lâche, avec presque une pointe de jalousie :

- C’est un bon début. Tu seras rétablie plus vite que moi.

Je lui parle d’Octavius, peut-être bien parce que c’est la première bonne nouvelle qui m’est parvenue, après ces événements funestes, sur l’un d’entre eux. J’hésite, à me mordre la lèvre, comme pour retenir cette question qui me brûle les lèvres.

- Tu as eu des nouvelles des autres… ?

Je sais que Neve va bien. Il est certainement celui qui s’en est le mieux sorti, et c’est bien ma seule fierté. J’ai défendu mon frère de cœur bec et ongles, même si ça n’a pas empêché l’Increvable de le malmener. Pas assez pour que ces blessures soient inquiétantes. Mais Mayeul… Il hante mes songes depuis, en d’interminables cauchemars, celui d’une chute sans le moindre contrôle. Je me réveille toujours en sursaut, quand il heurte le sol, à me demander comment aurait-il pu survivre à cela. Je l’espère, pourtant, sans vraiment savoir ce qu’il en est. Je ne sais finalement pas grand-chose de celui qui s’est introduit le premier jour dans mon lit, comme en terrain conquis, et qui a été éconduit avec fracas. Nous nous sommes entraînés de longues heures, magie et voltige liées, dans un cocktail prometteur… Qui n’a que mieux précipité sa fin. J’en suis malade, en songeant à cette plaque et ce nom, accordé pour mes prouesses magiques… Oh oui, je me suis surpassée, quand j’ai cherché à le tuer.

La jalousie que j’ai pu éprouver s’efface, quand Ilse me confie ses propres tourments. Le pont de l’Audacia… C’est vrai. Elle doit revoir toujours les mêmes images fugaces. Comment pourrait-il en être autrement, alors qu’elle passe ses journées sur ce rafiot maudit ?

- Je ne pourrais pas mettre un pied sur ce navire. Jamais plus.

Je me demande si elle m’en veut encore, pour ce que nous leur avons forcés à infliger à leur amie, bien malgré nous. Je n’ose pas lui demander. Marianne va bien… Et cela me confirme que nous avons fait le bon choix, mais le prix était trop élevé. Nous avons appris après coup qu’ils avaient réellement été les chercher dans le public, même le Duc d’Outrevent.

- Je ne comprends pas comment ils ont pu cautionner ça.

Mais cela ne sert à rien de revenir là-dessus, n’est-ce pas ? Ce qui est fait est fait. J’hoche la tête, gravement, quand elle relève la seule note positive de ce tableau macabre. J’ai même un semblant de rire ironique, quand elle parle de ma famille.

- Ça me dégoûte, en vérité. Je n’existe à leurs yeux que quand je peux leur fournir un quelconque bénéfice. Ils ne vendaient jamais rien, avant. Ils s’échinaient à travailler jusqu’à épuisement seulement pour joindre les deux bouts, à s’enliser dans cette situation inextricable. Tant mieux pour eux, même s’ils sont d’autant plus insupportables. Le pire, c’est mon frère, jaloux de ma renommée. J’aimerais bien le voir dans une arène, lui.

Je suis toujours aussi amère envers ma famille, malgré le temps qui passe. En temps normal, je m'abstiens même d'en parler. Je ne comptais pas m’attarder plus que nécessaire dans le foyer familial, et c’est déjà bien que je me préoccupe un minimum d’eux pour être venu voir ce qu’ils sont advenus. Quand mon père a découvert ma magie, c’est comme s’il m’avait prêté attention depuis la première fois de sa vie. Depuis… J’ai fait tellement de chemin, toujours au plus loin d’eux. Quand Mirage m’a accepté, j’ai pris mon envol en même temps que ma liberté. Je n’avais plus besoin de revenir… Jamais. Et je me fichais pas mal de ce qu’ils devenaient, comme ils s’en étaient pas mal fichus jusqu’à ce que ma magie se déploie.

- Tu as une famille qui t’attend, quelque part ?

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Message Sujet: Re: encore debout   Jeu 8 Déc 2016 - 18:46

Elle ne semble pas beaucoup plus à l'aise qu'elle, la Chevaucheuse. Est-elle aussi hantée par les images de ce tournoi ? Se rappelle-t-elle avec autant de netteté les horreurs commises, les choix qui ont dû être faits, sous la contrainte ou non ? A-t-elle en mémoire les bons moments passés, ternis par le chaos et la souffrance ? Le spectacle aurait pu être de toute beauté, Ilse parvient encore à se le dire, mais que l'Ordre intervienne ou non, elle aurait tout de même vu son amie mourir sur le pont de l'Audacia, elle aurait tout de même affronté les landes de son enfance, elle aurait tout de même été assommée par les projectiles d'un géant mécanique qui a bien failli leur coûter la vie. Mais cela fait partie du jeu, pas vrai ? N'y a-t-il pas des morts chaque année, durant les éditions traditionnelles du tournoi, alors que les guerriers rivalisent d'adresse les uns contre les autres ? Alors pourquoi a-t-elle cette impression amère d'avoir été la victime d'une forme de torture très raffinée ? L'épreuve faë était sans doute celle de trop, celle qui les a tous mis à terre de manière bien plus durable que des os brisés ou des coupures sur tout le corps. Mais après tout, de quoi se plaignent-ils ? Ils sont en vie, pas vrai ?

« C’est un bon début. Tu seras rétablie plus vite que moi. » Un sourire amer suit cette affirmation. Oui, peut-être qu'elle fait partie des plus chanceux après tout. Elle n'a pas les doigts tranchés, elle n'a pas fait une chute de plusieurs mètres de haut, elle n'a pas été traversée de part en part par une lame enflammée, elle n'a pas non plus eu les genoux sectionnés par cette même lame. Un frisson d'horreur lui parcourt l'échine mais elle reste silencieuse, acquiesçant doucement. Oui, c'est un bon début.

« Tu as eu des nouvelles des autres… ? » « Pas vraiment non, juste Marianne et Grâce. Elles vont bien. » Aussi bien que possible en la circonstance, certainement. Ilse hausse distraitement les épaules. « J'ai pas vraiment cherché à les contacter en fait. » avoue-t-elle sans détour. Peut-être aurait-elle dû ? Ils avaient semblé si solidaire, le temps de quelques instants après cette première épreuve, mais tout semble s'être écroulé depuis. Elle a même combattu avec Lionel, retrouvant des habitudes datant de sona dolescence, alors qu'ils s'entraînaient à deux. Ca lui a semblé si naturel sur le moment, comme si elle n'avait jamais vraiment arrêté de le faire depuis. Mais bien sûr, ce n'était qu'une illusion de plus. « Et toi ? » demande-t-elle finalement, lui retournant la question, pas certaine d'avoir envie d'entendre la réponse.

Mais malgré la rancœur, malgré une certaine animosité qu'elle ne parvient pas à ignorer à son égard, Ilse lui révèle un peu de cette terreur qui l'habite, de ces cauchemars éveillés qu'elle aperçoit encore au quotidien. L'image s'estompe au fil des jours, mais s'effacera-t-elle jamais vraiment ? « Je ne pourrais pas mettre un pied sur ce navire. Jamais plus. » Elle lui arrache un sourire en coin, loin d'être moqueur néanmoins. Il semblerait qu'il n'y a pas que l'Audacia que la jeune Chevaucheuse ne veut plus approcher. Elle revoit parfaitement les vivenefs enflammées, réplique presque parfaite de celles qu'ils ont vues sur l'Île des Murmures et elle ne peut que compatir, sans pour autant le dire. Parfois, il vaut mieux garder le silence sur certaines horreurs pour les empêcher de se dévoiler à nouveau. « Je ne comprends pas comment ils ont pu cautionner ça. » Elle acquiesce à nouveau. « Ils voulaient un beau spectacle, ils ont eu c'qu'ils voulaient. » répond-elle, cynique. Oh oui, ils ont eu ce qu'ils voulaient.

« Ça me dégoûte, en vérité. Je n’existe à leurs yeux que quand je peux leur fournir un quelconque bénéfice. Ils ne vendaient jamais rien, avant. Ils s’échinaient à travailler jusqu’à épuisement seulement pour joindre les deux bouts, à s’enliser dans cette situation inextricable. Tant mieux pour eux, même s’ils sont d’autant plus insupportables. Le pire, c’est mon frère, jaloux de ma renommée. J’aimerais bien le voir dans une arène, lui. » « Recommande-le à ton duc pour l'année prochaine. » propose-t-elle, le regard plein de malice. Ils ne réalisent pas, ceux qui n'étaient pas dans l'arène. Certains comprennent un peu, d'autres soutiennent, d'autres encore n'en ont rien à faire, mais ils ne peuvent réellement savoir ce que ça fait, après tout. Et Ilse ne le leur souhaite pas d'ailleurs.

« Tu as une famille qui t’attend, quelque part ? » Ilse relève les yeux pour croiser les siens, un peu surprise par la question. À nouveau, l'image des landes et des chevaux s'impose à elle comme une évidence, comme une lame que l'on retourne dans une vieille blessure qui n'a pas tout à fait cicatrisé. Et elle esquisse un mince sourire emprunt de mélancolie. « Ma seule famille c'est l'Audacia. Ils sont tout c'que j'ai. » « J'te remercie. » « Et Grim aussi, ce crétin emplumé. » Ledit crétin ronchonne mais la pirate retrouve un brin de couleurs sur ce visage morne. Songer à ceux qui lui sont chers, voilà qui lui réchauffe le cœur. Ilse croise les bras, les pans de sa cape battus par le vent. « Ca fait longtemps que j'ai plus personne qui m'attend ailleurs. Puis... j'aime trop l'océan pour r'tourner où qu'ce soit. » Sa voix est plus assurée quand elle parle de cette nouvelle vie faite de liberté et d'aventures, en compagnie des fils et des filles des flots. Tous venus d'horizons différents et tous unis par cette même passion qui nourrit leur coeur et enflamme leurs âmes. Elle n'échangerait sa place pour rien au monde.

« Et toi alors, Lorgol te manque pas un peu ? J'imagine que tu dois être bien dépaysée en Lagrance, au milieu tous ces pédants en robe et de leurs jardins. » ricane-t-elle, légèrement de mauvaise foi. C'est un beau duché après tout, mais elle n'en supporte pas beaucoup les habitants.

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Message Sujet: Re: encore debout   Jeu 29 Déc 2016 - 15:54

J’hoche lentement la tête, avec une expression pleine de gravité, quand elle m’informe des maigres nouvelles qu’elle a eu des autres Championnes. Marianne et Grâce vont bien. Elles ne faisaient pas partie des plus touchées, cela dit… Enfin, pas lors de la dernière épreuve, même si elles doivent être autant que nous affectées par les événements qui se sont déroulés durant le Tournoi des Trois Opales. Je le vois bien, au fond du regard d’Ilse, cette même hantise en parfait miroir. Nous essayons toutes deux de faire comme si elle n’existait pas, comme si nous n’avions pas vu les faiblesses de chacun, comme si nous ne nous étions pas entredéchirés sur le sol de l’Arène. C’est peut-être bien ce qui l’a incité à ne pas prendre contact avec ses vieilles amies, pour éviter de se remémorer ces terribles événements, et d’être ainsi l’une devant l’autre, dans un malaise croissant.

Je suis pensive, à jouer avec mes mains, quand elle me renvoie la question. Je suis surprise, ne sachant pas vraiment quoi répondre… J’oriente mon regard vers les quelques passants qui ralentissent à notre vue, chuchotent parfois, avant d’accélérer le pas après un léger froncement de sourcils.

- Je sais que Neve va bien… Il était affaibli, mais il a été plutôt épargné par la dernière épreuve. J’imagine que Louison aussi, sinon il me l’aurait dit. Je crois bien que le Capitaine d’Outrevent a repris ses fonctions, des échos que j’en ai eus, mais je n’irais certainement pas les vérifier. Et… J’ai demandé des nouvelles d’Octavius et Serenus, en faisant un crochet à l’instant. Je ne sais pas pour… Mayeul, ni les Kyréens.

Etrange, de se rendre compte à quel point leur sort a pu me préoccuper finalement… Pour demander autant de nouvelles, dès mon réveil. Il faut dire que j’ai du temps à tuer, avec mon handicap… Mais au point de me soucier des autres, c’est assez nouveau. Je risque un sourire en direction d’Ilse. Inutile de continuer à feinter maintenant, n’est-ce pas ?

- J’ai peur que… On m’apprenne le décès de Mayeul. Je veux dire… Par ma faute. Cette chute, j’arrive pas à... Je ne peux pas oublier ce qu’il s’est passé.

Je ne devrais pas lui dire des choses pareilles, mais elle n’a rien dit, à l’évocation des Vivenefs. Elle aurait pu se moquer de ces peurs enfouies, étalées aux yeux de tous. Certains Chevaucheurs ne s’en sont pas gardés, dans le Vol de Lagrance. J’ai une légère moue, quand elle finit par cette conclusion désagréable. Oui, ce n’était qu’un divertissement pour eux, comme on regarde un châtiment sur la place publique. Morbide, mais ils ne détournent pas les yeux.

Sa remarque sur mon frère, pleine de malice, parvient à m’arracher un sourire et détendre un peu cette lourde atmosphère. Je me risque à une question plus personnelle en retour, et ce que je lis dans son regard m’intrigue. Surprise, pensive, puis mélancolique. C’est visiblement une question qui ne valait mieux pas poser, et qui fait ressurgir de vieux souvenirs, désagréables aussi.

- Pas de bonnes raisons de revenir à la terre ferme, hein… Sauf si l’alcool vient à manquer, comme aujourd’hui ?

J’ai un bref sourire. Je ne lui demanderais pas plus qu’elle ne veut bien le dire.

- Grim, c’est ton Familier, c’est ça ? Ce n’est pas un peu… Contraignant ?

J’ai Mirage, moi. Je n’ose même pas imaginer si une seconde voix envahissait mon esprit… Je suis certaine de devenir complètement folle. Et puis, Mirage sait se défendre tout seul. C’est un dragon après tout, et pas des moindres. Il a une expérience certaine. Mais un Familier… Et si on le touchait par erreur ? Quelle horreur. J’aurais envie de l’enfermer à double tour dans un coffre pour m’éviter bien des désagréments.

J’hausse les épaules, quand on en vient à mes origines. Je songe un instant aux gamins des rues que je côtoyais, qui sont bien les seuls à pouvoir me manquer. Ma famille, elle, continue de m’indifférer.

- Parfois, ça me manque. Mais si je n’avais pas connu Mirage, tout serait plus… Fade. Un peu comme toi, avec l’Audacia, non ? Et puis Lagrance… Je suis plutôt bien tombée. Imagine, si je m’étais retrouvée en Outrevent !

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Message Sujet: Re: encore debout   Mar 3 Jan 2017 - 0:38

« Je sais que Neve va bien… Il était affaibli, mais il a été plutôt épargné par la dernière épreuve. J’imagine que Louison aussi, sinon il me l’aurait dit. Je crois bien que le Capitaine d’Outrevent a repris ses fonctions, des échos que j’en ai eus, mais je n’irais certainement pas les vérifier. Et… J’ai demandé des nouvelles d’Octavius et Serenus, en faisant un crochet à l’instant. Je ne sais pas pour… Mayeul, ni les Kyréens. » Un étrange sentiment la prend aux tripes, mélange confus de soulagement, d'inquiétude, de vulnérabilité et d'embarras. Peut-être aurait-elle dû se renseigner sur le sort de ses camarades, mais elle a préféré fermer les yeux et s'éloigner. Tâche des plus difficiles alors qu'elle monte tous les jours sur le pont pour y voir l'endroit exact où Marianne a été exécutée. À entendre les paroles de Maelys, elle sent comme un poids qui se retire de ses épaules à les savoir en vie, pour la grande majorité, à l'exception de ceux dont elle n'a pas entendu parler. Ils ont combattu ensemble, ils ont enduré les épreuves en et hors tournoi. Malgré tout, ça compte, n'est-ce pas ? « Le capitaine d'Outrevent aussi ? » « Lui il peut aller s'étouffer avec son kilt. » répond-elle à cette voix dans son inconscient, soudain renfrognée à l'idée d'avoir eu ne serait-ce qu'une once d'inquiétude pour ce crétin de Chevaucheur.

« J’ai peur que… On m’apprenne le décès de Mayeul. Je veux dire… Par ma faute. Cette chute, j’arrive pas à... Je ne peux pas oublier ce qu’il s’est passé. » Elle semble touchée, la Chevaucheuse. Et étrangement, elle aussi, alors qu'elle songe au Cielsombrois et à sa morgue habituelle, à son insolence insupportable, à cette excessivité constante. Pourtant, elle serre les dents, ne laisse rien paraître, si ce n'est un sourire qui se veut détendu mais qui n'est qu'une façade. « J'suis sûre qu'il va bien. Il est pire qu'une tique, c'est impossible de s'débarrasser d'lui. » Et pourtant, elle a souvent essayé. Mais cette animosité entre les deux, née dès les premiers instants de leur rencontre, est devenue une sorte de jeu ; surtout pour lui semble-t-il. Car plus elle l'envoie sur les roses, plus il revient à l'attaque, aussi obstiné qu'effronté. Il doit être quelque part, à déclamer des vers maladroits à une infirmière aux petits soins pour lui. Et elle s'accroche à cette image absurde Ilse, pour ne pas imaginer le pire.

« Pas de bonnes raisons de revenir à la terre ferme, hein… Sauf si l’alcool vient à manquer, comme aujourd’hui ? » Cette fois, elle lui arrache un véritable rire, la Lagrane. Bref, loin d'être éclatant, mais un rire tout de même. « J'préfère éviter d'imaginer l'équipage sans leur réserve d'alcool. Ce s'rait un désastre. » L'ironie est palpable mais ce n'est pas si loin de la vérité. Les voyages en mer sont parfois longs avant de pouvoir faire escale et une petite chopine de temps en temps ne fait pas de mal, même s'il est plutôt déconseillé de se mettre une mine pendant la traversée. Heureusement, ils ne repartiront pas très longtemps cette fois, car l'hiver approche et avec lui, quelques mois de tranquillité à Lorgol pour tous les navires pirates du coin.

« Grim, c’est ton Familier, c’est ça ? Ce n’est pas un peu… Contraignant ? » « Oh si, une vraie plaie. » Et voilà qu'il ronchonne, comme prévu, vexé alors qu'il sait pertinemment que ce n'est qu'une plaisanterie, ce qui est évident sur ses traits et dans son regard brillant. « En vérité c'est... Avant de l'trouver, je m'étais pas rendue compte qu'il me manquait quelque chose. C'est seulement quand il s'est trouvé sur mon chemin que j'ai réalisé que... C'est comme s'il manquait une part de moi et que j'l'avais enfin retrouvée. Tu vois ? » demande-t-elle, pas très assurée par ses paroles. C'est difficile, de décrire ce lien entre mage et Familier. Il lui semble ne jamais parvenir à trouver les bons mots pour expliquer clairement de quoi il s'agit. C'est quelque chose qu'elle ressent au fond de son être, dans ses tripes, dans son cœur. Grim c'est un bout de son âme qui s'envole vers l'horizon et qui résonne avec son esprit, toujours présent pour elle. Il a son petit caractère, mais elle serait certainement dévastée de le perdre, comme elle l'a cru durant le tournoi. « J'ai bien cru te perdre, toi aussi. » Son sourire est empreint de tendresse mais elle n'ajoute rien.

« Parfois, ça me manque. Mais si je n’avais pas connu Mirage, tout serait plus… Fade. Un peu comme toi, avec l’Audacia, non ? Et puis Lagrance… Je suis plutôt bien tombée. Imagine, si je m’étais retrouvée en Outrevent ! » Elle n'a même pas le temps de répondre qu'elle entend le rire grinçant de Grim dans son esprit. Difficile de ne pas se sentir vexée à son tour mais elle est bonne joueuse Ilse et elle esquisse un sourire en coin. « Ouais, m'en parle pas. J'en sais quelque chose, j'y ai passé toute mon enfance. » Et rien que pour voir la surprise sur les traits de la Chevaucheuse, ça en vaut la peine. Puis, ce n'est pas pour rien qu'elle a totalement coupé les ponts avec son ancienne vie, bien qu'elle rêve parfois de landes et de falaises, d'une demeure battue par les vents. Elle frissonne un peu d'ailleurs Ilse, sous les assauts dudit vent. « Tu veux pas qu'on aille s'réchauffer autour d'une bière ? Ce s'ra plus agréable que d'rester ici. » Dehors, debout devant une vitrine, épiées par le tenant de la boutique et par quelques passants qui semblent les reconnaître. Mais peut-être Maelys a-t-elle d'autres plans. Néanmoins, elle demande : « Et toi alors, t'as pas encore trouvé ton Familier ? » Certains passent toute leur vie sans parvenir à croiser son chemin, mais qui sait, le Destin a parfois de drôles de façons de se manifester.

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Message Sujet: Re: encore debout   Sam 14 Jan 2017 - 23:19

J'hoche la tête, avec un semblant de sourire. J'aimerais croire qu'elle dit vrai, oui, mais Ilse ne peut me fournir aucune certitude sur son devenir. Cesse de te tourmenter avec ce Cielsombrois, il n'en vaut pas la peine. Mirage tranche avec mes remords, mais une pensée fugace ne serait pas suffisante pour me chasser cette chute de l'esprit. Et comment pourrais-je oublier chacun d'entre eux, après tout ce que nous avons dû traverser ensemble, bien malgré nous ?

Je n'insiste pas, pourtant, et le rire de la pirate balaie rapidement ces idées noires. La discussion dévie, et je me rends compte que nous n'avions pas réellement pris le temps de nous connaître... Ou plutôt, nous l'avons fait, mais d'une manière bien singulière dans l'Arène. Parler, finalement, a quelque chose de plus rassurant.

Je l'écoute, intriguée, me détailler la relation si particulière qui la noue à son Familier. J'ai une moue perplexe, avant d'agiter négativement la tête. « Non, je ne vois pas. Je suppose qu'il faut le vivre pour le comprendre... Mais si ça pouvait ne jamais arriver. Je veux dire, tant mieux, si je ne me rends pas compte qu'il me manque quelque chose. » Je rajoute, à la hâte : « Et que vous vous soyez si bien trouvés aussi, évidemment. » Je ne voudrais pas que l'un ou l'autre prenne mal mes pensées bien arrêtées sur le sujet, même si je me suis révélée curieuse... Je n'ai pas envie de me retrouver avec un albatros susceptible à me picorer le crâne en représailles.

Sauf que si j'évite cet incident diplomatique, c'est pour mieux sauter à pieds joints dans un autre. Je me décompose littéralement sous ses yeux quand elle me révèle avec tant de naturel ses origines. Outrevent. Sérieusement ? Je lâche un rire nerveux, en me frottant la nuque pour faire passer cette gêne soudaine. « Ca ne te manque pas trop alors, hein ? » J'essaie de répondre, avec cette même légèreté, même si elle est plus empruntée. J'accueille avec soulagement sa proposition, qui m'évite de m'enfoncer davantage, et me mets immédiatement en marche. « Une bière, oui. Je te l'offre. » Pour faire mieux passer la pilule... Mais on dirait qu'elle n'en a pas pris ombrage, si elle propose de poursuivre nos échanges dans un lieu plus adéquat, plutôt que de simplement repartir sans demander son reste. C'est que... Ca va mieux entre nous, non ? « Un Familier ? Ah, non. Jamais. S'il pouvait s'être perdu dans l'espace spatio-temporel, que je sois assurée de ne jamais croiser sa route...  Désolée, mais, très peu pour moi. Tu as bien vu comment on s'en est servi pour te neutraliser, dans l'Arène... Tu aurais pu en mourir, même avec toutes les meilleures intentions du monde.»

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Message Sujet: Re: encore debout   Mer 18 Jan 2017 - 21:57

« Non, je ne vois pas. Je suppose qu'il faut le vivre pour le comprendre... Mais si ça pouvait ne jamais arriver. Je veux dire, tant mieux, si je ne me rends pas compte qu'il me manque quelque chose. Et que vous vous soyez si bien trouvés aussi, évidemment. » Bien sûr, ça ne l'étonne pas vraiment la canonnière. Elle non plus ne comprenait pas ce que signifiait le lien avec un Familier avant de rencontrer Grim, un peu par hasard, mais en même temps comme une évidence. Il a été un compagnon important depuis lors, un guide et un ami, la voix de la raison et parfois de la folie. Sa présence l'apaise et la rassure, car elle sait qu'elle n'est jamais vraiment seule et qu'elle a toujours quelqu'un pour l'écouter. Sauf quand il boude et qu'il fait mine de ne pas pouvoir lui répondre, mais c'est le genre de choses qui va dans les deux sens, après tout. Elle ne sait pas ce que ça fait que d'avoir un lien avec un dragon, mais elle doute que ce soit aussi intense. Peut-être que si Maelys perdait Mirage, elle serait dévastée, mais il n'est pas un morceau de son âme, le manque ne serait probablement pas aussi vaste, aussi poignant. Mais encore une fois, elle ne fait que l'imaginer, car elle n'a jamais ressenti une telle perte et elle espère ne jamais la ressentir.

La discussion dévie un peu et Ilse s'amuse beaucoup de voir sa réaction lorsqu'elle lui révèle ses origines outreventoises. Oui, ça fait cet effet à beaucoup de monde, même si elle a gardé encore beaucoup de ses principes d'autrefois. La loyauté en est une primordiale. « Ca ne te manque pas trop alors, hein ? » Ilse hausse les épaules, dubitative. « Mh, un peu, des fois. Mais j'ai pas vraiment d'raison d'y retourner. » Comme elle l'a dit avant, elle n'a personne à retrouver là-bas. Plus depuis longtemps. Mais elle ne laisse pas l'amertume la gagner, elle a une vraie famille à bord de l'Audacia, c'est tout ce qui compte. Une famille qui, elle ne le sait pas encore, va bientôt s'agrandir.

Elle ne s'attarde pas plus sur le sujet de toute manière. Elle désire surtout trouver un endroit au chaud. « Une bière, oui. Je te l'offre. » Elle est un peu surprise, la canonnière, mais elle ne s'en plaint certainement pas, alors elle acquiesce d'un simple signe de tête avant de la suivre dans les rue de Lorgol. « Un Familier ? Ah, non. Jamais. S'il pouvait s'être perdu dans l'espace spatio-temporel, que je sois assurée de ne jamais croiser sa route...  Désolée, mais, très peu pour moi. Tu as bien vu comment on s'en est servi pour te neutraliser, dans l'Arène... Tu aurais pu en mourir, même avec toutes les meilleures intentions du monde.» Elle est tout d'abord un peu surprise par le ton catégorique mais ses dernières paroles l'éclairent un peu plus. Oui. Certes. C'est compréhensible. « S'ils m'avaient pas arrêté, j'aurais sûrement pas épargné Ljöta. Tu crois qu'c'est mal vu d'tuer une princesse ? » demande-t-elle, cynique, alors qu'elles cheminent dans le froid d'un pas tranquille. Cela dit, c'est certainement tout aussi bien vu que de proposer de mettre fin à la vie du duc d'Outrevent lui-même, mais elle s'en moque un peu. Il faisait partie des choix potentiels, il aurait été dommage de ne pas l'envisager comme une possibilité viable, non ? Un sourire mauvais étire ses lèvres en repensant à la réaction de ce crétin de Lionel, mais elle préfère chasser rapidement le reste de ces souvenirs. Le sang de Marianne qui s'écoule sur le pont est encore trop vif dans sa mémoire pour qu'elle puisse réellement en rire. Elle secoue la tête et continue : « J'te comprends, avoir une part de soi qui s'balade selon son bon plaisir, c'est être un peu vulnérable. C'est aussi une force. Il m'apporte... un équilibre, j'me maîtrise mieux depuis qu'il est là, ma magie est plus... sûre. » C'est aussi quelque chose qu'on lui avait raconté mais qu'elle n'a réalisé que quand elle l'a vécu par elle-même.

Toutes les deux parviennent devant un petit établissement qui ne paie pas de mine mais qui semble assez chaleureux, le temps d'une bière. Ilse retire sa cape et s'assoit à une table, un peu en retrait, jetant quelques coups d'oeil autour d'elle avant de reporter son attention sur Maelys. Son avis reste encore mitigé sur la Chevaucheuse. Elle est loin d'être une personne terrible mais en cas d'urgence, elle sait désormais qu'elle préférera sauver sa peau et uniquement celle de ceux qui lui sont proches, inutile donc d'étendre sa confiance trop loin avec elle. Mais tant que le sujet n'est pas abordé, il se pourrait qu'elles s'entendent bien, au moins assez pour avoir une discussion à peu près normale, si tant est que parler d'attentats, d'épreuves, d'os brisés, de membres coupés et de mort soit normal.

« Tu sais quand tu s'ras remise ? J'veux dire... j'imagine que pour l'moment, tu peux pas reprendre du service ? » demande-t-elle prudemment en levant les yeux vers le serveur qui s'approche de leur table.

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Message Sujet: Re: encore debout   Dim 22 Jan 2017 - 23:11

Outreventoise. Merde, alors.
J’ai un sourire emprunté, à poser une question juste pour m’épargner ce silence gênant qui a suivi cette révélation pour le moins... Etonnante. Le pire, c’est qu’elle parvient à me dire que ça lui manque un peu. Des fois. Comment on peut être nostalgique des coincés du balai ? Ca m’échappe totalement. « T’as raison. T’es très bien à l’Audacia. » Je croirais pas le dire un jour, mais je la vois tellement mieux sur ce maudit rafiot que dans ces lointaines contrées pétries d’honneur et de justice. Elle est plus ouverte d’esprit, déjà. Pas difficile de faire mieux, en même temps. « Je pensais que tu les aimais pas, vu comment... Enfin je veux dire avec Lionel, vous étiez pas vraiment les grands amis. » Sujet délicat, peut-être ? Ca ne m’empêchait pas de sauter les deux pieds joints dedans.

Elle a l’air surprise, quand je lui propose de lui offrir une bière. Je suis presque vexée, rien qu’à voir cette expression se dépeindre sur ses traits, comme si j’étais une belle radine. Bon, d’accord. Je le suis certainement, mais ça ne m’empêche pas de faire quelques gestes presque désintéressés parfois, et je n’aime pas vraiment quand on le remarque. L’entendre prononcer le nom de Ljöta sur le chemin me glace les sangs, et je lâche un rire un peu amer en réponse. « Ca dépend par qui. Et puis... Elle faisait froid dans le dos. Ce rire... Elle n’avait subitement plus l’air très humaine. C’était réel, n’est-ce pas ? Je me suis demandée, si ça l’était. Je l’ai provoqué, oui, mais... » Je m’assombris. « Je ne m’étais pas préparée à... Ca. » Je voulais seulement défendre Neve, les autres, et remporter la bataille. Tous les coups sont permis, pour ce faire.

Je l’observe, intriguée, quand elle me parle à nouveau de son Familier. « Ah oui ? » Je suis subitement plus intéressée, à l’idée qu’une petite bestiole puisse nous aider à mieux maîtriser notre magie. C’est aussi un point fort, alors ? Une faille exposée, pour un plus grand pouvoir ? Je suis dubitative, tout de même. Je le saurais peut-être un jour... Mais je préfère encore que ça n’arrive jamais.

Je l’entraîne dans une taverne, au coin de la ruelle. C’est exactement à mi-chemin entre... Où habite Mélodie, et l’établissement de mes parents. Nous nous retrouvions souvent ici, autrefois. Cette pensée me serre le cœur, et je repousse le battant de l’entrée pour m’engouffrer à l’intérieur sans tarder. J’ai rarement bu une bière ici, et déjà, qu’ils s’approvisionnent parfois chez mes parents ne fait que prouver leur mauvais goût... Mais c’est plutôt tranquille, finalement, et il y a suffisamment de tables libres pour que nous puissions trouver un petit coin chaleureux plus en retrait. Nous n’attirons pas l’attention, ici, et je m’empresse de commander deux bières, avant d’avancer la monnaie.

La question de la pirate me surprend, quelque peu. « Dans deux semaines, ma main sera entièrement reconstituée, si tout va bien. Il me faudra des mois de rééducation derrière, pour arriver à la bouger convenablement, mais si je fais bien les exercices, sans forcer, je ne devrais pas de garder de séquelles. Enfin, c’est ce que disaient les guérisseurs. » Je suis mitigée. Un peu maussade, peut-être, même si c’est impossible d’étouffer totalement cet espoir absurde. « J’en ai pour un moment, avant de pouvoir voler à nouveau... » Je grimace un sourire. « Je vous dérangerais pas dans vos pillages, tout ce temps. Enfin ce n’est pas vraiment sur nos côtes qu’on vous voit, et je suppose que la saison est bientôt passée. » Je ne risque pas de lui faire la leçon, moi qui ait été voleuse, dans une autre existence.

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Message Sujet: Re: encore debout   Dim 29 Jan 2017 - 17:58

« T’as raison. T’es très bien à l’Audacia. » Un sourire fend ses lèvres et elle acquiesce. Nul besoin de la détromper, elle est effectivement mieux à bord de l'Audacia. Elle en rêve pourtant encore, parfois, de ses terres et de cette famille, qu'elle aurait voulu construire, là où les falaises heurtent le ciel et où le vent hurle. Mais bien vite, c'est la réalité qui la rattrape, une réalité qu'elle aime, synonyme de liberté. Et plus le temps passe, plus elle se demande si la vie à terre pourrait encore lui convenir, ou si elle ne finirait pas simplement malheureuse comme les pierres, à observer l'horizon sans jamais pouvoir le rejoindre. Elle est encore dans ses réflexions quand la voix de Maelys lui fait relever la tête. « Je pensais que tu les aimais pas, vu comment... Enfin je veux dire avec Lionel, vous étiez pas vraiment les grands amis. » La mention du Chevaucheur la fait se renfrogner et sa mâchoire se crispe un instant, de façon presque imperceptible. « Lionel est un imbécile. Ca n'veut pas dire qu'il le sont tous. Il y a des gens bien là-bas, ou du moins, il y en avait... » conclue-t-elle, pensive. Tous ceux qui lui étaient proches ont été perdus de vue depuis bien trop longtemps pour qu'elle puisse affirmer quoi que ce soit à ce sujet. Son meilleur ami de l'époque mériterait qu'elle lui arrache les yeux et probablement d'autres parties de son anatomie. Quant à sa réelle famille, il ne lui restait plus que sa grand-mère, du moins à sa connaissance. Quelle importance ? Elle avait quinze ans quand elle a tout quitté, c'est loin derrière elle désormais.

Elles se mettent en route et la mention de Ljôta semble les déstabiliser autant l'une que l'autre. Ilse se rappelle trop bien les agissements de la princesse durant la deuxième épreuve mais également lors de la cérémonie de clôture. Quelque chose en elle lui fait froid dans le dos et il semblerait qu'elle n'est pas la seule à le penser. « Ca dépend par qui. Et puis... Elle faisait froid dans le dos. Ce rire... Elle n’avait subitement plus l’air très humaine. C’était réel, n’est-ce pas ? Je me suis demandée, si ça l’était. Je l’ai provoqué, oui, mais...  Je ne m’étais pas préparée à... Ca. » « C'était réel oui, j'crois. Peut-être que la magie du Héraut n'atteint pas tout l'monde de la même façon et qu'ça lui a fait perdre la tête, j'sais pas. » Et elle ne le saura jamais. Mais elle préfère penser à cette hypothèse que de penser à tout autre éventualité. Puis discuter de Familiers, ça l'intéresse bien plus. Maelys semble un peu surprise à la mention des avantages à avoir son âme soeur à ses côtés et Ilse hoche doucement la tête, pensive. « C'est... c'est difficile à expliquer. J'comprenais pas trop tout ça avant d'rencontrer Grim, c'est plus quelque chose d'instinctif. Mais je sais qu'sa présence me donne une sorte de stabilité. C'pas toujours évident, mais j'le ressens parfois. » Et puis ça dépend de tellement d'autres facteurs, la maîtrise de sa magie, après tout. Il suffit qu'elle soit fatiguée ou que le Familier lui-même ne soit pas en forme pour que ce pilier se fasse instable et qu'elle doive s'appuyer uniquement sur elle-même.

Elles arrivent enfin dans une taverne et les bières sont en chemin. Ilse s'intéresse à la Chevaucheuse, pas uniquement pour faire la conversation, mais parce qu'elle veut profiter de cette rare occasion d'en savoir plus sur celle qui a partagé ces épreuves en sa compagnie. « Dans deux semaines, ma main sera entièrement reconstituée, si tout va bien. Il me faudra des mois de rééducation derrière, pour arriver à la bouger convenablement, mais si je fais bien les exercices, sans forcer, je ne devrais pas de garder de séquelles. Enfin, c’est ce que disaient les guérisseurs. » Elle fait la mour la canonnière, réalisant la chance qu'elle a de n'avoir eu que les os de sa main broyés. La douleur est assez pénible comme ça, alors elle n'ose songer à sa situation, bien plus grave. Et si elle n'avait pas réagi à temps, qui sait ce que Ljöta lui aurait fait subir ? « J’en ai pour un moment, avant de pouvoir voler à nouveau... Je vous dérangerais pas dans vos pillages, tout ce temps. Enfin ce n’est pas vraiment sur nos côtes qu’on vous voit, et je suppose que la saison est bientôt passée. » Elle rit légèrement, Ilse, à cette remarque tout à fait pertinente. « C'est sûr qu'on s'ra pas mécontents de pas t'avoir dans nos pattes. Surtout maintenant qu'on t'a vue à l'oeuvre. » répond-elle avec sincérité. Elle ne l'a pas volée, son Opale. « Mais c'est vrai que c'est pas trop la saison. On va sûrement naviguer un peu, assez loin de Bellifère si possible, puis on r'viendra pour l'hivernage. » De quoi leur laisser le temps de se remettre de leurs émotions, surtout elle en fait.

Les bières arrivent enfin et Ilse adresse un signe de tête au serveur avant de lever sa chope pour trinquer avec Maelys. « À not' survie dans l'arène et aux guérisseurs qui nous ont rafistolés. » plaisante-t-elle, cynique, avant de boire une gorgée. Puis elle demande : « Et ton dragon, il fait quoi en attendant ? » Question qui peut paraître stupide, mais elle ne s'est jamais assez entendue avec un Chevaucheur pour réellement s'intéresser à leurs devoirs. D'habitude, ils discutent à coups de jets de flammes et de boulets de canons interposés.

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Message Sujet: Re: encore debout   Mer 1 Fév 2017 - 10:19

Oh… Corde sensible ? On dirait. Même si je comprends parfaitement qu’on puisse ne pas apprécier le Capitaine d’Outrevent… C’est plutôt l’inverse qui m’étonnerait. « Tant mieux. J’avais peur d’avoir le parfait cliché Outreventois devant moi… Ça me rassure de savoir qu’ils ne sont pas tous aussi butés, intolérants et à te prendre de haut. » Pour dire les choses poliment, bien sûr. Je fronce les sourcils, un peu perplexe, à l’entendre user du passé ainsi. Sont-ils tous partis, perdus de vue… Morts ? « Depuis quand es-tu pirate, sur l’Audacia ? »

Je me fais songeuse, quand elle me partage ses propres impressions. La magie n’a pas de limites. C’est toujours ce que j’ai cru, du moins, et chaque fois, j’ai l’impression qu’on me le confirme. Je découvre ce qu’elle est capable d’infliger à un esprit, ce qu’elle révèle en nous, jusqu’à nos parts les plus sombres… Et ce qu’elle peut matérialiser, aussi. Les Familiers ne sont-ils pas ce lien tenu entre Aura et nous ? Ils n’auraient pas d’existence tangible, sinon. Les non-mages ne doivent pas être amputés de cette part d’eux-mêmes, simplement la magie nous en fait prendre conscience d’une manière bien plus aigüe. « C’est bizarre. Rien qu’ils existent… Je me demande quelle partie de nous est capable de prendre forme, et pourquoi ainsi, au contact de la magie. »

Songer à la nature même de la magie me permet d’oublier un temps le lourd traitement auquel je dois m’astreindre pour retrouver le plein-usage de ma main. Je remarque bien cette moue grimaçante, mais ne préfère pas relever. Ça aurait pu être pire. Si Ilse n’était pas intervenue, ou si Ljöta aurait tranché plus bas, que je n’aurais pas pu me reconstituer comme un lézard. J’aurais été amputée à vie, et non durant un seul mois, éprouvant certes, mais concluant. Chaque douleur dessine davantage les reliefs de ces os, ces chairs et ces tissus qui autrefois savaient tenir une épée.
Je me fends d’une note d’humour, pour dédramatiser la situation, et le rire de la pirate retentit comme pour me confirmer cette réussite. Mon sourire s’accentue un peu plus, ravie de ce compliment si sincère. Je suis trop heureuse, pour ne pas partager cet instant de fierté avec elle. « Je venais tout juste de repartir de l'Académie. J’ai obtenu un titre honorifique, pour saluer ma performance… Dame des Quatre Vents ! Ça en jette, non ? » Je ris doucement en retour. « Puis, tu sais, j’ai en horreur les Vivenefs… Je serais bien heureuse si on ne m’envoie jamais en mission en mer. Une fois m’a bien suffi. » Une grimace déforme mes traits, peu charmante. Je penche la tête, avec une lueur interrogatrice dans le regard, quand Ilse m’expose leurs prochaines escales. « Pourquoi Bellifère ? »

Je me retourne sur ma chaise quand on nous apporte finalement nos chopes de bière, et lève cette dernière en miroir. J’ai un sourire amusé, quand on trinque. « A notre survie ! Et celle de nos doigts ! » Je bois quelques longues gorgées, avant de reposer ma bière à sa question. Elle s’intéresse… Aux dragons ? Je secoue lentement la tête, faussement dépitée. « Il drague des dragonnes, pour passer le temps. Tu sais, humain ou dragon, pas de grandes différences dès que ce sont des hommes… Si tu ne chevauches plus avec, ça va voir ailleurs ! » J’ai un bref rire, moqueur. Je m’attendrais presque à un commentaire du Vert, mais il doit bougonner dans son coin pour se faire aussi muet. « Tu veux le voir ? »

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Message Sujet: Re: encore debout   Dim 12 Fév 2017 - 21:39

« Tant mieux. J’avais peur d’avoir le parfait cliché Outreventois devant moi… Ça me rassure de savoir qu’ils ne sont pas tous aussi butés, intolérants et à te prendre de haut. » Elle pourrait prendre mal ces préjugés sur les habitants du duché de l'Honneur, la canonnière, mais le fait est qu'elle ne pourrait la contredire. Lionel n'est-il pas l'exemple vivant de tout ce qui fait un Outreventois détestable, après tout ? Maelys doit forcément être d'accord avec elle sur ce point, elle l'a vu à l'oeuvre après tout. Et même s'ils ont fait une bonne équipe dans l'arène, il n'en reste pas moins un insupportable crétin. Pourtant, Ilse aimerait croire qu'il ne sont pas tous comme ça. Une pointe d'orgueil, peut-être ? Mais elle est pirate désormais, avant d'être Outreventoise, et peut-être que ça fausse son jugement sur ces terres où elle a vécu. Sa grand-mère, elle, n'était pas comme ça.

« Depuis quand es-tu pirate, sur l’Audacia ? » La question la surprend un peu, mais elle semble tout à fait légitime. « J'avais quinze ans. » qu'elle répond. Et les images de ce jour paraissent aussi claires à sa mémoire que s'ils s'étaient déroulés la veille. De là découle sa haine pour le Chavaucheur qu'elle comptait pourtant comme un ami – son meilleur ami – autrefois. Mais surtout, c'est le début de sa nouvelle vie. « Ca fait pratiquement dix-sept ans que j'navigue sur l'Audacia et j'en regrette pas un seul instant. » ajoute-t-elle avec une pointe de fierté et une certaine tendresse, à peine perceptible, mais bien présente pour cette vivenef de légende et pour son équipage.

Elle ne regrette pourtant pas non plus ses années à l'Académie qui lui ont permis de contrôler cette magie sauvage qui coulait dans ses veines. C'est ce qui lui a ouvert les portes de l'Audacia, cette capacité de rendre ses canonnades encore plus spectaculaires et destructrices. Mais la maîtrise de l'Été lui a aussi permis de s'ouvrir assez pour que son âme soeur rencontre sa route. Grim est une part indéniable de son être, mais il reste encore bien des mystères autour des Familiers qu'elle ne peut comprendre, bien qu'elle en ait un. « C’est bizarre. Rien qu’ils existent… Je me demande quelle partie de nous est capable de prendre forme, et pourquoi ainsi, au contact de la magie. » Ilse acquiesce, songeuse, ne sachant que répondre. Peut-être ne le sauront-ils jamais vraiment, mais elle perçoit cette connexion comme une chance inouie, un avantage que les non-mages ne connaîtront jamais.

Malgré un départ un peu hésitant, Ilse se sent plus à l'aise en compagnie de la Chevaucheuse. Tant qu'elle ne songe pas aux épreuves et aux différends qui pourrait éveiller l'amertume, elle apprécie sa compagnie et ses réflexions. Et puis, elle est une combattante redoutable, il serait stupide de le nier. « Je venais tout juste de repartir de l'Académie. J’ai obtenu un titre honorifique, pour saluer ma performance… Dame des Quatre Vents ! Ça en jette, non ? » « Dame des Quatre Vents ? Sacré titre, en effet ! Presque aussi bien que l'Increvable. » répond-elle avec humour, mais plutôt impressionnée, il est vrai. « Puis, tu sais, j’ai en horreur les Vivenefs… Je serais bien heureuse si on ne m’envoie jamais en mission en mer. Une fois m’a bien suffi. » Un sourire en coin orne ses lèvres mais elle ne fait aucun commentaire. Elle songe alors à leur voyage jusqu'à l'Île des Vents puis aux tourments infligés lors de la seconde épreuve. Elle revoit Maelys au coeur des vivenefs enflammées et elle n'ose s'imaginer à sa place. Mais n'a-t-elle pas eu ses propres horreurs à affronter ?

« Pourquoi Bellifère ? » La question lui fait relever les yeux et la sort de sa rêverie. Son sourire devient alors rictus. « Ils ont mis la tête de tous les membres de l'Audacia à prix. J'comprends pas pourtant, on leur a fait un beau cadeau d'adieu. Un feu d'artifice comme jamais on en a vu en Arven. » Elle arbore un air faussement innocent la canonnière en se remémorant la magnifique canonnade de départ et les cris de joie de tout l'équipage alors que l'Audacia s'éloignait, à peine poursuivie par quelques navires encore en état de naviguer. Mais ça n'a pas suffi. Et elle en éprouve un véritable sentiment de fierté.

« A notre survie ! Et celle de nos doigts ! » Les deux femmes trinquent et Ilse continue sur sa lancée, cherchant à connaître un peu mieux la Lorgoise devenue Lagrane. « Il drague des dragonnes, pour passer le temps. Tu sais, humain ou dragon, pas de grandes différences dès que ce sont des hommes… Si tu ne chevauches plus avec, ça va voir ailleurs ! » Elle a un rire bref et léger, Ilse. Oui, ça semble bien correspondre. « Tu veux le voir ? » Elle s'interrompt au milieu d'un gorgée de sa bière pour hausser les sourcils d'un air interrogateur. « Pour de vrai ? » demande-t-elle, incrédule. En voilà une bonne. « J'veux bien oui, d'habitude on m'propose pas d'en rencontrer. On les envoie plutôt essayer d'faire flamber l'Audacia. » qu'elle déclare avec un trait d'humour. Et pourtant, les Voltigeurs qui viennent se percher sur les mâts, il n'en manque pas. À croire que les Ibéens sont un peu moins chatouilleux que les Faës lorsqu'on en vient à aborder le pillage de leurs côtes. « D'ailleurs, ça fait quoi d'voler sur le dos d'un dragon ? J'veux dire, j'ai déjà vu pas mal de griffons et c'est déjà très impressionnant alors un dragon... » Un de ces lézards géants, centenaires et cracheurs de feu... Voilà qui doit être intimidant au départ, non ?

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Message Sujet: Re: encore debout   Lun 13 Fév 2017 - 22:23

Je lui rends un regard surprise, ne pouvant m’empêcher de répéter : « Quinze ans, vraiment ? » A cette époque, je quittais à peine les ruelles de Lorgol pour débuter mes études de magie… Et elle en était déjà sur sa spécialisation ? J’ai subitement l’impression d’avoir du retard par rapport à elle, même si je considère que de finir Chevaucheuse, plutôt que pirate ou voleuse, est un bien meilleur sort au final. « Et tu savais déjà que tu voulais… Naviguer sur les flots, en tant que pirate, à cet âge-là ? » Ca me paraît totalement invraisemblable que l’on veuille choisir une existence de rapine et de pillage volontairement… N’avait-elle pas tout pour elle, à l’Académie, avec une spécialisation qui lui assurait une place enviée dans un corps d’élite de mage de bataille ?

Elle aurait pu avoir une distinction, elle aussi, si elle n’avait pas quitté l’Académie si brutalement pour virer dans l’illégalité la plus totale. Je ne peux réprimer une grimace, quand elle compare ce titre à celui d’Octavius. « Bon, ça va… D’accord. L’Increvable en jette plus. » Ce n’est pas usurpé non plus, puisqu’il m’a bien maîtrisé… Et n’a même pas cillé face à ma démonstration de force. D’habitude, ça fonctionne beaucoup mieux pour me faire respecter, ce qui me laisse une impression mitigée, d’estime et d’agacement mêlés. Mais après tout, si j’avais réellement cherché à le blesser comme dans l’Arène, je ne doute pas que j’y serais parvenue. Cette pensée ne me réconforte pas vraiment, et ma mine s’assombrit quelque peu. Il boitait déjà, avant. Est-ce que c’est pire aujourd’hui, par ma faute ?

La mention de leur feu d’artifice en bouquet final à Bellifère m’extirpe de ces sombres pensées, et me font lâcher un rire surpris. « C’est pour ça qu’ils étaient tous si affolés ? » Ils se sont bien gardés de nous exposer les détails. Je comprends mieux pourquoi ils étaient furieux, et les raisons qui vont les pousser ces prochains mois à traquer assidument du pirate. « C’était bien mérité. »

Parler ensuite de Mirage et de ses frasques me donne envie de lui présenter. Je suis d’autant plus ravie de voir sa réaction, et me fends d’un large sourire. « Alors c’est décidé. Finis ta bière, et on va le chercher ! » Je bois ce qui reste de la mienne d’une traite, avant de la reposer avec fracas contre la table en bois. Je dois en supporter deux plutôt qu’une, c’est bien ça ? Arrête, tu vas l’adorer. Je préférais que tu me présentes des dragonnes. Mais c’en est une, d’une certaine façon, tu sais. « C’est fantastique. » Mon sourire s’accentue. « Je ne pourrais pas comparer avec le vol d’un griffon. Je sais seulement que… Les paysages défilent si vite, sont si différents d’en haut. On se sent au-dessus de tout, infiniment petit et grand à la fois, détachés de la réalité et avec une sensation de liberté grisante. Il ne reste plus que ton dragon, toi, et l’immensité. » J’enfonce mon menton dans la paume de ma main, à la détailler longuement d’un air rêveur. « Je suis sûre que ce n’est pas bien différent que pour toi, sur ton Audacia. »

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Message Sujet: Re: encore debout   Jeu 16 Fév 2017 - 14:36

« Quinze ans, vraiment ? » Ca surprend toujours, mais certains mousses commencent pourtant bien avant. Certains ont douze ou treize ans lorsqu'ils commencent à naviguer et dans le milieu, ça n'a rien d'étonnant. Elle acquiesce doucement, un petit sourire nostalgique sur les lèvres. « Et tu savais déjà que tu voulais… Naviguer sur les flots, en tant que pirate, à cet âge-là ? » Ilse hausse les épaules. « Non, ça s'est présenté... comme ça. » Elle n'entre pas dans les détails, n'en a aucunement envie. Le jour de son départ a été à la fois l'un des meilleurs mais également l'un des pires de sa vie. La mort de sa grand-mère, la réaction de Lionel, tant d'images qui lui reviennent qui font remonter une forte amertume en son coeur. Puis elle songe à tout ce qu'elle a gagné à bord de l'Audacia, auprès de son équipage, et elle se radoucit instantanément.

« Bon, ça va… D’accord. L’Increvable en jette plus. » Un sourire en coin orne ses lèvres. Les deux titres sont honorables et il n'y a vraiment pas de quoi en rougir. Quoique... il est étrange d'imaginer Maelys « dame » de quoi que ce soit. D'un autre côté, qui pourrait imaginer que certains des pirates de l'Audacia ont – avaient – des titres de noblesse ? Elle pourrait lui en faire part, mais il s'agit d'une part de vie que l'on décide de laisser derrière soi lorsque l'on s'engage à bord d'un navire pirate. Ilse n'est plus baronne. Elle ne l'a jamais été en fait, c'était Iseabail qui y était destinée, pas la jeune Tonnevent.

D'ailleurs, la cannonière n'est pas peu fière de raconter ce qu'ils ont fait à leur départ de Bellifère et son orgueil se trouve plus gonflé encore de la voir rire. « C’est pour ça qu’ils étaient tous si affolés ? » « Possible. » qu'elle répond d'un air faussement mystérieux. Oh, la tête qu'ils ont fait lorsque les canons se sont mis à chanter ! Et quel beau spectacle que de les voir courir en tous sens, cherchant à se mettre à l'abri alors que leurs navires de guerre subissaient une salve inarrêtable. Les Voltigeurs bellifériens ont été prévenus trop tard et les quelques navires encore en état n'étaient pas assez rapides pour les rattraper. « C’était bien mérité. » Elle ne peut la contredire sur ce point.

Malgré tout, elle reste surprise par la proposition de la Chevaucheuse. « Alors c’est décidé. Finis ta bière, et on va le chercher ! » Oh, si vite ? Bien, très bien. Elle a une sacrée descente de bière, la Lorgoise, et Ilse l'imite après lui avoir demandé ce que ça faisait que de voler sur le dos d'un dragon. « C’est fantastique. Je ne pourrais pas comparer avec le vol d’un griffon. Je sais seulement que… Les paysages défilent si vite, sont si différents d’en haut. On se sent au-dessus de tout, infiniment petit et grand à la fois, détachés de la réalité et avec une sensation de liberté grisante. Il ne reste plus que ton dragon, toi, et l’immensité. » La passion qui brille dans ses yeux est si forte à l'instant, Ilse se prend à vouloir tenter l'expérience, tant ce qu'elle lui décrit semble incroyable. Mais ce n'est pas dans les airs qu'elle est dans son élément. « Je suis sûre que ce n’est pas bien différent que pour toi, sur ton Audacia. » Sur ses traits se dessine un sourire tendre. Comment décrire cette sensation ? « Naviguer sur l'Audacia, c'est... le summum de la liberté. Rien qui nous retient à terre, rien qui nous force à aller là où n'veut pas. Quand on est en plein milieu de l'océan, avec seulement les vagues et l'horizon à perte de vue... tout semble possible. C'est grisant de découvrir des nouvelles terres, de nouveaux trésors. Puis, c'est un peu une grande famille. » Et même dans une famille, il y a parfois quelques membres qu'on apprécie moins que les autres, mais ce n'est pas l'important.

Ilse repose sa chope vide, un air satisfait sur ses traits. « Il s'appelle comment ton dragon ? » Si elle l'a mentionné, la canonnière l'a oublié depuis. Elle s'étonne déjà de le savoir à Lorgol alors qu'elle ne peut pas encore reprendre du service. « Tu vas vraiment approcher un de ces monstres à écailles ? » « Eh, c'est la première fois qu'je risque pas d'me faire roussir au contact de l'un d'eux, j'vais pas laisser passer ça. » « La dernière fois, les mâts de l'Audacia ont pas fait long feu. » « Oui, mais j'l'emmène pas sur l'Audacia. Cesse un peu de t'inquiéter, ça va bien s'passer. » « Tu lui fais confiance à la Chevaucheuse ? » « Je n'irais pas jusque là. » Non, elle n'irait pas jusque là. Mais elle sent qu'elle n'a rien à craindre d'une rencontre avec son dragon. Pas en plein Lorgol et surtout pas alors que tout se passe bien entre elles. N'est-ce pas ?

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Message Sujet: Re: encore debout   Dim 19 Fév 2017 - 20:01

Elle n’a l’air de vouloir s’attarder sur le passé, la pirate. Elle me répond, de façon évasive, et ses réticences m’apparaissent encore plus clairement. Mieux vaut éviter de lui parler d’Outrevent, de ses années à l’Académie... Et de ce qui l’a mené à ce choix drastique. Elle a changé de vie, c’est pour une bonne raison, non ? Je n’aimerais pas forcément non plus que l’on vienne fouiller dans mon passé de Bassoise. Je voulais tellement me débarrasser de ce terme, qui me semblait si péjoratif, à l’époque. Je voulais m’intégrer, de toutes mes forces... Ai-je réussi ? Rien n’est moins sûr, même avec cette Opale incrustée à ma lame, et ce titre de « Dame des Quatre Vents ». Ca me poursuivra toujours, mais je préfère que ce soit à cause de quelques jalousies que parce que l’on me juge comme une traître à sa patrie. Et Ilse ? Si elles avaient des amis, de cette époque, ils doivent bien la considérer ainsi... Je songe à Mélodie, avec qui nos rapports sont des plus compliqués. Je réalise... Lionel est un mage de l’Eté, avec la même spécialité, et ils ont le même âge. Leur inimité était bien visible, alors peut-être qu’elle aussi... Je n’ose pas lui demander. C’est un sujet bien trop délicat. J’apprécie la pirate, mais la confiance entre nous ne s’est pas établie.

Alors nous partons sur des sujets plus légers, et je suis plutôt ravie d’apprendre le bouquet final qu’ils ont réservé à Hacheclair. Je n’étais pas vraiment en capacités de le voir de mes propres yeux, à ce moment-là. Bien dommage d’ailleurs. Nous parlons de voler, de naviguer... De cette sensation infinie de liberté que cela peut procurer. Son sourire répond rapidement au mien. « Ça me donnerait presque envie de me réconcilier avec ces figures de bois, tiens. » Je lâche un rire, un peu difficile. Je risque de devenir blanche comme un linge, si on me force à nouveau à poser un pied sur le pont d’une Vivenef. Mais je comprends, ce qu’elle me dit. Ils vont et viennent, où ils veulent, sans avoir à respecter les Lois, et en cercle fermé sur le pont de leur navire. Les liens doivent être solides, fraternels... Ou pas, cela dit.

Puis sa question suivante m’interpelle. « Mirage. » Je ne crois pas lui avoir dit, en effet. « Mirage, du Vol d’Emeraude. » Je le clame, avec fierté. « Et toi ? Tu m'as dit son nom, mais pas à quoi ton Familier ressemblait. » Je laisse ma curiosité parler, mais pas bien longtemps. Mon sourire s’élargit, à constater que sa choppe est maintenant vide, elle aussi. « Allez, viens ! » Je l’invite d’un signe de tête à l’extérieur avant de me lever.

Mirage ? Et c’est moi qui doit me déplacer, en plus ? Fais-le pour moi, s’il te plaît. Tes ruelles sont bien trop exigües. Je ne peux pas me poser convenablement dans la Ville-Basse. D’accord, d’accord... Au port ? Tu veux que j’affole tous ces marins occupés à travailler ? Ils ont l’habitude. J’espère que non, ce serait moins drôle. « Je crois l’avoir convaincu. Ca ne te dérange pas, s’il frôle un peu les bateaux ? » Je marche d’un bon pas, à travers le dédale des ruelles de la Ville-Basse. Le port n’est pas bien loin. Elle n’a pas dû faire un bien long chemin pour arriver à l’enseigne de mon père, à sans doute choisir la première ouverte sans réfléchir plus que de raison. Je lève le regard vers les cieux couverts, où les mouettes et goélands se mêlent à la clarté des nuages. Ils s’écartent bien rapidement, quand une ombre d’un vert-de-gris les surplombe bientôt. J’entends le son familier des ailes du dragon qui claquent dans le vent, alors qu’il entreprend de se poser sur l’un des quais vidés de ses occupants. Les bateaux proches sont secoués par un vent contraire, qui perturbent momentanément quelques marins, avant qu’ils ne se remettent bien vite au travail. Ils sont effectivement bien trop habitués, à force.

« Mirage ! » Je cours, sur les derniers mètres qui me séparent de mon dragon, pour me jeter proprement à son cou avec un rire retentissant. Il abaisse son long cou, à me détailler de son regard reptilien un temps, avant de le poser sur la pirate plus en arrière. Je le lâche, une main encore posée à son cou, à l’inviter à approcher. « Mirage, je te présente Ilse. Championne de la Ville-Basse, pirate sur l’Audacia. Ilse... Voici Mirage. » Je ne pensais pas vraiment à ça, quand je te demandais de me présenter une dragonne. Je lui donne un coup de coude, qu’il sent à peine. Il me rend un sourire plein de crocs, puis avance lentement sa gueule vers elle, à lui souffler son air chaud au visage. Tu es une mage puissante, surprenant que tu es dédaignée les cieux pour les flots.

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Message Sujet: Re: encore debout   Mar 14 Mar 2017 - 14:29

« Ça me donnerait presque envie de me réconcilier avec ces figures de bois, tiens. » Presque. Un rictus prend place sur les lèvres de la pirate qui s'estime bien chanceuse de ne pas avoir vécu la même chose que Maelys lors de la traversée jusqu'à l'Île des Vents, en particulier sur l'Île des Murmures. Mais même s'il ne s'exprime pas de la même manière, leur désir de liberté est le même, indomptable, passionné. Parvient-elle à concilier tout cela avec son devoir de Chevaucheuse ? Les contraintes ne sont-elles pas trop grande pour cette femme qui visiblement n'a rien de ces combattants obtus qui suivent les ordres sans se poser de questions ? Ilse ne s'attarde pas plus sur ce sujet, s'intéressant plutôt au dragon qui l'accompagne.

« Mirage, du Vol d’Emeraude. » Joli nom, songe-t-elle intérieurement. « Et toi ? Tu m'as dit son nom, mais pas à quoi ton Familier ressemblait. » « Je n'veux pas te gâcher la surprise. » répond-elle, moitié évasive, moitié mystérieuse. Ca veut dire que j'dois me déplacer pour vous ? Sauf si t'as peur d'un gros lézard capable de te rôtir sur place. L'albatros émet un son étrange que l'on pourrait certainement apparenter à un reniflement de dédain. Depuis quand ces monstres à écailles me font peur ? Dans ce cas tu ne verras pas d'inconvénient à en rencontrer un ?

« Allez, viens ! » Sans plus tergiverser, la canonnière suit Maelys à l'extérieur où le vent froid lui mord la peau, tandis qu'elles parcourent les ruelles côte à côte. « Je crois l’avoir convaincu. Ca ne te dérange pas, s’il frôle un peu les bateaux ? » Un haussement d'épaules suit sa remarque. Ils ont l'habitude, les bateaux du coin, ça grouille de dragons et de griffons dans cette ville, et la plupart n'ont aucun scrupule à se poser où ça leur chante ou à raboter quelques tours au passage.

Toutes les deux parviennent au port empli de marins qui vaquent à leurs occupations, chargeant et déchargeant leurs marchandises à grands renforts de grognements et d'éclats de rire. Ilse lève les yeux à l'entente d'un battement d'ailes caractéristique et elle aperçoit la masse Émeraude qui descend pour se poser sur l'un des quais sans que sa présence n'étonne qui que ce soit. Le cri de Maelys retentit et c'est un vague sourire qui prend place sur ses lèvres à la voir ainsi courir pour le prendre dans ses bras.

« Mirage, je te présente Ilse. Championne de la Ville-Basse, pirate sur l’Audacia. Ilse... Voici Mirage. » Je ne pensais pas vraiment à ça, quand je te demandais de me présenter une dragonne. La canonnière retient un ricanement à cette remarque que le dragon leur destinait de toute évidence à toutes les deux. Ilse se rapproche, légèrement méfiante, elle qui a l'habitude que ces nobles créatures soient l'ennemi. Les écailles d'Émeraude reflètent les quelques rares rayons de soleil qui percent les nuages et sa stature majestueuse a de quoi impressionner. L'Outreventoise incline poliment la tête, en signe de respect, tandis que Mirage tend la sienne vers elle. Tu es une mage puissante, surprenant que tu aies dédaigné les cieux pour les flots. La surprise se dessine sur ses traits, suivie d'un léger amusement.

« Je n'crois pas être faite pour les cieux, ce sont les flots qui ont su me ravir, au-delà de ce que j'espérais. » répond-elle avec franchise. « Et puis... une part de moi s'envole déjà, parfois. » ajoute-t-elle en levant les yeux au ciel où une silhouette s'approche. D'ordinaire, avec ses trois mètres d'envergure, l'albatros a des airs de géants. Face au dragon pourtant, il semble soudain bien petit. Par jeu, plus que par provocation, le Familier survole la tête de l'Émeraude, le frôlant du bout de ses plumes avant d'atterrir auprès de sa mage. Sa tête lui parvient pratiquement à hauteur des hanches et Ilse glisse ses doigts dans ses plumes, non sans une certaine fierté.

« Maelys, Mirage, j'vous présente Grim. » L'albatros penche la tête de côté pour observer la Lagrane. Je l'imaginais plus grande, vue d'en haut. Les paroles ne s'adressent pas qu'à elle et Ilse pousse un soupir.

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Message Sujet: Re: encore debout   Ven 17 Mar 2017 - 12:29

La surprise ? Comment ça ? Je suis obligée de me demander, pendant tout le trajet qui nous sépare de Mirage, à quoi peut bien ressembler son Familier. Une loutre ? Non, c’est presque trop mignon pour elle. Un serpent de mer ? Elle n’est pas aussi vicieuse tout de même. Un poisson ? Elle n’a pas un regard aussi mort qu’eux, quand même. Un phoque ? J’ai une image étrange en tête, d’un coup, à voir la pirate taper dans ses mains… Non. Un requin ! Je suis sûre qu’Ilse a un requin. Les terreurs de la mer… Ils vous arrachent le mollet si vous ne faites pas attention. Ca convient bien, non ?

J’ai un sourire étrange qui me vient, à la détailler longuement sans un mot. Je mets cette idée de côté, quand les présentations avec l’Emeraude deviennent de rigueur. Le contact passe bien mieux que je ne l’espérais, entre le vénérable écailleux venu de lointaines montagnes et la blonde éprise de liberté qui s’évade à travers les flots. Je n’ai pas de mal à deviner que Mirage apprécie grandement le respect dont elle fait preuve, à se gargariser de quelques attentions. C’est plutôt étrange en soi, sachant qu’ils sont certainement leurs plus terribles adversaires sur les flots… Mais peut-être s’agit-il justement d’une salutation entre deux ennemis, avant que des affrontements ne nous rattrapent et nous séparent ? Qu’importe, après tout. Je ne risque pas de croiser la route d’Ilse, et Mirage non plus, étant donné que Lagrance est assez peu la cible de leurs attaques. Le Sud des terres, envahi par les marécages, les dissuade bien souvent.

Peut-être rencontreras-tu un dragon des mers, qui sait ? « C’est quoi ça ? Mais ça se chevauche pas ! » J’entends le rire rauque de Mirage, alors qu’il me glisse un de ses sourires plein de crocs, chargé d’indulgence. Son expression de vieux qui se moque de la jeunesse, en somme. Je suis sûr qu’il ne sait même pas ce qu’il avance non plus, mais avec lui, impossible de savoir.

Il relève la tête assez vivement, le dragon, quand un volatile lui tourne subitement autour. Son souffle chaud lui soulève quelques plumes, mais ne semble pas perturber son vol. Il est immense, cet oiseau, et étrangement encore plus quand il finit par se poser… Aux côtés d’Ilse. J’ouvre de grands yeux, songeant que ce goéland est… Oui, le Familier d’Ilse. « C’est lui, Grim ? Oh… C'est pas un requin alors. Enchanté. » Je suis sûre que si je m’accroupis pour être à sa hauteur, il me dépasse. Et on dirait qu’il en a conscience, le volatile, parce qu’il me cherche un peu. Je lâche vers lui, avec un sourire amusé. « Et je t’imaginais plus petit, vue d’en bas. Et je suis quand même plus grande que toi. » Je relève ensuite le regard vers Ilse. « Vous avez même pas besoin de vigie, avec lui ! » C’est qu’un oiseau, sans griffes, avec des palmes. Je me retourne vers Mirage, avec un regard profondément perplexe. « Vous en faites pas, il a en horreur tout ce qui a des plumes. »

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Message Sujet: Re: encore debout   Dim 2 Avr 2017 - 23:35

Si les dragons sont habituellement ses ennemis, Ilse n'en éprouve pas moins un certain respect pour ces créatures millénaires qui ont vu passer les âges en parcourant les cieux, surplombant le monde de leur gigantesque stature. Elle ne peut pourtant pas en dire autant de leurs Chevaucheurs, qu'elle déteste sans s'en cacher ; Maelys est un cas particulier puisqu'elles n'ont jamais été confrontées l'une à l'autre, Lagrance faisant partie de ces terres que les pirates préfèrent ne pas approcher de trop près. Les marais, ça n'a rien de reluisant. Pas plus que les côtes cielsombroises ou les glaciers kyréens, vers lesquels ils ne s'aventurent qu'au plus chaud de l'été, et encore ! La canonnière observe l'Émeraude avec une certaine fascination, elle qui n'a plus tellement l'occasion d'en voir de si près depuis qu'elle s'est engagée sur l'Audacia, les saluant d'une salve de boulets de canon. C'est sans compter leur séjour sur l'Île des Vents, où ils ont dû travailler main dans la main avec Chevaucheurs et Voltigeurs ; ça lui semble être une autre vie déjà.

Peut-être rencontreras-tu un dragon des mers, qui sait ? « C’est quoi ça ? Mais ça se chevauche pas ! » Ilse esquisse un sourire en coin. Ah, l'ignorance des gens du continents incapables de sortir de leur zone de confort. Cela dit, ils sont rarement les bienvenus ailleurs. « Les dragons des mers vivent plutôt près de l'Archipel, au sud d'Arven. Ils protègent les Îles des étrangers. » Mais pas les pirates, pas leurs camarades de toujours que les Îliens rejoignent parfois sur les flots. Elle songe à Vira et à Rackham, puis à Red qui vient de se joindre à eux. Et à tous ces pirates qui vont et qui viennent, d'un navire à un autre, écumant les mers à leurs côtés. Peut-être connaît-elle le capitaine du vol d'Ansemer et qu'elle pourra lui demander quelques informations à ce sujet ? Peu importe.

Grim les rejoint finalement, majestueux. Il en fait parfois un peu trop, à agiter ses ailes ainsi pour se faire remarquer. Ca la fait sourire, et encore plus à la remarque de Maelys. « C’est lui, Grim ? Oh… C'est pas un requin alors. Enchanté. » Un requin ? C'est parce que tu fais peur aux gens ça, tu devrais sourire plus souvent. Ilse lui jette un regard faussement réprobateur alors que l'albatros se moque gentiment de la Chevaucheuse. « Et je t’imaginais plus petit, vue d’en bas. Et je suis quand même plus grande que toi. » Et toc. La pirate esquisse un sourire amusé. « Vous avez même pas besoin de vigie, avec lui ! » C’est qu’un oiseau, sans griffes, avec des palmes. L'albatros gonfle les plumes, courroucé, et même Ilse fronce les sourcils à la remarque. « Vous en faites pas, il a en horreur tout ce qui a des plumes. » Mh. Ca vaut certainement mieux que d'avoir des écailles et une haleine de fond de tonneau. « Grim... » le prévient-elle d'une voix calme mais sérieuse.

La pirate retrouve le regard de Maelys. « Disons qu'on a généralement du mal avec les dragons, sur l'Audacia. » Oui, on. Ilse s'inclut très clairement dans ces paroles, mais la Chevaucheuse devrait le comprendre, vu sa situation. « Mais oui, c'est très pratique d'avoir un Familier qui vole. » Qui se méfierait d'un simple albatros en pleine mer après tout ?

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Message Sujet: Re: encore debout   Dim 9 Avr 2017 - 12:46

Je me sens un peu idiote, d’un coup... Quand Ilse prend la peine de m’expliquer ce que sont les dragons des mers. Non, vraiment ? C’est bien un truc de pirate, ça. « Je comprends mieux pourquoi personne ne s’aventure là-bas hormis les habitués. » Et le Capitaine d’Ansemer, il s’envole jusque là-bas, des fois ? Je préfère ne pas savoir ce qu’il fait de son temps libre, en vérité.

Et puis, j’ai mieux à faire, comme fermer le bec à cet albatros à la langue bien pendue. Les commentaires de Mirage, eux, sont plus grinçants... Et immédiatement ensuite, je peux voir deux mâles se chercher mutuellement, même s’il s’agit d’un écailleux et d’un oiseau. Il faut croire que rien ne change...

Mirage se penche, avec un sourire draconien qui révèle ses crocs. Je me précipite en avant, craignant qu’il ne cherche à le désemplumer, mais il se contente de... De lui souffler dessus, toute son haleine qui charrie du souffre. Et ce souffle, si puissant, suffit à déséquilibrer l’oiseau en représailles. Il se met à rire, dans un grondement, et se redresse de toute sa stature, fier de sa bêtise. « Bon, vous avez fini, les mecs ? On va peut-être y aller, finalement. » J’ai pas envie qu’il gâche tout, avec son concours de virilité déplacé.

Je secoue négativement la tête, et décide de les ignorer, pour revenir aux côtés d’Ilse. Elle confirme mes propres déductions, et ne me rien dit que je ne sache pas déjà. « C’est réciproque, tu sais. » Oui, ils ne doivent pas apprécier les dragons qui leur brûlent leurs voiles... Et nous deux, on a en sainte horreur les Vivenefs. J’ai des frissons dans le dos rien qu’à penser à cette tête de bois animée, qui hurle et cherche à vous agripper... Très peu pour moi. J’ai un sourire peu convaincant, en retour. « Chacun dans son coin. Ca me va bien aussi... Je, on se reverra tu penses ? Juste comme ça, pas dans d’autres circonstances. » Pas sur le pont de l’Audacia, dans une illusion tordue. Pas avec des canons et des jets de flammes entre nous. Juste... Comme ça, oui. Ca m’irait presque tout à fait. Je rajoute, dans un rire léger, pour moins plomber l’ambiance : « Puis tu connais la famille maintenant ! »

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Message Sujet: Re: encore debout   Mer 12 Avr 2017 - 17:25

« Je comprends mieux pourquoi personne ne s’aventure là-bas hormis les habitués. » Ilse se contente d'acquiescer, sans trop s'avancer sur le sujet. Les dragons des mers, c'est un peu leur jardin secret à eux, les pirates. Si certains continentaux connaissent leur existence, ils ne pourront sans doute jamais apercevoir la beauté et la grâce de ces créatures marines, aux nageoires puissantes et délicates, aussi belles que redoutables. C'est l'un des avantages de la vie de pirate ; ils voient ce que d'autres n'imaginent même pas possible.

À ses côtés, Grim continue ses remarques insolentes et évidemment, Mirage ne reste pas de marbre. Lorsqu'il fait mine de s'approcher, la mâchoire ouverte, Ilse se tient prête à intervenir. Dans ses doigts courent le feu de l'Été et il suffirait d'un geste déplacé pour qu'elle le libère. Mais l'Émeraude se contente de souffler sur l'albatros un air chaud qui le déséquilibre un instant. « Bon, vous avez fini, les mecs ? On va peut-être y aller, finalement. » Ilse esquisse un sourire et croise les bras en jetant un regard à son Familier. Voilà ce que tu récoltes à vouloir faire le malin face à un dragon. C'est lui qu'a commencé. La canonnière pousse un soupir. « Ils sont irrécupérables. »

Ilse tente de justifier le comportement puéril de Grim et Maelys semble tout à fait comprendre. « C’est réciproque, tu sais. » Oui, elle s'en doute un peu. L'albatros agite ses ailes et, vexé, reprend son envol. Il semble toujours maladroit, sur le sol, mais une fois élevé dans les airs, il plane avec aisance au-dessus des tours de Lorgol. « Chacun dans son coin. Ca me va bien aussi... Je, on se reverra tu penses ? Juste comme ça, pas dans d’autres circonstances. » La canonnière retrouve le regard de la Chevaucheuse, semblant évaluer ses paroles, un peu perplexe. « Peut-être bien. » répond-elle, évasive. Il faut espérer qu'elles n'aient pas à se croiser dans des circonstances plus... professionnelles, sans quoi, ça risque de faire des étincelles. En dehors de cela, Ilse n'y voit aucun inconvénient.

« Puis tu connais la famille maintenant ! » Un sourire amusé fleurit sur ses lèvres. « Oui, et toi aussi. » Au moins en partie. « D'ailleurs, j'devrais pas trop tarder, on r'prend la mer dans quelques jours et on a du pain sur la planche. J'te proposerais bien d'm'accompagner un peu mais... j'doute que ça t'intéresse. » Les vivenefs, le pont de l'Audacia, tant de mauvais souvenirs qu'elle préférerait sans doute éluder à jamais, ce qu'elle peut tout à fait comprendre. Qui l'en blâmerait après tout ? « Si tu r'passes à Lorgol cet hiver, viens faire un tour à la Taverne de la Rose, on s'ra là. » Ce n'est un secret pour personne, mais une réelle invitation vaut mieux que de prendre le risque de s'y aventurer alors qu'elle ne fait pas réellement partie de ce milieu, de ces voleurs, pirates et autres assassins. Pas alors qu'elle parcourt le ciel au dos de son dragon.

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Les Chevaucheurs
Message Sujet: Re: encore debout   Dim 7 Mai 2017 - 18:28

C’est plutôt rassurant de voir que la pirate partage mon avis, sur nos deux irrécupérables. Le mot est bien choisi. Surtout qu’à voir ces étincelles crépiter entre ses doigts... J’ai craint un instant que la situation allait fortement dégénérée. Finalement, c’est l’albatros qui rompe les hostilités en premier, à repartir à la conquête des cieux. Je secoue négativement la tête quand Mirage veut en faire de même. J’aimerais bien qu’il attende un peu qu’il prenne de l’avance, avant de partir lui aussi... De peur qu’il ne l’embête sans raison, oui. Le dragon l’a bien compris, à voir ce sourire plein de crocs qu’il me renvoie, mais fait mine de rester sagement en place le temps que nous finissions notre discussion.

Peut-être nous reverrons-nous. Ce peut-être qui veut tout et rien dire, en vérité. Elle ne doit pas l’espérer, vu qu’elles risquent toutes deux de ne pas se retrouver dans le même camp, pas comme durant le Tournoi des Trois Opales. J’hoche la tête, avec un mince sourire en réponse. « Le Destin nous le dira. »

C’est l’heure des au revoir, apparemment. Nous avons toutes deux des obligations bien différentes, et visiblement il est temps de ne pas les négliger. « Merci pour l’invitation, mais je vais décliner. Je vais retourner voir mon père, qui doit se demander ce que je peux bien fabriquer... Il a moins tendance à m’oublier, ces derniers temps. » Oui, parce que je lui promets un gain plus certain que lorsque je traînais dans ses pattes, étant plus jeune.

Mon sourire s’affirme un peu plus, quand elle me propose de plutôt passer les voir à la Taverne de la Rose. Ca... C’est davantage envisageable. Et puis, comment refuser de boire un verre ? « Je n’oublierais pas. » Je lui rends un salut de la main, avant de me détourner, au même moment que Mirage qui se décide finalement à rejoindre les airs. A bientôt, mage impétueuse.

Bientôt oui... Mais dans quelles circonstances ?
C’est certain. Le Destin nous le dira bien assez tôt.

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