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 A la croisée des chemins

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Les Chevaucheurs
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Message Sujet: A la croisée des chemins   Jeu 8 Déc - 11:28


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Maelys Aigrépine & Octavius le Rouge

A la croisée des chemins

Entre un manteau et une bière



• Date : 8 Novembre 1001
• Météo : Quelques timides rayons de soleil filtrent à l'horizon, à travers une clarté brumeuse rendue presque aveuglante. Midi est passé, et les températures sont plutôt douces.
• Statut du RP : Fermé
• Résumé : Peu de temps après les événements qui ont secoué le Festival du Seuil, Maelys s'apprête à rentrer en Lagrance et Octavius à retourner auprès de la Caravane des Plaisirs. Des lettres ont été échangées, n'espérant pas se revoir avant le départ, comme un goût d'adieu... Mais le Destin en a décidé autrement.
• Recensement :
Code:
• [b]8 Novembre 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1570-a-la-croisee-des-chemins]A la croisée des chemins[/url] - [i]Maelys Aigrépine & Octavius le Rouge[/i]
Peu de temps après les événements qui ont secoué le Festival du Seuil, Maelys s'apprête à rentrer en Lagrance et Octavius à retourner auprès de la Caravane des Plaisirs. Des lettres ont été échangées, n'espérant pas se revoir avant le départ, comme un goût d'adieu... Mais le Destin en a décidé autrement.


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Dernière édition par Maelys Aigrépine le Jeu 8 Déc - 11:42, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Jeu 8 Déc - 11:28

- Vous auriez pu faire attention, non ?
- Etant donné que j'étais occupée à sauver ma peau... Non.

Que croit-il, celui-là ? Comme si je saccageais volontairement son travail ! Ce sont de mes doigts, dont il s'agit. Bien entendu, que je fais de mon mieux pour ne pas entraver leur guérison, et retrouver le plus rapidement possible toute ma motricité. Je le fusille du regard, quand sa magie fait douloureusement effet sur mes articulations. Je suis certaine que cela lui fait plaisir, de me tourmenter ainsi, comme une basse vengeance.

Dis-toi que, si un jour on cherche à t'extorquer des informations sous la torture, tu auras de l'endurance.
Quelle perspective réjouissante, Mirage, je te remercie.


Les minutes s'égrènent avec une impression cuisante. Je me suis mordue les lèvres jusqu'au sang, mais pas le moindre son ne les a franchies. J'attends calmement, à fixer le dehors, tandis qu'il me fixe l'atèle et bande à nouveau ma main pour l'immobiliser. Une semaine de repos supplémentaire, voilà ce dont j'écope finalement, avant d'espérer pouvoir passer à la rééducation. Je l'ai mauvaise, de prendre un retard pareil, mais ne rechigne pas. Je ne blague pas avec mon principal outil de travail. Je prends note des (nombreux) conseils et mises en garde dont le guérisseur me gratifie avant d'enfin reprendre ma liberté. C'est un moindre mal, après toutes les souffrances endurées lors de la reconstitution de ma main.

Je fais un crochet rapide, pour m'assurer les services d'un Outreparleur, afin de prévenir mon Capitaine de mon état de santé actuel, et que mon départ sera sans doute un peu retardé. Je ne suis pas si pressée de rentrer en Lagrance, sans doute sur le pied de guerre comme tout Faërie. A Lorgol, il est plus aisé d'oublier toutes ces tensions politiques...

- Vous tombez bien ! Une lettre pour vous vient tout juste de nous être délivrée, madame.

Je ne me suis pas retournée immédiatement, et il a fallu que le messager me tapote l'épaule pour que je me rende compte à qui s'adressait-il réellement. Une lettre...? Personne ne m'écrit. Je suis à Lorgol, et Faërie utilise les services des Outreparleurs, s'ils ont besoin de me transmettre des messages. Je fronce les sourcils, et déplie le papier pour en parcourir les lignes.

Octavius. Je suis soulagée d’apprendre qu’il va bien, même s’il ne respectera pas mes conseils… L’inverse m’aurait étonné. Je n'attendais pas particulièrement de réponse de sa part, mais il a pris cette peine, d'une écriture gauche d'enfant. Je trouverais presque cela attendrissant... Si je n'avais pas encore envie de le cogner pour souligner si bien qu'il m'avait sauvé la vie par le passé, et pourrais recommencer.

Tu l'as bien cherché, en même temps.
C'est quoi, ça ? De la solidarité masculine ?
Si tu veux avoir une chance de le croiser, ma petite, il a presque atteint les remparts...


J’ouvre de grands yeux, abasourdie. Il est encore... A Lorgol ? Je marque un temps d'arrêt, avant de me précipiter à l'extérieur. Je n'ai pas la moindre idée de ce que je pourrais lui dire, en vérité, mais ce sera peut-être la dernière occasion qui me sera laissée de le revoir, et aussi de lui rendre son manteau. Je l'ai plié dans mes affaires, en partant, comme une promesse muette de prochaines retrouvailles. Je n'avais pas songé qu'elles pourraient arriver avant mon départ, et certainement que lui non plus, en témoignent les mots qu’il a couché sur ce papier.

Je remonte le chemin en sens inverse, menant aux remparts de la Ville-Haute, jusqu'à ce que je l'aperçoive à mon tour et... Par Kern, que son protégé marche vite ! J'en suis réduite à devoir courir pour le rejoindre, réalisant que sans le poids de ses blessures, Octavius fait bien deux pas quand j'en fais un. Louison a dû accomplir des miracles.

- Octavius !

Je ralentis ma course, quand il s'arrête et se retourne vers moi, jusqu'à me stopper à sa hauteur pour reprendre mon souffle. J'ai encore sa lettre en main, à moitié froissée maintenant. J’hésite entre le frapper et le prendre dans mes bras, et reste finalement là les bras ballants, à le fixer sans savoir comment réagir. Je finis par lâcher un rire, un rien nerveux, entre deux respirations accélérées.

- Tu marches vite... C'est impressionnant. Je suis contente de voir que tu vas bien… Mieux, même.

Je croise son regard, et esquisse un sourire qui se veut convaincant. Je me sens idiote, d’un coup. J’ai couru à en perdre haleine pour avoir une chance de lui parler et… Et je n’ai pas réfléchi à ce que je comptais lui dire bien sûr. Cette lettre avait comme un goût d’adieu, témoignant que nous emprunterions tous deux des voies différentes désormais.

- Je dois te rendre ton manteau. Il est avec le reste de mes affaires, sur Mirage. On allait partir, mais… On doit retarder un peu notre départ. Et puis, j'ai cru lire sous tes lignes raturées que tu préférais boire une bière, plutôt que de me déterrer vivante, la prochaine fois qu’on se verrait. Alors, ça te dit ?

J’ai le droit de venir ?
Non.
Mais tu viens de lui proposer un rencard !
Justement ! Attends, quoi ? Non… Juste de boire un verre.
Donc je peux venir, si ce n’est que ça.
Ce n’est que ça.
Bien ! J’arrive.


J’entends déjà l’allure rythmée du carcajou qui se précipite vers nous. Il vient de me la faire à l’envers là, non ?
Je vais le tuer, vraiment.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Ven 9 Déc - 19:54

On lui a assuré que la lettre serait remise à Maelys, si ce n’est en main propre à Lorgol, à Edenia lors de son arrivée, par le transfert du courrier. On lui a proposé d’utiliser les services d’un mage Outreparleur, mais il a refusé net. Il y a déjà trop de magie dans sa vie et ça lui ferait carrément bizarre de parler comme ça à Maelys. Puis, il n’a quand même pas mis tous ces efforts à écrire une lettre pour se retrouver à ne pas la donner ! Même si c’est avec beaucoup de gêne qu’Octavius l’a remis aux responsables de la Guilde des Mages, le nom de Maelys s’inscrivant en caractères maladroits sur l’enveloppe.
Maelys Aigrépine, dame des Quatre Vents.
Il espère que ça l’embêtera un peu. En toute amitié.

Il marche à bon pas, sur le chemin du retour. Il est toujours fasciné de pouvoir marcher sans douleur, mais il doit constamment se concentrer sur son pas, pour ne pas affecter le boitement qui est le sien depuis dix ans. Pour ne pas gâcher les merveilles faites par mademoiselle Louison. Les mages guérisseurs de la Guilde des Guerriers lui ont prédit que le sort s’affaiblirait jusqu’à cesser, probablement aux alentours du 12 novembre, mais d’ici là… rien ne l’empêche d’en profiter. « Octavius ! » L’homme cesse net de marcher et se retourne pour savoir qui a ainsi crié son nom. Maelys, justement, qui court à peu près pour le rattraper. Qui rit un peu. « Tu marches vite... C'est impressionnant. Je suis contente de voir que tu vas bien… Mieux, même. T’as l’air pas mal non plus », qu’il répond en louchant vers la main qui tient la lettre froissée, celle blessée et probablement encore en rémission. Elle a déjà lu sa lettre. Subitement, il se sent encore plus gêné d’avoir écrit ça. Il n’écrit jamais. Même pas à ses sœurs et à sa mère. Dame des Quatre Vents. Il aurait pu se contenter d’écrire son titre de Chevaucheuse, au lieu de faire le malin. Ça ne lui réussit jamais.

À son sourire un peu maladroit, il répond d’un rictus semblable, hésitant. Mais sincère. « Je dois te rendre ton manteau. Il est avec le reste de mes affaires, sur Mirage. On allait partir, mais… On doit retarder un peu notre départ. Et puis, j'ai cru lire sous tes lignes raturées que tu préférais boire une bière, plutôt que de me déterrer vivante, la prochaine fois qu’on se verrait. Alors, ça te dit ? Oh. Octavius fait mine de réfléchir, grattant sa barbe du bout des doigts. Il avait raturé cette partie de la lettre, se disant bien qu’ils ne se croiseraient pas avant un certain temps, mais puisque ça se présente… pourquoi pas ? C’est moins excitant que d’te déterrer, mais d’accord. » Le rictus devient moins emprunté et il entraîne Maelys dans une des rues transversales, sans avoir que derrière eux s’apprête à arriver un boulet de canon velu. « Je suis pas d’Lorgol, mais y’a une taverne, pas loin, qu’est bien… ça va te plaire. » C’est rempli de guerriers, de tous horizons et de tous les combats. De guerriers qui auront pour elle tout le respect du monde d’avoir gagné une Opale de Flammes. Sinon, ça lui fera plaisir de leur foutre quelques coups pour la bonne mesure. Histoire de mettre de l’ambiance à L’Estropié victorieux.

Un bruit de cavalcade et de griffes sur les pavés se fait entendre, de plus en plus proche, jusqu’à ce que débarque à toute allure, déboulant dans les jambes de la mage et la faisant presque tomber … un glouton. Surpris, Octavius recule d’un pas, fixant la bête avec une prudente curiosité. Pas n’importe quelle bête, notons-le. Justement celle dont il lui a parlé, dans sa lettre, s’empêchant de faire une blague référant à L’Incident. « C’est ton Familier ? » Bon sang de bestiole. Il avait brièvement vu le carcajou, lors de leur retour dans le temps présent, mais de proche… il n’avait pas réalisé à quel point c’est massif. Il doit être aussi lourd que Maelys. Pas le genre de bête qu’on se retrouve à câliner par accident non plus, vu le dentier que ça se colle. « Il… tu ?, t’appelles comment ? » En fait, c’est trop étrange de parler à un animal, mais ce serait idiot de demander à Maelys alors que clairement, un Familier peut se présenter seul.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Jeu 29 Déc - 16:37

J’ai l’air… Pas mal ? Ah oui, ma main. Je baisse le regard dessus, pas vraiment convaincue, surtout après l’atèle qu’on vient de me poser. Et à mon sourire hésitant, il me renvoie le même en miroir. C’est quoi, ça ? Et ce Oh… Je dois l’interpréter comment ? Comme si ma proposition demandait autant de réflexion… Il ne peut pas se contenter de me dire oui, non, ou merde ? Merde. Les filles se posent tellement de questions… Tu es un peu crispée, non ? Du tout. Tout va bien. Je ne vais certainement pas m’abaisser à leur répondre.

D’autant plus qu’il vient de dire d’accord. Enfin, moins excitant mais d’accord. Si tu veux, ma petite, je peux t’arranger un éboulement d’une tour… Ça me prendra moins d’une minute. Je lève les yeux au ciel. Boire une bière - sans effluves cielsombroises ou risques d’éboulis - me va très bien. Je m’engage à sa suite, alors qu’il décide du lieu, et parviens rapidement à m’intriguer.

- Ah oui ? Quel genre de taverne ?

Il n’a pas vraiment le temps de me répondre, car déjà Vesper nous rattrape, et se manifeste de la plus désagréable des façons. Comme toujours, dans mes pattes, pour s’assurer que je ne cherche pas à cavaler devant sans lui. Et il a l’air ravi, le carcajou, à voir ce grand guerrier reculer d’un pas à son approche, comme s’il reconnaissait sa dangerosité malgré sa petite taille. C’est ce même regard empli de curiosité qu’il lui renvoie, de ses yeux sombres et assez semblables aux miens. Tiens, ce n’était pas ce qu’il avait raturé dans sa lettre, maintenant que j’y repense ?

- Oui, c’est… Enfin, on s’est rencontré, dans le passé. Tu sais, le temple oublié avec le Sablier…

Inutile de lui cacher notre lien récent, vu qu’il m’a connu sans Familier. N’empêche que parler de Vesper me fait le même effet que si on me demandait des détails sur ma phobie des Vivenefs. Je suis mal à l’aise, et bien heureuse que le glouton prenne la parole à ma place. Il ne se formalise jamais, lui.

Vesper. Toi, c’est Octavius. C’est vrai, j’habitais dans ce temple, et viens de Sombreciel. Et toi ?
Je cille, un peu décontenancée. Il essaie vraiment de faire la discussion, ou dois-je m’attendre à un coup foireux ? Il le quitte un instant du regard pour se tourner vers moi, boule de poils fauve qui me darde ce regard équivoque. Quoi ? Bien sûr que je suis méfiante. Je ne sais pas encore à quoi m’attendre avec lui, et jusqu’à maintenant… Il a plutôt tendance à être un problème constant, même s’il a toujours été là en cas de coup dur. Je lui rends un grand sourire, et me retiens de lui tapoter la tête. Il serait bien capable de m'arracher mes doigts nouvellement repoussés, si je m'y risquais.

Je me retourne ensuite vers le guerrier. Vesper aurait pu amener son manteau, au moins, après l’avoir autant mordillé. Je l'aurais enroulé dedans pour le faire disparaître, et faire comme s'il n'était jamais venu nous interrompre.

- Et si on avançait, plutôt ?

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Ven 30 Déc - 19:15

Le carcajou arbore une expression… enfin, déjà, il arbore une expression, mais Octavius n’est pas entièrement convaincu que ce n’est pas que son imagination. Une expression, donc, curieuse ? Avec ces mêmes yeux sombres que ceux de Maelys, dans lesquels il sait, il l’a appris, peut reposer la même férocité. « Oui, c’est… Enfin, on s’est rencontré, dans le passé. Tu sais, le temple oublié avec le Sablier… » La mage semble gênée de parler de l’animal qui est supposé être une part de son âme, mais il n’est pas là pour la juger. Pas alors qu’il s’est toujours comporté avec Cobalt comme un étranger, jusqu’à ce que leur échec à s’apprivoiser devienne une tragédie.

Vesper. Toi, c’est Octavius. C’est vrai, j’habitais dans ce temple, et viens de Sombreciel. Et toi ? Trop. Trop. Trop. Étrange. Il a distinctement entendu la voix masculine du Familier dans son esprit, mais il a l’impression que ce n’est pas vrai. Qu’on lui joue un tour. Mais il faut croire que c’est vrai et que son… son amie ?, entend cette voix, en plus de celle de son dragon, tous les jours maintenant. Ça semble quand même moins perturbant que les sentiments des griffons. « Guerrier d’Ibélène. » Il a répondu à voix haute, dans un souffle un peu étouffé. Il y a longtemps qu’il n’a pas fait… fait ça avec sa tête. Outre au Tournoi des Trois Opales et ô, comme il a eu mal… « Et si on avançait, plutôt ? » Un hochement de tête. Bonne idée.
Ils reprennent leur route, le glouton trottinant à leurs côtés, tout collé contre les jambes de Maelys. Octavius lui jette quelques regards prudents, le gardant à l’œil. Il se rappelle de la question de la mage à propos de leur destination. Il serait temps qu’il y réponde, avant qu’ils y arrivent. Et si ça ne lui plaisait pas ? Si ce n’était pas assez… euh, propre ?, pour elle ? Quoiqu’il n’imagine pas Maelys prendre le thé dans un des salons de la Ville Haute qui puent les épices et le parfums à des lieues à la ronde. Non. Ce sera très bien. « C’est une taverne pas mal. L’Estropié victorieux, que ça s’appelle. Ce qu’est pas très loin de c’qu’on est, taquine le guerrier, bien qu’il ait toujours ce visage sérieux. Y’a quelques bonhommes. La bière est pas chère. » Et parfois il y a un peu de bagarre, mais il ne le dit pas. Ça lui fera la surprise.

L’endroit est annoncé par un mannequin de combat en mauvais état, sur lequel pend une pancarte clamant le nom de la taverne dans un arvennois approximatif, mais Octavius n’a pas suffisamment de notions d’écriture et de lecture pour corriger qui ou quoi que ce soit. Il pousse la porte et devant eux se profile, comme promis, le spectacle de tables occupées par une majorité d’hommes au cœur d’une pièce chaude. Quelques-uns en armure, d’autres affichant clairement le morceau manquant de leur anatomie. Tous tournant leur regard vers eux. Certains s’en désintéressent rapidement, d’autres prennent le temps de détailler le guerrier et la Chevaucheuse de la tête aux pieds. Une pie juchée sur un chapeau salue Vesper d’un trille. « Voilà. » L’Ibéen entraîne sa camarade jusqu’à une table libre, son bras se glissant autour de ses épaules, sans même qu’il note le geste, le réflexe. Il se penche pour lui dire à l’oreille : « Y’a pas beaucoup de dames qui viennent ici, y’en a pas trop dans la Guilde pis y’a plein d’Bellifériens qui croient qu’elles doivent pas boire avec eux. S’ils t’emmerdent, t’as l’droit de les taper. » Ça lui montrerait bien, à ces imbéciles qui les regardent encore. De loin, il fait signe au tavernier de leur emmener deux bières. « C’est pas aussi raffiné que c’que tu dois avoir à Edenia. » Il est un peu incertain. Oui, c’est sûr, il n’est pas le duc Denys, lui, il ne peut pas lui proposer des… des liqueurs de… de peu importe quelle fleur. Mais elle n’est pas avec lui en espérant qu’il soit comme le duc Denys. Ou oui ? Enfin. Si oui, elle sera déçue.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 15 Jan - 0:27

J'aurais du mal à expliquer ce sentiment étrange, presque oppressant, qui me prend aux tripes à les voir discuter tous les deux comme si de rien. Je me retiens de prendre Vesper contre moi, et de le faire disparaître dans le renfort de ma veste de Chevaucheuse... Déjà, parce qu'il serait bien trop gros pour une pareille manœuvre, et ensuite, parce qu'il risquerait fortement de se débattre et de protester. Il proteste toujours, après tout. Sauf que c'est une partie de mon âme, vraiment, et elle est bien visible celle-là. Avant, elle ne l'était pas.

Guerrier d'Ibélène ? Ça ne veut strictement rien dire.
Je fais les gros yeux à cette boule de poils fauve.
Tais-toi.
Il n'a pas voulu me répondre. Ce n'était pas une réponse.
Et alors ?
Ca ne te dérange pas s'il manque de sincérité ?
C'est vrai, ce qu'il a dit. Il n'a pas d'attaches.
As-tu pris le temps d'apprendre à le connaître ?
Je... On va justement boire une bière, et rattraper le temps perdu.
Voilà.
Voilà.


Je suis plus troublée que je ne voudrais bien l'admettre par les paroles de mon Familier, et tout au long du trajet, je lance des regards à la dérobade à Octavius. Ce n'est pas important, non ? D'où il vient. Ce qu'il fait. Ou encore qui sont ses amis. Non... On a combattu ensemble, à plusieurs reprises, et c'est une vérité plus éclatante que de simples paroles. Et... Il m'a sauvé la vie. J'ai sauvé la sienne aussi, peut-être. Les gestes sont plus importants. Comme en Sombreciel. Non, mauvais exemple. Alors, comme... Maintenant, alors que je sens son bras puissant qui entoure mes épaules, et son souffle sur ma peau quand il se penche vers moi pour me glisser quelques mots à l'oreille. Je viens strictement de ne rien écouter de ce qu'il vient de dire. « Quoi ? » Je lance un regard circulaire, à l'Estropié victorieux. De la bière, quelques bonhommes en effet. Beaucoup, en fait. Ils n'ont pas l'air très avenants, pour la plupart. De grands gaillards tout en muscles... Parfait. Je dois le prendre comment, qu'il sous-entendait que ce n'était pas très loin de ce qu'on est ? De ce que je suis, en tout cas ? J'espérais... Je ne sais pas. Bois une bière, ma petite, ou même deux ou trois, tu verras... Ca ira mieux ensuite.

Et il paraît moins assuré, d'un coup, le fier guerrier, à la simple mention de ma patrie d'accueil. Je n'ai pas fait le moindre commentaire pourtant, mais je suppose qu'une légère contrariété a dû se lire sur mon visage, surtout à en voir me détailler comme une anomalie dans le décor. Je me retourne vers lui pour le détromper, et envolée, subitement, cette pointe d'agacement. Je ne vois soudainement que lui, et une impression diffuse me prend par surprise, celle d'un souvenir pas s ancien. Il est beaucoup trop proche, et Mirage a raison. « J'ai besoin d'une bière. » Qu'il ne tarde pas à commander, mais qui prend un peu plus de temps à arriver. Je reste à l'affût, devant ces regards chargés d'animosité qu'une poignée darde sur moi, alors que les autres retournent tranquillement à leurs affaires, s'ils ont daigné lever la tête. Ce malaise-là tend à en occulter un autre. Je devrais lui dire de me lâcher. Je n'ai pas vraiment envie qu'il le fasse. Je devrais lui répondre quelque chose, tout de même. N'importe quoi. Ah, voilà la bière qui arrive et... Je rêve, ou ce gros bras vient de me piquer ma bière ? Et de... Cracher dedans, avant de la reposer en me lançant un regard équivoque. Sérieusement ? « T'es pas l'bienvenue, ici. » Mon sourire s'étire, mauvais. « J'ai le droit de les taper, s'ils m'emmerdent, c'est bien ça ? » Je frappe des deux mains sur le bois de la table, à me redresser bien trop vite. Ma magie pulse avant même que je ne réfléchisse, et la tête si vide de cet imbécile heurte durement la table, sous la pression d'une force invisible. Il tente de se redresser, en vain, alors que je maintiens ma magie. Ma force contre la sienne. Je m'avance pour m'emparer de ma bière et la déverser lentement sur sa tête, alors qu'il grogne comme un chien enragé, à me darder des regards haineux. Vesper a sauté sur la table, babines retroussées, a révélé une rangée de crocs d'une taille impressionnante. Au jeu de l'intimidation, je crois bien que c'est lui qui gagne. « Tu m'en dois une, mon gars. » Il hurle en représailles, comme un cri de ralliement, comme une trahison proférée : « Mage ! Ensorceleuse ! C'est de la magie de lévitation, crétin. Tu sais faire la différence ? » Je n'ai pas vraiment le temps d'en débattre avec lui, parce que déjà ses deux ou trois amis se lèvent de leur siège respectif pour venir lui prêter main-forte. Je me retourne vers Octavius, totalement dépassée, mais incapable de retenir cet éclat de rire qui me secoue. « C'est toujours comme ça ici ? Alors je pense que ça va me plaire, oui. »

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Lun 16 Jan - 18:47

Il ne l’a pas lâchée, la Maelys, et il ne s’en rend même pas compte. Il a l’instinct protecteur fort, surtout en ce genre d’endroit où lui-même aurait sourcillé à voir une femme entrer, alors qu’il était plus jeune. Les choses ont changé, heureusement, et pour tous ces misogynes de Bellifère, il fait figure de débauché et de dégénéré. De quoi le faire hurler de rire. Puis… puis, ce n’est pas désagréable, de la tenir comme ça, mais ce sentiment, il le chasse vite. Pour ne pas s’y attarder, pour ne pas y accorder d’importance.

Elle a besoin d’une bière et lui aussi, et elles arrivent heureusement bien vite. Octavius prend la sienne, mais avant qu’il puisse proposer à la Lagrane de trinquer à il ne sait même pas quoi, son regard clair et interloqué suit le mouvement d’un bras inconnu attrapant la boisson de sa camarade, uniquement pour qu’à la broue de la bière se mêle un… un crachat. « T'es pas l'bienvenue, ici. Le guerrier repose sa pinte sur la table, comprenant que la bagarre pressentie est sur le point d’arriver. J'ai le droit de les taper, s'ils m'emmerdent, c'est bien ça ? T’as tout compris. »
Maelys et lui se lèvent d’un même mouvement, et lui peut-être un peu poussé par la surprise de voir Vesper bondir sur la table. Même pas le temps de voir la mage user de ses pouvoirs sur le bagarreur, juste d’entendre sa tête cogner contre la table et le bruit de cascade de la bière coulant jusqu’au plancher. « Tu m'en dois une, mon gars. Mage ! Ensorceleuse ! Tu t’souviens qu’t’es à Lorgol, ou elle t’a tapé trop fort ?, soupire un Octavius exaspéré de cette… insulte ?, qui est plus un fait qu’autre chose. S’ils avaient été en Bellifère, ç’aurait été approprié, mais à Lorgol… Kern les garde de vraiment se battre contre des gens aussi crétins. C'est de la magie de lévitation, crétin. Tu sais faire la différence ? » … euf, lui ne pourrait pas trop, non, mais la question ne lui est pas adressée et est surtout… rhétorique, qu’il croit. La Chevaucheuse se retourne vers lui, son joli visage partagé entre l’incrédulité et l’amusement.  « C'est toujours comme ça ici ? Alors je pense que ça va me plaire, oui. Il hausse les épaules, le guerrier, et il rit. Il ne pensait pas que ce serait aussi rapide, mais à cheval donné, on ne regarde pas la bride, qu’il paraît. J’te l’avais dit. »

Les trois hommes se rapprochent d’eux rapidement et Octavius décide de laisser à Maelys le premier type qu’elle a attaqué, qu’ils règlent leur compte ensemble. Le poing fauche la mâchoire du premier luron, puis se déplie pour agripper le chandail et repousser plus loin le mécréant, qui se frappe dans son ami et revient ensuite à la charge. Ensuite, ce n’est que pluie de coups et d’esquives. Il se sent patiner dans la bière renversée, entre les tables et les chaises, se cogner contre la Lagrane, contre Vesper aussi, qui a bondi mordre un mollet ennemi. Il dévie une chaise qui tente de s’abattre sur la tête de sa partenaire, mais d’où ils amènent des chaises dans cette bagarre ?, mais avant qu’il puisse l’agripper et la renvoyer à son expéditeur, elle lévite et va d’elle-même s’écraser sur la tête d’un des mécréants.
Autant pour lui.
La bagarre est courte, efficace, et lorsqu’elle s’arrête, c’est parce que leurs adversaires sont à bout de souffle et dans un état… discutable. Lui se porte assez bien, en fait, il continuerait ! Un coup lui a fendu la lèvre, un autre lui a marbré la joue, des ongles mal coupés ont griffé ses bras, mais la douleur est minime. Ridicule. Rien pour l’arrêter, bon sang, il a continué de se battre dans le Colisée d’Hacheclair pratiquement nu, brisé, cassé, obsédé par l’idée de tuer. Ils croient vraiment que ça va les arrêter, Maelys et lui, quelques coups dans la gueule ? Il en rirait, oui !

Le comparse le plus en forme les regarde d’un œil méfiant, hargneux. Le guerrier et la Chevaucheuse, accompagnés d’un glouton belliqueux, les crocs toujours découverts. Le tavernier n’a même pas intervenu, pas une seule seconde, se contentant de couver la bagarre d’un visage neutre, en l’attente que celle-ci dégénère vraiment et devienne autre chose qu’une banale rixe de bar. L’homme se retourne vers lui et d’une voix contrite, demande : « Deux bières, pour l’guerrier pis sa mage. » Une salve de rires accueille ses mots et tous les curieux retournent à leurs conversations, comme s’il ne s’était absolument rien passé. Octavius tire sa chaise et s’y écrase avec un rire satisfait. Ils reposent désormais tous les trois dans une mare de bière, mais ça n’a absolument rien de rédhibitoire, alors que le tavernier arrive avec un plateau dans une main et une serpillière humide dans l’autre. Il est infiniment plus détendu, maintenant. « Tu t’es récupéré le seul guerrier d’Sombreciel, dis donc », qu’il rigole en coulant un regard vers Vesper, placé sur la dernière chaise à leur table en attendant que la bière soit ramassée. « Après ça, la bière est encore meilleure. Il lève sa pinte pour la frapper contre celle de la jeune femme. À la bagarre, Maelys. » Dans celle qui forge les liens et les amitiés, entre un guerrier et (sa ?) une mage.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 22 Jan - 19:07

J’ai bondi en avant, poussée par la perspective d’un combat imminent, et il est plaisant de voir que le guerrier en a fait de même, comme un écho. Je n’ai pourtant pas besoin de lui pour le maîtriser et lui faire payer son geste déplacé. Je suis même plutôt satisfaite qu’il me laisse faire, sans chercher à s’en mêler, enfin pas avant que les choses ne dégénèrent pour de bon.

J’ai visiblement face à moi une bande de bellifériens mal embouchés, qui n’ont décidément pas bien compris où ils se trouvaient. Octavius leur rappelle sans la moindre subtilité, et un léger rire me prend soudainement, lui épargnant l’éclat de ma colère. Les autres avancent sur nous bien rapidement, et je suis rapidement départagée. Je ne peux en maintenir qu’un seul avec ma magie, ce qui va me forcer à lui régler son cas un peu plus vite que prévu...

Un nouveau fracas se fait entendre, suivi d’un grognement mauvais, quand le colosse percute à nouveau le bois. « Il a la tête dure. » Je l’envoie ensuite en arrière, directement contre une poutre, avant qu’il ne percute le sol avec la même violence en ricochet. Le voilà sonné pour un moment, j’espère. Ils ont décidément des carrures bien trop imposantes pour que je me risque à continuer ce petit jeu, et j’adresse un sourire d’excuse au tavernier quand je déploie ma magie vers le mobilier. J’ai à peine le temps d’admirer les prouesses d’Octavius, dans la confusion de la mêlée. Je retiens une exclamation quand l’un d’eux, bien mauvais joueur, tente de s’approcher de Vesper... Qui bondit aussitôt hors de portée pour entailler un mollet de ses crocs. J’entends sa victime hurler de douleur et se mettre à boiter, alors qu’une sensation désagréable me parcourt. Je t’avais dit que je saurais me débrouiller. Autant pour moi, la petite bête vient encore de mettre en déroute la grosse. Je surprends une chaise, qui passe la garde du guerrier, et la renvoie aussitôt comme un projectile, avant de repousser une table pour les faire tomber, à la grande surprise des joueurs de cartes qui étaient encore sagement attablés. Ils se marrent plus qu’autre chose, eux, alors que les cartes volent en tout sens, et que les esprits échauffés commencent doucement à se calmer. « Z’êtes fous ! A vous battre contre les Opales d’Feu là ! » Au moins un qui a l’œil, et peut-être que cela les fait réfléchir à deux fois. Je suis un peu essoufflée, et mes côtes me lancent furieusement suite à un coup perdu. Vesper reste le poil hérissé, les crocs dévoilés à les détailler... Mais c’est Octavius qui a encaissé la majorité des coups. Pourtant, il a presque l’air d’en redemander, alors qu’ils se décident à battre en retraite. « Deux bières, pour l’guerrier pis sa mage. » Comment ça, sa mage ? Les rires me décontenancent, tout autant que sa réaction. « Oh... C’était une mise à l’épreuve, en quelques sortes, c’est ça ? » Je ris à mon tour, faisant écho aux leurs, à celui d’Octavius aussi, tandis que nous regagnons sagement nos places. Je me sens défoulée, presque heureuse... Et la bière coule à flots, dans tous les sens du terme !

J’ai un sourire amusé, quand le tavernier se fend d’un commentaire sur Vesper qui donne des ailes au glouton. Je le vois se redresser, à faire le fier, puis se risquer à boire dans ma bière... Sérieusement ? Il grimace un peu, mais en lape encore. « Guerrier, peut-être, mais t’es bien un Cielsombrois quand même. » Je lui subtilise pour trinquer avec le guerrier, un large sourire aux lèvres. « A la bagarre ! Et aux Opales de Feu ! » Je bois de longues gorgées, avant de la reposer sur la table, sans me départir de mon sourire. Je lui rends un coup d’œil appréciateur, alors que je songe qu’il en a tenu trois en respect, avec une participation toute relative de ma part. Spectaculaire, vraiment. « On fait une bonne équipe, non ? T'étais impressionnant. C’était mieux que la première fois, quand l’Homme-Vapeur en avait rien à faire de toi... Et que tu avais fini par te battre sans plus rien ! » J’en rigole un peu, avant de me rendre compte que je n’avais pas pu bien voir, moi. Trop d’explosions et de fumées, dommage. Enfin, non. Et je l’avais pas accusé d’être un branleur, aussi ? Il s’en était passé des choses depuis. « Tu veux qu’on demande de la glace ? Pour ta joue. » Je l’effleure doucement, du bout des doigts. « Ca va gonfler, sinon. » Je baisse le regard sur la lèvre fendue, avant de retirer ma main. J’ai l’impression que l’adrénaline ne redescend pas, là. Je détourne les yeux, pour observer un peu la salle. Ils se sont tous remis tranquillement à leurs activités, sans plus nous accorder un regard, comme si tout était redevenu normal. « Dis, Octavius... » Je me retourne vers lui, quelque peu intriguée. « Pourquoi ils ont dit... Enfin ils ont quand même pas cru que... Laisse tomber. Ce serait bizarre, surtout en venant ici. »

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 22 Jan - 21:31

Le commentaire fait son effet sur le glouton, qui se risque ensuite à laper la bière de sa mage, générant chez Octavius un rire amusé. « Guerrier, peut-être, mais t’es bien un Cielsombrois quand même. » En effet, pas moyen de nier ses origines, à celui-là. Bien tous pareils. « A la bagarre ! Et aux Opales de Feu ! » Les pintes s’entrechoquent et la généreuse rasade qu’il boit est aussi rafraîchissante qu’il s’y attendait. Le regard appréciateur de Maelys, il ne le remarque même pas, et lorsqu’il la regarde à nouveau, il ne voit que son enthousiasme, que son sourire. « On fait une bonne équipe, non ? T'étais impressionnant. C’était mieux que la première fois, quand l’Homme-Vapeur en avait rien à faire de toi... Et que tu avais fini par te battre sans plus rien ! Dis donc, t’en veux encore ? » Il est vraiment incapable d’être confortable, en société. Il ne peut empêcher le commentaire un peu amusé, un peu provocateur. Un peu plus de bataille ? Un peu plus de le voir nu ? Il la laisse décider, ou idéalement juste ne pas faire suite à ces mots qu’il aimerait ravaler aussi vite qu’il a pu les dire.
Faut vraiment qu’il apprenne à réfléchir, parfois, avant de parler. Surtout devant les femmes. C’est ça le problème, en fait.
Heureusement, la mage ne rebondit pas sur sa stupidité, qui a fait monter un peu de rouge sur son visage, se mêlant à celui des blessures. Juste un coup de pied sous la table, lui rappelant celui qu’elle lui a foutu dans les fausses mines d’Orsang. « Tu veux qu’on demande de la glace ? Pour ta joue. Ça va gonfler, sinon. » Le bout de ses doigts effleure sa joue, y créant une traînée de picotements. Un contact inhabituellement doux, léger, qui se termine bien vite. Leurs regards s’évitent, se fuient, soudainement surpris. « Ça va aller. » Puis, il y a une façon bien plus facile de faire ça, et il l’illustre en plaquant sa pinte contre sa joue, la fraîcheur de la bière atténuant la douleur piquante de la blessure. Ils sont dans une taverne de guerriers, c’est la seule façon acceptable de soigner ça.

« Dis, Octavius... Pourquoi ils ont dit... Enfin ils ont quand même pas cru que... Laisse tomber. Ce serait bizarre, surtout en venant ici. » Oh bien là, si elle commence à lui parler en devinettes, il ne pourra pas suivre. Son expression se fait intriguée. « Que quoi ? » Qu’est-ce que qui a dit quoi ? Octavius boit une autre gorgée de sa bière et réfléchit à ce que le tavernier, ou les autres hommes, ont dit, essayant de repérer ce qui a bien pu la troubler. Est-ce le truc qu’elle serait sa mage ? Qu’elle lui appartiendrait ? Cette supposition ne le surprend pas, mais ne le rebute pas non plus. « Que tu s’rais ma… à moi ? Sa mage. Sa… enfin, et tout ce que ça peut impliquer. Tout ce qui fait monter un peu de gêne en plus, bien qu’il s’efforce de chasser ce sentiment rapidement. Ça ne contribue pas à le calmer, à faire redescendre l’adrénaline qui refuse aussi de le quitter. C’des Bellifériens. C’est comme ça qu’ça fonctionne, pour eux. » Les femmes appartiennent aux hommes. À leur père, d’abord, à leurs frères, puis à un mari. Plusieurs ne peuvent même pas sortir seules, dépendant de l’homme qui les possède en question. Un peu maladroitement, il cherche à se défendre, à se dédouaner et s’éloigner de ces autres : « ’fin, j’sais que t’es pas… »… pas à lui.

Vite, changer de sujet.

Alors Octavius embraye sur autre chose que les femmes, revenant plutôt sur le sujet aisé et confortable de la bataille : « Mais c’est vrai qu’on fait une bonne équipe. Ton machin avec les lames, là, qu’tu faisais dans l’arène, t’as appris ça à Val-Dragon ? Quand elle les faisait voler pour les enfoncer dans l’Homme-Vapeur. Ou dans ses genoux, au choix. C’est quoi l’truc le plus lourd qu’tu peux faire… léviter ? » Elle a bien dit de la magie de lévitation, hein ? Il est sincèrement curieux, l’Ibéen qui voit pour la première fois l’opportunité de poser des questions à une vraie mage, sans que ce soit trop mal vu.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 22 Jan - 22:32

Quel idiot, vraiment. Il mérite bien ce coup de pied, glissé aussitôt sous le table comme un véritable réflexe. Là, il n’a pas son armure intégrale pour me poser problème, et je suis à la bonne hauteur. Il devrait se méfier que je ne commence pas à prendre le pli, et frapper en prévention qui plus est. Il m’exaspère, mais je retiens un sourire en agitant la tête. Je ne remarque même pas le rouge qui monte à ses joues, tellement il se mêle à merveille avec la marque qu’il a déjà bien visible au visage. Et le voilà qui applique déjà du froid dessus, en utilisant sa bière. Pas bête... Astuce de guerrier ? Ca l’aurait peut-être dérangé de montrer une faiblesse, ce que je peux comprendre. Il est plutôt à arborer fièrement ses blessures, non ? Un vrai de vrai. Je souffle un sourire, un rien amusée.

Je suis intriguée, par leur comportement, mais la question me paraît... Délicate ? Je la pose, mais de travers, et il ne comprend pas, bien entendu. J’hausse les épaules, à me dire que ce n’est pas bien grave, mais il déduit mieux mon trouble passager que je ne l’aurais cru. « Ouais. » A lui. Je ne sais pas vraiment ce que je viens de confirmer. L’idée est aussi plaisante que dérangeante. « Et tu m’appartiens en retour, ou pas ? Je veux dire, chez eux. » Je suis véritablement curieuse de ces coutumes qui me paraissent totalement en décalage avec ma réalité... Mais je me rends compte avec un temps de retardement ce que je viens de sous-entendre. Il se précipite pour rectifier le tir, et j’hoche la tête aussitôt. « Ah. Oui, oui bien sûr. » Je marque un court silence. Je ne suis pas à lui, non. Il n’est pas à moi non plus. « Et... Il faut enlever la fille en question pour ça, c’est bien ça ? T’as déjà fait un truc pareil ? » Et ça marche, dans l’autre sens ? C’est ridicule, comme question.

Heureusement qu’il change vite de sujet, finalement. Mon regard s’illumine aussitôt, quand il me pose ouvertement des questions sur ma magie. Tu ne sais pas dans quoi tu viens de t’engager, Octavius. « Mais tais-toi un peu, Vesper ! » Quel rabat-joie, celui-là. « Je sais pas vraiment. La magie, c’est comme un muscle, tu vois ? Il faut l’entraîner en permanence. Je veux dire... A mes débuts, j’étais déjà contente si j’arrivais à faire léviter une pierre, à force, j’ai réussi à faire léviter des personnes. Enfin, ça dépend qui... Toi, c’est très compliqué. T’es vraiment... Lourd. Dans le bon sens du terme, je veux dire... Plein de muscles. » Je m’embrouille. «  Un jour, j’arriverais à te faire léviter, et j’espère Mirage aussi. Il se moque, à chaque fois que j’essaie, parce que c’est impossible, mais l’important est de ne pas se fixer de limites, tu vois ? C’est juste tellement plus compliqué dès que tu essaies de faire léviter plusieurs choses à la fois, que tu divises ton attention... C’est comme regarder à droite et à gauche à la fois. Et pour ça... » Je sors mes deux lames du fourreau pour les planter dans le bois déjà bien entaillé de la table. La première d’abord, sertie de l’Opale de Feu à sa garde, qui pulse de runes magiques à la simple impulsion de ma magie. « Celle-là, c’est Eclat. C’est ma lame directrice, toujours celle que j’envoie en premier. Elle est enchantée... Ca permet de l’envoyer plus loin qu’un objet classique, et de mieux la diriger. » Puis la deuxième, à la garde dénuée. « Et celle-là c’est la secondaire, Spectre. Elle est reliée à l’autre, de par ses propres enchantements. Elle la suit, en miroir, si je ne divise pas mon attention. Donc c’est plus facile à contrôler, les deux à la fois, tu vois ? Les lames, et les pierres, j’ai moins de mal que le reste. Sauf que s’il y en a plusieurs, je dois faire davantage attention, et les erreurs arrivent plus fréquemment. Rien de grave, disons que l’objet peut tomber inanimé, parce que je serais occupée à en manipuler un autre, et ça m’épuise vite. Le pire ennemi du mage, c’est la fatigue. » Et tu reprends ton souffle, des fois ? Je lance un regard noir à Vesper, puis un peu plus penaud à Octavius. « C’est euh... Voilà. Oui, j’ai appris ça à Val-Dragon. » Je me mords la lèvre. « Et toi ? Tu as appris auprès de qui à te battre ? Et pourquoi ce nom... Le Rouge ? » Le glouton relève la tête, subitement intrigué. Finalement, il a de qui tenir.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 22 Jan - 23:45

Est-ce qu’il lui appartient, si elle lui appartient ?
Il préfère ne pas répondre, au risque de lui répondre uniquement par des bafouillements gênés et confus. Encore pire lorsqu’elle lui demande s’il a déjà enlevé une fille, ou une femme. La guerre, la bataille, c’est plus facile. C’est plus simple. C’est ce qu’il est, c’est ce qu’ils sont, et au terrain glissant, il préfère celui connu.

Tu ne sais pas dans quoi tu viens de t’engager, Octavius. Il rit un peu, se disant que Vesper exagère. Et force est de constater que… que non. Maelys se transforme subitement en moulin à paroles outreventois, lui balançant une foule d’informations sur lesquelles il doit intensément se concentrer pour être certain de tout entendre, de tout assimiler et ensuite de tout comprendre. Il n’est pas bavard, le guerrier, et ses camarades ne le sont pas non plus (et quant aux bêtises des filles des Plaisirs, il y a longtemps qu’il n’y porte qu’une attention limitée), alors cette cascade de mots a de quoi le déconcerter. Pourtant, il n’en est pas moins intéressé d’en apprendre plus sur les capacités magiques de sa camarade. Il regarde avec la même curiosité les deux lames, lorsqu’elle les plante sur la table, son œil se faisant appréciateur lorsqu’il aperçoit l’Opale de Feu.

Ça n’a rien de son apprentissage de Voltigeur, certainement, des heures mises à apprendre à sauter, pirouetter, à faire un avec son griffon et à lui faire confiance comme une extension de soi. C’est fascinant et il comprend mieux comment elle a pu manipuler toutes les lames, dans l’arène, ainsi que réussir à le propulser, malgré son poids. En muscles, comme elle a dit. Et faire léviter son dragon ! C’est un objectif très, très, très gros, mais il ne sait pas si c’est vraiment impossible, mais il aime bien sa philosophie de ne pas se mettre de limites.

Maelys lui plaît.

La réalisation le fige, un peu, alors qu’il se rend compte que des deux lames, son regard s’est fixé depuis trop longtemps sur la bouche pulpeuse de la Chevaucheuse. « Et toi ? Tu as appris auprès de qui à te battre ? Et pourquoi ce nom... Le Rouge ? » Ouh. Ça fait… ça fait deux questions, oui. Le guerrier replonge dans sa bière, délaissée pendant toutes les explications de la Lagrane, y puisant un peu de courage. « J’ai appris quand j’étais jeune. C’est la seule façon, quand t’es ni noble, ni bourgeois, de t’faire une place. Une place de guerrier, c’est bien tout ce à quoi il a aspiré, et c’est le respect qu’il a réussi à acquérir, malgré la chute. Avec les garçons du village pis mes oncles. Mon père ‘tait jamais là, et mes sœurs… ben, les femmes ont pas l’droit d’se battre. » Il se fait un peu gêné de lui dire cela, même si elle le sait. Même si lui a été bien plus misogyne que maintenant, lorsqu’il a croisé ses premières guerrières à Val-Griffon, puis au sein de la Guilde des Guerriers. Si Maelys l’avait connu avant qu’il travaille pour Bethsabée, elle n’aurait pas pu le différencier des autres crétins de cette taverne… et encore bien souvent, il s’en approchait, même si c’était nettement moins fréquent. « Pis après… ‘fin, après qu’j’ai quitté la voltige, j’me suis entraîné avec ceux qui voulaient bien. Facile, quand t’es un guerrier boiteux, de t’faire sous-estimer. » Il avait réappris à marcher, d’abord. Réappris à vivre, ensuite, avec en lui une blessure que rien ne pourrait jamais guérir. Il avait amplement mordu la poussière avant de pouvoir renvoyer les coups et de pouvoir aller au Tournoi des Trois Opales
« Pis le Rouge… » Ça lui rappelle Serenus. Leur première rencontre. Quand il lui a refait le portrait. Mais envers la mage, il n’est pas agressif comme il l’a été avec le guerrier, pour autant qu’il ne se méfie pas autant d’elle que de lui. « Mon père est mort juste avant que… Que Cobalt meure. Un geste de la main, comme s’il ne parlait de rien, mais sa main tremble un peu, alors qu’il aborde le sujet le plus sensible. J’voulais pas salir son nom plus que c’qu’j’avais fait. J’voulais tout laisser ça derrière. Et… » Il ne peut pas tout dire. Il n’a pas les mots, la poésie, pour dire qu’il est né du même sang dans lequel son griffon est mort. Alors sa voix s’étrangle un peu, s’éteint, son expression se fait timide. Et il revient, brusquement, aux femmes. Finalement, c’est ce sujet le moins intime. Le moins gênant.

« Pis sinon, j’ai jamais enlevé personne. » Le prince Hjalmar n’est pas de cet avis, notons-le, mais Octavius garde l’information soigneusement pour lui-même. A moins que ce soit parce que Lia ait choisi de partir avec lui, comme les Kyréennes qui se choisissent un foyer ? Oh, Maari et Levor réunis, il n’y a rien à comprendre, de toute façon. Les princes sont les princes et la noblesse a des voies bien trop mystérieuses pour le péquenaud qu’il est. « À moins qu’t’enlever sous les gradins compte pis que l’duc de Lagrance soit ta parentèle masculine. Parce que j’ai bien failli l’décapiter, quand t’étais à l’infirmerie. » Il grimace un peu. Oui, c’est lui qui avait envoyé l’infirmière chercher le duc, mais disons qu’il était un peu nerveux, à ce moment-là. « Pour t’appartenir, faudrait que tu m’choisisses. Comme en Valkyrion. Tiens, tu vois, on a d’jà mêlé nos sangs, p’t’être que t’es à moi, alors. » Non, finalement, il est juste infoutu d’avoir une conversation normale qui ne devienne pas affreusement malaisante à chaque deux mots parce qu’il est incapable d’avoir autre chose qu’une relation de compétition avec les hommes et… et il ne sait pas quoi, avec les femmes. Comment fait-il pour être aussi idiot, vraiment ? « J'm'excuse. J'suis vraiment d'la bouse, pour parler. » Et il prend une gorgée de bière pour oublier qu'il est maintenant rouge brique.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Lun 23 Jan - 10:42

C’est moi ou… Il vient de se défiler ? Le pleutre !
Je suis prête à rétorquer, insister davantage, mais il a trouvé bien malgré lui la meilleure parade à mes protestations. Je suis tellement heureuse de le voir m’écouter avec une attention redoublée, que je m’emballe peut-être un peu. Ce ne sont pas dans mes habitudes, de parler autant, et j’en dis certainement même un peu trop. Je me reprends, avec un temps de retard. « Je devrais pas te raconter tout ça, en fait… Je te donnerais presque des astuces pour me contrer. » Ce n’est pas grave, en soi. Je ne pense pas vraiment faire le poids contre le guerrier, à peine le ralentir, comme dans l’Arène et… Finalement, ce n’est pas plus mal de lui donner les cartes en main pour éviter que ça se reproduise. Il ne me ferait jamais de mal, non ? Il m’a toujours défendu, même. « Tu le gardes pour toi ? » Je crois qu’il est bien le seul à connaître tous ces détails, avec Thomas. C’est très bien ainsi.

Je l’écoute ensuite, à mon tour, quand il se risque à parler un peu de lui… Un exercice un peu difficile, de toute évidence. J’ai cette même expression curieuse et intriguée que Vesper, quand il commence à fouiner partout. « T’as que des sœurs ? Et ton père, il faisait quoi ? C’est toi qui devais t’en occuper ? » Je ne me suis jamais occupée autrement que de moi-même. J’étais la bouche de trop à nourrir… C’était le cas, pour lui aussi ? Ils préfèrent plutôt avoir des garçons, là-bas, non ? Les filles ne se battent pas. Elles ne sont là que pour, pour… Je secoue lentement la tête, sans faire le moindre commentaire. Franchement, je ne comprendrais jamais, surtout quand on sait que leur Champion au Tournoi était une… Championne !

Je ne lui fais pas l’affront de lui poser des questions sur ses années de Voltige. Je sais, de par nos cauchemars entremêlés, où se situent ses plus grandes craintes… Et elles volent aux côtés de ce griffon décédé, dont il m’a confié l’histoire à demi-mots, comme une prière muette alors que les éboulis menaçaient de me priver de mon dernier souffle de vie. Mon expression s’est fermée, l’espace d’un instant, quand ce tragique incident se mêle à un autre. Le Rouge, pour une histoire tâchée de sang. Je songe à Mirage, aux tourments que pourraient me causer sa perte, et mon cœur se serre davantage. Je voudrais lui dire à quel point je suis désolée, alors qu’il peine à trouver les mots… Mais rien ne me vient non plus, hormis ce simple geste, à poser ma main sur son poignet, quand je perçois un tremblement l’agiter. Pour l’arrêter, ou le réconforter… Je ne sais plus tellement.

Et puis, il change complètement de sujet, et me plonge dans la plus grande confusion. « …Quoi ? » Je lui rends un regard interloqué, avant de comprendre avec un temps de retard. Ah, les femmes. Je croyais qu’il voulait éviter de me répondre ? Et… Il n’a jamais enlevé personne ? Ça veut dire qu’il est célibataire, ça, non ? « Oh. » Sauf… Je sens le rouge me monter aux joues, quand il parle d’un probable enlèvement qui aurait déjà eu lieu. Mon enlèvement.

Avant que le rouge ne prenne une toute autre forme, quand il parle de… « Tu… Mon Duc ? Tu as failli décapiter mon Duc ? » Je me lève d’un bond de ma chaise, ma main crispée contre son poignet. « T’es pas sérieux, là. » Ça devait être un accident, Maelys. « Je m’en fous. Je te pulvérise, si tu t’en prends encore à lui, erreur ou pas. » Je suis sans appel, et le glouton me détaille avec un air circonspect, devant l’éclat de ma colère, que le guerrier perturbe néanmoins par ces… Comment ça, il faut que je le choisisse ? Je percute. Et on a mêlé notre sang… Sans doute, oui. Non. Non, non. Il ne va pas s’en sortir comme ça. « C’est pas ma parentèle masculine, ça serait trop bizarre. C’est moi qui dois le protéger, en plus, ça compte pas. Tu aurais plutôt dû appeler Tristan. Oui, mon Capitaine. C’est un puissant mage. » Voilà. J’hoche la tête, convaincue, et me redresse pour lui faire face, les bras croisées, une lueur de défi au fond du regard. « Mais Mirage n’était même pas là, et je crois pas que tu serais meilleur que lui. » Dans quelle histoire tu m’entraînes encore, ma petite ? « Puis, chez moi, c’est en Lagrance maintenant. Ça serait trop facile, sinon. Aucun mérite. » Je me rassois finalement, pour prendre de longues goulées de ma bière. Vesper me détaille en penchant la tête sur le côté, sans bien comprendre. T’es encore fâchée, ou pas ? « Je sais pas. » T’es bizarre. « C’est pas moi, qui raconte n’importe quoi. » Il s’excuse, pourtant. Je suis trop occupée à faire ma mauvaise tête pour lui concéder quoi que ce soit. « Et quoi, c’est de la bouse, ce que tu viens de me dire ? » Je le fixe, subitement.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Lun 23 Jan - 16:22

Autour d’eux, une bulle semble s’être formée. Ils ont beau être au cœur même d’une taverne, rien ne lui importe vraiment à part la Lagrane, qui écoute ses propres mots avec le même air curieux, presque religieux. Sa main sur son poignet est chaude et le geste, bien plus que les possibles mots vains de réconfort qu’elle aurait pu trouver, est apaisant. Agréable. Bien que pour pas très longtemps, grâce à l’habileté habituelle d’Octavius dans les interactions sociales.

« Tu… Mon Duc ? Tu as failli décapiter mon Duc ? Sa voix résonne en écho de celle de Vesper, sur la défensive. C’était un accident. » Il n’a rien d’autre à dire et ça ne calme pas du tout la Chevaucheuse, qui maintenant le menace tout à fait. Qu’elle se rassure, il n’est pas du genre à vouloir tuer des nobles, surtout que le duc de Lagrance a été très aimable avec lui, à ce moment et ensuite quand tout ce beau monde s’est retrouvé dans les souterrains de Lorgol.
L’éclat de colère se change, étrangement, en quelque chose… d’autre. Maelys lâche son poignet, pour ensuite lui faire tout un monologue à propos de qui serait vraiment sa parentèle masculine. Soit, pas son duc, mais le capitaine Tristan, qui serait un puissant mage. Ben voyons. Et… et Mirage ? Elle est sérieuse ? Non, il est pratiquement sûr que dans les règles non écrites de l’enlèvement belliférien, les dragons et les griffons ne comptent pas comme de la parentèle masculine à défaire. Bientôt, elle inclura Vesper dans le lot, sous prétexte qu’il est une partie de son âme.
« Puis, chez moi, c’est en Lagrance maintenant. Ça serait trop facile, sinon. Aucun mérite. »
Puis en plus, s’il voulait l’enlever pour vrai, ce serait en Lagrance, probablement au milieu d’une caserne de Chevaucheurs.
Bien. Bien bien bien.
Au moins maintenant, il connaît ses faiblesses, parce qu’il a l’impression que dans tous ces obstacles (mage, dragon, duché fleuri), c’est Maelys qui serait le plus grand.

Et même après s’être désaltérée, au moment où Octavius pensait l’ouragan terminé, elle continue : « Et quoi, c’est de la bouse, ce que tu viens de me dire ? Essaie pas de m’embrouiller. » Il est ferme, mais pas sec, levant une main pour faire cesser la jeune femme dans ce qui ressemble à une chasse aux sorcières. « J’suis nul pour m’exprimer. C’est tout. J’pense ce que j’dis. Je sais juste pas… le dire. » Aussi affreuse cette pensée soit-elle, parfois, il aimerait bien avoir la verve du verbe de Mayeul. Être capable d’énoncer clairement ce qu’il pense, déjà, ce ne serait pas mal. On ne lui a pas enseigné, à être éloquent, à manier les mots comme des armes. Il ne se fait pas d’illusions. Il sait bien que c’est exactement pour ces raisons qu’il ne pourra jamais viser serait-ce un poste de capitaine, au sein de la guilde. « J’te mens pas. Pis je t’ai jamais menti. »
Il pense vraiment qu’elle a de beaux yeux.
Ça ne le dérangerait pas qu’elle soit à lui.
Elle lui plaît. Bien.
Peut-être plus que juste comme une amie.

Le guerrier se penche vers elle et l'embrasse. Pas un bisou léger et délicat, comme celui qu’elle lui a donné par surprise en Sombreciel. Quelque chose de bien plus franc, plus brusque, plus emporté. Usant de cette adrénaline qui revient comme une vague, jamais partie. Les lèvres de Maelys sont chaudes et tendres sous les siennes, et il sursaute lorsqu’il sent sa main toucher sa joue. Il se recule, étonné de son audace. De lui-même. Il bafouille, dans un murmure : « Je... » Il a besoin d’air. Ça ne va pas. Pas du tout.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Mar 24 Jan - 21:04

Comment ça, j’essaie de l’embrouiller ? N’importe quoi.
Je vais pour rétorquer, mais déjà il lève une main pour m’intimer de m’arrêter là. J’affiche une moue renfrognée en réponse, parce qu’en plus de son geste, son ton ferme ne donne pas vraiment envie de le contredire. Je lui laisse le bénéfice du doute, alors qu’il essaie peut-être de mieux formuler... Non. Il s’exprime, pour me dire qu’il ne sait pas s’exprimer. Sérieusement ? Je lève les yeux au ciel, dépitée. Ses paroles parviennent tout de même à me détendre. Parce que c’est rassurant, de savoir qu’il ne profère aucun mensonge, même si je le savais déjà. C’est bien, de le dire.  « T’as qu’à faire les choses simples, merde. » Je lui darde un regard mauvais et... Et là, je n’ai pas la moindre idée de ce qui vient de se produire. Il est subitement très proche, et le souffle me manque. La surprise me fige presque tout à fait, alors que ses lèvres se posent sur les miennes.

C’est franc. C’est soudain. C’est... Vrai.
Je ne pensais pas qu’il me prendrait au mot, en disant de faire les choses simples. Je lui rends, avec un temps de retard, mais une ardeur égale à la sienne. Je me laisse transporter par l’instant, par son souffle chaud, et cette main qui m’effleure... Avant de s’échapper bien vite. Je reste interdite, tandis qu’il se recule, et stoppe ce qu’il avait commencé.

... Quoi ? « Je vais vraiment te défoncer. »
Il n’est pas sérieux, là. Il se met à bafouiller, à hésiter. Après... Après ce qu’il vient de faire. « Je te jure que je vais le faire, si tu te défiles maintenant. » Je suis énervée. Frustrée serait un terme plus correct. J’ai encore envie de le frapper, parce que c’est un crétin qui engage ses batailles pour battre retraite... Mais surtout, j’ai envie de l’embrasser à nouveau, et qu’il ne rompe pas les hostilités cette fois. Je me lève, au même moment où Vesper s’échappe sur le sol. Je ne compte pas le laisser s’en tirer à si bon compte. Je m’installe directement sur lui, pour reprendre là où nous nous étions arrêtés. Je l’embrasse à nouveau, alors que mes bras s’enroulent autour de son cou, et que mon corps se presse tout à fait contre le sien. Ma propre audace me surprend, alors que je réalise... Que je n’ai pas fait ça souvent, ces derniers temps. Que j’en avais très envie, avec lui.

Et c’est moi qui m’interrompe, quand j’entends des cris et des sifflements en fond, à me rappeler subitement où nous sommes. Je repose ma tête contre son épaule, sous les rires goguenards des occupants des tables avoisinantes.
« Sérieusement... »
Empêcheurs de tourner en rond, oui.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Mer 25 Jan - 6:49

« Je vais vraiment te défoncer. »
Ça y est.
Le moment où il va avoir la honte de sa vie parce qu’une femme va tenter de lui mettre une raclée dans un lieu public est arrivé.
Octavius est prêt à accueillir la colère de Maelys, qui ne semble pourtant pas si… pas si brûlante que ça. Enfin, elle est mage du Printemps, pas de l’Été, donc il suppose que ça limite un peu les choses, mais il la sait riche en idées lorsqu’il est temps d’exprimer la colère en question. Il l’a quand même embrassée sans lui demander. Même si c’est elle qui lui a expressément demandé de faire plus simple. « Je te jure que je vais le faire, si tu te défiles maintenant. » Il n’ose pas bouger d’un cil lorsque la Chevaucheuse se lève, décidée. Puis s’assit sur lui, directement, reprenant le baiser là où il s’est interrompu.

Un grondement appréciateur résonne dans sa poitrine, alors que la mage se colle contre lui. Il la serre avec force, toujours aussi intimidé de la sentir si menue sous ses mains, sous sa poigne, mais à ce sentiment se mêle cette fois une excitation nouvelle. L’anticipation agréable et grisante de l’envie, des  pensées fort attirantes d’avoir Maelys encore plus proche contre lui, sur lui, sous lui. Ce serait bien à son tour de protester, lorsque la jeune femme interrompt le baiser, au son des encouragements gras et des sifflements moqueurs. « Sérieusement... » À leurs voisins, Octavius adresse un signe grossier de la main, ce qui les fait encore plus rire. Lui aussi. Rire de la gêne de Maelys, de son exaspération. Il sent une chaleur diffuse au niveau de ses jambes et lorsqu’il se penche un peu sur le côté pour voir ce qui peut bien générer ça, c’est pour apercevoir Vesper pressé contre ses mollets. Il ne connaît pas les particularités des Familiers, à part qu’ils peuvent communiquer mentalement et qu’il ne faut pas les toucher sans permission de leur mage. Il ne sait pas que l’affection d’un Familier envers une personne autre que son mage est révélatrice. Que Vesper s’est abondamment roulé dans le manteau qu’il récupérera plus tard, en a mangé le col, y a fait sa marque, son territoire. À la façon de Maelys, assise sur lui, réclamant son dû et qu’il termine ce qu’il a commencé. Est-ce elle qui est sa mage, ou lui qui serait son guerrier ?

L’idée, encore, ne lui déplaît pas.
Les ossements de son père doivent bien se retourner dans le caveau familial, au simple fait que son fils unique considère séduisante l’idée d’appartenir à qui ou quoi que ce soit, et pire encore à une femme. Faë. Mage. Avec animal magique et dragon. Et une Opale de Flammes, incrustée dans une lame encore plantée dans la table.

Il parle doucement, pour ne pas être entendu, tout contre son oreille : « T’es pas trop pressée d’partir, j’espère. » Ils sont à peine l’après-midi. Et ses idées, à l’instant, l’amènent surtout à considérer l’enlever pour le reste de la journée et de la nuit, que ce soit pour une chambre à l’étage de L’Estropié victorieux, ou celle qu’il occupe à l’antenne de sa guilde. Pas à la laisser partir pour Lagrance, pas à la laisser filer alors qu’il a littéralement les mains dessus. « Te défiles pas. » Pas maintenant.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Jeu 26 Jan - 11:55

Je reste lovée contre lui, confortablement installée. Je les entends rire, suite au geste grossier que leur adresse Octavius en représailles. Je ris un peu aussi, à mon tour, comme pour chasser ce malaise naissant. Bien… Tout le monde est au courant, disons. Ce n’est pas plus mal, non ? J’ai envie de me cacher, pourtant, et me retourne plutôt vers le guerrier comme si cela pouvait m’éviter d’entendre leurs remarques grivoises et leurs éclats de rire gras. Au moins, je ne les vois plus. Mais en fait, ce n’est pas mieux pour retrouver une certaine contenance. Je bouge à peine, dans sa prise puissante. Je sens sa chaleur qui m’enveloppe, ses muscles qui se contractent sous moi dès qu’un rire passe ses… Lèvres. Je reste la tempe contre son épaule, pour qu’il ne perçoive pas immédiatement mon trouble, à s’attarder sur ses camarades de beuverie plutôt. Mais je suis bien là. J’aime sa force tranquille, ce qui se dégage de lui.

Comment il disait, déjà ? Il faut le… Choisir, en Valkyrion ? Je le choirais bien, le guerrier estropié à l’Opale de Feu. Octavius.
L’idée ne me déplaît pas.

Il m’extirpe de mes pensées, quand il se penche vers moi pour me parler tout contre mon oreille. Je frissonne, sous son souffle chaud, et me redresse quelque peu. Partir… ? Je devais rentrer en Lagrance, oui. Et… Et quand pourrais-je le revoir, au juste ? Les permissions vont se faire rares, vu la situation actuelle, et ils vont exiger d’avoir toutes leurs forces vives. J’ai une moue contrite. J’aimerais bien être moins proche de la fin de ma convalescence, subitement. « J’ai une semaine de repos supplémentaire, à cause de… » Des événements en Sombreciel, oui. Evocateurs. « J’attends la réponse de mon Capitaine, mais je suppose qu’il ne verra pas d’inconvénients à ce que je la passe à Lorgol. J’habite… Dans la Ville-Basse, tu sais. » J’habitais, en vérité. J’ai une moue contrite. Une semaine, c’est malheureusement tout ce que je peux concéder. Je n’ai plus envie de partir, en laissant encore quelqu’un derrière moi, sans savoir s’il me sera possible de le revoir. J’appréhende davantage encore, maintenant que nous nous sommes expliqués avec Mélodie. La guerre gronde, au dehors… Combien de temps, avant qu’on ne soit pris dans la tourmente ? Nous sommes des guerriers. Je ne lui demanderais pas de résister à l’appel des batailles à venir, d’être autrement que lui-même. Difficile, pourtant, de faire taire cette peur sourde que tout peut basculer.

Je m’accroche au tissu de son vêtement, alors que je sens Vesper qui s’est enroulé autour de lui, presque possessif. « Je suis pas pressée de partir, non. » Je fronce les sourcils, devant ce semblant de provocation. Me défiler ? C’est ça. C’est lui qui… « C’est pas mon genre. » J’hésite. « C’est juste… Je sais pas ce qu’il va se passer après. » Après, quoi ? Cette semaine de repos ? Ce sera difficile de se revoir. C’est important, là, maintenant ? Non. Je ne sais pas. Et après… Quand on sera ce soir ? Je m’empourpre, subitement. C’était ça, la vraie question, non ? Je pense à son corps juste contre le mien, à ses mains puissantes refermées sur moi… Là. Non, c’est loin de m’aider, en fait. Je pose une main contre son torse, pour me redresser. « J’ai besoin d’une autre bière. » Je vais suivre les bons conseils de Mirage, oui, et éviter de me prendre la tête.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Ven 27 Jan - 2:26

La moue contrite de Maelys lui semble ridiculement mignonne. « J’ai une semaine de repos supplémentaire, à cause de… » Oui, il comprend très bien, et il hoche un peu la tête. La Caravane elle-même ne repartira pas immédiatement, plusieurs des filles ayant besoin d’être calmées suite aux événements du Festival du Seuil et les roulottes réparées, ayant subi des dommages. « J’attends la réponse de mon Capitaine, mais je suppose qu’il ne verra pas d’inconvénients à ce que je la passe à Lorgol. J’habite… Dans la Ville-Basse, tu sais. » Le guerrier hausse les épaules, peu préoccupé à l’idée que Maelys vienne de la ville basse de Lorgol. Il est lui-même un bouseux pas piqué des vers, il serait idiot de se moquer de ça. Puis, faut croire que y’a pas que des criminels, dans les rues de la Ville Basse, y’a parfois quelques gens bien…

Une semaine. C’est très bien. C’est plus que ce qu’il espérait. Une semaine. C’est long et court à la fois à ses yeux, mais il se promet de profiter autant que possible de ce temps. Si elle ne veut pas aller dans la Ville Basse, elle pourra toujours venir à la tour de la Guilde des Guerriers… oh, il sent qu’il en fera des jaloux. Son expression est satisfaite, à cette idée, et il s’accroche autant à Maelys qu’elle le fait à lui. Qu’elle ne lui échappe pas. « Je suis pas pressée de partir, non. C’est pas mon genre. C’est juste… Je sais pas ce qu’il va se passer après. »

Après.
Long et court à la fois, comme il pensait. Oh, comme il comprend son hésitation, alors qu’il se retrouve aussi confronté pour la première fois depuis… depuis bien longtemps, au fait d’avoir quelqu’un à laisser derrière. À attendre.

« J’ai besoin d’une autre bière. » Octavius retient Maelys avant qu’il lui prenne l’idée d’aller la commander elle-même et donc d’aller ailleurs que sur lui. « Te lève pas. Ce s’rait gênant. » Collée comme ça contre lui, elle doit bien deviner et même sentir ce dont il parle, avec un demi-sourire canaille. Il fait plutôt signe au tavernier de leur apporter deux autres bières et fait ensuite une suggestion, sur un coup de tête bien inspiré : « J’pourrais aller en Lagrance, quand j’aurai fini mon contrat avec la Caravane. » Octavius dans le duché des fleurs. Juste y penser, c’est risible, mais il ne se voit pas demander à Maelys de laisser Lagrance et ses responsabilités, alors qu’il est nettement plus mobile. À la fin de son contrat, il lui suffirait de trouver quelque chose en Faërie et… et c’est tout. Il a un petit pincement au cœur, à l’idée de quitter Bethsabée et les autres. Peut-être que la maîtresse de la Caravane aurait une idée pour lui ?
Ça voudrait dire qu’il devrait lui en parler. Qu’il veut partir. Pour une femme.
Les bières arrivent rapidement et le guerrier consent à lâcher d’une main la mage, afin de lui donner sa pinte, puis de prendre la sienne. « T’en penses quoi ? » Faudrait pas non plus qu’il se retrouve à Edenia pour ensuite se faire bouder par la personne qu’il est venu y rejoindre.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 29 Jan - 1:09

Sa réaction ne devrait même pas m’étonner, en fait. Il hausse les épaules, visiblement peu affecté... Bien. Je suppose que de me savoir mage, et Chevaucheuse par-dessus le marché, avec un glouton maintenant un peu trop fusionnel... Ce n’est en fait rien du tout à côté, pour le fier guerrier. J’ai un sourire, pourtant, si peu habituée à ce qu’on le prenne d’une telle manière. J’en ai fait grincer des dents, quand Mirage m’a choisi, et que nous avons tout deux rejoints l’escadron des Chevaucheurs. S’il savait à quel point il a fallu me battre pour me faire une place... Je crois, qu’au fond, il le sait. C’est ce qu’il a dû faire aussi.

Et il a cette expression satisfaite, quand je lui annonce rester une semaine de plus. C’est... Il est content que je reste un peu plus longtemps que prévu, non ? Je crois bien que oui, à sentir sa prise puissante, dans laquelle je me love avec un plaisir non dissimulé.

Le sien non plus, d’ailleurs, n’est pas très dissimulé. Je le regarde avec une lueur d’incompréhension au fond des yeux, quand il me retient, avec quelques propos forts énigmatiques... Qui ne le sont pas tellement en vérité. « Oh. » Le rouge me monte doucement aux joues, alors que je réalise ce dont il veut parler, et ce sur quoi je ne m’étais pas vraiment attardée avant qu’il en parle. Je repousse sa tête d’une main, comme si je pouvais chasser ce sourire goguenard de son visage en évitant de le regarder trop longtemps. « Non, mais... Tu... Et comment tu veux que j’arrête d’y penser maintenant ?! » Ca l’amuse tiens. Il m’énerve. On a un peu toute l’après-midi à tirer, il va bien finir par se... Se calmer un peu. Se détendre.

Je bougonne un peu, quand il me prend encore à contre-pied. Je lève le regard vers lui, un peu ahurie. A... Aller en Lagrance ? « T’es sérieux ? » C’est... Un peu rapide, non ? En même temps, vu la situation actuelle, quand aurons-nous l’occasion de se revoir ? Pas de si tôt, et la guerre gronde. Ca serait bien que vous soyez dans le même camp, si la situation dégénère, que vous vous retrouviez pas à vous entretuer. Des paroles très inspirées, du glouton blotti aux pieds d’Octavius, qui nous observe de ses yeux noirs étrangement calmes et bienveillants. « Quand ? Je veux dire, que ton contrat se finit... J’étais persuadée que tu resterais avec la Caravane, pour encore un bon moment mais... C’est bien. » Lui, en Lagrance ? Misère... Il va tout le temps te déconcentrer, ma petite. Tu peux parler, toi et ton Obsession. Et vous êtes obligés d'écouter tous les deux ? C'est une conversation privée. Pri-vée. C’est lui, le lâcheur, en premier. Tout ça parce que je ne peux pas voler, il ne prend même plus la peine de se rendre disponible. « T’es sûr de vouloir les laisser ? C’est encore un peu tôt et... Je comprendrais, tu sais. Je voudrais pas que tu sois malheureux en Lagrance, ça va te changer, assez radicalement même. » Je suis presque sidérée, à le voir s’engager aussi vite, prêt à rompre son contrat de longue date avec la Caravane, juste pour moi, pour me suivre en Lagrance... J’aurais bien été incapable de tout plaquer pour lui, si vite, en si peu de temps, alors que c’est tout nouveau, que je réalise à peine et... Du calme. Oui, oui. Tu seras contente de l’avoir auprès de toi, non ? Sans aucun doute. « Au moins, j’aurais moins l’impression d’être la seule à détonner dans le décor. » Je lâche un bref rire, un rien nerveux, bien heureuse de voir les bières arriver pour prendre de longues gorgées de la mienne. Je crois qu’il m’en faudra encore une de plus, quand j’aurais fini celle-là, pour tout faire passer.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 29 Jan - 10:58

Après la moue mignonne moue contrite, celle à la fois gênée et énervée. Son petit « Oh » éloquent, amusant, qui n’a rien fait pour faire disparaître le sourire du guerrier, qu’elle le repousse avec si peu de conviction ou pas. Et veut-il qu’elle arrête d’y penser ? Absolument pas, non. En fait, plus elle y pensera, mieux ce sera.

Sa bougonnerie disparaît rapidement, à sa proposition de la rejoindre en Lagrance. « T’es sérieux ? » Un signe de tête positif. Tout à fait sérieux, malgré le manque total de réflexion initiale quant à cette proposition, qui n’est finalement ni bête, ni déplacée. Il s’améliore, en fait. « Quand ? Je veux dire, que ton contrat se finit... J’étais persuadée que tu resterais avec la Caravane, pour encore un bon moment mais... C’est bien. C’est bien. Elle pense que c’est bien. C’est bien, car lui aussi pense que ce serait bien. J’suis engagé jusqu’à Imbolc. » Uniquement quelques mois à la fois, quelques fêtes à la fois. Le va-et-vient au sein de la Caravane est constant et ménestrels comme mages et comme guerriers varient souvent, chacun à la conquête d’aventure. La règle lui a toujours convenu et aujourd’hui, la liberté qu’elle lui procure lui convient encore plus. « T’es sûr de vouloir les laisser ? C’est encore un peu tôt et... Je comprendrais, tu sais. Je voudrais pas que tu sois malheureux en Lagrance, ça va te changer, assez radicalement même. » Sans blague.
Il n’est pas sûr du tout, non. C’est tôt, oui. Mais ça ne lui semble pas vraiment important, en ce moment, alors qu’une voie complètement inattendue se dessine devant lui.
« Au moins, j’aurais moins l’impression d’être la seule à détonner dans le décor. Trop gentille », est sa réponse, assortie d’un roulement d’yeux. Ça, il s’y attend déjà, à détonner dans le décor. Pas besoin de le souligner. Il ne sait même pas s’il réussira à trouver un contrat convenable en Lagrance et encore moins si on voudra bien de lui, mais Octavius sait d’ores et déjà que s’il ne trouve rien… il sera déçu. Constat déstabilisant. Lorsque Maelys termine d’un peu se noyer dans sa bière, il l’embrasse à nouveau, et se promet de ne pas la laisser se rendre à la troisième bière. À la grosseur qu’elle fait versus celle des pintes servies par la taverne, elle ne fait clairement pas le poids, et bien que les Lagrans se réclament d’être de sacrés buveurs… il n’est absolument pas convaincu, non.

Le baiser se rompt, dans son emportement, alors qu’il en oubliait leur conversation. Octavius se fait sage, toujours muni de ce flegme qu’il n’a définitivement pas hérité du côté belliférien de son éducation : « Si on n’essaie pas, on saura pas, pis c’est pas en parcourant l’continent que j’vais passer du temps avec toi, Maelys. Pis t’as… t’as ta caserne, et Tristan le puissant mage, et des responsabilités. J’vais pas t’empêcher de chevaucher, alors qu’il suffit que j’me déplace. » Elle voulait de la simplicité ? En voilà, de la simplicité.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Dim 29 Jan - 13:34

Il est sérieux, oui. Après ses pitreries, j’étais tout de même en droit d’en douter.
Imbolc. Une fête ? Où déjà ? J’essaie de visualiser, de calculer le temps que ça ferait... Exercice difficile, quand on traverse en si peu de temps toute une partie du continent à dos de dragon. Je finis par lâcher, sur un ton équivoque, mettant fin à mes réflexions : « Oui mais c'est quand ? » Je m’agace. Je veux une date, précise. Je veux savoir combien de temps il me faudra me passer de lui, avant d’espérer le revoir. C’est idiot, de craindre que ça arrive, et de l’espérer ardemment en même temps.

Je le surprends à rouler des yeux, devant ma remarque peut-être un peu mesquine. Je lui souris en retour, même si je doute réellement qu’il arrivera à s’habituer... « Au pire, je pourrais toujours me faire muter ailleurs, si ça ne va pas. » Mon sourire s’étire, malicieux. « En Cibella, par exemple. » Je lâche un rire franc, à la simple pensée de le mettre en quatre, obligé d’inverser les positions. Je me radoucis un peu, de peur de le faire fuir aussi vite. « Mais Lagrance, c’est bien, tu verras. Ils sont plus tolérants qu’ailleurs... Ils ont bien fini par accepter une Chevaucheuse Lorgolienne. » Plus ou moins, disons. J’ai encore quelques problèmes, mais qui sont maintenant plus souvent imputables à de la jalousie qu’autre chose... Parce que je suis dans les grâces du Duc et du nouvel Empereur. Parfois, ça paie, de ne pas simplement suivre le courant, et de dénoter dans le décor finalement. « Et tu as la gratitude de mon Duc, aussi. C'est pas rien. »

Je crois que l’idée fait doucement son chemin dans mon esprit, quand il m’embrasse à nouveau, un peu par surprise. J’étouffe un son contre ses lèvres. Mon cœur bondit dans ma poitrine, et une pensée fugace me traverse. J’aurais du mal à m’y habituer, à ça, et surtout à m’en passer. Je peine à retrouver la table, de ma main libre, pour poser ma bière sans m’interrompre.

Je me demande vraiment comment il fait, pour reprendre le fil de notre conversation comme si de rien n’était, comme s’il venait de ne rien se passer. J’ai un peu plus de mal à ordonner mes pensées. « Oui, sans doute. » Je crois qu’il a surpris mon trouble, au-delà des mots. Je m’en excuserais presque, mais... J’enroule plutôt mes bras autour de son cou, pour me presser à nouveau contre lui. Je ne voudrais pas qu’il croit que je n’ai pas envie de le voir, simplement parce que l’avenir m’inquiète. J'ai tellement de chance, de l'avoir, qu'il veuille me suivre en Lagrance même, ce serait bête de tout gâcher parce que je me défilerais. « Tarde pas trop, alors. Qu’ils risquent pas de fermer les frontières, ou je sais quoi. La situation devient tendue. » Je relève le regard vers lui, avec un sourire mutin. « Et t’as pas digéré le fait que je te dise qu’il est puissant ? »  

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Ven 3 Fév - 5:42

« Oui mais c'est quand ? », s’agace la jeune femme, à son grandement amusement. Imbolc, ce n’est pas assez précis ? Quoiqu’elle ne doit pas savoir, en fait, petite Faë Bassoise qu’elle est. Alors, jamais à court de patience, Octavius lui détaille dates et itinéraire de la Caravane des Plaisirs, pour la majeure partie de la saison froide. Parce qu’il est hors de questions qu’ils passent tous l’hiver à geler à Lorgol, dans la morosité d’une possible guerre, Bethsabée l’a bien dit. « Début février. En Erebor, dans l'coin d'Chamaar et d'Vivedune. On part pour tout janvier pis presque tout décembre. D’là, on va à Ibelin, pis j’m’arrangerai pour menacer l'seul mage des portails qu’il va y rester pour qu’il m’retourne à Lorgol. Donc… mi-février, mars sinon, j’serais tout à toi. » Ses yeux brillent, à cette idée, même s’il sait qu’ils auront tout de même tous deux leur travail, leurs responsabilités. Au moins, ils seront dans le même duché, et avec un peu d’espoir, dans la même ville.

Ses petites piques au sujet de Cibella ont le don de le rendre soupçonneux, par contre. Lagrance, c’est bien sa limite. Cibella, il en serait incapable. Et qu’il ne lui vienne pas à l’idée de demander une mutation ! Ce serait un bien mauvais tour, auquel il ne peut même pas protester. Elle est plus rapide que lui, pour se radoucir, le rassurer à propos de sa terre d’accueil. Il est bien obligé de lui faire confiance, à ce sujet. « Et tu as la gratitude de mon Duc, aussi. C'est pas rien. Alors vive le duc Denys. » S’il savait que son invitation à venir à Lagrance allait être prise au mot, ha !

Octavius repose également sa bière sur la table, serrant encore plus étroitement la mage contre lui. Il sait qu’elle ne se défilera pas. « Tarde pas trop, alors. Qu’ils risquent pas de fermer les frontières, ou je sais quoi. La situation devient tendue. » Bien trop vrai. Il soupire contre son cou, dont il mordille ensuite légèrement la chair, profitant de la peau découverte, de l’effet de surprise. De l’envie de découvrir tout le reste. Elle, elle prétend ne rien avoir vu, au Tournoi des Trois Opales, mais il met un honnête doute sur cette déclaration. Lui, par contre, a tout à découvrir. « Et t’as pas digéré le fait que je te dise qu’il est puissant ? J’me demande surtout si tu sais c’est quoi, quelqu’un d’puissant », qu’il l’embête en retour, répondant à son air mutin avec un sourire arrogant. C’est un mage puissant, mais apparemment pas assez pour combattre dans l’arène d’Hacheclair, n’est-ce pas ? Il ne peut pas savoir que la participation de Maelys était un peu une punition, un peu un ultimatum aussi. L’honneur qu’il lui a été accordé, Octavius croit qu’il a été le même pour tous les autres champions, et ne peut absolument pas concevoir qu’on puisse envoyer quelqu’un participer à ce tournoi pour d’autres raisons que la victoire. Puis… si ça avait été ce fameux Tristan, le champion de Lagrance, il n’aurait pas rencontré Maelys. Tout puissant soit-il, il ne peut rien contre le Destin. « Y'est p't'être temps qu'tu l'apprennes. »

Ses larges mains caressent ses cuisses, glissent jusqu’à la chute de ses reins, et l’arrogance redevient désir, le sourire redevient baiser. Il a la même pensée qu’elle : lui aussi, de ça, il aura du mal à s’en passer. Il ne la laissera pas finir sa deuxième bière, finalement, et n'attendra pas non plus que l'après-midi passe. Ils auront bien tout le temps après pour parler et s’embêter. Ils ont une semaine. Trop et pas assez à la fois, mais définitivement mieux que rien. « On commence la s’maine maintenant ? », qu’il chuchote dans une inspiration. Il la veut maintenant, sa mage.

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Message Sujet: Re: A la croisée des chemins   Mar 7 Fév - 10:52

Je me rends rapidement compte qu’il a beaucoup voyagé, le guerrier, certainement plus que moi qui survole pourtant les cieux… Ibélène reste toujours un mystère à mes yeux, que je n’ai fait qu’entrevoir durant le Tournoi d’Hacheclair. Car oui, autant le dire, il ne faisait pas bon de se promener dans les ruelles de la capitale de Bellifère, en étant Faë, mage, et femme de surcroît. Alors je l’écoute, religieusement même, tandis qu’il me décrit son parcours à venir dans ces contrées si lointaines et inconnues… Mais mon expression curieuse se transforme bien vite en grimace, alors que je calcule mentalement le temps que cela va représenter. Quatre… Cinq mois ? La patience ne fait pas vraiment partie de mes qualités.

Je lui parle de ma terre d’accueil, en retour. Ce n’est qu’un bref aperçu, il se fera de lui-même une idée... Il a beau avoir énormément voyagé, on dirait qu’il ne s’est jamais trop attardé en Lagrance. En même temps, Octavius dans le Duché des Fleurs… L’envie me prend de le taquiner à nouveau à ce sujet, mais je craindrais de le faire fuir à force, et c’est bien la dernière chose que je voudrais. Alors je me fends d’un simple sourire, quand il trinque au nom de mon Duc, avant de délaisser sa bière pour… Pour avoir les mains libres, visiblement. Sentir ses dents contre mon cou me fait sursauter, je gronde bassement en représailles, comme aurait pu le faire Vesper à ma place… Avant qu’il ne se change en un son bien plus appréciateur, quand ses caresses m’arrachent un frisson de plaisir qui me remonte tout le long de la colonne vertébrale. Je lâche dans un souffle, avant que nos lèvres ne se retrouvent : « Frimeur. » J’en ris doucement, entre deux attentions, sans avouer que ses paroles pleines d’audace avivent davantage mon intérêt. J’ai envie de lui, maintenant. Et non, décidément la patience n’est pas mon fort, alors que ses mains puissantes à mon dos, sur mes cuisses, ne font que nourrir mon empressement. Je l’embrasse encore, mon corps se pressant contre le sien, une de mes mains agrippées à son vêtement que j’aimerais bien arracher là, de suite. Mon souffle est erratique, quand sa proposition filtre, comme une promesse. Je souris en retour, avec cet air provocateur, de défi. « Tu te penses à la hauteur ? » Qu’il vienne me l’apprendre, ce qu’est la puissance.

Vesper se redresse, à s’étire avec ravir, ses griffes raclant le sol. L’instant d’après, il est déjà parti dans l’escalier, à monter à l’étage comme une invitation muette. Tant pis pour la bière, elle ne m’inspirait plus de toute façon. Je récupère les deux lames encore fichées dans le bois, qui regagnent leur fourreau dans un chant métallique. Mes mains remontent ensuite lentement le long de ses bras, en appréciant le contour de ses muscles saillants, avant de s’enrouler autour de sa nuque. Je lui rends un sourire mutin, et mordille ses lèvres sans plus m’en emparer, soufflant dans le même murmure : « Oui, montre-moi maintenant. » Une semaine, long et court à la fois. Nous aurons tout le temps de discuter plus tard, qu’importe si la nuit sera noire alors, et le soleil haut dans l’immédiat. Je le veux maintenant, mon guerrier.

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