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 Même la plus solide des fleurs peut se briser

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Message Sujet: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Dim 12 Mar - 22:32


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Astrée Aubétoile & Liam d'Outrevent

Même la plus solide des fleurs peut se briser



• Date : 6 janvier 1002
• Météo : Depuis quelques temps, une fine couche de neige orne les toits de Lorgol, et le vent glace les os. Il ne neige pour le moment plus, pas plus qu'il ne pleut.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Lorsqu'Astrée sort, ce matin là, elle est incapable de penser qu'elle va se blesser, et encore moins de penser tomber sur un ami de la famille, domestique du duc d'Outrevent, qui va la mener tout droit à la tour des Marches d'Argent. Encore moins d'imaginer qu'elle va, enfin, rencontrer son idole...
• Recensement :
Code:
• [b]6 janvier 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1865-meme-la-plus-solide-des-fleurs-peut-se-briser]Même la plus solide des fleurs peut se briser[/url] - [i]Astrée Aubétoile & Liam d'Outrevent[/i]
Lorsqu'Astrée sort, ce matin là, elle est incapable de penser qu'elle va se blesser, et encore moins de penser tomber sur un ami de la famille, domestique du duc d'Outrevent, qui va la mener tout droit à la tour des Marches d'Argent. Encore moins d'imaginer qu'elle va, enfin, rencontrer son idole...


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Dernière édition par Astrée Aubétoile le Dim 12 Mar - 22:59, édité 5 fois
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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Dim 12 Mar - 22:32

Par Uld, comment avait-elle fait pour se retrouver dans cette situation ?! Elle n’était pas maladroite, pourtant, l’Outreventoise. La tête dans les étoiles et distraite, peut-être, mais pas maladroite, ça non ! Alors comment avait-elle pu se tordre la cheville ainsi, peut-être même se la casser, si elle en croyait le vieux Virgile, qui avait fait signe à celui qui l’accompagnait d’aider la jeune fille à se relever et à avancer, après l’avoir vue tenter de repartir et retomber de plus belle ? Heureusement qu’il ne l’avait pas vue trébucher de manière parfaitement stupide sur ce chat, qui s’était mis dans ses jambes… Soupirant, elle avait bien essayer de protester, mais le vieil homme avait été intraitable. C’est qu’il connaissait bien Astrée, et qu’il savait combien elle était fière, la petite.

« Têtue comme tu es, tu marcherais comme ça des semaines, et tu finirais par aggraver encore plus les choses ! Tu me suis, et c’est tout. »

Il avait raison, évidemment, mais elle avait gardé un silence buté, vexée qu’il la comprenne si bien. Il fallait dire qu’il la connaissait depuis presque toujours, la mère d’Astrée ayant mis au monde tous ses petits enfants. Et comme l’enfant égoïste qu’elle était, elle n’avait jamais pris la peine de se souvenir de la position qu’il occupait, et surtout de la famille auprès de qui il l’occupait. Elle l’aimait tendrement, mais elle avait oublié cet état de fait. Elle avait pali, en voyant la tour des Marches d’Argent – pas qu’elle la connaisse très bien, ni même qu’elle y soit déjà entrée, mais elle connaissait suffisamment bien le blason de son Duc pour le reconnaître… et réaliser que les deux hommes qui étaient à ses côtés l’avaient sur leurs livrées. Elle tenta bien de faire demi tour, mais ne s’attira qu’un sourire narquois de la part de Virgile, qui demanda à l’autre domestique de la faire entrer et de l’amener à la chambre destinée aux invités ou au salon le plus proche. Le duc n’était pas attendu avant quelques jours, de toute façon, mais ils remettaient la tour en état quelques temps avant, pour préparer sa venue.

Elle protesta, tenta de partir en disant qu’elle allait beaucoup mieux et en sautillant sur sa cheville pour le prouver, ce qui n’eut pour effet que de lui arracher un cri de douleur et de la refaire chuter.

« Astrée, je pourrais facilement en parler à tes parents, et tu sais qu’ils seraient mécontents. Surtout qu’ils s’inquiètent. Alors tu vas sagement suivre Jean, et m’attendre, je te soignerai après. »

Elle n’était pas habituée à entendre son ton froid, aussi se figea-t-elle instantanément, hochant la tête, et se laissant aider du dit Jean, s’appuyant sur lui pour s’avancer sans poser le pied, alors qu’il la maintenait par la taille. Elle devait être pivoine, dérangée par tant de proximité avec un inconnu. Elle avait oublié que Virgile avait été un puissant mage de guérison, même s’il avait cessé de l’utiliser fréquemment, suite à une mort qu’il n’avait pas surmontée. Elle avait un peu honte qu’il veuille l’utiliser pour elle, aussi écouta-t-elle sagement, quand il lui intima de relever quelque peu ses jupons, chassant Jean dehors, et d’étendre sa jambe blessée tout en remontant l’autre, qu’elle ne le dérange pas. Elle tourna vivement la tête, quand la porte du salon dans lequel elle avait finalement été installée s’ouvrit de manière inattendue…

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Ven 24 Mar - 12:20

« Aymeric, on ne court pas dans les escaliers, tu vas te… » Je pousse un profond soupir, à le voir disparaître au tournant dans une cavalcade furieuse. « Laisse tomber. » Il ne m’écoute jamais, ou seulement quand ça lui chante. Il avait décidément de qui tenir.

Je remonte l’escalier tranquillement, sans me presser. Je croise quelques domestiques, qui s’inclinent, puis se presse davantage dans les couloirs de la tour des Marches d’Argent. Je sais pertinemment qu’ils ne m’attendaient pas si tôt, mais ils devraient savoir depuis le temps que je suis toujours très matinal, surtout quand il m’arrive peu de dormir. J’aurais pu faire traîner en longueur, loin d’être aussi pressé qu’Aymeric de retourner à Lorgol… Surtout pour des raisons aussi désagréables. Je ne lui ai pas encore annoncé, retardant l’inévitable, mais il m’a déjà assommé de questions et de noms de personnes qu’il aimerait voir. La tempête ne se calme que maintenant qu’il a l’occasion de rentrer dans l’une de ses imposantes tours qu’il observait d’en bas en se dévissant la tête.

J’entends des portes qui s’ouvrent et ne se ferment pas, et je suis presque certain qu’il a glissé la tête dans quasiment toutes les pièces. C’en est presque inconvenant… Je m’arrête sur le seuil de l’une d’entre elles, et repère Virgile qui semble affairé avec une jeune femme qui ne me dit – à vrai dire – rien du tout. Une nouvelle servante, je présume ? Je ne m’attarde pas à la détailler, habitué à ce qu’ils s’affairent autour de moi et fassent partie du décor.

J’essaie plutôt de vérifier ce que fait Aymeric, quand j’entends un bruit mat qui achève sa course. Ne peut-il pas rester en place deux minutes ? Je me retourne vers le guérisseur, profitant du fait qu’il est juste sous mes yeux, lui. « Quand tu auras fini, si tu pouvais simplement… » Je marque une pause, notant un détail qui m’avait échappé, quand je me retourne vers eux. Ils sont dans une position assez… Singulière. « … Juste vérifier qu’il ne s’est pas fait mal, même si je me doute que c’est le mobilier qui a dû être le plus malmené. »

J’hausse un sourcil, quelque peu perplexe. « Qui est-ce ? Je préfère éviter le nouveau personnel, dans la situation actuelle, vous savez… » Même si elle semble fort élégante, la blonde Outreventoise.

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Lun 17 Avr - 15:23

Astrée ferma les yeux, et les rouvrit, comme pour s’assurer qu’elle ne se trompait pas, quant à l’identité de celui qu’elle avait en face d’elle. Elle avait regardé d’un air surpris la petite tête qui était passée par la porte, repartant avant même qu’elle ne puisse réellement la voir, mais celle qui avait suivi… Oh, par Levor, elle jurait qu’elle n’aurait jamais cru le voir ! Jamais ici, et jamais seul. Elle savait où elle se trouvait mais… Mais Virgile lui avait dit qu’il n’était pas attendu avant plusieurs jours ! Il la connaissait bien, le vieil homme, pourtant. Il savait l’admiration qu’elle vouait à leur duc, depuis toute petite. Quel vilain tour lui avait-il joué ? Elle se sentit blêmir et rougir à la fois, rabaissant sa jambe et rabaissant ses jupons et toute sa tenue, pour dissimuler le plus de peau possible. Hors de question que son duc voit plus de sa position absolument embarrassante !

Elle frémit, en entendant le bruit… ailleurs, et s’efforça de repousser doucement Virgile. « Altesse… Je vous prie de m’excuser, je n’oserai monopoliser votre serviteur, alors que quelqu’un d’autre en a besoin. Je, tout va bien, Virgile peut aller le rejoindre. Pas que j’ai à donner mon autorisation, je… je voulais simplement dire que je n’avais pas besoin qu’il reste là. Je, je suis confuse. »

Ce qu’elle était idiote, à se comporter ainsi, ce que c’était embarrassant ! Ne pouvait-elle pas retrouver sa contenance, au lieu de balbutier et de perdre ses moyens ? De dire des choses sans queue ni tête ? Elle baissa la tête, incapable de le confronter du regard – cela devait peu lui importer, de toute façon, non ? Elle doutait qu’il s’intéresse à elle, même si le rouge lui montait aux joues, alors qu’il la qualifiait de servante dans sa tour. Elle ne pouvait pourtant pas s’offusquer – qu’elle compte devenir une grande savante, l’une des plus grandes, importait peu. C’était son duc, qui parlait d’elle, et nul ne l’égalerait jamais. Il valait tellement plus qu’eux tous.

« Altesse, veuillez me pardonner, elle est encore plus entêtée qu’Aymeric. Et elle n’a pas l’excuse d’être une enfant. »

Elle s’accorda un sévère regard de reproche de la part du vieux serviteur, qui s’était bien gardé de dire qu’elle dépassait même son duc en entêtement. Il avait beau être à son service depuis de nombreuses années, il savait garder sa langue.

« Je ne voudrais pas abuser de votre hospitalité, Altesse, la tour des Marches d’Argent n’est pas un lieu de villégiature, mais c’est l’enfant d’amis de longue date, fidèles habitants d’Outrevent. Son père est astronome, et sa mère une des plus réputées Mages accoucheuses de Votre Duché. Elle n’est pas servante ici, seulement elle s’est blessée devant moi, je ne pouvais pas la laisser ainsi dans la rue, et le plus simple était de l’amener ici, dont nous étions proches. Je ne vous imposerai pas sa présence plus longtemps que nécessaire pour la soigner. »

De sa position inconfortable, écarlate, Astrée baissait le regard plus encore, murmurant. « Je ne voudrais pas vous importuner, on me soignera à l’Académie, je vous assure, par Levor, j’ai tenté de le convaincre de me laisser aller avant cela et suis bien consciente de mon erreur. Je subirai le châtiment qui vous semblera adéquat, mais je vous en prie, ne blâmez pas Virgile pour sa bonté d’âme et sa seule envie de me venir en aide. »

Elle ne pensait pas son duc injustement sévère, et elle espérait fortement qu’il ne ferait rien à Virgile. Il était plus que fidèle, et il ne méritait aucune punition, pour avoir amené Astrée ici – elle seule était la fautive, elle aurait du être plus convaincante en lui disant qu’elle allait bien. Même si tout tendait à prouver le contraire. Elle ne voulait pas importuner davantage qui que ce soit, et voulait prouver que Virgile pouvait aller faire ce que son duc lui demandait, aussi tenta-t-elle de se lever – ce qu’il lui aurait formellement interdit, s’il la voyait. Encore plus alors que sa cheville, que Virgile n’avait pas eu le temps de soigner, ne supportait pas son poids. Elle commença à chuter, tentant de se rattraper à ce qu’elle pouvait, sans quoi elle finirait au sol.

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Dim 7 Mai - 0:29

Confuse, c'est le moins que l'on pouvait dire. Je fronce les sourcils, quelque peu perplexe devant le discours décousu qu'elle m'expose... Je l'observe avec un peu plus d'attention, devant cette gêne qu'elle affiche, à ne pas visiblement pas vouloir importuner. Je crains subitement d'avoir commis une grosse méprise... Que Virgile me confirme aussitôt, quand il prend la peine de me décrire la situation plus en détail. Fille d'astronome et d'une mage réputée ? Aucunement une... Serveuse ? « Oh. » Outreventoise, bien entendu. Ce point était certainement le plus facile à deviner, autant par sa tenue que ses manières. Je crains que sa timidité et son regard fuyant ne m'ait complètement trompé. « Évidemment, vous avez bien fait de l'amener ici. » J'aurais préféré en être averti, mais étant donné que j'avais tendance à venir à l'improviste... « Si vous la connaissez... » Je ne finis pas ma phrase. Il s'en portait garant, évidemment. La situation était particulièrement tendue, actuellement, et de parfaits étrangers ne pouvaient espérer franchir la porte de cette tour. Oui, évidemment, même si un meurtrier, celui même de ma sœur, le ferait bientôt sans craindre les moindres représailles.

« Quel est votre nom, dame... ? » Je suis obligé de pencher la tête, pour espérer pouvoir capter son regard. Je n'étais pas certain de connaître sa famille, pour autant... « Si votre famille compte autant de talents renommés, il va falloir m'en souvenir. Vous étudiez à Lorgol, je suppose ? » Si loin de nos terres, avec des parents plongés dans le savoir et la magie, ce serait la raison la plus évidente de sa présence dans la cité aux milles possibilités.

Elle n'en démord pas, pourtant, et je suis presque certain que sa gêne n'a fait qu'augmenter d'un cran, tandis que je cherchais à la mettre en confiance. « Le... Le châtiment ? » Mais de quoi parle-t-elle ? « Ai-je l'air d'un tyran pour vous ? » La question se pose vraiment, surtout à la voir vouloir déguerpir aussi sec, le rouge encore aux joues. Sa blessure n'est pas feinte, car sa cheville s'incline, malaisée, quand elle tente de se relever et tombe aussitôt à la renverse. Je la rattrape de justesse avant qu'elle n'aggrave son cas par inadvertance, les bras passés sous les siens pour la maintenir. Le souffle coupé par le choc m'empêche de parler immédiatement, baissant seulement la tête vers elle pour m'assurer qu'elle ne se soit pas fait mal. « … Vous allez bien ? » Virgile s'est précipité en avant, dans l'intention de nous prêter assistance, mais je secoue la tête négativement à son attention. Il n'a plus la même vigueur que dans sa prime jeunesse. Et elle n'est pas bien épaisse... Je m'en rends rapidement compte quand je passe une main sous ses jambes, l'autre derrière ses épaules, pour la porter et lui éviter de s'appuyer à nouveau sur sa cheville. « J'apprécierais assez que vous ne cherchiez pas à vous débattre, pour votre propre bien. » J'ai du mal à comprendre pourquoi elle a ressenti un tel besoin de s'éloigner au plus vite, à ma seule vue... J'essaie péniblement de replacer son visage, à la fixer longuement. « Nous sommes-nous déjà croisés ? »

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Dim 4 Juin - 3:05

Oh. Oh ? Que se passe-t-il, dans la tête de son duc ? Astrée n’en sait rien, mais elle ne voudrait pas lui imposer cela, pas le moins du monde. Elle voudrait, si elle le pouvait, se dissimuler sous ce canapé sur lequel elle se trouve allongée, alors que Virgile s’attelait à la soigner, du mieux qu’il le pouvait. Elle savait qu’il n’exerçait plus, plus vraiment, plus depuis des années, et elle aurait préféré qu’il s’abstienne de recommencer, surtout pour la conduire dans cette tour qui appartenait à son duc. Cette tour qu’elle avait toujours rêvé de voir, mais pas ainsi. Elle s’était souvent imaginée prétendre appartenir aux petites gens, même si sa famille ne disposait pas d’une grande richesse, pour observer son palais en Outrevent, et cette tour. Mais ainsi, et se retrouver face à Lui dans une situation aussi embarrassante… jamais. Pivoine, elle peinait à trouver ses mots, et à se faire comprendre, alors que Virgile l’interrompait pour se déclarer responsable de la situation, tout en encensant ses parents et leur position au sein du duché de l’Honneur, alors qu’ils n’étaient que de simples bourgeois, malgré leurs talents.

« Aubétoile, Altesse. Mais Virgile est influencé par le fait qu’il nous connaisse depuis de nombreuses années, et vous ne devriez pas prêter attention à ses propos. Mes parents sont très talentueux, les plus talentueux que je connaisse, mais… Vous avez sûrement bien plus à faire, que de vous préoccuper d’une famille humble comme la mienne, et je vous dérange dans vos obligations, j’en suis persuadée. Je… J’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur. Je suis en effet étudiante, en astronomie. Je, je vais d’ailleurs retrouver ma chambre, à l’académie, dès maintenant, si vous m’y autorisez. Ma sœur, une cadette qui veut rejoindre le vol de notre, votre duché, saura prendre soin de moi. »

Elle écarquilla la bouche, ses yeux revélant le choc ressentir à la façon dont ces paroles ont été perçues. Un tyran, Liam d’Outrevent ? Jamais ! Il est le plus honorable, le plus respectueux et, elle en est certaine, le plus doux des hommes. Jamais elle ne le considèrerait comme tel, jamais même n’aurait-elle pu envisager l’associer à un terme aussi horrible. Jamais ! Elle manque presque de manifester de manière audible son insurrection à cette idée, de s’exclamer contre cela, mais elle baisse la tête, gardant un instant le silence.

« Jamais je n’oserai penser cela, votre Grâce. Vous êtes un homme honnête, juste, soucieux des vôtres, et je ne pense pas que vous puniriez qui que ce soit, si ce n’était mérité. Mais j’ai fait intrusion dans votre demeure, poussant Virgile à la faute, et il ne devrait pas partie de mes manquements. Il est innocent dans tout cela, seule ma maladresse est coupable, et vous ne devriez, ni lui ni vous, vous soucier de cela, je vous en conjure. Tout ira bien. »

Preuve en était qu’elle se levait, pour partir sur ses deux jambes, comme pour prouver qu’elle avait raison et qu’elle pouvait se mouvoir jusqu’à l’académie sans aucun souci. Si elle avait été habituée à jurer ainsi, elle aurait maudit tout le panthéon, pour sa faiblesse et sa cheville qui ne la portait pas, mais elle ne connaissait aucune injure ou aucun mot pouvant être adapté. Pas qu’elle n’ait réellement le temps d’y penser, alors que son duc la rattrape tant bien que mal, qu’elle sent ses bras se glisser sous les siens, et qu’elle est trop proche, bien trop proche de lui. S’il a le souffle coupé, c’est aussi le cas d’Astrée, tant à cause de la douleur que de la proximité ainsi causée. Elle voudrait reprendre contenance, partir et cesser de s’imposer, de l’importuner, mais elle serait bien en peine de se dégager de cette étreinte solide, de ces bras forts qui la maintiennent ainsi debout. Elle arrête tout à fait de respirer, quand il la porte comme un homme porterait quelqu’un avec qui il est intime, ou du moins le suppose-t-elle n’étant pas au fait de ces choses, incroyablement gênée de se trouver dans une telle position et dans ses bras. Elle est tendue, plus qu’elle ne devrait l’être probablement, et peine à être en mesure de parler.

« Vous pouvez me reposer, Altesse, au moins sur le canapé sur lequel je me trouvais, je vous fais le serment de ne pas tenter de partir à nouveau. »

Elle était on ne peut plus sérieuse – si elle ne le faisait pas sur Levor lui-même, elle prenait très au sérieux et très à cœur ses serments. Il était hors de question qu’elle en trahisse un.

« Je ne le pense pas, votre Grâce. Je vous ai vu, de loin, mais vous n’avez aucune raison de me connaître. »

Elle n’est pas certaine d’être audible, parlant à voix très basse, mais elle ne peut ignorer une question aussi directe.

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Mar 27 Juin - 20:54

Outreventoise, oui. Modeste, qui plus est, et visiblement avec une conscience de la hiérarchie et des convenances qui me plait assez. Elle en fait même trop, à me rappeler quelques figures timides qui oseraient paraître à la Cour, et dont j’oublie souvent bien rapidement le visage, leur politesse et leur déférence contribuant à ce que je perde rapidement le fil. J’aurais pu croiser la jeune Aubétoile que je ne m’en serais peut-être pas souvenu. Triste constat. J’ai si souvent tendance à fuir la Cour, abrutissante de conversations futiles et de sourires hypocrites, qu’il se peut bien que j’ai raté des occasions… Ceci expliquerait pourquoi son visage m’a paru quelque peu familier.

« Vous ne me dérangez nullement. Je suis venu pour une affaire désagréable, et je gage que votre présence me rendra cette excursion déjà plus supportable. »

Où est passé mon sens de la convivialité ? Nous avons une réputation à honorer… Même si, ces derniers temps, ma méfiance a été poussée jusqu’à son paroxysme. Je tolère difficilement de nouveaux visages dans mon entourage. J’aurais bien voulu me prémunir de quelques manipulations à cause de la magie de l’Automne, qui pouvait me faire croire que d’autres étaient connus sans l’être. Pourtant, cette jeune femme n’a pas à supporter mes soupçons, injustifiés sur une Outreventoise.

Et il faut croire que je me montre fort intimidant, pour une personne aussi jeune, vu comment elle se répand en plates excuses, tout en se fendant de nombre de compliments. Impossible de lui faire entendre raison, si bien qu’il me faut la stopper avant qu’elle ne chute au sol. Je la garde dans mes bras, pour éviter que l’état de sa cheville ne s’aggrave, et la porte comme elle me demande jusqu’au canapé où elle se trouvait. Je n’ai aucun mal à deviner sa gêne, qui est certainement la raison principale qui risque de nous éviter une récidive.

« Vous devriez faire attention aux serments que vous prononcez. » Un sourire fend mes lèvres à son adresse. « Vous n’avez pas précisé de durée. Me faut-il comprendre que vous auriez l’envie de rester ici indéfiniment ? » Je pose un genou à terre, pour la reposer contre le canapé sans heurt. Je crains que ma tentative pour détendre l’atmosphère ne soit un échec cuisant vu comment elle était tendue sous ma poigne.

Virgile nous couve d’un regard amusé. Une œillade de ma part a suffi pour qu’il s’active, afin de vérifier l’état de sa cheville, sans se fendre du moindre commentaire. Mais à voir cette expression peinte sur ses traits l’instant d’avant, je crois comprendre que la jeune Outreventoise n’est pas seulement intimidée, et que je dois tout simplement lui faire de l’effet. Je me recule pour la laisser respirer, lâchant sur un ton qui reste neutre : « Vous pouvez rester aussi longtemps que nécessaire. Dites-le moi si vous avez besoin de quoi que ce soit. »

Je crois entendre dans le couloir quelques exclamations qui m’attestent qu’Aymeric s’est remis à courir dans les escaliers… Et que deux servantes tentent de le raisonner en vain, tandis qu’il cherche à découvrir son nouveau terrain de jeu. Je le laisse s’amuser à les faire tourner en bourrique pour m’assoir dans le fauteuil le plus proche, laissant Virgile œuvrer.

« Aubétoile comment, vous me disiez ? Vous voulez devenir astronome comme votre père, si je comprends bien ? Et votre sœur… ? C’est difficile, en ce moment, d’être Chevaucheur. »

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Mar 8 Aoû - 20:30

Elle rougit instantanément, alors qu’il l’informait de ce qui l’amenait à Lorgol, ou l’évoquait brièvement, du moins, et gageait que sa visite impromptue améliorerait sa visite dans sa propre tour. N’aimait-il donc pas cette ville ? Elle se garda d’oser lui demander, cependant, déjà bien trop gênée –et plus que consciente de sa propre position. Un duc n’avait pas à informer l’une de ses sujettes de ce qui pouvait être si insupportable, pour lui. Même si elle devait bien avouer que la curiosité la dévorait. Ça ne lui donnait malgré tout pas la moindre légitimité, pour le questionner.

« Je serais honorée, Altesse, de vous tenir compagnie, si vous le désirez. Peut-être désirez-vous vous distraire ? Je… Je ne sais guère ce à quoi vous occupez votre temps, lorsque vous venez ici, mais n’hésitez pas à m’en faire part. Peut-être souhaitez-vous que nous allions voir votre… l’enfant. Aymeric, c’est cela ? » Elle avait bien sûr entendu ce à quoi il avait été confronté, ce que l’… l’Empereur lui avait fait subir. Elle n’aurait jamais osé dire du mal de Gustave de Faërie, pas devant quelqu’un d’autre que sa sœur, mais elle était choquée de ce qu’il avait osé infliger à leur duc. D’autant que les on-dit qui lui étaient parvenus exagéraient la chose. Elle avait vite écarté les théories de certains élèves, selon lesquelles il avait menacé de faire l’enfant héritier à la place de ses enfants légitimes, ou celle qui disait qu’il voulait faire du petit un manchot ou un cul-de-jatte pour donner une leçon à son duc. Son cher duc, si valeureux, si droit, qui avait du céder au pire des chantages, une manière d’agir des plus indignes de Levor.

« Si vous souhaitez faire autre que cela, si vous appréciez d’autres sortes de divertissement, nous le pouvons aussi. Un jeu d’échecs, même si je suis une piètre joueuse, ou de cartes, peut-être ? Je, je ne sais pas ce que vous faites pour vous divertir. Pas que vous soyez obligé de me le dire, je… Je ne peux pas bouger, et je ne souhaite pas vous importuner, mais si votre voyage doit être si déplaisant, je, je ferai tout ce que je peux pour l’améliorer. Elle était trois fois plus rouge, si tant est que c’était possible. Enfin, je… Vous devez avoir autre chose à faire, pardonnez-moi. »

Aussitôt dit, aussitôt fait, qu’elle se leva, pour ne pas l’importuner outre mesure, et s’imposer à lui. Il était duc, il avait surement une multitude de choses à faire, et elle n’était qu’un dérangement inapproprié ! Si elle avait su comment les choses se dérouleraient alors, sûrement serait-elle resté à l’endroit où elle était. Ou peut-être aurait-elle pu y aller à quatre pattes, malgré le ridicule de la situation si elle s’y était risquée. Elle ne faisait que cela, se rendre ridicule, de toute façon, non ? Encore plus à l’instant, alors qu’elle se trouvait dans les bras de son duc – dans le bras de son duc ! De son idole, depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvenait. Celui avec lequel elle s’était si souvent imaginée… non, elle n’avait jamais rien imaginé. Rien ! Elle ne devait pas penser à cela.

Fort heureusement, il la ramènera à la réalité, même si elle peinait à saisir l’humour dont il faisait preuve, davantage focalisée sur le fait qu’il était là, devant elle, à genoux, pour la déposer sur le canapé. Qu’il lui souriait, un sourire à la faire chavirer. Elle était troublée, et ressentait d’étranges sensations. Ses yeux, son sourire… le tout la perturbait, et elle était pourtant incapable de détacher son propre regard de ce visage à sa hauteur. Presque à sa hauteur. Il était grand, très grand. « Je ne prononce jamais de serment que je ne pense pas, Majesté. Mais… Enfin… je ne me permettrais pas. Je partirai sur le champ, si vous le souhaitez, si vous me l’ordonnez. Si vous me laissiez le faire, même. Je voulais juste dire que je ne tenterai plus de m’en aller, tant que je ne pouvais pas marcher. Je n’oserai pas abuser plus encore de votre hospitalité, que vous êtes bien trop généreux de m’offrir, Votre Grâce. Je, je suis encore confuse de me trouver là. De vous imposer ma présence. »

Elle le vit s’éloigner un peu, avec soulagement, même si elle était presque déçue de cela, s’efforçant de se concentrer sur les soins de Virgile, tout en tentant de ne pas trop prêter attention à ce sourire moqueur sur son visage – il les connaissait bien, Aurore et elle, et il savait sûrement, qu’elle jugeait qu’il n’y avait meilleure personne que son duc, en Arven. Elle laissa échapper une grimace malgré elle.

« Oui, Aubétoile. C’est exact. J’espère que l’on voudra de moi, dans un observatoire, quand j’aurai terminé mes études. J’ai pour projet de construire la plus précise et la plus exacte carte du ciel jamais faite, vous savez. Pour partager avec tous mes connaissances. Et permettre que chacun découvre les immensités qui le peuplent. Que chacun puisse s’émerveiller devant elles, comme je le fais.

Mais ce n’est rien, comparé à ma sœur. Elle est brave comme personne, je n’ai jamais vu quelqu’un l’être autant qu’elle. Et dévouée, aussi. Elle ferait Honneur à notre duché. Elle a peut-être beaucoup à apprendre, mais elle est talentueuse, et appliquée. Et elle brûle d’envie de servir sous les ordres d’un capitaine aussi excellent que le seigneur de Rivepierre. Elle sera une recrue dont aucun de vous n’aurait à se plaindre, Altesse. Je vous en fais le serment, pas davantage à la légère que tout à l’heure.
»

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Dim 24 Sep - 14:14

Son teint se colore d’une façon adorable, mais mes tentatives pour la mettre à l’aise semblent être un succès. Elle se laisse aller à parler davantage, et se montre bien plus raisonnable, moins susceptible de vouloir se volatiliser à cause d’une gêne persistante. Elle ne me dérange pas, la jeune Outreventoise. J’aurais sans doute apprécié, à l’époque où j’étais reclus dans cette tour, voir davantage de visages comme le sien. Elle me rappelle Iseabail à l’époque, toujours si respectable, avant qu’elle ne change au point qu’elle soit méconnaissable, le blanc d’Outrevent entaché. J’espère sincèrement qu’un avenir plus radieux se dessine pour cette étoile échouée dans ma tour.

Mais en vérité, elle est encore bien plus serviable, à l’extrême même, si bien que ça en devient déroutant. Comme si j’avais besoin que l’on me divertisse… Mais je relève mon regard clair pour la fixer, avec une lueur d’intérêt, quand elle semble toucher juste. « Vous aimez les échecs ? » Ah… Mais piètre joueuse, bien dommage. « Je peine à trouver des adversaires. Je passais le plus clair de mon temps, à Lorgol, à lire ou sortir dans la nuit. » Des activités solitaires, en somme. Inutile de s’en cacher. Est-elle encore plus rouge que tout à l’heure, ou est-ce seulement une impression ? « Ne vous en faites pas. J’ai l’habitude de m’occuper seul. » Si c’est vraiment ce qui semble la tracasser… Je souris, doucement, pour la tranquilliser. « Et puis, Aymeric est bien trop turbulent pour que vous arriviez à le suivre, une cheville pliée. Vous aimez les enfants ? »

Me réinstaller sur le fauteuil à côté semble lui permettre de retrouver un peu ses moyens. La situation serait presque cocasse, à vrai dire, et difficile de retenir un sourire quelque peu amusé alors qu’elle cherche à se répandre en excuses, plongée dans l’embarras. Je pense que ma tentative pour dédramatiser la situation est un échec cuisant, mais elle a le mérite de me divertir, oui, bien malgré elle-même. « Je ne vous demande rien, Astrée. » Je pourrais, sans doute. Mais en jouer ne m’effleure même pas l’esprit. Je lui offre l’hospitalité, et ma seule présence suffit à la faire défaillir visiblement, et ce, dans tous les sens du terme.

Il en faut du temps pour qu’elle se laisse aller, et la passion dans sa voix quand elle parle de l’astronomie qu’elle étudie est admirable. « Un observatoire, en Outrevent ? Je pourrais sans doute m’arranger… » Il faudrait déjà que je sache si nous en avons un, et où, mais je pourrais m’arranger oui. L’astronomie n’est pas un sujet qui me passionne particulièrement, mais je ne voudrais pas freiner de jeunes talents Outreventois, qui ne demandent qu’à s’exprimer.

Et l’admiration qu’elle témoigne pour sa sœur, est sincère et entière. Aubtoile… Il faudra certainement que je m’en souvienne. Mais être brave et dévouée n’est parfois pas suffisant pour survivre au front. Les Chevaucheurs ont bien plus de chances de survie que les troupes régulières, cela dit, mais quand elle aura fini sa formation… Et bien, espérons qu’elle ne déchante pas. Si elle a autant de respect pour son Capitaine, elle saura sans doute se plier aux ordres. Je ne me prononce pas, peu désireux de calmer son enthousiasme si débordant, à lui demander plutôt avec curiosité : « Combien de temps encore serez-vous toutes les deux à l’étude ? »

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Mar 10 Oct - 23:09

Son duc était si… mystérieux. Elle ne demandait qu’à le comprendre, et en plus de lui être entièrement dévouée, il l’intriguait. Elle ne se serait cependant jamais autorisée à avouer cela. S’interroger, au sujet de son duc, alors qu’elle devait uniquement l’approuver et le soutenir, en tant que suzerain d’Outrevent ? Jamais ! Elle ne voulait en aucune manière risquer de nuire à la réputation de son duc, ou donner l’impression qu’elle remettait en cause ce qu’il faisait, par intérêt et curiosité à son égard. Nulle personne, mis à part peut-être Lionel de Rivepierre, n’était aussi droit, honorable et sans faille que Liam d’Outrevent, et quiconque pensait qu’il pouvait entacher cet honneur, qu’il pouvait faillir ou agir de manière nuisible envers Outrevent était dans son tort le plus total.

« C’est que… mon entourage n’est pas réellement friand des échecs – ou n’a pas le temps de s’en occuper. Que ce soit ma sœur, ma mère, ma cousine… Elles servent Outrevent à leur manière, mais avec dignité et ferveur. Mais je trouverai un adversaire à ma hauteur, à l’Académie, et je ferai de mon mieux, pour m’améliorer et ainsi pouvoir jouer avec vous, si vous le désirez. » Elle écarquilla les yeux, quand il lui confia qu’il sortait dans la nuit… Dans une telle ville ? Elle aimait Lorgol, mais… Elle ne se serait jamais risquée à être seule dehors, surtout dans la pénombre. « Vous étiez… accompagné d’un garde ? Je crois que je n’aurai jamais l’audace ou le courage de me trouver seule dans la nuit, dans cette ville. Je l’aime beaucoup, mais… Je ne suis pas de taille à me défendre face au danger. Pas que vous ne le soyez pas, ma réaction était exagéré, mais on est jamais trop prudents, n’est-ce pas ? »

Son sourire s’affaissa quelque peu, alors qu’elle l’entendait dire qu’il s’occupait très bien seul. C’était assez… triste. Et elle n’était probablement pas en mesure de faire quoi que ce soit, bien qu’elle se tortille les doigts, hésitant malgré tout à prendre la parole. « Il n’a surement jamais osé vous l’avouer, Majesté, mais Virgile est un excellent joueur d’échecs. Il m’a appris les mouvements les plus simples, et m’a entraînée contre lui. Peut-être étais-je trop dissipée, la tête dans les étoiles, plus jeune… Peut-être ai-je commis l’erreur de lui dire qu’il m’ennuyait avec ses jeux de vieil homme et que je préférais jouer avec mes lapins, mais je ne le ferai plus. Je m’entraînerai assidument. Qu’est-ce que… qu’est-ce que vous appréciez, dans les échecs ? » Alait-elle trop loin, dans ses questions ? Elle avait rougi, grandement rougi, en évoquant son manque de respect à l’égard de Virgile, bien peu digne d’une jeune fille bien élevée, ce dont elle avait honte. Probablement parce qu’elle était face à son duc : elle n’y aurait jamais repensé, en d’autres circonstances.

Elle sourit, confuse, réalisant qu’elle ne pourrait en effet pas courir après l’enfant. Pas au risque d’aggraver sa blessure, en tout cas, même si elle l’aurait fait de bon cœur pour son duc. Et avoir la chance de passer du temps avec son neveu serait un rêvé éveillé, une chance inouïe ! Moins que celle d’être en tête-à-tête avec son duc, cependant. Quand elle raconterait ça à Aurore, elle était presque sûre qu’elle suffoquerait ! Quand elle lui dirait, qu’elle avait parlé de leurs parents, qu’elle avait parlé d’elle… Oh, quelle aubaine ! Si elle aimait une chose plus que le duc d’Outrevent, c’était sa famille, et pouvoir vanter leurs mérites à l’homme face à elle, eux qui en ont beaucoup... C’était le plus beau jour de sa vie ! « J’ai une grande famille, et beaucoup de cousins. Des plus petits, que j’ai toujours appréciés. Je ne les vois guère souvent maintenant, mais j’aime les enfants, oui, Majesté. Et j’espère que je serai une bonne mère, plus tard. » Elle se mordit la lèvre aussitôt qu’elle prononça ses paroles, les regrettant de suite. Pourquoi lui avait-elle confié ça ? Elle n’avait aucune honte à en avoir, pourtant, mais elle se sentait incroyablement gênée d’avoir parlé de cela.

« Vous seriez pourtant parfaitement en droit de le faire. Je suis Votre dévouée sujette, et je ne rechignerai pas à la tâche. Je ne vous en fais pas le serment, pour ne pas offenser Levor en le sollicitant sans raison, mais je pourrais tout aussi bien. Je vous suis reconnaissante de ne pas le faire, avec ma cheville dans cet état, cependant… Même si je ne devrais pas vous dire cela. » Elle partit dans une petite quinte de toux involontaire, qui avait pourtant vocation de dissimuler sa gêne.

Il finit cependant par poser les questions nécessaires à briser la glace – elle ne s’animait jamais autant que quand elle parlait de son projet, et de sa passion. Ou de sa famille. Sauf qu’elle ne parlait pas pour… Pour solliciter son aide. Elle écarquilla de grands yeux, incapable de dire un mot de plus. « Je… C’est… C’est beaucoup trop d’honneur, Votre Grâce. Je, je ne vous demandais aucune faveur, j’espère que… que vous ne pensez pas que je suis une jeune fille cupide. Je, vous, vous en auriez parfaitement le droit, mais… Je… Euh… » Elle baissa la tête, se sentant coupable. « Je demande votre pardon, de vous associer à d’aussi viles idées, alors qu’il est évident que vous n’êtes que bonté. Je, j’ai simplement été effrayée à l’idée que je puisse sembler cupide, opportuniste ou arriviste. Je ne me permettrais jamais cela. » Elle était à deux doigts d’ajouter d’autres paroles maladroites, aussi se contraint-elle au silence.

Il ne sembla pas s’en formaliser, toutefois, poursuivant avec une autre question, à son grand soulagement. « À la fin de cette année, il me restera encore un an à faire, Majesté. Quant à ma sœur, elle vient tout juste de rejoindre la Caserne de Flammes. Elle a beaucoup à apprendre, mais elle s’y investit sans compter, et elle fera de son mieux pour être à la hauteur de son futur capitaine de vol. »

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Message Sujet: Re: Même la plus solide des fleurs peut se briser   Sam 21 Oct - 13:41

Elle est adorable, Astrée. Elle me confie comme un manque à sa famille, qu’aucun d’entre eux ne sache vraiment jouer aux échecs… Et qu’elle s’appliquera à le faire, seulement dans l’intérêt de me servir d’adversaire. « Ne le faites pas pour moi. Faites-le si vous appréciez et aimez vous prêter au jeu, même si je serais ravi de faire quelques parties avec vous. » Je n’ai pas envie de la décourager d’emblée, à lui confier le temps considérable qu’il faut consacrer à ce jeu pour en cerner toutes les stratégies, et savoir quand et comment les appliquer. Si cela la passionne, elle s’en rendra compte par elle-même, sinon elle sera découragée avant même de le réaliser. J’attendrais qu’elle revienne vers moi. Je pourrais sans doute lui en apprend plus, si elle possède déjà de bonnes bases.

Elle paraît plus surprise, quand je lui confie mes autres passe-temps comme… Mes promenades nocturnes. C’est vrai que ce n’est connu, finalement, que de mes gardes, qui s’arrachent bien souvent les cheveux avec cet épineux problème. « Non… Seul. Incognito, bien entendu. » Je lui souris, avec indulgence. « Lorgol recèle bien des secrets. Elle est aussi magnifique que dangereuse. Je suis capable de me défendre, mais l’expérience m’a surtout appris à choisir les batailles à mener. Mais une jeune femme comme vous attirerait bien plus l’attention que moi au cœur de la nuit, en effet… » Avec sa chevelure dorée, son joli minois et son apparence juvénile. Elle risquerait de s’attirer bien plus de problèmes.

M’évader dans les rues de Lorgol me manque parfois, à tel point qu’il m’arrive de mandater un mage des portails simplement pour me rendre là-bas, m’isoler quelques jours, avant de repartir aussitôt. Je n’étais rien à Lorgol qu’un prince exilé, sans plus d’avenir. Mes connaissances de longue date là-bas ne sont que des personnes désintéressées des affaires politiques, car c’était vital pour moi de me détacher d’Outrevent. J’ai marché longuement dans ces rues comme un vaincu, avant d’être finalement rappelé, arraché même, à cette existence plus paisible que j’avais appris autant à apprécier qu’à haïr. Je me demande ce que j’aurais pu devenir, en d’autres circonstances… La Ville Basse aurait certainement fini par m’attirer dans ses filets.

Elle me rappelle à la réalité, à mentionner le guérisseur qui s’occupe de sa cheville. Je lui lance un regard interrogateur. Lui, un grand joueur d’échecs ? Tiens donc. Je me demande pourquoi il n’a jamais pris la peine de m’en parler. Enfin… Peu importe. On dirait qu’elle culpabilise presque de ne pas savoir mieux jouer, de… Préférer des lapins ? Je ne suis pas certain d’avoir bien compris. « Vos lapins ? » Un silence. « Oh… Dans les échecs ? La stratégie, bien sûr. Prévoir toujours un coup d’avance, et chercher à voir clair dans le jeu de son adversaire pour prendre le dessus. »

La timide Astrée, qui ne mesure pourtant pas ses paroles… Je souris brièvement, quand elle me confie son amour pour les enfants, son désir d’en avoir même. « Vous avez peut-être déjà quelqu’un en vue ? Les rencontres sont nombreuses à l’Académie. Vous devriez saisir la chance de trouver un savant qui partagera les mêmes passions que vous. » C’est tout ce que je lui souhaite, elle qui aura achevé ses études dans un peu plus d’un an. Elle est si… Dévouée. C’en est presque dérangeant, en vérité. Je n’ai pas pris l’habitude de susciter ce genre de réactions, en quelques années à peine à être à la tête du duché. Je sais cristalliser bon nombre d’espoirs, et c’est bien souvent encore plus étouffant. Je préférerais même peut-être qu’elle ne fasse pas preuve d’autant de déférence, même si, bien entendu, une telle dévotion me flatte. « Prenez du repos, c’est tout ce que je vous demande. »

Je commence à comprendre ce qui la fait réellement vibrer, sous tant d’égards. L’astronomie est plus qu’un sujet d’étude, c’est une véritable passion. « C’est précisément parce que vous ne me demandez pas de faveur que je serais enclin à vous l’accorder. » Elle est gênée, d’une telle proposition. Soit. Je n’insisterais pas. J’espère simplement me souvenir de la date de sa fin de formation, pour lui rappeler. Je n’en aurais peut-être pas le temps… Les choses évoluent à grande vitesse, et pas en bien, ces derniers temps. Tout se bouscule, et peut-être que nous n’aurons même plus l’occasion de se soucier de tels savoirs. « Si j’installe de quoi observer les étoiles, sur le haut de cette tour, vous viendrez les montrer à Aymeric ? » Je ne sais pas combien de temps il restera, mais faire quelques excursions à Lorgol lui ferait sans doute plaisir, et les étoiles doivent forcément l’intéresser, de par son côté Ansemarien.

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