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 La main dans le sac

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La Noblesse
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La Noblesse
Message Sujet: La main dans le sac   Mar 27 Déc - 19:46


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Castiel de Sombreflamme & Mélodie Douxvelours

La main dans le sac

Ou quand bien pris qui croyait prendre



• Date : Le 18 novembre 1001
• Météo : Froide, mais ensoleillée.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Ni gardée magiquement, ni très occupée, la tour de Sombreflamme n'en reste pas moins un défi à la hauteur d'une Voleuse, qui peut bien s'amuser à grimper sa façade penchée. Sans se douter qu'une surprise attend la fin de son escalade.
• Recensement :
Code:
• [b]18 novembre 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1611-la-main-dans-le-sac]La main dans le sac[/url] - [i]Castiel de Sombreflamme & Mélodie Douxvelours[/i]
Ni gardée magiquement, ni très occupée, la tour de Sombreflamme n'en reste pas moins un défi à la hauteur d'une Voleuse, qui peut bien s'amuser à grimper sa façade penchée. Sans se douter qu'une surprise attend la fin de son escalade.


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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Mar 27 Déc - 21:18

C’est un bruit ténu à l’étage qui a alarmé Césaire. Un bruit provenant de la chambre du duc de Sombreciel, alors qu’il sait bien que celui-ci est isolé dans l’observatoire tout en haut de la tour. Il ne sait pas ce qui a changé l’humeur du duc, entre la nuit et le matin, mais celui-ci est survolté et si joyeux qu’il en est désagréable. Irritant. Le genre d’humeur qui, il le sait, peut rapidement changer du tout au tout sans prévenir. L’Espion a pensé que le bruit pouvait être imputable au chat de Castiel, mais le dédaigneux animal est habituellement aux côtés de son maître.

Mystère, mystère, dont il craint l’issue.

À pas de loups, le majordome monte les escaliers et entre dans la chambre ducale, uniquement pour se retrouver avec une jeune femme inconnue sous le nez. Inconnue et n’ayant rien à faire dans cette tour. Aussitôt, Césaire referme la porte derrière lui et son expression impassible se fait celle de l’inquiétude… un brin exaspérée. Il effectue le Signe, discrètement, et lorsqu'elle l'esquisse en réponse, il pousse un soupir. Ces damnés Voleurs, par Isil ! Ils n’ont vraiment aucun sens de l’opportunité. « Vous devez sortir », murmure le vieil homme en empoignant le bras de la brune, pour la ramener jusqu’à la fenêtre, par laquelle elle est probablement entrée. De tous ces jours où la tour est vacante, à peine occupée par quelques domestiques cantonnés à leurs appartements, elle a choisi un temps où le duc est là. Heureusement qu’il est tombé sur elle avant Castiel… « Le duc est présent. La prochaine fois, demandez à la Cour… » Sa voix diminue, se tait, alors que son oreille se tend. Un peu trop tard. Puisque la porte de la chambre s’ouvre.

*

Tu as dévalé à toute allure les escaliers entre l’observatoire de la tour et ta chambre, afin d’y récupérer ton médaillon et un miroir, au cas où la princesse d’Erebor aurait envie de te contacter d’une façon ou d’une autre. Enfin, vous n’avez pas fixé de rendez-vous pour ce jour, mais… peut-être lui manqueras-tu suffisamment ? C’est un tendre espoir que tu caresses, tendre et même pas si fou et impossible !, et tu entres donc dans ta chambre à la volée.

Tu sursautes en y constatant la présence de Césaire, plaquant une main surprise sur ton cœur, qui se débat avec fureur. « Par Mirta, Césaire, que fais-tu ici ? » Ton majordome a souvent l’ordre de pénétrer dans tes appartements afin d’y recueillir la vaisselle sale et d’ordonner le changement de la literie, mais tu sais que ça a d’ores et déjà été fait. Tu ne le laisses pas répondre, cela dit, alors que derrière sa haute silhouette, tu remarques celle déliée d’une jeune dame dont le charmant visage ne te dit rien. Ta voix se fait suspecte, tes yeux noirs plus durs : « Qui est-elle ? » Tu n’as pas le souvenir que ton majordome ait eu l’intention de faire entrer de nouvelles personnes à ton service, à Lorgol, tu as suffisamment de domestiques pour prendre soin de ta tour. C’est le moment de t’expliquer, avant que la méfiance se change en quelque chose de plus dangereux.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Mar 27 Déc - 22:19

Les muscles tirés par l’exercice, concentré sur la tache, j’avance précautionneusement, doucement, mais avec résolution. J’avais besoin de cette escalade, de cette hauteur, de cet exercice. L’esprit embrouillé, le cœur lourd et enragé. Comment diable cela avait-il pu être possible ? Comment avait-il pu me piéger ainsi ? Avais-je été une cible en particulier ou peu importait la personne du moment qu’il s’agissait d’un voleur de la Cour ? Je ne comprenais pas, j’étais en colère d’avoir été forcée d’accepter leur proposition, indignée de m’être faite avoir, d’être obligée de plier sous cet odieux chantage. L’Ordre m’avait piégé d’une bien perfide façon, me forçant à intégrer leur rang, à les écouter sous la représaille de donner ma description aux autorités de Lorgol. La Cour protégeait les siens, ce qui rendait si difficile pour la Ville Haute de nous arrêter, incapable de savoir qui faisait partie de la Cour et qui n’en faisait pas partie. Pourtant, s’ils avaient la possibilité, sans doute possible, d’attraper l’un des voleurs au service du Fils des ombres, il y avait fort à parier qu’il n’y aurait pas beaucoup d’espoir de liberté.

Après cette affreuse entrevue, me retournant l’estomac, j’étais repartie à la Cour, demandant les zones inhabitées des tours les plus hautes de la ville. On m’avait orienté vers celle-ci. J’avais donc commencé l’ascension. La tête fourmillant de préoccupations, s’apaisant peu à peu, dans un silence bienfaisant, à mesure que l’effort devenait plus présent. Puis enfin, une fenêtre. J’étais tentée de ne pas m’arrêter, de continuer jusqu’au toit. Mais ma fierté de voleuse mise à mal prit le dessus. Nom d’un dieu, quitte à venir ici, autant ramener quelque chose, n’importe quoi, pouvant prouver que j’avais encore de la valeur en tant que voleuse de la Cour des Miracles.
Je ne voulais pas garder cette stupide image de larbin de l’Ordre qui s’était collée sur moi, me dégoutant de ma personne… ou de l’Ordre… actuellement je ne faisais pas bien la différence.

J’entre, le corps échauffé par cet exercice bienvenu. Je pose les pieds avec précaution, pas assez du moins, erreur de jugement, commode trop proche, une lampe qui vacille et tombe mollement sur la table de chevet. Je retiens ma respiration et n’ai pas vraiment le temps de faire demi-tour ou de me servir, qu’une personne entre.
Je le regarde un instant horrifiée, revivant la scène avec l’Ordre. Étais-je, soudainement, devenue à ce point mauvaise ? J’avais envie de pleurer, mais je ne fis que le fixer stupidement. Il se rapproche, je crains le pire. Mais contre toute attente, il me somme de partir, jurant contre les voleurs. J’ai à peine le temps de recoller les morceaux, de me rendre compte qu’il s’agissait d’un enfant des Miracles….enfin enfant… Un vieux des Miracles ? Bref, qu’il faisait partie de la famille, qu’il y avait erreur sur mes renseignements que le maître des lieux était là…. Devant moi en fait, la porte ouverte, sa stature se décompose dans la lumière du couloir.

Le duc ne m’avise pas tout de suite, cachée par la silhouette de l’homme. Puis il me remarque et sa voix change d’une octave, se chargeant d’une méfiance piquante. Je le regarde, puis mes yeux se posent sur l’homme qui avait voulu me faire sortir, la main sur mon bras. Mes pupilles s’illuminent. Je ne pouvais décemment pas fuir, cela mettrait mon collègue dans une situation fâcheuse. Pourquoi n’avait-il pas appelé à l’aide, pourquoi ne m’avait-il pas signalé avant. Fuir le mettrait dans une situation délicate que je ne pouvais cautionner.
Nous prenions soin de nous au sein de la Cour.
Il n’y avait pas trente mille solutions et la malice reprenait peu à peu le pas, exacerbée par l’adrénaline de l’apparition des deux hommes. Je me rapproche de mon sauveur, prenant sa main dans les miennes et me pressant contre son bras, me cachant timidement derrière son dos. La surprise n’était pas bien dure à jouer, je l’étais, l’embarras et la peur ? L’effort et le stress avaient fait flamber mes joues, elles me brulaient furieusement, cela serait certainement suffisant.

-Je… N’était-ce ..pas ... ta chambre mon cœur ?

J’insiste lourdement sur le dernier mot, tant j’avais peur de ne pas réussir à le sortir sans me trahir. Mais cela passe, alors que ma voix défaillante, presque un murmure, crève le silence. C’était toujours mieux que de s’écrouler en pleurant, tellement je me sentais misérable en cet instant… Autant tenter, puis à moitié débraillée à cause de l’escalade…pourquoi pas après tout ? Après tout… ne dit-on pas que ce sont les plus gros mensonges qui passent le mieux ?

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Mer 28 Déc - 4:45

La situation est étrange et ta compréhension de celle-ci ne s’améliore pas quand la demoiselle se cache un peu plus derrière ton majordome, affichant une moue que tu devines… timide ? au cœur d’un visage aux joues cramoisies. Sa voix crève brusquement le silence : « Je… N’était-ce ..pas ... ta chambre mon cœur ? »

MON CŒUR ?
Tes yeux passent de la demoiselle à Césaire, puis de Césaire à la demoiselle, puis encore à ton majordome, dont l’expression contrite devient… gênée. Tu n’as jamais vu cette émotion sur le visage digne et impassible de cet homme, qui semble rajeunir de plusieurs années alors que son regard fuit brièvement le tien et que sa main serre celle de la jeune femme. Enfin, lorsqu’il ose relever les yeux, tu as la nette impression d’avoir devant toi non pas un homme ayant bien entamé sa soixantaine, mais un jeune homme embarrassé. « Je suis désolé, Votre Grâce, je… je pensais que vous étiez occupé et je voulais faire visiter les lieux à mon… mon amie. » Visiter les lieux. À son amie. Qui l’appelle mon cœur. Oh, il n’y a pas de ça avec toi et tu comprends tout à fait les sous-entendus dans la voix affectée de Césaire, ce qu’il tente de cacher sous de fallacieux prétextes, alors qu’il a été pris sur le fait. « Vous vouliez… Tu regardes Césaire, encore. La demoiselle, toujours. dans mon lit ? »

Tu jurerais que Césaire rougit.

Ton expression suspecte change tout à fait et devient ravie, un sourire venant éclairer ton visage. Ton humeur surexcitée et instable aurait pu tourner au vinaigre, mais c’est tout le contraire qui se produit. « Bon sang, mais Césaire ! Tu aurais pu m’en parler ! C’est fabuleux. » Ton majordome a une amante ! Qui doit avoir quarante ans de moins que lui, si ce n’est plus ! La vie est si belle ! Tu fonds sur le couple comme un rapace, t’approchant d’eux pour mieux pouvoir dévisager la jeune dame. « Une vraie beauté », souffles-tu, charmeur, alors que tu constates que de proche, elle est encore plus jolie que de loin, avec ses joues empourprées de gêne et ses cheveux en bataille de préliminaires prometteurs. C’est qu’il ne se prive de rien, ce vieux sacripant. À la bonne heure ! « Si j’avais su que vivre en Sombreciel aurait sur vous une influence si positive ! Pour cette fois-ci, c’est raté, mais pour une prochaine fois… ou avez-vous déjà essayé tous les autres endroits de la tour ? Césaire baisse les yeux, sans piper mot. Tu pouffes un peu et t’adresses à la dame. Pardonnez mon indélicatesse, mademoiselle. Me feriez-vous l’honneur de partager ma compagnie ? Tu sais ton majordome à la veille de protester, tu entends sa bouche s’ouvrir et tu pourrais même parier sur ce qu’il va opposer. Rassure-toi, Césaire, je ne planifie pas de te la voler… quoique tu me vois envieux, de penser que tu partages le lit d’une si belle femme, glisses-tu presque en ronronnant. Tu as toujours eu un faible pour les brunes et celle-ci a de quoi faire faiblir même les plus forts. Sers-nous quelque chose de fort, dans l’observatoire. Bien, Votre Grâce. » À contrecoeur, il laisse la main de la brune, et cette réticence te touche. Que l’amour est beau, qu’il est grand, que Mirta soit louée et ses jupons tout autant ! Tu espères bien que lorsque tu auras atteint l’âge de ton majordome, tu auras autant de vigueur à honorer dames et messieurs.

Tu ne vois pas l’homme, dans ton dos. Ses lèvres mimer en silence que Tout ira bien à l’attention de la jeune femme. Tu lui tends le bras, maintenant qu’elle est seule, détaillant avec encore plus de soin et encore moins de retenue cette silhouette nouvelle. Voler son amante à Césaire ? Tu as dit que non, tu as déjà une dame au cœur et à la tête, mais… sait-on jamais ce que Mirta souffle aux oreilles de ses enfants, n’est-ce pas ? « Suis-je bête, j’ai oublié de me présenter. Tu ris avec douceur. Je suis le duc Castiel, fort enchanté de vous rencontrer. »

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Mer 28 Déc - 14:59

C’était sérieux ? Je fixe le sol pour éviter de me trahir en regardant le jeune homme de travers. Il y croyait et pas qu’un peu. Et par Isil, le vieillard savait donner au change. Je ne voyais pas son expression d’où j’étais, mais je devinais qu’il devait être convaincant à l’inflexion incrédule qui avait sensiblement adouci la voix du propriétaire de la chambre.
Honnêtement, j’aurais éclaté de rire tant la situation était improbable, tant cet enfant des Miracles réussissait à jouer de la voix pour lui insuffler une fausse vérité. Je savais que j’aurais été incapable de me retenir de rire si je ne m’étais pas sentie aussi pitoyable, mais je savais aussi que d’autres le feraient pour moi. Je sens la pression de sa main sur les miennes, je m’y raccroche, fixant résolument le sol ou le dos de mon allié. Je savais jouer la comédie, mais ça ne restait pas ma spécialité, j’étais plutôt dans la catégorie de l’impulsivité franche et sans aucune finesse.

Est-ce que j’allais réussir à m’en sortir ?

Je ne savais pas, et c’est d’un pas un peu maladroit que je tente de reste à couvert sous l’ombre du…majordome pour m’extraire au regard incisif du duc. Je ne m’attends pas aux compliments, n’osant pas vraiment croiser son regard de peur de me faire aussitôt griller. Le duc de Sombreciel n’était pas vraiment connu pour son équité ou son sang froid. C’était une véritable bombe à retardement, capable d’exploser à la moindre contrariété, du moins si on en croyait les rumeurs les plus folles qui couraient à son sujet.

Je me mords la lèvre lorsqu’il vante les mérites de son duché et se félicite que son employé y ait été sensible. Je me sentais presque mal pour cet homme qui n’avait rien demandé et à qui je venais de ruiner des années d’un labeur pour construire une image qui se voulait sans doute sérieuse et irréprochable. Pourtant, il ne dit rien, endurant les remarques, les laissant glisser sur lui et se servant de l’humiliation pour la transformer en une attitude qui convenait aux circonstances. Cet homme était doué, sans aucun doute, j’avais de la chance qu’il soit aussi de la Cour, sinon je n’aurais certainement pas fait long feu.

Et la demande du Duc me laisse au dépourvu, je ne m’étais pas le moins du monde attendue à ça. Tellement que je relève enfin le nez pour croiser les yeux brillant de l’homme, plus proche que ce que je pensais.

-Je ...heu..

Je n’ai pas vraiment le temps de continuer, d’accepter ou de décliner qu’il continue, infatigable, excité comme un gosse découvrant un cadeau au pied de son lit. Je sens les doigts du majordome pianoter sur les miens, seul signe de sa nervosité, du moins je supposais. Je ne savais, vraiment, pas comment réagir devant cette tornade, entre les compliments, les invitations, les sous-entendus, il monologuait presque tout seul, ne nous laissant strictement aucune chance de répondre quoi que ce soit.

Il allait vraiment me laisser seul avec lui ? Je m’empêche de justesse de récupérer la main qui venait de m’abandonner pour la tirer à moi et le supplier de me faire sortir ou de rester ou..ou n’importe quoi en fait. J’étais actuellement au plus bas de ma confiance en moi, à deux doigts d’exploser en sanglots, je ne me sentais pas capable de faire face à ce duc. Je détestais me sentir comme ça et la seule chose dont j’avais besoin, était de calme et de chaleur, ou de la vue réconfortante des hauteurs. Même pas de compagnie, j’avais appris depuis longtemps à concilier sans lorsque j’étais triste et seule, mais… mais au moins de calme et cet homme était tout sauf calme. Il ne faisait que me faire sentir plus misérable encore, c’était insupportable. Mais il fallait bien l’endurer…

-De même…votre Grâce... Je m’appelle Mélodie. Désolée de vous avoir ainsi dérangé dans votre travail.

Pour ne pas dire appartement… Et…et… VOTRE GRÂCE !? Je n’avais strictement jamais employé ce mot. Même lorsque j’avais croisé le duc de Lagrance dans les catacombes, même si la situation avait été quelque peu spéciale. Mais.. mais… Bon… une personne de ma condition ne fréquentait pas vraiment les ducs et autres représentants de la grande noblesse, mais… Votre grâce…sérieusement ?
Pendant que je me flagellais mentalement, je suivais Castiel jusqu'à l’observatoire. Il semblait heureux et plein d’entrain, je n’avais aucune idée de si je devais m’y fier ou non. Je me raccrochais à ce que m’avait le vieil homme, à savoir que tout irait bien… pourtant…j’en doutais.

-Je ne voudrais pas vous déranger … Ce n’est pas vraiment correct de ma part que de vous empêcher de vaquer à vos activités... Tentais-je.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Jeu 19 Jan - 22:23

La demoiselle te décline son nom et tu en profites pour t’extasier une nouvelle fois, comme si c’était la première fois que quiconque se présentait à toi : « Mélodie, que c’est joli ! Fille de ménestrels, peut-être ? Il n’y a pas à dire, vous avez de quoi inspirer ! » Tu n’attends pas de réponse d’elle, alors que tu la traînes plus qu’elle te suit dans l’escalier jusqu’en haut de la tour de Sombreflamme. Sa politesse un peu peureuse honore la donzelle, lorsqu’elle tente faiblement de protester contre le nouveau programme de sa journée : « Je ne voudrais pas vous déranger … Ce n’est pas vraiment correct de ma part que de vous empêcher de vaquer à vos activités...  Oh, non, je suis déjà dérangé, ne vous inquiétez pas, et vous ne voudriez pas refuser un verre avec un duc, n’est-ce pas ? » Ton rire a quelques notes métalliques, intrigantes, qui elles non plus ne permettent pas de réponse. Ni même plus de protestation. Tu peux accepter un refus de la part d’un duc, mais d’une petite péquenaude échevelée : hors de question. Surtout qu’il s’agit uniquement d’un verre ! Juste ce qu’il te faut pour te détendre.
En plus, tu as oublié ton médaillon et un miroir. Tant pis.

Dans l’observatoire, il règne une nette fraîcheur. Tout un pan du plafond se constitue d’une baie vitrée donnant sur le ciel ensoleillé de Lorgol, permettant d’admirer le haut des tours les plus hautes de la ville, mais surtout, à la nuit tombée, la voûte céleste. Ta table de travail déborde déjà de papiers et de parchemins en pagaille, de mécanismes isolés et de dessins techniques mystérieux, et couché sur cet amoncellement de choses et d’autres, ton Familier. Celui-ci pose un regard étrangement fixe sur Mélodie, mais tu n’y portes pas attention, occupé à attraper une chaise pour la lui désigner et pratiquement l’y asseoir toi-même.
Césaire arrive tout juste après vous, mais avant qu’il puisse remplir les verres apportés avec lui, tu lui voles la bouteille des mains. Ton expression se fait embêtée. De la liqueur de cerises ? « J’ai dit quelque chose de fort, Césaire. Devrais-je bientôt me débarrasser de toi car l’âge te rend soit sourd, soit sénile ? Le Sire de Séverac a mis toutes les meilleures bouteilles sous clé, répond-il sans sembler le moins du monde dérangé par tes sous-entendus insultants. Qu'Erelf le damne, opposes-tu avec agacement, reconnaissant bien là les agissements de ton fidèle conseiller, qui a sans doute eu vent de ton retour vers les élixirs les plus alcoolisés de ton duché afin de trouver le sommeil. Bien, allons-y pour cela, donc. » Le majordome remplit les deux verres, le tien plus généreusement, et une fois le service fini, il reste juste derrière Mélodie. Une main frôlant son épaule, du bout des doigts, et cette scène attendrit ton humeur qui déjà s’ombre. Tu pousses un soupir énamouré, les lèvres dans la liqueur lagrane au fin goût de cerise. « Qu’il est difficile, n’est-ce pas, de laisser l’être aimé serait-ce quelques secondes ? Depuis combien de temps ce petit manège dure-t-il, dites-moi ? Non, Césaire, laisse la parole à Mélodie. » Tu l’as encore vu, tenter de s’interposer, mais oh, pas de ça avec toi ! Ton majordome a la langue bien pendue, tu le sais, tu sais aussi qu’il n’est pas entièrement honnête, et c’est de la bouche de sa mignonne que tu veux tout apprendre de leur idylle.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Mar 24 Jan - 22:25

Je roule des yeux dans le dos du duc, fille de ménestrel et puis quoi encore ? Fille de compagne oui, qui fut abandonnée et tuée par la misère, fille des ombres, filles des miracles et d’Isil. Les nerfs à fleur de peau, c’était à peine si mes poils ne se hérissaient pas à chaque mot sortant de sa bouche, moi qui ne rêvais que de déguerpir d’ici en toute vitesse.
Je n’aimais pas les nobles, hô dieux comme je les détestais eux et leurs suffisances, pourquoi ne pas simplement laisser s’envoler l’oiseau terrifié dont j’empruntais la façade, convaincante parce que, justement, je l’étais, terrifiée, et mortifiée.

J’enlace ma taille de mes bras pour me donner contenance, serrant mes avant-bras en un avertissent à moi-même et à ma langue de ne pas fourcher pour tenter de l’assassiner avec mes mots si peu raffinés et trahissant le mensonge que nous tissions avec le majordome pour essayer de me sauver la mise.
Je tente une dernière escapade verbale, espérant que la raison et l’indulgence rendent son étrange curiosité négligente, mais non, rien à faire.
Mes yeux se plissent et j’ai une irrésistible envie de lui foutre une claque sur l’arrière de son crâne. J’étais persuadée que je ne l’avais pas dérangée, qu’il avait été vautré dans son argent, sa nourriture ou que savais-je encore et que je ne l’avais tiré que d’une somnolence rendue hallucinée par une prise de quelconque substance cielsombroise.

C’est qu’il n’avait pas bonne réputation le duc, il était la caricature, le plus parfait exemple de ce qu’étais sombreciel, une personnification de l’excès, du moins si l’on croyait les rumeurs et faute de mieux, j’y croyais dur comme fer. Je n’avais aucune envie de rester et de gratter le vernis pour découvrir qui était cet homme que je jugeais déjà comme insupportable.
Alors, je balbutie un vague « Oui » baissant la tête pour éviter qu’il me ne voie mordre ma lèvre et empêcher les remarques de fuser pour aller l’agresser.

Arrivée dans ses appartements, son observatoire, foutoir de livre recouvrant pratiquement le sol en un tapis de feuilles. Il me sort une chaise pour que je m’y installe, c’est presque s’il ne m’agrippe pas pour m’y assoir de force.
Dans d’autres conditions, j’aurais fanfaronné, fière et intraitable, restant debout à toiser ce malotru, sauf qu’en d’autres conditions, je n’avais pas affaire à des ducs, mais des badauds stupides trainant dans la Ville Basse, royaume des voleurs. Ici, je n’étais rien et après ce qu’il m’était arrivée avec l’Ordre, même le Fils des Ombres ne daignerait lever le petit doigt pour l’un de ses enfants si maladroit, dévoré qu’il devait être par la honte.
Césaire revient et apporte une bouteille, qui ne semble pas convenir au duc capricieux. J’avais envie de la lui prendre la bouteille et de la lui balancer au visage en lui grognant qu’il pouvait bien se bouger lui-même. Mauvaise idée, très mauvaise, je me contente donc d’observer avec un intérêt tout particulier mes pieds, puis les étagères, m’autorisant même un coup d’œil vers le plafond. L’endroit était joli, s’était indéniable.

Une fois leur joute terminée, je prends le verre du bout des doigts, y trempant à peine les lèvres. Ce n’était pas le moment de perdre ses moyens et d’être soule. Le majordome, ombre discrète, reste à mes cotés, m’encourage par des effleurements timides. Le duc s’empare de ce geste pour le traduire à sa façon, se perdant un peu plus dans ses conclusions stupides.
Fort bien.
J’opine du chef avec lenteur, passant cela pour de la timidité à sa première demande. Craignant simplement que mes mots ne trahissent ma pensée. Pour la seconde, le pauvre homme se fait rabrouer, alors qu’il allait se lancer à mon secours, bien plus prompte que moi à berner son maître. Lorsque les yeux de du duc Sombreflamme se porte sur moi, mon pouls s’accélère et mes joues s’empourprent, de fatigue, d’angoisse, de stress ou encore à cause de cette irrépressible envie d’éclater en sanglots.

-Je…

Je vous emmerde vous et votre soit disant puissance qui vous fait vous sentir supérieur. … Ha non…ce n’était pas tout à fait ça…Ra…depuis combien de temps était-il à Lorgol ? Mon cœur s’accélère, vite, vite, vite, si je prenais trop de temps cela allait paraitre suspect.

-Quelques semaines…Peut-être plus ou moins..… je ne …sais pas…vraiment compter, du coup…je ne sais pas vraiment avec exactitude non plus… Nous…

Nous sommes en train de te tourner en bourrique, tu n’es rien qu’un enfant gâté et misérable… Non plus donc…être vindicative me permettait d’éviter d’éclater en sanglot. A moins pouvais-je me raccrocher à quelque chose.

-Nous nous sommes rencontrées à la jonction entre la Ville Basse et Haute. Je…j’étais lourdement chargée, il a pris de son temps pour m’aider, on a un peu parlé et… quand il était dans les parages avec un peu de temps il revenait prendre de mes nouvelles... et voilà..


J’ose lui lancer un regard entre mes ciles, tâtant ainsi le terrain, je résiste à la furieuse envie de me rouler en bouler, de d’attendre, cachée sous une couverture, que cela passe. C’est si simple d’être un enfant parfois que la tentation en était des plus dures à repousser.

-Et…vous votre Grace ? Je…excusez mon impertinence, comme vous parliez d’êtres aimés, je pensais que…mais c’est peut-être trop inconvenant pour une personne de mon rang que de me permettre de vous posez des questions…je ..veuillez m’excuser…

Allez, mord à l’hameçon, dévie le sujet, pitiéééé, ses frasques avec la Dame d’Erebor étaient bien connues de tous, il était même question d’une naissance à venir. Qu’il dévie, qu’il s’absorbe dans la contemplation narcissique de son propre reflet plutôt que de s’intéresser à moi et Césaire.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Ven 10 Fév - 19:58

Tu dévisages Mélodie effrontément, en attente qu’elle retrouve sa langue. Probablement que cette pauvre petite n’a jamais été confrontée à un membre de la noblesse, sûrement pas aussi haute par ailleurs, et qu’elle cherche dans son vocabulaire limité les mots appropriés. Les Bassois ne sont pas reconnus pour enfanter la fine fleur d’Aïon. L’amour, cela dit, devrait l’inspirer. « Je… » Tu crois qu’enfin le temps est venu, mais non. Elle s’interrompt encore et doucereux, tu l’encourages : « … vous ? » Allez, tu peux le faire, semble dire ton visage attentif. « Quelques semaines…Peut-être plus ou moins..… je ne …sais pas…vraiment compter, du coup…je ne sais pas vraiment avec exactitude non plus… Nous… Nous nous sommes rencontrées à la jonction entre la Ville Basse et Haute. Je…j’étais lourdement chargée, il a pris de son temps pour m’aider, on a un peu parlé et… quand il était dans les parages avec un peu de temps il revenait prendre de mes nouvelles... et voilà.. » Et voilà. Césaire accorde à Mélodie un sourire tendre, que tu ne peux pas t’empêcher de trouver déplacé sur ce visage toujours si sérieux, mais dont tu ne remets absolument pas en cause la véracité. Il doit être vraiment en amour, pour ainsi se laisser à arborer quelconque émotion. Mirta les bénisse !

Tu bois une longue gorgée de vin, à leur santé, et déjà tu remplis à nouveau ton verre, qui se vide bien trop vite à ton goût. « Et…vous votre Grace ? Je…excusez mon impertinence, comme vous parliez d’êtres aimés, je pensais que…mais c’est peut-être trop inconvenant pour une personne de mon rang que de me permettre de vous posez des questions…je ..veuillez m’excuser… Les rumeurs ne cessent pas de courir, n’est-ce pas ?, dis-tu, amusé. Tout l’empire ibéen et même celui faë, a eu vent de ces rumeurs, alors tu ne dois pas t’étonner que même les habitants de Lorgol se montrent curieux. Puis, tu adores parler – de toi, surtout. Si vous parlez de la dame Alméïde, sachez que nous ne sommes ni fiancés, ni futurs parents. L’idée est en soit fort plaisante et je ne dirais certainement pas non à cet avenir, surtout aux côtés d’une telle femme, mais le duc Anthim est un obstacle considérable en ce qui a trait à… à bien des choses, les dieux nous protègent d’un homme si rabat-joie et si dépourvu d’humour. » Tu adores aussi détester Anthim et chaque occasion de médire sur son compte est la bienvenue, bien que tu ne médis pas : tu affirmes des vérités.

Trop heureux de pouvoir t’épancher, à des oreilles qui en plus ne se feront certainement pas le plaisir de te sermonner ou de t’assommer de restrictions d’approcher qui que ce soit, tu continues ce qui tient bien plus du monologue que de la conversation : « Je suis déjà bien chanceux d’avoir l’amitié de la dame Alméïde, pour tout vous dire. Je ne sais pas si notre histoire peut se comparer à celle entre vous deux, tu désignes les tourtereaux d’un geste de ta coupe, ni même si on peut qualifier le tout d’histoire, bien que sans être présomptueux je crois tout à fait que l’on vive non seulement une histoire, mais l’une des plus fantastiques, mais mes espoirs sont déjà rencontrés alors qu’elle m’accorde la grâce de sa compagnie et de sa confiance. C’est une femme sensible et intelligente, et bien la seule qualité que je puisse reconnaître à son frère est l’éclat de bon jugement qui l’a fait se l’adjoindre comme sœur. Buvez un peu, Mélodie, le vin saura vous redonner de l’énergie, pour la suite de votre journée », l’encourages-tu, remarquant qu’elle ne porte qu’un intérêt minime au fabuleux nectar qui lui a été servi. Tu es heureux, donc tu es bavard, et tu ne voudrais pas être le seul à profiter de cette bonne humeur terrible qui te prend depuis ta discussion par miroir avec la princesse d’Erebor.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Mar 14 Fév - 20:37

Si j’avais pu, c’est un soupir de soulagement qui aurait franchi le seuil de mes lèvres closes. Au lieu de ça, je regarde religieusement les pieds du duc, me permettant de temps à autre de relever les yeux entre mes cils pour vérifier l’humeur que le cielsombrois affichait sur son visage. Il ne marchait pas, il courait pour ainsi dire. Je me laissais réconforter par la présence discrète de Césaire. Je ne le connaissais pas, c’était même la première fois, mais le simple fait de le savoir à la solde du Fils des Ombres donnait à son aura une chaleur qui me rassurait et empêchait les larmes de s’écouler pour ne plus jamais s’arrêter. J’étais fatiguée, à cran, humiliée et voilà que je devais jouer la petite chose imbécile pour éviter de me faire briser par les humeurs légendairement grandioses de ce duc inconstant.

Le flot de sa voix s’échappe de sa gorge, elle paraissait chaude comme ça, il avait l’air d’un homme amoureux, équilibré. Il avait l’air seulement, j’avais senti les menaces qui avaient rendu sa voix plus rauque tantôt. Pour une raison que je n’expliquais pas, pas totalement, j’étais tout à fait sûre qu’il aurait été capable de me balancer du haut de sa fenêtre et de descendre de sa tour pour vérifier que je m’étais bien écrasée par terre sans chance de rémission.
Il fallait faire confiance à son instinct et c’est pour cela que je me contentais de hocher la tête à chacune de ses paroles, irritant ma patience. J’avais envie de tout balancer, chaise, table et vin, et de me moquer de lui de sa crédulité, de sa stupidité et de son air suffisant. Pourtant, la scène ne faisait que se jouer en boucle dans mon esprit sans que mes membres ne daignent bouger le moindre muscle.

-La journée est déjà finis votre Grâce.

Par contre ma langue, ça elle savait bouger pour dire des conneries. Sortons rapidement d’ici que me disait mon esprit, foutons la merde que faisait ma gorge. Bien… J’avais envie de me donner des claques à moi-même tant je m’exaspérais. Il faut dire que je rêvais de caser mes mots, les miens, pas le piètre mensonge qui se déroulait sous nos pas, depuis quelque temps. Si je savais me perdre dans la farce, jouer la comédie était une tout autre paire de manches et les miennes étaient trouées et effilées, alors c’était normal si, parfois, elles finissaient par craquer.
Pour éviter d’autre écart, je noie ma langue sous le nectar sirupeux. Ce truc était bon, divinement bon, c’était une mesquinerie qui vous soulez avec une douceur insoutenable, sans même que vous vous en rendiez compte. Tiendrais-je assez la distance pour ne pas tout foutre en l’air ? Le pari était lancé, silencieusement, mais flottait indéniablement dans l’air.

-On dirait presque que vous ne vous estimez pas digne d’elle à vous entendre.

Je bois une autre gorgée, le gout s’accrochant à ma langue pour l’alourdir. Quitte à parler autant avoir une bonne excuse pour comportement stupide…Parce que j’étais partis pour maintenant que les mots avaient franchi le barrage que le bon sens avait érigé et ils se bousculaient en se chamaillant les bougres.

-Sans offense…présomptueux, vous l’êtes certainement, vous êtes un cielsombrois et pas n’importe lequel, mais dans un sens c’est aussi pour ça que ce n’est pas vraiment grave si vous l’êtes. Vous, amoureux de l’amour lui-même, vous n’avez pas tendance à dire ça de tous vos coups de cœur ?

Ce n’était même pas ma sympathie bien connue pour les nobles, mais une réelle question. C’était toujours sympa de trainer avec un cielsombrois, mais je m’étais toujours fait pour éthique de ne jamais vraiment les prendre au sérieux. C’était bien trop dangereux que d’agir ainsi.
Je pioche dans le vocabulaire de ma mère, celui qu’elle avait tenté de m’inculquer. Si je n’avais pas oublié ses leçons ce n’était pas pour autant que je les avais appliqués. Trop ronflante et tournante à mon goût, j’avais l’impression d’être un imposteur…en fait je l’étais, mais tous n’étaient pas obligés de le savoir, surtout Castiel de Sombreflamme.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Jeu 27 Avr - 6:25

L’avantage - pour Mélodie- que tu parles sans tout à fait porter attention à ce qu’on peut bien te répondre est que tu ignores bien ses remarques mesquines, n’y décelant là qu’une jalousie bien naturelle envers les merveilles que tu narres. Qui ne le serait pas. mis devant la beauté d’une histoire telle que celle qu’Alméïde et toi vivez, dans tout son drame, dans toute sa grandeur ? Cela dit, elle n’en soulève pas moins un point intéressant, de paroles quasi anodines : « On dirait presque que vous ne vous estimez pas digne d’elle à vous entendre. » Tu te fais curieux et tu attends qu’elle boive, puis qu’elle s’explique, toujours d’une voix prudente malgré les mots fort imprudents qui traversent ses lèvres : « Sans offense…présomptueux, vous l’êtes certainement, vous êtes un cielsombrois et pas n’importe lequel, mais dans un sens c’est aussi pour ça que ce n’est pas vraiment grave si vous l’êtes. Vous, amoureux de l’amour lui-même, vous n’avez pas tendance à dire ça de tous vos coups de cœur ? »

Tu ris. Tu applaudis, même, contre ta coupe, les doigts frappant le verre travaillé. Quel exercice de diction ! Quelle recherche ! C’est qu’elle chercherait à t’impressionner, pourrais-tu croire, sortant de la fange des trésors d’élocution. « La langue bien pendue, cette petite, Césaire, à ton image. J’espère qu’elle l’utilise aussi habilement à d’autres fins », te permets-tu de taquiner ton impassible majordome, qui s’abstient de toute réponse à cette boutade au sous-entendu point du tout subtil. « J’ai espéré, demoiselle, que la princesse ne soit qu’un éphémère coup de coeur, mais Mirta sait toujours surprendre ses enfants. Je laisse entre les mains des dieux l’avenir de notre relation et si je suis bien digne d’elle… peut-être aurais-je droit à une faveur divine ? » Tu bois à ta propre suggestion. Cela ne t’empêche certainement pas de tenter de jouer le hasard, de détourner les chemins qui se dessinent devant toi, fort d’un goût pour l’interdit (ou plutôt, d’un dédain pour l’interdit) qui rendre ta vie toujours plus trépidante. Un geste de la main, discret, et Césaire vous ressert, et tu l’encourages même à généreusement remplir le verre de sa dulcinée. Elle n’a point semblé détester le nectar alcoolisé et tu n’es pas chiche, lorsqu’il est temps de partager tes denrées.

Tu rapproches ton fauteuil encore un peu plus de Mélodie, sans remarquer la tension qui émane d’elle, ni de ton majordome. Tu notes seulement celle de ton Familier, qui n’a pas cessé de fixer la jeune femme, comme pour tenter de lire en elle. Qu’est-ce qui te dérange, chez elle ? Il ne te répond pas, cille à peine, ses oreilles frémissant sur son crâne soyeux. Lorsqu’il aura décidé de parler, il le fera : pour le moment, il ne sert à rien de t’y attarder. « Avec un prénom tel que le vôtre et un visage bien à sa hauteur… que faites-vous ? Quelle vie est la vôtre ? Travaillez-vous, ou un artiste vous a-t-il élevé en muse ? » Tu n’as pas remarqué ses mains aux longs doigts fins, à la pulpe recouverte de corne et de cals. Tu n’as pas tâté le muscle de ses bras, de ses jambes, membres faits pour escalader, sauter, comme ceux des chats. Tu n’as d’yeux que pour ces traits de poupée, que pour cette bouche faite pour les baisers, et amant par procuration, autoritaire et affamé de tout ce qui ne te regarde pas, tu veux tout savoir de celle qui se meut au bras et dans les draps de Césaire.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Jeu 4 Mai - 15:29

Mes sourcils se froncent devant les insinuations du duc. Dans d’autres circonstances, j’en aurais ris, là, cela me mettait simplement de mauvaise humeur. Je sens le majordome bouger légèrement derrière moi, oui, je serais sage papy, faut pas s’inquiéter. Enfin… peut-être un peu, ma capacité à être calme était quelque peu limitée, il fallait l’avouer. Qu’importe, si le duc avait la mauvaise idée de vouloir me balancer par la fenêtre, je ne tomberais pas seule et j’emporterais sa belle gueule d’ange psychotique dans la tombe avec moi.
Foi de voleuse !

Une faveur divine, quelle blague, enfant choyé, enfant pourri, ne voyait-il pas que les dieux avaient déjà été en sa faveur ? Stupide gamin, pourquoi ne pouvais-je pas me lever pour le gifler et lui montrer une évidence qu’il était incapable de voir. Ce n’était même plus un écart qui nous séparait, mais un monde, nous avions tous deux, deux sphères de vies qui ne se recroiseront sans doute jamais. Je détestais vraiment les nobles, quelle suffisance insupportable, et le pire c’était qu’il pouvait se le permettre, car il se savait intouchable.
Stupide, stupide, stupide noble.
Pourtant, malgré la frustration, c’est bien un rire qui m’échappe quand le duc tente de deviner ma vie, d’y mettre des reliefs qui lui sont connus. Non, vraiment, nous n’étions pas du même monde.

-Sans vouloir vous offenser votre Grâce. Vous êtes bien peu observateur si vous pensez cela. Je n’ai rien d’une muse, plus d’une miséreuse. Il n’y a nulle artiste qui s’attarderait sur le moindre enfant des rues et c’est seulement ce que je suis. Une anonyme qui est née et se fera engloutir par les rues de la Ville Basse. Ni plus, ni moins. Je subsiste comme je le peux. Mais il y a peu d’endroits pouvant se permettre de garder des employés sur le long terme. Serveuse, marchande, je vais là où le Destin me mène.


Et Isil me montre les voix qui vous sont inaccessibles, vous aveugle aux œillères dorés. La misère semblait d’un coup bien plus reluisante que tout l’héritage d’un sang soi-disant noble.

-Vous êtes flatteur, mais la réalité est toute autre, les muses ne sont que des femmes pouvant subvenir aux besoins de ceux qui savent les flatter. Voilà comment sont les choses pour les petites gens comme nous. D’ailleurs, si je puis me permettre, ce que je fais de ma langue ne regarde que moi, il serait apprécié que vous n’insinuiez plus ce genre de choses, s’il vous plait. Dis-je alors que je joue avec le piercing qui transperce ladite langue dans un tic de nervosité.

Je souris gentiment, baissant le regard pour ne pas le défier plus que nécessaire, pour qu’il se sente tout-puissant et dominant cette étrange entrevue. Etait-ce vraiment le cas, lui le duc, Castiel de Sombreflamme à la toute-puissance devant une faible femme. Sans doute, mais la balance n’était peut-être pas si déséquilibrée que ça.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Lun 22 Mai - 20:59

Elle rit joliment, d’un rire grave, et bien te défait de tes illusions quant à ses occupations. Tu te retrouves agacé, cela dit, de la hauteur que portent ses mots, à propos de l’art et de l’incapacité qu’elle lui porte de s’attarder sur les pauvres enfants du peuple. Qu’y connaît-elle, en vérité ? Rien, tu le comprends bien, et tu es frustré de constater que même la plus jolie des demoiselles peut se révéler hermétique quant aux merveilles portées par Aïda et Asma, qui dansent main dans la main au-dessus de leurs têtes. Tu te fais plus raide, la moue moins ouverte, les lèvres pincées par la sécheresse des dires de Mélodie. Le coup de grâce est assené, ensuite : « [...] D’ailleurs, si je puis me permettre, ce que je fais de ma langue ne regarde que moi, il serait apprécié que vous n’insinuiez plus ce genre de choses, s’il vous plait. »

Tu ne permets pas.

Soudainement, ta main fond sur son visage, attrapant sa mâchoire entre tes longs doigts d’artiste, l’emprisonnant dans une poigne solide qu’on ne te soupçonne pas. Ton expression est devenue sévère, menaçante, en un seul clin d’oeil. Tu es malade, en deux personnalités, et même sans cela, lunatique, imprévisible, il suffit de bien peu pour que ta bonne humeur devienne autre. Tu étais si joyeux, perdu dans les souvenirs de ta conversation avec Alméïde, et il fallait qu’une petite bouseuse de pimbêche vienne gâcher tout cela. « Et que ferez-vous, Mélodie, pour m’en empêcher ? », que tu souffles contre sa peau, tenant son menton entre tes doigts. Tu sens sa résistance, mais ta poigne ne laisse pas de possibilité de s’échapper, de partir. Tes ongles frôlent sa peau, menacent de s’y planter. Tu avances ton visage encore, jusqu’à l’effleurer, orné d’un sourire étrange. Dérangeant. « Tu les aimes indociles, Césaire, commentes-tu à l’adresse de ton majordome, que tu devines nerveux. Tu ne le regardes pourtant pas, ton regard toujours vissé dans celui de la jeune femme. Ou est-ce seulement la jeunesse de celle-ci, qui te plaît ? Une langue si déplaisante, il faut l’occuper à autre chose que parler. » Tu la repousses, si fort que la chaise, une seconde, bascule presque sur ses pieds, et il faut la rapidité de Césaire pour la redresser. Ses mains posées sur les épaules de Mélodie, comme pour la protéger.

Tu te lèves de ton siège pour mieux la dominer de ta taille, tempêtant à chaque fois plus fort, ta voix grave tonnant contre le verre du plafond : « En effet, vous ne comprenez rien à l’art, ni à ce qui puisse l’inspirer. Croyez-vous que les artistes cherchent l’inspiration uniquement dans les jupons des plus nobles ? Qu’ils se satisfassent du convenu, de l’étriqué, de ces petites choses qui ne réussissent même pas à franchir la barrière de votre crâne plus épais que celui d’un âne ? Oh non, Mélodie, l’art ne s’arrête pas aux frontières, ni aux fleurons, il est en toute chose et en tout lieu. La voix prudente de ton marjordome t’interrompt. Votre Grâce… Laissez-nous partir, je vous en prie. Vous ? Tous les deux ? Tu as donc tant envie de tringler cette petite pimbêche mal élevée dans une des ruelles sales de la ville ? Assez pour tenter de te substituer à mon service, alors que ce n’est pas l’heure, tout ça pour te rouler dans la boue de la porcherie où elle dort ? » La réplique est cinglante et cette fois, le vieillard n’y répond pas, les yeux fixés sur le sol, les joues rouges. De gêne, peut-être. De honte, de ces mots employés à l’égard de celle qu’il aime, au point de défier ton autorité. Peux-tu empêcher l’amour, cela dit ? Tu ne peux pas, et tu ne peux pas empêcher qu’il désire la défendre. « Désirez-vous partir, Mélodie ? » Tu lui ouvres la porte. Parce que Césaire l’a demandé. Lui, cela dit… il risque bien de payer, pour l’insolence de sa catin.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Jeu 1 Juin - 20:34

Quel fumier, quelle idée aussi de me détendre et de laisser transparaitre ma personnalité. J’étais une voleuse, une menteuse, mais je n’étais pas très bonne pour revêtir un habit autre que le mien devant une personne si détestable. Mon souffle se bloque dans ma poitrine quand sa mine se fait sombre et qu’il m’empoigne d’un coup. Son humeur ayant changé en un claquement de doigts, je n’avais rien vu venir.
Mais alors quoi, il fallait simplement se taire en lui faisait sourire et courbette ? Quelle vie insipide, affreuse, que de n’avoir personne pouvant vous tenir tête. J’en viens à plaindre Césaire, enfin je l’aurais fait si mes yeux n’étaient pas visés à ceux du duc où dansaient une lueur de folie cruelle.
Ce type était dangereux, instable et je ne comprenais même pas qu’il détienne autant de pouvoir. Il n’y avait personne pour l’arrêter lorsqu’il devenait maussade et même mon compagnon des Miracles semblait dépassé, je sentais sa présence derrière moi, mais il était immobile, ou presque. Comme une proie craignant que le moindre mouvement n’exacerbe la bestialité du fauve qui le traquait.

Ces mots soufflés sur mon visage, je fronce les sourcils, seul signe de ma rébellion, n’osant l’ouvrir ni le défier de vive voix. Qu’est ce que j’irais lui faire ? Tellement d’idées me venaient à l’esprit, la crainte que je ressentais et qui faisait galoper mon cœur tendait tout mon corps, mais cela ne m’aurait jamais empêché de le faire, comme de lui donner un coup dans les bijoux. Il ferait certainement moins le fier, lui qui me toisait, m’emprisonnait de ses mains sans faire attention à sa faiblesse la plus évidente une fois blessé: sa virilité.
Seulement je n’étais pas seule, si je me fichais, presque, de mon sort, il n’en était pas de même pour les enfants des miracles.
Je gâchais tout en ce moment. Hors de question d’en entrainer d’autres dans ma chute.
Je me contente de pincer les lèvres pour m’empêcher de parler, retenant l’angoisse et les mots qui ne faisaient que grandir ma panique. Je ne pouvais extérioriser, je ne pouvais bouger, j’étais donc en train d’accumuler la peur sans pouvoir la faire sortir et ce n’était pas très bon.
Je tremblais presque de ne pouvoir agir à ma guise et remettre ce sale type à sa place. Ho, bien sur, je savais qu’au contentement se suivrait certainement sa vengeance, qu’à mes jeux absurdes et tout enfantin, il y aurait celle d’un adulte, d’un duc et que ce ne serait pas la même chose. Mais même si faire souffrir les gens m’était possible, je n’y avais jamais pris aucun plaisir et je ne voulais pas m’abaisser à devenir sérieuse de la sorte.

Pour résumer, j’étais dans la merde, et derrière la panique et la peur, la colère flambait, attisée encore et toujours plus par ce taré et ses paroles.
Et l’élément déclencheur avait été…l’art ?
Sérieusement !? J
e le regarde, incrédule tandis que Césaire rétablit l’équilibre de la chaise pour m’éviter une chute malheureuse. Ca aurait été inutile, je ne serais pas tombée, mais j’en aurais oublié mon rôle de pauvre petite pauvresse des rues. Mauvais plan donc.

Cet homme était stupide, dangereux et d’une naïveté à faire pleurer. Nous ne vivions effectivement pas dans le même monde, j’en aurais ri tellement c’en était ridicule si mon ventre n’était pas aussi noué par l’appréhension. Dans ma peur, dans ma colère, focalisée sur le fauve, sur le danger, j’avais failli ne pas entendre Césaire et sa supplique. Mais grâce à cette attention, je perçois les yeux de l’homme s’étrécirent comme ceux d’un chat. Césaire avait touché une corde sensible, il semblait encore plus en colère…était-ce seulement possible ? Je m’attendais à tout moment à ce qu’il décide de nous balancer tous deux hors de sa tour, et pas par les bons chemins si vous voyez ce que je veux dire.

Je serre les dents pour ne pas lui répondre, après tout, que savait-il de moi ? Que savait-il de ma vie, de la pauvreté et de la misère ? Rien, c’était un enfant pourri gâté qui ne saurait jamais le mérite du travail pour se sortir de l’enfer. Dans un sens il me ferait presque pitié. Je me lève donc sans piper mots, acquiesçant à sa demande. Oui je voulais sortir, pour ne plus avoir peur, pour éviter que la panique montante ne me fasse commettre un impair irrémédiable. Je devais pour cela me rapprocher du psychopathe, mais qu’importait. Mon instinct de survie me sommait de repartir par là où j’étais venue, la fenêtre, mais ça je ne le pouvais pas, alors je me rapproche de la porte, méfiante. Puis une idée me vient, merveilleuse, alléchante et surtout salvatrice.

Les mots pourraient sortir, je pourrais y accoler un petit morceau de peur à chacun pour l’évacuer et la rendre moins oppressante.

En plus, n’était-ce pas plus amusant ainsi, en répondant une dernière fois que seulement en fuyant la queue entre les jambes ? Même au milieu de la folie, il fallait bien trouver une façon de sourire, sinon, il ne restait décidément plus rien. Ca c’était ma mère qui me l’avait appris, et quelle fille j’aurais été si j’avais renié cette idée toute simple ?
Je me retourne donc vers Césaire, contrôlant à peine les tremblements que l’effroi d’avoir l’autre sociopathe dans mon dos, sans que je ne puisse l’avoir dans mon champ de visions, me faisait ressentir. Je serre les poings et charge ma voix d’amertume et de colère. Ce n’était pas bien dur vu la situation, même si la cible n’était pas tout à fait la bonne. Le pauvre majordome se tend, lui qui ne voulait qu’une chose, que je déguerpisse au plus vite. Mais ne se rendait-il pas compte que c’était là un moyen de l’aider ?

-Non, pas lui. Je ne veux pas qu’il me suive ! Dis-je en montrant Césaire du doigt. Tu m’avais prévenu que ton duc aurait toujours la priorité, et que je ne pourrais jamais passé avant. J’ai cru bêtement que j’aurais pu m’en contenter…mais ça. Il m’insulte et toi tu ne dis rien ? Tu ne me défends pas ? Je laisse échapper un claquement de langue dédaigneux. Tu es un lâche incapable de défendre ce qui t’es cher. Je suis déçue…Je ne veux plus te voir.

Et avant que les deux hommes n’aient pu dire quoi que ce soit, je m’enfuis telle une midinette éplorée. Pour ne pas me faire tuer par le courroux d’un duc fou, espérant qu’il serait tombé, encore une fois dans le panneau.

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Message Sujet: Re: La main dans le sac   Ven 2 Juin - 4:18

Elle se lève sans un mot, la belle brune, et tu ne peux t’empêcher de t’émouvoir, peut-être un peu encore, devant la beauté de cette femme, si soudainement apparue au coeur de ta tour. À quelque part entre gâchis et merveille, qu’elle se prélasse dans les bras de Césaire et non pas entre les tiens. « Non, pas lui. Je ne veux pas qu’il me suive ! Surpris, tu t’immobilises dans un geste de congédiement et portes tes yeux noirs sur ton majordome, pris de la même soudaine immobilité. D’un désespoir qui se peint sur ses traits, à chacun des assassins mots de la rose, qui sort ses épines les plus acérées. Tu m’avais prévenu que ton duc aurait toujours la priorité, et que je ne pourrais jamais passé avant. J’ai cru bêtement que j’aurais pu m’en contenter…mais ça. Il m’insulte et toi tu ne dis rien ? Tu ne me défends pas ? Tu es un lâche incapable de défendre ce qui t’es cher. Je suis déçue…Je ne veux plus te voir. Non, Mélodie », semble-t-il supplier, et dans un geste, ton majordome veut s’élancer à la suite de sa belle. Ton bras le coupe, pourtant, le bloque au milieu du torse. Entrée et repartie, comme un courant d’air, comme une illusion. Laissant derrière elle l’odeur froide et poussiéreuse des pavés de Lorgol, un dernier éclat de voix colérique qui résonne entre vos oreilles, le bruit de ses pas lestes et élastiques sur les marches. Tu sais que les domestiques la laisseront sortir, aller jusqu’à la porte et se sauver, trop éberlués de cette vision.

Césaire s’appuie contre la chaise délaissée et tu ne sais pas, tu ne peux pas deviner que la tristesse qu’il affecte est entièrement jouée. Qu’intérieurement, il remercie la vivacité d’esprit de la Voleuse, et que peut-être bien, il lui apportera un lot de consolation, un bijou cher et élégant dont tu ne remarqueras même pas la disparition. Une pointe de culpabilité te prend, brève. Ce n’est tout de même pas de ta faute si ton humeur si radieuse a été entamée par les imbécilités de ta domesticité ! Il n’a que lui à blâmer, pour cette rupture. Tu te penches tout de même vers le vieillard, qui n’ose toujours plus te regarder, et lui glisse, compatissant : « Ne t’en fais pas, Césaire. Elle reviendra vers toi, j’en suis persuadé. Laisse-le temps décanter sa colère, juste assez pour n’en garder que l’énergie, et tu verras… la réconciliation n’en sera que plus agréable. » Tu ris, de tes propres mots coquins, et tape légèrement son épaule, comme on le ferait, complice, à un ami. Il n’en est rien, pourtant. L’homme s’excuse de ce dérangement, de ces effusions sentimentales fort déplacées, puis se redresse lentement, reprenant cette posture digne et droite que tu lui connais bien. Comme si rien n’était arrivé. Comme si ses yeux n’étaient pas un peu humides et ses joues encore rouges. « Je dois aller chercher quelque chose à ma chambre, je serai ensuite dans l’observatoire pour la journée, je te laisse à tes quartiers. J’espère que tu ne caches pas une autre amante sous mon lit. »

Ton rire se casse contre la pierre, alors que tu dévales les marches jusqu’à ta chambre. Casse, froid, toujours étrange, et tu ne peux t’empêcher de regarder sous le lit, avant de quitter, ton médaillon caché sous ta chemise et un miroir dans ta main.

Juste au cas où.

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La main dans le sac
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