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 Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride

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Message Sujet: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Mer 12 Avr - 21:14


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Tyr Parle-d'Or & Sitara d'Erebor

Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride



• Date : 3 avril 1002
• Météo : L'air est sec, le soleil brûle
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Sitara est bien déterminée à ne pas rester enchaînée à cette vie qui n'est pas sienne, qu'elle n'a pas choisie et dont elle n'a jamais voulue, et à obtenir sa vengeance. Pour cela, elle est déterminée à détruire la famille de son sultan et époux, et à recourir aux pouvoirs de cet étranger, ce Tyr dont bien des gens parlent dans le duché.
• Recensement :
Code:
• [b]3 avril 1002:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2004-aucune-graine-ne-peut-survivre-sur-un-sol-aride]Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride[/url] - [i]Tyr Parle-d'Or & Sitara d'Erebor[/i] Sitara est bien déterminée à ne pas rester enchaînée à cette vie qui n'est pas sienne, qu'elle n'a pas choisie et dont elle n'a jamais voulue, et à obtenir sa vengeance. Pour cela, elle est déterminée à détruire la famille de son sultan et époux, et à recourir aux pouvoirs de cet étranger, ce Tyr dont bien des gens parlent dans le duché.


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Dernière édition par Sitara d'Erebor le Mer 12 Avr - 21:14, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Mer 12 Avr - 21:14

La colère avait laissé place à la rage, dans le cœur de Sitara, alors qu'elle se retrouvait prisonnière de chaines qu'elle n'avait jamais souhaitées, de chaines qui n'auraient jamais du lui être imposées. Une froide et implacable rage, qu’elle entendait utiliser pour mener à bien ses plus sombres desseins. Quand les choses avaient-elles fini par aller aussi mal que cela ? Quand Soltana et Saraj avaient-elles tourné le dos à leur sœur, elles qui étaient unies dans leur haine pour les Séverac, ces traitres voleurs de terres ? Quand avaient-elles fini par leur pardonner, et par croire que Sitara entretenait une rancoeur absurde, dont elle aurait du se défaire, pour aller de l'avant ? Quand avaient-elles essayé de mettre fin à ces sentiments inavouables qu'elles partageaient auparavant, en complotant avec leurs parents, pour l'enfermer dans ce harem ?

Erreur, grave erreur. Elles allaient le regretter, aussi longtemps que Sitara vivrait. Elle ne laisserait pas filer une seconde, sans qu'elle ne mène à bien ce plan qu'elle avait échafaudé. C'était risqué - elle pourrait perdre la tête, pour cela. Mais qu'avait-elle d'autre à perdre, que cela ? Le désespoir donnait des ailes, ne le disait-on pas ? Elle réussirait, ou elle périrait en essayant. C'était aussi simple que ça. Peu importe les risques qu'elle avait à prendre. Peu importe les difficultés. Elle rencontrerait ce Tyr... Tyr elle-ne-savait-quoi, qui devait venir à la demande du duc. Ce duc qu'elle aimait autant qu'elle le haïssait, dont elle fuirait le harem ou dont elle porterait les enfants, l'héritier, et dont elle serait la duchesse, selon ce qu’elle pourrait faire. Peut-être attenterait-elle à sa vie à lui aussi. Mais elle ne devait pas dévier de son but actuel : les enfants de son Sultan. Les autres attendraient – lui, sa femme, les sœurs de Sitara, les Séverac qui avaient dérobé leur domaine, bien qu’Ismalia ait recouvré ses esprits et le chemin d’Erebor… Tous finiraient par rendre l’âme. Mais chaque chose en son temps.

Il se murmurait que les dons de cet homme pouvait causer la vie ou la mort des gens. Elle ne savait pas l'étendue de ses capacités, mais elle comptait bien en faire usage. Elle n'avait que peu à lui offrir, mais tout serait à lui. Elle devrait le convaincre de diaprer ces plantes avec le sang des enfants, qu’elle lui donnerait. Une surprise d’anniversaire, de la part d’une concubine dévouée à celui que les coutumes erebiennes désignaient comme son époux. Elle avait convaincu Anwar de laisser cet homme, cet étranger faë, venir jusqu’au harem, pour qu’elle lui montre les plantes qui supportaient la chaleur écrasante de leur duché, qu’il puisse choisir les plus robustes, les plus dignes réceptacles de sa magie. Sous bonne garde des sigisbées, mais elle saurait en tirer son parti, elle en était certaine. Ou elle l’espérait, du moins. L’homme était attendu sous peu, et Sitara était prête. Elle avait parlé aux enfants de la Sultane, avait charmé le petit, l'avait convaincue de faire cette surprise à sa mère, de diaprer un cactus pour elle. Le grand semblait plus sceptique, mais il avait accepté, probablement pour surveiller ce qu'il se passait. Même s'il n'avait aucune raison de douter de Sitara, c'était cette magie, dont il se méfiait.

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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Jeu 4 Mai - 23:13

Une invitation, dans le palais ducal ? C’était pour le moins étonnant. Malgré tout le temps que j’avais passé sur ces terres, à me faire accepter tant bien que mal comme l’un des leurs, il existait des sphères qui devaient toujours m’échapper. Le palais ducal en faisait partie.

Et pourtant, je me retrouve bel et bien à repousser ces quelques voiles, pour suivre le chemin que me trace les sigisbées à travers le harem. Tout est beau et somptueux, y compris les femmes qui croisent ma route... Qui, si elles ne se privent pas de me détailler avec curiosité avant de murmurer entre elles, j’évite soigneusement du regard. Je ne voudrais pas froisser mes hôtes, avant même d’avoir eu l’occasion de rencontrer celle qui avait réclamé ma présence, pour faire parler mes talents... Ceux de mage du Sang, bien entendu. J’ai un sourire amusé, à cette simple pensée qui m’effleure, et le fait bien vite disparaître de mon visage quand l’un de ces protecteurs me lance un regard de biais. Quand ils se reculent pour me laisser passer, je comprends que je suis arrivé à destination. Je serais bien incapable de retracer le chemin parcouru, s’il me prenait l’envie de faire demi-tour... Ce qui ne risque évidemment pas d’arriver, quand j’avise cette beauté sauvage qui s’approche de moi. Je la salue avec déférence, et adresse un sourire enjoué aux deux enfants qui l’accompagnent. Le plus jeune me le rend, le regard teinté d’une curiosité non feinte, quand le second semble se murer dans son silence et me darder un œil méfiant. Bien... Je sais donc à quoi m’en tenir. Ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude d’attirer parfois ce genre de regard, n’est-ce pas ? Ma peau a beau avoir pris une teinte plus foncée avec le temps, mes cheveux n’ont fait que s’éclaircir sous l’astre solaire, et mon regard ne détrompe pas moins mes origines. De la méfiance, ça arrive encore. Elle s’estompe toujours quand ils éprouvent finalement le besoin de requérir mes talents. Ils ne sont pas si nombreux, les mages du Sang, et encore moins ceux qui diaprent les plantes, à s’aventurer en plein désert...

« Concubine Kamar... Vous m’aviez demandé ? »

Je me demande s’ils ont vraiment des jardins, dans ce palais, et à quel point ils peuvent contenir quelques merveilles... J’ai pris l’habitude de ne diaprer que des palmiers ou des cactus, qui sont les principales variétés à pousser convenablement en Erebor, mais ces terres arides regorgent de fleurs du désert. J’en ai la preuve en face de moi.

Je me penche vers le plus jeune, de qui j’ai su capter l’attention. « Et à qui ai-je l’honneur ? » Mon sourire s’étire, amusé. « Tu veux voir quelque chose d’inédit, c’est bien ça ? » Pourquoi amener les enfants, si ce n’est pas pour satisfaire leur curiosité, après tout ? Je me redresse quelque peu, levant le regard vers la femme qui les accompagne. « Je n’ai pas bien saisi votre demande... Vous vouliez simplement que je choisisse des plantes susceptibles d’être diaprée, ou vous comptiez que j’use de ma magie sur vous peut-être ? »
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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Jeu 25 Mai - 10:32

Elle devait être extrêmement prudente. Ne pas laisser la colère et la rancœur obstruer son jugement, sans quoi elle échouerait. Elle devait sembler innocente, incarner la plus grande candeur, et surtout ne rien laisser entrevoir de ses sombres desseins. Si le prince Ahsan, du fait de son bas âge, de son envie de plaire à sa mère et à tous les gens qu’il croisait, était loin de se douter de ce qu’il s’apprêtait à faire, de ce que cela impliquait, l’aîné était moins convaincu, peut-être sceptique, quoi que cela semblait excessif, considérant son propre âge. Oui, Aissa d’Erebor était sur ses gardes, méfiants, mais elle saurait le convaincre qu’elle ne manigançait rien, qu’elle cherchait juste à apaiser les humeurs de sa sultane, par un acte tout à fait adorable réalisé par son fils… nul n’avait besoin de savoir qu’elle était derrière tout cela, n’est-ce pas ? Après tout, l’anniversaire de la femme approchait, ou peut-être s’agissait-il de son anniversaire de mariage. Ou de n’importe quelle festivité absurde qu’elle jugeait bon de mettre en place, pour montrer à tout Erebor sa grandeur, sa majesté, et sa magnanimité, d’offrir de tels divertissements à son peuple.

Elle soupira, malgré elle, avant de se redresser à l’approche des sigisbées, et d’un homme. Probablement celui qu’elle attendait. Et à en croire son approche directe, bien que rythmée par le pas des sigisbées qui le surveillent, Sitara avait visiblement raison. Elle garda une distance suffisante pour ne point contrarier les hommes chargés de veiller sur le harem, et de veiller que nul homme autre que leur duc ne puisse toucher ses femmes.

« En effet, sieur. Je vous remercie d’avoir accepté de venir au sein du palais. Votre talent inestimable fait parler de vous. »

Les politesses d’usage. Elle ne le remercierait réellement que lorsqu’il aurait consenti à sa demande, pas avant. Et elle devait peser ses mots, présenter sa requête sans être trop franche, sans avouer ses réelles motivations.

« Parcourriez-vous les jardins du harem avec moi ? Les sigisbées nous suivront et assureront notre protection. »

Sa protection, à elle. Même s’il s’agissait plutôt de surveillance, que de réelle protection. Et de possessivité. Elle n’était le jouet que du sultan et de sa femme, de personne d’autre. L’homme le comprendrait-il ? Elle n’en savait rien, mais peu lui importait. Il n’y changerait rien. Sa seule manière d’échapper à la douleur constante, à la torture aussi bien physique, quoi qu’insidieuse, que psychologique, c’était de parvenir à priver la sultane de ce qu’elle chérissait le plus. Détruire sa vie, comme elle avait détruite celle de Sitara. Peut-être aurait-elle été douce, aimante, en d’autres circonstances, devant ce visage poupin qui regardait l’homme avec émerveillement, peu habitué à voir des hommes non erebiens. Etait-ce réellement le cas ? Ne voyait-il pas des nobles étrangers ? Sitara n’aurait su le dire… Et elle y était indifférente.

« Vous êtes magicien ! Vous faisez de belles fleurs ! Des cactus comme on en voit pas ! Jamais ! Vous me montrez ? » Ses yeux débordaient de curiosité et d’admiration, alors que l’aîné semblait hésiter entre la même réaction que son frère, et la colère. Elle attendit patiemment, en retrait, que l’attention revienne sur elle. Elle passait après les princes, et jamais elle ne dérogerait à ça. La punition… Elle trembla, rien qu’à y penser.

« Ce jeune enfant, le prince Ahsan, est désireux de faire un présent à sa mère, sa Grâce la Sultane d’Erebor. C’est sur lui, qu’il faudrait que vous l’utilisiez. Vous ne dérogeriez pas aux désirs d’un prince, n’est-ce pas ? » Il voudrait surement recevoir une rétribution, en échange de cela. Mais le petit prince portait suffisamment de richesse sur lui, pour que cela soit suffisant. Sitara l’y avait préparé, et l’avait sommé de préparer quatre ou cinq objets précieux, réellement précieux et pas auxquels il était sentimentalement attaché, pour cela. Et elle pourrait se séparer de ses propres effets, si ceux du prince n’étaient pas utilisables. Ou voler les autres concubines. Femmes appartenant au harem du Sultan, elles se devaient d’être belles et vêtues richement. Qu’importent l’air parfois austère, attristé, blessé… Qu’importent les blessures physiques : elles étaient dissimulées sous les riches tissus, sous les riches bijoux, sous le maquillage délicat mais omniprésent.

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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Sam 3 Juin - 22:07

Mon talent inestimable… Elle m’en dira tant. Ce n’est rien d’autres que quelques politesses et flagorneries pieuses, et je me contente d’incliner la tête avec déférence en retour. Je ne suis pas bien contrariant, encore moins quand je me retrouve cerné par les sigisbées. Eux sont encore moins sensibles à mon sourire que la demoiselle. « Avec grand plaisir. » Le grand était peut-être de trop. Je me porte à la hauteur de la concubine, et marche à ses côtés en conservant une certaine distance. Mon regard ne peut s’empêcher de s’attarder sur les jardins, et je ressemble à presque à ces deux enfants qui nous suivent, à détailler le paysage pour m’en imprégner, comme le plus jeune semble le faire de mes propres traits. A défaut de séduire une femme, on dirait que je parviens à avoir un succès certain auprès du jeune prince. Voilà qui pouvait toujours se révéler utile…

Et il suffit d’un nouveau sourire à son attention pour qu’il se sente soudainement l’envie de s’épancher. La déférence que je crois lire au fond de son regard me flatte. Je suis visiblement comme une curiosité pour lui, quelque peu exotique, qui vient trancher dans ce décor qu’il a tant l’habitude de voir. J’ai l’habitude. Mon regard bleu interpelle, et si ma peau est plus hâlée avec le temps, ma chevelure n’a fait que s’éclaircir pour me démarquer davantage encore. Ca, et la magie du Sang bien entendu… Dont l’utilisation reste anecdotique en Erebor, surtout pour diaprer des plantes. Ah ! Ils sont navrants, tous ces mages qui pensent faire une grande carrière en Lagrance et se disputent les attentions, délaissant ces terres qui leur paraissent désolées de vies, et donc de matière pour user de leur art… Ici, je suis maître dans mon domaine, et incontesté même.

« Des cactus. Des palmiers, aussi… Ou toutes autres plantes capables de percer le roc et de défier le sable. L’on dit souvent que les plus belles fleurs poussent dans les terres les plus arides. » J’ai un sourire voilé, pour la concubine, mais le sous-entendu est assez bien dissimulé pour ne pas éveiller de soupçons. Je m’en voudrais de retourner au point de départ à cause d’une parole trop audacieuse… Mais il était de mon devoir de le souligner.

Et puis, si le jeune prince est réceptif, c’est moins le cas de son aîné. Je l’aperçois plus en retrait, mais il cache mal ses hésitations. J’ai comme la certitude que je finirais par les chasser, dès les premières manifestations de ma magie.

Je l’écoute, me parler de la Sultane d’Erebor, me confier le nom du prince… Et sa demande bien spécifique. Mon sourire se fane quelque peu, alors que je sens venir l’entourloupe. Draper un cactus… Pour le prince ? Avec son sang ? Impensable. Elle insiste sur les désirs du prince, et cette fois-ci c’est moi qui me mets subitement à douter de la marche à suivre. Le traquenard se referme, lentement. Je peux refuser et repartir, mais ce serait froisser les plus proches du Sultan. Je peux accepter, et espérer que le plaisir soit bien partagé par la Sultane d’Erebor, qui est étrangement absente, à m’en remettre à cet enfant en bas-âge et la parole de la concubine. Dans les deux cas, les conséquences pourraient être dramatiques.

Je me penche vers le prince. Je veux l’entendre dire, devant les sigisbées, la concubine, et son frère aîné. « C’est réellement ce que vous désirez, jeune prince ? » Le vouvoiement revient, avec la demande plus formelle. « Ce n’est pas sans conséquences, vous savez. » Pour lui autant que pour moi. « Vous serez lié à vie à cette plante, celle de votre choix… Et elle vous apportera félicitée, un règne certainement prospère à vous ou votre famille, mais le moindre de ses états pourrait se répercuter directement sur votre santé, bon comme mauvais. J’entends par là que si on lui fait du mal, c’est comme si on vous faisait du mal directement. Vous comprenez ? Elle sera magnifique, mais fragile. Il faudra en prendre le plus grand soin. Cela vous plairait, alors ? Et plairait à votre mère, vous croyez ? »

Mon regard s’attarde ensuite vers l’aîné, guettant ce qu’il peut laisser filtrer suite à cette déclaration. Personne ne pourra dire que je ne les ai pas prévenus.
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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Dim 4 Juin - 18:41

Il semble sceptique, ou sur ses gardes. Peut-être l’en blâmer, alors que les sigisbées sont armés, vigilants et prêts à intervenir au moindre geste déplacé, quitte à malmener l’invité ? Sitara ne savait que peu de choses des relations d’Erebor avec les autres duchés, jolie poupée uniquement destinée à contenter son duc et à subir les humeurs de sa sultane, les humeurs des autres concubines. Elle doutait réellement que l’on se mêle de ce qui arriverait à un homme tel que celui en face d’elle. Elle ne voulait pas l’impliquer plus que de raison, causer sa mort, simplement, elle avait besoin de son aide pour sortir de là. Et il devait rien ne savoir des réelles desseins qui étaient siens.

« Vous ne deviez pas vous attendre à trouver cela en Erebor, quand vous y êtes venu la première fois, je suis prête à le parier. Mais les apparences sont trompeuses. » Son sous-entendu n’était pas passé inaperçu, mais elle ne pouvait pas dire davantage que cela à ce sujet – les hommes censés veiller sur sa vie, surveiller qu’elle reste intacte pour son duc, n’auraient pas toléré qu’elle raconte, même à mi-mots, les sévices que toutes les femmes du harem subissaient. Mais elle ne parlait que d’Erebor, en toute innocence, n’est-ce pas ?

Fort heureusement, Ahsan l’interrompit, ne tenant plus un instant de plus pour questionner le grand mage dont tout le monde parlait – les autres enfants allaient être jaloux de lui, tous ses frères et sœurs du harem, quand ils sauraient qu’il a rencontré le grand et puissant Tyr. Même s’il était possible qu’ils le voient de loin, nulle concubine n’oserait laisser ses enfants interrompre Sitara et les deux princes. Il était bien rare qu’eux-même se rendent au harem, mais elle avait obtenu la visite de Tyr grâce à eux, et grâce au petit prince majoritairement, alors qu’il s’était introduit de manière fortuite dans le harem. Elle avait argué que l’image du harem et d’Erebor n’en serait que plus belle, si l’on autorisait une concubine à rencontrer un homme venant de l’extérieur, et en compagnie des deux princes, quand le plus jeune d’eux avait réclamé à rencontrer Tyr en compagnie de l’une de ses mamans. Oh, comme sa duchesse avait du détester cette appellation. Comme elle exultait, la concubine, rien qu’à y penser.

Le petit garçon se redressa soudain, comprenant que l’on ne s’adressait pas à l’enfant mais au prince, et se remémorant soudainement les leçons pour bien parler qu’il avait eu d’un précepteur. « Ma maman la duchesse a tout ce qu’elle veut, mais ça sera la première fois qu’elle a un cadeau comme ça. Elle la mettra sous bonne surveillance, pour que l’on ne me fasse pas de mal, et qu’elle soit resplendissante. Je veux lui offrir quelque chose de splendide, de grandiose. Monsieur. Je… je sais ce que je fais. » Il adressa un regard à son aîné, qui vint poser son bras sur lui, bien moins amène.

« Est-ce que l’on peut déplacer la plante ? Qu’elle soit masquée aux yeux de tous ? Il faudra faire cette… surprise, ici, pour que Mère n’en sache rien. Et j’exige que vous restiez non loin, si malheur devait arriver. Pour que vous mettiez fin à l’enchantement. »

Sitara s’était tenue quelque peu en retrait, mais elle sourit doucement, retenant toute la joie victorieuse qu’elle ressentait pour qu’elle ne transparaisse pas. Ils avaient l’arrogance d’une famille régnant sur tous, pouvant décider de leur vie et leur mort : ils pensaient pouvoir préserver leur prince, s’il faisait cela. Grand mal leur en fasse, grand bien lui en fasse, à elle.

« Vous voyez comme nous sommes bien protégés, ici, rien n’arrivera au prince, soyez en certain. »

Rien venant de l’extérieur. Mais à briser continuellement les concubines, elles n’en avaient plus rien à perdre. La mort n’effrayait pas Sitara, si elle pouvait entraîner avec elle les héritiers, leur mère, leur père aussi.

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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Ven 9 Juin - 23:20

« Plus que vous ne le croyez… » J’ai un mince sourire pour cette concubine, qui me rappelle étrangement ma première conquête issue de ces terres arides. Une beauté farouche, qui avait le charme des fleurs du désert. Elle m’a fait découvrir la grandeur et la magnificence du roc et du sable, pourtant si différents des champs en fleurs de Lagrance. C’est cette différence qui m’avait tout d’abord intrigué… Mais je n’aurais pas pensé que je franchirais le pas, et encore moins finir par m’installer sur ces terres, alors qu’elle avait finalement vogué vers d’autres horizons. Le comparatif pouvait paraître déplacé, mais les sigisbées, s’ils gardaient un œil vigilant constamment sur moi, ne pouvaient pas contrôler mes pensées. Mon regard cerclé de rouge restait fixe sur cette femme du désert, qui en disait si peu, mais me mettait peut-être indirectement en garde. Oui, les apparences pouvaient être trompeuses, et elle-même n’en était pas exempte. Quels lourds secrets pouvait-elle bien dissimuler derrière ce visage doux et avenant ? Le harem, c’était encore quelque chose de différent par rapport à ce que les terres d’Erebor m’avaient réservé, et je ne pensais pas si bien dire.

Je sens l’étau se refermer, quand la proposition est clairement faite. Ce n’est pas elle, qui veut se lier à une plante du désert, mais cet enfant. Celui-là même qui paraît encore trop jeune pour prendre une décision par lui-même, et qui est déjà si précieux aux yeux de ses parents qu’une simple erreur de ma part pourrait me conduire à mon arrêt de mort. Alors, bien entendu, je me montre prudent. Je suis bien obligé de lui expliquer les risques, comme je le fais à chaque fois. Je tente d’user de mots simples pour bien me faire comprendre, et qu’il ait conscience de la portée de ses actes. Je ne veux pas que l’on me reproche de lui avoir forcé la main, ou de ne pas avoir demandé son consentement en lui exposant tous les risques.

Et il se redresse, fier petit prince. Il sait ce qu’il fait, ou il le croit. Et si je m’attends à ce que l’aîné nous fasse part de quelques réticences, c’est un soutien plutôt déterminant dont il fait preuve envers son jeune frère. Lui aussi, parle par fierté. Il n’aurait pas accepté, dans le cas contraire. Je leur souris doucement, conciliant. « Il faudra prendre vos précautions, car les plantes n’apprécient pas être déracinées, diaprées ou non, mais peuvent toujours être déplacées oui. Evitez de choisir un palmier si vous souhaitez vous simplifier la tâche, et la masquer aux yeux de tous. Je peux rester jusqu’à ce que vous lui ayez fait ce présent, si vous souhaitez revenir sur votre décision. Mais sachez qu’un retour en arrière ne se fait pas sans conséquence… Enfin, vous semblez tous les deux sûrs de vous, alors je n’aurais que deux questions à vous poser… Quand souhaitez-vous commencer, et à quelle plante voulez-vous vous lier ? Un cactus peut-être ? »

Je ne crains pas pour la vie du prince. Ou plutôt… J’espère ne pas avoir à craindre pour sa vie, car la mienne en dépend indirectement. Je n’apprécie pas de devoir rester sur les lieux après avoir accompli mon travail, mais on dirait que le choix ne risque pas de m’être laissé. Je lance un coup d’œil aux sigisbées derrière moi, et retiens une grimace. Pourvu qu’on en finisse le plus rapidement possible… Le désert me manque cruellement, étrangement !
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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Sam 1 Juil - 22:52

Plus qu’elle ne le croyait ? Faisait-il référence au duché qu’elle chérissait tant, bien qu’elle en soit venue à exécrer le sultan et celle qui s’était élevée à ses côtés ? Elle soupçonnait depuis bien longtemps Astarté d’Erebor, qui n’était qu’une gueuse de naissance et qui n’avait pour atout que ses belles formes ou encore d’être fort gironde, de n’être qu’une parvenue, une manipulatrice. Sûrement avait-elle fait avaler aux femmes du harem, sans rien en savoir, des potions provoquant l’infertilité, ou la perte des enfants qu’elles portaient. Ou peut-être même les avait-elle ensorcelées, afin qu’elles ne mettent au monde que des filles. Très probablement, même. Elle représentait comme personne ne l’aurait pu les vipères qui peuplaient Erebor : cachées, attendant leur heure, patiemment. Destructrices. Pleine de venin, de fiel.

Elle se rendit compte du silence qu’elle venait d’imposer à son invité, malgré elle – ses pensées avaient dérivé bien rapidement, vers cette femme dangereuse qui régentait leur vie à toutes. Peut-être avait-elle encouragé certaines des concubines à empoisonner ainsi certaines d’entre elles, garantissant qu’aucune autre ne leur ferait de l’ombre. Étaient-elles donc si stupides, de s’en prendre aux autres, sans penser un seul instant qu’elles n’étaient pas épargnées non plus ? Il était impossible de faire attention en permanence à ce qu’elles mangeaient ou buvaient, surtout que rien n’était préparé par elles. Et qu’elles ne pouvaient refuser de partager un verre avec le Sultan. Sultan qui ne serait pas atteint d’un breuvage empêchant la grossesse pour les femmes et pouvait le boire sans crainte.

Sitara secoua brièvement la tête, adressant un sourire d’excuse, presque doux et tout à fait feint pour cela, à son interlocuteur. « Veuillez pardonner mes égarements, mes pensées s’attardaient sur des évènements marquants de ma vie dans ce harem. Mais je suppose que les enfants ont bien retenu ce que vous leur avez dit. Je ne doute pas qu’ils seront particulièrement responsables, avec la plante que le prince Ahsan veut diaprer. Et il ne fait nul doute que le prince Aissa aiderait son cadet dans cette tâche fastidieuse. »

C’était peut-être là l’assentiment qu’il fallait à l’homme, pour commencer, alors qu’il demandait quelle plante utiliser au petit prince. Qui serait probablement aussi méprisable que sa mère, dans quelques années. Il était déjà aussi stupide qu’elle.

« Un cactus ! Un joli cactus, tout fleuri ! Avec plein d’épines, pour monter qu’il est en bonne santé ! Et assez grand, pour que personne ne puisse l’ignorer, en entrant dans les appartements de Maman la Sultane. Il sera toujours aussi joli, quand vous l’aurez… dra… dia… diapré ? »

Aissa s’interposa, regardant l’homme, le fixant des yeux, comme le défiant de ne pas les détourner.

« Choisissez en une forte. Saine. Vous devez pouvoir le déceler. Il est hors de question de prendre le moindre risque. »

Il était déconcertant, de son jeune âge, à s’exprimer ainsi, mais Sitara espérait qu’il ne viendrait pas tout gâcher. Le mage se mit donc à la tâche, la concubine observant attentivement ce qu’il faisait. Elle ne pouvait lui demander ouvertement comment on pourrait nuire à la plante – même si ce serait dans le but de prémunir quelque malheur que ce soit -, mais elle s’en faisait une petite idée. Elle était toutefois subjuguée par ses gestes précis, sans rien y comprendre, comme s’il réalisait un enchainement de pas des danseuses des dunes, avec ses seules mains. Si bien qu’elle ne constata pas tout de suite, une fois qu’il eut fini, le changement dans ses yeux et sur son visage.

« Vous sentez vous bien, sieur ? »

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Message Sujet: Re: Aucune graine ne peut survivre sur un sol aride   Ven 4 Aoû - 22:49

Je lui retourne le même sourire, à l’exactitude… Doux mais feint. Je ne pensais pas que ces quelques mots lâchés au vent du désert feraient naître une tempête de sable sous son crâne. J’imagine sans mal que les intrigues qui peuvent agiter Edenia ne sont finalement pas bien différentes, en Erebor. Les serpents ne sont-ils pas en surnombre dans le désert ? Ils ne pouvaient pas échapper à ce qui était l’apanage des seigneurs de ce monde. Enfin ! Je n’étais qu’un modeste mage, bien éloigné de toutes ces intrigues, et de leurs enjeux. Je vivais de mon art, et m’en contentais très bien la plupart du temps. Mais impossible de m’empêcher d’être curieux, et à la voir se raidir, imposer ce silence, pour finalement s’excuser… Je ne pouvais m’empêcher de la détailler longuement comme s’il m’était possible de deviner le fond de ses pensées. Il serait malavisé de l’interroger sur ces événements marquants qui auraient pu troubler son esprit, n’est-ce pas ?

J’incline donc seulement la tête, avec déférence. Je ne fais pas partie de leur vie, nullement contraint par les mêmes obligations ou les mêmes impératifs. Le harem est comme un monde à part, et jamais ne se mêle au reste d’Erebor. Je devrais m’estimer heureux de pouvoir seulement le contempler de l’intérieur, je suppose… Mais je n’ai jamais été homme à me satisfaire de peu.

« Un cactus, entendu. » Mon sourire s’étire, presque attendri devant cet enfant si enthousiaste… Et qui ne savait décidément pas ce qu’il faisait, mais soit. « Il aura de belles fleurs et bien des épines, quand il sera diapré. Il resplendira, à votre image. » Il n’a pas l’air de prendre en garde mes propos, ne retenant que l’essentiel. Un très grand cactus… Bien. Son ainé est plus catégorique, et mon sourire se fait indulgent devant ce petit homme qui s’inquiète si bien qu’il croit pouvoir m’apprendre mon métier. « Bien entendu. Un cactus grand, fort, et en bonne santé. Je vais le prendre jeune, mais pas trop, juste assez pour qu’il est de la vigueur, et pas suffisamment pour qu’il soit sujet aux maladies. » Ils veulent tous, toujours, la même chose. « J’ai l’habitude avec les cactus. » De magnifiques plantes, ces cactus. Ils percent dans les déserts les plus arides, et se satisfassent d’incroyablement peu. Ils sont sauvages, immuables… Et ils ont une grâce certaine et atypique. Ils sont à l’image des Erebiens, de cette beauté farouche qui m’a fasciné, et me fascine parfois encore. Mon regard croise celui de Sitara, et mon sourire se fait plus évocateur, avant que je ne la dépasse pour trouver un cactus qui fera l’affaire.

Je passe un temps certain à les étudier et, sûr de mon choix, commence à activer la magie du Sang autour du cactus désigné ainsi que de l’enfant. Je n’aime pas diapré pour des enfants. Ils sont instables et inconstants… Mais un cactus est certainement ce qui lui donnera le plus de force, de ténacité, et surtout d’équilibre. Cela marche dans les deux sens. La magie œuvre, sans faillir. Mes gestes sont aussi précis qu’un joueur de harpe sur son instrument invisible… Le temps s’écoule, s’étire, et mon geste se fige finalement. Mes mains retombent. Un battement de cœur. J’entends les leurs, et c’est bien la première chose qui m’interpelle, de découvrir ce sixième sens qui résonne… Une mélodie de sang. Mon regard se pose sur le cactus qui me fait face, et son lien avec l’enfant aux yeux émerveillés me paraît évident. Que vient-il de se passer ? Je n’ose pas me retourner, à peine bouger. La chaleur me fait suffoquer. Ma peau est brunie au soleil, et je surprends une mèche d’un blond platine, comme si cela faisait des années que j’étais resté sous ce soleil de plomb.

Où suis-je ? Ma bouche s’ouvre, puis se referme. Ce n’est pas une question évidente à poser. Pourquoi m’est-il si difficile de me souvenir de ce qu’il s’est passé, ce qui a pu m’amener ici ? Je tourne à peine la tête, et retiens mon souffle. Je ne connais pas cet endroit, non. Pas autrement que par quelques ouvrages illustrés… Je suis en Erebor ? Quel tour a pu me jouer le Destin pour que je me retrouve à l’intérieur du harem ? Le harem !

La surprise doit se lire sur mon visage, car une voix retentit dans mon dos. Je me retourne vers la jeune femme qui vient de m’interpeller, et reste le regard interdit. Voilà une Erebienne dont le visage me dit vaguement quelque chose aussi… Pour l’avoir contemplé dans des livres, sans jamais croiser sa route non plus. Est-ce possible ? A en voir sa tenue, le doute se distille. Sitara d’Erebor serait mieux parée, n’est-ce pas ? Je dois confondre. Je ne vois aucune affaire qui pourrait me mener devant… Ah, le cactus, et cette symphonie grisante à mes oreilles. C’est son cœur, qui bat si fort ? C’est peut-être le mien.

C’est ce même sourire que j’affiche encore, sans me démonter, du moins en apparence. J’entends clairement mon rythme cardiaque s’accélérer rien qu’à risquer un coup d’œil vers des gardes, qui commencent à être un peu tendus. « Je ne me sens pas très bien, à vrai dire… » Feindre un instant de faiblesse, c’est plutôt lâche, et désagréable… Mais il me faut bien le concéder, pour m’extirper de cette situation complexe dont le manque cruel d’informations joue contre moi. « J’aurais bien besoin d’un rafraîchissement. »

Je sens l’inquiétude dans le regard des deux jeunes hommes, sans bien en comprendre la nature. Le premier se fait hésitant, quand le second est clairement agressif.

- Quelque chose s’est mal passée ?
- Non, voyons.
- Ne nous mentez pas.

Ah ! Mais je suis originaire de Lagrance, ce n’est pas pour rien. Qu’ils me donnent seulement de quoi dresser un mensonge probant pour m’enfuir au plus vite. Je les vois détailler le cactus avec circonspection. J’ai du mal à saisir pourquoi il est l’objet d’autant d’attention, moi-même étant tourné vers lui quand la mémoire m’a fait défaut. C’est ma magie qui me l’indique rapidement, à le détailler longuement. Un cactus… Diapré. Comment suis-je capable de le savoir ? C’est aussi effrayant que grisant.

- Tout s’est déroulé comme convenu, je vous l’assure. Je suis simplement épuisé de… Enfin vous savez.

C’est moi, qui ai diapré ce cactus ? C’est vraiment moi ? J’aurais envie de rire aux éclats, à songer que je puisse être finalement doté de magie… Et que je suis en plein cœur d’Erebor, à discuter avec leurs jeunes seigneurs dans le harem. Ce fait serait peut-être le moins étrange, s’il n’était pas question d’un cactus façonné par magie.

J’espère qu’ils savent bien, car pour ma part, ce n’est pas le cas. Peut-être que la peut-être Sitara d’Erebor saura m’extirper de cette situation délicate ? Je me tourne vers elle, paré de cet éternel sourire comme un masque que je porte pour contenir mon appréhension grandissante.

- Ai-je répondu à vos attentes, Duchesse ?

J’espère ne pas m’être trompé. Et si elle pouvait éventuellement me préciser quelles attentes… Je saurais l’en remercier. Il me faut à tout prix en savoir plus, et retourner à Lorgol au plus vite. Je n’ai strictement rien à faire là.
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