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 Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée

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Message Sujet: Re: Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 18 Mai - 0:33

Elle est troublée, la sultane, mais ce front contre le sien, ces mots brefs qui la plongent dans une incertitude encore plus grande, tout cela l’apaise malgré tout, malgré l’indécision, la crainte, qu’elle ressent. Cette douleur qui déchire ses membres, qui la tiraille et ne lui laisse aucun répit. Elle ne comprend pas la situation, non, mais elle continue de regarder Alméïde, seul point de repère pour elle, impressionnée par l’autorité dont elle fait preuve, et par le sang-froid qu’il l’accompagne. Elle est habituée à cette autorité qui découle de sa douceur, son calme qui impose aux gens de l’écouter, qui ne peut que faire ressortir l’intelligence de ses propos.

Non, c’est une autorité toute différente, qu’elle exerce. Impérieuse. Digne de la duchesse qu’elle est destinée à devenir, auprès de Castiel de Sombreflamme, même si elle n’en aura pas officiellement le titre. Même si elle ne sera que la seconde – une position indigne de sa grandeur, aux yeux de Sitara, qui le déplore, bien qu’elle soit rassérénée, après tous les conflits qui étaient nés de cet amour, qu’Alméïde puisse vivre une union comme la sienne. Même si elle doute encore parfois que ce soit le cas, elle l’espère. Et elle pense, à l’entendre s’exprimer ainsi, qu’elle se révèlera au sein de la cour ducale de Sombreciel. Mais elle n’a guère le temps d’y penser davantage, que ses pensées fuyantes sont interrompues par le claquement d’une gifle, puis deux, alors qu’Alméïde ne faisait preuve que de bons sens. Elle ne comprenait pas qui était cette femme qu’elle observait, dont elle reconnaissait les traits, mais pas l’attitude.

Elle oublia bien vite cela, cependant, alors qu’on défaisait ses chaînes, lui imposant une chute brutale au sol, qui lui arracha un cri de douleur puissant, profond, irrépressible, et fit monter des larmes jusqu’à ses yeux. Elle aurait voulu les contenir, mais la brutalité des gardes, puis celles des domestiques et soigneurs qui se retenaient de la brutaliser davantage encore pour la punir de son acte criminel dont elle n’avait aucun souvenir et qui l’horrifiait, bien plus encore. Elle sentait de loin les baumes soignants étalés sur son corps, pour refermer les plaies, du moins pensait-elle que c’était pour cela mais peut-être n’était-ce que du poison, les cataplasmes, les bandes, mais plus rien ne la faisait réagir, sinon la douleur. Même une fois libérée, habillée convenablement en sus de ça, elle était dans un état déplorable, boitant et faisant preuve d’un épuisement moral certain.

Si elle avait su, que la douleur serait plus terrible encore… Elle ne peut empêcher Alméïde de lui parler, elle ne le veut pas, elle veut savoir, elle a besoin de savoir, mais elle ne s’attendait pas à un tel choc. Alméïde, duchesse de Bellifère, Anthim, renégat, la mère de sa belle-sœur, vivante et peu agréable… Les meurtres dont elles sont coupables. Mais elle peine à rattacher ces actes à Alméïde, à elle. Elles en sont incapables, il doit y avoir erreur, n’est-ce pas ? Et ce n’est pas ce qui l’horrifie le plus, non. C’est qu’Anthim ait pu laisser tout cela se passer, qu’il ait abandonné sa sœur ainsi, l’ait réellement condamnée à cette vie miséreuse… comme il avait failli le faire, dans ses souvenirs. À cela près qu’il n’exécrait ni ne condamnait le duc de Sombreciel, cette fois. Non, il avait abandonné sa sœur, pour se vautrer dans la luxure. Et cela, plus que tout, lui fait mal. Tout ce qu’elle lui avait dit, elle pouvait le comprendre. Mais ça… Elle ne pouvait l’accepter, même si elle essayait d’ignorer la blessure de savoir qu’elle n’était rien pour lui. C’était trop pour elle, et elle ne put étouffer les larmes silencieuses coulant sur ses joues. Elle étreignit Alméïde, lui murmurant combien elle était désolée, qu’elle ait du vivre cela. Désolée, de ne pas avoir été là pour elle. Même si elle s’éloigne rapidement, par crainte d’Astarté. Une peur forte, viscérale, qui le fait tituber un peu plus encore. Elle serre la main d’Alméïde, pourtant, avant de passer le portail. Par crainte de ce qu’elle va trouver, à Lorgol. De ce qui les attend. Les racontars des gens qui les accompagnent l’effrayent, elle qui n’apprécie guère la ville depuis que Qasim y a été enlevé. Elle porte machinalement la main à son ventre, désespérément plat, sans savoir comment elle a perdu ses enfants. Son cœur est brisé, et elle craint que rien ne puisse le réparer. Pas avec Anthim éperdument amoureux de… de son pire ennemi. Avec son fils disparu – personne n’a voulu lui dire où il se trouvait -, avec ses sœurs dont elle ne parvint pas à avoir des nouvelles…

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Message Sujet: Re: Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 21 Mai - 4:59

Pourquoi cette plume ne voulait-elle pas tenir? Astarté la replaça avec patience, sur le turban de son petit prince. Elle espérait secrètement que le griffon la lui ayant fournie périsse tristement en défendant Erebor. Une fin digne et noble, pour un maître des cieux, mais une fin tout de même. Ou alors imposer une rencontre intime avec le chapelier qui avait confectionné ce turban si problématique. Toujours est-il qu’elle était désormais à Lorgol, la jolie Sultane, entourée d’une petite dizaine d’hommes de sa garde, d’une servante, de la duchesse de Bellifère et de l’ancienne épouse, Sitara. Elle fronça les sourcils en entendant parler le Qoraich. Tiens… il était là, lui aussi? Si discret qu’elle n’avait pas pris un instant pour le congédier. Sans doute avait-il rapidement compris qu’il valait mieux se faire oublier du regard de la Sultane instable. Entre les préparatifs du voyage, la lettre envoyée à ce bovin de Bellifère pour le rassurer quant au séjour prolongé de son épouse et les directives funéraires, elle n’avait pas vraiment eu le temps de faire la liste de ceux et celles l’accompagnant si loin du désert. Tant que les assassines et son garçon était du nombre...

L’entrée aurait pu être plus subtile, plus humble aussi, mais Astarté avait la conviction qu’Erebor était la nation dominante de ce monde et elle comptait bien le prouver à chacune des sorties publiques. Celle-ci n'échappait pas à la règle : les trois femmes étaient couvertes de soie délicate et colorée de teintes aussi chaudes et vives que le désert. Sitara en orangé, des bracelets aux poignets qui dissimulaient la plus grande de ses ecchymoses; Almeïde en doré dont le poitrail représentait le savoir-faire de la Guilde des Joyaux; elle, la Duchesse, rouge de ce sang dont elle affectionnait tant l’éclat, des tatouages multiples qui s'entremêlaient à ses parures. Un appel au vol, une affiche précise quant à leur richesse, un pied de nez à ceux qui peinaient à se nourrir. Attention, misérable plèbe, pauvres étrangers que vous êtes, Erebor arrive et, avec lui, ses mines de merveilles, ses soieries, son or, sa prestance et sa glorieuse histoire.

Elle avait souhaité qu’on emmène Alfin, l’adorable perroquet coloré qu’on lui avait offert pour la naissance de… d’Ahsan, mais le chef de sa garde privée avait souligné l'éventualité qu’il s’envole au loin. Quant à l’éléphant orné d’or et aux défenses incrustées, pour des raisons de logistique pure et d'étroitesse de rue, il était naturellement resté à Vivedune. Un peu déçue, la Sultane avait contré ce manque d’éclat par les tenues flamboyantes, les ornements richissimes et un groupe bien massif.

- Un camp …?
- Un camp ? Quel genre de camp ?
- Un cheval pour enfant…!
- Je vous demande pardon.
- Il...serait peut-être bienvenu de nous assurer que nous ne sommes pas les seuls à vivre cette illusion. L’Académie y a sans doute quelques représentants.

Dubitative, Astarté dévisageait son chef de clan. Elle, dans un camp? Sa Royale personne sous une tente improvisée et des péons odorants? Devrait-elle lui crever les yeux ici, maintenant, pour souligner sa cécité? Elle en était à ces réflexions lorsque le petit Aïssa tira le pan de son sari.

- C’est un cheval pour enfants, Mère!

Elle braqua ses prunelles de chat sur le cheval pour enfant. Un poney. Un poney ridicule avec ses clochettes.

- Nous expliquerons à ton tuteur qu’il doit t’apprendre ce qu’est un poney, avant de le congédier, Aïssa.

Sans comprendre vraiment, il se contenta d’acquiescer énergiquement, faisant tomber la plume devant ses yeux. Adorable enfant. Elle soupira, conquise, puis emboîta le pas en direction de l’animal à clochettes. Ou plutôt en direction de la sortie de la ville. Le Destin était vraisemblablement contre elle, à l’embobiner jusqu’à Lorgol, jusqu’à un campement où poneys et bouseux cohabitaient probablement et bataillaient pour diffuser leur odeur respective. Sans époux, sans Ahsan. Elle appréhendait le pire, alors que ses hommes s’efforçaient de suivre le rythme pour la protéger de son exubérance et de ses excès, et d'éviter qu'une des captives ne désirent s'enfuir, ne serait-ce que par instinct de survie.

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Message Sujet: Re: Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 23 Mai - 16:40

Il y en a d'autres pour soutenir ses paroles. D'autres qui craignent et espèrent peut-être à la fois. Alméïde reste silencieuse, ses doigts viennent s'agripper à ceux de Sitara et elle prie les dieux pour que la sultane prenne la bonne décision. Mal à l'aise dans ses vêtements trop tape à l'oeil pour des rues à l'atmosphère aussi pesante, son regard se pose de tous les côtés, cherchant une solution, une idée. Elle pourrait fuir, mais cette version de Lorgol ne lui dit rien qui vaille. Et les gardes d'Astarté la rattraperaient en un rien de temps, puisque non encombrés par une robe chatoyante aux voiles délicats voletant sous la brise. Alors elle se tient droite, aussi surprise par l'arrivée d'un poney serti de clochettes. L'image l'amuse légèrement, fait apparaître l'ombre d'un sourire. Elle a le souvenir fugace d'une conversation avec Mélusine, lui parlant de ce petit protégé qui l'accompagne et d'un cadeau d'anniversaire particulier. Ce petit garçon qu'elle a surveillé un instant au tournoi, puis dans les sombres souterrains de la cité des morts. Serait-ce... son poney ? Est-il là ? Et Mélusine aussi ? Oh, Mélusine... Son coeur la tiraille, l'espoir et l'appréhension s'y disputant aprement. Y a-t-il des visages connus dans ce camp ?

Lorsque le groupe se remet en marche, elle avance docilement, gardant l'oeil alerte. Ses doigts entremêlés à ceux de Sitara se referment avec douceur, cherchant à la rassurer autant qu'à se rassurer elle-même. Elle n'arrive pas à y croire ; Astarté prend bel et bien la direction du camp, mais sauront-ils y trouver ce qu'ils cherchent ? D'autres vivent-ils cette illusion également ? Elle sent les regards curieux des Lorgois qui les observent passer avec attention, avec cupidité pour certains, avec malveillance pour d'autres. Des frissons s'emparent d'elle et pour une fois, elle est rassurée d'avoir une garde si conséquente pour les surveiller. Une garde armée et efficace.

Le chemin est long, mais leur petit groupe parvient enfin à cet endroit étrange, comme sorti d'un rêve. Des tentes sont plantées ici et là, un peu partout. Et de nombreuses personnes y déambulent, de tous les horizons, de toutes les classes sociales. Un noble aux vêtements élimés, un pauvre homme assis près d'un arbre. Tous se mêlent dans un étrange tableau. Alméïde se tourne vers Sitara, à la fois apeurée et soulagée. Loin de la sultane, elle en profite pour murmurer : « Garde bien les yeux ouverts, nous trouverons peut-être des amis, des alliés. » Des êtres qui pourront leur venir en aide si la sultane continue à vouloir venger des morts dont elles ne sont pas responsables. Mais elles sont parvenues à destination. Oui, elles y sont. Et désormais, il n'y a plus qu'à espérer.

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Message Sujet: Re: Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 24 Mai - 19:47

Ce fut soudain. Elle papillonna les cils en regardant autour d’elle, l’esprit aussi embrumé que lorsqu’elle s’éveillait péniblement d’un songe beaucoup trop agréable. De tout ce qu’elle voyait, de tout ce qu’elle pouvait voir autour d’elle, rien ne lui était familier. Des tentes ici et là, des gens en nombre, des gens qu’elle ne connaissait pas. Pourquoi la regardait-on? Elle eu un mouvement de recul, la gitane, un instinct primitif qui lui intimait de fuir, et de fuir tout de suite! Deux bras petits se serraient sur elle, alors qu’elle avait fait tout juste un pas, encombrée par des vêtements luxueux qu’elle ne reconnaissait pas. Un enfant, six ans, peut-être, aux cheveux bouclés et aux yeux clairs sous un turban serti d’une plume. Elle releva les yeux, en sentant peser sur elle mille et un regards. La cerclait-on…? Fuir. Fuis!

La joaillière poussa un gémissement plaintif en cherchant à se soustraire à l’enfant étrangement familier, alors qu’une petite dizaine d’hommes armés la fixaient. Enfin. Pas qu’elle. Ils regardaient aussi deux femmes, non loin qui s'étreignaient comme des amies proches. Deux silhouettes fines qu’elle reconnaissait, même de dos, pour les avoir tant observé à la dérobée, lors de leur rencontre. Pour avoir cherché à les mesurer sans les toucher. Il s’agissait de deux clientes de choix, mais également de deux entités d’Erebor pour qui Astarté n’avait que du respect.

- … Princesse?

Elle avait appelé Alméïde à son secours, et non pas la Sultane qui l’intimidait de par son simple titre. La princesse imposait, tout de même, mais leur complicité était un peu plus étoffé, un peu plus assumé, aussi. La gitane glissa une main sur l’enfant, cherchant à l’éloigner définitivement d’elle, mais le geste resta en suspens lorsque des motifs nouveaux s'imposèrent sous ses yeux. Des tatouages colorés et fins marquaient intégralement ses bras; les rares espaces libres de sa peau ambrée étaient habillés d’arabesques tentaculaires d’un bracelet ouvragé, incrusté ici et là d’ambres lisses. C’était magnifique, intelligemment ouvragé, créatif à l’en rendre jalouse, mais surtout, ce ne pouvait pas être son propre bras. Ils étaient vierges de tous tatouages. Elle hoqueta, alors que la peur l’envahissait peu à peu, inexorablement. Elle se sentait étouffer, de plus en plus, malgré le ciel bien visible, malgré l’espace vaste.

Lorsqu’elle releva son museau vers les hommes armés, quelques uns sourcillaient déjà, étrangement attentifs à ses faits et gestes. Ce devait être une illusion. Sicq se vengeait-il? Astarté fouilla la petite foule en cherchant le pirate, du bout des yeux, en vain.

- Duchesse… Je… Puis-je disposer?

Sa voix était pressée, bien qu’à peine plus audible qu’un murmure.

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Dernière édition par Astarté des Sables le Jeu 25 Mai - 13:34, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 25 Mai - 10:46

Elle était dévastée, presque brisée, la Sultane, de ces vérités qu’on lui assénait. Elle ne sentait plus rien, sinon la douleur des blessures dissimulés sur ces vêtements trop serrés, qui effleuraient et ravivaient toutes les plaies qui parsemaient son corps. Elle tituberait, si ce n’était pour le soutien d’Alméïde, cette main qui serre la sienne. Elle n’a qu’à peine conscience du climat effrayant, de l’horreur de ce qui les entoure, du danger auquel elles sont soumises. Elle n’a conscience que des voix qu’elle a entendues, sur son chemin, ces concubines fielleuses qui lui rappelaient tous les supplices dont elle n’a aucun souvenir, mais qu’elles contaient, ces erebiens de haute noblesse, qui affluaient pour prêter hommage à leur prince, suite à la mort de leur père. Sans même qu’elle comprenne comment ils pouvaient déjà être avertis. La… la sultane Astarté d’Erebor les avait-elle avertis ? Les avait-elle sommés de venir ? Elle est déboussolée et perdue, et avance comme dans un brouillard qui ne pouvait la quitter.

Les clochettes détournent son attention, le dissipent un peu, alors qu’elle observe ce camp de fortune, ou d’infortune, mis en place. Qu’attendent tous ces gens ? Que se passe-t-il ? Elle ne ressentait pas cet appel, avant maintenant, mais elle sait. Elle sait, maintenant, qu’elle devait venir. Elle ne comprend pas, pour autant. Elle secoue simplement la tête, quand Alméïde lui somme de garder les yeux ouverts, de jeter un œil à ce qui les entoure, pour trouver des visages connus, des gens susceptibles de les aider. Non. Elle ne veut pas voir Anthim, pas voir cet Anthim. Elle sait, au fond, que ce n’est pas lui, pas celui qu’elle connaît. Pas l’homme qu’elle a aimé, l’homme qu’elle aime. Mais elle ne peut tolérer de le voir, s’il… s’il lui ressemble. Elle est déjà bien trop bouleversée. Elle se relèvera, surement, mais il lui faudra du temps. Et pourtant, il est tellement plus facile de penser à ce qu’elle a vécu, que de penser qu’elle a… qu’elle a tué un enfant. Sciemment. De sang froid. Elle s’arrête soudainement, trébuche, se raccrochant au bras d’Alméïde.

La brume qui l’entoure disparaît progressivement, malgré elle. Malgré son désir de ne rien voir. De ne rien ressentir. De ne plus être confronté à cela. Elle se dissipe tout à fait, pourtant, quand la métamorphose en Astarté d’Erebor… Astarté des Sables ? s’opère. Quand sa voix ne prend plus ce ton impérieux, cette voix mesquine et détestable. Elle frémit, l’ancienne duchesse qui n’est rien dans cette vie, lorsqu’elle réalise ces pensées qui l’assaillent, haineuse, presque une réminiscence de ce dont elle ne se souvient pas, de ce qu’elle ne sait pas avoir vécu. Et sa voix, désemparée. Douce. Alméïde a été là pour elle, à son « réveil », même si elle ne sait pas encore dans quelle étrange transe elle fut plongée. Elle sera là pour Astarté, aussi difficile que ce soit, de passer outre la crainte immense qu’elle fait naître en elle. Cette voix, suppliante, elle ne peut l’ignorer.

« Dame Astarté. Je crains devoir vous l’interdire. Nous allons tout vous expliquer, mais vous n’êtes pas en sécurité, ici. Moins encore si vous vous éloignez. Donnez-moi votre bras, rapprochez-vous, et écoutez-moi. Je vais vous expliquer ce que je sais, ce que je comprends, et vous allez devoir vous comporter de la façon que je vais vous expliquer. »

Elle réprime un geste de recul, face à la folie qui hantait le regard de la femme, à ces sévices qu’elle aurait pu leur faire subir, plus intenses encore que ceux qu’elle avait failli ressentir. Mais elle se fait violence, garde la main d’Alméïde dans la sienne, et soutient la duchesse de cette vie.

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Message Sujet: Re: Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 3 Juin - 2:48


Intrigue 2.3 ♦ La Roue Brisée

Sujet clôturé

Bien joué, petits dragonnets !





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Être sultane à la place de la sultane ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée
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