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 Dispute assassine

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La Confrérie Noire
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Message Sujet: Dispute assassine   Mer 12 Avr - 16:23


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Thomas Sombrepas & Aubrée Martel

Dispute assassine

Scène de ménage entre Adeptes.



• Date : 12 avril 1002
• Météo : Nuit fraîche, sans nuages
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Les deux Adeptes rentrent à la Tour Noire après un assassinat. Aubrée est exaspérée par les manières brutales de Thomas, qu’elle juge indignes d’un Adepte de la Lame comme lui, et le gronde :geu:
• Recensement :
Code:
• [b]12 avril 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2003-dispute-assassine]Dispute assassine[/url] - [i]Thomas Sombrepas & Aubrée Martel[/i]
Les deux Adeptes rentrent à la Tour Noire après un assassinat. Aubrée est exaspérée par les manières brutales de Thomas, qu’elle juge indignes d’un Adepte de la Lame comme lui, et le gronde.

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Mer 12 Avr - 16:31

La nuit, Lorgol est bien calme. Seulement éclairée par la lueur de la lune, la ville aux Mille Tours s’est enveloppée d’un silence profond. Ce n’est pas un silence serein et reposant, comme on peut l’avoir dans les campagnes ; c’est un silence inquiétant, sombre, pesant. Les tavernes de la Ville Basse sont fermées depuis un moment déjà ; plus personne ne se risque dans ses ruelles à une heure si tardive, de peur de faire une mauvaise rencontre.

Et pourtant, à quelques rues de la Tour Noire, deux ombres marchent, l’une derrière l’autre. Thomas et Aubrée rentrent de mission. Ce soir, les deux Adeptes de la Lame ont œuvré ensemble. Le Contrat qu’ils devaient exécuter était important. Trente-deux personnes, certaines plus jeunes même qu’Aubrée, qui se sont réunies pour tenter de s’emparer du pouvoir à Lorgol et renverser l’Oracle de la Confrérie et le Fils des Ombres. Trente-deux nuisibles à éliminer, trente-deux victimes ajoutées aux compteurs des deux Lames. La mission a été un franc succès. Pas un n’a survécu. Seulement, Aubrée est furieuse.

La jeune femme marche vite. Elle ne jette même pas un regard à son compagnon pour s’assurer qu’il suit toujours le rythme qu’elle impose. S’il la perd, tant pis, il retrouvera son chemin tout seul, comme un grand. Elle lui en veut, ce soir, et il sait très bien pourquoi. C’est pour cela qu’elle ne dit rien, qu’elle laisse le silence s’installer entre eux. Et pourtant, la blondine meurt d’envie de se retourner, de lui crier ce qu’il sait déjà, quitte à réveiller tout le quartier – ce qui ne serait pas une grande idée. Finalement, elle n’y tenant plus, elle s’arrête, fait volte-face et le regarde droit dans les yeux – du moins, le plus possible compte tenu de son masque. « Tu te fiches de moi, c’est ça ? » Le ton relève plus de l’affirmation que de la question. Bien sûr qu’il se fiche d’elle. « C’est ça que tu appelles un assassinat de Lame ? Eclater la trogne des victimes à coup de poings ? » Son regard clair sonde le masque de Thomas, comme il elle pouvait voir, au travers, le visage et l’expression de son amant. Il est probablement stoïque et froid, comme d’habitude, et comme elle-même d’ordinaire. Mais il n’y a qu’à Thomas qu’elle montre l’étendue de ses émotions. Il n’y a que lui qui parvient à l’énerver, à la faire sortir de ses gonds. Mais il n’y a aussi qu’avec lui qu’elle se montre plus douce et plus tendre ; en somme, plus humaine. Et pourtant, ce n’était pas gagné dès le départ.

Au début, la jeune femme voyait en lui un rival, un ennemi qui pourrait l’empêcher de devenir, un jour, Ecoutante de la Lame si l’Ecoutant actuel venait à périr. Mais à force de passer du temps en sa compagnie, sa haine s’est peu à peu atténuée, puis transformée en passion naissante, puis de plus en plus forte – et réciproque. De collègues, ils sont devenus amants. Aubrée ne compte plus le nombre de nuits passées dans ses draps, dans ses bras, à chercher l’affection qu’elle n’a jamais eu. Sans doute est-ce la même chose de son côté. Elle ne sait pas si c’est de l’amour – elle ne sait rien de l’amour . Mais amour ou pas, il l’a énervée. Il le sait, pourtant, qu’elle déteste ses manières de brute, et sa façon de mettre fin aux jours des cibles. Il lui avait promis qu’à leur prochaine mission ensemble, il agirait comme l’Adepte de la Lame qu’il est censé être, et qu’il se servirait de son poignard plutôt que de ses poings. « On t’appelle le Boucher des Pavés, hein ? Le Torgnoleur, ça t’irait beaucoup mieux, je trouve. » Il ne mérite pas le surnom que lui donnent les ragots, contrairement à elle, l’Ecorcheuse, celle qui torture avant de mettre à mort. C’est peut-être aussi pour cela qu’elle lui en veut, à Thomas. Il a tué les cibles avant qu’elle ne puisse jouer avec. Oh, elle ne voulait pas les torturer toutes ; seulement deux ou trois, les plus importantes du groupe. Elle pensait naïvement qu’il ne ferait que les assommer ; elle s’est trompée. Et là, elle réagit comme une enfant gâtée qui n’a pas eu son jouet, elle en est bien consciente. Mais elle ne l’avouera pas. Elle préfère mettre toute la faute sur Thomas. Tout plutôt que de reconnaître ses torts à elle.

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Mer 26 Avr - 11:37


Le contrat était rempli. Ils avaient fait leur devoir. Et pourtant, il pouvait sentir la fureur de la jeune femme qui marchait avec lui. Aubrée était frustrée. Leurs méthodes ne s'accordaient pas vraiment. Elle était plutôt raffinée, surtout dans l'art de la torture de ses victimes. Elle aimait jouer avec. Lui, il était bien plus basique. Et brutal. Il exécutait ses victimes sans état d'âme, sans en concevoir un quelconque plaisir non plus. Tout juste une légère satisfaction quand la vie s'échappait de leur corps et qu'il leur brisait la nuque d'un coup bien placé. Il aimait se servir de ses points, c'était bien sa seule satisfaction dans l'exercice de son travail. Et il avait privé Aubrée de ses propres petits plaisirs. Bah... Il avait l'habitude des disputes avec la blonde jeune fille. Cela pimentait son existence. Et leur relation. Les contraires s'attiraient non ? Elle marchait à vive allure et il la suivait, alors qu'elle ne faisait plus attention à lui. Les reproches d'Aubrée lui passaient très loin au dessus de la tête en général. Il la laissait tempêter. Et puis ils trouvaient un terrain d'entente au lit.

A sa grande surprise, elle s'arrêta avant qu'ils ne soient rentrés et elle se mit à l'invectiver. Et bien voilà, ils y étaient. Elle remettait en cause ses méthodes d'assassinat, jugeant cela grossier. Rien ne trahit les émotions du jeune homme dans le regard brun qu'il posa sur elle alors qu'elle tempêtait. Il était froid de nature, peu enclin à manifester ses émotions. Aubrée était du même bois, mais moins expérimentée que son aîné dans ce domaine. Il ne se mettait jamais en colère. Il se contenta de répondre placidement :

« Ils sont morts. Seul le résultat compte. »

Elle fulminait la petite blonde. Leur association était plus qu'improbable. Leurs débuts avaient été chaotiques. Aubrée le méprisait, tout simplement. Le haïssait alors qu'il pouvait la concurrencer. Lui, il était plutôt indifférent, se contentant de la provoquer par quelques piques bien senties quand il était d'humeur taquine. Pas souvent donc. Et puis, le temps avait atténué les griefs et les a priori et les deux jeunes gens s'étaient découverts une inclination commune, laissant s'exprimer leurs sentiments dans leurs étreintes torrides. Il n'y avait bien que lors de ces moments que le jeune homme montrait un visage moins stoïque, étant capable du feu de la passion derrière son attitude froide ou indifférente. Il se plaisait dans ses bras, y trouvait une sérénité bienvenue. Quelque part, il tenait à Aubrée. N'importe quelle femme n'aurait pas pu la remplacer. Bien sûr, il n'était pas capable d'autant d'affection qu'il n'en éprouvait pour sa sœur, qu'il couvait et surprotégeait, veillant sur ses relations et coupant court quand il le jugeait utile. Mais voilà, Aubrée avait une petite place dans sa vie. Même s'il préférait mourir que de l'avouer.

« Je ne suis pas responsable des mauvaises interprétations du public concernant ma manière de faire. Je ne me suis pas baptisé tout seul. »

Il haussa une épaule, se moquant totalement des piques de la jeune femme à son encontre. Si elle pensait le blesser dans son amour propre ainsi, elle faisait fausse route. Il reprit, avec un rien de sournoiserie :

« C'est quoi le problème, l’Écorcheuse ? Ah... Je vois. Mademoiselle n'a pas pu jouer et être à la hauteur de sa réputation, alors mademoiselle fait une colère... Grandis un peu. »

Il la dépassa sans davantage faire attention à elle, certain qu'elle allait s'enflammer devant son dédain complaisant. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres. La suite allait être intéressante, sans aucun doute. Mieux valait hâter le pas pour rentrer et se retrouver en tête à tête à l'abri des regards et dépouillés de leurs artifices.

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Mer 3 Mai - 22:51

La réponse laconique de Thomas énerve d’autant plus la blondine. Ce ton, sur lequel il lui parle, comme s’il était obligé de lui répondre, contre son gré, comme si il espérait que tout se finisse vite et qu’elle le laisserait tranquille après. Bon. Il se peut qu’il se sente obligé d’y répondre. Il est sans doute le premier à savoir que s’il ignore les invectives d’Aubrée, la réaction de la jeune femme sera bien pire. Elle résiste à la tentation d’aller lui en coller une, ou de s’emporter davantage, en se mordant l’intérieur des joues. Et pourtant, qu’il méritait son courroux ! A chaque mission, à chaque contrat exécuté à deux, c’était la même chose. A croire qu’il le faisait exprès, et qu’il cherchait juste à pousser sa patience dans ses derniers retranchements. Tentant de maîtriser sa colère, elle lui répond d’une voix froide. « Ce qui compte, c’est que nous sommes des Lames, mon chou. Et des Adeptes, en plus. Comment tu as fait pour en arriver là, juste avec tes poings ? » Elle se pose réellement la question ; et ce qui semble si simple chez Thomas ne l’est pas du tout pour elle. Cette place d’Adepte de la Lame, elle lui revient de droit. Elle a appris les armes, leur maniement. Elle sait les avantages et les défauts de chacune, ainsi que la manière dont elle peut les utiliser. Elle a travaillé dur, pour cela, et de manière acharnée. C’est au mérite qu’Ulric, l’Ecoutant de la Lame, l’a nommée Adepte, et elle compte bien le remercier en se comportant comme une Adepte le doit. Et Thomas, lui, qui ne se sert qu’une fois en passant de son poignard, mais qui se retrouve à la même place qu’elle… C’est franchement injuste.
 
Et sa réponse, quant à son surnom… « Tu n’en es pas responsable, certes. Mais essaie de t’en montrer digne, au moins. De faire en sorte qu’ils ne t’appellent pas ainsi pour rien. » Lui demandait-elle de se complaire aux attentes des Lorgois ? Oui. C’était toujours mieux que de finir ses victimes au poing, après tout.
 
Aubrée a à peu près retrouvé la maîtrise d’elle-même. Avec un peu de chance, elle ne craquera pas totalement aujourd’hui, et elle arrivera à garder son masque de froideur… C’était sans compter sur la pique de Thomas, qui réduit tous les efforts d’Aubrée à néant. Elle reste immobile, comme pétrifiée. Il a compris ce qui dérange la blondine, et il n’hésite pas à lui faire savoir. Pour lui, elle n’est qu’une gamine, qu’une enfant capricieuse ; dans un sens, il a sûrement raison. Mais elle ne voulait pas qu’il le dise si vite ; elle ne veut pas qu’il prenne ainsi le dessus dans la discussion. « Moi, je dois grandir ? Alors que c’est toi qui… Hé, je te parle ! » Il vient de lui passer devant, sous le nez, sans même la regarder. Et même de dos, même dissimulé derrière son masque, Aubrée sait qu’il sourit, moqueur, en attendant simplement de voir sa réaction, qu’il sait exagérée – comme toujours. Mais Aubrée fulmine. Alors, elle se lance à sa suite, rapidement, pour le rattraper, et comprenant qu’il ne s’arrêtera pas, elle lui saisit vivement le poignet, pour l’inciter à s’arrêter et à se retourner. Elle doit être l’une des seules personnes qui le connaît et qui ne le craint pas, et qui n’a pas peur de se retrouver à terre à cause d’un uppercut en plein dans la mâchoire, comme il sait si bien le faire. De toute façon, elle sait comment se défendre ; Thomas sait tout aussi bien qu’elle que la jeune Adepte a  de nombreuses armes sur elle, facilement accessibles. « Tu m’écoutes jusqu’au bout, quand je te parle. Je ne supporte plus tes manières, monsieur le Boucher. » En colère, oui ; mais encore assez lucide pour ne pas balancer à voix haute son identité. « Tu m’avais dit que tu travaillerais correctement aujourd’hui ! Que tu ferais un vrai assassinat ! Tu n’as donc pas de parole ? » En quelques mots, Aubrée chasse le problème « enfant gâtée », ou plutôt, tente de le noyer dans ses réprimandes. Peut-être qu’il oubliera. Elle croise les doigts.   

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Lun 22 Mai - 16:21


« Le talent et le charisme ma chère. »

Il prenait un malin plaisir à l'excéder. Ce n'était pas bien difficile, il suffisait d'appuyer sur les bons leviers pour qu'elle parte au quart de tour. Il était amusant de voir cette bonde froide et arrogante piquer une crise comme une enfant gâtée. Elle manquait sensiblement de contrôle dés lors qu'il s'agissait de lui. Cela aurait eu le mérite d'être exploré plus avant, mais il n'en avait pas envie. Il préférait ne pas trop se poser de questions et ne pas mettre de mots sur la relation qui pouvait bien unir ces deux adeptes.

« Mais qu'est-ce que cela peut te faire au juste ? »

Pourquoi est-ce qu'elle lui prenait la tête comme ça ? Pourquoi est-ce qu'elle accordait tant d'importance à sa manière d'exécuter les contrats ? Qu'il soit digne ou non de son rang, qu'importait en vérité. Les victimes mourraient, point final. Et tuer à la lame était certes rapide et propre, mais ne lui apportait jamais la même satisfaction que de pouvoir détruire quelqu'un à coups de poings. Comme il avait pu le faire avec son paternel qui leur avait fait vivre un véritable cauchemar. Il avait été élevé dans la violence. Il avait besoin d'elle. Il y avait une rage derrière la froideur et l'indifférence que peu pouvaient capter. Qui ne surgissait que dans ce genre de cas. Et qui était inexplicable pour les autres. Pour Aubrée par exemple. Mais il n'était pas intime au point d'aller lui confier son passé et des pans de son âme. Ils couchaient ensemble, point final.

Agacé par sa petite scène, il botta en touche et eut la satisfaction de la voir pâlir de colère. Elle s'était brutalement immobilisée, comme frappée par ses paroles. Au moins, il avait la paix. Même si cela ne dira pas très longtemps alors qu'elle reprenait la parole, mais qu'il s'éloignait déjà. Une attitude prompte à exaspérer la jeune femme d'ailleurs. Qui tempêta, mais ne réussit à le stopper dans sa marche que quand elle osa l'agripper et le forcer à s'immobiliser. Son corps entier se raidit, mais il résista à l'instinct qui le poussait à la frapper, à lui agripper la gorge et la coller au mur, en serrant son cou délicat entre ses doigts jusqu'à ce qu'elle en perde connaissance. Il la fusilla du regard, frustré de ne pouvoir lui donner la leçon qu'elle méritait. Aubrée était moins forte que lui, mais plus sournoise. Et tout aussi dangereuse.

« Ah vraiment ? »

Sa voix s'était faite doucereuse. Il détestait qu'elle le tienne ainsi. Il détestait qu'on l'entrave de quelque manière que ce soit. Ou qu'on le force. Il en avait soupé durant son enfance et s'était promis de ne plus jamais se laisser faire par qui que ce soir ensuite.

« Si mes manières t'insupportent, je ne te retiens pas, gamine. Tu es libre d'aller voir ailleurs. »

Il ricana, mesquin et ajouta :

« Mais j'ai l'impression que tu arrives à passer l'éponge sur mes manières et ma conduite déshonorante... j'ai des qualités qui compensent ce genre de défauts... »

Allusion graveleuse à leurs parties de jambes en l'air qui leur faisait du bien à tous les deux. Elle ne pouvait pas le nier. Il l’entraîna alors à sa suite, jusqu'à l'un de leur repère, tout en ajoutant :

« Arrête de râler, on bosse bien ensemble, nous sommes efficaces. Je ne critique pas ta façon de prendre ton pied en écorchant sadiquement tes victimes, alors ne critique pas la mienne qui est bien moins tordue. »

Il retira son masque et ôta celui de la jeune femme, avant de se saisir de sa bouche, le sang échauffé par cette dispute qu'il préférait transformer en ardeur sexuelle. Si toutefois Aubrée n'avait pas décidé de lui faire payer son forfait. Rien n'était moins sûr.

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Mar 6 Juin - 19:51

Elle hausse les sourcils en l’entendant répondre. Le talent, peut-être. Mais le charisme, elle en doute. « Tu parles. Tu es aussi charismatique qu’une porte de prison. » Et c’est peu dire. Avec son tempérament froid, distant et violent, Thomas est bien loin de l’image que l’on peut se faire de quelqu’un de charismatique. Paradoxalement, il est bien possible que ce soit pour cette raison précise qu’elle a fini par atterrir dans ses draps. Enfin, là n’est pas la question.
 
Aubrée se renfrogne à la question qu’il lui retourne. Que peut-elle répondre, sans passer pour une gamine gâtée, ou une adolescente jalouse ? Parce que c’est peut-être bien comme cela qu’il la perçoit, au final. Une petite fille colérique, qui n’a pas eu la plus grosse part du gâteau, et qui boude. Après tout, il est bien plus âgé qu’elle. Plus mature aussi sans doute. Mais lui n’a pas vécu son enfance. Même si Aubrée en ignore la plus grande partie, elle se doute bien celle de Thomas n’a pas dû être toujours rose. Mais au moins, lui n’a pas grandi dans la rue et la misère, abandonné de tous, à se faire le plus petit possible pour éviter de se faire tuer au prochain carrefour, contrairement à elle. C’est en la Confrérie Noire qu’elle a trouvé sa place. Elle avait enfin une vraie famille, et elle s’est appliquée à toujours faire du mieux possible pour l’honorer. C’est pour cela qu’elle ne supporte pas son idiot d’amant. Mais elle a sa fierté personnelle, et elle ne se dévoilera jamais autant devant lui. Alors, elle répond, sans répondre. « Tu m’agaces. »
 
Visiblement, lui aussi est agacé. Et alors qu’il la dépasse, elle le sent se tendre quand elle lui agrippe le poignet pour le retenir. Elle imagine tout aussi aisément le regard noir qu’il doit être en train de lui lancer, à l’instant précis, mais elle s’en moque. Mieux, elle se réjouit d’avoir ce pouvoir sur lui, et d’être l’une des rares personnes qui ne se retrouverait pas la nuque brisée après lui avoir saisi le bras. « Vraiment. » Elle n’a pas peur de lui tenir tête, même si le ton qu’il a employé est tout sauf engageant. Et même s’il l’envoie paître, en l’appelant « gamine ». Aubrée resserre sa prise. Alors qu’elle s’apprête à répliquer  et à lui démontrer par A plus B que non, elle n’est plus une enfant, il ajoute deux phrases, qui débordent de sous-entendus moqueurs. Elle a parfaitement saisi l’allusion, et reprend son ton froid pour rétorquer. « Je ne mélange pas vie professionnelle et vie privée, moi. »
 
Il se remet en marche, la blondine toujours accrochée à son poignet, qu’elle ne se résigne pas à lâcher, pour être certaine de ne pas le perdre.  Il est plus grand et court plus vite. S’il avait envie de la semer, il y arriverait sans trop de problèmes, même si cela ne semble pas encore faire partie de son programme. Ses paroles lui arrachent un grognement. « Mes manières ne sont pas tordues. Juste un peu plus… Sanglantes, peut-être, mais… Qu’est-ce que tu fais ? » demande-t-elle en soupirant, alors qu’il s’est arrêté de marcher, et qu’il retire son masque, se dégageant sans difficulté de l’emprise d’Aubrée. Elle marmonne alors qu’il entreprend de faire de même avec le sien, mais se laisse faire. Elle ne pourra plus se cacher derrière pour tenter de dissimuler ses émotions, un exercice si difficile quand il se trouve dans les parages ! A vrai dire, elle a une petite idée de ses projets, qui se confirme vite quand il l’embrasse. Son baiser n’a rien de tendre ; il y a sans doute mis toute la colère qu’il ressent envers elle – ou le sentiment qui pourrait bien s’en rapprocher, chez lui. Aubrée hésite à lui mordre la lèvre, ou la langue, en représailles, mais abandonne son idée et se laisse faire, lui rendant même son baiser avec autant de passion. Elle trouvera autre chose pour se venger, de plus inattendu. De plus tordu.
 
Elle finit par se dégager, doucement. Sa rage s’est estompée, enfouie en elle – elle est toujours là, mais moins forte, moins présente. L’Adepte plante ses azurs dans les yeux de Thomas, sans sourire. « Je te déteste. » C’est faux, et vrai à la fois. Comment est-il possible de ressentir tant de choses contradictoires envers une même personne ? Et surtout envers Thomas ? Incapable de lui faire face sérieusement plus longtemps, elle s’éloigne de lui. « Allez, viens. On a un rapport à faire. » 

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Dim 23 Juil - 13:27


Heureusement, il en fallait beaucoup pour vexer Thomas. Les critiques se heurtaient à son indifférence. Aubrée ne semblait pas partager son point de vue concernant son hypothétique charisme et il s'en moquait. C'était sinistre une porte de prison. Synonyme de lente agonie derrière des barreaux. Ça lui plaisait bien en fait. Et il choisit de faire part de cela à la jeune fille qui bouillait de colère en face de lui.

« Merci. »

La glace et le feu. Voilà ce qu'ils étaient. Mais à entendre toutes ces critiques à son encontre, il se demandait ce qui avait poussé Aubrée à entretenir une relation avec lui. Peut-être parce qu'il était son opposé justement. Et qu'il lui apportait des choses dont elle avait besoin, sans se l'avouer. Elle était talentueuse, mais colérique. Et c'était très amusant de jouer avec ce défaut. Il savait exactement sur quelle corde sensible tirer pour qu'elle s'enflamme. Et comment entretenir cette rage ou la blesser. Jouer sur sa fierté marchait à tous les coups. Elle avait un sacré ego la petite. Elle était encore jeune, elle avait le temps d'apprendre à être davantage impassible. Il espérait pour elle qu'elle saurait apprendre cela. Ou elle finirait mal.

« Je sais. Et j'admire ton sens de la répartie. J'en reste presque muet. »

Moqueur. Sardonique. Encore. Elle ne répondait pas à ses questions et bien soit. Mais il ne manquerait pas de le souligner et de lui faire ressentir qu'il était supérieur à elle. De quoi l'embraser davantage. Mais cette petite conversation ne menait à rien alors il décida de la planter là, la dépassant et souriant derrière son masque alors qu'elle le rattrapait. Un sourire très vite disparu quand elle le saisit. Il avait de vieux réflexes, jamais totalement oubliés de son enfance. Le réflexe premier étant de lui en coller une alors qu'elle osait le toucher sans son accord. Mais il ne le fit pas. Il avait apprit un certain contrôler. Et s'il aimait la titiller verbalement, la frapper était une toute autre affaire, une ligne rouge qu'il n'avait pas encore franchi, aussi agaçante puisse-t-elle être. Peut-être avait-il des principes après tout.

« Si tu le dis. Quelle sagesse pour une gamine si jeune. »

Mais peut-être n'avait-elle pas tout à fait tort à ce sujet finalement. Ce qu'elle pouvait lui reprocher quand ils étaient au boulot n'était pas ce qu'il était. Quoique... Pour lui, c'était du pareil au même. Il agissait comme il était. Cette violence, cette absence de raffinement, c'était totalement sa personnalité et pourtant, quand il la prenait dans un lit ou contre un mur, c'était loin de lui déplaire. Elle ne le lâchait pas et il ne fit aucun geste pour se débarrasser de sa prise. Cela ne le gênait pas en fait. Il décida d'enterrer la hache de guerre en lui demandant de ne pas commenter sa façon de faire alors qu'il ne le faisait pas avec la sienne, même si utiliser le terme tordu sembla faire tiquer la jeune fille. Il ne lui laissa pas le loisir de terminer son explication, sans doute intéressante, et se saisit de ses lèvres avec avidité et brutalité après les avoir débarrassé de leurs masques. Il s'était attendu à moitié à ce que la jeune fille le repousse, mais elle n'en fit rien, montrant une ardeur semblable à la sienne. C'était cela qu'il aimait chez elle. Une vraie petite tigresse en réalité. Et il adorait faire sortir ses griffes et ses crocs. A la fin du baiser, elle le regarda droit dans les yeux en lui assurant le détester. Il se fendit d'un sourire en coin.

« Ouais, je vois ça. »

Pourtant, il fut déçu quand elle passa à autre chose. Sérieusement ? N'avait-elle pas été échauffée par ce baiser ? Ne voulait-elle pas davantage ? Thomas avait beau être du genre froid, il était un homme et avait des réactions masculines très naturelles et inconfortables.

« Il peut attendre. On a gagné le droit de s'accorder une pause ? Ou bien est-ce une subtile façon de me punir ? »

La connaissant, ce ne serait même pas étonnant en fait. Il la regardait, plissant les yeux alors que son corps entier était tendu, mais qu'il prenait sur lui pour ne rien en montrer.

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Mer 6 Sep - 21:06

Merci ? Comment ça, merci ? Les voies de la logique de Thomas paraissent impénétrables, parfois, pour la jeune femme. Réfrénant une envie subite de le plaquer au mur et de lui trancher la langue pour qu’il arrête de se moquer d’elle (ce qui de toute évidence ne fonctionnerait pas, parce qu’il la tuerait sûrement avant et qu’il continuerait de trouver un moyen de la titiller, même auprès de Sithis), elle se contente de renifler. « Ce n’était pas censé être un compliment. » Il le sait, sûrement. Elle ne le complimente pas, Aubrée. Elle ne complimente jamais personne. Ce serait mettre en avant quelqu’un d’autre, se rabaisser seule au rang d’admiratrice, au second plan… Et donner à Thomas une occasion de plus pour l’embêter avec ça. Aubrée a sa fierté, et elle compte bien la conserver encore un moment.
Mais Thomas l’agace. Et quand elle lui fait savoir, il se moque de son sens de la répartie, l’agaçant davantage. Il a parfaitement compris comment elle fonctionne, alors qu’elle peine encore à saisir certaines de ses subtilités, ce qui est d’autant plus rageant. Mais ne le cherche-t-elle pas un peu, parfois ? Elle refuse de se poser la question. Elle ne cherche rien. Elle couche avec lui, point final. Et pour s’empêcher de réfléchir davantage à ce sujet, elle rétorque, sur le même ton moqueur que lui. « Mais oui, reste muet, tais-toi, quelle bonne idée ! Ça me fera des vacances. » Ça te manquerait, oui.
 
Discrètement, Aubrée souffle pour faire taire les insinuations de sa conscience. Elle espère que Thomas n’en a rien entendu ni deviné. Mais déjà le jeune homme la dépasse, pensant peut-être mettre fin à leur discussion. Dommage pour lui, la blondine n’a pas terminé. Elle l’arrête en lui attrapant le poignet, ce qui ne semble pas lui plaire. Mais la jeune femme s’entête, et il finit même par commenter sa supposée sagesse en mettant l’accent sur son jeune âge. D’abord piquée au vif, elle se rend finalement compte que c’est plutôt flatteur pour elle, en réalité. Et c’était presque gentil, venant de sa part. « Merci du compliment. » Moqueuse, à son tour, à employer le même ton que lui quelques instants plus tôt.
 
Mais Thomas semble ne pas en tenir compte, et vouloir plutôt faire la paix, et apaiser la colère de la blondine. Et rapidement, elle se retrouve débarrassée de son masque, à embrasser son amant. Passionnément, fougueusement. Elle n’est pas contre ce baiser, elle est même plutôt satisfaite de la situation. Parce qu’elle va en profiter, et la tourner à son avantage. Et peut-être même gagner derrière, qui sait ?
 
C’est elle qui met fin à leur baiser. Et qui assure le détester. Seulement, soutenir son regard, et son sourire en coin face à cette affirmation, lui semble bien trop difficile, d’un coup. Sans son masque, sans cette protection, elle se sent mise à nu, et a l’impression que son sourire vient beaucoup trop facilement. Alors elle se détourne de lui, donnant comme prétexte que leur mission n’est pas terminée.
 
La réponse de son homologue lui arrache un sourire, à la fois moqueur et satisfait. Heureusement qu’elle est dos à lui, d’ailleurs. En comparaison avec Thomas et son expression qui semble figée dans le marbre, elle fait bien piètre figure, et hors de question de le lui prouver encore une fois. Et elle ne veut pas qu’il devine trop vite son amusement… Et la légère excitation qui commence à monter en elle. Sa proposition est tentante. Très tentante, même. Mais elle n’oublie pas, Aubrée, son objectif. Lui faire payer son affront, et ses manies d’assassin. Cependant, Thomas n’est pas dupe. S’efforçant de retrouver une expression plus neutre, s’autorisant tout de même un haussement de sourcils faussement surpris, elle se retourne vers lui. « La mission avant tout, Thomas, l’aurais-tu oublié ? La Confrérie d’abord, le reste ne vient qu’après. La pause attendra. » Elle se tait, observant le jeune homme à la faible lueur de la lune. Il a l’air impassible, à première vue. Mais ce n’est probablement qu’une façade, une image qu’il donne à voir. En réalité, il n’attend sûrement qu’une chose, qu’elle revienne vers lui et qu’ils échangent plus qu’un baiser. Les hommes, tous les mêmes.
 

Mais comme il l’a suggéré lui-même, elle veut sa vengeance. Elle ne reviendra pas vers lui. Elle veut le pousser à bout, voir jusqu’où il peut aller… Sans la certitude qu’il ne se lasse pas de son petit jeu et qu’il aille voir ailleurs. Elle le sait ; rien que parmi les Lames, il a son petit groupe d’admiratrices qui ne rêve que d’une chose : qu’Aubrée, un jour, ne revienne pas de sa mission, à cause d’un accident malheureux, et prendre sa place. Oh, la blonde s’en moque éperdument. Après tout, elle doute être la seule avec qui il partage de tels moments. Mais tout de même, tester le pouvoir qu’elle a sur lui ne peut que flatter son ego, non ? Plissant les yeux, elle ajoute avec un léger sourire. « Ou alors, donne moi une bonne raison. Une très bonne raison, même. » Qui sait. Peut-être qu’elle s’avouera vaincue cette fois. Il faut dire que les conséquences de cette défaites ne sont pas pour lui déplaire. Dans le pire des cas, elle se vengera plus tard. 

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Mar 12 Sep - 17:23


Quoi de plus aisé que de déstabiliser Aubrée en ne s'offusquant pas de ses insultes ? Difficile à dire. Alors qu'il la remerciait, il la vit ciller, se demandant si il avait bien compris ce qu'elle lui disait ou s'il se payait sa tête. Mais elle était intelligente l'aspirante. Bien sûr qu'elle savait qu'il se moquait d'elle et essayait de prendre l'ascendant sur elle en la mettant en rogne. C'était toujours amusant de la voir perdre le contrôle... Et peut-être que cela le réconfortait, alors que lui-même le perdait quand il tuait et que la frénésie le prenait, que la violence l'emportait et qu'il avait ainsi gagné son titre de Boucher... Ce qu'elle lui reprochait suffisamment comme ça. Pas assez raffiné pour elle hein ? Elle qui aimait éplucher ses victimes comme on le fait avec un fruit bien mûr. Aubrée était jeune et prometteuse. Thomas était plus âgé qu'elle, plus insaisissable. Elle apprendrait. Elle apprendrait à cerner ceux qui l'entourent. Réussir à le faire avec son collègue serait déjà une gageure et un excellent entraînement.

« Si tu insistes... »

Il était capable de ne plus lui dérocher un mot pendant des jours. Voire des semaines. Ce n'était pas un grand bavard de base, clairement. Il ne se perdait pas en discours futiles. Et puisqu'elle lui signifiait que sa présence lui était insupportable et bien... il était prêt à partir et la laisser tempêter toute seule donc. Si bien qu'il la laissa là et se mit à marcher plus vite pour la distancer. Mais Aubrée était contradictoire, et comme il s'en doutait, pas si pressée que cela de mettre fin à leur échange, ni de se séparer de lui. Elle agrippa son poignet, échappant à une réaction violente, simplement parce que c'était elle et continua, s'attirant encore un commentaire un brin sardonique de la part du Boucher. Et pourtant, elle ne s'en offusqua pas, le prenant même bien, faisant hausser un sourcil surpris sur le visage d'ordinaire inexpressif de Thomas, avant qu'un sourire ne se dessine sur ses lèvres, sans vraiment aboutir.

« Tu me piques mes répliques maintenant ? »

Sous entendu qu'elle n'avait aucune personnalité et n'était pas fichue de trouver une façon de lui rendre la monnaie de sa pièce sans pomper honteusement sur lui. Juste pour l'énerver encore. Et ne pas admettre qu'il était amusé. Il décida alors de laisser libre court à ce désir qui le tenaille depuis un moment maintenant et que cette petite joute verbale n'a fait qu'aiguiser. Et puis, c'était un bon moyen de faire taire Aubrée aussi. Autant joindre l'utile à l'agréable. Dommage qu'elle s'arrache à ce baiser un peu trop rapidement à son goût. Et en lui assénant un gros mensonge. Ah ouais, elle le détestait ? Et bien, ça la rendait rudement fougueuse au lit de le détester. Il n'allait pas s'en plaindre. Et lui, il avait envie de bien davantage... Les rapports pouvaient bien attendre, non ?

Sauf qu'Aubrée était plus disciplinée que lui à ce sujet. Moins esclave de ses sens peut-être ? Ou bien juste très très revancharde. Il optait quand même pour la seconde option la connaissant.

« Ton sens du devoir est admirable. »

Il a répondu d'un ton neutre, mais ses mâchoires se sont légèrement contractées sous le coup de la frustration et de la déception. Petite peste. Qu'est-ce qu'il attendait pour se barrer et aller trouver satisfaction ailleurs au juste ? Aucune idée.

« Parce qu'il faut que je plaide ma cause en plus ? »

Hum... Ils étaient dans une de leurs planques, en terrain couvert et connu, ils ne risquaient rien ici... Soit. Il pouvait laisser tomber et la laisser faire son fameux rapport pendant qu'il s'amuserait ailleurs. Ou il pouvait la convaincre. Il s'éloigna un peu, retirant sa chemise tout simplement, avant de commencer à défaire son pantalon, avec un sourire en coin.

« T'es certaine que les rapports sont plus intéressants et ne peuvent pas attendre, Aubrée ? »

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Sam 23 Sep - 22:12

Aubrée plisse les yeux. Il la titille, se moque d’elle, elle le sait, mais elle ne peut empêcher sa langue de s’activer et les mots de sortir. « Pourquoi pas ? Tu me piques bien mes cibles, toi. » Et elle regrette ses paroles ! Elle vient d’avouer à demi-mots que ses reproches sont ceux d’une enfant gâtée qui n’a pas pu s’amuser avec ses jouets. Mais trop tard, ce qui est dit est dit, et elle ne pourra certainement pas lui faire oublier facilement ce qu’il a entendu. Se maudissant, elle et son sens de la répartie douteux, elle se laisse entraîner vers un de leurs repères et embrasser par Thomas, qui semble en avoir assez de l’entendre parler.  Et sa technique fonctionne, au moins pour un instant, jusqu’à ce qu’elle ne s’arrache d’elle-même à ce baiser et ne s’éloigne de quelques pas, le temps de se remettre les idées en place... Et d’effacer de son visage toute trace d’émotion et d’envie.

Visiblement, Thomas est bien décidé à vouloir plus qu’un baiser. Dommage pour lui. Aubrée est bien décidée à tester ses limites et à prendre sa revanche. Le faire attendre le plus possible, faire monter la tension, et finir par céder. Ou s’enfuir en ricanant, le laissant la maudire, elle et toutes les femmes. Au choix. Elle avisera le moment venu. Elle esquisse simplement un sourire en l’entendant commenter son sens du devoir. « Je sais. »  Elle n’est pas stupide, ni aveugle, Aubrée. Et si son ton est toujours aussi monocorde que d’habitude, sa mâchoire s’est crispée. Il est frustré, le pauvre chou. « Oui. Fais-moi changer d’avis. Dis-moi pourquoi je dois te préférer à notre Mère. » Et ça l’intéresse, de savoir ce qu’il va lui dire. Seulement, au lieu de lui répondre, il s’éloigne de quelques pas.

La jeune femme plisse les yeux, se demandant ce qu’il trafique, avant de hausser les sourcils de surprise en le voyant ôter sa chemise, la laisser tomber dans un coin, et commencer à faire de même avec son pantalon. Non mais sérieusement. Il est tellement sûr de lui qu’il se déshabille devant elle sans se poser plus de questions. Il pense vraiment qu’elle va oublier instantanément tout ce qu’elle a dit à la vue de sa peau nue et de sa silhouette musclée, et qu’elle va se jeter sur lui ? Il peut rêver. Oui, elle a envie de lui, mais elle n’est pas non plus à ses pieds. Elle croise les bras et s’immobilise, un sourire narquois au coin des lèvres, et ne répond pas à sa question, lui en posant une autre à la place. « Et là, je suis censée accourir vers toi en chantant tes louanges, c’est ça ? C’est hors de question. » S’il la veut, s’il veut son corps, qu’il insiste, qu’il vienne la chercher, qu’il argumente, qu’il lui retourne le cerveau. Il ne peut pas l’avoir si facilement, juste en se déshabillant. C’est sa vengeance, c’est à elle de se faire désirer, pas l’inverse ! Elle a une vengeance à assouvir, et elle ne veut pas plier, pas maintenant, pas si vite. Alors elle ne bouge pas. Mais elle ne peut ignorer les battements de son cœur qui s’accélèrent, ni la tension qui monte, et tôt ou tard, elle va se trahir, si ce n’est pas déjà fait. Un regard fixé sur son torse, une respiration différente, une crispation dans les doigts, autant de détails qu’un observateur aguerri peut repérer, et qui peuvent lui faire comprendre que quelque chose cloche.

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Dim 8 Oct - 17:10


Une étincelle de triomphe s'alluma dans les prunelles sombres de Thomas alors qu'Aubrée répondait sans réfléchir et lui reprochait ainsi de lui voler ses cibles. L'orgueil était une faiblesse, elle aurait du le savoir. Il était aisé de s'en servir contre elle, pour la pousser à la faute et le jeune homme n'était pas le dernier à appuyer sur ce point faible pour faire enrager Aubrée. Si, de sa part, cela ne portait pas vraiment à conséquences graves, de la part d'autres, cela risquait d'être davantage problématique.

« Tu as encore du travail avant d'être pertinente. »

Sa voix grave oscillait entre amusement et moquerie, de quoi la hérisser, sans aucun doute, mais également lui apprendre à faire attention. Il était plus âgé qu'elle, plus expérimenté. Moins intrépide aussi. Ou impulsif. Sauf quand il s'agissait de tuer. Là, sa nature semblait prendre le dessus, un mélange de rage d'enfant et de fureur d'adulte... Et c'était ainsi qu'on obtenait un surnom comme le Boucher. Pas très reluisant, quand certains élevaient le fait de tuer au rang d'art, comme Aubrée. Pourtant, sa façon d'écorcher les victimes, n'était pas forcément plus délicate ou raffinée. Plus minutieuse, oui, sans aucun doute.

Cette dispute entre eux a pour résultats de finir dans une des planques. Thomas la fit raire d'un baiser, mais Aubrée ne semblait pas disposée à laisser tomber et terminer au lit, dans un ébat passionné, mettant les nerfs du jeune homme à rude épreuve, quand bien même il n'en laissait rien paraître. Il n'avait pas spécialement envie d'argumenter à cet instant. Il n'était déjà pas très bavard de base, mais alors quand il était tenaillé par le désir... C'était encore plus difficile. Il aurait pu user de force, bien sûr, il en avait davantage qu'elle, mais c'était un assassin et une sournoise en plus. C'était un coup à ce que cela finisse mal. Pour l'un des deux. Et s'il était souvent brutal, il ne l'était pas avec elle. Pour une raison inconnue. Il savait que derrière sa frêle apparence se cachait une tueuse redoutable, qui aurait pu lui en remontrer, malgré ses moqueries.

Impatient, malgré ses gestes lents et son air assuré, il commença à se déshabiller, sous le regard d'Aubrée, qui la jouait nonchalante, et pas vraiment intéressée. Finalement, ils jouaient tous les deux un rôle... Pour ne pas céder le premier à l'autre. Question de fierté encore. Et à sa réplique, il eut un léger rire grave :

« Oh non, je ne te demande pas d'ouvrir la bouche... Ou du moins pas pour parler. »

Mais soit. Aubrée faisait sa mauvaise tête. Il se rapprocha donc, tournant autour d'elle pour se retrouver dans son dos, se collant à elle pour lui faire sentir la force de son désir tout en murmurant à son oreille :

« Faut-il que je chante les tiennes ? C'est ça que tu veux ? Que je te supplie ? Que je te dise combien en cet instant, j'ai envie de toi, que tu es incroyablement désirable, que je me fait violence pour ne pas simplement prendre ce que je veux, sachant pertinemment que tu es un assassin talentueux et que j'y laisserai des plumes ? »

Plus il parlait, plus sa voix se faisait caressante. Une invitation à quelques minutes d'oubli et de plaisir. Ils rempliraient ces maudits rapports bien assez vite, ils avaient le droit de s'offrir un peu de détente.

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Message Sujet: Re: Dispute assassine   Sam 14 Oct - 22:53

Agacée, contre lui et contre elle-même, elle ne répond rien à sa pique. Elle a laissé échapper son orgueil et le fond de sa pensée. Elle n’aurait pas dû dire ça, elle l’a compris à l’instant où elle a ouvert la bouche – trop tard. Et la lueur de victoire dans les yeux de son homologue lui ont confirmé qu’elle a eu tort. Et elle s’en tire avec une petite leçon, de la part du Boucher des Pavés. Parfait. Elle l’ignore totalement, faisant comme si elle n’avait rien entendu, préférant se taire que d’admettre qu’il a gagné, même si ça revient à peu près au même finalement.

Elle se laisse entraîner jusqu’à un de leurs repères. Elle le laisse l’embrasser, avant de se détacher de lui et de s’éloigner, prétextant qu’ils ont des rapports à faire, et laissant sous-entendre que sa vengeance sera de le faire mariner un peu. Seulement, elle doit avoir tout aussi envie que lui de partager quelques instants de plaisir à deux. Mais elle ne veut pas plier. Elle voudrait qu’il craque, qu’il abandonne, et en même temps qu’il la persuade, qu’il la détourne de ses objectifs, et qu’il l’attire au point de la faire craquer à elle. Finalement, elle est incapable de déterminer dans quel cas elle gagnera réellement. Peut-être les deux. Peut-être aucun.

Thomas, lui, semble bien assuré de sa victoire, en tout cas. Il ne démord pas, et entreprend de se déshabiller, sous le regard plus ou moins désabusé d’Aubrée. Il sait qu’il va la faire plier. Et elle le sait aussi, même si elle se le nie intérieurement. Au final, la question n’est plus de savoir si elle va plier, mais quand. Elle tente de se donner une contenance, mais sa réponse et son rire font frémir la jeune Adepte, et la font sourire un peu plus qu’elle ne l’aurait voulu. Désireuse, amusée, elle fait à nouveau entendre le son de sa voix. « Alors, tout va bien. » Mais… Mais qu’est-ce qu’elle a dit ? Non, non, tout ne va pas bien ! Elle vient d’approuver ses paroles, elle vient de dire qu’elle est prête à lui donner ce qu’il veut. Ce n’est pas le cas, ce n’est pas vrai !

Pétrifiée par ses propres paroles, elle ne bouge pas quand il s’approche d’elle. Elle ne réagit que lorsque son torse vient se coller à son dos en fermant les yeux et tentant de maîtriser la régularité de sa respiration. Mais sentir son souffle dans le creux de son cou alors qu’il lui murmure des compliments et des paroles qui lui plaisent lui compliquent bien la tâche. Et ce n’est pas pour lui déplaire, après tout. Elle tourne légèrement la tête vers lui, de façon à ce que leurs lèvres ne soient séparées que de quelques centimètres, et répond sur le même ton. « Pourquoi pas ? Ce serait bien agréable à entendre, tu ne trouves pas ? » Elle reste immobile quelques secondes laissant leurs souffles se mélanger. Elle va abandonner. Elle le sent.

Et elle abandonne. Elle abandonne tous ses projets de vengeance, toute sa rancœur. Elle décroise soudainement les bras, se retourne vers lui et attire sa bouche vers la sienne. Tant pis pour ce qu’il pensera. Tant pis qu’il croie que rien ne peut lui résister, pas même elle. Tant pis pour Lida, pour Sithis, pour Ulric, pour la Confrérie. Tant pis pour sa victoire. Tant pis qu’elle le déteste, qu’elle l’aime, qu’il tue avec ses poings et elle avec ses Lames. Tout a disparu ; ne restent qu’une femme et son désir ardent qui embrasse son amant, et c’est tout ce qui compte.

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