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 Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.

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La Cour des Miracles
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Message Sujet: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Dim 27 Nov - 15:53


Livre I, Chapitre 6 • La Danse des Trépassés
Mélodie Douxvelours & Maëlys Aigrépine

Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.

Peut-être est-il temps de dire la vérité?



• Date : 06 Novembre 1001
• Météo : Nuageux
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Maëlys s'écroule en pleine rue, malade comme un chien après les évènements du Samhain. Son familier court chercher de l'aide, qu'il trouve auprès de Mélodie.
• Recensement :
Code:
• [b]Date :[/b] 06 Novembre 1001[url=http://arven.forumactif.org/t1478-passe-et-present-se-melent-pour-offrir-un-etrange-futur]Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.[/url] - [i]Mélodie Douxvelours & Maëlys Aigrépine[/i]
Maëlys s'écroule en pleine rue, malade comme un chien après les évènements du Samhain. Son familier court chercher de l'aide, qu'il trouve auprès de Mélodie.



Dernière édition par Mélodie Douxvelours le Ven 3 Fév - 10:18, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Dim 27 Nov - 15:54

Mon sac sur le dos, je suis en chemin pour rentrer chez moi. Soulagée de rentrer enfin à la maison. Des portails avaient été ouverts pour faciliter le renvoient des gens chez eux après le Samhain. Certains étaient partis à pied ou à cheval, éconduis avec rudesse par une armée dont les nouvelles les privaient de délicatesse.

Une énorme boule de poils déboule entre mes pieds, manquant de peu de me faire voler. Je réussis à me rétablir d’une pirouette en pivotant sur le pied qui avait réussi à rester à terre. Une masse rêche et nerveuse me fait face, je l’entendrais presque souffler après sa folle cavalcade. Un glouton. Il restait là, résolument immobile en me fixant de ses petits yeux méchants. Je n’en avais jamais vu de vivant, j’avais eu l’occasion d’observer les carcasses de ses confrères pendre sur les étales de chasseur, mais c’était tout.
Le petit glouton qui me rappelait étrangement quelque chose… Je ne peux m’empêcher de m’accroupir pour faire face à l’étrange animal, l’impatience faisait vibrer son corps. C’est avec un couinement de surprise, que je me rends compte qu’il ne s’agissait pas tant d’une bestiole perdue que d’un familier, surtout lorsque sa voix m’exhorte à le suivre. Je n’ai même pas le temps de lui dire d’aller se faire voir qu’il prononce le mot magique, Maëlys. Elle s’était écroulée dans une des rues de la ville. Je peste, râle et ronchonne, mais je le suis malgré tout. Terriblement inquiète, même si je ne le lui dirais jamais.

Je la retrouve étaler sur le sol, son …famillier ? Il lui tournait autour en émettant des sortes de grognements plaintifs. Je m’approche d’elle, son regard fiévreux qui se pose sur moi sans réellement me voir. Je la prends, la soulève avec difficulté et commence à la porter en l’injuriant copieusement, intérieurement.
J’étais trop occupée à garder mon souffle pour l’amener en lieu sûr pour réussir à parler.

Elle était brulante et en sueur. Nom d’un dieu, pourquoi n’était-elle pas allé voir un mage pour s’occuper d’elle ? Cet âne stupide et entêtée, cela valait-il la peine d’avoir tant de fierté si c’était pour embrasser le pavé de se penser ainsi au-dessus de tout. Le glouton ouvre la marche, revenant tantôt sur ses pas, veillant sur les pieds trainant de cette imbécile. Ou était son dragon quand on en avait besoin ? Le sien était un lézard inutile.

Je n’avais pas encore totalement récupérer, si bien que mes muscles me firent souffrir très rapidement. Je m’affaissais un peu plus à chaque pas. Arrivée dans des rues moins fréquentables, du moins pour la Haute Ville, j’avise un mendiant et le hèle. Celui-ci met un peu de temps à me reconnaitre, mais il se relève, dépliant sa grande carcasse lui donnant d’abord une démarche claudicante avant qu’elle ne s’assouplisse. Un soupir d’aise m’échappe lorsqu’il s’empare de l’autre bras de la chevaucheuse et c’est d’un coup de pied que je signifie au glouton grondant de le laisser faire. J’adresse à mon comparse un sourie reconnaissant et il me répond de la même façon, ses yeux pétillant d’une intelligence habituellement cachée par des cheveux broussailleux.

Arrivée chez moi, nous déposons la malade sur mon lit. Je remercie l’homme comme il se doit, lui offrant même quelques fleurons pour me faire pardonner de l’avoir ainsi dérangé. Il refuse et je réussis tout de même à lui arracher la promesse de lui offrir un repas comme rétribution. Je le regarde repartir avec tendresse. Ce que la justice défaillante de cette ville m’avait prise, les rues et Isil, me l’avaient, en quelque sorte, rendue.

Je retourne m’occuper de la malade, la déshabille, manque d’enfermer son fichu familier dans un placard tant il était agaçant et la couvre de couverture. Je la regarde, énervée et angoissée.

-Si tu m’entends Maë. Sache que tu mérites des claques ! Et toi ! Je regarde le glouton, Tu n’aurais pas pu la trainer devant un mage ou un guérisseur plutôt non ? Tsss, va te coucher auprès d’elle pour la réchauffer au lieu de trainer dans mes pattes en grognant.


Je prends enfin le temps de m’occuper de moi, posant mon sac dans un recoin. Le poussant dans une alcôve, défaut du mur, que je camoufle derrière une teinture à moitié déchirée. Une bonne cachette en somme. Je roule des épaules, l’une endolorie par la malade, l’autre cisaillée par la lanière en cuir de mon précieux paquetage.

Je prends quelques bûches qui traînaient et que j’avais eu la merveilleuse idée de récupérer avant de partir pour allumer un feu et réchauffer un peu la pièce. Une fois cela fait, je prends un seau et retourne dehors pour aller récupérer un de l’eau fraiche. Je fais des allers et retours plusieurs fois. Jusqu'à ce qu’un tonneau, stocké dans un coin de la salle, soit plein, plus une petite marmite. J’en profite pour humidifier un linge et le poser sur le front ruisselant de Maëlys et en profiter pour vérifier son état.

Une fois rassurée, du moins sur le fait qu’elle était toujours en train de respirer, je commence à faire à manger avec ce que j’avais sous le coude. Ca m’occupait, je n’avais pas franchement l’habitude de m’occuper des malades. En général, mon rôle était de ramener de quoi manger ou des médicaments, c’était les autres qui s’occupaient de leurs proches malades. Depuis le décès de ma mère, je m’étais tenue le plus loin possible de la mort sous ses attraits les plus malsains, autant que faire se peut. La fuyant, tout en sachant pertinemment qu’elle me retrouvera bien trop tôt. J’avais été présente pour mes amies lorsqu’ils avaient eu des problèmes de la sorte, mais toujours de loin. Cela faisait toujours remonter des souvenirs écrasant à la surface. Alors, je faisais comme si tout allait bien, comme si ce n’était pas grave. Mais les cauchemars me rattrapaient toujours la nuit venue.
Je pouvais tenter de sauver quelqu’un d’une lame, du courroux d’un garde ou des crocs d’un animal agressif…mais la maladie… c’était perfide et insidieux. Je ne savais pas me battre contre ça.

Mais elle…elle m’était littéralement tombée dans les bras. Elle mériterait presque que j’aille prévenir ses parents pour la peine.


Peut-être pour plus tard, en attendant, je devais m’assurer qu’elle ne me claquerait pas entre les doigts.

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Dim 4 Déc - 21:11

Vesper part à toute vitesse, dans l’espoir de trouver quelqu’un qui saurait lui venir en aide. Il s’engouffre dans les rues de Lorgol, à sauter sur les établis des commerçants qui vocifèrent en de vaines protestations, avant de s’échapper entre les jambes de quelques badauds qui manquent de perdre l’équilibre par la même occasion. Ses griffes raclent sur les dalles poussiéreuses avec une grande régularité, qui témoigne que pas une seule fois le glouton n’a décidé de réduire l’allure. Il n’est pourtant pas bien à son aise dans ces ruelles sinueuses, surchargés d’humains, et dont la cacophonie permanente va finir par le rendre sourd. Il regrette ces reliefs, ce temple abandonné qui lui avait servi de vaste refuge… Mais ce temps est révolu. Tout ce qui lui reste, c’est la mage dont le lien est si ténu qu’il ne saurait dire si elle est encore consciente. Son nouvel univers n’est constitué que d’elle et, même s’ils ne parviennent pas si bien à s’entendre, il doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour l’aider. Et même solliciter l’aide d’une personne qu’elle n’apprécie plus, ou ne s'avoue pas le faire encore. Parce qu’il est elle, et elle… Lui.

Il se stoppe subitement dans sa lancée quand il atterrit dans les pattes de Mélodie, l’esquivant de justesse pour éviter de la toucher. Le Familier est hors d’haleine, sa masse sombre se soulevant au rythme accéléré de son cœur. Il l’observe, de ses même yeux noirs que Maelys, à se demander si elle saura vraiment lui prêter assistance… Il n’a pas vraiment le temps de faire la fine bouche. Sa mage encore moins. Elle risque de ne pas apprécier, mais ses choix sont limités.

On n’a pas beaucoup de temps.
La voleuse sursaute, puis s’étonne. A croire qu’elle n’a jamais vu de glouton de sa vie… Si elle ne quitte pas sa cité, peut-être bien. Ou alors, elle n’avait pas encore compris qu’il était son Familier ? Qu’importe, en soi. Il lui explique la situation sans ambages, et ne se formalise pas de sa réaction. Il ne l’attend même pas, pour repartir en arrière, convaincu qu’elle va le suivre.

La Chevaucheuse bouge à peine, quand les deux arrivent, et ses pensées lui paraissent floues et lointaines. Le carcajou gronde bassement, quand Mélodie demande à un parfait inconnu de l’aider à la porter. Il esquive un coup de pied en représailles, quand l’envie le prend de le dégager à coups de crocs dans les mollets, et se retrouve à arpenter les rues, tantôt derrière, tantôt devant, les humains traînant décidément bien trop la patte à ses yeux, même à deux pour l’aider à marcher.

Il est bien obligé de laisser faire Mélodie, une fois parvenu à destination… D’autant plus qu’elle le chasse, dès qu’il s’approche de sa couche pour vérifier son état. Il a bien claqué plusieurs fois des dents dans le vide, comme une menace muette, avant de repartir aussitôt sans demander son reste, pour lui laisser le temps de s'en occuper convenablement… Mais il revient toujours, jusqu’à ce qu’elle finisse par s’agacer pour de bon.

Elle n’aurait pas voulu que ce soit quelqu’un d’autres.
Oui, sans doute aurait-il pu trouver un mage ou un guérisseur, mais il ne l’aurait pas confié à de parfaits inconnus. Elle est malade, la petite mage. Elle l’était déjà quand ils se sont rencontrés, et bien malmenées. Il se souvient des combats, de la roche qui se fissure, de la course effrénée… Et de ce champ de morts, qui ne lui rappelait que trop la guerre qu'il avait déjà traversé. Elle en garde quelques plaies légères, que Mélodie s’est déjà empressée de bander, et quelques ecchymoses qui sont d’autant plus visibles sur sa peau livide. La voleuse est étonnement minutieuse, à s’assurer qu’elle ne manque de rien, si bien qu’il en oublie ses remarques agacées, et parvient lui-même à se détendre un peu.

Il s’exécute, le carcajou, et se réfugie sous les couvertures après les avoir tirés sur eux deux. Il passe sa tête sous un des bras de la mage, et reste lové contre sa poitrine à attendre…

Il veillera, aussi longtemps que nécessaire.


~~~~~~



Je frissonne, et me recroqueville davantage. J’attrape le bout d’une couverture, et d’une veste en cuir qui repose au-dessus, pour les ramener à moi. Mes yeux s’agitent sous mes paupières, et un vent de panique me force à les entrouvrir. Nuit noire. Je ne vois rien. Je sens des odeurs familières, par contre… Celui d’un foyer, qui m’a vu grandir. Celui d’un animal au poil rêche, lové contre moi… Puis une autre, plus diffuse, d’un protecteur. Je cesse de m’agiter et me laisse doucement rattraper par le sommeil. Sereine, bien entouré… Chez moi.

Un museau humide, directement logé dans mon cou, me réveille au lendemain. Je peine à émerger, dans un grondement assez similaire à ceux que peut émettre Vesper. Je le repousse du coude, jusqu’en dehors de ma couche, avant de daigner me redresser sous les couvertures amassées. Je me passe une main sur le visage, pour retirer quelques mèches collées par la sueur, et rattrape au dernier moment le manteau qui manque de glisser au sol. C’est celui… D’Octavius ? Tout me revient immédiatement en mémoire avec une nette clarté, et un sentiment d’urgence vient dissiper les dernières brumes du sommeil. Je suis chez…

Chez Mélodie, oui. Elle a pris soin de toi.
Je baisse le regard sur la petite masse brune qui vient de se glisser à nouveau sous les couvertures, pour m’observer à la dérobade. Mes yeux descendent ensuite sur les bandages qui me recouvrent par endroits, et ma main droite qui aurait bien besoin d’une atèle. J’ai l’impression que mes doigts sont figés dans une position crispée, et les déplier me fait atrocement mal. Je grimace et me lève, à me draper dans ce manteau ample le temps de retrouver mes affaires et faire un brin de toilette…

J’ai dormi combien de temps ?
Presque deux jours.


Je lui rends une œillade, quelque peu abasourdie, avant de reprendre ma fouille minutieuse. Je me prépare et m'habille à la hâte, passant à peine le col avant de me jeter sur quelques fruits que je viens d'apercevoir sur la table toute proche. J’ai tellement faim. Depuis combien de jours n'ai-je pas pris un vrai repas ? Je les engloutis à toute vitesse, à m’en faire mal au ventre. Je songe avec un temps de retard que rien n’est plus à moi ici, et fouille rapidement dans les poches de mes vieux vêtements pour en faire tomber quelques pièces, que j’aligne sur la table en maigre compensation.

Tu es réveillée, ma petite ?

Sa voix rocailleuse à des accents aussi soucieux qu'agacés, et une certaine lassitude qui fait écho à la mienne s'entend chez mon dragon. Je suis heureuse de l'entendre, malgré tout... Je me suis laissée dépasser, en grande partie parce qu'il n'était plus là pour m'insuffler cette volonté sans faille, dont je ne fais preuve qu'en le sachant à mes côtés.
Tu vas bien ? Et les autres ?
C'est de toi, dont tu devrais t'inquiéter. Mais oui. Je t'avais prévenu des dangers, et je n'ai pas pu être là pour assurer ta protection. Ne pars plus sans moi, ma petite.
Je sais, Mirage. Je suis navrée. Je... Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Ce ne devait être qu'une simple fête mais... Compte tenu des circonstances, je m'en sors très bien.
Je serais dans les montagnes qui bordent Lorgol, si tu as besoin de moi.


Il s'est tu, aussi subitement, à couper court ainsi à la conversation. Mais...? Le Vert ne m'a jamais habitué à pareille froideur. Ne me dites pas qu'il fait encore la tête, pas après tout ce qui s'est passé... J'ai rendu un regard interrogateur à Vesper, qui s'était fait étrangement muet, contrairement à la première fois.
Il est fatigué, c'est tout. Il ne s'est pas arrêté une seule fois depuis Outrevent, et n'est arrivé à Lorgol qu'il y a quelques heures.
Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?

Il s'est renfrogné, comme offusqué que je puisse le juger responsable d'un quelconque méfait. Je plisse le regard, inquisitrice.
Il s'est montré insultant, ton dragon.
C'est lui, qui m'a agressé. J'en ai même perdu quelques écailles.
Il me remettait en cause, en disant que je ne pouvais pas veiller sur toi ! Il fallait bien que je lui prouve le contraire.
En tout cas, je refuse que cette bestiole me grimpe sur le dos avec toi. Qu'il reste à Lorgol.
C'est la grosse bête qui a peur de la petite, maintenant ?

- Vos gueules ! Ca suffit !

J'ai frappé sur la table, et le bruit a résonné jusque dans mon crâne. Je ne suis vraiment pas en état de supporter leurs jérémiades... Pourquoi ne peuvent-ils tout simplement pas s'entendre, ces deux-là, pour me simplifier un peu la vie ? Je suis sur le point de leur demander, quand Mélodie fait irruption dans la pièce, certainement à cause de mes protestations formulées à voix haute. Je la détaille, avec un regard interdit, et il me faut un temps de réflexion pour savoir ce qu'il conviendrait de lui dire...

- ...Salut.

Sérieusement ? J'aurais pu trouver mieux, après tout ce qu'il s'est passé, non ? J'ai encore la tête qui tourne, rien que de songer à... Ce voyage dans le temps. Son action salvatrice qui a visiblement engendré la création de la Rose Ecarlate, et qui n'a pas provoqué davantage de mal que l'Ordre du Jugement n'en a fait. Sa mère, aussi, dont elle ne m'avait pas parlé de la mort... Et que je n'aurais pu soupçonner avant de pénétrer en ces lieux comme maintenant. Et puis, tous ces massacres... Où était-elle ?

- Tu vas bien ?

Ca m'est venu naturellement, même si cela me paraît étrange maintenant. J'aurais certainement beaucoup de choses à lui dire, mais tout se confond, et une véritable tempête bat sous mon crâne.

- Je... Merci. Pour... Enfin, avoir veillé sur moi. Je ne vais pas trop abuser ton temps. Il faudrait que j'aille faire soigner ma main, et on doit m'attendre en Lagrance, même si j'étais en permission. Après tout ce qui s'est passé... Enfin, tu étais là. Tu le sais bien.

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Mar 6 Déc - 11:03

Je ne m’absentais que pour aller chercher à manger et du bois. Faisant des allers-retours pour vérifier l’état de la malade. Si elle semblait engluée dans un coma cotonneux, au moins n’avait-elle plus un teint verdâtre effrayant. En fin de journée, après l’avoir un peu nettoyée de la sueur, changé les draps et nourrie - Je ne voulais jamais avoir d’enfant – je pris le sac de victuaille provenant des tentes de l’Ordre. J’avais déjà trié une bonne partie du butin. Mais il fallait que je me rende à la Cour.

-Je dois m’absenter, je ne sais pas si je rentrerais de la soirée ou alors tard. S’il y un problème, va chez les voisins. Je les ai déjà prévenus, ils s’occuperont d’elle le temps que je revienne.


J’étais fourbue de ces derniers jours, de mon incapacité à me reposer. Mais je m’éloignais tout de même. Ne sachant trop si je devrais travailler ou non en cette soirée glaciale.

Je revins rapidement, n’étant clairement pas à l’aise à l’idée de la laisser sans surveillance. Foutu conscience.
La nuit fut longue à devoir m’occuper de Maëlys comme si j’avais été sa mère. M’assurant qu’elle ingurgite quelque chose, qu’elle s’hydrate suffisamment. Changeant régulièrement le linge humide sur son front.  Heureusement, que son glouton était resté blottit contre elle pendant ce temps. J’aurais été incapable de rester calme, sinon.
Qu’est ce qu’ils croyaient, nom d’un chien ? Moi aussi j’avais besoin de repos, pas de devoir m’occuper d’un enfant à charge qui avait allègrement mordu dans mon cœur pour le faire saigner. Je lui en voulais, sans lui en vouloir. Je me savais incapable de ne pas m’inquiéter pour elle, preuve en était de mon hystérie après l’épreuve du Tournoi des Trois Opales. Cependant, loin d’une image d’ouverture et de pardon universel, je n’arrivais décidément pas à avaler ce tableau de pure arrogance qui avait changé ce visage souriant de gamine des rues.

Autant dire que la nuit fut longue, vraiment très longue.
Un sommeil factice entrecoupé de réveils en sursaut dès qu’elle se mettait à bouger ou gémir. Je n’avais plus l’habitude d’avoir des gens chez moi. Lorsque, je trouvais un compagnon à séduire pour la nuit, cela finissait toujours dans une auberge. Je m’étais habituée au silence de cette pièce. J’avais eu du mal à y revenir, mais je n’avais pas non plus réussi à m’intégrer dans la maison d’Abel qui m’avait alors recueilli.
Alors, j’avais fait avec cette absence d’une famille qui m’avait été arraché, par la mort ou l’Académie.

Et voilà qu’un de mes fantômes ressurgissait, adulte, terrassé par une fièvre alors qu’elle avait été si prompte à se penser supérieur. C’était un peu…Ironique quand on y pensait.



Il fallut encore du temps avant que la belle ne sorte de son sommeil. A l’entendre gueuler, il fallait croire qu’elle allait beaucoup mieux. Je viens à sa rencontre, m’adossant contre l’encadrement de la porte, sourcils relevés, curieuse de savoir qui pouvait bien écorcher ses oreilles de chevaucheuse. Les bras croisés, je l’observe me regarder, un sourire malicieux sur les lèvres. Incapable d’adoucir mon expression, ni de montrer le soulagement de la voir debout et en forme. Non, la fierté et l’agacement étaient plus simples à accueillir que l’indulgence et je n’avais pas la force de les repousser.
L’avoir chez moi endormie était bien différent que de l’avoir réveillée et les fleurons échoués sur la table ne firent qu’assombrir mon humeur.
Pour qui me prenait-elle ?

-Bonjour Ma dame.

Je laisse la mesquinerie courir dans ma voix. J’étais fatiguée au-delà des mots, usée jusqu'à l’os. J’avais pensé pouvoir me poser chez moi, réfléchir, mais … non. Même si dans le fond… Je devais admettre que oui, ça allait. J’étais encore perturbée par tous ce qui avait pu se passer, mais je me sentais étonnamment bien et libéré. Ces rencontres étranges, ma mère, je m’étais rendu compte que je m’étais fourvoyée sur beaucoup de mes pensées. Je me savais encore incapable de passer outre ces certitudes fissurées, mais je commençais à entrevoir d’autres chemins.

-Mieux que toi on dirait…. Tu comptais partir ? Pas que mon avis ait un quelconque intérêt, mais si tu devrais te reposer encore.

Mon sourire s’élargit et je quitte mon accoudoir. L’écoutant, mon ancienne amie, me parler comme à une étrangère ou presque, attisant mon agacement. Je prends une pomme et la mange. La laissant finir tranquillement, alors que mon sang bouillonne. Je ramasse les fleurons, joue avec un instant.

-Abusée de mon temps... Donc pour résumer, tu remercies les gens en leur laissant trois fleurons sur la table et en essayant de partir comme une voleuse ? Non, parce que, soyons franc, tu n’aurais pas pris la peine de dire au revoir si je n’étais pas venue voir ce qui se passait, je me trompe ?

Je lui glisse un regard lourd de ce que je pensais. Finalement, rien n’avait changé. Cela ne changera jamais. Elle, partant sans laisser la moindre nouvelle, abandonnant les autres sur leurs chemins. J’étais indéniablement attachée à elle…. Mais n’était-ce pas malsain que de s’accrocher ainsi à quelqu’un qui ne faisait que vous laisser derrière encore et toujours ? Oubliant votre existence pour revenir dans vos pattes quand plus rien n’allait, pour refaire encore et toujours la même scène ?

-Il n’y a pas de quoi Maë. Pars rejoindre le giron de l’Académie et de ce duc à qui tu montre le ventre pour avoir des félicitations. Ho et, franchement, si c’est pour te comporter ainsi, dit à ton familier d’aller dans la Ville Haute et trouver tes amis bourgeois la prochaine fois. Au moins, tu n’auras pas à débourser un sous pour leur aide et tu ne te sentiras pas obligée de fuir la queue entre les jambes pour ne pas saluer les gens qui t’ont hébergé et aidé.


Je lui lance ces fleurons dessus, avant de me lever et de me diriger vers la sortie.

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Ven 16 Déc - 16:33

Vesper est parti se réfugier derrière Mélodie, ce sale traître. Je lui darde un regard mauvais, alors que la situation semble l’amuser, lui. Que s’est-il véritablement passé en mon absence ? J’étais trop mal en point pour comprendre ce qui m’entourait, et ne me souviens pas des courts réveils qui ont ponctué ce rétablissement agité. Je relève la tête, quand elle me salue en retour avec des manières plus empruntées, protocolaires… Comme pour mettre de la distance ou rappeler cette différence de statut qui semble tellement la déranger. Elle ne répond pas vraiment à ma question, quand je m’inquiète de sa santé, toujours à me renvoyer mes paroles en plein visage, comme autant de mains tendues repoussées. Cela fait un moment, maintenant, que nous ne parvenons plus à nous comprendre… Ce serait utopique de croire que cette situation pourrait se régler en une discussion, calme, entre adultes. Il faut croire qu’il est inutile de prendre des pincettes avec elle, et qu’il vaut mieux s’exprimer à bâtons rompus.

- Ca va. J’ai connu pire.

J’ai tout de même l’impression d’être passé sous un dragon, et ma main me fait mal… J’ai attrapé froid, sûrement, mais ce n’est vraiment rien en comparaison de mon état en quittant le Tournoi des Trois Opales. Je ne l’avais pas fait sur mes deux pieds, cette fois-là. J’hausse les épaules, quand elle me propose de me reposer encore. Je ne compte pas retourner dans mon lit de malade, maintenant que je suis levée, et en pleine possession de mes moyens.

On en aurait pu en rester là. On aurait mieux fait d’en rester là. Mais comme d’habitude, Mélodie balaie tous mes bons sentiments d’un revers de main. Est-elle obligée de toujours tout mal prendre, quand ça me concerne ?
Je te rappelle que c’est aussi ton cas, dès qu’il s’agit d’elle.
Je sais, merci.
Tu ne veux pas tenter d’arranger les choses ? Elle a veillé nuit et jour sur toi, tu sais.
Tu me… Ne te mêle pas de ça, vraiment.


Je n’ai pas envie de me défouler sur le carcajou, alors que j’ai une cible tout désignée devant moi.

- Une voleuse n’aurait pas pris la peine de te rembourser sa dette, tu es bien placée pour le savoir. J’avais faim. C’est une compensation, pour ta peine, c’est tout. C’est trop compliqué à comprendre, peut-être ? Et je ne… Je pousse un soupir retentissant, à tenter de contenir mon agacement. Bien sûr que je serais venue te voir pour te dire au revoir, c’est la moindre des choses. Même si tu m’aurais envoyé sur les roses, comme maintenant. Sérieusement, pourquoi tu t’es embêtée à prendre soin de moi pour me cracher ton fiel au visage ?

J’ai un mouvement de colère, excédée par son comportement. Je commence à tourner, comme un animal en cage, et lève aussitôt le ton devant ses réprimandes qui ne font pas sens dans mon esprit.

- Je dois faire soigner ma main, sinon elle est foutue. C’est urgent. Tu peux le comprendre, ça ? Tu m’énerves à la fin !

Je me détourne d’elle pour récupérer mes quelques affaires, dans un geste rageux.

- Je n’ai pas d’amis bourgeois. Et je suis Chevaucheuse, Mélodie ! Il va bien falloir te faire à cette idée. Je travaille pour mon Duché. J’ai des responsabilités. Je ne suis pas là pour jouer.

Je peux parler ?
Toujours pas.
Je suis sûr que je m’en sortirais mieux que toi, avec vos histoires de fille…
Il est agaçant, ma petite, n’est-ce pas ?
Je vous ai dit quoi, à l'instant, tous les deux ?

Sérieusement. Pas un pour rattraper l’autre.

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Mar 20 Déc - 21:41


Des étrangères, voilà ce que nous étions devenues. Ses mots me blessent, son attitude m’achève et j’explose intérieurement. Alors… c’était comme ça ? Bonjour, au revoir et quelques fleurons pour couvrir la gêne occasionnée. Nom d’un chien, mais quel foutu gêne représentait-elle ? Pourquoi ne comprenait-elle pas l’insulte qu’elle me faisait. Elle était double, elle crachait sur les voleurs sans rien savoir d’eux et en plus elle me donnait de l’argent pour avoir fait ce que n’importe quel ami ferait… C’était une blague et de très mauvais goût de surcroît.

Plus jeune, elle avait fait parti d’une bande de chenapans, mais elle n’avait effleuré qu’une surface. Voler, vivre de ça, faire partie de la Cour des Miracles, c’était tellement plus que l’idée qu’elle s’en faisait et que le mépris qui enrobait chaque mention de cette existence qu’elle méprisait. Elle ne voyait que la misère, mais c’était aussi des sourires, un savoir qui se transmettait, un art qui se peaufinait. C’était un monde à part qu’il lui était à jamais fermé.
Regrettait-elle sa vie passée, d’avoir ainsi dû s’abaisser à commettre quelques larcins pour se nourrir ? Certainement, peut-être que cela expliquait à quel point elle mettait un point d’honneur pour s’en éloigner, pour se comporter comme une imbécile stupide à vouloir me payer pour des services, comme si nous ne nous connaissions pas. Je sers le poing, me mordant la langue pour endiguer le coup de sang qui brûlait d’ores et déjà mes joues et me sommait de faire quelque chose, n’importe quoi, pour peu que je quitte cet immobilisme qui empêchait la fureur de s’exprimer.

Nous avions grandi et le temps avait enseveli toute notre connivence. C’était un constant des plus amers. J’avais toujours eu cet espoir naïf que, peut-être, un jour, je retrouverais ce que j’avais perdu, que je réussirais à recoller les souvenirs que son absence avait fait éclater en mille morceaux… Mais plus nos chemins se croisaient et moins j’y croyais. La rancœur était trop forte et semblait rendre la moindres de nos paroles tranchantes, faites pour blesser l’autre.

-Arrête de parler des voleurs comme tu le fais Maë. Au final, tu sais bien peu de choses à leurs égards, prétendre le contraire est absurde.

Nous étions solidaires, nous ne nous jugions pas. Il y avait bien plus d’humanité dans les mendiants crottés avachis sur leurs trottoirs et de considération dans les yeux d’un voleur pour son prochain que dans ceux de tous les chevaucheurs que j’avais croisés jusqu'à présent. Le fait d’en connaitre une intimement et de n’y voir que le dégout n’aidait probablement pas sur ma vision de cette caste.

-Tu crois sincèrement que j’aurais pu te laisse inconsciente et brûlante de fièvre par terre sans me retourner ? Vraiment ?
Je crache ce dernier mot avec hargne, sans même m’être rendu compte que je parlais de plus en plus fort à chaque mot. La colère grignotant avec minutie le calme que je voulais pourtant laisser paraitre. Peut-être que toi tu le pourrais désormais, personnellement, j’ai encore quelques valeurs qui me tiennent à cœur. C’est toi qui craches sur mes soins et ma personne. Dans ma propre maison en plus, de l’argent, sérieusement ? Garde tes fleurons pour les vagabonds qui traînent dans la rue, à moins que je ne vaille guère plus désormais pour toi ?

Je laisse échapper un sifflement dédaigneux. Consciente d’en avoir trop dit. Il valait probablement mieux ne plus se croiser.

-Hé bien vas-y pars, va faire soigner ta main et excuuuse moi de ne pas avoir pensé à faire venir un mage ici pour s’en occuper avant.


Comment ça je me comportais comme une enfant ? C’était absolument faux, je ne prenais pas mal le moindre petit mot en le déformant, l’amplifiant, pas du tout et même si c’était vrai … après tout… elle l’avait cherché.
C’était elle qui passait son temps à me prendre de haut, à se penser si supérieurement intouchable qu’elle jugeait nécessaire de pouvoir traiter les autres comme bon lui semblait. Elle était au-dessus, donc les autres ne diraient jamais riens. Ne pas donner de nouvelles, pour des raisons stupides, n’était pas du tout risque à représailles. Et puis à quoi bon vouloir en donner après tout, nous n’étions de que pauvres chiens débiles qui iraient attendre son retour avec une impatience aveugle et imbécile.

-Grand bien te fasse Chevaucheuse. C’est vrai que moi, je ne suis rien comparée à toi, que je n’ai strictement aucune responsabilité et que je n’ai que ça à foutre que de m’occuper de toi.

Comme le fait de me reposer, de me préparer pour le prochain vol organisé qui se profilait à l’horizon, panser mes propres plaies. Non, bien sûr, après tout, n’étais-je pas qu’une gueuse qui avait été incapable de s’élever de la fange où elle était née ? Pourquoi diable me prendrait-on en considération ?

- C’est pas comme si j’avais fait en sorte de décaler ce que je devais faire pour vérifier que tu ne me claques pas entre les doigts. Faut dire, un mort dans le lit ça fait tache quand même.

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Jeu 29 Déc - 19:09

La voilà à me jeter à nouveau mon ignorance à la figure, comme si je n’avais jamais fait partie de son univers, que je n’avais pas grandi avec eux... Et qu’elle me refusait de faire partie de ce cercle. Avant, nous étions amies. Je n’avais pas réalisé à quel point cette cassure avait été violente, soudaine. Je n’avais pas réalisé tous les mensonges qu’elle s’était permise, et le pire...

- Oh oui, c’est certain, que je sais bien peu de choses ! Je ne prétendrais pas le contraire, non ! Qui a tourné le dos la première à l’autre, dis-moi ? Il ne t’a pas fallu longtemps pour me rayer proprement de ta vie... Pourquoi tu ne m’as jamais parlé de ta mère, Mélodie ? Pourquoi tu ne m’as pas dit qu’elle était morte... ? J’avais le droit de savoir !

J’ai fini par crier, excédée. Mon poing s’est abattu sur la table, trop mollement à mon goût. Je suis prise d’un vertige, encore trop affaiblie, et la colère ne m’aide pas à me sentir mieux. Elle me donne la nausée, tout autant que Mélodie. Comment ai-je pu être aussi dupe ? Je lui rends un regard sinistre.

- Et pourquoi pas ? Tu m’as bien fait comprendre que je n’étais plus rien pour toi. Arrête de tout me mettre sur le dos, en permanence ! Tu n’es qu’une sale menteuse, et tu me parles de valeurs ? Je n’ai jamais été fausse avec toi... Je ne le serais pas aujourd’hui non plus.

C’est quoi, son problème ? Son foutu problème ! Je baisse le regard sur ces quelques fleurons laissés, sans comprendre, et les ramasse. Puisqu’elle n’en veut pas, elle ne viendra pas se plaindre.

- Oh... J’ai compris. Maintenant que Madame a gagné au concours d’équilibre, elle est devenue riche. Non mais tu t’écoutes ? Tu as vu comment tu m’accueilles ? Et tu t’offusques que je veuille partir aussitôt !

Mon sang ne fait qu’un tour, quand son comportement se fait ouvertement puéril. Elle ne prend même plus la peine de m’appeler par mon nom, mais seulement par ma fonction. Et c’est moi qui me comporte comme si j’étais une étrangère ? Je le suis devenue à ses yeux. Une étrangère bien encombrante, dont elle aurait voulu se débarrasser au plus tôt. J’ai les larmes aux yeux, la maladie n’aidant pas. Blessée dans mes sentiments. Je me rapproche d’elle en quelques foulées rapides, chassant Vesper du pied qui tente de s’interposer.

La gifle part sans prévenir.
Je la hais. Je veux la haïr.

Maelys...
Tu n’aurais jamais dû m’amener ici, Vesper.

Je me détourne déjà, à me passer une main rapide sur les yeux. Je la repousse pour passer, lâchant avec une cassure dans la voix :

- Et bien sois heureuse, je ne serais plus un problème pour toi. Tu pourras continuer tes activités en toute impunité... Tu n’entendras plus parler de moi.

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Ven 30 Déc - 14:58

Le gifle claque et brule ma joue. Je la regarde, la Chevaucheuse, le cœur emplit d’une colère glaciale qui refroidit mes ardeurs, me rendant par la même infiniment plus mesquine. Je les sens, les mots, rouler dans ma gorge, blessant, piquant, tranchant, oh dieux, que j’avais envie de les sortir, de les lui dire pour la blesser comme elle le faisait. J’avais envie de lui attraper cette main souffrante qui la faisait grimacer, peut-être qu’ainsi, elle partagerait un peu de la mienne, de douleur, qu’elle comprendrait que Sithis n’est pas tendre avec les vivants. Elle rage Maëlys, elle s’énerve et avait même failli casser la table, du moins, l’aurait-elle fait si elle avait eu plus de force.
Je la regarde, elle et sa colère qui ne m’atteignait plus, assourdit derrière un voile écarlate. Pourquoi je ne lui en avais pas parlé ? Pourquoi l’avais-je drapé dans un mensonge ?
Avec un peu de jugeote, elle aurait su que ma mère était morte. L’Académie l’avait obnubilé, était-ce réellement de ma faute ?

Je pose ma main sur ma joue, elle est froide et soulage la brulure mordante qui la ronge. Puis, comme absente, je laisse retomber mon bras. Regardant la colère de Maë s’embrasser et détruire son environnement sur son passage. La mienne s’était mêlée à la tristesse pour me dévorer de l’intérieur, me rendant presque apathique. Presque, mais pas totalement. Il était hors de question de me laisser emporter comme ça avait pu être le cas des années auparavant. Mais j’étais lasse et fatiguée, même si le chagrin n’était plus le même qu’a l’époque, la seule présence de Maë remuant le couteau dans une plaie infectée que j’avais pourtant décidé de soigner était insupportable... Je n’étais plus si sûre d’arriver à passer outre.

-Tu veux vraiment savoir pourquoi Maë ? Finis-je par lâcher d’un ton glacial, alors qu’elle était sur le point de partir. Tu veux vraiment savoir ce qui c’est passé ?


Je me décolle de l’entrée, passe à côté d’elle sans même lui adresser un regard et vais m’assoir sur la table avec une nonchalance terrifiante. La colère grondait en moi, mais j’étais incapable de la faire sortir comme ça avait été le cas plutôt. Je me faisais écraser par celle-ci, mais j’en tirais une force incroyable. C’était un sentiment étrange et dérangeant.

-Quand tu es partie, l’argent manquait. Ma mère a voulu se mettre à voler pour me nourrir, pour avoir de quoi passer l’hiver. Pour moi, pour nous. Dis-je en la regardant, mes yeux ne réussissant décidément pas à s’accrocher à la silhouette de la jeune femme. Mais, si elle était une bonne compagne, elle fut une piètre voleuse. Elle s’est faite choper et pouf, magie, plus de mains.

Je joignais le geste à la parole, agitant la mienne, puis je pris une pomme pour la manger. Le silence était presque trop lourd à supporter, mais à mes oreilles, c’était mon sang qui battait la mesure d’une macabre mélodie. Mélodie, mélodie, ce pourrait presque être drôle. Ca ne me réussissait pas de parler ainsi de ma mère…
Du pied je lui montre la chambre à coucher.

-Sauf que ces cons, ils ont mal fait leur taff. Quand elle est revenue ici, elle saignait encore. Je l’ai retrouvé là-bas. C’est pour ça que j’ai bougé le lit de place. J’ai pas réussi à nettoyer tout le sang, il en restait toujours…

Ou bien était-ce simplement mon imagination qui m’obligeait à y voir cette affreuse flaque de sang. Comme un souvenir qui c'était imprimé de façon indélébile de lorsque je l’avais retrouvé, affalée par terre, le visage en pleure contre le matelas et qui me faisait revoir encore et toujours un reliquat de cette scène sur le sol.

-Mais bon, elle en est pas morte. Ca aurait été trop simple. La plaie s’est infectée, gangrénée. Elle a mis du temps à mourir, c’était douloureux. Crois-moi, ce n’était pas beau à voir. Tu vois Maë. Je t’ai cherché quand c’est arrivé. Enfin, quand j’ai pu. Mais t’étais pas là et personne savait ou t’étais. Je veux dire, pourquoi nous prévenir hein ? Il ne pouvait rien arriver de grave, on irait pas s’inquiéter. Personne n’irait croire qu’il t’est arrivé malheur hein ?


Je pose la pomme doucement sur la table et croise les jambes.

-Puis après, des mois plus tard, tu es revenue comme si de rien était. Tu voulais que je te dise quoi, sérieusement ? Ho salut, heureuse de te voir en vie, au fait ma mère est morte, désolée de pas t’avoir invité à la cérémonie d’hommages, mais je savais pas ou t’étais ? Alors tu vois, ta colère, tu peux la cracher autant que tu veux, tes valeurs, tu peux bien me les jeter à la figure, mais si on avait inversé les rôles Maë, comment tu aurais réagi ? Hein ?  … Enfin bon, je ne sais même pas pourquoi je jacasse comme ça. Casse-toi si tu veux, va faire soigner ta main. Ce n’est pas comme si nous pouvions avoir une conversation. Mais, maintenant, tu sais et tu vois, je ne pense pas que tu t’en sentes vraiment mieux pour autant. Ça a servi à quoi ? Rien.


Et ça ne changera rien non plus.

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Dim 22 Jan - 11:20

Je suis lasse de me battre contre elle, contre du vent.
Je ne sais pas ce que j’espérais encore de ma vieille amie, mais les faits sont là. Tout ce dont elle m’accuse... Elle n’est guère mieux. Elle a eu tôt fait de me tourner le dos, de s’assurer que je ne fasse plus partie de sa vie, à se conforter dans son malheur tout en enviant mon élévation au rang de mage. Je me souviens avec nostalgie de notre ancienne existence, à crapahuter dans les ruelles de la Ville-Basse. Je m’occupais à baratiner quelques marchands pendant qu’elle subtilisait les étalages, et nous courrions toutes les deux, à rire aux éclats, quand ils se rendaient compte de la supercherie. Elle était douée, pour le vol. Et moi, elle n’arrêtait pas de dire que mon sang lagran m’aidait toujours à mieux les embobiner... Nous étions comme deux sœurs, inséparables. Nous partagions toutes nos joies, oui, mais aussi nos peines. Elle aurait dû m’en parler, plutôt que de me le cacher, me refuser l’accès à sa vie. Je n’avais pas mis les pieds dans cette demeure depuis... Craignait-elle que je le découvre, sinon ? Qu’importe, au fond. C’était un temps révolu, et elle me l’avait bien fait comprendre. Je n’avais plus rien à faire ici, et il était temps de tirer un trait sur cette existence. Mieux valait que cette longue agonie prenne fin.

Le silence est pesant, quand je repose ma main sur la poignet de la porte. Vesper me suit plus en retrait, à traîner la patte, la tête basse. Je me fige, quand elle le brise, étonnée qu’elle me retienne. Elle devait avoir encore le cœur lourd. Je ne suis pas certaine de vouloir la laisser parler, mais reste incapable de presser la poignée pour m’échapper. J’écoute, bien malgré moi, sans daigner me retourner.

Je reste, comme on le ferait devant un condamné à mort qui a la corde au cou. Je reste, pour observer ce tableau sinistre qui se dépeint devant moi. Pour me révéler l’horreur, sans ambages. Je tremble doucement, et les larmes reviennent sans que je ne puisse les contrôler. Nous connaissions tous les risques... Mais sa mère ? Les mains tranchées. Même si elle avait pu survivre, quelle vie aurait-elle pu mener ainsi ? Nous avions toutes deux été des plus audacieuses, avant mon départ. Ma magie s’était révélée au moment même où j’étais acculée, où un tel sort s’était profilé pour moi, afin de me sauver la vie. C’est la peur, qui fut le déclencheur... Et je m’étais refusée de continuer à vivre avec.

Je sursaute, quand Vesper se presse un bref instant contre ma jambe. Je réintègre soudainement la réalité, et loin de faire marche arrière, je pousse le battant de la porte pour m’évader dans les ruelles de Lorgol.

~~~

Les mots de Mélodie tournent dans ma tête, me hantent.
J’arpente la Ville-Basse de long en large, jusqu’à ce que mes pas me conduisent naturellement vers notre ancien repère, où notre bande de petits voleurs se réunissaient parfois pour partager le butin. Je retrouve mes marques avec une certaine nostalgie dans ce lieu désolé de toute vie. Je suis obligée de me baisser pour m’engouffrer dans les lieux, derrière ce vieux tissu décharné qui retient à peine le vent... Certains des nôtres ne doivent même plus parvenir à passer l’entrée, maintenant. Je surprends quelques rats installés à notre place, qui couinent, subitement effrayés par ma présence, et cavalent en tout sens avant de disparaître entre quelques interstices. Voilà ce qu’il en reste, finalement...

Je me suis assise là, genoux repliés contre ma poitrine, à attendre des heures durant... Quoi ? Peut-être que l’on me rende mon passé, ce que nous avions perdu. Peut-être a rêvé de ce que nous serions devenus, si les circonstances avaient été toutes autres... Ma main me lance. J’imagine ce qui aurait pu se passer, si je n’avais pas bénéficié de ces soins, qui sont pourtant une véritable torture. Vesper se fraye un chemin, pour se rouler en boule contre mes cuisses. Je me surprends à l’étreindre, si fort que je risquerais de l’étouffer, mais le glouton ne prononce pas un mot. Il attend, silencieusement, que mon chagrin se tarisse.

~~~

Il fait nuit noire, quand je reviens sur mes pas. J’ai fait un détour à l’Académie, comme convenu. Je me suis assurée d’être correctement soignée, et d’avoir le nécessaire pour faire complètement disparaître la fièvre. J’ai vu Mirage, brièvement. J’ai pris le temps de prévenir mon Capitaine, que je reviendrais en Lagrance dès que je serais suffisamment en forme pour chevaucher. Je me suis préoccupée de choses qui m’ont parues futiles, en comparaison, mais qui étaient une routine rassurante. Je sais, pourtant, que je ne pourrais pas partir avant d’avoir réglé quelques points à Lorgol. Je dois revoir Mélodie. Qu’importe si elle me hait... Je ne veux pas rester murée dans ce silence, et que nous nous quittions là-dessus.
J’ai dépensé les quelques fleurons qu’elle a refusé au marché. Je ne savais pas exactement ce que je cherchais, alors je me suis contentée de prendre le nécessaire pour se faire un bon repas. Des fruits, oui, mais aussi de la viande, qu’on a rarement pu s’offrir autrefois... Enfin, seulement quand on la volait. Je frappe à la porte. Je sais que c’est inutile parce qu’elle n’est jamais fermée, mais j’attends tout de même un temps avant d’en franchir le seuil. Vesper court devant moi, et va directement se lover dans le lit qu’il a précédemment quitté, à se rouler dans ce même manteau que je suis censée rendre... Intact. Détail. C’est ça. Tu fais exprès.

Je ferme la porte derrière moi et suis occupée à défaire mon sac sur la table quand Mélodie me rejoint. Je sais que les choses ont changées, et qu’elle peut se payer tout ce que je viens d’apporter... Mais ce n’est pas pour cette raison que je l’ai fait. Ce n’est qu’un remerciement muet pour avoir veillé sur moi, et une manière de lui montrer que je compte au moins rester une nuit de plus, si elle ne décide pas de me mettre à la porte.

Je me retourne vers elle, m’apprête à dire quelque chose, puis me ravise. J’ai du mal à affronter son regard, encore sous le choc de ce qu’elle m’a annoncée. Je lâche, sur un ton mélancolique :

« J’aurais connu le même sort que ta mère, si ma magie ne s’était pas révélée au moment fatidique. Ils m’auraient mis la main dessus. J’en ai parlé à mon père, qui a voulu immédiatement me conduire à l’Académie. Je lui en ai voulu, sur le coup, mais j’avais peur... Et je pouvais rêver de mieux. Non, je voulais rêver de mieux. J’ai attendu que les choses se tassent. J’ai découvert ma nouvelle existence. »

Je repose mes mains sur la table, une fois le sac vidé, reprenant doucement : « Je me suis toujours dit qu’il n’avait vu que son profit. Maintenant, je me demande s’il n’a pas aussi cherché à me protéger, et qu’il était bien avisé de nos activités. Peut-être m’avaient-ils même cherché jusque chez lui. »

Je me retourne vers elle. Mon regard croise brièvement le sien. Je me mords la lèvre et referme les bras sous ma poitrine.

« Je suis désolée pour ta mère, Mélodie. Je ne pouvais pas savoir. Sinon, je... J’aurais pu demander une autorisation exceptionnelle, je pense. J’aurais voulu être là pour toi. »

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Ven 27 Jan - 16:34

Je l’observe du coin de l’œil, son dos s’offrait à moi, alors que l’une de ses jambes était déjà à l’extérieur. Le froid rentre par goulée tandis que les mots dégoulinent de ma bouche, vomissant une histoire qu’il aurait mieux fallu ne jamais dire. Mais j’étais fatiguée, je n’étais tout simplement pas capable de supporter une nouvelle joute avec elle. Elle voulait savoir ? qu’elle soit exaucée.
Le sang, la fatigue, les souvenirs, le Samhain avec ses fantômes….peut-être était-ce aussi une façon pour moi d’évacuer…mais pourquoi chaque nouvelle phrase se faisait plus tranchante encore que la précédente, me blessant et faisant saigner ma poitrine ? Je ne savais pas, pourtant, il m’était désormais impossible de m’arrêter, et la macabre histoire comme doté d’une vie propre, se déroulait sous nos pieds avec l’implacable détermination de nous laisser entendre sa fin.
Lorsque tout est dit, que la vérité ballait un tapis de non-dit, mensonge d’après la Chevaucheuse, le silence s’installe. Il est lourd et pesant. Les deux mains appuyées sur la table, les épaules surélevées, je la regarde avec cette nonchalance qui me protégeait de son attitude. Mais rien ne vint jamais, le silence gagna, s’installant comme un roi que les minute rendaient de plus en plus implacable.

C’est la fuite qu’elle choisit, elle, la fière Chevaucheuse, la mage, qui semblait pourtant toujours avoir raison. Je le lui avais pourtant dit, que cela ne servirait à rien, mais elle n’avait pas voulu me croire, n’y m’écouter.
Il semblait que le seul lien que j’avais encore avec elle venait de se rompre définitivement. Je me dégage de mon perchoir, approchant de la porte dans un soupir de lassitude extrême pour la refermer, béante. J’y reste un instant à regarder le sol, sans même vouloir suivre le chemin d’un souvenir qui s’éclipsait à jamais. Le froid m’entourait, image parfaitement adaptée à la gangue de torpeur douloureuse qui commençait à compresser ma poitrine. Je la ferme doucement, disant adieu à cette vieille histoire, cette blessure ancienne, qui cicatrisait d’une bien étrange façon.
Puis je me dirige presque immédiatement dans la chambre pour me jeter dans le lit. J’avais l’impression que toute la fatigue du monde venait de s’abattre sur moi, qu’elle s’était accumulée pendant le Samhain, pendant que je m’occupais d’elle, pour ensuite profiter du pire moment pour tenter de m’étouffer avec ses filaments gluants.
Mon poing vient s’abattre sur le mur, essayant ainsi de laissait s’échapper un peu de cette frustration résignée qui obscurcissait ma vision pour la voiler d’un voile sanguin. Mais il n’y avait rien à faire et le malaise augmentait crescendo avec la fatigue qui menaçait de m’emporter à chaque instant.

Je ne voulais pas dormir, pas maintenant, je ne voulais pas… Comme un enfant capricieux refusant d’aller au lit alors que ses yeux étaient en train de se fermer tout seul. Incapable de la moindre cohérence, je luttais simplement pour lutter. Il me semble presque voir une mare de sang sous moi, là, glougloutant et s’échappant d’entre les lattes de bois avec un bruit de succion abominable.
Moi aussi, je fuis, je me retourne, me cache sous la couverture et me laisse bercer par ce petit bout de mon esprit encore sain et bienveillant à mon égard. Je fuis et je ferme les yeux, et c’est le sommeil qui m’emporte alors que je baignais dans un maelstrom de souvenirs terrifiants et de paroles rassurantes essayant de m’éviter une folie angoissante.

Lorsque je me réveille, la tête encore embrumée, c’est le crépuscule qui m’accueille, baignant ma maison d’une lueur timide, mais coloré. Je m’étire, refusant de repenser à ce qui s’était passé quelques heures plus tôt. Je remplis un sot d’eau, pour me mouiller les cheveux et les démêler, les nouant par la suite en une natte. Je me sers ensuite d’un tissu propre pour me mouiller la peau et me laver sommairement.
Désormais propre, ou presque, je prends des habilles nettoyés, jupon et jupe couleur crème, un pull de laine un peu lâche maintenue par un serre taille. Le soir venait à peine de s’installer, moi de me réveiller et je n’avais aucune envie de me rendormir. J’allume donc des bougies et commence à préparer un feu dans la vieille cheminée noircie. Je retourne ensuite dans la chambre pour déballer mon matériel de voleuse, voulant faire l’inventaire et l’entretien de ce dernier. C’était une tâche qui m’avait toujours apaisé, m’absorbant à la tâche, sans laisser la moindre chance à des pensées parasites de s’installer. A tel point que je faillis ne pas remarquer que quelqu’un était entré, si ce n’était le courant d’air qui venait de me lécher les pieds en les faisant frissonner. Je lève le nez des cordes que j’étais en train d’huiler, me masses les mains pour faire partir les résidus du liquide graisseux et me dirige vers la pièce principale. C’est alors que je tombe nez à nez avec une Maëlys, un énorme sac de victuaille dans les bras, le déballant tranquillement sur la table. Je l’observe, fronçant un peu les sourcils, ne comprenant pas. J’étais pourtant certaine que jamais plus je ne la reverrais mettre les pieds ici, alors…pourquoi diable se trouvait-elle dans mon salon ? Est-ce que je dormais toujours ? ou m’avait-elle refilé sa fièvre qui me faisait désormais halluciné ?
Peut-être pas un rêve, alors qu’elle semble se confier à moi, peut-être plutôt un délire, alors que sa voix est dénudée de son agressivité devenue une habitude depuis ces dernières années.

-Je vois.

Ma voix est un peu rocailleuse, n’étant, elle, pas tout à fait réveillé encore, à défaut d’avoir servi, elle s’était pelotonnée dans ma gorge pour se mettre à l’abri de la température peu clémente. Maëlys avait eu l’air d’attendre une réponse, je lui en avais donné une, même si, en vrai, je n’étais pas totalement sûr de voir, ni même de savoir ce que j’y voyais. Elle reprend donc et c’est un haussement d’épaules qui lui répond.

-Je ne sais pas Maë, pour ça, tu devrais plutôt le lui demander à lui, non ?


Puis le sujet épineux revient, j’aurais presque envie d’agir comme une enfant, de me boucher les oreilles pour lui hurler de se taire. N’avait-on pas tout dit à ce sujet ? …il fallait croire que non. Pourtant, il n’en est rien, et je reste planté là à la laisser me parler.

-Moi aussi, j’aurais voulu Maë.


Je ne savais ni quoi dire, ni quoi faire de plus. Je restais simplement planté là, prenant simplement la liberté e m’appuyer contre un des murs. Craignant de faire exploser ma maison ou de faire apparaitre je ne savais quelle monstruosité au moindre mot de plus, au plus petit geste fâcheux… Pourquoi était-elle revenue ? Simplement pour me dire ça ? Elle avait pourtant fui au loin, ne voulant tout simplement pas admettre cette vérité qu’elle m’avait pourtant demandé, pourquoi revenir et remuer le couteau dans les plaies ?

-Pourquoi….Pourquoi tu es revenue ?

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Dim 29 Jan - 1:36

Je le vois revenir en vitesse, le glouton, à sauter sur la table pour tout renifler. Je le repousse du coude, quitte à le faire tomber, pour avoir un peu d’espace. Je connais encore les lieux par cœur, et range par automatisme, sous le regard quelque peu abasourdi de Mélodie. Je crois qu’elle ne s’attendait pas vraiment à me revoir... Bon ou mauvais signe ?

Je suis quelque peu désemparée, à l’entendre me lancer que deux brèves syllabes, après les confidences que je venais de lui faire. Elle dormait, non ? Elle t’a veillée longtemps. Il me le dit, comme un rappel. Ca va... J’avais pas vraiment oublié. Je ne vais pas lui faire l’affront de lui demander si je la dérange, sinon elle va se sentir encore la nécessité de m’hurler dessus.

J’hausse les épaules, quand elle me répond sans trop savoir, quant à la relation avec mon père. Lui et moi, on ne parle jamais, ce n’est pas maintenant que l’on va commencer, si ? Je m’attendais à recevoir à nouveau sa colère. Je m’étais préparée à ce que cela se produise, et que je sois refourguée comme une malpropre, mais elle semble si lasse... Moi aussi, en vérité. La fièvre tend à diminuer, grâce aux soins prodigués, mais la fatigue est toujours bien présente, de ces nuits agitées. Au moins, nous sommes deux à ne plus avoir envie de nous battre dans l’immédiat.

Je n’insiste pas, à revenir sur un sujet qui... Est bien trop difficile à aborder, pour nous deux. J’ai dit ce que j’avais à dire, au moins. J’ai un sourire de regrets. Je me retourne enfin vers elle, quand elle pose cette question, dont la réponse m’est peut-être un peu trop naturelle.

« Je suis revenue pour une amie qui était dans le besoin. » Comme elle, non ? « Je ne sais toujours pas faire la cuisine, cela dit. » Disons même que j’ai acheté un peu de tout, sans me soucier de si ça pourrait s’accorder ensemble. Tant que ça se mange, et que c’est bon. « Si tu le veux bien, je resterais au moins ce soir. Et après... On verra bien. » On se laissera le temps. Quoi d’autres ?

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Message Sujet: Re: Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.   Jeu 2 Fév - 19:47

Les mains de Maëlys s’activent pour ranger les victuailles qui pourraient nourrir le quartier entier. Peut-être est-ce une façon pour elle de se donner contenance, de penser à autre chose pour réussir à tenir le masque. J’aimerais aussi avoir quelque chose à ranger pour m’occuper, tant les pensées se bousculent avec incohérences, s’entrechoquant et se poussant avec force rendant impossible de les concilier pour réussir à en donner le moindre sens.
Ses paroles me font froncer les sourcils, étirant un sourire fatigué. Amusement, ironie ? Autre chose ? Je n’avais aucune envie de décrypter ce que mon corps semblait traduire de ces sentiments qui tourbillonnaient dans un désordre étourdissant.

Je n’étais pas dans le besoin, pas vraiment. Ca faisait longtemps que j’avais dépassé ce stade, j’étais tout au plus fatiguée, un peu déboussolée peut-être.
Etait-ce nécessaire de la reprendre ?

Je me détache de mon mur, décidant de lui laisser le bénéfice du doute. Après tout, la Cour ne laissait-elle pas la possibilité aux plus nécessiteux une chance de vivre en harmonie et en cohésion avec d’autres, mêlant savoir et horizon dans une danse pour le moins étonnante. Je pouvais donc bien lui laisser la sienne et tenter de voir où cet étrange revirement nous mènerait.
Je l’aide à ranger sans mot dire, lui glissant un regard rieur lorsqu’elle confesse ses talents culinaires plus que limité. J’aurais pu être comme elle, mais vivre seule nous permet de s’ouvrir à de nouvelles perspectives. Jamais je n’aurais cru être capable de faire cuire un œuf, d’ailleurs mes premières tentatives furent assez catastrophiques, mais ça, personne n’était obligé de le savoir, n’est-ce pas ?
Je prends la viande, lui arrache les carottes qu’elle avait dans les mains et prends quelques pommes de terre, des oignons et d’autres légumes.
Je vais raviver le feu, la laissant parler, remplissant une marmite d’eau.


-A défaut de savoir cuisiner, tu peux au moins éplucher les légumes, ça devrait être dans tes cordes. Dis-je en lui sortant un couteau. Répondant à demi-mot à sa dernière question.

C’était presque irréaliste, comme un retour dans le passé, que d’être réunies ici, dans cette maison sans que nous n’en venions à nous hurler dessus. Revoir ma mère, vivre tout ça…peut-être qu’il  n’y avait pas que de mauvaises choses qui en sortiraient. Je le savais, mais jusqu'à présent, il était dur d’y trouver une réalité qui ne semblait pas s’évaporer comme un rêve. Quelque chose que j’étais capable de toucher, elle était bien là, ce n’était ni un rêve, ni une illusion et il semblerait que peut-être tout n’était pas brisé entre nous. Le passé était loin derrière, sablier, dragon, guerre, pour ne nous laisser que le présent, étrange et taché de nos souvenirs.
Qui sait ce que le temps allait nous apporter…

[hrp: Merci pour ce rp :love: trop de sentiments dedans :**: ]

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Passé et présent se mêlent pour offrir un étrange futur.
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