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 La valse des cœurs brisés

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Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, médecin

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J'ai fait allégeance à : Castiel, duc de Sombreciel, mon futur époux ; Anthim, duc d'Erebor ; Ibélène
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Message Sujet: La valse des cœurs brisés   Jeu 29 Déc - 20:07


Livre II, Chapitre 1 • Les Sables du Temps
Anthim d'Erebor & Alméïde d'Erebor

La valse des cœurs brisés

Quand le Sable et le Roc se divisent



• Date : 31 décembre 1001
• Météo : Le temps est doux à Vivedune, le soleil est sur le point de se coucher.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Alméïde reçoit une lettre officielle d'Erebor, lui annonçant ses fiançailles avec Martial de Bellifère. Elle rentre deux jours plus tard à Vivedune et confronte son frère à ce sujet.
• Recensement :
Code:
• [b]31 décembre 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1627-la-valse-des-coeurs-brises]La valse des cœurs brisés[/url] - [i]Anthim d'Erebor & Alméïde d'Erebor[/i]
Alméïde reçoit une lettre officielle d'Erebor, lui annonçant ses fiançailles avec Martial de Bellifère. Elle rentre deux jours plus tard à Vivedune et confronte son frère à ce sujet.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Jeu 29 Déc - 20:12, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Jeu 29 Déc - 20:11

C'est une blague. C'est forcément une mauvaise blague. Mais Alméïde de goûte pas du tout à la plaisanterie. Il n'a pas osé, ce n'est pas possible. Jamais son frère ne pourrait se montrer aussi cruel, pas vrai ? Et pourtant, elle lit et relit la lettre reçue, aux accents officiels, signée de la main de son duc et non de son frère. Pas même un mot d'explication, pas un mot tendre sur ce qu'il se passe au palais, pas une question sur ses derniers jours à l'Académie. Juste ces lettres couchées sur le papier, implacables et douloureuses, comme un coup violent à l'estomac.

Elle, fiancée à Martial de Bellifère. Il n'en est pas question.

Elle a reçu la lettre deux jours avant de rentrer à Vivedune. Deux jours. Il aurait pu attendre, le lui annoncer en face, lui demander son avis avant au moins. Mais non, elle sent bien que la missive n'est nullement due au hasard et qu'il avait la ferme intention de faire passer un message. La princesse n'en croit toujours pas ses yeux pourtant. Depuis ces deux jours, les mots tournent et tournent dans son esprit. Incapable de se concentrer, incapable même d'en parler aux autres de ses proches, tant la nouvelle lui semble absurde et stupide. Il faut qu'elle lui en parle d'abord, de vive voix. Il faut qu'elle en ait le coeur net. Il faut qu'il la rassure, qu'il lui dise qu'il ne s'agit que d'une mauvaise plaisanterie, que ce n'est qu'un avertissement, une menace même. Tout ça, elle pourrait encore le digérer, mais si c'est vrai...

Alors quand elle parvient à Vivedune, en ce dernier jour de décembre, elle ne perd pas une seconde. Tandis que ses affaires sont acheminées dans sa chambre, elle parcourt les couloirs du palais d'un pas vif, tendue comme jamais et le coeur battant. Elle croise l'un des domestiques au service d'Anthim et elle l'apostrophe avec un sourire qui s'apparente plus à une grimace. « Savez-vous où se trouve mon frère ? » « Dans son bureau, princesse. » L'homme semble hésitant, mais il repart bien vite sans ajouter un mot, laissant Alméïde seule au milieu du couloir. Une brise chaude vient soulever les voiles qui masquent les fenêtres, les derniers rayons du soleil éclairent la cité d'une lumière rougeoyante. La vue doit être imprenable depuis son bureau, où la baie vitrée laisse entrevoir un paysage fabuleux sur les dunes et les montagnes à l'horizon. La princesse pousse un soupir et se rend directement à son bureau. Elle frappe quelques coups à la porte mais elle n'attend pas de réponse avant d'entrer et de le voir assis, en plein travail. Sans un mot, elle referme la porte qui claque derrière elle et s'avance, déposant la lettre juste sous son nez.

« Qu'est-ce que ça signifie ? À quoi tu joues exactement ? » Elle croise les bras, s'efforçant de ne pas laisser la colère prendre le dessus. Son ton reste relativement mesuré et elle se veut patiente. Peut-être qu'il y a une explication à tout ça, peut-être que ce n'est pas ce qu'elle croit. Et elle espère encore au moment où elle reprend la parole. « Anthim, dis-moi que c'est une plaisanterie. » De très mauvais goût, la plaisanterie, mais à tout prendre, elle préfère ça à la dure réalité.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Sam 31 Déc - 19:41

La cruauté ne faisait pas partie du caractère d’Anthim. Plus que tout, il aurait préféré que les choses se passent calmement, que lui et Alméïde puissent s’entendre et s’expliquer. Une seule dispute, d’une ampleur terrible, avait réussi à ébranler les fondations de leur confiance. Et même si Anthim avait pardonné à sa sœur ses mensonges et cachoteries, il avait gardé une certaine rancœur, le doute implanté en lui comme une maladie infectieuse qui ne pouvait se soigner qu’avec le temps. Un temps que ne lui avait pas laissé sa sœur, à son grand regret. Ce n’était certainement pas par gaîté de cœur qu’il avait prit une décision aussi difficile et méchante, qu’il avait forcé la main de sa sœur sans lui en avoir touché un mot au préalable. Mais au fond, elle ne lui avait pas laissé d’autre choix et il en était bien malheureux, malgré la fierté inaltérable qu’il affichait et la haine profonde qu’il entretenait toujours pour Castiel. Pourtant, il reconnaissait à Alméïde de nombreux efforts, ceux de ne pas avoir revu ce fichu Cielsombrois pour un temps. Néanmoins les rumeurs survenues à ses oreilles lors de la Samhain et pire encore, cette lettre de sa sœur annonçant une visite en Sombreciel, arrivée après les dates prévues, retardant ainsi sa colère et son refus. Comment pouvait-il en ces conditions reprendre confiance en la parole d’Alméïde, qui jouait avec un feu qu’il ne lui connaissait pas ? Elle trichait. Elle ne s’en rendait peut être pas compte mais elle trichait. Et Anthim avait en horreur la tricherie.

Ce n’était pas seulement une question de représailles, sinon la menace n’aurait été qu’une parole en l’air qu’il aurait détruite d’un seul ordre une fois la loyauté de sa sœur assurée. Mais ’il avait fait le choix de marier de force sa sœur à Martial de Bellifère, c’était bien pour des intérêts politiques qui serviraient à Erebor. Alors certes, en d’autres circonstances il n’aurait jamais agit ainsi, il en aurait parlé avec elle, discutant des possibilités et des nécessités… Mais le temps l’avait pressé autant que l’irritation. Et ce n’était pas sur un coup de tête qu’il avait fait ce choix. Oui, la colère et la lassitude avaient joué, mais pas seulement.

Pour autant, il ne s’attendait pas à ce que sa sœur ne réplique pas à une telle nouvelle, ni ne vienne lui exprimer son mécontentement. Aussi l’arrivée impromptue de celle-ci dans son bureau ne le surprenait en rien, et c’est seulement quand il eut terminé de signer ses papiers et lire quelques petites notes qu’il daigna seulement relever les yeux vers Alméïde, une hauteur à peine cacher dans son regard d’azur et une colère contenue, froide. Les deux regards se cognaient avec une intensité puissante, et il faut encore une poignée de seconde, écoulée avec lenteur dans un silence de mort, pour qu’Anthim ouvre la bouche et réponde, d’une voix rude, solide, imperturbable.

« Ai-je l’air de rire Alméïde ? » Les mots sont détâchés avec lenteur, savamment prononcés avec toute l’ampleur de leur importance. Non il ne rit pas, il n’en a pas l’air et il n’en a jamais l’air, à dire vrai. Moins encore dans une telle situation. Avec gravité, il continu. « Et je ne crois pas que le sujet se prête au jeu non plus. » Il n’a pas besoin de regarder la lettre pour savoir de quoi elle parle. Il savait qu’elle viendrait, et il avait déjà plus d’une fois imaginé ces instants dans son esprit. Pourtant s’il s’était vu avoir le dernier mot à chaque fois, il n’en était plus certain une fois face à sa sœur et la détermination de son regard. « Je suppose, à en juger par ta réaction, que tu as des réclamations quant-à cette décision. Je t’écoute. » Oh il reste ouvert, bien qu’il était décidé à ne pas laisser sa sœur filer entre ses doigts pour retourner après de ce misérable Castiel de Sombreflamme. C’était une solution radicale, il en avait conscience, mais il ne tenait pas à perdre sa sœur et la voir dans les bras de ce chien qu’on osait appeler duc de Sombreciel.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Dim 1 Jan - 12:57

Si on le lui avait demandé quelques mois auparavant, elle aurait affirmé sans hésiter que leur confiance était inébranlable. Que le lien entre frère et soeur était plus solide que le roc, que tout ce qui les liait était une force indestructible. À cet instant pourtant – depuis quelques temps même – elle n'en est plus aussi sûre, la princesse des dunes. Jamais elle n'a autant douté, jamais elle n'a autant craint la réaction de son frère. Debout devant lui, le regard déterminé, elle se sent plus démunie que jamais face à celui à qui elle doit absolument tout. Les questions affluent à son esprit, la crainte également de ne pas avoir pu apaiser colère et déception. Anthim pourrait-il être aussi cruel ? Son coeur s'insurge à cette simple pensée, lui certifie que non. Mais tout porte à croire que cette lettre n'est pas qu'une simple menace lancée dans le vent, qu'il est tout à fait sérieux. Son frère n'est pas un homme irréfléchi, ses décisions ont toujours été bien pensées, bien pesées. Et c'est ce qui effraie tant Alméïde à cet instant.

« Ai-je l’air de rire Alméïde ? » Non, absolument pas. Il semble même très froid, alors qu'il prend le temps de formuler sa réponse malgré l'indignation évidente qu'elle arbore à cet instant. Son regard, limpide, paraît glacé quand il rencontre le sien et son ton est mesuré, empreint d'un calme qu'elle lui connaît bien, synonyme d'un sérieux indéniable. Elle reste silencieuse pourtant, les bras croisés et la tête haute. Elle s'efforce de garder une respiration régulière tandis que son coeur bat à un rythme effrené sous le coup de la colère et de la peine. Car Alméïde n'est pas de ces personnes qui s'emportent à la moindre occasion. Cette fois, pourtant, elle se sent trahie, blessée au plus profond de son être.

« Et je ne crois pas que le sujet se prête au jeu non plus. » Oh, vraiment ? Elle pince les lèvres, plus que jamais à fleur de peau, les nerfs à vif face à cette nouvelle qu'elle juge aussi injuste que déplacée. « Je suppose, à en juger par ta réaction, que tu as des réclamations quant-à cette décision. Je t’écoute. » Elle hausse les sourcils, à la fois surprise et outrée par les mots prononcés avec un calme inébranlable. « Des réclamations ? Tu te moques de moi ? » demande-t-elle, la voix tremblante d'émotion, vibrante de colère, profondément blessée, vulnérable. « Il n'est pas question que j'épouse Martial de Bellifère. » déclare-t-elle sans ambages, la voix aussi ferme que possible, le regard déterminé. « Je n'arrive pas à croire que tu puisses m'imposer une chose pareille sans même m'en parler. Et que tu me l'apprennes par un vulgaire courrier officiel. Qu'est-ce qui t'est passé par la tête exactement ? » Elle ne parvient toujours pas à en croire ses yeux. Elle qui espérait tant que ce soit une plaisanterie, elle lit dans son regard le sérieux de la décision et elle manque de sentir les larmes remonter de se sentir ainsi trahie. Pourtant, elle est trop indignée pour céder de cette façon, pas encore. Elle a peut-être encore la possibilité de le raisonner et elle ne compte pas la gâcher.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Sam 4 Fév - 18:45

Elle a bien conscience qu’Anthim n’a pas l’envie de s’amuser, et que ses mots ne sont en rien une blague dans le but de l’effrayer. Il fait preuve de sérieux et de froideur, une sévérité réelle illumine son regard, courbé d’une amertume palpable éveillée par les tours maladroit de sa sœur. Il a essayé de comprendre, il a essayé d’accepter, mais les coups s’étaient fait trop nombreux pour qu’il puisse définitivement les supporter. La lettre avait été la goutte d’eau faisant déborder le vase. Et si elle était surprise des actions de son frère, il était peut être temps qu’Alméïde se demande pourquoi il en était venu à agir ainsi. Car au delà de la nécessité réelle d’un engagement auprès de Bellifère, d’une alliance qui pouvait se révéler vraiment prolifique, il n’aurait certainement jamais imposé une telle chose à sa sœur bien aimée si elle ne l’y avait pas forcé. Les actes du duc n’étaient que le reflet de ceux de sa sœur, une réponse aux coups de couteaux qu’elle lui avait donné sans peut être s’en rendre compte. Et il peut percevoir sans peine dans son regard les blessures et les meurtrissures qu’avait provoquées sa décision chez elle. Mais avait-elle conscience du mal qu’elle avait infligé à Anthim par ses mensonges et ses tricheries ? Non. Elle ne pensait qu’à elle. Et c’était bien cela qui affligeait le plus le duc d’Erebor. Où était la sage Alméïde ? Il ne voyait rien de celle-ci sous ses yeux.

« Non. »

Encore une fois, il ne se moque pas d’elle. Et pas simplement parce qu’il était réputé pour ne pas avoir beaucoup d’humour, mais parce qu’il n’oserait pas jouer ainsi face à elle. C’était ça aussi le plus difficile, être de ce sérieux inébranlable et presque violent. Etre sincère, être vrai. Là où Alméïde avait contourné le jeu. Un jour obligatoirement, les règles finissaient par la rattraper, comme en cet instant. La décision de la jeune femme tombe avec détermination, force. Il peut y lire au moins la vérité. Et pour autant, cela ne lui plait en aucune façon. Où était la Princesse d’Erebor, au service de son duché ? Songeait-elle que l’alliance avec Martial de Bellifère avait pour seul but de l’empêcher d’être avec Castiel ? C’était bien mal connaître Anthim. Il s’apprête à répliquer, froidement, quand elle reprend et lui inflige un nouveau coup puissant. Les mots sont forts, agressifs et outrés. Il peut le comprendre. Mais n’a-t-elle vraiment aucune idée ? Il n’arrive pas à y croire, d’être ainsi traité, de la voir lui répondre de la sorte sans réfléchir. Et vivement, il se relève de son siège, le regard embrasé d’une profonde colère, qu’il retient avec grande peine. Il contourne son bureau, saisissant au passage une autre lettre, qui ne devait pas être inconnue à sa sœur. Il s’arrête devant elle, la dépassant de toute sa hauteur pour la regarder avec une profonde sévérité.

« Ce qui m’est passé par la tête Alméïde ? Ce qui m’est passé par la tête ?! Je pourrais très bien te retourner la même question ! Tu n’as pas l’air de faire grand cas de mes avis quand il s’agit de visiter le duc de Sombreciel, alors pourquoi devrais-je me préoccuper du tient quand il s’agit du prince de Bellifère ? Tu m’imposes tes choix, il n’est que juste retour des choses que je t’impose les miens, tu ne crois pas ? Cela t'apprendras à ne pas juger les conséquences de tes actes, Alméïde ! » Ô cruel, Ô irritable et susceptible Anthim, tu joues d’un bien vilain sarcasme, qui hélas n’est que réalité. Car tout cela ne serait jamais arrivé si Alméïde n’avait pas fait preuve d’une telle bêtise. Cela rappelait bien tristement leur dispute survenue au mois de juillet, ces mensonges et ces cachoteries qui ont couté chères. Mais là il n’était plus seulement question d’Alméïde, il était question d’Erebor. Et il ne manque pas de le rappeler, mesurant encore sa voix pour éviter de céder totalement à la colère. « Et toi dis moi, pourquoi refuserais-tu d’épouser Martial de Bellifère ? Pour quelles raisons refuses-tu ne serais-ce que d’y songer ? »

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Sam 4 Fév - 19:31

« Non. » Concis. Implacable. Le mot est prononcé d'une voix calme et posée. Non, il ne se moque pas d'elle, alors quoi ? Depuis quand décide-t-il de son avenir sans même lui en parler ? Depuis quand ne mérite-t-elle plus ce respect-là ? Elle s'emporte Alméïde, entraînée par cette brusque poussée d'émotions, à la fois blessée et abasourdie par la nouvelle, mais surtout terrifiée par les conséquences qu'elle pourrait engendrer. Ses pensées se tournent presque immédiatement vers les quelques jours passés en Sombreciel, vers tout ce qu'elle y a vécu, vers les semaines qui ont précédé, à Lorgol, alors qu'elle se baladait au bras de Castiel sous l'étroite surveillance des gardes. Elle songe à cette deuxième chance offerte dont elle avait parlé à son frère et ce sur quoi elle a débouché, encore surprise par la tournure des événements. Elle ne parvient pas encore tout à fait à y croire, la princesse, mais elle ne parvient pas à s'y attarder car un sujet bien plus urgent requiert son attention pleine et entière. Ses mots dépassent sa pensée, ses doigts tremblent sous l'indignation qui fait vibrer son coeur. Comment peut-il lui faire une chose pareille ?

Anthim ne se laisse pourtant pas intimider par la voix forte de sa soeur. Il se lève et lui fait face de toute sa hauteur, de sa stature de duc, de souverain du roc et du sable. Alméïde se sent un instant intimidée, comme l'enfant soudain remise à sa place par son aîné, mais elle garde la tête haute et soutient son regard avec fermeté. La lettre qu'il agite sous ses yeux est parfaitement reconnaissable et, si elle frémit un instant en la reconnaissant, elle n'en reste pas moins déterminée.

« Ce qui m’est passé par la tête Alméïde ? Ce qui m’est passé par la tête ?! Je pourrais très bien te retourner la même question ! Tu n’as pas l’air de faire grand cas de mes avis quand il s’agit de visiter le duc de Sombreciel, alors pourquoi devrais-je me préoccuper du tient quand il s’agit du prince de Bellifère ? Tu m’imposes tes choix, il n’est que juste retour des choses que je t’impose les miens, tu ne crois pas ? Cela t'apprendras à ne pas juger les conséquences de tes actes, Alméïde ! » Le rouge lui monte aux joues, pas uniquement sous le coup de l'embarras mais également de la colère. Est-ce ainsi qu'il décide de réagir ? Veut-il vraiment s'abaisser à un tel niveau ? A-t-il seulement idée des tourments qui peuvent la suivre au quotidien à la seule idée d'aimer l'homme qu'il ne fallait surtout pas aimer ? Réalise-t-il combien son ventre se tort de ne pouvoir vivre pleinement et ouvertement ces sentiments qui l'animent, de ne pouvoir les partager avec les gens qu'elle aime, pour la simple et bonne raison qu'il n'est pas celui qui leur convient ? Ses propos lui font mal et pourtant, elle s'efforce de garder son calme sous le regard de glace qui la transperce. « Le choix que tu veux m'imposer va façonner le reste de ma vie, penses-tu réellement pouvoir comparer cela à ceux que j'ai pris ? » demande-t-elle d'une voix mesurée, les yeux humides mais retenant encore vaillamment la vague d'émotions qui menace de la submerger. Elle n'a pas été très sage, ni très honnête, il est vrai. Mais là, il ne s'agit que du reste de son existence, y a-t-il seulement songé ?

« Et toi dis moi, pourquoi refuserais-tu d’épouser Martial de Bellifère ? Pour quelles raisons refuses-tu ne serais-ce que d’y songer ? » Cette fois, son coeur semble s'arrêter. Ce n'est pas ainsi qu'elle voulait le lui annoncer. Ce n'est pas de cette façon qu'elle espérait lui révéler ces sentiments qu'elle éprouve pour le duc de Sombreciel. Elle déglutit, un peu hésitante, mais elle ne recule pas. Pas maintenant. « Quand je suis allée voir Castiel il y a quelques jours, il m'a demandée en mariage. Et j'ai accepté. » Sa voix tremble et cette fois, une larme coule le long de sa joue sans qu'elle ne puisse la retenir davantage. « Je l'aime Anthim. Je... je l'aime vraiment. » Tant est si fort que son coeur souffre de ne pouvoir être à ses côtés à l'instant. Qu'elle a mal de savoir que la nouvelle sera accueillie, non pas avec joie ou tendresse, mais avec dégoût et colère. Ô Destin, pourquoi te montres-tu si cruel ?

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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Sam 4 Fév - 23:01, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Sam 4 Fév - 20:04

La colère emporte-t-elle toute la raison ? Empêche-t-elle à nouveau Anthim de songer avec sagesse et bienveillance ? De se dire que la vie de sa sœur est sur la balance du jeu politique et qu’il ne peut décider pour elle seule ? En vérité, il a tous les droits sur elle, tous les droits de décider. Car il est duc, il est le tout puissant souverain d’Erebor et elle en est la princesse. Dès l’instant où ses droits ont été reconnu, sa vie, son existence pouvait à tout instant être régit par le Sultan des Sables. Anthim n’a jamais agit tel un tyran envers sa sœur, parce qu’il l’aime, parce qu’il la respecte, parce qu’elle est une personne de confiance. Ou du moins était. Et il était certain la colère et l’irritation aveuglaient en parti ses décisions. Mais contrairement à ce qu’elle semblait croire, c’était bien loin d’être les seules raisons. Et elle a beau ne pas se démonter, opposer sa hauteur et sa grandeur d’esprit à la sienne, le Souverain du sable et du roc ne cédera pas. Jamais. Il se sait en son bon droit, plus qu’elle en cet instant. Ô fierté toute erebienne, il lui suffirait d’un mot pour imposer la décision, ou d’un ordre pour lui retirer tout ce qu’elle possède, ne faire d’elle qu’une bâtarde comme sa naissance l’y prédestinait. Sombres et cruelles pensées, il repousse la colère qui s’agite pour mieux écouter les paroles de sa sœur. Paroles qui pourraient doucement le faire sourire de mépris, s’il n’avait pas encore du respect pour elle.

« Et penses-tu pouvoir comparer ton existence au bien être d’Erebor ? »

Oubliait-elle que son rôle de Princesse n’apportait pas que des avantages ? Que sous la richesse et la sécurité régnait une force plus sombre à laquelle elle ne pouvait échapper ? Être un pion politique efficace, une pièce maitresse sur laquelle Anthim avait longuement compté. Et plus les secondes s’écoulaient, plus il se rendait compte de son erreur. Mais il n’avait aucune idée d’à quel point sa trahison s’étendait.

Oh oui il est bien curieux, le duc d’Erebor, de savoir ce que sa sœur a à lui répondre, une excuse pour ne pas épouser Martial de Bellifère. Tout ce qu’elle pourrait trouver, tout ce qu’elle pourra dire sera parfaitement inutile. Il ne s’attend pas hélas à une telle révélation, et les larmes de sa sœur ne changent rien à l’horreur de la nouvelle. La colère ne se tarie pas ni ne disparaît, mais elle laisse place à une surprise. Une surprise outrée. Une surprise qui n’est que le prélude à la tempête qui fait rage. Comment a-t-elle pu… Comment a-t-elle osé ? Le geste est retenu de justesse, mais il est à deux doigts, Anthim, de la gifler. Le saphir de son regard n’a plus aucune sympathie, comme si, celle qu’il regardait n’était aucunement sa sœur bien aimée.

Traitresse. Et elle ose l’amadouer de ses sentiments ? Egoïste…

« Comment… Comment as-tu pu prendre une telle décision sans m’en informer ? Comment as-tu pu outrepasser tes droits et penser que j’accepterais une telle chose ? Tu nous as trahi, Alméïde, en as tu conscience ? Tu es une princesse, l'as tu oublié ?! Je ne sais pas ce qui me retient de te retirer tous tes droits, toi qui fais si peu cas des devoirs qui te reviennes. Tu es une égoïste. »


Il recule de quelques pas, ne supportant même plus de voir ces larmes qui envahissent le regard de sa sœur. Sa sœur oui… qui ne mériterait même plus cette appellation… Oui, qu’est-ce qui le retenait de ne pas lui retirer son titre et de la bannir, elle qui s’alliait au duc de Sombreciel. Ce n’était même plus Castiel le problème. Qu’importe l’homme à qui elle aurait dit oui, le problème était le même. Alméïde n’avait aucun droit d’accepter une telle union sans l’en avertir. Car de sa vie, de son futur, des avantages d’Erebor dépendaient. Il esquisse quelques pas, calmant la rage pour ne pas prendre une décision qu’il pourrait regretter. Mais il doit faire un choix. Et Alméïde aussi. Mais il ne comptait pas faire de concession face à cette trahison… Sans la moindre compassion, il se remet à regarder sa sœur, avant de reprendre.

« Je refuse catégoriquement ce mariage Alméïde, et jamais – je dis bien jamais – je ne donnerais ma bénédiction à cette union. Je t’ordonne de rompre les fiançailles avec Castiel de Sombreflamme. »

Oh il n’avait pas à préciser les conséquences si elle refusait. Il espérait simplement qu’elle obéisse, car lui était prêt à faire le choix qui s’imposait. Et ni sa voix ni son regard ne détrompaient ses intentions.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Sam 4 Fév - 21:21

« Et penses-tu pouvoir comparer ton existence au bien être d’Erebor ? » Non, évidemment que non ! Mais la réponse reste coincée dans sa gorge, tant ces paroles font remonter tous les doutes qui l'ont tourmentée pendant des semaines, des mois. Comment concilier sentiments et devoirs ? Comment assurer ses responsabilités alors que son coeur l'entraîne sur un chemin des plus risqués ? Elle n'a toujours été une princesse qu'ici, en Erebor, là où son peuple la reconnaît et l'aime. Elle n'a jamais imaginé qu'elle pouvait être plus que ça, elle ne l'a même jamais désiré. Être auprès de son frère, le soutenir, voilà tout ce qui comptait à ses yeux depuis toujours. Désormais, elle se voit propulsée dans un rôle qu'elle ne veut aucunement endosser et pourtant, elle sait au plus profond d'elle-même que le choix ne lui appartient plus. Qu'il lui suffirait d'un mot pour disposer d'elle comme il l'entend. Elle espérait simplement qu'il éprouve encore assez de respect à son égard pour lui en parler avant, pour la prévenir, pour décider ensemble. Mais elle ne savait pas, Alméïde, tout ce qui se jouait derrière son dos. Alors elle s'est laissée entraîner, elle a laissé son coeur parler pour elle. Et il est beau, le résultat de tous ces non-dits et de cette confiance brisée qu'ils n'ont jamais véritablement réussi à reconstruire ; elle le réalise pleinement à présent, leur lien n'est plus que cendres entre ses doigts tremblants.

Elle ne peut pourtant pas rester silencieuse, elle lui doit la vérité. Mais ses espoirs ne sont qu'un lointain souvenir, elle qui avait cru qu'elle pourrait peut-être lui faire comprendre, à défaut de lui faire accepter, la situation. Pourtant elle sait, au moment où elle prononce les mots fatidiques, que tout n'est qu'illusion, que ses derniers espoirs s'effritent entre ses mains et qu'il est trop tard pour revenir en arrière. Elle la voit, la colère qui flambe dans le regard de glace. Elle frémit de voir sa réaction, de le voir retenir un geste regrettable. Alméïde ne fait pas un geste pourtant, immobile dans sa détresse .

« Comment… Comment as-tu pu prendre une telle décision sans m’en informer ? Comment as-tu pu outrepasser tes droits et penser que j’accepterais une telle chose ? Tu nous as trahi, Alméïde, en as tu conscience ? Tu es une princesse, l'as tu oublié ?! Je ne sais pas ce qui me retient de te retirer tous tes droits, toi qui fais si peu cas des devoirs qui te reviennes. Tu es une égoïste. » Les accusations sont dures et elles retournent le couteau dans la plaie déjà béante dans sa poitrine. C'est à peine si elle réalise les larmes qui s'écoulent le long de ses joues, tant la douleur la paralyse à l'instant. Anthim s'éloigne, parcourt la pièce d'un pas vif et elle ne cherche pas à l'interrompre, lui laissant le temps de se calmer, d'assimiler. Se laissant le temps à elle-même de reprendre son souffle. Sa voix tremble pourtant, quand elle parvient à reprendre la parole.

« R-rien n'est officiel Anthim, tant que... tant que tu n'as pas donné ton accord. » déclare-t-elle sur un ton aussi calme que possible. Lorsqu'il se retourne, elle s'efforce de soutenir son regard, puisant dans ce qu'il lui reste de courage pour ne pas s'effondrer totalement devant lui.

« Je refuse catégoriquement ce mariage Alméïde, et jamais – je dis bien jamais – je ne donnerais ma bénédiction à cette union. Je t’ordonne de rompre les fiançailles avec Castiel de Sombreflamme. » Oh, si l'on pouvait percevoir le son d'un coeur qui se brise, nul doute que le sien résonnerait à travers tout le palais. Le ton catégorique de son frère est un nouveau coup douloureux mais elle puise en elle une étincelle de fierté et d'indignation face à son entêtement. « Je te savais bien des défauts Anthim, mais je ne pensais pas que la cruauté en faisait partie. » déclare-t-elle sans élever la voix. Puis elle enchaîne sans lui laisser le temps de répliquer : « Je suis venue te voir avant de lui donner une seconde chance, tu savais que l'on se voyait et pourtant tu n'as pas jugé bon de venir me parler de ton idée de vouloir me marier à Martial de Bellifère. Crois-tu que je n'aurais pas réfléchi à la question ? Que j'aurais refusé catégoriquement ? À ses côtés, je devrai renoncer à bien des choses. À mon indépendance, à ma liberté de mouvements et de décisions. À la médecine aussi, très certainement. Et pourtant, je l'aurais sûrement envisagé. Mais ce que tu veux m'imposer maintenant... » C'est dur. C'est injuste. Ca lui tort le ventre et poignarde son coeur. Sacrifice, semble murmurer une voix dans son esprit. Et quel sacrifice, en effet. Elle a eu largement le temps d'y songer Alméïde, alors qu'elle attendait le moment de rentrer chez elle et de confronter son frère à ce sujet. Mais seule la colère guidait le fil de ses réflexions alors.

Un sanglot étranglé s'échappe de ses lèvres, elle détourne les yeux et essuie ses larmes d'un revers de main, sans résultat car ses joues s'inondent à nouveau rapidement. Doit-elle renoncer à tout ce qu'elle a, à tout ce qu'elle est, à tout ce qu'elle aime ? À celui qu'elle aime ? Tremblante, elle sent ses jambes flancher et se dirige vers la chaise la plus proche pour s'y asseoir et enfouir son visage entre ses mains.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Lun 6 Fév - 4:55

Pensait-elle une seule seconde que de telles révélations seraient promptes à calmer la colère d’Anthim ? Il avait du mal à croire en la sagesse si reconnue de sa bien aimée sœur, le duc d’Erebor, alors qu’il flambe et tempête de cette nouvelle qu’il aurait aimé apprendre autrement. Il aurait aimé y consentir, y réfléchir. En d’autres circonstances, si la situation n’avait pas été aussi catastrophique, si sa sœur n’avait pas osé tricher et jouer avec la confiance de son frère, si elle n’avait pas usé de ses droits sans négliger ses devoirs, alors peut être Anthim aurait-il réfléchit à la proposition. Mais bien trop de données entraient en jeu aujourd’hui pour permettre et accepter un tel écart. Et il peinait à croire, le sultan des sables, que sa sœur comprenne ne serait-ce qu’un peu les enjeux qui se jouaient en Ibélène. Castiel n’en avait visiblement pas plus conscience, et cet équilibre qu’ils avaient tenté de maintenir s’effritaient, se gondolait pour n’être plus qu’un tas de poussière emporté par les sables. Sans que personne n’y prenne garde, Ibélène sombrait, et ce n’était pas seulement pour Erebor qu’Anthim agissait. Certes, son duché passait avant tout, mais les balances se fracassaient lentement mais surement vers une chute irréparable. La désunion provoquerait leur perte. Et tout cela brisé parce que certains ne savaient mesurer les conséquences de leurs actes. C’était peut être cela aussi qui faisait gravir la colère du duc d’Erebor : l’inconscience manifeste, l’intérêt personnel avant le devoir, le soi plutôt que le nous. Il n’avait pourtant pas laissé Alméïde sans connaissance de sa place, de ses droits et de ses obligations… alors pour quelles raisons avait-elle décidé de tout briser par pur égoïsme ?

Ce n’était pas la sœur qu’il avait connue.

« Mais tu pris des engagements sans me consulter… » Elle grince avec un mépris amer, la voix du sultan des sables, où se lit sans peine la rage et la tempête d’un désert agité.

Elle aura beau arguer le contraire, il connaît Castiel. Cet imbécile n’a pas pris cette promesse comme espoir mais comme certitude. Et maintenant qu’elle lui en avait parlé ? Oh il était certain que ce crétin épouserait sa sœur sans même son consentement à lui. Mais elle, Alméïde, oserait-elle à nouveau braver les ordres de son duc ? De son frère ? Ni les larmes ni les tremblements perçus ne changent l’avis du Roi des gitans. Il a ordonné qu’elle rompe les fiançailles et il entendait bien à ce qu’elle le fasse. Orgueilleux Anthim, il ne s’attend pas à ce que sa sœur montre encore un certain entêtement, au travers des larmes et de la détresse. Les mots accrochent à peine la carapace de roc du duc, mais le regard qu’il renvoi est sans aucun doute d’une colère sinistre. Et elle fait bien de l’empêcher de répondre en reprenant bien vite son discours, car les paroles auraient certainement été aussi cinglantes que regrettables.

Mais encore une fois, rien de ce qu’elle pouvait dire ne trouvait écho aux oreilles d’Anthim. Il faisait preuve du même entêtement affiché à leur première grande dispute. Il sait qu’il est dans son bon droit, la faute n’est pas la sienne mais bien celle d’Alméïde, et seulement pour ça, il n’a presque plus envie de l’écouter. Il reste un semblant de respect pourtant qui l’oblige à porter une attention à ce qu’elle dit. Et si cela ne calme pas totalement le flot qui enrage presque toutes ses pensées, cela a le mérite d’en apaiser les bords. Son cœur hurle encore à la trahison, il sent presque toujours le poignard traverser sa chair et se retourner continuellement.

Es-tu cruel Anthim ?

Il ne voulait pas l’être. Il n’avait jamais eu l’intention de l’être. C’est elle, c’est Alméïde qui l’y avait forcé. Mais il sait… oui il sait que ce n’était pas le but de sa sœur de briser tout ce qu’il avait voulu mettre en place. Change-t-il pour autant d’avis ? Certainement pas. Mais un horizon nouveau de dessine, pas spécialement plus clair, empli de nuages et annonciateur de tourments. De longues secondes s’écoulent sans qu’Anthim ne réponde à sa sœur. Il l’observe seulement tomber dans la détresse de ses propres erreurs, pleurer des larmes sur l’inconscience de ses actes… Cela l’émeut-il ? Le touche-t-il ? Oh bien sur que oui. Malgré la trahison, il l’aime toujours, cette sœur qu’il a toujours voulu protéger. Il a simplement mal. Si mal. Et il imagine ce futur révolu et tombé dans les vents du désert pour ne jamais revenir. Quand enfin il se décide à parler, il prend le temps de revenir à son bureau et s’asseoir à son tour, affligé des tours si cruel du Destin.

« Je suis un duc avant d’être un frère Alméïde. » Commença-t-il, le ton redevenu alors plus froid, plus mesuré, mais pas moins grave et sombre. « Pourtant, je ne t’aurais jamais imposé une telle union si je n’en avais pas vu la nécessité. Toi comme Castiel avaient officiellement fait un démenti sur votre relation après la Samhain. Etais-je censé savoir que tu irais alors le voir sans m’en informer, et même t’engager auprès de lui sans juger des conséquences ? Je pensais ma sœur plus sage et plus mesurée. C'est vrai, j’ai gardé sous silence ces projets car eux aussi n’avaient rien d’officiels jusqu’à il y a peu. Alors oui. Oui il y a un sacrifice à faire Alméïde. Et je suis prêt à le faire de mon côté. »

Sacrifier sa sœur à Martial de Bellifère ? Pensait-elle qu’il n’avait pas songé à la vie qu’elle aurait là bas ? Au rôle qui serait le sien, au traitement qu’elle recevrait ? Bien sur qu’il y avait songé, Anthim le savait mieux que personne et l’idée d’y envoyer Alméïde le tuait intérieurement. La décision d’Alméïde était certes la plus cruelle, mais ce n’était pas parce qu’Anthim avait envisagé de la lui faire prendre qu’il prenait avec gaîté cette possibilité. Leur place, à eux, ducs et duchesses, princes et princesses pouvait sembler belle et enviable. Mais en réalité, ils disposaient bien peu de leur liberté.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Lun 6 Fév - 17:39

Elle n'a pas voulu de tout ça. Elle voulait encore moi craquer ainsi devant son frère et fondre en larmes comme la petite fille qui s'est un jour réfugiée dans la volière. Sauf que cette fois, il n'y a pas de petit prince pour venir la secourir et lui tendre une main compatissante. Il n'y que la roche et la glace, acérées, qui l'observent dans le silence le plus total. Alméïde sent le poids de ses décisions la rattraper, mêlé à des sentiments forts, incontrôlables, pour un homme que le Destin a mis sur son chemin du bien surprenante façon. Elle sent le poids de la décision à venir qui la submerge et l'empêche de reprendre son souffle. Elle n'est pas stupide, la princesse, mais elle s'est montrée impulsive et irréfléchie, dépouillée de toute raison dans une situation qui la tourmente depuis des mois. Elle aurait voulu en parler plus longuement et plus profondément avec son frère, le tenir au courant de ses faits et gestes, des détails de ses rencontres avec Castiel et de tout ce qu'elle peut bien ressentir pour lui. Mais elle était à chaque fois arrêtée par l'image d'Anthim, entre dégoût et colère, à l'entente de ces quelques paroles qu'elle aurait voulu lui confier. Il n'aurait de toute manière jamais accepté le duc de Sombreciel dans l'entourage de sa soeur et même en sachant cela, elle a préféré écouté son coeur que de laisser parler la raison.

Elle a oublié, emportée par ce tourbillon d'émotions nouvelles, qu'elle ne pouvait pas se le permettre.

Le flot de larmes s'estompe légèrement, ses sanglots se font silencieux, puis mesurés. Elle s'efforce de reprendre contenance Alméïde, face à ce qui va suivre. Anthim reprend place à son bureau et, si la tempête semble apaisée, elle gronde encore profondément, prête à ressurgir à tout moment.

« Je suis un duc avant d’être un frère Alméïde. » Elle relève à peine les yeux, ses doigts noués entre eux pour les empêcher de trembler. Elle l'oublie parfois, tant à ses yeux Anthim est et restera à jamais le grand frère qui l'a recueillie et lui a tout donné. Complice et tendre, leur relation a toujours été pour elle quelque chose de rassurant et d'apaisant. Jusqu'à maintenant. Il y a dans ce regard limpide un sérieux qui la rappelle bien trop aux responsabilités qui leur incombe et qu'elle prend d'ordinaire avec flegme et réflexion. Cette fois-ci pourtant, il y a bien plus en jeu qu'elle ne le réalisait au départ.

« Pourtant, je ne t’aurais jamais imposé une telle union si je n’en avais pas vu la nécessité. Toi comme Castiel avaient officiellement fait un démenti sur votre relation après la Samhain. Etais-je censé savoir que tu irais alors le voir sans m’en informer, et même t’engager auprès de lui sans juger des conséquences ? Je pensais ma sœur plus sage et plus mesurée. C'est vrai, j’ai gardé sous silence ces projets car eux aussi n’avaient rien d’officiels jusqu’à il y a peu. Alors oui. Oui il y a un sacrifice à faire Alméïde. Et je suis prêt à le faire de mon côté. » Les mots sont douloureux car il lui rappellent ses erreurs. À trop vouloir éviter sa colère en mentionnant Castiel, elle n'a fait que le repousser et par empirer les choses, elle qui n'avait pourtant jamais eu de secrets pour lui. Elle regrette, mais elle n'en est pas moins encore blessée par la lettre envoyée, comme un coup bas de celui qu'elle a toujours respecté – et qu'elle respecte encore malgré tout.

« De ton... côté ? Anthim, tu as Sitara à tes côtés et même si une autre venait à prendre sa place comme duchesse, elle serait toujours là. » C'est une situation qu'elle espère ne jamais voir se produire, mais il a cette chance, Anthim, de pouvoir garder la femme qu'il aime à ses côtés, quoi qu'il arrive. Les traditions d'Erebor le permettent, préservent son frère du choix qu'elle doit faire à l'instant et l'injustice de ce fait la frappe à nouveau sans qu'elle n'en dise rien pourtant. Ce sont les traditions, qui est-elle pour les juger ? Elle est heureuse pour son frère, d'avoir cette chance. Elle déplore en revanche les moeurs du duché de la guerre qui ne lui laisseront aucune liberté.

« Je n'ai pas cherché à... Rien de tout cela n'était prévu, je ne pensais pas... » Oui, c'est bien le problème, elle ne pensait pas. Sa voix tremble tant qu'elle s'interrompt un instant, mais elle prend une grande respiration pour continuer. « Jamais je n'avais... éprouvé ça Anthim, je ne pensais pas que c'était possible mais ça l'est. Tu as la chance d'avoir la femme que tu aimes auprès de toi... Je ne veux pas le perdre, pas plus que je ne veux te perdre toi. » C'est la petite fille qui s'exprime. Ce n'est ni la princesse, ni le médecin, ni la régisseuse et encore moins l'autoritaire Tour Noire. Ce n'est que la fillette apeurée qui recherche l'appui de son grand frère. Car le choix qui lui est proposé à l'instant lui déchire le coeur : doit-elle renoncer à son indépendance et à l'homme qu'elle aime, ou perdre son duché et son frère ? Ses doigts retrouvent inconsciemment le pendentif offert par son frère, celui de la balance de Joseï. Et il semblerait qu'elle est sur le point de pencher d'un côté ou de l'autre.

Mais dans la détresse, elle garde encore des ressources, Alméïde. Alors elle tente encore l'impossible. « Es-tu certain qu'un mariage est la seule solution ? Nos relations avec Bellifère ont toujours été bonnes ; ce sont nos mines et nos forges qui fournissent leurs armes aux guerriers. Ne pourrait-on pas envisager quelque chose en ce sens... ? » Son ton a retrouvé un brin d'assurance, mais elle semble encore légèrement suppliante cette voix, rauque d'avoir pleuré. Elle se doit de tout essayer, au risque de tout perdre.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Mer 8 Fév - 20:25

La tempête s’était calmée, mais s’en était-elle allée pour autant ? Nullement. Elle couvait toujours dans le cœur du duc d’Erebor, prête à laisser les vents violents à nouveau s’emporter et éveiller la colère contenue dans un lit de braises. Il est difficile de retenir le flot d’émotions pour ne garder que la raison dans son esprit. Par dessus tout, Anthim essayait de faire preuve d’objectivité dans ses décisions, et même si elles étaient difficiles à prendre, elles n’étaient pas irréfléchies. Oui ce qui avait fait s’embraser son calme et sa colère n’étaient autres que les actions de sa sœur, son inconscience et les choix qu’elle avait fait sans le consulter, et de constater à quel point elle avait laissé tomber ses devoirs. Même s’il était son frère et qu’au fond de lui il l’aimait le plus sincèrement du monde, il comptait bien la remettre à sa place et dans le droit chemin. Il était facile d’oublier la réalité de leurs conditions. Il ne pouvait pardonner si facilement son erreur cette fois-ci. Elle semble hélas ne toujours pas comprendre le poids de ses fautes, à sa grande déception. Il a un soupir face à la réponse formulée.

« Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas aussi simple. »

Et il s’étonnait presque intérieurement qu’elle réponde de la sorte. Elle savait que le cas d’Anthim et les traditions qui pesaient sur son mariage étaient plus lourdes et parfois plus cruelles. Oui, Sitara pouvait toujours être à ses côtés, même si d’aventures il devait arriver malheur à Qasim. Mais n’était-ce pas plus cruel de voir la femme qu’il aimait enfermée à nouveau au cœur du harem, sans pouvoir la considérer comme son épouse légitime par la seule faute de traditions ancestrales qui ordonnaient que le premier fils né désigne sa mère comme son épouse ? Non ce n’était pas aussi simple. Néanmoins, cela fit germer une idée dans son esprit. Aucunement plaisante, bien au contraire et qui d’avance noyait son cœur dans un flot de douleur. Pour autant, avait-il désormais le choix ? Il pouvait ne pas reconnaître et bénir les fiançailles de sa sœur et Castiel, il n’en demeurait pas moins que les choses étaient faites, et que Martial n’apprécierait sans doute pas d’être la seconde option et de prétendre à une épouse aussi instable. Au fond, il savait désormais que l’alliance avec Bellifère, sur ce point là en tout cas, était quasiment déjà révolue…

Mais il restait toujours Valkyrion.

Il ne pouvait en vouloir à sa sœur d’aimer. Ni même d’aimer Castiel de Sombreflamme en vérité, même si il ne parvenait pas à comprendre comment ni pourquoi de tels sentiments étaient nés. L’amour était quelque chose de naturel et une force puissante qu’Anthim respectait. Et maintenant qu’il savait sa sœur amoureuse, cela compliquait ses plans et rendait la décision plus cruelle que jamais. Force était de constater qu’il n’avait pas prévu une telle chose (comment aurait-il pu ?). Hélas, dans les jeux diplomatiques, ça ne comptait pas réellement. Il pouvait imposer à sa sœur un mariage, et en vérité il l’aurait fait s’il n’avait pas eu la presque certitude que du côté de Martial les choses n’allaient pas passer comme prévue. A son tour bien égoïstement, il refusait de la perdre pour quelque chose qui avait perdu en force. Mais ne pas imposer à sa sœur un mariage ne voulait pas dire qu’il acceptait celui que les fiançailles promettaient. Et là dessus, difficile de le faire changer d’opinion.

« Si tu voulais éviter cette situation Alméïde, tu aurais du y réfléchir avant de faire des choses dans mon dos. » Oui il savait que sa sœur avait donné une seconde chance à Castiel, mais bien des choses s’étaient passées entretemps et un démenti même avait été prononcé. Il croyait l’affaire terminé, sans se douter qu’en réalité, elle s’était jouée de lui pour vivre en secret son « amour » avec le chien de Sombreciel. Il avait eu tort de ne pas imposer clairement à sa sœur – et à Castiel de surcroit, quitte à demander l’aide d’Augustus – de ne plus le revoir. Il ne répond rien de plus à l’étalage des sentiments de sa sœur, réfléchissant d’abord, puis bien vite interrompu par le fil des paroles de sa sœur. Une autre solution ? Cela semblait si facile à l’entendre, l’aplomb revenu dans sa voix.

« Un mariage nous aurait assuré une protection, qu’une alliance commerciale a bien moins de valeur. » Il a un nouveau soupir, passant une main sur ses yeux comme prit d’une terrible fatigue. Abattu diraient même certains. « Je crois de toute façon que ce mariage ne pourra avoir lieu, maintenant que tu es fiancée à Castiel et que tu ne sembles pas vouloir rompre ton engagement. Martial de Bellifère refusera surement d’être un second choix. » Pouvait-on lui en vouloir par ailleurs ? Pas vraiment. D’autres solutions, Anthim n’en avait pas. Et réfléchir en ces conditions était bien compliqué.

« Alméïde, je ne condamne pas tes sentiments. Mais je ne peux pas te pardonner. Je ne peux pas pardonner que tu m’aies encore une fois menti et trompé, aux dépends d’Erebor. Je ne peux pas pardonner si facilement… » Dans sa voix, un pincement audible et poignant, une douleur qui transparait dans la neutralité qu’il tente de maintenir. « Je maintiens ce que j’ai dit, je ne peux accepter cette union. » Etait-ce le duc qui parlait, ou le frère blessé ? Il avait bien du mal à discerner ses deux parts de lui à cet instant. Les mots étaient difficiles à venir, puis finalement, ils finissent par franchir ses lèvres. « Il n’y aura pas de mariage avec Bellifère. Mais je n’ai pas encore décidé de ce que je ferais de toi et de ta trahison. » Pardonnera-t-il un jour ou choisira-t-il de faire un exemple ? De destituer sa sœur car c’était là le sort mérité ? S’il avait s’agit d’une autre personne, il n’aurait sans doute pas hésité…

A nouveau, il se lève de sa chaise, observant avec hauteur sa sœur, posant sur elle un regard lourd et triste à la fois. Pour lui, cette discussion était pour l’instant terminée.

« Nous en avons terminé pour l’instant. »

Autoritaire, un brin froid, il n’attend pas de réponse de sa sœur et est le premier à sortir de la pièce, l’abandonnant sur place. Etait-ce comme une sorte de fuite ? Non. Mais il avait besoin de réfléchir sans qu’elle soit avec lui, il devait prendre une décision seul. Le palais avait en cet instant quelque chose d’étouffant, de lourd, trop de choses pour lui rappeler le poids qui pèse sur ses épaules. Erebor et ses alliances, les tensions avec Faërie sur le point d’exploser, sa sœur qui avait poignardé son cœur sans même le vouloir… Oui il a besoin de prendre l’air, Anthim, de laisser à ses pensées le droit de filer vers les cieux et l’horizon, juste assez longtemps pour savoir ce qu’il devait faire.

La nuit venait de tomber, dans la voute céleste les étoiles brillaient doucement sous le regard serein des lunes jumelles. Sans en informer personne à l’exception de ses gardes personnels, il prend la direction de la sortie du palais, de la ville même, jusqu’à monter sur les dunes à bonne distance de la cité. Vêtu chaudement contre les nuits du désert, il sait qu’ici, il pourra trouver la paix et le repos pour son esprit. Seul, avec pour compagnes les astres de la nuit, fidèles amies de toujours quand les tourments viennent à perturber son sommeil et ses pensées. Il y a déjà passé de longues heures, à contempler le désert sans se lasser, à écrire des vers en son honneur, pour le seul plaisir de composer et de se vider la tête. Cette nuit, il n’écrirait pas, mais il poserait bien son regard sur l’étendu sans fin qui est symbole de son duché, arrêté par un horizon de montagne capable de trancher les cieux. Erebor qu’il aimerait tant protéger…

« Que dois-je faire, mes chers dieux ? Joseï, père protecteur, toi qui commande à l’équilibre de toute chose, quelle décision puis-je prendre ? Valda, mère et guide, toi qui éclair le chemin des perdus sur les mers comme dans le désert, quelle route dois-je emprunter ? Erebor a besoin de moi… Erebor ne peut souffrir de plus de faiblesses… » Au fond de lui, un écho de ses propres pensées. Mais que veux-tu Anthim ? Que veux-tu réellement ? Et de sa propre réponse, une voix chaude, un ton sincère. « Je ne veux pas la perdre… »

Mais il avait l’impression que quoiqu’il fasse, il la perdrait. La punir, la renier, retirer ses titres était le plus douloureux et le chemin le plus sur pour la perdre à jamais. Mais la laisser libre, pardonner, c’était lui donner une chance de s’unir à Castiel de Sombreflamme, et là aussi, il la perdrait. Tu penses comme un frère, non comme un duc. Mais être duc était-ce être cruel ? Ce mariage avec Martial, il l’aurait imposé sans hésiter car tel est son devoir de duc. Et maintenant que la chose semblait compromise, pouvait-il pardonner si simplement à sa sœur ? Qui du duc ou du frère devait pardonner, alors que les deux étaient blessés ? Le roc cède, si les fondations ne le soutiennent pas. Alméïde était-elle un de ces piliers nécessaires ? Malgré tous ses mensonges, oui, il en était convaincu.

Des pas dans la nuit, derrière lui. Il se retourne un instant, reconnaissant la silhouette entre mille qui s’approche de lui. D’une voix rauque, il lance sans réelle joie :

« Je ne pensais pas que tu viendrais me trouver ici. »

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Mer 8 Fév - 21:59

« Tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas aussi simple. » Evidemment. Elle est celle qui régit le harem, elle est celle qui côtoie ces femmes au quotidien quand elle n'est pas à l'Académie pour ses études, elle est celle qui les voit faire des pieds et des mains pour avoir l'attention de leur duc et avoir ses faveurs. Elle songe à la douleur que lui causerait l'idée de ne plus revoir Castiel, mais elle n'a pas songé à celle de voir la personne qu'elle aime reléguée à un second rôle, enfermée dans un harem sans plus de chance d'en sortir. Au moins pourra-t-il la retrouver à loisir, se blottir dans ses bras, partager son lit et la garder dans son coeur sans avoir à en rougir ou à culpabiliser. Quelle situation est-elle la plus cruelle ? Alméïde préfère ne plus y penser.

« Si tu voulais éviter cette situation Alméïde, tu aurais du y réfléchir avant de faire des choses dans mon dos. » Elle baisse les yeux, silencieuse. Aucune excuse ne saurait exprimer ce qu'elle ressent à cet instant, aucune parole ne lui permettrait de se racheter aux yeux de son frère. Seuls les actes, à présent, sauront faire la différence. Elle l'a déçu, encore une fois. Et si elle est encore blessée qu'il ait ainsi voulu lui imposer un mariage sans son accord, elle ne se sent pas moins coupable d'avoir agi sans réfléchir et surtout, sans lui en parler. Pourtant, sa réaction n'était-elle pas facile à anticiper ? Discuter avec son frère de ses sentiments pour Castiel aurait-il pu apaiser sa colère ? Colère déjà attisée par ces rumeurs de fiançailles et de grossesse colportées un peu partout dans les deux empires, au point qu'il ait fallu faire un démenti officiel. Elle n'aurait jamais pensé que quelques semaines plus tard, elle se serait laissée emporter par un flot de sentiments capable de balayer toute raison. C'était fort, inattendu et pourtant si agréable. Ca occultait tout et, encore maintenant, son coeur vibre de songer à ces quelques jours passés en sa compagnie. Elle était aveuglée, peut-être a-t-elle consciemment fermé les yeux sur les conséquences, malgré tous les avis et les avertissements proférés par leurs entourages respectifs. Désormais, il est trop tard pour revenir en arrière.

« Un mariage nous aurait assuré une protection, qu’une alliance commerciale a bien moins de valeur. » Elle hoche doucement la tête mais ne répond rien, affligée de le voir si las, soudain. « Je crois de toute façon que ce mariage ne pourra avoir lieu, maintenant que tu es fiancée à Castiel et que tu ne sembles pas vouloir rompre ton engagement. Martial de Bellifère refusera surement d’être un second choix. » Entre soulagement et culpabilité, son coeur vacille. Pourtant, Martial de Bellifère n'est pas au courant. Personne ne l'est, si ce n'est eux deux et Castiel. Il serait aisé de faire comme si de rien n'était, du moins en théorie. Car concrètement, Alméïde ne peut se résoudre, ne serait-ce qu'à imaginer, à faire une croix sur Castiel et à accepter cette alliance. Déchirée entre son amour pour un homme et son devoir, elle sent que le souffle lui manque, mais elle reste immobile, serrant ses mains l'une contre l'autre.

« Alméïde, je ne condamne pas tes sentiments. Mais je ne peux pas te pardonner. Je ne peux pas pardonner que tu m’aies encore une fois menti et trompé, aux dépends d’Erebor. Je ne peux pas pardonner si facilement… Je maintiens ce que j’ai dit, je ne peux accepter cette union. » C'est un nouveau coup porté à son coeur. Alméïde lève les yeux vers les siens, retenant de nouvelles larmes. Pourrait-elle supporter l'idée d'avoir mis à mal l'avenir de son duché pour... rien ? Risque-t-elle de perdre à la fois son frère mais également celui qu'elle aime ? Elle tente de prononcer quelques mots, mais elle n'a pas le temps de réfléchir à ce qu'elle va dire qu'il continue sur sa lancée. « Il n’y aura pas de mariage avec Bellifère. Mais je n’ai pas encore décidé de ce que je ferais de toi et de ta trahison. » Elle pâlit, la princesse, face à Anthim qui se redresse de toute sa hauteur face à elle. « Nous en avons terminé pour l’instant. » Et elle le regarde partir, incapable de le retenir. Pour dire quoi ? Qu'elle est désolée, encore ? Qu'elle a changé d'avis et qu'elle se pliera à ses devoirs ? Elle sait que c'est ce qu'elle devrait faire, mais son coeur malmené ne peut se résoudre à la laisser faire, et c'est sans un mot qu'elle le regarde s'éloigner.

Il lui faut quelques instants pour parvenir à se relever à son tour, les jambes tremblantes et les yeux rougis par les larmes. Elle essuie soigneusement ses joues encore humides, lisse les pans de sa robe et relève le menton avant de sortir dans les couloirs en regardant droit devant elle. Pas de signe de son frère ; il est sûrement parti s'isoler un peu pour réfléchir et elle n'a aucunement l'intention de l'interrompre. De toute manière, elle a besoin d'un peu de temps pour digérer, elle aussi. Elle se fait porter son repas dans sa chambre, dans les dernières lueurs du jour déclinant. Mais elle mange sans grand appétit, la nourriture lui semble fade et pâteuse. Ses pensées tournoient à une vitesse folle et son regard s'égare parfois sur le délicat médaillon qui se fait tentateur, tout à coup. Pourtant, si elle s'en empare, c'est pour le ranger soigneusement dans un tiroir ; elle a besoin de réfléchir seule.

Plusieurs heures s'écoulent, dans la contemplation des étoiles depuis son balcon, les yeux embués de larmes et son corps frissonnant dans la nuit erebienne. N'y tenant plus, elle se décide à aller voir Anthim, désireuse d'en finir avec cette histoire. Il n'est pas dans ses appartements pourtant et personne ne l'a vu à l'heure du repas. Alméïde pousse un soupir et fait mander un peu de nourriture en cuisine et à boire. Le temps que ce soit fait, elle retourne enfiler des vêtements plus chauds afin de faire face au froid des dunes, puis quitte le palais en direction d'un endroit qu'elle connaît bien. Sa marche l'entraîne jusqu'aux abords de la cité et même en dehors, là où les étoiles sont les plus visibles et lumineuses, où le ciel se fait infini sous leurs yeux ébahis. La nuit est froide mais agréable pour la princesse qui aperçoit la silhouette solitaire de son frère, droit devant elle, dans le silence profond de la nuit.

« Je ne pensais pas que tu viendrais me trouver ici. » Malgré le ton froid qui l'accueille, elle esquisse un sourire timide et bienveillant, tapotant sur sa besace d'une main. « J'ai pensé que tu aurais faim. » répond-elle en s'installant à ses côtés. Elle sort de quoi se sustenter, mais elle a surtout pensé à quelques douceurs et aux dattes. Elle pose le tout sur son sac, pour qu'il se serve, puis lève les yeux au ciel en poussant un soupir. Il y a bien longtemps que le frère et la soeur n'ont pas partagé un tel moment, mais l'instant semble voilé par les paroles échangées.

« Anthim, j'ai... réfléchi à tout ça et j'aimerais t'expliquer... C'est difficile pour moi alors ne m'interromps pas, d'accord ? » demande-t-elle, un peu hésitante, la gorge serrée mais le regard déterminé. « Je sais que toutes mes excuses n'y changeront rien, que je t'ai déçu et que je ne pourrai pas rattraper ça mais... j'aimerais que tu comprennes. Je n'ai jamais eu l'intention de te nuire, ni même de nuire au duché. Tout ce que je gardais pour moi, c'était uniquement par crainte et non par malice. J'avais si peur de te mettre un peu plus en colère ou de voir la déception dans tes yeux, mais ne pas te parler de... de ce que je ressens pour... lui, ça me tuait à petit feu. » Elle garde les yeux droit devant elle pour ne pas flancher, pour continuer. « Ca n'excuse en rien mes actes, je le sais bien, mais j'avais si peur que tu y mettes un terme alors que... C'est... Je n'ai pas choisi de l'aimer. » Il aurait été bien plus simple d'en aimer un autre, de ne pas aimer du tout, même. De vaquer à ses occupations quotidiennes sans se soucier de rien d'autres que ses études, ses responsabilités, sa famille. « Je ne veux pas vous laisser tomber – te laisser tomber. Il n'est pas encore trop tard, tu es le seul à savoir, mais je ne sais pas si... si j'aurai la force de... J'ai si mal, rien que d'y p-penser... » Sa voix se brise sur ces quelques mots mais elle parvient à garder contenance, ramenant ses jambes contre elle pour les enserrer de ses bras. La nuit est froide mais son coeur encore plus de songer à ce que son titre signifie, aux sacrifices qui lui incombent. Peut-être son frère saura-t-il un instant laisser le duc de côté et la conseiller, la rassurer, malgré tout ce qu'elle a fait.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Mar 14 Fév - 4:38

Il ne s’y attend pas, Anthim, à ce que sa sœur vienne jusqu’à lui au cœur de la nuit, sur les dunes qui entourent la cité silencieuse de Vivedune. Ils semblaient tous deux loin de tout, sous le regard compatissant des étoiles et des deux lunes, prêt à reprendre une discussion à laquelle il avait lui même mis fin par nécessité. Etait-il prêt à faire un choix, à savoir ce qu’il voulait vraiment et ce qui était le mieux pour Erebor ? Il n’en savait trop rien et en réalité, il ne peut pas dire en cet instant être particulièrement heureux de voir sa sœur. Ce qui expliquait pourquoi son ton à l’approche de celle-ci se fit légèrement froid. Mais il n’allait pas renvoyer Alméïde au palais, la congédier comme il aurait pu le faire avec n’importe qui. Alors sans un mot, il acquiesce aux raisons de sa venue – mais n’est pas dupe quant-à la réalité –, regardant d’un œil distrait les mets qu’elle a apporté sans y toucher pour autant. Il n’a pas faim, l’esprit encore noirci de bien trop de pensées. Pendant plusieurs secondes, le silence s’impose en maître. Les yeux rivés vers les cieux, le duc attendait patiemment que sa sœur en vienne aux faits, ce qui ne tarde finalement pas à arriver.

« Très bien c’est d’accord. »

Les mots sont lâchés avec une légère peine, mais il accorde à sa sœur le droit de parler sans qu’il n’interrompe le fil de son discours. Il s’attend à bien des choses, comme réentendre un étalage de sentiments à l’égard de Castiel, ou encore de plates excuses qui n’auraient aucune saveur pour lui. En un sens, il n’a pas tout à fait tort de s’attendre à une telle chose, mais il a promit d’écouter. Et fidèle à sa parole, il ne glisse aucun mot, ni ne semble exprimer la moindre émotion à la chiche lueur des lunes. Pourtant, en lui gronde à nouveau une part de colère. Mais plus que celle-ci, la déception qui vient à nouveau percer les chairs, devant les pitoyables excuses qu’elle se trouve pour expliquer sa conduite. Ils avaient pourtant eu cette discussion auparavant, lorsqu’elle avait préféré lui mentir plutôt qu’affronter son regard et son jugement. Et plus que tout, Anthim préférait encore savoir quitte à céder à l’emportement passager plutôt qu’apprendre un tardif mensonge qui nourrirait la rancœur.

Encore une fois, c’est un trop de sentiments qui fait s’effondrer la voix d’Alméïde, peinée et effrayée, prise de doutes et de remords. De prime abord, il aurait détourné le regard, Anthim, pour paraître tel que le demande son rôle de duc, ne pas céder si simplement aux suppliques. Il suffirait d’une pensée pour que la chose se passe ainsi. Mais c’en est une autre, écho d’une prière un peu plus tôt adressée qui lui revient en mémoire. « Je ne veux pas la perdre… » Et plus il s’éloignait dans son rôle de duc, et plus il allait la détruire à petit feu. Non que suivre son devoir fut une mauvaise chose, il comprenait que la manière dont s’étaient déroulées les choses n’avait fait qu’empirer la situation, et que malgré toutes ses prévisions, il n’avait pas songé que le cœur de sa sœur serait enchainé à l’amour. Un soupir traverse ses lèvres, quand sa main, elle, s’attarde sur le pendentif à son cou, jumeau de celui qui ornait celui de sa sœur. Las, il l’était Anthim, mais pas encore assez pour abandonner totalement sa sœur. Car dans les paroles de celle-ci, au delà des sentiments qui bloquaient sa pleine décision, il y avait la prise de conscience du danger et de ses devoirs.

Alors son bras se pose sur les épaules de sa sœur, l’attirant un peu vers lui dans un geste fraternel. Il n’était pas le plus expansif en matière d’affection, mais pas froid au point d’agir comme le plus insensible des hommes. Malgré tout, il faut encore une poignée de seconde pour que le duc se décide à reprendre la parole.

« Les non-dits sont destructeurs Alméïde. Et cela me blesse sincèrement que tu aies eu peur encore une fois de venir me parler. Avant, on se disait tout. Alors qu’est-ce qui a changé ? » Oh c’était bien simple et il avait la réponse… Castiel. Castiel était la cause à l’origine de ces silences et cachoteries. Pourtant, il n’a même pas la force de lui en vouloir particulièrement à cet instant. « Tu me parles d’amour, mais ce n’est pas lui qui pose problème, ce sont tes actes… » Il se retient Anthim d’ajouter quelque chose qui n’aurait point été les paroles du frère mais celle du duc. Dissocier les deux était en réalité presque impossible. Un autre soupir lui vient. « Je…je ne te demande pas donner une réponse dans l’immédiat Alméïde. Je te demande seulement d’y penser et de choisir ce qui te semble le plus juste. J’aimerai que tu n’oublies pas les devoirs qui t’incombent. » Elles filtrent comme des rayons de lumières, les paroles du duc, mêlé au ton néanmoins plus doux du frère. « Je te laisse du temps pour y songer. » C’était tout ce qu’il pouvait lui accorder : ne pas lui imposer en l’instant. Mais la réalité saurait certainement vite les rattraper, et Anthim devrait alors songer à d’autres options pour garantir à Erebor des alliances.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Jeu 16 Fév - 18:23

Et comme promis, il ne l'interrompt pas. Il est difficile pour Alméïde de mettre des mots sur les doutes qui la troublent depuis plusieurs mois, plus encore alors qu'elle a déjà eu une discussion très semblable avec Anthim. Pourtant, cette fois, il ne s'agissait pas d'un mensonge, mais de non-dits qui ont tout gâché. Elle aurait dû lui parler plus encore de ces sentiments naissants pour Castiel. Elle aurait dû lui parler un peu plus de ces rencontres faites à Lorgol, bien que ses gardes aient surveillé, de loin. Elle aurait dû lui demander de se rendre à Euphoria plutôt que de le lui annoncer sans lui laisser le choix. Mais plus elle s'attachait à lui, plus elle avait peur qu'Anthim lui ordonne d'y mettre un terme. Quelle naïveté, quelle imbécillité. Elle aurait dû savoir que, derrière la colère, son frère aurait sûrement fini par écouter. Il finit toujours par l'écouter, même s'il est borné, même s'il a arrêté sa décision, il sait faire preuve de réflexion et, à la manière de Joseï, peser les arguments afin de faire un choix juste. La seule exception, c'est le duc de Sombreciel, et c'est ce qui l'a tant tourmentée, Alméïde. Aurait-il été juste et impartial ? Aurait-il laissé sa soeur se jeter dans les bras d'un homme qu'il hait tant ? La question tourne encore dans son esprit mais elle n'ose la poser, elle n'ose provoquer un peu plus ou se chercher d'autres excuses. Peu importent les non-dits, elle a fait une promesse sans le consulter, une promesse qui engendre des conséquences. Et de ça, elle ne peut se dérober.

Elle manque de sursauter lorsqu'il l'approche de lui, d'un mouvement de son bras. L'étreinte lui indique pourtant qu'elle retrouve un peu son frère, même s'il ne lui a pas pardonné, même s'il lui en veut encore. Sans un mot, elle se laisse aller contre lui, rassurée par sa présence. « Les non-dits sont destructeurs Alméïde. Et cela me blesse sincèrement que tu aies eu peur encore une fois de venir me parler. Avant, on se disait tout. Alors qu’est-ce qui a changé ? » Il n'y a que le silence pour seule réponse. Comment en est-elle arrivée là ? Elle voudrait s'excuser à nouveau, mais aucune parole ne saurait faire la différence désormais, alors elle se tait, honteuse, comme une enfant prise en faute. « Tu me parles d’amour, mais ce n’est pas lui qui pose problème, ce sont tes actes… » Elle pousse un soupir las. Elle le sait bien, elle a été irréfléchie et inconséquente. Mais jamais elle n'aurait pensé qu'il songeait à une potentielle union avec Bellifère. Encore une fois, elle ne peut blâmer que son silence ; si elle avait osé se confier à lui, peut-être que les choses ne se seraient pas déroulées ainsi.

« Je…je ne te demande pas donner une réponse dans l’immédiat Alméïde. Je te demande seulement d’y penser et de choisir ce qui te semble le plus juste. J’aimerai que tu n’oublies pas les devoirs qui t’incombent. » Un nouveau poids retombe sur ses épaules, malgré la douceur des paroles de son frère. « Je te laisse du temps pour y songer. » Du temps, oui. Mais pas beaucoup de temps, n'est-ce pas ? Elle est reconnaissante pourtant, la princesse. Et quand elle se redresse pour le regarder dans les yeux, la culpabiltié a laissé place à de la gratitude. Son coeur saigne de cette décision qui lui incombe désormais, mais elle fait au mieux pour ne pas y songer alors qu'elle serre Anthim dans ses bras, à la recherche de sa chaleur, de son réconfort. Juste quelques instants, sous les étoiles, où le frère et la soeur se retrouvent enfin dans une étreinte tendre et sincère. Alméïde ne pleure plus, mais elle souffre en silence. C'est un regard qui se veut déterminé qui retrouve celui d'Anthim alors. « Je vais y réfléchir Anthim. » déclare-t-elle d'une voix ténue, mais ferme. Réfléchir à ce qui est le mieux pour Erebor. Réfléchir à une autre solution, peut-être ? Mais il n'y en a pas d'autre, ou alors son frère l'aurait déjà proposée, n'est-ce pas ? Elle ne veut plus le décevoir, elle veut faire honneur au nom d'Erebor, elle veut mériter le respect de son peuple et pourtant...

« Et... que pense Martial de tout cela ? » demande-t-elle alors, pleine d'appréhensions. Elle sait qu'il a voulu prendre pour femme Mélisende de Séverac ; ne l'a-t-il pas enlevée à Hacheclair avant d'être surpris par sa famille au grand complet ? Mais il est prince après tout. Un prince qui n'a pas non plus le choix.

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Message Sujet: Re: La valse des cœurs brisés   Sam 4 Mar - 21:48

Il ne s’attend pas à ce qu’elle lui réponde dans l’immédiat. Tout ce que souhaite le sultan du sable et du roc, c’est que sa sœur comprenne et saisisse bien la portée de ses actes et de ses décisions. Des décisions qui coutaient cher à Erebor et qui continueraient de porter préjudice à leur duché en ces temps troublés proches de la guerre. Mais malgré la colère qu’il a ressentie, la rage et la rancœur, il est capable encore d’accepter d’attendre, de faire preuve de patience. Il n’oublierait pas, il ne pouvait oublier, mais il pouvait encore user de sagesse là où Alméïde n’en avait eu aucune. Comprendrait-elle enfin ce qu’il voulait dans les dernières paroles qu’il lui assénait avec plus de douceur ? Il semblait que oui. Cherchant visiblement plus de soutien dans une étreinte plus affirmée, il serre aussi doucement sa sœur dans ses bras, attendant silencieusement au moins une réponse, un murmure, un regard ou un geste fugace. Les yeux se croisent, aux pupilles déterminés dans leurs convictions. Il se rassure une seconde de percevoir ce sentiment dans le regard de la princesse, acquiesçant quand enfin les paroles viennent chanter dans la nuit du désert.

« Bien. »

Il ne pense pas avoir besoin de lui préciser que le temps reste compté malgré tout et qu’il espère une réponse d’elle rapidement. Avant que les choses ne finissent réellement par dégénérer. Et si refus il devait y avoir de sa part, ce qui était une solution à envisager, alors il lui faudrait trouver un autre moyen d’assurer la protection de son duché sans l’aide de Bellifère. Valkyrion était une option à ne pas négliger, et même sans le mariage avec Martial, Anthim n’avait pas mit de côté l’idée de s’allier au duché du Savoir. Tous deux étaient de longue date amis. En ces temps troublés, pourquoi les choses en seraient-elles autrement ? Les quelques réflexions qui viennent pulluler dans son esprit sont vite mises de côté quand Alméïde reprend la parole, une certaine gêne dans la voix. Une question à laquelle il ne s’attendait pas et qui fait hausser un sourcil à Anthim.

« Comme toi il est prince, et plus encore destiné à hériter de son duché. Il sait que former des alliances est une nécessité pour notre équilibre à tous. » C’était là la réponse du duc, stricte, sévère, classique. Puis vient celle du frère. « Mais il ne semblait guère enchanté lorsque nous en avons discuté en la présence de la duchesse Ermengarde. » Mais lui comme bien des nobles n’avait pas beaucoup de choix quant-à la personne qu’il choisissait d’épouser. Bien des choses pesaient sur leurs épaules.

Il ne semble pas vouloir ajouter quoique ce soit sur le sujet, le duc d’Erebor. Lassé de celui-ci, encore nettement irrité que ses plans se voient tomber presque à l’eau, il observe encore en silence la voute céleste sans un mot, avant de finalement pousser un soupir et repousser gentiment sa sœur, faisant mine de s’étirer et se lever. Il n’avait pas encore touché aux mets rapportés par sa sœur, il n’en avait pas vraiment l’envie. Il tendit une main à Alméïde pour l’aider à se relever avant de regarder en direction de Vivedune.

« Il est temps de rentrer. On nous attend je crois. »

Maigre est son sourire, mais doux est le ton de sa voix, redevenu vent léger qui frotte les dunes du désert. Et même les cieux avaient su calmer quelques peu la situation, laissant à cette nuit les secrets des paroles échangées, elles reviendraient vites – trop vites – à l’esprit du duc et de sa sœur.

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