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 « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »

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Message Sujet: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Ven 4 Nov - 22:03


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Meldred Vif-Ressac & Maximilien de Séverac

« C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme...»

Tin nin niiiin




• Date : 3 Octobre 1001
• Météo : Frais, voire même très frais, en ce début de matinée
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Maximilien, curieux de comprendre pourquoi tant d’homme s’entêtent à braver la dangerosité des flots alors que lui éprouve plutôt le besoin de la fuir, engage la conversation avec l’un de ceux qui sont probablement le plus à même de lui fournir une réponse passionnée et passionnante : un pirate. Un jeune pirate.
• Recensement :
Code:
• [b]Date : 3 octobre 1001[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1419-cest-pas-lhomme-qui-prend-la-mer-cest-la-mer-qui-prend-lhomme#43114]« C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... » [/url] - [i]Meldred Vif-Ressac & Maximilien de Séverac[/i]
Maximilien, curieux de comprendre pourquoi tant d’homme s’entêtent à braver la dangerosité des flots alors que lui éprouve plutôt le besoin de la fuir, engage la conversation avec l’un de ceux qui sont probablement le plus à même de lui fournir une réponse passionnée et passionnante : un pirate. Un jeune pirate.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Ven 4 Nov - 22:10

L’océan. Maximilien n’avait jamais réllement considéré comme ennemie ces grandes étendues bleues, domaine de Messaïon et qu’il gardait jalousement. Le port d’Euphoria n’offrait pas réellement une grande sécurité aux navires de commerce, et il n’avait jamais éprouvé l’envie de s’y intéresser. Il était un enfant de la terre, et cela lui avait toujours convenu. Il était un amoureux des arts, pourtant, et le travail fin des sculpteurs sur les figures de proue étaient un art en lui-même, qu’il admirait avec sincérité. Mais c’était là son seul intérêt réel pour les navires.

Jusqu’au jour du naufrage. Ce jour funeste où Messaïon avait pris la vie de leur petit dernier, jamais Maximilien n’avait éprouvé une rancœur envers l’océan. Mais comment ne pas en vouloir aux vagues, qui avaient éloigné de lui son enfant ? Il avait essayé de passer outre, avait encouragé ses filles à apprendre à nager, mais lui ne pouvait plus considérer l’océan d’un œil neutre depuis le drame. Il l’évitait aucun que possible. Jusqu’à ce jour maudit où Melsant avait été kidnappé par les vivenefs enchantées; A nouveau, Messaïon tentait de lui ravir un de ses fils, et maximilien l’avait presque prit pour une agression personnelle. Presque.

Il le savait, au fond, que l’océan n’y était pour rien, et que Messaïon ne jalousait probablement pas son bonheur. Mais dans son inconscient, les vagues et l’odeur salée des embruns s’associaient à tellement de malheurs qu’il était incapable d’y penser sereinement. Incapable, même, de comprendre comment l’on pouvait aduler cette étendue traîtresse et implacable. Et cela le déranger, le conseiller Ducal. Parce qu’il aurait aimé savoir, aimer en débattre. Pas forcément pour retrouver confiance en l’océan, mais réellement parce qu’il lui déplaisait de se trouver face à une telle énigme. Il se targuait d’être intelligent, il se targuait d’être ouvert d’esprit, et il se refermait en songeant à une étendue d’eau salée ? Non. Il devait comprendre, il en avait besoin, même. Pas pour pardonner à l’océan, mais pour apaiser la tempête qui couvait au fond de son crâne quand il repensait aux drames qui avaient émaillés sa vie.

Et c’est bien pour cela qu’il se trouvait sur les quais, le Comte de Séverac, à observer le ballet des marins et les fiers navires. Il avait à faire à Lorgol en ce mois d’octobre, avant que ne débutent les festivités de la Samhain, et il en avait profité pour essayer de saisir ce qui poussait les marins à défier Messaïon, jour après jour. Il faisait frais, et c’était tout juste s’il ne frissonnait pas, immobile, ses yeux posés sur les navires à quai. Sur les quelques figures de proue vivantes qui égayaient le port, également. Les pirates... Ils étaient, il lui semblait, le plus à même de répondre à ses questions, eux qui défiaient toute autorité existente, et qui pourtant s’était alliés aux voltigeurs et aux Chevaucheurs pour aller secourir son aîné. Peut-être devait-il les en remercier. Peut-être.

- Hé, jeune homme ! Héla-t-il soudain, quand son regard se posa sur un homme à la chevelure foncée qui semblait, tout comme lui, observer les navires. Un pirate, ou un apprenti pirate, à n’en pas douter : sa peau tannée et ses vêtements de mauvaise facture semblaient l’attester et, qui plus est, Maximilien l’avait observé discuter amicalement avec quelques marins perchés sur le pont d’un navire qui embarquait quelques marchandises.

- J’aurais quelques questions pour vous, si cela ne vous ennuie pas. Je cherche l’inspiration pour un livre que j’aimerais écrire, et vous serez joliment récompenser pour quelques minutes de votre temps.
Expliqua-t-il en comptant ostensiblement quelques fleurons dans sa bourse. Après tout, nul besoin pour ce jeune homme de connaître la vérité, et le Comte avait beau être un homme honnête, il était avant tout un connaisseur de la politique et du genre humain : l’argent poussait souvent les gens à parler, plus que ne le faisait la vérité.
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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Jeu 1 Déc - 21:21



Les terres du continent. Meldred goûtait fort peu de s’y trouver, mais Lorgol avait fini par gagner son cœur. Il se gardait bien de se rendre ailleurs sur le continent, s’il n’en avait pas la nécessité. Il trépignait, en ce matin d’octobre, de voir arriver l’Audacia. Ce navire de légende, qu’il avait toujours désiré rejoindre. Voudraient-ils bien de lui ? Il n’en savait rien, aussi aidait-il encore l’Orichalque à préparer son prochain voyage. Décharger les cargaisons, organiser les stocks... C’était l’effervescence sur le pont, et chacun veillait à ce que le bâtiment ne manque de rien pour son futur départ, qui était probablement imminent. Chaque membre de l’équipage avait eu quelques jours, afin de revoir leur famille, régler quelques affaires qui ne pouvaient attendre, après plusieurs mois en mer, mais sans signe de leur part, ils ne seraient pas attendus.

L’îlien achevait d’aider au chargement de poudre, pour les canons de la vivenef, ou l’avait fait quelques minutes auparavant. Il discutait l’air de rien avec quelques-uns de ses compagnons, sur un autre bateau. Pas qu’ils aient vogué ensemble, quoi que l’un d’eux avait fait ses débuts sur l’Orichalque, mais tout pirate ou marin pouvait être amené à se trouver à un même bord, tôt ou tard. Enfin, Red s’était fait la promesse de rejoindre l’Audacia, et il attendait qu’ils arrivent à Lorgol, ce qui devrait avoir lieu prochainement d’après les informations qu’il avait eues, pour solliciter une place à bord. S’il y avait une place à prendre. Tout le monde à l’Orichalque l’avait entendu rabâcher, des années durant, son désir de voguer à son bord, avec l’ensorcelante figure de proue Rhéa, et ça n’était une surprise pour personne, qu’il saisisse l’occasion. Le navire qui l’avait vu gagner ses galons ne repartiraient pas dans l’immédiat, et s’il ne pouvait rejoindre l’Audacia, alors il y aurait toujours sa place, tant qu’ils étaient à quai.

Il se retourna vivement, s’entendant appelé par une voix inconnue. Et guindée. Ou peut-être était-ce son esprit, qui l’en convenait, tant il se sentait en décalage avec ces gens, gueux comme nobles, n’ayant pas goût de la liberté qui lui offrait la mer. Plus encore avec ces nobles, coincés dans leurs manières exagérées. Rien que son but confirmait ses a priori, et il ne tenta même pas de dissimuler son sourire narquois. Un écrivain, qui veut se renseigner sur la navigation…

« Vous d’vriez vous engager sur une viv’nef, si vous v’lez apprendr’. Mais j’veux bien répondr’, vous m’am’nez dans une d’vos tavernes chics ? »

Il atténuait son accent, sa façon de mâcher les mots, pour montrer qu’il parlerait jamais aussi bien que cet homme, vêtu avec plus d’argent qu’il n’en aurait probablement à l’issu de son engagement sur l’Audacia. Quand il serait engagé. Et puis, l’homme face à lui agissait de même, à étaler sa bourse devant lui, non ?

« Un conseil, m’sire. Rangez vot’ bourse. Pas qu’j’en veuille pas, au contraire, mais vous allez v’faire voler. Et vous l’aurez cherché. »

Red jeta un œil autour de lui, et reporta son regard sur le noble.

« J’suis Red, au fait. »



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Dernière édition par Meldred Vif-Ressac le Dim 1 Jan - 8:24, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Jeu 8 Déc - 20:43

Il avait choisi le premier venu pour prendre la parole mais ce dernier, en digne sujet de Messaïon, ne semblait pas très accueillant. A moins que ce ne fût ses propres manières qui ne convenaient pas, un peu trop en décalage avec les habitudes bien trop frustres des pirates. Il n’y pouvait pas grand chose, sur ce point particulier. Élevé en noble, futur puis comte de Séverac, premier conseiller du duc... Maximilien le reconnaissait volontiers, il avait les manière convenant à un noble de son rang. Pas qu’il méprisât les plus petites gens, mais se fondre parmi eux était un exercice périlleux, et qu’il ne maîtrisait pas vraiment.

Les paroles du jeune pirate lui firent mentalement grincer des dents. S’engager sur une Vivenef, lui - après ce que les flots lui avait volé, et avait encore menacé de le faire, il ne pouvait pas se sentir à l’aise sur le pont d’un bateau, aussi fort qu’il pouvait s’y essayer. Les Vivenefs étaient certes différentes, mais n’était-ce pas une Vivenef qui avait menacé de lui prendre son fils aîné, après que la mer eût réclamé son cadet ? Maximilien était intelligent, et il savait bien que tout n’était pas aussi simple qu’il n’y paraissait, mais l’idée, simplement, avait de quoi le faire frémir.

Les paroles suivantes du jeune homme le firent acquiescer, pourtant. La Ville Basse n’était pas des plus sûre, et étaler son argent n’était pas une stratégie très sûre, même si elle s’était avérée payante. En échange de quelques verres, peut-être pourrait-il en apprendre plus sur la fascination des hommes pour la mer. Car réellement, il désirait comprendre. Ses filles avaient vaincu leur peur de l’eau en apprenant à nager, avec son consentement et, sans aucun doute, son admiration discrète. La fierté qu’il avait éprouvé en voyant ses princesses avancer à grand renfort de gestes maladroits avait été sans limite. Peut-être qu’il était temps pour lui de faire de même : comprendre la mer, comprendre ceux qui la peuplaient et s’essayer à l’apprivoiser, pour lui aussi, l’apprivoiser un jour, peut-être.

« Choisissez la taverne que vous voulez, dans ce cas, Red. Je m’engage à étancher votre soif pendant que vous me répondrez. » Ou alors, à le laisser cuver quand il ne sera plus en état de lui répondre. Qu’importe. « Maximilien. » Le conseiller l’observa un instant, avant de lui faire signe de se mettre en route. Après quelques instants de silence, il reprit la parole. « Il y a longtemps que vous vous êtes engagé ? » Sur un bateau. Pas dans la piraterie. Quoique, peut-être que les pirates avaient également besoin d’une main-d’oeuvre jeune ?

Mais aborder la question de la piraterie ici ne semblait guère judicieux. Ici, dans la Ville Basse, les navires pirates et leurs équipages étaient tolérés. Il ignorait totalement, Maximilien, si le dénommé Red était l’un de ces écumeurs des mers ou un honnête matelot. Tant est qu’il puisse exister un honnête matelot sur les quais de Lorgol.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Dim 1 Jan - 8:20



L’homme réagissait vraiment bizarrement. Il s’posait des questions sur les enfants de la Mer, les fils de Messaïon, mais il faisait une tête bizarre quand on lui parlait d’monter sur une vivenef ? Ou peut-être que Red se l’imaginait guindé, et que ça jouait sur la perception qu’il avait de lui. Enfin non – il était coincé, c’était aussi évident que l’amour de Red pour le rhum. Mais est-ce que ça importait vraiment ? À en voir la bourse bien fournie de l’homme, pas du tout. Pas que Red soit particulièrement cupide, mais personne crachait sur des fleurons obtenus si facilement. Même si ça avait un goût différent de gagner son argent sur le pont d’un bateau. Mais le pirate était pas sot, et si c’était juste partager des histoires avec un riche étrange, alors ça lui allait.

« Suivez-moi, m’sire. J’vais pas vous amener dans un coup’ gorge, j’vous assure. »

Il aurait pu, il aurait pu facilement. Mais il était intrigué, Red, et il avait plus à y gagner à faire affaire avec lui directement, qu’à le dépouiller et à revendre ses objets. Pour l’instant, du moins. À voir s’il tenait sa parole. Parce qu’il oubliait pas, qu’il lui avait promis récompense. Et l’alcool servirait qu’à l’empêcher de s’assécher le gosier, pas à le remercier du temps qu’il prendrait à lui parler de sa vie.

Il se dirigea vers la Ville Basse, quoi qu’il aurait beaucoup aimé se trouver avec ses frusques dans la Ville Haute, pour imiter les nobles. Il avait l’embarras du choix, du plus misérable établi, à un à peu près respectable – très respectable pour lui, moins peut-être pour celui qui financerait sa boisson. La Taverne de la Rose lui semblait quand même plus à même de leur laisser un peu de paix, sans que qui que ce soit ose toucher à l’homme face à lui, en tout cas. Tant qu’il resterait en compagnie de Meldred.

« C’la Taverne de la Rose, là, m’sire. Y vous arrivera rien, si vous restez avec moi. J’vous ramènerai au port, après, s’y faut. Mais sortez pas sans moi, c’tait pas une jacasserie, on va vous prendre vos bourses, vos bijoux et p’t’être même tous vos vêtements, sans qu’vous ayez le temps d’réagir. »

Avertissement amical, ou peu s’en faut. Mais il le dirait pas trois fois. C’était pas vraiment son affaire, s’il écoutait pas, et n’en faisait qu’à sa tête. Un sourire ironique se plaqua sur son visage. « Et si j’suis pas en état, la tenancière loue quelqu’ chambres, j’me doute bien que vous dormirez pas sur un banc. On pourra partager, j’veillerai à c’qui vous arrive rien, jusqu’à c’que j’puisse vous ramener dans votr’ quartier. »

Ouais, voilà. S’il pouvait avoir une des meilleures chambres de la ville pour une nuit, il dirait pas non. Et peut-être même qu’il s’arrangerait pour que ce soit nécessaire. Fallait voir.

« Près d’vingt ans, m’sire. J’suis d’l’Archipel, c’est normal pour nous. Soit on d’vient pirate, soit on rest’ là-bas. Rien n’sera jamais aussi bien que l’Archipel, mais c’est pas du sang qui circule dans mon corps, c’de l’eau salée. Vous savez comment j’l’ai su ? Quand Messaïon m’a mis dans les mains d’une viv’nef, alors que j’ai manqué d’me noyer à deux ans. J’sais pas qui m’a jeté à l’eau si violemment, mais c’est sur que Messaïon m’a marqué comme sien, sinon j’serai mort à l’heur’ qu’il est. Vous savez, p’tit, sur l’Archipel, je nageais avec les dragons des mers. On est les mêmes, eux et moi, un peu. »

Ouais, il y croirait – ou non.



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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Ven 6 Jan - 20:56

Il l’a pensé avant de partir, Maximilien, à s’adjoindre les services d’un guerrier ou deux pour l’accompagner dans la Ville Basse. Mais il a bien vite oublié cette idée : il veut juste parler, et être accompagné de deux hommes armés n’invite guère à la discussion. Et réellement, c’est une discussion qu’il veut avoir, et il sait qu’il ne pourra pas aller ailleurs pour l’avoir. D’où cette décision de s’aventurer sur les quais de Lorgol. Il fait jour, et il ne compte pas s’y aventurer après la nuit tombée. Il n’a pas pris beaucoup d’argent, même s’il reste conscient que pour certaines personnes de la Ville Basse, c’est une petite fortune. Mais son envie de réponses, son envie de comprendre est plus forte que l’appréhension qu’il pourrait avoir.

Et puis, le dénommé Red ne semble pas être un mauvais bougre, malgré l’accent appuyé des gens de la mer et ses expressions familières. Pas du genre à l’emmener dans un endroit étrange pour le dépouiller, du moins, Maximilien espère ne pas se tromper. Il connaît la Taverne de la Rose, sinon de visu, du moins, de réputation. On lui a conseillé de s’y adresser, au cas où il ne trouverait personne sur les quais pour répondre à ses questions. Il le sait, le conseiller ducal, qu’il détonne dans cette faune particulière. Qu’importe, tant qu’il obtient ce qu’il est venu chercher. Il a besoin de comprendre.

Maximilien acquiesce sans rien dire à la remarque du jeune homme, montrant qu’il a compris la menace qui guette. C’est un mensonge, pour ce qu’il en sait, un moyen de lui tirer quelques fleurons supplémentaires, tandis que le pirate boire tout son soûl sans qu’il ne puisse décider que ça suffit. Qu’importe : si Red tient sa part du marché, Maximilien veut bien tenir la sienne. Sa proposition le fait sourire, toutefois : qu’il ne s’inquiète pas pour lui, le pirate, il n’a aucunement l’intention de rester ici tard dans la soirée. A quoi doit-il cet attention à son égard ? Un sens de l’honneur développé, ou simplement la perspective de boire sans rien débourser ? La pensée est cynique, et Maximilien ne tient guère à la partager.

Il accepte de le suivre, en tout cas, tandis que le jeune homme reprend la parole, et si le comte craignait qu’il ne soit guère friand de partager son histoire, il doit vite revoir cette impression : le pirate a l’air ravi de lui faire la conversation. Il vient de l’Archipel, alors ? Pas vraiment étonnant qu’il se soit destiné à devenir pirate : bien peu de gens des îles trouvent grâce aux yeux des gens d’Arven. Il a failli se noyer, lui raconte Red, et Messaïon l’a mis sur le chemin d’une Vivenef. Il serre la mâchoire, le comte, songeant que c’est justement Messaïon qui a pris le sien, de petit garçon.

« Des dragons des mers ? » Murmure Maximilien, songeur. Dire que Red n’a même pas commencé à boire, qu’est-ce qu’il va bien pouvoir lui raconter une fois qu’il sera imbibé ? Il assume que ce sont ses parents, ou un autre barbare de sa famille, qui l’a laissé tomber dans l’eau, et essaye de comprendre. « Peut-être que le petit garçon que vous étiez a été impressionné par la Vivenef qui vous a sauvé, et que c’est pour cela que vous avez voulu devenir... pirate. » Il le sait, Maximilien, qu’être pirate peut attirer les enfants, jusqu’à ce qu’ils soient assez grands pour comprendre la réalité de la chose, tout du moins. « Vous n’avez jamais regretté ? C’est un choix de vie effrayant, non ? Soumettre votre vie tout entière au bon vouloir de Messaïon ? » C’est un choix qu’il ne comprend pas, Maximilien. Il a compris, pourtant, quand Melsant a décidé de devenir Voltigeur, de risquer sa vie ou plutôt, de la remettre entre les griffes de Soie. Il le pense. Peut-être se trompe-t-il lui-même ?

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Mer 18 Jan - 19:16



Le pirate était pas sans se questionner, mais malgré les airs qu’il se donnait, malgré ses préjugés sur les continentaux, malgré son air roublard, il était plutôt honnête. Autant que pouvait l’être un pirate, du moins – et si l’homme respectait leur accord, alors il le ferait aussi. Même s’il s’amusait à s’imaginer comment il pourrait le voler. Il le ferait pas vraiment, pas sans qu’on lui donne une raison de le faire. Et puis, l’homme semblait plutôt aimable. Autant qu’un noble pouvait sincèrement l’être, en cherchant à obtenir quelque chose de quelqu’un. Y’avait sûrement un peu de faux là-dedans, mais ça serait hypocrite de le blâmer de tout faire pour obtenir ce qu’il voulait, non ? Pas comme si Red ne voyait pas son propre intérêt dans le marché qu’il venait de faire. Il haussa les épaules, pour lui-même plus que pour qui que ce soit d’autre, parce que celui à ses côtés pouvait pas lire dans ses pensées, si ? Il s’arrêta un instant, le regardant d’un air soupçonneux, se disant que peut-être que si, en vrai. Mais Maximilien semblait trop imperturbable, pour ça. Parfait.

« C’votre vrai nom, Maximilien ? Z’ont tous d’noms comm’ ça, dans la noblesse ? »

Il comprendrait ce qu’il voulait, avec sa question. Après tout, s’il était pas stupide, il devait se douter que tous les pirates voguaient pas sous leurs vrais noms, si ? Enfin, quoi que, il avait l’air de rien y connaître, et peut-être qu’il pensait pas que des gens… normaux, s’il pouvait dire comme ça, normaux à ses yeux d’homme du continent en tout cas, se lançaient dans l’aventure. Il n’y avait pas que des Îliens, loin de là. Mais bon, il limiterait ses confidences. Il pourrait lui dire, peut-être, que ça n’était que des brigands, si jamais. Pour préserver les secrets du reste de l’équipage – pas qu’il en connaisse, pas sur l’Audacia, en tout cas. Et sur l’Orichalque, bah… Peu importait. Il continuait à parler, en tout cas, racontant son histoire. C’était ce qu’il voulait, non ?

Il partit d’un rire franc, alors qu’il entendait l’incrédulité ou le soupçon dans la voix de l’homme – il aurait pas trop su dire lequel des deux. Pas que ça importait vraiment. « Pour sûr, y’a pas qu’vos bêtes ailées. Et j’le sais, mon frère vol’ sur l’une d’entre elles. Sont bien plus beaux, plus majestueux, nos dragons. Mais vous d’vriez essayer d’en voir par vous-mêm’, ça vaut l’détour. » Oui, c’était bien vrai. Y’avait rien de plus beau qu’un dragon des mers, à part Rhéa, pour le pirate. Et ça, depuis qu’il était tout petit. « Aussi sûr que j’m’appelle Meldred, m’sire. Mais v’savez, mon pèr’ avant moi était pirat’. Et pi mon frèr’ aussi. Jamais y s’seraient opposés à c’que je l’sois. Enfin, mon frèr’ est un d’vos cap’taines de vol, là. Mais c’sûr que y’a pas plus bell’ vivenef que l’Audacia. Et que sa figure de proue, Rhéa. J’crois que j’étais amoureux, avant. » Peut-être encore un peu maintenant, mais il avait plus les illusions de sa jeunesse. Mais bon, s’il pouvait vivre et mourir sur l’Audacia, alors ça lui suffisait. Il avait pas besoin d’amour, pas vraiment, et les bras désireux de lui prodiguer de la tendresse sans amour étaient nombreux. Il ne put retenir un sourire goguenard, ne développant pas sa pensée pour autant.

« Jamais, m’sire. Z’avez jamais aimé queq’chose au point d’vivre que pour ça ? Parc’que la mer fait partie d’moi, comme jamais rien ne pourra en faire partie. C’comme ça. J’sais pas trop où j’suis né ni pourquoi, ni comment j’me suis retrouvé sur l’pont d’l’Audacia, mais j’sais que j’peux pas être né ailleurs qu’dans l’Archipel. Z’avez déjà ressenti ça ? »

Il cachait pas sa curiosité, pas du tout. Mais eh, c’était donnant-donnant, non ?



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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Dim 22 Jan - 17:51

Maximilien reste silencieux, faisant mine d’ignorer le regard soupçonneux du pirate. De toute façon, même s’il fait mine de l’ignorer, les choses sont claires : aucun d’eux ne se fait confiance, et il n’y a aucune raison qu’il en soit autrement. Cette rencontre n’est clairement pas destiné à déboucher sur quelque chose : il a besoin de ce Red, et le pirate a besoin de lui. Ils vont lever le coude ensemble, le pirate va parler, Maximilien écouter, et ils se quitteront pour ne plus jamais se revoir. Les pirates ne mettent pas Euphoria à sac, avec la dangerosité de ses côtes, et il ne voit absolument pas pourquoi le Destin remettrait le dénommé Red sur sa route, lorsqu’il est de passage à Lorgol. C’est grand, Lorgol, assez pour qu’ils ne se recroisent plus jamais.

Le programme semble prometteur, et le conseiller s’autorise un reniflement amusé à la question du jeune homme. « Non, les filles de la noblesse s’appellent Maximilienne. » Il lève les yeux au ciel le Cielsombrois, sans pour autant répondre véritablement à la question. Red n’en a probablement rien à faire de toute façon. Effectivement, il se doute que Red n’est pas le vrai nom du jeune homme mais encore une fois, cela ne lui apporte rien, tant qu’il parle. Lui lui a donné son vrai nom, mais il doute fortement que le pirate soit capable de le rattacher à Maximilien de Séverac, comte et premier conseiller ducal du duc de Sombreciel. C’est un Ilien, après tout. Pas qu’il soit particulièrement stupide - c’est un préjugé facile pourtant - mais les rouages de la politique d’Arven n’ont probablement aucun intérêt à ses yeux.

En tout cas, il ne rechigne pas à répondre à ses questions, le dénommé Red. Son frère, un des capitaines de Vol Faës ? Réellement ? Peut-être ce Rackham quelque chose, dont l’histoire a fait le tour d’Arven. Un Capitaine illettrée, bien sûr que les rumeurs ont fusé à son sujet, même si Maximilien est persuadée que la bonne moitié est fausse. Il s’est même demandé si le Capitaine tout entier n’était pas une invention, d’ailleurs. « Je vais passer mon tour, je le crains. » Souffle le comte, peu impressionné. Des dragons des mers, ce n’est pas ce dont il est venu parler.

Il continue, le pirate, et son prénom complet est comme un coup dans l’estomac de Maximilien. Meldred. Comme son petit garçon. Son tout petit noyé, emporté par Messaïon. Il ne va pas plus loin dans son analogie pourtant, le conseiller. Meldred est mort, depuis des dizaines d’années. Ils l’ont cherché, ont interrogés les marins, les pécheurs, jusqu’à ce que l’espoir s’éteigne et qu’il ne reste que la douleur. Il n’a aucune raison, aucune, de croire qu’un autre sort que la noyade attendait son petit garçon. Et puis, ce pirate n’a aucune ressemblance avec son petit Meldred. Avec aucun de ses autre enfant d’ailleurs, si ce n’est la couleur de ses cheveux et le bleu de ses yeux.

Meldred continue à parler, de son père pirate, de son frère, de l’Audacia et de figure de proue. Maximilien ne l’interrompt pas, reconnaissant du temps qui lui ait donné pour reprendre contenance. Cela fait longtemps, si longtemps, mais il ne peut empêcher sa gorge de se serrer à chaque fois que quelqu’un prononce le prénom de cet enfant qu’ils ont perdu, Ismalia et lui. Et quand le jeune homme lui assure qu’il n’a jamais regretté, il a repris assez contenance, le comte, pour continuer cette conversation. « Oui, je comprends votre sentiment. Celui d’appartenir corps et âme à un endroit, et savoir que quoi que l’on fasse, on ne pourra jamais s’en éloigner complètement. »

C’est ce qu’il ressent pour Sombreciel, après tout. Son duché, celui qui a vu naître ses enfants, celui à qui il a tant donné, et pour lequel il sacrifie encore bien des choses. Il est fier d’être conseiller de Castiel, fier de contribuer à la grandeur de ce duché qu’il aime par dessus-tout. Même si pourtant, plus que Sombreciel, plus que tout autre endroit, il y en a un un auquel il n’avait jamais douté d’appartenir : les bras d’Ismalia. « Ca n’a jamais été un choix alors, réellement. Vous avez simplement imité vos aînés. Ce n’est pas un tort, ni même une critique. » Ajouta rapidement Maximilien. « Peut-être que certains sont destinés à aimer la mer, et d’autres non. » Peut-être que la mer choisit ses enfants, après tout ? Elle les marque, elle instille dans leurs veines du sel et des envies d’aventure, et elle les fait siens, rejetant les autres.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Sam 28 Jan - 2:03

C’était pas comme ça que le pirate aurait pensé passer sa soirée. Jamais il aurait envisagé renoncer à faire la fête, à se renverser la tête, tout ça pour renseigner quelqu’un sur la mer, sur ce que ça faisait, d’être un enfant de Messaïon, de vivre pour et par la mer. Non, vraiment. Il était bavard, Meldred, mais pas vraiment à même de parler de lui, de sa vie, et tout ça. C’était des conneries pour des nobles qui s’ennuyaient, ça, si vous l’écoutiez. Lui, il racontait pas sa vie, il la vivait. Mais eh, qui serait assez idiot pour déroger à ce principe, contre un bon repas, de l’alcool, et peut-être même un endroit où passer la nuit, sans vider sa bourse ? Ça lui suffisait, si ça s’éternisait pas.

Il ne put s’empêcher d’hausser un sourcil, avant de rire à gorge déployée, devant l’aplomb de l’homme. Il l’avait peut-être jugé bien vite, mais il ne s’attendait certainement pas à ce qu’il fasse preuve d’autant d’humour – ou d’humour tout court. Comme quoi, les apparences étaient trompeuses. Mais ça, Red le savait, même s’il prétendait ne pas y croire, et avoir une image négative de tous ceux du continent. C’était faux, et pour peu qu’on le connaisse un minimum, on le comprenait bien vite. Mais il s’amusait à faire le rustre, celui qui ne comprenait rien, et n’appréciait pas les autres. « J’pensais pas qu’vous s’riez aussi… drôle. Enfin, à mêm’ de vous moquer d’vous mêm’. Votr’ femm’ s’appell’ comment ? Et vos enfants ? Z’en avez, n’est-ce pas ? »

Oui, il était curieux de savoir, lui, comment pouvait vivre un homme qui n’avait pas suffisamment peur du reste du monde, pour venir interroger un pirate, et agir aussi ostensiblement. Parce qu’il était pas bête, Red. Il savait bien, qu’il avait montré ses richesses volontairement, pour alpaguer quelqu’un. Lui, un être, des coupe-gorges, des voleurs, peu importait, mais quelqu’un. Inconscient, peut-être, mais pas idiot et il agissait pas sans savoir ce qu’il attendait. Même si le pirate comprenait pas ce qu’il attendait. Il haussa les épaules, alors qu’il dédaignait le plaisir de nager avec des dragons. Ou pas loin d’eux, en tout cas. Tant pis pour lui, s’il les estimait pas comme il le devrait.

Et ça empêche pas Red de parler, d’en dire encore plus. Il dit trop rien de secret ou d’important, juste des mots qui s’enchainent, pour lui expliquer. Lui faire comprendre, peut-être, si seulement c’est possible. Il voit bien que l’homme est bizarre, en tout cas, il se demande s’il doit pas lui mettre une gifle – pas pour l’attaquer, juste pour qu’il reprenne ses esprits. Il comprend pas trop, mais il attend. Peut-être que ça ira tout seul. « Z’allez bien ? Et vous parlez de quoi ? Si vous en parlez comme ça, c’est que vous faites pas que comprendre. Vous l’vivez, vous aussi. Comment ? S’vous voulez bien m’le dir’. »

Parce que oui, il avait jamais dit tout ça, lui. Il avait pas confié tout cet arrachement, quand il était pas sur mer. Alors c’était que le vieux devait savoir, comprendre, ressentir otut ça lui aussi. Il appréciait moins ce qu’il lui dit après, par contre. Pas un choix ? Bien sûr que si. Il aurait pu être tout ce qu’il voulait. Et il était un peu offensé, d’un coup. « [color=capucine]Comment vous pouvez savoir ? Mon père était peut-être sur des navires, mais ma mère, elle élève des dragons. Mon frère, il est capitaine de Vol, je vous l’ai dit. Mes sœurs, elles font bien ce qu’elles veulent. J’aurai pu être ramasseur de coquillages ou balayeur de sable, si j’étais fainéant, ou bien m’occuper de l’île. Autre chose. Plein de choses. J’aurai pu faire ce que je voulais, et j’ai fait ça parce que Rhéa – la figure de proue de l’Audacia – m’a marqué comme sien. Parce que c’est ce que le Destin attend de moi, mais aussi parce que je le veux. Parce que je me suis jamais autant senti à ma place loin de chez moi que sur l’Audacia. J’ai pas fait comme mes aînés, j’ai pris mes propres décisions.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Dim 12 Fév - 15:27

Il ne s’attend pas à provoquer un tel amusement Maximilien, mais sa sortie semble avoir brisé quelque peu la glace, et le dénommé Red ne le prend pas aussi mal qu’il aurait cru. Comme quoi, les préjugés vont dans les deux sens. « Avoir un titre n’oblige personne à devenir aussi sérieux qu’une pierre, je suis ravi de vous l’apprendre. » Le ton est bien plus amusé qu’hautain, et Maximilien réfléchit un moment avant de répondre à la question du jeune homme. Il le sait, il ne peut pas exiger des réponses sans en donner quelques unes en retour. Red a beau avoir l’air décidé à obtenir de l’alcool et un bon repas, nul doute qu’il ne s’offusque si le noble reste silencieux quand à qui il est, alors qu’il exige de lui l’exact contraire. « Ismalia. » Répond-t-il, dissimulant de son mieux la chaleur de sa voix, la soudaine douceur de ses yeux à chaque fois qu’il évoque sa femme tant aimée. Elle est sa force et sa faiblesse tout à la fois, la belle dame d’Erebor. « Elle m’a donné cinq enfants. » Et pourtant, ils en ont élevé six, avec un amour incommensurable. Un qui n’était pas à eux, un qui n’était plus avec eux, mais au final, c’est bien six enfants qu’il porte dans son cœur, le comte de Séverac. « Leurs noms ne vous évoqueraient rien, je le crains. » Ou lui évoqueraient quelque chose, ce qui l’embêterait sensiblement plus. Maximilien sait que Red n’est pas un imbécile, et révéler qu’il est conseiller de Sombreciel et comte de Sombreciel est une carte que le comte préfère garder dans son jeu, pour le moment.

Red se montre bavard, en tout cas. Sans en dire trop, sans en révéler plus que nécessaire sur lui-même, mais bien assez pour que ses réponses soient au goût du comte de Séverac. Maximilien décline d’un geste sa préoccupation : il va bien, que Red ne pense pas qu’il s’agisse d’une faiblesse de sa part, sur laquelle il pourra sans aucun doute jouer par la suite. C’est juste qu’entendre le prénom de son tout-petit est à chaque fois inattendu, et déroutant. Il s’en remettra. « On le vit tous un peu, non ? Pour ceux qui ont un endroit à eux, tout du moins. Un endroit qu’ils considèrent comme chez eux. » Cela reste vague, il le sait, Maximilien, mais il n’est pas sûr d’avoir envie de devenir plus spécifique. Et en même temps, cela l’aide à comprendre, peut-être, ce qui pousse ces marins à repartir en mer, même en connaissant la dangerosité de leurs actions. Parce qu’ils appartiennent à Messaïon, à leur bâtiment, comme lui appartient à Sombreciel. Mais pourquoi choisir de s’engager, en premier lieu ? Pourquoi choisir de risquer sa vie, alors que tant l’on déjà perdu ?

Il ne peut s’empêcher de penser à Melsant. Voltigeur. Lorsque son aîné lui a fait part de sa volonté de devenir l’un de ces acrobates des cieux, Maximilien lui a donné son accord, avec fierté, avec confiance. Et pourtant, il sait la dangerosité que cela représente. Mais Melsant a choisit de mettre sa vie en jeu, de la donner à sa griffonne, pour protéger Arven. Il y a une motivation, derrière. Quelle peut-être celle d’un pirate ? L’aventure ?

Red semble un peu agacé par ses paroles suivantes, tandis qu’ils arrivent en vue de la taverne. Patiemment, Maximilien tente de lui expliquer ce qu’il a voulu dire. « Et si vous étiez né ailleurs que sur l’Archipel ? Seriez-vous devenu marin, alors ? » Marin. Pirate. Qu’importe, après tout. « C’est de cela que je parle : que vous le vouliez ou non, peut-être avez-vous été influencé. Est-ce que vous seriez devenu marin, si vous étiez né... je ne sais pas moi, en Cibella ? » S’il n’avait jamais rencontré Rhéa. S’il n’avait jamais eu l’exemple de son père. « Ou est-ce que le Destin vous aurait simplement guidé jusqu’à un navire, peu importe le moyen de le faire ? » Se demanda-t-il à haute voix, avant de poser son regard sur le pirate. « Pardonnez-moi de vous avoir vexé. » Son ton se fait presque moqueur, mettant au défi le jeune homme de dire que oui, il avait été vexé. Par un noble. Lui le pirate, lui le jeune homme blasé, se prenait finalement plus au jeu qu’il ne semblait vouloir le faire à la base.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Lun 13 Fév - 22:49

Pas sérieux comme une pierre, parce qu’il est noble ? C’était bien le premier qu’il croisait, pour qui cela faisait exception. Et il soutenait qu’il y en avait plus ? Il peinait à le croire, mais il se contenta de sourire avec amusement, sans rien dire. Autant éviter d’insister et de le provoquer, même s’il en mourrait d’envie. Il hocha simplement la tête, avançant encore, et posant quelques questions à son tour. Il était curieux, bavard, et il voulait en savoir plus, même des choses superficielles.

« C’est un beau prénom, d’où vient-il ? »

Il ne le savait vraiment pas, et ne mentait, en affirmant cela. « C’’d’la pure curiosité, et vous m’affirmez qu’vous n’portez pas l’mêmes noms, j’suis pas bien certain d’pouvoir vous croir’, là. Et s’app’ler Maximilien 1, Maximilien 2, Maximilien 3, Maximilien 4 et Maximilien 5, ç’compte pas ! »

Oui bon, il se moquait peut-être un peu. C’était vraiment grave ? Il croyait pas. Il y voyait aucun mal, lui, en tout cas. Et au pire, l’homme s’en irait, vexé – c’était lui qui voulait des réponses, et attendait quelque chose. Si Red était pas contre un repas ni contre des boissons, c’était pas un crève-la-faim, et pas un sans l’sou. Il s’en sortirait, et son gosier serait pas sec.

Enfin bon, il parlerait, il parlerait pas, peu importe. Red, lui, continuait. Il disait probablement un peu tout ce qui lui passait par la tête, mais même si l’homme à ses côtés pouvait pas le savoir, c’était tout à fait habituel pour lui. « J’espère qu’on le vit tous, même si c’est quelque chose qui paraîtrait trois fois rien, pour les autres. La vie doit être horrible, sans endroit comme ça. Mais vous savez que moi c’est l’Audacia, et Messaïon, c’est quoi pour vous ? »

Il cessera, peut-être, ses questions. Un jour. Pas tout de suite. Pour l’instant, il parle et il écoute, il avance et il observe. Ils arrivent bientôt à la Taverne, et il fait signe à l’homme de s’installer où il le veut, fait une courbette ridicule à ses camarades pirates, et s’assied à côté de son généreux bienfaiteur pour la soirée, tout en continuant de parler.

« Pour sur, c’le Destin qu’m’a placé dans c’tte famille, j’suis pas leur fils de naissance mais ça change rien, c’’bien qu’il avait ces plans là pour moi. Et qu’j’étais apte à l’êtr’. Après tout, pourquoi Rhéa et l’Audacia m’auraient sauvé ? Et pourquoi j’m’y r’trouverai maint’nant ? C’est mon Destin qu’a été tout tracé. Et en Cibella ? Jamais ! Y sont presqu’ pir’ que ceux d’Bellifère ! »

Il se tut un instant, regardant l’homme. « Vous pensez pas qu’vous avez été fait pareil ? Amené sur l’chemin qu’est l’vôtre ? Vous fait’ quoi, d’vos journées ? »

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Mer 22 Fév - 16:47

Il en veux bien des réponses, cet apprenti-pirate navigateur, Maximilien ne sait pas trop comment le qualifier. Il hésite quelque peu, le conseiller, entre le fait que l’homme fasse juste la conversation, ou qu’il cherche réellement à avoir des réponses. A moins qu’il ne fasse ça pour l’agacer, et une chose est sûre : plus le comte se montrera réticent à répondre, plus ce Red saura quel levier manœuvrer pour l’énerver. Et clairement, ce n’est pas un pouvoir que Maximilien désire lui offrir. « Des dunes d’Erebor. » Répond-t-il donc, un peu curieux de voir jusqu’où les légendes des Cielsombrois enlevant les Erebiennes sont connues. Jusqu’à l’Archipel ? Et Red insiste, arguant que c’est juste pour voir s’il dit la vérité qu’il désire connaître le nom de ses enfants. « J’ai deux filles, donc votre calcul ne compte pas. Maximilienne 1 et 2, vous devriez y ajouter. » Il prend le parti d’en plaisanter le comte, mais ne révèle pas pour autant la vérité. Il n’a pas réellement envie qu’on puisse l’identifier comme Maximilien de Séverac, en vérité. Pas dans ces rues de la Ville Base, ou dans une taverne pirate quelconque.

Il est intarissable, le jeune homme, et Maximilien ne peut s’empêcher d’en être amusé. Oh, il pourrait probablement en être agacé, ou se vexer, mais le babillage du pirate est plaisant, et il a élevé six enfants. Tous cielsombrois. Il sait ce que parler, parler et parler encore veut dire. « Moi ? C’est mon duché. Ma maison. » Ma femme. Le sous-entendu est peut-être clair, mais le conseiller ne le prononce pas pour autant. Il est chez lui, là où se trouve Ismalia. Et s’il aime Sombreciel plus que tout, s’il chérit tendrement chacun de ses enfants, Ismalia reste... son Ismalia. Son havre de paix.

Ils sont arrivés devant la taverne, et Red l’invite à s’asseoir, après une courbette ridicule envers d’autres marins - pirates - à l’air pas forcément très accueillants. Qu’importe : il veut croire en la parole de ce jeune homme, le conseiller, à savoir qu’aucun mal ne lui sera fait. Alors il ne jette pas des regards apeurés autour de lui, il se contente de s’installer, parfaitement détendu, en apparence. Les apparences, il a appris depuis longtemps qu’elles étaient la clé de beaucoup de succès. Le masque glisse peut-être un peu, quand Red lui révèle que sa famille n’est pas sa famille de naissance, mais il reprend vite contenance. L’espoir de retrouver Meldred est mort depuis longtemps. Des années, Ismalia et lui ont cherché en vain leur petit garçon, se renseignant sur les enfants perdus, abandonnés. Morts.

Alors non, il n’y croit plus, Maximilien. Même si ce Red présente une vague ressemblance avec ses aînés, même s’il a été recueilli enfant, même s’il porte le même nom que son petit garçon... il y a souvent cru, et il a toujours étét déçu. Son amour pour Meldred, son espoir, ses rêves, il les a enfoui depuis bien longtemps Maximilien, gardant cette blessure secrète au plus profond de lui-même.

A peine esquisse-t-il un sourire à la remarque sur Bellifère. Il n’est pas sans ignorer la haine qui oppose le duché de la Guerre et les pirates qui hantent les mers. « C’est ce que je disais. C’était votre Destin d’être pirate. Messaïon sait attirer à lui ses enfants. » Et rejeter les autres. Comme il a probablement rejeté son petit Meldred, lui offrant comme sépulture le froid et l’ombre de ses abysses. « J’ai été amené sur le chemin que j’occupe actuellement, oui. Mon père exerçait ce métier avant moi, et il m’a formé pour l’exercer également. Je suis... conseiller politique ? » Il ne sait pas trop si les connaissances de l’îlien vont jusque là. Après tout, la politique, en Archipel, est passablement pauvre. « Et je ne ferais jamais un bon marin, je le sais. Mais peu importe, j’aime ce que je fais. Et vous ? Qu’est-ce qui vous plaît tant dans le fait d’être l’un des élus de Messaïon ? » C’est pour le savoir qu’il est là, après tout.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Dim 26 Fév - 20:24

Des dunes d’Erebor ? Était-ce une coutume de ce duché, que d’avoir des prénoms aux tonalités chantantes et douces, comme celui de la femme de son interlocuteur ? Peut-être. Il sourit, en tout cas, acquiesçant sans rien demander de plus. Et riant franchement, en l’entendant rétorquer qu’il avait tort, parce qu’il avait deux filles. Il s’était fait avoir à son propre jeu, mais il devait reconnaître une certaine répartie et un certain humour au noble.

« Vous m’vez eu, j’crois, ‘suis obligé d’m’incliner. M’si Maximilien 1, 2 et 3 sont comm’ vous, et Maximilienne 1 et 2 aussi, alors ils doivent être très sympathiques… pour d’nobles. »

Il s’amusait, le pirate, oui. Plus qu’il ne l’aurait cru, quand il avait été abordé de manière si singulière, mais il ne s’en plaignait pas, bien au contraire. Et il pensait que le noble non plus – sinon, il aurait coupé court à la conversation, n’est-ce pas ? Il était le demandeur, donc il pouvait très bien estimer avoir assez d’informations, et mettre fin à l’échange. Bah, peu importait. Red n’y voyait qu’un moyen d’au mieux avoir sa soirée financée par un riche mécène, au pire, un petit détour pas bien grave. Il sourit, à la pensée que ce Maximilien pourrait être un mécène – c’est vrai que la piraterie, c’était tout un art. La bonne façon d’aborder un bateau, la bonne façon de se battre… Oui, de l’art. Mais ça, à part les pirates, personne ne pouvait le comprendre.

Il jette un regard surpris, Red, à l’homme, qui se comporte avec une aisance incroyable, comme s’il avait toujours évolué au milieu de ces gens. Il aurait pu leurrer un œil moins averti – ou quelqu’un à qui il n’avait pas avoué vouloir en savoir plus sur ce qui motivait quelqu’un à prendre la mer, signe assez révélateur que ça n’était pas son cas, et qu’il n’avait jamais navigué. À moins qu’il ne soit un excellent acteur, on ne savait jamais, avec ces continentaux, mais il en doutait. Il fronce les sourcils, cependant, quand il semble d’un coup plus mal à l’aise. Il a vraiment des réactions curieuses… Pas que ça le regarde, pour autant.

« Quelle importanc’, si c’bien l’Destin lui-mêm’ qui m’a placé là ? Ou Messaïon ? C’pas qu’ça m’plaise, qui import’ ? C’peut-être une façon simpl’ d’voir les choses pour les gens comm’ vous, mais ça m’suffit, d’savoir qu’j’suis bien là où j’suis. Et qu’j’suis à ma place, surtout. Vous avez la sensation qu’c’est pas vot’ cas, des fois ? Ça avait jamais été le sien. Bienheureux soit-il, d’avoir toujours été convaincu de ce qu’il devait faire, et de l’endroit où il devait le faire. Il n’avait jamais abandonné, jamais envisagé de ne pas être sur l’Audacia, et avait été irréprochable, jusqu’à y arriver. Et il continuerait, encore, jusqu’à être sûr de faire partie des meubles, que l’Audacia soit une ancre pour lui, et qu’on ne puisse plus l’en déloger. Il ferait couler le sang, parfois même le sien, pour l’Audacia, et c’était ainsi que les choses devaient être. Il n’en avait pas le plus petit doute. Et vous r’grettez ? Vous doutez qu’ce soit fait pour vous ? V’pensez qu’vous s’riez mieux ailleurs ? Et c’quoi, exact’ment, c’que vous d’vez faire ? Vous plumez les gens en les amenant à faire c’que vous voulez, c’qui vous sert l’mieux ? Pas plus honnêt’ qu’un pirate, en réalité. Moins, même. Eux, au moins, faisaient pas semblant de faire de bonnes choses. J’veux pas vous offenser, hein. Mais ça m’dépass’ un peu, j’cherche à comprendr’. »

Il sourit. « Z’êtes déjà monté sur un navir’ ? Si non, vous pouvez pas savoir, si vous f’riez un bon marin ou pas. Et encor’, si c’tait just’ pour vous prom’ner, c’pas un bon exempl’. Si j’étais joueur, et pas sur la viv’nef de mes rêves d’gamin, j’vous mettrais au défi d’échanger d’place ‘vec moi, pour un voyage – j’suis sûr qu’ça amuserait l’pitaine et les s’condes, mais bon. Ça pourrait p’t’êtr’ se fair’, en vrai. Vous m’suivez pendant une saison, et ensuit’, j’viens passer l’hiver ‘vec vous, dans votr’ duché, et j’vous observ’. J’essaye de comprendr’. Non ? Si Philippe et m’dame Freyja sont d’accord. » Oh oui, ça l’amuserait beaucoup. Le noble en face de lui… beaucoup moins, sûrement. Dommage.

« L’aventure. Le renouveau, souvent. On peut fair’ un mêm’ trajet, qu’les vagues sont mouvant’, les navires qu’on croise aussi, les missions, encore, pas les mêm’… L’inconnu, le frisosn de la nouveauté. Tout ça. J’sais jamais c’qui m’attend, j’sais just’ que la mer sera pas traitresse – pas de fausse promesse de calme, pas de plat, jamais. Toujours des surprises. Des frissons de peur mêlés à l’excitation. Et vous, ç’vous apport’ quoi, d’être politique ? »

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Ven 3 Mar - 22:24

Le rire de Red résonne, et Maximilien se permet d’afficher lui aussi sa bonne humeur. Il s’incline, le pirate, reconnaissant que le conseiller se soit montré malin sur ce coup-là, et le Cielsombrois incline la tête pour le remercier de son compliment. Bien sûr, que ses enfants sont sympathiques. Ils ont été élevés dans les valeurs chères au comte, mais chacune et chacun a choisit sa propre voie, sans entraves, et sans préjugés. C’est une fierté, en réalité, de savoir qu’ils sont devenu ce qu’ils désiraient être. C’est ce que Maximilien espérait leur inculquer, au fond, cette liberté. Cette absence de préjugés qui lui permet à lui, premier conseiller ducal de Sombreciel, de bavarder avec un tout jeune pirate.

La conversation continue, et Maximilien hoche la tête, distrait. Peut-être que oui, Red a raison, ce n’est pas si important que cela, de savoir le pourquoi, tant que cela lui plaît. Peut-être que Maximilien cherche une raison, une déculpabilisation, que le pirate ne peut pas lui offrir. Que personne ne peut lui offrir, sans doute, si ce n’est lui-même. Il a envie de savoir, besoin de savoir, mais Maximilien se rend bien compte, pourquoi, à quel point sa recherche est vaine. Qu’importe, a dit Red. Qu’importe de savoir si Messaïon a rejeté son petit Meldred, ou si Sithis a décidé de ramener son tout-petit vers lui. Qu’importe, c’est vrai. Cela ne ramènera pas Meldred, et cela n’effaçera jamais la douleur. Mais peut-être que l’esprit rationnel du comte désire une réponse, pourtant. La question du pirate le prend presque au dépourvu. Pas sa place ?

Le flot des questions de Red s’enchaîne, et Maximilien secoue la tête. « Non, je suis exactement à ma place, et je ne regrette pas ce que j’ai fais pour mon Duché. » Ce n’est pas tout à fait vrai, il a de nombreux remords, le comte. Mais un pirate n’a guère besoin de le savoir, n’est-ce pas ? Mais il ne peut s’empêcher, le conseiller, de rebondir sur la définition que fait Red de son travail. Il n’avait pas réellement tort, après tout. « Je ne suis pas vexé. C’est une façon un peu imagée de décrire la politique, mais je ne peux pas le nier, non plus. Disons que je montre aux gens qu’il est dans leur intérêt de penser la même chose que moi. Ils pensent y être gagnant, et ne devinent pas que je le suis bien plus qu’eux. » Peut-être semble-t-il cynique. Et peut-être que c’est le cas, effectivement.

Le pirate a une proposition pour mieux l’aider à comprendre, pourtant. Un voyage en mer, sur l’Audacia. Jamais. Maximilien sent son corps se raidir, et il fait un véritable travail sur lui-même pour ne pas montrer tout le dégoût que lui évoque l’idée. Il a été fier des efforts de ses filles pour surmonter leur peur de l’eau, mais lui-même, non. C’est impossible. Il ne peut pas, et ne voudrait certainement pas. Et pourtant... Red en dresse un vibrant portrait, de cette place d’élu de Messaïon. C’est presque poétique, presque trop parfait. Tellement impossible dans l’esprit de Maximilien, que ces termes pleins de poésie puissent être un jour associés à un bateau. « Je doute que vous n’appréciez de vous retrouver coincé à mes côtés pendant quelques mois, mais je retiens l’idée. » Si jamais, un jour, lui vient la nécessité de négocier avec les pirates, le jeune homme ferait sans doute un messager des plus talentueux. Et Red continue, l’interrogeant. Ce que cela lui apporte, son boulot ? La satisfaction. La fierté de voir s’épanouir Sombreciel, de pouvoir apporter une pierre à un édifice qui ne s’écroulera jamais. Le frisson de l’enjeu, l’anticipation, la nécessité de puiser dans ses ressources pour finir par dominer un adversaire récalcitrant. Tout ça, et bien d’autres choses encore. « Le plaisir de se montrer plus malin et plus tenace que d’autres, peut-être. Savoir que je contribue à faire quelque chose de bien. Cela peut sembler égoïste, n’est-ce pas ? » Et pourtant. Tout ce qu’il fait, il le fait pour quelqu’un d’autre. Castiel. Ses enfants. Les Cielsombrois. Pas lui. Il n’a pas besoin de gloire ou de reconnaissance, pas quand il voit le sourire de Castiel, ou qu’il se glisse, le soir, dans les bras nus d’Ismalia.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Jeu 9 Mar - 15:49

Là où Red parle, le noble réfléchit, pense, conserve le silence. Il est pas gêné, le pirate, de faire la conversation pour deux, même s’il n’est pas certain de comprendre ce qui traverse l’esprit de l’homme. Comment le pourrait-il, alors qu’ils sont de toute évidence opposés l’un à l’autre ? Le pirate n’économise pas vraiment, dépense sa solde dans des plaisirs simples, et l’homme a tant d’argent qu’il l’exhibe, qu’il ne craint pas de se le faire voler – ou qu’il en a quarante fois plus, chez lui, si ça venait à arriver. Ils évoluaient dans deux mondes complètement opposés, et ne pourraient probablement jamais vraiment se comprendre.

Ça n’empêchait pas à Meldred d’être agréablement surpris, et de se prendre à apprécier cette compagnie inattendue beaucoup plus qu’il ne l’aurait cru, si on lui avait dit qu’il allait passer, sinon une bonne soirée parce qu’il s’en faisait une autre idée, au moins une soirée divertissante. Qui pourrait peut-être devenir une bonne soirée, en compagnie de ses pairs ou de quelques gueuses, une fois que l’homme serait satisfait de ses réponses. « C’mieux. C’pas agréabl’, d’pas êtr’ satisfait d’c’qu’on fait. Vous l’fait’ d’puis longtemps, vot’ métier ? Vu vot’ air, vous d’vez être bien en vue, dans votre duché, non ? J’veux dir’, z’êtes riche, bien vêtu, z’êtes pas sale et bien rasé… Oui, il avait une argumentation impeccable. C’est c’que vous fait’ là ? J’sais pas c’que vous espérez gagner ‘vec moi, mais j’crois pas y perdre au change. »

Il avait des besoins simples, de toute façon, il cherchait pas la gloire ou la fortune, simplement à profiter de la vie en faisant ce qu’il aimait. Mais il était pas réfractaire à découvrir des choses nouvelles, c’est pour ça qu’il avait proposé à l’homme d’échanger de travail, pendant un temps – plutôt pour lui faire découvrir la piraterie, que pour aller lui-même découvrir la politique, qui le dépasserait forcément, mais son interlocuteur semblait pas très ouvert. Pas du tout, à vrai. « Z’aim’riez l’Audacia, Rhéa-  sa figure de proue – et la mer, j’en suis sûr. Mais j’vous laiss’ réfléchir, et m’dir’ si on s’r’voit un jour. » C’était pas l’important, de toute façon. Red était persuadé qu’il n’en ferait rien.

Il était quand même curieux, lui aussi, de ce que pouvait retirer Maximilien Sansnom, père très fertile de Maximilien 1, 2 et 3, et de Maxilienne 1 et 2, de ses propres fonctions. Sûrement s’ennuierait-il, oui, à une telle position, mais tout le monde ne pouvait pas ouvrir les yeux et réaliser qu’il n’y avait pas mieux ni plus inspirant que de servir Messaïon. Il ne lui en voulait pas. « C’est normal. Moi aussi, j’prends plaisir à réussir d’choses. Et j’suis pas sûr que v’pensiez ça très honnêt’. Mais v’l’êtes pas vraiment, non plus, à v’loir êt’ l’plus malin, n’est-ce pas ? Et ç’dépend, vous faites que’qu’chose d’bien pour vous, ou pour vot’ duché ? Z’avez pas l’gosier sec ? »

Inutile de prendre des gants, pour demander à boire, si ?

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Mer 15 Mar - 20:34

Peut-être que Meldred ne lui apportera pas cette paix d’esprit qu’il recherche, le comte, mais qu’importe. Il apprécie la conversation du jeune homme, bien loin des discours polis et mesurés qui sont son quotidien. Il ne vient pas s’encanailler, Maximilien, mais être autant déconnecté de son quotidien est presque rafraîchissant. Presque. Car le comte n’en oublie pas pour autant qui il est, et ce qu’il voudrait bien obtenir du pirate, même si cela n’est pas possible. Quoiqu’il commence à comprendre ce qui motive les gens des mers. Ils ont soif de liberté et de sel sur leurs lèvres. Peut-être que Meldred a raison, peut-être qu’un jour, Maximilien devrait essayer de parler à la figure de proue de l’Audacia. D’une autre, peut-être, mais la légende et la renommée de la vivenef n’est pas à faire, et elle l’intrigue, la femme de bois. Et l’amour que semble lui porter Meldred l’intrigue d’autant plus.

Un jour. Pas maintenant. Quand il sera prêt.

Il sourit le comte, à la question du jeune homme. Il sait se moquer de lui-même, Maximilien, et s’il pourrait être agacé de la question, ce n’est pas le cas. « Depuis avant votre naissance, sans doute. » Est-il si vieux que ça ? Il n’en a pas l’impression, en tout cas : ce qu’il fait aide à le maintenir jeune. « Je ne suis pas si je suis réellement bien en vue, mais j’ai quelques responsabilités. » Quelques responsabilités, oui. Il ne minimise pas son rôle, Maximilien, mais la plupart des responsabilités reposent sur Castiel, après tout. Pas sur lui, pas directement en tout cas, et cela lui convient. Il ne rechigne pas à en avoir, mais détesterais l’idée d’en tirer une gloire quelconque.

La question suivante du pirate, totalement dénuée de tact, l’amuse en réalité. « Rassurez-vous, je n’ai pas l’intention de vous faire perdre au change. Vous m’accordez un peu de temps, je vous laisse boire autant que vous voulez. Cela me paraît équitable. » Surtout qu’il en profiterait aussi, de ces verres. « J’aimerais, un jour, rencontrer Rhéa. Je crains de manquer de temps pour le moment, mais j’aimerais, réellement. » Il est curieux, Maximilien, et l’a toujours été. Nul doute qu’une conversation avec elle serait intéressante, mais pas maintenant. Meldred a raison, pourtant : sans doute ne reverrait-il pas Maximilien de sitôt. Jamais, peut-être. Cela ne dérange pas Maximilien : cette conversation l’a aidé, et lui a donné matière à réflexion. C’est un premier pas, il le sait.

Le comte lui fit un signe de la main. « Commandez ce qu’il vous plaira. Et la même chose pour moi. » Souligne-t-il, bien décidé à profiter également de la boisson que l’établissement avait à lui offrir. Il n’arrivera sans doute pas jusqu’à l’ébriété, mais il ne va pas laisser Red boire seul. On l’a mieux élevé que cela ! « Je ne discuterais pas d’honnêteté avec un pirate. Vous l’êtes, sans doute. A votre façon. » Tout comme lui l’est à la sienne, peut-être. Il ne tiendrait sans doute pas le même discours si les côtes d’Euphoria étaient régulièrement mises à sac, mais pour le moment, les pirates ne font pas partie de ses inquiétudes principales.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Lun 3 Avr - 12:57

Le pirate comble les silences de l’homme, parlant pour deux, ou peut-être même bien pour quatre, lui laissant surement le temps d’organiser ses pensées et de décider de ce dont il veut parler ensuite. Quelle importance, à vrai dire ? Il hausse les épaules, et continue à parler, ne s’arrêtant que pour lui laisser le temps de répondre s’il le souhaite – et encore, pas toujours. Mais il a pas l’air de le froisser, s’il en croit ses sourires, et son air, ses gestes, avenants. C’est que tout va bien.

« Avant ma naissance ? Z’avez pas l’air si vieux. Un peu soucieux, p’t’êtr’, mais z’avez pas plus d’vingt ans d’plus qu’moi, si ? J’sais qu’j’suis très bien conservé, mais j’quand même 30 ans. Ou que’qu’ chos’ comme ça. Personne, pas même lui, savait sa vraie date de naissance. Il pouvait bien en avoir 32 ou 28, pour ce qu’il en avait. A savoir rien, ce qui n’avait pas grand chose de surprenant quand on savait qu’il avait failli mourir noyé et qu’il avait été recueilli par des gens qui ne l’avaient pas vu naître. Mais c’était l’âge qu’on lui avait estimé être vrai. J’espèr’ qu’c’est pas elle qui font naître cet’ contrariété qu’on peut voir sur votr’ visage. Sans v’loir vous offenser. Vous êtes plutôt beau, vous aussi, comme moi, c’serait dommag’ que ça soit plus l’cas à caus’ d’votr’ travail. »

Oui, il aurait pu y mettre les formes, mais il voyait pas d’autre façon de lui dire les choses. Même s’il semblait presque détendu, là, face à lui. Surement parce qu’il lui parlait de Rhéa : elle ne pouvait avoir que cet effet, la belle figure de proue, sur les hommes. Et Maximilien ne l’avait encore jamais rencontrée. « Elle est parfaite, vous savez. Elle seule expliquerait pour je suis sur une vivenef, et que j’ai dédié ma vie à Messaïon. Je suis tombé amoureux au premier regard. »

Qu’importe, qu’il n’ait eu que quatre ans, à l’époque ? Peut-être moins, les souvenirs ont tendance à devenir flou, ceux moins importants, du moins. Il se souviendra toujours du regard bienveillant de la figure de proue, qui l’a pris dans ses mains délicatement sculptées, lui épargnant un trépas particulièrement violent. Oui, cette image est vive dans son esprit. Et il ne mâche plus ses mots, parlant avec le respect particulier qu’il doit à la figure de proue, contrôlant ce qu’il dit, subjugué par le charme qu’elle a fait tomber sur lui. S’il est ensorcelé, peu lui importe. « V’saurez où m’trouver, s’vous voulez la voir, lui parler. ». Une phrase simple, accompagnée d’un haussement d’épaules. Il a rien de plus à dire sur elle.

« Alors une chope d’leur meilleur rhum, et leur r’pas du jour ? Si on doit en boir d’autr’, ça f’ra pas d’mal d’manger. Et des oranges, aussi, s’t’en as, ma belle. Il lui adressa un clin d’œil amusé, charmeur presque, avant de se laisser aller à rire, à la réplique de l’homme. Vous m’plaisez bien, z’avez l’air moins sérieux qu’j’croyais. Plus ouvert. On aurait p’têt pu être amis, dans une aut’ vie. V’voulez savoir aut’ chose ? V’pensez quoi d’nous, avant qu’j’vous parl’ encor’ ? »

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Sam 8 Avr - 18:55

Le jeune pirate pale et parle et parle encore, au grand amusement de Maximilien. Il ne peut se défendre d’apprécier le franc-parlé du jeune homme et son manque étonnant de tact, ainsi que sa capacité à être éloquent, quel que soit le sujet. C’est, de toute façon, ce que recherche le comte, non ? Alors il l’écoute parler, intervenant quand une réponse est sollicitée, et pas avant. A peine hoche-t-il la tête pour le remercier du compliment - c’est un compliment, il le pense - sur son âge. Et sur sa beauté. « Je vous remercie de vous en inquiéter mais non, ce ne sont pas les soucis qui me contrarient. » C’est sans doute un mensonge : il en a bien, des soucis, Maximilien. Des tas, en ce moment. Entre les tensions en Arven et l’éparpillement de ses enfants, il a de quoi s’inquiéter. Il s’inquiète pour chacun d’entre eux, Castiel y compris. N’est-ce pas le lot quotidien de tout parent ?

Ismalia le taquine parfois, en lui trouvant de nouvelles rides, ou quelques cheveux blancs supplémentaires. Ils s’en amusent tous deux, mais une chose est sûre : Maximilien ne se sent pas vieux. Il a encore de nombreuses années devant lui, au service d’Arven et de Sombreciel. Plus tard, il sera temps de se retirer pour de bon à Séverac, loin du tumulte d’Euphoria, de gâter ses petits-enfants de etne plus rien gérer. Plus tard, dans très longtemps : il n’en a guère envie pour le moment, le comte.

La conversation dévie sur Rhéa, et il ne faut pas être très malin pour deviner l’adoration dans les yeux de Meldred, son respect quand il parle de la figure de proue de légende. Est-ce donc aussi simple ? Après tout, l’amour, Maximilien connaît. Nombreux sont ceux qui ont changés de route et ont embrassés une autre vie pour les beaux yeux d’une dame. Rhéa serait-elle à même d’ensorceler les marins. Être un pirate se résume-t-il à l’amour de la liberté et de la mer, l’amour de son navire, peu importe les dangers et une vie dédiée à la violence ? L’amour ? Il est un enfant de Mirta Maximilien, mais jamais il n’a songé que cela pouvait être l’une des réponses. Les paroles de Meldred se sont fait aimantes, gommant cet accent atroce qui caractérise les gens des îles, les marins, voire les deux. Mais Maximilien le remarque à peine, écoutant avec attention l’amour de cet homme pour la vivenef sur laquelle il navigue. Le comte hoche la tête : oui, il saura où le trouver. Et il n’y manquera pas, si il en a un jour l’occasion. Il ira voir Rhéa, sans nul doute. Voir qui peut engendrer ce genre de réaction.

Le pirate commande, et Maximilien signale de la tête qu’il accepte totalement la commande. Du rhum, un repas, une autre choppe de rhum. Oui, cela lui semble un programme plaisant, une parenthèse presque dans une vie parfois bien compliquée. La remarque du marin le fait sourire, pensif. « Peut-être bien, oui. Vous me semblez un homme très intéressant à connaître, Red. » c’est vrai, Maximilien ne regrette pas cette rencontre, pas même les quelques fleurons qu’elle lui coûtera, alors qu’elle a été riche en renseignements et en pistes de réflexion. Quant à la seconde partie de la question, le comte de Séverac prend son temps pour y répondre. Le temps, il l’a, après tout. [color=sienna« Je pense que les pirates ne sont pas forcément les brutes sanguinaires décrites par une majorité de gens. »[/color] Évidemment, la plupart des récits sur les pirates sont plein de partialité, puisque contés par ceux qui ont été pillés. « Et que je me sens chanceux que vous aillez partagé cette connaissance avec moi. » Il ne se mouille pas trop, Maximilien. Pas ici, dans cette taverne, où il ne sait pas vraiment qui peux les entendre, ou si quelqu’un peut le reconnaître. Il jette un bref regard sur le lieux, avant de se pencher vers Red. « Vous savez, puisque vous vous apprêtez à dépenser sans vergogne les quelques fleurons que j’ai, j’espère que leur rhum vaut réellement le détour. » Plaisante le comte.

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Message Sujet: Re: « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme... »    Mar 18 Avr - 17:34

Red haussa les épaules : quelle importance, qu’il nie ce qui était pourtant visible ? Il pouvait se montrer agréable et bon vivant, il était malgré tout visible que le souci, parfois, le prenait. Plus d’une fois, si le pirate devait donner son avis, mais ça le regardait pas vraiment, alors il allait laisser couler. Ca ne lui importait de toute façon pas du tout. Moins, en tout cas, que Rhéa, qu’il aimait plus que tout, et dont il pourrait parler des heures durant. C’était de toute façon ce que désirait l’homme face à lui, après tout. Sans Rhéa, il n’y aurait probablement jamais eu de Meldred Vif-Ressac, pirate sur l’Audacia, ou sur quelque autre navire.

Maximilien avait beau avoir convenu que sa vie et son entourage l’avaient influencé, avait fait de lui ce qu’il était, n’était-ce pas cette affection débordante pour Rhéa et la volonté d’évoluer à son bord, au bord de cette vivenef qu’elle rendait si belle, qui l’y avait poussé ? Il aurait pu suivre la voie de sa mère, devenir berger de dragons des mères, ou dresseur de poissons – il aurait fait de magnifiques spectacles -, ou encore autre chose, après tout, si Rhéa n’avait pas accroché son regard, en le sauvant des flots, dans lesquels il aurait assurément péri.

Mais s’il doit parler plus encore, il a besoin de se rincer le gosier, Red. C’est qu’il a la gorge sèche, même s’il est habitué à s’exprimer beaucoup, longtemps, jusqu’à, bien souvent, souler son auditoire, et pas de la manière dont ils l’espéraient – quand ils ne sont pas déjà trop imbibés, pour réellement l’entendre. Il ne sait pas que penser, en tout cas, de cette approbation silencieuse, quand il lui parle de voir Rhéa. Est-ce une manière de se débarrasser de sa suggestion ? Il semble peut-être pas très fin, lent à la compréhension, même, mais il est pas idiot, le pirate. Loin de l’être autant qu’il prétend l’être, même. Il verrait bien. Ce serait appréciable, de les présenter. Drôle, même, peut-être.

Il verrait, oui. En attendant, il pouvait bien commander, s’il devait passer la soirée ici. Il avait bien des aventures à raconter à ce Maximilien Sans-Nom. Max l’Innommable, cela ferait un nom parfait, s’il se décidait à vivre comme un pirate, pendant une courte durée, pour expérimenter de lui-même ce pourquoi Red respirait et vivait. Mystérieux et effrayant. « J’espère que vous changerez pas d’avis, quand vous me fausserez compagnie. Parce que je peux vous raconter bien des choses… Heureuses, comme moins heureuses, plus sanguinaires que vous ne pourriez le croire, et plus douces pour d’autres. Car mon histoire commence par l’amour sincère que je ressens pour Rhéa, elle ne peut pas qu’être violente, n’est-ce pas ? Rude, peut-être, injuste parfois, mais pas uniquement composée de violence. » Oui, c’était une réalité. Pouvait-il seulement la saisir, son interlocuteur aussi étrange ? Le pirate avait parlé sans presque d’accent, sans raccourcir ses mots, comme si le temps lui était compté. Ça n’était pas le cas, et le sujet lui tenait peut-être trop à cœur, pour qu’il se confonde dans cette caricature des siens, qu’il faisait.

« Buvez ‘vec moi, et v’me l’direz vous-mêm’. »

Ce n’était après tout que le début de leur soirée, et ils auraient tout le temps d’en discuter.

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