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 Le Jeu de l'amour et du hasard

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Les Chevaucheurs
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Je suis : Chevaucheur, capitaine du Vol d'Outrevent, mage de l'Été (destruction), comte de Rivepierre et proche ami du duc Liam.

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Les Chevaucheurs
Message Sujet: Le Jeu de l'amour et du hasard   Mar 6 Déc - 2:32


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Liam d'Outrevent & Lionel de Rivepierre

Le Jeu de l'amour et du hasard

Ou quand le sérieux se cache dans le coeur



• Date : 3 janvier 1002
• Météo : Froide, neigeuse, un peu humide : c'est bien l'hiver.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Des choses sérieuses doivent parfois être discutées entre un homme et son conseiller, mais cette fois, c'est le meilleur ami qui prend le pas et qui, ce soir, parle avec sérieux des affaires de l'amour.
• Recensement :
Code:
• [b]3 janvier 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1564-le-jeu-de-l-amour-et-du-hasard]Le Jeu de l'amour et du hasard[/url] - [i]Liam d'Outrevent & Lionel de Rivepierre[/i]
Des choses sérieuses doivent parfois être discutées entre un homme et son conseiller, mais cette fois, c'est le meilleur ami qui prend le pas et qui, ce soir, parle avec sérieux des affaires de l'amour.


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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Mar 6 Déc - 3:10

Il fait sombre et froid, hors des murs, et sur les landes de Rivepierre tombe une neige aussi rare qu'épaisse, dans laquelle on perdrait jusqu’aux blanches biquettes du domaine, si elles n’étaient pas soigneusement abritées. Pourtant, dans la noble demeure qui surplombe le comté et sa ville, où habitent ses tenants, l’ambiance est plutôt à la fête. Le feu brûle agréablement dans l’âtre du salon où ils sont réunis. Liam, Aymeric, Eanna et Hadrien de Rivepierre et lui-même, autour d’un délicieux whisky et d’un lait chaud au miel pour le petit.

Ici, dans cette simplicité, entouré de sa famille, Lionel a presque l’impression d’être revenu dans le temps. Au temps où tout était simple, insouciant. Pour peu, il s’attendrait à entendre le rire de Lisbeth, ou la voix calme de Livien, ou même celle de Lionel d’Outrevent, répondant avec finesse et amusement aux blagues de ses parents. L’illusion, cela dit, est déformée, de bien courte durée, et c’est un autre tableau qu’il a sous les yeux. Bien différent de celui du passé. Serait-ce en posant les yeux sur Aymeric.
Comme il ressemble à Lisbeth, a soufflé son père à son oreille, alors que sa mère prenait le bambin dans ses bras pour le serrer contre son cœur. Cette vision de bonheur n’a pas manqué de le blesser. Ses parents âgés attendent impatiemment un héritier pour le domaine, mais surtout des petits-enfants à câliner avant que Sithis les réclame. À tarder autant à s’unir, c’est aussi eux qu’il prive sans vergogne. Maintenant, le bambin est endormi contre Eanna, blottit sous une couverture de laquelle seule s'échappe une houppe de cheveux sombres. Il a refusé d’aller se coucher, preuve d’une indiscipline type du fait d’être élevé dans une taverne pirate, mais puisque c’est une soirée loin du palais… ils ont toléré le gamin à leurs côtés jusqu’à ce qu’il tombe littéralement de fatigue et que ses parents s’occupent d’aller le border, leur souhaitant la bonne nuit avant de les laisser seuls tous les deux.

« C'est agréable que tu sois ici. » Avec tous les événements des derniers temps, les moments où Liam a pu se reposer sont rares et Lionel l’a pratiquement arraché au palais de Souffleciel pour cette nuit à Rivepierre. Il a argumenté longuement que le palais saurait bien s’en sortir une nuit sans eux deux (eux trois, en fait, puisque le jeune prince les a suivi dans le déplacement) et que tout irait bien, sans préciser qu’il a quelques affaires à discuter avec lui. Une lettre, surtout, à lui transmettre, venue d’Ibelin par de mystérieux moyens et au contenu tout aussi mystérieux. Puisqu’évidemment, il ne l’a pas décachetée. Il préfère néanmoins ne pas tout de suite y faire allusion et laisser encore un peu le calme les bercer. « Mes parents sont très heureux de ta présence. Votre présence, à toi et Aymeric, en fait. Je crois qu’ils vont te le voler », achève-t-il dans un rire doux. Il y a longtemps que Liam a sa chambre à Rivepierre, il est pratiquement le troisième fils d’Eanna et Hadrien, et chacune de ses visites les emplit de joie. Alors, avec un bambin, le fils de Lisbeth en plus ! Franchement, outre avec ses propres futurs enfants, il ne croit pas pouvoir les rendre plus heureux.

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Ven 16 Déc - 0:10

Tout ne cesse de tourner dans ma tête, inlassablement. Les événements s'enchaînent, à une vitesse prodigieuse, et chacun d'entre eux nous précipite davantage vers la guerre. Gustave de la Rive nous a plongé dans une situation inextricable, de par son coup d'état, et même s'il cherche à consolider son pouvoir pour garantir paix et sérénité en Faërie... Ses prises de position en faveur de l'Ordre du Jugement nous portent hautement préjudice. Ils ont pillés, ravagés et tués en Sombreciel. Le bilan est si lourd qu'aucun beau discours ne saurait amoindrir leurs actes intolérables, qui sonnent comme un acte de guerre de Faërie toute entière par les agissements d'un seul, qui s'est couronné lui-même Empereur. En Outrevent gronde un esprit de révolte... Ils sont si nombreux plongés dans l'incompréhension, à attendre que je réagisse à ces injustices, alors même que mes mains sont liées par les serments prêtés. Je ne peux pas me permettre de les conforter dans leurs revendications, au risque de semer le chaos sur mes propres terres et de m'attirer l'ire de mes voisins, mais je ne peux pas non plus cautionner tous les agissements de notre Empereur. Cette position à tenir est délicate, et me donne l'impression d'avancer à travers une tempête déchaînée, la même qui couve sous mon crâne en permanence, à fuir le sommeil. La fatigue est une bien mauvaise conseillère, mais il m'est bien impossible de prendre du repos dans l'immédiat. Je n'ai eu de cesse de le dire à Lionel, qui m'opposait toujours plus d'arguments pour m'inciter à le suivre jusqu'au domaine de Rivepierre. Je ne pouvais me permettre de m'absenter aussi longtemps, même une seule nuit, avec toutes ces menaces qui planaient au-dessus de nos têtes. Je me demande encore comment a-t-il réussi à l'emporter. Peut-être est-ce uniquement cette profonde lassitude qui m'a incité à céder auprès de mon vieil ami... Ou Aymeric qui est venu se mêler à la discussion, craignant que l'on cherche à se débarrasser de lui.

Je ne saurais dire depuis quand je n'ai pas honoré de ma présence le Comte et la Comtesse de Rivepierre, qui sont pourtant comme une seconde famille pour moi. J'ai délaissé cette cape de fourrure immaculée pour me glisser auprès de l'âtre, mon regard plongé dans les braises alors que les discussions allaient bon train en cette froide soirée d'hiver. Ma seule présence en ces lieux me plonge dans une profonde nostalgie, à une époque bien plus insouciante, que je crois en partie retrouver grâce à Aymeric, et à ceux qui pourraient être comme des grands-parents pour lui. Ce n'était finalement pas une mauvaise idée de l'emmener, pour qu'ils puissent le rencontrer, et le chérir autant qu'ils l'ont fait auparavant envers ma sœur.

Il a tenu à rester, Aymeric, même s'il est finalement tombé de fatigue. Il est aussi têtu que pouvait l'être Lisbeth... Peut-être même plus. Il risque rapidement d'être ingérable, comme elle l'a été pour moi en grandissant, mais cela n'avait en rien modifié l'affection que je lui portais, bien au contraire... Et un sourire absent étire mes lèvres, quand nous leur souhaitons la bonne nuit, et qu'ils quittent la pièce en entraînant notre petit assoupi.

Je reporte à nouveau mon regard sur les flammes, en buvant quelques gorgées de ce whisky, mes pensées apaisées et l'expression détendue. J'hoche la tête, d'un air entendu, et mon sourire s'affirme en me retournant vers mon ami de toujours.

- Ce n'était pas une mauvaise idée, de prendre un peu de repos à Rivepierre. Tu as bien fait d'insister.

Je ne devrais peut-être pas le conforter dans le fait de me tenir tête, en vérité... Il va finir par croire qu'il est capable de me faire céder, ce qui est parfaitement le cas, mais que je préfère éviter qu'il ne s'en rende bien trop compte. J'ai un bref rire, en écho au sien.

- Il a l'air de se plaire ici. Je ne serais pas contre leur céder de temps à autres... Ils auront peut-être moins de mal que moi à lui inculquer quelques notions indispensables.

Comme du savoir-vivre, par exemple. Je suis souvent dépassé, par les comportements d'Aymeric, même si je peux faire preuve d'une patience infinie envers mon neveu.

- Je manque malheureusement de temps... J'aimerais en avoir beaucoup plus à lui consacrer, mais les affaires du Duché n'attendent pas, et on m'a bien fait comprendre qu'il était temps que je prenne épouse aussi.

Et avoir mes propres enfants. Une perspective bien moins réjouissante quand il est question de les avoir avec une Princesse, mage de Sang, et dont j'ai presque deux fois l'âge. Ce n'est pas le pire... Non. Je rechigne clairement à me lier à la famille de notre nouvel Empereur, comme une nouvelle promesse formulée, pour me maintenir en son pouvoir, par des chaînes invisibles et bien plus retorses. Et pourtant... Lionel n'a pas tort, quand il m'incite sur cette voie. Faërie a grand besoin de cette stabilité. Je me passe une main sur le visage, dépassé.

- Voilà que je me remets à parler, et penser, politique... La pause aura été de courte durée. Tu m'as vraiment amené ici uniquement pour m'assurer une bonne nuit de sommeil, après un bon whisky au coin du feu ?

Je lève mon verre, avec un mince sourire, avant de le finir et de le reposer sur la table basse. Je connais Lionel depuis toujours... Pensait-il vraiment qu'il parviendrait à me duper ?

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Mer 11 Jan - 0:56

En effet, Liam ne devrait pas le conforter dans le fait qu’il a eu raison d’insister pour qu’il prenne du repos et s’éloigne du palais, même pour une seule nuit. Son sourire malin et satisfait laisse bien deviner qu’il réitérera très probablement la chose dans le futur. Sa bonne humeur, pourtant, fond bien vite, lorsqu’après Aymeric et les difficultés qu’il peut représenter pour son pauvre oncle, s’enchaîne le sujet du mariage. Ses dents se serrent et son regard fuit. Armandine de la Rive. Avant même que son détestable frère ne l’aborde avec ses mensonges à la bouche, Lionel a plaidé en faveur de l’union proposée par le nouvel empereur de Faërie, plaidant surtout son potentiel stratégique, serait-ce uniquement le temps de fiançailles qui permettraient d’endormir les méfiances de Gustave de la Rive à l’égard du duché de l’Honneur et de son souverain. Ils se savent à l’œil, surveillés, et pour Lionel, il n’y aurait certainement aucun problème à rompre une entente faite avec la famille d’un homme à la malhonnêteté crasse.

Cela dit, maintenant, la perspective déjà terrible que Liam épouse cette donzelle sans intérêt est toujours plus amère. « Voilà que je me remets à parler, et penser, politique... La pause aura été de courte durée. Tu m'as vraiment amené ici uniquement pour m'assurer une bonne nuit de sommeil, après un bon whisky au coin du feu ? » Il soupire, doucement, et lève son verre à la perspicacité de son ami, auquel il ne sait de toute façon rien cacher. Ils se connaissent depuis si longtemps. « Oui et non. Ce dont je veux te parler est… enfin, n’est pas politique, mais… enfin. Tu comprendras. » Presque nébuleux. Ce n’est pas dans ses habitudes, d’être mystérieux, mais il ne sait pas comment aborder le sujet. Comment parler de ce qui le répugne tant. Il se râcle la gorge, posant une question anodine, qui servira à amener le sujet encore plus sûrement : « Quand dois-tu donner ta réponse à l’empereur, à propos de ces fiançailles ? » Pas tout de suite, pas trop vite.

« Avant tout… j’ai ceci pour toi. » De l’intérieur de sa veste, il sort une lettre, sans autre nom dessus que celui de Liam. Cachetée à la cire, du sceau impérial d’Ibelin, glissée dans ses affaires à la caserne de Souffleciel, apparue là il ne sait point comment. Lionel se lève pour prendre place dans le canapé où est assis son ami, lui donnant la missive. Il est curieux de savoir ce qu’elle contient, mais c’est à une distance respectable qu’il observe son duc l’ouvrir et la lire, sans lire par-dessus son épaule.

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Dernière édition par Lionel de Rivepierre le Dim 22 Jan - 23:51, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Dim 22 Jan - 23:41

J’ai un bref sourire, à le voir lever son verre pour toute réponse. Evidemment que non. Lionel a cherché sciemment à me mettre à l’écart, certainement pour des nouvelles importantes qui, ils valaient mieux, devaient être livrées à l’abri des regards. Si la stratégie me paraît évidente, le contenu l’est beaucoup moins, et ses propos qui manquent cruellement de cohérence ne m’aident pas tellement à mieux comprendre où il veut en venir. Ce n’est pas politique, bien. Et donc ? « Lionel ? » J’attire son attention, alors qu’il paraît subitement si fuyant. Je repose mon verre sur la table basse, me penchant en avant pour mieux le détailler. « Tu sais que tu peux tout me dire, non ? » Pas d’hésitations. C’est même étrange, qu’il en est, alors qu’ils ne se sont jamais rien cachés. C’est important, politique ou non, de cela, j’en suis persuadé. Mais quel rapport avec mes propres fiançailles ? Un voile de confusion passe dans mon regard, et je réponds plus par automatisme : « Avant la fin du mois, pourquoi ? »

Il ne me livre pas immédiatement la réponse, et me tend plutôt une lettre. Je la prends en main, curieux, et marque un temps d’arrêt en découvrant le sceau impérial d’Ibelin. Qu’ils prennent la peine de m’écrire ne m’enchante guère, et a plutôt de quoi me mettre sur la défensive. Je n’aimerais qu’il croit pouvoir me faire céder d’une quelconque façon, pour influer sur Faërie par mon biais. Pour certains, je suis certainement l’allié idéal pour renverser Gustave de la Rive, et ce, malgré mes engagements. Je me suis exprimé ouvertement contre lui, ne me cachant pas de ce que je pensais à son égard. Je ne lui ai d’ailleurs toujours pas concédé de l’appeler « de Faërie » ... Mais être un traître ? C’est bien mal me connaître.

Je brise le sceau et déplie la lettre, avec un agacement presque palpable... Et me fige soudainement, alors que j’en parcours les lignes, une vive stupeur gravée sur mes traits. Mes mains se font fébriles sur le papier, dont je parcours les lignes encore et encore, comme pour en saisir un sens caché, ou un piège que l’on chercherait à me tendre... « Non, c’est impossible. » Chimène ne peut pas être en vie. Je l’ai vu morte. J’ai touché sa peau, froide et sans vie. Une illusion ? Non... Hugues pourrait-il mentir ? Peut-être, mais quel intérêt pour lui ? « Lionel, je... Il faut... » Je bute sur les mots, et la lettre m’échapperait presque des mains quand je lui remets, pour qu’il la lise à son tour. Je me passe une main sur le visage, éprouvé. Je marque un silence, d’à peine un demi-minute, avant de me lever d’un bond pour me diriger vers la porte, m’emparant déjà de mon manteau. « Je pars. Je dois en avoir le cœur net. Si elle est en vie... Ça change tout. Chimène... En vie. » J’ai du mal à formuler cette simple pensée, et le dire à voix haute est presque lui donner corps. Cette nouvelle me bouleverse, bien plus que cette nouvelle proposition de fiançailles, que je serais peut-être bien prêt à accepter, si cela pouvait la sauver, lui garantir la sécurité... Pour me racheter auprès d’elle, au risque de menacer mon Duché. C’est insensé. Comment parvenir à y croire, après avoir fait mon deuil ? Chimène, en vie. Par tous les Dieux... J’enrage, de ce nouveau mensonge. Pourquoi auraient-ils fait une chose pareille ? Quand cesseront-ils de se jouer de moi ?

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Lun 23 Jan - 5:03

Faire diversion avec la lettre est une technique comme une autre pour Lionel de réfléchir un peu plus… profondément, oui, à comme articuler ce qui le tracasse. Il sait qu’il peut tout dire à Liam, oui. Ils ne se cachent rien, ou presque rien, et il sait qu’il peut avoir une confiance totale en son meilleur ami. Pourtant, le Chevaucheur n’a jamais été du genre à se confier sur ses affaires personnelles. Sa pudeur toute outreventoise l’a toujours gardé des confessions plus intimes et aborder ces sujets le met bien mal à l’aise. Malaise qui déjà lui a nuit, auprès de leur soi-disant prince de pacotille, et qu’il doit outrepasser une nouvelle fois cette nuit.

Après la lettre, donc.

Il ne s’attendait cela dit pas à ce que la lettre choque autant Liam, dont le visage se fige au fur et à mesure de sa lecture, dans une expression abasourdie. « Non, c’est impossible. Qu’y a-t-il ? » Il s’est longuement interrogé sur le contenu de cette lettre, mais jamais il ne peut deviner ce qu’elle contient. Surtout pas alors que son duc la lui tend et qu’il peut à son tour lire l’impossible. Chimène. La princesse Chimène, l’impératrice Chimène, encore vivante. Un hoquet de surprise lui échappe et à l’identique de son ami, il relit plusieurs fois les mêmes phrases, comme pour tenter d’en extraire la vérité. Est-ce une autre manigance de l’usurpateur de la Rive, ou est-ce vrai ? Ô, doux Levor… Liam se lève d’un bond, déjà prêt à quitter les lieux. « Je pars. Je dois en avoir le cœur net. Si elle est en vie... Ça change tout. Chimène... En vie. Non, Liam. » Il a parlé plus fort qu’il l’a désiré, mais Liam ne doit pas quitter Rivepierre. Surtout pas dans cet état. Il a à peine fallut une enjambée au Chevaucheur pour rejoindre son meilleur ami, lui arrachant son manteau des mains. Qu’il ne le force pas à user de la force, car ils savent tous deux qu’à ce jeu, c’est lui qui gagnera. Duc ou pas, s’il doit le balancer sur son épaule pour aller l’attacher à son lit afin qu’il reste ici cette nuit, il le fera. Lionel baisse la voix, celle-ci se faisant autoritaire : « Tu restes ici. Il poursuit, avant même d’entendre les vaines protestations de son vis-à-vis. Quel est ton plan, de toute façon ? Exiger de portailler dans un empire où les mages sont actuellement bannis, afin de voir une femme morte ? Son Altesse Augustus n’est pas connue pour sa magnanimité et il n’aura aucun scrupule à te faire arrêter, que le contenu de cette lettre soit vrai ou faux. Pourquoi vous parlez fort ? » Une voix fluette les interpelle et quand Lionel tourne la tête, c’est pour apercevoir la tête ébouriffée d’Aymeric, vêtu d’un pyjama qui a appartenu soit à lui, soit à Livien, il en mettrait sa main à couper. Et un air aussi éveillé que s’il n’avait jamais dormi. Les espionnait-il, ce fripon ? « Ton oncle et moi avons une discussion, Aymeric. Retourne te coucher, dit calmement un Lionel qui se veut ferme, mais qui échoue apparemment devant ce fils de pirate entêté. Vous m’avez réveillé. » Non, il est hors de question qu’il négocie à la fois avec un duc et un prince, sachant qu’il craint bien que le deuxième soit aussi buté que le premier. Son index se plante dans la poitrine de Liam. « Occupe-toi de ton neveu. Si je reviens des cuisines et que tu n’es plus là… » Il laisse la menace en suspends, puis tourne les talons, laissant oncle et neveu seuls, le temps d’aller faire chauffer un peu de lait avec du miel pour Aymeric. Avec une larme de whisky. Peut-être que ça, ça l’endormira.

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Mar 24 Jan - 23:39

La voix de Lionel tonne, mais ce n’est pas suffisant pour me retenir. Il ne lui faut que l’espace d’une seconde pour me rejoindre, et m’arracher mon manteau des mains. Je lui rends un regard implacable, alors que son geste me force à me retourner pour moitié vers lui. Que croit-il réussir à faire ? Il ne m’empêchera pas de franchir le seuil de cette porte, au risque de s’improviser geôlier de son propre Duc. Lionel s’oublie, et j’aurais tôt fait de lui rappeler.

Seulement, il est plus rapide que moi. J’ouvre la bouche, mais il ne me laisse pas l’occasion d’en placer une. Il m’agace presque tout à fait. Mon plan ? « J’y réfléchirais en chemin. » Je ne suis pas impulsif, d’habitude. Mais... C'est Chimène, dont on parle. J’élève la voix, sans même y songer. « Prends le temps d’y songer, si tu veux, mais quand tu te seras décidé à agir, elle sera peut-être déjà morte pour de bon ! » J’ai un geste de colère. Je sais qu’il a raison, et c’est ce qui me met hors de moi. Je refuse de rester à attendre, alors que j’ai peut-être une chance infime de la revoir... Si c’est elle, Chimène a pris des risques inconsidérés pour prendre contact avec moi, et cela pourrait se retourner rapidement contre elle. « Je ne veux pas avoir encore à le regretter. Si je peux lui venir en aide... Je ne peux pas rester sans rien faire, encore une fois. Alors qu’importe, que l’on m’arrête ! Je suis déjà enchaîné. » C’est de la folie, sûrement. Je suis prêt à prendre ce risque, si cela peut me permettre de la voir une dernière fois en vie, et de rattraper auprès d’elle mes erreurs passées.

Je me suis déjà retourné, prêt à gagner la sortie, quand une petite voix fluette nous interpelle et mets fin à notre débat animé. Je me fige, dans une grimace contrite. Mon regard cherche Aymeric, qui a l’air apprêté à dormir, mais qui n’avait visiblement aucune intention de le faire. Je pousse un soupir, devant la tentative - parfaitement vaine - de Lionel pour l’inciter à se recoucher. Je le sens finalement plus excédé que moi, à poser son index contre ma poitrine, et employer encore ce ton autoritaire qui me dérange fortement. « Sinon quoi ? » Je le vois disparaître, sans formuler sa menace. Je devrais lui dire d’arrêter d’agir ainsi, s’il veut paraître crédible. Et puis... Croit-il vraiment qu’Aymeric sera en mesure de me ralentir davantage que lui ?

Je me penche vers Aymeric, à poser une main sur le haut de son crâne. Je suis déjà beaucoup plus calme, par sa seule présence. « Hey... » Je suis bien trop conciliant avec lui, et déjà il promet d’avoir un caractère encore plus affirmé que ma petite sœur, qui parvenait déjà à venir à bout de ma patience.

« - Je dois partir, Aymeric. J’ai une affaire importante à régler. Je n’en aurais pas pour longtemps... Tu restes ici, d’accord ?
- Non.
- Sois raisonnable, un peu.
- Tu l’es même pas, toi ! Il fait nuit !
- Pas maintenant, Aymeric.
- C’est c’que tu dis aussi, quand j’demande à voir papa. »

Je pousse un profond soupir, et me pince l’arête du nez. Je n’avais vraiment pas envie d’entrer en négociation avec Aymeric, et de manière récurrente, ce sujet revenait sur le tapis, parce qu’il savait que je n’avais parfaitement rien à y répondre. Comment expliquer à un enfant de cinq ans que son père était un meurtrier ? Celui de sa mère. Et qu’il ne pouvait pas le voir, non, pas tant qu’il ne se serait pas présenté à son propre procès.

« - Ca n’a aucun rapport avec lui.
- Tu m’abandonnes. Tu m’amènes ici, pour m’laisser avec eux et repartir.
- C’est faux, tu le sais très bien. »

Il affiche une moue renfrognée, qui me rappelle fortement sa mère, alors qu’il se dégage de ma main. Non, c’est... Les apparences sont trompeuses. Oui, nous étions arrivés ce soir même, et peut-être avait-il l’impression que je comptais repartir comme un voleur, en plein cœur de la nuit, après l’avoir confié à la famille de Lionel. Sauf que ça n’avait rien à voir avec lui, et que chercher à le raisonner était parfaitement inutile. Je voulais me montrer sincère avec lui, et ne pas le considérer comme un gamin idiot, incapable de comprendre... Sauf qu’il ne m’écoutait décidément jamais. Le faisait-il avec son père ? J'espérais bien que non.

« Aymeric... Arrête. » Il se débat mollement pour s’extirper, quand j’essaie de lui remettre la main dessus. « Ecoute. Je... On va rentrer tous les deux demain, d’accord ? Je m’en occuperais à ce moment-là. Je ne te laisserais pas derrière. Tu vas te coucher, maintenant ? » Une nuit pour réfléchir, ce sera un moindre mal. Je lui concède, de mauvaise grâce, surtout à voir ce sourire triomphal se graver sur ses traits. C’est ça... Manipulé par un gamin de cinq ans. Je vais finir par croire que Lionel a élevé la voix exprès, pour s’assurer le soutien de mon neveu en dernier recours. Il revient d’ailleurs, avec - j’espère - de quoi le calmer pour qu’il dorme enfin. Je lève un doigt accusateur, vers mon meilleur ami. « Juste une nuit. Toi, je te retiens. » Je ferme le poing, et pousse un nouveau soupir. « Qu’est-ce que tu avais à me dire d’autres ? Un rapport avec cette lettre ? » Qu’on en finisse. Je me passe une main sur le front, alors que mes pensées partent en tout sens. Un peu plus un peu de moins...

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Sam 28 Jan - 8:11

Le temps d’y songer, gnagnagna. Prends le temps d’y songer et peut-être qu’elle sera morte pour de bon, gnagnagna. Les paroles de son meilleur ami tournent dans sa tête, y soulevant une colère peu commune. Il est heureux qu’il s’isole en cuisine, afin de réussir à retrouver un calme qui déjà s’efface dangereusement vite. Liam n’a pas besoin d’un conseiller colérique et contrôlé par ses émotions.

Dans la dépense située sous le plancher, il reste heureusement encore un peu de lait de chèvre. C’est avec habitude qu’il met le lait, deux cuillères de miel et une plus petite de whisky dans une petite casserole. D’un seul regard, il ravive le feu et y dépose la casserole, puis s’abandonne dans la contemplation des flammes. Leur danse réussit généralement à le calmer, mais cette nuit, ce n’est pas le cas. Trop de choses bouillonnent en lui et cette lettre n’est pas pour améliorer le tout. S’il avait su… il aurait attendu.
Lionel et Liam sont rarement en désaccord, se chicanent encore moins souvent, et Lionel n’est pas pour apprécier la situation. Alors que le lait chauffe, il frappe du poing sur le plan de travail, grognant de frustration. Damné soit-il, à être aussi buté ! Croit-il que ça lui fait plaisir, de rester ici alors que leur légitime impératrice est à l’autre bout du continent ? Il doit le protéger lui, que ça lui fasse plaisir ou non, et ce n’est pas en le laissant courir à Ibelin avec l’idée de se trouver un plan en chemin qu’il le protégera. Chimène ou pas.

Attacher Liam à son lit et le veiller toute la nuit devient un plan de plus en plus intéressant, au fur et à mesure que les minutes passent, et c’est avec toujours le même air maussade que l’Outreventois revient auprès de son duc et du prince d’Outrevent. Un bol généreusement rempli de lait entre les mains, au grand ravissement du garçon, dont la moue déplûe redevient joyeuse.

« Juste une nuit. Toi, je te retiens. » Essaie, semble dire le regard défiant du Chevaucheur, qui attend que le bambin prenne place dans un des fauteuils avant de lui donner le bol de lait chaud. Il a même droit à un petit remerciement, avant qu’il y trempe ses lèvres. La tête d’Aymeric est ensuite incertaine, peut-être un peu perplexe de par le goût du whisky mêlé au lait et au miel, mais après avoir goûté le breuvage une deuxième fois, il ne semble pas remarquer la supercherie plus que nécessaire. À la bonne heure. « Qu’est-ce que tu avais à me dire d’autres ? Un rapport avec cette lettre ? Beaucoup plus que tout ce que j’aurais pu penser », commente-t-il avec morgue. Cette proposition arrive comme un renard dans un poulailler, c’est le cas de le dire, et appuie encore plus le sujet dont il voulait entretenir à la fois son duc et son meilleur ami. Il baisse la voix, pour qu’Aymeric ne l’entende pas et ne se prenne pas de l’envie d’aller colporter le tout, amplement déformé, à tous les membres de la cour de Souffleciel qu’il croisera : « Antonin de la Rive me presse de te faire accepter les fiançailles avec sa sœur, quitte à user de moyens… malhonnêtes. Le malaise est palpable, chez le Chevaucheur, qui n’ose pas préciser les moyens en question. Il préfère plutôt rappeler son avis sur cette situation générale, dont ils ont déjà discuté, la mention du prince Antonin en moins. Je ne considère pas qu’une union avec la princesse Armandine soit une mauvaise idée, je t’ai déjà entretenu du bien-fondé stratégique de la chose, mais je ne veux pas… je ne veux pas que ce soi-disant prince s’imagine qu’il puisse me faire chanter, qu'il s'insurge. Puis, vient la conclusion. Je dois me marier, Liam. »

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Sam 28 Jan - 23:45

Il me défie du regard, le Chevaucheur. Rien que pour lui donner une bonne leçon, l’envie me prendrait de tourner les talons. En soi, en prenant le temps d’y réfléchir à tête reposée, Lionel est tellement buté qu’il aurait tôt fait de me ramener à dos de dragon. Je préfère autant m’éviter le ridicule d’une telle situation, surtout après m’être retrouvé entre les serres d’un griffon, peu de temps auparavant.

Je me rassois donc, dans le fauteuil confortable que je viens de quitter, bien davantage à contrecœur. Je me passe une main sur le visage, éprouvé, et pousse un soupir retentissant. Le voilà qui me parle à nouveau sur des propos forts énigmatiques... Je n’ai pas le temps pour ces idioties. « Viens-en aux faits. » Je ne tiens pas plus d’une minute en place, dans mon siège, et me lève aussitôt pour faire les cent pas devant la cheminée, comme un fauve en cage. J’aurais voulu quitter la douce chaleur de ce foyer, même rien que pour marcher dans le vent glacial du dehors, histoire de m’aider à me remettre les idées en place. Je suis bien obligé de m’arrêter, quand il baisse d’un ton et se penche en avant, pour mieux entendre ce qu’il à me dire sans qu’Aymeric ne s’en mêle.

« Malhonnêtes, tu dis ? » Je le regarde, avec une lueur d’incompréhension au fond du regard. Lionel est irréprochable, comment ce petit prince de rien pourrait parvenir à le faire chanter ? Je songe immédiatement à ses talents de diseur de vérité. Je n’aime pas ça du tout. « A-t-il découvert quelque chose de compromettant sur toi, de par ses dons ? » Je réfléchis à toute vitesse, avant de secouer négativement la tête. Non, je ne vois vraiment pas. « Quelque chose que tu ne m’aurais pas dit, Lionel ? » Le voilà qui me parle à nouveau d’Armandine de la Rive, comme pour détourner mon attention. Je n’ai pas la tête à songer à ses épousailles, alors que Chimène est dans la nature, possiblement en danger, et a besoin de mon soutien. La conclusion tombe finalement comme un couperet, et me surprend. Je crois soudainement comprendre où il voulait en venir... Il y a bien une chose, dont Lionel ne m’a jamais parlé. « C’est à cause d’une liaison, n’est-ce pas. Lionel... » Je m’assois en face de lui, dans un nouveau soupir. « Pourquoi tu ne m’en as pas parlé plus tôt ? Nous aurions pu éviter l’incident. Je ne sais pas de qui il s’agit, vraiment, tu t’es montré discret... Elle est de la haute ? Déjà mariée, peut-être ? » Je secoue négativement la tête, et me laisse retomber au fond du fauteuil. Cela expliquerait pourquoi il repousse toutes avances, depuis tout ce temps... « C’était déjà le cas, quand tu étais fiancé à Maidhenn, je suppose. » Oui, tout s’explique.

Je cesse là mes suppositions, pour réfléchir un temps. Je reprends une gorgée de cet excellent whisky, puis cherche à dédramatiser la situation : « Au moins, cela aura fini par te décider, ce qui n’est pas un mal en soi. Je n’aurais jamais cru t’entendre prononcer ses mots... Bien. » Je marque un silence, le fixant longuement. « Gabrielle de la Volte. » Je rajoute, avant qu’il ne proteste : « C’est un excellent parti, et ta famille a déjà été liée à celle de la Volte. Tu gardes de très bons rapports avec la Duchesse, cela nous permettrait de renouer avec Cibella. On l’a dit réfléchie, et sensible. » On l’a dit aussi enceinte de moi, alors que je ne l'ai jamais touché. Je me demande bien d’où proviennent ces rumeurs... Comme celles mentionnant que des épousailles doivent avoir lieu. Ne s’agit-il pas des deux... Troisièmes dont on me parle ? Décidément... « Et j’aurais quelques rumeurs à faire taire aussi. »

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Mar 31 Jan - 6:13

Son ami ne tient pas en place, incapable de rester assis plus d’une minute avant de se relever pour faire les cent pas, et ses propos sibyllins n’aident pas le duc à rester calme. « A-t-il découvert quelque chose de compromettant sur toi, de par ses dons ? Quelque chose que tu ne m’aurais pas dit, Lionel ? Non. » Il lui dit tout. Presque tout. Il ne supporte pas le doute qu’il peut lire dans son regard, cette confiance qu’il ne veut aucunement briser. C’est bien pour cela qu’il lui confie les agissements d’Antonin, ses menaces et son chantage, bien que ce puisse être considéré comme peu sage. Il ne doit pas se laisser faire.

Lionel prend place dans le canapé, en attente de la conclusion de Liam, son verre de whisky en main. Il en a besoin, pour cette conversation plus que désagréable. « C’est à cause d’une liaison, n’est-ce pas. Lionel... » Une… une liaison ? La tête du Chevaucheur se fait interloquée. Il n’a rien sous-entendu à ce sujet, pourtant. Pourtant, son duc persiste et signe, apparemment déjà bien convaincu : « Pourquoi tu ne m’en as pas parlé plus tôt ? Nous aurions pu éviter l’incident. Je ne sais pas de qui il s’agit, vraiment, tu t’es montré discret... Elle est de la haute ? Déjà mariée, peut-être ? » Ce serait si facile de laisser Liam croire à une liaison, oui, avec une femme mariée, pourquoi pas, impliquant un bâtard en route, même. Ça lui éviterait de devoir prononcer des choses aussi dégoûtantes que celles sous-entendues par le jeune prince, de devoir craindre que son meilleur ami puisse croire de tels propos diffamatoires. Lionel sait pourtant qu’il ne peut pas tolérer le mensonge, même pas celui-là, alors qu’il l’arrangerait. « C’était déjà le cas, quand tu étais fiancé à Maidhenn, je suppose. La rupture de mes fiançailles avec Maidhenn n’a rien à voir avec moi, tu le sais bien, proteste le Chevaucheur. J’aurais été très heureux de l’épouser. » Seulement, du jour au lendemain, elle a disparu, et c’est à peine il y a quelques semaines qu’elle a réapparu du néant. Ça, d’ailleurs, il n’en a pas parlé à Liam. Pas par malice, ou désir de cachotterie.

« Au moins, cela aura fini par te décider, ce qui n’est pas un mal en soi. Je n’aurais jamais cru t’entendre prononcer ses mots... Bien. Lionel renifle, fâché, et laisse échapper un marmonnement mécontent. Ce n’est pas de gaieté de cœur. » Se marier n’est pas le problème, il était de toute façon à la veille d’entreprendre de lui-même des démarches afin de se trouver une épouse. Se faire forcer la main, par contre… ça, ça ne lui plaît pas. Le silence de Liam s’étire et son regard se fait un peu dérangeant. Comme s’il tentait de deviner qui pourrait être la meilleure épouse pour lui en lisant au cœur même de son âme et de son esprit. « Gabrielle de la Volte. Ga… Gabrielle ? C’est un excellent parti, et ta famille a déjà été liée à celle de la Volte. Tu gardes de très bons rapports avec la Duchesse, cela nous permettrait de renouer avec Cibella. On l’a dit réfléchie, et sensible. » Oui… oui, oui, certes, tout ça, mais… peut-être qu’un plus petit mariage, avec quelqu’un d’un peu moins de haute noblesse, aurait mieux satisfait les attentes et le désir de discrétion de Lionel. « Et j’aurais quelques rumeurs à faire taire aussi. » L’homme roule des yeux, puis prend une gorgée de son whisky. Oui, il a entendu ces rumeurs, aussi, encore plus farfelues que toutes les autres. Gabrielle est la cousine de Liam, par Nep, personne n’aurait idée de les imaginer folâtrer ensemble. Ces préjugés sur les Outreventois ont définitivement la peau dure.

« Gabrielle… est un bon choix », consent l’Outreventois. Il n’a aucun bon argument contre la princesse de Cibella. Il ne peut pas prétendre qu’elle est de trop haute naissance : son propre frère a bien épousé une duchesse. Elle est mage, décente, bien élevée, et une alliance avec Cibella est un mouvement plus que stratégique, alors que le duché de la Magie est hautement favorisé sous ce nouveau règne impérial. Puis… cela pourrait même permettre au trône ducal cibellan d’obtenir l’héritière tant attendue, sans que Gaëtane fasse appel aux sulfureux talents des mages du Sang. « J’irai demander sa main. Elle est jolie, Gabrielle ?, demande subitement Aymeric, attentif aux quelques bribes qu’il capte de leur conversation. Oui. C’est une jolie princesse. » La réponse semble le satisfaire. Oui, il y a ça aussi. Gabrielle est une jolie princesse. Ce n’est pas déplaisant.

Il prend soin de parler encore plus bas, conscient qu’ils sont écoutés : « Mais je… je n’ai pas de liaison, Liam, ni… ni quoi que ce soit du genre. Il devrait rougir, mais il pâlit, plutôt, alors qu’il s’apprête à écarter les confortables idées de Liam. Lors d’une réception, le prince a entraîné une conversation sur le sujet des femmes et m’a poussé à lui parler de mes conquêtes. Tu sais que ce n’est pas… mon sujet préféré, commente-t-il avec nervosité. Il n’en parle à personne, de ses fameuses conquêtes, pas même à Liam, alors se confier à ce sujet à un inconnu qui s’avère être son prince... dire que ce jeune homme se réclame de leur digne duché. J’ai été pris au dépourvu et mon malaise quant au fait d’aborder un sujet aussi intime et inconvenant, de surcroît en public et au cœur du palais impérial, a été interprété comme un… comme un dégoût général des dames, de la part d’Antonin. Si tu comprends ce que je veux dire. » Qu’il ne le force pas à prononcer le mot. Il ne sait même pas s’il en sera capable.

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Ven 3 Fév - 12:26

Non. C’est tout ce qu’il a à me répondre ? Je prends une longue inspiration, pour m’inciter au calme. Bien, s’il ne veut pas parler, c’est moi qui le ferais. Je guette la moindre de ses réactions, assis en face de lui, mes yeux clairs ancrés en les siens. Mes paroles semblent le surprendre, sans que je ne parvienne à déterminer si c’est parce que j’ai touché juste, ou si parce que l’idée ne l’aurait même pas effleurée. Je parviens à le sortir du mutisme dans lequel il s’est retranché uniquement en prononçant le nom de Maidhenn. Bien… Cela n’a rien à voir avec elle non plus, donc. Pourtant, il rechigne à se marier depuis le début, ce qui aurait pu me laisser croire que… Mais d’accord. Disons que les circonstances n’étaient pas favorables. Le sont-elles davantage maintenant ? Je l’ignore. Mon vieil ami ne cherche finalement à corriger le tir que pour mieux fuir. C’est encore pire que de rechigner devant une quelconque obligation bien encombrante.

Je lui propose un nom, quelqu’un qui saurait lui convenir, qui serait à sa hauteur en plus d’être un choix des plus stratégiques sur le plan politique… Je lis l’hésitation, la surprise dans son regard. Je le fixe longuement, sans plus un mot, attendant qu’il me fasse part de ses propres impressions. « C’est une proposition. Le choix te revient. » Un bon choix. J’hoche la tête, par l’affirmative. Il en a conscience, ce qui est un bon point, d’autant qu’il connait déjà bien la famille de la Volte, et que l’entente est bonne. Ce ne sera pas difficile pour lui de s’adapter. Et puis… Contrairement à son frère, il n’aura pas besoin de résider en Cibella. « Mais j’ai encore besoin de toi ici. »

Je suis agréablement surpris de l’entendre dire de lui-même… Lionel est visiblement bien résolu à se marier, dans les plus brefs délais, ce qui m’interpelle encore davantage sur ses raisons. Je ne sais ce qu’Antonin a découvert, mais ce revirement soudain me laisse craindre le pire. Je me fais interrompre par Aymeric, avant même de pouvoir lui demander de plus amples informations. Je rends un regard sévère à mon neveu, qui tend l’oreille pour capter quelques bribes de notre conversation. « Va te coucher, Aymeric. » Je ne le vois pas bouger, pas immédiatement en tout cas, à me renvoyer cette expression renfrognée. Je suis prêt à le reprendre, quand Lionel attire à nouveau mon attention, à parler si bas que je crains de mal en saisir le sens. J’agite lentement la tête, en me penchant vers lui, avec une lueur interrogatrice dans le regard. Pas… Pas de liaisons ? Je le détaille sans comprendre, alors qu’il pâlit à vue d’œil. « Un… Un dégoût. » Je répète ses mots, comme si cela pouvait m’aider à mieux assimiler ce qu’il tente de me dire. « Tu n’en parles jamais c’est vrai mais… » Est-ce que je dois vraiment avoir une pareille conversation avec mon meilleur ami ? « Je ne comprends pas, non, dis-moi… » Pourquoi le Prince aurait-il cru une chose pareille ? Ça ne veut rien dire. C’est simplement… « Tu… Tu as déjà eu des relations avec des femmes, Lionel, n’est-ce pas ? » Je le fixe longuement, à guetter une confirmation dans son regard, n’importe quoi qui trahisse la vérité. Que j’aimerais être mage, en cet instant, moi aussi. Desceller la vérité est une bénédiction, mais ils sont si aptes ensuite à l’interpréter comme ils le désirent… « Il a cherché à te déstabiliser et a sauté sur la première conclusion, c’est ce que tu cherches à me dire ? » Non. Il a simplement cru que… Non. Lionel, qui n’aime pas les femmes ? Il est seulement très pudique. Il a été fiancé, tout de même ! Rien que des calomnies, et un nouveau tissu de mensonges, voilà tout.

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Lun 6 Fév - 20:00

C’est une proposition, certes, comme lui rappelle Liam, mais elle est la meilleure de toutes. Probablement, pourrait-il aussi envisager une union avec une Outreventoise de petite noblesse, convenant plus à son idée d’un mariage discret, mais Gabrielle est le meilleur des choix. « Mais j’ai encore besoin de toi ici. Je ne compte pas partir non plus. » Ce duché est sa patrie, Liam son meilleur ami, et son rôle est auprès de lui. Ce n’est même pas négociable.

Il aurait nettement apprécié que la conversation se termine sur ces belles paroles, celles de deux amis chers se réitérant leur affection mutuelle et leur collaboration entière et totale, mais Lionel sait bien que ce n’est pas le cas. Il y a des ombres à dissiper, afin que cette amitié ne puisse s’en retrouver voilée. Même si cela se résume à devoir parler des mensonges d’un prince et d’une intimité sur laquelle il ne s’ouvre jamais. « Un… Un dégoût. » Petit signe positif de la tête. Oui, un dégoût. C’est assez clair, non ? « Tu n’en parles jamais c’est vrai mais… Je ne comprends pas, non, dis-moi… » Il fait exprès, par Levor, ce n’est pas possible de ne pas comprendre ! Ils ne sont pas de l’Esprit, certes, mais à ce point ! Lionel soupire, déjà prêt à devoir horriblement clarifier ses propos. « Tu… Tu as déjà eu des relations avec des femmes, Lionel, n’est-ce pas ? Oui, bien sûr que oui », qu’il s’outre, affreusement gêné de cette question qu’il ne pensait jamais avoir à répondre. L’image fugace du voile de la demoiselle Joséphine tombant au sol lui revient en mémoire, colore ses joues encore trop pâles d’un rose soutenu. Il a déjà eu des relations avec des femmes, oui, mais il n’en a jamais vraiment compris l’intérêt et encore moins toute la frénésie que les Cielsombrois y mettent depuis des centaines d’années. L’Outreventois s’est depuis longtemps rangé à l’idée qu’il se marierait parce qu’il le doit et qu’il apprendrait à apprécier son épouse, comme il est de coutume dans son duché, et ne cherche pas plus de relations charnelles qu’il est nécessaire. Ne cherche pas, comme ne cherche pas du tout. Il n’en a pas besoin. Ce n’est pas anormal. Ou, l’est-ce ? À voir comme Liam semble penser que c’est le problème, peut-être n’est-ce pas anodin ?

« Il a cherché à te déstabiliser et a sauté sur la première conclusion, c’est ce que tu cherches à me dire ? Oui ? Non ? Quelque chose entre les deux ? Oui… enfin, c’est plus… plus compliqué. » Plus gênant, aussi, que de penser qu’il ne serait tout simplement pas intéressé par les femmes et les affaires de la chair. Et Aymeric qui est si proche et comme il l’a prouvé, prêt à attraper la moindre bribe de confidence ! Il s’attend déjà à ce qu’il colporte dans toute la forteresse de Souffleciel qu’il trouve Gabrielle jolie, en déformant plus ou moins joyeusement ses propos. Lionel n’a alors pas le choix de pratiquement murmurer : « Il pense que je suis… » Et en silence, ses lèvres forment le mot gay. Son visage est marbré de blanc et de rouge, cette fois, son expression pétrifiée par l’horreur qu’on puisse penser que lui, Lionel de Rivepierre, est… est comme ça. Déviant. « Et il veut utiliser ce… ça, afin de me faire chanter auprès de toi. »

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Jeu 9 Fév - 11:07

« J’espère bien. » Tisser des alliances avec Cibella est important, mais il n’est pas question que cela m’ampute de mon plus proche conseiller, ainsi que du Capitaine de mes Chevaucheurs. Lionel m’est indispensable sur bien des aspects. Je ne verrais aucun inconvénient à ce que la jeune sœur de Gaëtane de la Volte réside en Outrevent, bien au contraire. Elle est mage de portails de surcroît, et je suis certain qu’elle saura combler les attentes de Lionel, à allier un caractère aussi sensible qu’authentique. Et Gabrielle est jolie, oui, comme ils viennent tous deux bien de le souligner.

On aurait pu simplement en rester là. Je me serais occupé de ramener à sa chambre mon neveu si récalcitrant. Je n’aurais certainement pas fermé l’œil de la nuit, plongé dans la solitude de la mienne, avec uniquement mes pensées, mais j’aurais tenu promesse et ne me serais pas éclipsé avant l’aube. Seulement… Lionel se décide à répondre à mes interrogations, pour une fois, et se prononcer sur un sujet qu’il évite sciemment en permanence. Cela fait longtemps que je ne cherche plus à le tourmenter à ce propos, même si je m’amusais bien souvent, dans notre adolescence, à voir son visage passer par toutes les couleurs suite à quelques remarques scabreuses. A vrai dire, depuis, nous n’en parlons simplement pas. Lionel n’est pas plus informé de mes conquêtes passagères que moi des siennes, et je respecte cette chaste volonté de sa part, puisque je ne suis pas non plus à m’épancher sur le sujet. Seulement… Voilà qu’il inverse la tendance, à cause d’un chantage bien malhonnête, et je peine à lire entre les lignes. Je me demande à quel point ce peut-être grave, tandis que son effroi se change en agacement. Je fronce les sourcils, peu amène. C’est si compliqué, de s’exprimer clairement ? J’hoche la tête, néanmoins, vaguement soulagé quand il me confirme avoir déjà eu des relations par le passé. Bien… « Alors quel est le problème ? » Le voilà qui se met à rougir, après avoir été blanc comme un linge… Je pousse un profond soupir à mon tour, quand il se contente de me répondre que c’est compliqué.

Je l’entends à peine murmurer ensuite la cruelle vérité. Antonin pense qu’il est… Non. J’ai du mal comprendre. « Pardon ? » Je le dévisage un temps, et son visage pétrifié par l’horreur est un meilleur indicateur que toutes les paroles qu’il pourrait prononcer, ou refuser de prononcer même. Je lâche un bref rire, nerveux. Je dois avoir mal saisi ce qu’il voulait dire. Il n’y a pas d’autres explications. Pourtant, l’Outreventois reste à me fixer avec sérieux. Ce n’est pas une simple blague de mauvais goût. Je me penche vers lui, tentant de faire taire cette panique qui croît doucement en moi. Cela ne va pas l’aider à relativiser, si je commence à mon tour à perdre mes moyens. « Lionel, c’est ridicule. Tu l’as dit toi-même, tu as déjà eu des relations avec des femmes, et pas avec… Avec… » Non. Antonin interprète, rien de plus. Diseur de mensonges, oui. Lionel ne peut pas… Je le connais depuis toujours. Je m’en serais rendu compte, si c’était le cas. Il est simplement… Moins porté sur la chose. Il se réserve pour son mariage, Outreventois pudique à l’excès. C’est tout à son honneur. « L’annonce de vos épousailles fera taire les mauvaises langues. Tu as bien fait de m’en parler, Lionel. Inutile d’accorder du crédit aux paroles de ces vipères, ils nous ont déjà prouvé qu’ils n’en avaient aucune et étaient prêts à tout pour parvenir à leur fin. Alors tranquillise-toi. » Je pose une main à son épaule, dans un geste qui se veut rassurant, mais qui est plus emprunté qu’à l’accoutumée. Je lui rends un sourire crispé, avant de la retirer. « Ça se passera très bien avec Gabrielle. » J'essaie de m'en persuader, du moins.

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Sam 11 Fév - 8:06

« Pardon ? » Non, il ne répétera pas, il ne répétera cela sous aucun prétexte, et si Liam n’a pas entendu, cette fois, s’il n’a pas compris la laideur du mot qu’il a prononcé, c’est qu’il fait réellement exprès. Tout horrifié qu’il est, Lionel, tout anxieux d’imaginer la réaction de son ami, il ne peut que parler entre ses dents, qu’attendre que son duc… fasse quoi que ce soit, réagisse n’importe comment. Le rassure. Un rire nerveux, d’abord, puis quelques mots, sur un ton dubitatif, au fond porteur d’une panique qui est bien mal dissimulée : « Lionel, c’est ridicule. Tu l’as dit toi-même, tu as déjà eu des relations avec des femmes, et pas avec… Avec… » Pas avec des hommes. Il n’est pas comme ça. Pas comme les habitants de Sombreciel, qui se plaisent dans la débauche et la luxure, au point de ne plus gérer toutes les sphères de leur vie et pas même leur duché. Pas comme les Ansemariens, dont on chuchote qu’ils explorent ces penchants impies et répugnants lors de leurs longues traversées en mer. Il est digne, lui, honorable, et rien jamais ne l’a poussé vers même des pensées qui s’éloigneraient de celles normales pour un homme. « L’annonce de vos épousailles fera taire les mauvaises langues. Tu as bien fait de m’en parler, Lionel. Inutile d’accorder du crédit aux paroles de ces vipères, ils nous ont déjà prouvé qu’ils n’en avaient aucune et étaient prêts à tout pour parvenir à leur fin. Alors tranquillise-toi. »

Sa main serre son épaule, mais il n’est absolument pas calmé. Il pensait qu’avouer la source du chantage à Liam le libérerait, mais rien de tout ça. Pas besoin d’être empathe pour constater la raideur des gestes de Liam et surtout, ce sourire crispé, mécanique, qui n’a rien de celui sincère et rassurant qu’il espérait. « Ça se passera très bien avec Gabrielle. Tu n’accordes tout de même pas d’importance à ces mensonges, Liam », dit aussitôt Lionel sur un ton soupçonneux, n’enchaînant pas plus longtemps sur le sujet de Gabrielle de la Volte. Il va déjà avoir un mois de janvier suffisamment occupé à réfléchir à quels présents offrir à une princesse de la Magie, dignes de l’impressionner, dignes d’elle, il ne veut pas y penser plus pour le moment. S’il lui en a parlé, c’est bien justement parce qu’il savait qu’il ne porterait pas oreille aux prétentions ridicules du prince Antonin.
Les croirait-il ?
Dans le fauteuil voisin, Aymeric bâille aux corneilles et à chaque seconde, lutte pour conserver ses yeux ouverts, sans trop de succès. Il ne prend tout de même pas la chance d’hausser la voix, autant pour ne pas troubler son sommeil naissant que pour ne pas attirer son oreille avec quelques mensonges : « J’ai confiance en toi, plus qu’en toute autre personne. En ton jugement et en ton cœur. Crois-tu que je viendrais m’ouvrir à ce sujet, pour mieux te mentir ? » Il a besoin de son meilleur ami, ce soir. Il a besoin de son frère et Liam est l’être le plus proche qu’il ait, le plus proche de cette description.

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Mar 14 Fév - 0:20

J’espérais chasser ces idées insensées de mon esprit, aussitôt qu’il avait réussi à me les glisser. J’avais nié farouchement, refusé d’entendre... Mais Lionel me connaissait décidément par cœur. Je voulais le détromper, par mes gestes, par ma présence... Je voulais vraiment lui témoigner mon soutien, toujours infaillible. Je ne me suis même pas rendu compte moi-même, à quel point ces manières étaient fausses, empruntées, et ne rendaient que peu hommage à notre amitié éternelle. Lionel l’a relevé presque immédiatement, à jeter à nouveau le doute dans mon esprit. « Non. » La réponse a fusé, bien trop vite, sans même réfléchir, dans la hâte de le contredire. Il sait, pourtant, Lionel... Il sait que je réfléchis toujours trop. Il sait que je dors peu, toujours aux prises avec mes propres démons. Il doit le remarquer, que j’étais déjà à analyser les moindres souvenirs de notre enfance et notre adolescence, pour chercher un élément qui me contredise... Pour me conforter dans mon raisonnement, à vrai dire, car toutes ces années, aucun signe ne m’a paru évident. « Je suis inquiet, c’est tout. » C’est la stricte vérité, que je lui livre dans un soupir. Je retourne le problème dans tous les sens. Chimène... Et maintenant ça.

Je me rejette en arrière dans mon fauteuil, à me prendre la tête d’une main. Je pourrais prétexter la fatigue, qui est bien présente. Récupérer Aymeric avant qu’il ne s’endorme sur place, et remettre à plus tard cette conversation épineuse... Ce ne serait bien que fuir. Je le sais. Ce n’est pas dans mes habitudes, mais c’est tentant.

Mon cœur se serre, sous ce regard appuyé, ces paroles sans détour. Le mien est tout d’abord moins direct en retour, d’une simple œillade. Je prends la peine de me redresser, les mains croisées devant moi, pour le fixer en retour. « Tu crois vraiment que je penserais une chose pareille de toi ? Lionel... » Cela dit, n’est-il pas venu m’en parler que pousser par un ultimatum d’Antonin de la Rive ? Jamais il ne m’aurait parlé de lui-même de ces rapports compliqués avec la gente féminine, en d’autres circonstances. « J’ai confiance en toi, moi aussi. Je ne veux pas qu’il existe de secret entre nous, rien qui ne puisse briser, ou altérer, ce qui nous lie. » Que me resterait-il, sinon, à part cet espoir tenu que Chimène est encore en vie ? Mes proches sont tous morts, ou portés disparus. Bon sang ! Il ne me reste que Lionel, et ce neveu à peine retrouvé, que l’on risque encore de m’arracher si je ne prends pas garde. Je ne tiens que grâce à lui, et si les mots peinent à sortir, tout aussi discret que lui sur mes sentiments, ils n’en sont pas moins d’une éclatante sincérité. « Tu es comme un frère pour moi. Rien ne pourra changer ce fait. »

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Jeu 6 Avr - 23:50

Inquiet, dit-il, mais il le connaît. Il connaît ses têtes embêtées, ses moues contrites, cette expression qu’il veut neutre et qui pour lui n’a pas de secret. Ils ont été élevés ensembles, sur ces terres comme sur celles de Souffleciel et des Marches d’Argent, et même dans ce qui n’est pas dit, surtout dans ce qui n’est pas dit, Lionel sait déceler la vérité. Pas besoin d’être un affabulateur comme Antonin de la Rive, lorsqu’on connaît l’homme devant soi, et non, il n’est pas dupe face à cette prétendue inquiétude. Alors il ose le confronter, ne supportant pas ce regard qui fuit le sien, le coeur serré à l’idée .

Que lui reste-t-il, si Liam part et se détourne de lui ?

Il le guette, attentif à chacun de ses gestes. « Tu crois vraiment que je penserais une chose pareille de toi ? Lionel… J’ai confiance en toi, moi aussi. Je ne veux pas qu’il existe de secret entre nous, rien qui ne puisse briser, ou altérer, ce qui nous lie. » Il sent son souffle revenir, peu à peu, ses épaules se détendre. Un peu de sa peur se dissiper, doucement, comme les brumes soufflées par le vent sur les collines de leur duché. « Tu es comme un frère pour moi. Rien ne pourra changer ce fait. » Rien ne pourra changer ce fait. Lionel expire, longuement, les yeux fixés sur le plancher. Il a presque honte, d’avoir tiré ces mots de la bouche de son duc et ami, qui sait pourtant lui prouver à chaque jour la grandeur de leur amitié, sans avoir à se fendre de déclarations grandiloquentes. Presque, car ce serait se mentir à lui-même que de prétendre qu’il n’avait pas besoin de cela, à cet instant. Alors que la guerre gronde, imminente, que le monde tremble.
Il reprend son verre de whisky abandonné et c’est uniquement lorsqu’il en a bu une gorgée qu’il relève la tête. Son visage a repris des couleurs normales, bien qu’on puisse quand même noter que ses oreilles sont toujours d’un rouge vif, et son expression est fort moins tendue. « Excuse mon impudeur… et mon talent pour plomber l’ambiance d’une soirée que je t’avais promise de repos », dit finalement le Chevaucheur, terminant sa phrase avec un petit rire désabusé. Il regarde le petit prince d’Outrevent, cette fois définitivement endormi, assommé par le trait de whisky dans le breuvage chaud qu’il a bu sans s’arrêter. Au moins une bonne chose. Et… ainsi ensommeillé, à l’arrêt, le bambin est adorable. On ne soupçonne pas le diablotin caché sous ces traits, ce don de tourner tout et tout le monde en bourrique et qui pourtant, il suppose, fait son charme. « Il te ressemble, sais-tu ? Aussi buté que toi. Il est taquin, le Lionel, mais il sait surtout que peu importe la lourde conversation et sa tournure inattendue, son ami n’a probablement pas démordu d’un certain plan fou. Essaie de t’enfuir pendant la nuit, mon ami, et je te promets que tu passes les prochaines heures attaché à ton lit. » Et non. Ce ne sera pas agréable. Mauvaises langues, allez.

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Message Sujet: Re: Le Jeu de l'amour et du hasard   Sam 8 Avr - 20:37

Je le fixe, longuement. Je le vois lentement se détendre, et comprends à quel point il lui était nécessaire de l’entendre. Qu’il est mon frère. Qu’il a ma confiance pleine et entière. Ce ne sont que des évidences, rien qu’il ne savait déjà... Mais je le vois, dans son attitude, qu’il n’attendait rien d’autres que ces mots. Il lit pourtant en moi comme dans un livre ouvert. Il connait mes doutes, mes craintes... Et à ceux de savoir Chimène peut-être encore vivante, vient s’ajouter une autre question qui risque de persister. Je secoue négativement la tête, tandis qu’il semble se reprendre. « Avec cette lettre, ce n’était déjà plus vraiment une soirée reposante... Mais ça m’a fait du bien, de quitter le cadre de Souffleciel. » Je lui rends un mince sourire. Son rire à lui ne laisse filtrer aucune joie. Je suis son regard, et avise Aymeric, qui s’est enfin fait silencieux et immobile. Ah ! S’il pouvait au moins dormir une bonne dizaine d’heures, rien que pour avoir un peu la paix... Je rends un regard surpris à Lionel, alors qu’il cherche à pointer des ressemblances. « Lisbeth l’était davantage. C’est surtout d’elle, qu’il tient. » Je prononce son nom avec une pointe de tristesse, le regard au lointain. Elle n’en démordait jamais, petite sœur, qui a toujours su ce qu’elle voulait. Je suis buté, oui, mais elle arrivait souvent à avoir le dernier mot, parce qu’elle était pire encore. Me retrouver en ces lieux me rappelle toujours autant à son souvenir... Et la blessure me paraît toujours aussi vive, à contempler son reflet dans ce petit être. Nous aurions dû être plus nombreux, à cette table.

Lionel m’extirpe de mes pensées sombres. J’ai un sourire en coin, à penser qu’un autre est aussi bien têtu dans cette pièce... « La nuit est déjà bien avancée, mon ami. Et puis... Tu sais que je ne vais pas fermer l’œil de la nuit. Je partirais aux premières lueurs de l’aube. » Ces nouvelles risquent de me travailler, bien trop pour que je puisse trouver le repos. Mais il y en a au moins un qui profite pleinement du séjour... Je me lève du fauteuil, pour ramasser Aymeric. Je l’entends gémir et bouger un peu dans ma prise, mais il reste parfaitement endormi tandis que je le monte à l’étage, le couvant du regard. J’en adresse un dernier à Lionel, le laissant lire sur mes lèvres un Bonne nuit, avant de disparaître au croisement de l’escalier. Non, rien ne pourra changer ce fait.

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