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 Même la morale parle pour eux

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Message Sujet: Même la morale parle pour eux   Mer 8 Fév 2017 - 19:24


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Castiel de Sombreflamme & Alméïde d'Erebor

Même la morale parle pour eux

Puisqu'on est fou, puisqu'on est seul, puisqu'ils sont si nombreux



• Date : 8 janvier 1002
• Météo : La nuit est très fraîche dans le désert
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Alméïde n'arrive pas à dormir. Voilà une semaine qu'elle évite de contacter Castiel, de peur de lui expliquer la situation dans laquelle elle est. Mais il doit savoir et honnêtement... il lui manque.
• Recensement :
Code:
• [b]8 janvier 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1760-meme-la-morale-parle-pour-eux]Même la morale parle pour eux[/url] - [i]Castiel de Sombreflamme & Alméïde d'Erebor[/i]
Alméïde n'arrive pas à dormir. Voilà une semaine qu'elle évite de contacter Castiel, de peur de lui expliquer la situation dans laquelle elle est. Mais il doit savoir et honnêtement... il lui manque.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Mer 8 Fév 2017 - 19:58, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Mer 8 Fév 2017 - 19:26

Une semaine.
Une semaine que ses réflexions se perdent dans la tourmente. Une semaine que l'horreur de la réalité l'a rattrapée en malmenant son coeur, le piétinant sans aucune considération. Une semaine que ses nuits se font courtes et qu'elle est au bord des larmes à chaque instant, d'imaginer ce que sa décision pourra avoir comme conséquences. Deux jours à peine après les paroles échangées avec Anthim, une longue lettre a pris la direction de la caserne d'Ibelin où réside sa soeur, afin de lui demander conseil et réconfort. Une autre a été dirigée vers sa tendre amie Mélusine, espérant qu'elle saurait la guider à travers ce brouillard épais dans lequel elle s'est égarée et dont elle ne parvient pas à sortir. Elles sauront l'aider, n'est-ce pas ?

Mais Alméïde n'en peut plus d'attendre une réponse de leur part. Cela fait une semaine qu'elle n'a pas remis son précieux médaillon autour du cou, qu'elle n'a pas entendu sa voix, qu'elle ne peut se résoudre à lui annoncer la nouvelle. Son ventre se tord et elle se recroqueville au fond de son lit, dans lequel elle se tourne et se retourne depuis des heures. Elle a trop chaud, sous les draps pourtant fins, dans cette nuit pourtant fraîche. Elle s'allonge sur le dos en repoussant l'étoffe délicate et son regard se perd sur le sommet de son lit à baldaquin. Les fenêtres ouvertes laissent entrer la brise qui vient effleurer les voiles qui l'entourent et les lunes jumelles éclairent la pièce d'une lueur argentée, ténue.

Elle ne peut plus se défiler, elle n'en a pas le droit.
Incapable de fermer l'oeil, elle se redresse et quitte son lit, enfilant une robe de chambre par dessus sa chemise de nuit. Ses pas la mènent jusqu'à sa coiffeuse dont elle ouvre un tiroir pour y retrouver le médaillon, soigneusement rangé, conservé, dissimulé pour éviter toute tentation. Ses doigts se ferment sur le métal froid et son coeur se met à battre un peu plus vite. Elle va enfin pouvoir entendre sa voix à nouveau mais... peut-être est-il en train de dormir ? Lui en voudra-t-il de ne pas l'avoir contacté plus tôt ? Ô, Aïda, guide ta protégée.

La princesse des dunes s'éloigne pour se retrouver dans son salon. Elle s'installe dans un fauteuil moelleux, ramène ses jambes contre elle, sans prendre la peine d'allumer une bougie. Le médaillon est mis autour de son cou et ses doigts tremblent contre la chaîne d'argent qui luit sous la lueur des lunes.

« Castiel... ? » Même par l'esprit, on sent l'hésitation dans la voix timide qui voyage d'un duché à un autre, dans le plus grand secret. Au fond, elle espère peut-être un peu qu'il ne lui répondra pas, qu'il est trop tard, qu'il est confortablement installé dans les bras de Niobé et qu'elle n'aura rien à lui dire cette fois-ci. Mais elle n'aura pas cette chance.

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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Dim 12 Fév 2017 - 23:48

Dormir.

C’est bien ton rêve, oui, mais tu en es incapable. Incapable de trouver la moindre miette de sommeil, alors que ton esprit fonctionne à toute allure, alors que tu tentes de chasser les idées noires qui s’y bousculent. La tempête règne, à l’extérieur du palais, mais pas seulement. Dans ton cœur, dans ton esprit, dans tout ton corps, même, tourmenté jusqu’à l’os. Il y a une semaine que de la part de la princesse d’Erebor, tu n’as que du silence. Un silence obstiné, inquiétant, bien que ton esprit ait si souvent appelé et cherché le sien, en vain – et la situation d’Ibélène étant ce qu’elle est, tu ne peux pas t’assurer que tout va bien plus rapidement. Tu voulais, triomphal, lui annoncer la reconnaissance de son statut de princesse en Sombreciel, avant même que le courrier ne rejoigne Vivedune. Tu voulais, mille fois, lui susurrer des mots doux, des histoires, lui parler de tout ce que vous partagez et qui devient à chaque moment plus fort. Sans même vous voir, tu la sais à tes côtés, et cela te rassure. Mais cette semaine, il y avait le silence et le vide, et comme un château de cartes particulièrement fragile, tu t’es effondré sur toi-même.

Tu es couché dans ton lit, mais tu ne dors absolument pas, en attente que du médaillon que tu portes autour de ton cou, tu obtiennes quoi que ce soit.
N’importe quoi.

Tes yeux se ferment, pour tenter de rejoindre au moins un état de somnolence bienvenu, et tu crois même y arriver, lorsqu’au fond de ton esprit, enfin, quelque chose s’éveille. « Castiel… ? » Tu te redresses net entre tes draps, comme si jamais Niobé ne t’avait effleuré du bout des doigts. C’est bien sa voix, c’est bien elle. « Alméïde. Je commençais à m’inquiéter », dis-tu intérieurement, sur un ton naturel et pas le moins du monde épuisé, jusque sensiblement charmeur dans ces mots soulagés. Même ton esprit sait parfaitement cacher le mensonge, celui de cette paranoïa nerveuse qui t’a plongé dans une sombre spirale qui a fait craindre toute la domesticité du palais. Tu as eu un mois de décembre particulièrement heureux, euphorique, et tu ne pensais pas si rapidement redescendre. Si rapidement rejoindre les ombres. Tu es bien trop sensible. « Est-ce que tout va bien ? » Elle a simplement été bien occupée, avec le harem, te rassures-tu. Rien qui demande que tu t’inquiètes réellement, n’est-ce pas ?

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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Lun 13 Fév 2017 - 7:59

La nervosité est à son comble et le silence si pesant, au coeur de la nuit. Mais soudain, sa voix retentit, aussi claire que s'il se trouvait à ses côtés.

« Alméïde. Je commençais à m’inquiéter » Il est heureux qu'il ne puisse voir l'embarras qui se dessine sur ses traits, car elle n'en mène pas large la princesse, alors que son coeur bat à toute allure de le savoir si proche et pourtant si loin. Les derniers événements rendent l'instant plus douloureux encore ; quoi qu'elle fasse, elle le sent qui s'éloigne un peu plus à chaque seconde, à chaque pensée tournée vers sa conversation avec Anthim et à ce choix qui pèse sur ses épaules. Elle marche sur un fil, Alméïde, et elle se sait sur le point de tomber d'un côté ou de l'autre de la balance.

« Je suis désolée, je ne voulais pas... vous alarmer. » répond-elle, un peu penaude, se sentant légèrement coupable de ne pas l'avoir recontacté plus tôt. Mais il lui fallait au moins ça pour rassembler tout son courage, et encore maintenant, elle n'est pas certaine d'être capable de lui dire ce qu'il en est. C'est une chance qu'elle ne soit pas à ses côtés pour voir sa réaction, car elle ne supporterait pas de lire la déception ou la colère dans le noir de ses yeux.

« Est-ce que tout va bien ? » Alméïde pousse un soupir qu'il ne peut entendre. L'espace d'un instant, elle plonge son visage dans ses mains, lasse de toute cette situation, cherchant la force de lui répondre. Quand elle relève les yeux pour les poser sur la fenêtre, elle est pourtant résignée. « Non. Ca ne va pas bien... » répond-elle le plus sincèrement du monde. Béni soit ce médaillon, car il lui permet encore de s'exprimer alors que sa gorge se serre, que ses lèvres tremblent. Recroquevillée sur son fauteuil, elle s'efforce de reprendre contenance et son esprit se tend à nouveau vers lui. « Mon frère n'acceptera jamais notre union, il exige que je rompe les fiançailles et... » Même par la pensée, les mots peinent à sortir. Comme si elle ne parvenait toujours pas à croire à une telle éventualité. « Et il veut que j'épouse Martial de Bellifère. »

Elle est bien heureuse qu'il ne puisse voir les larmes qui embuent son regard, coulent le long de ses joues, dans une souffrance silencieuse. Anthim lui a laissé un peu de temps pour prendre une décision en son âme et conscience. Elle sait pourtant ce qu'elle doit faire désormais, elle n'a pas vraiment le choix.

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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Mar 21 Fév 2017 - 16:02

Elle ne voulait pas t’alarmer. Elle est si mignonne. Tu cilles un peu, à ce vouvoiement qu’elle emploie et qui sonne certes bien, mais qui est pourtant du passé entre vous depuis sa visite à Euphoria. Ça a certainement un charme, mais tu crains un peu ce que ce retour à ces formulations impersonnelles peut signifier. Peut-être a-t-elle changé d’avis sur vos fiançailles ? Tu réfléchis trop, te réprimande Mirat, qui connaît ta propension à sauter rapidement aux pires conclusions possibles et à y croire plus qu’à tes propres mensonges.

Tu ne peux pas te calmer, cela dit, alors qu’à ta question inquiète, Alméïde répond ce qui semble déjà être le début d’un cauchemar : « Non. Ca ne va pas bien... Que se passe-t-il ? » Rien de grave. Le harem. Un rhume. N’importe quoi. « Mon frère n'acceptera jamais notre union, il exige que je rompe les fiançailles et... Et il veut que j'épouse Martial de Bellifère. »

Tu te tais. D’esprit et de voix. Frappé par ces mots, que tu peines d’abord à comprendre, avant de les assimiler pleinement.

Comment ose-t-il ? Comment peut-il ?

La rage, sourde, se mêle à la tristesse, alors que ton souffle se coupe, s’étouffe. Que les larmes coulent, brûlantes, glacées, que tout ton corps tremble. Que sous tes doigts, le pelage blanc et duveteux est devenu noir comme la nuit, que le ronronnement est devenu grondement. Dans ta chambre encore en cours de restauration, tu pousses un hurlement à éveiller les morts. Tu attrapes chaises, vases, tableaux, et tu jettes tout contre les murs, pris d’une frénésie destructrice, jusqu’à ce que tu n’aies plus rien à lancer. Jusqu’à ce qu’il ne te reste que ton propre corps à haïr, à déchirer. « Je… » Tu quoi ? Que feras-tu, Castiel ? Que feras-tu pour qu’Anthim accepte ce mariage et que la femme que tu aimes ne se retrouve pas mariée à Martial de Bellifère ? Que feras-tu pour récupérer ces mensonges et ces cachotteries que tu entretiens depuis si longtemps et qui viennent de vous éclater au visage ? Vas-tu lui promettre que tout ira bien ? Que tu régleras tout ? Tes ongles grafignent tes bras, tes cuisses, jusqu’à laisser des marques sanglantes, jusqu’à ce que ton esprit tourmenté réussisse à s’arrêter de tourner et de penser. Tu as mordu tes lèvres et ta langue jusqu’à sentir le sang couler dans ta bouche. Tu es prostré dans un coin de ta chambre, animal farouche et furieux, frère jumeau du grand félin qui frémit sur ton lit.

Ton esprit revient à celui de la princesse. « Il veut l’aide de Bellifère, dis-tu sans attendre de réponse. Tu ne vois même pas d’autre possibilité – tu ne vois pas pourquoi Anthim serait cruel au point d’enfermer son indépendante et aimée sœur dans un mariage où elle sera réduite à un ventre fécond – et celle-ci répond aux plans de Maximilien et la duchesse Ermengarde à ton propre égard. Je peux… peut-être. » Une idée. Une idée, venue troubler le fil de tes pensées, qui vont trop rapidement pour que tu puisses les articuler clairement à la dame de ton cœur. Tu dois réveiller Maximilien. Tes législateurs. Tout ce damné palais qui DORT alors que TOI tu ne dors PAS et que TON CŒUR est BRISÉ. « Peut-être est-ce possible. Qu’il ait l’aide de Bellifère, tout en nous mariant. Ça semble fou, ainsi, mais tu es duc de l’Esprit, de la Folie, tu n’es pas à un accès de créativité près. Vous… veux-tu… veux-tu toujours m'épouser, Alméïde ? » Tu doutes. Tu es debout, à moitié vêtu, sans que tu te sois rendu compte de chacun de tes gestes. Tu veux savoir. Cela vaut-il la peine ? Que tu secoues mer et monde afin d’épouser cette femme, envers et contre tout ? Veut-elle encore, ô Mirta ?

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Dim 18 Juin 2017 - 17:06, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Mar 21 Fév 2017 - 19:12

À ses paroles, succède un long silence, pesant, presque étouffant. Pas un mot, pas une pensée. Et il est si loin... si loin qu'elle ne peut le voir, ne peut l'entendre. Elle ignore tout de sa réaction. Tout ce qu'elle a, c'est le silence. Et voilà que la peur s'insinue dans ses veines, insidieuse, paralysante. Est-il parti ? Lui en veut-il de cette nouvelle dont elle n'est que le malheureux messager et l'impuissante victime ? L'horreur de la réalité la rattrape et son ventre se tord plus encore de songer à la suite, de savoir qu'elle doit accomplir son devoir, peu importent les conséquences. Mais ce serait tellement plus facile si... elle avait droit à une parole rassurante, à une marque de compassion. Juste de quoi lui donner le courage de continuer, de puiser dans des forces qu'elle n'a pas, qu'elle n'a plus. Mais elle se heurte au néant quand son esprit se tend vers lui.

« Je... » « Castiel ? » Un mot, puis il disparaît à nouveau. Ô Destin, pourquoi es-tu si cruel ? Alméïde sent son coeur se serrer, se briser un peu plus, à chaque seconde qui s'écoule sans un mot de lui. Recroquevillée sur son fauteuil, elle tremble, resserrant sa robe de chambre contre elle sans aucun résultat. Prononcer ces paroles, d'esprit à esprit à défaut d'être face à face, rend l'inévitable encore plus réel, plus puissant et plus douloureux. Elle essuie son visage inondé de larmes, une fois, plusieurs fois, puis elle abandonne, le corps secoué de sanglots. Son esprit l'appelle encore, à plusieurs reprises. Mais le temps s'allonge et semble s'éterniser quand enfin, sa voix perce le voile de la nuit.

« Il veut l’aide de Bellifère. » « Oui. » C'est aussi simple que ça. Un mariage, une alliance, une union qui lui déchire le coeur mais qui sera salvatrice à bien des égards, elle le sait. Elle voudrait ignorer tout cela, la princesse. Il serait tellement plus simple de faire fi de la politique et de ses responsabilités, mais elle ne peut plus tourner le dos à son frère, à son duché. « Je peux… peut-être. » Peut-être... ? Son attention s'éveille, son être tout entier désire s'accrocher à ce dernier espoir mais la raison la ramène à l'inéluctable. Il n'y a rien à faire.

« Peut-être est-ce possible. Qu’il ait l’aide de Bellifère, tout en nous mariant. » Sur ses lèvres, un sourire las, presque désabusé. Elle a passé les derniers jours à tourner et retourner la situation dans tous les sens afin de trouver une solution mais rien ne semblait suffisant pour parvenir à un accord avec Bellifère. Son frère a raison, seul un mariage permettrait une union forte entre les deux duchés.

« Vous… veux-tu… veux-tu toujours m'épouser, Alméïde ? » La question la prend au dépourvu, tout comme cette familiarité à laquelle elle ne parvient pas à s'habituer, qui fait battre son coeur, qui la ramène aux tendres moments passés à ses côtés. Elle se secoue mentalement ; elle doit être forte, ne pas laisser son coeur l'emporter. Ca ne rendra les choses que plus difficiles. « B-bien sûr que... je le veux toujours. Mais ça ne dépend pas que de moi Castiel. » Ca n'a jamais été le cas et elle l'a oublié, dans ce tourbillon vertigineux qui les a emportés tous les deux, sans prévenir. « La guerre est à nos portes et j'ai un devoir envers Erebor, je ne peux pas... » Elle n'y arrive pas, elle ne peut pas prononcer ces mots, pas même par la pensée. « J'ai cherché, j'ai vraiment cherché, mais je n'ai pas d'autre choix. Pardonne-moi... » Comme elle aimerait, à cet instant, pouvoir se blottir dans ses bras. Juste le temps d'un battement de coeur, juste une dernière fois.

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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Mar 21 Fév 2017 - 19:58

« B-bien sûr que... je le veux toujours. Mais ça ne dépend pas que de moi Castiel. » Tu soupires, un peu soulagé. Si elle désire t’épouser, tout n’est définitivement pas perdu. Toi, tu ne doutes pas, et tu termines donc de te vêtir, bercé par les sombres mots de la princesse d’Erebor : « La guerre est à nos portes et j'ai un devoir envers Erebor, je ne peux pas... J'ai cherché, j'ai vraiment cherché, mais je n'ai pas d'autre choix. Pardonne-moi... » Tu as un sourire, plutôt un rictus, indulgent. Pauvres résidents de ces autres duchés, si à l’étroit dans leurs lois rigides et aucunement explorées sous toutes les coutures. Sombreciel n’est pas en reste, à ce qui a trait à la tradition, vos femmes sont toujours voilées n’est-ce pas, mais vous avez su pousser les limites de votre esprit bien plus loin que tous les autres. « Ne pense pas que j’ai dit mon dernier mot. » Mystère.

Tu ouvres grand la porte de ta chambre. « CÉSAIRE ! », que tu hurles dans le corridor, à l’intention de ton majordome, que tu sais déjà proche. Même, dans la seconde suivant ton cri, il est devant toi. « Vous êtes blessé, Votre Grâce, fait-il remarquer, détaillant ta bouche barbouillée de sang et tes bras à l’identique, dépassant de ta chemise de soie, l’imbibant d’écarlate. Tais-toi. Va réveiller Yvain l'Épistol et va faire chercher les autres législateurs du palais. Je les veux dans la bibliothèque légale dans dix minutes : je coupe un doigt à chaque minute de retard. » Promesse que tu te feras un plaisir de faire tenir toi-même ; sur ton chemin jusqu’à la bibliothèque en question, tu passes dans la salle d’arme pour y prendre une épée. La garde est froide dans ta main, loin de la chaleur éclatante d’Ordalie, mais cela suffira à appuyer ta menace et à l’exécuter au besoin. Et si tu rates ta cible ?
Tu n’as que faire d’un législateur retardataire, alors que tu lui coupes un ou trois doigts, ou même la main jusqu’au poignet, ça ne sera que de bonne guerre.
Tu es le premier arrivé dans la pièce et le tapis sous tes pieds nus te réchauffe. « Sombreciel est le duché de l’Esprit, dis-tu à Alméïde, aussi calme à l’intérieur que tu peux être agité à l’extérieur. Et j’espère bien que cela nous sauvera. » Sauvés par la loi. Rien de romantique, mais tout de pratique, et tu baiserais à la fois les pieds de Levor et de Mirta pour que ton duché soit la maison d’une si belle alliance entre eux.

Une chaise accueille ton grand corps nerveux. L’épée est déposée sur la table, au moment où les législateurs entrent tour à tour, paniqués et endormis à la fois. En surface, tu gardes un silence parfait, attendant que tous prennent place. Tu veux expliquer le plan à Alméïde, imaginé à toute allure, en espérant que toutes tes espoirs fous pourront être rencontrés dans le millénaire d’archives entreposé au palais d’Euphoria : « On m’a offert la main de la princesse Madeleine, en octobre. J’ai refusé, expliques-tu à l’Erebienne. Bien sûr que tu as refusé : ça allait de soi. La situation est bien différente, maintenant. Hypothétiquement, si vous devenez toutes deux mes épouses, votre statut de consort me permettrait d’établir un lien de protection entre Bellifère et Erebor, avec l’accord de toutes les parties impliquées. Hypothétiquement. Le mot magique. Qu’en penses-tu ? » Tu devras réveiller Maximilien. Tout lui avouer. Tout lui expliquer.

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Sam 29 Avr 2017 - 20:10, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Mar 21 Fév 2017 - 20:49

« Ne pense pas que j’ai dit mon dernier mot. » L'assurance des paroles – plus que les paroles elle-mêmes – surprennent l'Erebienne qui se redresse légèrement dans son fauteuil. Voilà des jours qu'elle est prise un peu plus par une spirale défaitiste, au bord du désespoir, et voilà qu'elle semble enfin apercevoir un peu de lumière à l'horizon. Mais une simple lueur ne suffit pas totalement à lui rendre son optimisme habituel. Non, elle ne peut s'accrocher à cette infime illusion, de peur d'être déçue ou brisée à nouveau. Elle reste vigilante pourtant, l'esprit attentif au moindre mot, à la moindre parole. Ses doigts se referment sur le médaillon et son coeur bat un peu plus fort. A-t-il réellement une solution... ?

« Sombreciel est le duché de l’Esprit. Et j’espère bien que cela nous sauvera. » Elle est perplexe, la princesse, mais ses larmes ont cessé de couler et tout son esprit est ouvert à ce qui va suivre. « Mais... comment ? » demande-t-elle, un peu hésitante. Est-ce seulement possible ? Leurs législateurs sont les meilleurs du continent, c'est ce qui se dit et elle ne remet pas en cause cet état de fait. Pourtant, elle ne parvient pas à imaginer ne serait-ce qu'une partie de ce qui peut les sortir de là.

Le silence se fait à nouveau, moins long mais tout aussi terrifiant. Ne tenant plus en place, Alméïde se lève et se met à faire les cent pas dans sa chambre plongée dans l'obscurité. Ses pieds nus frôlent tapis et mosaïques, ses bras se serrent contre sa poitrine afin d'empêcher ses mains de trembler.

« On m’a offert la main de la princesse Madeleine, en octobre. J’ai refusé. » Les mots qui retentissent à nouveau la figent sur place, tant la surprise est grande. Son coeur manque un battement. La main de la princesse... ? Et il a refusé ? Elle comprend mieux pourquoi son premier conseiller est venu la voir directement, suite à ce qu'il s'est passé durant la Samhain. Pourquoi il semblait si désireux de les voir faire preuve de patience. Mais s'il est convaincant, Castiel a su l'être encore plus. Sa persévérance a eu raison de tous les plus précieux des conseils et les sentiments ont pris le dessus sur tout le reste. Alméïde se remémore cette période avec affection et une amertume douloureuse alors qu'elle patiente en silence.

« Hypothétiquement, si vous devenez toutes deux mes épouses, votre statut de consort me permettrait d’établir un lien de protection entre Bellifère et Erebor, avec l’accord de toutes les parties impliquées. » Elle reste interdite, complètement paralysée. « Qu’en penses-tu ? » C'est complètement insensé, voilà ce qu'elle pense.

« Mais... c'est vraiment... possible ? » Elle n'y croit pas vraiment, pas encore, et elle se remet à faire les cent pas, allant même jusqu'à retourner sur son balcon où l'air frais de la nuit l'aide à rester alerte, rafraîchissant son visage encore humide de larmes. À son tour, elle réfléchit, pesant le pour et le contre d'une telle idée, cherchant à repousser cette terrible sensation liée au fait qu'il puisse épouser Madeleine de Bellifère. « Admettons que... que ce soit faisable. Je doute parvenir à convaincre Anthim. Il ne veut pas que je devienne ta femme, il a été catégorique. Et ça m'étonnerait qu'il... veuille entendre ce que tu as à dire. » Elle reste un instant silencieuse, puis elle demande, un peu hésitante. « Et tu... tu serais vraiment prêt à l'épouser, elle aussi ? Pour... » Pour nous ? Elle ne veut pas qu'il se force à quoi que ce soit, pas alors qu'il lui évite un sort semblable aux côtés du prince de Bellifère. Ce serait injuste de sa part de le laisser se sacrifier ainsi pour eux deux. L'espoir est mince, mais il est revenu et elle s'y accroche pourtant. Ca peut marcher, à condition qu'Anthim accepte et que Bellifère accepte également. Deux conditions qui sont loin d'être gagnées.

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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Mer 22 Fév 2017 - 12:03

« Mais... c'est vraiment... possible ? Bien sûr. » C’est un mensonge. Certes assuré, mais un mensonge tout de même, auquel tu veux croire plus que tout au monde. Tu n’es pas le duc le plus farfelu qui ait foulé les terres d’Arven, surtout pas en Sombreciel : il existe forcément un précédent. Et sinon, une référence quelconque sur laquelle bâtir toute la forteresse de fragile verre que constitue ce plan risqué. Tu refuses d’être effrayé par cette idée, qui te semble, dans ta colère, dans ton exaltation, excellente. « Admettons que... que ce soit faisable. Je doute parvenir à convaincre Anthim. Il ne veut pas que je devienne ta femme, il a été catégorique. Et ça m'étonnerait qu'il... veuille entendre ce que tu as à dire. Tu chasses cette idée désagréable d’un geste de la main, qu’elle ne peut pourtant pas voir. Maximilien et Mélisende se chargeront de cela. » Tu doutes que quoi que ce soit que tu puisses dire à Anthim, il l’accepte, même les choses les plus raisonnables. Devant Maximilien et Mélisende, cela dit, tu sais bien qu’il sera plus attentif à ce plan fou qui lui permettrait d'obtenir tout ce qu’il désire, y compris le bonheur de sa sœur (bien que tu peux maintenant voir qu’aux yeux de cet homme, elle n’a probablement été toute sa vie qu’un simple objet qui pourrait un jour lui servir)(méprisable misérable vermisseau).

Ces idées ne font rien pour te calmer. Les dents serrées, tu observes la dernière législatrice à entrer, pile à l’heure, et les portes de la bibliothèque se refermer derrière elle. Pas de doigt coupé aujourd’hui. Dommage. Tu gardes tout de même l’épée proche de ta main, prêt à faire regretter la moindre protestation. « Et tu... tu serais vraiment prêt à l'épouser, elle aussi ? Pour... Oui. »

Aucun doute. Aucune hésitation.

Tu te lèves de ton siège, dominant la table de toute ta hauteur. L’équipe de législateurs est épuisée, mais présente, et tu as confiance qu’ils sauront trouver ce que tu désires. Cette bibliothèque est l’endroit le plus ordonné de tout le palais : toutes les chances sont de leur côté. « Mesdames, messieurs. Nous avons une urgence, devant nous. Ta voix est rauque, d’avoir hurlé, râpeuse, sèche. Trouvez-moi un précédent légal, marital, de mariage d’un duc de Sombreciel à deux princesses, et dont l’union aurait justifié une collaboration entre ces deux duchés. Sinon, quoi que ce soit qui puisse s’en approcher – avec des dénouements heureux, si possible. Qu’on ne te propose pas une sombre histoire de trahison, ou de crime passionnel. Pour… pour quand désirez-vous cela, Votre Grâce ?, demande poliment Yvain, législateur en chef de ta couronne. Tu jettes un coup d’œil par la fenêtre, où la nuit est toujours noire, derrière la tempête. Au lever du soleil. » Le choc se lit sur tous les visages. Cela leur laisse à peine quelques heures, oui, tu en as parfaitement conscience, mais croient-ils que le temps n’est pas important ? Vous n’avez pas le loisir de vous étendre. Tu les laisses avec leur tâche, qui n’est pas mince, pour retourner arpenter les couloirs du palais, jouant de l’épée distraitement, et laisser ton esprit se tendre à nouveau vers celui d’Alméïde.

« Madeleine… je la connais bien peu, mais Maximilien m’a dit qu’elle était une femme curieuse et diplomate, qui serait bien plus à même de s’épanouir en Sombreciel que peu importe où ailleurs en Bellifère. C’est jusqu’à la chambre de ce même Maximilien que tu te diriges. Il doit déjà être éveillé. Si ce ne sont pas tes hurlements qui l’ont sorti de son sommeil, nul doute que Césaire aura pris la liberté de l’avertir du branle-bas de combat qui prend place à ce moment au palais, pour de mystérieuses raisons. Serais-tu déçue, de ne pas être duchesse ? » Tu l’as imaginé mille fois coiffer la couronne de duchesse de Sombreciel et penser que tout ceci ne restera qu’un rêve te blesse, mais les choix qui se présentent à toi sont minces. Tu préfères l’avoir à tes côtés, sans autre couronne que celle de princesse, que de ne pas l’avoir du tout.

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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Mer 22 Fév 2017 - 21:22

« Bien sûr. » L'assurance qui se dégage de ces quelques mots suffit à l'apaiser légèrement, comme si une partie du poids qui alourdit ses épaules venait de se retirer. Juste de quoi respirer à nouveau. Juste de quoi apercevoir un peu de clarté à l'horizon. Pourtant, il y a tant d'ombres à ce tableau qui lui semble avoir des allures d'espoir insensé. Ne serait-ce que l'aval d'Anthim, lui qui lui a bien fait comprendre que jamais il ne pourrait accepter une telle union. Pourrait-il seulement changer d'avis ? Saura-t-il se montrer plus conciliant si l'idée de Castiel est réellement faisable et qu'on lui en montre les preuves avec calme et diplomatie ? Autant dire qu'il vaut mieux que ce ne soit pas lui qui s'occupe de cette partie-là et elle est soulagée d'entendre sa réponse. « Maximilien et Mélisende se chargeront de cela. » Bien. C'est une bonne idée, oui. Alméïde ressent un certain malaise en songeant au premier conseiller dont elle n'a justement pas suivi les conseils avisés, mais elle a totalement confiance en Mélisende et sa capacité à garder son calme, quoi qu'il se passe. Ensemble, ils auront plus de chance de convaincre Anthim, s'ils l'acceptent bien entendu. Sauront-ils se laisser entraîner dans une telle folie ? Simplement pour que tous les deux puissent enfin vivre leur amour sans avoir à s'en cacher ? Elle se sent soudain comme une enfant capricieuse, à remuer ciel et terre afin d'être à ses côtés, mais le simple fait de devoir supporter cette situation en ne communiquant que par le biais de ce médaillon est déjà douloureux. Sa présence lui manque, plus encore depuis la dispute avec son frère.

Mais il n'y a pas qu'Anthim qui risque d'être un obstacle. Et Bellifère ? Et... Castiel ? Pourrait-il vraiment épouser Madeleine ? « Oui. » La réponse est nette, assurée. À la fois douloureuse et rassurante. Le silence se fait à nouveau mais Alméïde ne cherche pas à l'interrompre à tout prix. Peut-être a-t-il besoin de réfléchir et elle aussi. Appuyée sur son balcon, elle contemple l'horizon étoilé et pousse un soupir. Elle ne sait que penser de cette situation. À l'entendre, ça semble si simple, et peut-être que ça l'est. Mais elle ne veut pas élever ses espoirs pour se retrouver finalement plus brisée encore, obligée d'épouser Martial de Bellifère malgré tout. C'est une possibilité qu'elle se refuse d'écarter, qu'elle se doit d'envisager, pour le bien de son duché. Au cas où... tout partirait en fumée.

« Madeleine… je la connais bien peu, mais Maximilien m’a dit qu’elle était une femme curieuse et diplomate, qui serait bien plus à même de s’épanouir en Sombreciel que peu importe où ailleurs en Bellifère. » Elle acquiesce, bien qu'il ne puisse la voir. « Ca ne fait aucun doute. » répond-elle avec douceur. Elle ne la connaît pas très bien non plus, la princesse de Bellifère, mais elle semble être une femme cultivée. Si elle ressemble un tant soit peu à la duchesse actuelle, ce doit être une personne agréable à fréquenter, elle n'en doute pas. Alméïde ne sait qu'en penser, à la fois compatissante envers la princesse de devoir s'unir à un homme qu'elle n'aura pas choisi, affligée d'imaginer que cet homme soit Castiel, pleine d'espoir quant à ce plan fou, défaitiste quant à sa résolution. Tant d'émotions qui se télescopent et qui l'empêchent de réfléchir convenablement.

« Serais-tu déçue, de ne pas être duchesse ? » La question la prend au dépourvu et elle prend bien quelques instants pour y songer. Elle ne sait pas très bien comment ça marche, en Sombreciel, où chaque habitant peut épouser autant d'hommes et de femmes qu'il le souhaite. Peut-il n'avoir qu'une seule duchesse malgré tout ? La question n'est pas là et elle reprend le fil de ses pensées. Ce serait mentir que de dire qu'elle n'y a pas songé, suite à sa demande. Qu'elle ne s'est pas vue être à ses côtés, sur le trône de Sombreciel. Mais si elle y réfléchit sérieusement, la réponse lui semble évidente. « Je ne veux pas t'épouser pour ton titre, tu le sais. Si pour cela, je dois renoncer à la couronne eh bien... ça m'est égal. » Et elle le pense sincèrement. « Mais encore une fois, ce n'est pas moi qu'il faudra convaincre. » ajoute-t-elle, dépitée. Elle imagine déjà la réaction de son frère qui ne verra qu'un affront supplémentaire à ce mariage qu'il n'approuve pas. « Il ne faudra pas trop tarder. Anthim attend une réponse de ma part, je dois pouvoir le prévenir si Maximilien et Mélisende viennent lui parler à ce sujet. » Et le temps leur est compté, plus qu'elle ne le croit, en vérité. « Il serait peut-être plus simple d'utiliser mon miroir, qu'en penses-tu ? » Maintenant que les portails ne sont plus disponibles, elle ne voit pas de solution plus rapide pour un tel entretien. Et elle veut savoir rapidement si c'est envisageable, elle doit savoir. Son coeur ne supportera pas cette incertitude encore longtemps.

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Message Sujet: Re: Même la morale parle pour eux   Jeu 23 Fév 2017 - 1:55

La réponse a le don de te rassurer, de t’assurer que de nouvelles cartes viennent d’apparaître entre tes mains. « Je ne veux pas t'épouser pour ton titre, tu le sais. Si pour cela, je dois renoncer à la couronne eh bien... ça m'est égal. Mais encore une fois, ce n'est pas moi qu'il faudra convaincre. » C’est bien le problème. Tu soupires, longuement, immobile dans le dernier tournant qui mène à la chambre de ton père et premier conseiller. Tu ne sais pas du tout si vous trouverez quoi que ce soit d’utile dans les archives légales du duché, ni les exigences que pourraient avoir Anthim et la duchesse Ermengarde, et satisfaire deux têtes couronnées simultanément n’est pas spécialement aisé.

Tenter l’impossible n’est pas un défi qui te rebute. Certainement pas. Pas alors que l’amour est en jeu, en plus de l’avenir de tout un empire.

Quelques instants, tu te perds dans la conjoncture de la beauté du Destin et de ce qu’il réserve à chacun des êtres, le regard vague, perdu dans les pierres et les tapisseries du couloir. La réalité n’attend pourtant pas que tes rêveries et tes accès de poésie se terminent : elle se rappelle à toi par la voix d’Alméïde. « Il ne faudra pas trop tarder. Anthim attend une réponse de ma part, je dois pouvoir le prévenir si Maximilien et Mélisende viennent lui parler à ce sujet. Il serait peut-être plus simple d'utiliser mon miroir, qu'en penses-tu ? C’est une riche idée, approuves-tu. D’ici la fin de la matinée, nous aurons établi une proposition à soumettre à Anthim. Je t’en parlerai avant, évidemment, afin que tu me dises si tu crois que celle-ci a des chances d’être accueillie positivement, et tu pourras ensuite proposer à ton frère un moment qui lui semble idéal afin de discuter avec Maximilien. Les documents pourront ensuite être rapidement transmis par le biais des Voltigeurs. »

Tu réfléchis au moment même où tu parles, tes idées recommençant à filer à toute allure sous ton front. Documents à rédiger en plusieurs exemplaires, très exhaustifs ; postdatés, forcément ; clauses amovibles, au cas où certaines choses ne se passeraient pas comme prévu ; les signatures officielles sont un problème, puisque tu ne fais absolument pas confiance à ton homologue erebien, mais vous n’avez pas le temps pour les simagrées.

« Tu peux dormir, mon amour. Garde ton médaillon, mais prends du repos, je t’en prie », conclus-tu d’un ton intérieur qui se veut tendre. Sa semaine a probablement été éprouvante, d’épouvante, et la tenir éveillée ainsi… non, tu ne veux pas être la cause de plus de malheurs. Pourtant, difficile de t’avouer déçu lorsqu’elle te demande timidement de rester encore un peu avec elle. Lorsqu’elle t’avoue, à demi-mots, que tu lui as manqué. Tu fermes les yeux et tu peux même voir son beau visage, à ce moment, cette expression triste et gênée que tu imagines aller à ces mots. Un sourire te revient et quand tu ouvres les yeux, tu les fixes sur la porte qui te sépare de la chambre de Maximilien. « Donne-moi… dix minutes. » Non, ce ne sera pas assez pour tout expliquer au Séverac. Ni pour que tu sois autre chose qu’en colère, encore, ou occupé à autre chose qu’à discuter de ces folies que tu veux mettre en place. Mais tu ne peux pas te passer d’elle et la savoir là, à tes côtés, dans ton esprit, est tout ce qu’il te faut. Vous réussirez.

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