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 La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...

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Message Sujet: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Dim 26 Mar - 20:27


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Tristan d'Amar & Tara Mille-Visages

La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité..

Parce qu'il importe de connaitre la vérité par soi-même et non à travers des autres.



• Date : 17 mars 1002.
• Météo : La température est douce, mais il y a un peu de vent au bord de l'eau.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Tara, ayant entendu parler des rumeurs concernant le fait que son ami Tristan soit devenu Mage de Sang, décide d'en avoir le coeur net et demande à le voir lors de son passage à Lorgol.
• Recensement :
Code:
• [b]17 mars 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1920-la-verite-est-une-illusion-et-l-illusion-est-une-verite]La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité.[/url] - [i]Tristan d'Amar & Tara Mille-Visages[/i]
Tara, ayant entendu parler des rumeurs concernant le fait que son ami Tristan soit devenu Mage de Sang, décide d'en avoir le coeur net et demande à le voir lors de son passage à Lorgol.



Dernière édition par Tara Mille-Visages le Dim 26 Mar - 20:29, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Dim 26 Mar - 20:28

Je n'ai jamais aimé les rumeurs.

Que ce soit parce qu'elles se dispersent n'importe comment, encore pire que les feuilles lorsque l'automne vient et que le vent souffle, ou parce qu'on ne sait jamais réellement quelle est la place du mensonge ou de la vérité dans chacune d'elle, dans tous les cas, je n'aime pas ce qu'elles représentent. Pour autant, j'aime à en jouer et à les utiliser pour mon profit personnel, que ce soit lorsque j'entends parler d'un riche marchand étranger dont la bourse est bien trop lourde à mon goût ou quelle route va être prise par cette carriole. Enfin, ce ne sont pas vraiment là des rumeurs, plutôt des vérités qu'il faut déchiffrer parmi un flot d'informations parfois peu utiles.

Mais là, c'est différent. Très différent. Parce que cette rumeur ne fait qu'enfler depuis des jours et qu'elle concerne l'une des rares personnes en dehors de la Cour des Miracles, pour ne pas dire la seule, qui compte un tant soit peu pour moi. Et que rien de ce que j'entends ne contredit l'information précédente, comme c'est pourtant souvent le cas lorsque de telles rumeurs se propagent. Alors, j'ai écouté avec attention ce qui se disait, en essayant de faire mine de ne pas être intéressée. J'ai tendu l'oreille vers les ombres, me faisant plus inquiète à mesure que le temps passait et que tout semblait se confirmer, que chacune des pièces que je récoltais semblait vouloir s'emboiter avec la précédente jusqu'à former un puzzle entier.

Je ne peux pour autant pas m'en contenter, loin de là. Alors j'ai envoyé un message, espérant qu'il serait rapidement de passage en ville, pour que nous puissions en parler de vive-voix, face à face. Que je puisse lire dans son regard la vérité et comprendre ce qui s'est passé. Je n'ai pas eu beaucoup à attendre, à ma grande surprise, et c'est comme ça que je me retrouve à marcher pieds nus dans le sable, l'écume des vagues me léchant les orteils à chaque ressac. Je vois le port non loin, mais suffisamment pour ne pas vraiment être remarquée alors que la nuit tombe. Et j'attends, depuis un moment déjà, alors qu'Archimède, lassé de mon impatience, a fini par s'envoler pour voir s'il arrivait enfin.

Et voilà la silhouette de ce râleur de Familier qui se dessine à l'horizon, surplombant celle de mon ami, dont je reconnaitrais la démarche entre mille. Archimède se pose sur mon épaule, mordillant affectueusement mes doigts alors que j'effleure son plumage, avant de fixer son regard ambré sur Tristan. Et, si j'ai un large sourire en m'avançant dans sa direction, il se fige quelque peu, tout comme moi d'ailleurs, alors que mon regard croise le sien et que je vois ses yeux cerclés de rouge. Je souffle alors, dans un murmure, fronçant les sourcils alors que je ne sais plus quoi faire l'espace d'un instant.

"Alors c'était donc vrai. Pour une fois que je m'intéresse réellement à une rumeur, il faut qu'elle soit fondée."

J'ai un bref soupir avant de me décider et d'avancer, me rapprochant de mon ami, de celui que je côtoie depuis près de 20 ans.

"Bonjour Tristan. Je suis heureuse de te voir même si…"

Et je hausse les épaules, oubliant même qu'avec lui, je n'utilise habituellement pas ma magie. C'est devenu un réflexe, un masque comme un autre que je ne pense même plus à retirer, même quand je suis avec les rares personnes qui m'ont déjà vue telle que j'étais vraiment. J'inspire doucement, laissant tomber mon voile alors que mon Familier me met un coup de bec sur l'oreille, comme pour me faire revenir sur terre.

"Je suppose que je dois dire quelque chose d'intelligent ou de spirituel, c'est bien cela ?"

Mais mon cœur se serre un peu alors que je me demande ce qui s'est passé, quels sacrifices il a dû faire pour en arriver là. Et, s'il a eu des difficultés, pourquoi je n'ai pas pu l'aider plus tôt.
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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Jeu 6 Avr - 17:33

Tara lui avait demandé de venir. Fait assez rare pour que Tristan ne la fasse pas attendre, plus que nécessaire. Il se doutait de ce dont elle voulait l’entretenir, même si elle avait été succincte, dans sa lettre. Il avait évidemment dû affronter Cassiopée, Maelys et Thomas, mais pas elle. Pas encore. La situation ne lui laissait que peu de temps libre, et malgré sa position, il se consacrait à tenter de maintenir la suprématie faë sur le territoire ibéen, en ces temps de guerre. Il répugnait toutefois à la faire attendre trop longtemps, aussi avait-il demandé à l’un de ses Chevaucheurs mage des portails de lui permettre de se rendre dans la Ville aux Mille Tours au plus vite.

Elle lui avait indiqué de la rejoindre sur le port, sans bien qu’il ne sache pourquoi – quelle importance, au fond ? Il lui faisait confiance, et si elle estimait qu’il valait mieux qu’ils en discutent ici, alors ainsi soit-il. Peut-être iraient-ils ailleurs. Si ça n’avait été pour Archimède, et pour cet indolent de Kumquat qui avait tenté de lui sauter dessus par jeu, l’ayant parfaitement reconnu, alors il aurait douté de l’identité de la personne face à lui. Il savait, à sa manière, se fondre dans le décor, habitué par son père dès son plus jeune âge, mais il était souvent perturbé par le don de la jeune femme – jeune femme dont le sourire figé le peinait, bien qu’il tenta de l’ignorer.

« Elle se serait éteinte bien avant, si elle n’avait rien de fondé, ne crois-tu pas ? Et un dragon argenté – penses-tu que qui que ce soit puisse inventer ça ? Je voulais te rejoindre au plus vite, d’où l’absence de Ferveur. Je n’aurai pas manqué de parader sur son dos, sinon, pour t’éblouir. » Il plaisantait pour cacher son malaise, incertain de la façon dont elle allait réellement recevoir ce changement en lui. Les choses s’avéraient… compliqués pour certains. Il craignait sa réaction plus qu’il ne voulait l’admettre – ainsi qu’il l’avait craint quand il avait revu Maelys, Thomas et Cassiopée peu après le changement.

« Je préfère te voir ainsi… Tu ne me crains pas au point de devoir dissimuler ce que tu ressens vraiment, n’est-ce pas ? Il lui adressa un clin d’œil, bien qu’il lui pose très sérieusement la question. Ou simplement me dire que tu sais que je n’ai pas changé, que je suis toujours le même, malgré cette nouveauté. » Il avait tenté de garder un ton léger, mais ça n’était pas aisé. Pas dans cette situation.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Lun 17 Avr - 19:58

Je n'oublierais jamais le jour où j'ai rencontré Tristan, ce moment où nos regards se sont croisés et où j'ai lu ma propre vulnérabilité dans son regard. Paradoxalement, je me suis sentie un peu moins seule, un peu moins perdue, comme si me raccrocher à quelqu'un d'aussi fragile que moi, en apparence tout du moins, pouvait m'aider à me faire me sentir mieux. Ca a été le cas d'ailleurs et cette amitié singulière qui est née ce jour entre nous n'a jamais cessée, quelques soient les chemins que nous avons pu prendre par la suite. Pourtant, nous aurions pu céder à la facilité et ne pas se soucier de l'autre, mais ce lien que nous avons tissé ce jour-là, quand nos yeux se sont croisés, a toujours été plus fort que le reste.

C'est bien pour ça qu'il m'a fallu le voir au plus vite. Pour savoir. Pour comprendre ce qui se passe. Et pour lui rappeler, à moins que ce ne soit pour m'en souvenir moi-même, que ce lien existe toujours, quoi qu'il puisse lui arriver. Alors, même si mon sourire se fige un peu quand nos regards se croisent de nouveau, quand je vois cette couleur rouge qui a gagné ses yeux, il reste présent. Et je m'accroche à nous deux, à ces deux enfants qui se sont connu il y a près de 20 ans et qui avaient besoin l'un de l'autre. J'ai un haussement d'épaules et je souffle, non sans malice.

"Oh tu sais, il y a eu des rumeurs non fondées qui ont perduré pendant des années. Il suffit de savoir comment les alimenter pour que le doute continue de s'insinuer. Et la vérité est tellement… ennuyeuse. Enfin, la plupart du temps. Mais, je veux bien te l'accorder, cette histoire de dragon aurait été difficile à imaginer."

Et j'ai un rire alors que je le fixe un instant, sentant tout de même mes épaules se décontracter en voyant que, yeux cerclés de rouge ou non, il n'a pas vraiment l'air d'avoir changé outre mesure. Enfin, les changement sont probablement bien plus subtils, enfouis et invisibles à ceux qui ne le connaissent qu'en surface, mais dans l'immédiat, il a tout de même l'air d'être lui-même. Alors je réplique, d'un ton amusé.

"A force, je vais finir par croire que tu n'étais lié à Ferveur que dans le but de m'impressionner. Mais ça ne prend pas, il nous en faut plus à Archimède et moi pour être éblouis."

Le volatile bat des ailes, comme pour m'approuver, avant de voleter en direction de Kumquat qui m'a accueillie comme il se doit. Et il se pose entre ses oreilles, s'amusant à les effleurer du bout du bec, comme s'il était habitué à faire ça. J'ai un sourire, me demandant à quel point ils font ça pour que le malaise qui a pu s'insinuer entre disparaisse à mesure que nous parlons. Je lui désigne la plage d'un mouvement du menton et je me rapproche de lui doucement, hésitante, sans savoir s'il supporterait toute forme de contact.

"C'est devenu un réflexe. Il est plus… Facile pour moi de dissimuler constamment qui je suis plutôt que de me dévoiler. Et à part toi, rares sont ceux qui me voient comme je suis réellement. Mais je suppose que désormais, c'est quelque chose qui peut aussi s'appliquer à toi non ?"

Je le fixe alors de bas en haut, les poings sur les hanches avant de lâcher, fronçant le nez.

"Je ne sais pas trop. Tu n'es pas aussi élégant que d'habitude. Mais cette petite pointe de couleur te va bien au teint, ça, je dois l'admettre. Tu viens, j'ai envie de marcher un peu. Et de respirer l'air marin. Pour nous vider la tête."

Et peut-être que je trouverais plus facilement comment l'interroger, comment savoir ce qu'il en est réellement pour lui, sans le brusquer, sans qu'il ait l'impression que je le juge ou quelque chose dans ce goût-là.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Dim 23 Avr - 0:22

Dire qu’il est anxieux serait en deçà de la réalité, d’autant plus alors qu’il est confronté à ce visage qu’il ne connaît pas, à ce sourire peu convaincant, si inhabituel sur le visage de cette amie de longue date – la plus ancienne, surement. Il n’en a que peu, mais sait pouvoir leur faire confiance. Sait qu’ils ne l’abandonneront pas. Il l’a craint, pourtant, de Cassiopée, il le craint maintenant de Tara. Il a une relation plus… complexe, avec Maelys et Thomas, ses craintes étaient différentes. Mais ses deux réelles amies, aussi fidèles envers lui qu’il l’était envers elles… Et il doute, alors. Ne prend elle pas sa réelle apparence, pour éviter de le froisser ? Pour exprimer son désaccord, peut-être ? Ou est-ce simplement une étourderie, dont elle est si coutumière avec sa seconde peau, et sans sens particulier ?

« Cette vérité est-elle trop… plate, pour toi ? Pas assez palpitante ? »

Il s’efforce de plaisanter, tente de prendre un ton enjoué, mais il est beaucoup plus sérieux qu’il ne voudrait le faire croire, en posant cette question. Comment pourrait-il e être autrement ? Son rire l’apaise, lui arrache un sourire sincère, même, de même que ses épaules bien moins tendues. Craignait-elle ce face-à-face autant qu’il l’avait redouté ? Peut-être, mais qu’elle adopte un ton bien plus décontracté le rassure, l’apaise.

« Ne t’ais-je pas toujours dit que mon cœur était meurtri par l’amour à sens unique que je ressentais pour toi, et que je ferais tout pour avoir une chance, même minime, de te conquérir ? »

Il lui adressa un clin d’œil, rassuré de cette détente aussi soudaine que la tension était apparue, cette complicité qui était la leur qui persistait, en dépit de tout ce qu’il avait pu croire. Avant de suivre le Familier de Tara, s’envolant pour se poser sur Kumquat. Tristan lui était presque littéralement tombé dessus, il y a un peu plus d’un an de cela, alors que les Dieux s’étaient joués de lui, le frappant de cécité, lui ôtant la vue. Sans lui, sans Louison, il n’aurait probablement jamais pu s’en sortir, ce soir-là, même s’il n’en gardait qu’un souvenir embrumé.

Il soupira, en entendant la question de Tara… « Tu as raison. Je suis probablement le terrible Mage, qui va venir dérober les enfants de tout un chacun, à la tombée de la nuit. Pour les manger en ragout, probablement. Mais j’aurai pu être dans n’importe quel autre duché… Nous sommes acceptés, en Lagrance. Les lagrans sont habitués. Ils ne voudraient pas froisser Marjolaine du Lierre-Réal, qu’ils aiment tant, qui plus est. Et ils connaissent le Marquis d’Amar, bienfaiteur du peuple par l’intermédiaire de la Couronne ducale, ou le Capitaine d’Amar. Cela aide surement… »

Oui, sûrement. Du moins, l’espère-t-il. Les choses sont loin, bien loin, d’être aussi simples. Surtout qu’il doit s’absenter du front, se concentrer à l’apprentissage de sa nouvelle magie. Il se bat, pourtant, farouchement. Il n’aurait guère pu le faire, sans cet arc et ces flèches magiques sur lesquelles il avait mis la main, au sein d’une pièce précédemment scellée d’Amar, sans comprendre comment de telles reliques avaient pu s’y trouver. Il sourit à Tara, guère dupe quant à sa volonté de marcher et de s’éloigner des gens, peut-être, prenant son bras.

« Je te laisse guider mes pas. »

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Mer 26 Avr - 16:34

L’anxiété de Tristan a quelque chose de contagieux. Enfin, en réalité, je n’en ai pas vraiment besoin, toute inquiète que je suis de retrouver mon plus vieil ami, le seul qui connait un tant soit peu l’ancienne Tara, qui m’a vue sans le moindre masque, avant que je ne décide que je ne pouvais plus du tout être cette personne. Et je songe un instant au fait que si son opinion compte autant à mes yeux, l’inverse doit être vrai. Alors j’essaie de trouver les mots justes, ceux qui ne sonneront pas creux à son oreille. La compassion n’a que peu d’intérêt dans ce moment précis. Elle viendra peut-être après, lorsque j’en saurais plus, mais pour l’heure, il s’agit de renouer ce lien qui se fait, l’espace d’un instant, beaucoup trop ténu pour que je ne m’en inquiète pas. Je laisse tout de même filer un sourire, lui jetant un regard en coin avant de souffler, d’un ton malicieux.

"Et bien, à dire vrai, je m’attendais à une arrivée bien plus spectaculaire. A ce que tu m’impressionnes un peu plus. Mais cela est probablement dû au fait que je continue de voir le jeune garçon intimidé que je connais depuis toujours ou presque qui ne doit pas jouer en ta faveur. Alors on peut dire que la vérité est plus plate que prévue. Mais ce n’est pas une mauvaise chose pour cette fois."

Le sourire qu’il m’adresse alors me réchauffe le cœur et je sens Archimède tout aussi apaisé que moi. Son attitude m’amuse alors qu’il continue de picorer Kumquat en battant des ailes, comme s’il était en train de l’interroger.

"Evidemment que tu me l’as toujours dit. Mais c’était uniquement lorsque tu n’étais pas occupé à conter fleurette en cachette à je ne sais quelle donzelle dont tu étais tombé follement amoureux et que tu me laissais dépérir avec Archimède. Nous n’avons pas oublié que tu n’étais qu’un cœur d’artichaut."

Je lui lance une œillade amusée, me rappelant des quelques rares fois où j’avais pu le voir essayer d’approcher des jeunes demoiselles. S’il n’a jamais manqué de charme, sa maladresse n’était pas pour le servir au mieux. Pour autant, il avait probablement plus de succès qu’il n’aurait pu se l’imaginer. Je fixe un instant le volatile qui commence à malaxer le crâne de Kumquat, probablement pour bien s’installer et je secoue la tête avant de reporter mon attention sur mon ami.

"Tu devrais les rôtir, ce serait meilleur. Et le feu est bien plus impressionnant qu’une énorme casserole, je peux te l’assurer." Je laisse filer un bref soupir, me faisant un rien plus sérieuse. "Comment aurais-tu fait dans un autre duché moins… tolérant ? Tu te serais caché ? Tu aurais fui ? Tu es vraiment sûr que tu ne risques rien ?"

Evidemment que sa sécurité m’importe plus que ses choix, que les chemins qu’il a pu choisir pour en arriver là. Quoi qu’il puisse se passer, il compte plus que le reste. Et, l’espace d’un instant, sans bien savoir pourquoi, j’ai une pensée pour Tyr. Qui aurait probablement prononcé exactement les mêmes paroles si j’étais venue le voir au lieu de décider d’en finir. Ce lien quasi-fraternel que j’ai tissé avec Tristan au fil des années est au final un reflet de ce que j’aurais dû garder avec celui qui me croit morte depuis près de vingt ans. Et je me rends compte que je ne veux pas perdre Tristan, pas comme Tyr a pu me perdre tout du moins. La situation n’est certes pas la même et il a de loin dépassé l’âge de se laisser mourir sur un coup de tête mais, pour autant, cette inquiétude qui vient de m’étreindre n’est pas prête de me lâcher. Je me mordille la lèvre avant de presser brièvement son épaule de la mienne et de l’entrainer un peu plus loin.

"Je ne veux pas que l’on donne du grain à moudre à des rumeurs qui n’en auront de toute façon pas besoin Tristan. A défaut de pouvoir les faire s’éteindre, évitons de les aviver. Ou alors, l’on saura que le mage de Sang se promène avec une splendide jeune femme … brune ? Rousse ? Blonde ? Tu préfères quoi ?"

Il n'y a pas grand-monde autour de nous, mais sait-on jamais. Trop de prudence ne peut nuire à personne, n'est ce pas ?

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Dernière édition par Tara Mille-Visages le Ven 26 Mai - 17:03, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Lun 22 Mai - 0:54

Il aurait probablement été plus simple qu’elle lui paraisse apaisée, qu’elle soit moins concernée… non, ce n’était pas le mot. Il n’aurait pas appréciée qu’elle soit indifférente à la situation, loin de là, mais s’il tentait de masquer ses humeurs, il y arrivait bien mal, et qu’elle en soit le reflet, le réceptacle aussi peut-être, ne l’y aidait pas. Il ne l’en blâmait pas, mais ça complexifiait la situation pour lui. Même s’il savait pouvoir avoir confiance en elle, d’autant qu’elle ne le jugerait pas pour ses décisions, et les réactions qui en découlaient – il ne le croyait du moins pas. Il espérait ne pas le regretter. Il sourit toutefois, presque aussi grandement qu’il ne le fait habituellement, alors qu’elle se raille de son arrivée discrète et dépourvue d’esbroufe. Elle sait aussi bien que lui qu’il est généralement peu démonstratif et n’aime guère se donner en spectacle, mais il lui est reconnaissant de sous-entendre le contraire. Et il ne peut nier avoir apprécié de surprendre les quelques villes et villages qu’il a survolées, sur le dos de Ferveur, en allant rejoindre Gustave de Faërie, pour lui dévoiler l’ampleur de ses choix, l’ampleur de ses décisions, en personne. Pour lui permettre d’observer de ses propres yeux son dragon maintenant affilié au Vol d’Argent. Il se promit de venir la voir, un jour, à dos de Ferveur, avant que cela ne devienne sans aucune importance aux yeux des habitants d’Arven.

« Tu m’as vu, avec Ferveur en rose, lors du carnaval des Miracles, et travesti en femme, crois-tu réellement que cela n’aurait pas pu s’avérer une fantaisie d’esprits peu clairs ou soumis à la drogue ? Mais je note que je devrais le rendre scintillant de mille feux, de mille couleurs, pour t’impressionner. Je préfère, je crois, que tu vois en moi ce jeune garçon intimidé, cependant. Nul n’a vu, en des siècles, de dragon d’Argent, tu le sais aussi bien que moi. Alors si je peux paraître normal auprès de quelqu’un, c’est bien toi. »

Oui, il appréciait d’ailleurs cette normalité, entre eux, que rien ou presque ne pourrait changer, même s’il l’avait craint avant d’arriver devant elle, en cet instant. Il était plus rassuré qu’il ne souhaitait l’admettre, de sa réaction.

« Quel portrait tu dépeins de moi ! Si je t’écoutais, je croirais avoir passé tout mon temps à l’Académie à tenter de charmer ces dames, au point d’en négliger une des réels amis, bien rares, que j’avais pu me faire. Mon cœur est meurtri et saigne devant si peu de considération ! »

Il ne pouvait s’empêcher de sourire avec amusement, détrompant ses paroles, mais Tara n’était de toute façon pas dupe. Pas plus qu’Archimède, que le mage de Sang n’aurait pas été surpris de voir picorer Kumquat, pour l’inonder de questions.

« Je ne me ferai pas ce plaisir gustatif sans toi. Sans doute saurais-tu assaisonner la préparation mieux que moi ! Il lui adressa un léger clin d’œil, avant de se faire plus sérieux, alors qu’elle poursuivait. Je suis en Lagrance, la question ne se pose pas réellement, si ? Mais j’aurai surement fui, ou alors je me serai battu, comme je l’ai fait pendant longtemps, alors que mon père aurait préféré que je disparaisse du tableau que je rendais disgracieux. Comme je l’ai fait à l’Académie, pour sortir avec les honneurs. Et je ne peux t’affirmer ne rien risquer, mais je peux, encore, me défendre. Et espérer que le respect que l’on me porte m’accorde au moins le bénéfice du doute. Mais je te fais le serment, devant Levor, que je serai prudent et que je tenterai de me protéger autant que possible. Cela t’apaise-t-il ne serait-ce qu’un peu ? »

Il l’espérait, il était généralement celui qui s’inquiétait, et non l’inverse.

« Quel être volage que je serai, si je suis en compagnie d’une jeune femme différente chaque jour – peut-être est-ce le meilleur moyen de faire taire les rumeurs, n’est-ce pas ? Mais je me contenterai de celle que tu veux être ce soir. Je superpose de toute façon ton vrai visage à celui que je vois. »

Il lui adressa un clin d’œil léger, avant de hausser les épaules et de reprendre sa marche.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Mer 31 Mai - 13:33

Si je suis habituée à jouer des illusions depuis si longtemps que j’ai même fini par oublier certaines réalités, cacher mes sentiments à Tristan est une affaire autrement plus complexe. Parce qu’il me connait, probablement plus qu’il ne pourrait jamais le soupçonner et que la confiance que j’ai en lui n’a encore jamais vraiment trouvé d’équivalent nulle part, quel que soit l’attachement que je peux avoir pour les membres de la Cour des miracles, surtout certains d’entre eux. Alors, si je n’arrive pas à masquer mon inquiétude en voyant mon ami si changé, j’essaie de faire mine que cela importe peu. Et puis, dans le fond, c’est vrai non ? Il m’a vu prendre tant de visages différents, me mouvoir différemment, donner l’impression que j’étais une autre à tant de reprises qu’il serait plus qu’hypocrite de le lui reprocher lorsque cela lui arrive. Certes, la situation n’est pas tout à fait la même mais ce genre de différence ne compte plus vraiment surtout après près de 20 ans d’amitié indéfectible. Je laisse filer un rire à ses propos, le regard brillant d’amusement même s’il reste quelque peu voilé par l’inquiétude qui ne cessera de toute façon pas de nouer le ventre. C’est bien la seule chose que je n’ai jamais pu cacher. Mon regard. Ou que je n’ai jamais voulu, je ne saurais le dire. Comme si cela pouvait éviter que je ne me perde totalement. "Oh, mon esprit avait décidé qu’il n’était pas prêt à se rappeler cet évènement. Même si tu portais remarquablement bien la robe, je dois l’admettre. Pas aussi bien que moi, cela va sans dire. Mais tu as eu un succès fou. Quant à Ferveur, j’avoue, j’ai peut-être été impressionnée. Ou beaucoup trop éblouie pour me rappeler vraiment ce que j’en ai pensé, je ne saurais le dire. Mais je pourrais essayer de voir ce qu’il rendrait en étant scintillant la prochaine fois si tu veux. Pour voir si tu arrives enfin à m’impressionner au point que j’en ai le souffle coupé." Mon sourire se fait plus doux alors que je le fixe, avec une affection toute fraternelle. "Je ne vois pas que cela. Mais cela m’aide à me rappeler à quel point nous avons tous les deux été fragiles. Et que nous avons pu compter l’un sur l’autre. Et malgré tous tes efforts pour m’intimider en me rappelant la rareté des dragons d’Argent, Archimède me charge de te dire que cela ne prend pas."

Un bref regard en direction du volatile me confirme qu’il s’en moque totalement, tout occupé qu’il est à emmêler les poils de Kumquat du bout des griffes. Le renard est étonnamment docile, pour un peu j’y verrais presque la placidité de Tristan lorsque je m’amusais à l’asticoter, plus jeunes, ne serait-ce que pour m’assurer qu’il était à même de se défendre. Ou d’encaisser ce qui pourrait arriver. A l’inverse de moi au même âge. Mais il a toujours été plus fort que moi. Plus solide et à même d’affronter ce que le monde nous réserve sans avoir besoin de se cacher derrière un masque. D’une certaine façon, je l’envie, même si, aujourd’hui, je n’échangerais ma place pour rien au monde. "Et je ne fais que mettre la vérité à la lumière du jour. C’est ma grande spécialité non ? Même si tu n’as pas fait que ça, il est vrai que tu as aussi essayé de voler les plumes d’Archimède quand tu n’en avais plus pour écrire."  L’idée d’imaginer Tristan en véritable séducteur, encore plus alors qu’il devenait tout juste un homme, a quelque chose de vraiment amusant et je ne peux m’empêcher de le fixer avec une malice non dissimulée, réussissant presque à oublier la raison de nos retrouvailles avant de croiser de nouveau son regard. J’arrive pourtant à garder mon sourire toujours aussi amusé, à me focaliser sur le fait qu’il n’a pas l’air d’avoir vraiment changé et je continue, non sans une difficulté que je masque avec un certain succès, tout du moins je l’espère.

"J’ai toujours été particulièrement douée en cuisine. Enfin, surtout pour chiper une tarte fraichement sortie du four."  Je lui rends son clin d’œil avant de me faire plus sérieuse à mon tour, hochant doucement la tête à ses propos alors qu’Archimède s’est installé entre les oreilles du renard, fixant Tristan de ses grands yeux ambrés. « La question ne se pose pas tant que tu ne vas pas ailleurs. Et je suppose que tu ne vas pas te cantonner à Lagrance, si ? » J’inspire doucement avant de reprendre, avec un sourire bien plus doux. "Le tableau n’était en rien disgracieux, il fallait juste s’habituer à ce que l’harmonie des couleurs soit différente de ce qu’ils avaient imaginé. Et je sais bien que tu peux te défendre et encore plus que ta réputation sera probablement un rempart bien plus solide que le reste. Mais je ne peux m’empêcher de m’inquiéter. Tout comme tu le ferais à ma place si cela m’arrivait non ? Je ne veux juste pas que tu prennes de risques inutiles simplement pour prouver que tu es toujours le même ou que tu ne vas pas dévorer des enfants pour le diner. Si les gens doivent accepter la magie du sang, qu’ils le fassent à la vitesse qui leur semblera appropriée. Je n’ai pas envie que tu brusques les choses. Tu vois ce que je veux dire ?"

Je laisse filer un instant de silence avant de secouer la tête, non sans un léger rire. "Ne sois pas aussi présomptueux. Je ne serais pas à tes bras chaque jour non plus. A moins que ce ne soit une façon détournée de m’annoncer que tu as trouvé d’autres femmes pour te tenir compagnie ? Voilà qui serait bien trop subtil pour moi."  Je sens, l’espace d’un battement de cils, l’illusion vaciller au reste de ses propos. Il serait tellement facile de laisser tomber le masque pour une fois. Mais j’ai peur, d’une certaine façon, de ne pas être capable de le remettre lorsque ce sera nécessaire. Ou de ne plus savoir faire. Mais mes traits changent sous ses yeux, imperceptiblement. Juste ce qu’il faut pour qu’il me reconnaisse aisément. Cela devrait suffire, je suppose.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Dim 11 Juin - 22:40

Elle avait le don de le faire rire, même quand il était au plus bas, ou que son humeur se voulait morose. Plus qu’elle ne l’aurait dû, probablement. Mais face à elle, difficile de se montrer aussi enjoué qu’il l’aurait voulu, même s’il arrivait à ne pas être totalement morose. Le fait que sa présence l’apaisait et l’empêchait de se dire qu’il avait peut-être tout perdu sauf Ferveur y contribuait, aussi, et lui arrachait malgré lui un léger sourire. Oui, c’était une réalité, que de pouvoir compter sur Tara était une source de bonheur non négligeable dans sa vie. Il ne savait plus exactement depuis combien de temps ils se connaissaient, mais suffisamment pour qu’il n’ait pas à lui dissimuler quoi que ce soit – ou qu’il en soit incapable. Et cela lui donnait probablement la capacité qu’elle avait à lui faire oublier ce qui le contrariait, dans la mesure du possible du moins. C’était l’une des raisons pour lesquelles il n’avait pas hésité à se rendre à ses côtés. Une de raisons pour lesquelles il était presque certain, avant de la rejoindre, qu’elle ne le rejetterait pas pour ce qu’il était maintenant.

« Tu mens, tu te délectes bien trop de ces images et de ces souvenirs, pour l’occulter. Et si je n’avais pas voulu t’en faire la surprise, je suis certain que tu aurais été la première à m’aider dans mon entreprise – peut-être même aurais-tu voulu rajouter quelques paillettes ou rendre Ferveur bicolore. »

Il ne grimerait toutefois plus jamais le dragon. Pas alors qu’il était si unique. Il devait exhiber fièrement ce nouveau Vol auquel il appartenait, et ce serait presque un déshonneur, que de le dissimuler, même pour un bref moment. Après tous les sacrifices auxquels Ferveur avait consenti, jamais Tristan ne pourrait lui imposer cela. Et jamais il ne voudrait le faire. Il respectait bien trop l’immense et sage créature pour ce faire. Oui, beaucoup trop. S’il s’était assombri un instant, les griffes d’Archimède qui tordait la fourrure de Kumquat en tout sens et de manière désordonnée lui arracha un sourire, alors que son Familier ne protestait même pas. Ils étaient tous deux assez silencieux, mais leur simple présence l’un à proximité de l’autre leur suffisait. Pas besoin de partir dans de longs échanges, quand un mouvement de tête ou une caresse suffisait à leur compréhension.

Il leva les mains, sans pouvoir retenir un rire, quand elle l’accusa d’avoir volé les plumes d’Archimède. C’était vrai… en quelques sortes. « Allons, tu sais bien qu’il a l’étrange manie de semer ses plumes partout, particulièrement dans ma chambre quand j’en ai eu une. Sinon, je n’aurai jamais pensé à les utiliser pour écrire – ce n’était que justice, que je les façonne de cette manière. Et elles sont si belles, que ce serait un crime de les mettre à disposition du premier venu. Elles me manquent, d’ailleurs. Tu m’en redonnerais pas, Archimède ? »

Un peu plus, et le hibou s’ébourifferait, pour faire semblant de perdre les plumes en question, tout en prétendant ne pas les lui donner, par jeu. Il en était presque persuadé. Non, tout à fait persuadé, même. Il était surtout suffisamment distrait pour feindre ne pas remarquer les hésitations de Tara, même s’il n’avait qu’un réflexe : grimacer. Ça irait mieux… il l’espérait.

« Tu n’as pourtant pas essayé de me voler Cassie. Je sais que mon courroux serait terrible, mais toi comme moi savons que Cassiopée cuisine comme une reine, et que rares sont ceux qui l’égalent, encore plus ceux qui la surpassent. Je crois que je n’en ai pas encore trouvé. »

Il hocha la tête, interdit, alors qu’elle soulignait l’évident : il sortirait de Lagrance. Ou peut-être ne le ferait-il plus jamais. Mais ce serait mettre fin à ses envies de liberté. Il avait beau être attaché au duché des jardins, il l’apprécierait beaucoup moins, s’il y était exilé. « Bien sûr que non, mais contrairement à notre enfance, à nos jeunes années à l’Académie, je peux réellement me défendre. Et je peux surtout tenter de faire réhabiliter les mages du Sang, en Arven. Tu sais, Tara, il serait malavisé de s’en prendre à un capitaine de Vol. Presque plus qu’à un marquis. Mais je ferai attention. Et je sais que tu ne prends pas à la légère tout ce que je suis. Tout ce que je suis en mesure de faire. Mais… J’ai toujours pris des risques inutiles, non ? Ne te souviens pas de ces soirées où je revenais couvert d’égratignure, parce que Ferveur et moi jouions, peut-être trop près des buissons d’orties ? Je te promets que la sagesse de mon vieil âge me poussera à mesurer mes actes. Et à ne pas imposer les mages du Sang trop rapidement. Mais je veux donner une chance à tous ces enfants, d’apprendre. De ne pas voir leur magie étouffée. De ne pas devoir se cacher, même s’ils ont à subir des brimades. Ils y survivront, je crois… Plus qu’au fait de devoir ne jamais être eux-même, du moins. »

S’il était mortellement sérieux, son visage s’illumina en entendant le rire puis les paroles de Tara. « Allons, tu sais bien que je ne me permettrais pas de t’accaparer, même si je le désirerais. Et je n’ai trouvé personne, non. Mais tu serais la première avertie, si cela changeait. Il hésita un instant, à évoquer un point délicat. Il se peut que je sois tenu de conclure des alliances, qui n’auront rien de… passionnel, ou sentimental, Tara. Sache le. »

Elle le savait, en réalité, il le lui avait toujours dit. Qu’il souhaitait quelqu’un capable de gérer le domaine, et que ce devait être quelqu’un de son rang, pour rendre hommage à son grand-père et à sa grand-mère. Mais il souhaitait l’avertir que ça pouvait devenir réel.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Mer 21 Juin - 13:35

Lorsque j’étais enfant, mes parents n’avaient de cesse de me répéter que les liens du sang étaient ce qu’il y avait de plus important, que rien ne pourrait jamais compter davantage. Exception faite de l’époux qu’ils me choisiraient, lorsque je serais en âge de quitter la maison. Peut-être aurait-ce été le cas si je n’avais pas commis l’irréparable, si je n’avais pas fauté au point de devoir laisser mourir cette fille qu’ils destinaient peut-être à de grandes choses, à leur niveau tout du moins. Mais en tout cas, quand je regarde Tristan, je me dis qu’ils ont eu tort, au moins sur un point. Il y a des liens plus forts, ou au moins tout autant, que ceux du sang. Comme cette amitié qui nous lie, comme l’amour que je peux avoir pour les membres de la Cour, quand bien même je ne suis pas aussi proche d’eux que je pourrais l’être de Tristan. J’aime à dire qu’ils font partie de ma famille mais c’est tout autre chose. C’est un lien que j’ai tissé sans y être forcée, qui fait partie de celle que j’ai voulu devenir et qui, au final, est plus fort que jamais je ne l’aurais cru possible. Et rien ne pourra le briser, tout du moins j’ai réussi à m’en persuader. Alors je souris, je le taquine, je me fais malicieuse dans une situation qui demanderait probablement plus de gravité. Mais je suppose qu’il a eu son content de regards noirs et de leçons de morale. Je suis son amie depuis suffisamment longtemps pour me dire qu’il a besoin de moi et non d’entendre ce qu’il sait déjà. "Moi ? Mentir ? J’oserais, je serais outrée que tu me crois capable d’une telle chose. Mais, maintenant que tu en parles, Ferveur serait vraiment splendide avec deux couleurs totalement improbables. Même si, dans le fond, il ne sera jamais aussi élégant qu’au naturel. Enfin, ne lui dis pas que je pense cela, il ferait bien trop le fier et je ne suis pas sûre de pouvoir l’assumer."

Si l’atmosphère s’est rapidement détendue entre nous, certains non-dits continuent de flotter. Non parce que nous n’osons pas vraiment en parler, mais plutôt parce qu’il est parfois délicat de trouver les mots, de savoir si l’autre souhaite vraiment aborder certains points et, surtout, il est difficile de savoir où la recherche de la vérité doit s’arrêter pour laisser place à ce droit que nous avons tous de garder certains secrets. Et je suis particulièrement bien placée pour le savoir, alors je tâtonne, j’essaie par petites touches avant de me faire malicieuse et de changer de sujet. Pour qu’il ne se sente pas acculé, qu’il sache que je ne suis pas là pour le prendre au piège de par sa nouvelle nature et les choix qu’il a pu faire. J’arque un sourcil quand je vois Archimède se gonfler et ouvrir les ailes quand je parle de ses plumes. Et je souris en voyant qu’il s’ébouriffe, faisant voleter une des dites plumes dans les airs, probablement à destination de Tristan. Je lève les yeux au ciel, retenant un rire alors que je reprends, comme si de rien était. "Je ne suis en rien responsable du de ce petit impertinent. Il ne fait ça que pour détruire mon raisonnement, j’en suis persuadée. Ramasse donc cette plume et fais en bon usage avant qu’il ne vienne te picorer les doigts. Je nie cependant le fait qu’il ait semé volontairement ses plumes jusque-là, ce n’était pas du tout son genre." Et Archimède de hululer joyeusement, repliant ses ailes alors qu’il continue de nous observer.

Si je ne peux m’empêcher de remarquer sa grimace, je préfère ne rien en dire alors que je laisse filer un silence et que je reprends, non sans malice. "Serais-tu en train de comparer Cassie à une tarte ? Enfin, toujours est-il qu’il aurait été difficile pour moi de m’enfuir avec elle sous le bras, ça n’aurait pas été particulièrement discret. Et tu m’aurais retrouvée, illusion ou pas. Je ne suis pas sure de pouvoir camoufler les odeurs de pâtisserie, voilà un sens bien difficile à tromper. Tu le savais ça ?" Je me fais plus sérieuse pourtant, alors que nous abordons le cœur du problème, de cette petite rencontre. J’ai un bref soupir à ses propos et, même s’il me parait assuré, je ne peux m’empêcher d’être inquiète. Je n’ai pas envie de lui cacher cet état de fait, ne serait-ce que pour qu’il n’oublie pas qu’il y a des gens qui tiennent à lui, quoi qu’il arrive. "Je sais que tu peux te défendre et, au vu de tout ce que nous avons appris, encore heureux. Mais je ne parle pas que des attaques physiques, nous le savons tous les deux. Quant au reste…" J’ai une ombre de sourire alors que je reprends, d’une voix plus douce. "Je comprends ton initiative et elle est tout à fait louable. Je ne connais pas bien cette magie, tout est tellement tabou la concernant. Pour autant, il est évident que l’on ne peut l’étouffer. Si certains enfants la sentent en eux, il faut qu’ils apprennent à la maitriser et non l’ignorer ou, pire encore, en faire n’importe quoi. Mais qu’entends-tu par imposer les mages du Sang trop rapidement ?" J’ai un bref froncement de sourcils à ces propos que je viens de reprendre mais sans vraiment m’inquiéter. Il s’agit de Tristan, j’ai toute confiance en lui. Pourtant, je ne peux m’empêcher d’ajouter, non sans arborer une mine narquoise. "Que je ne te reprenne plus de parler de ton grand âge, je pourrais m’en offusquer, d’autant que je suis sûre que tu as encore des marques de tes rencontres avec les orties. Et, tu sais, ne jamais être soi-même, on s’y fait. On se fait à tout après tout, il suffit de savoir quels sont les enjeux et s’ils en valent réellement la peine."

Je le fixe un instant, non sans retrouver mon sourire, avant de hausser les épaules et de me fendre d’un clin d’œil malicieux. "Personne ne peux m’accaparer, au moins toi tu en as conscience." Et pourtant si, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que l’un d’eux puisse y arriver. Je chasse cette pensée avant de me focaliser sur le reste de ses propos. "Si tu me dis ça c’est que quelque chose est déjà engagé. Je me trompe ? Et tu n’as pas peur d’être… malheureux ?" Oui, je sais bien, venant d’une famille comme la sienne, l’amour et le mariage n’ont que peu de choses en commun. Pourtant, je me surprends à le vouloir heureux et comblé avec une femme qui arrive à le comprendre. Et à l’aimer. Comme toute grande sœur digne de ce nom.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Jeu 13 Juil - 15:19

Outrée ? Elle ne parviendrait pas à l’en convaincre. Quelqu’un qui la connaissait moins, probablement, se serait laissé abuser par sa… candeur, mais pas lui. Il le voit, au plissement de ses yeux, au sourire qui menace de déformer l’air outré qu’elle a voulu donner à ses lèvres. Non, elle n’était pas crédible à ses yeux, pas même une seconde. Bon, peut-être une seconde. Mais simplement pour lui faire plaisir. Il sourit malgré lui. Seules les années passées leur avaient permis de parvenir à ce niveau de compréhension, et sa relation avec Tara comptait énormément pour lui. C’était aussi pour ça qu’il faisait preuve d’une légèreté peu coutumière chez lui, en sa présence. « Excuse moi d’avoir osé douter de ton innocence, c’est vrai que tu pourrais en être l’égérie. Jamais tu ne pourrais manipuler la vérité, j’ai honte d’avoir pensé un seul instant que tu le pourrais ! J’espère que tu me pardonneras ce grand affront, je te promets d’essayer de ne pas le refaire. Tu mérites une meilleure attitude de ma part. Il lui sourit d’un air malicieux. Tu sais que Ferveur suit notre conversation ? Il t’aime bien, je crois, pour faire ça plutôt que d’aller gambader comme un fou dans la campagne lagrane. » Il lui sourit, plus franchement. Ferveur était plutôt du genre à s’entraîner à quelques acrobaties, plutôt qu’à se rouler dans l’herbe, à vrai dire.

« Tu sais qu’il est une part de toi ? Donc tout ce qu’il fait, c’est un peu ce que tu aurais fait. Mais j’espère que tu n’essayes pas de gonfler des plumes inexistantes, pour faire ton intéressante, et charmer ces messieurs. Promets moi de me permettre d’y assister, si un jour tu fais ça. » Il avait presque l’air impassible, presque, mais elle ne manquerait pas de déceler l’éclat de rire qui menaçait de naître dans ses yeux, alors qu’il ramassait la plume au sol. « Merci Archi !

Et je suis pas sûre que Cassie prenne bien le fait que tu aies l’impression qu’elle soit une tarte. Mais je vous aurai suivies à la trace, oui, même si je suis sûre que tu aurais su t’en sortir, pour la garder au moins… allez, deux ou trois jours. Même si tu aurais du subir mon courroux courroucé, irrité par ce vol si terrible. Si scandaleux. Et que Cassie aurait du nous faire un festin, pour nous réconcilier. À cause de toi, je serai devenu obèse – déjà qu’elle essaye parce qu’il paraît que c’est scandaleux de ne pas manger l’équivalent de six fois mon poids par repas…
» Bon, si on passait le fait qu’il sautait plus souvent des repas que l’inverse, et que Cassie lui faisait la guerre pour ça.

Il grimaça, essayant avec difficulté de garder le sourire qu’il avait sur le visage, à ses paroles. Elle ne pensait pas à mal, à vrai dire, bien au contraire. Mais elle exprimait à haute voix ses propres craintes. « C’est pour cela, à vrai dire, que je veux aider à leur acceptation. Qu’ils ne puissent pas être isolés, seuls face à leur magie, et réagissent sans savoir réellement comment la maîtriser. Le but n’est pas qu’ils soient à nouveau isolés, à nouveau bannis… Et les imposer trop rapidement… Faire que les gens soient forcés de les accepter, mais que seule la rancœur naisse de là. Qu’ils aient une mauvaise opinion des mages du Sang. Que le rejet soit plus fort encore. » Trouver le juste milieu était difficile…

Il adressa un sourire doux mais triste, à Tara. « On s’y fait, mais ne doit-on pas, parfois, le redevenir ? Avoir quelqu’un auprès de qui on peut être naturel ? Tu as plusieurs personnes, comme ça, dans ta vie. Eux, à part les leurs, qui sont rejetés… Ils n’en ont pas. Il faut, je veux, les ouvrir à d’autres. » Oui, c’était peut-être idéaliste, mais c’était la réalité. Et un sujet pas des plus joyeux, mais… tous l’étaient-ils déjà ?

« Pouvoir profiter de ta compagnie est déjà suffisant pour moi. Et… rien n’est engagé, non. Mais je réfléchis. Je cherche. Il faut quelqu’un qui puisse gérer Amar. Qui puisse aussi apprécier cette vie. Et ne pas m’enchainer. Et si je parviens à l’aimer… Alors ça n’en sera que mieux. Je suis heureux, comme je suis, Tara : mes Chevaucheurs, les personnes qui me sont proches, Ferveur… Tout ça me suffit. »

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Lun 14 Aoû - 23:38

Tristan me connait bien mieux que je ne l'aurais peut-être voulu au départ. Mais bien des choses ont changé et la jeune femme qu'il a rencontrée n'est plus qu'un lointain souvenir. Et pas un instant, pas une seconde, je ne regrette de lui avoir fait confiance, de m'être autant attachée à lui, quels que soient les secrets qui dansent dans son regard, quelle que soit la magie qui coule dans ses veines. Si quelqu'un est capable de donner à la magie de sang une image plus noble, c'est bien lui. Et c'est pour ça que je ne peux pas le regarder d'un mauvais œil et que je me refuse à le juger. Parce qu'il sait quels sont les risques, je le vois bien dans ses yeux. Il sait qu'il a tellement à perdre dans cette histoire que je ne peux pas lui rajouter un poids sur les épaules. Que ce soit mes doutes ou encore une ombre de jugement. D'autant que je serais particulièrement mal placée pour le faire. Alors, je souris et je lui décoche un léger clin d'œil avant de relever le menton, la mine faussement agacée. "Dans ma grande mansuétude, j'accepte tes excuses. Je suis en effet une possible égérie de l'innocence, surtout à mon âge. Mais tu en as fait suffisamment pour compenser cet affront, je saurais passer outre." Et, au reste de ses propos, je ne peux m'empêcher de sourire avec douceur. "Ferveur, gambader ? Je l'aurais plutôt vu à travailler à votre prochain coup fourré à dire vrai. Il me manque à dire vrai, ce n'est pas tous les jours que l'on peut saluer un être comme lui et se targuer de le connaitre." Je fronce les sourcils, hésitant avant de lui demander, à voix basse. "Ma question va sembler stupide mais… avec ta magie … vous… enfin, comment les choses vont évoluer ? Je suppose que j'ai du l'apprendre un jour, quelque part, mais tu me connais, j'oublie tout ce qui ne m'intéresse pas directement."

J'ai une grimace qui disparait devant les pitreries d'Archimède. Et je hausse les épaules, retrouvant un semblant de sérieux. "Oh, évidemment que je le sais. Parfois, je me demande comment font les gens qui n'ont pas la chance d'être reliés à un Familier. Comment peut-on vivre sans cette chaleur qui nous réchauffe toujours, même quand rien ne va, sans cette présence constante, rassurante, qui nous rappelle que jamais nous ne serons seuls, quoi qu'il arrive." Je tends la main pour effleurer les plumes d'Archimède qui me picore affectueusement le bout des doigts de son bec, le regard perdu dans le vide. "Tu sais que c'est lui qui m'a … enfin que sans lui, je ne serais probablement pas là aujourd'hui." Et je finis par secouer la tête avant de reporter mon attention sur Tristan, retrouvant mon sourire, même s'il a quelque peu vacillé. "Et j'ai peut-être déjà essayé de faire gonfler mes plumes petit impertinent. J'ai beaucoup de succès auprès des mâles, tu n'imagines pas à quel point." Et mon sourire se transforme en léger rire à l'évocation de Cassie. "Oh, je dirais que c'était toi qui a fait cette comparaison hasardeuse, que jamais je n'oserais évidemment. Mais je ne la volerais pas donc, je ne voudrais pas que tu deviennes si énorme que tu sois obligé de rouler pour te déplacer. Même si j'avoue que je serais curieuse de voir ça. Peut-être que Ferveur te prendrait pour un ballon." Et, surtout, au vu du physique de Tristan qui aurait bien eu besoin de prendre quelques kilos, l'image est plutôt amusante, autant le dire tout de suite. Même si la conversation se refait plus sérieuse alors que nous touchons le cœur du sujet. Et, malgré tout ce qu'il pourrait dire, cette lueur rouge qui brille dans ses yeux ne peut m'aider à oublier cette inquiétude qui ne cessera de me ronger et que j'évoque à haute voix, en partie tout du moins. Je laisse filer un silence avant de répondre, d'une voix douce, précautionneuse. "Tu sais que c'est un véritable exercice d'équilibriste auquel tu vas t'atteler. Et que bien des gens vont tout faire pour te voir trébucher. Je ne serais pas de ceux-là, je préfère te le rappeler au cas où, mais nous savons tous les deux qu'il faudra du temps. Beaucoup de temps. Et tu te sens réellement les épaules de supporter tout cela ? De mener de front cette bataille ainsi que les autres ?" Je le fixe, avant d'esquisser un sourire. "Je ne suis pas comme toi, j'aurais tendance à me cacher, à fuir, à me faire oublier. Alors j'avoue que je suis plutôt admirative en fait."

Et à son sourire triste, j'ai un bref haussement d'épaules. "A dire vrai, j'ai parfois peur des conséquences que cela pourrait avoir. La vérité fait mal, bien plus qu'on peut parfois se l'imaginer. Et le rejet peut être encore plus grand. Et il se passera quoi si… enfin si la vérité se heurte à un mur ? Si elle aggrave les choses ?" Ou comment résumer le mensonge qu'est devenue mon existence depuis près de vingt ans. J'ai tellement peur de découvrir les réactions de certains, d'une seule personne. S'il savait. Si je le perdais pour de bon, de nouveau. Je ne pourrais pas le supporter. Je secoue la tête, comme pour chasser cette pensée qui continue de me hanter, que je le veuille ou non et je reprends, retrouvant mon sourire, un peu plus incertain peut-être. "Tu pourras profiter de ma compagnie de tout ton soûl mon ami. En ce qui me concerne, je ne compte m'enchainer à personne. La Cour, ses enfants et quelques rares personnes pour qui je donnerais ma vie me suffisent également. Et je n'ai pas comme toi à songer à l'avenir de mes terres, même si j'ai hérité d'une charmante petite tour. Mais, tu n'as pas envie de l'aimer ? D'être heureux de la retrouver ? D'avoir cette complicité dont certains rêvent ? Je ne saurais te dire si elle est possible ou non, mais, si tu pouvais l'effleurer, tu crois pas que tu n'aimerais pas plus ?" Tout comme cela a pu m'arriver mais ça, je préfère le laisser sagement de coté.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Jeu 31 Aoû - 22:19

L’homme sourit, en l’entendant. Soulagé. Reconnaissant. Il appréciait qu’elle tente – et réussisse – à le distraire comme ça. Il s’inclina dans une courbette ridicule et grandement exagérée. Une courbette comme on n’en faisait même pas aux Empereurs de ce monde. « Votre mansuétude vous honore, ma dame. Je ne connais âme plus noble que la vôtre, et je vous fais la promesse de m’améliorer, pour ne pas vous offenser à l’avenir. Si vous me gratifiez de votre présence, une nouvelle fois. » Un peu plus, et il se serait laissé aller à rire, ou à lui tirer la langue, comme il était plus jeune. Moins sérieux. Légèrement moins – il l’avait toujours été, beaucoup trop.

Rire qui lui vint finalement, alors qu’elle parlait des occupations de Ferveur. C’était une façon tellement… surréaliste, de le dépeindre. Peu de gens pouvaient le croire, Tara en faisait partie, mais Ferveur était plutôt le garde-fou de Tristan. Celui qui l’empêchait, dans ses jeunes années, de se tuer en vol, lorsqu’il persistait à s’entraîner, heures après heures, jusqu’à tomber de fatigue au point d’être incapable, même, de tenir debout. Il aurait pu périr plusieurs fois, avait écopé de quelques blessures sérieuses parfois. Et même encore maintenant, il conservait ce goût d’apprendre, de maîtriser, de se brûler les ailes, en ne restant guère raisonnable. Un sourire malicieux prit place sur ses lèvres. « Je crois plutôt que tu serais du genre à travailler un coup fourré. À moins que tu ne le fasses avec Ferveur dans mon dos, et que tu lui donnes de mauvaises idées ? Je savais que j’avais toujours trouvée louche votre entente. » Il appuya sa phrase d’un clin d’œil, avant de se fermer légèrement aux paroles de Tara. Non pas qu’il ne veuille pas y répondre, mais il considérait presque comme une imposture la position qu’il occupait, et ses capacités plus que limitées.

Il déglutit, avant de reprendre la parole. « Je… Je dois tout apprendre à nouveau. Repartir de zéro. Je ne sais pas si tu te souviens de ces gants, mystérieux, que j’avais trouvé à Amar, dans les affaires de mes grands-parents ? Ceux qui matérialisent, façon de parler, un arc, un carcan et des flèches invisibles ? Je me suis entraîné, depuis lors, à les maîtriser. Fort heureusement, car c’est la seule façon de me défendre. Ça, et la conscience accrue que Ferveur et moi avons l’un de l’autre. Elle est… infiniment plus puissante qu’avant. Je le sens en permanence avec moi, comme s’il était là, juste à mes côtés. Je… Je ne saurais pas l’expliquer, mais ce dur sacrifice auquel j’avais consenti, auquel il avait consenti malgré moi et par ma faute, ça a raffermi notre lien. Je ne suis pas sûre de comprendre moi-même. Mais bien que je ne sois qu’inutile au niveau de la maîtrise de ma magie… Je suis plus fort, plus stable, plus puissant qu’avant. Plus efficace. Tu le verrais, si tu nous voyais en vol. Ça n’a rien de comparable à ce que nous aviosn avant. »

Il devint un peu moins sérieux, devant le manège d’Archimède. Et grâce aux paroles de Tara. « Tu sais que je me pose parfois la question, par rapport à Ferveur ? » Il frissonna à la pensée qu’il aurait pu ne plus jamais l’avoir avec lui. Jamais. « Et je n’ai Kumquat que depuis peu de temps, mais il m’est indispensable. Je me sentirais plus seul que jamais, malgré les amis formidables sur lesquels je peux compter. Amis dont tu fais partie. » Il s’approcha légèrement, pour l’étreindre. « C’est une aubaine, que tu sois parmi nous. » Une phrase simple, sincère. Dénuée de fioritures. Ils n’en avaient pas réellement besoin.

S’il s’était retenu, plus ou moins, il finit par laisser échapper un rire franc, à l’idée que Tara imite Archimède, ou qu’Archimède influence Tara peut-être, et ses rituels de séduction. « Je serai curieux de voir ça. Tu dois être de toute beauté, et faire preuve d’un charme… indéfinissable, à agir ainsi. Tu marques sans aucun doute les esprits, en faisant cela. » Son sourire se fit plus grand, à l’entendre poursuivre – et plus taquin. Jusqu’à ce qu’il se fasse mortellement sérieux, ou le tente du moins, feignant de souffrir du cœur, d’être blessé en son fort intérieur. « Cruelle dame que tu es, tu me blesses plus que je ne l’aurai jamais cru. Mon cœur souffre, je vais dépérir, de penser que tu oserais te rire de moi, en compagnie de Ferveur qui plus est, parce que Cassie aurait osé me gaver ! Je ne suis pas un canard, Ferveur y ressemble plus que moi. Si on omet la taille. La couleur. Les écailles. Les dents, carnassières. Enfin bon, il a des ailes comme les canards en ont, quoi. » Il entendit un grondement puissant, mécontent, dans son esprit… et amusé. Oui, Ferveur pouvait bien feindre d’être offusqué, il était surtout soulagé, que son homme de compagnie retrouve le goût de rire. Même si ça ne durerait surement pas. Même si c’était parce qu’il était en compagnie de Tara. Peut-être pourrait-il la kidnapper, pour Tristan, et l’introduire à la Cour de Lagrance. Elle pouvait être voleuse là-bas, non ? Il soumit l’idée à Tristan, qui se laissa aller à rire, plus franchement encore. « Je crois que Ferveur veut te kidnapper et t’imposer de vivre en Lagrance. Pour me distraire. Et il t’aiderait pour tes larcins. Un dragon, voleur. Que vas-tu faire de lui… » Il secoua la tête, désabusé.

La conversation redevint rapidement bien moins distrayante, et son sourire devint un peu plus fade, bien qu’il fasse preuve d’une assurance certaine – assurance qui lui avait parfois attiré bien des bricoles. Mais c’était pour des choses presque dérisoires, le sujet était beaucoup trop sérieux, en l’instant, pour qu’il renonce. Pour qu’il perde cette confidence qui était la sienne. « Je sais que je pourrais compter sur toi pour me relever. Sur d’autres, aussi, je l’espère. Je ne renoncerai pas. Parce que je sais ce que ça fait, d’être rejeté, simplement pour ce que l’on est, et pas pour nos actes. Tu me connais, Tara. Tu sais que je me battrais, que je ne baisserai pas les bras. Mais j’aurai besoin de ton soutien. Chaque personne qui est là pour moi, même sans se mettre sur le devant de la scène, me sera indispensable. Et tu as tes propres forces, tu n’as aucun besoin d’être admirative. Mais je répète mes paroles : je ne tournerai pas le dos à ces gens. Pas même parce que j’ai la chance d’être Capitaine de Vol, d’être marquis. J’ai souvent vu ce titre qui m’a été imposé comme une malédiction, mais il me protège à sa manière. Et c’est pour ça que je dois étendre cette protection à ceux qui n’en bénéficient. » Il était mortellement sérieux.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Mar 19 Sep - 21:50

Cette légèreté, même si elle est peut-être un peu forcée, me fait du bien. Parce qu’elle me permet de rappeler à Tristan que je suis là pour lui, que je ne le juge pas et que je ne ferais rien qui pourrait le mettre mal à l’aise. Je suis de toute façon particulièrement mal placée pour ça à dire vrai, cherchant moi-même à éviter autant que possible de me retrouver dans une position délicate qui m’amènerait à devoir me justifier. A dire vrai, je suis réellement admirative de voir qu’il est prêt à affronter la tempête sans la moindre hésitation. Et qu’il ne fait pas ça par égoïsme, pour se protéger ou se sauver. Même si sa courbette brise un peu cette image que je me fais de lui alors que je pouffe de rire en secouant la tête. "Oh, je suis déçue, ton nez n’a même pas touché le sol. Tu aurais pu faire un effort.  Enfin, tu mérites un bon point pour l’utilisation de mots de plus de trois syllabes." J’aime bien voir cette étincelle d’amusement briller dans ses yeux, même si c’est fugace. Il a toujours été trop sérieux et je me suis toujours fait un point d’honneur à le dérider lorsque j’en avais l’occasion. Et, aujourd’hui, c’est plus nécessaire que jamais.

Mais visiblement, cela ne marche pas trop mal, alors que son rire résonne et m’arrache un sourire malicieux. Imaginer Ferveur de la sorte a quelque chose d’improbable, même pour moi. Je lève les mains dans sa direction, en signe de reddition, même si mon regard reste pétillant. Après tout, il faut au moins ça pour ne pas trop se prendre au sérieux, surtout au vu de tout ce que nous avons à nous dire. "Tu m'as démasquée on dirait. Un jour, tu n'y prendras pas garde et tu verras Ferveur réaliser les acrobaties les plus délirantes, bien au-delà de ce que tu pourrais imaginer. Ou alors, je vais lui apprendre à faire une vraie révérence, je n'ai pas encore décidé. Archimède fait ça très bien d'ailleurs." Je vois bien qu'il se renferme légèrement. Il essaie de le masquer autant que possible, après tout, je n'y suis pour rien, mais je le connais depuis suffisamment longtemps pour déceler ses changements d'expression, aussi infimes soient-ils. Et il reprend la parole, sans que je ne cherche à l'interrompre. Et je laisse filer un instant de silence avant de souffler, d'un voix douce. "Apprendre ne sera pas le plus difficile. Tu as toujours été un meilleur élève que moi et tu es suffisamment persévérant pour arriver à savoir ce qu'il faut. Note que je ne t'ai pas traité de tête de mule. Et je me souviens des gants oui. Tu t'en sors bien alors ? C'est une bonne chose que tu aies d'autres moyens de te défendre comme ça." J'ai un doux sourire quand il parle de son lien avec Ferveur et je n'ai aucun mal à imaginer l'importance de cette relation pour lui. "Ce n'était peut-être pas vraiment un sacrifice alors, si votre lien s'est renforcé. Les choses ne seront peut-être plus jamais comme avant mais, au fond, tu ne l'as pas perdu. Et c'est important non ? Quant à maitriser cette nouvelle magie… ça viendra aussi avec le temps. Je sais que tu es persuadé que tu n'as pas le temps, qu'il est urgent pour toi de tout contrôler pour pouvoir protéger les autres mages de Sang mais il ne faut pas te précipiter." Quant à l'efficacité ou à la puissance, j'avoue qu'une part de moi pourrait être inquiète s'il ne s'agissait pas de Tristan. Il faudra probablement qu'il se trouve de nouvelles limites, qu'il réapprenne ce dont il est capable ou non mais je sais qu'il ne fera pas de mal à qui que ce soit sciemment. Et c'est le plus important.

J'effleure les plumes d'Archimède alors que nous évoquons nos Familiers et je hoche doucement la tête, non sans jeter un bref regard à Kumquat. "J'ai toujours eu peur d'avoir un jour la réponse à cette question. A devoir imaginer ma vie sans lui. Et pourtant, comme tu le dis si bien, nous sommes bien entourés. Depuis longtemps maintenant." Je lui rends son étreinte sans même y réfléchir avant de hausser une épaule, la mine malicieuse. "Tu ne dirais pas ça si tu devais me supporter à longueur de temps." Mais je suis touchée par ce qu'il me dit, quand bien même je serais incapable de trouver les mots pour lui faire comprendre. Et je laisse filer un rire à sa réaction avant de hausser les épaules, ébouriffant mes cheveux au passage. "Je marque toujours les esprits voyons, c'est d'ailleurs ma principale qualité." Pour quelqu'un qui aime se faire oublier, qui cache sans cesse ses véritables traits, l'ironie est plutôt cuisante. Mais rares sont ceux qui s'en rendent compte. Heureusement, Tristan en fait partie. Et je lève les yeux au ciel quand il reprend, le toisant pendant sa petite tirade avant de secouer la tête. "Heureusement que tu es un meilleur comédien que cela en temps normal. Ton cœur, souffrir à cause de moi. Et je dirais à Ferveur que tu l'as comparé à un canard, je suis sûre qu'il sera ravi." Je fronce légèrement les sourcils quand il reprend, un rien intriguée, alors que je penche la tête d'un coté alors qu'Archimède réagit comme moi en parfait miroir. Il lâche même un hululement perplexe avant que je ne laisse filer un rire. "Vraiment ? Ferveur a de drôles d'idées. Pourtant, j'aime bien l'idée qu'il souhaite me kidnapper en réalité. Et nul besoin de voler avec lui, il lui suffira de grogner pour que les gens déposent des offrandes à nos pieds. Ce serait la fortune assurée." Même si l'idée de vivre en Lagrance me crispe quelque peu. Je n'en dis rien, pour que cette humeur légère ne disparaisse pas en clin d'œil.

Parce que, de toute façon, nous nous faisons de nouveau plus sérieux. Sans pour autant que l'atmosphère ne se fasse plus pesante, au contraire. "Je sais que tu ne renonceras pas et le contraire m'aurait déçue à dire vrai. Mais je ne veux pas que tu combattes seul, parce que tu voudras absolument protéger ceux qui ne sont pas en capacité de le faire. Tu devras laisser les autres se dresser avec toi s'ils en ont envie au risque de les voir souffrir à leur tour." Et j'effleure sa joue alors que je le vois plus sérieux que jamais. "Tu as eu de la chance oui. Et c'est bien d'en avoir conscience. Mais que ça ne soit pas un poids non plus. Tu n'as pas à … comment dire… à être redevable d'avoir eu autant de chance et d'avoir été protégé, que ce soit par ton titre ou par ceux qui te sont proches." Je ne sais même pas si je suis claire, à dire vrai, je chercher juste à le protéger, une fois de plus, à veiller sur lui et, surtout, à faire ce qu'il faut pour qu'il ne souffre pas de cette mission qu'il semble s'être donnée.

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Message Sujet: Re: La vérité est une illusion et l'illusion est une vérité...   Mar 26 Sep - 17:11

Son rire est contagieux, et l’homme s’y laisse aller aussi, assez aisément. Tara a toujours eu cette capacité à le mener à la dérision, et c’est un talent bienvenu pour lui, si souvent sérieux. « Je me le serai probablement cassé, et je n’aurai plus eu cette beauté qui est la mienne, l’attention de ces dames ne se concentrant que sur mon nez déformé et tordu. Quoi qu’Archimède aurait pu me le remettre en place à coup de becs – ce qui aurait probablement été très douloureux, et qui m’aurait, je l’espère, valu une multitude d’attention et de douceur de ta part. » S’il se cassait le nez pour elle, il aurait au moins le droit à cela. Cassiopée lui ferait de bons petits plats, mais Tara pourrait être aux petits soins pour lui. Ce serait presque de son devoir.

« Tu ne peux rien me cacher, tu le sais. » S’il disait ça sur le ton de la plaisanterie, c’était tout de même vrai. Et la réciproque aussi, par ailleurs, pouvait se vérifier. N’était-ce pas pour cela qu’il venait la voir, après tout, parce qu’il savait pouvoir tout lui confier, sans risquer qu’elle ne le juge, qu’elle se détourne de lui ou qu’elle finisse par le haïr. Quand on avait vécu des épreuves comme celles que Tara avait dû affronter, quoi qu’il n’en sache pas l’ampleur exacte, on était plus enclin à la tolérance. Cela s’était avéré vrai, du moins, pour elle. « J’ai hâte de voir le résultat de ton entraînement avec Ferveur, quel qu’il soit. Mais je te prierai de ne pas détruire de bâtiments, de forêts, ou de quoi que ce soit de destructible. Il me peinerait de te voir le reconstruire avec tes frêles mains soignées. »

S’il plaisantait et était détendu, jusqu’à présent, il se ferma presque imperceptiblement, en évoquant ses faiblesses, et son inutilité. Bien qu’elle lui arrache un sourire, en le qualifiant l’air de rien de tête de mule. « [color=crimson]N’est-ce pas ce que tu viens de faire, en prétendant ne pas le faire ? Mais malgré mes facilités d’apprentissage, il sera long. Je ne peux, même en y mettant toute ma volonté, brûler les étapes, et devenir un maître de cette magie en un claquement de doigts. Mais tu sais tout cela, tu as appris la magie, toi aussi. Je m’en sors bien mieux que je ne le pensais, bien qu’il soit très déroutant de manipuler l’invisible.

Ses yeux se teintèrent d’une émotion et d’un attachement qu’il n’essaya même pas de contenir, alors qu’il évoquait Ferveur et leur lien bien plus profond, Kumquat et tout ce qu’ils partageaient. « Non, ce qui aurait pu être une immense erreur, l’abomination la plus cruelle que j’aurai commise, s’est révélé être un joyau d’une valeur inestimable. Plus que jamais, nous sommes un, et indissociables. Mais je dois protéger les mages du Sang, peut-être, mais aussi les Lagrans, et Faërie. Je ne peux faillir. Je renoncerai à mes fonctions s’il le faut, mais je n’aurai de cesse de protéger mon duché, ce peuple qui m’est important, cet Empire que je chéris. » La ferveur et la conviction qu’il mettait dans ses paroles étaient entières, et infinies. Seule sa mort pourrait mettre fin à cette mission qu’il considérait comme sienne. Même diminué dans ses capacités, il continuerait.

Il lui sourit attendri, alors qu’elle affirmait que son opinion changerait, s’il devait la supporter en permanence. Il savait que non, pourtant. Comme tous, elle avait un caractère qui pouvait parfois exaspérer, mais cela restait mineur, et s’il supportait les facéties de Cassie, il pouvait supporter celles de Tara. Elle lui arracha un rire, malgré lui car il tentait de garder un visage impassible, en le contredisant. « Je suis grandement vexé et vais aller me réfugier sous l’aile protectrice de Ferveur, pour pleurer toutes les larmes de mon corps, en réaction à cet affront face à mes talents de comédien. Tu pourrais faire preuve de compassion et de sympathie, alors que je te fais une déclaration ardente, des aveux enflammés. Tu ne penses qu’à me brouiller avec Ferveur – tout cela pour pouvoir avoir le monopole de son attention, et te faire remarquer. Et devenir riche, donc, en menaçant de manger les gens avec un grondement. » Il laissa échapper un soupir exagéré et amusé, ayant bien remarqué la légère tension chez Tara, sans pour autant la relever. Si elle cherchait à le distraire, la réciproque était vraie. « Je serai condamné à devenir un vieil homme esseulé, qui s’égarerait sur les terres d’Amar, et finirait par sombrer dans la folie en ne parlant qu’à Kumquat. Quel terrible Destin, pour un jeune homme aussi énergique, vaillant, charmant et populaire que moi. Et modeste, bien évidemment. » Surtout modeste.

Le sourire qu’il lui adressa, s’il était sincère, était moins enjoué. « Je ne peux te le promettre, mais j’essaierai de ne pas affronter les épreuves qui m’attendent seul. » Promettre d’essayer, c’était déjà bien, non ? « Ce n’en est pas un. Je crois. Pas plus que je n’agis que parce que je me sens redevable. Je n’aurai pas choisi de devenir Chevaucheur, sans avoir à cœur de protéger les gens, malgré tout. Mais je te promets d’essayer au mieux d’assurer ma propre protection. Cela vous convient-il, dame Tara ? Vous êtes rude en affaires. »

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