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 Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité

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Message Sujet: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Ven 31 Mar 2017 - 17:26


Livre II, Chapitre 2 • La Fortune des Flots
Tara Mille-Visages et Merle Consent

Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité

Les vérités ne sont que des illusions dont on a oublié qu'elles le sont



• Date : 28 mai 1001
• Météo : Le temps est clément, le soleil pointe son nez à l'horizon
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Merle, rentrant à la Cour des Miracles après une nuit occupée, croise Tara, qui vient d'être nommé Maître de la Stratégie
• Recensement :
Code:
• [b] 28 mai 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1939-murmures-et-rumeurs-ne-sont-que-des-reflets-de-verite]Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité[/url] - [i]Tara Mille-Visages et Merle Consent[/i]
Merle, rentrant à la Cour des Miracles après une nuit occupée, croise Tara, qui vient d'être nommé Maître de la Stratégie


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Dernière édition par Merle Consent le Ven 31 Mar 2017 - 17:31, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Ven 31 Mar 2017 - 17:29

Je me passe les mains dans les cheveux pour tenter de les recoiffer alors que je descend les escaliers en silence, avant de sortir dans la rue. Il fait encore nuit, ou presque, le soleil commence tout juste à pointer son nez là-bas plus loin derrière les tours de la cité. Un sourire aux lèvres, je referme ma chemise, avant de sortir la bourse de ma poche. Plutôt pas mal. Les pièces sont nombreuses et les bijoux sont plus que magnifiques, surtout le pendentif en émeraude... Peut-être le garderais-je qui sait...

Certains diraient que ce n'est guère malin de faire montre de si peu de prudence, mais qu'est-ce que je risque après tout ? Les seuls malandrins qui rôdent à cette heure-là dans les ruelles de la Ville Haute sont les miens.... Enfin, ils sont les seuls à y être quelque soit l'heure en vérité. Oui, je sais, ce ne sont pas tous mes apprentis au sens propres, mais peu importe, ce sont mes protégés. Et ils me connaissent aussi bien que je les connais, alors que puis-je risquer ? Certains s'amusent parfois à essayer, avec plus ou moins de brio je l'avoue. Si certains maîtres ne l'apprécient guère, je trouve cela plutôt amusant personnellement. Pourtant, je suis le premier à s'assurer que les lois sont respectées, mais ce n'est pas pareil, ce n'est pas réellement pour dépouiller un membre de la Cour. Ils essaient, ils apprennent. Et quoi de mieux pour s'entraîner que d'essayer sur les meilleurs ? Je bifurque néanmoins en apercevant au loin une troupe de la milice. Mieux vaut éviter de trop être vu, n'est-ce pas ?
Me contredisant moi-même dans la minute, je m'arrête en passant à l'arrière d'une boulangerie, et achète pour quelques fleurons une flopée de petits pains tout juste sortis du four. Je ne vais tout de même pas voler un honnête travailleur à pied d’œuvre depuis des heures, ça ne se fait pas. Pas aujourd'hui du moins...

Et mon sourire réapparaît en voyant la Ville Basse se dessiner alors que j'avance. Sourire qui s'agrandit en voyant Aldric et Méline déjà entourés par quelques apprentis lève-tôt... ou couche-tard selon, je ne sais trop. Ils me saluent alors que les plus jeunes m'entourent et me sourient, piaillant dans tous les sens. Et vous savez quoi ? Ils sont doués ces petits monstres. Sans que je ne comprenne comment, à coup de sourires et de grands yeux, je me retrouve  dépouillé de presque tout, n'ayant réussi à sauvegarder que deux ou trois malheureux morceaux de pain, leur ayant même laissé une partie de ce qui se trouvait dans la bourse. Certes, ce n'est pas comme si je n'avais pas pensé à eux en en achetant autant.
Je m'échappe en riant de leurs griffes acérées avant de ne plus avoir un seul quignon, et poursuit mon chemin dans le dédale des ruelles sombres.

Et je stoppe en l'aperçevant. Est-ce elle ? Je n'en suis pas certain. Je crois. Que ce soit elle ou non, cette demoiselle est bien trop jolie dans les lueurs naissantes de l'aube pour que je puisse l'ignorer. Je souris de nouveau et reprend ma route, avant de m'incliner et de la saluer avec de grands gestes quand j'arrive à sa hauteur.

« Ma Dame. »

Je me redresse et la dévisage, avec un sourire en coin.

« Les murmures que j'ai entendu sur ma route sont-ils exacts ? Dois-je te féliciter et t'appeler Maître à présent ? »

Mon sourire s'agrandit et je lui présente mon bras.

« Es-tu trop occupée ou puis-je espérer profiter de présence ce matin ? Je n'ai réussi à sauver que quelques miettes face à d'affreux brigands, mais je les partagerais avec plaisir avec toi. »

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Dernière édition par Merle Consent le Lun 10 Avr 2017 - 17:56, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Sam 1 Avr 2017 - 17:26

J'adore regarder le soleil se lever. Il m'aide à me rappeler que je suis en vie, que chaque moment est précieux et que je suis là pour les apprécier. Je ne vois pas aussi souvent l'aube que je le voudrais, étant toujours bien trop occupée pour le faire. Et pourtant, après cette nuit, après ces derniers jours, c'était comme une nécessité pour moi.

J'ai passé une bonne partie de la nuit à festoyer avec d'autres habitants de la Cou. Des voleurs, des mendiants, des espions. Jeunes ou moins jeunes. Cela n'a pour moi aucune importance. Ils sont ma famille depuis de nombreuses années maintenant et je réalise, avec un pincement au cœur, que j'ai passé maintenant plus de temps loin de ma famille d'origine qu'à ses côtés. Avant de songer à Tyr. Et je soupire profondément alors que mes pas résonnent dans la ruelle déserte. Je les ai laissés continuer de chanter et de s'esclaffer bien à l'abri, derrière les portes closes d'une auberge qui est habituée à nous accueillir au-delà du raisonnable.

Si tout est calme autour de moi, j'entends tout de même que la ville commence doucement mais surement à se réveiller. Ma ville, comme celle de bien des malandrins qui font partie de mon existence, l'endroit où j'ai appris à être moi-même, à façonner une Tara qui n'aurait peut-être pas plu à mes parents, certainement même, mais qui me ressemble vraiment. Secrète, qui ne montre jamais ou presque son vrai visage mais qui goûte à chaque moment de son existence. Sans toutefois arriver à lâcher prise entièrement. Car je ne peux pas, je n'ai pas le droit. Sinon Tyr pourrait le savoir et je ne sais comment il le prendrait. Même après toutes ces années, surtout après plutôt, j'ai plus peur de sa réaction que du reste.  

Et, d'un coup, j'entends des rires. Je ne peux m'empêcher de me diriger vers eux, quand bien même j'aurais aimé atteindre le port pour voir le soleil se lever sur l'eau. Mais la scène à laquelle j'assiste me fait sourire et je fixe Merle, les bras croisés, alors qu'il se fait dépouiller par une bande de garnements aux mains particulièrement lestes. J'en repère quelques uns, qui ne font pas partie de la Cour mais fréquentent nos voleurs assez souvent pour être suffisamment doués et attirer notre attention. Il me remarque enfin et je le laisse arriver à moi, le regard pétillant tandis qu'inconsciemment, mon esprit modèle le sien pour qu'il voit le visage auquel il est habitué depuis toutes ces années. A dire vrai, les traits que je lui présente sont à peine différents des miens. Quelques grains de beauté, un nez un peu plus pointu… Des infimes détails qui ne font que me rassurer sur le fait que personne ne sait vraiment qui je suis. Pas même cet homme avec qui j'ai partagé bien des choses lors de mon arrivée à la Cour, lorsque je n'étais qu'une apprentie.

A ses gestes théâtraux, je souffle un rire et je lui accorde une révérence qui ferait probablement hérisser les cheveux des dames de la noblesse mais je m'en moque. La robe que je porte n'est de toute façon pas assez large pour me permettre une réelle fantaisie. Et je lâche, d'un ton pompeux, la voix malicieuse.

"Messire. C'est un plaisir  que de vous croiser en cette heure ci matinale. Ou si tardive. Quelle version préférez-vous ?"

Et je hausse les épaules à sa question, mon regard se faisant un brin plus sérieux.

"Comme si tu allais réellement m'appeler comme ça. Je l'ai déjà fait avec toi ? Même au tout début ? Je ne me souviens pas en tout cas. Mais oui… il semblerait que les murmures soient exacts. Qu'en dis-tu ?"

Je prends son bras sans me faire prier, après avoir embrassé sa joue brièvement, et j'appuie mon épaule contre la sienne avant de tousser un nouveau rire.

"J'ai cru voir que tu as été délesté de toute ta fortune. Mais je suppose qu'elle n'était dans tes poches que depuis peu non ? Tu as brisé un nouveau cœur cette nuit ? Je meurs de faim en tout cas. Et je serais ravie de voir le soleil se lever en ta présence."

Et je l'entraine avec moi, laissant derrière nous les rires des apprentis brigands qui nous saluent de loin. Profiter d'un peu de calme et de la présence de Merle, voilà qui augure une bonne journée non ?

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Dernière édition par Tara Mille-Visages le Lun 17 Avr 2017 - 21:14, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Mar 11 Avr 2017 - 11:54

Je ne suis pas à plaindre, loin de là. Mes journées et mes nuits se déroulent en général comme je l'entends, et en général, de manière tout aussi agréable que celle que je viens de passer aux côtés de cette ravissante demoiselle brune. Je vis dans une cité magnifique que j'adore, j'ai un toit sur la tête, une famille et amplement de quoi vivre. Je suis même chanceux en vérité. Certes, je sais. La plupart des gens réprouveraient ma façon de vivre et plus encore ma façon de gagner ma vie. Mais la plupart de ces gens étant ceux que je dépouille sans honte, je ne suis pas certain que leur point de vue soit vraiment objectif. Et ils n'ont jamais la faim, la peur de ne pas savoir comment tenir jusqu'au lendemain, le froid ou encore la solitude et l'inquiétude que je peux lire dans le regard de certains des Enfants. Alors non, je ne me sentirais pas coupable de ce que je peux leur prendre quelques pièces, voire quelques bijoux, loin de là même.
D'autant plus lorsque cela me permet de faire plaisir aux gens que j'aime et de m'assurer qu'ils ont de quoi vivre correctement.

Comme ce matin, alors que je me fais dûment dévaliser par de petits vauriens sur le chemin du retour. Et ce n'est pas parce que je me plie de bonne grâce et avec le sourire que j'en suis ravi... Comment ça, je ne suis pas crédible ?... Pourtant, je vous assure, en règle générale, je suis hyper convaincant. Et j'ai toujours un sourire jusqu'aux oreilles quand je l'aperçois un peu plus loin. Tara. Même après tant d'années, je me demande, durant quelques secondes, ce qui se serait passé si elle ne m'avait pas repoussé. Même maintenant, je me demande quelle était la véritable raison. Certes, je n'étais pas l'image de fidélité ou de sagesse qu'elle pouvait attendre. Et je ne le suis toujours pas à vrai dire. Mais ce n'était pas la raison de son éloignement. Quant aux gosses ma foi... J'en étais entouré. Qu'importe maintenant.

Et évidemment, je ne peux que sourire un peu plus, non sans me dire qu'elle est décidément trop jolie pour être toute seule. Et comment pourrais-je ne pas m'arrêter et ne pas profiter de son sourire ? Si j'en fais un peu trop, ce n'est que pour le voir davantage et parce que, je dois bien l'avouer ça m'est difficile de rester dans la demi-mesure. Je lui rends son regard, le mien se faisant aussi taquin que le sien.

« Matinale voyons, la nuit s'achève et nous allons pouvoir admirer un magnifique lever de soleil. »

Je hausse un sourcil et secoue la tête.

« Non, mais je ne suis pas passé grand maître de la Stratégie moi. Et je le pourrais, ça t'irait magnifiquement bien, Maître Tara. » Je lui fais un clin d’œil et souris, me faisant un instant plus sérieux malgré tout. « J'en dis que tu vas avoir plus de responsabilités que tu ne pensais en avoir en débarquant ici pas vrai ? Et que c'est amplement mérité Tara. Félicitations, je suis ravi pour toi. Vraiment. »

Je lui offre un petit déjeuner en même temps que mon bras, et j'ai un sourire en coin quand elle m'embrasse sur la joue. Sourire qui s'agrandit à son rire, avant de lui jeter un coup d’œil, l'air offusqué.

« Presque toute ma fortune ! J'ai su me défendre alors qu'ils étaient bien plus nombreux que moi, c'est presque un exploit que je m'en sois sorti. Et je ne brise point de cœur, pour cela il faudrait que je promette monts et merveilles, ce qui n'est pas le cas... »

Je pose ma main sur la sienne et la suit alors qu'elle m’entraîne vers un endroit plus calme et moins infestés de mes garnements.

« J'aurais bien trouvé quelque chose à boire pour accompagner ces pains tout chauds, mais je n'en ai pas eu le temps. Peut-être aurons-nous la chance de trouver quelque chose en chemin... As-tu un endroit préféré pour contempler ça ? »

Je lui jette un coup d’œil.

« Et toi dis-moi, comment as-tu pris cette nomination ? Tu en es heureuse ? »

Dans l'absolu, j'aurais aimé savoir si elle avait été heureuse tout court, si elle allait bien. Moi, trop curieux et protecteur ? Non, pas du tout... Absolument pas.

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Lun 17 Avr 2017 - 21:55

Merle. J'aurais pu m'attacher à lui. Je le suis bien évidemment, mais je sais pertinemment que si j'avais laissé une porte entrouverte, si je ne l'avais pas repoussé, j'aurais pu laisser se développer des sentiments que je me suis promis de ne plus jamais avoir. Parce qu'ils font bien plus de mal que de bien, qu'ils n'apportent que malheur et destruction. Et que je n'aurais jamais pu le combler comme il l'aurait voulu. L'avoir en ami est déjà un don précieux. Je sais l'amour qu'il peut avoir pour les Fils et les Filles de la Cour des Miracles et pouvoir en profiter me suffit amplement. Tout du moins, cela fait des années que je m'emploie à m'en convaincre et j'ai presque réussi. Il n'y a que quelques moments où je sens poindre le regret, comme en cet instant précis, quand je le croise au petit matin, dans ces ruelles si familières, le regard pétillant et un rire naissant sur ses lèvres. Dire qu'il mérite son rang de Maitre du Charme est bien en deçà de la réalité et je ne peux que comprendre qu'il lui soit facile de séduire sans avoir à faire le moindre effort. Il lui suffit de sourire, rien de plus.

Je ne peux pourtant pas m'empêcher de le fixer, mutine, m'imaginant sans mal que j'ai réussi aussi à me rendre intéressante en lui étant inaccessible.

"Matinale, évidemment. J'aurais dû le savoir. Mais on dirait que ta nuit a été courte. Et agitée. Presque autant que la mienne mais je suppose que nous  n'avons pas eu les mêmes activités."

Je me fends d'un clin d'œil avant de lever les yeux au ciel.

"Tu es déjà Maitre depuis… toujours en fait non ? Ou quelque chose dans ce goût-là. Mais appelle-moi Maitre et je trouverais un tas de garnements prêts à te vider les poches dès qu'une pièce aura le malheur de s'y trouver."

Je sens mes joues rosir quelque peu et mon sourire se fait plus hésitant.

"Il est vrai que je ne m'attendais pas à cela quand j'ai foulé les pavés de la Cour pour la première fois. Je te remercie mais… tu crois vraiment que c'est mérité ? Après tout, tu peux te targuer d'être un de ceux qui me connaissent le mieux."

Je glisse mon bras sur le sien et presse mon épaule contre la sienne avant de rire de plus belle quand il prend son air offusqué. Il pourrait presque être crédible s'il ne me fixait pas avec cet air malicieux qu'il arbore tout le temps ou presque.

"Oh bientôt, je vais entendre ton combat épique contre une armée de garnements dont tu n'as su te défaire que grâce à ton adresse, ton agilité et j'en passe. A quel moment comptes-tu rajouter une bête féroce que tu auras pourfendu avec ton sourire ? Et évidemment que tu brises des cœur Merle Consent, nulle besoin d'énoncer à haute voix ce qu'elles sont persuadées de lire dans tes yeux quand tu poses ton regard sur elles, nous le savons tous les deux."

Mes doigts s'entremêlent aux siens alors qu'il me suit. J'aime me faufiler dans les rues alors qu'il n'y a encore que peu d'activité. C'est à ce moment-là de la journée que je prends pleinement conscience de l'importance qu'a Lorgol pour nous tous. Et que la ville nous appartient, le temps d'un battement de cils.

"Oh nous trouverons peut-être un commerçant qui a déjà ouvert son échoppe sur le chemin mon ami. Sinon nous devrons nous désaltérer à la fontaine avant d'aller admirer le lever de soleil. Tu te rappelles de cette petite falaise à pic où tu aimais m'emmener quand je suis arrivée à la Cour ? Et bien, j'aime y retourner, à chaque fois que je le peux."

Le regard qu'il fait alors peser sur moi est différent de ceux auxquels j'ai droit en temps normal. Et je laisse filer un temps, mes yeux se perdant dans le vide alors que j'essaie de démêler ce que je peux ressentir.

"…A dire vrai, je ne sais pas. Je suis flattée de la confiance que l'on m'accorde. Mais j'ai terriblement peur de ne pas être à la hauteur. De les décevoir… de vous décevoir. Comment as-tu géré ça quand c'est arrivé pour toi ?"

Je lui lance un regard curieux, réalisant qu'il est probablement le seul à qui je pourrais parler de la sorte. Mais il est aussi l'un des rares à presque connaitre ce à quoi je ressemble réellement. A quelques petits détails près, évidemment.

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Mar 9 Mai 2017 - 10:16

C'est fou le nombre de mensonges et de non-dits qui circulent entre chacun d'entre nous. Pas seulement avec elle. Même si là en l'occurrence, il s'agit bel et bien d'elle. Je ne sais pas trop ce qu'il aurait pu se passer, si on avait essayé elle et moi, si tant est qu'on aurait pu. Ce qui, me connaissant, n'était guère probable. Je l'apprécie, je tiens même beaucoup à elle en vérité, mais je n'ai jamais été réellement... fidèle, loin de là même. Enfin, si je le suis. À la Cour. Aux Enfants. Mais les femmes... mais peut-être aurais-je pu, pour elle, essayer. Je ne sais trop. J'ai cessé de me poser la question, ne m'a-t-elle pas rejeté avant que quoique ne se passe vraiment ? Et il y a tellement longtemps. Et de là arrive les silences et les questions silencieuses restant sans réponse. Et dans le fond, est-ce encore important ? Peu importe les raisons et le pourquoi du comment, je l'apprécie et je tiens à son amitié, c'est bien plus important que le reste, non ?
Je souris, comme bien souvent, malicieux, comme la plupart du temps, sincère comme toujours avec elle.

« J'ai effectivement eu une nuit plutôt courte et bien remplie. La tienne a-t-elle été agréable ? »

Je lève l'index, secouant la main en signe de négation, mon sourire se faisant malgré tout plus grand.

« Tu exagères. Maître est un bien grand mot. Je ne suis qu'un humble néophyte qui n'a de cesse de s'améliorer. Maître de la Stratégie ! C'est quand même un titre impressionnant. Bien plus que simple maître non ?... Même si j'apprécie mon titre de Maître du Charme.  » Je lui souris. « Et n'essaie pas de retourner mes garnements contre moi, ils sont vils et effroyables, je me retrouverais sans le sous, et je ne pourrais plus t'offrir de délicieux petits pains. »

Mon sourire se fait plus franc. Elle est drôlement mignonne quand elle rougit. Je ne pensais pas qu'elle était aussi pas vraiment timide, mais modeste ou... oh je n'en sais rien, un truc du genre. Ah. Incertaine donc. Je la dévisage un instant avant d'esquisser un sourire.

« On ne choisit pas les Maîtres par gentillesse ou commisération Tara. Et à titre personnel, oui, je suis sûr. Tu es incroyablement brillante et douée, tu aimes la Cour et tu seras parfaite à ce poste. Crois-moi. Vu que je te connais si bien comme tu le dis. »

Même si j'ai bien trop souvent une impression de flou autour d'elle, une sensation de... mystère. Ce qui n'est pas pour me déplaire, mais qui me fait me demander si je la connais aussi bien qu'elle le dit. Ou que j'aime à le croire. Mais ce que je connais d'elle me suffit amplement pour savoir que oui, elle le mérite et que oui, elle sera parfaitement à sa place au Conseil. Et je secoue la tête. Non pas que j'ai pensé être un instant crédible, ni même cherché à l'être, mais tout de même, elle pourrait jouer le jeu... Ou pas soit. Surtout alors qu'elle rit de plus belle.

« J'ai oublié la bête féroce aussi grande qu'un griffon ? Comment ai-je pu oublier ?! Elle était terrifiante et a bien failli me dévorer sais-tu. Mais je l'ai détourné de moi en lui lançant quelques garnements en appât... D'une pierre deux coups... » Je fronce un peu les sourcils, même si je sais tout comme elle qu'elle a raison quant à mon regard. « Je promets donc plus que ce qu'il ne faudrait rien qu'avec mon regard, c'est ça ? C'est embêtant... Et quand je pose mon regard sur toi, qu'y lis-tu ? »

Question dont je ne suis pas certain de vouloir connaître la réponse. Ou question dont je connais déjà la réponse. Je m'embrouille tout seul là. J'esquisse un sourire en serrant doucement sa main dans la mienne. Cela ne m'arrive pas souvent, de me sentir à l'aise avec une femme sans devoir... sans chercher à la séduire. Non pas que je ne veuille pas la séduire, je l'ai déjà fait après tout, mais c'est une amie. Plus importante oui. Et il y a malgré tout ce petit et léger jeu de séduction entre nous... comme avec toutes les femmes que je croise en vérité. Mais je n'y suis pour rien, c'est promis, pas vraiment.
Je lui jette un coup d’œil.

« Je me souviens oui. Je suis heureux de savoir que tu aimes cet endroit, même si je suis étonné qu'on ne s'y soit pas croisés plus souvent. C'est un chouette point de vue pour petit déjeuner et voir le lever de soleil. »

Nous continuons à marcher, quelques instants en silence, dans les rues presque désertes. Je la laisse réfléchir, laissant mon regard errer autour de nous, m'attardant ici et là, enregistrant sans y prêter garde les petits détails nous entourant. Les commerçants qui ouvrent leur boutique, les quelques hères qui croisent notre route, leur démarche, leurs vêtements, leurs bijoux,...
Je la regarde alors qu'elle parle, gardant le silence quelques instants à mon tour, avant de sourire doucement.

« Tu seras à la hauteur. Nous avons de la chance de t'avoir avec nous au Conseil. » Je monte sa main à mes lèvres et l'embrasse doucement. « J'ai paniqué. Un peu. Et j'étais honoré et fou de joie. Et sans doute un million d'autres sentiments. En vérité... j'ai eu peur, tout comme toi, de ne pas être à la hauteur et de ne pas réussir à guider les autres aussi bien que mon ancien maître, de ne pas être capable de les protéger et de ne pas savoir garantir la sécurité et l'avenir de la Cour. Mais tout s'est bien passé. Cela n'a pas été évident tous les jours, mais...
Il suffit de continuer à être toi-même Tara. Les gens t'aiment et te respectent. Tu es intelligente et souriante. Excessivement talentueuse. Maître de la Stratégie. Et puis... Je suis là. Si tu as des doutes, des interrogations... N'hésite pas. Moi ou un autre Maître évidemment. Ou ton ancien... le Second des ombres... »


Ou pas. Se passer de lui ne serait pas un grand mal. Je secoue la tête pour le chasser de mon esprit. Je ne vais pas gâcher un bon moment présent et à venir pour lui alors que je profite de la compagnie de Tara...

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Ven 26 Mai 2017 - 16:50

Dans des moments comme celui-là, alors que le jour pointe le bout de son nez et que je me sens plus vulnérable qu'en temps normal, je me demande si j'ai pris la bonne décision le concernant. Si je ne devrais pas tout lui dire, si je ne pourrais pas avoir au moins une personne au sein de la Cour qui sait vraiment tout de moi. Me mettre à nue mentalement et pas simplement physiquement devant lui. Après tout, il en sait déjà bien plus qu'il ne l'imagine et j'ai envie de croire que je ne verrais pas de jugement dans ses yeux s'il savait tout, quand bien même sa relation avec Tyr n'est pas des plus harmonieuses. Mais après ? Que se passerait-il ? Est-ce que je finirais de nouveau dans ses bras sans avoir envie d'en sortir ? Est-ce que je devrais le repousser de nouveau ? Ou, pire encore, apprendre à vivre avec tout ce qui pourrait entraver une possible relation. Que ce soit la quantité de femmes qui entrent et sortent de sa vie ou encore mon incapacité à donner le jour. Trop de choses impossibles à surmonter de mon coté pour que je puisse les ignorer. J'ai un bref soupir avant de me focaliser sur Merle, mon cœur ayant tout de même un raté quand il esquisse ce sourire malicieux qui en charme plus d'une, sans même qu'il ait à fournir le moindre effort.

"Comme c'est étonnant. Combien de cœurs as-tu brisé cette nuit alors ? Ou, mieux, combien de flammes as-tu allumées en sachant que tu ne seras pas là pour les éteindre ?" J'ai un clin d'œil avant de me faire malicieuse à mon tour. "Oh nous avons bu et chanté jusqu'à ce que le soleil décide de pointer le bout de son nez. Enfin, ils ont bu et chanté pour être tout à fait honnête. Tu me connais, je n'aime pas vraiment perdre tout contrôle. Mais j'ai profité de leur compagnie et j'ai beaucoup ri avec les autres membres de la Cour qui tenaient absolument à fêter le nouveau poste qui m'attend."

Et je pouffe de rire quand il reprend, secouant la tête. "Que d'humilité, ça ne te ressemble guère. Toi, un néophyte… Et ton titre veut bien plus en dire que tu ne veux bien l'admettre. Tu es capable de charmer n'importe qui, peu importe toutes les stratégies que je pourrais bien mettre en place." Je papillonne alors des cils, prenant une mine faussement innocente. "Tes garnements n'ont pas besoin de moi pour être fourbes et profiter de toi, nous le savons tous les deux. Mais tu as raison, si tu n'avais plus le moindre sou, tu ne pourrais plus me combler avec des cadeaux aussi précieux que non périssables. Et je serais obligée de t'entretenir, tu vivrais à mes crochets et je serais obligée de voler d'avantage pour maintenir ton train de vie indécent. Ou quelque chose dans le genre."

Il réussit tout de même à me faire rougir et je pique un peu du nez. Evidemment que cette promotion m'inquiète, mais surtout parce que je prends la place de Tyr. Et il m'est difficile de lui expliquer cette partie-là sans lui dévoiler le reste. Alors, dire que je suis incertaine quant à mes capacités marche tout aussi bien. "Merci. C'est… important d'entendre ce genre de choses. Parce que tu ne me mentirais pas uniquement dans le but de me rassurer non ? La Cour c'est ma famille… notre famille. Et je n'ai pas envie de vous décevoir. Vous êtes tout ce que j'ai."

Et, alors que je suis tout de même inquiète, que j'ai ce nœud dans l'estomac qui ne disparaitra que lorsque je verrais que oui, je suis vraiment capable de tenir ce rôle, il arrive encore et toujours à me faire rire, sans même que j'arrive à m'en empêcher. "Toi ? Envoyer des garnements se faire dévorer ? Bin voyons. Tu viens tellement de perdre toute crédibilité alors que ton histoire tenait tellement bien la route. Je suis presque déçue." Et je pique un peu du nez quand il fronce les sourcils, avant de hausser une épaule. "Après, ce n'est pas un mal, c'est ce qu'elles attendent non ? Des promesses. Même si ça dure une heure ou une nuit. L'impression de se sentir la plus importante, même si ça ne dure pas. Même si rien n'est réel au fond. Et même si elles savent que tu dois faire la même chose à d'autres." Je ne réponds pas vraiment à son autre question, réalisant que je viens de le faire, d'une certaine façon. Parce que j'y ai cru, toute sotte que je suis, avant de me rappeler ce qu'il était vraiment et de me convaincre qu'il agirait pareil, quelle que soit la femme en face de lui. Pour autant, ça ne m'a pas empêché d'apprécier ce que nous avons vécu et, d'une certaine façon, de regretter qu'il n'ait pas continué à me faire des avances. Oui, je sais, je suis pleine de paradoxes et je secoue brièvement la tête, comme pour chasser ces pensées avant d'esquisser un sourire.

"Tu es bien trop occupé à fuir la couche de tes victimes pour venir ici, avoue. Parce que je viens souvent. Je me sens bien ici. Je n'y ai que de bons souvenirs." Et je laisse le silence s'installer, sans ressentir le besoin de le briser. Parce que la compagnie de Merle me suffit et qu'il m'est plus aisé de me perdre un instant dans mes pensées sans m'inquiéter de ce que je pourrais bien dire. J'ai un mince sourire quand il embrasse ma main avant de laisser filer un rire. "Toi, paniquer ? J'avoue, j'ai vraiment du mal à me l'imaginer. Mais c'est exactement ce que je ressens à dire vrai, ne pas être à la hauteur de leurs… de vos attentes, ne pas être capable de tenir ce rôle. Et d'échouer." J'ai une grimace en entendant son hésitation quand il parle de Tyr. "Je vais devoir remplacer le nouveau Second des Ombres, autant dire que c'est un peu une pression supplémentaire dont je me serais passée. Il a toujours été très bon à ce poste, quelle que soit l'image que tu peux avoir de lui." Je lui jette une œillade malicieuse alors qu'il a le droit à une bourrade d'épaules avant de lui désigner une échoppe ouverte. "C'est le moment où tu m'offres de quoi boire pour notre déjeuner ou tu n'as vraiment plus un sou sur toi ?"

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Lun 5 Juin 2017 - 22:21

Que pourrais-je demander de plus ? Une nuit en charmante compagnie, d'appréciables bonus qui tintent dans ma poche, une ribambelle de gamins riants, et un petit déjeuner aux côtés de l'une de mes plus proches amies...  Non, je ne reviendrais pas sur le fait que la charmante compagnie aurait pu être cette même amie. Ou pourrait encore. Et l'a déjà été. Un certain temps. Et je la connais suffisamment pour ne pas avoir envie de la blesser. Même quand elle m'a plus ou moins... quand elle a souhaité arrêter notre liaison, je ne lui en ai point tenu rigueur, c'est dire. Bon, j'ai certes été un peu vexé. Mais je comprenais, je crois, ses raisons. La principale à mes yeux étant que si elle souhaitait davantage de ma part, je n'étais pas certain de pouvoir lui donner. Ça aurait rendu tant de femmes tristes et esseulées... Oui, je sais. Mais c'est bien là le souci, la fidélité et ce genre de choses, ça ne me correspond guère. Peut-être que l'autre raison était importante à ses yeux, même si je n'avais pas vraiment apprécié qu'elle s'en serve comme raison avec moi. En avais-je eu des enfants, avec une autre ? Non. En avais-je voulu ? Oui. Et j'en avais. Par dizaine. Mais cela, peu de gens le comprenait réellement, elle pas davantage que les autres. Mais moi, je comprenais fort bien qu'elle ait pu vouloir une relation plus... stable, exclusive, normale. Bref.
Je lève les yeux au ciel et soupire doucement.

« Aucune... une seule peut-être. Même je doute sincèrement avoir pu lui briser le cœur... Quoique peut-être en la délestant d'une ou deux babioles... » Je lui souris et hoche la tête. « J'ai souvenir que tu aimes contrôler ce qui t'entoure encore davantage que moi oui. C'est le chemin que tu as suivi en même temps, la Stratégie n'aime guère les impondérables en général... Mais tu t'es amusée, c'est bien là le principal. »

Je lui jette un coup d’œil alors qu'elle rit, avant de rire à mon tour, une main posée sur mon cœur.

« Touché. Mais j'ai toujours trouvé cela extrêmement arrogant et prétentieux que de vanter ses propres talents. Quand bien même, je pourrais effectivement charmer tout à chacun d'un battement de cils. » Je lui fais un clin d’œil. « Je préfère me dire qu'ils ne profitent pas de moi, mais qu'ils ont besoin de moi et que je leur fais dons de mes biens de mon propre chef, c'est amplement plus valorisant. Quant à vivre à tes crochets ma foi, c'est une vision plus qu'agréable. Moi, dans un fauteuil, un verre à la main, baignant sous les rayons du soleil, attendant ton retour pour te réclamer un délicieux repas et des douceurs... C'est un joli tableau de mon point de vue. »

Mon sourire s'agrandit. Non, je ne pourrais pas, elle le sait aussi bien que moi. Rester inactif me rendrait fou en quelques jours. Ce n'est pas exactement de cela dont il était question, mais c'est dans le même ordre d'idée, c'est ce qu'implique vivre à ses crochets, non ? Comme si je ne me faisais pas dépouiller depuis la moitié de ma vie par lesdits garnements...
Mon sourcil se lève en la voyant rougir.

« Je sais que je suis un maître en la matière, mais en l'occurrence, non, je ne mens pas pour te rassurer. Je le pense sincèrement. Tout comme je suis persuadé que Tyr t'a choisi pour tes capacités et tes compétences, et qu'il y a mûrement réfléchi... Crois donc l'humble membre de la Cour que je suis et qui n'a qu'elle lui aussi. Je ne laisserai personne la mettre en danger, elle ou ses Enfants, même pas toi. Alors cesse de t'inquiéter. »

Et elle doit bien le savoir vu que nous en avons parfois discuté. De l'avenir de la Cour, de la protection des plus faibles, de certains maîtres un peu trop désinvoltes à mon goût... Comme Tyr oui justement. La Cour passe avant tout. Elle devrait donc savoir que je ne prendrais pas le risque de la mettre en danger de quelque façon que ce soit. Ce qui ruine visiblement la suite de la discussion.
Je prends un air offusqué.

« Mon histoire est parfaite ! Ils se sont sacrifiés pour une plus grande cause, pour sauver les autres... pour me sauver moi... ce genre de choses... Je ne vois pas ce qui n'est pas crédible dans tout cela ! »

Je souris avant de grimacer. Elle ne me répond pas. Autant dire que j'ai dû lui promettre beaucoup trop avec mon regard... même si avec elle, ce n'était pas forcément que des mensonges soit. Mais j'aime autant qu'elle le pense, ne serait-ce que pour éviter de la blesser, et accessoirement, de la perdre.

« N'est-ce pas là ce que chacun attend ? Des promesses de jours meilleurs et d'un avenir radieux ? Pas uniquement les femmes, rassure-toi. Chacun espère et ne voit que ce qu'il veut voir. Je ne donne que ce que la personne souhaite voir ou recevoir, il suffit de savoir écouter et lire en elle... Et puis... concernant les femmes, quand je suis avec elles, elles sont toujours importantes. Certaines le demeurent néanmoins... »

J'esquisse un sourire en la regardant. Qu'elle l'ait été plus que la majorité n'est pas surprenant non plus. Elle est belle, intelligente, drôle, perspicace et vive. Franchement, de quoi satisfaire n'importe qui. Ou presque donc...

« Mes victimes, tout de suite les... Tu as raison. Et à nourrir les griffons de garnements. Ça prend énormément de temps cela aussi. »

Et à vrai dire, je n'ai guère de raison d'y venir seul. Avec elle, c'est agréable, seul... le point de vue est magnifique, mais j'ai tant à faire tous les jours que je ne vois pas le temps passer.  Elle rit, ce qui ramène mon sourire, quand bien même est-ce parce qu'elle se moque de moi.

« Pourquoi serait-ce différent pour moi ? Je suis blessé que tu me penses si insensible et arrogant... Crois-tu que j'étais plus enclin à me croire parfait ou à la hauteur du rôle ? Nous avons tous des doutes et des inquiétudes, et c'est bien cela qui nous permet d'avancer et de nous améliorer non ? Pour toujours faire mieux. Pour nous rassurer et nous convaincre que sommes à la hauteur. » Je hausse les épaules. « Je n'ai jamais pensé qu'il était un mauvais Maître, loin de là. Il ne prend pas assez en compte les besoins de la Cour, des Enfants, mais ce n'est que mon avis, et ça n'enlève rien à ses autres talents. Le Fils de l'Ombre ne l'a pas choisi pour rien. Tout comme lui ne t'a pas choisi pour rien Tara. Cesse donc de te poser des questions inutiles. »

Je regarde l'échoppe qu'elle me désigne et secoue ma bourse.

« Je devrais pouvoir t'offrir à boire... Au pire, je ferais du charme au propriétaire pour compenser.
Je reviens. »


Je souris, avant d'aller rapidement chercher de quoi boire et de revenir vers elle, deux bouteilles et deux verres à la main.

« J'ai même réussi à lui dérober des verres ! Hydromel et jus de pommes, cela te convient ? J'aurais dû te demander avant oui effectivement... Parce que je suis bel et bien fauché pour le moment j'en ai peur. Tu devras donc te contenter de cela. »

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Mar 6 Juin 2017 - 12:20

Je réalise, alors que je lui jette un regard curieux, que jamais il ne m’a demandé plus d’explications. Alors que je le connais, il n’aime pas qu’on lui dise non et encore moins sans savoir. Il suffit de le voir face à ses garnements quand ils essaient de lui inventer une histoire. Jamais il ne s’arrête tant qu’il n’a pas obtenu satisfaction et qu’il ne sait pas vraiment de quoi il en retourne. Pourtant, il m’a laissé parler sans en demander plus. Et je ne saurais dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Est-ce que je regrette qu’il ne m’ait pas poussée un peu plus ? Probablement. Surement même. Mais je ne peux pas passer le reste de mon existence à m’interroger, à regretter ce qui aurait pu arriver ou non. Ma vie entière est déjà basée sur un mensonge, inutile de me rajouter cela non ? Alors je souris, essayant d’apprécier ce que nous avons, qui est déjà plus que précieux à mes yeux. Et la place que j’ai auprès de lui. Je suis une privilégiée d’une certaine façon, j’ai tenu auprès de lui bien plus longtemps que la plupart des femmes qui ont pu finir dans sa couche.

Et je lui décoche une œillade narquoise, n’arrivant guère à me retenir de le taquiner. Peut-être pour me prouver que tout ceci ne me touche pas vraiment. "Une seule ? Tu n’étais pas en forme ou avait-elle vraiment des trésors à dérober qui t’ont accaparé toute la nuit ? Et tu ne devrais pas dire ça. Elle avait peut-être un cœur bien enfoui et prêt à être offert sur un plateau d’argent. Que tu aurais pu alors dérober sans peine. Tu vois tu as perdu une occasion." J’ai une moue un rien penaude quand il reprend, haussant les épaules à ses propos. "J’avoue mon crime. Je n’aime pas ce que je considère comme une prise de risques trop élevée pour ce qui pourrait en découler. Mais oui, ils ont réussi à me faire rire et à me faire oublier mes inquiétudes. Qui m’attendaient sagement à la sortie de la taverne de toute façon."

Je secoue la tête à sa réaction théâtrale, incapable de cacher mon amusement. "N’exagère pas non plus. Je pourrais te donner quelques noms que tu ne pourrais guère charmer, quand même tu y mettrais toute l’énergie du monde. Mais l’humilité te va plutôt bien finalement." Et mon sourire se fait plus doux alors que je continue. "Evidemment qu’ils ont besoin de toi. Tu veilles sur eux, tu leur donnes des repères et ils n’oseraient jamais te faire les poches si tu ne leur avais pas donné ta bénédiction." J’arque un sourcil, alors que je tente ensuite vaguement d’imaginer la scène qu’il décrit, avant de laisser filer un rire.  "Un joli tableau ? Et à quel moment aurais-je appris à cuisiner des bons petits plats ? Et encore, je ne parle même pas de ton incapacité à rester en place plus d’un instant. Tu deviendrais fou et tu me rendrais folle au bout de deux jours. Et en plus, tes garnements viendraient frapper à ma porte pour que je les dédommage."

J’avoue, l’idée a quelque chose d’amusant tout autant qu’elle pourrait nous faire peur à tous les deux. Pour nombre de raisons que je n’ai guère envie d’évoquer, mon attention étant de toute façon détournée par la gêne que je ressens. "Oh je sais bien que tu ne laisserais rien faire qui pourrait porter préjudice à la Cour ou à ses enfants. Mais d’une certaine façon, n’est-il pas mieux que je doute plutôt que je me pense capable de monter tout en haut des tours de Lorgol d’une seule main ? Je sais que vous attendez tous beaucoup de moi et je n’ai pas envie de voir la moindre lueur de déception briller dans vos yeux."

Je n’ai pas le temps de pousser ma réflexion plus avant qu’il me fait pouffer de rire en prenant une mine offusquée qui ne cadre pas le moins du monde avec l’histoire qu’il me raconte. "Oh bien entendu. Une plus grande cause… rappelle-moi laquelle au juste ? Celle de pouvoir raconter une histoire des plus envoûtantes pour pouvoir faire d’autres poches sans même que tes victimes ne s’en rendent compte ? Et dire que les gens te trouvent tous charmant, s’ils savaient…" Si je lui décoche un clin d’œil amusé, mon silence sur ses questions en dit bien plus long que je ne le voudrais. Est-ce de ma faute si j’ai cru, l’espace d’un instant, à ce que j’ai pu lire dans ses yeux ? Je ne suis ni la première ni la dernière à être tombée dans le panneau, même en sachant qui il était réellement. Et puis, je l’ai compris assez vite pour ne pas gâcher la relation que nous avons pu avoir par la suite, c’est une bonne chose non ? Alors j’ai un bref haussement d’épaules, le fixant un instant sans rien dire avant de souffler, d’une voix douce. "C’est possible. C’est même certain. Tout le monde rêve d’une vie meilleure, plus heureuse, comblée et j’en passe. Mais certains ne se rendent pas compte que leurs souhaits les dépassent et pourraient leur faire plus de mal que de bien s’ils venaient à se réaliser. Et elles sont importantes… vraiment ?"

Je n’ai pas vraiment besoin de l’entendre dire. Ou peut-être que si. Je ne sais pas vraiment. J’ai un bref soupir avant de secouer la tête, comme pour chasser ces pensées, mon sourire réapparaissant au reste de ses propos. "Tu préfères que je dises tes conquêtes ? J’avoue, c’est plus flatteur mais nettement moins amusant. Et je veux bien te l’accorder, t’occuper de tes garnements te prend du temps. Mais c’est un temps que tu apprécies bien plus que tout le reste non ?" Et je laisse filer un temps à sa réponse, grimaçant avant de souffler, non sans un battement de cils. "Parce que tu n’as pas besoin de te cacher derrière un masque à longueur de journée. Que tu as toujours eu l’air de savoir qui tu étais et ce que tu voulais. Que tu sais trouver les bons mots en toute circonstance. Alors oui, si quelqu’un devait douter d’avoir sa place comme Maitre, ce n’était clairement pas toi à mes yeux." Je lui assène une légère bourrade de l’épaule avant de reprendre, d’un ton plus léger. "Personne ne prend assez en compte les besoins des enfants à tes yeux. Si je t’écoutais, je devrais leur donner mes chausses et ce pain qui sent atrocement bon. Mais je suppose que tu as raison pour le reste. Tout comme tu sais que je ne pourrais jamais cesser de me poser des questions, utiles ou non."

Je l’attends alors, les bras croisés, jetant un bref regard aux alentours alors que la lumière continue de changer imperceptiblement. Et j’attrape les deux verres avec un regard pétillant. "Alors, tu as du le charmer ou le payer ? A quoi a-t-il bien pu être sensible ? Et cela convient parfaitement. Tu sais, même de l’eau aurait suffi, je comptais sur ta compagnie pour compenser si besoin. Mais tu n’as vraiment plus la moindre piécette ?" Je penche pour fouiller dans ses poches, comme le font ses garnements, la mine malicieuse et presque effrontée. Je le connais, il lui reste toujours quelque chose, ne serait-ce que pour palier à une rencontre fortuite avec l’un de ses garnements.

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Jeu 22 Juin 2017 - 21:03

Je fronce un instant les sourcils en voyant son regard. Quoi ? J'ai dit une connerie ? Il ne me semble pas pourtant. Je sais bien que parler de ses conquêtes, et victimes, à une de ses anciennes amantes, ça ne se fait pas vraiment. Mais ce n'est pas la première fois, et c'est elle qui a lancé le sujet... Je devrais éviter peut-être, même si elle n'a jamais démontré la moindre jalousie. Chose étrange en soi non ? Non pas que je sois inoubliable, même si j'aime à le penser, mais les femmes sont en général plus... oui, j'allais dire chiantes je le reconnais. Jalouses, possessives, aptes à ce monter la tête pour des broutilles... Ce genre de choses un peu réducteur et caricatural oui. Je sais, toutes les femmes ne le sont pas, tout comme les hommes ne sont pas tous des brutes sans cervelle, les Dieux soient loués. Ça ne dure pourtant pas cette sensation étrange d'incertitude, et je retrouve le sourire alors qu'elle me taquine de nouveau.

« La nuit était déjà bien avancée quand je l'ai croisé si tu veux tout savoir. Et quoique tu en penses, je ne cherche pas à dérober le cœur de chacune de ces femmes, je ne suis pas un tel monstre. Je ne suis pas là pour les blesser mais pour les satisfaire quand leur époux et autres en sont incapables... Je suis un bienfaiteur en quelque sorte. » Mon sourire s'agrandit. « Tu vois ! Je t'ai sauvé de tes inquiétudes. Je tombe toujours à point nommé !... Mais il faut pourtant parfois savoir prendre des risques en faisant fi de ce qui pourrait arriver... Je sais, tu n'es pas de mon avis. »

Des risques trop élevés. Elle a beau douter, elle a pourtant déjà tout d'un Maître de la Stratégie, même les mauvais côtés malheureusement. Certaines choses nécessitent de prendre des risques et de s'impliquer. Mais ce n'est pas à elle qu'il me faut le faire comprendre.

« Vraiment ? Plusieurs noms ? Mon amour-propre se rebelle un peu là sache-le, mais vu que tu sembles apprécier cette modestie de ma part, je vais faire comme si je n'avais rien entendu. » Je hausse une épaule, avant de sourire doucement. « Il faut bien que quelqu'un prenne soin d'eux, ce ne sont que des enfants... Ils ont besoin de tout ça... de bien plus en vérité, mais peut-être que cela finira par venir. » Je souffle un rire alors qu'elle reprend et secoue la tête. « Deux jours. Oui, ça devrait être à peu près ça. Disons que je cuisinerais pour m'occuper alors, et je jetterais des gâteaux en offrande aux garnements... »

Tableau guère plus probable que le précédent, mais tout aussi amusant. Tant qu'il reste du domaine de l'imaginaire cela va de soi. Je lève les yeux au ciel, avant d'acquiescer.

« Oui, cela vaut mieux. Il est toujours plus sain de douter et de se remettre en question plutôt que d'être trop sûr de soi. Et tu viens d'être nommée, c'est donc normal. Mais je ne me fais pas de soucis pour toi, ni pour ce que tu verra briller dans nos yeux... »

Y a-t-il déjà eu des maîtres n'ayant pas été à la hauteur ? Oui, sans aucun doute, et il y en a encore. Mais je l'ai vu à l’œuvre, Tara est largement capable de tenir ce rôle. Je fronce les sourcils.

« S'ils savaient ? Je suis on ne peut plus charmant, je t'interdis de dire le contraire. Et c'est une cause tout à fait honorable qui demande à la fois adresse, aisance et charme. »

Je n'ai pas besoin qu'elle réponde à la suite pour deviner, ou le fait qu'elle ne réponde pas me donne justement une réponse. Je sais bien qu'il ne faut pas grand-chose pour que les gens s'imaginent monts et merveilles et que je suis particulièrement doué pour leur faire croire ce que je souhaite. Je ne suis pas maître du Charme pour rien. Mais pour autant, comme je le lui ai dit, je n'ai pas forcément pour but, ni envie de blesser intentionnellement des personnes. Même si blesser est un bien grand mot. Et je la dévisage et j'inspire lentement.

« … Est-ce ton cas ? Fais-tu partie de ceux qui risqueraient de pâtir de la réalisation de leur rêve ?... Et oui, elles le sont. Et pour répondre à ta question silencieuse, tu fais évidemment partie des rares qui le demeurent encore aujourd'hui. »

Je lui serre la main doucement, tâchant de ne pas m’appesantir sur son soupir, et je lui retourne son sourire.  

« Moins amusant pour toi. Mais tu as raison, c'est bien là ce que je préfère faire aujourd'hui. Même maintenant, il y en a toujours qui parviennent à me surprendre. »  

Je lui jette un regard plus pénétrant alors qu'elle grimace. Ah ça... Mais ce n'est pas parce que j'ignore ce qu'elle tient tant à cacher que j'ignore pour autant qu'elle ne dit pas tout. Sans doute est-ce une des raisons qui m'ont fait ne pas trop l'interroger à l'époque, ne souhaitant sans doute pas trop m'immiscer dans sa vie étant donné qu'elle ne le souhaitait visiblement pas.

« J'ai toujours su ce que je voulais c'est vrai. Mais c'était concernant les enfants, pas mon propre avenir à vrai dire. J'ai grandi dans une famille aimante et protectrice, ce qui explique sans doute que j'ai voulu amener la même chose à tous ces garnements abandonnés... Apprenti, puis Maître du Charme, ça a été... de bonnes surprises dirons-nous. Et du travail.
Quant à se cacher... Quant à toi... Tu sais qu'avec ou sans masque, je t'apprécierai tout autant n'est-ce pas ? Je sais. Ce n'est pas le souci et ce n'est pas ce qui t'inquiète. Mais ça ne change rien à ce que tu es, à ce dont tu es capable, à ta gentillesse, à ton courage, à ton humour,...  
Ce n'est donc pas si différent pour toi que pour moi. Nous doutons tous Tara... Enfin les meilleurs doutent. »


Je lui fais un clin d’œil, avant de grimacer et de sourire.

« Si chacun prenait un peu soin d'eux, nous n'aurions pas besoin de donner nos chausses... Et je sais bien. C'est bien pour cela que je tente de te changer les idées à l'aide de ce délicieux pain... et de la boisson qui va venir. »

Je l'abandonne un instant allant chercher ladite boisson et je reviens, lui offrant un nouveau sourire et une légère révérence.

« Je lui ai fait maints compliments sur le poids qu'il n'a pas perdu et sur sa boisson qui est meilleure que tout autre. Et voyons, je ne pouvais t'offrir de l'eau ! »

Et ma bourse teinte encore, même si elle s'est considérablement allégée.

« Jeune demoiselle, vos gestes font de vous une gourgandine ! Vous devriez avoir honte... Surtout qu'il suffit de demander pour pouvoir en profiter... » Je grimace un sourire amusé. « Hum. Pardon. Si tu es gentille, et sage, peut-être te montrerais-je ce qu'il me reste... ou t'en ferais-je cadeau si le cœur m'en dit. Alors ne tente pas de me voler vile faquin ! »

Je reprends la route, avant de m'installer alors que nous arrivons à la falaise. C'est vrai que la vue est magnifique. Surtout que le soleil continue de se lever tout doucement et de parer l'horizon de magnifiques couleurs.

« Allez, installe-toi, je vais mourir de faim sinon. »

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Jeu 6 Juil 2017 - 8:50

Parfois je me dis que certains voiles devraient être levés, que certains non-dits devraient enfin s’effacer pour laisser place à une certaine forme de vérité. Mais je me rends compte alors que les conséquences pourraient être plus que fâcheuses et que soulager ma conscience ne vaut pas un tel prix. Alors, je préfère laisser filer ce qui peut me travailler, ce qui obscurcit parfois mon regard, pour me focaliser sur ce qui compte vraiment, sur ce qui est réel. Je sais, pour quelqu’un maitrisant l’illusion c’est un paradoxe certain. Mais je n’ai pas envie de m’y pencher non plus. Après tout, chacun a ses propres contradictions non ? Je retrouve mon sourire et ma mine malicieuse alors qu’il se défend et je laisse filer un rire avant de souffler, mutine. "Oh et à quoi avais-tu donc occupé ta nuit ô bienfaiteur de ces dames ? Toujours est-il que je pencherais plutôt sur l’idée que si tu ne dérobes pas toujours leur cœur c’est surtout parce que tu as mieux à faire ou que tu n’as pas envie de t’en encombrer. Mais je ne te le dirais pas, je ne voudrais pas te blesser." Je lui décoche un clin d’œil avant de reprendre, non sans hocher la tête. "A point nommé oui. Je n’aurais pas mieux dit. Comme quoi le hasard et ta témérité pour aller au-delà des risques pris à supporter ma compagnie font bien les choses n’est-ce pas ? Quant à prendre des risques … je ne suis effectivement pas de ton avis. Parfois le jeu n’en vaut pas la chandelle." Mon regard se fait plus rêveur l’espace d’un instant avant que notre petit jeu ne reprenne de plus belle.

Et c’est en l’écoutant que je me rends compte de la chance que j’ai de pouvoir parler avec un homme de la sorte. Si j’avais été mariée, si ma vie avait été autre, je n’aurais probablement jamais connu cette liberté de dire ce que je veux, de penser comme je le sens et de taquiner un homme qui, dans une autre vie, aurait pu être tout à fait respectable. Et peut-être que je n’en profite pas assez, que je m’interroge trop et que je laisse des limites qui n’auraient pas lieu d’être s’instaurer entre moi et les autres. J’ai pourtant un rire quand il reprend et j’opine de nouveau du chef, lui tapotant l’épaule avec une moue presque compatissante. "Comme si ton amour-propre pouvait être atteint avec moi. Mais oui, j’ai tout de même quelques noms en tête. Et c’est une bonne chose, cela te démontre que tu as encore une marge de manœuvre avant que tout ne te soit trop facile non ?" Mon sourire se fait plus doux au reste de ses propos alors que je me retiens d'effleurer affectueusement sa joue. "Heureusement qu’ils t’ont toi. Je ne suis pas vraiment sûre qu’ils aient besoin de quoi que ce soit de plus à dire vrai." Et je hoche la tête, non sans lui jeter un regard malicieux. "Voilà qui serait tout de même bien court pour savourer le plaisir de vivre en ma compagnie non ? Devrais-je me sentir vexée en réalité ? Et tes gâteaux sont-ils si mauvais que tu veuilles les jeter sur tes garnements ?"

Je ne me rends qu’à peine compte de l’extrême facilité que j’ai de passer d’un sujet à l’autre avec Merle. Je peux plaisanter comme je peux me faire plus sérieuse, sans réellement dissimuler quoi que ce soit. En tout cas, rien de plus que d’ordinaire, cela s’entend. Je laisse pourtant filer un silence pensif avant de hocher la tête. "Le jour où je ne douterais plus de rien, je pense que je me poserais vraiment des questions. Quant à ce brillera dans vos yeux… j’attends de le voir mon ami, avant d’être totalement rassurée." Et je secoue la tête, amusée quand il repart de nouveau dans son petit numéro. "Tu es charmant, cela ne change absolument rien au reste de mes propos et tu le sais très bien. C’est même pire encore. Enfin, c’est une cause qui te sied comme un gant semble-t-il." Je lui jette pourtant un regard équivoque, sans réellement avoir envie d’en dire plus et mon regard accroche le sien un instant avant que je ne hausse les épaules, comme si cela n’avait pas la moindre importance. "C’est possible oui. Il y a des choses qui… ne doivent pas être réalisées. Pour le bien des autres. Mais on s’y fait à force. Et… d’accord." Ai-je vraiment besoin d’en dire plus alors que mes doigts serrent les siens le temps d’un battement de cils ? Je ne pense pas. Même si je sais que, de toute façon, je ne pourrais pas lui dire vraiment ce que j’ai sur le cœur. Ce serait idiot et surtout, cela ne changerait rien à ce qui a pu se passer.

Et je secoue la tête, amusée, avant de souffler, la mine faussement offusquée. "Je ne suis pas une de tes conquêtes, je ne vois pas pourquoi ce serait moins amusant pour toi mon cher. Et j’aime t’entendre dire que j’ai raison, cela sonne agréablement à mes oreilles." Quant au reste, mon regard se détourne un instant, alors que je sens les griffes d’Archimède, qui était jusque-là niché dans le creux de mon cou, commence à se réveiller. "Et bien, petit paresseux, j’ai cru que tu ne nous ferais pas l’honneur de ta présence." Il hulule doucement alors et j’esquisse un sourire avant de reporter mon attention sur Merle. "Toi peut-être, mais ce ne sera pas le cas de tout le monde." J’ai tout de même senti mes joues rosir un peu avant que je ne secoue la tête pour me remettre les idées en place. "Donc c’est une bonne chose de douter. M’en voilà fort aise." Et j’ai un sourire quand il parle de nouveau de ses garnements, avec ce pétillement dans les yeux qu’il ne réserve qu’à eux. "Je peux donc garder mes chausses et mon pain. Car oui, j’ai décidé qu’il était à moi maintenant. Mais pour le reste… ce n’est pas comme si la plupart des gens ne pensaient qu’à leur propre confort sans se soucier de ceux qui les entourent n’est-ce-pas ? Tout le monde n’est pas comme ça, heureusement."

Et je l’attends sagement, effleurant le plumage d’Archimède avant d’avoir un comportement loin de la dame d’un âge presque respectable que je suis supposée être. Et je pouffe de rire à sa réplique avant de lui asséner une tape sur l’épaule. "Si je voulais vraiment en profiter, crois-moi, tu ne songerais déjà plus à plaisanter et tu le sais très bien. Ne sois donc pas impertinent et je ne te volerais cette bourse que si elle contient un objet intéressant. Sinon j’enverrais Archimède te picorer." Je le suis, le regard brillant, avant de me figer en voyant le paysage que nous avons sous les yeux. Et le sourire qui se dessine alors sur mes lèvres et, à n’en pas douter, bien différent de ceux que je peux avoir d’habitude. J’en oublie même de me parer de la moindre illusion l’espace d’un instant, tant je suis plongée dans la contemplation de ce qui nous entoure. Et je cille alors que je m’en aperçois, me demandant si Merle s’est rendu compte de quelque chose. Je me mordille la lèvre alors que m’assois à ses côtés, non sans souffler, amusée. "Toi, mourir de faim ? Voilà bien quelque chose qui n’arrivera pas non ? Tu auras toujours une bonne âme prête à te donner son pain en échange d’un compliment inventé de toutes pièces. Tu es bien plus doué que moi pour ce genre de choses, j’ai toujours dû chiper en ce qui me concerne." Et j’attrape un des morceaux de pain avant de m’installer épaule contre épaule, le regard toujours rivé sur l’horizon. "C’est une belle façon de commencer la journée non ?"

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Jeu 27 Juil 2017 - 11:19

Nous avons tous un jardin secret et des choses que nous préférons garder pour nous, et Tara ne fait pas exception. A dire vrai, j’ai même l’impression que c’est encore davantage chez elle que chez d’autres. Pourtant, je ne l’ai jamais interrogé plus que nécessaire. Non pas qu’elle ne m’intéresse pas, mais si elle ne désire pas se confier, je ne vais pas la forcer. Et puis, ce n’est pas important, ça ne change rien à ce qu’elle est, pas vrai ? Toujours souriant, je lui réponds avec sans doute autant de malice dans le regard qu’elle.

« J’ai passé du temps avec des jeune gens qui m’ont à la fois fait oublier mon grand âge et me l’ont malheureusement également rappelé… Et j’ai bu à ta santé ! Et c’est terriblement blessant. Mais tu as raison. Que ferais-je d’un cœur ? J’ai déjà bien du mal à prendre soin du mien et de celui de mes garnements, ce ne serait guère responsable. » Je la fixe en haussant un sourcil amusé. « Les risques pris à te supporter… rien que ça ? Es-tu donc si horrible en vérité qu’il me faille tout mon courage pour te tenir compagnie ?... Et peut-être arriverais-je un jour à te convaincre  du contraire. »

Quoiqu’à bien y regarder, il y avait certains domaines, certaines choses pour lesquels j’hésiterais peut-être à prendre des risques. Pas si je suis le seul concerné il est vrai, mais dès lors que cela touche la Cour ou les enfants, au final, je suis d’accord avec elle. Ou pas. Comme dit, il est des risques qu’il faut prendre pour obtenir le résultat souhaité. Enfin, peu importe en vérité, je sais que je n’arriverai pas à la faire changer d’avis, tout comme elle ne me fera guère changer, mais cela n’en reste pas moins agréable de pouvoir discuter et plaisanter avec elle.
Je grimace quand elle me tapote l’épaule et qu’elle me répond. Je soupire.

« Oui, des défis à relever. Hum. Quoique je ne suis pas certain d’apprécier d’essuyer un refus… » Comme si la question se posait. Je n’avais jamais réellement apprécié cela, et tout le monde devait le savoir… Je lui jette un coup d’œil, mon sourire se faisant hésitant une demi-seconde. « Crois-tu ? Peut-être, mais j’en doute. Il faut… que j’y réfléchisse. Mettre en place… Je verrai. » Je souffle un rire. « Tu oublies que je peux te côtoyer au quotidien, même si ce n’est pas tout à fait pareil, même si je pensais plus au fait d’être inutile… Et tu es vile, à déformer ainsi mes propos… Mais peut-être que j’arriverais à les assommer avec. Ils ne doivent pas être fameux quoiqu’il en soit étant donné le peu de fois où j’ai dû en faire… »

Et si mon regard se fait un instant songeur, je me contente de hocher la tête à ses paroles. La connaissant, elle ne sera jamais réellement rassurée, quoiqu’elle puisse déceler, mais sait-on jamais.

« Ce n’est pas pire, j’offre le frisson et l’aventure, sur fond de séduction et sourires. » Et si je plaisante, je retrouve aussi rapidement mon sérieux alors que je la dévisage, sans doute plus longtemps qu’il ne le faudrait. Serrant ses doigts en retour, j’esquisse un sourire contrit. «  Le bien des autres… Noble sentiment. Mais il fait bon parfois d’être quelque peu égoïste sais-tu… »

Et évidemment qu’elle a été et demeure importante, en doute-t-elle vraiment ? Quant au reste, si j’ai quelques idées sur ces choses ne devant pas être réalisées, je ne suis même pas certains d’avoir raison, ni même d’être sur la bonne voix. Je souris et secoue la tête.

« J’ai été l’une des tiennes alors… Et avoue que le terme victime t’amuse davantage que conquête… Et ne t’y habitue pas trop, je n’ai pas l’intention de le dire trop souvent. »

Je lui souris avant de jeter un coup d’œil à l’oiseau. Ça m’est arrivé d’oublier qu’il dormait là, au début, mais ses coups de becs me l’ont rapidement rappelé à chaque fois. Je le regarde d’un air mitigé, bien que le sachant lié à Tara et ses humeurs, et j’esquisse un sourire.

« Bonjour Archimède. Ravi de te voir. »

On s’y habitue à force, à parler à un animal, je vous assure. Et il est bien plus intelligent que nombre d’humains. Je reporte rapidement mon attention sur Tara, grimaçant un sourire malgré moi.

« Dis-toi que ceux-là ne valent alors pas la peine que tu t’en inquiètes… Non ? » Je lui souris, acquiesçant une nouvelle fois, avant que mon sourire ne se fasse plus amusé, plus franc aussi. « Tu t’appropries bien des choses dis-moi. Je serai donc forcé de t’en quémander quel malheur… Et je sais. Comme si de penser aux autres, de faire ne serait-ce qu’un petit geste, risquerait de leur retirer ce qu’ils ont…Mais oui, heureusement que certaines personnes se comportent avec humanité… »

Je reviens aussi vite que je suis partie et forcément, je reprends de plus belle. Je la fixe un instant, avant de hausser un sourcil et de perdre le peu de sérieux que j’avais en riant.

« Oui, sans doute. Mais ma mémoire me joue des tours, je me fais vieux, c’est terrible. Et ma bourse contient toujours des objets intéressants, et tu le sais tout aussi bien. Et interdiction de me picorer et de me laisser d’horribles cicatrices. »

Et bien vite, nous arrivons à destination. Je dois avouer que cette vue est tout simplement incroyable. Je lui jette un coup d’œil, stoppant en la dévisageant alors qu’elle contemple ce qui s’étend devant nous. Elle est… différente non ? Quelques petits… détails. Peut-être. Infimes. Je fronce les sourcils et me tourne de nouveau vers le paysage avant qu’elle ne s’aperçoive de ma curiosité. Car curieux je le suis, évidemment. Mais rien n’a changé, je ne le suis pas au point de vouloir la mettre mal à l’aise ou au point de mettre ce moment en péril.

« Mais je suis toujours cette bonne âme prête à donner son pain. La preuve, tu m’as dérobé le mien d’un seul sourire. Et je n’invente rien, ne m’offense pas ! La vérité, rien que la vérité. Rien ne marche aussi  bien. Je l’enjolive et l’améliore parfois, mais tout part d’une vérité… »

Je la regarde en croquant dans un morceau de pain, avant de lui proposer et de lui servir à boire. Et je fouille dans ma bourse, cachant le pendentif dans ma main.

« Ferme les yeux. Et interdiction de me manger Archimède ! »

Je me déplace derrière elle pour lui accrocher autour du cou, effleurant sa peau du bout des doigts.

« Pour fêter ta nomination oh Maître de la Stratégie. »

Je l’embrasse sagement sur la joue, avant de me réinstaller non loin d’elle en reprenant le petit pain et en lui offrant un immense sourire.

« C’est une belle façon de commencer cette journée, je te l’accorde. »

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Mar 15 Aoû 2017 - 23:13

La Cour des Miracles regorge de secrets, je suis loin d'être la seule dans ce cas. Parfois, je me demande quels sont ceux de Merle, ce qu'il a à cacher derrière cet air canaille et cette envie qu'il a toujours de protéger les plus jeunes. Je sais qu'il est bien plus intelligent et plus subtil qu'il n'aime parfois à le laisser croire et l'affection que j'ai pour lui n'en est que plus importante. Pour autant, je ne me sens pas prête à lui parler, pas encore. D'autant que, si je devais raconter mon histoire à quelqu'un, ce serait probablement Tyr que je devrais aller voir en premier. Je suppose en tout cas. En attendant, je profite du moment qui nous est offert et de son regard pétillant. Il ne cherche pas à me séduire, pas plus que d'habitude en tout cas et je sais que, pour cela, je suis une privilégiée. Je ne cache pas mon rire quand il me répond et je le toise un instant avant de souffler, non sans malice. "Comme si tu avais cure de ton âge. Il est parfait, nous le savons tous les deux. Tu peux utiliser ton expérience et tu as ce qu'il faut de maturité pour séduire les femmes de tous les âges. Tu as bien bu à ma santé j'espère. Et qui sait, peut-être que ce cœur pourrait prendre soin du tien justement, tu n'y as jamais songé ?" Je lui assène une bourrade amicale avant de reprendre, toujours sur le même ton. "Rien que ça oui. Depuis le temps, tu dois bien le savoir que je suis horrible non ? Mais j'attends de voir ce que tu feras pour me convaincre du contraire."

Si je lui décoche un clin d'œil, je me fais un rien plus sérieuse et je vois bien que lui aussi, que le sujet ne laisse pas insensible. Prendre des risques peut être lourd de conséquences mais j'ai comme l'impression que nous pourrions en débattre sans fin sans arriver à trouver un semblant de compromis, quand bien même je sais bien que je pourrais être touchée par ses arguments. Il sait manier les mots, c'est le propre du Maitre du Charme non ? Il ne gagne pas tout avec un simple sourire non plus, pour autant que je le sache en tout cas. Je pouffe de rire quand il soupire, avant de hausser les épaules. "Et pourtant, j'ai souvenir que tu t'es bien remis du mien. Enfin, je ne suis pas sûre que nous pouvons le qualifier de la sorte. Et puis, rappelle-moi combien de refus as-tu pu essuyer ? Le nombre doit être tellement infime qu'il en est risible je parie." Je secoue tout de même la tête avec un sourire en coin. "Mettre en place ? Je serais curieuse de savoir de quoi tu parles exactement." Sourire qui s'agrandit alors que je reprends à mon tour. "Je ne déforme rien, je me contente d'interpréter comme je le sens. Note la nuance subtile mon cher. Mais pour te voir assommer les garnements avec des gâteaux, j'avoue que je serais presque prête à te proposer cette vie de débauche débridée. Pour quelques jours en tout cas."

Je me sens quelque peu rougir sous son regard et je me contente de hocher de nouveau la tête avant de souffler, d'un ton indécis. "Et si c'était de l'égoïsme aussi ? Penser au bien des autres pour se sentir bien soi-même, pour se dire que l'on est une bonne personne. Et… oublie, la fatigue me fait dire n'importe quoi." Je soupire légèrement avant de sourire de nouveau, me demandant, l'espace d'un instant, combien sont-ils à pouvoir me faire oublier ce qui ne va pas d'un battement de cils. Peu, très peu même, mais je me rends tout de même compte que j'ai beaucoup de chance. "Toi, une de mes conquêtes ? Je ne les collectionne pas vraiment pourtant, contrairement à d'autres. Mais oui, je préfère le mot victime, il est bien plus drôle." Mon sourire se fait plus doux au reste de ses propos avant qu'Archimède ne se réveille et ne le fixe, la tête penchée sur le côté. Il hulule joyeusement en direction de Merle, le regard brillant, avant de voleter entre nous et de se poser de nouveau sur mon épaule. "Quant à ceux qui n'en valent pas la peine… C'est ce que j'essaie de me dire, même si c'est parfois difficile de s'en convaincre." Je lui tire la langue, levant le menton alors qu'Archimède m'imite et lève le bec de son coté. "Je m'approprie ce que tu veux bien me laisser voyons. Et il n'y a pas assez de personnes qui se comportent avec humanité malheureusement. Mais c'est déjà mieux que rien."

Et là, j'ai un rire à ses propos, perdant moi aussi le peu de sérieux que j'avais réussi à regagner. "N'accuse pas ta pauvre mémoire, elle te sert très bien lorsque tu en as envie. Et nous te picorerons si nous en avons envie, tu le sais très bien." Il ne nous faut pas longtemps pour arriver à destination et je le fixe avec malice, essayant d'oublier le fait que, pour la première fois depuis longtemps, je ne suis parée d'aucune illusion. Et je ne sais pas à quel point je dois m'attrister du fait que, finalement, personne ne pourrait s'en rendre compte en réalité. "Je ne t'ai pas dérobé ton pain, tu me l'as donné avec plaisir, ne l'oublie pas. Et je le partagerais avec toi si tu es gentil. Tout part d'une vérité, il est vrai, même si on ne s'en rend pas toujours compte." J'ai un cri de protestation quand il croque dans le pain, pour le principe, avant de fermer les yeux à sa demande. Archimède le suit du regard, lui picorant affectueusement la main au passage et au bout de quelques instants, je rouvre les yeux pour fixer le pendentif que j'ai autour du cou. Je l'effleure du bout des doigts, hésitante, avant de lui adresser un sourire radieux. "Hé bien, je m'estimais déjà heureuse avec un morceau de pain et ta présence, voilà qui est inattendu."

Je penche alors vers lui pour attraper son menton et effleurer ses lèvres des miennes, non sans un sourire amusé et une malice croissante à mesure que je parle. "Tu ne croyais pas t'en tirer à si bon compte quand même. Et je ne pouvais pas passer mon premier lever de soleil en tant que Maitre de la Stratégie en meilleure compagnie. Même si tu aurais pu me faire le plaisir de partager ta nuit avec moi." Et qui sait, peut-être le reste de la journée, s'il n'a pas de grands projets qui l'attendent et de nombreux cœurs à briser.

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Message Sujet: Re: Murmures et rumeurs ne sont que des reflets de vérité   Lun 18 Sep 2017 - 18:47

Je ne suis pas vraiment du genre discret ou réservé, loin de là même. Je ne l’ai jamais été, et ça ne s’est pas arrangé avec le temps. Je connais tout le monde à la Cour, tout le monde me connait, et je n’ai jamais eu de difficultés à faire connaissance ou à séduire quelqu’un. Je ne suis pas Maitre du Charme sans raison, c’est un talent naturel que de savoir parler aux gens et de connaître ce qui les intéresse ou les sujets sensibles, de les courtiser et de leur plaire. Et je suis indéniablement doué pour cela. En toute modestie cela va de soi. Toutefois, d’un autre côté, rares sont ceux à vraiment me connaître et à avoir pu et su passer outre le vernis et le sourire d’apprêt. Tara peut sans doute s’en targuer, dans une certaine mesure. Tout comme je la connais mieux que d’autres, tout en sachant qu’il y a bien des choses qu’elle cache également. Mais peu importe cela, et puis, son rire sonne agréablement à mes oreilles. J’ai un sourire en coin alors que je la fixe, un sourcil relevé.

« Parfait ? Mon âge ne cesse de changer, peut-il être parfait de ce fait ? Mais tu as raison, c’est encore un avantage dont je peux user. Et non, je n’avais songé à cela, j’ai bien assez de personnes qui en prennent soin, tu devrais le savoir. » Et c’est à mon tour de souffler un rire. « Il faut croire que malgré mon âge parfait, ma mémoire se fait défaillante, car j’ai dû oublier ce détail te concernant. »

Je ne relève pas sa phrase concernant ce que je pourrais faire pour la convaincre. Je trouverai bien quelque chose. Certaines choses en valent la peine, voilà tout. Mais je sais qu’elle ne se laissera pas convaincre aussi facilement. Mais inutile de débattre des heures durant à ce sujet avec elle pour le moment. Je lève les yeux au ciel et grimace.

« Ce n’était pas la même chose et tu le sais. Et qu’importe le nombre, il y en a assez eu pour malmener mon égo. » Que certains diraient surdimensionnés à tort. Je hausse les épaules à mon tour. « Je ne sais pas encore, mais tu seras la première informée, sois-en certaine. Et je vais donc devoir soigneusement choisir mes mots en m’adressant à toi si tu interprètes comme tu le sens chacune de mes paroles. Et nous y réfléchirons, à cette vie de débauche débridée, si nous nous ennuyons un jour. »

Ou sur mes vieux jours… Hum. Ou pas. Je la fixe alors qu’elle rougit et j’ai un léger sourire.

« C’est sans aucun doute le cas. Peut-être que je ne prends soin des enfants que pour me sentir mieux… Pour ne pas trop me sentir privilégié alors que d’autres vivent dans le malheur… ou en partie tout du moins. »

En grande partie ? Je ne sais pas trop, je ne me suis jamais demandé à quel point c’était uniquement parce que ces mômes avaient le droit à une chance ou parce que je ne voulais pas me sentir coupable. Peut-être ne vaut-il mieux pas savoir. Et puis, cela ne change absolument rien, pas vrai ?

« Une de tes victimes donc. Et je ne me sens absolument pas visé si telle était ton intention. »

Je ne collectionne pas les conquêtes moi, je… je cherche et je répondrais plus tard. Archimède se réveille et j’esquisse un sourire malgré moi quand il me répond. Oui, je l’aime bien, parce qu’il est lié à Tara, cela ne fait aucun doute, mais il reste… mignon, pour un piaf. Mon sourire s’élargit alors qu’ils ont la même mimique et je souffle un rire en l’entendant, avant d’acquiescer d’un signe de tête. Oui, c’est déjà mieux que rien, je suis bien d’accord.
Je la fixe, me faisant faussement sérieux.

« Nous ? Tu comptes me picorer toi aussi ? Prends garde, je pourrais prendre cela pour une invitation. »

Mon sourire amusé revient aussi rapidement qu’il avait disparu. Et si elle fixe le paysage, de mon côté, c’est elle que je dévisage. Un instant du moins, assez pour remarquer les différences subtiles mais néanmoins présentes sur son visage. Je sais que bien souvent elle se cache, et j’avoue être plus que curieux concernant  la raison, mais est-ce là son vrai visage ? Sans fard et sans artifices ? Ce n’est pas pour me déplaire. Ni ce que je vois, ni de me rendre compte qu’elle oublie de s’encombrer d’un masque à mes côtés, ne serait-ce qu’un instant.

« Je ne l’oublie pas… Mais ce n’est guère gentil de me faire du chantage sur mon cadeau toujours est-il. Et je suis toujours gentil. »

La preuve, n’est-ce pas là un magnifique cadeau que je lui fais ? Je sais, ce n’est qu’un collier, dérobé soit, et même s’il doit valoir une petite fortune, ce n’est pas réellement le plus important. Je poke le bec d’Archimède avant de me rassoir. Je lui souris, attendant malgré tout de voir si ce pendentif lui plait. Et on dirait que tel est le cas. Je hausse un sourcil alors qu’elle ne me laisse pas le temps de répondre et qu’elle frôle mes lèvres des siennes, ma main montant automatiquement se poser sur sa joue. Je la fixe toujours et mon sourire se fait aussi taquin que le sien.

« J’en déduis qu’il te plait, j’en suis ravi. Et je n’aurais pu t’offrir un si beau présent si je ne m’étais absenté cette nuit… Mais j’ai toute ma journée de libre pour me faire pardonner. » C’est à mon tour d’effleurer ses lèvres avant de sourire de plus belle. « Si tu me fais le plaisir de passer ta première journée en tant que Maitre de la Stratégie avec moi bien évidemment. »

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