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 Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||

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Message Sujet: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Sam 18 Fév - 17:03


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Melinda & Aaron

Prends garde à ta mouche



• Date : 18 Février 1002
• Météo : Ensoleillé
• Statut du RP : Terminé
• Résumé : Melinda a été mise au défi de voler quelque chose à un chevaucheur, et c'est sur Aaron qu'elle jette son dévolu. C'est sans compter les réflexes du jeune chevaucheur.
• Recensement :
Code:
• [b]18 février 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1798-prends-garde-a-ta-mouche-pv-melinda]Prends garde à ta mouche[/url] - [i]Melinda & Aaron[/i]
Melinda a été mise au défi de voler quelque chose à un chevaucheur, et c'est sur Aaron qu'elle jette son dévolu. C'est sans compter les réflexes du jeune chevaucheur.


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Dernière édition par Aaron de Sombreval le Mer 26 Juil - 18:54, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Sam 18 Fév - 17:03

L'air était frais mais le soleil bien présent en cette fin de matinée à Lorgol. Et tandis que l'animation battait son plein dans les rues pavées de la ville, Aaron marchait d'un pas rapide vers le cœur du marché. S'il avait achevé la tâche qu'il avait a mener à la caserne, il souhaitait tout de même déambuler entre les étals si tentant des artisans de la ville avant de repartir. A dire vrai, sa visite à Lorgol ne devait excéder quelques jours et il devait rentrer rapidement en Outrevent, notamment en raison de la fête annuelle qui se tiendrait en Ansemer et pour laquelle quelques chevaucheurs - dont lui - serait amené à assurer la sécurité des convives. Il avait passé tant de mois dans le cœur animé de Lorgol qu'il le regrettait parfois lorsqu'il était perdu dans les landes désertes d'Outrevent. S'il gardait toujours une part d'affection pour son duché d'origine, il ne pouvait nier que la vie citadine qu'il avait mené pendant quelques années ne lui avait pas déplu.

Alors, pendant qu'Héritage prenait quelques heures de repos bien méritées, il avait pour intention d'aller flâner - si tant est qu'il puisse utiliser ce terme pour désigner l'observation minutieuse qu'il faisait de chaque boutique pour en tirer ses conclusions personnelles - et de profiter du temps qu'il lui restait à Lorgol pour dénicher quelque chose de typique à se mettre sous la dent. Le jeune chevaucheur devait retrouver son dragon lorsque le soleil serait à son zénith, il lui restait donc un peu plus d'une heure. S'il marchait d'un pas relativement décontracté, il n'en restait pas moins très attentif à ce qui se passait autour de lui. La méfiance avait toujours fait partie intégrante de son caractère, et le climat politique actuel n'était pas pour arranger les choses. Néanmoins, Lorgol avait le don de faire oublier à ses citoyens les tensions qui animait le continent malgré l'affluence incessante de réfugiés, et ce notamment grâce à sa richesse culturelle. C'est pourquoi, ses quelques possessions sur lui, Aaron profitait de cet instant d’accalmie pour se détendre.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Dim 19 Fév - 17:29

— Tu n’en auras jamais le courage !

Je fronçai les sourcils. J’ignorai comment la conversation en était arrivée là, exactement. J’avais rencontré cette fille – Pimprenelle – à Lorgol, quelques mois plus tôt, et nous avions souvent parlé ensemble depuis, mais jamais elle n’avait remis en doute mes capacités jusqu’à présent. Certes, je savais que ce n’était qu’une taquinerie, et quelque chose me disait qu’elle ne parlait pas sérieusement, mais je dus tout de même me faire violence pour résister à l’appel du défi. Nous étions dans la Ville-Haute. Commettre un vol ici serait plutôt suicidaire. Et ce n’était pas une question de courage de ma part. Ce serait juste stupide de faire ça ici. Je me contentai de hausser les épaules.

— Et c’est plutôt une bonne chose, non ? rétorquai-je d’un air renfrogné, un peu vexée malgré moi. Voler, ce n’est pas vraiment un acte admirable.

Pimprenelle émit un ricanement moqueur. J’aimais beaucoup cette jeune fille, mais je détestais quand elle riait de cette façon. J’étais aussitôt envahie de l’impression perturbante qu’elle me considérait comme inférieure. Je la foudroyai donc d’un regard assassin, mais comme d’habitude, elle m’ignora sciemment et se contenta de m’expliquer d’un ton calme ce qu’elle pensait sans doute être une vérité universelle.

— C’est un acte qui demande du courage et de l’habileté, rétorqua-t-elle avec un large sourire. Mais si tu ne t’en sens pas capable, je…

Je l’interrompis dans un claquement de langue agacé.

— Je vais le faire, déclarai-je avant d’avoir pu me contenir.

Mince, j’allais vraiment voler quelqu’un ? Je pris une profonde inspiration. Il était trop tard, maintenant, de toute façon, pour revenir en arrière. Je cherchai une victime appropriée dans la foule. Je ne savais pas sur qui porter mon choix, à vrai dire. Mon regard tomba sur un chevaucheur qui tranchait la foule, et ce fut par un raisonnement un peu bizarre que je jetais mon dépourvu sur lui. C’était un chevaucheur, non ? Et les chevaucheurs étaient des êtres fiables, n’est-ce pas ? Donc, logiquement, je pouvais lui faire confiance pour se laisser voler… non ? Avant d’avoir pu y réfléchir plus longtemps, je le désignai du doigt.

— Je t’apporte un de ses objets, déclarai-je, en arborant mon expression la plus déterminée.

— Un chevaucheur ? questionna Pimprenelle en plissant les yeux, sceptique, avant de hausser les épaules. A ta guise.

Je n’allais certainement pas m’attarder plus longtemps sur son scepticisme. Je ne risquais pas vraiment de changer d’avis – j’avais jeté mon dévolu sur cet homme, et j’avais pris la décision de le voler – mais il valait mieux que je ne laisse aucun doute me ronger l’esprit. Même si, que Lyncée soit mille fois maudit, voler quelqu’un ? Ça ne me ressemblait pas. Mais Pimprenelle m’avait lancé un défi, et elle allait voir à quel point je pouvais me montrer déterminée quand je le voulais.

Je suivis le chevaucheur à travers la foule, lui jetant de temps en temps un coup d’œil, m’approchant de lui le plus discrètement possible. Je ne savais pas si je m’y prenais bien, mais de toute façon il y avait suffisamment de monde dans la rue pour que je passe inaperçu. Du moins, je l’espérais, sans quoi je ferais une bien piètre voleuse, à être repérée avant même d’avoir suffisamment approché ma cible pour bien voir son visage. Il paraissait détendu, au moins, ce qui était une bonne chose. S’il n’était pas sur ses gardes, j’avais plus de chances de réussir, non ? Mais au fait, est-ce que je voulais vraiment réussir ? Parce que si jamais je parvenais vraiment à lui voler quelque chose et à repartir sans qu’il le remarque, je serais une criminelle, en quelque sorte. Je secouai la tête. Quelle idée perturbante ! De toute façon, désormais, je n’avais plus le choix. J’avais dit que je le ferai. J’allais le faire.

Lorsque je fus à un pas derrière le chevaucheur, je calquai le rythme de mes pas sur les siens, tout en faisant mine de m’intéresser aux étals alentours. Ce fut alors que mon regard accrocha quelque chose, dans son sac entrouvert. Une figurine, sculptée en forme de dragon. Les yeux écarquillés, je l’observai durant quelques secondes, un peu admirative. Je jetai un coup d’œil au chevaucheur, comme pour m’excuser mentalement. Mais de toute façon, une simple statuette en bois, il n’en aurait pas l’usage, n’est-ce pas ? Si je venais à réussir, l’objet ne lui manquerait pas trop. Et si je ratais… je pouvais toujours prétendre que la figurine m’avait intriguée, et que je n’avais pas pu résister à la tentation de la voir plus près. C’était une excuse pathétique, j’en convenais volontiers, mais au moins, j’avais une excuse… non ?

Je m’approchai encore un peu, comblant presque ainsi l’espace qui nous séparait. Je ne voulais pas que mon crime soit visible pour des personnes extérieures, et dans l’agitation alentours, il n’était pas rare que deux personnes soient aussi proches l’un de l’autre… probablement. Je baissai la tête, et hésitai durant une ou deux secondes encore, consciente que cet acte serait un peu… sans retour. Mais après tout, avais-je jamais réfléchi bien longtemps aux conséquences de mes actes ? Cette idée eut le mérite de me faire sourire, et d’achever de me convaincre.

Sans plus hésiter, je glissai la main dans le sac du chevaucheur et refermai ma main sur la figurine en forme de dragon, naïvement heureuse que tout se soit passé aussi facilement. Je la montrerai à Pimprenelle, juste pour lui montrer que j’en étais capable, puis j’irai la rendre à la Caserne de Flamme, en donnant une description physique presque exacte de ma pauvre victime. Oui, promis, chevaucheur, ce ne serait qu’un emprunt.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Mer 22 Fév - 17:44

Tout autour de lui, les effluves de quelques délicieux mets parfumaient l'air d'une odeur alléchante qui, bien qu'Aaron ne soient pas de ceux là, en tentaient plus d'un. C'était d'ailleurs souvent l'une des méthode utilisée par les artisans pour attirer les clients, proposer la plus belle et la plus appétissante pâtisserie ou met qu'il puisse exister à Lorgol. Qu'importe la façon dont elle était faite ou ce qu'il y avait dedans, du moment qu'elle avait l'air belle et qu'elle sentait bon. Si le prix des marchandises avait légèrement augmenté avec l’afflux de réfugiés, nombreux étaient les nobles qui pouvaient encore se payer de telles gourmandises, sous le regard envieux des plus démunis. Ces derniers n'avaient pas toujours l’occasion de goûter aux délices que proposaient les hauts-quartiers de la cité, malgré tout il était courant de voir des enfants vêtu pauvrement venir quémander un petit morceau auprès de certains passants.

Aaron ne savait que penser de ce genre de situation. Il avait eu la chance de naître dans une famille aisée, et avec toujours eu tout ce dont il avait besoin. Si son statut de chevaucheur n'était pas lié à celui de noble, il savait néanmoins avoir été privilégié – et l’être parfois encore – par la fortune de son père. Petit, il n’avait jamais eu à se soucier de ce qu’il allait manger le soir, des objets qu’il avait pu casser ou renverser. Il savait à peine se défendre qu’il avait eu l’occasion d’avoir son premier petit plastron. Il l’avait d’ailleurs gardé, par souvenir. Durant des années, il avait passé ses journées à jouer, insouciant et naïf. Jusqu’à ce que le temps commence à le rattraper. Bien sur, il n’avait toujours pas à se plaindre ; son statut de chevaucheur lui permettait de vivre honnêtement, et sans dépendre de quiconque. La vie à la caserne était simple, mais cela lui suffisait. Il n’aimait guère les fastes de la cour.

Bercé par les bruits environnants et plongé dans ses pensées, Aaron observait les choses qui se déroulaient autour de lui, sans toutefois être réellement sur ses gardes. A dire vrai, il ne pesait sur lui aucune menace « réelle », et il ne craignait pas de devoir se défendre soudainement face à un quelconque malandrin qui s'en prendrait à lui, car il se pensait assez agile pour s’en sortir. Sa formation lui avait mis plus d'un atout en main, et sa magie seule suffirait sans doute à mettre son adversaire hors de nuire la plupart du temps. S’il ne maîtrisait pas totalement l’art du combat au corps à corps, il restait homme vif de nature, c'est pourquoi il se retourna presque instantanément lorsqu'une petite voix s'éleva dans sa tête : Il y a quelqu'un qui semble très intéressée par le contenu de ton sac. Il eut le réflexe de serrer son sac sous le bras, sans parvenir à attraper la main de la jeune femme, mais lui faisant au moins lâcher prise.

Il découvrit avec surprise que l’objet du rapt n’était autre qu’une petite statuette en bois qu’on lui avait offert il y a de cela plusieurs années déjà. Aucune valeur, si ce n’était sentimentale. Si la petite voleuse s'y connaissait un tant soit peu, elle aurait compris que la statuette ne valait pas la peine d'être dérobée. Néanmoins, Aaron devait une fière chandelle à Arietty sans qui il ne se serait probablement pas aperçu du rapt. Il se sermonna d'ailleurs intérieurement, se promettant de toujours rester sur ses gardes comme il avait l'habitude de le faire. Néanmoins, il avait réussit à stopper la voleuse à temps, il était désormais l'heure de régler leurs comptes. Impassible, il ne se baissa pas pour ramasser la statuette, mais resta fixé sur la jeune femme :

─ Vous devriez savoir qu'il n'est pas prudent de s'en prendre à plus fort que soi.

Sa voix n'était pas agressive ni en colère. Au fond, Aaron ne l'était pas. Sans qu'il puisse dire pourquoi, il n'en voulait pas à la jeune femme, mais ressentait plutôt une sorte de curiosité. Bien sur, il lui ferait comprendre qu'elle n'aurait pas dû essayer de voler - ce n'était pas quelque chose d'honnête - mais il était curieux de savoir ce qui avait poussé la jeune femme à le prendre pour cible, lui, chevaucheur, alors qu'il y avait tant d'autres victimes plus faciles autour d'eux.


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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Jeu 23 Fév - 19:22

Raté.

Je retins un hurlement de frustration. Au moment même où je commençais à me persuader que j’allais réussir, ma cible s’était brutalement retournée vers moi, m’obligeant à laisser tomber mon butin par terre, et me figeant sur place d’un seul regard. Oh, non, il ne paraissait pas particulièrement furieux ou méchant, mais puisqu’il m’avait vue, mon crime en devenait, en quelque sorte, beaucoup plus palpable, beaucoup plus réel. Et ses conséquences potentielles, beaucoup moins hypothétiques. Désemparée devant cette situation nouvelle, je ne songeai même pas à m’enfuir, ni à masquer la criante culpabilité qui devait s’afficher sur mon visage, probablement teinté d’une jolie couleur écarlate. Je pouvais le dire, j’étais embarrassée. Embarrassée qu’il me prenne pour une voleuse, certes, mais aussi que j’aie échoué de façon aussi lamentable.

Figée comme une proie aux abois, j’attendis sa réaction. Sa voix était calme, maitrisée, mais je savais d’expérience que certaines personnes étaient capables de maitriser leur colère. Il ne paraissait pas non plus amusé, à vrai dire, comme un lion l’aurait été s’il avait été défié par une petite souris. Non, il était tout simplement impassible ; j’avais le sentiment qu’il énonçait un élément tout à fait factuel qui ne le touchait pas personnellement. En temps normal, j’aurais probablement tenté de le provoquer juste pour le plaisir de le faire réagir, mais dans l’état actuel des choses, je ne pouvais que remercier le Destin pour m’avoir conduit à tenter de voler un des seuls hommes dans cette foule, sans doute, à réagir aussi calmement devant un vol. Je n’étais pas encore en prison, il n’avait pas crié « au vol » et s’était contenté de répondre sans état d’âme. Parfait. Rassurant. Qui sait, peut-être qu’il me laisserait partir avec la statuette, finalement ?

J’ouvris la bouche pour répondre, mais fus incapable de déclarer quoi que ce soit. Je ne voulais pas mentir en prétendant que je n’avais pas essayé de le voler ; ce serait tout bonnement ridicule. Mais je ne savais pas quoi faire d’autre. Qu’est-ce qu’il voulait que je lui réponde, hein ? Prenant une profonde inspiration, nerveuse et les joues toujours rouges de honte, je jetai un coup d’œil en arrière, cherchant Pimprenelle dans la foule, espérant qu’elle viendrait à mon aide. Mais mon amie s’était brutalement volatilisée. Je me mordillai la lèvre inférieure, en venant presque à regretter de ne pas être partie en courant sitôt qu’il s’était retourné. Avec un peu de chance, il n’aurait pas eu le réflexe de me poursuivre. Maintenant, il connaissait mon visage et, sans doute, serait plus rapide que moi si j’essayais de m’échapper. Je m’avançai lentement pour ramasser la statuette qu’il avait laissée par terre, comme si elle n’avait pas d’importance, et la lui remis entre les mains. C’était un bon début, non ?

— C’était tombé, murmurai-je en me mordillant la lèvre inférieure. Ça arrive aux choses, parfois, quand on les lâche. Vous devriez faire plus attention.

Je ne comptais pas nier mon crime, pas vraiment, mais je ne voulais pas l’avouer non plus, et… les mots avaient parlé pour moi. J’avais conscience qu’ils étaient ridicules, et que le chevaucheur allait sans doute s’en moquer – ou peut-être en prendre ombrage, je ne saurais le dire – mais ils étaient ma seule défense dans cette situation particulièrement embarrassante et inhabituelle.

— Certes, les dragons, ça vole, parfois, vous devez le savoir, mais rarement quand ils sont en bois, ajoutai-je avec le sentiment de dire encore plus de choses inutiles. A moins que la magie n’intervienne, peut-être.

Tais-toi, Melinda. Clos cette bouche trop bavarde. Ou excuse-toi, éventuellement. Tels furent les précieux conseils qui me traversèrent l’esprit. Malheureusement, je n'appliquai aucun d’entre eux, à croire que j’aimais nier les idées raisonnables et sauter sur les projets les plus stupides. Comme voler ce chevaucheur, n’est-ce pas ? Certes, j’aurais pu rejeter la faute sur Pimprenelle en prétendant que c’était elle qui m’avait poussé à faire ça, mais je ne nierai pas mes responsabilités là-dedans. J’aurais pu refuser. Je ne l’avais pas fait. J’avais même jeté mon dévolu sur ce chevaucheur, et s’il ne m’avait pas interrompu, j’aurais été jusqu’au bout. Bon, peut-être que j’aurais ramené la statuette à la Caserne de Flamme par après, mais ce n’était pas le sujet. J’avais accepté de le voler ; c’était ma faute, pleinement et entièrement, et j’en étais consciente.

— Enfin, peu importe, marmonnai-je pour couper court à tout stupidité supplémentaire. Pour vous répondre tout à fait sincèrement, oui, je sais qu’il n’est pas prudent de s’en prendre à plus fort que soi.

Inutile de lui dire que je lui avais fait confiance pour se laisser voler. Sans doute ne prendrait-il pas ça comme un compliment.

— D’un autre côté, la prudence est une notion superflue, vous savez. Et ennuyeuse, avec ça. Ceux qui restent prudents toute leur vie ne quittent jamais leur maison. Ils ne font jamais de merveilleuses découvertes, et ont même trop peur pour profiter des plaisirs que l’existence leur apporte. Ce serait triste, de vivre comme ça.

La maison c’était bien, je ne le niais pas, mais en comparaison avec le vaste monde, c’était un peu lassant et monotone. D’un autre côté, il y avait probablement d’autres moyens que le vol, pour rendre la vie palpitante.

— Et puis, vous ne devriez pas me sous-estimez, vous savez, ajoutai-je avec un sourire moqueur, qui transparut par-dessus mon embarras. Je suis un adversaire de taille, dans certains domaines. Un guerrier de la Guilde a même cédé devant moi, un jour.

J’eus une douce pensée pour Serenus, et dut retenir une grimace de dépit en songeant à sa réaction s’il apprenait ce que je venais de faire. Comment réagirait-il s’il me considérait comme une voleuse ? Bien ? Mal ? Aussi impassible que l’avait été le chevaucheur qui me faisait face ?

— Tout ça pour dire que vous n’êtes pas forcément un adversaire plus fort que moi. Même si vous êtes un chevaucheur. Et que vous avez des réflexes tout à fait impressionnants.

Mon sourire s’élargit un peu plus. Il m’avait laissé parler jusque-là sans fuir ou me faire enfermer pour ne plus avoir à m’entendre. C’était plutôt bon signe, non ?

— Et puis, comment est-ce que je peux savoir que je fais quelque chose d’imprudent avant d’avoir essayé ? questionnai-je innocemment.

C’était un argument de poids pour le pousser à la clémence. Du moins, je l’espérais, parce que pour l’instant, à m’entendre, je paraissais incapable de tenir un raisonnement cohérent et intelligent. Mais, avec un peu de chance, le chevaucheur me prendrait pour une demeurée. Il m’offrirait la statuette en bois, par pitié, et me laisserait repartir avec en pensant avoir fait une bonne action. Peut-être. Ou peut-être pas.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Dim 5 Mar - 19:10

Ouvrant la bouche puis la refermant - s'était-elle ravisée ? - la jeune femme jeta un oeil derrière elle, à la recherche sans doute d'un quelconque soutient, qu'elle ne sembla pas trouver. Elle se mit alors à mordiller sa lèvre inférieur, un tic nerveux sans doute, puis finit par s'avancer pour ramasser la statuette et la lui remettre dans les mains

─ C’était tombé. Ça arrive aux choses, parfois, quand on les lâche. Vous devriez faire plus attention.

C'était osé, très osé, mais Aaron ne s'en offusqua guère. Bien au contraire, un léger sourire se dessina sur ses lèvres au regard de l'audace donc faisait preuve la jeune femme. A n'en pas douter, elle ne manquait pas de cran pour chercher à se tirer de cette situation dont elle était clairement responsable.

─ Certes, les dragons, ça vole, parfois, vous devez le savoir, mais rarement quand ils sont en bois. A moins que la magie n’intervienne, peut-être. Enfin, peu importe. Pour vous répondre tout à fait sincèrement, oui, je sais qu’il n’est pas prudent de s’en prendre à plus fort que soi.

La jeune voleuse amusait Aaron, tant dans sa manière de réagir que dans la façon qu'elle avait d'essayer de se dépêtrer d'une situation qui semblait mal partie pour elle. Après avoir débattu sur la capacité à voler des dragons en bois, la jeune femme s'engagea dans une explication plutôt recherchée de la prudence, sans même chercher à voir si sa victime avait quelque chose à ajouter, bien que ce ne soit pas le cas.

─ Et puis, vous ne devriez pas me sous-estimez, vous savez. Je suis un adversaire de taille, dans certains domaines. Un guerrier de la Guilde a même cédé devant moi, un jour. Tout ça pour dire que vous n’êtes pas forcément un adversaire plus fort que moi. Même si vous êtes un chevaucheur. Et que vous avez des réflexes tout à fait impressionnants. Et puis, comment est-ce que je peux savoir que je fais quelque chose d’imprudent avant d’avoir essayé ?

Aaron dû se retenir de rire à nouveau devant l'audace de sa petite voleuse. Plus que de lui en vouloir, au fond, il admirait cette détermination dont elle faisait preuve pour se tirer de là. Elle était amusante, et il devait dire qu'il ne s'était guère attendu à ça. La plupart des voleurs qui cherchait à chaparder quelque chose se montrer plus ... réticent à entamer la discussion, et avait plutôt tendance à tourner le dos aussi vite que possible. C'est pourquoi il se prit au jeu de la jeune femme, et entama à son tour ses propres argumentations d'un ton rieur :

─ Je n'ai jamais avancé être plus fort que vous, serait-ce donc ce que vous pensez ?

Faisant tourner la statuette un instant entre ses doigts, le chevaucheur la contempla brièvement, avant de la ranger dans son sac, cette fois-ci hors de vue d'un quelconque passant.

─ La notion de supériorité est quelque chose de complexe à définir, comme vous semblez si bien aimer le faire. Il est certain que chaque adversaire à ses atouts, il s'agit simplement de savoir les déceler. Néanmoins, je vous l'accorde, le statut ne fait pas tout, et les risques sont parfois nécessaires pour obtenir ce que l'on désire.

Portant la main à son menton, il lissa la discrète barbe naissante qui l'ornait. Il était curieux de savoir ce qui avait poussé la jeune voleuse à commettre son crime, et surtout à le choisir lui comme le victime. Au point où ils en étaient, il pouvait sûrement le lui demander, après tout elle le lui devait bien. C'est donc d'une voix calme qu'il ajouta :

─ Puis-je au moins avoir l'honneur de savoir pourquoi moi ? Je doute que ce soit la statuette qui ait influencé votre choix. Un œil aguerri aura vite fait de remarquer qu'elle ne vaut pas grand chose.

[Honte à moi, je voulais y répondre depuis le WE suivant ta réponse, mais mon vilain mémoire et ma fin de stage m'ont bien occupée :hide: ]

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Mer 15 Mar - 13:04

Tout au long de ma piètre défense – même moi, je pouvais me rendre compte que mon bavardage ne plaidait pas vraiment en ma faveur – je m’étais montrée trop nerveuse pour me préoccuper d’observer la réaction du chevaucheur. C’était ridicule, évidemment, puisque c’était elle que je craignais, mais je ne prêtais aucune attention à son amusement croissant. Ce ne fut que lorsqu’il me répondit enfin, sur un ton rieur, que je m’aperçus qu’il ne paraissait pas fâché, ni même désireux de me faire subir une punition quelconque. Non, il était simplement… amusé ? J’aurais dû en être soulagée, probablement, mais pour une raison qui m’échappait, je n’en conçus qu’une certaine irritation – j’avais le sentiment exaspérant qu’il ne me prenait absolument pas au sérieux.

— Vous l’avez sous-entendu, marmonnai-je d’un ton boudeur quand il me demanda si je pensais qu’il était plus fort que moi. Et puis vous êtes un chevaucheur. J’espère bien que vous êtes plus fort que moi dans certains domaines.

S’il ne l’était pas, alors je pouvais craindre pour la sécurité de Faërie. Mais n’importe qui ne pouvait sans doute pas chevaucher un dragon, et je supposai naturellement que ça demandait une certaine expertise que je n’avais pas acquise en m’occupant de mes petites abeilles. Alors oui, je l’avouais volontiers, il devait avoir de meilleurs réflexes que moi, et probablement une meilleure force physique. Il courait plus vite, sans doute aussi. Bref, il possédait des qualités que je ne possédais pas. D’un autre côté, moi aussi, j’étais probablement meilleure que lui sur certains points – qu’il essaye donc de s’occuper d’abeilles, par exemple !

Je l’observai ranger la statuette avec un léger pincement de cœur. Il était joli, pourtant, le dragon. Oh, je n’aurais pas pour autant été désireuse de le voler sans y être poussée – je maudis intérieurement Pimprenelle et ses idées bizarres – mais une part de moi aurait aimé pouvoir le tenir entre mes mains au moins pendant quelques minutes. Et puis, bien entendu, je perdais tout espoir de repartir glorieusement le dragon entre mes mains pour montrer à mon amie que j’étais capable de l’habileté et du courage nécessaire pour voler quelqu’un. Je me morigénai intérieurement : si déjà je parvenais à quitter ce chevaucheur sans graves conséquences, je pourrai m’en estimer heureuse.

Je l’écoutai vaguement me parler de la notion de supériorité. Il ne faisait que répéter ce que je pensais déjà depuis longtemps. En fait, à mes yeux, la supériorité n’existait pas en tant que telle, elle se gagnait. Mais c’était un détail sur lequel il était inutile que je pinaille – il valait mieux ne pas trop énerver ce chevaucheur tant qu’il gardait miraculeusement son calme, et son amusement. J’eus un léger sourire à la fin de sa tirade.

— J’ajouterai que les risques que nous courons pour combler nos désirs font desdits désirs quelque chose de précieux. Si tout était accessible, on pourrait difficilement accorder de la valeur à quoi que ce soit, déclarai-je avant de m’apercevoir à quel point cette phrase pouvait être mal interprétée. Non pas que je veuille absolument courir des risques, cela dit, mais je tenais à le souligner.

Il ne manquerait plus que ce chevaucheur pense que je l’avais volé juste pour le frisson du risque, ou que c’était une habitude chez moi de me mettre dans des situations pareilles. Certes, j’avais une forte tendance à me laisser emporter dans des situations que toute personne raisonnable aurait soigneusement évitées, mais ce n’était pas comme si je le faisais exprès.

Le chevaucheur me demanda alors pourquoi je l’avais choisi lui. J’eus un instant d’hésitation. Répondre à cette question, ce serait avouer que j’avais vraiment voulu le voler – ce que je n’avais pas encore fait, jusqu’alors. Bien entendu, il était évident que mes intentions n’avaient pas été innocentes, mais avouer, oralement, que j’avais voulu le faire et que je l’aurais fait, c’était différent. Comme si, en prétextant que rien ne s’était produit, je pouvais en quelque sorte effacer mon crime et ma culpabilité. C’était ridicule, certes, mais j’étais tout de même extrêmement mal à l’aise de passer aux aveux, même de façon tout à fait détournée.

— Elle est très jolie, cette statuette, commençai-je, tentant de gagner du temps avant d’expliquer au chevaucheur pourquoi je l’avais choisi – un raisonnement ridicule, quand j’y repensais, même moi je m’en rendais compte sans peine. J’aurais parfaitement pu la vouloir dans ma chambre, pour l’admirer tous les matins en me levant. Et puis c’est une statuette de dragon. Qui ne voudrait pas d’un dragon à ses côtés ?

J’avais toujours admiré ces majestueuses créatures qui tranchaient le ciel faë, même si je n’avais jamais eu l’idée de devenir chevaucheuse moi-même. A mes yeux, personne ne pouvait totalement les mépriser ou les considérer avec indifférence. C’était des dragons, tout de même.

— Bref, je pense que vous devriez revoir votre jugement sur le peu de valeur que peut avoir cette statuette. Elle est jolie, c’est un dragon, et elle n’est pas trop remarquable, donc plus facile à dissimuler une fois qu’on l’a…

…volée. Le mot, sur le bout de mes lèvres, s’étrangla dans ma gorge. Je me corrigeai presque aussitôt, ne marquant qu’un bref instant d’hésitation.

— …en sa possession. Et en plus, elle n’attirerait même pas l’attention des voleurs ! N’est-ce pas extraordinaire ?

Je hochai la tête comme pour tenter de m'en convaincre moi-même.

— Vous en avez de la chance, de posséder un tel trésor, affirmai-je avec enthousiasme.

J’aurais pu, certes, tâcher de changer de sujet de cette façon, et ignorer purement et simplement la question du chevaucheur. Mais au fond de moi, quelque chose me soufflait qu’il méritait bien une réponse. Après tout, j’avais tâché de le voler – une pensée qui m’horrifiait encore quand j’y réfléchissais trop longtemps – et je devais au moins faire mon possible pour me faire pardonner, non pas parce que je craignais la justice, mais pour ma conscience personnelle – parce que oui, quelque part au fond de moi, j’avais une forme de conscience qui me soufflait que dérober quelque chose à quelqu’un était un acte déshonorant. Mon sourire se fana, et je baissai les yeux sur mes mains, affichant soudain un air grave, et peut-être un peu coupable.

— Quant à savoir pourquoi je vous ai choisi…

Je pris une profonde inspiration, comme pour me donner le courage d’aller jusqu’au bout de mon explication. Vas-y Méli-Mélo, assume les conséquences de tes actes, m’ordonnai-je intérieurement.

— Eh bien, vous étiez chevaucheur, et je me suis dit que… je pouvais sans doute… vous faire confiance.

C’était encore plus ridicule et naïf dit oralement. Je ne pus empêcher une vive rougeur de colorer mes joues. Néanmoins, je ne pouvais rien ajouter. Je m’étais simplement sentie plus en sécurité à l’idée d’aborder un chevaucheur que n’importe qui d’autre, voilà tout. Que cette impression soit déraisonnée ou non, elle avait été mienne, et m’avait poussé à prendre pour cible ce chevaucheur parmi tous les autres promeneurs qui arpentaient les rues de Lorgol. Je n’avais pas vraiment d’explication plus sincère.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Mer 22 Mar - 17:22

Si Aaron devait concéder une chose à la jeune voleuse, c'est qu'elle avait l'art de manier les mots. Trop, peut-être, car son bavardage incessant commençait à irriter un tant soit peu le chevaucheur. Certes, il le prenait sur le ton de l'humour, et cela lui appartenait, mais que la jeune femme n'abuse pas de sa tolérance ; car le côté taciturne du jeune homme reprendrait bien assez tôt le dessus, et qu'elle serait surprise de ce revirement de situation. Il ne répondit rien tandis qu'elle marmonnait pour elle-même, mais ses doigts tapotèrent inconsciemment sa veste de cuir, produisant un léger tapotement qui passerait sans doute inaperçu. La jeune voleuse ne l'avait pas quitté des yeux tandis qu'il avait rangé la statuette dans son sac, à l'abri d'une main baladeuse cette fois-ci. Regrettait-elle de ne pas pouvoir l'emmener ? Sûrement, puisqu'un voleur prenait toujours des risques dans l'objectif d'acquérir - si tant est que le terme soit adapté - quelque chose de nouveau. Or, cette fois-ci, elle repartirait les mains vides - si elle avait de la chance et qu'Aaron n'allait pas plus loin - car elle n'avait pas su être assez prompt, ou bien trop hésitante.

─ Elle est très jolie, cette statuette.  J’aurais parfaitement pu la vouloir dans ma chambre, pour l’admirer tous les matins en me levant. Et puis c’est une statuette de dragon. Qui ne voudrait pas d’un dragon à ses côtés ?

Aaron haussa un sourcil. Pensait-elle réellement tout ce qu'elle disait, ou bien déclarait-elle simplement tout ce qui lui passait par la tête ? Il opta pour la seconde version, quand bien même elle avait l'air relativement honnête ; elle restait une voleuse, après tout. Néanmoins, il était vrai que lui-même attachait beaucoup de valeur à cette petite statuette de dragon, mais parce qu'elle avait une grande valeur sentimentale pour lui, valeur nulle pour la jeune femme. Dans un flot continu de paroles que le chevaucheur finit par ne plus écouter aussi attentivement, la petite voleuse argumenta ses dires, hésitant à peine. Aaron nota également qu'elle était plutôt culottée, bien que cela doive être un atout nécessaire pour vivre de cette manière.

─ Quant à savoir pourquoi je vous ai choisi …  Eh bien, vous étiez chevaucheur, et je me suis dit que… je pouvais sans doute… vous faire confiance.

Les joues de la jeune femme virent au rouge en même temps que ses paroles résonnaient dans les oreilles d'Aaron. Plutôt absurde, il fallait l'avouer. N'importe quel être censé d'esprit - du moins du point de vue du jeune homme - aurait choisit toute autre cible présente plutôt que de se rabattre sur un chevaucheur. Mais elle, elle l'avait choisit parce qu'elle lui faisait ... confiance ? Les sourcils froncés - et le visage débarassé de tout air amusé - le jeune homme rétorqua d'une voix neutre :

─ Confiance pour ... ?

Ses doigts se remirent à tapoter sa veste tandis qu'il scrutait la jeune femme d'un regard différent. Certes, il ne lui en voulait pas - et elle n'avait même pas atteint son dessein - néanmoins n'était-elle pas en train de se moquer ouvertement de lui ? Oh bien sur, il l'avait laissé faire, dans un premier temps, mais elle semblait prendre des libertés qui ne plaisait guère au chevaucheur, et il jugea bon de lui rappeler dans quelle situation  elle se trouvait :

─ J'ai peut-être beau n'être qu'un chevaucheur, je n'apprécie pas tellement - vous me pardonnerez l'expression - d'être pris pour un pigeon, entendons-nous.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Jeu 30 Mar - 16:52

— Confiance pour… ?

Aïe. La question difficile.

A vrai dire, moi-même, quand j’y réfléchissais un peu, je me disais que j’avais été vraiment stupide de m’imaginer qu’un chevaucheur pourrait faire une cible idéale. Un quelconque quidam perdu dans la foule aurait probablement été une proie plus appropriée. Mais je n’étais pas une voleuse chevronnée, j’avais agi sur un coup de tête, sans vraiment réfléchir, et pour être tout à fait sincère, je n’étais même pas sûre d’avoir eu envie de réussir mon vol. Dans cette optique, un chevaucheur était une proie tout à fait appropriée. Néanmoins, mes raisons personnelles dépassaient probablement tous ces arguments forts raisonnables. A vrai dire, j’accordais une certaine confiance, un peu naïvement, aux chevaucheurs, candidement persuadée qu’ils allaient veiller sur nous, citoyens faës, confiance en grande partie due à l’admiration que je pouvais ressentir en les voyant fendre le ciel à dos de dragon.

— Je…, commençai-je, me demandant comment formuler ça sans avoir l’air d’une gamine inconsciente et irréfléchie.

J’hésitai quelques secondes, si bien que le chevaucheur poursuivit, déclarant qu’il n’appréciait pas vraiment d’être pris pour un pigeon. J’écarquillai les yeux, surprise qu’il ait pris mes paroles aussi négativement, et un peu blessée par la soudaine irritation que je lisais en lui. Je n’avais pas remarqué jusqu’alors, mais il avait perdu le calme que j’avais cru lire en lui quand j’avais commencé à parler. En temps normal, j’aurais pu m’amuser de ce soudain revirement, mais j’étais tout à fait consciente que je venais de commettre un crime à l’égard de cet homme, et que s’il n’était pas bien disposé à mon égard… eh bien, les conséquences pourraient s’avérer fâcheuses.

J’aurais dû laisser parler la voix de la raison et d’expliquer calmement à cet homme qu’il était dans mes habitudes de parler beaucoup et qu’il m’arrivait souvent d’avoir des raisonnements que moi-même je trouvais étranges, mais que ni l’un ni l’autre de ces traits de caractère ne signifiaient que je me moquais de lui. Néanmoins, ma raison avait dû partir en chantonnant à l’instant même où j’avais accepté la proposition de Pimprenelle, parce que ce fut la fureur qui s’empara de moi.

Furieuse, oui, je l’étais. Cet homme venait de piétiner impitoyablement la confiance que j’avais placée entre ses mains timidement et avec beaucoup d’embarras. Il s’en moquait, prétendant qu’elle n’était rien d’autre qu’une tentative pour me payer de sa tête. La confiance, c’était un trésor précieux, qu’on devrait chérir et protéger, pas qu’on devait utiliser contre une arme contre autrui, ni même qu’on devait soupçonner d’être une arme. Les soupçons du chevaucheur me blessaient et me mettaient en colère. Qu’on puisse me suspecter, moi, d’utiliser un tel trésor d’une façon aussi cruelle ?

— Mais je ne vous prends pas pour un pigeon ! protestai-je, les sourcils froncés, d’un ton véritablement vexé. C’est l’explication la plus sincère que j’aie pu vous donner, et croyez-moi, ce n’est pas facile de révéler que je vous ai volé pour une raison aussi embarrassante.

Sous le coup de la colère, je ne m’aperçus même pas que je venais d’avouer oralement que j’avais bel et bien tenté de le voler. Certes, il le savait déjà, mais ça lui faisait une confirmation supplémentaire.

— Je ne fais pas confiance à n’importe qui, chevaucheur, et vous devriez vous sentir flatté que je vous estime à ce point au lieu de penser que je me moque de vous, même si cette confiance que je vous accorde vous a valu d’être volé, ce qui ne doit guère vous enchanter, j’imagine.

Comme d’habitude, j’étais sur le point de diverger encore une fois vers un autre sujet, laissant ma colère s’évanouir dans le flot des mots. Refusant qu’une telle chose arrive – ce chevaucheur méritait d’entendre à quel point je trouvais injuste qu’il nie ainsi la précieuse confiance que je lui avais confiée – je secouai la tête pour revenir au cœur du sujet.

— Bref, comme je le disais, oui, je vous fais confiance, déclarai-je d’un ton un peu abrupt. C’est ridicule, peut-être, j’aurais même tendance à être d’accord avec vous si vous le pensez. Mais c’est le cas. Vous êtes un chevaucheur, je suis faë, et j’ai toujours admiré vos exploits sur les dragons, depuis que je suis toute petite. Je me suis dit que vous… que vous agiriez pour le mieux. Et ça me suffisait, comme conviction.

Je grimaçai, une idée surgissant soudain dans mon esprit, tandis que ma colère, déjà, malgré mes efforts, s'en allait à tire-d'aile.

— Certes, peut-être qu’à présent, en agissant pour le mieux, vous allez me faire payer mon crime, ce qui serait tout à fait justifié. Même si je dois dire que ça ne me plairait sans doute pas. Mais je suppose que le but d’une punition n’est pas vraiment d’être plaisante.

Je me détournai de cette pensée désagréable. Quand je poursuivis, ma voix avait retrouvé un calme étonnant, comme si je ne m’étais jamais mise en colère.

— Pour en revenir à notre sujet, je pense qu’il m’a paru tout naturel de vous choisir comme cible. Vous savez, on a plus tendance à aborder des gens envers qui on éprouve une certaine confiance que de parfaits inconnus sans signes distinctifs. Je n’ai pas vraiment réfléchi. Vous étiez là, et je vous ai choisi, assez instinctivement. Je n’avais pas le temps de débattre longuement avec moi-même sur les arguments favorables et les arguments défavorables à un tel projet.

Je haussai les épaules, soudain lasse d’essayer de monter une défense qui, sans doute, tomberait dans l’oreille d’un sourd.

— J’espère que mes explications sont plus claires. Soyez assuré, en tous cas, qu’à aucun moment je n’ai voulu me moquer de vous. Je ne me pensais même pas sérieusement capable de réussir à vous voler quoi que ce soit, si vous voulez savoir.

Je lui jetai un regard en coin, soudain curieuse de savoir quel sort il me réserverait. Il n’allait pas se montrer méchant, n’est-ce pas ? C’était un chevaucheur. Je devais quand même avoir une raison, même minime, de lui faire confiance, non ?

— J’ai juste une question, si vous permettez… qu’est-ce que vous comptez faire de moi, maintenant ?

Autant que je sois au courant. C’était de mon avenir qu’il s’agissait, après tout. Et finalement, ledit avenir était pour l’instant plutôt vide. Pourquoi ne pas ajouter un petit châtiment dans mon agenda ? Au moins, ça aurait le mérite de m’occuper.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Mer 12 Avr - 22:35

Si Aaron se sentait agacé tout d'un coup, il se dit après coup qu'il avait peut-être été un peu rude avec la jeune femme, notamment lorsqu'il la vit écarquiller les yeux. Mais après tout, n'avait-elle pas essayé de le voler ? Ce méfait pourrait lui valoir bien plus qu'un simple sermon dès lors qu'il ferait appel à quelqu'un de plus qualifié que sa propre personne pour juger la jeune femme. Après la surprise, ce fut la colère qui sembla s'emparer de la voleuse, qui protesta d'un ton vexé :

─ Mais je ne vous prends pas pour un pigeon ! C’est l’explication la plus sincère que j’aie pu vous donner, et croyez-moi, ce n’est pas facile de révéler que je vous ai volé pour une raison aussi embarrassante. Je ne fais pas confiance à n’importe qui, chevaucheur, et vous devriez vous sentir flatté que je vous estime à ce point au lieu de penser que je me moque de vous, même si cette confiance que je vous accorde vous a valu d’être volé, ce qui ne doit guère vous enchanter, j’imagine.

Il était certain qu'il aurait été peiné de découvrir qu'il n'avait plus sa statuette avec lui. Elle avait certes peu de valeur marchande, mais l'histoire qui l'entourait valait bien plus que quelques pièces, et la voir disparaître en l'emportant avec elle lui aurait beaucoup coûté. Alors Aaron ne dit rien, se contentant d'écouter la jeune femme rétorquer encore et encore. Bonne oratrice ? Sans doute, mais lui était loin d'apprécier ce genre de talent. Il préférait les environnements calmes, voir silencieux, à ceux trop animés. Après avoir expliqué les raisons qui avaient porté son choix sur un chevaucheur, la petite voleuse aborda également les risques qu'elle courait si jamais il venait à la dénoncer. Au moins en avait-elle conscience. Et, tandis qu'elle ne cessait de parler - Aaron en vînt à se demander si ce n'était pas là un moyen de se rassurer ? - sa voix se calma peu à peu, et la colère disparut.

─ Pour en revenir à notre sujet, je pense qu’il m’a paru tout naturel de vous choisir comme cible. Vous savez, on a plus tendance à aborder des gens envers qui on éprouve une certaine confiance que de parfaits inconnus sans signes distinctifs. Je n’ai pas vraiment réfléchi. Vous étiez là, et je vous ai choisi, assez instinctivement. Je n’avais pas le temps de débattre longuement avec moi-même sur les arguments favorables et les arguments défavorables à un tel projet.

De toute manière, lorsqu'on commettait un vol, avait-on réellement le temps d'analyser chaque détail ? Le jeune chevaucheur estimait que cela dépendait bien sur de la cible et de l'objet visé, mais un simple rapt dans une rue pour quelques pièces nécessitait-il réellement la mise au point d'un plan précis et stratégique ? Non, sans doute pas. C'était son côté soldat qui lui faisait penser qu'agir sans avoir réfléchi était bien audacieux, mais au fond, n'étaient-ils pas amenés à le faire également lors de certaines missions ? A dire vrai, Aaron n'écoutait plus que d'une oreille, plongé dans ses pensées, mais il n'avait pas détourné le regard une seule fois, preuve qu'il restait tout de même concentré sur elle. Et lorsqu'elle s'excusa à nouveau, il se dit qu'au fond, elle était peut-être réellement sincère. De toute manière, il n'aurait jamais moyen d'en être certain.

─ J’ai juste une question, si vous permettez… qu’est-ce que vous comptez faire de moi, maintenant ?

C'était une bon question, très bonne même. S'il avait été honnête, Aaron lui aurait avoué qu'il avait su dès le début qu'il ne lui ferait rien, car il n'en avait pas le temps, et qu'il devait retourner en Outrevent rapidement. Enclancher une procédure n'aurait fait que le retarder pour des broutilles, d'autant plus qu'il n'avait aucun témoin, ni aucune preuve que ce que ses seuls yeux avaient vus. Néanmoins, si la voleuse s'était montré agressive, ou lui avait réellement menti, peut-être la colère l'aurait-elle fait changer d'avis, mais ce n'était pas le cas. Bien sur, elle avait tenté - il continuait de le croire - de l'amadouer, mais en n'utilisant rien de plus que ses mots et son intelligence. C'était tout à son honneur, et il songea avec amusement qu'une dame avec une telle audace à la cour aurait eu moyen de se forger un petit univers à ses pieds. Malheureusement pour la jeune femme, elle n'était ni à la cour, ni issue d'une famille aisée, et ne pouvait mettre son talent qu'à l'épreuve de la rue. Ce fut donc d'une voix franche et directe qu'il lui répondit :

─ Rien. Je ne vais rien faire de vous, car à qui cela profiterait-il ?

Ses doigts tapotèrent tranquillement sa veste, tandis qu'il réfléchissait intérieurement. Lui-même se surprenait parfois avec  des raisonnements étranges qui lui auraient valu l'incompréhension de son père.

─ Vous ne m'avez rien volé - bien que vous ayez essayé - et vous dénoncer ne m'apporterait rien de plus qu'une perte de temps. Quant à vous, il me semble que vous faire punir ne vous serait pas d'une grande utilité, puisqu'il semble que vous ayez déjà conscience de vos torts, je me trompe ?

Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, un brin moqueur, un brin amusé, au vue de la situation plutôt coquasse. Une victime qui s'inquiétait du sort de son malfrat, cela aurait pu faire une nouvelle avec une chute de plus originales, bien qu'il ne soit pas porté sur l'écriture.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Mer 26 Avr - 14:14

Rien.

Il n’allait rien faire de moi.

Le soulagement me frappa en premier. J’allais pouvoir m’en sortir. Sans la moindre conséquence. Tous les scénarios hypothétiques et désastreux que je m’étais imaginés s’évanouirent dans mon esprit. Aucun ne se réaliserait. Le chevaucheur, comme pour justifier la confiance que j’avais portée en lui, avait décidé de m’épargner, et de me laisser partir sans conséquences. C’était formidable ! Au point, presque, que j’aurais dû me jeter à genoux pour remercier le chevaucheur de sa gentillesse à mon égard. Sauf que… je ne parvenais pas à être pleinement satisfaite de la situation. Pour tout dire, j’en étais même au point de me sentir vexée, et un peu furieuse. Il n’allait rien faire de moi. Comme s’il ne considérait pas mon vol comme un vrai vol.

— Rien ? répétai-je, les sourcils froncés, presque sur le ton de la protestation.

Il s’expliqua alors, le chevaucheur, et ce ne fut ni le soulagement ni la reconnaissance qui m’envahirent ; ma colère se contenta de croître et de grandir. Mon vol ne valait même pas la peine d’être traité au même titre que les autres. Je n’étais rien de plus qu’une perte de temps. Certes, je pouvais concevoir que le chevaucheur était occupé, probablement à des affaires importantes, mais… je venais de le voler, tout de même – ou de tenter de le voler, inutile de me rappeler que j’avais lamentablement échoué. Il aurait pu se montrer un peu plus dur, non ? Au moins me donner une petite punition, pour que j’aie l’impression qu’il avait pris mon crime au sérieux ! Mais non, il n’allait rien faire de moi. Pire : il osa sourire, comme s’il prenait la situation à la légère, comme s’il s’agissait d’une plaisanterie et que j’étais juste une enfant amusante parce qu’elle tâchait de jouer dans la cour des grands.

— Bien sûr que j’ai conscience de mes torts, mais là n’est pas la question ! déclarai-je d’un ton irrité. En vérité, le problème, c’est que vous ne prenez pas la situation suffisamment au sérieux !

Ce qui m’énervait le plus, c’était qu’il avait probablement raison. Je n’étais pas une voleuse, je n’en avais ni l’étoffe ni les capacités. Qu’il l’ait repéré aussi facilement m’exaspérait. Il aurait au moins pu faire semblant de me prendre au sérieux, pour ne pas blesser mon estime de moi ! Bien au contraire, il se moquait de moi et de ma situation, comme si c’était amusant, comme s’il prenait mon vol pour un jeu, alors qu’il n’en était rien. Ce n’était pas parce que je n’étais pas douée en la matière qu’il fallait pour autant sous-estimer mon crime ! C’était une affaire très sérieuse, vraiment !

— Pourtant, vous devriez ! En imaginant que j’aie été une voleuse plus douée – ce que je ne suis pas, je vous l’accorde – j’aurais très bien pu réussir à vous prendre cette statuette. Ou autre chose, si j’avais voulu. D’ailleurs, je pourrais très bien décider de recommencer. Avec n’importe qui. Ce n’est pas parce que j’ai conscience de mes torts que je ne peux pas récidiver, après tout. Peut-être que j’ai vraiment envie de voler quelqu’un et de réussir ! Peut-être même que vous n’êtes pas ma première victime !

Je croisai les bras sur ma poitrine et haussai un sourcil sceptique.

— Et vous allez juste me laissez partir, comme ça, pouf, sans rien ? C’est de l’inconscience, vous savez. C’est peut-être une très mauvaise décision de votre part. Vous ne devriez pas prendre ça à la légère.

Etais-je vraiment en train d’insister pour qu’il me punisse ? Ce n’était peut-être pas l’idée la plus judicieuse que j’aie eue… Mon exaspération déchirée par cette lueur de lucidité, je me balançai d’un pied sur l’autre, soudain mal à l’aise.

— Enfin, je n’essaye pas non plus de vous faire changer d’avis. C’est bien aussi, que vous m’épargniez. Je suis très contente de cette décision. C’est gentil à vous, merci. C’est juste que ça m’a surprise. Je m’attendais déjà à subir une horrible punition pour ce que j’avais fait, et je m’imaginais ce que tous mes proches penseraient de moi, et je déplorais la stupide décision que j’ai prise de vous voler, et… bref, je suis sûre que vous pouvez vous imaginer.

Je jetai un coup d’œil soupçonneux au chevaucheur, m’inquiétant soudain qu’il laisse partir tous les voleurs comme il venait de le faire avec moi. Peut-être même était-il lui-même un voleur ? Usait-il de son statut de chevaucheur pour extorquer les pauvres gens ? Pire : avait-il assommé un chevaucheur dans une ruelle quelconque et volé son uniforme pour tromper la foule ? Oh, peut-être que je pouvais lui demander de m’apprendre comment faire un vol réussi ? Il ne semblait pas vraiment du genre à accepter, à vrai dire – je n’étais sans doute rien de plus à ses yeux qu’une perte de temps – mais peut-être pouvais-je compter sur sa gentillesse, ou sur sa peur d’être dénoncé… Ça me semblait presque être une bonne idée. Sauf que mes soupçons pouvaient être totalement déplacés. Auquel cas il prendrait sans doute ma demande… plutôt mal. Mais n’y avait-il pas qu’une seule manière de le savoir avec certitude ?

— Mais dites-moi, demandai-je d’une voix lente, pouvez-vous vraiment vous imaginer ma situation ? C’est pure curiosité de ma part si je vous demande ça, chevaucheur, ne vous sentez pas offensé, mais… avez-vous déjà volé quelqu’un ?

Je guettais presque avidement sa réaction, me demandant s’il allait mentir pour se couvrir, se montrer franc et honnête avec moi sur un crime passé, ou être complètement outré par ma question et réagir en conséquence. La réponse en elle-même, en fait, m’importait assez peu. Ce que je préférais, comme toujours, dans une conversation, c’était l’effet que mes paroles – et mes questions – pouvaient avoir sur mon interlocuteur. Et plus l’effet était explosif, plus je m’amusais, même si parfois, les conséquences de mes paroles pouvaient être un peu difficiles à considérer de façon positive. Un doux sourire étira mes lèvres. C’était à mon tour, désormais, de m’amuser aux dépens du chevaucheur.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Mar 23 Mai - 20:23

Pour un peu, Aaron aurait été prêt à tourner les talons pour reprendre sa route et se profiter encore un peu de l'ambiance du marché, mais la jeune voleuse ne semblait pas être du même avis :

─ Rien ? Bien sûr que j’ai conscience de mes torts, mais là n’est pas la question ! En vérité, le problème, c’est que vous ne prenez pas la situation suffisamment au sérieux !

Au sérieux ? Non, c'était vrai, il ne la prenait pas tellement au sérieux. Malgré toute la bonne volonté qu'elle mettait dans ses propos, il n'arrivait pas à l'imaginer comme un véritable malfrat, elle n'en avait pas la dégaine, ou du moins, pas le caractère. Pour un peu, son ton exaspéré aurait presque fait rire Aaron. Pourquoi se mettre dans de tels états pour si peu ? N'était-ce pas lui qui aurait dû crier au scandale ? La situation devenait coquasse, et quiconque aurait pris la conversation en cours de route aurait eu du mal à la comprendre. Après quelques longues phrases sur les possibilités de récidive et son habilité de voleuse - ce qui n'était pas réellement le soucis du chevaucheur - la jeune femme ajouta d'un ton septique :

─ Et vous allez juste me laissez partir, comme ça, pouf, sans rien ? C’est de l’inconscience, vous savez. C’est peut-être une très mauvaise décision de votre part. Vous ne devriez pas prendre ça à la légère.

Il y avait bien plus grave à traiter dans les contrées de Faërie qu'un simple délit de vol, qui plus est lorsque son auteur cherchait simplement un peu de reconnaissance. C'était ce qu'Aaron tirait comme conclusion de cette rencontre. Peu importe qui était réellement cette jeune femme, et ce qu'elle faisait ; peu importe qu'elle continue de voler, cela ne le regardait pas. Non, si elle l'avait volé lui - et si elle en volait d'autres - c'était peut-être autant par nécessité que par désir de se faire une place dans la société en se faisant remarquer. Après tout, quel voleur aurait tenu face à sa victime en lui soufflant qu'elle avait tort de ne pas lui infliger de peine ? Le premier voleur censé - ou un brin expérimenté - aurait tourné les talons à peine la figurine tombée par terre.

Mal à l'aise, la jeune femme dansait d'un pied sur l'autre, en continuant - une fois de plus - de parler. Elle le remerciait tout de même de ne rien intenter, et de ne pas lui infliger une « horrible punition » comme elle le disait. Il était vrai que - même pour si peu - les sanctions ou les sentences prononcés envers les voleurs n'avaient rien d'attirants, et nombre de mendiants manchots pouvaient en attester.

─ Mais dites-moi, pouvez-vous vraiment vous imaginer ma situation ? C’est pure curiosité de ma part si je vous demande ça, chevaucheur, ne vous sentez pas offensé, mais… avez-vous déjà volé quelqu’un ?

La question était posée d'une voix lente. Quoi que possiblement offensante, Aaron n'en fit rien. A dire vrai, de la part de la jeune femme, il s'attendait à d'autres questions du genre ; elle ne semblait guère avoir de limites. A moins qu'elle se plaise désormais à tenter de l'offenser comme lui-même s'était amusé à la taquiner ? C'était possible. Ils étaient loin d'avoir le même caractère, malgré tout c'était de commune nature humaine que de chercher à tirer la meilleure place dans chaque situation.

─ Peut-être que oui, peut-être que non. Peut-être suis-je seulement un inconscient trop naïf ? Difficile de savoir.

Il fallait l'avouer, il se plaisait à la faire tourner en bourrique. Elle attendait probablement une réponse précise, qu'il ne pouvait pas lui donner, au fond. Pouvait-il réellement comprendre sa situation ? Non. Non, puisqu'il n'était pas à sa place. Même s'il avait été un voleur - bien que cela l'eut sûrement aidé - seule sa propre personne aurait pu comprendre sa situation. Haussant un sourcil à son tour, Aaron ajouta :

─ Et si cela vous intéresse réellement, alors non, je n'ai jamais rien volé d'autre que les poupées de ma sœur. Que j'ai finit par lui rendre sous peine d'être privé de sorties.

S'il tentait de rester sérieux, Aaron ne put retenir un léger sourire en prononçant les derniers mots. Combien de fois Constance avait-elle vu ses précieuses poupées disparues entre les mains d'un grand frère simplement désireux de la faire tourner en bourrique ? Trop de fois, sans doute, mais cela n'avait en rien entaché leur relation fusionnelle. Peut-être même que cela y avait contribué.

─ Alors, votre curiosité est-elle comblée ?


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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Sam 24 Juin - 9:41

Peut-être que oui, peut-être que non ? Je ne pus m’empêcher d’afficher une expression de pure perplexité. N’aurait-il pas pu trouver une réponse plus… satisfaisante ? Je me repris rapidement. Au moins était-ce une réponse prudente à une question qui ne pouvait pas vraiment en avoir. J’avais compris depuis longtemps que nul ne pouvait comprendre pleinement quelqu’un d’autre que lui-même – il était probablement difficile de se comprendre pleinement soi-même, accessoirement. Mais j’avais espéré un peu plus de réactions de mon attitude provocante. Cette réponse nonchalante me paraissait presque déplacée. Il agissait comme s’il se faisait voler tous les jours par des jeunes femmes qui lui posaient des questions déroutantes ! Enfin… peut-être était-ce le cas ? Je lui jetai un coup d’œil soupçonneux, me demandant avec d’autant plus de curiosité s’il avait trempé dans des affaires peu honorables.

Malheureusement, et ce fut un rude coup à mes soupçons, le chevaucheur prétendit n’avoir jamais rien volé – sauf les poupées de sa petite sœur. Je me demandai brièvement si c’était pour les utiliser égoïstement pour lui-même ou juste pour la taquiner. Personnellement, mon frère ne m’avait jamais rien emprunté. Je ne pus retenir un sourire, reflet de celui de mon interlocuteur. Je venais soudain de plonger dans une émotion indistincte entre tendresse et mélancolie. Il n’avait pas vraiment eu l’occasion de me dérober quoi que ce soit, mon frère, tant j’avais tendance à calquer mes pas dans les siens, ou lui dans les miens. Bien entendu, nous n’étions pas toujours ensemble, mais de toute façon, il serait tout à fait étonnant qu’il ait eu l’idée de me subtiliser un jour un jouet quelconque. Il avait bien d’autres moyens de me taquiner.

Néanmoins, il était possible que le chevaucheur – pour peu qu’il le soit vraiment – ait menti. Peut-être avait-il monté cette histoire de toute pièce. C’était néanmoins une accusation grave, et je n’avais aucune preuve pour l’étayer, aussi la rangeai-je dans un coin de mon esprit. Cet homme était peut-être juste un brave chevaucheur qui avait répondu à ma question par condescendance envers une voleuse aux talents pitoyables. Mais, de toute façon, s’il était capable de voler sa propre sœur, il devait être moralement capable de voler n’importe qui. Au vu de ses réflexes, il l’était peut-être physiquement aussi, même si j’ignorais tout des aptitudes physiques nécessaires pour se décrire comme un bon voleur. Lorsque le chevaucheur me rendit la parole d’une simple question, je ne pus m’empêcher de lui rendre un large sourire, qui ne dissimulait probablement rien de la teneur sulfureuse de mes pensées.

— Croyez-moi, il n’est pas aussi facile de satisfaire ma curiosité. Je la vois plutôt comme un monstre vorace et insatiable qui dévore tout ce qui passe à sa portée. Mais mes parents m’ont probablement donné suffisamment d’outils de savoir-vivre pour que je puisse la museler de temps en temps. Vous avez de la chance ; si je vous posais toutes les questions qui me passaient par la tête, vous pourriez très bien être encore là demain, du moins, si vous avez la patience de répondre à chacune d’elles, ce dont je doute.

Il était chevaucheur, il devait probablement avoir de nombreuses obligations plus prenantes que de parler aux individus curieux dans la rue. Bien entendu il n’avait pas l’air particulièrement pressé quand j’avais pitoyablement essayé de le voler, si mes souvenirs étaient corrects. A vrai dire, je n’avais pas vraiment prêté d’attention particulière à sa démarche ou à la rapidité de ses pas. J’avais plutôt été concentrée sur le crime que j’avais essayé de commettre.

— D’ailleurs, je crois que ça vaut bien des excuses. Je vous ai totalement accaparé alors que vous pourriez être occupé par une affaire urgente. Si c’est le cas, je suis désolée. Cela dit, vous auriez pu aussi le faire remarquer clairement, récupérer votre babiole et vous en allez sans chercher à me parler, donc vous avez votre part de responsabilité si je vous ai fait perdre un temps précieux.

Oui, à mes yeux, c’était là des excuses en bonne et due forme – non pour le vol, mais pour avoir accaparé son attention. Certes, j’avais conscience d’avoir tenu le crachoir durant pas mal de temps, mais il n’avait pas hésité à me répondre alors qu’il aurait très bien pu m’envoyer balader et retourner à ses occupations. J’aurais pu, dès lors, arrêter de parler, mais les mots étaient comme nourris de leurs propres volontés, et les enfermer aurait été un acte cruel.

— Oh, et vous n’êtes pas un inconscient trop naïf. A la façon dont vous tournez vos phrases, je pense que vous êtes plus intelligent que vous ne voulez le laissez paraitre. Vos réponses sont trop prudentes pour être celles d’un inconscient trop naïf.

Je laissai un léger sourire étirer mes lèvres.

— Par contre, voler votre sœur était probablement un acte stupide. D’abord parce que vous n’étiez même pas capable de garder le fruit de votre larcin, ensuite parce qu’elle était votre sœur, et enfin parce que je ne suis pas sûre que le vol soit quelque chose de très intelligent dans ce genre de circonstances. Vous auriez pu gagner plus en lui demandant gentiment de partager ses poupées avec vous, si vous vouliez en profiter vous-mêmes.

Une grimace de dépit déforma brièvement mon visage.

— Evidemment, je n’ai pas vraiment de leçons à donner sur le vol. Je ne suis plus moi-même vraiment innocente à ce sujet. Mais il n’en reste pas moins que c’est un acte relativement stupide quand d’autres possibilités sont à notre portée.

Je pouvais moi-même prendre des décisions absolument idiotes quand j’étais mise au défi de le faire. Je n’aimais pas qu’on doute de ma détermination, et il m’arrivait de le prouver de façon absolument irréfléchie. Comme aujourd’hui, en fait. Je pouvais être heureuse d’avoir eu suffisamment de chance pour tomber sur quelqu’un suffisamment gentil – ou suffisamment paresseux – pour m’épargner toute autre punition que ma propre culpabilité. Cela dit, mes remords s’étaient vite évanouis pour être remplacés par un profond soulagement lorsque j’avais compris que je n’aurais pas l’occasion de voler quoi que ce soit. J’avais eu raison, finalement. Ce chevaucheur était la meilleure victime possible.

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Message Sujet: Re: Prends garde à ta mouche ||PV Melinda ||   Mer 26 Juil - 18:51

Sur le visage de la jeune femme, diverses expressions étaient lisibles les unes à la suite des autres. A dire vrai, Aaront l'aurait qualifiée de très « expressive », sans être réellement en mesure de faire le discernement entre défaut et qualité. D'un côté, cela faisait sans doute parti de son charme, mais de l'autre, ses expressions trahissaient ses pensées, et le jeune chevaucheur n'était pas certain que cela soit un bon point.

─ Croyez-moi, il n’est pas aussi facile de satisfaire ma curiosité. Je la vois plutôt comme un monstre vorace et insatiable qui dévore tout ce qui passe à sa portée. Mais mes parents m’ont probablement donné suffisamment d’outils de savoir-vivre pour que je puisse la museler de temps en temps. Vous avez de la chance ; si je vous posais toutes les questions qui me passaient par la tête, vous pourriez très bien être encore là demain, du moins, si vous avez la patience de répondre à chacune d’elles, ce dont je doute.

Éclatant d'un rire léger, le jeune homme conserva un sourire amusé sur les lèvres tandis que la jeune femme continuait son interminable discours. Un « monstre vorace et insatiable » était certainement le terme qui convenait pour décrire la curiosité - et ses penchants pour les bavardages - de la voleuse. Aaron songea même avec amusement qu'il était peut-être encore un peu trop restreint. A n'en pas douter, la jeune femme était une bavarde invétérée.

─ D’ailleurs, je crois que ça vaut bien des excuses. Je vous ai totalement accaparé alors que vous pourriez être occupé par une affaire urgente. Si c’est le cas, je suis désolée. Cela dit, vous auriez pu aussi le faire remarquer clairement, récupérer votre babiole et vous en allez sans chercher à me parler, donc vous avez votre part de responsabilité si je vous ai fait perdre un temps précieux.


Il était certain que le chevaucheur avait autre chose à faire ailleurs, et qu'il ne lui restait plus gère le temps de parcourir le marché tant cette petite entrevue s'était étirée, mais la voleuse ne lui donna pas la chance de couper court à leur entrevue. A peine une phrase était-elle terminée qu'elle en commençait une autre, à croire qu'elle n'éprouvait nullement le besoin de reprendre sa respiration entre deux monologues. Malgré tout, en gentilhomme poli, il écouta toute la tirade de la jeune femme, jusqu'à ce que celle-ci parvienne à ses propres conclusions :

— Evidemment, je n’ai pas vraiment de leçons à donner sur le vol. Je ne suis plus moi-même vraiment innocente à ce sujet. Mais il n’en reste pas moins que c’est un acte relativement stupide quand d’autres possibilités sont à notre portée.

Comme pour faire-fi de tout ce qu'elle venait de dire - ou bien parce qu'il n'avait pas vraiment intérêt à rebondir dessus s'il ne voulait pas rester coincé là jusqu'à la nuit, Aaron abrégea donc les dires de son interlocutrice d'un ton bref :

─ Il va sans dire, nous sommes d'accord sur ce point.

Réajustant rapidement sa tenu, il jeta un bref coup d'oeil au soleil - qui lui donnait une vague idée de l'heure qu'il pouvait être, ou du moins du créneau horaire dans lequel ils se trouvaient - puis déclara d'un ton toujours léger, comme pour continuer d'essayer de piquer au vif la jeune femme :

─ Sur ce, il me faut vous laisser. N'allez pas croire que je me désintéresse de vos propos, malgré tout j'ai d'autres obligations à tenir, j'espère que vous saurez m'en excuser.

Il s'inclina très brièvement avec le sourire aux lèvres et les yeux rivés dans ceux de la jeune femme, puis commença à s'éloigner, avant de se retourner brièvement, et de déclarer d'un ton légèrement moqueur :

─ Au fait, n'oubliez pas de respirer lorsque vous parlez, ce serait dommage de gâcher un tel talent.

Ce disant - et sans laisser une chance à la jeune femme de le retenir - Aaron s'éloigna d'un pas souple, et disparût rapidement dans la foule.

[Bon, sérieusement j'ai vraiment honte du temps que j'ai mis à terminer ce RP avec toi, et des réponses que j'ai pu te faire. Cinq mois, c'est la honte. J'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur T_T]

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