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 Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée

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Message Sujet: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 1 Avr - 1:48




Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
#17 ♦ Elanin & Lancelot & Chimène


Le retour de la poupée tueuse

Intrigue 2.3 ♦ Trame temporelle alternée




C’était un beau cadeau, à la base, cette jolie poupée mécanique capable de s’animer pour servir ses maîtres. Un bien joli présent de l’Empereur Augustus à sa favorite, la belle Elanin ; mais voilà que l’artisan indélicat a trouvé qu’il serait pertinent d’utiliser l’âme d’une princesse pour créer un automate digne d’une reine sans couronne. Mauvaise idée : Chimène n’a guère apprécié de se voir ainsi tirée du néant et enfermée dans un carcan de métal froid et ridiculement petit. C’est sans scrupule aucun qu’elle a mutilé Elanin qui n’est plus aussi belle sous le bandeau qui dissimule son orbite vide, et qu’elle s’en est allée en direction de Lorgol tirer vengeance de l’artisan qui a ainsi brisé son éternel repos.
C’est dans la boutique que la confrontation a lieu, entre Lancelot qui se réveille là sans trop savoir pourquoi tout est différent soudain, et les deux femmes inconscientes de leurs vies d’avant : la poupée tueuse qui renferme Chimène venue le massacrer, et Elanin ivre de peine et de rage venue sanctionner l’artisan indélicat…




Consignes

Le Destin vous passe la main



• Ce topic est votre participation à l'intrigue 2.3 La Roue Brisée et n'est ouvert qu'à vous.  

• Vous devez y poster au moins une fois par semaine chacun.  

• Ce sujet devra être clôturé avant le dimanche 28 mai !  

• Vos personnages doivent arriver à Lorgol en fin de sujet, pour rejoindre l'Académie, ils ont le pressentiment qu'on les y attend. De fait, un campement de romanichels rescapés commence à se former dans la forêt de sapins à proximité. Vous serez sûrement au complet vers la fin du mois de mai.

• C'est le Destin qui décide si votre personnage a conscience d'avoir vécu une autre vie auparavant, ou pas ! Respectez bien votre contexte, et soyez attentifs : il peut vous faire retrouver la mémoire en cours de sujet...  

• Le premier message posté sera obligatoirement le formulaire d'ouverture des RP ! Pensez à le dater et à insérer le lien de votre sujet à l'endroit prévu pour permettre son recensement dans la chronologie.

• Le Destin passera peut-être vous taquiner de temps en temps...

• Pas de limite de mots, vous êtes des dragonnets libres, liiiiiiibres !

Bonne chance à tous !  


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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 2 Avr - 11:49




Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
#17 ♦ Elanin & Lancelot & Chimène


Le retour de la poupée tueuse

Intrigue 2.3 ♦ Trame temporelle alternée




• Date : 29 avril 1002
• Météo : Léger vent frais, crépuscule
• Statut du RP : Event
• Résumé : Chimène arrive à Lorgol avec Elanin, les deux jeunes femmes sont bien décidés a faire passer l'envie à Lancelot de réitérer ces expériences.
• Recensement :
Code:
• [b]29 avril 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1960-le-retour-de-la-poupee-tueuse-intrigue-2-3-la-roue-brisee#58382]Titre[/url] - [i]Chimène & Lancelot & Elanin[/i]
Chimène arrive à Lorgol avec Elanin, les deux jeunes femmes sont bien décidés a faire passer l'envie à Lancelot de réitérer ces expériences.




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Dernière édition par Chimène de Faërie le Mer 5 Avr - 22:44, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 2 Avr - 12:03


Chimène & Lancelot & Elanin

Le retour de la poupée tueuse




La colère. La colère et la haine en une danse intime et cruelle. Je suis de pièces et de faux, de tromperie et d'illusion. Je ne sais pas ce que je fus avant cela, avant ces mains artificielles et ses yeux de verre et cela n'a pas d'importance. Il ne reste que cette haine enflammée qui réclame le sang et la chair dans une liberté chimérique qui ne me sera pas accordée. Elle dévore chaque centimètre de mon corps de porcelaine que la magie à rendu vivant. Qu'importe. Elanin fera ce que je veux. Parce que nos désirs sont semblables. Je ris parfois en songeant à la façon dont son œil fut perdu. Le regrettais je ? Non. Je peux essayer mais je n'y arrive pas. J'ai plongé les doigts dans cette matière visqueuse avec une jubilation presque orgasmique tant elle a nourrit pour un temps mes sombres envies. Les muqueuses martyrisées dégoulinants le longs de ma main digne de celle d'un enfant.  Elle ne peut pas me posséder, je ne peux pas le permettre. Je ne sais même pas ce que je fais là. Qui je suis ou qui ais je été. Il n'y a qu'une personne qui détient les réponses. Je les lui arracherais, en même temps que ses ongles. Une à une. Lentement. C'est a cette seule condition qu'il conservera sa langue assez longtemps. Ensuite...Ensuite...Il me rendra ce que j'ignore avoir perdu mais qui creuse en moi un vide si parfait, si fabuleux qu'il en devient masse innommable.

Je ris doucement. Un son enfantin qui n'a pourtant pas l'essence de la joie. Lorgol sera un théatre parfait. Une scène des plus adéquate :

« Trouve le Elanin. Trouve le. Trouve le. Trouve le. »

L'avidité nage et s'endort dans mes mots. Une faim endiablée qui n'attend que la satisfaction. Il mourra. Il mourra. Je m'assurerai que ses hurlements s'entendent jusqu'aux cieux. J'arracherai la moindre veine, la moindre chair et alors, peut être...Peut être...Tout cela sera apaisé.
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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 5 Avr - 10:35

A
vait-il été conscient ou au courant en lui offrant ce magnifique et original cadeau ? Un cadeau empoisonné. Elanin s’était vite rendu compte que son empereur n’en avait jamais rien su, mais maintenant comment réussir à le maintenir sous sa coupe, entre ses cuisses alors que son outil de travail était mutilé ? Son physique était une des raisons qui avaient fait succomber le souverain, mais aujourd’hui à cause de cette maudite poupée, on lui avait brisé et retiré ce que la nature lui avait offert. Un de ses beaux yeux azur disparu, laissant plus que néant, douleur, amertume et rage. Une colère noire et une soif de vengeance qui ne tardèrent pas à faire des ravages. Si son bel et tendre n’était pas au courant, le seul responsable ne pouvait être que le créateur de cette créature démoniaque. Le coupable. Celui qu’elle comptait bien faire souffrir autant, voir d’avantage, que ce qu’il lui avait indirectement infligé. Elle le lui ferait payer et il se souviendrait de ce jour même après la mort.

Les dernières informations qu’Elanin avait récoltées la menèrent tout droit à Lorgol, plus précisément dans la Ville Haute où résidait le fabricant. De ce que lui avait dit le dernier homme –qu’elle avait torturé pour obtenir ces informations, puis ensuite tué pour qu’il ne dise plus un mot- il s’agissait d’un certain Lancelot, artisan nécromancien. Ce dernier possédait une boutique où il y créait la majorité de ses créations dont cette poupée mécanique qui s’en était prit à elle. Elanin n’avait rien pu faire alors. Elle aurait du décapité et ordonner qu’on détruise cette monstruosité, mais malgré sa rancœur, Elanin gardait un brin de bon sens et de sanité -allez savoir comment. Après tout, ce n’était qu’une machine, certes enchantée, mais elle ne s’était pas faite elle-même. Elle n’avait pas choisit d’être là, même si elle avait eu suffisamment de volonté pour lui arracher un œil… Peut-être Elanin s’occuperait d’elle après Lancelot… Elle verrait bien. Un problème à la fois. Pour le moment, elles avaient un objectif commun : trouver et faire payer le coupable, le créateur. Ne disait-on pas que l’ennemi de mon ennemi est mon ami ? C’était exactement cela, pensa la favorite alors qu’elle arpentait les rues de la Ville Haute en compagnie de Chimène. A peine venaient-elles d’arriver, que cette dernière semblait déjà obsédée par leur but.

« Calme tes ardeurs. Garde ça pour cette ordure. Selon les informations, on est bientôt arrivé. La boutique devrait être juste… là. »

D’un geste de la main, Elanin désigna une boutique aux bordures métalliques et dorées, ornée de quelques rouages en guise d’enseigne. Un sourire malsain se dessina sur son visage à moitié occulté par sa longue cape encapuchonné. Un petit regard vers le ciel crépusculaire puis vers les ruelles autour d’elle lui indiqua qu’elles étaient seules et qu’il serait peu probable qu’on vienne les déranger dans la boutique. Personne ne viendrait à cette heure. Il devait donc être à l'intérieur. Il le fallait. Retenant tant bien que mal ses propres pulsions sanguinaires et de vengeances ainsi que celles de Chimène, Elanin attira doucement cette dernière vers l’entrée de la boutique, juste pour vérifier une dernière fois qu’elles étaient au bon endroit. Le nom du créateur acheva de la convaincre. Un regard mauvais vers Chimène, une épingle à cheveux dans la serrure de la porte et voilà l’antre de la bête à portée de main pour prendre Lancelot par surprise. Laissant Chimène entrer la première, Elanin assura leurs arrières. Ne jamais être trop prudent, surtout lorsqu’un massacre allait suivre. Aucune échappatoire possible. Avec cette dernière pensée, Elanin rejoignit la poupée mécanique, ses fins doigts palpant avidement la poignée de la lame du poignard attachée à sa ceinture et dissimulée sous sa cape.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 5 Avr - 16:35

Quand je me réveillai, les choses n'étaient pas à leur place habituelle. C'était presque pareil à avant, mais il y avait des outils à la place échangée, déplacés de quelques centimètres. C'était bizarre, du genre minutieux, je rangeais toujours mon atelier en ordre, au millimètre près. J'avais mal au crâne, j'avais l'impression que mon cerveau cognait dans ma tête. Est-ce que j'avais trop bu la veille, ce qui expliquerait que j'aie mal rangé mon lieu de travail? Ça pourrait expliquer les choses, songeai-je en m'étirant et repoussant la vieille couverture que j'avais utilisé pour me protéger du froid de la nuit. Consciencieux, je la pliai et la rangeai dans le placard : l'ordre avant tout. Il était temps de commencer une nouvelle journée de travail et il n'y avait pas de temps à perdre. Récemment je m'étais mis à la fabrication d'un mécanisme particulièrement compliqué pour une boîte à musique et il me tardait de poursuivre la chose. Ce serait d'une beauté inouie.

J'ouvris l'armoire dans laquelle j'avais rangé le pain et le fromage qui restait d'hier et fus plutôt surpris d'y retrouver un jambon avec du raisin. Je ne me souvenais pas avoir acheté ces victuailles. Eh bien, c'était bizarre, mais un bien meilleur déjeuner auquel je m'attendais. Et je le mangeai de bon cœur en songeant déjà comment agencé les pièces. Les plans étaient imprimés derrière ma rétine, il ne suffisait qu'à fermer les yeux pour que je les vois dans le moindre détail. Une joie. Une fois mon petit déjeuner, je rangeai le tout comme à mon habitude avant d'aller m'installer à l'atelier pour une journée presque normale.

Ce qui me surpris, c'est que je ne retrouvai pas mes derniers modèles. Il avait panoplie de trucs intéressants, des projets auquel j'aurais pu songer moi-même – c'était même très probable comme tout était marqué de mon style unique – mais je n'avais aucun souvenir d'avoir jamais travaillé sur ces objets. Alors que je me remettais tranquillement de mon étonnement, cherchant une explication quelconque à ce phénomène incongru, des bruits de pas vinrent perturber le fil de ma pensée. La boutique n'était pas encore ouverte et je me voyais mal accueillir des clients pour les refouler alors que mon cœur était déjà serré par l'angoisse. Je pouvais accepter qu'une ou deux choses soient inhabituelles, mais à ce stade c'en devenait insoutenable pour mes pauvres nerfs. Alerté par le bruit, je m'avançai malgré mes craintes vers la boutique pour dire aux visiteurs de revenir plus tard.

Quelle ne fut pas ma stupéfaction en voyant une femme, un œil couvert par un bandeau, accompagnée d'une merveille de poupée mécanique. Mais quel artisan avait-il pu réalisé un tel chef d'oeuvre? Et la réponse s'imposa comme une évidence à mon esprit : mais c'était bien moi. Ça ne pouvait être que moi. Cette création criait dans tout son être que j'étais son créateur. Le problème plutôt conséquent que je n'en avais nul souvenir. Tout était comme si mon cerveau était empli d'un nuage de poussière de fée.

« Excusez-moi, mais la boutique est fermée pour le moment… » dis-je timidement. Il y avait quelque chose de peu rassurant dans l'allure de ces deux personnages. Une drôle de lueur brillaient dans leurs yeux, même dans ceux de l'automate. Comme si elle était… vivante.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 23 Avr - 13:35


Chimène & Lancelot & Elanin

Le retour de la poupée tueuse




La voix d'Elanin m'agace. Elle chante si faux, elle sonne si grinçante. Beauté fanée par la rancune d'une porcelaine vivante. Mais sa haine égale la mienne. Sa rage cheville la mienne. Il est tant et tant de mots imprononçables qui voltent dans l'air saturé de colère. Elle se protège derrière moi, quelle enfant pathétique. Je suis reine lorsque je m'avance dans le noir, l'ombre qui nait de la lumière blafarde du dehors jette sur le sol ma silhouette. Boucles blondes, robe à volant. Petite chose délicate au regard suintant de folie. Mes doigts frais caressent un instant mes boucles de crin. Suis je née ici ? Mon corps si parfait mais si faux, fut il construit ici ? Tant de questions dont mon âme ressuscitée ne peut trouver de réponse. Le néant me manque atrocement, le vide nourrit encore et toujours la rage haineuse, la soif de sang versé.

Et puis les mots arrêtent ma marche impériale. La statuette que je suis se fige, comme immobile, telle qu'elle aurait dût être. Mes yeux de verre se tournent et mon cœur de tissus craquelle. Un sourire nage sur mes lèvres peintes de carmin et mes pas me porte vers lui. Je ne lui arrive qu'aux genoux, cela est si agaçant.

« Non, elle ne le sera pas pour nous. »

Ma voix d'enfant rétorque avec l'impétuosité d'une âme torturée. Je tends mes bras à Elanin.

« Porte moi, j'aimerais le voir dans les yeux. »


Cela ne lui plait pas mais qu'importe, elle s'exécute avec un sourire mauvais. Comme une mère atroce, je lui caresse les cheveux, retirant une à une les épingles qui retiennent sa chevelure.

« Dis moi, Lancelot, sais tu pourquoi nous sommes là ? »

Mon regard se pare d'innocence pervertie, comme une coulée d'orange et d'or.

« Regarde mon amie, tu vois sa beauté flétrie ? C'est ton œuvre mon cher...Que dirais tu d'une seconde offrande a ton génie ? »

Mes petits doigts se serrent subitement, la tige glacée d'une épingle aussi longue que mon frêle avant bras. Je ne suis que porcelaine et tissus, mais ma rage coule dans chacune de mes pensées. Je baise suavement la joue d'Elanin avant de lui enfoncer subitement la tige de métal dans son œil valide. Elle s'enfonce. Comme dans du beurre. Si facilement, si tendrement. Comme l'est mon rire. J'appuie si fort que la pointe perce le cerveau avec une délectation avide. Ma main se pare de carmin alors que nous tombons. Son corps protégeant le mien de la chute. Brave Elanin. Elle m'avait bien servit n'est ce pas ?

Lentement, je retire l'aiguille. Un sourire dément dansant sur ma bouche de nacre.

« Aimes tu mon cadeau ? »
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Dernière édition par Chimène de Faërie le Dim 23 Avr - 17:10, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 23 Avr - 15:58

Une voix à glacer le sang émana de la poupée.  C'était du parfait génie.  Elle était capable de parler.  Et de réfléchir par elle-même.  J'aurais voulu être le créateur d'une telle œuvre, cela aurait été l'accomplissement d'une vie.  Jusqu'à présent, je n'avais jamais eu vent d'un autre artiste capable de rivaliser avec mes automates.  Néanmoins, je dus contrôler mon enthousiasme, car le ton employé par cette merveille d'engrenages n'était point rassurant.  On aurait dit les créanciers de ces romans qui venaient récolter leurs dettes.  Or je n'avais point de dettes, ma boutique avait depuis longtemps remboursé tous les frais que son établissement avait pu coûté à la Cour des Miracles quand elle m'y avait installée.  Que me voulait ces deux étrangères?  L'idée que leur visite ne m'apporterait aucun bien était plutôt bien ancrée dans mon esprit, aussi partagé était-il entre l'inquiétude et l'émerveillement.

Je sentis mon sang se glacer quand elle m'appela par mon nom, cette étrange poupée.  Comment pouvait-elle savoir que c'était moi?  C'était cette jeune femme aux doux traits déformés par un bandage qui cachait un de ses yeux qui le lui avait dit?  Mais je ne la connaissais point non plus.  Les battements de mon cœur s'accélèrent, se transformant en un orchestre de percussions au point culminant d'une pièce dans un crescendo proportionnel à l'angoisse qui se saisissait de moi.

L'horreur qui s'empara de moi alors que cette chose, qui n'avait absolument plus rien de merveilleux enfonça sans pitié une aiguille dans l'oeil dégagé de cette jeune femme qui la portait.  Je sentis mes jambes flageoler alors que des gouttes de sueur commençaient à perler  sur mon front.  Je n'avais jamais eu aussi peur de ma vie.  Et j'étais complètement démuni.

« Mais… qu'est-ce que ce… »

Je n'arrivais pas à articuler, les mots s'étouffaient d'eux-mêmes dans ma gorge face à ma frayeur.  Je reculai d'un pas, puis d'un second.  Il y avait une porte arrière, je pourrais m'enfuir par-là.  Mais d'un autre côté, pouvais réellement laisser cette jeune femme à elle-même? Oui, je le pourrais.  Je n'avais rien fait de mal.  Il fallait que je fuis… et laisser mon atelier derrière moi?  Je n'y reconnaissais rien, mais je ne pouvais pas non plus laisser tout ce travail être saccagé par une poupée démoniaque.

« Qu'est-ce que vous me voulez! » balbutiai-je en tâtant sur les mots.

J'allais tenter de régler les choses avant de prendre la fuite.  J'attrapai un marteau qui me servait à frapper le fer des pièces que je devais retravailler moi-même.  Ce n'était pas sa place de rangement habituel, mais je remerciai Alior de l'avoir posé là, à ma disposition.  Le tenir entre mes doigts me donnait un peu de courage sans pour autant me rassurer.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 25 Avr - 1:57


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
#17 ♦ Lancelot & Chimène & Mélodie & Liam & Liselotte

Le Destin intervient

Je vous ai trouvé des copaiiins ! :fan:




Elle fait peur, la poupée maléfique – oh, tellement peur !
Mais c’est un être né de la magie, une création artificielle ; et la marionnette ne peut s’en prendre à son maître. Telle est la loi des modeleurs : la conscience enchaînée ne peut briser les fils qui la retiennent liée à son créateur. Elle essaie, pourtant, Chimène, de toute la révolte d’une âme en peine injustement meurtrie ; mais rien n’y fait.
Elle ravage la boutique, elle effraie les clients ; mais elle ne peut blesser l’artisan et reste soumise aux ordres de Lancelot, à leur grande horreur à tous les deux…

Deux jours passent, tandis que le maître d’œuvre tente de calmer sa création déchaînée. Il parvient à restreindre son champ d’action à l’intérieur de la boutique, mais le chaos y règne désormais : la furie miniature est minutieuse et sa méthode de destruction méthodique fait des ravages.

Au matin du 1er mai, c’est un Lancelot aux traits tirés qui voit le Fils des Ombres en personne franchir son seuil, escorté et visiblement fortement importuné par… deux esprits hargneux ? La demande du souverain masqué est simple : enfermer dans deux corps de poupée les fantômes en question, pour en faire des petits soldats contrôlables ! Le Roi des Voleurs n’en peut plus d’être sans cesse poursuivi par les spectres en furie qui furent naguère Mélodie Douxvelours et Liam d’Outrevent…

Et Chimène, que pense-t-elle de l’opportunité offerte de devenir un agent d’élite pour la Cour des Miracles… ?




[CONSIGNE ♦ Vous êtes désormais cinq joueurs dans ce sujet : Lancelot et Liselotte, humains ; Chimène, poupée assassine un tantinet violente ; Mélodie et Liam, esprits vengeurs dont la première est plutôt hystérique et le second empli d’une rage froide…
Mélodie a été exécutée dans ce sujet, au soir du 28 avril.
Liam a péri dans celui-ci, exécuté car mis en cause par Mélodie, au matin du 30 avril.
Merci de limiter à partir de maintenant la longueur de vos RP à 700 mots, sauf le premier ; et de veiller à insérer résumé et compteur de mots sous balises spoiler.
Le Destin a sorti l’artillerie lourde pour vous. :sisi: ]




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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 25 Avr - 16:14

Lorsque je vis ma vie défiler sous mes yeux, la monstrueuse merveille de mécanique se précipitant vers moi pour mettre fin à mes jours, je ne voulais pas voir ma mort arriver, alors je couvris de mes paupières mes prunelles et attendis ma fin.  Qui ne vint pas.  Dans la confusion et la peur, je crois que j'avais hurlé, quelque chose pour arrêter cette furie vengeresse, et mes prières s'étaient exaucés, je n'irai pas reposer au royaume de Sithis.  Pas tout de suite.  Après m'être prudemment éveillé à ce qui m'entourait, je remarquai que malgré tous ses efforts, la poupée n'arrivait point à m'atteindre.  J'étais protégé, par je ne savais trop quel miracle tandis qu'à mes pieds, la pauvre victime expirait tranquillement.  Dans un élan qui ne me ressemblait guère, j'ordonnai à la poupée vengeresse d'achever la pauvre, question de voir si je pouvais la commander.  Et elle s'exécuta, mettant fin aux souffrances de cette pauvre demoiselle.  C'était mieux pour elle ainsi, songeai-je en réalisant que j'avais contribué à son dernier souffle.  La pauvre.

Si j'avais réussi à échapper à la furie meurtrière de l'automate animé, apparemment ma création, et que j'arrivais à la contrôler d'une certaine manière, celle-ci n'était nullement décidée à coopérer et profitait du temps que j'avais le dos tourné pour causer toutes sortes de cataclysme dans mon atelier : rien ne pouvait l'arrêter, elle semblait infatigable alors que je prenais en vieillesse à chaque heure qui passait.  J'ai dû me débarrasser seul du cadavre qui décorait atrocement mon plancher de boutique quand force fut de constater que quelques clients venaient visiter la boutique.  Les affaires n'allaient déjà pas très bien, au flux de gens qui poussaient les battants de ma porte je m'en rendais trop bien compte et la poupée, ou plutôt Chimène, n'arrangeait en aucun cas les choses en effrayant quiconque osait s'aventurer dans mon antre.  Et lorsqu'elle n'était pas occupée à détruire tout sur son passage et faire fuir toute âme qui vive… je préfère ne pas imaginer ce qu'elle trafiquait dans son coin.  D'ailleurs, j'avais bien à faire, entre les nouvelles commandes – oui je réussissais à en attraper quelques unes – et celles que j'avais à terminer.  La tâche était difficile, car si c'était bien mon atelier, je me rendais bien compte que ce n'était pas tout à fait le mien non plus.

Lorsqu'au bout de deux jours de cohabitation avec ma princesse ressuscitée, je vis le Fils des Ombres se pointer à ma porte, je passai par toute la gamme de sentiments entre le soulagement, l'espoir et puis la crainte.  Le monde avait changé.  Dans quelle mesure, je ne le savais pas encore et je craignais de ne le découvrir.  Voir le chef de la Cour des Miracles se présenter à ma porte de bon matin, suivi par ce qui semblait être deux esprits malveillants ne me donnait au final qu'une envie : prendre la poudre d'escampette et fissa.  Néanmoins, je me composai une certaine contenance et tentai d'éviter de laisser transparaître que j'étais moi, sans être moi.

« Je suis étonné de vous voir venir jusqu'à mon humble boutique plutôt que de me quémander, » articulai-je.  Est-ce qu'il venait se débarrasser de moi, le Fils des Ombres?  Jusqu'à quel point devais-je craindre pour mon avenir?  « Que puis-je pour vous et votre compagnon? »  Mon visage se figea un instant, mais j'éloignai ces pensées de moi.   Comment pouvais-je connaître une telle chose.  Je me faisais des illusions très clairement.  Peu importe quel était cet esprit, il m'effrayait un peu et j'avais déjà beaucoup à m'inquiéter de ma nouvelle poupée de collection en furie.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 25 Avr - 17:34

Morte sans l’être. Plus de corps, seulement le froid, la solitude. Une âme brisée par la folie d’un trépas violent, repoussé par les dieux, par Sithis lui-même dégouté par tant de haine. Un corps saccagé par l’injustice, j’en ressentais encore chaque coup et entaille. M’étranglant à moitié dans un sang imaginaire qui s’écoulait d’une langue fantomatique.
Incapable d’oublier, de pardonner.
Pourtant quelque chose n’allait pas, cette réalité était difforme, pareille, mais différente, modifiée par une multitude de petits détails, décharnée par des magies et des savoirs inconnus. Rien n’était à sa place, rien ne correspondait. Et pourtant le plus grand choque ne fut pas de faire face à ce monde qui n’était pas le mien tout en l’étant, non, le choque fut de découvrir qui se tenait derrière le masque en gémissant des attentions de son amante.
Les flammes de la colère avaient brûlé toute conscience, j’avais regardé stupidement, puis m’étais approchée, j’avais tenté de les toucher, les deux, pour leur faire du mal à chacune, pour me venger, pour qu’elles ressentent combien elles m’avaient fait du mal. L’une et l’autre, jugeant l’amante tout autant coupable que le bourreau. Arbitraire décision, emplit d’envie sombre et inavouable que je n’avais jamais ressentie jusqu'à présent. Comme si l’absence de corps, l’absence de vie, avait fait éclater une partie de moi, celle qui était empreinte de lumière, ne laissant qu’un cadavre avide de souffrance.

J’étais donc restée, fidèle compagne, perfide confidente, suivante minutieuse et méchante. Commentant, insultant, faisant voler feuille et détruisant le petit mobilier que ce simulacre de corps pouvait déplacer, alimenté par la haine et le ressentiment.
Elle voulait m’enfermer, me faire écouter, sagement.
Liselotte, l’espionne, la couturière, le Fils des Ombres.
Un pion qui n’avait pas la bonne place sur l’échiquier et revêtait les vêtements de la reine. Encore un, comme toutes ses têtes que je reconnaissais mais dont les comportements, les histoires et les rôles n’étaient plus les mêmes.

Pourquoi ?
Des fois la question venait papillonner dans le tumulte de la rage, mais finissait bien vite par se faire balayer par les vents vengeurs qui animaient ma carcasse.

Je l’empêchais de dormir, de soupirer, de gémir des doigts de sa moitié. Plus jamais elle ne connaîtrait le repos. Elle a qui je m’étais offerte sur bien des tableaux et qui avait osé me condamner comme une traitre.
Je n’avais jamais vraiment écouté grand monde, croyait-elle vraiment réussir à me dompter en insérant mon esprit dans une poupée ? J’en ricanais à chaque fois qu’elle en parlait, un son grinçant que jamais je n’aurais été capable d’émettre de mon vivant. Un son à faire peur et à hérissé les poils, il reflétait à merveille mes états d’âme et, contre toute attente, j’aimais à l’entendre.
C’est en ricanant, susurrant à moitié mille promesses d’une vie aux bords de la folie que je suis Liselotte, cachée derrière son masque, rendre visite à Lancelot.
Pas le vrai, un faux aussi.

-De un, je suis une femme, de deux ne m’assimile pas à cette femme, meurtrière et sans aucune jugeote. Mais au fait Lancelot, aimerais-tu connaitrais l’identité du Fils des Ombres ? Je suis sûre que tu adorerais ça.


Ma voix se fait mielleuse. Pouvait-il m’entendre ? Il semblait pouvoir me voir en tout cas. Oui, révéler l’identité du Fils des Ombres serait bien embêtant, il faudrait le tuer, combien de cadavres encore, combien de fantôme belliqueux avant que son corps ne soit broyé par le poids de ses actes ? Je trouvais l’idée délectable, oubliant complètement toute compassion pour les retombés néfaste que pourrait subir Lancelot. Il n’était qu’un faux, une image parfaite d’un ami, mais qui n’était qu’une coquille de celui que je connaissais.
Lui, ne devait pas me connaitre.
Cela me blessait et alimentait ma colère d’autant plus.

-Peut-être que ce serait plus simple ainsi, ne penses-tu pas Fils des Ombres ? Si tout un chacun connaissait ton visage pour pouvoir venir demander réparation. Ce serait délicieux.


Je minaude en flottant autour d’eux, étreignant Liselotte, effleurant Lancelot. Obnubilée par la vengeance.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 25 Avr - 19:25

Quelle calamité !
Ah, les merveilleux enchantements de la Cour des Miracles, comme elle s'en serait passé à cet instant ! Elle se croyait enfin débarrassée de cette petite peste inutile et encombrante, mais il a fallu qu'elle revienne à la charge, plus présente que jamais, plus terrible. Esprit bafoué, esprit en colère. Elle la suit partout, tout le temps, nuit et jour. Même durant les moments les plus intimes, même dans les bras de son amante... Oh les regards des autres ne l'ont jamais gênés pour ce genre d'activités mais les commentaires, le souffle glacé sur sa peau aux moments inopportuns, les objets qui volent à travers la pièce... Et même sa Joséphine s'est révélée impuissante face à cette magie qui n'a pas flanché, face aux secrets de la Confrérie. Damnée fatalité, pourquoi cette greluche ? Et pourquoi maintenant ? Et pourquoi son spectre a-t-il mystérieusement retrouvé sa langue acérée ?

Liselotte perd patience incapable de fermer l'oeil à cause de cette petite idiote. C'en est trop ! Malgré les insultes et les remarques, elle est parvenue à avoir une discussion sensée sur le sujet avec sa compagne et le nom de Lancelot l'Adroit est revenu à plusieurs reprises. À défaut de pouvoir la chasser, elle enfermera ce esprit et en fera un brave petit soldat obéissant. Et ce ne sont pas les objets qu'elle lui lance dessus ou les croche-pieds qu'elle lui fait qui l'arrêteront dans sa décision.

Parée de son masque, le Fils des Ombres se rend jusqu'à la boutique du mage, avec la ferme intention d'en finir avec cette histoire. Elle a bien d'autres affaires à régler et elle ne pourra le faire avec ces deux intrus collés à ses talons ; comme de se trouver un Second des Ombres, par exemple.

Liselotte passe la porte et aperçoit aussitôt l'air étonné de l'Enfant des Miracles. « Je suis étonné de vous voir venir jusqu'à mon humble boutique plutôt que de me quémander » « Ca ne pouvait pas attendre. » répond-elle d'un ton qu'elle s'efforce de maîtriser. L'esprit ne s'apaise pas, elle sait ce qui l'attend. « Que puis-je pour vous et votre compagnon ? » « De un, je suis une femme, de deux ne m’assimile pas à cette femme, meurtrière et sans aucune jugeote. Mais au fait Lancelot, aimerais-tu connaitrais l’identité du Fils des Ombres ? Je suis sûre que tu adorerais ça. » Elle fulmine intérieurement, Liselotte, sous le masque sombre. Oh, que ne donnerait-elle pas pour la tuer une seconde fois, mais de ses propres mains ? Pour voir la vie qui s'éteint dans ses yeux et le sang qui s'écoule avec une lenteur calculée ? Pour sentir son pouls qui s'affole puis qui se meurt sous ses doigts ? Pourtant, elle parvient à s'apaiser, juste un instant, songeant à son idée. Puis un rictus apparaît sous le masque.

« Peut-être que ce serait plus simple ainsi, ne penses-tu pas Fils des Ombres ? Si tout un chacun connaissait ton visage pour pouvoir venir demander réparation. Ce serait délicieux. » Elle l'ignore avec superbe, se tenant droite devant le mage qu'elle est venue voir pour l'occasion.

« Cet esprit est une traîtresse à la Cour et elle me hante depuis que je l'ai punie pour son crime. J'aimerais que tu l'enfermes dans une poupée et que tu la contrôles, car il m'est impossible de la chasser. » Elle dit tout cela d'une voix mesurée, mais la colère sous-jacente menace de flamber. « Je suppose que c'est dans tes cordes, on dit que ta dernière création fait des merveilles. » ajoute-t-elle avec sarcasme, songeant à ces histoires de poupée tueuse. Son regard se pose un peu partout autour d'elle : « Où est-elle d'ailleurs ? »


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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 29 Avr - 18:34

La voix d'outre-tombe de la créature m'effraya. Elle était mielleuse, mais à donner des frissons dans le dos. Comment cette chose connaissait-elle mon nom? Je ne me sentais pas du tout rassuré et j'étais bien en peine de savoir ce que le Fils des Ombres pouvait bien attendre de moi, venant en compagnie d'un tel être. S'il s'agissait bien d'une femme, j'en voyais très peu l'ombre et même je préférais peut-être même ne pas en deviner les formes et les courbes. Ses propos avaient quelque chose d'inquiétant et de menaçant. Je préférais ne pas savoir qui était réellement le Fils des Ombres. De quelle façon cette chose était arrivée à le savoir, cela ne me regardait pas et j'avais déjà une poupée meurtrière dans les pattes, je ne comptais pas me mettre la Cour des Miracles à dos en plus en m'en prenant en plus à celui qui nous guidait tous. Peu importe qui soit-il.

« Non merci, ma dame, je préférerais rester dans l'ignorance des choses que je ne devrais point savoir… » balbutiai-je.

Quoique… finalement une raison de plus ou de moins pour mettre ma vie à prix ne changera pas grand-chose. La requête qu'on me faisait était un véritable coupe-gorge. Oui, la poupée était mon œuvre. Mais ce n'était pas moi qui l'avais construite. Ni moi qui ne l'avais animée. C'était… un autre Lancelot. Qui était parti on ne savait trop où en me laissant la place derrière lui. C'est comme s'il avait pressenti toutes les malchances qui devait lui tomber dessus et qu'il s'en était débarrassé en m'invitant à le remplacer. Et me voilà maintenant à faire face à mon seigneur et maître qui me demandait de faire ce que je ne savais pas faire.

« Euh… Elle doit vaquer à ses propres occupations quelque part dans la boutique. »

D'ailleurs, des bruits de métal claquant m'indiquait qu'elle était probablement en train de foutre le bazar encore une fois dans mes pièces. Peu importait de quelle façon je prononçais les ordres, elle était vive et trouvait toujours le moyens de les contourner. Une vraie épine dans le pied. La cohabitation n'avait pas du tout progressé depuis ce jour, à se demander même si elle n'avait pas régressé. Je n'avais pas le courage de l'appeler pour qu'elle vienne faire ses salutations. De toute façon, elle serait bien assez vite alertée par les voix et viendrait d'elle-même pour effrayer tout le monde.

Maintenant, je devais trouver une réponse à offrir au Fils des Ombres. Et il m'apparaissait assez évident que je ne pouvais qu'accepter. Bien que je n'avais aucune idée de comment faire. Au moins, je pouvais faire l'automate pour commencer et réfléchir ensuite sur comment emprisonner l'esprit. Ou préparer ma fuite si vraiment je n'y arrivais pas.

« Quant à votre demande particulière… Il me faudra un certain temps, pour amasser les pièces nécessaires à la fabrication de la poupée et ensuite procéder à son assemblage, » articulai-je d'abord, laissant de côté ma nervosité autant que possible. Il ne fallait pas qu'on réalise que je n'étais plus moi. J'avais peur qu'on ne remettre ma fidélité en doute. Et que je ne devienne le prochain traître transformé en fantôme. Comment leur faire croire que je savais de quoi je parlais? Enfermer une âme dans un corps matériel, ça ne faisait absolument pas partie de ce que j'avais appris à l'académie. Ça relevait même de magie forcément interdite.

« Quand tout cela sera fini, j'aurai besoin de certaines informations, vous savez, pour insérer l'âme dans son nouveau corps. Entre autre le nom de celle-ci, sa place sociale et son âge. Le plus d'informations possible pour procéder à l'invocation en fait. »

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 2 Mai - 6:40

Elle danse la petite poupée. Les rouages ne se grippent jamais et son rire enfantin résonne sans cesse. Ma haine n’a plus d’égale alors que la vengeance m’est interdite. Volée. Corrompue par des règles dont je ne comprends pas la teneur. Cela importe. Cela me tue. Lancelot aimerait sans doute que ce soit le cas n’est-ce pas ? Si il ne peut me rejoindre en enfer, je ferais venir l’enfer jusqu’à lui. Et je m’y emploie. Avec délectation et ivresse. Susurrant sans cesse à son oreille, chassant le sommeil et l’appétit avec un art dévoyé.

L’ombrelle tourne. Mes pas se font valse sur l’établi. Il y a une grâce atroce dans chaque mouvement qui défait ce qu’il a fait. La destruction de ce qu’il considère art. La lente disparition d’une inspiration traitre. La venue d’autre me tire de mon œuvre, mes lèvres pourpres s’incurvent avec une lenteur délicieuse.

« Mon pauvre, pauvre Lancelot… »

Ce n’est qu’un murmure, accompagnant mon apparition. Petite chose d’apparence si douce, si fragile. L’ombrelle tourne et tourne autour de mes doigts.

« L’enfer que je t’offre ne te suffit donc pas ? »

Petite voix chevrotante de larmes comédiennes. L’iris de verre qui se doit d’être morne et vide, luit d’une jubilation perverse :

« Offres moi donc une compagne, mon cher créateur et alourdit ton âme. »

Puis les billes d’azur tournent dans leur orbite pour se poser sur la femme.

« Seras tu son premier sacrifice ? Lancelot apprécie les présents que lui offre ses créations, n’est-ce pas mon cher. Ma dévotion ne semble pas lui suffire, quel petit capricieux, tu ne trouves pas ? »

Le rire est cristallin, comme la danse de clochettes délicates et aériennes, pourtant, j’y distille les relents d’une haine qui ne possède aucune limite. Les bras enserrent sa cuisse et mon visage de porcelaine se lève, empreint d’une vénération aussi perverse que je puis l’être.

« J’ai pourtant fait de ton dernier client une œuvre d’art aussi magnifique que ton travail… »

Le sourire s’affine sous le murmure entendu. A-t-il oublié le sang et la chair ? Les os brisés et reconstruit en une statue immonde ? Le visage, laissé intact, figé dans l’expression de l’horreur la plus absolue ? Cela ne hante-t-il pas ses rêves ? il mourra de folie. J’en fais le serment.



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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 3 Mai - 17:29

« Non merci, ma dame, je préférerais rester dans l'ignorance des choses que je ne devrais point savoir… » Bien, au moins il sait où est sa place. Mais si cette petite garce de Mélodie décide de le lui révéler, il ne pourra faire comme s'il n'avait rien entendu, et c'est un réel problème. Elle ne va tout de même pas donner l'ordre de tuer tous ceux qui seront au courant n'est-ce pas ? Pendant quelques temps, ça peut être suffisant, mais il ne faudrait pas décimer la population de la Cour des Miracles, ce serait contre productif. Puis, Lancelot est un bon élément, discret et efficace, il ne l'a jamais déçue. Acheter son silence alors ? Elle verra le moment venue, si l'esprit ne tient pas sa langue. Quel dommage qu'elle ne soit pas réapparue sans cet organe qu'elle a pourtant ordonné de couper. Ca lui aurait évité bien des problèmes.

« Euh… Elle doit vaquer à ses propres occupations quelque part dans la boutique. » Et en effet, elle entend un son caractéristique qui la fait relever la tête. Bien. Très bien. « Quant à votre demande particulière… Il me faudra un certain temps, pour amasser les pièces nécessaires à la fabrication de la poupée et ensuite procéder à son assemblage. » Un certain temps... ? Comment ça, un certain temps ? « Quand tout cela sera fini, j'aurai besoin de certaines informations, vous savez, pour insérer l'âme dans son nouveau corps. Entre autre le nom de celle-ci, sa place sociale et son âge. Le plus d'informations possible pour procéder à l'invocation en fait. » Elle agite la main en signe d'impatience. « Je vous ferai parvenir toutes ces informations dès la fin de la journée, ce n'est pas un souci. Mais je veux que ce soit fait rapidement. J'ai des choses importants à régler et je ne peux les faire avec cette chose qui me suit partout où je vais, de jour comme de nuit. Vous comprenez ? » Le ton est celui de la menace et le silence se fait pesant, juste un instant, avant que la silhouette de porcelaine fasse son apparition, s'adressant à eux de sa petite voix.

Ses paroles sont douces et terrifiantes à la fois. L'âme emprisonnée dans la poupée suinte la haine et la rancoeur, elle porte autour d'elle une aura angoissante qui la fait frissonner, non pas de peur, mais d'excitation. Oh, quelle oeuvre magnifique. Tout ce dont elle rêvait. Une poupée dangereuse et merveilleuse à la fois. Alors quand elle la voit s'accrocher à la jambe du mage, Liselotte esquisse un sourire doucereux.

« Tu auras effectivement une compagne, mais j'ai également une proposition qui pourrait t'intéresser. C'est... Chimène, n'est-ce pas ? » Liselotte s'avance un peu, ignorant le spectre qui l'agace toujours plus. Le regard se baisse sur la poupée avec envie. « Pourquoi ne pas rejoindre la Cour des Miracles ? Tu travaillerais sous mes ordres directs, tu n'auras plus à errer sans but dans cette boutique. J'ai cru comprendre que notre cher Lancelot pouvait te donner des ordres à sa guise, mais je préfère que tu viennes à nous de ton plein gré. » Une poupée capable d'espionner pour eux et pourquoi pas, d'éliminer ceux qui se mettent à travers de leur route. « Qu'en penses-tu ? » demande-t-elle, impatiente de la voir rejoindre les rangs de la Cour. Le problème Mélodie demeure, mais une chose à la fois.


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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Jeu 4 Mai - 12:47

« Trahison », « trahison », si j’avais encore du sang, sans nul doute qu’il se serait mis à bouillir. Je regarde Liselotte cachée derrière son masque d’un air réprobateur. Laissant échapper un rire grinçant, d’outre-monde, un son désagréable et grinçant. Je ne suis plus, même ma voix se déforme, était-ce dû à ma condition de fantôme ou parce qu’une partie de ma langue m’avait été arrachée pour renaitre dans cette enveloppe immatérielle. Seule, en colère, je ne suis que sentiment, que vengeance. Pourtant, j’hésite à dire la vérité, à souffler le nom à Lancelot. C’était aussi un imposteur, qu’importent les répercussions, non? Pourquoi se soucier, pourquoi vouloir protéger lorsque tous m’avaient poignardé dans le dos, lorsque tous étaient venus voir mon trépas, tantôt riant, tantôt baissant le regard ou acquiesçant gravement.

-C’est moi qui ai été trahi, je n’ai jamais rien fait à l’encontre de la Cour. Je suis une voleuse digne de confiance, contrairement à certains espions, il faut croire.

Ma voix tire dans les aigües, laissant transparaitre une légère hystérie.

-Je te pensais plus curieux petit machiniste. C’est presque décevant. Mais pourquoi attendre ? Je suis Mélodie Douxvelours, enfin pas que ce nom te sois connu puisque cette réalité est un cauchemar sans cohérence. Voilà qui cette garce veut te faire enfermer. Mais cela, tu t’en fiche bien pas mal, n’est-ce pas ?

Est-ce qu’il me connaissait dans cette illusion infernale ? Est-ce qu’il me reconnaissait ? Qu’importait, j’étais morte, plus de vie, arraché par les miens.

-Et tes choses importantes ma chère, tu peux bien te les mettes là où je pense. En même temps ça ne doit pas être bien dur pour une cielsombroise. Tu as transformé la Cour des Miracles en un repaire de tueur et d’assassin, c’est toi qui as trahi, autant les Ombres que les Miracles, mais Isil saura te punir en temps voulu.


En attendant, il était juste que je m’en occupe, n’est-ce pas ? Je distille les informations au passage, plus ou moins consciemment, goutant la colère qui ne tarderait pas à poindre, allait-elle la montrer ? Exploser ?
Désolé, Lancelot, mais tu n’es pas le vrai, alors même si j’ai des remords, je t’embarque dans cette dispute, alors que j’aurais pu te l’éviter.

Puis je vois une poupée débarquer, à la voix aussi grinçante que la mienne, qu’était-ce ? J’arrondis les yeux, du moins ce qui semblait me servir d’oeil, volète autour d’elle, me rapproche sans pudeur pour observer la poupée puis éclate de rire. Chimène… LA Chimène ? Quelle démence, quelle folie se passe-t-il dans mon esprit pour que tout soit déformé de la sorte. Ca ne pouvait être qu’un rêve absurde, expliquant la solitude et la trahison.

-Chimène ? L’impératrice ? Hahahahaha, morte aussi et encore une fois souillée et réduite à une condition qui ne lui convient pas. Quel monde étrange, les voleurs se font vulgaires brigands, les espions assassins et voilà que notre impératrice renait et se transforme en poupée.  Et toi, tu veux la faire entrer à la Cour, c’est fabuleux.


Quelle est cette folie qui me fait voir cette mascarade et laisse mon esprit glisser vers une confusion glaciale et terrifiante ? Pouvais-je briser cette poupée avec ce corps ? Bruler l’atelier et me laisser dévorer par les flammes en espérant que le cauchemar cesse ? Je voulais me réveiller, même si c’était pour atterrir dans les cales de l’Audacia. Ho oui par Isil, qu’elle me montre les voix cachées derrière la trame de ce monde absurde, qu’on me tire de là. Il n’y avait plus qu’elle qui semblait pouvoir intervenir et entre deux sursauts de conscience qui s’extirpait de la colère vengeresse, tout mon être se tournait vers ma déesse.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Ven 5 Mai - 15:28

Je comprenais parfaitement ce qu'on me disait et cela m'effrayait.  S'il y a bien quelqu'un dont je n'avais pas la moindre envie de me mettre à dos, c'était bien le Fils des Ombres.  Je savais ce que j'encourais à lui refuser une commission, aussi pénible soit-elle à réaliser.  Je ne pouvais que compter sur le temps pour m'aider.  Où pourrais-je trouver les informations qui me manquaient pour exercer la nécromancie?  Pis encore, comment pourrais-je maîtriser cette magie interdite en si peu de temps.  Ma magie d'invocation était le fruit de cinq ans d'études.  À cela se combinait deux ans de perfectionnement.  Il était tout simplement bonnement impossible que j'arrive à maîtriser en l'espace de quelques semaines, voir quelques jours, ce qui devrait l'être en sept ans, voir même plus.  Après tout, à ma sortie de l'académie, mes automate n'avaient pas du tout la même flexibilité de mouvements que maintenant.  Alors reproduire le même genre de poupée animée était plus que probablement hors de ma portée.  Mais impossible de le dire.  Qui me croirait, à parler d'un délire d'une autre vie.  Où il n'y avait pas de poupée meurtrière.  Où je n'enfermait pas d'âmes dans des mécanismes.

Et où un esprit, un fantôme ou que sais-je ne dévoilait pas tous les secrets de la Cour.  La voix était perchée, s'élevait dans les aigus et me mettait mal à l'aise.  Qui de ceux qui étaient mes frères, mes sœurs, devrais-je enfermer?  À qui devrais-je imposer cette torture?  Et lorsque le nom tomba, je ne sus garder quelle contenance.  Mélodie était morte?  Mon cœur se serra, cherchant réponse à ce casse-tête.

C'est alors que la principale intéressée se montra.  Chaque fois qu'elle s'approchait de moi, je sentais d'horribles frissons me parcourir.  Sa voix me glaçait le sang presque tout autant que ses propos.  Si elle comptait me rendre fou, elle était bien près du but.  Son toucher était horripilant, tout mon être la repoussait, mais je n'osais exécuter le moindre geste en ce sens.  Révulsé, mais impuissant, voilà ce que j'étais.  L'évocation de ce qu'elle avait fait du cadavre d'Elanin, victime de choses plus grandes qu'elle ne pouvait contrôler, me donna la nausée et je dus me contenir pour ne pas rejeter tout mon repas du déjeuner.

Et c'est là que la proposition du Fils des Ombres tomba.  Misère.  La poupée n'accepterait jamais, pas si elle ne pouvait plus être le némésis de celui qui l'avait créé.  Et ce que je craignais encore plus que tout, c'était que non seulement on ne m'ordonne l'impossible en me forçant à créer une jumelle pour elle, mais que si jamais Chimène refusait, on ne me demande aussi de la contraindre à obtempérer.  En l'espace de quelques heures, mon existence s'était transformé en cauchemar et je ne voyais la fin du tunnel.

Sauf la fuite.  Vie changée ou pas, je n'allais tout de même pas transformer mon amie en monstre tueur.  Déjà que la condition d'esprit n'était pas particulièrement réjouissante, être un corps de métal de la taille d'un enfant?  Elle qui avait un corps si agile et délié.  Mais voilà, la fuite n'était pas chose facile à envisager non plus.

« Lui donner des ordres, c'est une chose.  Elle sait les contourner, Fils des Ombres, il faut s'en méfier, » déclarai-je sur un ton ferme.  Je ne devais pas laisser montrer ma frayeur.  Je ne devais point laisser transparaître que je n'étais pas moi.  Ou du moins, pas le moi qu'elles croyaient tous connaître.

« Quant à votre commande spéciale, je ne peux pas faire plus vite qu'avec les moyens que j'ai.  Comme vous pouvez le constater, mon atelier est ravagé, les pièces sont brisées, inutilisables.  C'est un travail de longue haleine. »  Je déclarai le tout d'une traite, tentant d'affirmer ma position au mieux possible.  Je devais être inflexible.  Autant que possible.

Mes yeux se posèrent sur Mélodie, du moins ce qu'il en  restait, tâchant de retrouver un peu de la jeune femme que je connaissais.  Dans cette illusion qui avait remplacé mon existence réelle, étions-nous seulement amis?  Du moins, j'avais la confirmation que l'on se connaissait dans ses propos.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 10 Mai - 20:29

Le spectre se moque, ment, continue à délier la langue telle une vipère. Elle crache son venin sur elle et sur tout ce qui l'entoure, laisse échapper des informations que Liselotte aurait préféré taire. Sous le calme apparent, le sang bout et les réflexions se font intenses sur le meilleur moyen de faire taire cet esprit frappeur qui n'aura de cesse de lui taper sur les nerfs. Le Fils des Ombres fait au mieux pour l'ignorer, mais la tâche est de plus en plus ardue à mesure que son rire vrille ses tympans et que ses sarcasmes emplissent la pièce de leur tintement lugubre. Les menaces ne sont que cela pour le moment, des menaces, mais Liselotte sait bien qu'elle peut à tout instant les mettre à exécution. C'est pourquoi elle ne se concentre que sur Lancelot, la solution à tous ses problèmes, du moins ose-t-elle l'espérer.

« Lui donner des ordres, c'est une chose.  Elle sait les contourner, Fils des Ombres, il faut s'en méfier. » « Raison pour laquelle je ne compte pas la contraindre à quoi que ce soit. Ce sera sa décision. » réplique-t-elle presque immédiatement. Acheter la poupée et la convaincre plutôt que la forcer, serait tout à fait bénéfique pour elle. « Quant à votre commande spéciale, je ne peux pas faire plus vite qu'avec les moyens que j'ai.  Comme vous pouvez le constater, mon atelier est ravagé, les pièces sont brisées, inutilisables.  C'est un travail de longue haleine. » Son regard suit le geste du mage et bientôt, la lassitude la prend. En effet, voilà qui risque d'être long, mais elle en a besoin. Au plus vite. Comment peut-elle mener la Cour des Miracles avec un fantôme collé à ses basques et sans Second des Ombres ? Elle avait des noms en tête, mais elle n'est plus certaine de pouvoir leur faire confiance et elle voulait en avoir le coeur net avant de prendre sa décision ; seulement, cette petite garce l'en empêche.

« Je comprends. Fais au mieux et au plus vite, je n'ai pas le choix de toute manière. » Puis se tournant vers Mélodie. « Tu ne me laisses pas le choix, et tes mensonges n'y changeront rien. Tu n'as jamais servi la Cour, uniquement tes intérêts. Tu étais utile comme espionne oui, et comme voleuse... oh, personne n'oubliera comment tu as dilapidé la cour de Sombreciel pour ton plaisir personnel. Il était hors de question que tu en fasses de même avec nous. » Qui croit-elle tromper avec ses mensonges et ses faux semblants ? Certainement pas elle ! À Lancelot : « En attendant de recevoir le reste des informations, sache qu'elle était plus connue sous le nom de Mélodie de Sombreflamme. Il faut croire que ça lui est monté à la tête, à cette petite idiote. » crache-t-elle à son tour, la voix déformée par la magie du masque mais également par le dégoût.


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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Sam 13 Mai - 19:23

Ce n'était pas la même Mélodie, pas celle que je connaissais.  Mélodie de Sombreflamme?  Mariée au duc de Sombreciel, ma mère patrie?  C'était impossible.  Je n'y croyais pas.  Cette révélation du Fils des Ombres me stupéfia lourdement.  Je ne pouvais qu'observer les trois femmes – je supposais que le Fils des Ombres était en réalité une femme au vu de sa silhouette et de sa carrure – complètement bouche bée.  Mais qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre. La pression de devoir m'activer pour réussir à créer une seconde poupée fut presque oubliée sous le choc de la nouvelle, choc que j'essayais de contenir au mieux de mes capacités.  « Mélodie était mariée au duc de Sombreflamme, » ne pus-je m'empêcher de souffler, perdu dans mes réflexions.  Pourtant, elle s'était présenté sous le nom de Douxvelours, celui que je lui connaissais et qui correspondait si bien à la main dont elle se servait pour vous dérober vos biens les plus précieux juste sous le bout de votre nez.  Ça c'était étrange.  C'était comme si elle ne savait pas, du moins ne se souvenait pas de ce mariage.  Ou peut-être ne le reconnaissait-elle pas?  Mais je ne pouvais pas m'attarder non plus trop longtemps sur la question, sinon ce serait suspect.  Cependant, il serait impératif que je trouve un moment pour m'entretenir avec ce fantôme en privé.  Si j'arrivais à me débarrasser de la poupée.  Si l'attention du Fils des Ombres pouvait être détournée de ma personne : on ne serait avancé à rien si elle me soupçonnait aussi de trahison et je ne pourrais venir en aide à personne.

« Je vous remercie, Fils des Ombres.  Je ferai aux mieux de mes capacités pour terminer le travail rapidement. »  En espérant ne pas en mourir, songeai-je désespérément.  Le moment était venu pour moi toutefois d'attirer l'attention de ce fantôme, ou peut importe quel était ce revenant.  L'idée me vint presque comme une illumination.

« Laissez-moi vous proposer quelque chose à boire pendant que vous discutez avec Chimène de votre offre?  En même temps, je pourrais commencer à esquisser quelques croquis de poupées, lesquels j'améliorerai une fois que vous les aurez examinés.  Cela vous conviendrait-il? » proposai-je poliment.  L'idée était de faire en sorte que pendant que les conditions d'intégration de la poupée meurtrière aux rangs de la Cour des Miracles, j'en profiterais pour prendre Mélodie en aparté et tenter de savoir si comme moi, elle se souvenait d'une vie différente à celle que nous menions en ce moment.  Si j'arrivais à attirer son attention et si elle était assez vive d'esprit pour ne pas faire d'éclat et comprendre mes intentions.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 14 Mai - 17:22


Chimène & Lancelot & Liselotte & Melodie

Le retour de la poupée tueuse




Naïve petite fille. Que l'on nomme Fils des Ombres. Je connais les méandres du trépas, ce repos sans ondes, sans vagues auquel l'on m'a arrachée. Je désespère d'y retourner, d'abandonner la haine et la cruauté comme l'on délaisse un enfant trop capricieux. Mais il y a une chose, terrible et dévorante qui ne cesse d'épingler dans ses mâchoires mon âme tourmentée. Ce retour à la vie. Une vie délicieusement atroce, délicieusement sanguinaire. Que sait elle du sang qui s'écoule, de sa couleur miroitante...de son goût si âcre, si métallique et pourtant, sucré. De son odeur. De la chair qui suinte comme un tableau délicat ?

Mon rire n'est qu'un tintement délicat, fragile. Moi ? Espionne ? Moi ? Meurtrière ? Moi ? Enchaînée ? Ne l'étais je déjà donc pas ?! Mais qui sait...L'étincelle froidement calculatrice de mes iris s'anime et tournoie alors que résonne la voix de l'immatérielle, de Lancelot. Je repousse le spectre d'un geste dédaigneux.  Qu'importe mon nom, qu'importe ce que je fus, qu'importe...

« Éloigne ton rire de crécelle, spectre, tes mots sont autant de rocher jetés dans l'onde. Du vide. Du néant. Savoure donc ta mort. »

Absent, mon index trace des cercles légers sur la cuisse de mon Père. Père ?! Ah ! Père que je rêve étripé, que je rêve éviscéré, que je rêve mort le ventre ouvert par une paternité qu'il n'a jamais voulu. Caïn tua son frère, Chimène tuera son Père. Cela est hilarant. Je m'amuse des frissons d'horreur que je devine. Je lui jette un regard entendu. Je sais. Je sais et j'exulte.

« Dis moi Fis des Ombres – et il traine dans ma voix enfantine quelque chose de terriblement méprisant, de terriblement excitant aussi – Qu'aurais tu à m'offrir ? La liberté ? L'argent ? La gloire ?...Mais sais tu que je préfère la chair chaude et délicatement exposée au ciel de mon cher Père ? Peux tu m'offrir cela ? »

Mon regard s'affine doucement, empreint de folie, empreint d'avidité. Lancelot fuit. Comme il sait si bien le faire...Je regarde sa silhouette s'évanouir sur un ricanement presque trop doux pour ne pas contenir de promesses certaines. Mon corps de porcelaine se penche doucement et une moue mutine s'invite sur mes lèvres rouges. Rouges comme le sang que je rêve de voir répandu.

« Sais tu qu'il te mens ? »

Et je ris.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 17 Mai - 9:59

Espionne, duchesse, avec ce.. .Duc ? Je me rappelle encore du visage presque angélique d’où luisaient des feux assassins. Un prédateur tapis sous une apparence d’agneau, un enfant capricieux dont le statut n’avait permis à personne de lui donner des limites. Un fou dangereux, voilà ce qu’était Castiel et pour rien au monde je me serais accoquinée avec lui, enfin presque rien, mais là n’était pas la question. J’étais presque sure que ce taré faisait partie de l’Ordre, cela collait quand on y réfléchissait, amasser des reliques et faire joue-joue avec sans se soucier des conséquences.
Qu’importait désormais, j’étais morte, coincée dans une réalité cauchemardesque ou une Liselotte cruelle me prenait pour son homologue. Moi une espionne ? Cette blague.

-Je n’ai jamais eu l’étoffe d’une espionne et le fait de croire le contraire est une erreur que le Fils des Ombres n’aurait jamais faite. Tu es incompétente. Vraiment quelle idée stupide. Dire que je pensais pouvoir te faire confiance, dire que je t’ai proposé mon aide, je t’ai même recommandé les talents de Lancelot, tout ça pour ça..

J’étais en colère et ce brasier m’empêchait de voir la stupeur de Lancelot, de sentir l’aura meurtrière d’une poupée qui se trainait dans la folie. La Rose viendrait-elle me sauver à nouveau ? Sauver quoi au juste ? Je grince des dents lorsque j’entends celui que je considérais comme un ami, me tourner le dos, faire courbette devant un imposteur. Notre Fils des ombres, le vrai, celui qui nous gouvernait, était bien plus sage que cela, bien plus chaleureux que cette silhouette vide.

« Sais-tu qu'il te ment ? »

-A la bonne heure, je mens, la poupée ment, Lancelot ment et ce truc, dis-je en montrant Liselotte du doigt, aussi. Je pense qu’à un moment il y en a bien un pour dire la vérité non ? Ha pardon, c’est surfait, on préfère tuer tout le monde et se vautrer dans le sang, c’est tellement plus marrant comme ça.

Après tout, il n’était pas le gamin qui habitait dans un atelier que je m’amusais à crocheter régulièrement, il n’était pas celui qui offrait des petits automates et montrait ses créations pour voir fleurir un sourire sur le visage des gens qu’il aimait. Il était un inconnu. Un usurpateur, lui aussi.

-Au fait Liselotte, comment tu es devenu Fils des Ombres, tu as tué le dernier ? Tu l’as étouffé de ton verbe éclairé ?


Dramatiquement, je pose mes doigts transparents, fumée difforme reprenant consistance sur mes lèvres.

- Alors, mensonge ou vérité ?

Qu’ils tentent donc de m’enfermer maintenant, le chaos ne tarderait pas à devenir un cyclone balayant tout sur son passage et Liselotte finirait par régner sur une montagne de cadavres. La Cour des Miracles deviendrait celle des trépassés. Elle n’aurait plus de miraculeux que le nombre incalculable d’esprit qui pèseront sur le Fils des Ombres.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 21 Mai - 0:04

Menteurs. « Laissez-moi vous proposer quelque chose à boire. » Traîtres. « Je n’ai jamais rien fait à l’encontre de la Cour. » Les éliminer, tous. Les éliminer jusqu'au dernier. « Sais-tu qu'il te ment ? » Des rats, de la vermine. La Cour en est infestée, c'est un plaie, ils pullulent. Tous indignes de sa confiance, tous des pions qui on fait leur temps. Des ambitieux qui veulent sa place. Des intrigants, des serpents aux paroles viciées enrobées de miel. « Cela vous conviendrait-il ? » Ils veulent ce qu'ils n'ont pas. Ils veulent ce qu'elle a. Ils veulent ce qu'elle a mérité de plein droit. « Peux tu m'offrir cela ? » Ambition. Désir. Corruption. Mais l'esprit est vengeur, l'esprit ne s'achète pas. Ce qu'il ne peut plus avoir, il le détruit, et c'est son monde qu'il fait s'effondrer, morceau par morceau.

« Au fait Liselotte, comment tu es devenu Fils des Ombres, tu as tué le dernier ? Tu l’as étouffé de ton verbe éclairé ? » Elle l'a méritée, sa place. Méritée de plein droit. Elle s'est élevée, oh, si haut, si loin. Elle a brillé où d'autres ternissaient. Elle a proposé l'innovation là où d'autres stagnaient. Elle était celle qu'il fallait à la Cour, celle qui lui a permis de sortir de l'ombre et de dominer la ville, puis le continent. Main dans la main avec l'Oracle, elles ont réussi là où tant d'autres ont échoué, elles ont le pouvoir partout, sur tout. Plus personne ne leur résiste et elles partagent le sommet ensemble, dans une extase lumineuse, un plaisir qui consume et qui nourrit. Sa Joséphine, sa belle, la seule qui mérite sa confiance et son affection. Un oiseau rare au milieu de ces misérables cafards.

« Alors, mensonge ou vérité ? » Mensonge. Vérité. Mensonge. Rien que des mensonges. Elle ne peut se fier à personne. Son masque reste intact sur son visage. Sa langue ne se délie pas. Le fantôme a perdu la tête en même temps qu'il a perdu la vie, et les doutes de Lancelot ne resteront pour le moment que cela, des doutes. Le tuer, lui trancher la langue pour qu'il ne révèle rien. Lui couper les doigts pour qu'il ne puisse l'écrire. Le reléguer dans un endroit si perdu que plus personne ne le reverra jamais. Mais pas encore. Il est son seul espoir. Elle veut la paix, elle veut un sommeil paisible, elle veut le contrôle de sa vie à nouveau.

« As-tu perdu la mémoire au moment de mourir, chère Mélodie ? Veux-tu voir tes propres rapports sur ton quotidien à Euphoria, ceux écrits de ta main qui relatent des années au sein de la cour ducale ? Ou es-tu stupide au point de ne pas reconnaître ta propre écriture ? » Elle se tourne vers le spectre et déclare avec froideur. « Les mensonges ne te servent plus à rien désormais, ils ne te sauveront plus. Et je me débarrasserai de toi d'une manière ou d'une autre, sois-en sûre. »

Lentement, elle fait face à Lancelot puis à la poupée. Mensonge. Mensonge. Traître. Se joue-t-on d'elle à nouveau ? « Ai-je raison de te faire confiance, Lancelot, ou dois-je accéder à la requête de notre amie de porcelaine, ici présente ? » demande-t-elle avec douceur.


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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Dim 21 Mai - 9:13

C'est la voix glaciale de la poupée qui m'a empêchée de partir complètement. Mon corps étendu sur les pavés contre les services de la marionnette envoûtée. Mes chances de survies étaient de nouveau réduites de moitié et je commençais à douter survivre très longtemps à cette histoire. Un cauchemar qui commençait par être beaucoup trop réel à mon grand désarrois. J'écoutai en silence l'échange entre les trois femmes, le sang me montait à la tête, j'étais étourdi. Les nouvelles choquantes se dévoilaient à une vitesse fulgurante : Liselotte était le Fils des Ombres. Sa réaction aux propos de Mélodie me le confirmait. Liselotte qui était ma partenaire de travail, avec qui je cherchais à développer des vêtements utiles aux membres de la Cour : poche secrète, lame intégrée, etc. Elle avait donc tout oublié de cela? Serait-elle prête à sacrifier mes services pour obtenir ceux d'un automate animé de volonté? Et lorsqu'elle me demanda si me faire confiance, je sentis très bien la menace gronder sous ses propos.

« La folie s'est emparé de vos âmes, toutes autant que vous êtes! Débarrassez-moi le plancher de mon atelier. Mon art ne sera pas souillé plus longtemps par vos vaines querelles, finis-je par exploser, Si vous cherchez le Lancelot qui a créé cette chose, je pointai du doigt Chimène, il est parti en voyage je ne sais trop où. »

Je tournai sur moi-même et avisai une pince de forgeron que j'attrapai et brandis devant moi pour me protéger, au cas où. J'allais m'enfuir par la porte arrière. J'irai à l'Académie, j'y trouverai des réponses, ou tout au moins du réconfort.

« Si vous avez raison de m'accordez votre confiance? Mais Fils des Ombres, vous ne me faites point confiance. Dès que vous n'aurez plus besoin de mes talents, vous n'hésiterez point à m'envoyer dans le royaume de Sithis. Pour protéger votre place. Le pouvoir et la réussite vous enivre au point d'être aveuglée sur ceux qui vous sont réellement loyaux. »

Je tremblais de tout mon corps, ne comprenant point d'où me venait toute cette force de parler avec autant de fermeté, moi qui esquive, qui ne sait que me plier aux ordres. Toujours en brandissant ma pince, je me tournai vers Mélodie. Mon arme ne me servirait à rien contre un spectre, mais je ne comptais point me battre avec elle. Elle était comme moi, j'en avais acquis la certitude.

« Mélodie, toi tu viens avec moi, tu n'as rien à faire ici à jouer les anges vengeurs. Je te ramène à la maison. La vraie. Pas ce semblant de vérité, cette illusion. Laisse tomber ta haine, ta vie n'est pas ici. »

Je lui fis signe de venir se placer derrière moi d'un geste de la tête pour éviter de lâcher mes pinces. Il me restait une chose à régler avec celle qui avait transformé ma vie des derniers jours en cauchemar.

« Et vous, Chimène, si vous volez obtenir vengeance, apprends à reconnaître tes véritables ennemis et amis. Rien d'étonnant que votre propre frère aie pu vous assassiner et vous chasser du trône impérial, » ajoutai-je plutôt par moi-même.

Maintenant que je venais d'éjecter tous ces mots avec une hardiesse que je ne me connaissais pas, je commençais à douter du bien fondé de la chose : ne jouais-je pas trop avec le feu? Il était trop tard pour reculer. Enfin, c'était le moment de m'échapper par la porte arrière et je préférais marcher à reculons pour au moins protéger mes arrières du mieux que je le pouvais.

« Mélodie, c'est ton choix, si tu veux rester ici, fais, mais ce serait dans ton meilleur intérêt de venir avec moi, crois-moi. »

Et je le croyais. Je la ramènerai vivante dans notre monde à nous, loin de la folie de celui-ci.

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 23 Mai - 17:30

Il a complètement perdu l'esprit, le jeune artisan, l'Enfant des Miracles qui était si dévoué à la Cour. Il semble avoir un sursaut de folie et l'objet dont il s'empare pour se défendre est brandi comme une épée pour les tenir en respect. Sont-ils donc tous devenus fous ? Pourquoi donc parle-t-il d'illusion ? Et du frère de Chimène l'ayant assassinée ? Quels sont ces propos qui l'intriguent et qui gênent fortement la Fils des Ombres ? Les informations sont confuses, contradictoires. Mensonges. Mais ment-il réellement ? Il paraît si sûr de ce qu'il dit, loin de ceux, arrogants, qui déclament leurs histoires avec une douceur mielleuse. Elle l'observe sans rien dire, elle entend ses récrimination sans réagir. Liselotte voit la solution tant espérée lui glisser entre les doigts mais elle voit également une sortie de secours lorsqu'il tente de convaincre le spectre de demeurer à ses côtés. Mais le fera-t-elle ?

La Cielsombroise parvient à garder un calme exemplaire, dénué de tout tremblement de colère. Une colère pourtant bien présente, mais apaisée par des questionnements qui la poussent à voir les choses sous un autre angle. Sa tête se penche sur le côté, tandis qu'elle fixe l'artisan avec attention.

« Tu refuses donc de m'aider, très bien. » conclut-elle en un souffle. Elle secoue un instant la tête, comme désabusée. Ils ont tous perdu l'esprit, tous. « Si tu changes d'avis, tu sais comment me contacter. » ajoute-t-elle simplement, ne pensant pas une seconde à ses paroles ; il ne vivra pas assez longtemps pour cela. Traître. Menteur. Pauvre fou.

Sans un mot de plus, elle quitte la boutique de Lancelot, passablement irrité, l'esprit bouillonnant d'idées. Convoquer les espions, leur demander des informations, des rapports. Il y a anguille sous roche et elle compte bien découvrir quoi. Quand à Lancelot... Eh bien il lui suffira de souffler quelques mots à Joséphine. Juste quelques mots, juste...

Elle se fige dans la ruelle déserte, complètement désemparée. Étourdie, sa main se pose contre la façade la plus proche, se retenant de tomber sur les pavés. Le regard se tourne de tous les côtés, soudain perdu.
Comment s'est-elle retrouvée là, dissimulée parmi les ombres ? Vêtue de... Ses doigts frôlent le masque sur son visage et son souffle se coupe un instant. L'incompréhension est totale car Liselotte s'éveille mais ne se souvient de rien. Silhouette masquée à la lueur du crépuscule, immobile à l'ombre d'un tour délabrée.

Le Fils des Ombres. Comment a-t-elle pu entrer en possession du masque du Fils des Ombres ? Un plaisir mauvais se joint aux questionnements et Liselotte y voit une opportunité au milieu du chaos de ses pensées. Le Fils des Ombres a accès à tout ce qu'il souhaite, elle n'aura aucun mal à trouver les réponses. Alors elle se met en route, d'un pas encore mal assuré, maladroit. Là où elle n'aurait jamais dû aller.

Le véritable Fils des Ombres aurait su que dans cette nouvelle Lorgol, il y a des lieux à éviter. Les rues qu'elle parcourt la tête haute en font partie et les regards malsains qui se posent sur sa silhouette n'ont rien de rassurant. Il est trop tard, néanmoins, pour faire demi-tour. Liselotte avance donc d'un pas conquérant, accélérant l'allure quand elle entend le claquement des bottes sur les pavés, derrière elle. Les ombres s'approchent, un éclat brille dans la nuit – l'éclat d'une lame. Elle se met à courir, à courir comme jamais elle n'a couru, mais ce n'est pas la cité qu'elle connaît, où les rues qu'elle emprunte sont sûres. Oh non.

Au détour d'une ruelle, une ombre la rattrape. Le sang gorge les pavés, le masque tombe et disparaît dans la nuit.
Le Fils des Ombres n'est plus. Et Liselotte non plus.


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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mar 23 Mai - 21:06

La colère est balayée par la colère. Pas la mienne, celle de Lancelot, une hargne que je ne lui avais jamais vue empourpre ses joues. Les mots se déversent de sa gorge comme dotés d'une volonté qu'ils leurs étaient propres, aiguillonnant, les rendant d'une impertinence presque charmante. Mais qu'importait désormais ce genre de considération.
Après la colère, c'est la lucidité qui fait se détacher mes yeux de mon bourreau, de ma victime. Oui, la confiance était morte, il avait raison. Elle le tuerait lui aussi. Certainement à cause de moi, mais je ne me sentais pas fautive, ni coupable, j’étais trop engluée dans ma haine pour m’appesantir sur ce genre de détail. Après tout elle m'avait tout arraché –littéralement-  je ferais de même a travers ses mains délicates de cielsombroise. Elle anéantirait son propre royaume au travers de mon entremise, mais elle sera seule juge, bourreau et victime de ses décisions portées par mes interventions qui la pousserait vers la folie.

Tout était brisé, rien n'avait de cohérence et je voyais le monde à travers un prisme fissuré et teinté d'une noirceure qui rendait le monde terrifiant et détestable.

Et pourtant le prisme s'éclaire, semble, pendant un instant, remettre une clarté dans mon esprit. J'ai l'impression que l'usurpateur est le vrai et je l'observe en penchant la tête, pensant vainement pouvoir y voir la faille, la fêlure de son âme qui me permettrait de comprendre à qui j'avais à faire.

A la colère, cède le désespoir. Pourquoi voulait-il que je le suive ? Ça n'avait aucun sens, j’étais...morte. Il n'y avait plus rien à chérir, je n’étais qu'un amas de chair éparpillé, mutilé, gisant froidement sur un sol ingrat.

Au désespoir, vient la haine, à la haine arrive l'indécision.

Il était le vrai, mais moi je n’étais plus, je faisais désormais partie de cette illusion, imprimée par la mort et l'absurdité. Il n'y avait plus rien à faire pour moi, c'était trop tard, comme pour ma mère, comme pour ceux de la caravane carbonisés dans l'attaque de dragons en Erebor, comme tant d'autres dans les rues. On ne ramenait pas les morts à la vie, il ne pourrait jamais rien y faire, peu importait son talent.
Voulais-je le suivre...ou pas ? Mon regards s’abîme et s'égare entre lui et Liselotte. Je ne pouvais pas la laisser, elle n'avait pas assez payé. N'est-ce pas ?

-Mais...il n'y a plus rien à ramener...je suis morte Lance.

Il s'adresse aux autres, déballe son sac. Mais c'était bien lui malgré tout, derrière la hargne et l'audace, c'était celui que je connaissais.
-Tu es injuste de me laisser ce genre de choix.

C'est un murmure qui lui répond, alors que je suis plus perdue que jamais. Pouvais-je seulement le croire, le suivre ? Mais pour lui offrir quoi ? Il n'y avait plus rien hormis la désolation, il finirait seulement par la récolter à être avec moi. Il n'y avait jamais eu que cela en fin de compte, même lorsque j'avais cru pouvoir avancer, lorsque l'on m'avait offert l'opportunité de me reconstruire autrement, on me l'avait arraché brutalement en me projetant dans ce monde de non sens. Devais-je encore m'accrocher, favoriser l'espoir plutôt que la tristesse et la vengeance ? Avais-je encore la force de me détourner de cet accablement confortable et tellement rassurant ?
Et pourquoi ce choix me paraissait-il si définitif ?

C'est mon corps qui décide à ma place, alors que mon esprit comme un chien affamé a du mal à laisser son os pourrie lui échapper de sa gueule et se tourne vers Liselotte. Empoisonnée et droguée du mal qu'elle m'avait faite, que la Cour toute entière m'avait fait subir.
Je me mure dans un silence pesant alors que je me rapproche du jeune cielsombrois. Je pouvais toujours laisser une chance au Destin, revenir auprès de celle qui me faisait du mal pour nous emporter dans une ronde malsaine si je n'y trouvais pas mon compte auprès de Lancelot. Elle ne disparaîtra pas comme ça.

-Elle va te tuer, tu sais.

Et si elle le faisait, alors plus rien ne m'empêcherai de la hanter. Était-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

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Message Sujet: Re: Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée   Mer 24 Mai - 16:34

Je lançai un regard triste à Mélodie, la voyant si enfoncée dans la désolation de sa mort.  Si j'avais su à un moment dans le temps et l'espace ramener une impératrice morte, je trouverais bien le moyen de ramener Mélodie à sa place.  Là où elle n'aurait pas dû mourir.  Il suffisait seulement qu'elle me fasse confiance.  Oui, j'étais injuste de lui dire de tout abandonner pour fuir avec moi, mais n'étais-je égoïste parfois aussi?  La voleuse était une des rares catastrophes ambulantes que je pouvais tolérer dans mon atelier et celui-ci serait bien vide sans elle pour venir y mettre le bazar.  Suis-moi, mes yeux lui disaient-ils avec une ardeur bien réelle, je te veux près de moi.  Mais je ne pouvais pas la forcer non plus, le choix restait le sien.  Je ne pouvais qu'espérer qu'elle viendrait à l'Académie, qu'elle accepterait de chercher avec moi le secret de cette vie bouleversée.  Et je lui promettrai de la ramener.  Par n'importe quel moyen.

Et alors que le Fils des Ombres, ou plutôt devrais-je dire Liselotte partait avec grandiose et dramatisme, je pouvais voir du coin de l'oeil le spectre s'approcher de moi.  Je ne saluai pas celle qui devait être mon maître lorsqu'elle passa le seuil de ma boutique.  Je ne portai plus attention à la créature maléfique dont j'étais le père.  J'étais uniquement préoccupé par Mélodie.  J'essayais de reconnaître son visage dans la volute qu'elle était devenu, mais j'en étais incapable.  Elle n'avait pas besoin de me prévenir que je me ferais tuer.  C'était d'une évidence.  Je fis un mouvement pour prendre sa main, ne rencontrant que le vide.  Elle n'était pas, elle n'était plus matérielle, mais cela avait peu d'importance pour moi.

« Raison de plus pour essayer de quitter cet endroit dès que possible, » déclarai-je sur un ton qui se voulait plutôt neutre, mais qui ne cachait pas non plus mon anxiété.  Après tout, j'avais quand même été plutôt loin dans mes propos et cela ne m'attirerait que des ennuis, j'en étais bien conscient.

Je jetai un dernier regard à mon atelier.  L'atelier de mon autre moi.

Mes yeux se posèrent sur Chimène, ma création tordue, le monstre que mes mains avaient mis au monde.

« Vous pourriez venir avec nous.  Peut-être que vous trouverez des réponses aussi, » l'invitai-je d'un ton las.  Je n'avais pas le cœur de la laisser derrière.  Après tout, aussi folle qu'elle soit, elle était désespérément seule, cette poupée.  À elle de décider si elle acceptait ou non l'offre.

Je me détournai d'elle pour reporter mon regard sur Mélodie et lui sourit timidement.  « Allons-y et tirons le meilleur de la situation possible.  J'ai entendu dire sur les pavés qu'un campement de réfugiés s'était établi en bordure de l'Académie, c'est là que nous trouverons nos réponses. »

Sans un regard de plus pour mon atelier, pour les créations qui ne seraient jamais vendues et celles qui ne verraient jamais le jour, je le quittai par la porte avant, les mains vides de tout paquet.  Ni provisions, ni vêtements.  Je ne voulais rien emmener de cet enfer que j'avais vécu au cours des deux derniers jours.  Si ce n'était mon amie.  Et peut-être la poupée de porcelaine.  Sans me retourner, je tendis l'oreille : peut-être entendrais-je le pas de ses petits pieds fouler le sol derrière nous, pour nous rejoindre.  Peut-être.  Peut-être.

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Le retour de la poupée tueuse ♦ [Intrigue 2.3] La Roue Brisée
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