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 Parce qu'il faut un abri, même de sable

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La Noblesse • Admin
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Message Sujet: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Mer 8 Fév - 21:32


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Astarté des Sables & Sitara d'Erebor

Parce qu'il faut un abri, même de sable



• Date : 5 février 1002
• Météo : Étouffant
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Erebor a souffert des attaques, et Sitara fait de son mieux pour accorder le refuge aux plus touchés. Elle ne peut s'empêcher de craindre pour la vie de sa famille, particulièrement de Saraj qui reste introuvable, dans le chaos ambiant. Elle s'apprête à solliciter l'aider de Soltana, mais tombe nez-à-nez avec la petite joaillière dont sa sœur lui a parlé de nombreuses fois.
• Recensement :
Code:
• [b]5 février 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1757-parce-qu-il-faut-un-abri-meme-de-sable]Parce qu'il faut un abri, même de sable[/url] - [i]Astarté des Sables & Sitara d'Erebor[/i]
Erebor a souffert des attaques, et Sitara fait de son mieux pour accorder le refuge aux plus touchés. Elle ne peut s'empêcher de craindre pour la vie de sa famille, particulièrement de Saraj qui reste introuvable, dans le chaos ambiant. Elle s'apprête à solliciter l'aider de Soltana, mais tombe nez-à-nez avec la petite joaillière dont sa sœur lui a parlé de nombreuses fois.


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Dernière édition par Sitara d'Erebor le Mer 8 Fév - 21:37, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Mer 8 Fév - 21:36

Erebor ravagé, les tribus décimées… Sitara avait entendu avec angoisse le fracas des combats, priant pour la survie des Voltigeurs qui protégeaient leurs vies, pour que Valda leur accorde sa propre protection, que Sithis ne les rappelle pas trop tôt à lui, que Joseï veille sur ses sujets. Elle même avait organisé l’accueil des plus démunis dans Vivedune, dans le palais pour certains, afin qu’ils soient protégés. Seule, elle encadrait les soins et le rapatriement de nombreux blessés ou réfugiés. Les clans avaient souffert de lourdes perdes, et les rares oasis aussi. Elle n’avait rien craint, tant que les dragons étaient maintenus à distance, même si elle s’était inquiétée de ce qu’il pourrait advenir d’elle… La guerre n’était pas quelque chose d’organisé, et nul ne pouvait prédire ce qui arriverait.

Elle n’avait pas failli, pourtant, mettant elle-même la main à la tâche, bien que limitée dans ses mouvements par ses gardes, par le personnel du palais, et par sa grossesse avancée. Elle ne pouvait rester confrontée à l’incertitude et à l’angoisse, encore moins alors que tous étaient débordés, que de valeureux guerriers se battaient pour les vies de tous les erebiens.

Elle était éreintée, pourtant, et avait fini par se retirer dans ses appartements – hors de question de se reposer, pourtant, malgré les quelques jours qui avaient défilé, et l’organisation qui se mettait progressivement en place. Elle s’assit au bureau qui s’y trouvait, se munissant de tout le nécessaire pour écrire. Elle devait continuer à écrire aux clans, chercher à obtenir de leurs nouvelles. Leur assurer son soutien. Elle ne pouvait guère faire plus, pour le moment, en tous les cas.

S’ils recevaient de nombreuses nouvelles, au palais, grâce aux voltigeurs disséminés dans tout le duché, l’inquiétude ne la quittait toutefois pas. Elle n’avait aucune nouvelle de sa sœur – de Saraj, Soltana ayant protégé la ville et la palais, durant les attaques essuyées par le duché. Elle avait écrit de nombreuses lettres, avait demandé à Soltana de la prévenir si elle avait la moindre nouvelle, sachant que cette dernière avait pris sur elle de les trouver, sans succès pour le moment… Elle manquait cruellement de patience, et elle se trouvait démunie face à l’inconnue concernant le sort de sa sœur. Elle voulait savoir. Elle devait savoir. Et elle comptait bien user de tous les moyens à sa disposition pour cela. Le prochain était Sicq Qoraïch, qu’elle n’avait rencontré que quelques fois, mais dont elle espérait qu’il ait des nouvelles de son clan, et par-là de sa sœur. Elle rédigeait donc cette lettre, bien déterminée à tout faire pour qu’elle lui parvienne.

Soltana pourrait peut-être l’aider – quelques voltigeurs pourraient être mobilisés, pour escorter les rescapés et réfugiés désireux de se rendre à Lorgol, et ainsi transmettre la lettre de la Sultane ? Peut-être. Elle partit d’un pas précipité, suivi aussitôt de sa garde, dans les appartements qu’elle avait mis à disposition à sa sœur, entrant sans s’annoncer dans sa hâte.

« Soltana, j’ai besoin de savoir… »

Elle s’arrêta aussitôt, voyant qu’elle interrompait une conversation. « Veuillez m’excuser, j’aurai du m’annoncer. Ma sœur. Dame… ? »

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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Jeu 9 Fév - 23:22

Elle était une fille des dunes, pleine de chaleur et de lueurs chatoyantes, de la tête aux pieds. Sa peau, ses cheveux, son odeur, ses non-dits, ses ornements étincelants et ses tatouages; elle habitait Erebor comme une seconde peau. Lorsque son désert fut écorché par la guerre et les dragons, lorsque le sable fut recouvert de sang, Astarté aurait juré ressentir les palpitations des dunes jusque dans ses os, jusque dans son coeur. Sensible petite chose. Cloîtrée dans ses appartements à Sinsarelle, sous l’aile protectrice de sa Marquise, elle n’a pas souffert. Pas physiquement. Son âme, toutefois, frémissait à la vue de chaque ombre obscurcissant le ciel et de chaque volute de fumée s’élevant à l’horizon. Cette réclusion forcée ne l’enchantait pas, loin de là. Semblable à l’un de ces chats errants, elle appréciait le confort de Sinsarelle uniquement en se sachant libre de partir quand elle le désirait. La guerre, là, dehors, fermait toutes ses portes de sortie, la replongeant dans un malaise vieux de vingt ans, un sentiment pourtant enfoui qui la menaçait désormais de refaire surface à tout moment. Le confinement.

Il ne fut pas étonnant de la voir traverser Erebor jusqu’à Vivedune dès la menace contrôlée aux frontières. Là-bas… Là-bas, ils sauraient si son clan se portait bien, si sa famille était dans le besoin, si les siens se relèveraient sans trembler. Ne pas penser aux morts. Des soieries jetées au fond d’un sac, des ornements, les plus sobres et les plus quelconques, pour marchander sa protection jusqu’à l’oasis de Ventavel et de quoi dédommager sa présence forcée auprès de son mentor, Rijul, désormais vieil homme aux mains usées. À ratisser la ville, elle avait vite retracé Jayan et l’avait aussitôt lové sur son petit coeur malmené. Joseï l’avait protégé. Les nouvelles n’étaient toutefois pas les meilleures: aucun vent ne chantait la survie ou le trépas de sa tribu. Il ne lui restait que bien peu d’option…


- Soltana… Je sais que vous voyez le monde autrement, de là-haut. ...Mon clan. J'ai peu de nouvelles.

Ses yeux un peu trop humides fouillèrent un moment ceux de sa protectrice avant de s’abaisser sous un excès d’inquiétude. Astarté battit les cils comme une enfant, fragile, délicate, sur le bout de son siège, en équilibre. Les mains occupées à triturer une piécette, un fleuron, dénichée parmi d’autres sur la table adjacente, elle laissa le silence s’installer entre elles. Il ne fallait pas en faire trop. Soltana n’était pas de celle à se laisser émouvoir par un portrait pathétique. Il fallait se contrôler, devant la voltigeuse, se montrer forte. Astarté inspira profondément, prenant sur elle pour arborer toute la dignité que ses origines lui insufflaient.

- Si vous devez parcourir Erebor, pourriez-vous garder l’oeil ouvert pour les miens?

Peu de mots. Qu’avait-elle de plus à demander? La guerrière semblait sur le point de s’adoucir, ses sourcils se détendirent pour laisser place à…

- Soltana, j’ai besoin de savoir…
La Sultane. Distraction.
Tout en se redressant, les yeux grands de surprise, semblable à un fennec pris sur le vif, la jeune gitane coinça la pièce qu’elle tenait alors entre sa peau et le métal ouvragé de son bracelet. Un mouvement furtif, si discret qu’elle-même ne s’en était pas rendue compte. Elle papillona les cils, toute ébranlée de voir se manifester, à la manière d’une entité, l’un des visages les plus connus du duché. Elle déposa une main sur son coeur et s’inclina devant Sitara d’Erebor, gracieuse malgré son trouble.

- Veuillez m’excuser, j’aurai dû m’annoncer. Ma soeur. Dame…?
-  ...Astarté des Sables.

Un murmure de douceur, tout au plus, se fit entendre, contrastant avec la rigidité de la voltigeuse. La joaillière osa relever une oeillade vers la duchesse avant d’abaisser à nouveau les yeux, dévoilant là l’étendu de sa confiance et de son assurance.
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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Sam 11 Fév - 22:07

Elle était chez elle, la duchesse, et cela se voyait. La timidité qui la caractérisait était bien moins importante que d’ordinaire, elle avançait avec assurance et sachant parfaitement où elle allait. Elle n’avait qu’une seule solution à apporter à ses tourments, à son inquiétude croissante, dans tous les cas. Et celle-ci ne pouvait venir que de sa sœur. Sa liberté de mouvements était beaucoup plus ample, en cela qu’elle était voltigeuse. Et si dans le chaos qui ravageait Erebor, elle n’avait su trouver trace du clan Qoraïch, elle pouvait très entrer en contact avec d’autres membres qui auraient peut-être la chance d’avoir des nouvelles. Elle avait peu d’espoir, mais nulle autre solution ne s’imposait à elle. C’est toute à ses inquiétudes qu’elle entra sans s’annoncer dans les appartements de sa sœur, ne s’attendant bêtement pas à la trouver en compagnie, et s’imposant d’une manière peu délicate qui ne lui correspondait habituellement pas.

La femme, une femme du sable assurément, et sa sœur se fendirent d’une révérence, avant qu’elle ne puisse parler davantage, et le temps de faire les précisions et de signaler qu’elle était la joaillière dont elle lui avait déjà longuement parlé, Soltana s’engagea à faire de son mieux, et s’excusa car elle devait retourner auprès des voltigeurs pour s’assurer que les sauvetages se poursuivaient au mieux, et voir si son supérieur avait besoin d’elle. Sitara n’insista pas : si sa sœur lui affirmait qu’elle tenterait de s’en occuper, et elle avait pris le courrier, alors elle pouvait lui faire confiance.

« J’espère ne pas avoir perturbé votre entretien avec ma sœur, dame Astarté. Elle m’a en effet longuement parlé de vous. Vous semblez indemne, où vous trouviez-vous durant les attaques ? Avez-vous pu vous enquérir des vôtres, ou de quelques uns d’entre eux ? Les blessés ou ceux indemnes qui ont été attaqués affluent vers Vivedune et les quelques lieux encore en état, peut-être pourriez-vous les y trouver ? Mais je vous en prie, asseyez-vous, et partagez un verre avec moi. »

Elle avait une requête, la duchesse, sachant combien elle était déplacée, à ce moment. Elle avait prévu de s’en enquérir bien avant ça, mais elle n’en avait pas eu l’occasion. Et si elle aurait pu, du peut-être, attendre, c’était une façon comme une autre d’affirmer que les événements n’auraient pas plus d’influence que nécessaire sur le déroulé de leurs vies, n’est-ce pas ?

« J’aurai besoin de vos services, ma dame. Je suis consciente du moment peu opportun pour vous soumettre une telle demande, mais je voulais entrer en contact avec vous pour vous demander de confectionner une pièce pour ma belle-sœur. Avez-vous déjà rencontré la princesse, dame des Sables ? »

Si oui, alors peut-être aurait-elle une idée de ce qui lui conviendrait. Sitara y comptait. Mais peut-être la femme en face d’elle refuserait-elle, considérant que prodiguer ses services en des temps troublés tels que ceux-là serait déplacé. Elle en aurait tout le loisir, mais Sitara ne solliciterait probablement plus ses services, en ce cas. Elle se contenta de l’observer avec un sourire aimable, malgré tout.

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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Mar 14 Fév - 19:35

Elle avait assisté à l’échange sans prononcer le moindre mot. Soltana parlait d’elle et la présentait à sa soeur de Sultane sans que la gitane ne prenne part à l’échange. Le sourire fin sur ses lèvres pleines, de circonstance, parlait pour elle en un savant mélange de timidité, de tristesse mais aussi de reconnaissance de toute cette attention. Astarté des Sables restait à sa place, celle de la petitesse, entre une Voltigeuse émérite et une Duchesse. Elle appréhendait le départ de Soltana qui ne manqua pas d'arriver : devrait-elle se retirer à son tour, ou patienter qu’on la congédie? Devait-elle parler et entretenir la conversation par politesse? Heureusement pour la gitane, Sitara avait l'éducation nécessaire et la sensibilité d’une grande dame pour éviter le malaise du silence, entre elles.

Les questions déboulèrent le plus naturellement du monde, et parmi elles, Astarté accepta d’un imperceptible mouvement de tête l’invitation à prendre place. Dame. Elle l’avait appelée dame… Les mains croisées, un brin séduite par l’aisance et le charisme de douceur de sa duchesse, la gitane se laissa guider dans cette conversation, elle qui était pourtant si réservée d’ordinaire. Elle s’assura simplement que la porte soit bien dégagée, d’un coup d’oeil furtif, avant de revenir sur les événements tragiques qui touchaient Erebor.

- Je tiens votre sœur en grand respect.. Elle.. fait énormément pour Erebor. J’étais en sécurité, auprès de la Marquise de Sinsarelle, lorsque les événements se sont produits.

Un silence. La gitane inspecta ses mains liées et son large bracelet, hésitante à se livrer davantage. L’envie de souligner que Soltana Kamar avait fait beaucoup pour elle, plus précisément, la tiraillait, mais la simple idée d’être déplacée ou impertinente lui liait la langue. Même invitante et cordiale, Sitara d’Erebor demeurait une entité plus grande que nature. Devrait-elle réellement se confier ou était-ce là pure civilité de sa part?

- J’ai retrouvé l’un de mes frères. Il croit que notre clan arrivera bientôt à Vivedune… Nous avons hâte d’avoir plus de nouvelles. Je suis.. consciente que plusieurs vivent la même situation. Les vôtres sont-ils en sécurité?

C’est uniquement lorsque la question de l’orfèvrerie fut abordée qu’elle sentit la tension, à ses épaules, se dissiper peu à peu. Elles entrèrent dans un domaine où Astarté n’était certes pas duchesse, mais probablement reine. L’oeil brillant, elle s’inclina imperceptiblement vers la noble dame, d’autant plus attentive à sa requête. La Princesse?... Oh… Voilà qui devenait non seulement intéressant, mais inspirant, tout à coup.

- Il est sage de préserver les réjouissances, malgré le malheur. ..Et j’ai rencontré la Princesse, oui, à plusieurs reprises.  Je suis rassurée, si elle se porte bien. Après une brève hésitation, Astarté spécifia : Elle est délicate, il lui faudrait une parure à son image. Peut-être un diadème afin de souligner son titre? ..Je vois déjà des pendeloques, ou peut-être des perles. Aviez-vous une idée plus précise, duchesse?

Elle réfléchissait, ça se voyait à son air, sa soudaine volubilité et ses lèvres un brin pincées. La tragédie de la guerre était déjà bien loin à son esprit, en si peu de temps.

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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Ven 17 Fév - 23:36

Sitara essayait tant bien que mal de cacher son trouble, croissant alors que les jours passaient, que les réfugiés affluaient à Vivedune, et qu’elle restait sans nouvelle de beaucoup d’entre eux, sans nouvelle de sa sœur et de son clan, et que les absences de son époux se prolongeaient. Sa seule certitude était que Qasim était en sécurité, et qu’il ne lui arriverait rien – la seule chose qui l’apaisait, et lui évitait de céder à la panique. Elle n’avait guère le temps de s’occuper de lui, pourtant, et il était entre les mains du personnel du palais, la plupart du temps, bien qu’elle exigeait sa présence à ses côtés, durant les rares heures de sommeil qu’elle s’autorisait. Sa grossesse avancée ne lui laissait de toute façon que peu le loisir de dormir, les douleurs qu’elle ressentait la gardant éveillée.

Elle s’efforçait de réfréner ses humeurs moroses ou pas toujours agréables, malgré tout, mais elle commençait à venir à bout de sa patience. Preuve en était de l’interruption bien peu digne de son rang, sans souffrir d’attendre que sa sœur veuille bien lui ouvrir. Seule la présence inattendue d’une inconnue la refroidit, la faisant reprendre ses esprits, et se comporter de manière moins surprenante. Plus douce, plus coutumière de celle qu’elle était quand rien ne la contrariait.

« Elle m’a déjà parlé de vous, mais je ne suis à vrai dire que peu au fait de ce qui vous lie, ou même de l’étendue de votre amitié… La connaissez-vous depuis longtemps ? Mais elle fait beaucoup, oui. Il serait temps, cependant, qu’elle retrouve sa sœur. »

La duchesse ignora sciemment la mention de la marquise de Sinsarelle, de vieilles rancoeurs lui revenant à l’esprit, alors que leurs relations s’étaient quelque peu améliorées, malgré tout. Mais que leurs domaines reviennent à des cielsombrois, et en particulier à une personne proche du duc, elle ne l’acceptait toujours pas. Soupirant, elle secoua la tête comme pour chasser cette idée, et cette vieille rancune stupide, au vu de ce que vivait le duché.

« Tous les habitants du duché peuvent répondre à cette appelation, et tant que nous serons dans l’incertitude sur leur sort à tous, alors je crains ne pouvoir vous répondre favorablement. »

Elle évitait d’évoquer sa sœur et les Qoraïch, pour le moment, peu désireuse de s’épancher, et soucieuse d’éviter une éventuelle crise de larmes, si la grossesse le lui imposait. Elles s’étaient calmées, mais elles demeuraient imprévisibles, et extrêmement irritantes pour elle.

« Vous me voyez rassurée pour votre frère et son clan, toutefois. Aurait-il eu quelque information sur les autres clans ? Sur les Qoraïch, dont nous sommes sans nouvelles, peut-être ? »

Elle essayait de feindre la légèreté, réellement incertaine de pouvoir leurrer la femme face à elle, en prétextant une certaine indifférence – ou de ne pas être plus soucieuse des Qoraïch que des autres, du moins.

« Je ne souhaiterais pas oublier de célébrer comme il se doit sa fête, en ce jour qui est le sien et qui approche, malgré tout. Les évènements ayant secoué Arven n’ont laissé que peu de place aux réjouissances, alors même si cela doit être minime, elle en mérite. »

Elle hocha négativement la tête – elle aurait souhaité y penser davantage, mais elle n’avait pas les idées claires, depuis plusieurs temps, ses pensées étant embrouillées. « Très peu, mais vous semblez avoir une opinion définie et juste de la princesse, je ne peux que vous faire confiance. Il faudrait que cela demeure assez… discret, dirons-nous. Pour ne pas faire étalage de cela, en des temps si troubles. Quelques pierres, peut-être, et un anneau assorti, mais là encore assez simple. Rien qui ne puisse l’offenser car inadapté à son rang, mais rien qui ne donne l’impression de priver les plus démunis, qui ont eu à souffrir des atteintes portées au duché. Je suis consciente de mon exigence, mais nous devrons préserver un équilibre fragile. Le diadème est une bonne idée, malgré tout, tant qu’il n’est pas exubérant. »

Elle semblait concentrée, malgré tout, la joaillière. C’était tout ce que pouvait demander la sultane – qu’elle prenne cela très au sérieux. Elle-même réfléchissait aux pierres les plus à même de plaire à Alméïde, qui portait somptueusement les bijoux qui étaient confectionnés en Erebor.

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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Jeu 9 Mar - 15:33

Depuis combien de temps connaissait-elle Soltana Kamar? Les années filaient à un rythme fou, et la vision pourtant précise de cette tentative d’enlèvement, au sein même de son clan, semblait dater d’hier, tout au plus. Pour la troisième fois, les brigands avaient cherché à la dérober à sa famille pour en faire leur captive. Ils n’avaient pas réussi, cette fois encore, à s’emparer d’elle. Elle devait sa liberté à Soltana. Les quelques bijoux qu’Astarté lui donnait était une récompense bien pâle, alors que le chevaucheuse l’avait aidé à préserver sa liberté. La gitane inspecta le sol tout en laissant ses boucles dégringoler, ici et là, sur ses épaules, étirant un tantinet le silence jusqu’à rassembler les bons mots pour une réponse digne de sa Sultane.

- Des années, déjà. Les clans pervertis ont brisé beaucoup d’enfants... De clans, aussi. Votre soeur a fait en sorte que ça ne se reproduise pas une fois de plus.

Elle pouvait être fière de sa lignée, la jolie Duchesse. Une soeur protégeant un clan entier, l’autre veillant depuis les cieux, et elle, Sultane, ouvrant les portes du palais pour protéger les enfants des dunes malgré une grossesse avancée. Alors que la joaillière relevait une oeillade contemplative sur Sitara, l'innommable fut prononcé. Qoraich. Le nom fouetta l’air, et pourtant, pourtant… Ne devait-elle pas s’y attendre, à ce nom, alors que Soraj Kamar y faisait office de tête dirigeante, aux côtés de son époux? Sicq était enchaîné à elle, à sa vie, pour le meilleur et pour le pire. Ils l’avaient décidé sans le savoir réellement, lors de leur liaison. Et lorsqu’elle arrivait à ne plus penser à Lui, à refaire sa vie et être heureuse, un mariage fait de magie et de fourberie les avait réunis. Le Destin avait choisi Sinh comme successeur, comme remplaçant, comme instrument d’une petite vengeance perfide. Puis la gitane s’y était attachée le plus sincèrement du monde. Comment ne pas aimer le dernier des Qoraich? Comment ne pas aimer quelqu’un qui vous aimait autant? Il allait bien, tout comme son frère d’amour, son frère de coeur, et c’était l’essentiel pour qu’Astarté puisse respirer malgré la guerre qui grondait.

- Vous me voyez rassurée pour votre frère et son clan, toutefois. Aurait-il eu quelque information sur les autres clans ? Sur les Qoraïch, dont nous sommes sans nouvelles, peut-être ?
- J’ai… Mon frère a rencontré Sinh, le plus jeune des frères Qoraich, à la frontière Nord du duché, avant d’approcher Vivedune. Mon compagnon se porte bien. Pour les autres membres du clan, je suis sans nouvelles. ...Comme vous, Duchesse. Comme eux.

Elle laissa ses doigts redessiner un strie sur la table de Soltana tout en faisant tinter son bracelet contre le bois. Sa main s’aventura lentement mais sûrement vers la Sultane, sans toutefois quitter la table; une invitation toute silencieuse à une confidence, ou quelque chose s’en rapprochant.

- Si j’entends un chant les concernant, soyez assurée que vous connaîtrez également la mélodie. ...Je ne suis pas guerroyeuse, je ne serais pas utile, dehors, mais je sais écouter. Et beaucoup parle de ce qu’ils ont vu, dans les dunes.

Quant à la petite princesse… Aux yeux d’Astarté des sables, Alméïde d’Erebor était tout sauf exubérante. Ainsi, la description que faisait Sitara des ornements souhaités s’harmonisait parfaitement à la vision qu’avait la joaillière de la princesse. D’un hochement de tête, elle ponctua les commentaires de sa Duchesse. Quelque chose de sobre et d’élégant, à l’instar de la fêtée. Oui. Ce sera fait, et ce sera bien fait. Dès que le temps le permettrait, elle s’efforcerait de retrouver des perles de Valkyrion.
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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Lun 13 Mar - 22:25

Sitara grimaça malgré elle, beaucoup plus sensible que d’ordinaire à tout ce qui lui déplaisait, du fait de sa grossesse. Il était presque miraculeux qu’elle ne pleure pas, à la mention du sort de ces enfants soumis à ces horribles clans qui n’avaient eu que ce qu’ils méritaient. « Une aubaine, qu’elle se soit trouvée là… Je ne connais pas les circonstances exactes de votre rencontre, mais je suis heureuse que ma sœur vous ait permis d’échapper à un tel sort… Nul ne devrait perdre sa liberté, moins encore dans notre duché, dont le peuple est aussi insaisissable et mouvant que les dunes. Partie du peuple, du moins. » Elle n’oubliait pas celui plus sédentaire des montagnes, mais les clans sans cesse en mouvement étaient une grande partie d’Erebor.

Elle fronça les sourcils, un bref instant, devant l’hésitation de l’enfant des sables. Avait-elle fait preuve de maladresse, eu une parole qu’elle n’aurait pas du avoir ? Elle s’en serait voulu, de mettre mal à l’aise la personne en face d’elle, auprès de qui elle venait de s’imposer, sans même lui avoir demandé audience. Elle était sa sultane, mais cela ne justifiait pas tout, et encore moins de faire fi de toute politesse – bien qu’elle ait exprimé ne pas vouloir s’imposer. Elle les arqua de surprise, en l’entendant parler de son compagnon. Elle ne le savait guère. Était-elle si ignorante de ses propres sujets ?

« Veuillez pardonner mon… indélicatesse, si vous y consentez. Je n’ai pas envisagé un instant, tracassée moi-même par l’absence de nouvelles que j’avais du clan, que d’autres puissent être touchés par elle. Vous me voyez sincèrement ravie pour vous, que vos proches soient sains et saufs. Je continuerais d’adresser mes prières pour leur protection, et qu’ils nous reviennent sains et saufs. J’ai confiance en les autres tribus et en nos voltigeurs, pour parvenir à sauver qui peut l’être, et à tous les retrouver, pour amener la quiétude de la connaissance à leurs familles. »

Il lui était si facile de prononcer cela, en s’en distanciant, mais elle était bien plus atteinte qu’elle ne le souhaitait, et ses yeux brillants trahissaient toute l’inquiétude qui l’assaillaient. Elle aurait mieux dissimulé ses états d’âme en temps normal, mais elle était bien trop émotive actuellement, pour cela.

« Ne vous formalisez pas de mes émotions, c’est un effet de la grossesse, dame Astarté… Désirez-vous avoir des enfants ? Ou peut-être en avez-vous déjà, avec votre compagnon ? Si vous souhaitez me répondre, évidemment. Vous ne me devez pas cette confession. » Bien qu’il était plus que probable qu’elle se plie aux désirs de sa duchesse, même si cette dernière était particulièrement sincère quant au fait qu’il n’y avait aucune obligation à lui répondre.

Elle sourit doucement, à voir sa main s’avancer presque dans un réflexe, geste qui lui avait été révélé par le bruit du bracelet entrant en contact avec le bois. Splendide pièce, à vrai dire, qu’Astarté des Sables portait.

« Je ne pourrais jamais vous en remercier assez. Je suis touchée de l’attention que vous portez à vos semblables, et à mes propos tourments. Vous avez une âme noble, Astarté. »

Sans doute son histoire, sa vie, n’y étaient pas étrangères. Cela ne diminuait en rien cette beauté qui se dégageait de tout son être.

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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Mar 21 Mar - 12:46

Nul ne devrait perdre sa liberté. Ces mots résonnaient aux oreilles de la joaillière en la laissant songeuse. L’Homme avait quitté sa couche et sa vie le même matin sans qu’elle ne fasse entrave à sa soif de liberté criante. Peut-être même avait-elle esquissé un sourire triste mais compréhensif, savamment mesuré afin qu’il y croit et qu’il ne se doute pas de la rancœur qui la gagnait déjà. Une rancoeur puérile, féminine, celle d’un coeur blessé mais surtout celle d’un orgueil piqué. Elle ne se souvenait plus très bien, la petite gitane; la douleur avait figé son souvenir et le déformait lorsqu’elle y songeait. Quoiqu'il​ en soit, jamais Astarté n’avait fait obstacle. Pas même à cette illusion de mariage, à Vivedune. Elle se souvenait parfaitement de la fureur, dans son regard, à leur retour à la réalité. La gitane s’était soustraite à ce regard sans s’imposer. Elle avait fuit, plutôt.

- Les Qoraïch sont uniques. ..Votre sœur y a sa place. Elle vous reviendra, j’en suis certaine. Le Destin est moqueur, mais j'ose croire qu’il ne soit pas cruel à ce point.

Sourire à peine croqué. Elle ne mentait pas, pas du tout, lorsqu’elle parlait de Saraj. Si elle avait connu surtout les frères dans la douceur de sa couche, à Sinsarelle ou à Vivedune, elle avait eu la chance de rencontrer soeurs, femmes et enfants du clan Qoraïch à plusieurs reprises. La majorité l’avait adoptée aisément, et la sœur de la Sultane était du nombre, pour les rares fois où elles s’étaient croisées. Quant à ses propos au sujet du Destin… Elle ne souhaitait pas se montrer morose ou cynique devant sa Sultane. Astarté le priait souvent, le Destin, autant par crainte que par respect. Il était cruel. Il l’avait été, avec elle. La malchance d’être l’enfant enlevée. La malchance d’avoir grandie dans l’une des grottes cerclant le Duché. La malchance d’avoir perdu sa liberté pendant si longtemps. D’avoir perdu sa famille. Mais comment ne pas se montrer reconnaissante pour cette vie nouvelle qui s’imposait à elle? Destin cruel mais paternel, qui offrait autant qu’il pouvait prendre, sur un coup de hasard. Elle prierait, dès ce soir, pour le clan de son compagnon, tout comme son propre clan.  Astarté s’en fit la promesse.

- Ne vous formalisez pas de mes émotions, c’est un effet de la grossesse, dame Astarté… Désirez-vous avoir des enfants ? Ou peut-être en avez-vous déjà, avec votre compagnon ? Si vous souhaitez me répondre, évidemment. Vous ne me devez pas cette confession.
- Oh… J’ai fait un rêve éveillée, une fois, Votre Grâce… Mariée et heureuse, avec des enfants qui tournaient autour de nous. Des boucles sombres et des yeux clairs.

La bijoutière semblait ailleurs, alors que la réponse se fit entendre sans trop d’hésitation. Sans doute se trouvait-elle encore un peu dans cette rêverie, un peu dans la réalité. C’était un joli rêve, cette illusion perfide et magique. Elle y avait presque cru, malgré l’angoisse d’avoir perdu ses repères. Elle y était presque heureuse.

- Sinh mérite d’avoir une descendance. C’est.. C’est un homme incroyable, et j’espère que son éclat se verra sur plusieurs générations, encore.  

Son ventre s’était nidifé, deux ou trois petits mois. Lorsque le sang avait finalement rougit ses cuisses, la belle avait accepté le deuil de cet enfant comme un présent du Destin. Un mal nécessaire. La tristesse que lui avait infligée Sicq avait anéanti ce qui voulait grandir en elle, tous projets communs. Peut-être même aurait-elle été capable de lui en vouloir, à ce petit être rien que par le souvenir teinté de ressentiment qu’elle gardait du pirate. Ses conquêtes étaient bien peu nombreuses, elle, petite chose timide. Les frères Qoraïch, à eux seuls, comblaient pratiquement la moitié des rangs. Puis... Pour être honnête, ce n’était pas dans la couche de Mélusine de Sylvamir qu’elle tomberait enceinte. Ce fut sa seule expérience avec la maternité. Elle s’était terminée drastiquement. Avec Sinh, la gitane se permettait de se hisser sur le bout des pieds, en équilibre, et oser regarder vers l’avenir. Une oeillade. Jamais plus. Plus jamais.

- Parfois… Parfois, je suis heureuse qu’il parcourt Erebor d’une frontière à une autre. Les marchands et les clans peuvent profiter un peu de sa présence. Mais il me tarde d’avoir ma propre famille. Un jour, peut-être.

L’ombre de son sourire revenait, sous les bonnes paroles de sa Sultane. Astarté inclina la tête en guise d’acceptation bien humble de ce compliment. Un merci avait été soufflé, tout juste audible, dans l’intimité de la pièce. Il était rare qu’elle s’épanche en confidence, encore plus rare qu’elle le fasse auprès d'une personne si importante. Elle ramena sagement ses mains sur ses genoux, les enserrant l’une à l’autre dans une posture familière : celle qui lui interdisait de voler à gauche ou à droite. Comme souvent, lorsque la conversation était dirigée vers elle, Astarté faisait diversion pour la repousser ailleurs, sur autre chose, sur quelqu’un d’autre. D’un léger mouvement de tête, elle désigna le ventre rebondi de la duchesse.

- Ce sera un enfant solide et vigoureux, capable d’affronter la vie. Il se sera mesuré à beaucoup, avant même sa naissance, avec cette guerre. Un enfant d’agate, pour le courage et la force. Oh.. Ce ne sont que de vieilles histoires que racontent les anciens de la Guilde des Joyaux...
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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Lun 17 Avr - 19:31

« Je l’espère, je l’espère sincèrement… »

Les mots moururent dans sa gorge, Sitara refusant d’en dire plus – ne pouvant en dire plus. Elle qui était déjà très émotive à cause de la grossesse, ou du moins était-ce ce qu’elle croyait bien qu’elle ne l’ait pas été autant la première fois, elle risquait de ne pas supporter cet afflux de tristesse, à croire sa sœur enlevée à elle pour toujours. Elle voulait se convaincre du contraire, mais l’afflux de blessés qui finissaient par succomber ne l’y aidait pas. Elle soupira, hochant doucement la tête, s’efforçant à sourire. « Merci, dame Astarté. Vos paroles me touchent, et je m’efforçais de me les remémorer. » Pour essayer de réellement y croire, peut-être. Elle devait à la sincérité qu’elle ressentait dans les propos de la jeune femme, l’affection même peut-être malgré le fait que ce soit plus délicat à déceler, à identifier, de s’essayer à cela. De ne pas renoncer. Tout comme elle le devait Sicq Qoraïch, qu’elle avait sollicité pour savoir s’il était au courant de quoi que ce soit.

Elle parvint à la distraire, en parlant de ce… rêve, qu’elle avait vécu, à l’intriguer. Elle semblait le voir réellement, l’avoir vécu. Était-ce une métaphore ? Elle n’avait pas conscience que la jeune femme ait pu être mariée, et jamais sa sœur ne lui en avait dit quoi que ce soit. Étrange. Avait-elle été trop curieuse ? Elle ne pouvait cesser de s’interroger, pourtant. Devait-elle tenter de comprendre plus de choses encore ? « Pensez-vous que ce… rêve puisse devenir réalité ? Sans doute pourriez-vous épouser votre compagnon, et avoir ces enfants que vous désirez. Vous commencez à avoir une grande réputation, parmi les nôtres, et même en dehors du duché, plus peut-être que vous ne le réalisiez… Je n’ai pas la chance de connaître personnellement toute la famille de ma sœur, mais je suis sûr que Sinh Qoraïch serait chanceux, de vous avoir pour épouse. » De ce qu’on lui avait dit, sur la jeune femme, du moins.

Elle fronça les sourcils, cependant, en l’entendant. Elle ne le désirait pas à ses côtés ? Sitara ne pouvait guère avoir la moindre idée de ce qu’elle avait vécu, de la dureté de sa vie, bien qu’elle soit avertie des épreuves qu’elle avait eues à affronter, dans une certaine mesure. Ses propos n’étaient pas clairs à ses yeux pour autant – mais qui était-elle, pour favoriser la confession ? Comment savoir si la jeune femme répondait par envie ou par obligation, face à sa sultane ? Soupirant, elle releva la tête pour adresser un doux sourire à la joaillière.

« Quel que soit votre avenir, je souhaite qu’il vous soit plaisant – et qu’il arrive quand vous le souhaiterez. La joie de donner la vie est sans égale, pour toute personne le souhaitant. Puissiez-vous connaître ce bonheur. »

Elle était sincère, sans doute possible. Elle aimait tendrement Qasim, et aimerait tout autant cet enfant à venir qu’elle portait. Si sa grossesse l’épuisait et l’agaçait parfois, limitant ses mouvements et lui rendant la vie inconfortable, la plupart du temps, elle le chérissait et ne se lassait pas de sentir les mouvements à travers son ventre maintenant assez imposant. La main déposée dessus le montrait bien, en cet instant. Sans doute Astarté l’avait-elle remarqué. Sitara la regarda avec surprise, en l’entendant.

« Croyez-vous que chacun de nous ait un joyau qui lui soit prédestiné, Astarté ? Elle avait demandé à ce que Qasim lui soit amené, sitôt qu’il se réveillerait, peut-être Astarté le verrait-elle, et pourrait estimer ce qu’elle croyait pour lui. Auraient-ils, selon les anciens, une influence sur la vie de l’enfant ? »

Elle avait appris à écouter les légendes, les croyances, même passées. Et elle souhaitait plus que tout préserver ses enfants, leur offrir la meilleure vie possible.

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Message Sujet: Re: Parce qu'il faut un abri, même de sable   Mer 7 Juin - 14:47

L’aimait-elle, seulement, Sinh Qoraich? Elle l’aimait car il était facile de l’aimer, facile de se faire aimer de lui. Elle l’aimait car l’aimer faisait réagir Sicq et lui valait quelques regards désapprobateurs. Astarté n’était plus tout à fait invisible, devant lui, lorsque Sinh lui baisait le front ou glissait sa main sur elle. Elle aimait la façon dont il la faisait rire en faisant le pitre comme un enfant. Elle aimait quand il lui parlait de son griffon, celui avec qui il s’était lié, sans jamais, jamais ne s’arrêter sur la douleur de la séparation. Elle aimait quand il mimait les bagarres qu’il avait vécu, ici ou là, hier où il y a dix ans, avec humour et humilité. Elle aimait tout, de lui, mais elle ne l'aimait pas. Pas comme elle avait aimé Sicq. Ou peut-être était-ce ça, l’amour, d’accepter d’aimer seulement la compagnie d’une personne en refusant les frissons, les tremblements et la fièvre?

- Je… Je ne crois pas que ce soit à moi de… de demander…

Se faire dire non faisait si mal, oh… Si mal. Elle ne s’y risquerait plus, plus jamais. Elle avait laissé sa phrase en suspens, laissant à sa souveraine tout le loisir de la compléter. Aux douces paroles de Sitara et à son souhait de la voir heureuse, Astarté avait répondu d’un sourire reconnaissant. Gentille souveraine, toute pleine de douceur et d’espoir. Erebor avait énormément de chance d’avoir Anthim comme roi, et tout autant de chance de compter une épouse si sensible comme Sultane.

Quant à Qasim, le petit Prince, et son agate précieuse, la joaillière acquiescait. Oui, elle le croyait, la gitane, que chacun des enfants des dunes ait un joyau lui étant prédestiné.

- Les pierres sont cachées dans les recoins les plus sombres des montagnes, dans des réseaux sillonnant le désert. Elles nous ont vu naître, elles nous voient grandir, et elles verront notre héritage. Je crois qu’elles nous influencent par leur proximité avec le peuple d’Erebor, oui. Comme le parfum des fleurs, ou les couleurs peuvent avoir une certaine emprise sur nous… Comme si les pierres nous transmettaient une certaine énergie.

Son regard de chat posé sur la table, elle se faisait petite, toute petite, alors qu’elle prenait longuement parole. Sans trop de difficulté, Astarté se souvenait encore du sentiment persistant de cloisonnement, dans la grotte qui avait bercé son enfance. Chaque pierre trouvée, brillante, faisait office de maigre réconfort. Elle les connaissait, ces petits cailloux vendus à prix d’or.

- L’agate est associée à la force, mais également à la vigueur. Celle de l’esprit et celle du corps. Il semblerait, bien que j’en doute, qu’elle tend à attirer la richesse. ...La moitié du désert serait richissime…

Elle s’était arrêtée, vaguement amusée, pour méditer cette croyance. Si il lui semblait plausible que les minerais exercent un léger pouvoir sur leur environnement, il lui semblait toutefois surréaliste qu’ils attirent la richesse. Son amusement fut de courte durée puisqu’une jeune femme et d’un bambin entraient dans les appartements de Soltana. Qasim. C’était donc lui, le petit Prince, l’avenir d’Erebor? Elle lui avait offert un médaillon ciselé représentant le scorpion et la balance de son duché, à sa naissance, sans avoir eu la chance de le voir, ce petit Qasim. Astarté plissa finement les yeux sur le garçon, non sans lui offrir un sourire doux et conquis. Comment ne pas l’être, devant ces êtres innocents qui n’étaient pas encore marqué par le vice?

À sa grande surprise, la Sultane lui remit l’héritier entre les mains après l’avoir cajolé et rassuré un moment. La gitane en avait déjà bercé, des petits, des moins petits, des grands garçons et des fillettes, lors de ses visites nombreuses auprès du clan Qoraïch. Elle avait l’habitude de converser avec Arsène, depuis qu’il avait croisé sa vie, à Sinsarelle. Ce n’était pas l’enfant en lui-même qui l’intimidait, mais plutôt ce qu’il représentait et ce pouvoir énorme qui l’incombait, alors qu’il était si petit.

- Que vous êtes beau… Que vous êtes merveilleux, petit Prince.

Après la terreur de l’échapper ou de le faire hurler de peur, la gitane se détendit. L’enfant était calme et visiblement habituée au visage féminin. C’est entre les bras d’une joaillière comblée et sous le regard protecteur de sa mère qu’il pu assister à une longue conversation où la timidité des deux femmes s'étiolaient peu à peu pour laisser place à une compréhension mutuelle.

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