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 Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent

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Message Sujet: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Lun 10 Avr - 16:50


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Aurore Aubétoile & Lancelot l'Adroit

Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent

Lorsque la curiosité fuse de tous côtés



• Date : 6 février 1002
• Météo : Il faisait beau jusqu'à ce que le ciel ne se couvre de nuages gris
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Une fois de plus, Aurore passe devant la boutique de Lancelot, ralentissant le pas.  L'oeil alerte, l'artisan se souvient avoir remarqué plus d'une fois la jeune fille et l'invite à entrer.
• Recensement :
Code:
• [b]6 février 1002
 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t1998-le-plaisir-des-yeux-n-a-nul-besoin-d-argent]Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent[/url] - [i]Aurore Aubétoile & Lancelot l'Adroit[/i]
Une fois de plus, Aurore passe devant la boutique de Lancelot, ralentissant le pas.  L'oeil alerte, l'artisan se souvient avoir remarqué plus d'une fois la jeune fille et l'invite à entrer.

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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Lun 10 Avr - 16:56

Quand je m'étais levé, un ciel clair orné d'un soleil brillant et éclatant surplombait les hautes tours, droites ou biscornues, de ma Lorgol.  Une journée magnifique s'annonçait et j'étais comblé de bonheur à cette idée.  D'excellente humeur, je procédai à ma routine matinale, rangeant la couverture qui m'avait protégé du froid pour la nuit dans son placard et mangeant les restes de la veille pour simple déjeuner.  Une fois cela fait, ayant remis un peu d'ordre dans ma tenue, bien que mes cheveux fussent toujours en bataille, j'ouvris les volets afin d'avoir l'éclairage nécessaire pour effectuer mon travail.  J'en profitai pour contempler le paysage un instant, accoudé à la fenêtre l'air pensif : je ne me lassais jamais d'observer les rues le matin.  Un soupir et il était temps de se mettre au travail, j'avais bien du pain sur la planche avant l'ouverture de la boutique et peu de temps à accorder aux rêveries matinales.  Si mes inventions connaissaient déjà un certain succès par le passé, attirant le regard des uns sur mes drôles curiosités, mes affaires avaient augmenté depuis mon installation dans une boutique de la Ville Haute.  Je ne m'en plaignais point, mais il fallait admettre que cela augmentait ma charge de travail.  Quelle était loin l'époque où je récupérais les retailles de mon père pour fabriquer mes personnages de fer : maintenant j'avais toute une horde de gens pour m'aider dans la fabrication de chaque pièce.  Il ne me restait qu'à faire les croquis et assembler.  Ça ne pouvait être plus beau, même si travailler le feu me manquait parfois.  Il y a cette nostalgie de la vigueur du travail, la chaleur des flammes dansantes léchant timidement notre visage.  Aurais-je eu une carrure plus impressionnante si j'étais resté à la maison pour apprendre le métier plutôt que de fuir pour de nouveaux horizons en allant apprendre ma magie?

Il n'était nul temps pour peser les pour et les contre d'une décision prise il y avait fort fort longtemps, or je laissai tomber la question pour aller m'installer à l'arrière boutique, connue pour aussi être mon atelier.  La porte était libre et me permettait d'observer l'intérieur du magasin pendant que je travaillais dans la pièce.  Assis derrière la haute table de bois, je me penchai sur un croquis.  Il y avait un soucis avec les rouages internes de ma dernière création et il fallait que je règle cela rapidement : un homme fortuné était venu m'en faire la commande, un présent pour sa mère, et pour la somme que j'en avais tiré, j'espérais rendre un produit final qui en vaudrait la peine.

L'heure d'ouvrir vint plus rapidement que je ne le crus, absorbé par mon travail et c'est un client qui cogna à la porte qui me ramena à la réalité.  Ce sourire charmeur de vendeur s'étala sur mon visage et l'espace de deux trois mouvements j'entraînais le curieux dans les rayons pour l'aider à faire un choix avisé.  Et m'assurer qu'il méritait le droit d'entrer en la possession d'une de mes œuvres.  J'accompagnai le jeune homme un long moment avant que la vente ne soit conclue et que je ne puisse retourner à mes occupations.  Et c'est ainsi qu'une bonne partie de la journée s'écoula, dans son train-train quotidien.

C'est dans ce branle-bas de combats, de courses entre l'atelier et le comptoir de vente que je la remarquai.  Ce n'était pas la première fois qu'elle ralentissait devant ma vitrine.  Il m'était arrivée à plusieurs reprises de la voir exécuter le même petit manège sans jamais pousser les portes et entrer faire un tour.  Normalement, un artisan comme moi n'aurait jamais remarqué pareil détail, mais c'était aussi cela mon travail, observer.  Comme j'étais épuisé par la charge de travail, je supposai que je pouvais prendre un instant pour me reposer et faire entrer cette jeune fille.

L'idée toutefois c'était de paraître sans mauvaises intentions.  Elle ne m'apparaissait pas très âgées la petite, et je ne comptais pas non plus l'effrayer.  Par chance, je ne portais pas une grosse barbe terrifiante et mon visage avait l'air… avenant?  Oui, je crois bien.  Comment devais-je m'adresser à elle lorsque j'ouvrirais la porte?  "« Bien le bon jour, en cette journée ensoleillée, je me nomme Lancelot, chevalier mécanique et homme de coeur. » Fin"* du discours.  Non, c'était… ça manquait d'élégance et de finesse.  Il fallait retravailler l'approche.

J'ouvris la porte et passai le haut du corps à travers le cadre pour l'interpeler.  « Hey!  Mademoiselle!  Vous ne voulez pas entrer un instant?  Le ciel semble se couvrir d'un manteau de tristesse, les pleurs des seigneurs des cieux ne vont pas tarder à vous habiller d'une robe d'eau, » dis-je en remarquant le ciel qui commençait à tourner au gris.  Je me reculai de quelques pas pour ouvrir plus grand le battant et dégager ainsi le cadre pour laisser toute la place nécessaire à la jeune femme pour entrer : quoique avec une carrure pareille, elle n'en avait pas besoin pour se faufiler.

*Crédits à Mélodie pour cette introduction parfaite.
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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Lun 17 Avr - 2:01

La matinée a été éprouvante. Aurore l'a passée au dos de Sucre, puis à la caserne de Flamme, à s'entraîner et à pratiquer tout ce qu'on lui a enseigné durant le début d'année. Les cours sont plus intensifs depuis quelques jours, alors que les tensions sont parvenues à leur terme et que la guerre a éclaté, avec violence et soudaineté. Les attaques sur le front ont été fulgurantes, on lui a rapporté une nette avancée de Faërie, des victoires pour l'empire de la magie, des armées victorieuses. Des blessés et des morts. Oui, la guerre ne gronde plus, elle fait trembler Arven sur ses fondations et le temps n'est plus aux tergiversations. Aurore sait qu'elle peut être affectée à n'importe quel moment dans un vol, bien qu'elle ne soit qu'une simple cadette, bien qu'elle n'ait même pas terminé sa première année. Alors elle travaille sérieusement, mais du haut de ses dix-sept ans, à peine sortie de son cursus de l'Académie, elle peine à entrevoir la terrible réalité qui les attend, tous autant qu'ils sont. Même Sucre, encore si jeune parmi les Seigneurs des Cieux, si insouciante et si... tête en l'air. La petite Outreventoise s'est très vite attachée à la dragonne d'Améthyste, mais pour elle qui aime que les choses soient bien faites, elle se doit de composer avec ce qu'elle a, et ce qu'elle a, c'est l'imprévisible. Une chose à laquelle elle n'est certainement pas habituée.

Au cours de l'après-midi, elle délaisse enfin ses tâches et quitte la caserne pour se changer les idées. Il y a bien longtemps qu'elle n'a pas arpenté les rues de Lorgol après tout et, bien que la ville l'inquiète quelque peu, la Ville Haute reste un lieu des plus intriguant, aux boutiques vendant des objets qu'elle ne pourrait espérer voir dans son Souffleciel natal. Le ciel dégagé du matin a laissé place à un amoncèlement de nuages sombres et le froid se fait un peu plus mordant à présent que le vent se lève à son tour. Aurore resserre les pans de sa cape et continue d'avancer, dans l'idée de se rendre dans cette petite pâtisserie qu'elle a découvert il y a quelques temps déjà, aux douceurs qu'elle adore. Peut-être pourrait-elle en amener à Sucre également, elle en raffole ! Et elle a bien travaillé aujourd'hui, malgré tout, elle le mérite bien.

Un peu distraite, elle ne réalise pas immédiatement que ses pas l'ont menée jusqu'à cette boutique aux mille trésors. Ses yeux s'illuminent presque instantanément devant la vitrine qui dévoile les merveilles que son propriétaire a à offrir et elle reste un instant devant, immobile, hypnotisée par la danse régulière des automates délicats. Elle demeure de nombreuses secondes ainsi, à les contempler, quand le vent se rappelle à elle et la pousse en avant pour continuer sa route. Mais elle n'a pas fait quelques pas qu'une voix la hèle.

« Hey ! Mademoiselle ! Vous ne voulez pas entrer un instant ? Le ciel semble se couvrir d'un manteau de tristesse, les pleurs des seigneurs des cieux ne vont pas tarder à vous habiller d'une robe d'eau. »  Elle se retourne, interloquée, alors qu'elle aperçoit un jeune homme au visage plutôt doux. Ses paroles sont empruntes d'une poésie qui manque de la faire rougir et la voilà qui hésite, entre la curiosité mordante de voir de plus près les objets de sa boutique et la méfiance à l'égard de cet inconnu qui l'interpelle sans gêne. Son regard vers les cieux finit de la décider alors elle lui adresse un petit signe de tête incertain. « D'accord, je vous remercie. » Elle s'avance d'un pas prudent, comme s'il risquait de lui sauter dessus à tout moment. Mais lorsqu'elle passe devant lui, elle garde la tête haute, l'air digne, dissimulant parfaitement l'appréhension qu'elle éprouve à pénétrer dans ce lieu inconnu et fascinant. Très fascinant. À peine entrée, elle ne sait où poser son regard, immédiatement attirée par le cliquetis métallique des automates et par leurs mouvements. Malgré tout, elle n'oublie pas son savoir-vivre, alors elle se retourne vers lui.

« C'est très aimable à vous de m'accueillir quelques instants, il fait en effet très froid dehors. » Un sourire poli, un regard quelque peu scrutateur. « Êtes-vous... l'assistant de monsieur l'Adroit ? Est-il ici ? » demande-t-elle, incertaine. Il semble si jeune, il doit certainement être son apprenti, n'est-ce pas ? Et Lancelot l'Adroit, on le dit de Sombreciel, il doit de toute évidence transpirer l'indécence et la décadence par tous les pores !

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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Dim 23 Avr - 3:12

Je fus quelque peu soulagé de voir que la demoiselle acceptait mon invitation.  Autrement, cela aurait été honteux.  Puis je savais reconnaître quelqu'un intéressé par mon art, réellement intéressé.  Je ne savais pour quelle raison elle n'entrait jamais, timidité? Manque de temps? Mais j'étais persuadé qu'une fois à l'intérieur, elle saurait apprécier mes œuvres à leur juste valeur.  Elle ne passait pas devant ma boutique avec un air de convoitise égoïste que beaucoup affichait.  Elle n'était pas empli de vils desseins, cherchant à utiliser mon travail pour atteindre quelque fin personnelle dans un but tout sauf noble.  C'était ce que je pouvais lire sur son petit visage si jeune et innocent.  Quel âge avait-elle?  Je ne pouvais l'estimer, mais elle était forcément encore toute jeune.  À peine sortie de l'adolescence tout au plus.  Maintenant qu'elle avait passé le pas de ma porte, elle était une précieuse cliente et qu'elle achète ou non je me devais de la traiter avec tous les égards qui lui était dus.  Avec la pluie qui menaçait de tomber bientôt, j'étais plutôt confirmé dans l'idée que le magasin serait plutôt tranquille pour un moment et elle pourrait regarder tout ce dont elle aurait envie à son aise, contrairement à ses passages rapides devant ma vitrine.  D'autant que dans celle-ci, je n'exposais même pas les plus belles de mes créations : celles-là je les gardais pour les yeux de visiteurs, les vrais appréciateurs de mon œuvre.

Lorsqu'elle fut entrée, je restai derrière elle pour fermer délicatement la porte dans un bruit de clochette.  Récemment elle coinçait un peu et ne se fermait jamais entièrement si on ne le faisait pas soi-même.  Avec l'orage qui couvait, je préférais éviter que les flots de pluie n'inondent mon petit monde.  Les automates avaient une relation plutôt difficile avec l'eau.

« C'est un plaisir pour moi que de pouvoir offrir asile à une aussi jolie fleur et lui éviter d'être défraîchie par la surprise d'une averse torrentielle, » répondis-je à ses politesses.  Il n'y avait rien d'exceptionnel à porter secours à une dame.  Puis elle n'avait jamais osé pousser les battants du commerce elle-même et je commençais à douter qu'elle l'eusse jamais fait si je ne l'y avait pas invitée.  Pauvre petite chose, empruntée de timidité et de politesse.

La suite était toutefois pour me surprendre.  Peut-être ma tenue simple l'avait-elle induite en erreur pour croire que j'étais l'assistant de nul autre que moi-même.  Il est vrai qu'à l'inverse de beaucoup d'autres Cielsombrois, mes tenues étaient plutôt sobres.  Du moins, quand j'étais au travail.  Ce n'était point que je n'appréciais les tenues tapageuses et à la mode, mais elles étaient surtout très gênante pour accomplir un travail de mains qui pouvait se montrer plutôt salissant parfois.  Et puis, je venais d'une famille de roturier, nous ne connaissions pas le grand luxe – bien que j'espérais que l'argent que j'envoyais à ma famille leur serait utile, peut-être pour acheter de jolies tenues à mes sœurs, mais en vérité elles se débrouillaient bien d'elles-mêmes.  Finalement, avant d'être Cielsombrois, j'étais Lorgois, fier citoyan de cette ville qui m'avait vu grandir et m'élancer vers les hauts sommets de ma carrière.

« Oh, non!  Monsieur l'Adroit n'a point d'assistant et œuvre lui-même à l'assemblage des automates que vous pourrez observer sur les étagères, » commençai-je avec politesse et modestie.  Puis, je m'inclinai dans un geste élégant.  « Permettez-moi alors de me présenter, gente dame, Lancelot l'Adroit pour vous servir. »  Je me redressai et lui dédiai un sourire sincère.  Amusé aussi.  Je désignai d'un large geste l'ensemble des objets en vente, dans signe d'invitation à regarder ce que bon lui semblait.

« Je vous prie, ma maison est aussi celle des cœurs artistiques.  Vous n'entrez jamais, vous contentant d'observer à travers une si froide glace, je me suis donc octroyer la permission de vous inviter.  Contempler à votre envie, si vous avez la moindre question sur la moindre pièce, n'hésitez point à m'appeler, je serai derrière le comptoir. »

Je me retirai poliment pour retourner à mes occupations, notamment l'assemblage de petits personnages pour une boîte à musique.  L'art s'observait dans l'intimité du cœur et je ne désirais point la gêner.
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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Mar 2 Mai - 22:38

« C'est un plaisir pour moi que de pouvoir offrir asile à une aussi jolie fleur et lui éviter d'être défraîchie par la surprise d'une averse torrentielle. » Les mots sont bien tournés mais sa méfiance lui fait soupçonner quelque flatterie fallacieuse, certainement un enseignement de son maître, monsieur l'Adroit. Tiraillée entre scepticisme face au jeune homme et émerveillement face aux créations qui peuplent la boutique, Aurore reste bien silencieuse à observer les alentours, comme pour se donner le temps de décider comment il convient d'agir dans cette situation. Elle a bien trop souvent fixé la vitrine sans oser entrer, sachant pertinemment que de telles merveilles seraient hors de portée de sa bourse et qu'elle serait bien trop déçue de ne pas pouvoir en ramener une au sein de sa demeure, la prochaine fois qu'elle rentrerait à Souffleciel. Pourtant, elle est bien trop hypnotisée par la danse délicate des rouages tout autour d'elle, jusqu'à ce qu'elle se rappelle les bonne manières du moins.

« Oh, non!  Monsieur l'Adroit n'a point d'assistant et œuvre lui-même à l'assemblage des automates que vous pourrez observer sur les étagères. » Sur ses lèvres, se forme un 'oh' surpris, de même que dans ses yeux luit l'incompréhension. « Permettez-moi alors de me présenter, gente dame, Lancelot l'Adroit pour vous servir. » La révérence autant que la révélation la laissent sans voix face au jeune homme qui se redresse devant elle. Lancelot l'Adroit... c'est lui ? Mais il est si... jeune et... présentable. Il se moque certainement d'elle, n'est-ce pas ?

« Je vous prie, ma maison est aussi celle des cœurs artistiques. Vous n'entrez jamais, vous contentant d'observer à travers une si froide glace, je me suis donc octroyer la permission de vous inviter. Contemplez à votre envie, si vous avez la moindre question sur la moindre pièce, n'hésitez point à m'appeler, je serai derrière le comptoir. » Il l'a donc remarquée ? À cette simple idée, elle rougit mais fait mine de rien alors qu'elle le regarde s'éloigner, silencieuse à nouveau. Elle se sent comme une enfant prise la main dans le sac mais elle refuse de laisser l'embarras se faire maître de ses réactions, alors elle lui tourne résolument le dos pour s'approcher d'une étagère où un petit manège de chevaux tourne sur lui-même. À le contempler, elle en oublier bien vite sa déconvenue et elle se perd rapidement devant le spectacle de ces animaux finements ouvragés, aux détails parfaitement reproduits.

Le bruit régulier des outils de l'artisan se fait entendre derrière elle et Aurore met quelques instants à prendre son courage à deux mains, se décidant à aller le voir, d'un pas qui se veut assuré. Ses mains se rejoignent devant elle et elle toussote légèrement pour lui faire savoir sa présence. « Vous êtes réellement... Lancelot l'Adroit ? » demande-t-elle audacieusement, comme si elle ne parvenait toujours pas à y croire. Mais son regard se pose sur les gestes habiles et habitués, et le doute semble légèrement se dissiper. « Je vous demande pardon. C'est que... je vous imaginais plus... » Vieux. Cielsombrois. Dévergondé ? « ...Différent. » conclut-elle maladroitement. Puis, pour dissiper la gêne. « Sur quoi travaillez-vous ? »

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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Sam 6 Mai - 12:28

Bien qu'occupé et très concentré sur mon travail, je gardais un œil sur ma petite invitée.  Un réflexe de déformation personnel : peu importait ce que je faisais, j'avais toujours le regard vif, l'oreille alerte.  On ne sait jamais à quel moment une information, peut-être si futiles aux oreilles de l'un, pourtant si utile à celles de l'autre, qu'il valait mieux toujours rester aux aguets.  J'avais obtenu quelques nouvelles intéressantes pour la Cour de cette façon à plusieurs reprises.  La jeune fille étant seule, je doutais apprendre quoi que ce soit, elle n'avait personne à qui parler, mais l'habitude prenait le dessus sur la raison.  Puis, qu'elle achète ou non, c'était une cliente et il était de mon devoir de répondre à toutes ses questions et attentes à propos de la marchandise.  Mais jeune comme elle l'était, je me doutais bien qu'à moins d'être fille de famille riche, il y avait peu de risques qu'elle ait les moyens de s'offrir quoi que ce soit dans la boutique.  Néanmoins, ça ne m'empêcherait pas de la guider, de répondre à ses questions à travers sa visite.  D'autant plus que ce qui comptait le plus pour moi, ce n'était pas tant les revenus du commerce, mais son côté artistique.  À un point où certaines personnes pourraient m'offrir plus encore que la valeur indiquée sans obtenir mon consentement pour acquérir l'une de mes œuvres si je les croyais indignes d'elle.  J'avais énormément de respect pour mon travail et ça passait par m'assurer que celui-ci ne se retrouverait pas entre les mains de quelque vulgaire personne, incapable d'en apprécier la qualité et l'originalité.  Il ne s'agissait pas là de jouets pour acheter les faveurs de telle ou telle maîtresse.  Il fallait que ça ait un sens.

Je m'étais un peu égaré dans mes réflexions, mes mains agiles s'activant sur l'assemblage des rouages d'un modèle de pendule.  Celui-ci était destiné pour un couple de nouveaux époux, un cadeau de mariage.  La plupart de la structure était terminée, mais il me fallait encore travailler sur les mécanismes de la chose.  C'était plus compliqué que je ne l'avais d'abord pensé et l'une des pièces que l'on m'avait procurée n'était pas aussi petite qu'elle l'aurait dû et ses dents s'agençaient mal avec celles des autres pièces.  C'était un travail de débutant, mon œil expert dû à des années de fabrication et à mon enfance dans la forge de mon père me le confirmait rapidement.  Néanmoins je n'avais pas le temps de faire venir d'autres pièces et terminer l'automate à temps.  Il faudrait que je me débrouille moi-même.  Heureusement, je n'étais pas incapable de mes mains.  Énervé, j'avais un peu délaissé mon attention de la jeune fille et je sursautai un peu quand elle s'approcha et m'apostropha, laissant tomber une pièce au sol.  Geste maladroit que je ne devrais plus poser après tant d'années.

« Oui, il s'agit bien de ma personne mademoiselle, » répondis-je lorsqu'elle chercha à confirmer que j'étais bien le maître des lieux à nouveau, arquant un sourcil, étonné.  Était-il si surprenant que je sois l'artisan de tous ces trésors.  Mais comment m'avait-elle imaginé?  Fort et costaud?  C'était arrivé quelque fois, certaines personnes supposant que je devais être plus bâti pour manier la force, mais justement c'était le contraire : il fallait de longs doigts fins pour certains assemblages plus difficile, nécessitant une précision accrue.

Je me penchai pour récupéré la pièce tombée et me cognai la tête contre la table en me redressant.  Pas trop fort, le choc était trop doux pour laisser quelque hématome, mais assez fort pour me faire ressentir la douleur.  Je frottai mon crâne un instant, pour apaiser la douleur et adressai un pauvre sourire à la demoiselle.  « Je ne suis pas aussi maladroit normalement, » me justifiai en posant la pièce sur le bureau.

Je tendis les bras pour récupérer quelques parties qui n'étaient pas encore assemblées pour les montrer à la jeune fille : une dame et un homme dans une tenue de mariage traditionnelle d'Ansemer, une figure de vivenef plus large que les personnages qui servirait de boîtier à l'horloge que je prévoyais insérer à la place de la figure de proue ou juste en-dessous, je n'avais pas encore décidé lequel de mes croquis s'appliquerait.

« Il s'agit d'une pendule, une offrande maritale pour de jeunes épousés d'Ansemer.  Les personnages tournoieront sur le pont de cette vivenef et se croiseront à chaque heure.  Fermez les yeux et imaginez un ballet en mer.  Y arrivez-vous? »

Je la détaillai doucement.  Et me rappelai qu'elle doutait de mon identité, sortant de la transe qui m'avait habitée alors que je décrivais mon futur chef d'oeuvre.

« En quoi suis-je différent de ce que vous imaginiez? » demandai-je subitement, sans m'occuper du malaise que cela semblait causer chez la jeune fille.  J'étais sensible à l'opinion que les gens entretenaient à mon sujet.  Poser cette question avait quelque chose de dangereux, mais je ne pouvais m'en empêcher.
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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Dim 21 Mai - 23:47

Elle les voit ces créations, hors de sa portée. Elle les admire en silence, comme un rêve que l'on peut frôler du bout des doigts sans jamais l'atteindre. Les moyens de s'offrir de telles merveilles ne lui sont pas données et il lui faudrait mettre de côté de nombreux fleurons pour oser espérer en obtenir une, la voir danser dans sa demeure. Peut-être un gentilhomme pourra-t-il un jour lui en faire cadeau ? Ce serait inespéré, une belle fantaisie qu'elle imagine et qu'elle entretient, les yeux emplis d'étoiles. Aurore observe ce ballet délicat avec attention et elle aurait pu se contenter de ces sublimes créations si l'intérêt et la curiosité ne la poussaient pas vers leur créateur. Il la laisse perplexe, loin de l'image qu'elle pouvait se faire de lui et c'est très franchement qu'elle lui fait part de son doute, de son questionnement, à peine embarrassée de se montrer aussi directe avec cet homme qu'elle ne connaît pas. Humble, elle baisse un instant les yeux, se demandant s'il compte lui donner une réponse. Et celle-ci ne tarde pas alors que le tintement d'une pièce retentit sur le sol.

« Oui, il s'agit bien de ma personne mademoiselle. » Sans un mot, elle acquiesce. Très bien. Il est temps qu'elle efface toute idée qu'elle a pu avoir sur lui, bien que son origine cielsombroise l'intrigue encore et la laisse méfiante. Ils ne sont certes pas aussi sournois que des Lagrans, mais ils ne sont pas aussi honorables qu'ils devraient l'être. Son regard suit le mouvement lorsqu'il se penche pour ramasser la pièce tombée au sol, puis elle sursaute quand sa tête heurte la table. « Je ne suis pas aussi maladroit normalement. » Elle laisse échapper un rire bref, léger. « De toute évidence. A moins que l'on se soit trompé sur votre nom ? » demande-t-elle, un peu taquine, un peu hautaine peut-être. Est-il vraiment l'Adroit ? C'est à se le demander, à le voir ainsi. Mais elle garde ses remarques pour elle, au moins pour le moment. Il ne serait pas très poli de sa part de se moquer ainsi alors qu'il l'a si aimablement invitée à venir observer ses créations.

« Il s'agit d'une pendule, une offrande maritale pour de jeunes épousés d'Ansemer. Les personnages tournoieront sur le pont de cette vivenef et se croiseront à chaque heure. Fermez les yeux et imaginez un ballet en mer. Y arrivez-vous? » Interdite, elle pose les yeux sur la pendule, puis sur lui, puis à nouveau sur les figurines avant de fermer les yeux avec hésitation. Elle se remémore les vagues, la mer. Elle se remémore le paysage à l'horizon d'un bleu profond, alors qu'elle accompagnait ses parents lors d'une visite au sein de leur famille. Elle revoit les navires, puis les vivenefs, le son des vagues, l'air salé. Tout cela alors que dehors, la pluie se met à tomber, les gouttes s'écrasant contre la vitrine dans une mélodie délicate et apaisante. Elle ne rouvre les yeux que lorsque la voix de l'artisan rompt sa rêverie.

« En quoi suis-je différent de ce que vous imaginiez ? » Elle le regarde, abasourdie, prise au dépourvu. Ses joues rougissent, elle cligne quelques fois des yeux, mais elle se reprend doucement, relevant la tête comme pour ne pas perdre la face. « Eh bien... vous êtes de Sombreciel, n'est-ce pas ? » demande-t-elle, légèrement hésitante, d'un air entendu, comme si ce simple fait devait tout expliquer. Mais devant l'air perplexe du jeune homme, elle pousse un soupir. « Vous me semblez bien sérieux et posé pour quelqu'un venant de ce duché. Sans vouloir vous offenser. » ajoute-t-elle tout de même, esquissant un mince sourire. Les mots dépassent ses pensées et elle retient les autres qui menacent de sortir à leur tour. Elle a une idée bien précise de ce que font les Cielsombrois au quotidien et il lui paraît étrange que l'un d'eux s'en éloigne tant. Probablement une exception, ou alors peut-être cache-t-il son vrai visage. « Ca n'a pas d'importance. Je... Faites-vous cela depuis longtemps ? Vos créations, je veux dire. Parvenir à de tels résultats doivent demander des années de pratique. » Et il semble si jeune, ce qui l'intrigue considérablement. Pourtant, la sincérité est présente lorsqu'elle mentionne ses créations qu'elle admire sans s'en cacher une seconde.

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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Sam 27 Mai - 16:12

Lorsqu'elle m'affirma sur un ton interrogateur que j'étais bien un Cielsombrois, je hochai de haut en bas la tête pour confirmer ses propos, tandis qu'une lueur vint éclairer mes pensées.  Voilà pourquoi mon apparence l'avait surprise.  Cela m'amusa un instant.  J'avais l'impression que la petite n'avait pas très bonne opinion des gens venant de mon duché.  En vérité, moi non plus.  Des années à Lorgol m'avait guéri de quelques folies cielsombroises, mais comme j'avais quitté la maison familiale plutôt jeune, il faut admettre que je n'avais pas eu le temps non plus d'acquérir beaucoup d'habitudes reliées à Sombreciel.  Tout ça était loin derrière moi depuis belle lurette.  Je ne répondis pas à sa remarque, la laissant imaginer ce qu'elle désirait de mes compatriotes, lui laissant la surprise de découvrir que nous n'étions pas seulement qu'une bande de drogués sur un nuage rose.  Après tout, des nôtres qui avaient bien réussi dans le monde, il n'en manquait pas.  J'aurais pu lui mentionner Liselotte Passefil, reconnue à travers tout le continent pour ses doigts de fée, qui avait même confectionné des tenues jusqu'en Faërie.  Cependant, je n'étais pas homme à vanter les mérites des autres et je ne glissai mot à ce sujet : elle finirait par le découvrir d'elle-même.  C'était inévitable dans le sens où elle n'aurait pas le choix un jour de se rendre compte qu'on ne peut pas se fier aux rumeurs et aux impressions des autres pour juger tout un peuple.  Il y a de bons Cielsombrois, bien rangés qui mènent leur petit train de vie, et d'autres bons Cielsombrois un peu plus dévergondés et adeptes de substances hallucinogène.  Néanmoins, je comprenais très bien qu'elle pouvait avoir ce genre d'opinion.  C'était répandu dans la plupart des autres duchés, plus sobres.

Lorsqu'elle me questionna à propos de la longueur de mon exercice du métier, j'haussai d'abord tout simplement les épaules.  Il n'y avait pas vraiment de début à tout cela.  D'aussi loin que je me souvenais, j'étais toujours fourré dans les tabliers de mon père, à le regarder forger, construire des merveilles de fer.  Ça m'avait paru naturel de poursuivre son travail en le perfectionnant.  Puis, avoir des dons de mages, ça avait aussi ses utilités.

« La mémoire oublie, mademoiselle.  D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu un morceau de métal ou de bois à la main, alors je suppose qu'on peut dire que oui, cela fait longtemps, » répondis-je pensivement.  Une pensée furtive à mon père dépourvu de favoris qui me surveillaient du coin de l'oeil tout en travaillant la forge me fit sourire.  J'étais un enfant beaucoup plus animé que l'adulte que j'étais devenu.  Pour le reste, les cicatrices qui décoraient mes mains et mes bras parlaient pour moi.  C'est avec l'expérience que j'ai mérité le titre de l'Adroit, ce nom que j'avais pris pour protéger ma famille en rejoignant la Cour des Miracles.  C'était aussi en référence à ma protectrice, Alior, déesse à laquelle je dévouais la grande part de mes prières, encore plus qu'à Joseï Isil.  Les marques sur ma peau se font de plus en plus vieilles.

« Puis-je vous demander en retour ce qui vous plaît dans mon art? » demandai-je sérieusement.  Les âmes d'artistes avaient toujours leur place chez moi.  Mes créations suscitait toutes sortes d'émotions, des plus néfastes aux plus sublimes.  Mon intuition, et j'avais le nez fin, me disaient que l'appréciation de la petite était celle d'un cœur pur, qu'elle n'avait d'autres aspirations qu'admirer la beauté et c'était une chose que je comprenais tout à fait, moi qui me perdais si facilement dans la contemplation du beau.  « À moins que vous n'ayez d'autres questions sur ma personne? »  Je n'avais pas pu m'empêcher de la taquiner.
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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Jeu 8 Juin - 23:48

Le clapotit régulier de la pluie contre la vitre est une mélodie qui accompagne leur échange, se mêlant au cliquetis des mécanismes de tous les divers objets qui les entourent. Aurore se tient droite, encore enveloppée de sa cape où trône son insigne de cadette, mais la situation lui semble des plus étranges. Outrevent oblige, elle s'est rarement trouvée seule dans la même pièce qu'un jeune homme et bien que rien dans son comportement ne laisse suggérer la moindre attention malveillante, elle reste relativement sur ses gardes. Et puis, c'est un jeune homme cielsombrois. Quoi qu'il en dise, et malgré des erreurs de jugement sur l'apparence que pouvait arborer le détenteur de cette boutique, elle maintient fermement une impression, pas vraiment négative, mais pas tout à fait positive non plus. Elle n'hésite pourtant pas à lui poser les questions qui lui passent par la tête, avec politesse certes, mais avec une indiscrétion certaine.

« La mémoire oublie, mademoiselle. D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu un morceau de métal ou de bois à la main, alors je suppose qu'on peut dire que oui, cela fait longtemps. » La réponse est vague et la laisse sur sa faim, mais elle ne peut décemment pas insister. Ses lèvres se pincent, l'espace d'un instant, c'est pourtant le silence qui suit cette information. Le silence et un hochement de tête entendu.

« Puis-je vous demander en retour ce qui vous plaît dans mon art ? » Elle relève les yeux pour les poser sur les siens. « Ce qui... me plaît ? » « À moins que vous n'ayez d'autres questions sur ma personne? » Elle rougit, un peu vexée, mais ne cherche pas à se justifier. Elle a parfaitement le droit d'en savoir plus sur un inconnu qui l'invite à l'intérieur de sa boutique alors qu'elle est seule. Au lieu de ça, elle songe à ses créations, son regard se porte sur certaines d'entre elles et ses doigts joints se tortillent légèrement. Elle n'a pas l'âme d'une poète mais lorsqu'elle voit son art, elle a l'âme d'une enfant. « C'est... C'est vraiment joli. » répond-elle, maladroite, ne trouvant pas de terme plus approprié. Oui, c'est joli. Mais elle sent que de telles merveilles demandent un peu plus d'explication que ça. « Je les ai aimées dès l'instant où j'ai posé les yeux sur l'une d'entre elles. Il s'agissait d'un mobile je crois, qui représentait des petites étoiles. Elles étaient... brillantes, très belles. » Et elle s'interrompt, n'ayant aucun désir de partager avec un étranger les souvenirs heureux partagés en famille, avec leur père qui les entraînait au coeur de l'observatoire de Souffleciel pour leur apprendre tant de choses sur les astres. Valda lui en soit témoin, elle gardera toujours un amour profond pour le ciel étoilé et, voler au dos de Sucre lui permet de les approcher de plus près, de les frôler du bout des doigts. Elle a décidé de les rejoindre, sa soeur a choisi de les contempler à l'infini, comme leur père.

Aurore revient à l'instant présent, cherchant à garder contenance. « Il n'est plus dans votre vitrine, je suppose que vous l'avez vendu ? » demande-t-elle, par simple curiosité. En vérité, elle adorerait y jeter un oeil de plus près, mais une telle merveille a dû se vendre très rapidement, elle n'en doute pas.

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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Sam 10 Juin - 15:02

J'avais bien fait de l'inviter chez moi, c'était une âme sensible.  Peu habile avec les mots, certes, mais je ne pouvais être plus exigeant que par ce qu'il y avait à l'intérieur du cœur.  Puis, il y avait quelque chose de flatteur à l'idée qu'une personne n'arrivait pas à trouver les mots pour décrire la beauté d'un objet, surtout lorsqu'il s'agit de votre propre création.  Elle n'avait pas besoin d'en dire plus, de s'exprimer avec éloquence pour que je ne comprenne : elle était réceptive à la beauté et à l'art.  Mes yeux s'illuminèrent d'une joie tangible lorsqu'elle mentionna la première de mes œuvres qu'elle aie vue.  Je m'en souvenait parfaitement bien, de ce petit mobile.  Cielsombrois de naissance, j'avais gardé la passion des gens de mon peuple pour les astres et il m'arrivait de créer en les prenant pour inspiration.  J'avais utilisé des pierres semi-précieuses pour qu'elles luisent de tout leur éclat et brillent de mille feux, comme celles qui peuplaient le ciel au-dessus de nos têtes.  Je l'avais placé dans la vitrine expressément pour que les pierres reflètent la lumière du soleil : c'était plus joli ainsi.  Lorsqu'on est artiste, il ne faut pas seulement songer à l'apparence une fois l'ouvrage terminé, il faut l'imaginer dans la meilleure mise en scène qui lui correspondrait.  J'avais oeuvré au montage des nombreuses petites pièces qui le composait pendant des heures et des heures.  Il s'était s'agit d'un travail de longue haleine.  Enfin, un peu comme tout ce que j'entreprenais en réalité.  J'étais friand du détail, j'aimais ajouter des détails invisibles au premier coup, des surprises à mes merveilles.  Et pour tout le temps que je passais avec elle, à les façonner, je me souvenais de chacune d'entre elles.  Dans le moindre aspect, le plus fin soit-il.

En ce qui concernait ce mobile en particulier, je m'en rappelais très bien.  Une dame bien vêtue était entrée dans la boutique un jour, ses doigts parés de mille bagues, son cou enveloppé par mille colliers, il s'agissait d'une véritable bijouterie sur pattes et en voyant les pierres, forcément son regard fut attiré et elle ordonna au page qui l'accompagnait de décrocher l'objet en question pour elle.  J'étais occupé à servir un autre de mes habituels acheteurs et je n'avais donc rien vu de ce manque profond de respect, jusqu'à ce qu'elle ne vienne m'interrompre grossièrement m'indiquant qu'elle prendrait cette «chose», pour reprendre les termes de la pie-grièche.  Je m'excusai auprès de l'homme, un éphèbe bien courtois pour sa part, et me tournai vers la malapprise, conservant sang-froid et bonnes manières bien que j'étais courroucé.  Les choses tournèrent rapidement au vinaigre lorsque je refusai de mutiler mon art pour remplacer ces pierres de valeur modérée pour de gros diamants brillants et inapproprié à la délicatesse du ciel.  La péronnelle s'en alla sans acheter le mobile qu'elle avait brisé en le jetant au sol.  Et s'il n'avait été des témoins, je…  Bref.  Donc oui, il avait été repéré peu de temps après sa mise en place, mais il s'était seulement retrouvé à l'arrière boutique, en attendant que j'aie le temps de le réparer.  Et que mes sentiments blessés se remettent de l'émotion.

« Oui, je me souviens de sa disposition dans la vitrine.  Il a malencontreusement été endommagé dans un malheureux incident et depuis lors je n'ai pas eu le temps de lui redonner son éclat originel. » Il n'y avait nul besoin de lui expliquer dans quelles circonstances l'incident était arrivé : si elle avait la même sensibilité que la mienne, cela pourrait heurter ses nobles sentiments de demoiselle.

« Vous voulez le voir quand même? » proposai-je?  En vérité, il n'était pas nécessaire de poser la question, rien qu'en voyant les prunelles illuminées de la belle.  Je m'excusai un instant pour aller à l'arrière boutique, là où j'entreposais la plupart de mes pièces, ce qui demandait un plus grand travail ou attendaient quelques réparations.

Je dus le chercher un moment avant de le trouver et je le récupérai, ainsi que les pièces qui en était tombées pour l'amener à la jeune femme.  Je l'étalai devant elle, comme un joyau précieux.  « Malheureusement on ne peut plus l'accrocher et il a été peu épargné par la tornade qui l'a frappé.  Ne craignez pas de le toucher si vous le désirez, » déclarai-je, le cœur fendu de douleur en voyant un chef-d'oeuvre réduit à un si piètre état.  C'était honteux.  « Il devait bouger en fonction du mouvement des étoiles, de lui-même, » précisai-je.  Après tout, ce qui faisait la renommée de mon art, ce n'était pas seulement mon doigté, mais aussi la magie qui animait mes automates.

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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Sam 17 Juin - 14:54

C'est à la fois exaltant et intimidant de pouvoir parler de ces merveilles avec leur créateur. Ne passe-t-elle pas régulièrement les admirer sans jamais rien dire, sans jamais oser entrer ? N'est-elle pas curieuse au sujet de ces créations extraordinaires et émerveillée à chaque fois qu'elle peut en apercevoir une nouvelle ? Elle n'oubliera pourtant jamais l'objet qui a détourné son regard de son chemin et qui a éveillé l'âme rêveuse qui sommeille en elle. Celui qui l'a poussée à revenir à chaque fois qu'elle en avait l'occasion, bien que tout cela soit au-delà de ses moyens.

« Oui, je me souviens de sa disposition dans la vitrine. Il a malencontreusement été endommagé dans un malheureux incident et depuis lors je n'ai pas eu le temps de lui redonner son éclat originel. » « Oh... » Elle lève les yeux vers Lancelot, une moue un peu déçue, un peu triste peut-être, sur son visage fin. Une telle beauté, endommagée ? Qu'a-t-il bien pu se passer pour que ce soit le cas ? Aurore se sent étrangement affectée, comme s'il venait de lui apprendre qu'un ami avait eu un ennui ou était tombé malade. Une réaction un peu excessive, peut-être, mais qui représente bien ce qu'elle a ressenti en voyant l'objet qui lui rappelait tant de bons souvenirs de sa demeure et de sa famille.

« Vous voulez le voir quand même ? » Son regard s'agrandit de surprise et elle ne peut contenir une certaine excitation. « Oui, volontiers ! Si... si c'est possible bien sûr, j'en serais ravie. » Un petit sourire reste accroché à ses lèvres et elle semble s'adoucir à l'idée de voir cet objet qui a attiré son regard. Elle suit des yeux la silhouette de l'artisan qui s'éloigne quelques instants et elle patiente, observant d'un peu plus près l'horloge sur laquelle il travaillait, admirant un peu plus attentivement le mécansime qu'elle ne comprend pas et la finesse du travail accompli. Son attention est toutefois bien vite attirée par ce qu'il a entre les mains lorsqu'il revient. La joie se mêle à l'effarement quand elle aperçoit l'objet en plusieurs morceaux, et son sourire s'affaisse quelque peu. « Malheureusement on ne peut plus l'accrocher et il a été peu épargné par la tornade qui l'a frappé. Ne craignez pas de le toucher si vous le désirez. » C'est un spectacle désolant que de voir une telle merveille reléguée au rang des créations brisées. Pourtant, il reste beau ce mobile, touchant. Elle tend à peine la main pour en frôler une pièce, de peur d'empirer un peu plus son état. « Il devait bouger en fonction du mouvement des étoiles, de lui-même. » Son attention est plus qu'éveillée désormais, elle est animée et dans ses yeux brillent les mêmes étoiles que dans les cieux. « Vraiment ? C'est... c'est extraordinaire. » déclare-t-elle, songeuse.

Son regard ne quitte pas l'objet, l'imaginant se mouvoir au gré des astres et un petit sourire fleurit sur ses lèvres. « Ma soeur aurait adoré avoir un tel objet. » souffle-t-elle, presque dans un murmure, plus pour elle-même que pour Lancelot. Pourtant, elle relève les yeux. « Elle... elle étudie les astres à l'Académie. Ca l'aurait sûrement fascinée. » Plus que cela même. Et elle aussi d'ailleurs, elle est fascinée. « Comment avez-vous fait pour que son mouvement suive celui des étoiles ? Quelle magie doit-on utiliser pour que ça fonctionne ainsi ? » Elle est réellement curieuse, la jeune Aurore, et il lui tarde de pouvoir partager ce qu'elle a appris et tout ce qu'elle apprendra avec Astrée.

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Message Sujet: Re: Le plaisir des yeux n'a nul besoin d'argent   Dim 18 Juin - 11:52

À l'écoute du mot extraordinaire, je ne peux m'empêcher de bomber un peu le torse avec fierté.  J'étais assez fier moi-même de cette création après tout.  Des heures de travail.  Vraiment, je devais maudire cette femme impudente qui avait osé réduire autant de beauté en miettes.  Il allait sans dire qu'elle n'était pas la bienvenue chez moi et qu'elle était interdite de visite dans ma boutique.  Bien que je doute mes paroles et actes de la dernière fois lui aient donné envie de revenir.  Une autre âme insensible à la splendeur des choses simples mais bien réalisées.  Mes œuvres n'étaient pas que des objets sans âme propre, bon à être exposés dans un salon pour épater la galerie en disant leur disant sur un ton condescendant : « Oui, ceci est un vrai automate acheté à Lancelot l'Adroit. »  Ce genre de personnes n'étaient point les bienvenues chez moi et il était rare que je leur vende quoi que ce soit.  Oui, on m'avait placé là pour des raisons d'espionnage, dont notamment me mettre en contact avec de riches clients.  Mon métier d'artisan était une couverture pour mes talents d'espion, mais j'avais clairement précisé que je ne souillerais pas ma passion pour des informations.  Et on me laissait faire parce que de toute façon, la boutique rapportait bien sa part à la Cour et aussi j'arrivais toujours à entendre ce que je voulais savoir.  J'étais un atout à ne pas perdre, je le savais très bien et je ne me gênais pas pour utiliser le peu d'influence que j'avais pour mener un semblant de vie qui me plaise.  J'avais la liberté dont j'avais besoin et ma loyauté restait inconditionnelle à la Cour, ma famille.

Je ne répondis toutefois pas, la laissant observer à son aise le mobile.  Elle en touchait les pièces avec une crainte presque sacro sainte.  Il ne s'agissait pas de reliques et l'objet n'était pas si fragile que cela : avec ses petites mains délicates, elle ne risquait pas de l'abîmer.  J'allais lui faire remarquer lorsqu'elle mentionna sa sœur.  J'en apprenais quelque peu sur cette douce fleur.  Je souris.  C'était charmant de voir avec quelle tendresse elle parlait de sa sœur et avec laquelle elle songeait à ce qui lui ferait plaisir.  Elles devaient être beaucoup plus proches l'une de l'autre que je ne l'étais avec Viviane et Ygraine.  En même temps, nous avions grandi loin l'un des autres, moi à Lorgol et elles toujours à Automnal en Sombreciel.  Je m'inquiétais pour ma famille, avec les combats qui avaient lieu entre Ibélène et Faërie.  Heureusement, on pouvait compter sur le manque de force militaire des Lagrans pour que les dommages soient limités, même si pour le moment, leur entrée dans les terres cielsombroises étaient déjà bien avancées.  Peut-être devrais-je les faire venir à Lorgol?  Surtout ma mère, puisque les mages étaient plus mal vus que jamais dans l'empire où j'étais né.  C'était cette petite inconnue qui me rappelait à ma famille, étrange.

« J'ai étudié la magie de l'invocation à l'Académie.  J'utilise de petites entités pour donner vie à mes automates.  Ça ne leur permet pas d'avoir une conscience néanmoins, cela se limite seulement à la répétition éternelle du même mouvement.  Mais peut-être est-ce compliqué pour vous de comprendre tout cela? » demandai-je.  La magie de l'invocation n'était pas simple et sans l'avoir étudiée, ça pouvait vite devenir compliqué.  D'autre part, j'avais fait une spécialisation de deux années ensuite, ce qui rendait ma magie encore plus complexe que les bases.  Ce n'était pas tout mage qui pouvait travailler avec des entités comme je le faisais.

« À moins que vous ne soyez vous-même mage, c'est difficile d'assimiler ce genre de principe et d'en avoir une compréhension approfondie de son fonctionnement.  Après tout, la magie est innée, on n'apprend qu'à la canaliser, » remarquai-je sur un ton pensif.  C'était curieux que je sois le seul de la famille a avoir été bénie par Aura pour ce don.  Viviane ou Ygraine auraient été d'excellentes mages, j'en étais persuadé.

« Je ne suis pas astronome, j'ai lu quelques traités, mais cela ne fait pas de moi un spécialiste.  Ainsi peut-être n'est-ce pas tout à fait exact.  L'entité active les rouages du mobile et en contrôle le rythme.  Votre sœur y trouverait peut-être une erreur de calcul. »  Peut-être pourrais-je le réparer l'offrir à cette demoiselle?  Au moins, elle saurait le chérir à sa juste valeur.

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