AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
PNJ
avatar

Messages : 617
J'ai : un âge au dessus de toute raison.
PNJ
Message Sujet: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 1 Avr - 1:27




Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
#2 ♦ Grâce & Lou-Ann & Lena

Panique sur les flots

Intrigue 2.3 ♦ Trame temporelle alternée




Mais que se passe-t-il donc sur ce satané rafiot ?
Que fait-elle donc là, Grâce aux blondes tresses ?
Que fait-elle sur l’Audacia ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe, nue ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe, nue, avec le Philippe en question ?!
Tant de questions sans réponse. Fuyant l’homme endormi, Grâce monte sur le pont, et comprend en observant le comportement des marins qu’elle est la seconde du bord.
Une seconde visiblement bien enceinte.
Et voilà deux mignonnes qui l’appellent Maman – elle ne tarde pas à reconnaître Lou-Ann – enceinte aussi, par Maari, mais quel cauchemar ! – et Lena, qui n’ont pour leur part aucunement conscience que ce qu’il est train de se passer est une aberration.
Le quart de nuit s’annonce agité pour Grâce et celles qui sont à présent ses filles…




Consignes

Le Destin vous passe la main



• Ce topic est votre participation à l'intrigue 2.3 La Roue Brisée et n'est ouvert qu'à vous.  

• Vous devez y poster au moins une fois par semaine chacun.  

• Ce sujet devra être clôturé avant le dimanche 28 mai !  

• Vos personnages doivent arriver à Lorgol en fin de sujet, pour rejoindre l'Académie, ils ont le pressentiment qu'on les y attend. De fait, un campement de romanichels rescapés commence à se former dans la forêt de sapins à proximité. Vous serez sûrement au complet vers la fin du mois de mai.

• C'est le Destin qui décide si votre personnage a conscience d'avoir vécu une autre vie auparavant, ou pas ! Respectez bien votre contexte, et soyez attentifs : il peut vous faire retrouver la mémoire en cours de sujet...  

• Le premier message posté sera obligatoirement le formulaire d'ouverture des RP ! Pensez à le dater et à insérer le lien de votre sujet à l'endroit prévu pour permettre son recensement dans la chronologie.

• Le Destin passera peut-être vous taquiner de temps en temps...

• Pas de limite de mots, vous êtes des dragonnets libres, liiiiiiibres !

Bonne chance à tous !  


_________________
♦ Je suis le PNJ utilisé par les administratrices. ♦
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 1 Avr - 20:54


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Lou-Ann, Grâce, Lena

Panique sur les flots

Intrigue 2.3 : La Roue Brisée



• Date : 29 avril 1002
• Météo : des nuages à l'horizon témoin d'un orage proche...
• Statut du RP : privé - RP intrigue
• Résumé : Mais que se passe-t-il donc sur ce satané rafiot ?
Que fait-elle donc là, Grâce aux blondes tresses ?
Que fait-elle sur l’Audacia ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe, nue ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe, nue, avec le Philippe en question ?!
Tant de questions sans réponse. Fuyant l’homme endormi, Grâce monte sur le pont, et comprend en observant le comportement des marins qu’elle est la seconde du bord.
Une seconde visiblement bien enceinte.
Et voilà deux mignonnes qui l’appellent Maman – elle ne tarde pas à reconnaître Lou-Ann – enceinte aussi, par Maari, mais quel cauchemar ! – et Lena, qui n’ont pour leur part aucunement conscience que ce qu’il est train de se passer est une aberration.
Le quart de nuit s’annonce agité pour Grâce et celles qui sont à présent ses filles…
• Recensement :
Code:
• [b]Mettre la date ici : 29 avril 1002[/b] [url=LIEN]http://arven.forumactif.org/t1945-panique-sur-les-flots-intrigue-2-3-la-roue-brisee#58086[/url] – [i]Lou-Ann, Grâce, Lena[/i]
Mais que se passe-t-il donc sur ce satané rafiot ?
Que fait-elle donc là, Grâce aux blondes tresses ?
Que fait-elle sur l’Audacia ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe, nue ?
Que fait-elle sur l’Audacia, dans le lit de Philippe, nue, avec le Philippe en question ?!
Tant de questions sans réponse. Fuyant l’homme endormi, Grâce monte sur le pont, et comprend en observant le comportement des marins qu’elle est la seconde du bord.
Une seconde visiblement bien enceinte.
Et voilà deux mignonnes qui l’appellent Maman – elle ne tarde pas à reconnaître Lou-Ann – enceinte aussi, par Maari, mais quel cauchemar ! – et Lena, qui n’ont pour leur part aucunement conscience que ce qu’il est train de se passer est une aberration.
Le quart de nuit s’annonce agité pour Grâce et celles qui sont à présent ses filles…

[/code]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 1 Avr - 21:29

Lou-Ann se promenait sur le pont de l'Audacia. Fronçant les sourcils en voyant les nuages sombres au loin, elle posa sa main sur son ventre rebondi. L'orage elle n'aimait guère ça et l'être en elle s'agitait, nervosité probablement due à cette ambiance chargée d'énergie. Un regard vers la cabine du capitaine, celui qu'elle désignait comme le père de son enfant. Il assumait pleinement même s'il n'avait guère souvenir de cette nuit folle où il avait été enivré bien plus qu'à l'accoutumée.

L'acte aurait pu être jugé répréhensible surtout par sa mère, Grâce. Mais comment pouvait-elle la juger, elle qui était de nouveau enceinte. Elle ne se lassait guère de lui demander conseil sur cette grossesse prématurée pour son jeune corps si peu habitué à de tels changements survenus au plus tôt de son existence. Elle  poursuivait son travail de moussaillon, certes plus lentement, elle aurait pu rester à terre mais cela n'était pas compatible avec le caractère de la jeune pirate. Et ce n'est point dans son habitat terrestre qu'elle trouverait son bon parti.

Lou-Ann désespérait cela faisait bien trop longtemps qu'ils n'avaient point mis pied à terre. Ses rôbes chatoyantes craquaient sous les formes de plus en plus appuyées que son corps prenait. Elle n'avait de cesse de quémander un retour à terre pour se livrer à ses méfaits et dérober des tenues biens plus adéquates. Cela était indigne de son rang de se trouver engoncée de la sorte. Les rues de Lorgol en pleine nuit regorgeaient de précieuses dames qu'elle pourrait détrousser. Si de tels méfaits échouaient elle s'empareraient de leurs robes  chatoyantes  en train de sécher lors de fêtes mondaines rendant les rues désertes.

Un coup de l'être dans son ventre lui arracha un discret sourire. Une main délicate posée au point de côté ressenti elle murmura « oui ne t'inquiètes pas, maman se trouvera de biens meilleures tenues bientôt, toi aussi tu dois être coincé là dedans » ; les regards des pirates à son égard à cette parole seule ; regard assassin de Lou-Ann à leur égard... les hormones à fleur de peau ce n'était pas le moment de la chercher.

Lena à peine plus loin s'entraînait à l'abordage. Une boule d'énergie sa sœur, déterminée à combattre encore et toujours mais leur mère ne le permettait guère pour cause de maternité excessivement rapprochées les unes des autres. La pauvre enfant entre sa mère et sa sœur, celle-ci n'avait guère d'opportunité de réaliser ses desseins.

C'est à ce moment-là que Lou-Ann entendit la porte s'ouvrir, une tête blonde, un ventre arrondi, sa mère était là scrutant ses deux filles d'un œil inquisiteur. Que leur voulait elle donc à travers cet étrange regard ? Une remarque désobligeante peut-être ? Qu'importe elle comptait bien faire retentir en elle cette fibre maternelle que chaque femme ressentait à l'aube d'enfanter.

Se déplaçant maladroitement sur un pont qui commençait à s'agiter sur des flots un peu plus impétueux elle se rapprocha de Grâce et lui dit « comment fais tu pour calmer l'enfant en toi à l'approche d'un orage »... puis regardant la tenue de sa mère « je vais être contrainte de te demander des tenues adaptées à ma nouvelle morphologie si ce charmant capitaine s'obstine à ne pas accoster pour me permettre de me vêtir de manière plus adaptée »... se rabaisser à demander des tenues à sa mère, c'est qu'elle était tombée bien bas l'aînée si elle était ramenée à ce point se dit elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 4 Avr - 1:17

On lui faisait une mauvaise farce. Ça ne pouvait être que ça. Freyja cherchait-elle à la dissuader de fréquenter Melsant, en lui faisant entrevoir ce que c’était d’être réellement mère ? Il était connu, après tout, que l’aîné de Séverac n’avait pas d’enfant, et donc pas d’héritier. Mais cela n’avait aucun sens : n’était-ce pas Freyja elle-même, avec la complicité de Marianne, d’Ilse et de Solange, qui lui avait envoyé le petit Mirta illustré, la faisant ressentir une honte qu’elle avait rarement ressentie avant cela, alors qu’elle était en présence du Cielsombrois ?

Pourquoi lui jouerait-elle un aussi méchant tour ? Et pourquoi, par Maari, se retrouvait-elle enceinte, au point d’être presque aussi grosse qu’une baleine ? Et quel était cet homme à ses côtés ? Elle reconnaissait bien l’endroit, il lui semblait familier du moins, et le mouvement qu’elle identifiait comme appartenant aux vagues ne trompait pas, elle se trouvait sur l’Audacia, mais qu’y faisait-elle ? Freyja avait-elle insisté pour qu’elle amène Melsant ? Mais il n’avait pas ce teint, pas cette carrure, pas ces formes… Elle s’apprêtait à sortir du lit étroit, mal à l’aise, quand l’homme se retourna, et qu’elle le poussa dans un réflexe, entendant à peine le bruit de son corps chutant douloureusement sur le sol, manquant presque d’oublier de se vêtir, attrapant au dernier moment une tunique ample qu’elle ne se connaissait pas, mais qui la cachait suffisamment – ou presque, son ventre énorme faisant remonter le tissu.

Elle s’apprêtait à rentrer précipitamment, avant de songer qu’elle devrait affronter Philippe, et qu’elle était trop mortifiée pour cela. Comment avait-elle pu se retrouver nue à ses côtés, à la place de Freyja ? Elle se sentait terriblement mal, d’avoir ainsi trahi son amie... Et ça n’était que le début, visiblement. Elle manqua de tomber, en voyant Lou-Ann, grosse comme elle, plissant les yeux, gênée par la luminosité anormale qui la dérangeait alors que le temps était clairement à l’orage. Par Mirta, par Maari, qu’était-il arrivé à cette petite, à la sauvageonne qu’elle connaissait qui préférait grimper aux mats d’un bateau qu’à… qu’à… qu’à d’autres mats ?

Rouge, tant d’incompréhension que de gêne, à l’entente des questions de l’enf… jeune femme, elle n’était visiblement plus une enfant, auxquelles Freyja aurait du répondre, elle la regarda avec les yeux écarquillés, incapable de lui répondre, courant à la cuisine, pour piquer un des tonneaux d’eau douce, et s’asperger avec. Elle devait rêver, n’est-ce pas ? C’était à peine si elle entendait les voix qui l’interpellaient, demandant à la seconde si elle allait bien.

Comment elle pouvait aller bien ? On lui avait foutu un boulet dans le ventre, et elle savait pas qui ni comment. Rien ne lui disait qu’elle en avait pas toute une portée, dans le ventre, même. Elle releva la tête, pour voir quelqu’un qu’elle connaissait pas du tout, la regarder avec inquiétude. Ils avaient récupéré une âme perdue, durant leur voyage, de la nouvelle main d’œuvre ? « M’dame la seconde, on peut vous aider ? » Seconde, elle ? Elle s’éloigna un instant les dévisageant, songeant au mauvais tour qu’ils pouvaient lui jouer. Par Syned, qui se moquait d’elle ainsi ? Mais ils semblaient sincères, parfaitement sincères. Et elle pouvait pas bouger ce tonneau, de toute évidence. Il la regardait d’un air un peu ahuri essayer de le pousser, d’ailleurs.

« Sortez moi ça d’là. Et ouvrez le. »

Elle était sèche, mais c’était la seconde, d’après eux, elle pouvait bien, non ? Même si c’était n’importe quoi. Elle les remercia vaguement, et plongea la tête la première dans le tonneau. Plusieurs fois. Comme si ça pouvait la contraindre à la réveiller. Elle étouffa un juron, avant de pointer du doigt un des visages inconnus. « Toi là, pince moi. Maintenant. Il hésitait pourtant, presque terrifié. Elle entendait les murmures, disant qu’elle devait avoir perdu la tête. Discute pas. »

Elle tressaillit à peine, sous le pincement un peu plus fort qu’elle ne l’aurait cru, serrant les dents – mais rien ne changeait. Était-elle tombé sur la tête ? Était-ce une malédiction de Trelor, qui lui aurait tissé une toile d’illusions et de rêves ? Impossible. Ça semblait trop réel. Bien trop. Elle n’avait même pas remarqué que Lou-Ann l’avait suivie, et ses paroles lui revinrent seulement en mémoire, la rendant encore plus perplexe.

« Mais enfin, pourquoi tu demandes pas à ta mère ? Elle attend encore des jumeaux. Va dans la cabine du Capitaine, ton père doit bien avoir quelques robes de ta mère que tu peux mettre. J’ai rien à moi ici. Et où est Corail ? Je dois rejoindre Reja. Et pourquoi tu parles de ton père comme ça ? Il te garderait pas enceinte jusqu’au cou à bord, il te ramènera directement à Lorgol, c’est lui le capitaine. On a suffisamment de mal à convaincre ta mère à chaque grossesse de retourner à terre, il serait soulagé que tu veuilles rester à quai, et laisser l’audacia derrière toi. Mais je t’ai pas vue depuis si longtemps ? T’es enceinte depuis quand ? Et depuis quand je suis enceinte, ta mère m’a transmis sa fertilité, et je suis passée à la fin de ma grossesse directement par magie ? Et regarde, on voit Lorgol au loin, on sera arrivées demain au plus tard. »

Elle comprenait rien, et surtout pas l’attitude de Lou-Ann. Depuis quand elle culbutait des hommes et se faisait-elle engrosser ? Depuis quand elle se souciait des vêtements ? Et depuis quand Lena se comportait comme sa sœur devrait le faire ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 4 Avr - 21:04

Lou-Ann, enceinte de 5 mois avait encore ce port altier qui la représentait si bien sur le pont de l'Audacia. Mais elle était avant tout une jeune femme, qui n'avait guère profité de sa jeunesse jusque là et basculer ainsi dans la maternité faisait disparaître les repères qu'elle s'était fixé jusque là. Se trouver un bon parti, mais après tout peut être était-ce le capitaine, père de son enfant non ? Elle le revendiquait haut et fort même si lui s'évertuait à ne pas se souvenir de cette nuit. Il est vrai que le capitaine de l'Audacia avait été particulièrement porté sur l'alcool ce fameux soir. Certains ont même cru qu'elle avait profité de l'instant d'égarement du capitaine, des paroles insensées qu'elle avait fait taire par un regard sec à l'encontre des ragots ainsi diffusés par l'équipage de l'Audacia. Depuis lors, aucune parole de la sorte n'était ressortie des bouches des matelots ou du moins pas en sa présence.

Mais aujourd'hui, Lou-Ann était plus absorbée par l'agitation de l'être qu'elle protégeait que de telles inepties. C'est donc naturellement qu'elle s'était dirigée vers Grâce, sa mère. Après tout qui mieux qu'elle pouvait l'aider à supporter cette agitation qui se faisait de plus en plus sentir. Elle éprise de liberté et en était dépourvue et vivait désormais au bon gré de l'enfant qu'elle avait dans son ventre. Dire qu'elle l'aimait était peut être précoce, après tout elle-même sortait à peine de l'enfance et que savait-elle de l'amour à proprement parler. Grâce lui en fournissait et ce malgré des grossesses répétées... serait-elle capable comme elle d'éduquer son enfant avec l'amour pour la piraterie ?

Mais la réaction de sa mère ne fut pas celle que la jeune mousse escomptait. Un regard perdu, sortie tel un fantôme, un regard hagard dans toutes les directions. Sa mère avait nul doute encore fait des folies vu la cabine d'où elle sortait. Sa tenue était pour le moins équivoque vraisemblablement revêtue à la va-vite... indigne de son rang, qu'importe qui ferait remarquer un tel laisser-aller à la seconde de l'Audacia ? Sûrement pas elle... elle était à sa place et ne chercherait pas à faire d'esclandre... après tout elle avait la vie d'un enfant à protéger désormais, même si c'était le rejeton du capitaine, elle  risquerait  d'être raisonnée bien comme il faut par la seconde voire même le capitaine, on ne rigolait pas avec le respect et l'ordre sur l'Audacia, pour sûr.

Bouche bée de voir sa mère ne lui prodiguer aucune réponse à sa question pourtant simple et de la voir courir vers les tonneaux remplis d'eau. Passant sa main dans les cheveux, regardant autour d'elle, vraiment elle ne comprenait pas ce qu'il se passait. Mais qu'avait elle donc à courir ainsi de la sorte ? À tenter d'ouvrir le tonneau, héler un marin juste à côté pour quémander de l'aide, demander à se faire pincer ? Etait-elle devenue folle ? Etait-ce la grossesse de trop ? Non franchement quelque chose n'était pas nette dans sa mère aujourd'hui.

Hésitante Lou-Ann fut même tentée d'aller jeter  un œil dans la cabine pour comprendre un peu ce qu'il s'était passé mais après tout cela ne la regardait en rien... son père en sortit d'ailleurs quelques minutes après retournant à ses activités vers la cuisine de l'Audacia. Lui aussi semblait hagard.

Se rapprochant de sa mère elle l'écouta déblatérer des absurdités toutes aussi plus folles les unes que les autres. Elle lui parlait en premier lieu de Corail ? Et de Reja ? Mais avant toute chose elle osait lui dire d'aller voir sa mère ? Mais elle était vraiment tombée sur la tête cette fois-ci ! Les bras en tombaient à la jeune mousse ? Elle aurait presque eu envie de lui dire  à la fin de se reposer car là sérieusement, soit sa mère était tombée sur la tête ou bien Lou-Ann était en plein cauchemar éveillé.

Ne pas s'énerver, ne pas brusquer Grâce on ne sait jamais bébé peut en pâtir... « euh bon déjà on va se calmer maman d'accord ? » regardant le marin qui écoutait leur dialogue elle lui demanda « hé toi tu veux pas nous apporter quelque chose pour que la seconde puisse s'asseoir ? Je crois qu'elle est vraiment à bout en ce moment »  puis regardant sa mère elle lui dit « toi tu bouges pas je vais t'emmener quelque chose il faut que tu manges car tu as pas les idées dans le bon sens aujourd'hui »... sur ces paroles, Lou-Ann orienta ses pas vers la cuisine, passant aux côtés de Lena elle lui dit « je crois que maman a besoin de toi tu peux aller la surveiller ? Elle est en train de me raconter de sacrées foutaises au point que je n'y comprends vraiment rien du tout... si t'peux la surveiller le temps que j'lui apporte à manger ? ».

Arrivée aux cuisines, elle récupéré quelques victuailles, et rejoignit prestement le lieu où elle avait laissé Grâce lui tendant les aliments récupérés elle lui dit « alors déjà primo ma mère c'n'est personne d'aut que toi mam' » sous le regard éberlué de Lena elle poursuivit « et sache que le père d'mon enfant est nul autre que le captain... et que celui-ci s'évertue à ne pas accoster. Il est vrai que si mon père le cuisinier de bord avait la Direction de ce navire, on aurait accosté depuis fort longtemps ».... puis se regardant et posant la main sur son ventre rebondi elle entreprit de répondre à la question qui la concernait directement « j'suis bien d'accord que t'es occupée en tant que seconde et enceinte également jusqu'au cou mais cela fait 5 mois que je porte ton futur petit fils maman et pour ta part... bah tu as toujours été ainsi je je ne vois vraiment pas de qui tu parles d'autre là »... repartant sur le pont elle regarda le point désigné par Grâce  « oui Lorgol est pas loin, ce sera ptet pas plus mal car je crois bien que tu as besoin de repos, le captain va nous assigner au sol jusqu'à nos accouchements respectifs mam à mon avis ».

Vraiment elle ne comprenait rien, pourquoi avait-elle du ressortir tout ça à sa mère ? Si le capitaine, père de son enfant s'évertuait à maintenir sa seconde sur le pont à l'issue de l'accostage à Lorgol, elle lui dirait un mot en invoquant la fatigue de celle-ci... vraiment elle perdait la tête sa mère ou bien c'était la grossesse de trop...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Les Mages
avatar

Messages : 199
J'ai : 12 ans
Je suis : Apprentie mage de l'automne (suggestion)

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : l'Académie
Mes autres visages:
Les Mages
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 4 Avr - 23:59

Yaaaaarr ! A l'abordage mécréants, ici le Capitaine Lena-Sans-Pitié ! Rendez vous marins d'eau douce, où vous tâterez de ma lame !

Mille scènes de bagarre se déroulent dans sa tête alors elle s'agite, la gamine. D'un bout à l'autre du pont, elle court, elle bouscule, elle trimbale son sabre qu'elle ne manque pas de coller sous le nez d'un adversaire imaginaire. C'est comme ça tous les jours, du matin au soir et du soir au matin en attendant l'action, la vraie, parce que pour le moment qu'est-ce qu'on s'ennuie sur l'Audacia ! Même si les grands ne voudront jamais qu'elle vienne, parce que ce ne sont qu'une bande de rabats-joie... Mais quand ça se décidera à bouger un peu, elle essaiera de s'incruster, elle essaie toujours. Allons bon ! Même sa gourdasse de sœur est plus pirate qu'elle. Ha ! Une pirate en robes, on aura tout vu ! Sous prétexte qu'elle est plus vieille, elle lui vole son rêve à elle et la voilà à présent grosse comme une baleine et qui discute avec son énorme bide. Plus niaise, tu meurs !

Agacée, Lena pointe son sabre en sa direction et lui lance : « Pas b'soin d'accoster, j'te l'arrange quand tu veux ta robe ! » Un petit rire sarcastique, un petit mouvement qui va bien puis elle range l'Eventreur à sa ceinture. Son sabre, il n'est pas fait pour tailler des jupons, il vaut bien mieux que ça, mais elle espère au moins avoir fait son petit effet. Bon il y a sa mère à côté qui ne manquera pas de lui passer un savon, mais elle est bien trop occupée à s'exciter sur Lou-Niaise dans un flot de paroles qui ne veut strictement rien dire. Sa mère a clairement perdu la boule. Oh elle fait bien subir à tout l'Audacia ses humeurs de femme enceinte, mais là c'est encore autre chose ! On dirait bien qu'avoir une anguille au fond de la bedaine a fini de l'achever et même sa sœur n'y comprend plus rien. Et pourtant, elle s'y connaît bien mieux qu'elle dans ces choses là !

Par contre, hors de question qu'elle se laisse commander, alors elle grogne et s'apprête à rétorquer à Lou-Gourde qu'elle n'a pas d'ordre à recevoir d'elle, que ce n'est pas parce que le rejeton du Capitaine squatte sa bedaine que ça lui donne le droit de donner des directives. Il faudra que Lena  remédie à l'assurance qu'elle commence à prendre, celle-là, mais pour le moment elle consent à surveiller sa mère parce que mine de rien, elle est aussi un peu inquiète. « Ca va...  Hein ? » lâche la gamine, au final. Non seulement elle l'aime, sa maman, mais c'est aussi la Seconde, alors ça fait une raison de plus de vouloir son bien-être. Elle s'assoit près d'elle, son sabre planté entre deux planches et ses mains posées dessus. En fait elle veut retourner jouer et se prépare à déguerpir dès que sa sœur revient, mais la curiosité la cloue sur place. Elle aurait pu juste laisser une oreille traîner tout en continuant de vivre ses aventures imaginaires mais elle ne peut pas s'empêcher de provoquer sa sœur : « Arrête de lui parler comme si elle était crétine comme toi ! » Mais plus que de Lou-Morue, c'est de sa mère qu'elle attend une réaction. C'est qu'elle aurait presque envie de se faire engueuler !

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 5 Avr - 17:36

Rien n’était normal. Rien du tout. Pourquoi semblaient-ils tous persuadés qu’elle n’était ni plus ni moins que leur seconde ? Pourquoi s’asperger d’eau ne servait à rien ? Ou se faire pincer ? Quelqu’un avait-il ensorcelé l’Audacia ? Elle trembla, se remémorant le tournoi, et le vif souvenir de Marianne se vidant de son sang sur le pont de la Vivenef, manquant de chuter et ne se rattrapant qu’au tonneau qu’elle avait fait déplacer, projetant par ce geste plus d’eau encore sur le pont. Était-elle manipulée par un mage, en guerre pour préserver les territoires qu’elle devait défendre ? Elle ne se souvenait pas, pourtant, de s’être rendue au front. Pas tant que Reja était convalescente. S’était-elle rétablie, et y avaient-elles été dépêchées ? En plus de jouer sur ses perceptions, jouait-on avec sa mémoire ? Elle était complètement déboussolée, et ne comprenait rien. Elle ne voyait même pas que Lou-Ann était à ses côtés, et qu’elle semblait tout aussi troublée qu’elle – ou troublée à cause d’elle, à vrai dire.

Elle sursauta, en l’entendant lui adresser la parole, et pire encore, l’appeler maman. Elle avait deux filles, et elle était tout à fait certaine qu’elles s’appelaient Aubrée et Agathe, même si elle les connaissait à peine. Et par tout le Panthéon d’Arven et d’ailleurs, elles n’étaient certainement pas pirates. Quelle idée ? Elles avaient été profondément choquées par leur bref voyage sur l’Audacia, d’ailleurs. Elle la suivit du regard, suspicieuse, sans répondre – quelqu’un avait-il drogué Lou-Ann, et la maintenait-il dans cet état ? Cela expliquerait ce malentendu, qu’elle la prenne pour sa mère alors qu’il n’en était rien, qu’elle soit enceinte alors qu’elle n’était qu’une enfant… Grâce se leva, sans même avoir pris conscience de s’être assise, et tenta de suivre Lou. Sans compter sur le pirate qui l’obligea à moitié hésitant et, semblait-il, terrifié par la seconde qu’elle était, si l’on en croyait la dite hésitation et la voix peu assurée ; qui la força à rester assise. Elle frappa son pied de toutes ses farces, lui arrachant un glapissement qui aurait fait rire grandement les hommes qu’elle avait connus durant son enfance et exécrait, mais il ne la laissa pas aller malgré tout, s’attirant son regard courroucé – sauvé uniquement par Lena, qui… visait sa sœur du sabre ?

Désarçonnant la main de l’homme sur son épaule, tentant sans succès de le bousculer malgré son physique et son poids de baleine – quelle horreur ! -, elle s’approcha de la fille de Freyja, stupéfaite. « Mais enfin, vous êtes tombées sur la tête, ta sœur et toi ? C’est toi la princesse qui aime les jolies robes, pas elle ! Donne moi ce sabre tout de suite ! Elle la dévisagea, pour voir si elle aussi aurait pu être droguée, mais rien n’en donnait l’impression. Elle avait suffisamment vu Mayeul complètement ahuri sous l’emprise de ces saletés, pour savoir le reconnaître. Mais bien sûr que ça va, si on omet cette… maladie, ce parasite qui mange mon ventre. Depuis quand je suis malade ? J’ai vu un guérisseur ? Un médecin ? C’est vous qui allez pas bien ! T’as pas trop chaud ? Tu te sens bien ? » Oui bon, vu l’inquiétude dans sa voix, pas sûr que ça soit la question à poser… Mais c’était à n’y rien comprendre.

Elle avait presque envie de sourire, devant l’éternelle rivalité qui liait les sœurs – enfin, quelque chose de normal ! – mais elle était trop atterrée par la situation pour le faire. Et par les propos de Lou-Ann. « Mais qu’est-ce que t’as avalé, pour dire de telles bêtises, Lou-Ann ? C’est Freyja, ta mère, moi je suis la marraine de ta sœur Lucy. Et de qui je pourrais bien être enceinte, je te prie ? Enceinte du capitaine ? Mais tu plaisantes ! Elle s’approcha, prenant Lou-Ann par les épaules, la dévisageant et la secouant un peu. Mais enfin, t’as l’air comme d’habitude, pourtant. Tu sais bien que le capitaine, c’est ton père, Philippe. M’prends pas pour une imbécile, Lou-Ann. Je sais très bien qui je suis, Grâce de Sombregemme, épouse de feu Alban Martel, et mère certes, mais certainement pas de toi. Et encore moins enceinte. Franchement, vous essayez de me faire croire que je suis vieille et que je perds la raison ? Je suis plus jeune que votre mère, pourtant. »

Parce que ça ne pouvait être que ça, une farce, n’est-ce pas ?

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 5 Avr - 22:19

Mais c'était le monde à l'envers sur l'Audacia aujourd'hui, c'était elle qui prenait soin de sa mère. Non pas que cela la dérangeait en soi mais elle en venait presque à s'inquiéter la jeune pirate vis à vis des paroles insensées de Grâce. Elle avait hélé sa jeune sœur pour qu'elle la surveille et celle-ci égale à elle même semblait absolument se foutre de sa demande. Pourtant elle ne lui demandait pas la lune juste de garder un œil sur leur génitrice.

Néanmoins, sa cadette s'exécuta et bien lui en pris car l'homme censé surveiller Grâce avait été repoussé par cette dernière. Si ça continuait, Lou-Ann devrait aller chercher son père pour raisonner sa mère. D'ailleurs cette idée serait peut être la bonne au final vu les paroles qui sortaient à présent de sa bouche. Et d'ailleurs lorsque Lena s'empressa de la reprendre Lou-Ann siffla entre ses dents « j'la prends pas pour une crétine tu vois pas qu'elle est pas toute là ? Apprentie pirate comment veux tu combattre si tu vois pas l'évidence qui se trouve devant toi ? »

La litanie de Grâce ne se stoppait point, s'obstinant dans des bêtises toujours plus énormes les unes que les autres, vraiment Lou-Anna sentait le moment où elle devrait s'énerver. Cela n'allait guère plaire au capitaine voire même à sa seconde mais là elle avait besoin d'être remise d'aplomb.

Fixant Grâce elle parla d'une voix sèche « bon à un moment il faut cesser de me prendre pour une abrutie... mam ; si c'est un test il est loin d'être drôle je t'assure ; s'non j'aurais pas pris la peine de te conter toute l'histoire si c'était point la vérité du crois pas ? ». Elle la prenait vraiment pour une folle ou du moins elle tentait de la faire devenir ? Mais pourquoi lui parlait-elle de Freya la pirate timide et effacée qui n'arrêtait pas de chercher des noises à son père dans les cuisines ? « excus'moi, je serais selon tes dires la fille d'une femme t'jsute arrivée à bord en ta compagnie ? C'est du grand n'imp M'man ».

Mais Grâce ne s'arrêtait pas là et prétendait ne pas savoir de qui elle portait l'enfant ? Lou-Ann se mit à faire les 100 pas se prenant la tête entre les mains... une seule envie aller dans sa cabine s'enfermer à double tour et oublier la sérénade que lui chantait sa mère, des sornettes qui commençaient sérieusement à lui donner mal à la tête alors qu'un coup brutal se fit sentir dans le bas du ventre forçant la jeune mousse à mettre genoux à terre pour maîtriser cette contraction brutale dans le bas du ventre. « m'man arrête de m'prendre la tête, je porte le r'jeton du captain ouip que ça t'plaise ou non et le captain c'est Rackam ; scuz moi tu sais bien que Philippe ton compagnon et mon père est le cuisinier de bord »... déjà la contraction revenait plus brutale, arrachant des larmes aux yeux de la mousse dieu que ça faisait mal, contraction, contrariété ne faisaient pas bon ménage.

Un pirate passant par là lui proposa sa main pour l'aider à se relever ; bonne âme qui passait et lui avait poussé une caisse sur laquelle elle pouvait s'asseoir désormais pour reposer ses jambes de jeune fille si frêle pour son état.

Regardant sa mère, implorant Lena, Lou-Ann murmura « s'te plait mam' j'peux plus rien dire d'aut pour te convaincre, j'sais pas ce qu'il s'est passé mais tu as vraisembablement perdu la tête... ».

Lou-Ann savait qu'elle s'exposait aux foudres de sa mère, et de sa jeune sœur mais les vagues qui s'agitaient toujours plus fort faisaient tanguer l'Audacia, ses jambes ne la portaient plus et le ventre bien trop tendu lui faisait un mal de chien... si elle tenait le captain qui l'avait mis dans cet état elle lui ferait passer un mauvais quart d'heure...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 6 Avr - 22:49

Apprentie pirate ? Lou-Ann devait avoir pris un sacré choc sur la tête – et sa sœur aussi. Elle la dévisagea d’un air peu amène, alors qu’elle lui parlait d’une manière déplacée – même pour une pirate, même pour une jeune fille en pleine crise de rébellion. Mais Lou-Ann avait normalement dépassé ça, depuis longtemps. « Si j’étais réellement ta mère, je peux t’assurer que tu aurais récuré ce pont en long, en large et en travers, et que tu aurais été de corvée de seaux d’aisance, si tu avais seulement envisagé de me parler comme ça. Alors tu as intérêt à te calmer bien vite, et à arrêter de te jouer de moi, parce que je peux t’assurer que j’aurai pas la patience de te supporter. T’auras même pas le temps de commencer ces corvées là, que t’auras fini à l’eau. Et que tu sois enceinte, je m’en fous. Au pire, ça apprendra à l’enfant d’une pirate à nager. Parce que c’est c’que t’es – une pirate. Pas une idiote qui se fait engrosser par on ne sait qui. Et comment veux-tu que je sache pourquoi tu m’dis des stupidités que même un lagran arriverait à faire croire à personne ? C’est pire qu’un tissu d’lagraneries, tout ça. »

Bien pire. Et bien moins crédibles – si elles voulaient lui faire avaler une couleuvre de cette taille, elles auraient dû demander son aide à un lagran, justement. A Bouclettes, peut-être ! Non, franchement, elles faisaient n’importe quoi.

« Tout juste d’arriver ? Mais ta mère est sur l’Audacia depuis vingt ans ou plus ! Et bien sûr que t’es la fille de Freyja, mais je suis pas pirate. Je sais pas ce que vous avez mangé, tous, mais Boubouille a du acheter des champignons qui donnent des hallucinations, au lieu de champignons normaux. »

Elle se baissa quand même subitement vers Lou-Ann, en la voyant tomber à genoux, inquiète. Elle était pas sa fille – non mais vraiment, quelle idée ! – mais elle restait la fille de sa plus chère amie. Et la sœur de sa filleule. Elle ne pouvait pas la laisser souffrir comme ça. Sauf qu’elle l’interrompit par ses propos ridicules… et incompréhensibles. Elle croisa les bras, sincèrement agacée, laissant elle ne savait quel crétin de pirate inconnu l’aider à s’asseoir, tout en la dévisageant, elle, comme un kraken soudain apparu – quelque chose en quoi on ne croyait pas le moins du monde. Il voulait sentir sa main sur sa joue, pour vérifier à quel point elle était bien vivante, et pas une pirate ?

« Mais enfin, qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour te convaincre toi ? Je suis plus mariée depuis même pas six mois ! Et j’étais mariée à un imbécile de Bellifère ! Je suis voltigeuse, pas pirate ! je sais même pas nager ! Et c’est Freyja qui est avec Philippe, le Capitaine de l’Audacia ! Et si on demandait à Rhéa ? »

Sans attendre de réponses – quel intérêt, si c’était pour entendre des choses sans queue ni tête ? -, elle se précipita, aussi vite qu’une baleine pouvait le faire, en tout cas. Sans doute devaient-ils sentir sa colère, quand même, car ils la laissèrent passer. Sauf que Rhéa semblait… pas Rhéa. Enveloppée dans un tartan. Grâce savait bien qu’ils avaient volé le domaine de Rivepierre, mais de là à ce que Rhéa tolère ce tissu qui gratte ? Elle était désemparée, incertaine de ce qu’elle devait faire. Ou ne pas faire. Mais elle ne pouvait pas rester une minute de plus sur ce bateau de fou. Pas une. Sans vérifier si elle avait été suivie, ou si qui que ce soit l’entourait, elle se jeta par-dessus bord. Tout était faux, alors quelle importance ? Elle saurait peut-être nager, si ce dont elle croyait se souvenir n’était pas vrai. Et si elle ne savait pas… Peut-être que le choc serait suffisamment important pour… pour que tout redevienne normal. Elle l’espérait.

Sans doute aurait-elle ri, si elle avait été quelqu’un d’autre, à essayer de la voir lever difficilement sa jambe, presser son ventre contre le bois du bateau, en faire passer une de l’autre côté, mais pas réussir à lever l’autre… Elle devait avoir empêché tout le monde d’avancer, ou avoir été bien plus rapide qu’elle ne le pensait, parce que personne ne la rattrapa. Elle ferma les yeux et serra les dents, attendant le choc avec l’eau glaciale et dure, qui se faisait attendre. Et qui ne vint pas. À moins que l’eau ne se soit subitement transformée en un tissu doux et chaud. Elle refusait de bouger, de sortir de là, d’ouvrir les yeux. Même si elle sentait qu’elle tanguait fortement, un instant, et qu’elle était sur un sol dur, l’instant d’après. Elle n’ouvrirait plus jamais les yeux, à moins d’être sûre de ne plus être dans ce monde de fou, où l’eau était de la laine confortable et qui la réchauffait.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Lun 10 Avr - 22:18

Lou-Ann assise sur une caisse écoutait encore et toujours la seconde lui parler, lui délivrer des sornettes. Mais elle devait rester à sa place après tout Lena avait raison qui était-elle pour parler ainsi à la seconde ? Une chance que le pirate qui avait volé à son secours ne l'avait pas balancé dans les flots en place et lieu de lui pousser une caisse. La douleur lancinante s'estompait progressivement mais dans le même temps sa mâchoire se contractait alors que des larmes remplissaient les yeux de l'aînée. Les paroles de sa mère commençaient sérieusement à la contrarier au plus haut point... elle ne parviendrait à rien seule autant la laisser s'enfoncer. Elle ne la reconnaissait plus et se sentait soudainement cruellement seule.

Mais pourquoi sa mère tenait de tel discours, que s'était il passé dernièrement ; se forçant à se remémorer les derniers évènements Lou-Ann n'eut que le désarroi de constater le vide néant. Rien, néant pas de mémoire immédiate, des bribes, sa mère Grâce, sa sœur Lena, le capitaine, son père le cuisinier... autant d'évidence naturelle. Elle les connaissait quasiment tous sur l'Audacia, un par un mais à qui pouvait-elle demander de l'aide ? Son père ? Pour encore entendre « je ne suis pas ton père ? » ah ça non merci.

Lou-Ann commençait à prendre ce rejet comme un refus de son existence. Avait-elle fait du mal à Grâce au point qu'elle la rejetait aujourd'hui ? Avait-elle dépassé les bornes des limites, agi d'une manière répréhensible ? Lou-Ann tentait de comprendre mais n'y parvenait pas malgré toute sa bonne volonté.

Elle avait tenté de lui ouvrir les yeux, lui porter secours, l'interpeller mais Lou-Ann devait le reconnaître elle n'était pas à sa place à cet instant présent. La grossesse avait tendance décidément à lui faire perdre la tête. Elle leva les yeux et écouta sans rebondir sur le flot discontinu qui sortait de la bouche de sa mère, cet être qu'elle ne reconnaissait plus. Et alors que cette dernière se dirigeait vers le rebord elle eut un sursaut de vouloir la retenir mais un bras la retint, dénégation de la tête... effectivement elle ne risquait rien quand elle la vit tomber sur un matelas providentiel couché sur le pont de l'Audacia les yeux fermés. Elles étaient bien là les deux en proie à un trouble profond. Lou-Ann ne chercha point à se rapprocher de cet être allongé au sol... une étrangère, celle qui refusait d'assumer son rôle de mère... elle la rejetait.

Lou-Ann se tourna vers Lena, courbant les épaules, la tête. Perdue elle l'était mais elle se ressaisit décidée à remplir sa mission de mousse si bien mentionnée par Grâce quelques minutes auparavant. Le seau était à quelques mètres de là tout comme le balai. Les récupérant elle entreprit d'obéir aux ordres de la seconde en s'en rapprochant. Attristée elle l'était. Lou-Ann n'avait plus envie de se battre, la douleur lancinante dans le ventre se faisait ressentir, la contrariété qu'elle subissait avec sa génitrice et sa cadette n'aidait en rien.

Elle était furieuse mais dissimulait cette colère profonde dans l'astiquage du pont. Quelques minutes plus tard elle parvint aux côtés de Grâce, « maintenant m'dame la s'conde si j'peux me permettre j'ai un pont à nettoyer ; tu vois je ne t'appelle même plus m'man j'pas envie d'me battre... on v'ra bien à terre... » , la voix était guère assurée, tremblotante ; elle ne voulait pas montrer sa faiblesse à celle qui depuis quelques minutes la blessait bien plus qu'elle ne pouvait l'imaginer.

_________________




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Lun 10 Avr - 23:18

Grâce resta quelques temps prostrée, sur la laine, à se demander si elle avait juste perdu la tête. Elle ne l’avait pas vraiment regardée, mais le manège de Lou-Ann, contrariée, ne lui avait pas échappé. Elle s’en voulait, mais aurait-elle du faire semblant de croire à ces fables qu’on cherchait à lui conter ? Elle était méfiante, et presque certaine que si elle allait voir Lou en lui demandant de lui expliquer, elle réagirait avec un « j’t’ai eu » tonitruant. Ça ne pouvait être rien d’autre qu’une farce, cela Grâce en était persuadée, mais elle doutait maintenant de la cible de cette prétendue drôlerie, qui lui déplaisait de plus en plus. Car Lou-Ann semblait totalement désemparée, autant si ce n’est plus qu’elle, et ces ventres… ça ne pouvait pas être une illusion, n’est-ce pas ? Mais était-ce réellement important ? Elle devait retourner à Lorgol, au plus vite. Aller à la Taverne, voir Freyja – qui, si sa… fausse fille disait vrai, n’était certainement pas à bord – et lui demander ce qu’il se passe. Ou voir n’importe qui. Un mage spécialisé en illusion, peut-être ? Il devait y en avoir, à l’Académie ou à la Caserne. Et elle pourrait récupérer Corail. Peut-être. Elle leur prouverait, qu’elle ne disait que la vérité.

Oui, voilà, elle leur prouverait. Elle se releva, sans adresser un mot à qui que ce soit, regardant les alentours. « Lena, va sur une barque, tout de suite ! Et toi, tu vas te préparer à la mettre à l’eau. Assure-toi qu’il y a tout ce qu’il faut, pour aller jusqu’à Lorgol. Et trouve un marin léger, pour que son poids fasse pas couler la barque, avec deux femmes enceintes. »

Et qu’il s’avise pas de désobéir, parce qu’il allait le regretter. Fausse seconde ou pas, elle restait seconde pour lui, même si c’était à n’y rien comprendre, et il avait intérêt à filer droit. Oui, c’était aussi simple que ça. Et si elle prenait pour acquis et vrai que ce qui l’arrangeait, quelle importance ? Si cela pouvait l’aider à obtenir ce qu’elle voulait, alors elle ne reculerait devant rien.

« Lou ? Je sais que ce que je dis te… perturbe, te dérange, peut-être. Mais je t’assure que je suis aussi confuse que toi. Alors je sais pas ce qu’il se passe, mais viens avec moi à Lorgol ? On verra ce qu’il nous arrive. »

Elle lui pressa la main avec un rictus qu’elle voulait engageant sur le visage, mais qui semblait plutôt hésitant, attendant qu’elle la rejoigne pour donner l’ordre de libérer la barque, pour qu’ils soient mis à l’eau.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Lun 10 Avr - 23:59

L'ombre d'elle-même voilà ce qu'elle était désormais sur l'Audacia. Elle si ambitieuse et déterminée se trouvait flouée par sa mère. Les paroles qu'elle avait eu la rendait digne de son rang sur l'Audacia mais indigne d'être sa mère. C'est pourquoi Lou-Ann avait réagi de manière pour ainsi dire amère la laissant au sol sur la couverture. Quand elle se releva elle constata que celle-ci était pour ainsi dire toujours déterminée, avec une idée bien en tête. La main sur le balai elle l'écoutait donner ses ordres. Le pirate voisin s'exécuta aux ordres de la seconde qui commandait une barque.

Lou-Ann fermée laissa Grâce lui prendre la main avait envie de se plier à ce qu'elle lui disait. Lena semblait obéissante, bien trop obéissante pour être honnête. Ca ne pouvait pas se poursuivre ainsi avec une réalité qui devenait pour ainsi dire un cauchemar « Grâce Lorgol est encore bien trop loin, aussi solide sera la barque, regarde les flots »... désignant du doigt les vagues qui s'agitaient de minute en minute elle lui dit « tu courras pas de risque pour l'enfant que tu portes non ? » poussant le vice « j'sais pas c'qui se passe autant pour toi que moi mais j'crois pas qu'ça vaille l'coup qu'on aille nourrir les poissons voire les r'quins non ? »

Lou-Ann retira sa main subrepticement et entreprit un pas en arrière regardant sa sœur et sa mère « j'suis désolée mais j'ai plus confiance en l'audacia qu'en une barque, je n'suis ptet qu'une mousse mais j'suis sûre que Phi... »...

En parlant du cuisinier de l'Audacia celui-ci sortait tout juste de la cabine se dirigeant vers elles trois hagard « jpeux savoir c'qu'il se passe ici ? » regardant alternativement Grâce, Lena et elle-même il passa sa main dans sa chevelure alors qu'une barque arrivait traînée par deux autres pirates « mais qu'est ce que ? » ; le père des deux filles était perdu.

Lou-Ann se positionna aux côtés de son père et lui dit « par pitié p'pa dis moi que j'suis bien ta fille... » Dire que Philippe était surpris était un bas mot ; celui-ci se tournant vers son aînée « mais bien sûr Lou comment peux tu donc croire le contraire ? Mais dis moi que se passe t il c'est quoi cette barque là ? Z'avez pas vu le temps ? Me dites pas que vous voulez allez pêcher par ce temps mesdames ! Ça va j'ai assez de poisson jusqu'à Lorgol inutile de courir des risques inconsidérés surtout dans vos états».

Lou-Ann ravala discrètement les larmes, les essuyant d'un revers de la main. Elle ne voulait pas brusquer la seconde, celle qu'elle appelait ainsi pour l'instant qui ne portait plus le nom de mère tant qu'elle  n'aurait pas recouvré son état normal et elle s'exprima le plus doucement possible « ne t'inquiète pas p'pa tu peux r'tourner à tes cuisines, Grâce surveillait juste que l'on avait assez de barques c'est ça hein M'dame la s'conde ? Lorgol est bien trop loin pour rejoindre la rive en barque j'vous assure ; n'est ce pas Lena tu n'es pas d'accord avec moi ? ».

Se rapprochant de Grâce elle lui dit « j'ne mont'rai pas dans c'te barque malgré tout le respect que jvous dois mdame la s'conde, si le captain sort de sa... » d'ailleurs qu'entend-on en haut là bas « Graaaace » n'est ce pas la voix de Rackam cherchant sa seconde ?


Dernière édition par Lou-Ann Jedidiah le Jeu 27 Avr - 18:15, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 11 Avr - 14:09

Lou-Ann la prenait pour une folle, et une imbécile, si elle en croyait ses propos. Peut-être l’était-elle, à vrai dire. N’était-elle pas la seule à sembler n’avoir aucun souvenir de ce qui semblait parfaitement naturel pour tout le monde ? Elle avait essayé d’ignorer ce fait, mais le pouvait-elle vraiment ? Elle était regardée avec méfiance, pas parce qu’il la craignait, mais parce qu’elle agissait étrangement, semblait-il. Soupirant, elle recula, secouant la tête alors que l’aînée de Freyja lui disait qu’elle nuirait pas à l’enfant qu’elle portait – ou qu’elle voulait pas nourrir les requins. Mais ça n’était pas son enfant, de cela elle en était persuadée. Elle vivait la vie de Freyja, et elle ne comprenait absolument pas pourquoi. Ni même pourquoi Philippe avait l’air si… indigne. Elle se souvenait du vrai Philippe, qui avait fière allure, régnait sur l’Audacia en maître, et faisait entendre sa voix. Ce Philippe là… Ce Philippe là n’était qu’une pâle copie, une cruelle illusion. Causée par qui ? Elle n’en savait rien.

Elle haussa les épaules, en entendant Lou dire qu’elle vérifiait la quantité de barques, comme si c’était nécessaire. Elle avait beau ne pas être pirate, malgré tout ce qu’ils disaient, elle savait qu’on ne vérifiait pas la quantité de barques au retour. Elle devait vraiment la croire dérangée, pour la juger stupide à ce point. Elle garda malgré tout le silence, refusant de passer pour une imbécile à ce point.

Elle croisa fermement les bras, quand Lou refusa de se joindre à elle. Très bien, elles attendraient, alors que la jeune femme, la future mère, se plaignait un instant plus tôt, de ne pas être déjà à Lorgol, pour avoir de nouvelles tenues. « Très bien. » Elle hésitait à en dire plus, à la questionner… Mais à quoi bon ? Comment croire nécessaire de le faire, quand elle ne comprenait rien à ce qui l’entourait, et que tout le monde vivait une réalité différente de la sienne ? Soupirant, elle tourna le dos, se figeant en s’entendant appelée. Qui était-ce ? Elle ne connaissait pas cette voix, mais sa tenue ne trompait pas. Celle de Philippe. Qu’avait-il fait, pour prendre la place du capitaine légitime, et en faire un homme aussi… passif ?

Fronçant les sourcils, elle décida d’endosser le rôle qu’on voulait lui donner – à quoi bon agir autrement ? Elle n’avait personne, plus personne. Pas de Freyja, pas la Freyja qu’elle connaissait en tout cas – elle ne savait même pas où elle se trouvait, de toute façon -, pas de Boubouille, pas de Douce Marianne, pas d’Ilse… Personne. Elle ne reconnaissait personne, et ne se reconnaissait même pas elle-même. « Cap’tain. J’vais dans ma cabine, voir notre prochaine étape une fois à Lorgol. Assurez-vous qu’on y arrive au plus vite, et que personne ne vienne me déranger. » Était-ce seulement ce qu’elle devait faire ? Était-ce ce que la réelle Freyja faisait ? Elle n’en avait aucune idée, même si elle doutait qu’elle donne des ordres à son capitaine. Quoi que, connaissant son impétuosité et la confiance qui les liait… Il était de toute façon trop tard pour se demander ce que Freyja aurait fait, en pareille situation. Mais une chose était sûre, elle allait s’enfermer dans sa cabine, et ne plus en sortir, pas même pour manger, jusqu’à leur arrivée. Qu’elle doive se barricader ou non pour ça. De toute façon, pour ce qu’elle en savait, c’était de la nourriture empoisonnée que lui donnerait celui qui lui jouait ce cruel tour. Maudit soit Syned, de lui infliger cela !

Prenant la direction de la cabine dans laquelle elle avait passé de nombreux moments, en compagnie de Freyja, elle repoussa le battant de la porte, calant une chaise là pour empêcher quiconque de l’ouvrir. Qu’on vienne la voir ou lui parle, elle n’ouvrirait à personne.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Lun 17 Avr - 12:44

Que pouvait-il bien se passer sur l'Audacia en cette journée pour le moins agitée. Les flots tumultueux commençaient à rendre la navigation pour le moins dangereuse mais où était vraiment le danger en cet instant sur le pont de l'Audacia. Le danger pouvait avoir pris la forme de sa propre mère qui la regardait comme un alien descendu des sphères voisines qui se reflétaient dans le ciel en pleine nuit ou du trouble le plus profond dans lequel elle mettait quasiment tout l'équipage.

Le danger pouvait venir de l'être qu'elle avait dans son ventre et qui lui tiraillait la chair interne lui arrachant des larmes de douleur. Incompréhension, perte ; grade de moussaillon simple grade qui ne lui permettait point de se plaindre et simplement de cesser de chercher les embrouilles mystérieuses que sa mère lui disait.

Son père affectueux l'avait rassurée, mais ce n'était guère que soulagement passager, le capitaine aurait pu aussi la ramener sur le droit chemin et la faire réaliser mais quand bien même eut il fallu qu'elle entende ce qu'il avait à lui dire. Une seule solution s'offrait à Grâce la fuite et l'enfermement. Des paroles de seconde imposant le calme jusqu'à Lorgol, des paroles sèches n'opposant aucune contradiction.

Lou-Ann secoua la tête ; regardant alternativement le capitaine, père de son enfant, son père et sa sœur elle ne savait plus quoi dire. Qui avait vraiment perdu la tête sur ce navire aujourd'hui ? Peut être était-ce elle-même après tout , qui sait ? Sa mère commençait limite à lui faire perdre la tête.

S'excusant auprès de l'attroupement créé Lou-Ann se dirigea vers une des extrémités de l'Audacia, la tête en arrière, profiter un guère instant avant de repartir à son labeur de la brise maritime pour calmer les effluves de stress qui s'emparait de son être. Il fallait qu'elle se remette à son devoir, rejoindre le seau, le balai, nettoyer encore et toujours jusqu'à la sensation d'une piqûre sur son épaule... une piqûre discrète qui passa inaperçue à la jeune mousse. Elle s'obstinait, travaillant dur sans se soucier de ce qu'il se passait sur son épaule.

La lourdeur elle la sentait mais peut être était-ce parce qu'elle était énervée et avait de gestes saccadés ? La lourdeur commençait à devenir brûlure et une voix derrière elle « Lou-Ann regarde ton épaule, elle est énooorme » ; un regard sur son épaule droite, rouge, volumineuse... « qu'est ce donc ça encore ? »... elle ne ressentait pas de douleur pour ainsi dire, juste cette brûlure et cette épaule ayant doublé de volume... à qui donc pouvait elle demander conseil ? Sa mère ? Ah non elle refusait de porter cette dénomination et enfermée à double tour elle ne viendrait sûrement pas la secourir.


Une seule solution, aller voir le médecin de l'équipage, espérer un cataplasme de sa connaissance pour atténuer cette grosseur... Lou-Ann grognant se dirigea vers la cabine du médecin en disant « Vivement que l'on arrive à Lorgol, j'en ai marre... »

_________________




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
PNJ
avatar

Messages : 617
J'ai : un âge au dessus de toute raison.
PNJ
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 20 Avr - 16:09


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
#2 ♦ Grâce & Lou-Ann & Lena & Merle

Le Destin intervient

Panique à bord ? J'arrive. :superman:




Le médecin de bord n'est visiblement pas dans sa cabine. Apparemment, il a été appelé à fond de cale, car la cargaison serait malade... Oui, la cargaison d'enfants que Merle Consent les a payés pour acheminer à Lorgol. Sur place, le propriétaire contrarié exige que le capitaine ou l'un de ses seconds se déplace pour constater le mauvais état de sa marchandise : il avait payé pour un transport fiable, par Erelf... !

Le Destin a hâte de vous voir régler ce point du contrat. :eheh:


_________________
♦ Je suis le PNJ utilisé par les administratrices. ♦
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 123
J'ai : 47 ans
Je suis : Voleur - Maître du Charme au sein de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Au Fils de l'Ombre
Mes autres visages: /
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 22 Avr - 12:23

Je me pince l'arrête du nez et inspire profondément. Ne pas s'énerver, ne pas hurler, ne pas s'énerver. Je sais, je l'ai dit deux fois, mais c'est important d'insister dessus, parce que clairement là, c'est difficile de rester calme je vous assure. J'en ai déjà perdu deux. Deux. Enfin non, un, mais celui que je contemple d'un air froid à mes pieds à l'air plus moribond que vivant. Je le pousse du bout du pied et n'obtient en retour qu'un faible gémissement. Qu'est-ce que je disais... Je soupire et me tourne vers le médecin.

« Alors ? »

Il toussote et repose le bras de la gamine qu'il tenait, avant de se relever et de se tourner vers moi les sourcils froncés, un peu embarrassé.

« Paludisme ou dysenterie ou... C'est encore trop tôt, les symptômes se ressemblent et... »

Je lève une main et souris.

« Trop tôt ? Un gosse est déjà mort ce matin, et il y en a certains en passe de l'être. Et les autres, regardez les autres ! Vous êtes médecin ! Faites quelque chose ! »

Je me retourne et attrape le gamin debout à côté, qui regarde sans regarder, se dandinant d'un pied sur l'autre. Et qui va bien lui. Évidemment, ce n'est pas l'un des miens.

« Toi va voir ton capitaine. Qu'il descende et voit un peu ce carnage. Ne  reviens pas sans lui ou un de... des seconds. Vite ! »

Ma mâchoire se crispe et je récupère la liste. C'est une belle cargaison et j'accepte qu'il y ait un risque de pertes, toujours... Mais là... Il y en trop de malades, trop en dangers, trop en pertes donc. Et c'est tout bonnement inadmissible. Je tourne en rond, faisant le tour de la cale, m'accroupissant ici et là pour leur donner à boire. Est-ce qu'ils ont eu à manger ce matin ? Bordel, j'ai quand même payé une fortune pour ce transport, ce serait quand même trop demander qu'ils soient correctement traités et qu'ils aillent bien ? Par Osir, ce sont des enfants, ils ne savent pas en prendre soin ? Je reviens à mon point de départ et lève la tête en entendant les marches craquer. Mon visage se ferme alors que je m'aperçois que le matelot revient. Seul.

« Le capitaine est occupé, il vérifie la route, et euh le second est dans sa cabine et ne veut pas être dérangée et je euh... »

« Bien. Je vais donc aller les voir. Merci jeune homme. Pourrais-tu, pendant que je monte, t'assurer qu'ils ont bien eu à manger et leur donner à boire ? »

Je monte sans attendre de réponse, avant de me diriger vers la cabine du second. Je ne vais pas courir après le capitaine pour le moment. Je toque un peu trop brutalement sans doute.

« Excusez-moi euh second ? Il y a un problème avec ma cargaison. Si jamais j'ai davantage de pertes, croyez-moi, plus aucun fournisseur ne passera par vous pour acheminer ses marchandises. Ouvrez-moi ! »

_________________


Tous les enfants ont du génie, le tout est de le faire apparaître
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 22 Avr - 21:13

Grâce entendait l’agitation sur le pont, et les murmures, se demandant ce qu’il se passait. Cela ne pouvait pas être qu’à cause de ses divagations – qui n’en étaient pas, mais les pirates de l’Audacia devaient bien les qualifier ainsi. Ou les usurpateurs, qui avaient pris la place de l’équipage qu’elle connaissait bien. C’était purement absurde, que tant de gens inconnus se retrouvent sur cette vivenef, et que même Rhéa semble trouver la chose parfaitement normale. Peu soucieuse de sa condition actuelle, elle donna un coup de pied dans la chaise qui calait la porte, réprimant un grognement de douleur. Si ça n’était qu’une illusion, pourquoi donc ressentait-elle la douleur ? Elle frémit, en repensant au Tournoi, et à cette illusion qu’elle avait vécu et affrontée… et qui l’avait meurtrie bien plus que tout combat réel qu’elle aurait du livrer. Les illusions étaient traitres, et pires que tout.

Elle était bien déterminée à sortir, pour savoir pourquoi ils faisaient tout ce grabuge au lieu de la laisser tranquille, quitte à en jeter deux ou trois par-dessus bord pour calmer ses nerfs, mais elle fut interrompue par un imbécile qui n’avait visiblement pas compris qu’elle souhaitait rester seule, et qui allait goûter à sa colère. Elle prit la première arme qui lui tombait sous la main – un sabre, visiblement fort solide, et qu’elle devrait réussir à utiliser bien qu’elle n’y soit pas habituée de par sa forme -, poussant la porte du pied. Qu’il soit derrière et se la prenne en plein visage, avec ses manières de rustre, lui importait peu.

De quoi parlait-il, de toute façon ? Une cargaison ? Depuis quand l’Audacia servait-il de vulgaire transporteur de marchandises ? Et en quoi cela la concernait-elle, qu’il y ait un souci avec la cargaison ? Qu’il aille piller un autre navire, et qu’il la laisse en paix. Elle n’était pas femme à se laisser faire ainsi, et il ne pouvait, comme tous ceux l’entourant, qu’être fou. Sabre au clair, elle le pointa en direction de l’intrus, un sourire peu engageant aux lèvres.

« Allons donc, mon brave, vous êtes sur une vivenef pirate. Quelle importance, que votre cargaison ? Elle peut rejoindre le fond de l’eau, et vous avec. L’Audacia n’est pas un vulgaire navire, acheminant les biens du plus offrant. C’est une vivenef de prestige, et soyez assuré que si vous tentez de nuire à sa réputation, nul ne vous croira. Au mieux, ils vous riront au nez. Au pire… vous ne voulez pas savoir. Et quelle importance, que personne ne passe par nous ? Nous nous servirons où nous le désirons. »

Elle n’était pas pirate, non. Ni seconde. Mais elle ne laisserait pas un crétin comme celui qui lui faisait face, peut-être bien aussi stupide qu’un Belliférien, l’importuner comme l’autre était en train de le faire. Elle ne laisserait personne insulter l’Audacia. Et elle n’aurait aucun scrupule à le jeter à l’eau. Rapprochant le sabre de son visage, elle le dévisagea fort peu aimablement.

« Maintenant, éloignez vous, ou c’est votre œil que vous perdrez, en plus de votre cargaison qui n’a rien à faire sur cette vivenef. Je ne sais quel stratagème vous avez mis en place pour obtenir que l’on achemine… je ne sais quoi, mais vous devez être sacrément fourbe et retors. Et ce n’est pas un compiment. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 23 Avr - 9:54

L'épaule augmentant en volume à vue d'oeil Lou-Ann n'avait qu'un seul choix se diriger vers la cabine du médecin de bord. Les pirates s'affairaient à gauche à droite, sur le tumulte incessant des flots. Frapper à la porte de la cabine, n'entendre aucun bruit, y pénétrer, le silence pesant... elle était bien tombée « v'la qu'le doc a déserté sa cabine ; plus qu'à partir à sa r'cherche comme si j'avais qu'ça à faire » après tout cette piqûre n'était pas douloureuse, vil pirate elle se laisserait pas abattre et ça partirait aussi vite que cela était apparu non ? C'était pas son genre à Lou-Ann de se plaindre pour si peu après tout.

Refermant la porte de la cabine du médecin elle regarda le pont ; Lena était repartie s'affairer à quelques taquineries le sabre bien en main. Elle avait que ça à faire la gamine. Le capitaine reparti diriger son bâteau, sa mère, m'enfin celle qui s'obstinait à lui tenir tête était toujours enfermée dans sa cabine. Après tout peut être qu'elle devrait faire de même, aller s'allonger, fermer les yeux, oublier cet affront que Grâce lui avait fait devant bon nombre de pirates qui s'étaient pour ainsi dire esclaffés de la réponse de la seconde. Etait-elle simplement folle ?

S'excusant auprès de son partenaire de nettoyage du pont elle murmura « merci de m'avoir signalé pour mon épaule je m'excuse j'me sens pas très bien, j'vais aller m'allonger s'tu vois le doc tu peux lui dire que j'veux le voir ? » ; l'autre hocha la tête lui disant « va donc t'reposer ton polichinelle t'en  fait bien voir, j'te couvre ».

Lou-Ann se dirigea d'un pas lourd vers sa cabine sans un regard en arrière, croisant l'homme responsable de la cargaison d'enfants visiblement bien pressé ; il était pas affairé avec eux, que faisait-il à cet étage le bougre ? et pourquoi se permettait-il de la  la bousculer au passage ; elle aurait pu simplement lui dire de faire attention, mais absorbée elle se contenta de crisper la mâchoire un peu plus. Quelques pas de plus, des mètres faits sur le pont de l'Audacia et un bruit sourd coupant son avancée vers sa cabine.

Un échange  houleux se produisait à quelques mètres derrière elle. La jeune mousse se retourna, la curiosité l'emportant, elle se cacha écoutant l'échange. Merle Consent avait toqué à la cabine de sa mère et les deux semblaient passablement énervés. Elle percevait les échanges, non mais sérieusement sa mère avait perdu la tête ? elle était pas au courant ? Après tout cela ne la regardait pas... un pas en arrière se disant même qu'elle allait retourner comme si de rien n'était... mais la lame brillante que sa mère avait sorti face à l'homme eut le don de faire sortir les yeux de ses orbites ? Mais elle était folle ? On veut bien croire qu'une femme enceinte a les hormones qui plafonnent mais de là à être aussi directe il y avait un monde tout de même !

Quelques enjambées suffirent à Lou-Ann pour se rapprocher de l'échange entre les deux adultes, se positionnant entre les deux elle dévisagea tour à tour Grâce, Merle et s'exprima calmement « j'peux savoir c'qui se passe ici ? M'm... » elle allait pour dire M'man mais se mordit les lèvres à temps « Grâce range ton sabre il vaut pas l'coup que tu t'mettes dans ces états j'crois »... regardant Merle elle lui dit «la s'conde vous a dit que la cargaison était accessoire sur l'Audacia ; et d'ailleurs allez donc surveillez vos mômes au lieu d'ennuyer la s'conde » puis regardant son épaule « d'ailleurs la prochaine fois que vous m'croisez évitez d'me bousculer... r'gardez par vot'faute ».

Croisant ses bras un pas en arrière elle regardait alternativement l'inconnu, sa mère... mais pourquoi était elle pas allée dans sa cabine son espèce de mère allait encore gentiment lui dire de se mêler de ce qui la regardait... d'ailleurs elle allait peut être bien s'y rendre avant même qu'on l'y invite non ? Un nouveau pas en arrière pour obéir à sa future remarque cinglante...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 123
J'ai : 47 ans
Je suis : Voleur - Maître du Charme au sein de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Au Fils de l'Ombre
Mes autres visages: /
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 27 Avr - 9:49

Suis-je le seul à être saint d'esprit et à me rendre compte de l'importance de tout cela ? Je sais bien que ce sont des pirates, qu'ils sont plus enclin à la violence qu'à la compréhension, mais par les Dieux, un contrat est un contrat. Et le capitaine m'avait bel et bien affirmé que ce contrat avait la même valeur que l'un qu'il signait avec ses pirates, que ma cargaison était en de bonnes mains et qu'elle arriverait, saine et sauve, à destination. Or, force est de constater que cela n'est pas le cas. Ils se meurent. Soit, pas tous, mais si l'on ne fait rien, ce sera le cas, et c'est inadmissible. Je ne peux tout de même pas passer les malades par dessus bord pour éviter la contagion, si tant est qu'il n'est pas déjà trop tard... Si ? Toujours est-il que si les gosses ne se remettaient pas, il était hors de question qu'ils s'en tirent si facilement. Ou tout court, tout pirates qu'ils soient.

Je plisse les yeux quand la porte s'ouvre, loupant de peu de me la prendre en pleine tête. Mais j'ai beau être en colère et mécontent, je ne peux m'empêcher d'apprécier du regard celle qui me fait face. Certes, elle a l'air autant en colère que moi, et elle est bien trop enceinte à mon goût, mais je le savais déjà. Et tout cela n'enlève rien au fait que c'est une très jolie femme. Mais le sourire qui aurait pu apparaître sur mes lèvres disparaît tout aussi vite quand elle lève son sabre vers moi. Mon visage se ferme et mon regard devient froid. Ose-t-elle vraiment me menacer ? Je la dévisage, la laissant rapprocher son arme de mon visage. Comme si j'allais la laisser me défigurer. J'aurais beaucoup moins de succès auprès des femmes avec un œil en moins... quoiqu'une petite cicatrice... Mais non. Et surtout, elle délire complètement. Elle a perdu la tête.  
Je souffle un rire et j'ai un sourire mauvais en secouant la tête.

« Venant d'une future mère, je trouve cela quelque peu horribles comme paroles. L'Audacia est une magnifique Vivenef il est vrai. Toutefois, je crois que les hormones et la chaleur vous jouent des tours ma chère. Votre capitaine a signé le contrat, ainsi que le manifeste, vous étiez présente, l'avez-vous déjà oublié ? Vous avez accepté cette cargaison, vous vous êtes engagés à la livrer en bon état à destination. Qui plus est, vous avez une terrible réputation, mais ne me sous-estimez pas, c'est offensant. Je ne suis pas un vulgaire boutiquier, ma parole peut faire beaucoup. Croyez-vous qu'il vous sera aisé d'acheter ou de vendre quoique ce soit lorsque votre parole et vos promesses n'auront plus aucun poids ? »

Je fais un pas vers elle, son sabre effleurant ma joue, sans que je ne la quitte des yeux.

« Je le prends néanmoins comme un compliment. Et je suis certain que le capitaine sera ravi de connaître votre enthousiaste et votre sens de l'accueil envers ses invités et associés. »

Je tourne la tête vers la pirate qui s'avance vers nous. Jeune. Jolie. Aussi aimable que la seconde. Mais très jolie. Je lui trouverais aisément une place à elle. Je fais un pas en arrière, écartant la lame de mon visage d'un geste ferme. Et j'esquisse un sourire en regardant la pirate, avant d'incliner la tête à son intention.

« Je suis navré de vous avoir bousculé, j'aurais dû faire attention, d'autant plus face à une si jolie jeune femme. »

Je perds de nouveau mon sourire et secoue la tête, les dévisageant tour à tour. Je m'éloigne et désigne la cale, marchant nerveusement, avant de revenir vers elles.

« Quant à mes enfants, je reviens justement de la cale. Je ne sais pas ce que vous leur avez refilé à manger ou à boire, mais ils sont malades. Il y en a déjà un mort, et d'autres vont suivre. Les pertes ne sont pas acceptables. Votre capitaine s'est engagé à les acheminer en bonne santé. Si cela ne vous plaît pas, je ne peux que vous conseiller d'aller en discuter avec votre capitaine et non avec moi. Mentionnez-lui donc que ma cargaison est accessoire et que sa parole est donc sans importance. Nous verrons bien ce qu'il en dit. »

_________________


Tous les enfants ont du génie, le tout est de le faire apparaître
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 27 Avr - 15:53

Elle aurait pu ressasser son incompréhension, le fait que ce monde était devenu fou, ou même qu’elle ne comprenait rien à ce qu’il lui arrivait, mais elle avait eu la certitude qu’elle n’était pas folle. Certitude qui lui était venue d’un… crabe. À ceci près que, si elle le croyait – et ça n’était pas la chose la plus improbable qui survenait dans cette illusion -, il s’agissait de Grim. Qui ne volait plus. Qui était rouge. Et pinçait – il avait bien failli lui arracher la main, quand elle avait tenté de le sortir de sa cabine en y revenant. Peut-être devrait-elle le conseiller de faire de même, à l’homme face à elle. Ça lui aurait donné une bonne leçon. Mais son sabre suffirait. Et le sourire qui disparaît du visage de l’inconnu le lui prouve, alors que le sourire de Grâce se fait bien plus présent. Qu’il la craigne. Qu’il ne joue pas, avec son courroux. Elle n’hésiterait pas.

« En êtes vous sûr ? Mes… filles sont sur ce navire, la première à mes côtés en cet instant. Croyez-vous réellement que je craigne d’affirmer et de mettre à exécution de telles choses ? Que de vous voir dévoré par un requin ne m’emplirait pas de joie ? Quant aux hormones, je ne vous conseille pas de répéter cela. »

Ce disant, elle accentua la morsure de la lame sur la joue de l’homme, appréciant la vue de son sang ornant le pont. Elle avait pendant suffisamment longtemps fait preuve de retenue face à des hommes qui la rabaissaient du fait de sa condition, elle ne comptait pas laisser quiconque y parvenir encore. Et qu’il garde une trace ineffaçable de cette confrontation lui plaisait plus qu’elle ne l’admettrait.

« Quel terrible sort serait-ce, que vous disparaissiez noyé, et que plus personne ne puisse entendre cette parole, que vous semblez tant désireux de partager. Je peux vous épargner, bien sûr, si vous parvenez à m’en convaincre. À moins que je ne vous empêche d’écrire, et de parler, tout en vous laissant la vie sauve… Tant d’options se présente à moi. Mais vous devez moins goûter au chantage, quand il provient de quelqu’un d’autre, n’est-ce pas ? Encore moins lorsqu’il est effectué sur mon territoire, à un endroit où vous n’avez aucune suprématique. »

Elle n’en ferait rien, mais il ne le savait pas. Elle n’était pas une meurtrière sanguinaire ou une adepte de la torture, quoi qu’il en soit. Elle raffermit sa prise sur le sabre, alors qu’il le repoussait, l’enfonçant dans sa main sans états d’âme malgré tout. Il se soumettait à cela, et pas elle, en ne conservant pas l’immobilité.

Elle écarquilla les yeux, cependant, en entendant parler d’enfants. Des enfants ? Enfermés dans la cale ? Un mort ? Elle devint livide. Comment l’Audacia pouvait-il s’être livré à de telles pratiques ? Poussant l’homme, accordant peu d’attention à Lou-Ann, elle se précipita vers la cale, pour finir atterrée par ce qu’elle voyait. Et ils s’étonnaient de la maladie ? Des morts ? Elle entreprit de faire sortir les enfants, à l’air libre, les suivant lorsque le dernier lui passa devant. Elle tentait d’ignorer l’enfant mort à ses pieds, mais ne pouvait se résoudre à le regarder. C’était plus fort qu’elle, elle se précipita pour vomir dans les eaux déchaînées.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 27 Avr - 18:48

Panique sur les flots ; cargaison en danger ; Grâce qui perdait la tête ou peut-être était-ce elle-même qui n'avait plus les neurones à leur place. Rassurée de l'arrivée de Merle. Encore heureux, lui avait la notion de la réalité de l'Audacia. Mais oh, quel courage d'affronter la seconde. Regard de braise entre les deux adultes sous le brouhaha du pont qui ne se trouvait point perturbé de cet échange s'annonçant musclé. La lame scintillante venait de faire perler le sang sur la joue de l'homme.

Des paroles de la seconde qui plongèrent Lou-Ann dans un trouble encore plus profond que naguère « 'ses filles » ; mais elle se moquait d'elle éperdument aujourd'hui ! Elle ne se souvenait point de l'affront qu'elle lui avait fait devant les marins hilares il y a quelques minutes ? Le sabre entre les mains de la seconde, cela commençait presque à inquiéter la jeune mousse. ; certes on ne mettait point une telle lame dans les mains d'une enfant mais dans les mains de la seconde qui avait visiblement perdu la tête, il était point certain qu'elle soit plus en sécurité Elle qui n'en avait point touché un depuis que sa bedaine avait débuté son travail handicapant hésitait à s'en saisir. Certes ce serait un geste d'insubordination mais à quel point pouvait-elle en être Lou-Ann ? Elle tenait, malgré tout, à sa maman et dans cet état, une peur profonde s'emparait de ses entrailles ; à perdre autant la tête, ne risquait-elle pas simplement par finir de faire du mal à ses proches ou aux gens qui lui sont cher ?

Et ce Merle  qui, certes, adroitement s'excusait de l'avoir bousculé ; malgré sa jeunesse, Lou-Ann avait remarqué l'étincelle dans les yeux de l'homme. Une lueur d'envie ? N'aurait-il la pensée  de la coller avec sa cargaison ? Encore une raison qui la motivait à s'emparer de ce sabre ; sait-on jamais, on n'était point trop prudent et pour l'heure, il semblait bien qu'elle était la seule à avoir la tête sur les deux épaules en ce moment sur l'Audacia. Paranoïa quand tu nous tiens. Aucune parole ne sortit de la bouche de l'aînée de Grâce. Des enfants malades ? Pour sûr que le capitaine n'allait guère être enthousiaste de l'apprendre ; il aimait remplir ses missions et son devoir sans aucune perte. Mais si Merle s'obstinait à prétendre que c'était de sa faute, nul doute que Rackam allait voir rouge.

Lou-Ann n'eut guère le temps de réagir que déjà, Grâce se dirigeait à la manière d'une furie vers la cale. La mort d'un enfant semblait l'avoir ramenée à la réalité. Enfin, ce n'était pas trop tôt ; il avait fallu la mort d'un enfant pour que la seconde recouvre ses esprits ? A moins que ce ne soit le sentiment maternel supérieur à bien d'autres qui reprenait le dessus ? Lou-Ann se retrouvait face à Merle et d'une simple parole  lui dit « j'vous félicite z'avez réussi à c'qu'elle sorte de sa cabine ; par ailleurs, j'vous remercie pour vos compliments m'sieur mais cessez ce regard à mon égard, j'nsuis pas à vendre » ; curiosité malsaine de comprendre ce qu'il se passait en fond de cale Lou-Ann suivit  Grâce, le responsable des enfants probablement sur ses talons « 'lons voir c'que vos gosses ont ; j ;'pense que la s'conde doit d'ja y être ».

Pas précipité, vision d'une seconde qui penchée sur le bastingage vomissant à triple boyaux alors qu'une multitude d'enfants sortaient ; air libre... bouche bée Lou-Ann regarda  Merle totalement interdite, Grâce... que faire ; la lame de la seconde laissée désormais libre elle se rapprocha de sa mère passant une main dans son dos, tout en s'emparant de son arme. D'une voix douce, elle lui murmura « désolée, c'est pour ton bien ».

Pour sûr, elle ne pratiquait guère mais elle était sournoise la jeune mousse  s'éloignant de Grâce un regard vers Merle elle lui dit sèchement « dans quel état vous avez laissé ses enfants ? Vous n'aviez qu'à vous assurer qu'ils étaient en bonne santé avant d'les charger sur l'Audacia » la main sur le sabre elle recula un peu plus. La lame était perceptible s'adressant à sa mère elle lui dit « m'man va t'reposer j'vais chercher le captain, c'est d'son ressort c'problème  » le regard posé sur le sabre elle s'empourpra « et désolée je subirai ton courroux plus tard ».

Elle devait faire vite, aller chercher Rackam ; lui demander de gérer le problème. D'un pas rapide jusqu'à la cabine la plus élevée, elle toqua à la porte, attendant l'invitation à y pénétrer  alors qu'elle percevait les cris d'enfants au milieu des marins . Nul doute que la sortie du maître  n'allait tout de même point tarder « scuzer moi M'sieur, la s'conde est malade, la cargaison aussi » honteuse elle baissa les yeux « j'ai outrepassé mes droits et dérober la lame de la s'conde ; j'vais peur qu'elle se fasse mal ; après tout c'est ma mère... et j'sens qu'elle est pas très bien aujourd'hui Msieur » ; Rackam aurait pu sortir de ses gonds, il en fut tout autre ; la main posée sur son épaule qui semblait diminuer de volume il lui dit « J'te suis Lou 'lons voir c'qui s'passe ».

Lou-Ann portait certes son enfant, mais elle n'en restait pas moins respectueuse. C'est donc accompagnée du capitaine de l'Audacia qu'elle rejoignit Grâce et Merle passant au milieu des enfants qui criaient de vive voix. Les pirates semblaient décontenancés ; certains tentaient vainement d'obtenir le silence et de les calmer. Leur corps décharné, les yeux privés de lumière, la jeunesse de ses âmes éclatait sur le pont de l'Audacia. Rêveuse, Lou-Ann la main toujours sur le sabre elle laissait faire. Pourquoi sortir le sabre face à eux cela aurait été déraisonnable. Ils aspiraient à la liberté, des chants s'élevaient de leurs gorges déployées. Touchée dans son cœur de future maman, elle profitait de l'instant, pirate mais enfant avant tout.

Lou-Ann était finalement revenue vers les trois adultes se positionnant en retrait ; Grâce devait être probablement furieuse de tant d'insubordination de sa part, qu'importe elle était plus à cela près ; déterminée, Lou-Ann avait le sabre bien en mains prête à s'en servir... Le calme de Rackam dans sa cabine contrastait avec la voix qui sortait à présent de la bouche du capitaine « Hé ! J'peux s'voir c'qu'il s'passe 'ci ? Grâce ? P'quoi les enfants y sont d'hors ?! Et toi mon gars, c'quoi c'bordel sur mon navire ? 'xpliquez vous, et vite » 

Oh oui c'était le foin, le bazar sur l'Audacia ; la terre n'était point proche, la traversée s'annonçait longue...

_________________




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 123
J'ai : 47 ans
Je suis : Voleur - Maître du Charme au sein de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Au Fils de l'Ombre
Mes autres visages: /
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 6 Mai - 23:55

Oh par les Dieux ! Les femmes sont tellement insupportables. Et le fait que celle-ci soit enceinte n'arrange rien à l'affaire, loin de là. Vindicative et arrogante. Dangereuse sans doute, mais beaucoup trop suffisante et insupportable pour que je ne la prenne réellement au sérieux. Enfin, je veux dire, bien sûr qu'elle pourrait me tuer, et ça me dérange même de prendre la lame située dans ma botte, mais elle parle beaucoup trop pour ne rien dire. Certes, je sais que je suis pas mal dans mon genre, que je suis plutôt bavard aussi, mais moi, c'est justifié et plus qu'un peu. Elle... ce ne sont que des propos creux. Ou pas. Mais je m'en fiche. Et elle se satisfait de bien peu à voir son sourire. Je tourne la tête vers la demoiselle. Sa fille ? Je ne bouge pourtant, même alors que je sens le sang perler sur ma joue.

« Votre fille ? N'êtes-vous pas trop jeune pour avoir une fille de cette âge ? Mais passons, ce n'est pas le sujet. Croyez-vous m'impressionner ainsi ? Passez-moi donc par dessus bord. Sans doute mes menaces sonnent-elles creuses aux oreilles de pirates, mais ne pensez pas que ma famille soit sans ressources et sans pouvoirs. Aussi puissants soyez-vous, vous n'êtes pas intouchables. »

J'attrape un mouchoir et le presse sur ma joue en soupirant.

« Oh. Les menaces et le chantage. Si je n'avais pas déjà été menacé, harcelé, insulté, par bien pire que vous, et je ne dis pas ça parce que vous êtes une femme ou que vous êtes enceinte, mais je connais plus puissants et plus impressionnants que vous ma Dame, je serais donc sans doute terrorisé. Mais comme dit, si vous voulez me tuez, faites-vous plaisir. Mais évitez de m'ôter la langue ou une main, vous feriez bien trop de malheureuses. »  

Elle risque de ne point trop goûter cette plaisanterie non plus, pas plus que mon sourire. Mais comme dit, j'avais déjà subi trop de menaces pour m'en offenser réellement ou m'inquiéter plus que de raison. Je n'allais pas me taire non plus parce que cette dame avait des bouffées de chaleur. Et je conserve mon sourire même alors qu'elle enfonce sa lame au creux de ma main. Me voir grimacer lui ferait trop plaisir. J'ouvre la bouche alors qu'elle me repousse, fronçant les sourcils en la suivant des yeux. Mais quelle mouche l'a piqué ? Je place le mouchoir autour de ma main en un bandage sommaire et je plisse les yeux. Mais qu'est-ce qu'elle fout ?? J'ai un sourire en coin malgré tout en entendant la plus jeune.

« J'ai un talent certain pour faire réagir les dames. Même si en général, c'est plus positif que cela... Et je n'ai pas l'intention de vous vendre, votre mère est bien trop terrifiante... Mais vous n'en êtes pas moins ravissante. »

Je doute qu'elle s'éloigne assez des autres pour que je puisse tenter quoique ce soit de toute manière. Je soupire en la suivant avant de me figer. Sérieusement ? J'écarquille les yeux un instant en voyant les mômes débarquer sur le pont, et je tourne la tête pour voir ladite seconde en train de vomir. Je plisse les yeux alors que la gamine rejoint sa mère et s'empare de sa lame avant de se sauver. Super. Il ne manquait plus que cela. Je hausse un sourcil.

« Ils ETAIENT en bonne santé. Je ne suis pas stupide ! »

Exaspérants et insultants, ces pirates sont tellement rustres. Elle a beau avoir la lame, elle, je ne m'inquiète pas trop de devoir la désarmer. Je regarde froidement les enfants qui s'installent sur le pont, avant de lancer un regard peu avenant à la seconde. Bien. Des problèmes à l'horizon. Et le fait de voir le capitaine venir vers nous n'est pas aussi rassurant que cela le devrait. Ou peut-être que cela n'est pas censé l'être. Hum.

« Les enfants sont dehors car votre seconde a dû croire qu'un bol d'air frais leur ferait du bien. Ce qui n'est pas forcément faux, mais les faire tous sortir en même temps... n'était visiblement pas très judicieux. »

Je hausse une épaule, sans m'étendre davantage. Je ne vais pas incriminer sa seconde plus que nécessaire sans en savoir plus.

« Quant au reste... le médecin hésite encore, mais je comptais aller vous voir. Mes enfants allaient bien en montant sue l'Audacia. Je ne sais si c'est quelque chose qu'ils ont mangé ou bu ou dans l'air et peu m'importe. Capitaine, avec tout le respect que je vous dois, ils sont tombés malades sur votre navire. Et j'ai payé suffisamment cher pour que cette traversée se déroule sans incident du genre. »

D'accord. En toute objectivité, je n'ai pas envie de mourir. Mais je suis resté plus que poli je trouve.

_________________


Tous les enfants ont du génie, le tout est de le faire apparaître
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Voltigeurs • Admin
avatar

Messages : 3728
J'ai : 37 ans
Je suis : Voltigeuse

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Ermengarde, duchesse de Bellifère ; Alméïde, princesse d'Erebor, et son duc, Anthim ; Augustus, empereur d’Ibélène
Mes autres visages: Tristan d'Amar, Sitara d'Erebor, Meldred Vif-Ressac, Astrée Aubétoile
Les Voltigeurs • Admin
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 13 Mai - 12:34

Grâce ne se souciait plus vraiment de ce qui l’entourait, et si elle raffermit sa poigne sur l’arme que Lou tentait de lui prendre pendant un moment, elle la laissa aller. À quoi bon conserver un sabre alors qu’elle rendait ses tripes par-dessus bord ? Elle se remémorait ses premières fois sur l’Audacia, alors que le roulis la rendait incroyablement malade. Mais l’idée de porter un enfant sans même savoir d’où il venait… Cela suffit à la faire frémir à nouveau. Et si… Et si Alban était vivant ? Si elle l’avait fuit, à nouveau ? La pensée la figea sur place, la terrorisant. Peut-être… Peut-être devrait-elle s’enfermer dans sa cabine, comme elle l’avait prévu, et ne plus jamais en sortir.

Oui, peut-être. Sauf que l’homme protestait encore, et que Lou avait appelé… le capitaine. L’usurpateur. Elle avait déjà vu l’homme, affronter l’Audacia. Le frère du nouvel apprenti d’Ilse… Qu’est-ce qu’il foutait là ? Et pourquoi il avait pris la place de Philippe ? Elle s’apprêtait à lui répondre, en lui refusant le droit de l’appeler Grâce – ils ne se connaissaient pas, après tout -, mais l’inconnu vendeur d’enfants lui coupa l’herbe sous le pied. Comme si elle ne pouvait pas prendre la parole elle-même. L’envie la démangeait de lui couper la parole, mais elle garda le silence malgré elle.

« Vous aurez qu’à me prendre en compensation, pour l’enfant perdu et ceux à venir. Je vous servirais de servante. »

Et elle fuirait, dès qu’elle le pourrait. Comme elle l’avait fait quand elle avait quitté Bellifère.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Le Pavillon Noir
avatar

Messages : 454
J'ai : 15 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : L'Audacia
Mes autres visages:
Le Pavillon Noir
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Lun 15 Mai - 23:22

La nausée, le mal de ventre commençaient doucement à la reprendre la jeune mousse ou bien était-ce cet affront, cette contrariété qu'elle vivait depuis toute à l'heure ? Le mal de tête naissait de manière franche au point qu'elle sentit comme un début de malaise s'emparer d'elle.

La patience de Lou-Ann touchait son apogée mais bon elle n'allait point encore subir l'affront de celle qui prétendait n'être point sa mère... elle faisait peur quand même... et c'était pas le moment de la contrarier vu l'état dans lequel elle se trouvait. Lou-Ann était restée un peu en retrait de Rackham les laissant débattre entre adultes.

Elle n'écoutait plus, tenant la lame de Grâce entre les mains elle se rendit compte de son geste et la fit tomber sur le pont de l'Audacia. Cette lame dans sa main, beurk, un haut le cœur s'empara de l'ainée de Grâce qui était prise d'un profond vertige alors que la vivenef tanguait de plus en plus dangereusement et qu'une fine pluie se faisait sentir.

Alors que les échanges semblaient toucher à leur fin, elle s'accroupit, se saisissant du sabre, elle baissa la tête, le déposant aux pieds de Grâce elle siffla entre ses dents serrés « j'crois qu'c'est à toi, fais en bon usage » regardant Monsieur Consent et le capitaine elle échangea un bref regard avec eux deux avant de leur dire « d'solée j'me sens pas bien, trop d'choses... et la nuit va pas tarder... espérons que demain s'ra une bien meilleure journée que celle d'aujourd'hui... sur ce moi j'vous quitte ».

Lou-Ann sans attendre approbation ou contre ordre se dirigea vers sa cabine et s'enferma à double tour. Couchée sur le flanc, des frissons la parcoururent, la main sur le ventre dur, un liquide transparent, des larmes coulaient sur ses joues rougies par le froid provoqué par l'humidité ambiante. Elle n'avait qu'une seule envie, accoster à Lorgol, mettre cet enfant au monde, trouver un parti et ne jamais remettre les pieds sur cette vivenef... Lou-Ann était partie pour une nuit sans sommeil... les yeux mi-clos entendant les cris des pirates sur le pont... les heures défilaient, et avec elle le poids de l'incompréhension et de la tristesse profonde qui se manifestait par ces larmes qui coulaient sans un sanglot

_________________




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 123
J'ai : 47 ans
Je suis : Voleur - Maître du Charme au sein de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Au Fils de l'Ombre
Mes autres visages: /
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Ven 19 Mai - 15:28

Je lève les yeux au ciel et me retient de jurer une nouvelle fois en voyant les enfants se répandre, et la seconde continuer son délire. Même si je ne peux m'empêcher de la fixer, les yeux un peu écarquillés, quand elle reprend enfin la parole. Était-elle folle ? Je souffle un rire et secoue la tête.

« Non pas que vous ne soyez pas à mon goût seconde, mais je crains que votre capitaine ici présent n'apprécie point . Qui plus est, je n'ai pas envie de devoir vous attacher ou vous surveiller à chaque seconde qui passera. Aussi alléchante que votre offre puisse paraître, vous me voyez désolé de la refuser. »

Je regarde la jeune mousse... ou... enfin, la jeune femme ramasser l'arme et s'enfuir avant que quiconque ne proteste. Grand bien lui fasse, et j'avais grande envie de faire pareil à dire vrai. Pas de m'enfuir, mais d'avoir la paix.

« Ne devriez-vous pas en faire de même ma Dame ? Le capitaine et moi-même allons sans aucun doute trouver un terrain d'entente. J'ai ramené une excellente bouteille de rhum, Capitaine, nous ferions bien d'aller en discuter dans votre cabine, si vous le voulez bien ? »

Je lui souris, avant de faire signe à un mousse.

« J'apprécierais que mes enfants regagnent leur place au plus vite. Donnez-leur à boire et à manger, et rentrez-les. »

Je me tournais à nouveau vers le Capitaine, qui faisait signe au mousse de m'obéir. Enfin je suppose que c'est ce que cela signifie. Il reprend la route de sa cabine. Bien. Fantastique. Je soupire, avant d'aller chercher la bouteille de rhum, et de rejoindre le capitaine. Tu parles d'un voyage sans heurt...

_________________


Tous les enfants ont du génie, le tout est de le faire apparaître
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Panique sur les flots ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Vent de panique au Collège St-Paul (koté sa pralé mezanmi)
» Résumé de l'intrigue
» La fausse dragibus s'en va, voguer sur les flots...
» Stressed Eric alias Eric la panique [Télé/Série animée]
» INTRIGUE #1 ☠ halloween party

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arven :: Les Terres du Nord :: Au large :: L'Audacia-
Sauter vers: