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 Retour aux sources- Feat Melinda

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La Noblesse
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La Noblesse
Message Sujet: Re: Retour aux sources- Feat Melinda    Jeu 27 Avr - 22:28

Elle se crispa. Visiblement, j’avais touché un point sensible. Bien. Elle ne supportait donc pas qu’on puisse insinuer qu’elle puisse mentir, ou même avoir tort. En même temps, j’avais des raisons de croire qu’elle me racontait des histoires. Comment une simple gueuse peut-elle avoir déjà rencontré deux ducs, et avoir réussi à discuter avec eux, voire même à s’attirer des faveurs que même moi je peinerais à obtenir ? Cela était complètement insensé. Je faillis laisser échapper un sourire satisfait en voyant son air outré. J’avais donné un coup dans le tibia de son honneur et elle n’appréciait pas du tout cela. Elle me dit d’une voix sèche qu’elle ne me permettait pas d’insinuer qu’elle puisse mentir. Tient donc, elle se permet de m’interdire certaines choses ? La gueuse, face au seigneur. Elle poursuivit sur le fait que oui, je n’avais pas la moindre preuve qu’elle disait la vérité. Elle n’avait que sa parole pour assurer ses dires. Elle ajouta qu’elle ne supporterait pas que je l’insulte en la prenant pour une menteuse. Je ne la lâchais pas du regard. Restant silencieux. Je n’avais pas l’intention de m’excuser, ni même d’avouer mon erreur. Je restais impassible et l’écouta me dire qu’elle avait rencontré le duc de Lagrance lorsqu’il se promenait dans le rucher ducal. Quant au Duc d’Outrevent, cela était arrivé lorsqu’elle vendait du miel avec sa famille. Elle dit également que cela ne devait peu m’importer, vu que je la considérais comme une menteuse.

Je ne bougeais pas, et ne détachais pas mon regard du sien. Je l’avais vraiment touché sur un point sensible, et j’étais fier d’avoir découvert cette petite faiblesse. Elle avait finement percé à jour la mienne, je n’avais fait que lui rendre la pareille. Mon silence suffisait largement comme réponse. A elle de le prendre comme elle le voulait.
J’aurais pu partir, en rester là et prendre mon fils par la main pour rentrer, mais je ne le voulais pas. Une partie de moi détestait cette jeune femme et le toupet dont elle osait faire preuve devant moi, mais une autre appréciait d’avoir enfin trouvé quelqu’un à ma hauteur.
Nous en vînmes donc à parler des mages du sang. Je sentis immédiatement que ce sujet la troublait et elle me parla de ces créatures de pierre qui avaient fait leur apparition. Lorsque je me plaignis de ne trouver personne qui puisse me renseigner à leur sujet, elle me répondit avec un superbe sourire que je devais mieux chercher, et, grâce à mon statut, cela ne devrait pas être difficile. Je penchais la tête vers elle et répondis, sur un ton affirmé et déterminé :

« -Je suis bien de votre avis, d’ici peu de temps j’aurais obtenu ces informations. »

J’avais l’habitude de toujours obtenir ce que je voulais. Et j’y parvenais le plus souvent par la parole. Je me refusais toujours à utiliser la violence et préférais l’attente à la précipitation. Je savais me montrer patient et je ne perdais jamais espoir. Si je n’obtenais pas ces renseignements de la bouche de cette jeune femme, je les aurais par quelqu’un d’autre. J’exprimais soudain une de mes pensées à voix haute, autant pour prévenir mon fils que pour l’ancrer définitivement dans mon esprit :

« - J’irais faire un tour dans les différentes Guildes, et dans les Casernes. Comme vous le dites, vu à la vitesse où se transmettent les rumeurs… Il ne serait pas étonnant qu’ils soient au courant. »

Je vis du coin de l’œil mon fils esquisser un sourire. Voilà quelque chose qui risquait d’être plus intéressant que de rester à étudier et à rester planté là devant l’Académie. La perspective de rencontrer du monde lui avait toujours plu. C’était en partie pour cela qu’il m’avait suivi de si bonne grâce, tout en sachant qu’il devrait étudier sans relâche car voyager ne signifiait pas ne pas travailler pour moi. Son précepteur lui avait donné de quoi largement s’occuper, et je n’hésitais pas à en rajouter. S’il voulait réussir son entrée à l’Académie, il devait être capable de surpasser ses limites. Je me forçais à retourner dans le sujet et évoquais le fait que les Mages du Sang pourraient tenter de se refaire une place dans notre monde. Elle me dit que cela devait être un objectif parfaitement compréhensible, vu qu’ils font déjà partie de notre monde. Nous les avions chassés et ils voulaient juste revenir. La voix de Rudolf, pour la première fois depuis le début de notre conversation, s’éleva sur un ton enjoué :

« - C’est comme le bébé yack père ! Celui qui était tout blanc ! Celui que le troupeau avait mis de côté mais qui s’obstinait à revenir vers sa mère ! »

Je baissais un regard étonné vers Rudolf. Son innocence d’enfant, encore bien présente, l’avait fait assimiler les Mages du Sang avec cet animal dont le sort m’avait bien peu préoccupé. Je savais juste que les éleveurs avaient réussi à le maintenir en vie, et qu’il était devenu une bête magnifique. Les Mages du Sang étaient peut-être comme ce petit yack. Rejeté à cause de leurs différences par leur peuple, mais qui ne perdait pas espoir et tentait par tous les moyens de revenir à ses côtés. Vu comme ça… Mais il y avait une chose que je ne pouvais écarter. Les Mages du Sang pouvaient commettre des actes horribles, et leur magie était loin d’être saine. Les Anges de Pierre en étaient la preuve. Je lui répondis alors sur un ton doux :

« - Le Yack Blanc ne créait pas des Anges de Pierre pour revenir auprès des siens. » Je me tournais vers la jeune femme, et demandais : " Etes-vous d’accord avec lui ? Pensez-vous que les Mages du Sang pourraient être comparés à ce yack blanc ? »

Voilà, je venais d’inclure Rudolf dans la conversation, je voulais qu’il apprenne à lui aussi exprimer son point de vue sans crainte. Il était d’un naturel un peu trop silencieux à mon gout et cette remarque bien enfantine avait été pour moi l’occasion de le lancer dans la partie. La jeune femme me demanda ensuite si j’avais d’autres questions, à moins que je ne préfère vaquer à mes occupations. Je regardais du coin de l’œil la grande horloge de l’Académie. Hum, j’avais encore le temps. Elle devait se dire que j’avais perdu, car si je m’en allais, elle estimerait que j’avais dû attendre son accord avant de le faire, mais si je restais, elle considèrerait que je commençais à prendre plaisir à notre conversation, ce qui n’était pas complétement faux. Mais il n’y avait pas que moi désormais. Il y avait aussi Rudolf. S’il souhaitait partir, nous partirions, mais alors la décision ne serait pas de moi. Et dans ce cas, elle dira que je me serais reposé sur mon fils pour m’esquiver ce qui serait, à mon avis, bien lâche de ma part. Mais bon, je pouvais reconnaître ma défaite. Je ne perdais que rarement dans les joutes verbales, surtout face à mon peuple, mais je devais reconnaître que cette gueuse avait un talent indéniable pour manipuler les mots. Je levais la tête, puis l’inclinais en fermant les yeux et en esquissant une moitié de sourire. Me montrer mauvais perdant serait indigne de moi, même si mon cœur kyréen brulait de ne pas avoir obtenu le dernier mot. Je lui dis :

« - Vous m’avez mené au pied du mur. Vous êtes une meute de loups à vous toute seule et vous avez réussi à coincer votre proie. Mon âme et mon cœur de kyréen vous haïssent pour ce que vous avez fait, très franchement, mais mon esprit sait encore reconnaître et apprécier les mérites de chacun. Cette partie de moi a apprécié le défi, et accepte la défaite, même si elle est amère à mes yeux. »

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Message Sujet: Re: Retour aux sources- Feat Melinda    Jeu 22 Juin - 17:50

De tous les sujets que j’aurais pu aborder avec ce parfait inconnu, il avait fallu que ce soit les mages du sang. J’aurais presque préféré ne pas lui parler du tout. Presque. Je m’ennuyais, après tout, depuis quelques temps, et une petite conversation faisait toujours du bien, quel qu’en soit le sujet, et qui que soit l’interlocuteur. En parlant d’interlocuteur, celui-là était plutôt… comment dire… pas du genre que j’appréciais habituellement. Je n’étais pas vraiment tatillonne sur la nature et le caractère de mes interlocuteurs – d’ailleurs, n’étions-nous pas en train de partager une conversation ? – mais je ne pouvais que constater certaines… incompatibilités dans nos caractères. En d’autres termes, je n’apprécierais sans doute pas avoir à le fréquenter quotidiennement. Mais heureusement, cette conversation avait de forte chance d’être la seule que j’aurais jamais avec lui.

En fait, la chose que j’appréciais le plus avec cet homme, c’était de trouver des occasions de le réprimander – plus ou moins gentiment – et de le rabaisser – mais juste un peu – tout en me contentant de dire la vérité. Aussi, quand il avoua à quel point il était dommage de ne pas pouvoir trouver de témoin direct de ce qu’il s’était passé avec les anges pleureurs, je ne pus m’empêcher de déclarer qu’il devait y avoir pléthore de gens qui avaient vécus de tels épisodes, insinuant sans en avoir l’air qu’il n’avait pas été capable d’en trouver un seul, alors que ces témoins n’étaient probablement pas une rareté. Loin de s’en vexer, il dénicha un peu de détermination au fond de lui, et m’assura qu’il était bien décidé à obtenir ces informations.

Je ne pus retenir un sourire amusé quand il émit le projet d’aller faire un tour dans les guildes et les casernes. Ce n’était pas, en soi, une mauvaise idée, mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il aurait gagné tellement plus de temps s’il avait eu l’intelligence de me questionner suffisamment bien pour que je sois obligée de révéler ce qu’il s’était produit, cette nuit-là, en Outrevent. Bon, je devais sans doute lui accorder que je n’étais pas une interlocutrice facile. Durant des années, j’avais appris à ne pas répondre aux questions qui me gênaient, ou qui me paraissaient plus sensibles, et ce, en évitant de prononcer le moindre mensonge. Toujours était-il qu’avec un peu d’insistance et de brio, me faire céder n’avait rien d'impossible.

— Je vous souhaite bon courage, déclarai-je, moqueuse.

Si ceux qu’il allait interroger par la suite étaient aussi réticents que moi à l’idée de parler d’un tel épisode, et s’il se montrait aussi peu insistant, il n’avait que peu de chances d’obtenir ce qu’il voulait. Mais c’était un adulte, après tout, libre de prendre ses propres décisions et de suivre ses propres méthodes. Et peut-être que les méthodes en question fonctionnaient mieux que je ne l’imaginais. Ce n’était pas parce que je n’appréciais pas ce noble kyréen que toutes ses capacités devaient forcément être limitées, même si je devais avouer qu’il était presque jouissif de le critiquer de toutes les façons possibles dans mon esprit.

Nous poursuivîmes notre conversation sur les mages du Sang, en venant au fait qu’ils voulaient revenir sur le continent. Je ne pus m’empêcher de commenter le fait qu’ils y avaient autant leur place que nous. Les mages du Sang étaient des gens comme tout le monde, ils étaient capables de souffrir et d’avoir envie de retourner chez eux. Je trouvais juste dommage qu’ils s’y soient pris de sorte que certaines personnes aient peur, désormais, de leur propre « chez eux », qu’ils aient peur d’être la victime d’une sorte de magie qu’ils ne connaissaient pas, et qu’ils ne comprenaient pas. Mais peut-être n’avaient-ils pas eu d’autres moyens de se faire entendre ?

Le jeune garçon intervint alors pour faire une comparaison avec un bébé… quoi ? Un yack ? Le nom ne me disait rien, mais c’était sans doute une bestiole kyréenne quelconque. En tous cas, mon imaginaire dessina aussitôt un morceau de nuage tout blanc et cotonneux, et je ne pus retenir un sourire attendri. Les nuages avaient le mérite d’être jolis. Je n’étais pas sûre que ce soit le cas de ces… yacks. Je m’attendais à ce que le noble kyréen rabroue son fils sans autre formes de procès, mais à ma grande surprise, il choisit pour ce faire d’adopter un ton doux, et il me demanda mon avis.

— Je n’en ai pas la moindre idée, avouai-je avec un léger sourire. Je dois bien avouer que je n’ai jamais vu de yacks de ma vie. Et… peut-être que ce yack ne peut pas créer des anges de pierre, mais sans doute peut-il faire quelques dégâts, ne serait-ce… que pour montrer qu’il existe encore. Ou seulement pour essayer de faire quelque chose, même si ça parait idiot. Et même si c’était une créature tout à fait inoffensive, elle aura toujours les moyens de vous gêner d’une façon ou d’une autre. Ne serait-ce qu’en déféquant sur votre chemin ou devant votre porte.

Je me tournai vers le jeune garçon, croisant son regard, me faisant soudain sérieuse.

— Mais je pense que personnellement, si jamais j’étais séparée de ma famille, ou même si je voulais obtenir quelque chose qui me tiendrait vraiment à cœur, je n’hésiterais pas une seule seconde à faire n’importe quoi pour ce que je veux, à élaborer des projets ridicules, vains, ou incroyablement ingénieux, juste pour continuer à espérer, et à m’obstiner malgré tous les obstacles qui pourraient entraver ma route. Je suppose que c’est ce que les mages du Sang se contentent de faire, en ce moment.

Mais j’avais beau me prendre de plus en plus au jeu de cette conversation, je sentais bien qu’elle commençait à toucher à sa fin. La patience du kyréen semblait se lasser petit à petit de moi, et je préférais de loin me retirer du jeu avant lui, histoire de pouvoir lui assener un dernier coup dur. Il prit plutôt bien mon adroite tentative – qu’il parle de moi comme une meute de loups et comme quelqu’un à haïr était juste un détail. Puisqu’il était prêt à avouer que j’avais des mérites, et puisque j’avais repéré sur ses lèvres un léger sourire, sans doute avait-il apprécié cette conversation plus qu’il n’osait le dire.

— Oh, je crois que vous m’appréciez au fond de vous, déclarai-je en laissant échapper un léger rire. Mais rassurez-vous, je ne vous forcerais pas à me l’avouer. En tous cas, j’espère que vous tiendrez compte de mes conseils. Je pense que ça vous ferait du bien

Comme si c’était lui qui m’avait abordée pour me demander conseil, et pas moi qui l’avait sauvagement accosté. J’esquissai une légère courbette, geste de respect grandement altéré par la lueur moqueuse qui brillait dans mon regard.

— Passez une bonne journée, messires. J’ose espérer que ce ne sera pas trop difficile, après m’avoir rencontrée.

Je lançai un clin d’œil amical au jeune garçon puis me détournai des deux kyréens, flânant d’un pas lent vers d’autres victimes à qui extorquer des réponses utiles sur l’Académie. Cette conversation avait été divertissante, mais c’était là son seul mérite. Cela dit, me divertir était un objectif amplement suffisant à mes yeux pour éclairer le reste de ma journée.

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