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 Les pires histoires sont des histoires de famille

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La Noblesse
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Message Sujet: Les pires histoires sont des histoires de famille   Mer 8 Fév - 17:14


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Liam d’Outrevent & Louis de Brunante

Les pires histoires sont des histoires de famille

De retrouvailles peu désirées



• Date : 6 Janvier 1002
• Météo : Une fine couche de neige s’est formée sur les hautes tours de Lorgol, qui s’est bien vite transformée en pluie froide au dehors. En cette fin d’après-midi, l’astre décline et le froid revient hanter les ruelles de Lorgol, s’infiltrant dans un vent glacial.
• Statut du RP : Fermé (surtout à Lionel et Ilse :argh: )
• Résumé : Liam compte bien honorer la promesse faite à Ilse, et accorder une heure à Aymeric pour voir son père avant que le procès de Louis n’ait lieu. Il se rend, à contrecœur, à Lorgol pour rencontrer ce dernier à la tour des Marches d’Argent.
• Recensement :
Code:
• [b]06/01/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1755-les-pires-histoires-sont-des-histoires-de-famille]Les pires histoires sont des histoires de famille[/url] - [i] Liam d’Outrevent & Louis de Brunante [/i]
Liam compte bien honorer la promesse faite à Ilse, et accorder une heure à Aymeric pour voir son père avant que le procès de Louis n’ait lieu. Il se rend, à contrecœur, à Lorgol pour rencontrer ce dernier à la tour des Marches d’Argent.

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Dernière édition par Liam d'Outrevent le Mer 8 Fév - 17:19, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Mer 8 Fév - 17:17

Je suis toujours envahi d’un vent de nostalgie, dès que je franchis les portes de la tour des Marches d’Argent. Il fut un temps où elle était ma résidence principale, mon seul refuge même, durant cet exil forcé. Je retrouve quantité d’objets, ou de livres, qui ont été délaissés en ces lieux comme si je risquais de les investir à nouveau à n’importe quel moment. C’est souvent le cas, quand le besoin de s’évader se fait plus que pressant, et que je retrouve, avec bien plus de plaisir maintenant que de ressentiment, les vestiges de cette vie passée dans les ruelles de Lorgol. Mais cette fois, ce n’est ni pour renouer avec ma vieille solitude, ni pour oublier un temps mes nouvelles responsabilités, que je me retrouve à les arpenter. Je serre cette petite main dans la mienne, celle gageant d’un futur plus radieux, son visage juvénile levé vers ces hautes tours qu’il a rarement eu l’occasion de contempler d’aussi près, avec une expression béate et rêveuse. Il ne dit mot, Aymeric, tandis que nous rentrons à l’intérieur, pour laisser Lionel et Ilse en deux parfaites gargouilles d’obsidienne derrière nous. « Je ne veux pas entendre d’explosions, durant cette heure. » Mon ton est formel. Je lance un regard d’avertissement aux deux, qui se fusillent du regard, avant de les laisser à leurs mésententes. Je vais devoir prendre sur moi, pour supporter durant une heure qui va me paraître interminable, le visage du meurtrier de Lisbeth… Ce n’est pas pour, en plus, me préoccuper de leurs ressentiments mutuels.

Je me laisse retomber dans un lourd fauteuil, avec un soupir retentissant. Je me renferme, plus distant, tandis qu’Aymeric se précipite aux fenêtres pour mieux contempler la vue imprenable de la cité aux Mille-Tours. Je l’ai fait un nombre incalculable de fois auparavant, perdu dans mes pensées, à goûter la fraîcheur des hauteurs, ce vent qui s’engouffre entre chaque tour qui bordait la mienne. Mon regard s’oriente vers l’imposante horloge placée au-dessus de la cheminée. Je me demande s’il sera ponctuel… Il doit bien se douter que je ne le laisserais pas entrer plus tôt que prévu, ni que je ne lui permettrais de s’attarder après l’heure. Il va tout de même falloir que je parle à Aymeric, et lui signifie les raisons de notre présence à Lorgol. Il m’a demandé un nombre incalculable de fois si nous pouvions nous rendre dans la Ville-Basse, dans cette fameuse taverne où il résidait, dans l’espoir de revoir son père, si ce ne sont ses anciens amis… Je me suis muré dans le silence le plus total. C’était risqué, et il n’a pas conscience d’à quel point nous pouvons être surveillé dans nos déplacements.

« Aymeric… Viens là un peu. » Je l’entends marmonner, quelque chose que je ne comprends pas à cette distance – et c’est tant mieux – avant de venir à ma rencontre. Je l’attrape sous les bras pour le poser sur mes genoux, avant qu’il ne proteste.

- Ecoute… J’ai quelque chose à te dire.
- On va au port ?
- Non.
- Mais…
- Ton père va arriver, d’un moment à l’autre.

Je coupe net à ses protestations, et un bref silence s’en suit. Il a attendu que je prononce ces mots depuis si longtemps maintenant… Il prend quelques secondes à réaliser ce que je viens de lui dire, avant de commencer à s’agiter sur mes genoux, dans la ferme intention de revenir aux fenêtres pour regarder cette fois la ruelle attenante et non plus les hauteurs. Je le retiens, et le force à rester concentré.

- Aymeric, tu dois comprendre une chose… Tu ne pourras le voir qu’une heure. Tu ne pourras pas repartir avec lui, d’accord ?
- Et pourquoi ?

Je me passe une main sur le visage, le cœur déchiré par son empressement à le voir, à vouloir repartir aussi vite… Si seulement il savait ! Ne pas lui dire les véritables raisons me met au supplice, mais comment pourrait-on expliquer à un enfant de cinq ans à peine que son père est accusé du meurtre de sa mère ? Comment pourrais-je lui infliger les mêmes tourments qui m’assaillent, à revoir en permanence ce même corps désarticulé, ce même visage déformé par une souffrance incommensurable… Je ne peux pas, non. Je ne peux pas lui mentir non plus.

- Parce qu’il… Ton père doit paraître devant la Justice. Il a des problèmes. Cela concerne ta mère, tu te souviens d’elle ?

Il hoche la tête frénétiquement, et arbore subitement une mine grave, surtout pour un enfant de son âge.

- Elle est morte.
- Oui, et il était présent. Il t’a parlé d’elle ?
- Il parle jamais de m’man…
- Ta mère t’aimait, Aymeric. Elle t’aimait énormément. On aurait dû en parler plus tôt, écoute… Ton père s’est enfui, ce jour-là, avec toi. On n’a jamais su ce qui s’était passé, et on a besoin de comprendre.
- Et tu crois qu’il peut aider ?
- Oui.
- Mais c’est pas de sa faute…
- On ne peut pas dire, Aymeric. Sa fuite ne joue pas en sa faveur.
- Mais… Pourquoi je peux pas vous voir tous les deux ?

J’ai un sourire compatissant. Ce doit être difficile à comprendre pour lui. Il comprendra certainement bien plus vite quand Louis aura franchi le seuil de cette porte, à ressentir la même animosité qui pouvait exister entre ses parents quand ils se croisaient dans une même pièce. Je redoute l’instant suivant, mais conclus avec sincérité : « Aujourd’hui, tu pourras. » Juste aujourd’hui. Mon regard s’oriente vers l’escalier, où les bruits de pas résonnent jusqu’au petit salon. Aymeric quitte aussitôt mes genoux quand la porte s’ouvre, pour se précipiter sur le nouvel arrivant, que je me contente de fixer avec antipathie.

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Sam 11 Fév - 9:25

La nervosité le ronge, le dévore, alors qu’il approche de la tour des Marches d’Argent. Il n’y est jamais entré. Il a déjà escaladé celle de Souffleval, une nuit, mais il n’a jamais eu la grâce de pénétrer dans l’antre du duc d’Outrevent. Il n’aurait même jamais voulu le faire, mais l’occasion est plus que spéciale. Ils ont une heure. Une heure, pour combler toutes celles volées, celles arrachées. Une heure avec son fils.

Ilse est arrivée avant lui, en éclaireur, s’assurant qu’aucun piège n’était visible. Personne d’autre que Liam et que Lionel. Grim lui a transmis l’information que tout semblait conforme et il est donc sorti de sa cachette. Il ne veut pas traîner trop longtemps dans la Ville Haute, où tous les gardes sont aux aguets. Convenablement vêtu, il a l’air certainement plus respectable que lorsqu’il arbore tricorne et vêtements de pirate, mais il n’est quand même pas un visage typique des lieux. Heureusement, il arrive bien vite au bas de la haute tour, où son amie et son ennemi sont présents. Postés l’un en face de l’autre, tels deux statues, vibrant de rage. À Lionel, il accorde un regard chargé de haine, et dans les yeux du Chevaucheur, il peut sentir la mort rôder. Sera-t-elle aussi forte dans ceux de Liam ? Ou pire encore ? Pour Ilse, son regard se fait sérieux, et s’il évite de la gratifier de diverses marques d’affection devant son némésis depuis perpète, il ne peut se retenir de lui mimer un « merci » de ses lèvres. Merci d’être là, de le soutenir, de lui avoir négocié cet entretien.
Un jour, peut-être, cessera-t-il de nier l’ampleur des sentiments qu’il a envers Ilse, au point de lui confier les choses les plus importantes de sa vie.

C’est quatre à quatre qu’il monte les marches jusqu’au petit salon, passant devant un assortiment de portes ouvertes sur des pièces vides, jusqu’à arriver à une porte fermée, qu’il s’empresse d’ouvrir. « PAPAAAAAAAAAAA ! » Son visage aussitôt s’éclaire, comme jamais depuis qu’il a su que son fils lui avait été volé. Le petit lui saute dans les bras, de toute la force de l’élan de sa course. À Liam, Louis n’accorde même pas encore un regard, même s’il ne peut complètement ignorer sa présence. Il ne veut pas penser à lui. Il veut uniquement penser à son fils, si grand déjà (il va avoir six ans, bon sang, le temps passe bien trop vite). Sentir son odeur, bien que désormais elle se teinte de celle des lainages d’Outrevent. Entendre son rire, sa voix. « Tu m’as manqué. » Plus que tout au monde.

Bien vite, Aymeric gigote entre ses bras et il le dépose au sol, s’accroupissant à son niveau pour lui parler en face à face. Ils ne se sont pas vus depuis… début octobre, oui, depuis la fin du Tournoi des Trois Opales, mais il a le sentiment que ça fait bien plus longtemps. L’hivernage est définitivement gâché. « Y a Ilse, dehors, t'as vu ? Oui. Elle est venue avec moi, pour que tout se passe bien. » Oui, parce qu’oncle Liam et presqu’oncle Lionel ne l’aiment pas beaucoup et tout honorables soient-ils, Louis n’a pas confiance en eux. Pas une seule foutue miette de confiance.
« Tu t’amuses, à Souffleciel ? Aymeric hésite, puis hoche un peu la tête. Négativement. Louis en jubilerait et son sourire se fait justement arrogant. Bien sûr qu’il s’emmerde royalement, même, dans cette forteresse poussiéreuse où tout le monde est ridiculement guindé. Ou digne, comme ils disent. Mais dis-le pas à oncle Liam, chuchote l’enfant, jetant un petit coup d’œil gêné par-dessus son épaule. J'suis tout seul et Lucy elle peut pas v'nir, parce que c’pas une princesse. Mais Lena non plus elle peut pas, même si c’est une princesse. C’est triste… elles s’ennuient de toi, tu sais. En plus, vous avez une nouvelle nounou. Pour vrai ?, qu’il s’enquière, piqué par la curiosité, et son père hoche du chef, ravi de lui apprendre la nouvelle. Une des nouvelles. Tu la connais : c’est Félicie. » Oh ! Il ne faut pas longtemps à Aymeric avant de replacer Félicie, qui raconte de si jolies histoires et qui devient toujours toute rouge, quand un homme lui parle. Et apparemment, l'idée lui plaît, au petit, d'avoir la charmante Belliférienne comme nouvelle nounou.

« Oncle Liam, est-ce qu’après on pourra aller à la Rose, voir Lucy, et Lena, et Lou, et Léo, et Édouard, et Félicie, et tatie, et Philippe, et Boubouille, et tout l'monde ? », demande Aymeric sans même prendre son souffle dans son énumération de diverses connaissances familiales et amicales – et allez donc savoir ce que La Tambouille fait dans le lot – alors qu'il supplie son oncle du regard. « Oui, Liam, pourquoi donc ne pas faire une petite visite à tout l'monde ? », répète Louis, faussement curieux, la voix ironique. C’est la première fois qu’il le regarde. Son beau-frère. Il y a longtemps, qu’ils ne se sont pas vus. Pas même depuis des mois : depuis pratiquement des années. Et par Nep, ça ne lui avait pas manqué.

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Dernière édition par Louis de Brunante le Mar 11 Avr - 1:03, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Dim 19 Fév - 12:18

Il hurle sa joie, Aymeric, tandis qu’il court vers son père. J’observe son visage s’éclairer, à la simple vue de son fils... Et l’enfant, si heureux de ses retrouvailles. Je serre les poings, jusqu’à ce que mes phalanges en blanchissent. Je détourne le regard, comme si cela pouvait permettre à la blessure en mon cœur d’être moins vive. Je n’ai plus l’impression d’avoir sauvé mon neveu d’une mort certaine, de l’avoir préservé loin des griffes du pouvoir, devant ce tableau qui se dépeint sous mes yeux. Je n’ai plus que la sensation diffuse d’être complice de son geôlier. S’il savait... Mais même inconsciemment, il doit le savoir. Il doit savoir comment son père traitait sa mère, comment il s’est enfui pour se soustraire à ses responsabilités. Il doit savoir qu’il n’était pas le fruit d’un mariage heureux, mais les enfants se voilent aisément la face. Dans quelques années, peut-être que cette tragédie le tourmentera, mais dans l’immédiat, il est content de voir son père, de retrouver une partie de ce monde auquel il s’est habitué, certainement plus que Souffleciel.

Je les laisse discuter à voix basse entre eux, le regard perdu dans les flammes qui s’élèvent depuis la cheminée. Je me suis renfermé, soudainement plus hermétique. Je ne cherche plus à écouter, mais seulement occulter. Cette heure va me paraître la plus longue de mon existence...

C’est la voix d’Aymeric qui me sort de ma contemplation, alors qu’il enchaîne nom sur nom, de toutes les personnes qu’il aimerait revoir. Aller à la Rose ? J’ai de la patience, quand il s’agit d’expliquer longuement à Aymeric les raisons qui nous poussent à éviter tout ce qui pourrait le mettre en danger. Je suis prêt à le répéter, encore et encore, mais quand le père fait écho aux supplications du fils, je me fige aussitôt. Mon regard passe d’Aymeric à lui. Lui... Le tortionnaire, le meurtrier. Lui, qui n’a que mieux anéanti ma famille. Et ma bienveillante patience s’estompe pour une colère froide et grondante. « Respecter les règles est trop difficile pour toi, même quand il s’agit de ton fils ? Il faut toujours que tu en demandes plus ? N’abuse pas de ma patience, elle n’est pas infinie pour ceux de ton espèce. » Rien que de l’entendre m’appeler aussi familière m’horripile. Il n’est rien pour moi. « Évite de rendre les choses encore plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. »

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Mar 11 Avr - 3:48

Oh, qu’il en faut peu, pour faire sortir son si impassible beau-frère de ses gonds ! Comme il suffit d’une étincelle pour qu’il flambe et pour que tout son calme disparaisse, que sa voix claque, grogne, que l’animal attaque ! « Respecter les règles est trop difficile pour toi, même quand il s’agit de ton fils ? Il faut toujours que tu en demandes plus ? N’abuse pas de ma patience, elle n’est pas infinie pour ceux de ton espèce. Évite de rendre les choses encore plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. » Oh, s’il savait, comme il est satisfait, de voir qu’il est le premier à céder ! À la colère, au mépris, le premier à ne pas tenir ce faciès mensonger qu’ils veulent tous deux assumer afin que cette rencontre soit positive et heureuse pour Aymeric.

Ainsi, tout ce qui suivra peut donc être uniquement de la faute de Liam, et pas de la sienne, puisque c’est Liam qui a commencé.

« Je crois que c’est un non », traduit Louis à son fils, sans même daigner répondre à Liam, ou lui accorder un regard de plus, autre que celui bien sombre et amère satisfaction qu’il a déjà jeté en sa direction. Comme s’il n’était même pas là. « Oh », répond l’enfant d’une petite voix déçue, bien accordée à cette moue triste qui un instant pare ses traits joyeux. Ça ne le réjouit pas, le père, cela dit, de le voir si déçu, tout ça par la faute de cet entêté d’Outreventois qui est incapable de faire autre chose que de s’outrer pour pas grand chose, et il s’empresse alors de détourner le sujet sensiblement : « Est-ce que t’es allé chez papi Léo ? Oui ! Et oncle Laurent est venu m’voir au château, confirme Aymeric, qui s’assit à même le sol. Le pirate l’imite, tout à fait sans se formaliser. J’peux pas y aller tout seul, chez papi, mais oncle Liam il est venu avec moi, pis aussi quand on est allé chez m’sieur Hadrien le papa d’oncle Lionel. T’sais que c’est lui le chef, maint’nant, oncle Laurent ? Un cillement, une crispation de la mâchoire. Oncle Lionel. Le chef ? Oui, de la maison ! C’est papi qui me l’a dit, qu’à son anniversaire, ce s’rait l’chef », explique patiemment l’enfant à son père dur de la feuille, qui comprend soudainement tout ce que lui raconte le petit.
Dans cinq jours, cinq petits jours, Laurent est marquis de Brunante. Officiellement.
Par Levor et Messaïon, comme c’est bon !
Louis éclate de rire et tombe même à la renverse sur le plancher, se tenant les côtes tellement il rit - de joie, par les dieux, de joie !, et il est aussitôt assailli par Aymeric, qui pousse un de ses plus beaux cris de pirate, comme il passe probablement trop de temps à les pratiquer au palais : « YARRRRR ! T’as baissé ta garde ! Non ! Pitié ! » Ils chahutent quelques minutes, jusqu’à ce que le pirate abdique sous le joug du terrible Aymeric de Brunante, pirate prince mage Voltigeur Chevaucheur des Miracles et j’en passe, qui se relève de son torse, pour ensuite foncer dans les jambes de son oncle, qui ne leur a heureusement pas fait la grâce de les rejoindre. Ç’aurait terminé bien plus mal. « T’as vu, oncle Liam, comme j’suis fort ! Trop fort. Tu f’ras un très bon pirate, dit Louis avec affection, mais il est intrigué de voir la joie disparaître un peu du visage de l’enfant. Ses joues rougies par la bagarre enfantine pâlir et le petit lâcher le bras de son oncle, pour mieux tortiller ses mains devant lui. Oncle Liam et oncle Lionel ils veulent pas que j’sois pirate, qu’il dit, sans regarder aucun des deux hommes. Ah non ? Ils disent que c’est que pour les pas gentils, mais moi j’sais que c’pas vrai. Et qu’est-ce qu’ils disent d’autre, mh, tes oncles ? » Un silence, et la moue timide, embêtée, revient, et Aymeric fonce dans ses bras, puis cache sa tête dans son cou, sans oser répondre à cette question.

Cette fois, c’est lui qui attaque, qui montre les dents. C’est sa voix qui devient sèche, aride, alors que son regard se fait porteur de la même haine que celle qui luit dans ceux de son vis-à-vis : « Et toi, Liam ? Te crois-tu au-dessus du monde, à ainsi parler de ce qu’il aime, de ceux qu’il aime, et à chercher à t’arroger l’allégeance d’un enfant de cinq ans ? Tu dois être si fier, d'ainsi dépasser l'empereur dans tes méthodes. » Lui-même ne parle jamais négativement de Lisbeth devant le petit, tout simplement parce qu’il a beau la haïr de toute son âme, elle est sa mère et il l’aime. Est-ce donc hors de portée pour la compréhension de Sa Grâce Liam ?

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Sam 6 Mai - 23:26

Il m'ignore sciemment, et je bouillonne davantage devant ce manque de respect flagrant dont se fend le pirate. Je suis pourtant bien obligé de faire avec, incapable de reprendre ma parole. Je crains que ce ne soit l'heure la plus longue de ma vie, et les minutes s'égrènent avec une lenteur affreuse...

Je lui rends un regard polaire, devant la suffisance qu'il affiche, sans doute bien heureux de m'avoir sorti de ma réserve. Je vais le tuer, vraiment. L'envie ne me manque pas, et c'est bien uniquement parce qu'Aymeric est là que je me contins de me jeter à sa gorge, la lame au clair. Que nous devions en découdre ainsi... Je n'aurais aucun doute d'en sortir vainqueur. Cet incapable n'arrivait déjà pas à la cheville de ma sœur, dès qu'il s'agissait de tenir une épée en main.

Je me détends à peine, à voir la moue déconfite qu'affiche le petit, devant mon refus catégorique. C'est parfois un vrai déchirement, surtout à voir comment il peut tenir à son meurtrier de père. Pour autant... Je l'entends distinctement appeler Lionel comme s'il faisait, lui aussi, partie de la famille. Je contiens difficilement un sourire, surtout à saisir cette légère crispation, qui trahit immédiatement les pensées profondes de Louis à ce propos. Et l'annonce tombe, de la bouche de l'enfant, que Laurent serait bientôt le nouveau marquis de Brunante... L'éclat de rire qui filtre venant du pirate est quelque peu déstabilisant. Je lui rends un regard critique, alors qu'il semble si... Heureux ? Simplement à l'idée de savoir qu'il va pouvoir davantage négliger son devoir... Je secoue la tête négativement, avec réprobation, sans pourtant me fendre de nouveaux commentaires. Il me débecte, tout simplement.

Je le laisse jouer avec son fils, prêt à me détourner, quand ce dernier décide de rompre les hostilités pour foncer dans mes jambes, manquant presque de me faire chuter. Je m'accroupis pour me mettre à sa hauteur, pour lui ébouriffer les cheveux dans un geste affectueux, avec un sourire doux. « Une vraie terreur... » Je fronce les sourcils, quand Louis ne peut pas s'empêcher de glisser son petit commentaire, alors même qu'Aymeric s'adressait à moi. Un bon pirate ? Je n'ai pas le temps d'en placer une, que c'est Aymeric lui-même qui rectifie son père, avec cette sincérité désarmante que les enfants ont, à dire la vérité sans détour. Je lance un regard équivoque à Louis, quand il incite son fils à parler davantage... Ce qui n'a rien d'autres que l'effet de le détourner de moi, pour qu'il se réfugie dans les bras de son père. Je ravale ma rancœur, mais mon regard reste rivé sur le pirate, aussi glacial que ma voix.

« Et toi, Louis ? Tu l'as privé de l'amour d'une mère... Tu veux faire de lui le même meurtrier que toi ? Jamais ! Tu entends ? Tu as déjà dédaigné ton devoir envers ton foyer, ta femme, et la Justice elle-même... Alors ne me fais pas croire que l'avenir de ton fils, du fils de Lisbeth, t'importe réellement. »

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Lun 22 Mai - 22:08

Des claques, pour commencer. Oui, pour débuter, c’est d’abord une bonne paire de gifles, qu’il mettrait à Liam, avant de substituer le tout par ses poings rageurs. Par ce désir impérieux d’écraser sa belle gueule de ses jointures, autant qu’il a envie de le faire depuis toutes ces putains d’années. « Et toi, Louis ? Tu l'as privé de l'amour d'une mère... Tu veux faire de lui le même meurtrier que toi ? Jamais ! Tu entends ? Tu as déjà dédaigné ton devoir envers ton foyer, ta femme, et la Justice elle-même... Alors ne me fais pas croire que l'avenir de ton fils, du fils de Lisbeth, t'importe réellement. Aymeric est MON FILS », rugit le pirate, qui s’est relevé du sol d’un bond. Il n’acceptera certainement pas des remontrances de la part de cet empoté de duc, qui lui montre encore et toujours qu’il ne comprend rien et surtout qu’il ne sait rien. Qu’il ne sait rien et que, comme toujours, il se fait un devoir d’étaler son ignorance crasse à tout va. « Quand vas-tu r’connaître que tu te trompes, Liam ? » Jamais, il s’en doute. Même avec un procès, même innocenté, il sait que jamais Liam le croira complètement innocent, et c’est ce qui le met en rage.

« Vous êtes tellement bouchés, en Outrevent, vous êtes infoutus de voir que vous avez tort, même si c’est sous votre propre nez. C’est parce que vous êtes tous trop crétins, que j’me suis r’trouvé à épouser ta garce de soeur, que t’a été exilé, pis après qu’ton père est mort. Parce que y’a pas un seul imbécile dans tout ce duché consanguin QUI EST CAPABLE DE RECONNAÎTRE QU’IL A TORT ! Papa, arrête de crier », demande la petite voix, alors qu’une main tire sur la sienne, tentant en vain de le faire reculer, car à chacun de ses mots, il s’est rapproché de son beau-frère, au point où ils se toisent de si proche qu’il peut sentir le souffle de ses expirations furieuses, détailler le bleu perçant de ses yeux. À l’extérieur, un bruit d’explosion se fait entendre, et Aymeric sursaute et court à la fenêtre, afin de tenter d’apercevoir ce qui a fait un tel vacarme. Les deux hommes, eux, ne doutent pas un seul instant de la nature de cette explosion inopinée. « Waou, t’as entendu, Papa ! Oncle Liam, tu sais c’est quoi, toi ? C’est que l’orage, Aymeric. » La moue du petit se fait dubitative. Il pleut, certes, mais dans le ciel, il ne repère pas les gros nuages noirs annonciateurs d’orage, comme Lou-Ann lui a appris à les reconnaître, pour quand il sera pirate.

Il ne peut quand même pas lui dire qu’Ilse et Lionel ont probablement déclenché les hostilités, en bas de la tour des Marches-d’Argent, et que leur sage et silencieuse confrontation du regard est désormais chose du passé.

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Dim 28 Mai - 19:12

« Et quel père tu fais ! Tu n’es même pas capable de le protéger. Comment le pourrais-tu, à le laisser constamment dans une taverne de pirates, trop occupé à piller nos côtes pour t’en soucier ? » J’hausse le ton, dans un souffle ironique. Son fils ? Il n’est même pas capable de le garder auprès de lui. Au moins a-t-il prouvé qu’il tenait un minimum à lui, pour oser me défier, pour consentir à ce procès dans l’espoir de le trouver… Très honnêtement, je ne l’aurais pas cru capable de le faire.

J’entends sa rage, sa colère. La mienne reste froide, implacable. Je n’ai pas oublié, malgré toutes ces années. Je ne le pourrais jamais… Quand bien même il arriverait à prouver qu’il n’a pas engagé la Confrérie Noire pour se débarrasser de ma sœur, il ne la battait pas moins et lui faisait vivre un cauchemar éveillé. Lisbeth ne méritait pas ça, de sa vie ou de sa mort. « Et toi, quand vas-tu reconnaître ta responsabilité, plutôt que de me gratifier sans arrêt de ta satanée mauvaise foi ? »

Il est persuadé d’avoir raison, comme toujours, d’être dans son bon droit. Il aurait tenu la lame que Louis aurait encore trouvé le moyen de dire que ce n’était pas lui, mais elle, qui l’aurait poussé à commettre un tel acte. Mais non… C’était parfaitement prémédité, et il ne me fera pas croire le contraire, lui qui a fui comme un lâche plutôt que d’assumer ses responsabilités.

Le ton continue de monter. Je l’entends crier, insulter Outrevent, mentionner ma sœur, mon père… C’en est trop. Je le saisis par le col, alors qu’il s’est rapproché délibérément de moi pour me souffler sa rancœur au visage. Ma poigne tremble sous le poids de ma propre colère, et l’envie me prend furieusement de le frapper. Je me retiens, uniquement parce qu’Aymeric s’est approché pour lui prendre la main, et l’explosion retentissante au dehors m’incite à le lâcher. Par Levor… Je leur avais dit de se tenir, tous les deux, même si je peux difficilement leur faire la leçon maintenant. « Ce n’est que l’orage. » Mes mots font écho à ceux de son père, que je finis par relâcher. L’enfant ne serait pas là que je l’aurais déjà roué de coups, jusqu’à ce que toute cette rage, contenue depuis si longtemps, se soit entièrement déversée. Il ne mériterait même pas ce procès équitable. « Profite de ton fils, Louis, le temps s’écoule rapidement. » Ou affreusement lentement, selon le point de vue.

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Ven 2 Juin - 6:16

Sa satanée mauvaise foi, pfah ! Il peut bien parler !

Il jubile, presque, alors que l’Outreventois l’empoigne par le col, l’approchant encore plus. Il est près, si près, de le faire craquer. De briser cette patience que tous semblent reconnaître à Liam. Tous, sauf lui, qui n’a jamais eu la grâce d’avoir un once de cette patience mythique à son égard, sauf lui, qui a toujours pris grand plaisir à l’asticoter, tout comme il le faisait avec Lisbeth, quand ils étaient enfants. Ils n’ont pas grandi, tous les deux, depuis cette époque innocente où leurs conflits leur semblaient sans importance.

Si près de le pousser hors de ses limites, hors de tout, et de prouver, bien à sa façon, qu’il est meilleur que lui.

L’explosion fait cela dit redescendre d’un cran la tension, et alors que les mots de Liam font écho aux siens, « Ce n’est que l’orage », il le relâche. Il espère qu’Ilse a fait au moins un peu mal à ce crétin de Rivepierre et qu’elle aussi a le loisir de relâcher un peu de tension. Louis ne croit pas que les explosions soient spécialement conseillées, lors d’une grossesse, mais on trouve la relaxation que l’on peut, n’est-ce pas ? « Profite de ton fils, Louis, le temps s’écoule rapidement. » Bien sûr, semble dire son rictus, et alors qu’il se dégage, son poing fuse. Non pas vers son visage, mais plus bas, le geste caché par le mouvement de son corps.

La bourrade, vicieuse, frappe Liam au niveau du plexus solaire, lui coupant momentanément le souffle. Assez pour le laisser s’échapper et rejoindre Aymeric au sol, comme s’il ne s’était rien passé. De ses poches, Louis tire les figurines de bois faites par Svanja, et quelques nouvelles faites par Viana, qui génèrent chez Aymeric quelques cris de joie. Les pirates joliment détaillés, jusqu’aux tatouages qui s’étalent sur leurs membres, les griffons et les dragons, qui atterrissent entre leurs mains. Il se plie aux ordres de son fils, entamant un jeu paisible de guerre confuse entre pirates chevaucheurs de dragon et griffons voltigeurs de pirates (pourquoi pas). « As-tu pensé à ton cadeau, pour ton anniversaire ?, demande-t-il doucement, entre deux batailles. J’sais pas, souffle le petit, concentré sur l’érection d’une tour formée de pirates et de dragons empilés. Tu savais qu’oncle Liam et moi, on a la même fête ? Tiens donc, j’avais oublié ce détail », répond un Louis innocent qui en sait pourtant tout. Qui regarde Liam, par-dessus la tête de son fils, d’un simple coup d’oeil. Oh oui, il sait. Le priver de son statut de parrain n’en a été que plus réjouissant, il y a bientôt six ans. « Oui, et oncle Lionel presque aussi ! Oh, j’sais ! Tu crois que j’peux faire un tour de griffon ? Un tour de griffon ? Vigoureux hochement de tête. J’ai déjà fait du dragon, avec le gros dragon rouge d’oncle Lionel, qui s’appelle Braise, et avec le gros dragon bleu de monsieur Neve, tu sais, mais jamais de griffon. » Ça, c’est un problème. Surtout avec Douce Marianne, Grâce et même Solange, toutes fières Voltigeuses. Il pourrait leur demander… sinon, bien, il pourra toujours voir avec Mayeul, si ces sages dames refusent sa requête. Lui, au moins, il sait qu’il ne risque pas de refuser. « Alors, tu auras un tour de griffon. » Il aura un tour de griffon, car il sera de retour à la Taverne. Car il aura prouvé à son imbécile d’oncle qu’il est innocent. Car son fils sera de nouveau à lui.

La chose fait remonter en son esprit un autre sujet de conversation dont il désirait entretenir Aymeric. Le moment n’est pas approprié, mais… il ne veut pas le lui cacher. Cela ferait déjà plus d’un mois, qu’il le lui aurait dit, à son fils. Le pirate baisse la voix, jusqu’à chuchoter : « Sinon, cet été, tu sais… tu vas devenir grand frère. »

Deux yeux bleus, vif, se posent sur lui, alors que le jeu s’interrompt brusquement. La voix enfantine oppose, presque méfiante : « Mais ça se peut pas, Papa. Maman est morte. »

Bon.
Il ne savait pas que ce serait si compliqué, en fait, de devoir commencer par .
Surtout avec un témoin aussi gênant que Liam, dont il sent le regard brûlant sur lui.
Il en rougit, par Atal.

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Ven 9 Juin - 23:06

Ce n’est qu’un pieux mensonge, que Louis m’arrache, faisant écho à ses propres paroles. J’aurais voulu qu’Aymeric ne soit pas dans cette pièce, au moment où il me faudrait croiser à nouveau la route de mon beau-frère, ce lâche… J’aurais voulu pouvoir le passer au fil de l’épée, pour ne plus jamais avoir à en entendre parler. Si seulement… Si seulement ce geste n’aurait pas rendu orphelin un enfant de cinq ans à peine, mon neveu, et le dernier héritage que me laissait Lisbeth. J’enrage intérieurement, et Louis le sait pertinemment. Il en joue allègrement, à tenter depuis le début de nos échanges de me faire sortir de mes gonds. C’est un jeu auquel il s’est toujours fait un malin plaisir de s’adonner. J’évitais scrupuleusement de lui donner satisfaction, comme en ce jour, par simple fierté, pour ne pas m’abaisser à son niveau… Alors même que l’envie me prenait toujours de le frapper pour le remettre à sa place.

C’est son poing à lui, qui fuse en premier. J’ai le souffle coupé sous le coup, et le regarde, les yeux écarquillés, alors que déjà il se retire comme si de rien n’était. Le salopard… Il n’a jamais changé. Il a toujours fait partie de la race des fourbes et des traitres, ceux que j’exècre plus que tout. Et il m’est encore nécessaire de jouer la comédie, alors que je le vois sortir des figurines pour s’amuser avec son fils. J’ai une main posée sur mon ventre. Je suis resté droit, ne voulant pas lui donner la moindre satisfaction, qu’il croit m’avoir réellement blessé, moralement ou physiquement. Je boue, pourtant, et me contient avec d’autant plus de difficultés. Mon regard reste fixe sur le mur d’en face. Je n’ose pas regarder Aymeric s’amuser avec cette assassin, celui qu’il prend pour un père et qui l’a privé d’une mère… J’aurais tellement envie de lui hurler la vérité, celle qui me tourmente depuis tout ce temps, et qui n’est que plus vivace encore maintenant que nous sommes obligés de nous tenir dans la même pièce, après le meurtre sanglant de Lisbeth.

Je n’aurais pas dû accepter cette requête. Jamais.
Je l’ai fait pour Aymeric. Je ne pensais pas que ce serait à ce point au-dessus de mes forces, que la blessure se rouvrirait aussitôt. Et ce n’est pas tellement son poing qui est le plus douloureux, que de les voir complices, à jouer ensemble, comme si Louis n’avait pas les mains tâchées de sang, comme s’il ne les avait jamais refermés sur le coup gracile de ma sœur, à la battre à mort.

Je ne peux pas infliger cela à Aymeric, même si j’en mourrais d’envie. Je ne peux pas me contenter de lui dire de fermer encore les yeux, de croire à de nouveaux mensonges, alors que Louis et moi réglerions nos comptes. Je reste les poings serrés, et mon regard coule lentement sur son dos, porteur de mille promesses de morts… Et c’est un rire amer qui filtre finalement d’entre mes lèvres, alors que Louis essaie de lui annoncer une nouvelle qui se veut réjouissante, lui qui a tôt fait de reproduire les mêmes erreurs avec une autre, et qu’Aymeric lâche cette vérité qui est depuis longtemps la mienne, la nôtre.

Lisbeth est morte. « Tu l’aurais oublié, peut-être ? »
Un silence. « Tu l’as oublié, la façon dont tu l’as tué, à force de nier ta responsabilité ? »

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Mer 14 Juin - 23:05

« Tu l’aurais oublié, peut-être ? » La voix de Liam, tranchante. « Tu l’as oublié, la façon dont tu l’as tué, à force de nier ta responsabilité ? » Il ne veut pas y répondre. Il ne doit pas y répondre. Il ne veut pas relever les mensonges distillés par celui qui se dit champion de la vérité, et qui n’en a même pas l’ombre. « Il veut dire quoi, oncle Liam ?, interroge l’enfant avec inquiétude, relevant la raideur de son père. Rien, Aymeric. Oncle Liam est seulement… triste, que Maman soit morte. Il l’aimait beaucoup… beaucoup, vois-tu. Pas besoin de pousser plus loin le sous-entendu, uniquement compris de son beau-frère, il a confiance. Moi aussi je l’aimais beaucoup. Juste un murmure, timide. Une moue qui tremble, un peu, au souvenir de cette femme décédée, dont l’image doit doucement disparaître dans son esprit d’enfant. Dont sa voix ne doit être qu’un mirage, déformé par ce qu’il veut bien croire, imaginer. Louis dépose un baiser sur son front. Je sais. » Il détestait tant Lisbeth, il a tant souhaité sa mort, mais jamais il n’a souhaité une telle peine pour un être si jeune. Pas à son propre fils.

Il ne veut pas parler de Lisbeth. Il en a assez, de parler d’elle, de penser à elle. Il veut penser à l’avenir, à de plus beaux jours. Alors le pirate revient sur le futur statut de grand frère d’Aymeric, éclaircissant une fois pour toute le point de la maternité de ce cadet à venir : « Ce n’est pas… ce n’est pas Maman, avec qui je vais avoir un bébé. C’est avec Ilse. Ilse ? Oui, Ilse. » Un oh silencieux, sur cette moue embêtée et pensive. Il sait que derrière ces yeux bleus. la réflexion va à toute allure. Quand le bébé naîtra, il aura six ans, son fils, et il ne doit pas sous-estimer tout ce qu’il est en mesure de comprendre. Les enfants sont toujours bien plus malins qu’on ne les croit. « Ça veut dire qu’elle devient ma maman à moi aussi ? Elle… peut. Si tu veux, précise Louis, surpris (et un peu ravi) de la question, et dont la réponse ne semble pas soulever de colère, ou de protestation, chez son fils. Et pourquoi tu vas avoir un bébé avec Ilse ? Car… c’est ce qui arrive quand deux personnes, adultes, s’aiment beaucoup. Parfois, ils, ils veulent avoir des bébés ensembles. » L’explication est la meilleure, la plus simple, que le pirate trouve, sans devoir s’étaler sur toute la complexité des relations humaines, qu’elles soient charnelles, amoureuses, amicales, ou tout cela à la fois. Comme ce qu’il éprouve pour Ilse, sans qu’il parvienne à le lui exprimer clairement à elle, bien qu’il vienne de se trahir devant son fils. Et son beau-frère, tristement toujours présent. « Mais tu aimais pas Maman. Ta mère et moi c’est… c’est plus compliqué. » Ugh. Il n’aime pas comment cette discussion tourne. Que Liam entende cela et en tire les conclusions qui l’arrangent. Les rumeurs ont été nombreuses, à la grossesse de Lisbeth. Que l’enfant n’était pas de l’époux, entre autres. Les autres, plus sombres peut-être, que l’époux aurait procédé à quelques gestes honteux, afin de s’assurer une descendance. Rumeurs fausses, les unes autant que les autres, mais qui ont certainement résonné chez la famille d’Outrevent.

Il veut poursuivre, mais Aymeric le surprend en se retournant vers son oncle, lui tendant une figurine de pirate. « Oncle Liam, tu veux jouer, toi aussi ? Ça te dérange pas, Papa, qu'oncle Liam il joue avec nous ? Il a pas beaucoup de jouets, chez lui, tu sais. Pauvre, pauvre oncle Liam qui n'a pas beaucoup de jouets chez lui, comme semble le dire la voix attendrie du bambin. ... oui, bien sûr. » Ha. Le rêve. Jouer avec Liam. Ce qu'ils n'ont pas fait depuis... depuis toujours. Un plaisir. Qu'il se joigne à eux.
Quelle merveilleuse heure, franchement. Ça va de mieux en mieux.

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Sam 8 Juil - 22:15

Il ne me répond pas, ce lâche, ce traître. Mon poing se crispe, à l’entendre discuter comme si de rien n’était avec son fils, à glisser quelques sous-entendus équivoques, propres à souiller la mémoire de ma sœur. L’envie de le frapper, là, maintenant, est brûlante, tellement il se montre odieux et insultant. Et encore une fois, c’est Aymeric qui m’évite de justesse de vouloir régler nos comptes ici et maintenant. J’entends la peine, dans sa voix, celle d’avoir perdu une mère qui lui était chère. Je vois Louis glisser un baiser à son front pour le rassurer, et l’incompréhension se dispute à la haine sur mon visage. Pourquoi… ? Pourquoi aurait-il fait une chose pareille ? Pourrait-il pousser le mensonge si loin, nier autant sa responsabilité dans ce meurtre de sang-froid, au point de jouer de la compassion avec son fils, tourmenté à l’idée de songer sa mère assassinée ? Louis n’est pas aussi bon menteur, encore moins auprès de son fils. Il vient déjà de me le prouver, à de multiples reprises. Quand bien même Ilse ne serait pas aveugle, idiotement et amoureusement aveugle. Quand bien même elle aurait aussi soufflé la vérité, ce ne serait que leur vérité. Louis est responsable de bien des manquements envers ma sœur, et je ne peux pas croire qu’il n’ait été l’un des commanditaires, même s’il n’était pas présent. Je ne peux pas croire qu’il ne sache rien, et qu’il soit parfaitement innocent dans cette sinistre affaire qui a mené ma sœur, si pétillante et pleine de vie, directement à la mort.

Il me donne clairement envie de vomir, à expliquer à son fils qu’il a refait sa vie avec une autre femme, une femme qui n’est autre qu’Iseabail, une autre traîtresse. Ah ! Ils sont définitivement bien trouvés, ces deux-là, qui ont tournés le dos à leur famille, leur patrie, pour s’embarquer sur un navire de pirate et piller ces mêmes cotes qu’ils défendaient. Au moins en a-t-il trouvé une qui soit consentante, pour porter sa progéniture. A moins qu’il l’ait aussi pris de force et qu’elle se soit résignée ?

Je vais pour me détourner, écœuré, et peu désireux d’en savoir davantage. Je porte mon regard à l’imposante horloge dans le petit salon, qui m’indique très précisément qu’il nous reste moins d’une vingtaine de minutes. Le temps s’étire atrocement, mais au moins mon supplice va bientôt prendre de fin. Enfin… C’est ce que je pensais. Je lance un regard profondément perplexe à Aymeric, quand il nous propose si innocemment de… De jouer ensemble, Louis et moi, avec lui. J’aurais presque envie d’en rire, rien qu’à songer à cette scène. Aussi loin que je me souvienne, ça n’est jamais arrivé. Mes compagnons de jeu étaient avant tout Lionel, et dans une certaine mesure, Livien. Je me souviens très précisément que Lionel protestait sans arrêt quand on voulait lui refourguer les méchants pirates à jouer, et finissait toujours par avoir le droit aux courageux dragons. « Au moins, on n’aura pas de mal à trouver quelqu’un qui veut jouer les méchants pirates qui se font renflouer à la mer ici… Mais ça ne vous dirait pas plutôt de jouer à l’épée ? » En bois, bien sûr. Mais je peux le frapper avec une rare force, et lui faire sacrément mal, juste avec une épée en bois. Le lieu n’est pas vraiment adéquat pour une partie d’escrime, mais c’est bien la dernière de mes préoccupations, surtout à entendre à nouveau l’orage gronder au dehors…

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Mar 18 Juil - 17:05

Osera-t-il refuser ? Osera-t-il, osera-t-il pas ? La question reste en suspens, alors que père et fils attende que l’oncle tant aimé se décide. Louis préférerait, il ne l’avoue qu’à lui-même, que Liam refuse. Quitte à décevoir Aymeric et que celui-ci soit un peu désenchanté, face à cet homme qui cautionne depuis des mois l’enlèvement perpétué par son nouvel empereur. Ça lui va bien, de jouer à celui à l’honneur impossible à entacher uniquement lorsque cela lui sied ! « Au moins, on n’aura pas de mal à trouver quelqu’un qui veut jouer les méchants pirates qui se font renflouer à la mer ici… Mais ça ne vous dirait pas plutôt de jouer à l’épée ? » Il le voit venir gros comme Braise, le plan de l’homme, et sa réponse est un plissement méfiant des yeux, accompagné du bruit de l’orage qui fait toujours rage en dehors de la tour. « On peut ?, demande son fils avec espoir, enchanté que non seulement son oncle accepte, mais renchérisse avec un nouveau jeu. Si ton oncle a des épées en bois pour lui et moi… pourquoi pas ? » Il n’a pas d’autre choix que d’abdiquer. Heureusement qu’Aymeric est là, en fait, sinon, le jeu d’épées serait bien plus mortel.

Un domestique, appelé par les bons soins d’Aymeric, se fait le devoir d’aller quérir deux épées de bois. Le gamin a évidemment la sienne, qu’il offre à son père de soupeser, comme il le ferait d’une véritable arme. Le Louis ne se fait pas prier et c’est l’air sérieux qu’il manipule l’arme de bois, faisant même mine de tester son tranchant le long de son pouce. « Attention avec ça, petit. Tu pourrais nous estropier, ton oncle et moi, si t’fais pas attention. C’est même pas une vraiiiie », qu’il glousse en réponse, sans pourtant cacher son ravissement. Que son père est bête, de faire comme si c’était une véritable épée !

Leurs armes de fortune sont enfin amenées. Il contemple la sienne avec un air dubitatif, puis se met en garde, désignant l’Outreventois comme son ennemi. « On s’réchauffe un peu, sinon, on va s’faire mettre mal par Aymeric », qu’il lui déclare, sous le rire d’un Aymeric toujours aussi amusé par les bêtises de son père. Comme si, de toute façon, quelqu’un ici pouvait défaire Liam en combat singulier ! Il a toujours été meilleur, mais sa droiture est ici son ennemie, alors que Louis n’a jamais rechigné à un coup en salaud pour s’assurer la victoire. Mais là, ce n’est qu’un jeu, n’est-ce pas ? Un simple jeu, pour passer du temps ensemble avec le petit, à sa demande. Pour lui faire plaisir, car tout ceci est pour lui, et que dans sa tête d’enfant de cinq ans, il n’y a rien de plus heureux que de voir son oncle et son père jouer.

Les échanges sont vigoureux et presque acharnés, entre les deux beaux-frères, autant qu’ils sont mesurés, précis et doux avec Aymeric. Les lames de bois se frappant sans jamais fendre, pour ensuite à peine s’effleurer lorsque mesurées avec celle taille enfant, dans un concert de rires et de grands cris de provocation, d’« En garde, moussaillon ! » et autres « À l’assaut ! », lorsque père et fils se mettent à deux sur le cas du duc, ou lorsqu’oncle et neveu se liguent contre le pirate. Les minutes grignotées par le plaisir, jusqu’à complètement s’évanouir et que le même domestique vienne les prévenir qu’il est temps, pour le sire de Brunante, de quitter. « Va voir Ilse, un peu, qu’il dit au bambin, lui ébouriffant les cheveux d’une main. Tu lui manques, à elle aussi. J’dois parler à ton oncle, avant d’partir, d’accord ? Tu pars pas sans m’le dire, tu promets ? Promis. » Plutôt mourir. Ça semble le satisfaire et bien vite, il dévale les escaliers -le domestique à sa suite, bien en mal de tenter de lui faire enfiler son manteau- pour aller rejoindre l’Ilse.

Louis se retourne vers Liam, toute jovialité disparue de son visage. Et l’épée, elle, retombe au sol, le laissant avec ses seuls poings.
À eux deux. De se retrouver.

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Dim 6 Aoû - 22:15

Je ne me cache pas de mes intentions, ou disons… Seulement pour Aymeric. Et c’est lui le premier qui consent à changer de « jeu » pour engrener ensuite son père, à mon plus grand plaisir. J’ai un sourire qui n’augure rien de bon, vers le noble déchu. « Bien sûr. J’ai assez d’épées en bois pour tout le monde. » Même si l’envie d’échanger quelques passes à armes réelles serait tentante… Et voir sa tête rouler au sol. Malgré toute la haine que j’éprouve pour son père, je ne souhaiterais pas au fils de voir son dernier parent mourir aussi sous ses yeux. Cette simple pensée bride ma colère pour jeter un voile de tristesse. Et voir la complicité entre ces deux-là ne m’aident pas, bien au contraire. Je l’entends rire, Aymeric, comme il le fait si peu dans les couloirs du palais de Souffleciel. Je sais bien, que sa place n’est pas parmi nous… Mais elle ne l’est pas non plus dans cette taverne miteuse, à jouer les pirates, et attendre qu’ils reviennent de leur pillage à chaque été qui passe. Il devrait aspirer à mieux, pour Aymeric, et ne pas l’inciter à reproduire les mêmes erreurs que lui. Mais que peut-on espérer de Louis, qui a précipité sa mère dans la mort avant de prendre la fuite ?

Je suis moins habitué au poids d’une épée en bois, mais rien d’insurmontable. Je plisse le regard, quand Louis me propose dans un premier temps de s’échauffer à deux. Il fait preuve d’une rare témérité, le couard… Croit-il qu’on ne puisse pas faire de dégâts, même avec une épée en bois ? Si c’est le cas, il va falloir rapidement que je lui prouve qu’il a tort de le penser. Je ne retiens pas mes coups envers lui, et seulement assez pour que le bois ne se fende pas sous mes assauts consécutifs. Je frappe fort, avec précision. La maîtrise de l’épée demande une certaine discipline, et les gestes sont instinctifs, faits avec l’envie de tuer, ce qui rend certainement la scène plus réaliste, ou peut-être un peu effrayante, pour mon neveu. Je me contiens bien davantage quand il rentre dans la danse, et m’efforce alors de rompre avec mes habitudes pour lui offrir un combat intéressant, à lui, en effleurant le bois plus qu’autre chose maintenant.

C’est uniquement par la présence d’Aymeric que mes coups se font plus légers, visant davantage le jeu que l’affrontement ouvert. Je ne peux pas me permettre de jeter mes forces alors qu’il est juste à côté, et les rires du fils supplantent ma colère envers le père, à l’apaiser étrangement, l’espace d’un instant. Un simple jeu, oui, auquel je me surprends à me laisser aller, quand les rapports de force s’inversent. Aymeric est hors d’haleine, mais encore vaillant, quand le domestique refait surface pour nous annoncer que le temps est écoulé. Je suis plutôt satisfait d’avoir laissé parler les armes, plutôt que la parole… Mais aussi profondément frustré. J’aurais envie de continuer à frapper, cette fois réellement, pour déverser toute cette haine contenue, refoulée… Et qui menace de surgir sous la pire forme depuis le début de nos échanges. J’ai l’impression que c’est le cas aussi pour Louis, parce qu’il n’est certainement pas question de parler, quand je détourne le regard d’Aymeric sur le départ, pour le fixer à nouveau sur lui.

Non, ils ne jouent plus. « Aux poings ? Comme tu voudras. » Ma propre épée tombe au sol, et plus rien ne compte que d’en découdre avec mon adversaire, une bonne fois pour toutes. Je ne suis pas adepte de combat des rues, à la seule force de mes poings, et Louis doit bien savoir qu’il a un léger avantage à m’amener sur un terrain qui m’est plus méconnu que les lames… Mais ça m’indiffère totalement. La force brute me plaît assez, pour lui retirer définitivement son sourire, et réduire en bouillie sa belle gueule qui m’insupporte de revoir.

J’oublie la technique. J’oublie des heures infinies d’entraînement, pour ne me consacrer que pleinement à cette rage qui me remue les tripes. Je fonce sur lui, avec seulement l’intention de frapper fort, et me satisfais de porter le premier coup, directement dans la mâchoire, à lui en faire cracher ses dents. La riposte ne se fait pas attendre, si bien que je me plie en deux, alors qu’il frappe exactement au même endroit que précédemment, à me faire recracher le contenu de mon estomac. « … enfoiré ! » C’est ce qui me vient en premier, après avoir retrouvé mon souffle, avant que le coup suivant ne parte en uppercut.

Les coups s’échangent avec force, entre deux insultes, entre deux souffles entrecoupés. « Tu frappes comme une fille ! » Je finis par lui rentrer proprement dedans pour le renverser à terre, ne gardant le dessus que le temps de lui cogner la tempe à plusieurs reprises, avant que le rapport de force ne s’inverse. Je ne cherche même pas à éviter les coups, seulement à les lui rendre avec une force accrue, qui pourtant finie par manquer autant à Louis qu’à moi. Je le repousse, à genoux au sol, une main contre mon abdomen à tenter de reprendre mon souffle. De l’autre, je n’esquisse bientôt plus qu’un coup de poing lent et mou, du peu d’énergie qu’il me reste, crachant encore quelques vaines paroles qui perdent en conviction : « Je vais te faire avaler tes dents… Je vais te… » Je tousse, et crache un peu de sang. Ma chemise est déchirée par endroits, et un rire m’échapperait presque à voir la tête que je viens de lui refaire… Si le dit rire ne me vrillait pas le crâne, vu dans quel état je dois moi-même me trouver. « Attends. J’ai pas fini… » Mais déjà, j’entends des pas accélérés et martelés dans le couloir, qui promettent la fin des réjouissances. Les explosions n’ont-elles pas cessées au dehors ?

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Message Sujet: Re: Les pires histoires sont des histoires de famille   Mer 9 Aoû - 3:24

Il ne refuse pas.
Il n’oserait pas.
Il en rêve depuis trop longtemps, le Liam, au moins autant que le Louis. De s’écraser la gueule à coups de poing, de pied, d’arracher, de casser, de déchirer. Tant pis, si ce n’est pas à l’épée. Ils sauront bien y faire avec les seules armes que la nature leur a donné, Faës dépourvus de magie et pourtant pas de moyens. Le duc est le premier à s’élancer, avec un crochet qui le fait serrer les dents, et il réplique aussi d’un uppercut. Il a le bon réflexe, ceci de s’éloigner de son adversaire, alors qu’il sait ce qui s’en vient. Soit un bon retour de tripes, qui le fait ricaner méchamment. « … enfoiré ! »

Oh, douce musique à ses oreilles !

Les coups s’enchaînent, les insultes pleuvent. Il ne les entend même pas, à peine certaines qui accrochent son oreille. « Tu frappes comme une fille ! Il s’étrangle dans son rire, au ridicule de la réplique. Si Vira entendait ça ! Tu veux que j’leur demande de v’nir te montrer, p’t’être ? » Ça pourrait l’aider. Le pirate ne ravale même pas ses mots, alors que son beau-frère réussit à le renverser au sol et à un moment avoir le dessus - tout ça pour ensuite être remis au tapis, d’une ruade vigoureuse. Ils se battent avec une énergie proche du désespoir, mais même la rage ne peut tenir les deux hommes bien longtemps. Ne peut leur redonner leur souffle coupé, leur vision un peu floue, la force dans leurs bras endoloris. « Je vais te faire avaler tes dents… Je vais te… Essaie, pour voir. » Ils s’accrochent aux lambeaux de leurs chemises, et un peu de dignité, les deux hommes, vacillant sur leurs pieds. « Attends. J’ai pas fini… » Lui non plus. Lui non plus n’a pas terminé. Il reste encore de la colère, en lui, il reste encore tout ce qu’il a envie et besoin d’expier depuis des mois, des années. Depuis plus de dix ans. Alors le pirate rapproche l’homme de lui, si proches qu’ils ont presque l’air de vouloir s’embrasser, les doigts accrochés à une poignée de cheveux noirs, tout contre sa nuque. Il murmure à son oreille, la voix rauque d’avoir crié : « T’aurais dû l’entendre… crier… encore... j’suis sûr qu’t’es… jaloux… qu’ça ait pas… pas été… toi... » Il rit, un peu, méchant, provocateur, la voix pleine de ces sous-entendus sales qui, il le sait, sauront à tous les coups redonner de l’énergie à son adversaire. Il a toujours eu le don, pour ça.

Liam rugit et le coup est prêt à partir, des deux côtés. « ÇA SUFFIT, vous deux ! » Une paire de bras vigoureux les sépare, accompagnée de cet ordre retentissant, et c’est Louis qui se retrouve ceinturé par un Lionel de fort mauvaise humeur, l’éloignant du duc d’Outrevent. Il n’y aurait certainement pas eu besoin d’autant de force, en fait, tellement ils sont exténués. « Vous n’êtes pas là pour vous battre comme de pau- Tu peux bien parler », interrompt le pirate en réplique à ce Lionel décoiffé et aux manches roussies, toujours prêt à leur faire la morale alors qu’il n’est en rien mieux qu’eux deux. Aymeric a peut-être crû à l’orage, mais eux n’ont pas été dupes une seule seconde. Il se défait de la prise du Chevaucheur, d’un mouvement des épaules, et retrouve à peine de contenance. Ils ont fière allure, ça oui ! La chemise déchirée, les cheveux en bataille, le nez et la bouche en sang, les ecchymoses fleurissant sur chacun de leurs membres. Au poignet de Liam, il y a même une morsure, tandis que lui accuse un mal de tête terrible, qui lui fait voir une nuée de points noirs. Il espère que l’Outreventois gardera la cicatrice de ses dents. Dans sa bouche, un goût ferreux.

En guise d’aurevoir, comme seule salutation envers son beau-frère, envers ce duc, il crache à ses pieds, un crachat de glaire et de sang mêlés.

C’est Lionel qui l’escorte jusqu’au bas des marches. Côte à côte, qu’ils marchent, alors que ni l’un, ni l’autre, n’a suffisamment confiance en son vis-à-vis pour le laisser marcher derrière et risquer de se faire pousser dans les escaliers. Lui, dans tous les cas, ne se priverait pas de le faire. À l’extérieur, Aymeric babille joyeusement pour Ilse et son bedon rond, leur racontant la rencontre avec son père et l'abreuvant de questions à propos de son futur frère, ou sa future soeur (« Et t'sais si c'est une fille, ou un garçon ? Papa m'a dit que Grim savait, s'il volait bas. Moi j'veux bien les deux, une soeur comme Lucy, ou un frère comme Leo. Toi t'préfères quoi ? »). Lorsqu’il se retourne, son expression passe rapidement de la joie à l’inquiétude. Quant à celle d’Ilse, elle devient plutôt… contrariée, dirons-nous. Et peut-être aussi un peu blasée. À quoi s’attendait-elle ? À ce qu’il soit sage ? « Tu t’es battu avec oncle Liam ? Non. On a… fait une petite chute, dans les escaliers, en voulant faire la course. Le regard de son fils se fait méfiant. Et surtout, plus que dubitatif. Le mensonge est trop gros pour être absorbé, malgré l’innocence avec laquelle il est déclaré par un Louis assuré, comme s’il croyait lui-même à cette histoire d’escaliers. Surtout que son oncle Liam n’est même pas là. Alors Louis faiblit et concède : D’accord. On a un peu joué à la bagarre. C’est ton oncle qui a demandé, c’est son jeu préféré, tu vois. Et qui a gagné ? Moi. Qui d’autre ? » Le petit rit à la fanfaronnade, sans savoir que cette bagarre aux propos irresponsables coûtera probablement cher à son père. Il ignore tout et c’est mieux ainsi.

Ce qu’il n’ignore pas, cela dit, c’est que le temps qui leur a été imparti est fini. Que la rencontre se termine, au moment où Louis s’accroupit à sa hauteur, et que dans la tête d’Aymeric revient cette peur. Cet abandon, si soudain, qui le fait éclater en pleurs et se jeter contre son père. De grosses larmes roulent sur les joues du bambin, qui sanglote entre ses bras, et il ne peut pas non plus retenir ses larmes. Il essaie, mais il sent la piqûre de leur sel sur les éraflures de son visage, sur ses lèvres fendues par les coups. « Tu-tu-tu-tu promets de rev'nir ? Promis. Et de m-m-m-m’écrire ? Autant que tu veux. Et tu v-v-v-v-vas penser à m-m-moi ? Tous les jours. » Qu’il n’en doute pas. Pas une seule seconde. Ils pleurent encore, père et fils, avant de se séparer. Avant que Lionel remonte la tour, Aymeric soulevé dans un seul de ses bras, inconsolable.

Et lui se retourne vers Ilse, pour faire de même contre son épaule, secoué de sanglots silencieux. Il ne sait pas quand il le reverra. Il ne sait même pas s’il pourra, un jour. Ce qu’il doit faire pour cela est peut-être trop grand. Trop à risque. La blonde le calme, puis l’écarte un peu afin de le regarder. D’un air sévère, alors qu’elle détaille les blessures qu’il arbore sans honte. Il hausse les épaules et déclare sa seule défense, avec un reniflement dédaigneux : « C’est lui qui a commencé. »

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Dialogues en steelblue
Vogue et vit sous le nom Éric Voile-Ardente



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Les pires histoires sont des histoires de famille
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