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 Au-delà des illusions

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La Noblesse • Modo
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Je suis : demi-soeur du duc d'Erebor, régisseuse du harem, médecin

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Message Sujet: Au-delà des illusions   Lun 10 Avr - 15:57


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Maximilien de Séverac & Alméïde d'Erebor

Au-delà des illusions

Grain de sable dans une mer d'épines



• Date : 30 mars 1002
• Météo : Ciel couvert. Vent. Froid.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Alméïde se remet très (très) doucement des derniers événements. Elle décide d'aller faire un tour dans les jardins ducaux pour prendre l'air et se changer les idées, quand Maximilien la rejoint.
• Recensement :
Code:
• [b]30 mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1997-au-dela-des-illusions]Au-delà des illusions[/url] - [i]Maximilien de Séverac & Alméïde d'Erebor[/i]
Alméïde se remet très (très) doucement des derniers événements. Elle décide d'aller faire un tour dans les jardins ducaux pour prendre l'air et se changer les idées, quand Maximilien la rejoint.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Lun 10 Avr - 16:02, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Lun 10 Avr - 16:00

Le ciel d'un gris d'acier menace de gronder et le vent souffle depuis ce matin, balançant la cîme des arbres qui retrouvent peu à peu de leurs couleurs. À l'horizon, la mer s'agite plus encore ; les rares navires sont secoués, la Fait-des-Bulles se fait parfois recouvrir des vagues les plus menaçantes. Et malgré cela, Alméïde a quitté l'enceinte des murs du palais pour arpenter les jardins à peine sortis de l'hiver. Vêtue d'une épaisse cape de laine, voilà quelques minutes qu'elle affronte les températures fraîches du duché de l'Esprit, soulagée d'être à l'extérieur et de retrouver le ciel, même couvert de nuages sombres. Ses pas sont encore peu assurés, ses regards sont fuyants, c'est à peine si elle relève les yeux vers ceux qui croisent sa route. Elle peine encore à s'habituer à cette liberté retrouvée, s'attendant à tout moment que tout s'arrête et qu'on lui dise que ce n'était qu'une illusion de plus. Elle craint, à chaque instant, que la réalité se transforme en horreur et que le calvaire recommence. Elle est pourtant parvenue, sans trop savoir comment, à prononcer quelques mots à son frère. Sa voix rauque, plus habituée désormais aux cris et aux sanglots qu'aux mots déclarés avec douceur, retrouve peu à peu son timbre naturel. Mais elle n'est pas encore totalement confiante à cette idée ; et s'ils l'écoutaient encore ? Et s'ils attendaient qu'elle révèle une information cruciale pour la jeter à nouveau dans les cachots ?

Alméïde réprime un frisson et s'assoit sur un banc, non loin d'une fontaine à l'arrêt, très joliment sculptée. Un éclair blanc passe et Mirat s'installe à ses côtés, le museau appuyé sur sa cuisse et ses ronronnements apaisants qui vibrent contre elle. La princesse laisse ses doigts courir un instant dans son pelage soyeux, et les ronronnements se font plus forts, lui tirant un mince sourire, à peine l'ombre de ceux qu'elle adresse d'ordinaire. Le félin ne la lâche plus depuis son arrivée au palais. Elle n'osait pas le toucher au début, perdue entre illusion et réalité, animal farouche incapable de laisser qui que ce soit approcher. Puis il l'a rejoint dans son lit un jour, sous les couvertures, blotti contre son flanc comme une présence rassurante. Et à chaque fois qu'elle parvenait à se lever et à faire quelques pas hors de sa chambre, il l'accompagnait, ombre discrète à ses côtés. Même à cet instant où les mots ont à nouveau franchi ses lèvres, qu'elle retrouvait son frère comme si elle le reconnaissait vraiment pour la première fois, il était là, endormi sur le fauteuil. Et quand Anthim a quitté la pièce, Castiel est venu la voir à son tour et elle l'a laissé l'étreindre cette fois, timidement, encore incertaine d'être sortie de son cauchemard éveillé.

En ce début d'après-midi, pourtant, elle met les pieds à l'extérieur pour la première fois. Surveillée de loin par des gardes, elle ne se sent pas pour autant rassurée, mais elle s'efforce de ne rien laisser paraître, de prendre sur elle. De l'intérieur de sa cape, elle sort un petit carnet et un fusain, fournis par Césaire quand elle a demandé s'il était possible d'avoir de quoi dessiner. Coucher quelques traits sur le papier l'a toujours apaisée, elle espère que cette fois, ça fonctionnera également.

De nombreuses minutes passent et elle élude complètement le froid mordant qui la fait frissonner, concentrée sur les formes particulières de la fontaine qu'elle tente de reproduire, quand un bruit la fait sursauter. Elle relève la tête, le coeur battant à tout rompre, laisse échapper son carnet. Au même instant, Mirat se redresse et grimpe sur ses genoux, se tournant pour faire face au nouvel arrivant, s'enroulant ensuite contre Alméïde d'un mouvement possessif. Le début de panique s'apaise alors quand elle reconnaît le visage de l'homme qui se trouve debout, près du banc où elle est installée. « Oh... bonjour, Messire. » déclare-t-elle d'une petite voix timide, inclinant légèrement la tête devant Maximilien de Séverac. Un peu intriguée par sa présence, elle demande : « P-puis-je faire quelque chose pour vous ? »

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Sam 15 Avr - 16:20

Il est épuisé Maximilien, et c’est dans ces moments-là qu’il se rend compte qu’il n’est plus aussi jeune qu’il a pu l’être. Le voyage de retour à Euphoria a été fatiguant, épuisant, même s’il a pu profiter de moyens, disons, fortement déconseillé en ces temps de guerre avec Faërie. Mais qu’importe, il est là. Fatigué, abattu, mais prêt au service. Il a beaucoup sacrifié à son duché déjà, et sans doute sacrifiera-t-il encore. La guerre gronde, l’Ordre du Jugement fragilise les alliances et fait naître les suspicions, et le comte ne peut que prier les Dieux que Séverac soit encore debout, sauvegardé de l’invasion faë. Il n’est plus Comte de rien, à vrai dire, mais même cela importe peu. Ismalia est à l’abri et Mélusine, sa fleur du désert, a accouché d’un petit garçon. Qu’il n’a même pas pu voir encore, bien trop pris dans ses obligations. Ses autres enfants ne sont pas en en sécurité, et pour couronner le tout, l’épouse que Castiel s’est choisi lui-même tarde à se remettre de ce qui lui est arrivé.

Le portrait que Maximilien dresse dans son esprit n’est guère heureux, et il sent encore davantage le poids des responsabilités sur ses épaules. Il a envoyé de force Castiel se coucher il y a une heure ou deux, en sachant pertinemment que cela n’aura aucun effet. Il aurait sans doute dû suivre le même chemin, le comte de Séverac. Il est épuisé, n’ayant pas pu prendre des heures suffisantes de repos au cours de ces dernières semaines, et tout son corps le supplie de s’accorder un repos bien mérité. Mais il ne peut pas dormir. L’absence de son épouse à ses côtés se fait plus cruelle durant les nuits, et il n’a guère envie de rester allongé les yeux ouverts à ressasser les problèmes du duché. S’accorder une pause semble plus raisonnable, et c’est pourquoi les pas du conseiller se sont dirigés vers les jardins. Il a besoin de calme, et qu’importe le vent froid qui souffle, marcher lui fera sans doute un bien fou.

Il ne l’a pas vu tout de suite, la jeune femme. C’est la présence des gardes qui l’a alerté, quand il est passé près d’eux, s’arrêtant pour observer quelques instants la silhouette fragile perdue dans le jardin. Il a tergiversé quelques temps avant de s’avancer vers elle, bien conscient que la distraction qu’il espérait vient d’être oublié au profit d’autre chose. Alméïde est importante pour le duc, et c’est bien pour ça que Maximilien est décidé à la connaître un peu mieux. Elle semble avoir une influence positive sur celui qu’il considère comme son fils, et il est du devoir du premier conseiller que de s’assurer que cette influence ne se révèle pas négative pour le duché. Leur dernière rencontre, à la jeune femme et lui, ne s’est pas faite sous les meilleures auspices, et Maximilien se demande ce qu’il en sera de celle-ci. Il ne prend pas la peine de s’avancer silencieusement, ne voulant pas terroriser la jeune femme. Après sa capture et sa réapparition, elle est en convalescence Alméïde, plus fragile et perdue que dans ses souvenirs. Le chat de Castiel s’est mis à la suivre partout et encore une fois, le comte peut distinguer la forme blanche lovée sur les genoux de la jeune, en un geste de protection aussi touchant qu’inutile. Il n’est pas là pour lui faire du mal le comte, n’est-ce pas ?

La jeune femme relève les yeux vers lui, bégayant une question, et il secoue doucement la tête. « Non, princesse Alméïde. Continuez ce que vous faites, je vous en prie. Vous êtes très douée. » Ajouta-t-il en se penchant pour ramasser le carnet de la jeune femme, le lui tendant pour qu’elle le récupère. Il remarque sans peine les frissons de l’Erebienne, et un rien de paternalisme s’immisce dans sa voix, sans qu’il en prenne réellement conscience. « Vous devez être frigorifiée.» Un signe de la main, quelques mots à l’un des gardes, et l’homme part chercher une couverture, tandis que Maximilien reporte son regard sur la jeune femme. Princesse Alméïde. Tel est son titre, après tout. Maximilien se souvient encore de sa fureur, lorsque l’édit de Castiel est tombé entre ses mains, bien trop tard pour être abrogé. Il l’a fait exprès, le duc, sachant bien que ses conseillers s’y opposeraient. Ce genre de décision unilatérale l’exaspère au plus haut point, même s’il en comprend la raison. Mais si peu de temps après les dénégations de Castiel sur le couple qu’Alméïde et lui ne formaient pas, non, c’était un acte stupide, et il a bien fait valoir son point de vue.

Enfin, qu’importe. C’est du passé, désormais. Pour le moment, la petite Erebienne demeure en leurs murs, à l’abri de ce qui a pu lui arriver, veillé par Castiel, son chat, et chacun des gardes. Qu’il lui arrive quoi que ce soit à la princesse, et chacun sait qu’il en répondra de sa vie. Ils sont attentifs, tous, à veiller sur la dame comme du lait sur le feu. « J’ignorais que vous aviez le dessin comme passion. Puis-je m’asseoir ? » Demande-t-il tranquillement, désignant le banc aux côtés de la jeune femme. Il ne veut pas l’effrayer, et n’hésitera pas à continuer son chemin si elle refuse. « On dirait qu’il vous a adopté. » Enchaîne le comte, désignant Mirat sur les genoux de la jeune femme. Castiel doit avoir donné des instructions très précises à sa boule de poils et quelque part, Maximilien n’est pas surpris que le chat obéisse.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Mer 19 Avr - 2:29

La peur laisse doucement place au trouble. Que peut bien lui vouloir le comte de Séverac ? La dernière fois qu'ils ont eu une réelle discussion, la princesse n'en menait pas large et le temps a montré que chacun des conseils énoncés ont été ignorés, sciemment ou non, manquant de provoquer de nouveaux conflits entre leurs deux duchés. Gêne et culpabilité s'intensifient alors que ses joues déjà rougies par le froid prennent un peu plus de couleur, que son coeur se serre en entendant à nouveau les paroles prononcées par une voix très semblable à celle de Castiel, dans la geôle où elle était prisonnière. Les sons et les images la hantent ; plus elle les repousse, plus ils semblent s'imposer à elle lorsqu'elle s'y attend le moins. Elle a le coeur au bord des lèvres, mais la présence rassurante de Mirat la réconforte, et les mots du conseiller paraissent bienveillants.

« Non, princesse Alméïde. Continuez ce que vous faites, je vous en prie. Vous êtes très douée. » C'est un sourire timide qui s'épanouit un bref instant sur ses lèvres quand il lui tend le carnet qu'elle récupère, d'un geste tremblant. Le félin s'est apaisé lui aussi, ses ronronnements ont repris, vibrant sur ses genoux. « Vous devez être frigorifiée. » Elle songe à lui dire que non, que tout va bien, mais un nouveau frisson vient la contredire. Alors elle reste silencieuse, le laisse s'adresser au garde, sans oser lui jeter un regard. Même l'épaisse cape de laine ne la réchauffe pas autant qu'elle le voudrait, tant elle est habituée à la chaleur d'Erebor. Le froid d'Euphoria est humide, pénétrant. Il glace jusqu'à ses os, mais elle n'a aucune envie de rentrer ; elle a besoin d'air, elle a besoin d'espace et de lumière. Elle ne supporte plus l'intérieur et les murs de pierre et la plus simple des pénombres semble dissimuler des ombres qui l'angoissent sans qu'elle ne parvienne à s'en défaire. À cette seule pensée, un nouveau frisson la secoue et elle ferme les yeux pour calmer sa respiration, pour se rassurer. Elle est en sécurité désormais, elle doit se le rappeler. Elle est en sécurité.

« J’ignorais que vous aviez le dessin comme passion. Puis-je m’asseoir ? » Elle acquiesce, incertaine, lui fait une petite place sur le banc. Geste inutile, puisqu'elle en prend déjà si peu d'ordinaire et les dernières semaines lui ont fait perdre un poids considérable. Elle paraît plus pâle qu'elle ne l'est en temps normal, bien qu'elle ait repris quelques couleurs, et sous ses yeux, les cernes témoignent de nuits peuplées de cauchemars.

« On dirait qu’il vous a adopté. » Elle baisse les yeux sur le félin au pelage de neige et c'est un sourire attendri qui se dessine sur son visage, l'éclairant quelque peu. « Oui, on dirait. » répond-elle, d'une voix à peine audible. Inconsciemment, presque instinctivement, ses doigts caressent à nouveau le chat qui se pelotonne un peu plus contre elle. Puis brusquement, elle se rappelle ce qu'elle est en train de faire et s'arrête, faisant relever la tête de Mirat qui paraît la questionner de son regard perçant. Mais Alméïde fait mine de ne pas s'en apercevoir et lève les yeux vers Maximilien, ses doigts se refermant sur le petit carnet. « Ce n'est pas grand chose vous savez, c'est... ça m'apaise. » dit-elle, comme pour se justifier, un peu embarrassée par cet aveu qui lui semble bien absurde soudain. Le dessin qui prend forme sous ses yeux n'est pas encore achevé, mais ses lignes se rejoignent et s'épaississent pour ressembler à la fontaine endormie qui leur fait face. La princesse a l'impression d'avoir perdu l'habitude ; autrefois, le fusain noircissait des pages et des pages et, chaque jour, elle immortalisait la vie du palais dans ses carnets. Aujourd'hui, c'est à peine si elle prend le temps, si ce n'est à de rares occasions, ou pour ses études.

Le silence s'installe un instant, la princesse n'ose véritablement s'adresser au comte, de peur, comme elle a peur de tout un chacun dans ce palais. Des pas se font entendre alors et elle relève les yeux vers le garde qui lui tend la couverture, l'aidant à l'enrouler autour de ses épaules. Alméïde le remercie timidement puis attend qu'il se soit éloigné avant de se tourner vers le conseiller. « Est-ce Castiel qui... vous envoie ? Je crois qu'il n'est pas très rassuré à l'idée que je me retrouve... seule. » Et elle non plus. Mais être entourée ne la rassure pas plus que l'inverse et elle ne sait quelle solution est la meilleure. Alors elle fait avec, elle s'accommode ce qui est, méfiante envers tous ceux qu'elle ne connaît pas, prudente auprès de ceux qu'elle connaît. Et elle se rhéabitue peut-être un peu, doucement, tout doucement.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Mar 25 Avr - 14:18

Il pourrait la critiquer, oui, l’accuser de ne pas avoir écouté le moindre de ses conseils. Lui dire qu’il sait, qu’il a appris, que Castiel et elle avaient probablement communiqué durant cette fameuse période où elle lui avait promis de n’en rien faire. Mais Maximilien le sait : il n’a aucun droit d’accuser la jeune femme et, plus encore, aucun droit de la traumatiser davantage. Il est inutile de revenir sur le passé, désormais : mieux vaut pour lui oublier une quelconque rancœur et apprendre à connaître la jeune femme. Il ne connaît d’elle pratiquement rien, après tout, si ce n’est quelques phrases échangées, et les louanges de Mélusine et de Castiel. Il a confiance en ses enfants, sans nul doute... mais Castiel est influençable, et il n’a d’yeux que pour sa jolie princesse. Il est du devoir de Maximilien de s’assurer que rien de négatif n’en ressorte. Pour la protection de son fils adoptif, plus même que pour celle du duché.

Et pourtant, il ne peut éprouver de sentiments négatifs envers la petite princesse. Surtout pas lorsqu’elle semble plus fragile qu’une feuille d’automne, prête à s’envoler au moindre vent. Elle a vécu des choses difficiles la jeune femme, et Maximilien n’éprouve guère d’envie de la secouer davantage. Il est ouvert et bienveillant, quand il s’assoit sur ce banc à côté d’elle, après avoir ramassé son carnet de dessin. Le chat de Castiel s’est fait possessif et protecteur, et le conseiller n’en éprouve qu’une curiosité amusée. Ses enfants - et Ismalia - ont peuplé Séverac de chats quand ils étaient petits, et ce n’est pas un chat de plus ou de moins qui le perturbera.

Elle semble plus fragile que jamais et un bref instant, Maximilien se demande si elle va refuser de lui laisser une place. Refuser sa présence, comme s’il était une menace. Elle finit par le laisser s’installer, et Maximilien évoque la présence de Mirat, qui ronronne de plus belle sur les genoux de la jeune femme. Elle lui répond doucement, à mi-voix, et le comte doit tendre l’oreille pour saisir ses mots. Elle semble tellement plus effacée que dans ses souvenirs, la jeune femme ! Et pourtant, Maximilien sait que ce n’est pas le moment de la laisser se replier seule. Pas après ce qu’elle a vécu, sous peine de la voir se faner peu à peu. La chat de Castiel semble en être conscient, et il rencontre un certain succès dans sa façon de ne pas laisser Alméïde seule. « C’est une passion qui semble vous tenir à cœur, c’est donc forcément quelque chose d’important. » Contre doucement Maximilien, avec un doux sourire. Il a élevé cinq enfants, et il a presque l’impression de revenir en arrière le comte, s’adressant à une enfant timide qui ne veux pas attirer l’attention, et qu’il est de son rôle d’apprivoiser. « Je serais curieux de voir d’autres dessins, si cela ne vous importune pas. J’aime l’art, et vos croquis, s’ils sont tous de cette veine, sont à voir. » Il est réellement intéressé, Maximilien, même si l’avantage de se rapprocher d’Alméïde et d’apprendre à la connaître est une autre de ses motivations. Il ne veut pas forcément s’attirer ses bonnes grâces, simplement s’assurer qu’elle ne vienne pas ruiner ce que Castiel a construit en Sombreciel, les bienfaits qu’il a apporté au duché. Il l’a bien compris, Maximilien : la jeune femme a capturé le cœur du duc, et il n’hésitera pas à braver grand chose pour elle.

Se doute-t-elle, Alméïde, de ce pouvoir qu’elle possède ? Madeleine est peut-être duchesse dans les faits, et Castiel l’apprécie sincèrement, mais Alméïde a une majorité de l’attention et de l’amour du duc pour elle. Et c’est exactement pour cette raison que Maximilien s’en méfie, aussi douce, aussi sincère qu’elle semble être.

Le silence s’installe, seulement troublé par le garde de la jeune femme qui lui ramène une couverture dont elle s’entoure. La question de la jeune femme fait naître un doux sourire sur les lèvres du conseiller, et il secoue la tête en signe de dénégation. « Non, ce n’est pas lui qui m’envoie, mais je ne peux le nier, il s’inquiète de votre bien-être. » Elle le sait sans doute bien mieux que lui, tout comme Maximilien n’a aucun doute que cette rencontre sera connue de Castiel. « Je m’en inquiète aussi, en vérité. Mais vous semblez aller mieux. » Il le pense sincèrement, il y a un certain progrès. Elle n’est plus terrifiée par la moindre ombre, la princesse. « Vous êtes en sécurité ici, princesse Alméïde. » Et elle a un bien courageux garde du corps, songe Maximilien en tendant le bras vers le chat, sans le toucher pourtant. Il le sait, Mirat a développé un véritable talent pour fuir le contact dont il ne veut pas.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Sam 6 Mai - 0:25

Dès la première rencontre, il l'a intimidée, le comte de Séverac. Elle l'avait déjà vu à plusieurs reprises, lors d'événements importants, aux côtés des jumelles et du reste de la famille bien sûr. Mais jamais, elle n'avait eu l'occasion d'échanger avec lui, autrement que par quelques mots polis. L'ironie a voulu que le premier sujet sérieux abordé entre eux soit sa relation avec Castiel, installant les bases d'une relation emplie d'embarras et de culpabilité du côté de la princesse qui ne se rappelle que trop bien les paroles prononcées ce jour-là. Elle peut bien se justifier en disant avoir essayé, mais elle sait bien qu'elle n'y a pas vraiment mis du coeur. Il était aisé d'ignorer de simples lettres des mois durant, mais dès l'instant où elle a été à nouveau en présence du duc, sa résolution a fondu comme neige au soleil d'Erebor. Mais elle a bien vu qu'il ne cautionnait pas, le premier conseiller. Peut-être même préférait-il l'union à Madeleine, bien plus judicieuse et avantageuse, bien moins dangereuse également. Union enfin scellée, malgré bien des péripéties et des appréhensions. Union qui déjà se solde par une grossesse et un hériter en route pour la couronne cielsombroise. Alméïde savait bien ce qui l'attendait avec cette alliance particulière entre les trois duchés, mais elle n'en ressent pas moins un certain malaise à savoir que Castiel va bientôt être père, mais que ce bébé ne sera pas avec elle.

Elle chasse ces mornes pensées Alméïde, encore trop fragile pour se laisser mener sur une voie si délicate, au risque de briser le peu de force qu'il lui reste pour ne pas s'effondrer. Au lieu de ça, elle baisse les yeux sur son carnet, sur le dessin qui prend forme entre ses doigts. « C’est une passion qui semble vous tenir à cœur, c’est donc forcément quelque chose d’important. » Un sourire, timide, franchit ses lèvres. « Je serais curieux de voir d’autres dessins, si cela ne vous importune pas. J’aime l’art, et vos croquis, s’ils sont tous de cette veine, sont à voir. » Doucement, elle relève les yeux, surprise, hésitante. Est-ce une vraie demande ? Ou désire-t-il simplement la mettre à l'aise par quelque compliment bien tourné ? Finalement, elle décide que ça n'a que peu d'importance. « Tous mes carnets sont à Vivedune, mais je serais ravie de vous les montrer. » répond-elle avec douceur, légèrement flattée il est vrai, mais l'esprit un peu ailleurs que sur les croquis accumulés au fil des ans. Ils lui semblent bien loin tout à coup, dans une autre vie.

Enroulée dans la couverture chaude et moelleuse, les tremblements se sont apaisés mais le doute demeure, dépasse ses pensées et forme une question un peu embarrassée. Son sourire fait monter le rouge sur ses joues, elle se sent alors bien stupide de l'avoir formulée. « Non, ce n’est pas lui qui m’envoie, mais je ne peux le nier, il s’inquiète de votre bien-être. » Le regard d'Alméïde reste obstinément baissé sur ses mains et sur le pelage immaculé du chat qui lève alors les yeux pour l'observer de son regard pénétrant. Oui, il s'inquiète, et c'est bien pour cette raison que Mirat ne la lâche plus. « Je m’en inquiète aussi, en vérité. Mais vous semblez aller mieux. » Une nouvelle surprise dans les yeux, une nouvelle interrogation. Peut-être est-ce sincère, elle ne saurait le dire avec certitude. Elle n'a plus de certitude pour rien, à vrai dire. « Vous êtes en sécurité ici, princesse Alméïde. » Cette fois-ci, elle se retient de laisser échapper un rire jaune et sans joie. Une moue désabusée semble traverser le visage de la princesse qui regarde devant elle, poussant un soupir discret. Elle sent Mirat qui se recroqueville, le voit qui agite les oreilles et esquive habilement la main du comte avant de se pelotonner un peu plus contre elle, profitant de la couverture pour se dissimuler légèrement à la vue.

« J'aimerais tant le croire. » dit-elle alors, d'une petite voix.
Ce n'est pas tant qu'elle n'a pas confiance en lui, ou en ceux qui l'entourent. Mais elle n'a plus confiance en ce qu'elle voit.

Elle sent sa gorge se nouer et des larmes viennent embrouiller sa vision, sans pourtant qu'elle ne les laisse s'échapper le long de sa joue. L'angoisse reprend, elle ouvre la bouche, inspirant une grande goulée d'air, comme si elle risquait de s'étouffer dans le cas contraire, oppressée par des souvenirs qui la hantent à chaque heure du jour et de la nuit. Son regard reste obstinément tourné vers la fontaine, cherchant à éviter celui du comte, d'apercevoir la pitié dans ses yeux. Elle doit être pour lui une épine dans le pied depuis le début, un boulet qu'il se doit de traîner parce qu'elle a eu le malheur de toucher le coeur de Castiel.

« J-je... je ne crois pas vous avoir remercié p-pour tout ce que vous avez fait. Pour nous. Pour... Castiel. Pour convaincre Anthim... » Elle s'interrompt et, au prix d'un grand effort, parvient à relever les yeux vers lui. « Merci. » Le mot vibre, dans un murmure rauque, alors qu'elle essuie une larme qui coule le long de sa joue. Elle sait qu'elle ne mérite pas un tel traitement de faveur après tout ce qu'elle a fait, après son comportement auprès d'Anthim et les conséquences que ses bêtises auraient pu engendrer. Et voilà qu'elle leur ajoute encore bien des soucis supplémentaires parce qu'elle n'a pas su prendre ses précautions. Peut-être que la voix entendue durant son emprisonnement n'était-elle pas réelle, mais elle n'en était pas moins avisée ; il aurait dû se contenter d'épouser Madeleine. Elle leur aurait causé moins de problèmes.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Mer 10 Mai - 22:14

Elle semble surprise la princesse, de le voir la complimenter de la sorte. Est-ce parce qu’elle est timide et bien peu prompte à se mettre en avant, ou est-ce parce qu’elle pense que ses propos ne sont pas sincères ? Si elle était dans un meilleur état, Maximilien n’hésiterait pas à lui signaler que, tout premier conseiller qu’il soit, Castiel ne l’oblige pas à avoir des mots gentils pour Alméïde. Qu’il peut très bien se faire sa propre opinion, merci bien. Mais la jeune Erebienne est bien fragile encore, prête à se rompre, à s’effondrer, et le conseiller n’est pas réellement persuadé qu’elle saisisse l’amusement dans ses paroles. Aussi s’abstient-il, se contentant de la remercier pour ces croquis qu’elle accepte de lui partager, dans un futur plus ou moins lointain. Vivedune. Longtemps un lieu représentant ennemi séculaire de Sombreciel, désormais amical et au cœur même d’une union bien étrange. Qui aurait pu le deviner, il y a de cela quelques mois ?

La petite voix d’Alméïde se fait entendre, alors que le comte lui certifie qu’elle est en sécurité. Il la voit inspirer avec difficulté, comme si elle luttait contre les larmes, contre la peur et l’angoisse qui doivent, sans nul doute, l’étreindre chaque jour. Il s’est tenu au courant, Maximilien, de l’état de la jeune femme. Par devoir tout d’abord, et par intérêt, ensuite. Il n’est pas dans ses projets immédiats de se servir d’Alméïde, mais il n’oublie pas qu’elle a gagné le cœur de Castiel, et peut donc se révéler précieuse pour garder le jeune duc sur le chemin de la grandeur. Castiel est un garçon plein de potentiel, et Maximilien ne permettra pas que celui-ci soit gâché par la première erebienne venue. Oh, il doute qu’Alméïde, la douce et adorable Alméïde, dont il a entendu tant d’éloges, soit décidée à faire du mal au duc de Sombreflamme. Mais si c’était le cas... Maximilien n’hésiterait pas longtemps avant d’agir contre elle.

Mais pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour. La jeune femme semble lutter contre ses peurs, et le comte n’hésite guère. Il ne la prend pas dans ses bras, même si l’envie, fugace mais puissante, se fait ressentir. Elle est la fiancée de son duc, après tout. La sœur du Duc d’Erebor. Et ils ne sont pas ici, au milieu des jardins, à l’abri des commérages. Alors il se contente de poser sa main sur celle de la jeune femme, légèrement, par dessus la couverture qu’Alméïde a enroulé autour d’elle. Qu’elle l’enlève si elle le désire, il ne s’en offusquera point. La voix d’Alméïde se fait entendre à nouveau, dans le silence des jardins, et elle semble à nouveau lutter contre les pleurs. Le comte observe un instant Mirat, le chat de Castiel, avant de reposer les yeux sur la princesse. « Je vous en prie, je n’ai pas besoin de remerciements. Ce n’est pas pour vous que je l’ai fait, mais pour Sombreciel. » Ce n’est pas tout à fait vrai : voir Castiel soulagé de ce fardeau est un soulagement pour le comte. Il est son premier conseiller, mais aussi son père de cœur, et il lui importe de voir le jeune homme heureux. Il est heureux, avec Alméïde, bien que cela coûte à Maximilien de l’admettre. Madeleine est enceinte, et c’est une joie pour chacun, mais le premier conseiller ne peut s’empêcher de songer qu’au fond, Castiel aurait préféré qu’Alméïde soit enceinte. C’est une supposition, partie de rien, mais il a peur qu’elle soit vrai. Maari veille sur Sombreciel, et Madeleine porte un enfant : c’était le mieux que chacun puisse espérer.

« Et peut-être pourriez-vous être d’un grand secours pour pérenniser les relations entre Sombreciel et Erebor. »
Peut-être, oui. Une fois qu’elle et Castiel seront mariés, peut-être que les relations entre les duchés s’apaiseront. Peut-être. Il l’espère de tout cœur, Maximilien. « Vous savez Alméïde, notre relation a bien mal débuté, et ce que je vous ai dit était sans doute injuste. J’aimerais que vous acceptiez mes excuses, et que nous repartions sur des bases saines. » A nouveau, Maximilien le sait, il lui est important de s’assurer les faveurs d’Alméïde. « Mélusine et Mélisende parlent de vous en de si prestigieux termes, et puis, le chat du duc semble vous avoir adopté. Il n’est pas si familier d’habitude. » Observe Maximilien avec une pointe d’amusement, en entendant le ronronnement de la boule de poils. « J’en serais presque jaloux. » Tente-t-il de plaisanter, un peu curieux de voir comment la princesse va prendre ce dernier propos. Il n’a pas osé la taquiner sur des sujets plus graves, mais l’amour d’un chat semble assez léger. Il l’espère.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Mar 16 Mai - 2:46

Sa main sur la sienne la surprend, mais elle semble apaiser un instant la vague d'angoisse qui menace de la submerger. De son autre main, elle essuie vivement les larmes qui parsèment ses joues mais elle ne se dégage pas de ce soutien que le comte lui offre. Il paraît réellement soucieux de son état et elle est trop lasse, trop épuisée, pour fuir un geste aussi bénin. Bénin et pourtant apprécié, juste ce qu'il lui fallait, peut-être, pour se resaisir.

« Je vous en prie, je n’ai pas besoin de remerciements. Ce n’est pas pour vous que je l’ai fait, mais pour Sombreciel. » Évidemment. Elle hoche la tête d'un air entendu, l'ombre d'un sourire compréhensif au coin des lèvres. Elle n'est pas stupide, elle se doute bien qu'il ne l'aurait pas fait si ça n'avait pas été dans l'intérêt de son duché – ou de son duc ; des mots de Castiel ou de Mélusine, elle le sait attaché à sa famille et à leur bien-être. De son point de vue en tant que princesse du duché voisin, elle a bien compris qu'il n'était pas le premier conseiller pour rien et il a su de nombreuses fois apaiser les choses entre leurs duchés, lors de rencontres diplomatiques. Puis, n'a-t-il pas voulu la rencontrer pour cette même raison ? Alméïde n'est pas dupe et pourtant elle ne lui en est pas moins reconnaissante. Quelle que soit la raison qui a motivé son geste, elle en a bénéficié également et elle ne l'en remerciera probablement jamais assez. Pourtant, elle reste silencieuse, gardant pour elle cette gratitude, se promettant intérieurement de faire le nécessaire à l'avenir pour que personne n'ait à regretter cette décision, cette alliance particulière. À commencer par son frère qui n'a jamais vu cette union d'un très bon oeil.

« Et peut-être pourriez-vous être d’un grand secours pour pérenniser les relations entre Sombreciel et Erebor. » Ses traits se font dubitatifs, mais elle parvient à lui adresser un mince sourire, comme un signe d'encouragement. « Je l'espère. » Sa voix rauque laisse tout de même transparaître une pointe d'optimisme, malgré les doutes et la peur, malgré les terreurs qui s'emparent d'elle sans crier gare. L'espoir, il ne lui reste guère que ça. Elle avait fini par le perdre, entre les mains de ses geôliers, priant pour que tout s'arrête enfin et qu'elle n'ait plus à souffrir plus longtemps. Elle tente pourtant de s'y accrocher à nouveau, peu importent les efforts qu'elle doit fournir pour y parvenir, peu importe qu'il lui échappe souvent, glissant entre ses doigts tremblants pour mieux la tourmenter. Alméïde garde en elle cette lueur, une petite flamme au coeur des cendres, et il ne tient qu'à elle de la faire à nouveau grandir avec un peu de temps et de soutien.

« Vous savez Alméïde, notre relation a bien mal débuté, et ce que je vous ai dit était sans doute injuste. J’aimerais que vous acceptiez mes excuses, et que nous repartions sur des bases saines. » Son regard sombre s'arrête un instant sur le sien, perplexe, prise au dépourvu. « Mélusine et Mélisende parlent de vous en de si prestigieux termes, et puis, le chat du duc semble vous avoir adopté. Il n’est pas si familier d’habitude. » Elle baisse alors les yeux, rougissant légèrement de cette attention qui lui paraît imméritée. Mirat remue un peu sous la couverture et il lui semblerait presque déceler une pointe d'insolence dans son regard félin. « J’en serais presque jaloux. » Sans relever les yeux, elle esquisse brièvement un mince sourire, ne sachant que dire, surtout alors que ses mots risquent d'atteindre des oreilles indiscrètes. La présence du Familier est rassurante, mais Alméïde est soudain bien embarrassée car elle ne sait à quel point il répète ce qu'il entend à Castiel. Est-il seulement au courant de sa première entrevue avec son premier conseiller ?

« Elles exagèrent, j'en suis certaine. Quant à Mirat... je ne saurais expliquer ce mystère. » répond-elle d'une voix calme, dissimulant son mensonge dans un sourire humble et un regard fuyant. Le félin n'esquisse pas le moindre geste qui montre qu'il a entendu ses paroles, mais le ronronnement s'accentue brièvement. Le silence parait alors s'imposer à nouveau, quand Alméïde se décide à le briser. « Vous n'avez rien à vous faire pardonner messire. Vous avez agi en votre âme et conscience pour votre duché, je serais bien mal avisée de vous en vouloir pour ça. » Elle relève les yeux vers lui et la sincérité se lit dans son regard, de même que dans ses paroles. « Et puis, vous... aviez raison. Je n'ai pas su vous écouter, j'ai essayé – j'ai voulu... Peu importe ce que je voulais, j'ai failli à mes devoirs et à mes responsabilités. J'ai pris des décisions qui auraient pu tout gâcher... » Sa gorge se serre mais elle ne détourne pas les yeux, désireuse de dire ce qu'elle a sur le coeur. Il doit avoir une bien piètre opinion d'elle et il aurait tout à fait raison. « C'est moi qui devrais vous demander pardon, pour tous les soucis que j'ai dû vous causer. Je n'ai jamais eu le désir de nuire à qui que ce soit. » conclut-elle d'une petite voix, les lèvres tremblantes. Elle a les nerfs à fleur de peau et il lui est difficile de conserver son calme en tout temps, petit oiseau fragile perdu au milieu de la tourmente. Elle essaie pourtant, elle se bat, mais les efforts sont tels qu'ils l'épuisent rapidement. Les yeux ouverts, les yeux fermés, c'est toujours le même combat qui fait rage dans son esprit pour chasser l'horreur et la terreur. Discuter a au moins l'avantage de détourner son attention, ne serait-ce qu'un peu.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Lun 22 Mai - 21:26

Il a opté pour la sincérité le comte de Séverac, estimant qu’Alméïde a entendu sans doute plus que sa part de mensonges et de semi-vérités. Pourquoi mentir, de toute façon ? Elle sait déjà, il en est sûr, à quel point Maximilien se dévoue pour son duché. Pour son duc. Pour ses enfants. Il lui a reproché il y a quelques temps, à mots couverts, à la princesse de ne pas faire de même. Mais que cela soit vrai ou pas, elle comprend sans doute. Avant tout ceci, Maximilien aurait pu jurer que la princesse Alméïde se dévouait corps et âme pour son duché. Son amourette avec Castiel a montré qu’il s’était trompé, le conseiller, mais peu importe : elle comprend, Alméïde. Elle comprend que le seul but du conseiller est de préserver Sombreciel. Quitte à accepter un mariage pour lequel il n’a guère de mots encourageants.

Mais puisqu’Alméïde est destinée à devenir la seconde femme du duc, que Maximilien le veuille ou non, le conseiller sait qu’il est de son devoir - et de son intérêt - de s’appuyer sur ce qu’elle peut faire. Elle est intelligente Alméïde, et elle aime Erebor, il en est sûr. Elle l’aidera, il le sait, même si elle semble en douter elle même. « Je n’en doute pas. » La rassure-t-il avec un sourire presque paternel. Oh non, il n’en doute pas. « Erebor et Sombreciel sont en mauvais termes depuis longtemps, et notre haine commune nous a poussé à ignorer nos voisins. Nous avons chacun de grandes choses à apprendre l’un de l’autre. » Maximilien en est persuadé : Sombreciel et Erebor peuvent s’entendre. Doivent s’entendre, si Ibélène veut présenter un front uni. « L’ignorance de nos coutumes respectives est un minuscule grain de sable dans un désert de préjugés, mais nous apprendrons. » Ismalia lui a enseigné, elle, à comprendre Erebor et à ne pas mal juger simplement parce que le duché du sable et du roc est un ennemi intime. Maximilien se veut ouvert d’esprit, et il espère bien que la belle Alméïde le sera aussi. Le duc se pliera sans le moindre mal aux leçons de sa belle, le conseiller l’espère.

Maximilien ne perçoit pas le trouble de la jeune femme quand la conversation dévie. Alméïde est, de toute façon, encore bien craintive et sur la défensive pour que le comte sache juger qu’elle lui ment, ou que son malaise n’a pas pour origine leur sujet de conversation présent. Maximilien rit doucement quand Alméïde lui assure que ses filles exagèrent. De cela, le comte n’en est pas certain : les jumelles ont un jugement très sûr en ce qui concerne le cœur des gens, et il a appris à s’y fier. La princesse s’excuse, tremble et bafouille et à nouveau, Maximilien lui adresse un sourire plein de compassion. « N’en parlons plus, voulez-vous ? Nous avons tous fait des erreurs, moi le premier, et l’important est de ne pas nous laisser envahir par l’idée de nos échecs passés. Nous nous devons d’avancer, même si cela s’avère compliqué. » Oh, il ne parle pas que de sa relation avec Castiel. L’allusion à ce qui est arrivé à la princesse n’est pas le moins du monde innocente. « Je sais que Sa Grâce vous a déjà fait découvrir quelques endroits merveilleux dans notre beau duché, mais j’aime à croire que vous vous y plairez assez pour avoir envie d’aller de l’avant, et continuer à découvrir les promesses que le futur garde en réserve. J’aimerais que vous vous plaisiez ici, princesse Alméïde. »

Parce qu’il a beau s’en défendre, Maximilien sait que Castiel est inquiet pour la jeune femme. Qui ne l’est pas ? Le duc est tendu depuis la mésaventure d’Alméïde, et l’ambiance est pesante, avec la guerre qui grignote les forces - et les territoires - de Sombreciel. Castiel aura besoin du soutien de la jeune femme, et il est primordial qu’elle se sente assez bien pour lui apporter ce soutien et ce bonheur qu’il recherche. « Alors, ne parlons plus de ça, je vous en prie. » Demande Maximilien, restant silencieux pendant quelques minutes, à observer le chat de Castiel ronronner, et la nature bruisser doucement sous le vent qui se rafraîchit. « Lorsque vous serez remise, j’aimerais vous inviter. Ismalia, ma chère épouse, brûle d’impatience de vous connaître. » Ce nouveau sujet est bien plus léger, mondain et précieux à souhait. Qu’importe, pour Maximilien, si cela peut l’aider à connaître un peu mieux la princesse. Il connaît Madeleine aux travers des récits d’Ermengarde, et aux rapports de ses gens. Il aimerait mieux connaître Alméïde également.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Mar 6 Juin - 18:23

Elle est un peu perplexe, Alméïde, face aux mots du comte. Elle ne sait ce qu'il peut bien penser d'elle, ni même comment il a pris son comportement alors même qu'il avait sagement conseillé l'inverse ; comme beaucoup, il doit la penser naïve, probablement trop sentimentale, au détriment de son duché, et il n'aurait pas tout à fait tort. Pourtant, alors qu'il pourrait lui en vouloir, il se montre prévenant et patient, cherchant par ses paroles à la rassurer et à chasser l'inquiétude. Une simple goutte d'eau dans un océan qui tente de l'emporter par le fond, mais c'est plus qu'elle n'osait l'espérer. Son être tout entier est fait d'appréhensions et de terreurs, c'est un quotidien terrifiant qu'elle vit depuis son retour, angoissée à l'idée que ce ne soit qu'une illusion de plus, destinée à la mettre en confiance avant de porter un nouveau coup à son coeur déjà mutilé. Elle revoit le visage de sa soeur, les seules images qu'ils lui aient permis de voir, et elle tremble un peu plus. Réalité ou illusion, elle se doute bien de la réponse, mais elle se refuse à le croire. Elle doute, comme elle doute de la douleur subie dont les marques ont été effacées. Il lui semble pourtant les sentir encore, les canines des chiens qui s'enfoncent dans sa peau, le bâton qui martèle, le fouet qui claque dans l'air. Alméïde fait un effort plus grand pour tout chasser et s'accrocher à la petite lueur que le comte émet en parlant d'un avenir plus doux, plus serein.

« Je n’en doute pas. Erebor et Sombreciel sont en mauvais termes depuis longtemps, et notre haine commune nous a poussé à ignorer nos voisins. Nous avons chacun de grandes choses à apprendre l’un de l’autre. » Elle hoche la tête, se concentre sur cette note positive, ignore la morsure glacée de la roche contre sa peau nue ou les serres acérées de ses geôliers qui la traînent jusqu'à une nouvelle journée de tourmente. « L’ignorance de nos coutumes respectives est un minuscule grain de sable dans un désert de préjugés, mais nous apprendrons. » Son regard se lève, chasse l'obscurité pour se poser sur celui du premier conseiller, et un mince sourire fleurit sur ses lèvres. « Nous apprendrons, oui. » confirme-t-elle avec douceur, d'un ton plus assuré. De ça, elle en est persuadée, elle y a toujours cru, elle qui se fait curieuse à propos de tout ce qu'elle ne connaît pas.

Lorsqu'il mentionne leur dernier entretien en tête à tête, Alméïde demande pardon à son tour, consciente de ses erreurs et du rôle qu'elle a joué dans ce qui aurait pu être un véritable désastre. « N’en parlons plus, voulez-vous ? Nous avons tous fait des erreurs, moi le premier, et l’important est de ne pas nous laisser envahir par l’idée de nos échecs passés. Nous nous devons d’avancer, même si cela s’avère compliqué. » Elle décèle la véritable signification de ces mots dans le regard du comte, alors elle pince les lèvres, les empêchant ainsi de trembler. Elle aimerait tant passer à autre chose, elle s'efforce chaque jour de lutter contre la peur. Le fait est que seul le temps saura mettre un baume sur ses blessures sans jamais réellement les faire disparaître. Pourtant, elle n'a pas le coeur à le contredire, ni même à lui raconter ce qu'elle a vécu pour mieux lui faire comprendre la difficulté de ce qu'il lui demande. Elle prend sur elle et enveloppe la terreur d'un voile qui ne la dissimulera qu'un temps, elle ne le sait que trop bien.

« Je sais que Sa Grâce vous a déjà fait découvrir quelques endroits merveilleux dans notre beau duché, mais j’aime à croire que vous vous y plairez assez pour avoir envie d’aller de l’avant, et continuer à découvrir les promesses que le futur garde en réserve. J’aimerais que vous vous plaisiez ici, princesse Alméïde. » Un sourire emprunt de tendresse se dessine sur ses lèvres au souvenir de son premier séjour à Euphoria, lui réchauffant le coeur comme aucune parole ne le pourrait. « Je n'ai aucun doute quant au fait que je me plairai ici, messire. Et il me tarde de découvrir un peu plus les trésors de Sombreciel. » Elle songe aux Murmures, aux lucioles. Elle songe aux aurores boréales que Castiel doit l'emmener voir, un jour. L'hiver prochain, peut-être. Une belle idée, à laquelle elle s'accroche et qui l'enveloppe d'un cocon protecteur.

« Alors, ne parlons plus de ça, je vous en prie. Lorsque vous serez remise, j’aimerais vous inviter. Ismalia, ma chère épouse, brûle d’impatience de vous connaître. » Ses traits s'adoucissent, s'éclairent. « Ce sera avec grand plaisir. Elle est déjà un peu de la famille, après tout.. » affirme-t-elle, songeant à la famille Kamar dont Sitara fait partie, bien que certains n'aient pas apprécié qu'elle s'en aille faire sa vie avec un Cielsombrois. Que doivent-ils penser de leurs princesse à l'heure actuelle, dans ce cas ? Elle pousse un soupir ; c'est un souci pour un autre jour. « J'espère que vous retrouverez bien vite votre domaine, j'aimerais beaucoup le visiter. Mélusine m'en parle toujours avec beaucoup d'affection et de tendresse. » Et elle n'est pas la seule. Mélisende lui en a déjà parlé, tout comme Castiel, élevé là-bas comme s'il était l'un des leurs. Une grosse responsabilité pour cette famille qui avait déjà souffert d'une perte terrible. « Vous savez je... j'aime réellement Castiel et, bien que je ne devienne pas duchesse, je tiens réellement à bien faire. J'espère parvenir à faire mes preuves auprès de mon duché, celui que je quitte comme celui qui m'accueille, mais aussi auprès de vous qui avez pris la peine de me tendre la main une seconde fois malgré mes erreurs. » Elle s'interrompt un instant, cherchant bien ses mots. « J'ai encore beaucoup de choses à apprendre sur Sombreciel Malheureusement, le temps joue contre nous avec la guerre à nos portes alors... oserais-je abuser encore un peu de votre indulgence en vous demandant à nouveau votre aide et votre soutien ? » Elle veut apprendre, elle veut être à-même d'être un appui pour la couronne cielsombroise comme elle a pu l'être autrefois pour celle d'Erebor. Elle veut être le lien qui réunit les deux duchés pour une entente moins belliqueuse, à défaut d'être cordiale. Elle veut tout ça et plus encore, pour ne pas avoir à songer à tout le reste, à ses erreurs comme à ses malheurs.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Mar 20 Juin - 23:42

Euphoria bruisse d’activité à tout heure du jour ou de la nuit et en général, le palais n’est pas en reste. Le duc ayant la fâcheuse habitude d’être actif aux heures les plus incongrues, les habitants du palais se calent parfois sur un rythme bien étrange. Mais les jardins ducaux sont pour le moment un havre de paix, et leur conversation n’est troublée que par le chant des oiseaux et le ronronnement sourd du chat blanc qui orne les genoux de la princesse. Il vient parfois s’y ressourcer Maximilien, et il comprend à quel point cela doit être un soulagement pour la jeune Alméïde, ce calme, après ce qu’elle a connu. Il ne saura jamais toutes les horreurs qu’elle a subie, sans doute, et peut-être est-ce mieux comme cela. Il ne veut pas la plaindre, et changer d’attitude avec elle sous prétexte qu’elle a subi des choses horribles. Ce n’est pas de l’insensibilité pourtant, mais Maximilien juge sur ce qu’il voit, ce qu’il comprend, et non sur ce qu’a pu subir la jeune femme. Cette sincérité dans son jugement, c’est sans doute ce qu’il peux lui offrir de mieux, avec tous ces gens qui cherchent à la réconforter avec des paroles creuses.

Ils sont prêts à travailler ensemble, en tout cas, et le conseiller ne doute pas qu’Alméïde fera des efforts. Il déplore ce qu’il a du mal à considérer comme autre chose qu’une passion débordante et adolescente, mais puisque la jeune femme est décidée à épouser Castiel - la réciproque étant plus vraie que jamais -, il lui faut aller de l’avant, tandis qu’il explique à la jeune femme qu’elle doit faire de même. Déplorer ce qui sera ne sert à rien, sinon à enraciner de vieilles rancœurs, et les Dieux savent que Sombreciel et Erebor en sont déjà remplis. Alméïde, il en est sûr, apprendra à aimer Sombreciel comme Castiel l’aime. On peut reprocher de nombreuses choses au jeune duc, mais pas cet amour de son duché et de ses habitants. Castiel a gardé son âme d’enfant, et l’émerveillement dans ses yeux lorsqu’il contemple les beautés du duché de l’Esprit est contagieux. Nul doute qu’il en fera profiter sa chère épouse - ses chères épouses, même, probablement.

La conversation s’oriente vers un sujet plus léger, tandis que le vent refroidit encore davantage l’atmosphère. Le persan blanc est sans doute un bon conducteur de chaleur, mais Alméïde vient d’une région sensiblement plus chaude, et Maximilien s’inquiète de sa santé. Ils en viennent à parler d’Ismalia, et de Kamar, le clan auquel elle appartenait. Ses proches n’ont jamais approuvé leur union, et si Mélisende et Mélusine ont su se faire une place en Erebor, Maximilien sait bien que c’est uniquement parce que ses filles sont aussi têtues que charmeuses. Cela n’est dû en rien à la place occupée jadis par leur mère. « Elle sera d’autant plus ravie de vous accueillir à bras ouverts. » Acquiesce Maximilien, un tendre sourire sur les lèvres en pensant à la façon dont son épouse lui à demander d’inviter la jeune femme. « J’espère aussi que Séverac nous sera rendu rapidement. » Approuve le comte, sobrement. Il se tourmente pour son domaine, pour ceux qui n’ont pas pu fuir, pour ces années de souvenirs qu»il craint de voir ravagé. Ce ne sont que des pierres, des souvenirs qu’il garde, pas grand chose peut-être, mais... les imaginer foulés aux pieds par les soldats lagrans lui font mal au cœur. C’est à Séverac que ses enfants ont fait leurs premiers pas. Là que reposent tous les souvenirs qu’il a de Meldred, son tout-petit qui lui manque terriblement. Mais ce n’est pas le moment de se montrer mélancolique sur ce qui pourrait être, pas maintenant.

« Nous faisons tous des erreurs, Alméïde. » La phrase est bien peu originale, mais elle est sincère. « C’est ainsi que nous apprenons, moi le premier. » Si elle savait, la jeune princesse ! Etre le premier conseiller de Castiel, c’est faire des erreurs, inlassablement, et en apprendre pour mieux rebondir après. Castiel a un caractère particulier, qui demande sans cesse des réajustements. Elle apprendra, elle aussi, la jolie princesse. Elle apprendra Sombreciel, sa beauté, sa folie aussi. La grandeur de son duc, et l’impossibilité de son caractère. « Mais ce sera une grande joie pour moi que de vous apporter mon aide pour rapprocher nos deux duchés, princesse Alméïde. » C’est même nécessaire, cette collaboration, et peut-être que si Castiel et Anthim n’étaient pas aussi butés l’un que l’autre, cela serait déjà d’actualité. « Mais si cela peut vous conforter, vous avez une influence positive, déjà. » La rassure le conseiller. Qui aurait pu croire, il y a quelques mois de cela, qu’Anthim d’Erebor accepterait un quelconque mariage. « Et désormais que le chat du duc est votre allié, Sa Grâce ne vous en aimera que davantage. » S’amuse Maximilien. Même s’il doute qu’il soit possible pour Castiel d’aimer Alméïde davantage qu’il ne l’aime déjà. Il a mis en jeu son duché pour elle, il a failli provoquer une guerre... est-il seulement possible de faire pire ?

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Jeu 29 Juin - 0:01

« J’espère aussi que Séverac nous sera rendu rapidement. » Un sourire triste fend ses lèvres, un instant. Difficile de savoir s'ils pourront s'y rendre à nouveau un jour, mais elle refuse de perdre espoir à ce sujet. Elle n'ose imaginer ce qu'elle ressentirait si le lieu où elle avait grandi était soudain occupé par l'ennemi. L'ennemi... Rien que le terme lui semble étrange, amer. Lagrance s'est emparé d'une bonne partie des terres de Sombreciel et pourtant, elle a encore du mal à les voir comme l'ennemi. Elle déplore ce conflit qui l'éloigne peu à peu d'un ami qui lui a toujours été cher. Elle blâme cette guerre qui l'a fait douter et qui pousse aux actes les plus terribles. Denys a tenté de tirer avantage de cette amitié et, s'il aurait pu la retenir au coeur de son palais, il a fini par la laisser partir. À quel prix cependant ? Alméïde frissonne au souvenir de cette nuit terrible, où la peur de perdre Mélusine était plus forte que le reste et où même la guerre n'a pu la retenir de faire tout ce qui était en son pouvoir pour lui venir en aide. Il ne lui est même pas possible d'en parler ouvertement à qui que ce soit, si ce n'est à Mélusine qui l'a vue sous les traits de la Tour Noire et Anthim, à qui elle a fini par tout révéler, suite à son arrivée au dos de Justice. Mais peu importe, car tout ce qui compte, c'est que son amie est encore en vie et que son enfant aussi. La perdre aurait été au-dessus de ses forces et elle sait, au plus profond d'elle-même, que c'est pour elle qu'elle a pu tenir au coeur de ces cachots. Que le sacrifice en valait la peine, tant qu'elle allait bien. Et si c'était à refaire, elle prendrait la même décision, même en sachant ce qui l'attendait en quittant le palais d'Edenia.

« Nous faisons tous des erreurs, Alméïde. C’est ainsi que nous apprenons, moi le premier. » Elle acquiesce à ces sages paroles qui ont pour but de la rassurer, elle le sait bien. Et il y parvient quelque peu. Par sa bienveillance et son indulgence, il l'aide plus qu'il ne le doute, car elle voit un nouveau chemin s'ouvrir, un chemin sur lequel elle pourra faire ses preuves. « Mais ce sera une grande joie pour moi que de vous apporter mon aide pour rapprocher nos deux duchés, princesse Alméïde. » Son regard croise le sien et la gratitude y est visible. « Je vous remercie, votre soutien compte beaucoup pour moi, je ne l'oublierai pas. » répond-elle avec douceur. Elle sait à quel point le comte est important aux yeux de Castiel et combien son avis compte. Et elle sait qu'elle a beaucoup à apprendre de lui dans ce duché qu'elle effleure à peine du bout des doigts, n'y apercevant encore que la surface. Elle appréhende le plongeon à venir, tout comme elle l'attend avec impatience. L'envie de bien faire se mêle au désir de découverte et bien que son duché lui manquera, elle ne doute pas qu'elle saura trouver sa place au sein du duché de l'Esprit.

« Mais si cela peut vous conforter, vous avez une influence positive, déjà. » Elle semble surprise d'entendre ces quelques mots et elle se prend à espérer qu'il n'a pas tort. Ses actes irréfléchis auraient pu mener à une guerre, mais celle-ci a été évitée et Anthim lui-même a consenti à cette union particulière – de mauvais coeur mais tout de même. Peut-être est-ce effectivement un signe positif. « Et désormais que le chat du duc est votre allié, Sa Grâce ne vous en aimera que davantage. » Elle rit doucement alors que le Familier, comme pour répondre, émet un miaulement paresseux contre la princesse. « Vous avez peut-être raison. » plaisante-t-elle à son tour d'une voix encore loin d'être assurée, mais qui s'éloigne peu à peu de la profonde morosité dans laquelle elle était plongée. Parler de l'avenir lui fait du bien. La conversation l'éloigne du passé, des erreurs et des malheurs.

« Lorsque je viendrai m'installer ici, j'aimerais beaucoup que nous puissions discuter plus avant de tout cela. » déclare-t-elle avec sincérité, certaine de pouvoir en apprendre beaucoup sur les rouages de Sombreciel aux côtés du conseiller ducal. « Bien sûr je... Madeleine est la duchesse et je ne sais pas à quel point je peux... Je ne sais pas réellement comment ça marche lorsque le duc à plusieurs... épouses ? Je ne voudrais pas aller au-delà de ce qui m'incombe, ce n'est pas mon but. » L'embarras s'empare peu à peu d'elle et quelques couleurs reviennent sur son visage autrement bien pâle depuis plusieurs jours. Ce sujet la met quelque peu mal à l'aise et, plus elle y songe, plus elle se rend compte des lacunes qu'elle a à ce sujet. « Je me doute que ça ne fonctionne pas comme en Erebor, mais je ne me suis jamais réellement posé la question jusqu'à maintenant. » avoue-t-elle, un peu penaude. En Erebor, les concubines sont confinées au harem et seule la duchesse a réellement un rôle à jouer au sein du palais et du duché, auprès de son époux. Et jusqu'à présent, elle n'avait pas songé à la possibilité que Castiel ait plusieurs épouses, mais la guerre forçant à prendre des mesures, la solution a été précipitée et elle peine encore à véritablement se faire à l'idée pour le moment. Après tout, Madeleine est duchesse de plein droit, ça lui convient très bien ainsi, mais elle craint déjà de se sentir de trop et de ne pas trouver sa place dans un duché aux moeurs encore inconnues. Tous ces doutes, elle les enveloppe soigneusement et les dissimule au comte, malgré ses interrogations. Peut-être sa réponse l'éclairera-t-elle à ce sujet. Elle l'espère.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Dim 9 Juil - 22:16

Leur discussion se fait plus politique, plus pratique sans doute, mais Maximilien n’en est pas mécontent. Il a bien rarement eu l’occasion de parler seul à seul avec Alméïde, sans que le duc ne vienne interrompre leur échange. Il n’a rien à cacher à Castiel, mais certains de ses propos pourraient courroucer le jeune homme, il le sait bien, aussi mieux vaut qu’il ne les surprenne pas. Qu’Alméïde lui e parle ne le dérange pas, tant il est persuadé qu’elle n’ira pas contre lui. Maximilien a beau regretter ce mariage et l’attitude des deux jeunes gens, il se sent étrangement confiant dans les capacités d’Alméïde à faire du mieux qu’elle le peut. Son statut de médecin ? Les louanges de ses filles ? Ses propres impressions ? Il n’en sait rien le premier conseiller, mais il est sûr d’une chose : Alméïde ne nuira pas consciemment à Castiel, ou à Sombreciel. Et en toute honnêteté, c’est bien la seule chose qu’il lui demande.

Et lorsque la jeune femme lui répond, le comte demeure impassible, malgré son soulagement. Sa jubilation presque. Il a obtenu la confiance de la jolie Alméïde, il le sait. Ses paroles sont presque une promesse qu’elle se tournera vers lui en cas de problèmes, qu’elle respecte sa parole. Certes, elle l’a déjà laissé entendre, et l’avenir a prouvé qu’elle n’a rien écouté. Mais elle s’en veut, et ce repentir peut tout à fait servir à Maximilien. Il ne manipulera pas la jeune princesse le conseiller. Il pourrait, peut-être, même si c’est une jeune femme intelligente.

Elle cherche un allier dans ce monde nouveau, et c’est cela qu’il lui propose d’être pour elle. Un conseiller, un guide, vers lequel elle se tournera en cas de doute. C’est un grand rôle, et qui pourrait bien lui profiter, si jamais Maximilien a besoin de faire valoir sa voix. Mais Castiel est un duc compétent, et son premier conseiller lui est loyal : il ne se servira pas de l’influence qu’il pourrait avoir sur Alméïde pour faire entendre raison à Castiel. Il pourrait, pourtant, il pourrait tellement ! Il n’y a qu’à voir l’amour dans les yeux du duc pour comprendre que manipuler Alméïde reviendrait à manipuler son époux. Sans certitude aucune, mais avec une chance raisonnable de succès. Il pourrait s’accaparer bien des pouvoirs ainsi, Maximilien. Et pourtant, il est fidèle, honnête et loyal. Cette honnêteté qu’il a enseigné à ses enfants, elle fait partie de lui. Et s’il lui est arrivé de manipuler des gens, ça n’a jamais été contre Castiel. Ou contre Sombreciel. Il n’est pas ambitieux Maximilien, et heureusement, en un sens. Ismalia a toujours veillé à ce qu’il garde les pieds sur terre, et l’homme se contente d’être au service de son duché. Peut-être est-ce pour cela qu’Alméïde se tourne vers lui avec tant de confiance. Il ne la trahira pas, n’est-ce pas ?

Il a toujours fait ce qu’il y a de mieux pour Sombreciel. Y compris forcer son jeune duc à se sevrer des drogues. Et pourtant, il ne veut pas que l’on chante ses louanges, ou qu’on lui offre un trône quelconque. Est-ce cela qu’Alméïde voit en Maximilien de Séverac ? Un homme dénué d’ambition pour lui même, et qui consacre sa vie à son duché ?

Il ne lui pose pas la question, et elle ne l’interroge pas davantage. Ils plaisantent tous deux sur l’amour que semble éprouver le chat blanc du duc pour la jeune Erebienne, avant qu’Alméïde ne décide de se confier un peu plus. Il n’est guère difficile de lire son aniété à trouver sa place, à la comprendre et à se rendre utile. Il la rassure de son mieux Maximilien. « Sachez que tous le palais sera à votre service pour vous aider à comprendre votre rôle de seconde épouse. Nos législateurs sont les meilleurs, le savez-vous ? » Souligne-t-il avec une fierté amusée. « Vous devriez aller les saluer, je pense qu’ils ont préparé tout un tas de textes à votre intention. Ils ne mordent pas, mais vous pouvez envoyer le duc en éclaireur. » Il ne sourit pas Maximilien, mais son amusement est palpable quand à cette idée. « Vous êtes quelqu’un de doux et de gentil, d’intelligent. Vous vous en sortirez à la perfection. »

Et surtout, elle a à cœur de bien faire, il le sait. « Laissez-vous un peu de temps pour apprendre Alméïde. Votre époux aussi apprend. La duchesse Madeleine également, et je ne doute pas que vous vous entendrez bien. » Il ne dément pas que cela sera bizarre au début, cette cohabitation. Mais de ce qu’il a pu constater de Madeleine, et de ce qu’il a lu dans les lettres d’Ermengarde, la duchesse en titre sera probablement une alliée de poids pour Alméïde. Et cette dernière a été élevée comme une princesse de la couronne, elle se fera à son rôle, après quelques ajustements. Il essaye de ne pas en doute, Maximilien.

Et puis, si elle fait une bourde de temps en temps, ce n’est probablement pas Castiel qui lui en tiendra rigueur. C’est son rôle à lui, premier conseiller, de les réparer et de les éviter. Il est le conseiller de Castiel, après tout, il sait réparer les pots cassés de son duc. Au pire, cela s’étendra à sa seconde épouse !

« Vous devriez rentrer Ma Dame, l’air se rafraîchit, et je crains que vous ne tombiez malade, si peu habituée aux rigueurs du temps d’Euphoria. » Finit par conseiller Maximilien. Conseiller, oui, et non pas ordonner : la santé d’Alméïde est précieuse, mais il sait sa place et ne peux rien exiger d’elle. Castiel va finir par se réveiller, et s’inquièter de l’absence de son épouse... à moi qu’il ne soit occupé avec Madeleine. Le comte observe Alméïde, un instant, avant de lui tendre la main. « Je ne peux vous promettre que cela sera tous les jours facile, mais je n’ai aucun doute quand au fait que vous serez une princesse admirable. » C’est un compliment, une réassurance aussi. Et une promesse, peut-être : Maximilien n’est guère habitué à se tromper sur les gens.

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Message Sujet: Re: Au-delà des illusions   Sam 15 Juil - 16:29

Elle ne sait encore réellement que penser du comte de Séverac, la princesse du désert, mais s'il y a bien une chose dont elle est sûre, c'est qu'elle peut lui faire confiance sur la gestion de Sombreciel. Il a prouvé à maintes reprises qu'il était plus que capable d'être un bon conseiller et même un bon régent, ainsi qu'un diplomate averti lorsqu'il s'agit de parlementer avec ses voisins. C'est pourquoi Alméïde lui fait part de ses craintes et qu'elle prête attentivement l'oreille à sa réponse.

« Sachez que tous le palais sera à votre service pour vous aider à comprendre votre rôle de seconde épouse. Nos législateurs sont les meilleurs, le savez-vous ? » Elle se fend d'un petit sourire timide. « J'ai cru le remarquer oui. » « Vous devriez aller les saluer, je pense qu’ils ont préparé tout un tas de textes à votre intention. Ils ne mordent pas, mais vous pouvez envoyer le duc en éclaireur. » Son sourire ne s'efface pas, teinté d'un léger amusement, soudain remplacé par quelque chose de plus insidieux. Elle ne veut pas déranger Castiel pour ça, il doit certainement avoir assez à faire, encore plus maintenant que Madeleine est enceinte et sur le point de lui donner un héritier. Il est normal qu'il veuille s'occuper de sa duchesse dans ces conditions, et pourtant, Alméïde ne peut s'empêcher de se sentir un peu de trop, comme une fausse note dans une partition de musique bien agencée. Elle éprouve une pointe de regret de ne pouvoir également épouser Castiel dès à présent et rester à ses côtés, mais à présent que les accords passés avec Bellifère sont signés, l'urgence n'a plus lieu d'être. Avec tout ce qu'elle a vécu, peut-être même est-ce une bonne chose qu'elle rentre aux côtés de son frère avec qui elle pourra passer du temps. Du temps au coeur de son duché, de ce palais qu'elle aime tant, afin d'éloigner pour de bon les cauchemars et les angoisses.

« Vous êtes quelqu’un de doux et de gentil, d’intelligent. Vous vous en sortirez à la perfection. » Le comte la sort de ses réflexions et c'est à peine si elle hoche la tête en signe d'assentiment, embarrassée de ces compliments qu'elle pense ne pas réellement mériter. « Laissez-vous un peu de temps pour apprendre Alméïde. Votre époux aussi apprend. La duchesse Madeleine également, et je ne doute pas que vous vous entendrez bien. » Alméïde relève les yeux cette fois, un sourire timide sur ses lèvres. « Je n'en doute pas. » répond-elle avec douceur. La situation est peut-être étrange et nouvelle, elle pense néanmoins pouvoir s'entendre avec cette femme qu'on dit cultivée et diplomate. Peut-être trouveront-elles leurs marques dans ce palais ensemble, bien que Madeleine ait plus de temps pour le faire, avant qu'elle ne la rejoigne.

« Vous devriez rentrer Ma Dame, l’air se rafraîchit, et je crains que vous ne tombiez malade, si peu habituée aux rigueurs du temps d’Euphoria. » Plongée dans la discussion, elle n'avait pas réalisé à quel point ses tremblements s'étaient accentués sous les assauts du vent, sous le gris d'acier des nuages. « Je ne peux vous promettre que cela sera tous les jours facile, mais je n’ai aucun doute quand au fait que vous serez une princesse admirable. » Elle aperçoit la main tendue et avec un sourire, elle soulève le félin encore enroulé sur ses genoux pour le déposer à ses côtés, sur le banc. « Allez Mirat, va rejoindre ton maître. » murmure-t-elle, d'un air entendu. Le chat pousse un miaulement où elle jurerait entendre la désapprobation et il vient frotter son visage contre sa cuisse, la faisant rire doucement. Alméïde s'empare ensuite de la main tendue du conseiller afin de se relever, emmitouflée dans sa couverture, le carnet remis à l'abri dans sa cape. Elle finira son dessin une autre fois.

« Je vous remercie messire, parler avec vous m'a fait beaucoup de bien. » déclare-t-elle alors qu'ils se remettent en route d'un pas tranquille en direction du palais. Autour d'eux, des mouvements indiquent que les gardes les suivent mais elle n'y prête que peu attention. Elle aperçoit surtout l'éclair blanc qui file entre leurs jambes avant de disparaître à l'intérieur. « Puis-je vous demander un dernier service avant que nous nous quittions ? » demande-t-elle soudain, avec douceur. « Pouvez-vous m'accompagner auprès des législateurs dont vous parliez ? S'ils ont des documents à mon intention, j'aimerais beaucoup les emporter avec moi à Vivedune. Je pourrai ainsi les étudier avant de revenir. » Sérieuse princesse, studieuse princesse, mais surtout, princesse angoissée de ne pas être à la hauteur. Étudier tous les aspects possibles de son rôle futur avant de l'endosser la rassurerait grandement ; elle n'aurait certainement pas eu tant de mal si elle avait été la seule épouse de Castiel, mais il lui faudra apprendre à se faire sa place dans une union particulière. « Bien sûr, je ne veux pas vous retarder si vous avez d'autres affaires qui demandent votre attention. » ajoute-t-elle sur le même ton, peu désireuse d'abuser de sa patience. Elle sait qu'elle lui est déjà plus que redevable et elle compte bien un jour le remercier pour tout cela.

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