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 Sous les lunes jumelles, dansent les amants

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La Noblesse
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Message Sujet: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Jeu 29 Déc - 4:45


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Alméïde d'Erebor & Castiel de Sombreflamme

Sous les lunes jumelles, dansent les amants

Ou lorsqu'à la faveur de la nuit, l'amour s'épanouit

Ô Mirta, veille sur tes enfants
Dont l’amour jusqu’au firmament s’étend
Ô Valda, bénit ceux dont sous tes lunes
Les âmes ne font qu’une



• Date : Le 17 décembre 1001.
• Météo : Le ciel est dégagé, en cette froide nuit.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Un mois à insister, à quémander, presque à supplier, mais la princesse d'Erebor a enfin succombé à effectuer une visite en Sombreciel. Visite secrète, discrète et pourtant si délicieuse, si prometteuse, pour deux amoureux qui s'aiment malgré l'interdit.
• Recensement :
Code:
• [b]17 décembre :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1621-sous-les-lunes-jumelles-dansent-les-amants]Sous les lunes jumelles, dansent les amants[/url] - [i]Alméïde d'Erebor & Castiel de Sombreflamme[/i]
Un mois à insister, à quémander, presque à supplier, mais la princesse d'Erebor a enfin succombé à effectuer une visite en Sombreciel. Visite secrète, discrète et pourtant si délicieuse, si prometteuse, pour deux amoureux qui s'aiment malgré l'interdit.


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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Jeu 29 Déc - 6:01

Sous la voûte de verre de l’observatoire du palais d’Euphoria, vous êtes lovés l’un contre l’autre, couchés sur le sol où à peine une couverture vous isole de la pierre fraîche. Sous les lunes jumelles d’Arven, vous discutez à voix basse, comme si votre parole pouvait déranger les mille yeux de Valda. La pièce est froide, mais vos corps chauds, sous les couvertures qui vous enveloppent. Vos doigts entrelacés, se quittant parfois pour resservir du vin, pour rire, pour caresser, pour tracer le contour d’un visage et ensuite mieux l’embrasser. Dans un rayon de lune, tu ne vois qu’Alméïde, que ses yeux remplis d’étoile, que son sourire.

Peux-tu rêver d’un plus beau moment ?

Il t’a fallut un mois entier pour attendrir la princesse d’Erebor, pour l’attirer une nouvelle fois en tes terres. Un mois de conversation pratiquement à chaque jour, par médaillon ou par miroir, jusqu’à ce que Niobé vous vole l’un ou l’autre. Un mois de demandes, de supplications, de douceur et de caresses, de prétextes et d’excuses, pour qu’elle vienne à ton palais. Un mois pendant lequel tu as quelque fois voyagé à Lorgol, malgré les réticences chaque fois plus grandes du mage des portails nerveux que tu paies toujours plus grassement afin qu’il tienne sa langue et reste à ton service.
Vous avez pris le thé, dans un coquet salon de la Ville Haute, où tu t’es amusé à faire du pied à ta rougissante compagne. Vous avez été à une exposition de Raphaël, la princesse à ton bras et tous les regards sur vous. Tu lui as offert des robes et des bijoux, tes sourires et des baisers, sans pourtant que tu en aies assez. Quelques fois, oh oui, tendres fois, les mains ont découvert, les bouches se sont enflammées, et pourtant chaque fois, tu as accepté d’arrêter d’un seul mot de ton aimée. Tu as seriné tant de bêtises amoureuses aux oreilles de ton majordome que tu es surpris qu’il ne t’ait pas encore balancé par la fenêtre, mais après tout, n’est-il pas le mieux placé pour comprendre la douce torture de l’amour et les tourments délicieux auxquels il vous condamne ?

Puis, maintenant, elle est là. À tes côtés, belle et rieuse, défaite de ces voiles cielsombrois sous lesquels elle se cache à Euphoria, dame anonyme à ton bras. Tu ne peux retenir un énième baiser, te coupant toi-même dans un commentaire à propos du ciel d’hiver, si différent de celui qu’elle a pu admirer aux Murmures. Un long baiser, qui se termine dans vos souffles désordonnés. « Quel dommage que vous ne puissiez être là à mon anniversaire… » Tu sautes du coq à l’âne, des étoiles à la terre, mais tu n’en as cure. Tu aurais aimé, oui, qu’elle soit à tes côtés, mais tu comprends ses obligations. Tu aurais aimé qu’elle puisse te soutenir, alors que tu sais que ta sœur ne sera pas là, mais elle a son propre frère. « … je pourrais vous enlever et faire de vous mon cadeau. Qu'en pensez-vous ? » Tu l’embêtes, taquin, malicieux, déposes un baiser au bout de son nez, fou amoureux. Anthim est un éternel problème, mais tu parles de lui et d'enlèvement comme si de rien n'était, comme si au-dessus de vos têtes folles ne pendait pas un sabre. Comme si tout était un jeu, le plus beau de tous.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Jeu 29 Déc - 19:32

La nuit est si douce, si paisible. Le temps semble suspendu, simplement à contempler la voûte céleste et ses yeux sombres rivés sur les siens. Et comme ils rient, comme ils s'amusent, aussi inconscients et transis que des adolescents. Leurs murmures emplissent la salle vide et immense, comme le bruissement du vent. À lui parler ainsi, Alméïde en oublie son trouble et ses doutes, elle balaie l'appréhension et toutes ces craintes qui l'assaillent la nuit, quand son esprit la ramène à tout ce qu'une rencontre aussi simple que celle-ci implique. Elle a refusé tout d'abord, réticente, comme elle avait refusé au premier abord de le voir à Lorgol, comme elle avait refusé de le retrouver dans sa tour, juste pour quelques heures volées au sablier du Destin. Elle a voulu suivre les conseils donnés par son conseiller ducal, elle a voulu suivre sa raison, mais elle a cédé plus vite qu'elle ne l'aurait cru possible, désireuse de le voir à chaque instant. Les longues heures passées à discuter à traver le médaillon n'ont fait qu'amplifier cette envie d'être à ses côtés et cette invitation, tout à fait insensée, a essuyé tant de refus avant d'être finalement acceptée. Alors une lettre a pris le chemin de Vivedune, le matin de son départ pour Euphoria, expliquant à son frère les raisons de ce court séjour. Elle aurait dû, peut-être, le contacter via son précieux miroir mais elle a si peur désormais de voir la colère et la déception dans ses yeux clairs. Alors elle repousse tout ça Alméïde, elle le rejette dans un coin de peur de l'affronter et elle savoure chaque seconde passée dans les bras de Castiel, à goûter à ses baisers brûlants, l'esprit quelque peu étourdi d'avoir bu quelques verres de vin depuis tout à l'heure.

« Quel dommage que vous ne puissiez être là à mon anniversaire… » Elle lui offre un sourire contrit, désolé. Elle a d'autres obligations et d'un autre côté, elle ne se serait peut-être pas sentie aussi à l'aise au milieu de tout ce monde, au coeur d'une fête cielsombroise, alors qu'elle peut simplement profiter d'être seule en sa compagnie, à cet instant. Elle rougit à cette idée mais ne dit pas un mot, blottie tout contre lui. « … je pourrais vous enlever et faire de vous mon cadeau. Qu'en pensez-vous ? » Elle rigole doucement, sans songer à le contredire. Elle rigole pour ne pas penser au sérieux de la situation, à tout ce que cela pourrait engendrer. Elle rigole pour ne pas briser cette bulle dans laquelle ils sont en les ramenant sur terre bien trop brutalement. « C'est une idée tentante... J'ai un véritable cadeau pour vous, cependant. Je... je vous le donnerai tout à l'heure. » déclare-t-elle, à la fois timide et mystérieuse. Elle a peur que ça ne lui plaise pas, qu'il soit déçu, lui qui doit recevoir quantité de présents incroyables. Sans parler de tous ces cadeaux de fiançailles reçus au palais et qui n'ont pas tous été retournés, elle en mettrait sa main à couper.

« Peut-être... pourriez-vous venir au mien, en mars... ? J'essayerai de convaincre Anthim mais je... ne garantis rien. » propose-t-elle, toujours avec cet amusement maladroit, qui masque un malaise plus profond qu'elle s'efforce d'ignorer. De ses mains, elle s'empare de la sienne, retraçant du bout des doigts la fine cicatrice de sa paume avec une douceur infinie. Elle n'a pas envie que la soirée se termine, qu'elle marque la fin d'une nouvelle journée en sa compagnie, que la course du temps reprenne frénétiquement. Déjà, elle redoute le moment de rentrer, elle redoute la fin d'année qui signifiera son retour à Vivedune et plus de difficultés pour se voir. Il lui restera son miroir et son médaillon, mais ce n'est pas vraiment la même chose, pas vrai ?

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Dim 1 Jan - 3:30

Elle ne s’oppose pas à ta suggestion farfelue, la belle Erebienne, ta suggestion qui ferait rager son frère et ton père. Ta bouche s’égare sur ses joues, ses lèvres, sa mâchoire, parsemant la peau mate de baisers. Tu en découvres chaque fois avec ravissement la douceur, le goût, le parfum, comme si tu n’avais jamais touché de femme auparavant. « C'est une idée tentante... J'ai un véritable cadeau pour vous, cependant. Je... je vous le donnerai tout à l'heure. » Un cadeau ? Tu relèves la tête, intrigué, cessant ton exploration patiente de chaque parcelle de peau dénudée d’Alméïde. Tu as mille questions à poser, mais l’air mystérieux de la dame t’empêche de les prononcer. Tu aimes les surprises, alors autant en profiter. Puis, tu as confiance en elle. Tu sais que tu aimeras ce qu’elle t’a choisi ; par Mirta, tu serais content qu’elle t’offre un sac de pommes de terre, puisque la seule idée qu’elle l’ait choisi en pensant à toi te remplirait de joie !
Cela dit, désormais, ton excitation se reporte sur ce cadeau inconnu, et tu dois te retenir d’imaginer les cent formes qu’il peut prendre, des plus réalistes aux plus incroyables.

« Peut-être... pourriez-vous venir au mien, en mars... ? J'essayerai de convaincre Anthim mais je... ne garantis rien. » Ô, douce idée qui sonne agréablement à tes oreilles, même si vous savez tous les deux qu’en effet, rien ne peut être garanti. Votre relation est risquée, son avenir incertain, et chacune de vos rencontres est un pied de nez aux nombreuses interdictions et menaces qui planent sur vous. Un frisson te traverse, alors qu’elle caresse la cicatrice qui fend ta paume gauche. « Ce serait agréable. » Vivedune en mars. Vivedune avec ton aimée. Vivedune à découvrir à travers les yeux de cette femme merveilleuse. Elle pourrait même te faire apprécier Erebor, te faire renouer avec ces terres que ta mère a renié pour se marier, cette femme merveilleuse. Cette idée te fait rire, doucement, mais elle ne te semble pas si saugrenue. Ne lui apprends-tu pas à apprécier Sombreciel, duché tant honni par vos voisins du nord ? Ne lui enseignes-tu pas la sensible versatilité de tes sujets, la beauté des paysages sauvages, la poésie qui repose en chaque chose ? Pourquoi serais-tu au-dessus de cet apprentissage, alors ? « Et ce serait à moi de me vêtir à l’erebienne… quoique j’ose espérer que vous m’aimiez suffisamment pour m’épargner les turbans, Alméïde. »
Tu as le regard sérieux, presque sévère, mais le sourire qui ne fond pas sur tes lèvres détrompe toute menace, toute ombre, qui pourrait s’immiscer dans ce commentaire rieur. Tu pouffes, même, à t’imaginer portant un des ridicules turbans moisis qu’Anthim ne manque jamais d’arborer lors des rencontres officielles, et cette image fat revenir dans ton esprit un autre souvenir. « Lorsque j’ai pris ma couronne, Maximilien m’a transmis une liste de recommandations à suivre afin de conserver une bonne entente avec Erebor. Tu n’as plus revu cette liste depuis longtemps, probablement cachée entre deux livres, mais tu te rappelles de certains de ses points. Dont celui-là et quelques autres. Il y est strictement mentionné que je ne dois pas rire des turbans. » Et tu ris, encore, du ridicule de ce conseil ! Tu ris de t’imaginer coiffé d’un couvre-chef du genre ! Et tu ris encore plus en pensant à l’idée que non seulement tu réfléchis, peut-être un peu trop sérieusement, à enlever une Erebienne, mais la sœur même du duc ! Tu enfouis ta tête dans le cou d’Alméïde, ton rire se perdant dans le creux de son épaule, dans le soyeux de ses cheveux. « J’étais si jeune… » Non, tu ne crois pas que Maximilien t’aurait donné ces conseils, si tu avais pris ta couronne à ton âge actuel. N’est-ce pas ?

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Dim 1 Jan - 15:38

Sa peau est parcourue de frissons, elle frémit sous chacun de ses baisers, elle rougit de tant d'attention. Blottie contre ses bras, elle savoure la douceur de l'instant, toujours aussi troublée par sa proximité mais plus en confiance désormais qu'elle ne l'a jamais été. Il n'y a pas lieu d'en jouer, Alméïde se sent bien sous ces couvertures qui les protègent à peine du froid. D'un froid mordant dans un duché où la neige a lentement tout recouvert. Mais c'est dans la chaleur de ses bras qu'elle s'apaise et dans la complicité de leur discussion qu'elle se laisse emporter sans réfléchir, naturellement.

« Ce serait agréable. » Elle lui offre un sourire tendre, ravie que l'idée lui plaise. Elle s'imagine déjà en sa compagnie, sur les terres qui l'ont vue grandir, parcourir les dunes à dos de chameau, visiter les oasis et le grand bazar de la capitale erebienne. Elle se voit lui montrer tout ce qui fait la beauté de ce duché de roc et de sable, elle se voit partager ce qu'elle aime, ce qu'elle se rappelle, tout ce qui fait de sa demeure l'endroit le plus cher à son cœur. Elle aimerait tant lui faire découvrir ses terres, lui confier tout ce qui les rend si belles, lui murmurer les secrets qui parcourent les dunes et le faire voir par ses yeux. Alméïde s'efforce de ne pas songer à tout ce qui pourrait contrecarrer ces douces perspectives et elle ne garde en son coeur que l'espoir de les voir se réaliser un jour.

« Et ce serait à moi de me vêtir à l’erebienne… quoique j’ose espérer que vous m’aimiez suffisamment pour m’épargner les turbans, Alméïde. » Elle rit face à ce regard faussement sévère. Venant d'un homme dont le peuple s'affuble de chapeaux semblables à des pièces montées ou des nids d'oiseau, c'est un brin absurde, mais qui est-elle pour le forcer à quoi que ce soit ? Elle répond pourtant avec malice : « Oh, quel dommage, je suis certaine qu'ils vous iraient à ravir. » Et une lueur mutine brille dans son regard. « Lorsque j’ai pris ma couronne, Maximilien m’a transmis une liste de recommandations à suivre afin de conserver une bonne entente avec Erebor. Il y est strictement mentionné que je ne dois pas rire des turbans. » À nouveau, elle rit doucement, de concert avec Castiel. « J’étais si jeune… » Son souffle dans son cou la fait frissonner mais elle ne se défait pas de ce sourire teinté d'un amusement sincère. Ses doigts se perdent sur sa joue, distraitement, et son regard se lève à nouveau vers les étoiles.

« C'est un conseil très avisé. » déclare-t-elle d'un ton léger. Elle sait combien ces turbans sont importants aux yeux de son frère mais également de son peuple. Ils sont une fierté pour les clans et certains sont fabuleux, certainement d'une valeur inestimable. « Je ne crois pas que vous l'ayez suivi à la lettre pourtant. » ajoute-t-elle, espiègle. Elle tourne à nouveau la tête, faisant face à Castiel pour le regarder droit dans les yeux. Perdue dans ce regard sombre, elle se demande encore pourquoi ils sont si nombreux à vouloir les empêcher de se voir. N'a-t-il pas toujours été charmant avec elle ? Agréable, rieur, respectueux ? Si l'on oublie l'incident du couronnement bien entendu. Mais plus que ça, il y a une sincérité dans ses yeux, une vulnérabilité qui la touche et qui l'incite à lui faire confiance malgré tout ce qui a pu se passer auparavant. Et sous ce regard, elle rougit encore, à nouveau timide, un peu désemparée. Pourtant elle s'avance légèrement, dépose ses lèvres sur les siennes avec douceur. C'est qu'elle y prend goût, la princesse, à cette tendresse, à ces baisers et ces caresses. Ses joues semblent s'embraser à cette seule pensée et quand enfin leurs bouches se quittent, son souffle est court, ses gestes fébriles. « Qu'y avait-il d'autre sur cette liste ? » demande-t-elle dans un murmure hésitant, curieuse de savoir ce que son conseiller a bien pu lui dire pour éviter les désaccords avec Erebor, amusée par le simple fait qu'une telle liste existe.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Dim 1 Jan - 22:07

Elle a embarqué dans ton jeu, la douce Erebienne, riant aussi, proposant que les turbans en question t’iraient à ravir. Elle n’en est pas moins de l’avis de ton père et conseiller : « C'est un conseil très avisé. Je ne crois pas que vous l'ayez suivi à la lettre pourtant. Vraiment ?, plaides-tu avec une innocence feinte, retenant un autre rire, un autre éclat. Je ne vois pas du tout ce dont vous parlez. » Tu vois bien trop, tu sais bien trop, vous savez tous les deux.

Tu te perds dans son regard, sans un mot, toi qui es si bavard. Il y a bientôt un an, qu’elle est venu à ta suite pour te faire visiter le palais, et jamais tu ne pensais que cette rencontre évoluerait en… en cela. Tu pensais à un jeu, peut-être, à une amitié, même, mais pas à cette vague déferlante de sentiments. Tu es presque timide, à certains instants, vulnérable, laissant la part lumineuse de toi prendre le dessus sur celle sombre et dangereuse. Tu ne veux plus l’effrayer, la blesser, tu ne veux plus qu’elle parte. Et où tu es timide, de plus en plus la princesse se fait entreprenante, venant cueillir ta bouche dans un doux baiser qui rapidement s’approfondit, s’enflamme. Tu caresses sa joue, son cou, d’une main qui ensuite lentement descend le long de ses courbes voilées. Effleurant sa poitrine, sa taille, ses hanches, sans jamais s’y déposer, anticipant le toucher. « Qu'y avait-il d'autre sur cette liste ? » Tu réfléchis quelques secondes, sans t’éloigner de son visage. Vos lèvres s’effleurent à chacun de ses mots, des tiens, à chaque inspiration, contact si doux et si tentateur. De ce guide, que tu as lu lors de la prise de ton trône, tu as oublié la majorité des points. Ces années sont perdues dans les mêmes brumes qui entourent le port d’Euphoria et puisque tu n’as toujours pas remis la main sur cette liste… De ta mémoire s’extirpent quelques bribes de conversations avec Maximilien, quelques recommandations rappelées au fil de vos conversations et des réprimandes. « Mmm… quelque chose à propos des balayeurs de sable… Occupation obsolète pourtant régulièrement ramenée à la vie, lors de conflits trop grands. … de la fiancée volée, de Sinsarelle… » La fiancée, de Sombreciel selon certaines histoires et d’Erebor selon les autres. Sinsarelle, le domaine de ta douce sœur. Tu n’épilogues pas sur ce point, tant la pensée de Mélusine encore te blesse, même si tu en viens lentement à une acceptation de ton sort. Une acceptation triste et douloureuse, mais qui est ta seule option. « … et une bien curieuse mention à propos des Erebiennes. »

Ton sourire, légèrement fané à la pensée de Sinsarelle, remonte sur ton visage. Tu attrapes ta coupe de vin et en bois une longue gorgée, ménagent à peine de suspense sur ce conseil déjà fort explicite. « Comme quoi elles sont… charmantes, drôles, intelligentes, sensuelles… et strictement interdites d’approche. Tu gardes le silence sur le premier de tous les conseils, le plus important, celui que tu outrepasses à chaque instant passé avec elle. Ça non plus, je ne l’ai pas suivi à la lettre, et pourtant… je n’arrive pas à m’en vouloir. » Si belle, perdue sous la voûte céleste, entre tes bras. Si belle et tu en veux plus encore. Tu veux son corps, son cœur, tu veux qu’elle devienne tienne.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Dim 1 Jan - 23:58

« Vraiment ? Je ne vois pas du tout ce dont vous parlez. » Un sourire en coin répond à cette remarque faussement innocente. Elle l'observe avec un air qui se veut sévère mais qui n'a rien de vraiment sérieux alors qu'elle songe à toutes ces réunions diplomatiques où les insultes se sont déversées d'un côté comme de l'autre, toujours plus originales et hautes en couleur, toujours plus mesquines et pleines de hargnes. Elle n'a pas souvent assisté à ces instants, Alméïde. Elle n'en avait ni l'utilité, ni l'envie à vrai dire, mais les rares fois où elle a été témoin de ces scènes sont restées gravées dans sa mémoire. Jamais encore elle n'a vu son frère perdre autant son sang-froid que face au duc de Sombreciel, et jamais elle n'a vu Castiel se montrer aussi désagréable que lorsqu'il se trouvait face à Anthim. Elle n'arrive pas à comprendre cette haine qui perdure depuis des années, des siècles même, remontant à des temps immémoriaux que personne ne se rappelle. Elle n'arrive pas à saisir ce qui alimente ce feu alors que chacun gagnerait à s'ouvrir à l'autre, ne serait-ce qu'un peu. Elle les regarde, l'un et l'autre, et elle voit en eux le meilleur, surpassant le pire. Elle voit les possibilités, elle voit la noblesse et la force de caractère. Elle voit ce que tous les deux s'obstinent à ne pas voir chez l'autre malgré ses efforts pour leur ouvrir les yeux et elle est un peu plus lasse à chaque instant de se sentir aussi impuissante face à cette situation inextricable. Lasse de ne rien pouvoir faire pour améliorer les choses alors que des sentiments plus fort prennent peu à peu racine en son coeur, dans tout son être. Il lui semble être dans une impasse. Mais comme cette impasse semble douce à cet instant précis où leurs lèvres se cherchent, où leurs corps se frôlent. Elle frissonne sous des baisers brûlants et sur sa bouche se dessine un sourire qu'elle ne peut masquer alors qu'ils restent si proches.

« Mmm… quelque chose à propos des balayeurs de sable... de la fiancée volée, de Sinsarelle… » Oh, oui. Que des sujets légers en somme, de ceux qui ne sauraient toucher la corde sensible du duc d'Erebor s'ils venaient à être mentionnés. Elle est partagée entre l'amusement et la gravité, Alméïde alors qu'il fouille dans sa mémoire à la recherche des autres points de cette fameuse liste. « … et une bien curieuse mention à propos des Erebiennes. » Elle affiche une moue interrogatrice, empreinte de gêne, tandis qu'il boit une nouvelle gorgée de vin. Elle en avait presque oublié son verre, encore à moitié plein. Certainement pas le premier de la soirée, mais elle n'a vraisemblablement pas besoin de ça pour s'enivrer cette nuit. « Comme quoi elles sont… charmantes, drôles, intelligentes, sensuelles… et strictement interdites d’approche. » Ses joues se parent d'un rose soutenu, ses lèvres s'ornent d'un sourire timide. « Ça non plus, je ne l’ai pas suivi à la lettre, et pourtant… je n’arrive pas à m’en vouloir. » Puis elle relève les yeux vers les siens. Un peu hésitante, un peu troublée, mais compréhensive face à cet aveu dans lequel elle se retrouve peut-être légèrement. Malgré les interdits, malgré les doutes, ils sont là tous les deux et elle ne regrette pas d'avoir finalement accepté cette invitation.

« Ce n'est pas tout à fait vrai. Je crois me rappeler que c'est moi qui suis venue à votre rencontre et non le contraire... » répond-elle, le regard tendre, espiègle. C'est elle qui l'a abordé, mais n'a-t-il pas fait le reste du chemin qui les séparait alors ? Si elle avait su... aurait-elle agi de la même manière, la princesse des dunes ? Elle n'a pas de réponse à cette interrogation silencieuse et peu lui importe. Ses doigts effleurent sa joue, les contours de son visage. Geste léger, toucher presque imperceptible. « Je dois néanmoins vous reconnaître une certaine... obstination. » ajoute-t-elle, rieuse, un peu confuse. Elle se blottit un peu plus contre lui, enfouit le visage dans le creux de son cou pour masquer cette gêne soudaine qui s'empare d'elle. Il est d'une patience infinie avec elle, fait preuve d'une douceur considérable. Elle s'est trouvée si souvent près de céder, de laisser ce mélange confus de sentiments et de désir prendre le dessus, l'esprit embrouillé par des rêves troublants. Et pourtant elle n'a jamais osé faire ce dernier pas. Pas même la veille, lorsqu'il a susurré à son oreille que le passage secret entre sa chambre et la sienne avait été remis en état. Oh, c'est à peine si elle a fermé l'oeil en y songeant, la princesse, mais la tapisserie masquant le passage est restée irrémédiablement intouchée. La chaleur s'empare de ses joues à cette seule pensée et elle est bien heureuse qu'il ne puisse la voir, que l'obscurité les englobe malgré les mille lueurs qui semblent veiller sur eux.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mar 3 Jan - 3:10

Elle comprend bien ce que tu ne dis pas, ce que ton silence exprime. Pourtant, elle ne s’empêche pas une charmante espièglerie, qui t’arrache un petit rire : « Ce n'est pas tout à fait vrai. Je crois me rappeler que c'est moi qui suis venue à votre rencontre et non le contraire... » Oh, si c’est cela ! Il n’y a donc plus aucun problème à ce que vous partagiez la compagnie de l’autre, puisqu’elle a été la première, puisqu’elle est celle qui a initié cette relation et non pas lui. Même si personne ne pourrait prévoir, ne pouvait prédire, ce que ferait naître cette innocente soirée. Ses doigts lèvent de légers frissons sur ta joue. « Je dois néanmoins vous reconnaître une certaine... obstination. » Il est facile de parler de harcèlement, tu en conviens, mais obstination… c’est très bien.

Tes bras se referment autour d’elle, alors qu’elle se blottit encore plus étroitement contre ton corps. Tu jurerais que les étoiles rient, au-dessus de vous, qu’elles s’attendrissent, que leur silence baigne la beauté du moment autant que leur lumière ténue. Ta main vient retrouver les longs cheveux dénoués, laissant leurs mèches sombres glisser sur ta paume, entre tes doigts. Tu es Cielsombrois, particulièrement touché par la vue d’une chevelure lâche, et celle de l’Erebienne a sur toi un pouvoir pratiquement aphrodisiaque que tu ne caches pas. Y a-t-il une partie de son corps que tu ne trouves pas ravissante ? Tu ne les connais pas encore toutes, non, tu n’as pas encore eu le plaisir de découvrir chaque parcelle de son être, mais tu sais déjà que tu seras à genou devant chaque centimètre de peau, chaque grain de beauté, vénérant la belle comme si tu étais aux pieds de Mirta elle-même. Tu es fougueux et pourtant pour elle, tu sais trouver en toi des trésors de patience, une délicatesse précautionneuse, désireuse de ne pas la brusquer. Entre elle et toi, tu devines qu’il y a un monde, lorsqu’on en vient à parler des choses de la chair, peut-être même de celles de l’amour tout simplement, et tu ne veux point presser celle que tu aimes. Puis, l’attente n’a-t-elle pas un goût inédit qui rend le désir douloureusement lancinant, parfois même insupportable ?
Ce soir, peut-être, oseras-tu passer la tapisserie qui masque le passage entre vos chambres. Peut-être feras-tu autre chose que te tenir debout devant celle-ci, le cœur battant, sans avancer d’un pas.

À ces pensées agréables, suivent d’autres plus mélancoliques. Le souvenir d’une fois où tu as voulu justement exprimer ce désir brûlant, ces sentiments naissants, et où tu as tout gâché. Où tu as cassé tout ce que tu touches, tout ce que tu aimes. Enfant ingrat, enfant terrible. « J’ai peur de vous blesser », murmures-tu, confiant le secret à ses oreilles et aux étoiles. Alméïde appelle la clarté, chez toi, elle génère la lumière, mais tu sais que tu n’es pas seul. Que tu n’es pas un. Ils sont nombreux, à être fous, et tu n’es pas le moindre des déments, parcouru de ces ombres noires qui ont été tes maîtresses, tes monstres, pendant tout l’été. Tu crains qu’un jour, tu sois avalé par la noirceur de ton âme, et que ce faisant, tu tentes aussi de la dévorer. « Je vous aime tant. » Tu pourrais mourir pour elle. Tu pourrais tuer pour elle. Depuis que tu as dit ces terribles mots à Maximilien, il ne passe pas un jour sans que tu y penses, sans que tu sois obsédé par ce qui te semble une fatalité.

Doucement, tu te redresses, puis bascules Alméïde sous toi. Tu la surplombes, ton corps appuyé contre le sien, et cette vue splendide et suggestive te ravit. De la joie à la tristesse, puis une nouvelle fois à la joie, toujours sans prévenir. Sans avertir. Un baiser, chaud et profond, où doucement vos langues se mêlent, jusqu’à ce que la tienne descende le long de son cou, jusqu’à la poitrine voilée. Ta main droite remonte le long de sa cuisse, jusqu’à venir empoigner sa hanche, le tissu froissé entre tes doigts. Tu te fais un peu hardi, Castiel, les baisers se changeant en douces morsures, les arabesques délicates en caresses appuyées, sans que pourtant tu ne fasses tomber la barrière de vos vêtements. « Que dois-je faire pour obtenir ce cadeau, Alméïde ?, murmures-tu contre le sensible épiderme que tu embrasses, que tu dévoiles, repoussant le tissu luxueux de chaque fois quelques millimètres à peine. Je suis prêt à me plier à vos exigences. » Oh oui, qu’elle t’en demande, par Mirta, qu’elle exige de toi n’importe quoi.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mar 3 Jan - 15:30

Elle ferme un instant les yeux, bercée par sa respiration, par les battements de son cœur qui lui parviennent si nettement. Elle se sent apaisée, ainsi blottie dans ses bras, sous de délicates attentions. Elle se sent... en confiance oui, auprès de cet homme contre lequel tout un chacun la met en garde depuis des semaines, des mois même. Veillés par Valda, ils semblent désormais coupés du monde, loin de tout ce qui pourrait blesser. À cet instant, il n'y a pas de conflits entre duchés ou empires, il n'y a pas de rumeurs, de colère, de rancœur ou de peur. Il n'y a qu'eux et leurs souffles qui se perdent dans le silence de la nuit. Alméïde sent quelques fois son cœur s'emballer mais elle ne peut effacer un doux sourire de ses lèvres tandis qu'il la serre un peu plus contre elle.

« J’ai peur de vous blesser » Les paroles retentissent dans un murmure qui se porte droit sur son cœur. Le visage enfoui dans son cou, elle reste immobile, se serre un peu plus contre lui, comme pour le rassurer. Il a peur et elle aussi parfois, mais elle ne veut plus laisser la crainte l'emporter comme elle l'a fait jusqu'à présent. Elle ne veut plus penser à ce qui pourrait être, elle ne veut voir que la lumière dans une période où les ténèbres semblent gagner du terrain. Elle ne veut que songer au meilleur et chasser le pire de ses pensées, de son cœur. Ca n'a pourtant rien de facile quand chaque jour, souvenirs et avertissements se rappellent à elle, insidieux, cherchant à éveiller en elle une culpabilité et une appréhension qui pourraient finir par la ronger. Mais à cet instant, il y a Castiel, il y a sa voix grave au cœur de la nuit et ses bras qui l'enveloppent avec douceur. « Je vous aime tant. » Elle sent son estomac qui se tord, sa gorge qui se noue. Ces mots, il les a déjà quelques fois prononcés, murmurés, déclamés à son oreille depuis plusieurs semaines à se parler tous les soirs à travers un médaillon, à se rencontrer parfois au cœur de Lorgol. Ces mots qui parfois la surprennent encore et auxquels elle n'a encore jamais répondus. Et à nouveau, c'est le silence qui se fait autour d'eux, au rythme de leurs cœurs battants.

Il y a pourtant cet instant où tout bascule. Allongée sur le sol, elle aperçoit alors très nettement la silhouette de Castiel qui se découpe sur le ciel étoilé. La chaleur s'empare de ses joues, de tout son corps, dans ce baiser langoureux et plein de promesses. Elle frissonne de le sentir parcourir ainsi sa peau, elle frémit un peu plus à chaque instant. Elle ne peut même retenir quelques soupirs alors que ses yeux se perdent dans la voûte céleste et qu'elle perd toute notion de contrôle. « Que dois-je faire pour obtenir ce cadeau, Alméïde ? » Elle retient son souffle, incapable de répondre, paralysée par la vague de sensations qu'il éveille en elle. « Je suis prêt à me plier à vos exigences. » Les mots se perdent dans sa gorge sans qu'elle ne puisse les prononcer. De sa respiration saccadée, elle bafouille quelques paroles incompréhensibles. Il lui faut plusieurs secondes sous l'assaut de ses baisers et de ses caresses pour parvenir à articuler d'un simple murmure : « Castiel... » Il semble s'arrêter quelque peu dans son élan, relève la tête pour la regarder et elle peine à soutenir ces yeux sombres et profonds. Elle frissonne, elle tremble presque et elle sait que d'un mot, il saura baisser les armes, respecter ses envies et ses désirs. Il demande à savoir ses exigences, mais elle n'en sait rien, elle ne sait pas ce qu'elle veut. Elle a peur de ces sensations qu'il fait naître en elle, peur d'être vulnérable entre ses mains, peur de ne plus pouvoir revenir en arrière, peur d'être blessée à nouveau peut-être, peur de le décevoir aussi, certainement. Il y a bien longtemps qu'aucun homme n'a posé ainsi ses mains sur elle et elle ne se rappelle pas s'être déjà sentie aussi démunie.

« Je... » Elle s'efforce de contrôler sa respiration rendue erratique. Ses doigts viennent alors caresser sa joue, descendent jusqu'à sa nuque. L'hésitation est encore présente, mais elle veut chasser la peur. Alors elle retrouve son regard, un sourire à la fois tendre et timide sur les lèvres. Elle se dit que c'est sûrement ce que doit ressentir un Voltigeur avant de sauter dans le vide pour la première fois. « J-je... je vous aime. » murmure-t-elle maladroitement, le visage empourpré avant de se mordre la lèvre devant son audace. Elle a osé. Et elle sait, à l'instant où elle prononce ces mots, que c'est vrai, que c'est grand et que c'est terrifiant. Elle l'aime cet homme pour qui elle défie les interdits. Elle l'aime assez pour prendre des risques inconsidérés. Elle se redresse légèrement Alméïde, pour se rapprocher encore un peu, pour poser ses lèvres sur les siennes de façon aussi brève que timide. « Je... ne sais pas si je pourrai... si je saurai... Je ne v-veux pas vous...décevoir. » Elle n'ose pas le regarder dans les yeux. Elle pourrait presque sentir la chaleur qui émane de son visage, tant elle se sent soudain honteuse. Oh, que Mirta lui vienne en aide.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mer 4 Jan - 4:34

La chaude robe erebienne est un obstacle que tu écartes patiemment, sans jamais oser t’aventurer plus loin sous les jupes ouvragées. La retenue d’Alméïde est le guide que tu dois suivre et autant ton désir est présent, autant ta patience est vive. À quoi bon se presser, à quoi bon forcer la main ? Tu laisses tes lèvres parcourir toutes les broderies bordant ce sage décolleté, tu ris contre cette peau brûlante, d’entendre les bafouillements de la princesse, incapable de répondre à ta question. À ta proposition. Dans ses paroles confuses pourtant se détache un mot. Ton prénom, dans un murmure presque suppliant : « Castiel... » Tes attentions lentement diminuent et ton regard noir vient capter le sien. Dans l’envie, il y a une respectueuse interrogation. Dois-tu cesser ? Dois-tu continuer ? Elle est celle qui mène la danse, cette nuit.

Elle hésite, pourtant, la belle princesse, sa voix faillit, faiblit. Elle a le souffle court, trop pour parler, trop pour penser. Sa main vient chercher ton visage, ta nuque, et contre sa paume chaude, tu te prends à presque ronronner, un grondement sourd remontant de ta poitrine. Vos yeux ne se quittent pas et le retour de son sourire t’enchante. Certainement pas autant que les mots qu’enfin elle réussit à prononcer : « J-je... je vous aime. »

Ô, Mirta.

C’est à toi, de ne plus respirer, de ne plus être apte à parler. Tu en as rêvé, n’est-ce pas ? Rêvé de ces tendres mots, prononcés à ton égard, rêvé d’eux, alors que tu ne les crains pas lorsque sortant de ta bouche. Tu ne les crains plus, plutôt, qu’importe tout ce qu’ils représentent. Le danger, le désir, l’interdit, l’infini. Et pourtant… ce n’est jamais aussi beau que la réalité, aussi intense que ce murmure maladroit et sincère qui t’enflamme. Lorsqu’elle te gratifie d’un baiser, tu sens les larmes perler entre tes cils, s’écraser sur tes joues et jusque sur les siennes, l’émotion se faisant trop grande pour que tu puisses la retenir. « Je... ne sais pas si je pourrai... si je saurai... Je ne v-veux pas vous...décevoir. » Te décevoir ? Oh, malheur ! À l’émotion suit un sérieux subit, jusque dans tes yeux encore brillant de quelques larmes. Tu t’écartes de son corps légèrement et le froid te mord, soudain, alors que les couvertures s’écartent et que leur chaleur bienheureuse se dissipe un peu. Tu veux mieux la regarder, la contempler, et tu veux qu’elle te regarde aussi. Qu’elle lise dans tes yeux. Ta main glisse de sa taille à son visage, soulevant son menton avec douceur. Tu ne peux résister à l’envie de lui voler un énième baiser, sans que tu sois le moins du monde rassasié. « Quel amant serais-je, si je riais de vous, Alméïde ? » Tu serais maudit de Mirta, tu le sais, maudit d’oser te moquer de ceux qui sont débutants dans le sexe, dans le plaisir. Tu serais égoïste, tu serais pauvre, tu serais mauvais, tu ne serais certainement pas Cielsombrois, friand de donner autant que de recevoir. La déesse vous bénit pour votre ardeur, pour votre générosité, pour cette ouverture dont vous faites preuve et pour l’amour que vous éprouvez, parfois jusqu’à la folie. À quoi bon s’attirer ses foudres ? « Rien de vous ne pourra me décevoir, Alméïde, puisque l’amour est une découverte. Je dois tout apprendre de vous. »
De nouveaux baisers, voraces, presque affamés. Tes mains, exploratrices, aventureuses, qui remontent la robe jusqu’aux cuisses, afin de caresser l’épiderme soyeux dont tu te meurs. Tu colles ta bouche à son oreille, ton souffle chaud se perdant dans son cou. Ta voix est rauque, encore plus basse, alors que tu murmures contre elle : « Apprendre que faire pour que vous trembliez, frissonniez, gémissiez… Tes dents se plantent dans la tendre chair de son cou, brièvement, et lorsque son corps s’arque, tu l’épouses du tien. … hurliez… » Tu ne ris plus, tu trembles tout autant qu’elle, et tout est si proche de déraper, tu dois te raccrocher à ce qui te reste de retenue pour t’arrêter, pour ne pas simplement la sortir de cette robe aussi belle qu’encombrante et l’aimer jusqu’à ce que tu en oublies ton propre nom. Te retenir, pour soupirer dans son cou : « Puis-je vous inviter à ma chambre ? »

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mer 4 Jan - 19:36

Vient-elle vraiment de prononcer ces mots ? Sont-il réellement sortis de sa bouche ? Son cœur bat encore de façon intense, d'avoir ainsi osé, d'avoir laissé échapper cet aveu sous les yeux attentifs de Valda, aux oreilles de Castiel. Elle l'aime oui, avec douceur et avec tendresse. Elle l'aime sans trop savoir comment ça a pu arriver, mais ça lui semble alors tellement évident et tellement fort. Ca vibre dans tout son être et elle n'a pas assez de sa présence, de ses baisers... de ses caresses. Elle frémit à cette pensée, rougit de ce désir grandissant et de cette gêne qu'elle exprime avec maladresse et timidité. Elle relève pourtant les yeux, quand il l'y encourage d'un geste délicat. Son regard sombre et brillant de larmes semble soudain bien sérieux mais le baiser qu'il lui offre l'apaise, la rassure. Autant que les mots qu'il prononce ensuite. « Quel amant serais-je, si je riais de vous, Alméïde ? » Elle soutient ce regard, parvient à sourire timidement, nerveusement. « Rien de vous ne pourra me décevoir, Alméïde, puisque l’amour est une découverte. Je dois tout apprendre de vous. » Son visage s'empourpre un peu plus et son cœur s'emballe alors qu'il s'empare à nouveau de ses lèvres avec fougue. De ces baisers, elle en savoure chaque instant, malgré le souffle qui lui manque, malgré la fébrilité de ses gestes. Elle frémit plus encore de sentir sa robe se soulever ainsi, de sentir ses mains à des endroits de sa peau où il ne s'est encore jamais aventuré. Il est Cielsombrois, il est un enfant de Mirta et la déesse semble guider chacun de ses gestes, tant et si bien qu'elle perd bientôt pied. Oh, a-t-elle déjà ressenti un tel désir ? Même dans les songes ardents que Trelor lui a tissés, il y avait encore cette retenue qui est la sienne, bien loin de cette réalité troublante. Ses doigts s'accrochent doucement à ses épaules, timidement tout d'abord, puis plus fort.

« Apprendre que faire pour que vous trembliez, frissonniez, gémissiez… » Un soupir, presque un gémissement s'échappe de ses lèvres sous la surprise quand il mord sa peau. « … hurliez… » Son corps tout entier est parcouru de frissons. Elle ferme les yeux, s'efforce de retrouver un semblant de contenance mais elle sait bien que c'est inutile. Elle est délicieusement assujettie au moindre de ses gestes, au moindre de ses baisers. « Puis-je vous inviter à ma chambre ? » Elle reste un instant interdite, silencieuse, le cœur battant à tout rompre. Dans sa chambre. Aller dans sa chambre. Avec lui. Et... oh, par Mirta, pourquoi faut-il qu'elle rougisse autant ? « Oui, d-d'accord. » répond-elle dans un souffle.

Encore un baiser, brûlant, encore une étreinte, avide, et ils finissent tout de même par se relever. Alméïde s'empare de la main qu'il lui tend, se redresse maladroitement, un peu étourdie par le vin mais plus encore par tout ce qui vient de se passer. Elle réajuste un peu sa robe, peu désireuse d'être vue ainsi dans les couloirs du palais et elle récupère les couvertures tandis qu'il s'occupe de la bouteille. Puis elle le suit à l'extérieur de l'observatoire. Le palais d'Euphoria est presque silencieux, traversé de courants d'air. Le chemin n'est pas long jusqu'aux appartement du duc, mais c'est sans compter sur leurs nombreux arrêts ; à l'angle d'un mur où les lèvres se rejoignent, devant une fenêtre où les mains explorent, relâchant tout ce qu'elles transportent. Ils rient et ils dansent, ils prennent le temps et frissonnent d'impatience. Alméïde sent la nervosité valser avec l'envie et quand enfin ils parviennent devant la porte de sa chambre, elle sent son cœur s'affoler. Elle le suit pourtant à l'intérieur, dans la semi-obscurité et elle a à peine le temps de jeter un coup d’œil curieux autour d'elle que ses bras l'étreignent. Leurs bouches se retrouvent, se heurtent, se caressent. Debout au milieu de la pièce, enlacés, enflammés. Ses mains s'agrippent à la chemise, comme pour ne pas perdre pied et puis, doucement, elle parvient à glisser un « Attendez... » dans un murmure essoufflé.

Sans le quitter des yeux, elle a un mouvement de recul, fait un simple pas en arrière. Elle se dégage de ses bras, juste un instant, frissonne d'échapper à la chaleur affolante qui l'enveloppait jusqu'à présent. Son coeur cogne contre sa poitrine et elle se mord la lèvre, surprise par sa propre audace alors qu'elle défait doucement les attaches de sa robe, dans des gestes fébriles, rendus maladroits. Il lui faut plusieurs secondes pour venir à bout de l'une d'elles, tant ses doigts tremblent, mais le vêtement glisse finalement jusqu'au sol dans un bruissement discret. Sa peau est parcourue de frissons, tant à cause du froid que de la nervosité et elle est rouge, l'Erebienne, quand elle relève les yeux vers lui. Mais pas de doute, cette fois, dans le regard qu'elle lui adresse. Qu'il la fasse sienne cette nuit. C'est tout ce qu'elle désire.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Sam 14 Jan - 0:36

Comment pouvais-tu savoir d’un jour, toi si friand de poésie et d’hymnes délicatement ciselées, tu serais charmé par les plus simples des mots ? Qu’un : « Oui, d-d'accord » t’emporterait complètement ? Tu vas perdre la tête. Tu la perds déjà, alors que votre chemin s’allonge à chaque baiser, à chaque pas, à chaque fois que vous lâchez tout pour mieux vous étreindre, à chaque fois que bruissent les tissus et se capturent les lèvres. Tu ne sais même pas si vous réussirez vraiment à vous rendre à tes appartements, tant le désir devient urgent. Il y a déjà deux mois que la seule chair que tu aies touchée est la sienne, que ses seules que tu aies baisées sont les siennes, que son souffle est le seul auquel tu as désiré t’abreuver. Pour la science, prétendrais-tu. Pour exacerber le désir, jusqu’à ce moment où tu crois que celui-ci te rendra fou.

Le palais est silencieux, ce soir, mystérieux, enveloppé de l’hiver et des soucis qui grondent en dehors de ses murs. Les murs font écho à vos rires, à vos murmures. Vous prenez votre temps, jusqu’à ta chambre, et une fois à l’intérieur, il n’y a plus rien pour vous retenir. Que vos vêtements, qui te semblent de plus en plus insupportables, presque douloureux sur ta peau qui cherche le contact de la sienne avec fureur. « Attendez... » Attendre, attendre, attendre. Arrêter, arrêter, arrêter. Elle se dégage de tes bras, sans que tu la retiennes, et les secondes ne s’égrènent pas encore que tu te languis d’elle, qu’elle est déjà trop loin.
Pourtant, lorsqu’Alméïde se dénude sous tes yeux, tu oublies toute protestation, tout commentaire, tout récrimination. Tout ton esprit, en fait, semble fondre. Tu suis les mouvements de ses doigts, les attaches qui se délient, comme si tu ne pouvais croire à ce que tu vois. La robe tombe, comme tombe le rideau sur une pièce de théâtre, mais tu sais que ce n’est pas la fin. Ce n’est que le début. Tu la couves d’yeux gourmands, détaillant chaque parcelle de son corps que tu peux apercevoir, dans l’obscurité qui la découpe dans ses quelques accents de lumière.

L’hésitation est revenue, soudaine, malgré la tension qui vibre entre vous, presque palpable. Ta main s’avance, effleure sa taille, sa hanche, cette peau veloutée que tu découvres pour la première fois. Encore plus belle que tu pouvais l’imaginer, la rêver, la fantasmer, depuis des nuits et des nuits encore. Tu trembles. Ta bouche revient à la sienne et sans briser cette nouvelle étreinte, c’est à toi de te délaisser de tes habits. Parfois tu grondes, mais cette fois tu ronronnes, contre ses lèvres, contre ses clavicules délicates, contre la poitrine que tu explores d’une bouche avide et amoureuse. À tâtons, tu l’entraînes jusqu’à ton lit défait et l’étends sur les draps soyeux, où contre les replis blancs et satinés, elle semble encore plus belle. Tu admires, un instant, la vue de ta main pâle sur son sein, ton épiderme quasi translucide en hiver tranchant sur ce hâle permanent qui respire Erebor. Ces terres si honnies, encore une fois unies. Oh, quelle fatalité, dans la haine entre Erebor et Sombreciel, pour qu’à chaque fois elle fasse naître les passions ! Pour qu’à chaque fois, Mirta et Joseï s’éprennent l’un de l’autre, s’unissant dans le firmament. « Je vous aime. » Et c’est grand, et c’est beau, et tu le répètes encore, alors que tu l’explores, que tu la dévores, que la chaleur monte, insoutenable, alors que tu fais la sourde oreille à l’urgence de ce qui hurle en toi, alors que tu forces ton corps exigeant, autoritaire, terrible, à attendre. À se faire patience. Tu la feras tienne, cette nuit, et toutes les autres nuits encore. L’Erebienne frémit sous toi, et tu n’entends plus rien, que vos corps qui se demandent, se réclament, s’exigent même, et ton esprit embrouillé de voix et de présences lui est tout dévoué. Couché entre ses cuisses, tu remontes ton corps jusqu’à son visage, pour sourire doucement contre sa bouche. « Je vous aime. » Je vous aime, je vous veux. Je vous ai. La chaleur est si forte que c’est à croire qu’il y a le feu à même ton lit. Tu le vois même danser dans tes yeux, flou, distant, mais tu l’oublies, tu ne le vois pas vraiment. Il n’y a qu’elle.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Lun 16 Jan - 21:47

Elle retient son souffle, la peau parcourue de frissons. Elle frémit, la princesse, elle tremble même. De froid ? Il fait effectivement très froid dans le duché de l'Esprit, recouvert de son blanc manteau, mais elle n'a pas froid non. Son coeur tambourine contre sa poitrine et son regard se lève pour retrouver celui de Castiel quand il s'approche à pas prudents. Elle pense que la tension ne pourrait être plus forte à cet instant, mais il pose sa main sur elle, puis ses lèvres. Ses vêtements trouvent le chemin du sol à leur tour et leur étreinte se poursuit jusqu'au lit où ils s'allongent tous les deux. La nervosité est à son comble, la chaleur émane de son visage, sa respiration s'affole alors que leurs yeux se cherchent, se contemplent, s'épousent un moment pour mieux retourner à leur exploration minutieuse. Oh, comme elle se sent vulnérable et pourtant... en confiance, désirable sous ce regard qui semble la dévorer.

« Je vous aime. » Un murmure qui la fait frissonner de plus belle, de même que sa bouche qui parcourt son épiderme au gré de ses envie, de ses mains qui se font exploratrices. Elle cède bientôt au désir, Alméïde, se laisse bercer par la musique qu'il joue pour elle, se laisse entraîner par la danse qu'il initie. Son souffle saccadé devient soupirs. Ses soupirs deviennent gémissements ténus. Sous ses doigts, le satin se froisse et se tend, tout comme son être qu'elle lui offre tout entier, sans hésiter. Le sablier du Destin s'écoule lentement, avec patience, avec ferveur. Mais elle brûle bientôt de l'étreindre à nouveau. Alors quand ses lèvres rejoignent les siennes, elle les capture d'un baiser affamé, pas encore rassasiée de cette tendresse, de ce dévouement qu'il lui offre sans détours.

Et puis il y a encore ces mots. Ces mots qui la font vibrer. « Je vous aime. » « Je vous aime aussi. » D'un souffle, d'un murmure étouffé, d'une union de coeurs, de corps et d'âmes. Ils sont maladroits, les gestes de la princesse, qui effleure à peine la peau de ses épaules, de son dos, de ses hanches. Ils n'en sont pas moins tendres, attentionnés. Elle a chaud, bien trop chaud. Sa tête se tourne pour apercevoir la source d'une lumière et d'une chaleur nouvelles. Et bientôt, la félicité laisse place à la surprise, rapidement remplacée par une panique intense.

« Castiel... le feu. Le feu ! » Elle met quelques secondes à comprendre qu'il ne s'agit pas d'une hallucination. Les rideaux sont envahis par les flammes, la couette, à moitié sur le sol, se fait lentement dévorer à son tour. Alméïde se redresse vivement, remarque du coin de l'oeil que la moquette n'est pas épargnée par endroits et une vive angoisse l'envahit pleinement. « Qu'est-ce que... On nous attaque ?! » D'où peut bien provenir ce feu ? Il n'y avait aucune bougie dans la chambre, aucune torche, aucune lanterne. Rien que l'obscurité et la lueur des lunes jumelles à travers les fenêtres. Désormais, toute la pièce est éclairée d'une lumière vive qui se transforme peu à peu en brasier. Dans des gestes maladroits, précipités, elle sort du lit aux côtés de Castiel et s'empare d'une carafe d'eau qu'elle jette au jugé sur le foyer le plus proche. Résultat ridicule. Même dans un tel moment, elle songe à agripper un drap miraculeusement épargné par les flammes et à s'envelopper à l'intérieur, d'un geste tremblant. Alors elle s'accroche au bras de Castiel et se met à tousser à cause de la fumée qui envahit peu à peu la pièce. « Sortons d'ici ! » s'exclame-t-elle, prise de panique à l'idée de rester coincée au milieu de la fournaise.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Lun 16 Jan - 22:40

« Je vous aime aussi », qu’elle répond, et la chaleur monte encore, plus forte, dévorante, affolante, presque insupportable. Même toi, tu te retrouves étouffé. La dernière fois que tu as eu aussi chaud, et encore, ce n’est certainement comparable, c’est… c’est… « Castiel... le feu. Le feu ! » Le feu ? Comment, le feu ? Tu es plus lent à réagir, plus lent à revenir à toi-même, mais lorsqu’Alméïde fait mine de se redresser, tu te dégages d’elle pour effectivement constater que… qu’il y a le feu. Partout dans ta chambre. « Par Aura », souffles-tu à mi-voix, un peu désemparé devant le spectacle de tes splendides rideaux brodés rongés par les flammes, sans parler de ta couette – oh, et ton tapis ! Ce n’est pas possible ! « Qu'est-ce que... On nous attaque ?! » Oh, tu aimerais presque que ce soit le cas ! Et non pas que tout ceci soit de ton fait, de ta faute, celle de cette magie sauvage que tu ne sais pas contrôler.

« Sortons d'ici ! » Tu attrapes un vêtement laissé au sol, puis entraîne ta douce hors de ta chambre, où tu prends le temps de passer ton pantalon. Tu pars ensuite pieds nus dans les froids corridors, alertant la garde et les domestiques, dont un Césaire qui jaillit de sa loge comme un fou d’une boîte, comme s’il n’avait pas dormi une seule seconde de cette nuit. Césaire qui vient se poster devant la princesse d’Erebor, la cachant aux yeux des curieux. Tout ce beau monde, bien rodé à ces accidents qui arrivent plus que fréquemment que tu l’avoues, ne prend pas une minute avant de débarquer dans tes appartements, tenant en main moult tissus étouffants et seaux d’eau. L’incendie est bien vite maîtrisé, mais la chambre est emplie de fumée et par la porte, tu regardes avec déception les vestiges de ta literie et même de ta tapisserie. Bon… une occasion de rafraîchir la décoration de tes appartements, semble-t-il, tu ne cracheras pas dessus, mais tu aurais sans aucun doute préféré que ce ne soit pas aussi… précipité. Ton Familier se frotte contre tes jambes. Il est sorti juste après vous. Crois-tu que ce soit le résultat de tes deux mois d’abstinence ? Expérience intéressante, disais-je. Dangereuse, surtout. La prochaine fois… Oh, ne fais pas ton rabat-joie.
Les domestiques et les gardes quittent les lieux, s’inclinant tous devant toi, pour mieux vous laisser seuls tous les quatre. Tu te retournes vers ton majordome, qui fait toujours rempart devant la silhouette menue d’Alméïde. Il se déplace légèrement, te laisses aller serrer l’Erebienne dans tes bras. « Votre Grâce, ma dame… puis-je vous proposer une autre chambre, pour cette nuit ?, dit-il avec la plus grande neutralité, comme si rien d’inhabituel ne s’était passé. Et en fait… c’est un peu cela. Nous prendrons quartier dans la chambre de mon invitée, Césaire. Assure-toi que nous ne soyons pas dérangés. »

Il vous quitte, enfin. Le silence des lieux revient, comme s’il n’avait jamais été brisé, et ta panique, ton découragement, tout éclate dans un éclat de rire inattendu. « Je n’ai plus quatorze ans, pourtant », que tu murmures, étouffant un gloussement à la fois amusé et terrifié. La dernière fois que tu as mis le feu pendant un quelconque acte sexuel, c’était au tout début de la découverte. Maintenant, tu t’en rappelles. C’était avec Joséphine. Le feu, cette fois-là, s’était déclaré dans une autre pièce. Vous n’avez pas eu cette chance, Alméïde et toi. Tu pouffes de rire et enfouis ta tête dans son épaule, déposant sur la peau dorée une multitude de baisers. « Bénie de Mirta, disais-je », d’ainsi générer le feu littéral dans un de ses enfants ! Tu l’entraînes sur le chemin de ses appartements, bien proches des tiens. Pas même la peine d’utiliser le passage secret, pour cette nuit. Oh, tous ces plans rêvés, fantasmés, partis… partis en fumée ! Tu rigoles encore. C’est absurde, mais si beau. « Je ne pensais pas que ce serait ainsi que je visiterais votre chambre en votre compagnie, Alméïde. »

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mar 17 Jan - 0:17

Il l'entraîne hors de la chambre, d'un pas rapide. Ses appartements semblent soudain glacés, silencieux, après le brasier crépitant dans lequel ils étaient. Alméïde s'enroule un peu plus dans son drap tandis qu'il sort appeler gardes et domestiques afin de maîtriser l'incendie. Cette fois, elle tremble de peur. Toute cette déferlante d'émotions a finalement eu raison d'elle et son corps paraît figé, paralysé, après tout ce qu'il vient de se passer. Est-ce un accident ? Les flammes sont apparues bien trop soudainement pour qu'elle l'envisage sérieusement. Toute Ibéenne qu'elle est, ses doutes se tournent vers la magie et un frisson glacé parcourt son échine. La dernière fois qu'un tel désastre s'est produit, le colisée de Hacheclair était la cible et l'Ordre du Jugement était impliqué. Serait-ce... ? Mais quel intérêt auraient-ils à mettre le feu à la chambre du duc de Sombreciel ? L'esprit de la princesse vogue d'hypothèse incongrue en raisonnement insolite, se recroquevillant derrière la silhouette de Césaire quand elle réalise le mouvement qui a lieu dans la pièce. Le majordome se tient droit, barrière solide et immuable, rempart rassurant dans cette nuit qui n'en finit pas de la surprendre. Et elle reste immobile et silencieuse, peu désireuse d'attirer les regards, surtout pas dans cette tenue. Le rouge monte un peu plus à ses joues, elle resserre le drap autour de ses épaules mais la peur ne la quitte pas.

Quand enfin les domestiques quittent la pièce, elle paraît se détendre un peu, blottie dans les bras de Castiel. « Votre Grâce, ma dame… puis-je vous proposer une autre chambre, pour cette nuit ? » « Nous prendrons quartier dans la chambre de mon invitée, Césaire. Assure-toi que nous ne soyons pas dérangés. » Elle relève timidement la tête, interloquée. Et c'est tout ? Pas d'alerte ? Pas de gardes qui viennent vérifier si des mages rôdent autour du palais ou dans les couloirs ? Pas d'inquiétude ? Elle suit des yeux la silhouette de Césaire et sursaute à l'entente de l'éclat de rire de Castiel. « Je n’ai plus quatorze ans, pourtant » Elle le regarde sans comprendre, abasourdie qu'il prenne ce qu'il vient de se passer à la légère. Même ses baisers, pourtant si doux, ne parviennent pas totalement à l'apaiser. Ni ses mots, murmurés contre son cou. « Bénie de Mirta, disais-je » L'incompréhension luit sur ses traits. Est-ce une plaisanterie ? C'est sans un mot pourtant, qu'elle se laisse entraîner jusqu'aux appartements qui lui ont été attribués. « Je ne pensais pas que ce serait ainsi que je visiterais votre chambre en votre compagnie, Alméïde. » Elle parvient à esquisser un sourire bref, timide. Mais elle ne dit rien jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la pièce silencieuse, loin de l'odeur âcre de fumée.

Alméïde frissonne à nouveau, puis réalise que ses vêtements sont restés dans la chambre. Tant pis. Probablement sont-ils réduits en cendre désormais. Enveloppée dans le drap, elle relève les yeux vers Castiel. « Que s'est-il passé ? Je... je ne comprends pas. » déclare-t-elle, soudain bien empruntée, un peu inquiète. Plus inquiète encore de voir qu'il semble prendre la chose avec légèreté. « Ne faudrait-il pas chercher les coupables ? C'est... je veux dire. Ce n'était pas un accident, n'est-ce pas ? » demande-t-elle, penaude, la voix chevrotante. Ses pieds nus foulent le sol et elle manque de sursauter en voyant un éclair blanc et touffu passer sous ses yeux. Le chat de Castiel les a suivis. Elle prend une grand inspiration, gênée de se retrouver ainsi devant lui après ce qu'il s'est passé... et ce qu'il ne s'est pas passé. « Castiel, vous n'êtes pas plus inquiet que ça à l'idée que votre chambre ait pris feu ainsi ? » Ses yeux retrouvent les siens, troublés, soucieux.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mar 17 Jan - 16:27

Alméïde ne te répond pas, mais tu associes ce silence au choc précédent. Jusqu’à sa chambre, vous cheminez sans un mot, mais une fois à l’intérieur de celle-ci, elle te questionne : « Que s'est-il passé ? Je... je ne comprends pas. » Sa mine déconvenue fait fondre le sourire sur tes lèvres. Pour toi, tout ceci n’est qu’un bête accident. Bête et heureusement bénin, sauf pour tes effets personnels que tu ne pleureras certainement pas autant que tu aurais pu pleurer la princesse d’Erebor si elle avait été blessée. Le feu a été malvenu, mais rapidement contrôlé. Puis, tu ne peux pas lui dire. Lui dire qu’il s’est passé que tu as été si excité que tu as littéralement mis le feu au lit ! Aux rideaux ! Au tapis ! « Ne faudrait-il pas chercher les coupables ? C'est... je veux dire. Ce n'était pas un accident, n'est-ce pas ? » Tu sais bien de quoi tout cela peut bien avoir l’air. Si tous les habitants du palais d’Euphoria ont l’habitude de ces feux inattendus et explosions inopinées, ce n’est pas son cas. Tu baisses les yeux sur tes pieds, incapable de dire quoi que ce soit. Coupable sous sa mine inquiète, coupable et sans défense. C’était un accident. Tu as déjà le coupable.

« Castiel, vous n'êtes pas plus inquiet que ça à l'idée que votre chambre ait pris feu ainsi ? » Tu relèves les yeux, mais tu n’as aucun mot qui te vienne. Tu es coi, duc de Sombreciel, incapable de dire quoi que ce soit. Tu poses ta main dans le dos de la princesse, pour l’entraîner d’un simple geste jusqu’à son lit. Tu vas toi-même t’y asseoir, les genoux repliés contre ton torse nu, comme un enfant. Un peu comme celui que tu étais, à l’époque, lorsque ta magie a pour la première fois flambé les rideaux de ta chambre à Séverac. Bien peu de temps avant que Joséphine t’initie aux plaisirs de Mirta.
Il y a quelque chose d’étrangement semblable, dans ces situations. Un diptyque.
Tu ne brises pas immédiatement le silence, et lorsque tu le fais, tu ne sais pas plus ce que tu désires dire : « Alméïde, puis-je… Puis-je vous confier quelque chose ? » Tu ne sais pas encore si tu seras capable de prononcer ce qui te vient à l’esprit. Ton Familier grimpe sur le lit et se couche contre ton dos, soutien silencieux dont les ronronnements ténus résonnent contre ta chair. Tu te forces à soutenir le regard sombre de la princesse, bien que tu te tiennes à distance respectable de celle-ci. Tu veux la toucher, oui encore, tu veux de tout cœur, de tout corps, de toute âme, reprendre et poursuivre les délices entamés dans tes appartements, mais… il y a plus important. Il y a une chose qui ne peut pas attendre. « Je n’ai jamais… jamais dit… je n’ai jamais dit… à personne. Et vous… vous êtes… si cela vous repousse, vous êtes libre de partir. » De repartir avec le secret qui, pendant quelques instants, peut faire d’elle une femme plus que puissante en Ibélène. Assez pour que ta couronne tremble. Tu ne l’as jamais dit, pas même à ta famille. Tu sais qu’ils ont tous deviné, qu’ils ne sont pas dupes et que les incidents à la fois explosifs et enflammés qui te suivent leur rappellent ceux de Melbren, tout juste avant qu’il rejoigne l’Académie. Ils n’ont jamais posé de question, cela dit, respectueux de ton choix de taire ce que tu considères comme un… problème. Problème d’être mage et duc, en Ibélène, alors que la guerre gronde, alors que ton voisin exècre les mages et l’autre t’exècre tout court. Problème d’être mage alors qu’il y a déjà bien d’autres motifs pour juger ton règne irresponsable et inconséquent, sans y ajouter ces dons qui n’ont pas fait surface chez un Sombreflamme depuis très longtemps.

Et pourtant, maintenant, tu es prêt.
Tu es terrorisé, mais tu es prêt.

La déclaration vient dans un souffle :

« Je suis mage. »

Et ces mots, subitement, ont la même puissance que la première fois que tu as dit à Alméïde que tu l’aimais. La même force, la même vérité, alors que pour la première fois que tu les prononces, tout te semble encore plus intense. Immuable. Comme si pour la première fois tu reconnaissais que tout ceci n’est pas simple machination de ton esprit fou, que tout est bien réel et l’est depuis près de dix années.

Tu es mage.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mer 18 Jan - 0:03

Castiel reste silencieux. Son sourire semble s'effacer lentement pour laisser place à des traits sérieux, préoccupés. Mais quelque chose lui échappe, la princesse en est persuadée bien qu'elle ne parvienne pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, elle n'émet aucune protestation lorsqu'il l'entraîne jusqu'à sa chambre où il s'installe sur son lit. À son tour, elle s'assoit près de lui, toujours sans un mot, le regard empli d'interrogations et d'inquiétude.

« Alméïde, puis-je… Puis-je vous confier quelque chose ? » Il a l'air hésitant et elle le connaît assez désormais pour savoir que ce qui va suivre est important. Intriguée, elle acquiesce doucement d'un signe de tête, lui offrant un sourire qui se veut rassurant. Qu'il parle, qu'il dise ce qu'il a sur le coeur, elle écoutera toujours. Mais seul le silence suit ses paroles, un silence qu'elle ne cherche pas à briser. Qu'a-t-il donc de si important à dire qui le perturbe autant ?

« Je n’ai jamais… jamais dit… je n’ai jamais dit… à personne. Et vous… vous êtes… si cela vous repousse, vous êtes libre de partir. » La repousser ? Est-ce si grave ? L'inquiétude revient, s'amplifie et voilà qu'elle appréhende ce qui va suivre. Que lui a-t-il caché ? Quelle révélation peut être terrible au point qu'elle veuille s'en aller ? Oh, elle a peur, la princesse. Peur d'être à nouveau déçue ou blessée. Peur de ne pas avoir pris plus de temps pour véritablement le connaître. Aurait-elle dû attendre encore ? Refuser cette invitation ? Elle soutient le regard sombre qui se pose sur elle mais elle craint le pire, plus tendue que jamais, retenant son souffle. Mais de toutes les idées qui ont pu lui traverser la tête, de toutes les hypothèses qui se sont formées dans son esprit, la réalité est bien loin de tout ce qu'elle imaginait.

« Je suis mage. »

La surprise est réelle, sur le visage de la princesse. Elle met de nombreuses secondes à comprendre, à réaliser l'ampleur d'une telle déclaration. Mage. Il est mage. Ce secret est... inattendu, colossal, mais quel rapport avec... Oh. La lumière se fait et Alméïde ouvre des yeux ronds. « C'est... c'est vous qui avez... ? » mis le feu. Par Aura. Par tous les dieux. Castiel de Sombreflamme est un mage. Elle a du mal à le croire, elle ne parvient pas à imaginer qu'une telle information soit restée secrète si longtemps. Elle pense à tous ceux qui rêveraient de posséder un tel renseignement, à commencer par son frère. Mais personne ne le sait, car il ne l'a jamais dit, n'est-ce pas ? Il n'a jamais... Et pourtant, c'est à elle qu'il se confie.

Doucement, Alméïde lève sa main pour la poser sur sa joue, l'autre retenant le drap qui la recouvre. Elle l'incite à le regarder. Et à travers la surprise, l'inquiétude et le trouble, elle parvient à esquisser un sourire tendre. « Castiel, je n'ai aucune intention de m'en aller. » déclare-t-elle d'une voix douce, vibrante d'émotion contenue. « Je... je vous aime. Et si la magie fait partie de vous, eh bien... j'aimerai également cette partie. » Ses doigts caressent délicatement sa joue, effleurent sa peau. Ses yeux scrutent son visage, comme pour y déceler quelque chose. Qui est-elle pour juger, elle qui oeuvre en secret pour la Rose Écarlate ? Elle qui a toujours éprouvé une certaine curiosité vis à vis des arcanes sans pour autant avoir l'occasion de s'y attarder ? Elle ne juge pas, Alméïde. Et elle n'est certainement pas repoussée. Elle est simplement... prise au dépourvu, abasourdie.

Sans un mot, elle se rapproche un peu plus et dépose un baiser tendre sur sa bouche. Les questions brûlent ses lèvres et pourtant, elle se retient de les poser. Sauf peut-être, une seule. « Vous ne l'avez vraiment dit à... personne ? » Soucieuse, sa voix n'est que murmure contre ses lèvres alors qu'elle reste blottie tout contre lui. Comment a-t-il pu garder un tel secret ? Comment a-t-il fait pour supporter ce poids durant toutes ces années, sans personne pour le soutenir ? Elle a le coeur qui se serre, Alméïde, à la fois consternée mais également émue de cette confiance qu'il lui accorde sans détours. À partir de maintenant, il ne sera plus seul.

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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Jeu 19 Jan - 15:47, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mer 18 Jan - 0:44

Elle ne semble d’abord pas comprendre ce que tu lui avoues, la belle, et tu peux presque voir les idées faire leur chemin dans son esprit. Celui-ci s’éclairer alors que la lumière se fait sur le rapport entre ta déclaration et l’incendie qui a ravagé tes quartiers, sans pourtant que tu t’en inquiètes outre mesure. « C'est... c'est vous qui avez... ? » Tu hoches doucement du chef. C’est toi. Toi qui as mis le feu. Dans ta chambre et bien d’autres fois. Tu ne peux pas tout lui dire. Que tu l’as mis au Colisée d’Hacheclair, alors que tu pensais ta Mélisende perdue, alors que l’arme du Roi Noir s’est teintée de sang et de larmes. Que tu as fait flamber un nombre considérable de pièces, trônes, rosiers, rideaux, domestiques, vêtements, sans que tu y puisses quoi que ce soit. Tu n’oses plus la regarder, tes yeux posés sur le couvre-lit, sur la queue de ton Familier. Tous restent silencieux, dans ton esprit. Des vagues d’apaisement de viennent de Vif-Argent, se conjuguent aux tendres ronrons du persan appuyé contre ton dos.

Sa main se pose sur ta joue. Tu t’aperçois que tu trembles comme une feuille et tu te forces à ne pas fuir ce contact, animal apeuré qui a peur qu’on le chasse. Son air n’est pas celui de la haine, ni du dégoût. Il est tendre, en vérité. « Castiel, je n'ai aucune intention de m'en aller. Je... je vous aime. Et si la magie fait partie de vous, eh bien... j'aimerai également cette partie. » Des larmes affluent à nouveau à tes yeux, les font briller dans la pénombre de la chambre. Elle t’aime, Castiel. Elle t’aime, malgré cette magie. Elle t’aime, malgré le feu. T’aimera-t-elle, malgré les ombres ?
La princesse se rapproche et te gratifie d’un doux baiser, puis se blottit contre toi. Tu peines bien à réaliser ce que tu lui as dit, à prendre bien conscience de sa réponse. De tout ce que cela signifie. Ce silence que tu affectes depuis que tu as prononcé les mots sentencieux (Je suis mage), tu ne le brises toujours pas. Tu as peur d’éclater en sanglots, de laisser trop libre court à ces émotions que tu contrôles… par les dieux, si mal. « Vous ne l'avez vraiment dit à... personne ? » Cette fois, tu esquisses un signe négatif, mais de sa nouvelle position, elle ne peut te voir. Alors tu chuchotes, comme pour ne pas prendre le risque d’être entendu par quiconque autre qu’elle : « Ma… ma famille s’en doute, je crois. » Césaire aussi, peut-être. Cet homme sait trop de choses et tu le soupçonnes parfois d’être outreparleur, diseur de vérité, ou peu importe quelle imbécillité magique, pour justifier qu’il soit capable de prédire tes désirs avec autant de justesse. « Être chimiste… cache bien des choses. » Un demi-sourire, un peu pauvre, et tu ouvres tes bras pour la serrer contre toi. Ses cheveux sentent un peu la fumée, désormais, parfum mêlé au sien et à celui du palais. Un peu… un peu au tien, également, que tu retrouves sur sa peau avec joie. Celui de la sueur, aussi, celui de ce que vous avez interrompu. Quelle première fois, n’est-ce pas ?

Tu pouffes un peu, à la fine remarque du félin toujours derrière toi. « Puis… j’ai la chance d’avoir un Familier… facile à dissimuler. Un petit miaulement te répond et tu te corriges aussitôt, amusé : Enfin… parfois. Ne dévoile pas tous mes secrets, Castiel. » La masculine voix de ton Familier a résonné dans ton esprit, mais à l’expression troublée de la princesse, tu comprends qu’elle a également entendu ces paroles. Le chat se lève et vient rôder à vos côtés, bien en vue, affichant son habituel air hautain. Tu laisses tes doigts courir dans son pelage et une idée… étrange, oui, t’apparaît, et bien qu’Il puisse la lire, la prévoir, le principal concerné de cette idée ne se dérobe pas. Ses oreilles vibrent, plutôt, et son regard impénétrable confronte celui de l’Erebienne. Comme pour la mettre au défi. « Voudriez-vous… le toucher ? » Aura te garde d’avoir vraiment prononcé cette folie, d'une voix si rauque. Toucher un Familier est tabou et tu n'as toi-même touché que celui de la demoiselle Aubenacre que parce qu’elle menaçait de crever les yeux de ton beau-frère kyréen à mains nues. Mais… il y a quelque chose, dans l’idée d’Alméïde caressant le chat persan d’extrêmement… intime. Sensuel. Effrayant.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Mer 18 Jan - 23:14

Cette nuit a un goût d'irréel. Les événements se suivent, toujours plus intenses, et elle ne sait que faire de toutes ces nouvelles informations qui lui parviennent sans qu'elle puisse encore totalement en démêler le fil. Ses pensées tourbillonnent et son coeur tambourine, elle est à la fois troublée, émue et inquiète. Et pourtant, elle se sait incapable de s'en aller. Incapable de fuir la situation. Car elle n'en ressent nullement le désir, tout simplement. Castiel est mage. Mais ça ne lui semble pas si terrible qu'il le laisse entendre, ça n'est qu'une nouvelle facette à découvrir, à appréhender. Une partie de lui qui lui fait peut-être un peu peur, suite aux flammes qui ont envahi la chambre avec tant de soudaineté, mais certainement pas au point qu'elle se retire. Non, elle ne le voit pas de cette façon. Et ce secret, aussi grand soit-il, elle compte bien le garder au creux de son coeur, comme tous les instants passés auprès de lui qu'elle chérit précieusement.

Elle reste blottie contre lui, frissonnant légèrement sous le drap fin qui la recouvre, mais peu désireuse de s'éloigner de lui. « Ma… ma famille s’en doute, je crois. » Ils s'en doutent mais... il ne leur a jamais rien confirmé, devine-t-elle dans ce qu'il ne dit pas. Avait-il peur de leurs regards ? De leur jugement ? Il lui a pourtant confié que Melbren était un mage, lui aussi. Ils auraient compris, n'est-ce pas ? Elle s'interroge mais ne dit rien pourtant ; elle n'est pas à sa place et ne saurait juger ses décisions. Et être mage lorsque l'on dirige un duché ibéen n'est certainement pas la position la plus facile à assumer. « Être chimiste… cache bien des choses. » Elle sourit également, s'appuie un peu plus contre lui quand il l'entoure de son bras et laisse le silence reprendre ses droits, parfois interrompu par le bruissement d'un tissu, par leur respiration ténue, par le ronronnement du félin couché à leurs côtés. Mais c'est le rire discret de Castiel qui l'interpelle.

« Puis… j’ai la chance d’avoir un Familier… facile à dissimuler. » Un... Familier ? Alméïde relève légèrement la tête, interloquée. « Enfin… parfois. » « Ne dévoile pas tous mes secrets, Castiel. » Elle sursaute, surprise par cette voix masculine qui retentit dans son esprit. Une voix jusqu'alors inconnue. Elle se redresse à côté de Castiel et ses yeux suivent les mouvements du chat qui se pose devant son maître, son... mage. Un 'oh' muet de surprise et de compréhension se dessine sur ses lèvres. Elle comprend mieux à présent.

« Voudriez-vous… le toucher ? » L'étonnement saisit ses traits et elle tourne la tête pour le regarder dans les yeux, un peu hésitante, peu assurée. « J-je peux, vraiment ? Vous êtes... sûr ? » demande-t-elle, interdite. Elle est ibéenne, la magie reste pour elle un grand mystère malgré son intérêt sur le sujet. Pourtant, il lui semble avoir entendu qu'il s'agit d'un grand tabou, que toucher le Familier d'un mage, ça ne se fait pas, d'ordinaire. Alors la princesse pose son regard sur le félin, sur son pelage immaculé, sur ses yeux brillants d'une intelligence vive, comme pour lui demander la permission à lui aussi, de pouvoir le toucher. Mais le chat reste immobile à l'observer. Enfin, elle tend la main nerveusement, s'arrête à mi-chemin pour s'adresser à Castiel. « Vous... dites-le moi si vous voulez que j'arrête. » Son ton est calme malgré l'hésitation dans son regard. Puis elle se décide enfin et ses doigts se posent délicatement sur le pelage de l'animal. Immobile, elle retient son souffle, comme s'il devait se passer quelque chose d'extraordinaire, mais en l'absence de réaction, elle pousse le geste jusqu'à le caresser, en douceur. Geste accueilli par quelques ronronnements vibrant sous ses doigts.

Un léger rire, très bref, quitte ses lèvres. « Comment s'appelle-t-il ? Je veux dire... » Elle se tourne vers le félin, réalisant qu'il était peut-être malpoli de ne pas le lui demander directement. C'est donc ce qu'elle fait. « Quel est ton nom ? »

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Jeu 19 Jan - 0:21

« J-je peux, vraiment ? Vous êtes... sûr ? Oui. Je veux… » Tu veux essayer. Tu veux sentir. Tu veux savoir. Là où la dame est interdite, tu es assuré, même si les mots te fuient. Même si l’idée est terrifiante. Presque sexuelle, à la fois. Étrange mélange qui n’est pas pour te décourager, qui te fait appréhender un peu le contact de cette main délicate. Celle-ci se suspends, à mi-chemin entre l’air et le Familier immobile. « Vous... dites-le moi si vous voulez que j'arrête. » Tu acquiesces, mais tu es bien trop curieux pour l’empêcher de s’exécuter. Tu retiens ton souffle. Tu le perds aussitôt que sa main se dépose sur le dos de l’animal et que celle-ci, suite à quelques secondes d’immobilité, entreprend de le caresser. La réponse ne se fait pas attendre, du Familier, symphonie de ronronnements satisfaits. Mais toi… par Aura, tu n’as jamais vécu cela.

La sensation est incomparable à tout ce que tu as précédemment ressenti. Tu émets le plus curieux des sons, un geignement, peut-être, ténu, étouffé. Tu as l’impression qu’on te touche, touche, oui, tellement, tellement… loin. Tellement profondément. Il n’y a pas de douleur, non, pas de hurlement, pas de pleurs. Une mer de frissons, sur et sous ta peau, jusque sur ton âme. Tu ne tombes pas, comme les championnes dans l’arène. Ton esprit cherche le contact de ton Familier, comme s’il t’échappait, cherche sa présence rassurante, si proche et si loin alors qu’en ce moment, ton aimée pose la main dessus. Quelque chose semble vibrer en toi. « Comment s'appelle-t-il ? Je veux dire... » Tu entends à peine Alméïde, mais le félin est aux aguets, lui, et n’est certainement pas déplû des attentions de la princesse. Il ne l’a pas quittée du regard. Comme pour lire en elle. « Quel est ton nom ? »

Tu émerges doucement, ton esprit revenant à l’instant présent, à travers cette étrange brume qui a envahi toutes tes sensations, chaque fibre que ton être. Son nom. Quel est son nom ? Tu l’as su, mais tu ne t’en rappelles plus. Tu l’as su, alors que l’animal t’est pour la première fois apparu dans les couloirs du palais impérial d’Ibelin. Tu l’as su, mais tu l’as oublié. Tu l’as perdu. Tu l’as relégué au fond de tes mémoires de ce sevrage affreux, alors que tu pensais que le fier félin était une simple et énième hallucination. Pourtant, tu le sais, et alors que pour la première fois, on te le demande, ta voix jaillit, se mêle à la sienne : Mirat. « Mirat. »

Mirat.

Miroir.

Oh, comment aurait-il pu se nommer autrement ?
Comment ton âme pourrait-elle se nommer si ce n’est ainsi ?

Le chat se dégage doucement de la main de l’Erebienne et vient se frotter contre ton flanc, ronronnant de plus belle alors que pour la première fois, son nom sonne et résonne. La vibration intérieure cesse lentement et tu reprends ton souffle, tes esprits. Tu vois. Tu le savais. Tu l’as toujours su. Oui. Tu l’as toujours su. Tu devras t’habituer à le nommer, à faire autrement que simplement le désigner. La désigner. Les désigner. Qu’Aura garde la princesse d’un jour faire face au plus dangereux visage de ton Familier... même si tu sais que si elle devient ton épouse, si elle devient tienne, elle aura un jour à la voir. Un jour. Tu t’étends sur le lit et colles la femme contre toi, jouant dans ses cheveux. Elle frissonne, dans son simple drap, et tu espères au moins la réchauffer un peu de ton corps. Parce que toi… tu as de toute façon toujours trop chaud. « Je suis désolé, d’avoir gâché… tout. Ce qui s’annonçait être une excellente première fois avec elle, certainement, sans parler d’une très jolie robe. C’était tout simplement… trop. » Trop intense. Trop fort. Tout simplement trop. Et un rire te vient, vrai, sincère. Maintenant que le trop est passé, cela dit, tout devrait bien aller.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Jeu 19 Jan - 1:41

Ses gestes se font tendres et délicats. Elle se fait prudente, la princesse, alors qu'elle reste attentive aux réaction du Familier autant que de Castiel. Il semble... troublé, mais il ne lui demande pas d'arrêter, alors elle caresse en douceur le pelage du félin qui profite allègrement de l'instant. C'est étrange de se dire qu'elle touche une partie de lui, une part de son âme. Et elle se rappelle alors toutes ces fois où le chat a rôdé près d'eux sans jamais la laisser réellement s'approcher, où il s'est aventuré jusqu'à elle avant de s'esquiver tout aussi rapidement. Elle le devine alors joueur mais pas imprudent au point de rendre son mage vulnérable. Son mage... Voilà quelque chose qu'elle a du mal à réaliser pleinement, mais qui fait doucement son chemin dans son esprit. Elle sait qu'au fond, ça ne change rien pour elle, absolument rien. Et au son des ronronnements, un sourire tendre fleurit sur ses lèvres. Elle l'aime, oui. Comme elle a osé le dire, enfin. Comme elle l'a révélé, mettant son coeur à nu, vulnérable entre ses doigts. Vulnérables tous les deux, cette nuit, guidés par Mirta sur un chemin terrifiant mais exaltant. Elle observe le félin qui ronronne de plus belle à mesure que les secondes passent, puis elle entend sa voix directement dans son esprit, se mêlant à celle de Castiel.

Mirat. « Mirat. » Oh. Un très beau nom, qui résonne en elle alors qu'il s'éloigne pour retourner auprès de Castiel avant de s'éloigner un peu plus. Elle le suit des yeux, se laisse envelopper dans les bras du Cielsombrois et s'allonge à ses côtés, apaisée. La panique ressentie à la vue des flammes a été chassée, le déferlement d'émotions s'est calmé également. Son esprit embrouillé dénoue lentement le fil de la soirée et son coeur bat frénétiquement d'être si proche de lui, et pas uniquement physiquement. Ils ont partagé une intimité plus forte qu'il lui aurait été possible de l'imaginer et elle se sent à la fois démunie et rassurée dans ses bras.

« Je suis désolé, d’avoir gâché… tout. » Elle ne relève pas la tête, elle reste silencieuse, se contente de se serrer un peu plus contre son corps, sa main posée sur le torse pâle, dénudé. « C’était tout simplement… trop. » Un sourire attendri orne ses lèvres, écho de son rire qui résonne dans la pièce silencieuse. « Ce n'est rien. C'était... oui. » Trop. Pour elle aussi, de bien des façons. Lentement, ses doigts dessinent quelques arabesques sur la peau, distraitement, puis s'arrêtent un instant lorsqu'ils heurtent la cicatrice qu'elle a déjà aperçu, il y un mois de cela. Du bout des doigts, elle la parcourt, sans se presser, d'un geste timide. Alors elle se redresse légèrement pour que son visage soit à la hauteur du sien, puis l'embrasse tendrement. Un baiser doux et chaud, qui fait battre son coeur à toute vitesse. Et lorsqu'elle y met fin, ses lèvres frôlent encore les siennes, son souffle effleure sa peau. « Je suis... heureuse d'être ici, avec vous. » murmure-t-elle, timide, les joues colorées. Heureuse et touchée qu'il ait osé ainsi se confier à elle. Sa main remonte de son torse à son visage pour en caresser la joue et une idée lui revient.

« Puisque nous sommes là, puis-je vous offrir votre cadeau ? » demande-t-elle, un peu nerveuse à l'idée que ça puisse ne pas lui plaire. Elle n'attend pas sa réponse et se redresse sur le lit avant de s'en extirper, tentant maladroitement de retenir le drap qui s'échappe par endroits et fait monter le rouge sur ses joues. Elle fait quelques pas puis rebrousse chemin pour s'emparer de la chemise de nuit accrochée à une chaise. Elle sent le regard de Castiel sur elle, hésite un instant, soudain embarrassée. C'est idiot, il a déjà vu... ils ont... D'un geste précipité, elle relâche le drap en lui tournant le dos et enfile la chemise de nuit. Désormais libre de ses mouvements, elle traverse à nouveau la chambre et s'empare d'une petite caisse en bois qu'elle dépose sur la table de chevet. « Je... ce n'est pas grand chose, mais j'espère que... Enfin. » Elle se tait, préfère lui montrer plutôt que de continuer à bafouiller.

Alméïde ouvre la caisse et en sort une sorte de globe fait de métal, posé sur un socle. Elle le dépose délicatement sur la caisse qu'elle a refermée, puis actionne ce qui se révèle être un petit automate. Le globe tourne lentement sur lui-même, dans un cliquetis régulier, et il semble s'ouvrir par endroits, comme de minuscules fleurs s'épanouissant sur un buisson d'argent. Les ouvertures révèlent un jeu de miroir et à l'intérieur, une douce lumière se dévoile, la lueur d'un cristal formant le centre du mécanisme. Les petits miroirs reflètent son éclat un peu partout dans la pièce, en petits points lumineux qui se déplacent, apparaissent et disparaissent alors que le globe continue à tourner et que les ouvertures s'ouvrent et se referment. Des petits points lumineux semblables à des lucioles.

« Ca... ça vous plaît ? » Elle a fouillé Lorgol de fond en comble avant de dénicher cette merveille, dans l'atelier de Lancelot l'Adroit. Il porte décidément bien son nom et sa renommée est plus que méritée, mais elle doute soudain, en levant les yeux vers Castiel. Toute penaude, debout au pied du lit, tortillant ses mains l'une contre l'autre.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Ven 20 Jan - 2:29

« Ce n'est rien. C'était... oui. » Trop. Elle est bien d’accord. Ton éclat doucement diminue et tu fermes les yeux, te laissant porter par ses doigts qui t’effleurent, dessinant mille formes inconnues sur ton épiderme. Sa main qui détaille la cicatrice du Roi Noir, toute sa longueur sur ton flanc. Si Hypérion pouvait ronronner de la même façon que ton Familier, probablement le ferait-il, qu’on caresse les marques de ses batailles. Ridicule. Tu étouffes ton rire dans le baiser que la princesse te donne, y retrouvant des parcelles de ce moment pratiquement magique que vous avez partagé dans l’observatoire. Des prémices à une agréable suite de votre précédente activité, peut-être même, et lorsque tu ouvres les yeux pour regarder la femme, même la pénombre ne peut cacher le rouge de ses joues. Et probablement pas celui des tiennes non plus. « Je suis... heureuse d'être ici, avec vous. Et moi donc… » La joie qu’elle suscite en toi ne semble pas connaître de sommet, de fin, et tu ne pensais même pas qu’il était possible d’éprouver autant de bonheur.

« Puisque nous sommes là, puis-je vous offrir votre cadeau ? » Avec toutes ces aventures, tu en avais même oublié le cadeau ! Tu ne quittes pas Alméïde des yeux, dans son chemin hors du lit, admirant chaque courbe rapidement dévoilée par le drap qui s’échappe à chaque pas, la vision délicieuse de son verso complètement nu lorsque le tissu tombe au sol. Puis, tu soupires de dépit lorsqu’une sage chemise de nuit remplace sa nudité. Tu te redresses également, à nouveau en position assise, observant la petite caisse de bois avec curiosité. « Je... ce n'est pas grand chose, mais j'espère que... Enfin. » Mirat renifle les arêtes de la boîte, prudemment, puis s’écarte lorsqu’elle en sort un globe de métal.

Qui, d’un simple geste, devient une des plus belles choses que tu aies vu.

Tu regardes les lueurs danser autour de vous, comme les lucioles des Murmures. Comme celles qui chantent et vibrent dans l’été de Sombreciel, celles qui guident les égarés de Volga, celles qui vous ont entouré lors de votre premier baiser, scellant cet amour chaque jour plus fort. Ton silence est d’or, alors que le globe automate démontre toute l’étendue du savoir de celui qui l’a assemblé et que même attentif, tu peux à peine capter le jeu des miroirs et du cristal au cœur de la construction merveilleuse. Puis, plus important que le mécanisme… il y a les lucioles. Tu es sensible, Castiel, perpétuellement à fleur de peau, et les lucioles deviennent floues dans les larmes que tu écrases du revers de ta main. « Ca... ça vous plaît ? » Ton regard ému est presqu’abasourdi, à entendre cette question. À voir ta princesse si embêtée, si hésitante et penaude, si loin de toi. Comment penser que cette merveille puisse ne pas te plaire ? « C’est parfait. » Ta voix s’étrangle, se perd. Doucement, le globe se referme, les derniers cliquetis discrets de son mécanisme se tarissant jusqu’à vous laisser dans le silence et l’ombre de la chambre.
Tu te lèves du lit et prends la princesse dans tes bras. Incapable de dire autre chose, que de répéter ce que tu as déjà dit : « C’est parfait, Alméïde. » De tous les présents extravagants que l’on t’offrira, en provenance des quatre coins du duché et même des autres duchés ibéens (sauf Erebor, mais cela vaut-il la peine de le préciser ? encore heureux qu’Anthim ne t’expédie pas une cargaison de scorpions), tu sais d’ores et déjà qu’aucun ne sera à la mesure de celui-ci. Qu’aucun n’aura été choisi avec autant de soin, qu’aucun ne sera aussi intime et aussi… aussi incroyable. Presque comme si tu ne pouvais y croire.

Tu ne peux retenir un baiser, fougueux, empêcher tes mains de la serrer, de l’explorer, au-dessus de cette chemise de nuit fort malvenue. Tu chuchotes, dans le calme de la nuit, dans le secret de la chambre : « Voulez-vous devenir ma femme, Alméïde ? J’attendrai le temps qu’il faudra, le temps que votre frère se fasse à l’idée, un an, deux ans, je ferai tout ce que vous voudrez, mais par Mirta… je vous veux pour épouse. Je vous veux comme duchesse. » À ta première demande, impulsive et enthousiaste, dangereuse, se substitue celle-ci. Pas moins dangereuse, non, pas moins sincère, mais encore plus vibrante sentiments qui, il y a deux mois, t’ont poussé à la demander en épousailles. Tu es sûr, Castiel, sûr comme jamais. C’est cette femme, que tu veux, pour cette nuit et toutes celles à venir. C’est à elle que tu veux t’unir, pour elle que tu pourrais (tuer, mourir) faire mille folies et même mille sagesses.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Ven 20 Jan - 23:50

Oh, comme elle est nerveuse tout à coup. Aussi nerveuse qu'aux Murmures, lorsqu'elle lui a offert ce livre sur l'histoire d'Erebor et qu'elle a pensé que ça lui déplairait. Était-ce une erreur que d'acheter un tel objet ? Ce doit être bien risible à côté de tout ce qu'il reçoit quotidiennement, de toutes les attentions qui lui sont accordées de par son statut de duc. Ses doigts se tortillent inconsciemment et elle retient son souffle, dans le silence de la pièce.

« C’est parfait. » Sa voix retentit doucement alors que l'automate ralentit sa course et s'arrête finalement dans un cliquetis discret. Elle est soulagée la princesse et un sourire étire ses lèvres. Son regard suit sa silhouette qui sort du lit à son tour pour la rejoindre et elle relève les yeux pour retrouver les siens, brillants dans la pénombre de la pièce. Elle se laisse aller dans ses bras, dans une douce étreinte, encore surprise par toutes ces émotions qu'il parvient à faire naître en elle. Qui aurait pu croire qu'une simple visite du palais de Vivedune pourrait déboucher sur... ça ? Certainement pas elle. Mais les souvenirs remontent à sa mémoire, aussi vifs que s'ils s'étaient déroulés la veille ; une balade dans les jardins, ses premiers jours au coeur d'Euphoria, les lucioles bien sûr et le baiser qui a scellé leur avenir. Le couronnement reste une ombre dans ce tableau inattendu, mais il semble de plus en plus ténu dans sa mémoire désormais emplie de tendres instants en sa compagnie. La simple vision de son sourire fait battre son coeur un peu plus vite et elle est ravie, Alméïde, d'avoir pu lui faire plaisir, ne serait-ce qu'un peu. Alors elle sourit à son tour, attendrie, sincère.

Leurs lèvres se retrouvent encore. Encore et encore. Sans pour autant qu'elle n'en ait assez. Il y a une certaine avidité dans ce baiser qu'ils échangent et elle rougit de sentir à nouveau ses mains sur elle, à travers le tissu de sa chemise de nuit. Son souffle est court quand il cesse de l'embrasser, le coeur battant à tout rompre. Mais ce n'est rien à côté de l'exaltation qui l'anime aux paroles qu'il prononce ensuite.

« Voulez-vous devenir ma femme, Alméïde ? J’attendrai le temps qu’il faudra, le temps que votre frère se fasse à l’idée, un an, deux ans, je ferai tout ce que vous voudrez, mais par Mirta… je vous veux pour épouse. Je vous veux comme duchesse. » Elle devient plus rouge encore, un peu confuse, un peu timide devant le poids d'une telle décision. Sa femme. Sa duchesse. Elle, duchesse de Sombreciel. L'idée lui a souvent paru si absurde et pourtant, en cet instant, serrée tout contre lui...

« Mais... Castiel, ne venez-vous pas de faire un démenti à ce sujet ? » demande-t-elle d'une voix chevrotante, un brin d'amusement dans les yeux qui dissimule mal son trouble. La première fois qu'il l'a demandée en mariage, tout était si précipité, il y avait bien trop d'incertitude, bien trop de doutes. Elle avait besoin de temps, elle voulait apprendre à le connaître, encore. À présent... elle sait. Et c'est ce qui la fait trembler de tout son corps, de toute son âme.

« Si... Est-ce que... Je devrais l'annoncer à mon frère avant que ce soit... officiel. C'est... je ne veux pas qu'il l'apprenne de quelqu'un d'autre. Je... » Oui, prévenir Anthim avant toute chose. Préparer le terrain. Et... Mais elle n'a pas vraiment répondu là, non ? La gêne s'étend de ses joues au reste de son visage mais elle parvient tout de même à soutenir son regard quand elle reprend la parole d'une voix timide. « D'accord, je... oui, d'accord. » Et un rire un peu nerveux s'échappe de ses lèvres quand elle réalise ce qu'elle vient de dire. Son coeur bat à toute allure. Son regard brille d'une lueur intense et ses doigts tremblent contre les siens.

Oui, elle veut être sa femme.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Sam 21 Jan - 1:24

« Mais... Castiel, ne venez-vous pas de faire un démenti à ce sujet ? Vraiment ? », réponds-tu, mutin. Il est heureux qu’elle n’ait pas entendu le démenti en question. Ni elle, ni Anthim. Maximilien a amplement eu de quoi rager, alors que tu n’as non seulement pas suivi la version approuvée par tes conseillers pour le démenti en question, mais tu n’as certainement pas suffisamment démenti quoi que ce soit. Tu as bien parlé de ces fiançailles, qui ne sont pas avérées pour l’instant, bien que l’idée soit ravissante et la dame Alméïde tout autant, parlé de cette fausse grossesse, bien que j’espère de tout cœur bientôt pouvoir annoncer une si heureuse nouvelle à tout mon peuple, le tout sous les visages abasourdis de tes pauvres conseillers. Qui te voyaient et t’entendaient clamer, à chaque phrase, que tout ceci était faux pour le moment.
Encore heureux qu’ils ne savent pas que tu as invité la dame Alméïde en question à venir au palais, te jouant de leurs avertissements et encore une fois des ordres impériaux. Ou qu’à l’occasion de la nouvelle année, tu passeras un édit afin de la reconnaître princesse sur les terres de l’Esprit.

Ton sourire se fait canaille, mais tu gardes pour toi ces… détails, oui, fort mineurs et fort peu essentiels, en ce moment, alors que tu attends d’elle une réponse. Positive, tu l’espères de tout cœur. « Si... Est-ce que... Je devrais l'annoncer à mon frère avant que ce soit... officiel. C'est... je ne veux pas qu'il l'apprenne de quelqu'un d'autre. Je... » Oui, oui, oui. Si c’est tout ce qu’il faut, qu’Anthim soit le premier informé, oui. Si ce n’est que cela, oui. « D'accord, je... oui, d'accord. »

Elle tremble, ta belle Erebienne, alors qu’elle accepte. Alors qu’à ta demande en mariage, elle dit enfin oui. Tu trembles autant qu’elle, oh oui, vos mains enlacées, et bien que tu aies bien entendu ses mots, tu sembles d’abord ne pas y croire. Ne pas croire qu’elle vient bien de… de dire oui. Si simplement. Et pourtant… Ton souffle te revient, tu le reprends avec un bruit étranglé. Et enfin, la vague te frappe, t’engloutit. La vague furieuse d’amour qui te fait l’étreindre avec force, l’embrasser avec passion, scellant ces mots de vos bouches, de vos langues, de vos corps. La vague enflammée, celle qui cette fois ne se manifeste pas par l’incendie de la chambre, mais celui de tous tes sens. Elle sera ta femme. Elle sera ta duchesse. Elle sera tienne.
Tes baisers avides passent de sa bouche à sa mâchoire, son cou, et ta sage étreinte (même si quasi étouffante) laisse place à des mains baladeuses, exploratrices, remontant cette robe de nuit qui t’agace de plus en plus. Tu te rappelleras de la brûler, demain. Par… accident, évidemment. Tout ceci te fait rire tout bas, interrompre la progression de ta bouche et de tes doigts. « Je crois que je suis prêt… à ne plus mettre feu au mobilier. » Tu ne peux rien promettre, jamais, mais il vaut mieux essayer pour savoir ce qu’il en est, n’est-ce pas ? Contre elle, ton désir est plus qu’évident, et quand tu l’attires sur le lit juste à vos côtés, c’est en la couvant d’un regard brûlant. « Par Mirta, je vous veux tellement... » Juste un murmure. Que la protectrice des amants pose cette nuit le plus doux des regards et dans vos corps la plus belle des inspirations, sur vous, amants interdits et tant épris.

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Message Sujet: Re: Sous les lunes jumelles, dansent les amants   Sam 28 Jan - 18:17

Dans quelle folie vient-elle d'embarquer ? Son regard se perd dans le sien et sa décision se fait plus sûre, ses sentiments se font plus forts. Elle l'aime. Elle l'aime au point de balayer toute raison. Elle l'aime au point de s'engager dans une aventure insensée, à la fois terrifiante et excitante. Elle l'aime au point que seule sa présence contre son corps la fait vibrer toute entière, affolant un peu plus les battements de son coeur. Elle veut être sa femme, oui. Elle veut rester auprès de lui, s'endormir dans la chaleur de ses bras et se réveiller de la même façon, à ses côtés. Cette certitude lui fait peur par sa soudaine intensité, mais l'heure n'est plus à la réflexion alors qu'elle plonge dans le noir de ses yeux, incapable d'avoir la moindre pensée cohérente. La fougue de son étreinte, de ses baisers, la laisse pantelante, mais elle y répond avec la même vigueur, la même envie, scellant leurs paroles d'un geste sincère et passionné. Ses lèvres sur son cou lui font progressivement perdre la tête, tout comme ses mains qui cherchent le contact de sa peau, sous la chemise de nuit. Son corps est parcouru de frissons, de sa bouche s'échappent quelques soupirs discrets. Dans le silence de la nuit, seule leur respiration se fait entendre, précipitée.

« Je crois que je suis prêt… à ne plus mettre feu au mobilier. » Un rire léger résonne, entre amusement et nervosité. Alméïde se laisse entraîner à sa suite, grimpant sur le lit à ses côtés sans le lâcher du regard. « Par Mirta, je vous veux tellement... » Un hâle rouge s'empare de ses joues, mais elle ne détourne pas les yeux, ne cherche pas à se dérober. Au contraire, ses lèvres effleurent les siennes et elle répond dans un souffle : « Je suis vôtre... » Pour cette nuit. Pour les semaines à venir, les mois, les années. Elle est sienne comme il est sien, et ses doigts tremblent contre sa nuque tandis qu'elle capture à nouveau ses lèvres dans un baiser tendre et brûlant. L'impatience se sent dans chacun de leurs gestes, dans chacun de leurs baisers, dans chacune de leurs caresses. La douceur est de mise pourtant, dans cet instant volé où leurs corps se lovent l'un contre l'autre, oû les vêtements se retirent à nouveau, les laissant vulnérables. Leurs regards se retrouvent et dans le silence de la pièce, Alméïde caresse sa joue, son cou, ses épaules. « Vous êtes sûr que... ça va aller, cette fois ? » demande-t-elle dans un murmure, dans un souffle. La nervosité fait doucement trembler sa voix, la crainte que le feu ne se manifeste à nouveau autour d'eux également. Elle a eu si peur, quelques minutes plus tôt, mais elle veut lui faire confiance. Elle veut être rassurée, elle en a besoin, si démunie entre ses bras. Elle craint que son coeur lâche à s'emballer ainsi et elle enfouit son visage dans le creux de son cou pour masquer l'embarras passager qui l'étreint soudain.

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