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 Le chant de la cigogne

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Message Sujet: Le chant de la cigogne   Lun 13 Fév 2017 - 22:13


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Quitterie Aubenacre & Maelys Aigrépine

Le chant de la cigogne

Un échange de bons procédés



• Date : 19/03/1002
• Météo : La pluie bat son plein au dehors, poussé par des rafales venues du large, mais le temps est plus doux.
• Statut du RP : Fermé
• Résumé : Avant de partir pour le domaine de Bohémont, les Chevaucheurs se préparent. Maelys en profite pour rendre un bien qu’elle a emprunté au Capitaine d’Ansemer... Et rentre malencontreusement dans la jeune aveugle, Louison, au détour d’un couloir.
• Recensement :
Code:
• [b] 19/03/1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1785-le-chant-de-la-cigogne]Le chant de la cigogne[/url] - [i] Quitterie Aubenacre & Maelys Aigrépine [/i]
Avant de partir pour le domaine de Bohémont, les Chevaucheurs se préparent. Maelys en profite pour rendre un bien qu’elle a emprunté au Capitaine d’Ansemer... Et rentre malencontreusement dans la jeune aveugle, Louison, au détour d’un couloir.


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Dernière édition par Maelys Aigrépine le Lun 20 Fév 2017 - 16:17, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Lun 13 Fév 2017 - 22:13

J’avais oublié un certain nombre de détails, à l’issue de cette missions en Erebor, dont un qui était soigneusement plié - ou presque - sur mon bras gauche. Puisque nous sommes amenés  à travailler à nouveau de concert dans les prochains jours, mieux valait que je lui rende son bien, non ? Je n’en ai malheureusement pas bien pris soin, et me retrouve à tirer sur le manteau pour tenter de l’aplatir, pour faire disparaître quelques plis, à défaut d’avoir pris le temps de le laver.

J’arpente les couloirs de la Caserne d’Ansemer sans bien me préoccuper du chemin à prendre, toute affairée à ma tâche. Et puis, elle est étrangement similaire à la nôtre, en Lagrance, voir même un peu plus spartiate. Je relève la tête avec un temps de retard, un hoquet de stupeur m’échappant, quand je percute subitement quelqu’un au détour du couloir. « Aoutch... » Je me tiens la tête d’une main, laissant retomber le manteau au sol, et avise celui - ou plutôt celle - que je viens de faire tomber. « Euh... Ca va ? » Je lui tends une main, qu’elle ne saisit pas, et comprends bien vite pourquoi elle n’a pas dû s’attendre à me trouver sur son chemin, ni même prévoir cette collision. Elle lève son regard aveugle sur moi, Louison, et celui-ci me glace d’effroi. Elle ne voit... Plus rien ?

Je me ressaisis bien vite, et attrape sa main pour l’aider à se redresser. « Désolée... Je regardais pas où j’allais. » Je lâche un bref rire, un peu gênée. « C’est pas la première fois que ça nous arrive, hein ? On n’avait pas fait sombrer une colline à cause d’une étourderie au Festival non ? » J’essaie de détendre l’atmosphère, à lui sourire un peu. Elle ne le voit pas, mais il paraît que ça s’entend. Je ne suis pas vraiment proche de Louison, mais à force de la croiser... Je me demande simplement comment elle fait, dans son état, pour encore voler. Sans jamais oser lui poser la question, bien entendu. Son Capitaine semblait bien protecteur envers elle, la dernière fois, ce qui expliquerait bien des choses... Ca me rappelle avec tendresse la propre sollicitude de Tristan, même s’il est plus réservé, et moi sans doute trop expansive. « Oh, tu marches sur... Le manteau, de ton Capitaine. Attends... » Je me penche, pour le ramasser. « Je voulais en profiter pour lui rendre. Tu sais où il est ? »

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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Dim 26 Fév 2017 - 16:45

Et bim.
Encore quelqu’un qui ne regarde pas où il va. Cela devient un peu lassant de voler dans les murs à chaque fois qu’un visiteur arpente les couloirs de la caserne de Port-Liberté comme si les lieux lui appartenaient, et Quitterie émet un grognement mécontent lorsqu’elle culbute en arrière, atterrissant plutôt brusquement dans un froufrou de jupons froissés. Mais elle n’a pas le temps de râler sur l’importun sans –gêne : la voix féminine qui présente des excuses lui est familière, et elle ne tarde pas à reconnaître la visiteuse. « Maelys… ? » Sa camarade l’aide à se relever, et l’aveugle époussette ses jupes, adressant un sourire amical à sa tempétueuse visiteuse. « Ne t’inquiète pas : garde ça pour toi, mais moi, je ne regarde jamais où je vais. » Elle émet un rire bref pour appuyer sa tentative d’humour grinçant, et enchaîne rapidement en percevant le malaise de Maelys. « On va essayer de ne pas raser la caserne cette fois, si tu veux bien : le Capitaine ne me le pardonnerait jamais. » Le sourire de sa consœur s’entend dans sa voix, et Quitterie se rassérène. Bien : pas de mal. Parfait.

Délicatement, sa collègue la fait bouger d’un pas, ramassant au sol ce qu’elle décrit être le manteau de Rackham. Intéressant ! Comment donc est-elle entrée en possession de ce vêtement… ? Une légère vague soupçonneuse l’envahit, et elle s’accroche légèrement au poignet solide tenant le fameux manteau. « Rackham ? Il n’est pas là, il prépare la sécurité du festival sur les terres de Bohémont pour la semaine prochaine… Mais tu peux rester un peu, peut-être ? Qu’on papote autour d’un verre et quelques douceurs, ça fait longtemps qu’on ne s’est pas croisées, tu dois en avoir, des choses à raconter, depuis la Samhain ! On pourrait s'installer dans un des petits salons... » Elle s’ennuie tellement, Quitterie, reléguée au cantonnement quand tous les autres participent à l’effort de guerre… Elle n’ose pas insister, mais une heure volée à l’emploi du temps de celle qui n’est pas vraiment une amie, mais pourrait le devenir, lui ferait le plus grand bien. Juste… juste parler. De tout, et de rien, du temps qu’il fait, des derniers ragots et potins de leurs casernes respectives – juste une petite heure, pour se sentir humaine. Digne d’attention. Le monde est vide, lorsqu’on est aveugle – et les autres sont si occupés qu’ils n’ont pas le temps de lui parler. Quitterie s’emmure, petit à petit, dans une solitude résignée, et si Maelys consent à ébranler les parois intangibles de la cellule où elle s’est enfermée, alors… Peut-être parviendra-t-elle à se rappeler qu’elle est autre chose qu’un poids inutile, un boulet maladroit à la cheville du Vol d’Ansemer. Doucement, sans rien ajouter elle tire sur la manche de l'autre Chevaucheuse, dans la direction des salons d'invités. Allez, dis oui !


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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Lun 6 Mar 2017 - 11:29

Le grognement équivoque est bien vite remplacé par un sourire, qui me paraît sincère, malgré les circonstances. Et puis, c’est assez rare que l’on m’accueille en bon termes parmi les Chevaucheurs, alors encore plus après une bousculade… Assez rare, oui, pour être notable. Il faut dire que l’aveugle a toujours été d’une nature généreuse. Je ne me permets pas de rire, pourtant, à cette note d’humour qu’elle lance pour dédramatiser la situation. Je ne peux pas m’empêcher de la fixer longuement, désemparée à voir ces pupilles qui ne se fixent plus. Je ne supporterais pas de perdre la vue, et cette simple vision me déclenche un frisson désagréable. C’est gênant, presque.

Je ne me suis pas rendue compte à quel point j’avais laissé ce silence se prolonger, jusqu’à ce qu’elle le brise. « Oh… Oui. Oui oui. » Je sors difficilement de ma léthargie, et une grimace déforme mes traits aussitôt. Je crois qu’on peut l’entendre, dans mes paroles qui manquent de sens, alors je réagis de la même manière, à enchaîner aussitôt pour dissiper ce malaise. « Mais s’il n’est pas là, il ne saura jamais que c’est nous. » J’ai un bref sourire, alors que je récupère le manteau. Il est déjà sur les terres de Bohémont ? « Je suppose que je devrais… » Ma phrase se meurt sur mes lèvres, quand ses doigts se saisissent doucement de mon poignet. Mon regard revient bien vite à elle. Rester ? Mais… « Je suis venue en renfort, pour la sécurité du festival, justement et… » Et c’est bien difficile, de lui refuser cette petite faveur. Elle doit se sentir bien seule, vu comment les couloirs sont désertés, entre la guerre qui fait rage et le festival en approche. « Tu sais, les nouvelles du front, c’est pas terrible à raconter. » Je ne devrais pas présenter les choses ainsi, je suppose. Ça va finir par être bien trop évident, que je cherche à me défiler, que je manque de motivation pour me battre. Mais quelle importance, devant ce regard qui parvient à se faire suppliant, même en étant aveugle ? Pour une fois que l’on réclame ma compagnie, avec autant d’insistance… Je devrais vraiment refuser ? C’est déjà si rare, de croiser une autre Chevaucheuse, et encore plus qui me juge digne d’intérêt. Finalement, Louison et moi ne devons pas être aussi différentes que je le croyais. « Bon, d’accord. »

Je me laisse entraîner, sans plus protester, vers un des petits salons prévus pour les invités. « Et puis, me poser un peu avant de repartir ne serait pas de refus. On ne s’est quasiment pas arrêté avec Mirage. Je commence à avoir soif… » Mais de quoi elle veut parler, au juste ? Je pose le manteau de Rackham sur le canapé à côté de moi, et me laisse retomber sur le côté avec un soupir de soulagement. « Tu viens pas au Festival, toi ? »

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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Ven 24 Mar 2017 - 17:08

Victoire !
Elle consent !

Ravie, Quitterie s’accroche au bras de Maelys, pépiant gaiement le long du couloir mille et uns détails insignifiants sur la vie ordinaire de la caserne de Port-Liberté – qui doit ressembler grandement à la vie tout aussi ordinaire de la caserne d’Edenia, certes. C’est uniquement lorsqu’elles ont rejoint l’abri du petit salon privé que l’aveugle interrompt son incessant verbiage, laissant son amie s’installer à son aise sur le grand canapé. Elle sait que des boissons y sont constamment tenues prêtes pour les occasions spéciales, aussi fait-elle signe à sa visiteuse de se servir pour étancher sa soif. C’est d’un signe de tête désolé qu’elle répond à la question – non, à son grand regret, elle n’ira pas au Festival imminent. Tragédie pour l’Ansemarienne d’adoption, qui aime cette occasion de faire la fête et l’ambiance gaie qui anime toujours les stands. Et les crêpes ! Ah, les crêpes… Si elle avait su !

Piteuse, elle se tord les doigts dans le tissu de sa robe, et se tortille vaguement sur son fauteuil. Elle n’est pas fière de sa conduite, mais la nouvelle a sûrement fait le tour de toutes les casernes, alors à quoi bon nier ? « Rackham… le Capitaine. Il m’a interdit de voler, et… je suis privée de sortie. » Même si elle n’y voit rien, les réflexes ont la vie dure : Louison baisse les yeux, les index appuyés nerveusement l’un contre l’autre, comme une gamine prise en faute. Elle explique, mal à l’aise, ce qui a causé une punition aussi sévère. « C’est que, tu vois, le prince Antonin… il ne vole plus, en ce moment. On s’est rencontrés quand je lui ai porté ses affaires qu’il avait laissées à la Caserne de Flamme, il m’a invitée à revenir le voir… et on s’est revus, de temps en temps. Là, je suis retournée lui rendre visite puis… On a fait une bêtise. » Rouge cramoisie, la petite Chevaucheuse s’empresse de préciser, la fille effarouchée de Bellifère hurlant dans un coin de sa tête à s’en casser la voix. « Pas-pas ce genre de bêtise, hein ! Juste… vu que tous les deux, on peut pas voler… ben, on a fugué… ensemble… sur le toit du palais. Pis quand les gardes sont venus nous chercher on a… on a pas voulu redescendre… et puis ben Rackham il est venu me chercher lui-même… et il était pas trop, trop content… alors je suis punie. Voilà. »

Résumé succinct, qui laisse dans l'ombre toute allusion à des substances prohibées et la presque-chute du bout du toit, mais décrit bien l'ampleur de ladite bêtise. Morte de honte, Quitterie avale nerveusement sa salive. Oui, voilà, pourquoi elle s’ennuie comme un fleuriste en Erebor : elle n’a plus le droit de sortir du périmètre de la caserne, et interdiction formelle de grimper sur le dos de Serment – qui s’est enquis auprès d’Obsession des raisons poussant le Capitaine à le punir, lui, alors qu’il n’avait rien fait. Et qui, du coup, boude également sa Chevaucheuse qui le néglige. Tout cela, Maelys le sait sûrement déjà – Serment n’a-t-il pas bondi sur le visiteur pour papoter de son côté avec Mirage ? La fureur glacée d’Agonie n’est pas un mystère, elle était furieuse que son petit prince n’ait pas le temps de voler avec elle mais se trouve du temps pour batifoler avec une humaine. D’une toute petite voix, Louison conclut donc son exposé. « Je crois qu’Agonie ne m’aime pas trop… Et, et toi ? Et Mirage ? Vous allez... bien ? »


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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Sam 8 Avr 2017 - 23:57

Mais pourquoi j’ai dit oui ? Pourquoi ?
Je ne m’attendais certainement pas à me faire assommer de paroles, auxquelles je réponds le plus souvent en monosyllabe, tandis que nous remontons le long couloir de la Caserne de Port-Liberté... Et il est vraiment très long, ce couloir. Enfin, l’entendre me parler des derniers racontars, tous assez superficiels, me rappelle avec nostalgie à une vie plus simple passée le plus souvent en garnison. On s’est tous engagé pour de bonnes raisons, mais nous ne pensions pas vraiment un jour être envoyés au front, alors que la guerre n’était plus à nos portes depuis plus de mille ans. Plus personne, de mémoire d’homme - et même très peu de mémoire de dragon - était encore présent pour s’en souvenir. Il y en a encore de mémoire de carcajou, et j’aurais préféré que ça ne se reproduise jamais. Je sais bien, Vesper. Je sais bien... Et tu peux rester à Edenia aussi longtemps que tu voudras, tu sais. Comment va Octavius ? Il essaie de se fondre dans le décor. C’est très drôle à voir, car pas très concluant.

J’essaie de m’imaginer la scène, avec sa silhouette imposante de guerrier, à tenter de passer inaperçu lors d’un énième bal à la Cour de Lagrance... Un sourire fleurit sur mon visage, malgré moi. Je ne lui envie pas cette situation qui était la mienne, il n’y pas si longtemps. Au moins, j’avais les robes de mon Capitaine, si je voulais passer inaperçu. Lui, avec une toge... Ce serait juste ridicule.

Je sursaute presque, quand Louison m’invite à me servir à boire à mon tour, toutes à mes pensées. Heureusement qu’elle ne peut rien voir, finalement, et surtout pas ce sourire idiot que j’affichais juste avant. Je me sers un peu précipitamment, à en renverser un peu à côté, dans ma hâte de bien faire. « Pardon... » Elle n’aurait peut-être rien remarqué si je n’avais pas glissé quelques excuses, ceci dit, déjà occupée à essuyer la petite table ronde de mes frasques.

Et l’embarras de Louison est à toute autre, tandis que je la vois tordre le tissu de son vêtement en tout sens. J’attends sagement, voir si elle décide de m’en dire davantage... Et me rends bien vite compte de ma petite bourde. « Oh. » Interdite de vol ? De sortie ? ... Sérieusement ? Je l’écoute attentivement m’en expliquer la raison. Elle connaît Antonin ? Et bien, on dirait... Ah non, pas aussi bien que je le croyais, mais bien quand même. Je retiens un bref rire quand elle se rattrape de justesse, de peur que je crois à autre chose... Ah, mais c’est trop tard, en vérité. C’est mignon, ils ont fugué ensemble... « Mais t’es pas sa gamine. Il te prive de sortie pour t’être amusée avec le petit prince ? Mince alors... Les conneries que je fais en Lagrance, c’est pas du même niveau en fait. » Non, bon... Brûler des Vivenefs, devenir Championne de Gustave, ou, ou... Ah je n’ai pas brisé ce satané tamis ! « Et il est pas là de toute façon. Tu devrais profiter. Il ne veut pas que tu participes à la fête ? Tu peux voler en douce ! » Que l’on compte toujours sur moi pour ne pas respecter les ordres. Les souris dansent...

Je penche la tête, avec une moue interrogatrice, quand elle m’interroge sur mon dragon et moi. Il a pas fait le Serment de silence, celui-là. C’est presque pire que quand j’écoute ce qu’il se passe dans ta tête. Cesse de te plaindre, le Vert. Il te suffit de l’assommer ! Taisez-vous un peu, j’essaie de me concentrer sur ce que me raconte Louison. J’ai rien dit, moi. Maintenant, si. N’en rajoute pas. Qu’est-ce que je viens de vous dire, merde ?  J’ai réveillé les démons, je crois. On invite Serment ?  Mirage, toi aussi ! Heureusement qu’elle ne voit pas à quel point je me suis crispée. Dommage qu’ils ne soient pas tous là, devant moi, pour que j’en prenne un pour taper sur l’autre.

« Il va très bien, oui. Il fait la discussion avec Serment... » Hypocrite. Perturbateur. Je t’ai simplement demandé d’en virer un ou deux de là.  On va pas recommencer là-dessus, non ? Ce dragon m’agace fortement. Je peux pas être viré, moi. On peut te tuer, tu sais.  Tu vois ? On s’entend plus parler. Vous me fatiguez. ... S’il pouvait faire la discussion seulement avec Serment, ça m’arrangerait, à vrai dire. Mon sourire est un rien crispé. Quelle bénédiction, qu’elle soit aveugle, vraiment.

« On a eu quelques différents dernièrement c’est tout... Il est un peu, très, jaloux. Et puis, il n’aime pas vraiment que, euh... Que j’ai d’autres personnes dans ma vie. » Elle parle de nous, ou de l’autre armoire à glace ? Il s’appelle Octavius. Pourquoi il vient pas fracasser des crânes avec nous ? Si on pouvait, en plus, éviter de parler de ce simplet... Je crois que je viens de me mettre à tapoter des doigts avec insistance sur la table... « Tu as quelqu'un, toi ? »

Spoiler:
 

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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Lun 10 Avr 2017 - 19:34

Elle semble un peu ailleurs, la flamboyante Maelys, et Quitterie qui d’habitude aime à baigner dans son énergie communicative se sent désarçonnée. Petit à petit, son gai babil de pipelette enthousiaste s’est tari, elle qui pourtant se laisse bien rarement aller à bavarder de la sorte, à cœur ouvert. Elle n’y voit rien, mais ses autres sens fonctionnent très bien : elle entend les soupirs impatients de l’autre Chevaucheuse, le tapotement agacé de ses doigts sur le bord de la table. Indécise, elle se mord les lèvres, ne sachant trop quelle conduite tenir. Dire à Maelys qu’elle peut partir, éventuellement ? Présenter des excuses pour l’avoir retenue ? Pour l’avoir étourdie d’un ramassis de sottises et de bavardages inconséquents ? Ah, que la solitude lui pèse ! Quand elle est à Lorgol, elle profite de la présence solaire de Melinda, du tapage de la tribu pirate, du rire gentil de Félicie qui lui tresse les cheveux, même de la complicité bourrue de Viana ; mais ici… Son univers est devenu un labyrinthe de murs dont elle ne peut s’enfuir, et petit à petit sa flamme se voit grignotée par le désespoir. A qui parler de Lucille et de son terrible aveu ? D’Éponine qui est tout autant sa nièce que sa demi-sœur ? Rackham a bien d’autres griffons à plumer, et Calico ne le quitte plus. Quant à Serment et Sayam, ils sont attentionnés et pleins de tendresse ; mais ils ne sont pas... humains.

La question abrupte de sa camarade la tire brusquement de ses réflexions. Est-ce qu’elle a quelqu’un ? Mais… mais comment ça ? La gorgée qu’elle vient d’avaler se rappelle à son bon souvenir, et elle se met à tousser comme une forcenée, avant de finalement reprendre son souffle, les larmes aux yeux. « Moi je-je-je-non ! » Bellifère vibre férocement au fond de son être, et ses joues se sont enflammées, elle les sent brûler gaiement et trahir la confusion qu’elle s’efforce de cacher. Bon, allez, c’est de Maelys qu’il s’agit après tout… Peut-être est-ce acceptable, de se laisser aller à la confidence ? Nerveusement, elle tord le tissu de sa robe, cherchant comment présenter à son amie le marasme qu’est sa vie sentimentale.

« Je n’ai personne – j’ai reçu une lettre… Récemment… C’est ton monsieur Octavius qui me l’a apportée, il l’a trouvée sur la momie de Lucille, ma copine de Lorgol, celle qui est restée dans le passé à cause du Sablier à la Samhain, tu te rappelles ? Elle m’a écrit, y’a mille ans en arrière, pour me dire qu’elle… qu’elle… » La rougeur s’intensifie encore, et Quitterie tente de respirer calmement. « Ellem’aditqu’ellem’aimait. » Elle en est au bord des larmes, mortifiée et honteuse d’avoir inspiré un tel sentiment contre-nature ; aussi passe-t-elle à la suite aussi vite que possible, sans même laisser à sa confidente du moment le temps d’en placer une. « Elle s’est quand même mariée avec Hypérion d’Ibélène, tu sais, le Roi Noir de la Rose Écarlate – et moi je l’ai vu, quelques fois, le Roi Noir, il m’a sauvée en mer quand j’ai été enlevée, et puis un jour en juillet il-il-il m’a, il m’a, il m’a embrassée. » Quitterie déglutit, plus rouge encore, sans trop savoir pourquoi elle déballe tout ça pêle-mêle à Maelys dont elle n’est pas vraiment proche en temps normal, pourtant. « Mais y’a-y’a rien entre nous, je veux dire, il est roi, et-et il est mort, aussi ! Moi j’ai, j’ai personne, tu vois ? J’ai personne. Pas comme t-toi et monsieur Octavius ! »

Et surtout pas le propriétaire du manteau dans lequel Sayam se roule avec délice.
Que nenni.
Jamais de la vie.


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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Jeu 4 Mai 2017 - 0:00

Je ne vois pas grand-chose à la gêne qui naît lentement dans l’esprit de Louison, à sentir mon impatience et mon agacement, avec la facilité déconcertante de ceux qui se reposent sur leurs autres sens pour capter des bribes de réalité. Non. Je suis loin d’être assez empathique pour saisir sa détresse, encore moins si elle ne l’explique pas... Alors je me contente de l’observer s’éteindre à mesure, sans en saisir la raison si évidente, avant que... Qu’une seule question anodine la sorte aussitôt de sa torpeur, pour déclencher un nouveau flot de paroles, dont je peine à saisir le sens.

« Oh. » Elle décrit avec tellement d’empressement, le fait qu’elle n’a personne dans sa vie, que c’en serait presque douteux. Je me fends d’un sourire amusé, devant cette gêne qui se fait finalement bien plus évidente quand ses joues arborent une adorable couleur rose. Je le perds bien vite, quand elle mentionne le nom d’Octavius, et puis celui de Lucille. « Bien sûr, que je me rappelle. Elle était aussi mon amie, tu sais... » Je n’ai pas besoin de Louison pour me rappeler son funeste sort, enfermée dans le passé. J’ai failli connaître le même, si Vesper ne m’avait pas sorti de ce mauvais pas. Une rencontre avec mon Familier aussi salvatrice que déplaisante à souhait... Mais tu ne serais pas là, sinon. Et toi non plus, je te rappelle. Je me demande ce qu’elle est devenue, Lucille, si elle a pu s’en sortir... Peut-être a-t-elle eu une vie belle et épanouie, mille ans en arrière ? Vesper est bien parmi nous maintenant, et il s’en porte plutôt bien, à quelques voix courroucées de plus ou de moins dans ma tête.

Je fronce les sourcils, quand elle commence à balbutier, et que je peine à comprendre ce qu’elle vient de lâcher soudainement, d’un bloc. « Quoi ? » Lucille, vraiment ? Après toutes ces années ? Peut-être était-elle désespérée à l’idée de ne plus jamais la revoir... Je ne lui connaissais pas ces penchants pour la Chevaucheuse, vraiment pas. « C’est, euh... Touchant ? » Lucille a toujours été un cas à part, après tout, non ? J’espère qu’elle n’a rien regretté, malgré cette lettre. « Tu sais ce qu’elle est devenue là-bas, dans sa correspondance ? » C’était peut-être la question qui ne valait mieux pas poser, à la voir au bord des larmes. C’est déroutant, mais tout de même... Il n’y a rien de mal, non ?

Et je suis heureuse qu’elle me confie la vie de Lucille, finalement. Je lâche un sifflement admiratif. Mariée à Hypérion d’Ibélène lui-même... Ce n’est pas vraiment un exemple. Oui, mais... Mariée à un Empereur ! A un Empereur qui croit visiblement que le désir de conquête se trahit par, non le nombre de terres, mais de femmes conquises... Et elle ne croit pas si bien dire, Aïfa, à entendre la suite. Non, parce que ce n’est pas fini, bien entendu. « Embrassée. Attends... Par le Roi Noir ?! » Je reste bouche bée, tandis que l’esprit de la Conquérante maugrée des paroles dubitatives. Mille ans se sont écoulés, et il pense toujours avec ce qu’il a sous la ceinture... Non, vraiment, il va falloir que je lui dise deux mots. « Et... Et tu as vu son visage, alors ? A quoi il ressemblait ? » Ce n’est pas tous les jours qu’on se fait embrasser par un mystérieux inconnu, qui se révèle être de la Rose Ecarlate. C’est comme dans un conte de fées, quelque part. Oh pitié... Tu ne penses pas que tu as déjà ce qu’il te faut à la maison ? Laissez-moi fantasmer tranquille. J’ai rarement eu autant de rumeurs alléchantes à me mettre sous la dent. « Quel succès, Louison ! Il va falloir me donner ton secret là... »

Mais elle n’a personne, bien entendu. J’en ris sous le couvert de ma main, après tant de confidences... D’autant plus quand mon regard dévie vers son Familier. Tiens, on dirait que la cigogne reproduit les mêmes travers que Vesper avec... Avec le manteau d’Octavius, oui. Difficile de ne pas établir un comparatif. D’ailleurs, son nom sort encore dans la conversation, de quoi me désarçonner quelque peu. « Mais comment tu sais ça ? » Je ne lui ai pas dit, non. Je ne crois pas non plus que la rumeur soit parvenue jusqu’à Ansemer ! Je veux dire... Octavius n’est pas un grand bavard qui irait le clamer sur tous les toits. Et moi non plus, même si je suis peut-être un peu expansive. Un peu... Peu importe. Je détourne aussitôt l’attention, dans un sourire amusé. « Et t’es sûre ? Parce que j'aurais parié qu'entre Rackham et toi... » Je me penche en avant, avide de confidences. Après tout, il faut voir aussi avec quel empressement le Capitaine d’Ansemer se jetait au secours de la jeune aveugle... Rien d’innocent non plus je parie !

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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Sam 20 Mai 2017 - 18:23

Frénétiquement, Quitterie bat l’air devant elle des deux mains, comme pour repousser la suggestion taquine de Maelys. Oh, elle comprend ses doutes, après tout la caserne a jasé pendant des semaines lorsqu’elle a reçu sa promotion, doublée de nouveaux appartements confortables ; même si sa performance au Tournoi des Trois Opales suffisait à faire taire les mauvaises langues qui cancanaient trop ouvertement. Les couloirs de la caserne ont bruissé de potins ridicules même plusieurs mois plus tard, et Quitterie s’est habituée à détourner les questions indiscrètes d’un sourire. Ils s’en sont amusés, les autres, taquinant la petite Belliférienne si prude – avec des plaisanteries bon enfant, certes, mais qui lui mettaient tout de même le feu aux joues. Heureusement que la prime conséquente remise à l’issue du Tournoi a été passée sous silence – ils auraient jasé là aussi, c’est sûr !

Un jour, elle apprendra sûrement à contenir ses émotions – là, pour le moment, la voilà cramoisie sous l’œil amusé de son amie. « C’est p-pas gentil de te moquer d-de moi, Maelys, tu sais à quel p-point je d-déteste ces rumeurs ! » Le ton suppliant traduit bien à quel point cette simple idée la met dans tous ses états – avoir une, une, une aventure avec le Capitaine, mais quelle-quelle-quelle horreur, quel scandââââle… ! Frémissant d’indignation, elle décide promptement de ramener la conversation vers un sujet moins délicat à aborder pour elle – source de potins sans fin, mais dans le cercle privé qu’elle forme avec Sayam et Serment. « En ce qui te concerne, toi, c’est de ton Octavius lui-même que je l’ai appris. Il est venu me voir, pour me donner la l-lettre de Lulu, et… on a discuté, un peu. De toi. Il avait des questions intéressantes, sur ta… ‘parentèle masculine’. »

Toute innocente qu’elle soit, la petite Chevaucheuse parvient à insinuer un monde entier de sous-entendus dans ces quelques mots, l’air inquisiteur et un sourire malicieux au coin des lèvres. Du bout des doigts, elle tapote l’accoudoir du canapé, pianotant son enthousiasme, et se retient de se dandiner sur le siège. Il faut bien dire que c’est la nouvelle de l’année, pour une fille de Bellifère, d’apprendre ainsi les plans de mariage d’une amie ! Source de commérages sans fin sur le trousseau de la mariée – encore que, concernant son amie lorgoise, Quitterie soupçonne que ledit trousseau se limitera à un harnais de vol et une brassée d’armes – sur le logis du futur foyer, et sur les enfants à venir ! Auront-ils plutôt des garçons, ou des filles ? La famille d’Octavius est très étendue, son amie Félicie lui en parle souvent, et Quitterie s’amuse à tracer des parallèles avec cette fratrie immense comptant plusieurs filles et un seul garçon, imaginant Maelys environnée d’un nuage de bambins turbulents. Elle se retient de battre des mains avec ravissement cette seule idée, toutefois : son amie ne lui semble pas avoir la fibre maternelle la plus développée qui soit… Ce tourbillon de pensées l’a emportée l’espace de quelques secondes, et elle revient rapidement à ses dragons, poursuivant ses explications.

« Tu vas te faire enlever, hein ? J’ai tellement hâte ! Et du coup, je lui ai fait la liste des ‘parents masculins’ qu’il est susceptible de devoir affronter s’il veut t’épouser… Vesper, Mirage bien sûr, sûrement quelques Chevaucheurs d’Ansemer qui traîneront dans les parages, éventuellement le Capitaine d’Amar s’il est dans le coin, et j’ai fini avec le duc Denys, juste pour le faire marcher, un peu. Par contre, je me disais, il m’a peut-être vraiment prise au sérieux… Il a l’air très déterminé, en tout cas ! Je… Je crois que je t’envie un peu, tu sais… » Un sourire résigné lui échappe après cette tirade débitée d'une seule traite sur un rythme soutenu, elle reprend son souffle, et conclut dans un haussement d’épaules fataliste. « Je crois bien que moi, on m’enlèvera jamais. Tu me raconteras tout, hein dis ? Enfin-enfin pas la fin, mais… tout le début ? »


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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Dim 28 Mai 2017 - 13:33

Je ne peux pas m’empêcher de laisser filtrer un rire, derrière ma main, quand elle commence à s’agiter et rougir à vue d’œil. Dans le mille… « C’est beau le déni. Je parie que tu aimes bien le côté chevalier-servant chez les hommes… Et il est pas mal, ton Capitaine non plus, il y a pas de quoi rougir. Tu dois pas être la seule, je parie, alors elles t’envient toutes d’avoir le monopole de son attention ! » En définitif, tous les Capitaines sont as mal, en fait. Je n’avais pas pris le temps de songer à cet état de fait, vu comment Lionel me tapait sur les nerfs, et Rackham… Il est plutôt bourru, et je ne pense pas qu’il m’apprécie beaucoup non plus. Ah ! Elles devaient être nombreuses à m’envier, coincée dans les cavernes entre ces deux-là… Mieux vaut les avoir uniquement en peinture, pourtant.

Et puis… Seulement que des rumeurs, vraiment ? Son Familier trahit son attachement en retour. Elles doivent bien prendre leur source quelque part, ces rumeurs, non ? Enfin… Même si l’envie me prendrait de la taquiner davantage pour voir à quel point le rouge peut lui monter jusqu’aux oreilles, je me retiens. Je me souviens très bien des rumeurs qui couraient sur Tristan et moi, et qui parviennent encore à me mettre dans l’embarras, si ce n’est pire, justement, du fait que je sois maintenant… En couple. C’est le mot que tu cherchais ? O… Oui. Bref. Peut-être que les mauvaises langues finiront par se taire ? Même si j’ai un doute, pour elle comme pour moi. Je lui tapote gentiment la main, en un soutien muet, pour la tranquilliser un peu.

… Et ma main se crispe contre la sienne, quand elle me parle subitement de ma parentèle masculine, d’Octavius. « Qu-Quoi ? » C’est à mon tour, de devenir cramoisie. M-Me faire enlever ?! « Mais il n’a jamais été question de… » Je m’interrompe, plongée dans la confusion la plus totale. Enfin, peut-être que si, mais… « C’était juste une blague ! » Je m’insurge, et me lève d’un bond pour me diriger à la fenêtre. J’ai besoin de prendre un peu l’air. Non, plutôt de marcher en fait. Je me mets à faire les cent pas dans la pièce, pour tenter de contenir ma nervosité. Est-ce que c’est pour ça qu’il m’a embrassé la première fois ? Parce qu’il a cru que je le… Demandais en mariage ? Avoue que ça y ressemble beaucoup. Pas du tout. Mais tu en as envie non ? Oui... Non ! Qui est dans le déni maintenant ? Tu m’agaces Vesper ! … Et je t’interdis de lui dire quoi que ce soit. Je ne suis pas un vendu ! Je sais très bien dans quel camp tu es. Je suis toujours dans le tien, ma petite. Si tu ne veux pas que ça se passe comme ça, je me ferais un plaisir de… Je ne veux pas que tu lui fasses du mal ! Bon, d’accord. De m’asseoir dessus. Tu n’as aucune chance contre lui, Mirage. Octavius mange du dragon au petit déjeuner. Ben voyons... Comme s’il pouvait quoi que ce soit contre moi. Je suis un dragon, pas un vulgaire… Vous pouvez remettre votre concours de virilité à plus tard ? Vous aurez le temps d’y penser si ça vient à… à arriver.

Il ne va pas vraiment le faire, n’est-ce pas ? Enfin, si j’en crois ce que vient de me dire Louison… Si. Il en a bien l’intention. Et maintenant qu’il a une chambre dans la Guilde… Mais comme si j’allais le laisser faire sans protester ! Il va s’en mordre les doigts, s’il essaie de m’arracher à ma couche en plein cœur de la nuit, d’autant plus maintenant que je suis prévenue. J’espère qu’il ne croit pas un seul instant que je vais lui simplifier la tâche. Je sais me défendre, contrairement aux femmes de Bellifère. Je m’assurerais d’avoir toujours assez d’objets contondants à portée, non mais… Pour qui il me prend ?

J’ai croisé les bras, furibonde, à souffler avec hargne. J’en oublie presque que cette coutume étrange à mes yeux doit sceller mon… Mon mariage. Louison est là pour me le rappeler, alors que je renvoie un regard quelque peu décontenancé vers l’aveugle. M’envier ? Sérieusement ? « Mais non, tu vas sans doute te marier à l’Ansemarienne… Tu es mignonne, et mage de surcroît. Qu’importe, que tu sois aveugle ! Il y en a même certains qui le verraient comme une bénédiction… D’ailleurs, tu ne peux rien pour ça ? » J’oublie rapidement mes bonnes habitudes prises en Lagrance, dans mon vent de contestation. Ce ne sont pas des choses qui se disent…

J’ai une moue boudeuse, et souffle encore, renfrognée, malgré ce regard déterminé qu’elle ne peut pas percevoir autrement que dans ma voix. « Il y aura rien à raconter. Je vais le défoncer. »

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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Sam 10 Juin 2017 - 21:38

Frénétiquement, Quitterie secoue la tête aux paroles de Maelys – mais non, enfin, quelle idée, que va-t-elle donc s’imaginer ! Jamais il n’a été question de quoi que ce soit de cet ordre entre Rackham et elle, il est Capitaine et elle n’est – rien, qu’un boulet à sa cheville qui l’empêche de participer aux missions comme il l’entendrait, lui qui aime tellement voler au sein de son escadron, au milieu de ses hommes. Elle s’en veut déjà énormément des tracasseries administratives sans fin qu’exige le maintien d’une Chevaucheuse aveugle dans une division opérationnelle… Sûrement est-il fortement soulagé, de l’avoir obligée à rester dans l’enceinte du bâtiment. Privée de sortie. La punition a quelque chose d’humiliant, mais elle est méritée – et dérisoire, en comparaison de ce qu’Antonin est sûrement en train de subir. Le gentil tapotement de la main de Maelys sur celle de sa consœur la réconforte un peu, mais son trouble reste. Plus tard. J’y réfléchirai, plus tard.

La réaction de sa camarade a le mérite de la tirer de ses pensées perplexes – se levant violemment, la fille de Lorgol semble fort en colère, et un instant la petite Belliférienne n’en mène pas large, craignant d’avoir suscité l’ire de son amie. Elle… devait s’en douter, pourtant, non ? Monsieur Octavius est très clairement belliférien, lui aussi, et il serait logique de penser qu’il envisage des noces à la mode de chez lui, n’est-ce pas ? Elle est de Lorgol, lui souffle la voix de Sayam au creux de ses pensées, elle ne sait pas forcément comment se passent les choses dans les duchés, elle a grandi dans la capitale des peuples libres, au croisement de toutes les routes du continent… C’est vrai. Embarrassée, Quitterie ne sait plus vraiment comment apaiser le tumulte de pensées rageuses qui frémit sûrement sous le crâne de Maelys, et se contente donc d’attendre patiemment que sa colère se calme un peu.

Elle a l’air très déterminé. Je l’entends, oui. Pauvre Octavius, sait-il seulement à quoi s’attendre ? Dans le secret de ses pensées, l’aveugle adresse une silencieuse prière à Maari pour qu’il suive ses conseils et prévienne sa dulcinée de ses… intentions, avant de passer à la phase pratique de l’enlèvement. Que faire, pour amadouer son amie qui tempête ? Ecartant d’un revers de la main les questions sur sa cécité, elle reste concentrée sur le sujet le plus important. « On parlera de mes yeux plus tard, si tu veux ; pour l’instant, j’ai l’impression que tu ne sais pas grand-chose sur les mariages de Bellifère, j’ai raison ? » Du plat de la main, elle tapote les coussins du canapé près d’elle. « Je peux t’expliquer, si tu veux… ? Je sais bien que ces coutumes peuvent sembler… barbares, on s’est suffisamment moqué de moi à l’Académie pour que je le comprenne. Mais quand on naît dedans, c’est… c’est différent. Je peux très bien comprendre que Monsieur Octavius ne se sente pas légitimement marié à qui que ce soit, s’il n’a pas fait l’effort avant de mériter ce mariage, alors… Si tu veux apprendre, si tu veux comprendre, on peut en parler. »

Uniquement si la Lagrane le demande... Oui, pour elle, et parce que le bonheur d'un ami est à la clé, Quitterie veut bien ouvrir les portes de sa mémoire.


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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Jeu 22 Juin 2017 - 19:51

Je m’arrête subitement de faire les cent pas, pour lancer un regard ahuri à Louison. Mais comment elle peut le prendre avec autant de calme ? Certainement parce qu’elle n’est pas directement concernée… « J’ai l’impression depuis que je l’ai embrassé, c’est… » J’ai envie de crier un bon coup, mais au contraire, me voilà à buter sur les mots. « Je sais ce que tu vas me dire ! » Je la pointe du doigt, à me retourner vers elle, furibonde. Et même si elle ne peut pas le voir, certainement peut-elle l’entendre dans le timbre de ma voix qui se fait plus chancelant. « Qu’en Bellifère, avant même d’embrasser une femme, ou ne serait-ce que la toucher, ils se plient à cette coutume étrange qui est de l’enlever à sa famille ! Et bien… C’est n’importe quoi, voilà. Comment tu peux savoir si le courant va passer, si vous êtes fait l’un pour l’autre ? Oh, je sais, ça n’importe pas… C’est comme aller au marché, tu prends celle qui te paraît un peu jolie, et tu l’emmènes chez toi. Et si elle n’est pas d’accord, tant pis ! Non mais sérieusement ? On n’a pas besoin de… D’être marié. C’est beaucoup trop tôt. » Ca doit faire bien quatre ou cinq mois depuis… Mais nous nous sommes vus combien de fois ? Il est venu en Lagrance à la mi-Février, et depuis, je passe la majorité de mon temps sur le front. C’est compliqué de se voir, et c’est beaucoup trop tôt pour statuer.

« Tu sais, c’était déjà inconcevable de le voir débarquer, plutôt que de se contenter de retourner à sa vie sur les routes, avec la caravane des plaisirs… Je veux dire, il n’aurait pas été le premier à partir sans se retourner, me laissant derrière. J’avais considéré comme acquis depuis un moment déjà que je finissais par faire fuir les hommes, à les étouffer, à me montrer trop expansive ou… » Je secoue négativement la tête. Je parle bien trop vite maintenant, à tenter d’ordonner mes pensées, alors que mes paroles, elle, sortent dans un désordre sans nom. « Mais j’étais contente de le voir venir, tu sais ? Je veux dire, vraiment heureuse, surtout après m’être autant inquiétée parce qu’il était à Chaamar durant l’attaque et… » Je rougis subitement, à mettre mes mains devant mon visage. « Et j’ai fait n’importe quoi, comme d’habitude, comme à chaque fois que quelqu’un qui m’importe est en danger. Je me suis même effondrée en larmes dans les bras de mon Capitaine en lui disant que je pensais être tombée amoureuse d’Octavius… Alors même qu’il était peut-être mort, ou que je pensais qu’il ne viendrait pas vraiment, s’il avait survécu, avec des tas de raisons de ne plus vouloir le faire ! Et, et… Maintenant le mariage, vraiment ? » D’accord, d’accord… Parler ne m’aide pas vraiment à retrouver mon calme. J’ai envie de rire autant que de pleurer. « Je crois… Je crois que ça me fait un peu peur, en vérité. » Certainement parce que je m’étais attendue au comportement strictement inverse, comme les autres. A le voir prendre ses jambes à son cou et ne surtout pas se retourner… Pas à vouloir s’engager si tôt, si vite, et sans concession. « Je ne comprends pas… Je ne… Les Bellifériens n’ont pas de relations en dehors des liens du mariage ? » J’ai l’impression qu’elle essaie de me dire quelque chose, que mon esprit refuse d’accepter. C’est peut-être simplement parce qu’il veut régulariser la situation… Enfin, non. Il tient vraiment à moi, n’est-ce pas ? Mais chez eux, on se marie immédiatement, on n’attend pas d’être sûr ou… « Je veux bien que tu m’expliques. » Je lui ai demandé d’une petite voix, à baisser le regard au sol, après être passé dans tous mes états. Je suis presque navrée pour elle, mais quelque part, mieux vaut l’apprendre par Louison… Si Octavius était venu me tirer de mon lit au cœur de la nuit pour m’enlever, il aurait été bien mal reçu. Et s’il me l’avait dit de lui-même ? Je pense que je l’aurais frappé sans chercher à comprendre.

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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Sam 1 Juil 2017 - 16:01

Un peu perplexe, Quitterie écoute tempêter sa consœur, admirative devant toute cette verve indignée. Dans certaines intonations, elle reconnaît l’accent chantant de Lorgol, ces inflexions exotiques venues de l’Archipel et passées dans le langage courant de la Ville Basse. Elle le connaît un peu, ce bas parler entendu quotidiennement à la Taverne de la Rose pendant ses années d’étude, et qu’elle a retrouvé avec plaisir à son retour à l’Académie l’année passée. Elle oublie parfois que Maelys est lorgoise, et un sourire amusé étire ses lèvres tandis qu’elle reconnaît  les sonorités familières de la capitale du Nord. Et le tourbillon de protestations résonne dans la pièce tranquille, et Quitterie réfrène une envie de rire saugrenue, tant les dénégations de son amie semblent receler un fond de panique. Finalement, c’est d’une toute petite voix qu’elle demande à comprendre, et l’aveugle opine du chef de bon gré, disposée à disserter sur les coutumes de son duché natal.

« Assieds-toi là et bois un coup, ça va aller. » Du menton, elle a désigné la table devant elle, où elle sait qu’une carafe d’alcool est toujours disposée pour les visiteurs. Pensive, elle réfléchit quelques secondes, pour organiser son discours et livrer une explication structurée. « Pour commencer, il faut que tu comprennes que les femmes n’ont pas d’autre valeur en Bellifère que celle de produire des héritiers. » Combien de fois ne l’a-t-elle pas entendu dans son enfance ! Désirée le lui a bien expliqué quand Louison a été assez grande pour comprendre la honte que son aînée avait jetée sur la famille en se faisant répudier. Toute l’éducation des filles tourne autour des choses du ménage et du foyer, et bien peu se trouvent instruites… « Je pense que Monsieur Octavius n’a pas cette opinion-là des femmes, quand même, tu peux te rassurer sur ce point, sa sœur me l’a confirmé. Mais il a dû grandir dans les coutumes du pays, et chez nous, tu sais… »

Chez nous. Est-ce que Bellifère est encore son foyer, après sa fuite éperdue adolescente ? N’est-elle pas bien plus ansemarienne qu’autre chose, désormais ? Elle n’en est pas vraiment sûre ; il faudrait y réfléchir. Rackham, peut-être, saurait lui apporter ses lumières sur le sujet… ? Après tout, lui aussi est ansemarien d’adoption. Se sent-il plus de l’Archipel que d’Ansemer, ou… ? Enfin, là n’est pas la question. Se secouant mentalement, elle reprend son exposé.

« Chez nous, donc, un homme doit prouver sa valeur guerrière s’il veut se marier. Pour épouser la femme qu’il convoite, il doit l’enlever chez elle, en affrontant sa parentèle masculine ; et s’il parvient à la ramener chez lui, et à, heu… exécuter son devoir conjugal… alors elle lui appartient, et le mariage est scellé. Par contre, si le père, les oncles, frères, cousins, neveux et autres parents parviennent à le découdre et à l’empêcher d’enlever la femme, ou s’ils la reprennent en route, alors le mariage est caduc et la honte est assez intense pour l’homme, qui sera la risée du duché. » Gravement, elle hoche la tête pour appuyer son propos. Elle se souvient bien du retour triomphal au logis de ses frères lorsqu’ils ont conquis leurs épouses respectives. Et des bruits confus, dans les chambres, tandis que les mariées recevaient des hommages… vigoureux. Une légère rougeur monte aux joues de Quitterie, et elle reprend à mi-voix. « Pour une fille de Bellifère, son enlèvement est un moment… important. Plus il y a de combats, plus c’est prestigieux, comprends-tu ? Si l’on se donne du mal pour conquérir une épouse, c’est qu’elle a de la valeur. Les hommes sont fiers, au matin, de tendre à la fenêtre le drap taché prouvant que leur femme était pure au moment d’entrer dans le lit conjugal… mais, heu, compte tenu d-d-de votre situation, je pense que vous pourrez t-t-très bien vous dispenser de cette p-partie-là ! »

La rougeur est nettement plus intense et la fournaise semble vouloir lui dévorer le visage. Louison imagine mal le grand guerrier taciturne exhiber ainsi la preuve de ses compétences masculines ; tout comme elle doute fortement que Maelys soit encore… pure. « T-tu sais, je pense que tout cela, il s’en fiche pas mal – ce qui c-c-compte pour lui, c’est de te mériter, Mae. Il a t-t-tellement l’impression que tu es trop bien pour lui, il me l’a pas dit mais ça se s-s-sent. Je pense qu’il veut te montrer qu’il p-p-prend ça vraiment au sérieux. Il veut juste être sûr d’être d-digne de toi, et le prouver au monde entier, lui le premier. Tu comprends ? »


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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Lun 7 Aoû 2017 - 17:38

Je m’assis, quand elle m’intime de le faire, peut-être un peu pâle pour qu’elle me propose de boire un coup… Enfin, ça, elle ne doit pas le savoir. Alors sans doute parce que ma voix est montée dans des intonations équivoques. Je nous sers toutes les deux un verre, et bois le mien à longues gorgées tandis que j’écoute attentivement ses explications.

Bien ! Au moins, elle rentre directement dans le vif du sujet. Les femmes ne servent qu’à être engrossée. Je me retiens de protester, indignée. J’espère qu’Octavius n’attend pas de moi de… Ca. Des enfants, et puis quoi encore ? Je suis Chevaucheuse. Je ne pourrais pas me passer de Mirage durant des mois entiers, grosse et inutile, comme une baleine échouée dans un champ de verdure en Lagrance. Et qui s’en occupera ensuite ? Non, et non. C’est hors de question.

J’espère bien qu’il pense différemment, oui, surtout s’il compte à ce que nous nous mar… Je m’étrangle. « Sa… Sœur ? Tu connais sa sœur ? » Je m’empourpre, avec une pointe de jalousie. J’ai déjà du mal à lui tirer quelques mots sur sa famille, et Louison en connaît une personnellement ! Au moins, elle sait de source sûre que… Octavius n’est pas comme les autres. C’est quelque chose que je savais déjà, sinon il ne se serait pas attardé, et n’aurait certainement pas fait le déplacement jusqu’en Lagrance.

Je la sens hésiter, à parler de Bellifère comme si c’était son foyer. Ca ne l’est plus maintenant, comme Lorgol ne l’est plus pour moi… Mais on ne peut pas renier ses origines, ancrées dans notre éducation. Et les habitudes sont tenaces. J’hoche la tête, par l’affirmative, quand elle parle de devoir prouver sa valeur guerrière. Bien, au moins un point qui me plaît assez. J’ouvre des yeux plus ronds quand elle parle de la femme comme d’un objet. « Ca ne va pas dans les deux sens ? On n’appartient pas l’un à l’autre ? » Je crois rapidement comprendre aussi que nous avons déjà sauté une étape, à songer à notre première nuit ensemble… Ou alors, Octavius a vraiment cru que c’était une demande en mariage, dans cette taverne, et n’a franchi le pas que pour cette raison. Je sens le rouge me monter jusqu’aux oreilles, et des mots incohérents sortent de ma bouche en réponse. « On… On va se dispenser de cette partie-là, oui. » Ou sinon je lui fais avaler jusqu’à ce qui s’étouffe avec ce drap.

J’ai baissé le regard sur mes mains, crispée sur mon vêtement. Je crois à peine le regard aveugle de Louison, qui est étrangement aussi rouge que moi, à me parler de choses si… Intimes. Je comprends que c’est un sujet délicat, pour elle, même si ça ne la concerne pas directement. Elle essaie vaguement de me tranquilliser, et je l’en remercie. J’hoche la tête vigoureusement, avant de me traiter d’imbécile parce qu’elle ne doit pas le voir. « Quoi ? Trop bien pour lui ? Mais… N’importe quoi. Je serais morte sans lui. Et puis… Il est plus fort que moi. » Et ça me tuerait presque de l’avouer, tellement ma magie n’a pas d’emprise sur lui. Il pourrait me soulever, me retourner ou m’entraver que je ne pourrais strictement rien faire pour l’en empêcher. Et curieusement, c’est aussi précisément pour cette raison que je l’aime autant. Il n’a pas besoin de défier mon dragon, ou ma parentèle masculine… Il m’a déjà prouvé qu’il était plus fort, plus vaillant que moi, et qu’il était capable de me protéger du pire… Même si je n’ai pas envie que l’on me protège ! Mais… Enfin si, avec lui. La sensation est agréable, de cette force, de cette présence… Je claque mes mains entre elles pour me sortir de ma torpeur, et recentrer mes pensées. Bien… Bien, bien. « Je crois que… J’ai un peu besoin de réfléchir. Je te remercie pour ces explications, Louison. Je vais pas… Enfin je vais pas te déranger davantage avec mes histoires de couple, hum ? Oh. » Je me suis retournée, pour aviser la veste de Rackham. C’était le premier motif de ma présence, à vrai dire. J’ai un sourire narquois, à voir la cigogne qui s’est fait un nid dans les replis. « Je te la laisse ? Tu lui rendras pour moi ? Je vais pas lui reprendre maintenant… »

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Message Sujet: Re: Le chant de la cigogne   Mar 8 Aoû 2017 - 13:27

Elle est adorable, Maelys, à se débattre ainsi dans les méandres des coutumes et des convenances qui perturbent ses sentiments et son couple. Un sourire compatissant fleurit sur les lèvres de Quitterie – elle n’aurait pas parié sur ces deux-là de prime abord, mais visiblement leur lien est fort, et ils sont faits pour s’entendre. La Belliférienne en elle ne peut s’empêcher de se réjouir à l’idée d’un mariage harmonieux, mais l’instinct lui souffle de ne pas trop s’avancer sur cette voie en présence de Maelys : sa consœur a déjà moult informations à digérer, inutile de rajouter une pression supplémentaire !

Elle espère que son amie la tiendra au courant des évolutions de ses histoires de cœur ; cela fait un moment à présent qu’elle vit ce genre d’événements par procuration, et elle souhaite le bonheur de Maelys et Octavius. Dans ces temps de guerre et de danger, des histoires comme la leur sont des flammes d’espoir dans la nuit, et Quitterie s’y raccroche comme elle le peut. Cramponner des fétus de paille, pour prétendre que la masse d’angoisse et d’inquiétude qui la ronge n’existe pas… La visite de sa camarade a magnifiquement réussi à distraire ses pensées, et un élan de gratitude la conduit à se lever pour serrer la Chevaucheuse de Lagrance contre elle, maladroitement mais avec grande sincérité. « Merci d’être venue discuter avec moi. Ca m’a fait du bien – et heu, t’inquiète pas pour le manteau… Je lui rendrai ! »

Dès que Sayam aura terminé de se vautrer dedans.
Bon.

Il faudra sûrement qu’elle creuse la question…
Un autre jour.


Sujet terminé



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