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 Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée

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Message Sujet: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 1 Avr - 1:29




Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
#3 ♦ Maximilien & Séverine

Tout vient à point à qui sait attendre

Intrigue 2.3 ♦ Trame temporelle alternée




Qu’elle est jolie, sa jeune épouse !
Et accorte !
Et bien faite !
Et résolument utile.
Maximilien n’a qu’une idée en tête, depuis que ses plans de mariage se sont concrétisés : user de l’influence de Séverine sur Castiel pour trouver un moyen de conquérir le trône. Elle y est plutôt réfractaire, d’habitude, la belle cousine du duc ; mais aujourd’hui, à la grande joie du comte, elle semble convaincue de coopérer.
C’est que des deux, Séverine, elle, se souvient de sa vie d’avant : elle se rappelle des humiliations, de la mise à mort de ses parents, de la cruauté de Castiel et de Maximilien prêts à la vendre à Martial comme une vulgaire génisse aux flancs fertiles. Alors elle consent, Séverine, prête à se venger dans cette nouvelle vie des souffrances endurées dans l’ancienne, prête à comploter pour renverser Castiel.
Son cher époux, de toute manière, ne survira pas assez longtemps pour coiffer la couronne une fois le méfait accompli… !




Consignes

Le Destin vous passe la main



• Ce topic est votre participation à l'intrigue 2.3 La Roue Brisée et n'est ouvert qu'à vous.  

• Vous devez y poster au moins une fois par semaine chacun.  

• Ce sujet devra être clôturé avant le dimanche 28 mai !  

• Vos personnages doivent arriver à Lorgol en fin de sujet, pour rejoindre l'Académie, ils ont le pressentiment qu'on les y attend. De fait, un campement de romanichels rescapés commence à se former dans la forêt de sapins à proximité. Vous serez sûrement au complet vers la fin du mois de mai.

• C'est le Destin qui décide si votre personnage a conscience d'avoir vécu une autre vie auparavant, ou pas ! Respectez bien votre contexte, et soyez attentifs : il peut vous faire retrouver la mémoire en cours de sujet...  

• Le premier message posté sera obligatoirement le formulaire d'ouverture des RP ! Pensez à le dater et à insérer le lien de votre sujet à l'endroit prévu pour permettre son recensement dans la chronologie.

• Le Destin passera peut-être vous taquiner de temps en temps...

• Pas de limite de mots, vous êtes des dragonnets libres, liiiiiiibres !

Bonne chance à tous !  


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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 1 Avr - 20:53


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Maximilien de Séverac & Séverine Belastre

Tout vient à point à qui sait attendre

La vengeance est un plat qui se mange froid



• Date : 14 Avril 1002
• Météo : Le matin est clair, il fait frais
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Qu’elle est jolie, sa jeune épouse !
Et accorte !
Et bien faite !
Et résolument utile.
Maximilien n’a qu’une idée en tête, depuis que ses plans de mariage se sont concrétisés : user de l’influence de Séverine sur Castiel pour trouver un moyen de conquérir le trône. Elle y est plutôt réfractaire, d’habitude, la belle cousine du duc ; mais aujourd’hui, à la grande joie du comte, elle semble convaincue de coopérer.
C’est que des deux, Séverine, elle, se souvient de sa vie d’avant : elle se rappelle des humiliations, de la mise à mort de ses parents, de la cruauté de Castiel et de Maximilien prêts à la vendre à Martial comme une vulgaire génisse aux flancs fertiles. Alors elle consent, Séverine, prête à se venger dans cette nouvelle vie des souffrances endurées dans l’ancienne, prête à comploter pour renverser Castiel.
Son cher époux, de toute manière, ne survira pas assez longtemps pour coiffer la couronne une fois le méfait accompli… !
• Recensement :
Code:
• [b]14 avril 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1946-tout-vient-a-point-a-qui-sait-attendre-intrigue-2-3-la-roue-brisee#58312]Tout vient à point à qui sait attendre[/url] - [i]Maximilien de Séverac & Séverine Belastre[/i]
Qu’elle est jolie, sa jeune épouse !
Et accorte !
Et bien faite !
Et résolument utile.
Maximilien n’a qu’une idée en tête, depuis que ses plans de mariage se sont concrétisés : user de l’influence de Séverine sur Castiel pour trouver un moyen de conquérir le trône. Elle y est plutôt réfractaire, d’habitude, la belle cousine du duc ; mais aujourd’hui, à la grande joie du comte, elle semble convaincue de coopérer.
C’est que des deux, Séverine, elle, se souvient de sa vie d’avant : elle se rappelle des humiliations, de la mise à mort de ses parents, de la cruauté de Castiel et de Maximilien prêts à la vendre à Martial comme une vulgaire génisse aux flancs fertiles. Alors elle consent, Séverine, prête à se venger dans cette nouvelle vie des souffrances endurées dans l’ancienne, prête à comploter pour renverser Castiel.
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Dernière édition par Maximilien de Séverac le Dim 2 Avr - 7:05, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 1 Avr - 20:59

Il est bien décidé à revenir sur le tapis avec ses idées, Maximilien. Depuis qu’il a épousé Séverine, il ne se passe pas un seul jour sans qu’il évoque ses plans. Parfois de façon subtile, une remarque presque innocente glissée dans une oreille, parfois d’une façon qui l’est bien moins. Il tâte le terrain, le comte, sans aucun doute, espérant y déceler une faille et s’y glisser. Avoir épousé la si jolie et si douce cousine de Castiel est déjà une grande étape de franchie, et il s’en occupe bien, de sa jeune épouse. Pas par crainte qu’elle aille voir ailleurs - la blessure laissée par Ismalia est encore douloureuse, malgré le temps - mais par considération envers ses propres désirs.

Mais jusqu’à présent, Séverine a dit non. Avec amusement souvent, avec agacement parfois, et le sujet est devenu récurrent entre eux. Ils l’évoquent comme une vieille discussion, sans jamais s’énerver réellement, bien que leurs décisions soient aux antipodes. Il ne bat pas en retraite pourtant, le brave Maximilien : il réussira à lui faire entendre son point de vue, un jour. Il est obstiné, le comte, et nul ne pourra jamais l’accuser d’être du genre à oublier ses objectifs.

Séverine a l’oreille du duc de Sombreciel, nul n’en a jamais fait mystère. Et Maximilien l’a bien compris, en épousant la jeune femme : elle est une voie directe pour le trône. Le seul détail, fâcheux s’il en est, est bel et bien de convaincre l’intéressée. Il ne recule devant rien Maximilien : il la couvre de cadeaux, la jolie demoiselle de son cœur, d’attentions et de mots doux, d’allusions sur leur vie future aussi, si tant est qu’il accéderait à une fonction plus prestigieuse que celle de comte. Il tâte le terrain, évoquant à mots couverts son mépris pour la faiblesse du duc actuel, l’avenir de Sombreciel, sous l’égide de quelqu’un de fort, d’audacieux, d’intelligent. Lui, en d’autres termes.

Mais Séverine est loyale envers son cousin, désespérément loyale, au grand dam de son époux. La loyauté, il l’a appris quand Ismalia l’a trompé, n’est pas une valeur très répandue, et il fallait qu’il ait la malchance que sa nouvelle épouse en soit pétrie ! Maximilien quant à lui, n’éprouve plus ce genre de sentiment : il désire le trône, il désire renverser l’homme qui a épousé sa propre fille, la jolie Mélisende qu’il ne voit plus guère. Encore une erreur qu’il ne peut pardonner à Castiel, jure-t-il en toute mauvaise foi, comme si elle était de son fait. Et pour réparer cette erreur, il n’existe qu’un seul moyen : se hisser, lui, sur le trône. Alors ce matin, il a mis toute les chances de son côté, et c’est au lit qu’il a fait apporter à son épouse le petit déjeuner. Ses mets préférés et un verre d’une liqueur si fine et sucrée qu’on en oublierait presque qu’elle est alcoolisée, voilà qui devrait amadouer la jeune femme dès son réveil.

C’est plein d’entrain que Maximilien s’est assis auprès de Séverine, un air innocent et curieux peint sur son visage. Pas de brusquerie, de la douceur, en toute chose. Surtout lorsqu’il s’agit de plier quelqu’un à ses désirs. « Ma douce épouse, avez-vous bien dormi ? Vous êtes plus resplendissante de jour en jour, ma tendre amie. » Il laisse passer un moment avant de reprendre. « Trelor vous a-t-il porté conseil ? Le sujet que nous avons évoqué hier soir est plus que jamais d’actualité : un joyau tel que vous mérite un palais pour écrin, et une couronne de duchesse pour souligner sa grandeur. » Lui aussi les mérite. Et surtout, Castiel n’est certainement pas l’homme qu’il faut sur le trône de Sombreciel. Ce cancrelat ne mérite que d’être jeté au fond d’une geôle pour y pourrir à loisir.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Lun 3 Avr - 14:17

Son corps flottait dans une matière soyeuse et légère.  Encore endormie, elle se retourna entre les draps si doux.  Quel matelas moelleux!  Elle soupira d'aise et s'étira comme un chat : voilà qui répondait à ses goûts de luxe, c'est ainsi qu'elle aurait dû passer toute sa vie.  Était-ce un rêve?  Non, même en rêve elle n'aurait pu apprécier la douceur de la soie sur laquelle reposait son corps complètement dénudé.  Elle fit glisser ses doigts sur le tissu velouteux et rit gaiement.  Par quel miracle avait-elle trouvé pareille situation, un bonheur si pénétrant?  Elle se redressa, ne cherchant pas à couvrir sa poitrine à l'aide des couvertures, alors que des plats à l'odeur alléchantes se présentaient devant elle, réparti dans des présentation plus élaborées les une que les autres.  Le fin fumet réveilla son appétit et elle était toute prête à goûter à ces délicatesses lorsqu'elle remarqua quelqu'un s'approcher d'elle, la dévorant des yeux.  Seulement, ce quelqu'un n'aurait pas dû être là.  Du moins, il aurait pu, mais avec un air aussi caressant.  Elle ne ressentait aucune honte à être vue nue par le conseiller de son cousin, donc elle ne tenta pas de camoufler sa peau blanche et se contenta de poser un regard calme sur Maximilien.  Néanmoins, elle restait méfiante.  Quel piège tente-t-il encore de lui tendre?  Elle sait très bien qu'il se tient sur ses gardes face à elle.  Ne l'a-t-il pas assez enchaînée en susurrant l'idée à Castiel de la fiancer à Martial de Bellifère?  Elle l'accueillit tout de même avec le sourire : se montrer souple et soumise.  Il ne servait à rien pour le moment de s'effaroucher et de monter sur ses grands chevaux.  Et puis, il y avait quelque chose de pas normal : elle ne savait pas du où elle était, ni comment elle y était arrivée.  C'était assez pour la mettre sur ses gardes et faire usage de ses talents de dissimulatrice.

La surprise fut un peu difficile à cacher lorsqu'elle s'entendit appeler ainsi.  Ma douce épouse?  Quelque chose d'anormal était en train de se produire.  Pourtant, ce n'était pas du tout le genre de plaisanterie auquel le conseiller ducal se permettrait de faire, en tout cas certainement pas à la fille de renégats.  Elle commença par picorer les divers mets présentés à son palais, le temps de réfléchir.  Elle ne savait pas exactement quelle conversation avaient-ils eu ensemble la veille, mais on eu dit que ce qu'on essayait de lui proposer c'était de renverser le duc en place.  Elle resta perplexe un instant et manger était un moyen efficace de ne pas le montrer.  Et si c'était un piège pour vérifier si elle avait oui ou non des idées révolutionnaires?  Il fallait se montrer circonspect.

« Eh bien, il m'apparaît qu'effectivement qu'une couronne ducale mettrait en valeur mon visage, mais je ne comprends pas ce que vous voulez dire.  À la tête de quel duché comptez-vous me mettre? Commença-t-elle avant d'ajouter après une pause, très cher? »

Si elle était effectivement mariée à cet homme, il ne fallait pas le mettre en suspicion qu'elle n'était pas celle qu'il connaissait.  Il était surtout improbable qu'elle ne se souvienne pas de la conversation qu'ils avaient eu la veille, donc il fallait y pallier rapidement.

« Pardonnez-moi, je n'ai pas encore les idées tout à fait claires, vous me surprenez de bon matin, » expliqua-t-elle, justifiant ainsi qu'elle ne soit pas certaine de ce qu'ils étaient en train de traiter.  Il avait bien pu parler de sa future place en tant qu'épouse de Martial – coup qu'elle ne pardonnerait jamais à son cousin, ni à cet homme qui se tenait en face d'elle – et elle ne souhaitait nullement devenir la duchesse d'un duché de misogynes.  Elle n'y serait d'ailleurs pas très appréciée.  Peut-être qu'avec un peu de mauvaise foi on la renverrait en Sombreciel, mais elle doutait qu'elle y reçoive bon traitement.

Si les choses avaient donc changé en l'espace d'une nuit, comme elle était tentée de le croire, peut-être tenait-elle la chance d'obtenir la vengeance dont elle avait toujours rêvé.  Elle ne devait pas laisser cette chance lui filer entre les doigts.  Si le vieux Séverac comptait renverser Castiel, elle ne l'en empêcherait point, bien qu'elle ne conçut pas en quelle façon elle pourrait y contribuer, elle qui s'entendait comme chien et chat avec son cousin.  Puis, rien ne garantissait que le noble survivrait longtemps à ses ambitions, une fois celles-ci abouties.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 5 Avr - 11:05

Maximilien laisse son épouse émerger doucement, se remettant de la nuit qu’ils ont passés ensemble. Il la laisse picorer à sa guise dans les plats qui lui sont présentés, attendant qu’elle soit prête à tenir une discussion qui, si elle les opposait depuis longtemps, n’en restait pas moins essentielles aux yeux du comte. C’est bien pour atteindre Castiel, qu’il s’est marié à elle ! Et aussi jeune, belle et talentueuse que soit son épouse, Maximilien n’entend pas ne pas en profiter politiquement.

Mais elle semble jouer les ingénus, la belle Séverine. Peu importe, c’est un jeu auquel Maximilien accepte de se prêter de bonne grâce : tant qu’il peut en ressortir quelque chose d’avantageux ! A moins que ce ne soit le sommeil qui embrume alors son esprit ? Le comte se rapproche, saisissant entre ses doigts une pâtisserie avant de venir s’asseoir sur le lit, à côté de la jeune femme. Tendant le délicat feuilleté à la jeune femme, dans l’intention évidente qu’elle le croque alors qu’il le tient encore - oh, la discussion est sérieuse, mais le plaisir est une affaire tout autant sérieuse en Sombreciel - , Maximilien lui explique patiemment. « Celle de Sombreciel, quelle autre ? Vous feriez sans doute une kyréenne adorable, mais je doute que le duc vous apprécie autant que votre cousin. » C’est bien pour ça qu’il l’a épousé, après tout : sa grande connexion avec Castiel de Sombreflamme.

« Vous aies-je tant embrouillé les sens cette nuit, que vous avez oublié jusqu’à nos discussions précédentes ? » Demande Maximilien, une pointe d’amusement perçant dans le sérieux de ses yeux. « Ou est-ce une nouvelle façon de refuser mes propositions ? » Se rapprochant encore, jusqu’à n’être entendu que de la seule jeune femme, le comte souffle à mi-voix. « Je parle de vous donner ce à quoi vous avez le droit, ce dont votre cousin n’est pas capable d’assurer. Pour le bien de ce duché que nous aimons tant, vous devriez être nommé duchesse, Séverine. Castiel vous écoute, il vous aime, et vous voyez vous même à quel point le poids qui repose sur ses épaules est mauvais pour lui. Vous avez son oreille, vous êtes la seule à pouvoir le convaincre de m’accorder ses faveurs. » Elle l’aime, son cousin, Maximilien le sait. Et lui laisser entendre qu’elle l’aidera en lui faisait perdre le trône de Sombreciel est une façon comme une autre de s’assurer de sa coopération.

« Une fois que la couronne sera mienne, je vous garantis que vous aurez tout ce que votre cœur désire. Votre cousin sera bien et en sécurité. » Nul part la sécurité est assuré comme dans un cachot aux murs épais, n’est-ce pas ? Maximilien n’est pas un monstre, tout de même : il s’assurera de garder l’ex-duc en vie, ne serait-ce que pour s’assurer le concours des anciens alliés de l’homme. Il a bien mené sa barque, mais désormais, Castiel doit laisser la place à de plus compétents. Maximilien est de loin le meilleur avenir pour Sombreciel, même si ce n’est clairement pas par charité qu’il désire se hisser au rang de duc. « Qu’en dites-vous, ma mie ? M’aiderez-vous ? » Parce qu’après tout, c’est la raison de leur union.

Oh, Maximilien l’aime bien, son épouse : elle est assurément plus utile que bien des jeunes - très jeunes, selon les ragots - femmes qu’il a mis dans sa couche jusqu’à maintenant. Mais leur mariage n’était pas qu’un mariage d’amour, bien que l’homme y trouve son compte : elle est vive et belle, la jolie Séverine. Intéressante, aussi. Et proche, très proche de Castiel.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 15 Avr - 11:49

Considérant que l'opportunité de voir le sévère Maximilien de Séverac porter la nourriture à ses lèvres risquait de ne pas se représenter de sitôt, la jeune épouse croqua dedans la pâtisserie sans aucune gêne – tout en veillant à rester élégante en même temps bien sûr. Le jeu lui plaisait et de voir ramper l'un de ses ennemis jurés devant elle était une satisfaction fort complaisante dont elle n'allait certainement pas se priver sous prétexte que c'est mal d'abuser. Et puis, si elle n'était pas certaine de bien savoir ce que le duc pouvait bien lui vouloir exactement dans ses soi-disant plans de grandeur, elle était toujours en moyen de prétendre qu'elle ne comprenait rien à cette histoire. Tout poussait à croire qu'il s'agissait là d'un piège. Pourtant, Séverine rêva un instant que ce n'en était pas un. Son ennemi juré, du moins l'ombre de celui-ci, lui proposait tout bonnement d'accomplir tous ses rêves les plus secrets. Qui aurait cru que le conseiller viendrait lui suggérer une telle alliance? Elle se moquait bien de savoir dans quelles circonstances elle en était venue à être son épouse – dans ses souvenirs, il était heureusement marié avec une Erebienne, bien qu'elle ne s'y était jamais particulièrement intéressée, peut-être était-elle encore dans le décor puisque la polygamie faisait son chemin facilement en Sombreciel – tout ce à quoi elle portait son attention n'était que son profit personnel. Et porter la couronne ducale de Sombreciel faisait partie de cette catégorie de choses. Elle resta toutefois étonnée de s'entendre dire appréciée du duc Castiel. Ça, c'était une nouveauté fort étrange. À moins qu'elle ne se soit d'une façon quelconque attirée les foudres du duc de Valkyrion? En réalité, les deux hypothèses étaient toutes improbables.

Pour toute réponse à les allusions à propos de leurs ébats, dont elle n'avait aucun souvenirs – ce qui était dommage, ça aurait pu être utile – elle se contenta de laisser échapper un léger gloussement qui voulait exprimer le plaisir. Et l'amusement peut-être. Alors qu'elle pouvait facilement trouver tous les amants dont elle rêvait, l'idée de se retrouver dans les bras d'un vieil homme était particulièrement risible. Mais connaissant ses ambitions personnelles, elle n'en restait pas surprise : pour parvenir à ses fins, elle était prête à tout, même vendre son propre corps. Coucher dans les draps de l'ennemi, c'est toujours un plan plutôt réfléchi, car on obtient les meilleurs confidences sur l'oreiller. Et puis, si certains vieillards n'avaient plus toute la vigueur de la jeunesse, une longue vie les avaient perclus d'expériences riches et variées à partager avec leur partenaire. Avoir une femme issue du duché voisin l'avait-il fait découvrir de nouvelles pratiques? Vraiment, quelle pitié que tout ce qui avait bien pu se passer la veille se soit effacé de sa mémoire.

Elle n'avait toutefois pas le temps de conjecturer fort longtemps sur la question : qui aurait cru que ce conseiller, beaucoup trop intelligent pour son propre bien, puisse parler autant? Elle devait faire preuve de concentration et de circonspection : c'était une menace de taille et le moindre faux pas pourrait la mener sur des chemins boueux qu'elle préférait ne pas emprunter. Ce qui était curieux c'était combien il cherchait à l'attendrir, comme si tout cela n'était que pour décharger d'un poids trop lourd son cousin. Ça ne datait pas d'hier que Castiel n'avait rien à faire sur le trône ducal et qu'il ne faisait que des bêtises depuis qu'il l'avait réclamé, mais de là à dire que c'était une charge pour lui…. Au contraire, la jeune femme croyait qu'il s'amusait particulièrement de la situation : après tout, il y avait forcément quelques plaisir à foutre le bordel dans la diplomatie entre duché.

Maintenant, c'était son tour sous les projecteurs et elle n'avait pas beaucoup de temps pour réfléchir à une stratégie. Action, réaction! était la devise de circonstance. Elle traça sur son visage une ombre et un sourire inquiet.

« Vous croyez réellement que c'est le mieux pour mon cousin, très cher? Je n'avais jamais envisagé la situation sous cet angle… Vous savez que son bonheur est tout ce que je souhaite pour lui. Il est vrai qu'il me semble plutôt fatigué ces derniers temps… » souffla-t-elle d'une voix douce.

Sans être une de ces dames au caractère de brebis, elle savait jouer de ses yeux de biches aussi. Il fallait qu'elle convainque Maximilien qu'elle se laisserait guider par les flots, avant qu'elle ne prenne le gouvernail du navire en main, quand tout le travail ingrat aura été accompli à sa place.

Elle se rapprocha de cet homme qui prétendait être son époux, jusqu'à réduire toute la distance qui les séparait, appuyant son corps fragile sur celui solide de son mari. Elle glissa doucement sa main sur la sienne dans un geste tendre et du bout des doigts traça des cercles sur cette paume âgée mais sur laquelle elle pouvait sûrement compter, tout ça ayant pour objectif de montrer de l'hésitation, de la crainte, mais aussi de la faiblesse.

« Mais, ne serait-ce pour vous une lourde tâche mon ami? Vous êtes plus sérieux que mon cher cousin, elle buta légèrement sur ces mots tendres, mais, bien que vos accolades m'aient prouvées que vous n'avez toujours pas perdu votre fougue, j'ai peur pour votre bien-être… Je serais navrée que vous épuisiez vos forces… » Et puis, il ne faudrait pas que sa progéniture ne s'en mêle. Elle ne laisserait pas un Séverac prendre le trône. Du moins, pas très longtemps. Elle soupira doucement. « Quand bien même voudrais-je vous aider cher époux, je crois que ne m'accordez beaucoup plus de mérites que je n'en ai réellement. »

C'était étrange tout de même qu'il ne vienne la voir ainsi. Lui qui était l'ombre même de Castiel. Jusqu'à quel point la réalité avait-elle changé? Si elle voyait en l'occasion la chance de se débarrasser de celui qu'elle haïssait du plus profond de son être, elle devait aussi calculer les risques pour elle-même.

« N'êtes-vous pas, dans votre sagesse, l'un des modèles de mon cousin? Il me semble que vous avez plus d'influence sur lui que je ne pourrais prétendre en avoir. » N'était-il pas comme son propre fils? Lui qui l'avait élevé, c'était étrange qu'il travaille à sa chute. Mais il était trop tard pour reculer et de toute façon, elle n'avait pas le temps d'avancer à tâtons.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 15 Avr - 15:09

Séverine semble timide, ses réponses sont un peu décalées, mais Maximilien ne s’inquiète pas beaucoup. Elle est peut-être fatiguée, pas tout à fait réveillée, ou ce qu’ils ont fait hier au soir lui a un peu embrouillé l’esprit, et elle n’est pas tout à fait remise. Qu’importe, en tout cas ? Elle ne semble pas s’opposer à lui, alors il ne cherche pas réellement ce qui ne va pas. A la limite, ce serait utile de savoir pour s’en resservir plus tard et obtenir ce qu’il veut d’elle mais pour le moment, le plus important est qu’elle semble adhérer à ses plans.

Elle acquiesce à ses allégations sur la fatigue de Castiel, sur le fait qu’occuper le trône ducal demande bien plus au jeune homme qu’il n’est capable de supporter. Elle ne cherche même pas à en discuter d’ailleurs, et le comte ne peut s’empêcher de trouver ça étrange. Mais de ce qu’il en sait, de ces quelques mois passés avec elle, Séverine n’est pas du genre à lui mentir, ou à jouer un double-jeu pour aller rapporter ses propos à son cher cousin. Contrairement à lui, elle n’est pas fourbe, la jeune femme. Alors, pourquoi adhère-t-elle à ses idées sans même paraître avoir envie d’en discuter ? Maximilien classe l’information dans un recoin de son esprit, mais ne s’y attarde pas. Il la préfère comme ça, à vrai dire, alors inutile de chercher plus loin pour le moment.

La question de la jeune femme n’appelle pas réellement de réponse, aussi le comte se contente-t-il de hocher la tête, donnant l’impression d’admirer la perspicacité de la jeune femme. Bien sûr, que Castiel est fatigué, et qu’il serait mieux loin, très loin de cette place que Maximilien convoite pour lui-même ! Il laisse sa jeune épouse caresser sa main, se rapprocher de lui, goûter cette proximité qui, il en est sûr, lui rapportera beaucoup. « Ne craignez rien ma douce, avec vous à mes côtés, je ne pourrais que mener à bien cette tâche difficile. » Évidemment, qu’il pourrait amplement prendre la place de Castiel ! « Mais votre inquiétude pour moi est adorable. » Sourit-il en se penchant pour déposer un tendre baiser sur les lèvres de la jeune femme. Son épouse. Le début de tous ses plans.

Mais les paroles suivantes de la jeunes femme lui arrachent un léger froncement de sourcil, et son ton se fait sceptique. Est-ce une farce, une plaisanterie dont il ne saisirait pas la portée ? « Moi, un modèle pour le duc de Sombreflamme ? » S’il n’était pas aussi interloqué par l’affirmation, il pourrait presque en rire. « Je doute que ma fille ne lui ai glissé la moindre gentillesse sur mon compte. » Et quand bien même, l’enlèvement d’Ismalia, il y a des années de cela, ne lui pas attiré les faveurs de la couronne. « Et probablement que la petite influence que je pourrais avoir n’égale pas la vôtre. Il vous aime, Séverine, et il est tout disposé à entendre ce que vous avez à lui dire. » C’est bien pour ça qu’il l’a épousé, après tout. Mais tout de même, les propos de la jeune femme sont étranges. « Vous sentez-vous bien, ma dame ? Voulez-vous que j’aille quérir quelqu’un ? » Aurait-elle avalé quelque chose qui n’est pas passé ? Peut-être a-t-elle de la fièvre, ce qui expliquerait la légère incohérence de ses propos. Maximilien ne tergiverse pas longtemps cela dit, bien conscient que cela peut tourner en sa faveur. « Croyez-moi, un mot de vous, et Castiel sera tout heureux de m’avoir à ses côtés. » De lui accorder sa confiance, pour le pire. Cela prendra un peu de temps, le temps pour Maximilien de s’infiltrer dans l’entourage du duc et d’user de son influence, mais si Séverine se montrer aussi disposée à l’aider, nul doute que ses plans seront exécutés au plus vite.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 18 Avr - 14:30

Le choc fut violent. Brutal. Castiel l'aimait? Elle? Finalement… Ce vieux Maximilien était décidément tombé sur la tête. Si le duc de Sombreciel éprouvait la moindre affection pour elle, elle ne voulait même pas savoir à quoi ressemblerait leur relation s'il la détestait réellement. De quelle façon s'en serait-il pris à ses parents dans ce cas? Démembrés et écartelés, chacun de leurs lambeaux accrochés à tous les quatre coins du duché? Dès le départ, quelque chose ne tournait pas rond et Séverine commençait à patauger sur des sentiers boueux. Elle devait mesurer et peser ses mots mieux que cela, mais c'était difficile à faire, on aurait dit qu'un cataclysme avait percuté Arven de plein fouet et avait chamboulé le monde qu'elle connaissait. Ou le vieux avait fini par perdre la boule. Mais pourtant, il n'était pas si âgé que ça non plus. Et savait bien que les Séverac ne s'adonnaient pas aux bons plaisirs des drogues et stupéfiants du duché. Le père de l'énorme fratrie n'aurait pu se montrer aussi calculateur et songé s'il était en permanence assommé par des substances illicites. Elle pouvait sentir qu'elle avait gaffé quelque part dans ses propos aux réactions du conseiller ducal, mais elle n'arrivait pas à savoir d'où venait la gaffe.

« Non, ce n'est pas nécessaire, je vous assure, je me porte bien, » balbutia-t-elle quand il l'interrogea sur sa santé. Mais elle n'en était pas si sûre elle-même. Peut-être effectivement était-elle en train de délirer. Tout était si étrange. Mais cette soie qui caressait son corps était bien réelle et la chaleur qui émanait du corps de son prétendu époux était rassurante. Elle n'y aurait jamais cru si on le lui avait dit. Mais il fallait bien que quelque chose aie séduite sa femme – la vraie – et la conduire jusqu'à ses bras.

« Je ne crois pas avoir le pouvoir de vous aider beaucoup, mais je parlerai pour vous à mon cousin. » Avait-elle tort d'agir ainsi et de céder aussi facilement aux pressions du noble? Elle doutait d'avoir agi avec toute la circonspection de mise, mais elle ne pouvait résister à la tentation de nuire à celui qui avait tout ruiné pour elle. Celui qui non seulement fait d'elle une orpheline, mais aussi une médiocre bourgeoise, lui retirant titres et terres. Elle était pressée la jeune femme, consumée par la haine et la rancœur. Alors que la chance se présentait à elle de prendre enfin sa vengeance, elle était toute prête à la saisir, oubliant toute précaution, elle qui désirait en finir rapidement de toute cette histoire.

« Vous promettez qu'il ne lui arrivera rien de très fâcheux, n'est-ce pas? »

Elle n'était pas certaine de devoir montrer de la compassion et de la considération envers le duc de Sombreflamme. Pourquoi tout était si confus? Il valait mieux qu'elle change le sujet jusqu'à ce qu'elle soit certaine de comprendre son entourage et comment il avait changé. Elle attrapa la coupe de liqueur et la fit tourner entre ses doigts doucement, admirant la couleur claire de la boisson et humant son doux parfum sucré. Elle le porta à ses lèvres et en prit un petite gorgée, ses lèvres s'étirèrent en un sourire surpris à son goût délicieux.

« Comme c'est succulent! Vous en prendrez bien un peu aussi, bien sûr, » fit-elle en levant le verre dans l'intention manifeste d'abreuver de son contenu l'homme aux cheveux grisonnants.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 19 Avr - 21:56

Elle lui assure aller bien, mais il ne peut s’empêcher de douter le comte. Oh et puis après tout, qu’importe ? Cela tourne en sa faveur, bien plus que toutes leurs discussions précédentes, donc doit-il réellement s’inquiéter ? a moins qu’il ne s’agisse d’une tentative pour aller tout raconter à son cousin bien-aimé ? La pensée traverse l’esprit de Maximilien, vite rejetée. Non, Séverine est toute à lui, il le sait. Leur mariage ne s’est pas fait sur un coup de tête, et il sait pouvoir compter sur son épouse pour être discrète, à tout le moins. Elle ne gagnerait rien en révélant ses propos à Castiel, il le sait. Et puis, elle l’aime, il en est convaincu. Ismalia ne l’a jamais aimé, bien qu’il l’ait, lui, aimé avec passion. Il l’a enlevé, tout de même, elle aurait pu faire un effort et l’aimer en retour !

Maximilien chasse la pensée de sa femme d’une caresse sur la main de sa jeune épouse, préférant se concentrer sur la conversation et les mains chaudes de la jeune femme près de lui. Au contraire, elle pourra beaucoup l’aider ! « Je sais quel talent vous avez avec les mots, ma tendre épouse, et je ne peux que croire au succès avec vous à mes côtés. » Il la flatte, évidemment, il la couvre de compliments, de baisers, de cadeaux. Séverine est sa voie pour accéder au trône ducal, il ne compte pas la laisser s’éloigner de ses filets. Qu’importe si elle cède aujourd’hui, alors que rien n’indiquait hier qu’elle fût prête à l’écouter ? Maximilien décide de rester sur ses gardes, mais tant que le Destin lui sourit, il est bien décidé à ne pas faire la fine bouche. La question suivante de la jeune femme le fait sourire gentiment, presque innocemment. « Evidemment, très chère. Vous aies-je donc donné une raison de vous défier de mes paroles ? » Il prend un air presque offusqué, le comte, avant de baiser la main de la jeune femme. « Rien qui ne doive vous inquiétez, ma tendre épouse. » Oh non, rien. Le duc déchu mourra probablement d’un sevrage un peu trop brutal, ou passera le reste de sa misérable vie dans une cellule sombre... rien qui ne doit inquiéter Séverine, surtout !

La jeune femme porte une coupe de liqueur à ses lèvres, avant de le lui tendre. Maximilien ne se fait pas prier pour boire dans le verre que son épouse lui tend, goûtant une gorgée du liquide qu’il contient avant de se pencher davantage et d’embrasser Séverine sur les lèvres. Un baiser léger, doux comme une caresse, qui sent la liqueur et le sucre des biscuits qu’elle a déja dégusté. Il n’insiste pas davantage pourtant le comte, avant de se lever et de faire quelques pas dans la pièce. « Nous devons agir prudemment, pourtant, nombreux sont ceux qui compte maintenir Castiel au pouvoir pour se servir de lui. Nous ne devons pas éveiller leurs soupçons. » Il risque sa tête, et les pires tortures réservés aux traîtres si ses projets s’apprennent. C’est un risque qu’il est prêt à courir, Maximilien. « Je connais quelques personnes à Lorgol, peut-être pourrions nous les contacter, et les rencontrer, qu’en dites-vous ? »

Lorgol n’est pas un voyage d’agrément : la ville est dangeureuse, ses faubourgs le sont tout autant, mais Maximilien a l’impression étrange que là-haut, il trouvera une façon de mener ses plans à bien. Pas un assassin, non : il veut voir Castiel prendre conscience de la perte de sa couronne, il veut voir l’homme s’agenouiller devant son pouvoir. Des espions, peut-être ?

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 20 Avr - 18:05

Elle jubilait.  Le rose lui montait aux joues en songeant à tout ce qu'elle pourrait faire une fois qu'elle se serait enfin débarrasser de Castiel.  Qu'il serait jeté aux oubliettes.  Le jour où elle lui rendrait tout le mal qu'il lui a fait, celui où elle obtiendrait la vengeance que sa piété filiale lui ordonnait de poursuivre, cet événement tant attendu se rapprochait enfin.  Elle en aurait presque pleuré de joie, mais elle devait se contenir.  Pour une raison qui lui échappait, Maximilien, son prétendu époux, semblait persuadé de l'affection qui la reliait à son cousin.  Il ne fallait pas qu'il découvre qu'il n'en était rien.  Elle ne devait pas ruiner à néant cette chance.  Quelle aubaine tout de même!  Si elle avait su, elle aurait épousé Maximilien plus tôt.  Ou pas.  Dans cette étrange réalité, c'était peut-être possible, mais dans celle dont elle se souvenait, c'était plus qu'improbable.  Quel bouleversement avait-il pu provoquer un changement pareil, elle n'en savait rien.  Mais ce n'était pas auprès du comte qu'elle pourrait faire son enquête.  Elle devait éviter de soulever les soupçons auprès de lui.  Il pouvait se montrer être une fois de plus son ennemi le plus dangereux et elle espérait pouvoir reporter à plus tard leur affrontement.

Il y avait tout de même quelque chose de percutant et troublant à être la récipiendaire des baisers d'un homme qui quelques jours auparavant essayait de vous éloigner le plus loin possible de votre chez soi pour s'assurer que vous ne feriez rien pour le contrarier.  Et aussi surprenant cela fut-il, c'était agréable.  Un battement accéléré du cœur fit frémir Séverine.  Ce frisson l'effraya.  Elle ne devait pas éprouver de sentiments pour cet homme.  C'était l'ennemi.  Se concentrer sur le but, ne pas se laisser distraire.  Évidement, il n'était pas question de se priver, mais elle ne devait pas perdre le nord.  Surtout pas maintenant.  Mais pourquoi éprouve-t-elle un semblant de regret en voyant son aîné se lever et s'éloigner d'elle?  Il fallait qu'elle se ressaisisse.  Et rapidement.

Elle acquiesça discrètement d'un mouvement de tête lorsqu'il décréta qu'il valait mieux rester discrets : ça elle savait faire et très bien.  Qu'il lui donne un jour ou deux, le temps qu'elle mette les choses au clair à propos de la situation, il n'aurait à douter d'elle, elle en mettrait sa main à parier.  Pour le moment, dire peu et écouter beaucoup, c'était ce qu'il y avait de plus intelligent à faire.

« Lorgol? » s'étonna-t-elle en entendant son époux mentionner la ville du nord.  Elle était surprise.  C'était loin de leur terre natale et pour y avoir passé plusieurs mois dans l'espoir de trouver un moyen de coincer le duc, elle avait bien retenu qu'elle n'y trouverait pas une aide précieuse, même grâce à d'excellents contacts.  « Si vous pensez que c'est nécessaire, » balbutia-t-elle dans un effort pour paraître plutôt confuse.  Néanmoins, elle n'était guère enthousiasmée par l'idée de s'éloigner de Castiel.  Elle voulait rester près de lui.  Être là pour voir de ses yeux propres sa déchéance.  Il fallait qu'elle trouve une idée pour éloigner ce voyage.  Pourtant, elle avait un drôle de pressentiment.  Quelque chose lui disait qu'elle devrait se rendre à Lorgol.  Mais elle ne voulait rien entendre.  Elle n'allait pas laissé tomber l'accomplissement d'une vie pour une voix intérieure qu'elle n'avait jamais entendue.

« Tentez d'abord d'entrer en contact avec eux, tandis que je parlerai de vous à mon cousin. Doucement, d'abord par de simples allusions, en m'assurant que vous vous retrouviez souvent en sa présence, qu'il vous voit sous votre meilleur jour.  Puis, nous ne pouvons partir sur un coup de tête, cela attirerait les soupçons puisqu'il n'a nul été question d'un voyage jusqu'à maintenant. »

Elle quitta à regrets les draps de soie, dans l'idée de se vêtir et de se préparer à poser les premières briques de la chute de Castiel, mais elle remarqua bien vite qu'elle ne savait pas du tout laquelle des armoires contenaient lesquels de ses vêtements.  Ni même de quelles tenues disposait-elle.  Elle s'immobilisa dans son élan, laissant simplement les courants d'air l'habiller.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 25 Avr - 14:29

Il s’est levé pour faire les cent pas Maximilien, échafaudant déjà plans et projets pour les jours à venir. Convaincre Séverine n’est que la première étape pour finir par s’emparer de la couronne ducale de Sombreciel, mais désormais que le premier pas est fait, les autres s’enchaîneront sans plus de soucis, il en est convaincu. Il y a tellement pensé qu’il connaît presque par cœur la façon dont il compte faire pour s’attirer les bonnes grâces du duc et, à terme, l’évincer. Concentré, le comte ne remarque même pas l’étrange attitude de sa femme, quoi qu’il trouve son attitude étrange depuis qu’elle s’est réveillée ce matin.

Maximilien réfléchit, avant de partager ses pensées à haute voix. Pas toutes ses pensées, non : Séverine n’a pas à connaître les moindres tenants et aboutissants de ce qu’il compte faire, après tout. Il doute qu’elle ne change d’avis maintenant qu’il a fait son choix, mais après tout, mieux vaut être prudent. Elle acquiesce d’ailleurs sur le fait que la discrétion est de mise.

Séverine pourtant ne semble pas ravie d’apprendre que la réussite de leur plan passe par Lorgol. Elle tente de cacher sa surprise - et sa déception ? - avant de tenter de le dissuader. Mais avant que Maximilien ne trouve ses mots pour lui démontrer qu’elle a tort et ne lui expose une partie de son plan, la jeune femme se lève, dévoilant son corps parfait. La pudeur n’est pas un défaut très répandu en Sombreciel, et clairement, Séverine n’a aucunement à avoir honte de son corps. Maximilien, aussi plongé dans ses plans qu’il soit, ne reste pas indifférent à la vision de rêve qui s’offre à lui et se rapproche d’elle, se glissant derrière la jeune femme pour venir enlacer son corps dénudé. Il dépose un baiser sur son épaule, doucement, et la réprimande doucement. « Cherchez-vous à m’acheter avec cette vision parfaite, ma chère ? Je suis bien faible face à vos arguments, en général. Mais ce matin, je ne peux vous laissez détourner aussi agréablement mes pensées. » Ses mains descendent sur le ventre de la jeune femme, avant de descendre un peu plus bas encore. « Nul ne soupçonnera rien, croyez-moi. Je me rends régulièrement à Lorgol pour diverses affaires, un voyage de plus ou de moins ne changera rien. Dites seulement à votre cousin que nous partons, s’il le faut. »

Un baiser, une caresse, et Maximilien lui chuchote. « Ne craignez rien, ma douce. Lorgol est peut-être une cité dangereuse, mais elle marquera le début de notre grandeur. Bientôt, vous n’aurez plus à quitter ce duché qui sera vôtre, je vous le promets. » Enfin, il sera son duché, à lui, et il avisera à ce moment là. Détails, que tout cela. « Les affaires m’appellent, ma tendre amie, mais je vous reviens dès que possible. Restez ainsi, c’est bien votre plus belle parure. » Souffle-t-il en lui déposant un chaste baiser sur la joue. « Et préparez-vous : si tout va bien, nous partirons demain dans la journée. Le plus vite nous partons, le plus vite nous reviendrons à Euphoria. » Et plus vite son plan se mettrait en place pour faire tomber Castiel.

**
21 avril 1002

La route est longue jusqu’à la cité de Lorgol mais au moins, le temps se maintient, pour le moment. Ils sont en route depuis cinq jours désormais, et Maximilien ne peut se défaire de cette sensation que tous ses plans trouveront, enfin, un dénouement à Lorgol. Il y a quelques contacts, quelques connaissances, achetés à grand prix. Castiel trouvera sa fin, à Lorgol, il en est persuadé. « Ma douce, voulez-vous que nous fassions une pause ? » Demande-t-il à la jeune femme, à côté de lui dans le carrosse. Il ne s’agirait pas de la fatiguer, la douce Séverine. Il a encore besoin d’elle.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 27 Avr - 16:45

À l'acheter?  Si elle le pouvais elle l'aurait fait, mais elle ne savait point comment faire manger cet époux dans sa main, elle qui ne se rappelait point de leurs épousailles.  Elle ne se rappelait même pas avoir déjà eu une conversation agréable avec lui.  Elle ne put que laisser partir sans rien dire.  Déçue.  Déprimée.  L'idée de ce voyage à Lorgol ne l'enchantait guère.  Elle savait qu'il avait probablement raison, que Lorgol était la solution pour arriver à leurs fins, elle le pressentait, mais elle ne pouvait pas s'en réjouir.  Quitter ces draps de soie?  Ce luxe et ce confort dont elle avait toujours rêvé avant même de pouvoir en profiter?  Qui en aurait le courage?  Mais il semblait décidé le vieux Séverac et si elle tentait trop de contrecarrer ses plans, ne se douterait-il pas qu'il y avait quelque chose d'étrange?  Dans un soupir, elle retourna au lit et se rabaissa sur les pâtisserie pour lui améliorer l'humeur.  En attendant qu'il ne revienne.  Ça elle y comptait bien.  Il lui avait laissé de douces envies et ce n'était pas parce que dans une autre vie, un autre temps, ils étaient ennemis qu'ils ne pouvaient pas profiter des joies du corps désormais que les choses avaient changées.  Et Séverine était plus que curieuse de voir à quoi ressemblait l'homme en partie responsable de ses malheurs dans son état le plus naturel, mais aussi le plus faible.  Car sa vengeance ne s'arrêterait pas qu'à son cousin.  Son complice méritait tout autant d'être puni, au diable les liens matrimoniaux…  Et c'est sur cette perspective qu'elle se consola, se régalant de ces délices et de cette merveilleuse liqueur qui lui donnait un beau teint rosé.

21 avril

Déjà cinq jours qu'ils ont quitté leur demeure pour Lorgol.  Si Séverine s'attendait à voyager par portail,  il s'avéra qu'ils prirent la route par les moyens humains.  Assis dans une voiture, tirés par des chevaux.  Maximilien avait-il au moins idée de la distance à parcourir pour rejoindre la ville?  À quoi servait les richesses si c'était pour voyager en pouillons?  Elle avait écrit un billet destiné à Castiel pour l'informer de son départ, comme il semblait que leur relation était proche.  Mais son esprit avait été dérangé par la rencontre de ses parents.  Tous deux vivants.  La veille de leur départ, Séverine avait revu sa mère et son père.  Ce qui était impossible puisqu'ils étaient morts, deux ans plus tôt déjà.  Elle s'était perdue dans des balbutiements, dans des questions, le tout entrecoupé d'élans de tendresse qui avaient surpris les deux nobles.  Leur fille se comportait vraiment de façon étrange.  Mais elle n'avait pu contrôler ses sentiments, elle qui rappelait à sa mémoire ces deux êtres chers qui lui avait été arrachés.  Elle n'arrivait pas à se faire à l'idée qu'ils étaient toujours en vie.  Elle avait dû se retirer sans profiter autant qu'elle ne l'aurait voulu d'eux, de crainte qu'elle ne se dévoile trop.  Le lendemain de tant de chamboulements, ils étaient déjà en route, sans qu'elle n'aie pu se remettre de ses émotions.  Et ils voyageaient par des moyens archaïques.

Lorsque son époux proposa de faire une halte, elle acquiesça, plutôt épuisée.  Elle avait mal dormi les derniers jours et être secouée dans le carrosse ne contribuait pas à la reposer un peu.

« Je me sens un peu étourdie, je crois qu'un arrêt me serait profitable, » articula-t-elle dans un souffle.  Elle n'avait pas eu le temps de prendre toutes les informations nécessaires à son sujet et à sa nouvelle vie dans la hâte des préparatifs du départ.  Elle savait seulement désormais qu'elle avait grandi au palais, que Castiel avait une multitude d'épouse, bientôt un époux, et que l'ex-femme de son époux à elle s'était enfuie pour rejoindre un Erebien.  C'était trop peu.  Ces derniers jours, elle avait donc opté pour rester silencieuse le plus possible, de crainte de faire un pas de travers.  Elle pouvait mettre la cause de son silence sur le voyage éreintant.

« Mais vous mon ami, êtes-vous fatigué? » Malgré elle, elle avait développé une certaine affection pour le quadragénaire depuis leur départ.  Elle sentait bien que les actions qu'il posait à son encontre n'étaient pas dénuées d'intentions outre que l'affection conjugale, elle n'était pas complètement aveugle et son coeur qui n'était pas envoûté par l'homme pouvait prendre la distance nécessaire pour s'en rendre compte.  Néanmoins, il était plein de considération pour elle et la soignait comme on n'avait plus pris soin d'elle depuis qu'on avait arrêté ses parents.  C'était réconfortant de pouvoir compter sur quelqu'un.

« Où sommes nous désormais?  Il reste beaucoup de route avant le prochain relais? » demanda-t-elle, pour information personnelle, mais aussi pour montrer un peu d'intérêt au but de leur voyage.  Déjà le 21 avril.  Seraient-ils encore sur les routes le deuxième jour de mai?  Elle aurait aimé célébrer à nouveau son anniversaire avec ses parents.  Mais vu les conditions du voyage, ils ne seraient toujours pas de retour de Lorgol pour cette date.  À y penser, elle poussa un léger soupir sans même s'en rendre compte.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 6 Mai - 2:01


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
#3 ♦️ Maximilien & Séverine

Le Destin intervient

Un petit voyage tranquille ? J'arrive. :superman:




Les premiers jours de voyage se sont déroulés paisiblement pour le très arriviste seigneur de Séverac et son épouse aux dents longues. Ils remontent vers Lorgol en traversant Lagrance, craignant la traversée éreintante d’Erebor, mais un léger détail a échappé aux talents planificateurs du comte… Le voilà très occupé à tenter de calmer les nausées dont sa tendre épouse se voit prise chaque matin depuis leur départ, pestant contre la nourriture médiocre des auberges sur le chemin, lorsqu’une bande de détrousseurs des chemins surgit soudain, armes au clair et magies activées, prêts à frapper. C’est qu’une prime pèse sur leur tête, mise là par le duc de Sombreciel en personne… les voilà recherchés pour le meurtre de l’héritier du trône, Arsène, un garçonnet d’une dizaine d’années !

Courage, voyageurs : vous pouvez vous rendre, vous enfuir… ou vous battre !


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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 6 Mai - 8:39

Severine l’inquiète, Maximilien ne peut s’en défendre. Sa jeune épouse a semblé bien morose à l’idée de quitter ses parents, leur demeure, et si le comte comprend, il pensait que prendre la route, se retrouver seuls tous les deux, aurait un effet calmant sur la jeune femme. Peine  perdu : elle se referme sur elle-même, parle peu. Est-ce qu’elle boude ? Ou, pire, se doute-t-elle de quelque chose concernant on cousin ? Il a pourtant pris toutes ses précautions. Maximilien sait mentir et dissimuler, et il est certain que son épouse ne sait pas quel sort attend le duc. Enfin, il en était certain, jusque là !

** 07 mai **

La route est longue, et si Séverine semble malade depuis le début de ce voyage, son état ne montre guère d'amélioration. Si Maximilien fait mine accepter ses réponses et blâme les auberges en chemin, il craint fort que ce ne soit autre chose. Il est père, par quatre fois déjà. Et il a beau ne pas évoquer cette traîtresse d’épouse qui l’a trompé avant de fuir avec son amant maudit, il ne peut effacer leur vie de sa mémoire. Par Mari, et si Séverine était enceinte ? Ils ont fait l’amour de multiple fois déjà, tout récemment même, mais elle prend des décoctions la jeune femme, pour s’éviter justement ce désagrément. Un enfant ? Maintenant, alors qu’il est occupé à avancer ses pions sur l’échiquier du Destin ? C’est un fâcheux contretemps, il en a peur. Enfin, Lorgol est un coupe-gorge de nos jours, il y aura bien quelqu’un pour débarrasser sa jeune épouse de cet invité inattendu ? Il n’a rien contre un héritier le comte, Melsant ayant sérieusement déçu ses attentes, mais maintenant que son épouse est d’accord avec ses plans, un mouflet ne viendra qu’entraver ses projets et détourner l’attention de Séverine. Il ne peut se le permettre.

Mais il n’empêche, sa jeune épouse semble fatiguée. Peut-être doivent-ils profiter de leur passage en Lagrance pour quérir l’aide d’un mage, et portailler jusqu’à Lorgol ? Son intention première était de le faire quand ils seraient bien plus loin que Sombreciel, afin de ne pas éveiller les soupçons, mais si l’état de Séverine vient à empirer, il ne sera guère avancé ! « Nous arriverons dans quelques heures, ma douce, j’ai demandé au cocher il y a peu. » La rassure Maximilien, ouvrant ses bras pour entourer son épouse d’un geste autant protecteur que réconfortant. « Encore quelques jours, et nous pourrons portailler sans souci aucun. Tiendrez-vous ? Pour moi ? » L’interroge-t-il, jouant sans remords sur l’amour qu’elle lui porte. « En attendant, nous allons nous arrêter et faire une pause. » Il se penche pour signaler sa décision à l’homme qui mène le petit groupe. Ils ne sont guère nombreux : deux gardes, le cocher qui est aussi domestique, et les deux Séverac. Inutile d’attirer l’attention. D’ailleurs, ils se peux bien que leur escorte trouve la mort à Lorgol : c’est un endroit dangereux après tout, surtout pour ceux qui en ont vu beaucoup !

Ils descendent donc, les voyageurs, pour profiter de l’air doux et embaumé qui les entoure. Le voyage est fatiguant, et ils goûtent un repos bien mérité quand soudain leur quiétude est rompue net, par une bande bien hétéroclite qu’il est facile d’interpréter comme criminelle. Mais le comte ne le sait pas, lui, que sa tête est mise à prix. Il a entendu les rumeurs sur l’assassinat d’Arsène, certes, et que le duc est furieux. Il n’est pas désolé pour l’enfant, ou pour sa fille : Mélisende n’est qu’une catin, à batifoler ainsi, et sûrement l’un de ses amants a-t-il pris ombrage de la naissance de l’enfant. Quant à l’enfant, il n’éprouve guère d’amour parental pour lui qui a grandi éloigné, et qui se plonge dans les drogues de Sombreciel comme un imbécile qu’il est.

Mais les bandits sont armés, et dangereux. Maximilien le sait : il n’est pas de taille à lutter contre ces gens : il est Cielsombrois, par la dessous de Mirta, pas l’un de ces stupides guerriers assoiffés de sang ! Comme une majorité d’enfants, il s’est essayé au maniement de la lance et de l’épée, avant que son père ne lui expose toute la barbarie de ses actions. Toute l’indignité que la l’acier apporte, comparé à une langue acérée. Alors, si le comte est un piètre guerrier, il est un magnifique orateur. S’en sortir en bavardant n’est sans doute pas impossible ! Il se place devant sa magnifique épouse, comprenant bien que la dame ne sera pas ravie de devoir s’enfuir si attitude des bandit se fait plus menaçante. Ils ne sont pas des gueux, à s’enfuir dans la boue pour se traîner ensuite à Lorgol comme des mendiants ! « Paix, mes braves. Nous n’avons pas de querelles avec vous, et notre mission ne pourra souffrir d’aucun retard. Nous avons peu d’or, mais il est à vous. » Il est plus aisé de remplacer l’or par leur vie, il le sait. Les bandits pourtant ricanent à sa proposition, et dans leurs échanges, Maximilien croit saisir quelque chose qui ne lui plaît guère. Ils seraient.... recherchés ?

Un coup d’oeil à Séverine, puis aux deux malheureux gardes qui les accompagnent et ne feront pas le poids, et Maximilien prend sa décision, revoyant sa stratégie en attendant d’en savoir plus. « Quel que soit l’or que vous gagnerez en nous tuant, je double la somme une fois arrivé à Lorgol .» Castiel payera sans nul doute pour sa si aimée cousine et son époux, non ? Et Maximilien à des amis, à Lorgol. « Laissez-nous passer, et vous serez des hommes riches. » Assure-t-il avec suffisance. Il n’est pas difficile de manier les hommes, en vérité : il suffit de leur faire miroiter quelque chose qui leur tient à cœur.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Lun 8 Mai - 11:50

Quelques heures encore.  Cela paraissait des siècles.  En plus de la fatigue, d'agaçantes nausées la prenait dès le matin et comme tout avait commencé seulement lorsqu'elle était partie de leur demeure, elle l'imputait sur la mauvaise qualité de la nourriture servie dans les auberges où ils s'arrêtaient.  Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'elle voyageait ainsi, elle n'avait jamais subit autant de désagréments.  L'idée de poursuivre le voyage pendant plusieurs jours encore avant d'enfin portailler directement pour Lorgol la mettait d'humeur plutôt maussade.  Mais pouvait-elle vraiment le refuser à Maximilien?  Elle savait qu'elle ne le pouvait point.  Pour une raison inconnue, parce que Séverine n'écoutait jamais personne, c'était une vraie tête de mule et jusqu'à présent, le comte n'avait rien fait pour contraindre la jeune femme à le suivre.  Elle l'avait fait d'elle-même, avec répugnance et de mauvais cœur, mais elle ne s'était pas laissé traîner de force.  Elle l'avait suivi de sa propre volonté, comme si quelque chose la guidait à faire ainsi.  Elle posa donc ses grands yeux doux bordés de longs cils noirs sur son visage quelques instant avant d'acquiescer d'un hochement de la tête : oui, elle tiendrait le coup pour lui.  Parce qu'elle n'avait pas le choix.  Elle avait à se battre contre des sentiments contradictoires.  Le père Séverac était l'ennemi.  Elle ne devait pas se laisser ramollir devant lui.  Tout au plus, le prétendre en tant qu'épouse puisqu'il était utile dans ses plans de vengeance pour renverser Castiel, un point c'est tout.  Mais depuis quand dépendait-elle autant de lui?

La pause était toutefois bienvenue et Séverine descendit avec empressement pour mettre pied à terre.  Ce n'était pas une bonne idée parce que cela lui donna des vertiges et une nouvelle envie de rendre son dernier repas.  C'est le visage un peu vert qu'elle prit un peu de repos, l'air frais et parfumé contribuant à rendre des couleurs à ses joues pâlies.  Mais à peine celles pointaient-elles sur son fin visage que d'horribles malandrins s'approchaient d'eux.  Séverine n'avait pas peur d'en découdre avec eux, même si elle avait peu de chances de faire le poids contre eux.  Mais elle n'avait pas ce réflexe de d'abord passer par la réflexion : on cogne d'abord, ensuite on pose les questions.  Néanmoins, ce n'était un vieux bonhomme grisonnant et deux gardes à peine en forme qui risquaient de vaincre la bataille.  Elle-même, brindille dépourvue de muscles et prise de nausée ne servirait pas à grand-chose.  Outre peut-être à tacher leurs habits.

Séverine fut un peu décontenancée en voyant Maximilien tenter de négocier avec les brigands : ils n'avaient pas du tout l'air de vouloir négocier quoi que ce soit.  Dissimulée derrière lui, bien qu'elle n'avait pas particulièrement peur et ne ressentait plutôt que de l'agacement, elle qui déjà ne souhaitait point faire ce voyage, se retrouver des épées pointées au nez sans raison ne l'enchantait guère plus, Séverine attrapa le bras son prétendu époux.  Support moral ou discours muet sur son peu de chances de réussite, elle n'en était pas sûre elle-même.  « Je ne crois pas que ce soit une bonne id… » commença-t-elle, avant d'être interrompue par un geste menaçant des bandits qui baragouinèrent quelque chose dans un langage rustre qu'elle ne pouvait qu'à peine comprendre.

Elle tira un pan de la chemise de son époux, un peu agacée.  « Pourquoi perdre votre temps à discuter!  Nous aurions dû prendre un portail bien plus tôt, cela nous aurait évité bien des désagréments! » explosa-t-elle dans une saute d'humeur imprévue.  Elle tira elle-même l'une des épées des gardes qui faisaient la morue, plantés là à ne rien faire et elle brandit l'arme qu'elle ne savait point manier en direction de l'ennemi.  « Vous aviez dit que vous alliez souvent à Lorgol et qu'il n'y avait aucun risque d'être soupçonnés de mauvaises intentions et voilà ce que vos voyages en catimini nous imposent! » fit-elle plus discrètement, réalisant que ce n'était pas en hurlant qu'ils se tireraient de cette situation. Elle brandit la lame contre les brigands.  « Vous qu'est-ce que vous voulez! Et vite avant que je ne vous pourfende du nez jusqu'au nombril! » menaça-t-elle, agressive.  Croyait-elle pouvoir avoir le dessus sur ces brutes?  Pas l'espace d'un moment, mais elle n'allait certainement pas tenter de bavarder avec des abrutis du cerveau.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 10 Mai - 22:22

Négocier, parlementer, argumenter, c’est bien ce qu’il sait faire de mieux Maximilien. Bien mieux que de se battre. Il n’est pas arrivé où il en est, le comte, en se lançant stupidement dans des escarmouches qu’il est sûr de perdre. C’est pour ça qu’il a épousé Séverine, dans l’espoir de se rapprocher de Castiel. Pour ça également qu’il essaye de parlementer avec ces rustres, même si parler avec des gueux tel que ces gens ne l’enchante guère. Et puis, il aimerait bien éclaircir ce mystère, en vérité. Recherché ? Pourquoi ? A moins que... la mort du petit Arsène a été un sujet de conversation dans les auberges où ils se sont arrêtés. Il n’en ai pas réellement triste Maximilien, mais c’est un fait, leur départ à Lorgol a du attiser quelques rumeurs. Mélisende n’aurait tout de même pas osé mettre un avis de recherche sur la tête de son propre père ? A moins qu’il ne s’agisse de cet imbécile d’Erebien qui partage les draps du duc. Oui, c’est peut-être lui qui est derrière tout ça. Quelqu’un, en tout cas, a mis des fleurons pour s’assurer de le retrouver. Ce qui est stupide, puisque Maximilien n’a strictement rien à se reprocher !

Et c’est bien pour ça qu’il propose de leur offrir de l’argent, le comte : il a réellement autre chose à faire qu’être traîné à Lorgol, prisonnier de gueux sans intérêts, jusqu’à ce que cette histoire soit éclaircie ! C’est qu’il a un duc à faire tomber, et des gens à voir pour se faire ! Certes, il n’a pas cet argent, mais qui le sait ? Séverine n’est pas de cet avis, visiblement : elle explose, lui reprochant ce voyage, avant de se saisir d’une épée pour... en menacer les bandits ? Un instant, Maximilien reste figé, songeant avec désarroi que c’est sans doute pour cela qu’il la trouve bizarre, depuis quelques semaines : elle est sans doute devenue complètement folle ! A moins que ce ne soit la grossesse qui la mette dans cet état ? Faisant un pas ou deux, le comte pose sa main sur le bras armé de Séverine, dans l’espoir de la contraindre à lâcher son épée. « A quoi cela nous avancerait-il si nous nous faisons tuer, par votre faute ? » Siffle-t-il, agacé. Il le sait, déclencher une dispute conjugale devant ces bandits n’est pas de la première intelligence.

Élevant la voix, il se tourne alors vers leurs agresseurs. « Messieurs, j’emmène ma femme à Lorgol, ou des guérisseurs pourront nous expliquer pourquoi elle est en train de devenir folle. Vous comprendrez bien que je n’ai pas le temps d’attendre que vous m’expliquiez cette histoire de mise aux arrêts ou je ne sais trop quoi. » Il le sait, elle doit avoir l’air un peu cinglée, la frêle Séverine, avec son épée trop lourde pour elle. « L’un des médecins consultés à Euphoria nous certifie que sa maladie est contagieuse, aussi je serais vous, je ne m’approcherais pas trop. » Après tout, qu’est-ce qu’il en savent, ces gens ? « Mais ma proposition tient toujours : ma femme doit voir un guérisseur, dans les plus brefs délais. » Maximilien considère un instant les deux hommes, avant de soupirer. « Vous ne m’avez pas l’air de gens mauvais. » Mensonge, mensonge. « Mais vous pourriez tout à fait devenir des hommes riches. Laissez-nous passer. » Mensonge, à nouveau. Maximilien n’a certainement pas les moyens de payer ces gens. Et s’il les avait, il ne le fera pas davantage ! A Lorgol, il trouvera un moyen, il en est certain.

Abattant sa dernière carte, Maximilien se tourne vers sa femme. « Séverine, ma chère, posez donc cette stupide épée et remontez en voiture je vous prie. » il a l’air assuré. Bien plus qu’il ne l’est en réalité. Et Séverine n’a sans doute pas tort : mieux vaut portailler rapidement, s’ils sont recherchés. Il connaît une auberge où loge un mage qui ne crachera pas sur les fleurons, qu’importe la tête de son client. Cela ruinera une bonne partie de ses économies, mais qu’importe, c’est bien plus important. Encore deux jours de voyage, peut-être trois. Si ces imbéciles les laissent passer.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 13 Mai - 10:02

Tués par sa faute?  Séverine était-elle en train de rêver?  S'ils risquaient bien la mort, c'était bien à cause de lui et lui seul.  Elle n'avait pas voulu quitter Sombreciel pour Lorgol, encore moins passer par Lagrance pendant des jours et des jours avant de prendre un fichu portail pour la ville du nord du continent.  Et là, lorsqu'ils faisaient face à des brigands, tout ce qu'il trouvait à faire c'était ouvrir la bouche pour proférer des insanités.  Rien qui ne les avançait dans leur voyage, ils ne faisaient même que prendre du retard et la comtesse commençait à en avoir par-dessus la tête de toute cette histoire.  Ça aurait été plus facile de mettre du poison dans une assiette de Castiel au final. La jeune femme commençait à se demander qui portait réellement les culottes dans ce couple.  C'était lui l'homme, pas elle.  Certes, il s'était interposé entre son épouse et les attaquants, mais ça ne suffisait pas à satisfaire les ambitions de la jeune femme.  Il n'avait même pas fait dégainer leur arme à leur escorte. C'était quand même le comble.  Si jamais ses discussions venaient à échouer, personne n'était prêt à passer à l'action et sauver la mise.  Stratégiquement, Séverine doutait de l'efficacité de ces démarches.  Malgré la main de l'homme posée sur son bras, elle ne baissa que légèrement la pointe de son épée : si elle devait mourir, elle se battrait jusqu'au bout.

Ses poils se hérissèrent lorsqu'elle s'entendit traiter de folle.  Elle?  Folle?  Mais c'était tout le monde dans cette réalité qui était fou!  Si elle n'avait toujours rien dit jusqu'à présent, c'était bien parce que ça faisait bien son affaire d'être mariée à un vieillard, prêt à mourir à tout instant, capable de l'aider dans l'évincement du duc de Sombreflamme.  L'hérésie commençait à pousser trop loin.  Et si elle n'avait point de déplaisir à se réveiller dans des draps soyeux le matin, à manger ce qu'il y avait de plus fin, elle n'était pas là pour se faire massacrer par des brigands qui leur cherchait quelque noise pour elle ne savait quoi.  Encore moins pour les beaux d'un de ses pires ennemis, même si l'altération de tout ce qu'elle connaissait l'avait clairement amélioré, on ne pouvait tout de même pas complètement oublier le passé et toutes les souffrances qu'elle avait endurées.  Maintenant qu'on s'attaquait à sa dignité, il était encore plus hors de question de jouer les douces fleurs dociles, elle lui montrerait que s'il était un poltron, elle n'en était pas un et qu'elle ne fuirait pas devant le danger. Surtout qu'elle n'avait rien à se reprocher.  Du moins pas encore.  Jeter à bas du trône Castiel était toujours dans le plan, tôt ou tard.

Ses bras soulevèrent à nouveau l'épée, ses yeux brillèrent d'une lueur teintée d'insanité l'espace d'un instant, mais surtout de détermination.  Elle les empaillerait et en ferait de la brochette de Lagrans s'il le fallait.  Néanmoins, le temps passait rapidement et ses bras se fatiguaient plus rapidement maintenant que l'arme était élevée plus haut dans les airs.  Une nouvelle vague de nausées la prirent et elle laissa tomber l'arme alors que Maximilien lui ordonnait de retourner en voiture, bien malgré elle.  Elle ne se pencha pas pour prendre l'arme à nouveau, mais elle lâcha à voix basse à l'intention de son époux : « Je me souviendrai de vos propos, croyez-moi. »

Elle n'a plus envie de jouer ce rôle de la femme, emplie d'affection à l'égard de son mari.  Cet homme qu'elle déteste du fond de son cœur.  Si ce dernier s'était affaibli depuis, par ses attentions à son égard depuis le début du voyage, celui-ci se rappelait enfin qui était réellement cet homme.  Un homme prêt à retourner sa veste à tout moment, quelqu'un qu'elle détestait.

Elle remonta en voiture, en silence et une fois à l'intérieur, poussa quelques cris de frustration.  Autant pour exprimer sa colère que pour jouer la comédie de la folie.  Elle jeta un regard à la situation à l'extérieur, laissant son époux se charger de faire basculer la situation en leur faveur.  Peut-être y réussirait-il.  Elle l'attendait de pied ferme.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 14 Mai - 7:30

Séverine finit par lui obéir, à contrecoeur visiblement, lâchant quelques mots acides auxquels Maximilien ne répond que par un haussement de sourcils surpris. Qu’arrive-t-il donc à sa si douce Séverine ? Est-ce l’enfant à venir qui la met dans un tel état d’agacement ? Sa voix promet mille vengeances, mais sa femme n’est pas de ce genre-là. Enfin, il le croyait jusqu’à maintenant, en tout cas, et il n’a pas pu se tromper autant sur le compte de celle qu’il a épousé.

Le comte décide pourtant de ne pas s’en préoccupé pour le moment. Faisant mine d’ignorer les cris de Séverine, audible de tous, il s’efforce de parlementer, cajoler, séduire. Il l’a déjà fait Maximilien, alors pourquoi pas sur ces rustres ? Les bandits parlementent entre eux, décidant visiblement du sort des voyageurs, et l’homme s’autorise à se détendre un peu. Lui, assassin d’Arsène ? Certes, il aurait pu le faire, il en avait la possibilité. Le mobile aussi, punir sa volage de fille et lui faire regretter d’avoir fais un enfant. Elle le sait pourtant, Mélisende, à quel point les Erebiens sont fourbes et lâches et menteurs et si peu dignes d’attention ! Maximilien s’est certes fourvoyés dans son mariage avec Ismalia, mais ça aurait du servir de leçon à ses enfants ! Tout ça, c’est de la faute de Mélisende. Arsène n’est qu’une malencontreuse victime de la stupidité de sa mère, et de l’arrogance de son père.

L’un des bandits, le chef probablement, s’approche et Maximilien affiche une mine assurée. Jusqu’à ce qu’il lui plante un parchemin sous le nez, promettant pour sa capture une somme démesurée. Oh, il est flatté de voir que son duc l’estime autant, d’un côté ! Mais cela n’arrange guère ses affaires sur le moment. « Je pense pas que tu sois capable de concurrencer cette somme, vieillard ! » ricane-t-il, avant de faire signe à ses hommes de promptement se débarrasser des gardes et du cocher. Maximilien tente de protester, mais quelques coups le mettent vite à genoux dans la boue, et il est ligoté tandis que d’autres sortent sans ménagement sa femme de la voiture où elle a trouvé refuge. Pauvre Séverine, elle ne mérite pas d’être malmenée, mais c’est en priorité de son propre sort dont l’homme se préoccupe. « C’est forcément un malentendu. » affirme-t-il à l’homme qui le maintient à genoux, sur ce sol inconfortable. « Libérez-moi, et je ferais... » Un nouveau coup l’interrompt, lui fendant la lèvre et faisant gicler le sang. Il n’est pas stupide Maximilien, et comprend vite que son intérêt est de se taire. Il a un argumentaire à préparer mentalement, de toute façon. Pour quand il rencontrera Castiel. Lui dire que sa cousine est enceinte améliorera-t-il la colère du duc ?

Jetant à peine un regard d’excuse à son épouse bousculée et malmenée, Maximilien est relevé et contraint de suivre les bandits. L’un d’entre eux est mage, à ce qu’il comprend, et le chemin vers Lorgol ne sera pas long. Il appréhende quelque peu, le comte. Chacun sait à quel point sa Mélisende et ce fourbe d’Anthim sont proche de Castiel de Sombreflamme, et il redoute le sort qui l’attend dans le coupe-gorge qu’est Lorgol. Vif, précise l’avis de recherche. Heureusement, en un sens : le comte aurait détesté trouver la mort sur les chemins. Pas sur qu’auprès du duc soit mieux, mais au moins, il pourra plaider sa cause. Probablement.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 20 Mai - 16:06

Assise dans la voiture, à faire son cinéma, Séverine ruminait à ses options de fuite.  Assez de suivre le vieux, il ne lui servait pas à grand-chose finalement dans ses désirs de vengeance.  Outre l'envoyer dans les mains de brigands.  Aurait-elle une somme considérable à leur offrir, cela aurait été presque une bonne rencontre, un heureux hasard.  Mais elle ne disposait pas d'autant de fleurons, cela elle en était certaine.  L'idée était désormais de trouver un moyen de se débarrasser de cet encombrant époux, bon à rien et inutile.  Où était passé l'homme intelligent qui servait si bien Castiel?  Elle s'attendait à un peu mieux de sa part.  Ou peut-être son détesté cousin était-il plus malin qu'elle n'avait jamais osé le croire.  Sinon, peut-être restait-il une part de son cher époux attaché à ce vaurien de duc.  Peut-être aurait-elle le temps de leur fausser compagnie pendant qu'ils se disputaient : les bruits qui lui parvenaient de l'extérieur maintenant qu'elle avait fini d'exprimer sa rage par ses cris lui laissaient à croire que les tentatives de parlementer du comte n'aboutissaient pas aux débouchées escomptées.  Elle l'avait bien prévenus que la parole n'avait aucun pouvoir sur des types en ce genre, il n'avait pas voulu l'écouter et avait préféré faire la tête dure.  On voyait lequel des deux avait pris le temps d'apprendre à interagir avec la roture.  Parfois l'éloquence d'un Cielsombrois ne fera rien pour lui sauver sa peau, peu importe à quel degré il peut se montrer persuasif.

Alors qu'elle songeait à prendre discrètement la poudre d'escampette, des hommes s'approchèrent de la cariole et l'en firent descendre avec une grande brutalité.  Elle aurait dû passer moins de temps à passer sa colère et plus à réfléchir : elle n'était plus une enfant et devait se comporter de la sorte.  Néanmoins, elle ne se laissait pas faire la brunette : s'ils voulaient la violenter, elle ne les laisserait pas la cueillir comme une rose.  Elle se débattait donc.  Ça ne servait à rien de plus qu'à être brutalisée plus encore et de tomber sur les genoux périodiquement.  Dans une de ses ruades, elle tomba durement au sol et se tordit sévèrement la cheville.  Chaque pas lui causait une douleur insoutenable et il n'était plus temps pour elle de se débattre : le reste de la route entre la voiture et l'endroit où était ligoté son cher et tendre époux se fit beaucoup tranquillement pour les gars en charge de la ramener et cela leur évita quelques coups de griffes supplémentaires.

Le regard désolé de Maximilien à son égard aurait pu toucher Séverine, mais celle-ci était déjà arrivée au bout de sa tolérance.  Tout semblant d'affection qui avait pu se développer en elle pour son époux était mort dans l'oeuf désormais.  Elle se contenta de lui jeter un regard vide de toute émotion avant de se concentrer sur sa propre personne et sur ses chances de survie.  La baffe qu'on avait attribuée à l'homme puisqu'il parlait trop l'avait convaincue, une fois de plus, qu'il ne servait à rien de parlementer avec ces gens.  C'est ainsi qu'elle se laissa transporter plus docilement que plus tôt là où ils en auraient le bon désir.  Soit Lorgol.  Et Séverine comptait bien en profiter pour tenter de s'échapper par tous les moyens.

Le déplacement fut bien rapide, considérant qu'ils passèrent par un portail.  Elle ne reconnaissait pas les murs qui l'entouraient une fois sur place : évidemment, Castiel ne l'avait jamais invitée dans ses appartements, où qu'ils fussent, elle aurait bien été en peine de se retrouver.

Elle profita d'un moment où les mercenaires qui les avait repêchés se concertaient à propos de la somme qu'ils toucheraient en récompense, Séverine tenta d'attirer l'attention de son époux à l'aide de discrets coups d'épaule.  « Vous sauriez comment sortir d'ici? » chuchota-t-elle, s'assurant du mieux qu'elle le pouvait d'être entendue seulement et uniquement par lui.  Ses yeux se posèrent sur l'homme.  Il lui semblait subitement encore plus vieux qu'autrefois, lorsqu'il ramassait les pots cassés semés par Castiel.  Avait-elle raison de se fier à lui, ne serait que pour une partie de son plan d'échappatoire?  Probablement pas, mais elle n'avait pas vraiment d'autre choix.

« Dépêchez-vous, il faut partir maintenant, alors que personne ne nous porte attention.  Ne croyez pas que mon cousin sera plus clément avec vous parce que nous sommes mariées.  C'est un homme à tuer les membres de sa propre famille, vous pouvez me faire confiance là-dessus, » déclara-t-elle, en espérant que cela convainque l'homme de laisser tomber les belles paroles et explications alambiquées entrecroisées de flatteries.  L'idée de rencontrer Castiel faisait horreur à Séverine, même si ce n'était pas celui qui avait fait exécuté ses parents.  Elle ne voulait pas être une fois de plus à genoux devant lui, complètement à sa merci.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 21 Mai - 15:53

Séverine lui en veut, visiblement, et Maximilien ne sait que dire. Ce n’est pas de sa faute, comment deviner que cette certitude de devoir aller à Lorgol se terminerait ainsi ? il n’a pas demandé à être sur la liste noire du duc, n’a même pas demandé à être accusé de l’assassinat de son petit-fils. Certes, il est peut-être coupable, mais pour ce que ces gueux - et Séverine - en savent, il est encore seulement suspect non ? Mais puisque plaider sa cause, à genoux dans la boue, n’est pas une option viable, le comte fait profil bas. Et redoute de voir Castiel de Sombreflamme. Le duc n’est pas connu pour sa clémence, et le père de l’enfant, cet Anthim qui fraye avec sa fille et le duc, ne laissera sûrement pas passer sa chance de crier vengeance.

Mais à l’idée du sort peu enviable qui l’attend, Maximilien sent la peur l’enserrer de son étau. Il a confiance en ses capacités mais parfois, il faut être raisonnable : l’espoir est mince, bien mince. Ses épaules se sont affaissées, tandis que la boue couvre ses genoux et que ses mains liés le démangent fortement. Il n’a pas l’habitude des rudes traitements : il est noble, par les jupons de Mirta ! Sa résistance n’est pas morte, même si fortement affaiblie par la peur insidieuse qui ne le quitte pas, aussi Maximilien prend quelques minutes pour réfléchir aux dires de Séverine. « Non.» Lui chuchote-t-il en retour. Bien sûr que non, il ne sait pas sortir d’ici ! Pour qui le prend-t-elle donc ? Un mage ? Un voleur professionnel, peut-être ? Un sage conseiller de sa Grâce le duc de Sombreflamme ? « En plus, vous êtes blessée ! » Elle n’est pas sur l’avis de recherche, Séverine. Elle peut encore plaider sa cause - et la sienne avec.

Mais la jeune femme n’est pas de cet avis, et ses chuchotements reprennent, menaçant, attisant les peurs du prisonnier. « Vous êtes la cousine préférée de Castiel ! Sûrement, il vous écoutera ! » Souligne encore Maximilien, tentant de la persuader. Mais... peut-être a-t-elle raison. Et elle semble en colère, Séverine. « Vous plaideriez ma cause, n’est-ce pas, mon aimée ? » C’est bien pour ça qu’il l’a épousé, après tout, Syned le sait ! Et pourtant, dépendre entièrement de Séverine ne le laisse pas satisfait, le comte. Elle est étrange, depuis que tout ça a commencé. Distante. Distraite. Sûrement... non. « Notre enfant ne peut pas grandir sans père. » Accorde-t-il, sans mentionner qu’il était prêt à faire tuer ledit enfant avant même sa naissance, si cela pouvait servir ses intérêts. « Nous devons fuir, et clamer mon innocence d’un endroit où le duc ne pourra pas nous atteindre. » Il faut se débarrasser de ses cordes, pourtant, avant. Le comte se tortille, tire, souffle, mais qu’importe, rien ne se passe.

« Vous comptez nous fausser compagnie si vite ? » Le chuchotement derrière Maximilien interrompt les mouvements du comte, dont la nuque se hérisse sous la peur. La voix est basse, menaçante, et la faible lumière capte la lame étincelante d’un couteau à la hanche de l’homme. Qui est ce nouveau venu ?
Comment est-il entré ? Quand au pourquoi il est là, ce n'est pas un mystère. Car ce n’est pas le couteau qui a capté le regard de Maximilien, mais bien la cordelette que tient l’homme dans les mains. « L’avis de recherche me veut vivant. » Argumente-t-il, espérant contre tout espoir que sa voix chevrotante ne soit pas un signe trop visible de faiblesse.

Comment saurait-il après tout, Maximilien, qu’Anthim est l’Ecoutant de la Corde ? Quelques uns des assassins ont décidé que tuer Maximilien de Séverac plutôt que de lui intenter un procès serait un bien meilleur choix pour s'élever dans les bonnes grâces de l'homme.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 23 Mai - 7:25

Vieille loque inutile et décrépie! pesta en silence Séverine.  Elle soupira.  Tout projet de fuite lui semblait vain maintenant.  Elle aurait mieux fait de l'abandonner quelque part en Lagrance plutôt que de se laisser traîner en voiture sur la longue distance rien que pour l'obéir.  Simplement parce qu'il la traitait avec égards.  Stupide sentiments inutiles, ils n'avaient qu'à leur perte.  Et ses protestations semblent si puériles, désespérées.  Avait-il perdu toute estime de lui-même?  C'était risible.  Elle avait toujours respecté Maximilien de Séverac, tout autant qu'il fut son ennemi parce qu'elle reconnaissait son esprit, mais là, autant dire qu'elle était complètement désillusionnée.  Il n'y avait rien de grand dans ce quadragénaire, elle le trouvait même subitement petit, affaissé.  Elle était toujours irritée, mais sa colère se calmait pour devenir plus silencieuse, atténuée.  Elle ne continuait qu'à gronder faiblement devant la détresse de l'homme.  C'était étrange, elle n'avait pas d'affection pour lui, mais pourtant, elle sentait son cœur battre à un rythme décuplé.  Et quelque chose lui indiquait que c'était à cause de lui.  Plaiderait-elle pour lui?  Elle hoche inconsciemment de la tête.  Elle le ferait.  Par contre, elle bloqua sur le notre enfant.  Ces nausées n'étaient pas dues au mouvement du carrosse et à la piètre qualité de la nourriture servie dans les relais?  Si la situation n'était pas aussi grave, elle aurait rit aux éclats.  C'était d'un ridicule, d'une ironie!  Elle, la mère du rejeton de celui qu'elle détestait au plus profond de son être.  Ça expliquait peut-être pourquoi elle se sentait moins courroucé à son égard.  Si ce n'était les relents d'affection de celle dont elle avait pris la place.

Et une fois de plus, il fut démontré que le comte était doué pour la parole, mais incapable d'autre chose.  Se tortiller pour faire céder les cordes ne servirait à rien.  Ce qu'il fallait, c'était qu'il se déplace, se positionne devant elle pour que du talons de ses chaussures elle puisse tenter de rompre les liens.  Elle s'apprêtait à lui faire remarquer lorsqu'une voix dans la pénombre se fit entendre, lui coupant l'herbe sous le pied.  Ce n'était qu'un murmure, mais elle était suffisamment près pour entendre distinctement les paroles du nouveau venu.  Et elle remarqua la corde.  Il était là pour mettre fin à leurs jours.  Ou peut-être seulement à ceux de Maximilien?  Comme stupéfiée, elle regarda l'assassin passer la corde autour du cou de son époux.  Habile, rapide.  Elle n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que le travail était achevé et c'était un corps inanimé qui gisait à ses côtés.  Des larmes coulèrent le long de ses joues roses.  Elle n'était pas particulièrement triste de la mort du vieillard, elle pleurait de voir ses jours se terminer ainsi, sans avoir rien accompli de ses  rêves, tout cela à la poursuite d'une vengeance teintée de sang et de haine.  Tout allait-il se terminer ainsi pour elle?  Elle repensa au ciel, aux étoiles qui le couvraient.  Tant de beauté qu'elle n'avait pas encore eu le temps de savourer.  Elle n'avais toujours pas vu les aurores boréales dont le seigneur d'Ysgramor lui avait parlé, ni le ciel étoilé de l'Archipel, ou l'Îlie.  Elle avait encore tant à faire.  Tant à vivre.  Elle avait connu maints amants, mais pas encore les passions de l'amour.  C'était injuste.  Tout cela, c'était de la faute de Castiel de Sombreflamme.  Il l'avait privée de l'amour maternel.  L'avait privée de sa famille.  L'avait privée de poursuivre ses rêves.  Et maintenant, comme si ce n'était pas assez, il lui arrachait sa vie.

« Je me vengerai Castiel de Sombreflamme, je me vengerai! » hoqueta-t-elle dans ses larmes.  Elle n'était pas sur la liste à exécuter.  Mais l'assassin songea, ayant surpris la conversation des deux époux qu'il pourrait tout aussi bien débarrasser le continent du dernier représentant de la lignée des Séverac au passage, un juste retour des choses pour avoir empoisonné le fils de leur écoutant.

Tandis qu'il passait la corde autour de la gorge blanche de la cousine du duc, resserrant tranquillement sa prise, quelqu'un venait pour amener Séverine et Maximilien au devant du duc pour qu'ils passent au jugement.  Le tueur hésita un instant puis délaissa le corps de la jeune femme inanimée.  Elle n'était pas morte, mais il s'en était fallu de peu.  L'escorte en charge de les conduire trouva donc leur deux corps, l'un sans souffle de vie et l'autre sauvé de justesse de la mort.

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 23 Mai - 21:06

Étrangement, ce n’est pas dans la corde que Maximilien voit arriver la fin de sa vie. Pas non plus dans le regard de l’assassin. C’est dans les yeux de Séverine, son épouse, sa douce épouse, que l’homme voit arriver sa fin. Elle est figée, ces quelques secondes que durent la mise en place, et elle a perdu tout espoir. C’est sur elle que le vieil homme garde les yeux, tandis que la corde serre, que la vie s’échappe. Se débattre est inutile. Espérer est inutile.

Est-ce qu’il en est triste, Maximilien ? Pas réellement, non. Il regrette, certes, beaucoup de choses. Ne pas avoir prévu de se retrouver sur un avis de recherche, par exemple. Ne pas avoir réussi à prendre le pouvoir, et à libérer Sombreciel du joug de Castiel. Ne pas avoir aimé Séverine comme, peut-être, elle l’aurait mérité. Ce n’est pas elle qu’il a aimé, mais ce qu’elle pouvait lui apporter. Ce n’est pas juste pour elle, sans doute. Mais quand la justice a-t-elle eu la moindre place en Arven ? Si c’était le cas, on ne lui aurait pas volé la femme de sa vie. Elle l’aurait aimé lui, et uniquement lui. Ses enfants n’auraient pas été les monstres de perversion et d’ingratitude qu’ils sont devenus. Il a peut-être une part de faute, là-dedans, mais il n’empêche, il regrette d’avoir donné le jour à des rejetons si peu aimants. D’avoir aimé une femme si peu aimante, également. Il n’y a pas d’amour, ici. Maximilien l’a cherché, s’étourdissant entre des bras de plus en plus jeune, mais l’amour est un mensonge, il l’a compris bien vite. Et a décidé d’en jouer.

Et alors que la corde se resserre autour de son cou, volant son souffle, enfonçant dans sa gorge d’éventuelles dernières paroles, ce n’est pas à ses enfants que Maximilien pense. Pas non plus à cet enfant qui grandit peut-être dans le ventre de sa belle. Pas même à son petit-fils qu’il a tué. Non, si Maximilien pense à quelqu’un, c’est bien à lui. Et à la déchéance d’échouer, de mourir dans une pièce lugubre, les mains attachés. Quelle injustice !

Son souffle se meurt, ses yeux se révulsent, et soudain, il n’y a plus de regret, plus de Séverine, plus de corde qui brûle sa chair et comprime sa trachée. Plus rien, seulement la mort et le froid qui l’accueille. Adieu, Arven.


RP Terminé

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Message Sujet: Re: Tout vient à point à qui sait attendre ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 3 Juin - 2:47


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Sujet clôturé

Bien joué, petits dragonnets !





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