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 Cette couleur vous va mieux au teint

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La Noblesse
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Je suis : duchesse de Bellifère, autrefois astronome à l'Observatoire de Val-du-Ciel, mon observatoire.

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Message Sujet: Cette couleur vous va mieux au teint   Mer 1 Fév - 8:37


Livre II, Chapitre 1 • Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Joséphine Siguardent & Séverine Belastre

Cette couleur vous va mieux au teint

Savoir s'habiller est un art millénaire



• Date : 16 février
• Météo : Temps clair
• Statut du RP : Privé
• Résumé :Joséphine et Séverine font la connaissance l'une de l'autre tout en se conseillant sur l'achat de leurs atours.
• Recensement :
Code:
• [b]16 février :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1724-cette-couleur-vous-va-mieux-au-teint]Cette couleur vous va mieux au teint[/url] - [i]Joséphine Siguardent & Séverine Belastre[/i]
Joséphine et Séverine font la connaissance l'une de l'autre tout en se conseillant sur l'achat de leurs atours.


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Dernière édition par Séverine Belastre le Mer 1 Fév - 9:13, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mer 1 Fév - 8:44

Avec le changement de saison qui ne saurait tarder, Séverine était dans le besoin d'acquérir de nouveau vêtements. Étant par ailleurs coincée à Lorgol, dans l'impossibilité de retourner dans la petite, mais charmante baronnie de Mauve désormais livrée aux mains des Lagrans à cause du conflit qui ravageait tout Arven, il fallait qu'elle trouve le moyen de passer le temps, or une tournée des boutiques était un moyen efficace pour ce faire. Prolongée de beaucoup plus longtemps qu'elle ne l'avait prévu, la visite n'avait point été aussi fructueuse qu'elle ne l'avait d'abord espéré. Pas inutile, mais les résultats étaient loin d'être ceux auxquels elle s'attendait : comme quoi essayer de se venger d'un duc n'est pas chose aussi facile que l'on ne le croirait. Ainsi, la sortie dans les boutiques pour dilapider les maigres fleurons de sa bourse était chose encore plus nécessaire : cela ferait passer son humeur. Vêtue simplement, du moins ce qu'on pouvait appeler simple venant d'une Cielsombroise, elle sortit en début d'après-midi, sa bourse un peu plus pleine qu'à l'habitude : cette fois, elle ne traînerait pas dans les bas quartiers, elle savait où elle allait et ne craignait pas autant les voleurs – sa méfiance envers eux ayant été augmentée depuis ses mésaventures dans la Ville Basse.

Ses pas la menèrent rapidement vers les rues marchandes où elle savait pouvoir trouver des tenues et accessoires allant de paire avec sa fougue cielsombroise, elle qui aimait les vêtements voyants, voir même extravagants. Elle fit quelques boutiques sans rien acheter : elle aimait à prendre son temps, regarder longuement, passer à autre chose, regarder à nouveau. N'ayant rien de prévu pour la journée, elle ne se pressait pas à décider, prenant des notes mentales de tout ce qu'elle voyait d'intéressant. Certaines acquisitions ne devaient pas être faites dans ces boutiques, elle préférait faire appel à des mains plus habiles dont elle pouvait être certaine de recevoir un travail qui l'emplirait de satisfaction. Elle observait les nouvelles tendances, parfois avec intérêt, parfois avec un dédain à peine dissimulé : elle pouvait se montrer assez difficile. Il ne serait pas dit que Séverine Belastre se vêtirait de façon où elle paraîtrait de pâle comparaison face au reste de la bonne société de Sombreciel. Elle avait son orgueil la demoiselle, même après avoir été déchue par son cousin, elle ne lui donnerait pas la satisfaction d'agir et de paraître comme une simple paysanne.

Après avoir fait le tour des boutiques, elle revint sur ses pas et entra de nouveau dans une boutique qu'elle avait déjà visitée un peu plus tôt. Plutôt de bon ton, elle était remplie de clientes en quête de tissus et de dentelles pour de nouveaux atours. Sans prêter attention à ces femmes qu'elle jugeait fades et sans goût, elle vaqua à ses propres achats. Elle avait remarqué un joli satin rose et elle imaginait déjà l'effet que celui-ci aurait sur elle une fois taillée en une resplendissante robe au décollé plongeant. Il y avait là de quoi attirer un futur époux : bien que non titrée, Séverine espérait faire un bon mariage et se trouver des alliés contre la couronne Cielsombroise de cette façon. Si quelques habits somptueux et deux ou trois sourires charmants pouvaient suffire à se faire accorder la grâce d'un homme riche et bien placé, Séverine était prête à jouer cette carte. Tout pour acquérir un peu plus d'influence contre l'homme qu'elle détestait le plus au monde.

Accaparée par ses pensées, démolissant le duc de Sombreciel et mettant le feu au palais ducal, elle serrait entre ses mains le morceau de tissu qui faisait l'objet de ses désirs. Cette tenue serait assurément parfaite pour entrée dans le palais et forcer le petit duc à s'agenouiller devant. Puis lécher ses chaussures. Elle laissa échapper un léger petit rire amusé, séduite par l'idée. À ajouter dans la liste de trucs à faire subir à celui qu'elle nommait toujours l'horrible Castiel – enfin, pas à voix haute.

Se ressaisissant, elle reposa le morceau de satin, en quête d'un brocart vert pomme qu'elle avait vu : elle ferait couper les morceaux nécessaires aux vendeuses quand elle aurait pris toutes les décisions adéquates concernant ses futures tenues. Il lui faudrait des perles et des plumes pour décorer les bustiers des robes et aussi passer chez le chapelier pour qu'on lui prépare des coiffes dignes d'elle-même. Elle devait seulement réfléchir encore vers quel style elle opterait : elle avait regardé quelques modèles, en avait trouvé quelques uns intéressants, mais rien n'avait franchement attiré son œil et ses faveurs.

Devant les brocarts, elle remarqua une jeune femme justement en train de jeter un œil à cette pièce qu'elle désirait. Eh bien, il faudrait espérer qu'il y en aurait assez pour deux. Elle s'approcha tout de même de la cliente, ne craignant pas de s'adresser à elle puisqu'elle portait des vêtements de bons tons.

« Vous permettez que je jette un œil également? » fit-elle en se parant de politesse.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mer 8 Mar - 1:53

Les dieux soient loués, Mélisende et Mélusine allaient bien. Elle avait prit peur, Joséphine, après sa mission en Erebor, en apprenant que la baronnie de Chamaar avait été complètement détruite par les attaques Faës et que sa Mélisende y était. Par chance, même si elle n’avait pu la voir, Joséphine avait rapidement apprit que celle-ci s’en était bien sortie. Le domaine était en ruine, les habitants disparus et éparpillés, mais la Séverac elle était en vie. Et égoïstement, c’était tout ce qui importait à Joséphine. Elle n’était pas retournée en Valkyrion après cela néanmoins, attendue par la Cour pour rendre, à l’instar de Liselotte, son rapport sur la mission qui s’avérait être un échec. Ce n’était peut être pas plus mal, avait songé la jeune femme en se rappelant les étranges choses qui étaient arrivées alors. Gardant pour elle les croquis volés au seigneur Raygnar, elle n’avait pas encore eu le temps de se rendre à la taverne de la Rose pour montrer à son amie Freyja les dessins des deux étranges bateaux. Elle n’y connaissait rien, Joséphine, et elle espérait que la pirate saurait éclairer sa lanterne.

Hélas – ou peut être pas – d’autres activités moins cruciales nécessitaient néanmoins son aide, et c’était pour cette raison que la demoiselle de compagnie s’était mise à faire les boutiques au cœur de la Ville Haute de Lorgol. Elle n’était peut être pas femme titrée, mais elle était régente de deux, voire parfois trois, tours du quartier, on finissait par la connaître plutôt bien, la discrète dame de compagnie des sœurs Séverac. Même si ses pensées n’étaient guère joyeuses, occupées à songer à tout ce qui était en train d’arriver et pouvait nuire à sa famille, elle finit par se laisser porter par le goût de l’achat et des vagabondages dans les boutiques. Une à une, elle les visita, sans parvenir à chaque fois à repartir sans rien prendre. Le serviteur qui l’accompagnait portait déjà une petite pile de cadeaux et achats en tout genre, quand Joséphine passa la porte d’une énième devanture.

Un petit paradis aux yeux de Joséphine qui se perdait entre les rayons de tissus et brocards qui s’amoncelaient en piles sur les étales. Nombreuses étaient les étoffes de soie à attirer son œil, et pendant plus d’une dizaine de minutes, elle fit le tour, tâtant la marchandise et réfléchissant à quelle pièce serait du meilleur effet pour les robes qu’elle voulait faire. Un cadeau pour ses chères amies évidemment, mais aussi pour elle, dépensière compulsive qu’elle pouvait être, Joséphine. Toutes ces couleurs étaient si jolies, elles pouvaient aller à merveilleux aux jumelles qui elles même étaient de toute façon parfaites. Difficile de faire un choix, et c’est la voix d’une autre cliente qui fait revenir la jeune femme à la réalité. Perdue devant un bout d’étoffe vert pomme bien joli, elle n’avait pas remarqué s’y être longuement attardé. Glissant le regard vers la dame qui s’adressait à elle, elle remarqua la tenue de qualité et l’air hautain de son regard. Une noble, certainement.

« Mais je vous en prie, allez-y. » Fit-elle de cette même politesse, adressant un sourire néanmoins. Difficile de ne pas noter l’origine cielsombroise dans les arrangements de sa tenue, aussi en fit-elle la remarque. « Quelle plaisir de croiser une femme de Sombreciel ici, elles se font bien rares ! » Vrai que les cielsombrois n’étaient pas forcément les premiers à aller visiter Lorgol. Elle ne s’en étonnait pas pour autant, mais appréciait la rencontre des plus hasardeuses. « Ce sont vraiment de belles pièces qu’ils nous présentent dans cette boutique, je ne sais que choisir. » D’un ton presque embêté, elle regarde néanmoins la boutique qui ne cesse d’attirer son regard à tous les coins.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mar 14 Mar - 13:45

Si Séverine n'était pas embêtée par l'idée de rencontrer une autre Cielsombroise, donc une femme de goût, à Lorgol, elle la craignait un peu.  Ou plutôt, elle se montrait particulièrement sur ses gardes, considérant qu'il était impossible pour elle de faire confiance à quelque Cielsombrois que ce soit, de peur que ce ne soit un espion de son détestable cousin ou pis encore de son conseiller, le vioc de chez les Séverac.  Elle aurait peut-être plutôt dû avoir une méfiance avisée envers tout le monde et encore plus particulièrement les habitants des autres duchés plutôt que ceux du sien.  Mais elle ne comprenait pas encore assez aux histoires de conflits pour savoir à qui offrir sa confiance.  Néanmoins, lorsqu'il s'agissait d'acheter tissus et vêtements, elle ne pouvait que convenir que nulle ne prévalait sur une dame de ses terres d'origines.  Ce qui expliquait le bon goût de la jeune femme qui regardait les mêmes pièces qu'elle-même avait dévisager avec gourmandise plus tôt.  Oui, on ne sortirait jamais la coquette de l'astronome, peu importe le peu de fleurons qui resteraient dans sa bourse, elle en aurait toujours bien quelques uns pour renouveller sa garde-robe.  Et elle ne se cachait pas de ses origines malgré tout.  Elle en était fière même.  Outre de savoir qu'un être aussi déshonorant que Castiel puisse être à la tête de sa patrie.  Elle sourit à l'étrangère, ravie d'avoir été reconnue.

« Eh bien, rencontrer une Cielsombroise n'est pas chose fréquente, mais ce l'est encore moins d'être reconnue comme telle ici, déclara-t-elle avec assurance, Vous me trouvez ravie d'être tombée sur une compatriote. »  Quoi qu'être du même duché ne me rendra pas particulièrement bienveillante à votre égard mademoiselle, songea la noble déchue.  Néanmoins, elle est bien disposée à l'idée de faire ses achats semi-accompagnée, dans le sens où elle n'hésiterait pas à demander conseil à sa nouvelle rencontre maintenant qu'elle l'avait trouvée.  Ses avis seraient plus sûrs que ceux des vendeuses de la boutique qui ne comprenaient pas grand-chose à la mode cielsombroise, au grand désarroi de l'astronome.

Elle ne pouvait toutefois qu'acquiescer à la remarque de l'autre brunette : il y avait nettement de quoi vous ravier les yeux pendant des heures dans cette boutique.  Néanmoins, l'oeil expert de Séverine savait bien agencer les couleurs et avait un sens de la mode assez aigu.  Elle détailla attentivement la jeune femme, en quête de conseils à prodiguer puisqu'elle aimait bien à se faire briller par mille éclats.  Brune à la peau pâle avec de jolies lèvres pulpeuses.  Elle n'avait pas l'air trop commun et pouvait donc se permettre des tissus de plus bel apanage.  Séverine avait en dégoût les femmes qui s'habillaient mal, mais encore plus les laiderons qui essayaient de se parer tel un glorieux paon : il fallait savoir tenir sa place.

Elle avisa un taffetas d'un rouge rubis dont elle s'empara pour le mettre près du visage de la jeune femme.  « Oui, celui-là mettrait très bien en valeur votre teint clair.  Quoique le taffetas soit une matière agaçante à travailler, une bonne couturière pourra vous en tirer quelque chose de très seyant, » affirma-t-elle.  Elle évalua encore l'allure de l'inconnue, estimant combien de pieds de l'étoffe serait nécessaire à la création d'une tenue fort élégante.  C'était un peu comme un réflexe inné et elle n'avait même pas réfléchi avant de se mêler des achats d'une autre.  D'ailleurs, son impudence ne lui faisait pas remarquer non plus que cela pouvait avoir quelque chose de dérangeant même.  Après tout, elle aurait été sotte de refuser les conseils de l'astronome et cette dernière ne se questionnait même pas quant à la justesse de son goût ou de son intervention.

« Il faut faudrait aussi un bel organdi.  Dans un ton crème ou peut-être d'un orangé très pâle.  Avec le printemps qui ne tardera pas à arriver, vous ferez tourner bien des têtes avec tous ces volants et un superbe décolleté.  Une poitrine comme la votre sera forcément mise en valeur dans ces conditions. »  Comme elle avait à faire à une Cielsombroise, elle n'avait cure de surveiller ses propos : après tout ce n'était pas une Belliférienne de qui on ne pouvait rien tirer qu'une rigidité d'un ennui mortel.  De ce duché, Séverine n'avait apprécié qu'une seule personne, celle qui avait été son idole jusqu'à ce qu'elle ne s'allie à l'ennemi.  Trahison que lui faisait payer la victime outrée par un silence radio total.

Retrouvant à la main ce brocart vert pomme, elle allait justement signifier qu'il irait très bien au teint de la jeune femme lorsqu'elle se souvint qu'elle convoitait pour elle-même ce morceau et elle s'arrêta subitement dans sa frénésie : pas question qu'une autre femme ne se pare comme Dame Belastre, autrefois héritière de la très noble et très réputée pour ses drogues formidables baronnie de Mauve.  Baronnie qu'elle comptait récupérer tôt ou tard.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mer 3 Mai - 3:18

La velléité de ce genre d’activité plaisait à Joséphine. Dépensière et peut-être un peu superficielle en ce qui concernait sa toilette et ses tenues, faire les boutiques et observer ces parures avec délice était l’un de ses pêchés mignon. Il avait au moins le mérite d’être sans danger, au contraire de son addiction pour les drogues. S’il lui arrivait d’en consommer avec Mélisende en essayant de rester raisonnable, elle ne suivait pas les recommandations de sa chère amie et plongeait souvent dans le plaisir d’envol que procurait chacune de ces merveilles tant appréciées des Cielsombrois. L’avantage ici, elle ressentait un semblable plaisir par pu souci de coquetterie ! Et en compagnie d’une compatriote visiblement connaisseuse – à en juger par sa bien belle tenue – ça n’en était que plus amusant !

« Difficile de ne pas le remarquer, je crois que nous ne le cachons pas. »

Elle eut un rire mutin, faisant une référence à leurs robes respectives qui, bien qu’adaptées à la saison et relativement sobres pour deux femmes de Sombreciel, restaient fidèles à la mode du duché de l’esprit. En tout cas, les mots de Joséphine étaient sincères. Si elle n’était femme difficile pour converser avec d’autres, bien que naturellement discrète, elle aimait encore plus pouvoir le faire avec une personne qui partageait au moins ses avis sur des choses futiles : comme la mode. Et c’était de toute évidence le cas ! Elle faisait peu de cas du fait qu’elle ne la connaissait nullement.

Elle ne s’attendait pas à ce que la brune s’active aussi vivement à sa remarque. Il était vrai que les tissus de cette boutique étaient d’une qualité indiscutable, mais servir de cobaye à l’œil expert de la jeune femme la surprit l’espace d’une seconde. Celle d’après, Joséphine affichait un sourire conquis et lumineux, flattée des commentaires faits sur sa personne, acquiesçant aux remarques et auxquelles elle ne pouvait répondre que positivement !

« Ah vraiment vous croyez ? » La question n’en était même pas une, Joséphine était certaine que ce serait le cas ! Elle faisait déjà tourner le regard des hommes dans sa direction lorsqu’elle était quelques part, s’embellir un peu plus ne changerait rien à ce fait là ! Vaniteuse petite dame de compagnie, elle souriait pleinement, en regardant le tissu rouge, tâtant du bout des doigts la qualité, observant dans la boutique ce qui serait susceptible d’aller avec. « Vous avez l’œil, c’est vraiment une belle pièce. Et celui-ci là bas, qu’en pensez-vous ? » Dit-elle en désignant une autre table où trônaient des étoffes plus légères mais aussi plus claires, comme l’avait souligné son homologue. Pleine de vie, Joséphine reprit, en observant l’étoffe vert pomme qui avait attiré son œil un peu plus tôt. « En tout cas, ce brocard est superbe, je suis certaine qu’il vous irait à merveille une fois passé entre les mains d’une couturière ! J’ai quelques talents en ce domaine, mais ce n’est rien en comparaison d’une amie à moi qui est sans doute la plus merveilleuse et talentueuse couturière que je connaisse. Elle a des doigts de fée ! » Même si la dernière mission en compagnie de Liselotte avait fait naitre le doute en elle, l’espionne couturière était une amie chère à Joséphine. Peut-être accepterait-elle de faire quelque chose pour elle d’ailleurs ? Elle irait lui demander prochainement, tout en lui faisant d’autres… propositions.

« Oh par ailleurs, je m’appelle Joséphine. » Sourire joueur, en saluant la jeune femme gracieusement, lui rendant un regard taquin. « Et comment puis-je vous appeler ? »

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Ven 12 Mai - 14:22

S'il y avait bien quelque chose qui emballait le cœur de Séverine, c'était bien les flatteries.  Vaniteuse à ses heures perdues, qu'on reconnaisse qu'elle était une dame sophistiquée et digne de la bonne société la faisait flotter sur un nuage bien haut dans le ciel.  Aucune drogue ne pourrait la faire planer encore plus haut qu'un compliment bien tourné en sa faveur.  Elle en aurait roucoulé comme une colombe si cela n'était point dépourvue de toute élégance, rien que pour montrer sa petite montée d'euphorie.  Mais elle savait se tenir la jeune femme.  Puis, elle ne voulait pas, ne devait pas non plus, laisser croire qu'il était simple de gagner les grâces de la noble – oui, déchue mais le sang ne change pas facilement – qu'elle était.  D'autant, qu'elle n'avait besoin de personne pour savoir à quel point elle avait l'oeil pour la mode, ni pour lui dire quelles étoffes la mettrait en valeur.  Elle gardait néanmoins le plaisir dans son cœur, complètement satisfaite et comblée.  Puis, elle garderait bien cette pièce pour elle finalement.

« Vous trouvez?  Je dois avouer que cette couleur me plaît beaucoup et s'accorde généralement bien à mon teint clair, » déclara-t-elle, plus rougissante de plaisir que de modestie.  Si elle connaissait même la signification de ce mot, ce qui n'était pas certain.  La mention des talents de couturières de l'autre jeune femme, qu'ils soient humbles ou pas, n'intéressaient en aucun Séverine.  Même, elle retint un reniflement de dédain.  Elle même savait broder, cet art féminin et délicat, mais jamais ne se serait-elle mise à la couture.  Il y avait quelque chose de trop commun pour une femme de son état dans cet art manuel.  Puis, elle-même connaissait quelques personnes dans le métier.  Dont une jeune femme en particulier, qui avait aussi passé dans ses draps, mais dont elle ne pouvait se permettre les services pour toutes ses tenues maintenant qu'elle était dépourvue de titres et surtout de revenus nets.  Elle ne pouvait que compter que sur un maigre pécule qu'elle voyait se réduire de plus en plus.  Oui, faire des achats de tenues n'était peut-être pas une excellente idée lorsque les fonds étaient peu nombreux, mais elle ne retrouverait jamais la place qui lui revenait si elle s'habillait comme une gueuse.  La brunette valait beaucoup mieux que ça.

« Il faudra que vous me donniez le nom de cette dame, très chère.  Je connais quelques noms, mais il ne coûte jamais d'allonger sa liste de tailleurs, » déclara-t-elle dans un sourire charmeur.  Elle pouvait bien, la jeune femme qui lui faisait face ne s'outrerait point d'un peu de ce jeu, elle l'espérait bien.

Et comme le moment des présentations pointa le bout de son nez, elle fut soulagée de voir que la jeune femme avait omis son nom de famille, se désignant seulement sous son prénom.  Elle-même pour faire de même et ne décliner que celui-ci, s'évitant probablement d'être reconnue.  Peut-être cette Joséphine n'avait-elle jamais entendu parler des de Mauve, et encore moins du nom Belastre qui lui était associé, mais ne point en parler c'était s'éviter des ennuis après tout.

« Vous pouvez m'appeler Séverine, chère Joséphine, » sourit-elle aimablement à travers son voile de dentelle.

Elle glissa à nouveau les doigts sur cette pièce qu'elle désirait tant et la souleva délicatement pour l'observer tranquillement à nouveau, la tête déjà emplie d'idées d'occasions pour lesquelles elle porterait cette nouvelle toilette.

« Ce tissu, c'est une vraie folie, mais ce serait terriblement dommage de m'en séparer, ne croyez-vous pas?  Du vrai gâchis, je le regretterais toute ma vie! » s'exclama-t-elle avec une passion jouée mais autant sincère.  La dame Belastre était douée pour doser l'expression de ses sentiments, les diminuants ou les amplifiant en fonction de ses interlocuteurs.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Lun 17 Juil - 23:54

« Liselotte Passefil. Nous sommes proches amies, elle me fera sans doute un prix d’ami si je lui demande. »

Il y avait là un peu de vanité dans les paroles de Joséphine, fière de connaître la charmante couturière et de bénéficier de son amitié et ses talents. Tous ses talents. Car ce n’était pas seulement pour des affaires de couture que les deux jeunes femmes s’étaient bien souvent données rendez-vous. Amantes passionnées, sœurs des Miracles, connaître la petite couturière de sa majesté l’impératrice, ce n’était pas rien. Même si sa dernière mission en sa compagnie s’était déroulée d’une façon pour le moins étrange et suspecte, Joséphine gardait confiance en cette amie. A tort peut-être, mais elle n’était pas du genre à condamner si facilement, la charmante Joséphine. Sauf lorsqu’il s’agissait de la princesse d’Erebor, qui elle, n’était plus en mesure de briller ou d’être pardonnée aux yeux de la suivante des Séverac. Elle ne l’aimait pas, ne pouvait l’aimer et ne l’aimerait sans doute jamais. Pas avec le mal qu’elle faisait à sa Mélusine en l’ignorant sciemment. Enfin, elle préféra chasser la vision déplaisante d’Alméïde de son esprit, se penchant plutôt sur la discussion fort passionnante et superficielle qu’elle avait avec cette collègue cielsombroise.

L’heure en était aux présentations. Espionne et prudente malgré son engouement pour les multitudes d’étoffes qui brillaient sous ses yeux, Joséphine fit attention de ne se présenter que sous son prénom. Si elle n’était point femme connue, il valait mieux faire attention malgré tout. Elle fut cependant fort aise de voir la femme face à elle se présenter à son tour à sa demande, et fut enchantée qu’elle porte un prénom aussi charmant. Elle ne se gêna pas d’ailleurs pour le faire remarquer dans un sourire doux.

« C’est un bien joli prénom, Séverine. » Elle était bien curieuse d’en savoir plus, Joséphine, mais se força à ne pas être trop envahissante. Elle savait se faire discrète quand il le fallait, bien qu’elle s’interrogea sur les origines de la jeune femme. De quelle région de Sombreciel était-elle ? Qu’est-ce qui avait bien pu la mener à Lorgol ? Tant de questions, si peu de réponse qu’elle ne prendrait pas la peine d’arracher à l’intimité de Séverine si tel était son désir de les garder pour elle. Après tout, ce n’était qu’une rencontre au cœur d’une échoppe… Quoique voir naître une douce amitié, Joséphine n’en serait pas contre. C’est que sous ses voiles, elle semblait bien jolie la charmante Séverine.

« Très certainement ! Ce serait une belle occasion ratée et vous ne retrouverez peut-être pas une aussi belle pièce plus tard. Et est-ce un caprice s’il est exécuté pour de bonnes raisons ? Car je suis certaine que vous saurez donner vie à ce tissu plus qu’il ne pourrait l’espérer avec une autre personne ! » Là était le compliment, peut-être un peu flatteur mais pas forcément hypocrite. Après tout, malgré l’engouement peut-être un peu fort de Séverine pour le tissu, il fallait être aveugle pour ne pas voir l’intérêt qu’elle portait à celui-ci et l’envie clair qu’elle avait de l’avoir en sa possession. Pour sa part, Joséphine prit la peine d’appeler le commerçant de la boutique qui approcha. Elle souffla à l’attention de sa compagne. « Allons, je vais suivre vos conseils et céder à cette petite folie ! Vous ne serez pas seule à ne pas être raisonnable. » Elle fit un clin d’œil à la jeune femme puis demanda donc à l’homme de lui emballer le tissu qu’elle avait choisi, prise de cette euphorie habituelle qui titillait ses sens quand elle faisait un achat digne de ce nom ! Elle était dépensière, belle Joséphine, peut-être trop, parfois pour pas grand chose, souvent par générosité. Mais elle pouvait se le permettre car malgré sa situation, elle disposait de revenus pour le moins généreux.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mar 8 Aoû - 17:28

Oh Liselotte Passefil!  Dame aux doigts de fée que Séverine connaissait effectivement.  Toute dame qui portait attention à sa tenue devait avoir au moins une fois entendu ce nom, sa réputation atteignant peu à peu des sommets.  L'astronome ne se questionna pas particulièrement quant à la nature de la relation qui liait la jeune femme à la couturière de renommée, cela ne la regardait pas et entre deux Cielsombroises, on pouvait s'attendre à plusieurs types d'amitié sans que cela ne soit particulièrement surprenant.  Elle ne nota principalement que l'espèce de satisfaction qu'elle semblait tirer de cette connaissance et elle amusa Séverine, bien qu'elle approuva tout à fait cette petite fierté : après tout, c'était la couturière de l'impératrice, on ne pouvait pas tous la connaître intimement au point d'en obtenir des prix d'amis.  Néanmoins, cela relevait d'une information importante : Joséphine n'avait probablement pas un énorme revenu si elle devait demander des faveurs à son amie.  Elle avait de bonnes manières et sa tenue était irréprochable.  Sa situation financière indiquait qu'elle n'était probablement pas la fortunée héritière d'un large domaine.  Peut-être avait-elle les titres d'une petite baronnie dont les revenus étaient moindres?  Non.  Elle en aurait entendu parler plus tôt.  Il était plus probable qu'elle ait été élevée auprès d'une noble famille, avec lesquels elle aurait des liens de servitude.  Autrement elle ne serait pas aussi distinguée, Séverine en était sûre.  Il fallait désormais tenter de déterminer auprès de qui avait-elle grandi.  Peut-être que d'une amitié née dans les rubans, elle pourrait obtenir sans trop efforts un soutien supplémentaire pour nuire à Castiel.

Et en cette amitié, du moins en cette affection entre deux connaissances, elle pouvait y croire.  Cette Joséphine savait très bien la prendre par les sentiments, entre ses jolis sourires et ses aimables compliments.  S'il y avait bien une façon d'obtenir les bonnes grâces de Séverine, c'était bien de passer par les flatteries.  Pour elle qui avait une très haute opinion d'elle-même, les paroles fleuries savaient toucher son cœur.  Et il avait une certaine simplicité dans les mots de cette jeune femme qui ne donnait point une impression de calcul, d'essayer d'atteindre un autre but caché.  C'était justement le genre de personne que Séverine affectionnait.  Pas nécessairement de façon tout à fait détachée de toutes ambitions ou de tout motifs.  Parce que Séverine ne faisait que peu de choses sans arrière-pensée.

« Ce qui serait déraisonnable ce serait de laisser passer un tel bijou entre vos doigts!  Et je crois bien que je vais me laisser tenter moi aussi, vous n'avez pas tort, un caprice justifié doit bien être cédé, » répondit-elle à voix basse tandis que le marchand s'affairait auprès d'elle à lui emballer une bonne longueur de tissu.  Séverine se vexa quelque peu d'être laissée à prendre le deuxième tour, mais ne pipa mot, préférant se murer dans sa hauteur glaciale offusquée.  Malgré tout, elle trouvait charmante cette jeune dame et puis bon, elle ne pouvait pas atteindre les mêmes niveaux de distinction qu'elle-même avait atteint.  Il ne fallait pas se montrer trop exigeant envers les classes inférieures.

Tandis qu'elle laissait le commerçant s'occuper de lier en paquet ses propres achats – elle y avait ajouté quelques rubans pour décorer certains de ses chapeaux et corsets – elle se décida à extirper une promesse de sa nouvelle connaissance : « Il faudra que si l'occasion se présente vous me montriez le magnifique vêtement que vous en tirerez.  Je suis curieuse de voir combien cette tenue vous mettra en valeur.  Extrêmement, cela je n'en doute point! »  Et elle était plutôt sincère dans ces propos.  Séverine aimait les beaux atours et se plaisaient à contempler ceux de ses prochains.  Évidemment, voir une femme mieux vêtue qu'elle piétinait sa dignité et attisait une jalousie créée par la fierté, mais cela ne l'empêchait point de se complaire dans l'observation de dames bien mises.  Les vêtements étaient le premier miroir des individus et en disait beaucoup sur ce que l'astronome désirait connaître d'eux.

La somme des achats ne fit point tressaillir Séverine : elle était même inférieure à ce qu'elle avait espéré ce dont elle se réjouit.  Elle ne manquait pas de moyens, mais ne profitait pas de fonds sans fin et dans sa quête de vengeance, ceux-ci lui serait plus utiles dépensés ailleurs que sur des vêtements.  Pourrait-elle un jour retrouver son insouciance d'adolescente gâtée?  Sans montrer la moindre émotion, elle paya l'homme pour ses frais et lui laissa son adresse pour qu'on livre ses paquets à son domicile avant de tendre le bras à Joséphine.

« Il ne vous ennuiera pas de faire quelques pas avec moi j'espère? » demanda-t-elle sur un ton invitant.  Elle espérait ne pas être déclinée dans son invitation, car elle s'en trouverait à perdre la face et c'était quelque chose qu'elle tolérait mal.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Jeu 17 Aoû - 11:04

Quelle belle idée que de céder à l’appel des dépenses ! Elle est enchantée, Joséphine, de voir le tissu être emballé par le marchand avec beaucoup de délicatesse et la perspective d’en faire une chose merveilleuse. Elle fit signe au serviteur qui l’avait suivi et avait attendu dans un coin de la boutique pour qu’il approche et lui indiqua de rentrer, qu’elle en avait certainement terminé aujourd’hui avec les achats. Il eut l’air soulagé à l’idée de ne pas continuer à se trimballer ainsi avec autant de paquets et la petite dame de compagnie lui renvoya un sourire amusé. Sourire qu’elle adressa aussi à sa compagne de l’instant, dont elle avait remarqué un peu plus tôt la mine devenue plus froide, sans savoir pourquoi. Néanmoins, l’instant semblait s’effacer comme un coup de vent et Joséphine apprécia l’idée de converser encore un peu avec cette charmante dame aux airs un peu (trop) nobles. Elle ne cacha pas d’ailleurs le délice qu’elle prenait à recevoir ainsi des compliments et tout à coup, elle avait extrêmement hâte de mettre en valeur ce tissu pour en faire une bien belle robe.

« Ce sera avec grand plaisir ! Et je tiens aussi à voir le résultat de vos achats sur vous ! Peut-être pourriez-vous me donner votre adresse et si cela vous conviens, je vous contacterais ? Je demeure très souvent à Lorgol et si c’est aussi votre cas, nous devrions pouvoir nous revoir prochainement. »

Elle était peut-être un peu enthousiaste à cette idée, alors qu’elle connaissait si peu cette charmante dame rencontrée à la seule occasion d’une balade chez les marchands de la cité. Et pourtant, elle appréciait cette compagne cielsombroise qui ne semblait pas manquer d’un fort caractère et qui, comme elle, aimait les belles et bonnes choses, quitte à céder à ses envies et désirs. Aussi, lorsque Séverine lui présenta son bras et l’invita à marcher avec elle, Joséphine ne put refuser une telle invitation.

« Aucunement, vous êtes d’une délicieuse compagnie. » Une fois encore, le compliment était sincère, même pour une rencontre aussi courte. Parfois pourtant, on disait que les amitiés, même légères, naissaient sur des bases bien petites à l’origine. Et après tout, pourquoi ne pas entretenir ce lien nouveau en ce sens, alors que les caractères semblait si bien s’accorder. Ah chère Joséphine, si elle avait su les véritables plans de Séverine, les choses auraient été différentes. Mais au contraire, au delà de l’appréciation d’un visage et d’un corps aussi charmant, elle distinguait la charmante Séverine par son bon goût et cette flamboyance de caractère, qui n’était pas sans lui rappeler son cher Castiel d’ailleurs. « Avez-vous une idée où nous pourrions aller ? Une envie peut-être ? Pour ma part, je connais un lieu, pas très loin d’ici, où ils servent boissons et pâtisseries exquises ! Il me plairait de vous inviter, pour vous remercier de cet agréable rencontre. »

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mar 22 Aoû - 17:31

Oui c'était vrai qu'elles étaient d'une compagnie absolument assortie, elle était bien d'accord.  Autrement, elle n'aurait jamais proposé de prolonger plus longtemps leurs contacts.  Elle n'aurait pas cru qu'en désirant défendre le tissu qui lui plaisait elle ferait une rencontre aussi délicieuse.  Quelle excellente surprise!  Peut-être n'était-elle pas tout à fait honnête dans son approche, mais elle n'aurait pu dire qu'il ne s'agissait-là que de servir son intérêt personnel.  Elle aimait à être flattée de façon aussi naturelle et elle trouvait cette jeune dame fort charmante.  Elle avait eu affaire à des gens beaucoup plus désagréables, face auxquels elle avait été forcée de garder le sourire pour atteindre ses buts, mais il lui apparaissait que la conversation avec Joséphine était très naturelle et peu forcée.  Après tout, ne s'était-elle pas emportée pour l'aider à lui conseiller dans l'achat de ses parures?  Elle avait très certainement montré un enthousiasme plus fort qu'il n'était nécessaire de le faire, l'objectif n'étant tout d'abord que de détourner son attention d'un joli vert.  Elle ne regrettait pas son intervention qui lui avait permis d'avoir tout ce dont elle avait besoin pour se confectionner une nouvelle tenue, mais aussi de faire une nouvelle rencontre, pas seulement agréable pour le profit qu'elle pourrait y gagner si elle savait bien jouer son jeu, mais également parce qu'il y avait fort longtemps qu'elle n'avait pu entretenir une légère conversation à propos de tissus avec une autre femme possédant un minimum de goût.  Il n'y avait pas mieux qu'une Cielsombroise pour parler de vêtements.

« Je ne suis que très peu familière avec Lorgol, mon dernier séjour remontant à mes années en tant qu'étudiante, je vous serais fort gré de me recommander cet endroit dont vous parlez, » répondit-elle à son invitation.  Elle avait ses quelques repères dans la ville, il y avait peu qu'elle avait quitté l'Académie, néanmoins tout changeait si vite.  Son séjour s'étirant encore pour elle ne savait trop combien de temps, elle n'était pas contre l'idée d'ajouter un nouveau point à sa liste d'endroits à fréquenter à temps perdu.  « Avez-vous votre propre résidence à Lorgol » demanda-t-elle alors qu'elles quittaient la boutique et qu'elle laissait sa jolie compagne guider ses pas.  Elle doutait que ce puisse être le cas, elle ne pouvait tout de même pas être aussi riche sans être titrée.  Les parents de Séverine n'avaient jamais réussi à s'acheter une tour dans la Ville Haute, malgré les revenus de la baronnie.  L'astronome regrettait amèrement ce fait : elle n'aurait pas besoin de descendre à l'auberge lorsqu'elle se rendait en ville et elle aurait pu engager un page ou une bonne.  Quelle honte d'avoir à faire livrer ses paquets quand d'autres avaient leur propre escorte à cette fin.

« Je réside moi-même dans une auberge, peu loin d'ici, peut-être la connaîtriez-vous.  Je ne devais qu'être de passage, mais la guerre me retient.  Je n'ose pas rentrer en Sombreciel avec tous ces conflits à nos frontières. » Elle secoua la tête, comme si elle désapprouvait tout de ce conflit alors qu'elle n'en avait cure.  Avec un peu de chance, il en résulterait la fin de Castiel et le problème serait réglé sans qu'elle n'aie eu à lever le petit doigt.  Ce serait fort moins satisfaisant que d'avoir causer sa chute, mais beaucoup moins épuisant.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Jeu 31 Aoû - 14:07

Peu familière de Lorgol ? Qu’à cela ne tienne, Joséphine connaissait la cité presque sur le bout des doigts ! Cela faisait bien des années que la petite dame de compagnie y vivait, allait et venait dans les rues, que ce soit celles de la Ville Haute ou les canaux sombres de la Ville Basse ! Quel que soit le quartier, elle était devenue fille de ces lieux et s’y baladait avec la plus surprenante des aisances. C’est qu’elle avait un don, Joséphine, pour se fondre dans la masse, la noblesse ou la bourgeoisies raffinées comme les badauds des bas quartiers. Discrète, attentive, rusée même et débrouillarde, il était difficile de perdre la belle Joséphine qui ne montrait rien de ses talents cachés grâce au sourire si innocent et sincère qui marquait ses traits.

« Ah oui ? Mais alors je dois vous montrer plein de choses ! Il y a tant et tant de lieux forts sympathiques à découvrir, et je suis certaines qu’ils vous plairaient ! Oh le temps nous manquera certainement aujourd’hui, mais chère Séverine, il faut absolument que l’on se revoit ! »

Il y avait déjà eut une telle invitation peu avant, mais la petite demoiselle renouvelle sa demande avec une ferveur grandissante, désireuse de faire de cette belle dame une amie. Elle admirait d’ailleurs la jeune femme qui venait de lui annoncer avoir étudié à l’Académie. Quelle matière avait charmé ce coeur de cielsombroise ? Joséphine se nota de lui demander lorsqu’elles seraient toutes deux paisiblement assise à une table. Elle, cela ne l’avait jamais réellement attirée, les études à l’Académie. Après tout, même si elle n’avait aucune noblesse, elle avait eu la chance de bénéficier de l’éducation des jumelles, devenant ainsi une fille instruite sur bien des domaines qui appartenaient aux demoiselles de bonnes familles. C’était une des raisons pour laquelle les gens imaginaient souvent la petite demoiselle de compagnie issue d’une belle noblesse. Elle aimait parfois à entretenir ce petit mystère.

« Non, les résidences où je loge appartiennent à mes protecteurs, bien que je sois l’intendante de deux des tours, ici, à Lorgol. » Et ce n’était pas une mince affaire, la gestion des tours de Chamaar et Sinsarelle. Mais cette confiance que portait Mélusine et Mélisende en elle réchauffait toujours son cœur lorsqu’elle y songeait. Elle était si fière, Joséphine, d’être au service de si nobles dames, d’être une amie fidèle, une confidente de tout instant. Oh comme elle les aimait oui. Elle est quelque peu surprise, cependant, que Séverine n’ait pas sa propre tour dans la cité libre. Vu la noblesse et la richesse qu’elle affichait dans toute sa stature et son apparence, il y avait de quoi s’en étonner. N’était-elle que d’une petite famille de Sombreciel ? Bien que cela ne changeait pas grand chose à l’avis de Joséphine, elle appréciait cette nouvelle connaissance.

« Comme je vous comprend. Cette guerre est effrayante et on dit que les lignes Faë ont grandement avancées sur les terres de Sombreciel. » Elle n’ose y songer, tant les conflits ont retourné son cœur fragile. Les attaques en Erebor avaient manqué de ravir la vie de sa chère Mélisende, et aujourd’hui, son propre duché souffrait de la puissance des mages. Et dire que Séverac appartenait à Lagrance désormais. Fort heureusement, la dame Ismalia et le sieur Maximilien avaient pu s’enfuir avant l’arrivée des troupes. Les nouvelles l’avaient rassurée, au moins un peu. « Vous faite bien de rester ici, nous craignons bien moins de chose à Lorgol. »

Elles avaient continué à marcher, tout en discutant. Et alors qu’elles terminaient tout juste sur cette discussion, le sourire qui s’était tari sur les lèvres de Joséphine fleurit à nouveau, plus lumineux que jamais. La petite dame de compagnie lâcha le bras de Séverine pour lui prendre les mains, lui faisant face pour ménager le suspens. D’une voix enjouée, elle annonça qu’elles étaient arrivées !

« Chère Séverine, nous voici à la Harpe d’Aïda ! Je vous promet que ce salon va conquérir votre cœur. » Peut-être y mettait-elle un peu trop d’engouement, mais par tous les dieux, Joséphine adorait les lieux. Elle attira alors sa compagne, gardant sa main dans la sienne tandis qu’elle poussait la porte du petit salon. Elle tinta dans un bruit de clochette, et c’est une chaleur douce et cosy qui accueillit les deux dames. Le salon n’était pas bien grand, mais était terriblement douillet, et la lumière jaune et chaude contrastait avec le gris des rues de Lorgol en plein hiver. A l’instant où l’on entrait, un sentiment de paix s’emparait des cœurs.

« Adélaïde ! » Salua Joséphine, en voyant la gérante des lieux s’approcher, sourire doux sur les lèvres. La jeune femme n’éleva pas la voix, salua simplement les deux invités en indiquant une petite table libre. « Elle est muette. » Glissa la jeune femme à Séverine, expliquant les raisons de son silence. La gérante n’en était pas moins gracieuse et polie.

« Vous pouvez commander la boisson qu’il vous plaira, je crois que ce salon importe d’un peu partout en Arven, vous trouverez certainement votre bonheur. » Fit Joséphine en s'asseyant à la table, appréciant sincèrement le confort des lieux.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Jeu 7 Sep - 8:42

Intendante de deux tours.  L'information ne tombait pas dans l'oreille d'une sourde.  Il ne restait qu'à découvrir de qui elle l'était.  Probablement quelqu'un d'éminent pour qu'il possède un tel nombre de tours à Lorgol.  Mais peut-être était-ce dans la Ville Basse?  Non, les manières et la tenue de la jeune femme ne le laissaient point croire.  En silence, elle fit le décompte des Cielsombrois de noble engeance possédant une tour à Lorgol.  Ils ne sont pourtant pas nombreux.  De qui peut-elle être la protégée?  Elle se promit de la cuisiner plus tard à ce sujet, si l'occasion s'en présentait.  Toute occupée à ces réflexions, elle répond plutôt distraitement en ce qui concerne les déclarations sur la guerre entre les deux Empires.  Elle pourrait expliquer son manque d'attention par un soucis des biens qu'elle a laissé derrière ainsi que de ses gens ou quelque chose comme ça.  Elle n'avait pas besoin d'apprendre à la jeune femme qu'elle était seule au monde et isolée.  Si elle n'avait pas été du même duché, si elle n'avait pas autant risqué d'avoir entendu parler de l'histoire de sa famille avec le duc, elle aurait peut-être joué la carte de l'orpheline pour l'attendrir un peu plus.  Les choses étant ce qu'elles étaient, il n'était peut-être pas une excellente idée de se servir ainsi de la bonne âme que semblait avoir cette nouvelle connaissance pour gagner ses faveurs.  Puis, elle ne la connaissait pas encore assez bien pour avoir confiance aveugle en elle.  C'était une chose que de se laisser guider dans les rues de la ville, mais c'en était une autre que de dévoiler tous ses petits secrets.

C'est la surprise qui la frappa, quand passant de ce triste sujet de conversation, sa camarade s'empara de ses mains, un sourire fendant son visage d'une oreille à l'autre.  Voyant la joie que trahissait les traits de la jeune femme, Séverine se voyait toute prête à se montrer séduite par cet endroit encore empli de mystères.  Elle chercha par-dessus l'épaules de sa guide la pancarte de ce salon qu'elle annonçait, mais elle n'eut guère le temps de le trouver que déjà elle se laissa entraîner.  Elle se faisait l'impression d'être redevenue une jeune fille, encore insouciante, se rendant à quelque endroit secret où partager ses confidences avec une amie de cœur.

La Cielsombroise se montra bien agréablement surprise à l'intérieur.  On ne pouvait parler d'un endroit fort luxueux, mais il s'en dégageait une chaleur qui donnait l'impression de se retrouver à la maison.  Douce sensation que Séverine n'avait que peu l'occasion de ressentir.  Elle sourit, enchantée de se trouver en cet endroit, oubliant une fois de plus, comme lorsqu'elles étaient à la boutique de tissu à faire leurs achats, tout ce qui la tracassait.

« Quel charmant endroit! » s'exclama-t-elle avec ravissement.

Elle tournoya sur elle-même pour observer les murs et ses yeux finirent par se poser sur une dame que salua Joséphine sans que celle-ci n'ouvre la bouche pour répondre.  Mais elle comprit rapidement pourquoi d'une explication de sa compagne.  Si elle éprouva un peu de dédain à l'idée qu'il s'agisse là d'une femme anormale, elle le masqua pour ne pas froisser les sentiments de cette nouvelle amie.  Et malgré tout, cette femme, quoi qu'elle fut se montrait bien élevée.  Au moins, elle avait cela pour elle.  Et une tenue soignée.  C'était un bon début.

Une fois assise à son tour, elle choisit une boisson chaude à base d'hydromel et se cala confortablement dans son siège, jetant un coup d'oeil satisfait à la ronde.  Elle lissa soigneusement les plis de ses vêtements, se contentant un instant du silence.

« Je suis fort charmée de ce salon.  Sans votre concours, chère Joséphine, je crois que je n'en aurais jamais entendu parler, or cela aurait été fort à ma perte, car j'y suis très à mon aise. »

Ça n'avait rien du luxe qu'elle adorait par-dessus tout, mais c'était décent et ce petit sentiment de la maison qu'elle ressentait la rendait quelque peu nostalgique.  Un léger voile couvrait son regard bien que son expression était sereine.

« Vous venez souvent ici?  Remarquez, je suppose que vos occupations doivent être nombreuses.  Intendante de non pas seulement une tour, mais deux!  Voilà qui doit vous demander beaucoup de temps! »

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Ven 15 Sep - 11:12

L’engouement de Séverine faisait terriblement plaisir à Joséphine. Si elle avait bel et bien eut l’intention de lui faire découvrir les lieux et faire naître de la joie dans son regard, elle était agréablement surprise que cela marche aussi bien. Leurs deux sourires se répondaient et elle espérait, la petite dame de compagnie, que sa nouvelle amie du moment revienne régulièrement en ces lieux. Le salon n’était pourtant pas particulièrement caché, mais il avait cette discrétion bienvenue, sans souffrir de l’absence de clientèle. Dès qu’elle en avait l’occasion, Joséphine venait se réfugier en ces lieux, sous le regard tendre et amical d’Adélaïde qui lui était aussi une proche amie. Outre les tours de ses deux maîtresses et celle de Séverac, ce petit salon de thé était l’un de ses endroits favoris pour s’amuser et décompresser. Car il y avait une telle douceur et une telle chaleur entre ces murs que la sensation d’être chez soi était immédiate.

Prenant place en face de sa compagne Cielsombroise, Joséphine commanda à son tour une boisson, celle qu’elle avait l’habitude de prendre. Et attendant que les verres arrivent, Joséphine observa avec un grand sourire Séverine, curieuse de savoir ce qu’elle pensait de tout cela, même si son exclamation précédente, empreinte d’un sincérité spontanée, avait déjà donné les preuves suffisantes à la demoiselle.

« Vous me voyez ravie d’une telle chose, Séverine ! Vous verrez que dans les bons comme les pires moment, cet endroit parvient toujours à réchauffer le cœur. Nous arrivons peut-être un peu tôt, mais il y a régulièrement des artistes qui se produisent ici. » Elle désigna dans un coin une petite scène, aussi bien faite pour les bardes que pour les menestrelles, ainsi que pour les troupes de théâtre. « Oh et si cela vous intéresse, il y a une très belle boutique de couture juste à côté aussi ! » Ce détail, elle était certaine que Séverine le garderait en tête. Après tout, c’était autour des tissus, des beaux vêtements et de la couture que les deux dames s’étaient rencontrées.

Les boissons arrivèrent à ce moment là. Comme il n’y avait pas encore beaucoup de monde, les commandes allaient vites. Joséphine adressa un sourire à Adélaïde quand celle-ci passa non loin, avant de se concentrer sur Séverine à nouveau, dont elle crut percevoir un léger voile noircissant son regard. De sombres pensées ? Avait-elle songé à quelque chose de gênant ? Leur discussion d’un peu plus tôt à propos de la guerre peut-être ? Elle fut curieuse de savoir, Joséphine, mais se garda bien de demander quoique ce soit. Et de toute façon, sa compagne reprit rapidement la parole.

« Je viens souvent, mais moins que je le voudrais effectivement. Mes tâches sont assez variables à vrai dire, selon l’envie de mes maîtresses. Quand elles sont ici, je n’ai plus à charge réellement la bonne tenue de leurs tours. Et quand elles le souhaitent, je me joins à elles pour leurs voyages. Dans quelques semaines, il me faudra certainement rejoindre l’une d’elle en Valkyrion. » Murmure-t-elle avec affection, en repensant à Mélusine, enceinte jusqu’au cou et qui accoucherait dans peu de temps. Elle tenait à être là quand ça arriverait ! Mais elle avait des choses à terminer avant, ce qui expliquait sa présence à Lorgol en ce moment.

« Et vous ma chère Séverine, vous ne m’avez pas dit ce que vous faisiez de votre temps ! Serait-ce faire preuve de trop de curiosité que de vous demander ce que vous avez étudié à l’Académie ? » Elle était une nouvelle fois sincèrement curieuse, moins espionne que dame en compagnie d’une amie, faisant connaissance. Quel domaine avait pu attirer une cielsombroise là bas : les arts ? Les astres ? Les mots ? Les sciences ? Le verbe ? Tant de possibilité qui titillait l’esprit de la jeune femme.

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mar 19 Sep - 3:46

Les informations que lui transmettaient Joséphine lui était si agréables à l'oreille.   Ces derniers mois, elle était restée à Lorgol en quête de pistes pour nuire à son très cher cousin, toujours l'oreille tendue sur une rumeur, une vague.  Tout et n'importe quoi.  Elle s'était cherchée des alliés.  En avait trouvé quelques uns.  S'était fait retourner quelques autres contre elle.  À la guerre comme à la guerre, dans l'ironie du temps.  Toutes ses dernières démarches n'avaient pas été pour son propre plaisir, mais toujours dans le but d'obtenir quelque chose de beaucoup plus grand qu'elle.  Alors discuter avec la Cielsombroise de sujets triviaux lui paraissait d'une légèreté si agréable.  Elle ne regrettait point d'avoir prolongé le moment jusqu'à être venue en cet endroit.  C'était charmant et beaucoup plus de son goût que les tavernes où elle était allée ici et là.  Parce que c'était le genre d'endroit où l'on pouvait se mettre en quête de beaucoup d'informations.  Beaucoup plus qu'on ne pouvait l'imaginer aux premiers abords.  Après tout, n'allait-elle pas bientôt prendre les voiles avec les pirates pour une excursion en mer?  Qui l'aurait cru.  Séverine Belastre sur un navire de flibustiers.  Il ne restait que quelques jours avant le départ et elle en était très excitée.  Néanmoins, elle n'en dit rien à sa camarade : peut-être qu'en Sombreciel les pirates avaient quelque chose de fascinant à cause de leur liberté, mais on ne les en appréciait pas plus qu'ailleurs.  Des criminels restent des criminels.  Et c'était peut-être justement l'idée de transcender l'interdit qui plaisait autant à la jolie brunette.  Il fallait seulement qu'elle réussisse à faire terminer les tenues à temps, même si elles ne lui serviraient certainement pas en mer.  Elle pourrait plus tard aller jeter un œil à cette boutique de couture.

Elle ne put tout à fait masquer sa surprise en entendant parler d'un voyage en Valkyrion.  N'était-elle pas au service de Cielsombrois?  Néanmoins, elle n'osa pas poser trop de question, de crainte que cela ne soit perçu comme une indiscrétion et que ceci lui retire l'amitié toute fraîche de son homologue.  Ainsi, sa propre curiosité à elle fut fort bienvenue et un sourire s'empara des lèvres.  Si elle était passionnée et se jetait corps et âme dans sa vengeance, en rien cela n'atteignait l'ardeur du feu qui brûlait en elle lorsqu'elle songeait au ciel et aux astres qui le parcouraient.

« J'ai fait mes études en astronomie.  Je me spécialise dans la création de cartes célestes qui étudient le mouvement des étoiles, » répondit-elle avec une certaine fierté.  Elle l'avait constaté, les étoiles bougeaient.  Elles n'étaient pas toujours exactement au même endroit d'un soir à l'autre.  Il y avait là un mystère qu'elle se promettait d'élucider un jour.  Séverine voulait peut-être détruire le duc de Sombreflamme, mais elle ne désirait pas de sa place.  Une fois que ce serait fait, elle se remettrait entièrement à ses études jusqu'à ce qu'elle fasse une découverte qui révolutionne tout le continent.  Elle n'avait pas de vœux plus chers.

« Si lorsque je suis ici me voilà à la merci des aubergistes, de retour au pays, je possède mon propre observatoire.  J'ai investi une bonne part de ma fortune dans la restauration de celui-ci, » poursuivit-elle, inarrêtable lorsque l'on tombait sur ce sujet.  Elle songea un instant à Voile du Ciel, si près des frontières lagranes.  Elle était persuadée qu'il était tombé sous leurs mains et elle espérait qu'on ne lui aurait pas trop pillés, ni trop détruit lorsqu'elle y retournerait un jour ou l'autre.  La guerre finirait bien par se terminer par une paix, non?

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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Dim 1 Oct - 18:16

Sa curiosité – qu’elle avait peur de trouver toute indiscrète – semblait plaire à Séverine, dont le sourire était le signe annonciateur d’une victoire. Et il y avait de la sincérité en Joséphine, réellement intéressée de savoir quelles études sa belle compagne avait suivi. Certainement quelque chose de passionnant ! Mais l’entendre de sa voix était tout ce qu’attendait la petite dame de compagnie, et elle fut enchanté de la révélation qui lui fut faite. Oh son sourire n’était rien en comparaison de tout ce qu’elle pouvait percevoir sur le visage de Séverine. Des yeux aux lèvres, elle exultait de fierté et de passion. Mais après tout, les astres étaient maîtres pour attirer et attiser ce feu dans le cœur des cielsombrois romantiques. Comme elle pouvait comprendre, Joséphine, cet attrait pour les secrets des cieux. Elle les aimait tant, mais certainement pas comme sa nouvelle amie qui en avait fait son art, son métier, sa vie. Elle se contentait bien de regarder le mystère de la voûte céleste quand Séverine cherchait à en extirper les plus beaux trésors. Au fond, et sans le cacher, la petite dame de compagnie admirait son homologue, le regard brillant d’intérêt !

« Oh quel beau sujet d’étude ! Quel merveilleux projet ! » Si enthousiaste, Joséphine, avec ceux qu’elle appréciait, et ce même s’il s’agissait d’une nouvelle amie. « Vous avez choisi un domaine magnifique, chère Séverine. Oh comme vous avez de la chance d’admirer les cieux et les comprendre, ne serait-ce qu’un peu, au travers de tous les secrets qu’ils recèlent. » Et comme ce devait être en réalité une discipline complexe, pleine de ficelles qu’il fallait connaître pour tirer de leurs existences quelque chose de concret, de vrai. Les sciences étaient si mystérieuses, mais cela faisait rêver la petite dame de Compagnie qui avait une éducation somme toute bien avancée, pour une fille de sa condition, mais loin d’être celle d’une dame ayant parcouru les murs de l’Académie.

« Votre propre observatoire. » Répète Joséphine, rêveuse, enviant une fois encore cette chance qu’avait Séverine de vivre pour ainsi dire la tête dans les étoiles. Elle ne lui paraissait pourtant pas être quelqu’un de si léger, et que beaucoup de chose la rattachait à la terre, mais le ciel avait ce don pour adoucir tant de cœur ! « Oh peut-être est-ce cavalier de ma part de vous demander cela, mais si nous retournons toutes deux un jour en Sombreciel, me feriez-vous visiter ce domaine qui est votre ? » Plus timide tout à coup, demandant cela comme une faveur sans vouloir paraître exigeante, Joséphine regarda cette nouvelle amie avec un petit sourire et le regard toujours aussi brillant.

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Prenez le temps de rêver... Et si vos rêves ne se réalisent pas, qu'ils soient tout de même magnifiques !
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Message Sujet: Re: Cette couleur vous va mieux au teint   Mar 3 Oct - 18:01

Recevoir ce genre d'encouragement ne pouvait que plaire à Séverine qui se rengorgeait dans l'enthousiasme que manifestait sa nouvelle amie.  La Cielsombroise aimait que l'on s'intéresse à elle avec autant d'ardeur, cela flattait dans le bon sens du poil son orgueil.  Elle-même était extrêmement fière de sa profession et considérait que peu d'autres en avait la même valeur.  Un sourire satisfait s'étira sur ses lèvres devant de tels propos qui à ses oreilles semblaient si admirateur d'elle-même et de ses nombreux talents.  On pouvait sentir sa hauteur revenir un peu, mais même si Joséphine n'était peut-être pas d'un aussi haut rang qu'elle par le sang – Séverine avait une légère tendance à oublier que ses titres lui avait été retirées et que de ce fait elle n'était plus qu'une simple et vulgaire gueuse, comme ceux qu'elle dédaignait tant – mais tout au moins, elle avait une éducation qui la rendait élégante et fréquentable.  Et il restait toujours la vague promesse de peut-être un jour deviner de quelles nobles pouvait-elle être l'intendante et tenter de se lier à celles-ci à travers elle.  Elle n'oubliait pas que les nobles avaient été excédés par le comportement de Castiel et elle espérait bien pouvoir se faire des contacts parmi eux.  Tranquillement.  Elle ne leur parlerait point d'un autre coup d'état comme celui de ses parents, qui était encore bien trop frais dans la mémoire de tous pour que quiconque ne se risque à pareille mesure de nouveau.  Elle voulait simplement être en contact avec les plus grands, les approcher à propos de son observatoire.  Après tout, pauvre Séverine, quand ses parents avaient décidé de passer à l'acte, elle était à Lorgol depuis des années et trop jeune pour comprendre ce qui se tramait, non?

« Oh!  Chère Joséphine!  Il me ferait grand plaisir de vous accueillir chez moi!  Ce ne sera peut-être pas aussi joli que les tours dont vous vous occupez, je ne puis me flatter de vivre dans le luxe et me contente d'une digne sobriété.  J'espère que l'humilité de ma demeure ne vous en dégoutera pas, je pourrais vous montrer quelques étoiles à l'aide de mes divers appareils d'observation.  Vous savez, une bonne partie de ma fortune y est passée et… » Ne put-elle s'empêcher de continuer de discourir.  Une fois lancée sur le sujet de la voûte céleste, elle était impossible à arrêter et Joséphine faisait preuve d'une telle complaisance à lui poser même des questions entre ses différentes explications comme si tout cela la passionnait réellement.  Elle ne se souciait guère de savoir si la jeune femme se montrait curieuse par intérêt ou simple politesse.  Ainsi, tandis qu'elles se désaltéraient, Séverine entretint la jeune femme de ses nombreuses connaissances du ciel.

Une fois le sujet épuisé – elle n'avait pas de carte sur elle pour faire quelques démonstrations et puisque le soleil brillait encore dans le ciel – elle revint sur leurs achats de la journée.  Elle était extrêmement fière de cette petite pomme verte et elle espérait bien à leur prochaine rencontre faire admirer à Joséphine la coupe de son vêtement.

Le temps passa plutôt rapidement, jusqu'à ce que Séverine se souvienne d'un engagement précédent l'obligeant à quitter cette fort charmante compagnie.  Elle s'excusa platement de ce départ précipité tout en laissant son adresse à sa nouvelle amie, espérant qu'elles puissent se recroiser lors de leur séjour à Lorgol.  Un peu de bonne compagnie pour aborder les sujets intéressants ne lui ferait point de mal.

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