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 L'espoir, plutôt que l'incertitude

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Les Guerriers
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Les Guerriers
Message Sujet: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Dim 29 Jan - 23:11


Livre II, Chapitre 1 • Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Octavius le Rouge & Quitterie Aubenacre

L'espoir, plutôt que l'incertitude

Ou quand une lettre changera une vie



• Date : Le 15 février 1002
• Météo : À Port-Liberté, il fait frais et légèrement humide, mais pas froid. Le ciel est clair.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Lors de son crapahutage en Erebor, Octavius a trouvé une missive destinée à une Chevaucheuse de leur temps. Juste avant de prendre ses quartiers à Edenia, il s'aventure donc en Ansemer afin de rencontrer la jolie Louison. Afin de lui remettre ce qui lui appartient et aussi de lui poser quelques timides questions.
• Recensement :
Code:
• [b]15 février 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1709-l-espoir-plutot-que-l-incertitude]L'espoir, plutôt que l'incertitude[/url] - [i]Octavius le Rouge & Quitterie Aubenacre[/i]
Lors de son crapahutage en Erebor, Octavius a trouvé une missive destinée à une Chevaucheuse de leur temps. Juste avant de prendre ses quartiers à Edenia, il s'aventure donc en Ansemer afin de rencontrer la jolie Louison. Afin de lui remettre ce qui lui appartient et aussi de lui poser quelques timides questions.


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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Lun 30 Jan - 0:36

Pourquoi Maelys n’est-elle pas Ansemarienne ?

La question lui vient en tête, alors qu’il se promène dans les rues de Port-Liberté, entouré de marins en plein hivernage et de dames rieuses bronzées même pendant la froide saison. L’endroit lui rappelle un peu Hacheclair, femmes dans les rues en plus. Moins… moins délicat que ce qu’il imagine Edenia, moins raffiné, quelque chose de bien plus jovial et amusant. De plus libre. Cette ambiance ne déplaît absolument pas à Octavius, qui a vite fait de trouver son chemin jusqu’à la caserne de Chevaucheurs de la cité portuaire. Si un jour, il prend à Maelys l’envie d’être transférée, ou à son capitaine de la changer de vol… Ansemer, ouais. Il pourrait s’y faire.

À la Caserne, on l’observe avec méfiance et on décrypte ses papiers avec minutie, avant d’accéder à sa demande très simple : rencontrer Louison Aubenacre. Considérant que c’est un jour de fin de semaine, ses chances de la voir sont multipliées, et il est bien content que le responsable grincheux de l’accueil lui confirme que oui, la Chevaucheuse est bien là. Qu’il l’attende, elle viendra à sa rencontre. Pas de circulation non autorisée et non surveillée dans la Caserne, pas de geste agressif, pas d’effets personnels, ni d’armes – il a dû laisser son épée entre les mains de l’homme, oui, en espérant qu’il en profiterait pas pour désincruster l’Opale de la garde.
On ne sait jamais, avec ces Ansemariens. Ils échangeraient jusqu’à leur mère, pour quelques fleurons sonnants, tout le monde sait ça.

Octavius vérifie si la lettre est encore bien logée dans la poche à l’intérieur de son manteau, son délicat parchemin jauni crissant sous ses doigts. Il a timidement relu le début de la missive, et juste après le Quitterie, il a bien vu le Louison Aubenacre. Une Louison Aubenacre, de la Lande aux Perles, il en connaît une. Il a demandé confirmation à l’antenne de Chevaucheurs de Lorgol, à savoir si la rouquine Belliférienne étant bien celle qu’il pensait, nommée par deux noms plutôt qu’un. Et oui. C’est bien elle. Et tant qu’à sortir de Lorgol et à se rendre en Faërie… faire un arrêt dans le duché des Océans n’est pas très compliqué. Puis, il a quelques questions pour elle.

Un éclat orangé attire son attention. La cigogne, fidèle Familier de la Chevaucheuse aveugle, accompagne ses pas, profitant de la caserne peu bondée. « Mademoiselle Louison », salue le guerrier poliment, lorsqu’elle arrive à sa hauteur. Il jette un bref coup d’œil à Sayam, avant de remettre son regard clair sur la jeune femme. Il doit s’y habituer, aux Familiers. Il sait qu’il va devoir en fréquenter un sacré paquet, sous peu, dont un sur une base régulière. Elle lui semble en forme, en un seul morceau ; guérisseuse, elle ne devait de toute façon pas être au cœur des conflits, en Erebor. Dire qu’il y a… trois semaines, oui, il était sous le feu nourri des Chevaucheurs de Faërie. Et maintenant, il va habiter dans leur empire. Amère ironie. « Je peux… je peux vous parler en privé ? », demande-t-il sans plus attendre, ne voulant pas lui remettre son bien dans un lieu public. Ni lui parler. Il n’a pas envie de tout le monde sache ce qui le taraude.

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Dim 5 Fév - 18:53

Alors ? Rien à faire, Sayam. Plus rien ? Du tout ? Rien de rien. C’est fini.

C’est fini, oui. Elle a les yeux grand ouverts, Quitterie, et elle perçoit contre la peau de son visage la chaleur de la bougie qui brûle à quelques doigts de son nez ; mais elle ne voit rien. Plus rien, pas la moindre ombre, pas le plus petit vestige de lumière : les ténèbres sont absolues à présent, et elle est aveugle pour de bon. Irrémédiablement. Étrangement, elle ne panique pas – avec calme intense, absolu, elle déplace le bougeoir devant son visage, guettant le moindre changement dans ce qui devrait être son champ de vision. Rien. Doucement, de l’autre main, elle effleure ses paupières : ouvertes, oui. D’un geste prudent, elle dépose le bougeoir sur le bureau devant lequel elle est assise, et rouvre complètement le lien mental avec son Familier, qu’elle avait restreint le temps de son expérimentation. Ses mains tremblent légèrement lorsqu’elle les dépose sur ses genoux – voilà venu le terme tant redouté, elle va devoir s’y résigner. Je reste à tes côtés. La chaleur de l’affection qu’elle perçoit de son dragon et de son Familier la rassérène, et elle se lève lentement de son fauteuil, se dirige vers la porte de son logement. Elle va devoir informer son Capitaine de la situation. A contrecœur et la mort dans l’âme, mais il va le falloir, s’il n’est pas trop occupé avec la guerre aux frontières.

Guidée par les yeux de Sayam, elle atteint le battant ; mais lorsqu’elle l’ouvre, un coursier se tient là, le bras levé, prêt à toquer. « Chevaucheuse Aubenacre, vous avez un visiteur. » Oh. Vraiment ? Mais qui donc est susceptible de venir la voir ici ? « Un… guerrier, madame. Pouilleux, si vous voulez mon avis. Et pas l’air bien finaud. Il a une bien belle épée ma foi, mais il n’est pas très… soigné. » Son nom ? Le Bougre. Vraiment ? Il n’est pas sûr, il avait un accent paysan. Des hommes correspondant à cette description, elle en connaît quelques-uns, Quitterie ; mais elle se fait confirmer la stature du visiteur et décrire l’épée. Aucun doute possible : un géant avec une Opale, ça ne peut guère être que monsieur Octavius. « Je m’étonne que vous confondiez l’accent du terroir avec celui de Bellifère, jeune homme. Après tout, je suis moi-même belliférienne, dois-je en déduire qu’il vous plaît de médire de mon parler lorsque j’ai le dos tourné… ? » L’adolescent baragouine quelques dénégations qui ne la laissent pas dupe, et c’est escortée de Sayam qu’elle traverse le rez-de-chaussée en direction de l’antichambre des visiteurs. Elle y entend plusieurs voix, mais l’une résonne d’un timbre familier à son oreille, et elle répond d’un sourire sincère au salut de son visiteur. « Monsieur Octavius. Soyez le bienvenu – je ne m’attendais point à vous trouver ici, en Faërie. Que me vaut le plaisir de votre venue ? » Tout en parlant, elle s’est avancée de quelques pas, a tendu le bras pour poser délicatement les doigts sur le poignet solide du guerrier, prenant sa main si grande entre les siennes en signe de cordialité. Parler... en privé ? Fort bien. Elle hoche la tête, Quitterie, déplaçant sa main sur l’avant-bras musclé, tendant l’autre en direction des salons privés. « Il y a dans cette direction un salon dont la porte est bleue. Nous y serons tranquilles – Sayam va vous montrer le chemin, si cela ne vous ennuie pas d’assurer mes pas ? »

Appuyée sur lui, elle referme derrière eux le battant, et tandis qu’ils s’installent dans les fauteuils rustiques mais confortables, Sayam s’en va préciser au service de sécurité que le visiteur est avec sa mage. « Je suis heureuse de votre visite. Dites-moi ce qui vous amène ; êtes-vous blessé ? Je serai enchantée de pouvoir vous aider. »

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Sam 11 Fév - 22:18

Elle est toujours bien aimable, la jolie rouquine, bien polie, et son sourire lui semble sincère, même si ses yeux regardent tout à fait à côté de son visage, sans rien voir, il le sait bien. Leur poignée de main est un peu maladroite, mais il apprécie le geste. « Il y a dans cette direction un salon dont la porte est bleue. Nous y serons tranquilles – Sayam va vous montrer le chemin, si cela ne vous ennuie pas d’assurer mes pas ? Pas du tout, mam’zelle Louison. » Sa main passe à son avant-bras, et il calque son pas sur le sien, alors qu’ils suivent tous deux Sayam jusqu’au salon en question. La cigogne les laisse ensuite et il est un peu plus détendu, sans la présence du Familier. Oui, beaucoup à faire.

Il observe les lieux, un peu curieux. Si toutes les casernes de Chevaucheurs sont faites sur le même modèle, il pourrait demander à Louison de l’escorter un peu partout, afin qu’il puisse mémoriser le plan des lieux. Ce serait plus facile que de s’infiltrer dans la caserne d’Edenia, afin de faire la même chose… « Je suis heureuse de votre visite. Dites-moi ce qui vous amène ; êtes-vous blessé ? Je serai enchantée de pouvoir vous aider. Non, j’suis pas blessé, Pas plus que d’habitude », qu’il précise en se grattant la barbe. Il a été chanceux, en Erebor, mais tout ce qui se passe depuis des mois l’a fait réfléchir. Ce qu’elle lui a dit, au Tournoi des Trois Opales, aussi. « J’ai quelque chose pour vous et vu que j’allais passer dans l’coin, j’me suis dit que ce serait plus facile de vous l’donner en main propre. » Il sort la missive de son manteau et la dépose dans la main de la Chevaucheuse, avant de lui expliquer, sachant bien qu’elle ne peut pas deviner ce que c’est : « C’est une lettre. J’vous jure, j’l’ai pas lue. Juste le début, pour savoir c’était pour qui », qu’il ajoute, défensif. Il ne veut pas qu’on l’accuse d’avoir lu la correspondance privée de quelqu’un, même d’un mort. C’est déjà suffisamment gênant d’être reparti avec tous les bijoux du mort en question… même si à son avis, ça va bien plus servir maintenant qu’encore sous terre. « J’sais que vous y voyez pas beaucoup, mais p’t’être que quelqu’un pourra vous la lire. Il peut essayer, sinon, mais ça sera long. Il n’est pas très bon. Je l’ai trouvé en Erebor. »

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Dim 12 Fév - 18:26

Elle l’aime bien, la Chevaucheuse, ce guerrier un peu bourru, mal dégrossi aux entournures, qui la traite avec bien plus de respect et de déférence que ses compatriotes. C’est une machine à combattre, elle l’a vu – perçu – sur le sable de l’arène, lorsqu’elle y a été jetée en pâture aux outrages du Héraut des Titans. Elle se rappelle, aussi, ses membres rompus, ses muscles épuisés, lorsqu’elle s’en est allée prêter main-forte aux médecins du coin après les premières épreuves. Elle se souvient des cicatrices couturant son genou atrocement amoché, du tremblement maladif de l’articulation sous ses mains, tandis qu’elle tissait sur lui son enchantement de soin. Il est redoutable, impressionnant, et elle se sent toute petite en sa présence, toute gracile et délicate, alors qu’il pourrait l’aplatir d’une simple pichenette, ou même sûrement rien qu’en éternuant. Mais voilà, c’est Octavius – et elle ne peut s’empêcher de le trouver… mignon, quand il lui donne du « Mam’zelle Louison » avec son accent de Bellifère si familier. Bien sûr, cela n’explique pas pourquoi elle rougit autant alors qu’il s’adresse à elle - à chaque fois qu’un homme lui parle, depuis le début du mois, elle devient cramoisie, sans en saisir la raison.

Elle referme les doigts autour du rouleau de parchemin, écoutant attentivement les explications qu’il donne. Une lettre ? Une lettre qu’il a trouvée (comment ça, « trouvée » ?), en Erebor ? Par Valda, quel mystère. Arquant délicatement un sourcil perplexe, Quitterie range soigneusement le rouleau dans la poche de sa robe, échafaudant mille et une conjectures sur l’origine de ce bien curieux courrier. « Sayam me prêtera ses yeux tout à l’heure, je peux lire par son entremise, même si cela nous fatigue tous les deux. » Heureusement, ce n’est qu’une lettre, pas un épais grimoire : elle devrait pouvoir être consultée sans que cela ne prenne trop de temps… ? Elle perçoit l’approbation de Sayam, parti pour ménager un peu les nerfs du guerrier, très occupé à entretenir le nid qu’il s’est bâti tout en haut d’un arbre gigantesque. Reportant son attention sur son visiteur, elle lui dédie un sourire empli de gratitude. « Je vous remercie d’être venu me porter cela – il faut me conter comment ce pli est arrivé entre vos mains, monsieur Octavius, car je ne connais personne en Erebor. Qui vous l’a remis ? Racontez-moi : je grille de curiosité, vous le voyez bien. » A tâtons, prudemment, elle invoque un petit élémentaire d’eau qu’elle envoie en cuisine chercher de quoi boire, lui adjoignant un élémentaire de glace pour l’aider à rapporter de quoi grignoter. Son compagnon n’est pas vraiment à l’aise avec la magie, elle le sait bien, aussi tâche-t-elle d’expédier rapidement son enchantement, profitant juste de quelques secondes pour lancer vers lui un fil ténu de magie hivernale, exploratoire mais discret, juste pour vérifier qu’il ne lui cacherait pas quelque plaie béante.

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Lun 13 Fév - 6:27

L’expression de la Chevaucheuse est intriguée, avec raison, au fur et à mesure qu’il lui explique avec maladresse la teneur de ce qu’il lui remet. « Sayam me prêtera ses yeux tout à l’heure, je peux lire par son entremise, même si cela nous fatigue tous les deux. » Ils peuvent faire ça ? Il ne pensait même pas que ça pouvait être possible. Est-ce que Maelys sait aussi faire tout ça, avec Vesper ? Enfin, ça l’étonnerait, elle ne l’a pas aussi rencontré depuis aussi longtemps, probablement que Louison a longtemps perfectionné cette technique avec son Familier. Fascinant, oui, pour cet Ibéen qui doit se faire à chaque manifestation de magie, qui ne peut comprendre ces choses innées qui ne forment qu’un grand cafouillis dans sa tête.

« Je vous remercie d’être venu me porter cela – il faut me conter comment ce pli est arrivé entre vos mains, monsieur Octavius, car je ne connais personne en Erebor. Qui vous l’a remis ? Racontez-moi : je grille de curiosité, vous le voyez bien. » Qu’elle grille, oui, il le voit bien – elle est rouge comme une pivoine. Son expression se fait un peu perplexe, devant ce rougissement intempestif qu’il ne peut pas du tout expliquer. Elle est Belliférienne, mademoiselle Louison, mais elle a l’habitude de voir des hommes, dans cette caserne, il n’y a aucune raison qu’elle soit gênée. Ses yeux clairs suivent, un peu soupçonneux, les élémentaires de l’Hiver qui quittent la pièce, comme… comme de vraies choses ? Personnes ? Créatures ? « C’t’une… drôle d’histoire », qu’il commence, revenant à elle, sans percevoir l’examen magique qu’elle performe à son insu. Drôle ? Non, pas vraiment. Dramatique, oui. Inattendue, également. Elle lui semble encore plus étrange, alors qu’il la raconte sur un ton emprunté : « ’fin, pour Imbolc, j’étais à Chamaar, voyez, pis, avec les dragons… » Ceux de Faërie. Il n’a pas reconnu, à cette distance, qui pouvait bien les attaquer, quels corps pouvaient bien attenter à leur vie. Il était trop occuper à la sauver, sa vie, ainsi que celle des femmes et des enfants qui l’accompagnaient dans leur fuite. « On a réussi à s’réfugier dans des tombeaux. On a rejoint un temple et il y avait une momie, avec cette lettre. J’sais pas d’quand elle datait, cette momie, mais c’est bien votre nom, j’vous jure. Y’a peut-être une dame qui portait votre nom, mais c’t’un peu trop précis pour qu’ce soit qu’une coïncidence. » Les Ibéens ne croient pas aux coïncidences. Ils croient aux faits, à la science, à ce qui fait tourner le monde. Pas au hasard. Pas de ce genre.

Les deux élémentaires reviennent dans le salon sur ses dernières paroles et il est heureux de ne pas avoir à s’attarder plus longtemps sur la guerre et ce qu’il a vécu dans le duché du Roc et du Sable. Il les regarde déposer les breuvages et l’assiette sur une table, curieux. Il a bien vu ceux de Lionel et d’Ilse au Tournoi, capables d’attaquer, mais les limites de ces choses l’intriguent. « Vous pouvez dire à vot’ Sayam de revenir, si vous voulez. J’dois m’habituer, j’m’en vais à Edenia. » Bethsabée ne lui a pas dit la dame Angélique était mage et si elle avait un Familier. Et même sans ça, il y a Vesper. Et tous les autres Lagrans du monde.
Sur son visage, un sourire un peu bêta.

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Dernière édition par Octavius le Rouge le Jeu 23 Fév - 1:59, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Dim 19 Fév - 22:18

Elle l’écoute avec attention lui conter comment il est entré en possession du pli qu’il vient de lui remettre, et frémit lorsqu’elle apprend comme il est passé près du trépas. Elle n’était pas dans les airs avec les autres Chevaucheurs, mais elle était sur le front tout de même : Rackham l’avait laissée en charge d’un hôpital de campagne sur le front, lui confiant Calico pour l’assister pendant qu’il s’en allait combattre en Erebor avec la division de Port-Liberté. C’est de loin qu’elle avait suivi la première bataille, écoutant les rapports en tremblant pour ses camarades partis au combat, honteuse de n’avoir pas pu les accompagner, d’être inutile. Débordée de travail quand les blessés avaient commencé à affluer. Inquiète pour le Roi Noir, peut-être apparu quelque part sur le front pour défendre la paix dont il s’était fait le champion un millénaire auparavant ; inquiète pour son Capitaine, enfin, même si Calico ne cessait de lui dire qu’il n’était pas blessé, que la mission se déroulait sans accroc, qu’il allait bien.

Elle avait été soulagée, quand il était revenu entier.

Et depuis… Depuis, elle ne l’a guère vu, son Capitaine si demandé. Même Calico n’est plus souvent à la caserne, occupée à accompagner son mage sur tous les fronts ; et Quitterie s’ennuie. La division est partie sans elle, elle continue ses études, son entraînement en solitaire avec Serment, mais ce n’est pas… comme avant. Elle n’a plus la sensation d’appartenir à un groupe uni, et elle en souffre bien plus qu’elle ne voudra jamais l’admettre. Paradoxalement, l’endroit où elle se sent bienvenue et à sa place, c’est le petit appartement qu’elle partage avec Melinda Orlemiel, à la Taverne de Lorgol. La gentillesse de la petite Félicie lui fait un bien fou, et elle aime raconter des histoires aux petits pirates qui semblent y pousser comme la mauvaise herbe. La vérité, c’est que Désirée lui manque : en ces temps troublés, c’est des bras d’une mère qu’elle a besoin, et elle n’a aucune idée de l’endroit où s’en est allée la sienne. Elle se secoue mentalement : ce n'est pas le moment de déprimer, elle a un invité.

Octavius dévide son histoire, et la surprise se traduit sur le visage de la Chevaucheuse. Une… une momie ? Par Valda, voilà qui est fort curieux. « Comme c’est remarquable. Je ne fréquente aucune momie pourtant, c’est singulier… Je vous remercie en tout cas d’avoir parcouru tout ce chemin pour me confier cette lettre, monsieur Octavius, c’est fort courtois de votre part ! » Souriante, elle incline la tête un instant – et voilà qu’il la détrompe : il s’en va à Edenia. Tandis que Sayam fait demi-tour pour reprendre le chemin de la caserne, Quitterie arrondit les lèvres en un Ô de surprise. A Edenia ? Vraiment ?

« La Caravane s’y rend-elle donc, ou bien auriez-vous changé de service ? Qu’allez-vous faire en Lagrance, mon ami ? Pardonnez-moi, mais je ne vous imaginais pas attiré par le Duché des Jardins. » Couvrant ses lèvres d’une main, elle émet un petit rire amusé à l’imaginer baguenauder dans les allées fleuries du territoire voisin, rose rouge dans les cheveux et toge soigneusement drapée.


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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Jeu 23 Fév - 2:40

« Comme c’est remarquable. Je ne fréquente aucune momie pourtant, c’est singulier… Je vous remercie en tout cas d’avoir parcouru tout ce chemin pour me confier cette lettre, monsieur Octavius, c’est fort courtois de votre part ! C’la moindre des choses. » C’est quand même sa correspondance, il allait pas juste la garder, ou la confier à des mages inconnus qui auraient bien pu ne jamais la lui donner. Il ne se fie pas entièrement à cette caste, uniquement à quelques heureux élus (Louison, Maelys, et c’est à peu près cela). Ça aussi, il va devoir s’y habituer, à faire confiance aux mages, qui utilisent leur magie partout, tout le temps, pour tout faire.

Octavius tend la main vers les breuvages apportés, en servant un verre pour la rouquine, puis un pour lui-même. « La Caravane s’y rend-elle donc, ou bien auriez-vous changé de service ? Qu’allez-vous faire en Lagrance, mon ami ? Pardonnez-moi, mais je ne vous imaginais pas attiré par le Duché des Jardins. Je sais qu’vous m’imaginez en toge, mam’zelle Louison », qu’il rigole, bien que le rire soit un peu étranglé. Que sa main se serre un peu plus fort autour du verre. Il a quand même peur de constater, en arrivant à Edenia, qu’en effet tout le monde est constamment vêtu de toges. Ou que sa nouvelle patronne exige de lui qu’il en porte. Il ne s’est pas sauvé des jupettes de guerre de Bellifère pour se retrouver à se pavaner enroulé dans un drap !
Le sourire bêta n’a pas disparu, pourtant, malgré les angoisses qui remontent, à l’idée de ce changement radical qu’il s’apprête à effectuer dans sa vie. Malgré l’inconfort évident qui se dégage de lui et qu’en tant qu’aveugle, elle doit percevoir plus que voir. « J’ai fini avec la Caravane, pour l’moment. J’ai un nouveau contrat en Lagrance. » C’est aussi ridicule que comique, de voir ce grand guerrier si mal dans son siège, tenter de s’y faire petit (ce qui est rudement impossible). Puis, buter sur chacun de ses mots, alors qu’il tente d’expliquer plus en détail : « C’est que… Maelys… Aigrépine, la, la championne, vous savez, celle de Lagrance, elle… elle est à Edenia, et on… on va… essayer un truc. » Un truc. Un truc comme un couple, comme une relation, comme quelque chose qu’il ne sait pas du tout ce que ça va donner. Un truc avec Maelys Aigrépine, femme mage avec lézard volant et animal magique. Il se répète souvent ces mots, dans un ordre ou dans un autre, à chaque jour depuis leur semaine à Lorgol. Comme pour tenter d’y croire, pour comprendre que c’est vrai. Sa voix se fait un peu petite, alors qu’il tente de mieux expliquer, les yeux fixés sur ses mains crispées : « J’veux pas vous choquer avec ça, hein. On n’est pas marié, j’l’ai pas encore enlevée, mais j’crois… p’t’être faire ça dans pas trop longtemps, si elle veut bien d’moi encore. »
Elle est Belliférienne, Louison. Elle comprend ce qu’il veut dire, par là, par cet enlèvement qu’il évoque à demi-mot. Peut-être sera-t-elle surprise, de l’entendre parler de consentement : ce n’est pas le déroulement habituel de ces enlèvements traditionnels, tristement, que de s’assurer que la dame soit d’accord avec le tout, mais lui y tient. Serait-ce que parce que s’il s’y risque et qu’elle ne veut pas, puis se fâche, il ne marchera probablement plus jamais.
Peut-être qu’elle ne voudra pas de lui. Un guerrier ibéen, estropié, boiteux, déjà plus de la fraîche jeunesse. Sans doute qu’un puissant mage comme ce mystérieux Tristan lui conviendrait mieux.

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Dim 26 Fév - 15:48

Elle ne peut s’empêcher de rire lorsqu’il évoque les toges. Elle n’a rien contre les Lagrans, Quitterie, mais il est vrai que leurs tenues d’apparat sont parfois un peu… un peu ridicules, oui. En Ansemer, il n’y a pas tous ces drapés, ces grands jetés de tissu, ces plis et ces replis et ces pans de tissu dans tous les sens, qui semblent prêt à se dénouer au moindre frémissement. En Ansemer, on porte des vêtements… Normaux. Qui ne détonnent pas à Lorgol et restent éminemment pratiques. Alors qu’une toge, bon… Surtout pour un guerrier de la stature et de la carrure d’Octavius.

Est-ce pour cette raison qu’il lui semble si… mal à l’aise ? Elle capte bien un certain inconfort, et si elle l’impute d’ordinaire à la présence de Sayam, elle se demande bien ce qui peut le causer alors que son Familier n’est pas avec eux. Elle l’écoute parler, le guerrier bourru, et ses paroles la surprennent, l’une après l’autre. Il a quitté la Caravane ? Lui qui semblait se satisfaire pleinement de cette vie d’errance, sans attaches, avec les chemins infinis comme premier horizon. Oui, elle est étonnée, la petite Chevaucheuse recluse dans sa caserne, que cet arpenteur des routes souhaite se fixer quelque part. Surprise surtout que son choix se porte sur Lagrance – un homme avec tant de prestige, avec deux Opales, trouverait sûrement meilleure renommée et salaire conséquent en Bellifère ou en Valkyrion ?

La solution à cette bien curieuse énigme vient dans la suite de ses explications : il s’agit apparemment de Maelys. Elle la connaît un peu, la Chevaucheuse Aigrépine, pour l’avoir côtoyée pendant le Tournoi, et admire son courage et sa force de caractère. Elle a l’air bien indépendante, quand même, presque trop pour pouvoir attirer l’œil d’un homme de Bellifère, et pourtant… Quitterie s’interroge, quelques instants, sur les délicats mécanismes qui régissent les interactions entre hommes et femmes.

Un sourire gêné s’accroche sur son visage alors qu’Octavius lui explique ses projets. Un truc. Ils vont essayer… un truc. Une nouvelle recette de cuisine ? Un style vestimentaire inédit ? Une collection de cartes d’Omen commune ? Non, elle a bien compris, Quitterie, et la rougeur sur ses joues s’intensifie. Un bébé, vraisemblablement, si Maari leur sourit. Puis il lui raconte son plan, et elle émet un couinement ravi, battant des mains comme une enfant. Un mariage, par Valda, en voilà une bien belle idée ! « C’est… c’est une excellente nouvelle, ça, Monsieur Octavius, je vous souhaite bonheur et félicité, puissiez-vous avoir de beaux enfants en pleine santé ! »

Elle s'avance peut-être un tantinet, mais tant pis : elle est heureuse, pour cet homme un peu frustre qu'elle considère néanmoins comme son ami. Puis elle réfléchit, un instant. Bon. Elle n’est pas de Bellifère, Maelys, donc il semble logique de lui demander son avis à la demoiselle avant de l’enlever – il ne manquerait plus qu’elle se méprenne sur les intentions du guerrier et ne le fasse croquer par Mirage – mais un détail lui échappe encore. « Mais… dites-moi… Si je ne me trompe, Mademoiselle Aigrépine est native de Lorgol ? A qui donc allez-vous la prendre ? A-t-elle de la parentèle présente en Lagrance, qui validerait son enlèvement… ? »


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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Mer 12 Avr - 5:08

De petit coup d’oeil en petit coup d’oeil, Octavius guette la réaction de la Chevaucheuse, et a le loisir de la voir rougir à vue d’oeil, à chaque mot prononcé, aussi gênée que lui de cette conversation qui tend bien trop vers l’intime pour qu’ils soient à l’aise, ces deux enfants de duchés pudiques sur les questions amoureuses et charnelles. Heureusement, Louison se révèle ravie de ce trop d’informations et va même jusqu’à le féliciter, d’une façon qui le laisse un brin pantois : « C’est… c’est une excellente nouvelle, ça, Monsieur Octavius, je vous souhaite bonheur et félicité, puissiez-vous avoir de beaux enfants en pleine santé ! »
Des enfants.
DES. Enfants.
Il n’y avait même jamais pensé, mais maintenant qu’elle évoque la chose, ça lui paraît évident, et il se sent d’autant plus bête de ne jamais avoir réfléchi à ce qui est loin d’un simple détail. Lui devrait bien avoir des enfants, afin de transmettre ce nom qu’il devrait du même coup reprendre, mais il n’en a pas très envie… et quant à Maelys, il ne sait pas du tout. C’est une jolie jeune femme, dans la fleur de l’âge, il serait bien probable qu’elle désire se reproduire… avec lui ? Maari et Nep le protègent, car il ne sait pas non plus si ce serait une très judicieuse idée.

Cet enchaînement confus de pensées anxiogène se voit amplifié par le détail le plus embêtant de toute cette histoire : « Mais… dites-moi… Si je ne me trompe, Mademoiselle Aigrépine est native de Lorgol ? A qui donc allez-vous la prendre ? A-t-elle de la parentèle présente en Lagrance, qui validerait son enlèvement… ? » Octavius soupire et se cale un peu plus dans son siège, avant de prendre une gorgée de son verre. La grande question, à laquelle il n’a que des réponses très peu satisfaisantes. « J’sais pas trop, mam’zelle Louison… Apparemment qu’le capitaine Tristan serait sa parentèle, en Lagrance, vu que sa famille est à Lorgol, et elle y tient dur comme le cor de Kern, à c’que ce soit lui. Le capitaine et Mirage, qu’il complète avec une voix dubitative. Vous pensez qu’les dragons et les griffons comptent, vous ? Si j’devais vous enlever, est-ce que je devrais me battre contre vot’ dragon, vot’ Sayam, vot’ capitaine, ou j’dois aller chercher vot’ père à la Lande aux Perles ? » Elle est Belliférienne, après tout : elle peut le conseiller ! Ou au moins, éclaircir cette interrogation qui le taraude depuis maintenant des mois.

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Lun 8 Mai - 15:48

Le soupir émis par le guerrier n’est pas vraiment une réponse en soi. Ce n’est pourtant pas une question très compliquée, tous les Bellifériens se doivent de repérer attentivement les éventuels opposants à un enlèvement, cela fait partie de ce que leurs pères leur enseignent depuis tous petits – elle se souvient, Louison, des conversations de Géraud avec ses fils aînés, leur enseignant les meilleures méthodes d’enlèvement, de combat avec une femme sur l’épaule, de fuite avec toute la résistance que la fiancée pourrait opposer. Elle était trop petite pour se souvenir de l’enlèvement de Désirée, mais sa sœur en parlait parfois tout de même, avec une sorte de… de froide fureur humiliée. Cela ne s’était pas très bien passé, et Quitterie s’est toujours dit que son propre enlèvement serait sûrement mouvementé, avec Sayam et Serment dans le tableau – pour autant que quiconque ait envie de l’enlever, elle.

Point de détail fort compromis par sa cécité désormais totale et certifiée.
Point de mariage pour la Chevaucheuse aveugle – il faudrait être fou pour souhaiter s’encombrer d’un tel poids, par Maari. Allons, tant pis ! Si aucune union ne se présentait pour elle, elle se ferait vieille fille, et veillerait à trouver un bon mari pour la petite Félicie.

Chassant ces pensées un tantinet mornes, Quitterie se focalise sur l’information importante : la prochaine union de Monsieur Octavius et de Mademoiselle Maelys. Un peu embêté, le guerrier lui livre le fond de sa pensée –plongeant la jeune femme dans un abîme de réflexion profonde. « Eh bien… Ma foi… Je pense que tout dépend de l’endroit d’où je serais enlevée, si je l’étais un jour… Si l’on vient me chercher à la Lande aux Perles, à Aubenacre, il faudra découdre mon père et mes frères, je pense, oui… Tandis que si on vient m’enlever ici, à la caserne de Port-Liberté, il faudra plutôt affronter ceux qui seront présents avec moi en cet instant-là, mon Familier, mon dragon… sûrement mon Capitaine aussi, oui… » Pensive, elle tapote ses lèvres du bout du doigt, listant méthodiquement tout ce qui pourrait s’approcher d’une parentèle masculine dans son cas bien particulier.

« Et peut-être aussi certains de mes camarades Chevaucheurs qui prendraient ombrage de ce traitement… ou bien des employés de la caserne… Je pense, de manière sûre, plus ou moins tous ceux – et celles – qui se dresseraient sur le chemin de la sortie, dragons et Familiers inclus… » Songeuse, elle s’imagine Octavius confronté à un contingent de Chevaucheurs surentraînés, et un petit frisson d’appréhension se glisse le long de son échine. « Si je peux me permettre un conseil, monsieur Octavius, attendez qu’elle soit à l’entraînement, peut-être, pour ne pas avoir toute la caserne sur le dos. Si vous parvenez à… hum… vous entendre avec Mirage… et Vesper, évidemment… vous devriez vous en sortir plus facilement ? Si son capitaine est à proximité, je vous recommande la prudence, c’est un puissant mage, parait-il… »


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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Mar 23 Mai - 18:32

Son expression décontenancée s’accentue à chacun des mots de l’aveugle, alors qu’elle lui fait une liste beaucoup trop exhaustive de tous les potentiels parents masculins à combattre, dans son désir d’enlèvement de Maelys. Son capitaine ? Ses camarades chevaucheurs ? Les employés de la Caserne ? Et pourquoi pas le duc Denys, pendant que nous y sommes ? Pourquoi pas tous les Ansemariens, aussi, vu que ce sont des voisins et qu’ils pourraient possiblement se mettre dans ses pattes ? Il était préparé à potentiellement Mirage et Vesper, à la limite le capitaine Tristan, mais… tout ce monde ?

Par le cor de Kern, c’est un enlèvement, pas un mariage erebien ! Pas besoin d’y convier tout le duché !

« Vous… vous m’racontez des bêtises, là, mam’zelle Louison ? », qu’il lui demande, dubitatif, alors qu’il a bien remarqué les coins de sa bouche frémir, comme pour contenir un rire. Il comprend, cela dit, son conseil, et il ne peut que l’approuver. Vaut mieux éviter de vraiment se retrouver à défaire toute une caserne de mages et de dragons, sans parler de ce fameux puissant mage qu’il n’a encore jamais rencontré et qui ne lui dit absolument rien qui vaille. Tout le monde doit exagérer. Personne ne doit jamais avoir vu ce qu’est la puissance dans tout Faërie, en fait. « J’ferai ‘tention pas d’tenter d’l’enlever alors qu’elle est à la frontière, disons », un peu horrifié que, peut-être, qui sait, toute une bande de mages de bataille décident aussi de s’y mettre, et pourquoi pas quelques Voltigeurs inspirés, pendant qu’ils y sont.
Plus il y pense, plus tout ceci arbore des allures de cauchemar, surtout que dans celui-ci, tous désirent le combattre avec beaucoup de vigueur. Pas comme dans les mariages arrangés de Bellifère, où une bonne dot justifie un enlèvement un peu mou, symbolique surtout.
Il doit arrêter d’y penser. Tout ira bien. Les Bellifériens enlèvent leurs épouses depuis des centaines d’années, sans trop de pertes, il n’y a pas de raison pour que ça aille mal, si ? Même le foutu duc de Sombreciel a réussi à enlever la princesse Madeleine : hors de question qu’il fasse pire que le duc de Sombreciel.

Toutes ces idées l’ont momentanément renfrogné, mais il se force à sortir de cette morosité qui lui vient si facilement. Si peu malin et si facile à embêter. Jamais pour longtemps, mais souvent. Il repose plutôt ses yeux bleus sur la jolie Chevaucheuse, toujours rouge jusqu’aux oreilles, subitement intrigué par un détail qui n’en est pas un, à propos de la demoiselle. « ’scusez ma curiosité, d’moiselle, j’veux pas vous embêter avec mes questions, mais… vous pouvez pas guérir vot’ cécité, avec vot’ magie ? » La magie peut tout faire, si on en croit les fanfaronnades des Faës : ne peut-elle pas régler ce problème de cécité par elle-même ? Il y a bien des choses, qu’il ne sait pas, ne comprend pas.

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Sam 10 Juin - 19:05

Sayam n’est pas avec eux, Quitterie ne peut donc voir l’expression sur le visage de son visiteur ; mais à en juger par la crispation qu’elle ressent dans l’air et au ton méfiant de sa voix, elle a fait mouche et provoqué un brin d’inquiétude dans ce guerrier bourru. Elle tente bien de s’empêcher de rire, mais les coins de sa bouche frémissent légèrement ; il l’aura sûrement remarqué, mais elle va jouer le jeu jusqu’au bout, juste pour le plaisir de le taquiner un peu – juste pour le plaisir d’entendre quelques minutes de plus ce rude accent de Bellifère qu’elle oublierait presque dans le parler chantant d’Ansemer qui baigne ses oreilles à longueur de journée. « Je vous recommande surtout de la prévenir, avant, que vous allez sûrement tenter un enlèvement à la mode de chez vous. Qu’il n’y ait pas de méprise possible, vous comprenez ? Les mœurs de Bellifère sont peu connues en Lagrance. » Il ne manquerait plus effectivement que Maelys ne s’effarouche et rameute à son secours l’intégralité de sa caserne… Peut-être Quitterie lui en touchera-t-elle un mot ou deux, si elle lui écrit dans les jours à venir. Juste… par précaution.

Les joues toujours aussi brûlantes, elle revient brutalement à la réalité lorsque la question d’Octavius aborde le sujet si sensible qu’est l’incapacité absolue de tous les mages guérisseurs à se soigner eux-mêmes. Un profond soupir lui échappe, et elle noue ses doigts les uns aux autres, jouant distraitement avec le tissu de sa robe. Éternelle question, qui a fait couler des litres d’encre depuis la nuit des temps, et généré nombreuses théories obscures et absurdes. « Un mage guérisseur sera toujours insensible à sa proche magie. C’est une règle immuable : nul ne sait vraiment pourquoi, mais c’est ainsi. J’ai consulté de nombreux autres mages, vous savez ? Spécialisés dans tous les domaines de la guérison, mais aucun… Aucun ne semble en mesure de guérir le mal qui m’affecte. » Nul ne sait même où se situe réellement le problème : se loge-t-il dans ses yeux eux-mêmes, auquel cas les crever puis les régénérer permettrait peut-être une amélioration ? Dans son cerveau sinon, dans la manière dont son esprit interprète les images captées ? Elle penche plus pour cette seconde hypothèse, la petite Chevaucheuse : car on lui a maintes fois dit et répété que ses yeux étaient intacts, et même possiblement jolis. Plus elle y réfléchit, toutefois… plus elle se demande si sa cécité est réellement une malédiction. Mais c’est un sujet de réflexion pour ses soirées d’introspection solitaire ; aussi reporte-t-elle son attention sur son visiteur.

D’un sourire, elle reprend son explication. « Je ne pourrais pas me soigner ne serait-ce qu’une simple écorchure ; alors que ma magie est efficace sur autrui. Vous l’avez constaté vous-même, je crois, monsieur Octavius ? Lorsque j’ai soigné votre genou, au Tournoi des Trois Opales. D’ailleurs… Vous fait-il de nouveau souffrir ? » D’une pichenette mentale, elle active sa magie et réveille le pouvoir de l’Hiver qui sommeille dans ses veines. Délicatement, elle étend ses perceptions, sonde rapidement le guerrier installé face à elle, et retient une grimace de dépit : oui, visiblement, l’articulation est à nouveau douloureuse. « Je pourrais peut-être… ? » Elle a tendu la main, paume ouverte vers le haut, en un geste d’invite prudent. Elle sait que la magie le met terriblement mal à l’aise ; mais elle sait également que ses compétences de guérisseuse ne sont plus à prouver et qu’un simple enchantement le soulagerait pour quelques temps. À lui d’en décider…


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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Ven 16 Juin - 5:26

« Vous en faites pas, elle s’ra prévenue », la rassure Octavius. SE rassure Octavius, qui voit cet enlèvement comme quelque chose de définitivement très concret, désormais. Il aurait bien mélangé son sang au sien, comme les coutumes de Valkyrion le veulent, mais il n’a pas de logis, pas de porte devant laquelle étendre ces sangs mêlés, afin de se souhaiter prospérité et bonheur. Un autre point de litige, dans son esprit traditionaliste, qu’il se devra d’éclairer avec la première concernée. Ils ne resteront pas éternellement pas locataires de son lit à l’antenne de la Guilde, n’est-ce pas ?

Le guerrier voit bien que ses questionnements embêtent la mage. Il aimerait s’excuser, de sa bêtise, de son ignorance, mais les mots ont déjà passé ses lèvres, et il ne peut qu’attendre de voir si elle préfère éviter le sujet, ou répondre à ses interrogations. Louison décide d’y répondre, lui révélant que sa magie est inefficace sur elle-même Un petit « oh » de surprise accueille la chose, révélation que pour lui-même, vu que tout le monde dans cet empire doit déjà le savoir. C’est pour le moins curieux. Comme si un médecin n’aurait pas pu se soigner lui-même. Un avantage du Savoir, certainement, que celui de l’autonomie. Quoiqu’il en soit, les mots de la mage l’attristent un peu. Il ne sait pas si elle est bonne Chevaucheuse, mais il ne lui souhaite certainement pas de se retrouver entravée dans son activité par ce genre de handicap. Il peut comprendre, ce que ça fait, d’être privé de ses ailes. Elle en a assez d’être privée de sa vue...

« Je ne pourrais pas me soigner ne serait-ce qu’une simple écorchure ; alors que ma magie est efficace sur autrui. Vous l’avez constaté vous-même, je crois, monsieur Octavius ? Lorsque j’ai soigné votre genou, au Tournoi des Trois Opales. D’ailleurs… Vous fait-il de nouveau souffrir ? Pas plus que d’habitude, j’vous rassure. » Il a bien eu mal, à Ibelin, alors qu’ils avaient tout juste réussi à survivre à travers Erebor et leur crapahutage dans la neige de Valkyrion ensuite, mais les guérisseurs et médecins de la Guilde ont fait un bon travail, et il a pleinement profité de son congé. « Je pourrais peut-être… ? » Il hésite. Bon sang qu’il hésite. Il a envie, de se mouvoir sans souffrir à chaque pas, de marcher sans ce boitement caractéristique qui trahit les anciennes blessures, certaines mieux guéries et soignées que d’autres. C’est tellement agréable, même grisant, de se sentir encore plus agile et rapide, comme si rien n’était arrivé. Il en a envie, mais il se sent mal, d’ainsi renier ce qu’il mérite. On lui a appris à assumer, à afficher ses cicatrices comme autant de marques de son courage et de ses faits d’arme, mais ça… il ne sait plus, s’il a envie de cela. Alors il effleure la main de Quitterie, à peine, du bout des doigts, avant de la prendre dans la sienne. Moins menue que celle de Maelys, mais tout de même délicate. Oh, qu’elle lui manque. Il a hâte de serrer Maelys dans ses bras. Pensée subite, bouffée de tendresse presque gênante et qui, heureusement, reste bien enfermée dans son esprit. « J’ai pensé à c’que vous m’avez dit, vous savez. Au Tournoi. » Nébuleuse formulation. Il n’ose pas la regarder, bien qu’il sache que ça ne serve à rien d’éviter son regard. Elle risque bien peu de le confronter, ou de le soutenir. La gêne est palpable. « Que j’avais pas à… à toujours… vivre avec ça. » Prisonnier d’un souvenir. Elle lui a aussi dit qu’elle pouvait arranger ça, mais Octavius ne sait rien vraiment de la magie, que ses naïves questions en soient témoins, et il ne veut pas demander un service qui risquerait bien d’être impossible.

« Mais j’sais pas… j’sais pas. J’sais qu’y’a des chirurgiens très doués, mais même eux, ils pourront jamais me r’mettre ça comme c’était il y a… dix ans. C’est trop ancien et j’ai pas été très malin. Un tressaillement de son visage. Première règle des guerriers : prendre soin de ses armes. Et sa plus grande arme, c’est soi-même. Il y a échoué. Et je ne sais pas si les mages peuvent faire quoi qu’ce soit. J’y connais vraiment rien, vous savez, mam’zelle Louison. C’est pas aussi complexe que vos yeux, c’est sûr. Z’avez pensé à voir un médecin, à l’Académie ? » Si lui peut bien demander à une mage, elle peut aller voir un collègue savant. Même si c’est mal vu, et le moment fort mal choisi, avec la guerre.

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Sam 17 Juin - 19:57

Il ne répond pas, et Quitterie s’interroge. A-t-elle commis un impair ? Loin d’elle l’idée de vouloir blesser ou froisser son ami si sévère, pourtant. Félicie lui en voudrait sûrement, elle qui idolâtre tant son aîné que cette vénération presque religieuse a fini par contaminer son amie aveugle. Penaude, elle s’apprête à s’excuser pour elle ne sait trop quoi, lorsqu’elle sent qu’Octavius lui prend la main. Prudemment, avec mille précautions – oh Kern, que ton fils a de grandes mains. Au toucher, les doigts semblent plus longs que ceux de Rackham, plus musclés que ceux d’Antonin – nettement plus rugueux que ceux de Géralt. De l’index, délicatement, elle parcourt une des paumes, souriant au contact de la peau calleuse du guerrier.

Lorsqu’il parle, elle le perçoit un peu gêné, hésitant et peu assuré ; presque un peu… timide. Cela lui ressemble tellement peu, à ce guerrier redoutable, qu’elle en est toute désarçonnée. Elle comprend bien cependant tout ce qu’il ne dit pas : elle a bien retenu que ces cicatrices sont importantes, pour lui, qu’elles appartiennent à l’homme qu’il est devenu ; et que, sans elles, c’est un peu de son passé qui disparaît. Oui, elle comprend très bien finalement : elle se rappelle de sa jeunesse en Bellifère, des jeunes qui comparaient leurs blessures, leurs marques de valeur – sûrement Octavius s’évalue-t-il toujours un peu en fonction des critères de son enfance. La Guilde des Guerriers tient certainement à ce que ses hommes (et femmes... ?) aient des cicatrices à exhiber, pour prouver qu’ils sont aguerris… Elle ne sait pas vraiment, au fond, et ce n’est pas important : ce qui compte, c’est le potentiel patient, sa souffrance quotidienne, et le confort qu’elle est, peut-être, capable de lui apporter.

Prudemment, elle tend en avant sa main libre, effleure à l’aveuglette la joue râpeuse, un sourire amical aux lèvres. « Les médecins d’Ibélène ne peuvent rien pour moi, je les ai déjà abondamment consultés ; mais la magie des Faës peut vous aider. Je ne pourrai pas régénérer entièrement ce qui a été lésé, je ne suis pas spécialisée dans ce domaine ; mais je peux atténuer l’ampleur des anciennes plaies qui ont mal guéri. Cela ne sera que superficiel, il faudra renouveler l’enchantement périodiquement ; mais vos mouvements auront plus d’amplitude. Quant à la douleur, je ne peux pas la supprimer totalement ; mais elle sera grandement réduite. » De l’autre main, elle presse doucement la main du guerrier. Elle se doute que le point qu’elle va soulever est important, à ses yeux. « Et je ne toucherai pas aux cicatrices. Mon action se limitera à vos muscles, à vos os, et à leur mouvement les uns par rapport aux autres. Vous ne serez pas différent, vous aurez simplement un peu plus de confort dans votre quotidien. »

La proposition est faite. Libre à lui d’accepter, ou de refuser : dans les deux cas, elle respectera son choix. Elle espère, simplement : qu’il voudra bien accepter l’idée d’aller mieux ; et qu’il lui fera assez confiance pour la laisser déployer sa magie hivernale sur son corps abîmé…


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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Jeu 22 Juin - 18:17

Il garde le silence, le guerrier. Il espère qu’elle comprend, la jolie Louison, ce qui l’attache à ses douleurs et à ses cicatrices. Il ne dit pas tout, mais ce qu’elle peut deviner est suffisant. Puis, elle est intelligente, sensible, elle sait relier les points entre les silences et les paroles, entre ce qui s’avoue et ce qui se cache.

La main qui l’effleure, maladroite, se veut rassurante, à l’image de ce doux sourire qui persiste sur son visage. Il regarde toujours ses pieds et ne capte que de biais les expressions faciales de la Chevaucheuse, à l’écoute de ses explications quant aux limites de sa magie, intrigué face à ces subtilités magiques qu’elle aborde sans vraiment le faire. Pas sa spécialité. Ça veut dire que des mages sont capables d’entièrement régénérer… quoi que ce soit ? Des muscles, des tendons, des yeux, des bras ? Enfin, oui, sans doute. Il y en a qui ont bien fait repousser les doigts de Maelys et Octavius peut témoigner que malgré leur maladresse un peu gourde au début, ils sont… pratiquement comme neufs, oui. Aussi, euh, mobiles. Aujourd’hui, après des mois, ça doit être encore plus vrai.
Pourquoi doit-il penser à ça maintenant ?
Une bouffée de chaleur le prend et il se force à se concentrer à nouveau sur les mots de Louison, sans penser plus à Maelys et à ses doigts agiles (il y a pensé encore). « Et je ne toucherai pas aux cicatrices. Mon action se limitera à vos muscles, à vos os, et à leur mouvement les uns par rapport aux autres. Vous ne sera pas différent, vous aurez simplement un peu plus de confort dans votre quotidien. » Il souffle, un peu. Il n’a plus à se punir éternellement, à endurer les douleurs et l’inconfort à chaque jour, pour ce qui s’est passé il y a dix ans, mais il ne tient pas à oublier. Ni son coeur, ni son corps, ne doit oublier ce qu’il a vécu. Les erreurs qui ont tracé son chemin.

Octavius serre la main de Louison. Relève enfin la tête. Il a pris sa décision. « On… on peut essayer. » Il a l’air tout sauf certain, le guerrier, bien que son choix soit fermé et décidé : la magie n’a pas terminé de l’effrayer. Il a confiance en la jeune femme. Elle ne profitera pas de l’occasion pour l’estropier un peu plus. Puis, ça a fonctionné une fois, deux fois, même d’autres, alors qu’il prend doucement goût à ces moments où la douleur s’efface, le laissant presque comme neuf. Il sait que ce n’est pas permanent, pas comme pourrait l’être une chirurgie, mais il a autant envie de se retrouver sur la table d’un chirurgien que de manger des serpents vivants. Il sait que c’est pour le mieux. « J’vous donnerai des nouvelles, d’Edenia. » Pour lui dire comment vont ses blessures. Comment va Maelys. L’enlèvement. Lui demander, plus encore, comment elle va. Il ne pensait jamais avoir une, une amie, faë.

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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Jeu 29 Juin - 23:19

Il n’est pas vraiment serein à cette idée, le fier guerrier, Quitterie le sent bien : pour un Ibéen élevé dans la clameur des armes, l’idée de laisser une magie faë modeler son corps doit sûrement être bien effrayante, et même s’il doit être plus familier avec la délicatesse des arcanes depuis qu’il… fréquente… Maelys, il doit être plus habitué aux explosions de la magie de l’Été, qu’à la douceur enivrante des soins de l’Hiver. Elle se souvient, la petite aveugle, de sa réaction au Tournoi, lorsqu’elle est venue prendre en main ses soins après la première épreuve. Toutes ces plaies, détectées par sa magie, toutes ces années de négligence et de mauvais traitements ! À se demander par quel miracle Octavius parvenait encore à se battre – un protégé de Kern, sûrement, et cela parlait à la fille de Bellifère tapie au fond de sa mémoire.

Le simple fait qu’il envisage de la laisser le soigner à nouveau en dit long sur son ouverture d’esprit. Il en a parcouru, du chemin, sans doute, depuis l’enfance et les vérités assenées par les adultes, auxquelles l’on croit sans douter. Félicie lui parle parfois de ce grand frère souvent absent, qu’elle admire de tout son cœur ; et une part de l’affection de Quitterie pour ce grand échalas couturé de cicatrices vient sûrement du bon traitement qu’il semble appliquer aux femmes de sa parentèle. Oh, que sa voix est incertaine, lorsqu’il accepte sa proposition ! Un sourire amusé se dessine sur ses lèvres, et elle ne peut se retenir de lui livrer le fond de sa pensée. « Un jour, je vous raconterai l’histoire d’un dragon d’Améthyste, qui a choisi de se lier à une Chevaucheuse aveugle parce qu’il était persuadé qu’elle pourrait tenir son serment à Valda. Ce dragon-là, qui disait tout le temps qu’il n’y a pas d’essai, juste des accomplissements. » Elle ne va pas essayer de soulager sa douleur : elle va y arriver, parce qu’elle sait le faire, et qu’elle a confiance dans sa magie hivernale. Sereine, elle éveille sa magie d’une pensée, se concentre sur le frémissement qui fourmille au bout de ses doigts. Certains guérisseurs se basent sur la vue ; elle, elle n’a pas cette possibilité. « Puis-je… ? » demande-t-elle poliment. Toujours attendre permission avant de toucher, c’est la règle des guérisseurs – qu’elle contourne quand il le faut, mais là, dans l’immédiat, Octavius court peu de danger de mort imminente sur le canapé confortable de la caserne.

Délicatement, elle palpe l’articulation, perçoit les vibrations chaudes d’une douleur lancinante ; et, tout aussi prudemment, elle commence à déployer sa magie, ressoudant ce qui doit l’être, séparant ce qui ne le doit pas, apaisant peu à peu la brûlure. Un nouveau sourire s’épanouit, lorsqu’il promet de donner des nouvelles. « Je viendrai vous voir, pour assurer le suivi de vos soins, si vous le voulez. J’aurai plaisir à retrouver Maelys ; et je suis sûre que Félicie serait ravie de venir aussi. »

Elle s’absorbe dans les soins, de plus en plus silencieuse, attentive à ce qu’elle fait, à ne pas atteindre la peau marquée, et fière de la précision de son art.


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Message Sujet: Re: L'espoir, plutôt que l'incertitude   Ven 30 Juin - 23:16

Ses doutes quant à la réussite de ses soins n’inquiètent pas la mage. Ils la font plutôt sourire, sous la rougeur de son visage. « Un jour, je vous raconterai l’histoire d’un dragon d’Améthyste, qui a choisi de se lier à une Chevaucheuse aveugle parce qu’il était persuadé qu’elle pourrait tenir son serment à Valda. Ce dragon-là, qui disait tout le temps qu’il n’y a pas d’essai, juste des accomplissements. » Il a un petit éclat de rire entendu. Comme s’il avait déjà entendu ces mots. Comme s’il les avait déjà perçus, en vérité. Serment.... aurait plû à Cobalt. Un jour, il lui racontera l’histoire d’un griffon doré qui a choisi un Voltigeur illettré, bravache et pourtant si apeuré, afin de lui faire toucher le ciel. D’un griffon qui a crû en cet homme, au point de mourir pour lui. En emportant une part de lui.

C’est une histoire qui sera peut-être dite, peut-être un jour. Pour le moment, elle ne fait que se lire sur son corps que Louison n’ose pas encore toucher. À sa respectueuse demande, il acquiesce d’un « Oui » décidé, malgré la petitesse de sa voix prudente. Il observe ses gestes sans bouger, comme si d’une inspiration trop forte, ou d’une crispation d’un quelconque de ses muscles, elle risque de tout rater. C’est idiot. Ce n’est pas un scalpel, qu’elle manie, la Chevaucheuse ! Pas de chances qu’elle lui coupe un truc par erreur, par exemple.
L’effet de la magie se fait sentir peu à peu. Doucement euphorisant, calmant ses inquiétudes et sa méfiance, alors que l’endorphine se distribue dans ses membres. Il s’apaise et en vient même à lui proposer de lui donner des nouvelles, dans ces lettres un peu maladroites et bourrées de faute qui trahissent son manque flagrant d’éducation. « Je viendrai vous voir, pour assurer le suivi de vos soins, si vous le voulez. J’aurai plaisir à retrouver Maelys ; et je suis sûre que Félicie serait ravie de venir aussi. J’veux bien qu'vous veniez. Vous, vous connaissez Fée ? », balbutie le guerrier, surpris de cette révélation. Sa petite Fée, qu’il imaginait à l’abri de tous les conflits, à quelque part entre Bellifère et Valkyrion. À l’abri, dans les jupes de leur mère, à raconter monts et merveilles à leurs neveux et nièces. Peut-être même mariée, qu’importe la pauvreté de la famille, forte de son joli minois et de son habileté à tenir une maison (ce qui est à peu près le moins que peut demander un homme, en Bellifère). Que fait-elle, dans les mots de Louison ? Que fait-elle, avec une affection qui s’entend à la simple prononciation de son prénom ?

Alors, concentrée sur son oeuvre, Louison lui confie, à mi-voix et sans perdre son sourire, que sa soeur est à Lorgol. En sécurité. Qu’elle est partie d’Hacheclair avec elle, il y a des mois. Qu’elle semble heureuse. Qu’elle avait besoin de découvrir le monde. Et si Louison ne peut pas le voir, sur le visage embêté d’Octavius se trace pourtant une expression douce. Pas fâchée, non, ni contrariée. Sereine, malgré l’inquiétude de savoir sa plus jeune soeur dans ce trou à malfaiteurs qu’est Lorgol.

Il n’est pas le seul à avoir choisi son chemin.

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