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 Je te trouverai peu importe où tu es

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La Cour des Miracles
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Je suis : baron de Sylvamir, voleur de la Cour des Miracles, ancien Fils des Ombres

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Message Sujet: Je te trouverai peu importe où tu es    Mer 3 Mai - 2:11


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Mélusine et Hiémain de Sylvamir

Je te trouverai peu importe où tu es

Les souvenirs de toi, jamais ne s'effaceront



• Date : 29 avril 1002
• Météo : Le temps est à l'orage, il fait sombre à Lorgol et s'il ne pleut pas encore, le vent lui gronde au travers des nuages noirs.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Hiémain, guidé par l'instinct jusqu'à Lorgol cherche à retrouver Mélusine. Par la force des choses, il parvient à la trouver et la sauve des brigands qui trainent dans la ville des Mille Tours autrefois plus accueillante.
• Recensement :
Code:
• [b]29 avril 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2107-je-te-trouverai-peu-importe-ou-tu-es#63407]Je te trouverai peu importe où tu es[/url] - [i]Mélusine et Hiémain de Sylvamir[/i]
Hiémain, guidé par l'instinct jusqu'à Lorgol cherche à retrouver Mélusine. Par la force des choses, il parvient à la trouver et la sauve des brigands qui trainent dans la ville des Mille Tours autrefois plus accueillante.


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Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

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Message Sujet: Re: Je te trouverai peu importe où tu es    Mer 3 Mai - 2:30

Cette réalité n’avait aucun sens. Définitivement aucun. Hiémain s’était douté que quelque chose clochait lorsqu’il s’était éveillé dans le lit de sa duchesse. Par tous les dieux, comment avait-il bien pu arriver là sans qu’il n’ait le moindre souvenir d’y être allé ?! Jamais il n’aurait fait une telle chose à Mélusine qui était la seule et unique femme de son cœur. Et s’il avait une loyauté indéfectible pour Astrid, ce n’était certainement pas au point de finir dans sa couche. Mais les choses n’avaient cessé d’aller de mal en pis. Hjalden l’appréciait, ce qui était en soi très étonnant et surtout… il ne percevait plus ni la présence envahissante de Stellaire ni les commentaires pertinents d’Obéron. Ils avaient tous deux simplement disparus, comme s’ils n’avaient jamais été présents dans son esprit. Et ce n’était pourtant pas faute d’avoir tenté de les appeler à plusieurs reprises.

Mais le pire, c’était sans doute l’absence de Mélusine.

Dans cette réalité, il n’était pas marié à sa marquise solaire, mais à sa sœur Solange. S’il était parvenu à rester de marbre sur tout le reste, cette nouvelle la avait failli lui décrocher la mâchoire. Ils étaient non seulement mariés mais en plus ils ne s’entendaient pas du tout et n’avaient jamais grandit ensemble. Rien ne les rapprochait. Rien n’était comme avant.

S’il avait passé quelques jours en compagnie de ces personnes qu’il connaissait et qui pourtant lui étaient totalement inconnues, il finit par quitter Svaljärd pour Lorgol. S’il n’avait rien à y faire réellement, il avait comme la certitude que c’était là qu’il devait se rendre. Visiblement, il n’était plus un voleur, n’était jamais allé à la Cour des Miracles, mais cela ne changeait rien au fait qu’il connaissait la cité. Enfin, il essayait de s’en persuader. Avec tous les événements étranges qui arrivaient, il avait comme un doute persistant. De plus, l’absence du Roi Blanc et de sa monture dans les profondeurs de son esprit était quelque chose de particulièrement étrange. Jamais Obéron et Stellaire ne l’auraient laissés comme ça. Il y avait longuement réfléchit, Hiémain, en venant à la conclusion que l’Ordre n’était sans doute pas étranger à tous ces changements. De quelle manière et avec quelle ampleur, il n’en savait encore rien, mais il fallait le découvrir. S’il avait conscience que les choses n’étaient pas normales, ce n’était sans doute pas sans raison. Et puis il ne pouvait décemment pas rester sans nouvelle de sa famille. Sa vraie famille. Mélusine et son fils Meldred. Pas une seule fois il n’avait cessé de penser à eux et l’inquiétude, malgré sa froideur apparente, tiraillait son cœur.

Plus de guerre, plus de batailles, des magies et des savoirs libérés. Tels étaient les plus gros changements de cette nouvelle réalité. Au moins, cela donnait à Hiémain un avantage pour aller jusqu’à Lorgol. Y aller par la voie terrestre, à pied ou en monture donc, aurait été définitivement trop long. Un mage des portails emprunté à Astrid avait ouvert une porte jusqu’à la cité des peuples libres, non sans informer son client de faire très attention sur place. De réputation, la ville était un coupe gorge extrêmement dangereux, et assassins et voleurs en avaient fait leur fief. De quoi mettre en confiance l’ancien Roi des Voleurs.

Il ne rodait pas depuis très longtemps en ville, mais il ne fut pas trop difficile de trouver une taverne où loger quelques jours. Hiémain eut vite fait de confirmer les dires du mage qui l’avait mit en garde. La ville Basse qu’il connaissait si bien était devenue sombre et sanglante. Les cadavres peuplaient les rues et les bourses remplies d’or n’étaient pas les seules à disparaître… Néanmoins, il avait pu récolter un certain nombre d’information et visiblement, il n’était pas le seul étranger à vivre cette réalité différemment. A ce qu’on disait, un campement c’était formé un peu à l’extérieur de la ville, du côté de l’Académie. C’est avec l’espoir d’y retrouver sa femme que Hiémain se mit en chemin vers ce lieu de réfugiés, sans savoir qu’il tomberait bien plus tôt sur sa Mélusine.

Ce sont des cris et une voix qu’il connaissait bien qui l’alertèrent. Il courut dans cette direction pour tomber sur un groupe de brigands, armes au poing, prêts à assassiner Mélusine dans le seul but de la dépouiller. Ayant eu la présence d'esprit de prendre une arme en partant de Valkyrion, il dégaina rapidement pour se placer devant sa femme et menacer en retour ceux qui osaient s’en prendre à elle. Il eut quelques échanges musclés avec les trois hommes, avant d’en blesser un, suffisamment gravement pour détourner l'attention. Profitant de la surprise, il saisit Mélusine par la main et l’entraina à sa suite dans les ruelles pour fuir le danger.

« Vite suis moi ! »

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Message Sujet: Re: Je te trouverai peu importe où tu es    Ven 19 Mai - 19:43

« Mais vous n’êtes pas mes enfants ! »

Le choc terrible sur les visages des quatre petits avait semblé si sincère… Sa colère avait été sincère, elle aussi : une rage monstrueuse, de se réveiller dans le lit de Denys, avec ledit Denys, se comportant envers elle comme si c’était la chose la plus normale qui soit, et pas un crime contre-nature. Se réveiller contre lui, sans comprendre comment elle était arrivée là – le sentir, lui, en elle, comme avant, il y a si longtemps ! Elle l’avait repoussé, violemment, s’échappant du lit qu’il a ensuite prétendu conjugal – sérieusement ! Comme si elle, Mélusine, avait pu épouser un jour ce, ce, ce démon… ! Oh, elle avait lutté, avec toutes ses forces, enveloppée dans un demi-drap violemment arraché du lit, jetant tout ce qui lui tombait sous la main au visage de Denys – bougeoir, carafe, pantoufle… Le bruit visiblement avait alerté les quatre morveux, cette engeance démoniaque qui appelait Denys papa et qui osait, elle, l’appeler Maman ! Devant leur incrédulité face à ses dénégations, elle avait glapi un « Je suis pas votre mère, je suis pas sa femme ! », dardant un index véhément vers l’homme planté là les bras ballants, visiblement stupéfait – un peu… triste, aussi… ?

Elle avait pris la fuite au pas de course, enfilant la première robe venue, emportant une bourse garnie de fleurons raflée en passant, boutant le feu aux jardins du Lierre-Réal – par Mirta, que diantre était-elle venue faire en ces lieux maudits – et volé un cheval, tentant d’oublier la blancheur sidérante de son corps dépourvu du moindre tatouage. C’est à ce moment-là que l’absence de Rhéa et de Fantasme au creux de ses pensées s’était fait cruellement ressentir – où est-il, Vespéral qui sait tellement faire tonner la fureur des étoiles ? Le Fou Noir s’est-il choisi un autre écrin ? Seule, elle est seule désormais – et perdue, et désespérée. Son premier réflexe ? Foncer vers la frontière à bride abattue, rejoindre Sylvamir, retrouver Hiémain, et Meldred. Son enfant, le vrai, le seul, son tout-petit – où est-il, qui veille sur lui si elle n’est pas là ? Mais comment passer en Ibélène malgré la guerre… ?

C’est vers Lorgol qu’elle est partie, alors, passant de portail en portail pour leurrer d’éventuels poursuivants – et elle avait fini par aboutir sans trop savoir comment dans un camp de réfugiés, confrontés comme elle à une réalité insensée. Chaque jour, le manque de Hiémain s’était fait ressentir – oh, elle s’était lavée plusieurs fois, récurée consciencieusement, pour effacer toute trace de Denys sur elle ; mais le contact de son mari lui manque terriblement. Ses caresses, ses baisers, ses sourires si rares et ô combien précieux, le son de sa voix lorsqu’il lui raconte sa journée, lorsqu’il tente de la calmer quand son caractère l’emporte, lorsqu’il lui dit qu’il l’aime dans la passion de leurs ébats. Hiémain, mais où es-tu – où est notre fils ?

C’est au pas de son cheval volé, prudemment, qu’elle est entrée dans les ruelles étroites de la Ville Basse. Les autres réfugiés lui ont dit que c’était un coupe-gorge, qu’elle y serait sûrement en danger ; mais elle veut trouver la Cour des Miracles, elle veut savoir, elle veut comprendre. Oh, elle a rapidement trouvé les Voleurs, oui – violemment jetée à bas de sa monture, certains se sont envolés avec le digne animal, et elle s’est retrouvée plaquée contre un mur, délestée des quelques fleurons qu’elle n’a pas laissés au camp. Des mains étrangères s’insinuent sous son corsage, palpent, empoignent – elle se débat, jouant des coudes, terrifiée par l’impuissance qu’elle ressent soudain entre ces trois étrangers sans scrupules. Sans la protection des Miracles, sans Vespéral, sans Fantasme et Rhéa, elle n’est… elle n’est plus rien. Un cri d’horreur et de révolte lui échappe lorsque les mains baladeuses remontent ses jupes, griffent ses cuisses, tentent de les ouvrir – elle rue, mord, hurle à pleins poumons.

Lorsque le miracle se produit, elle croit halluciner.

Voilà Hiémain dans la mêlée, surgi miraculeusement, qui découd les importuns, l’agrippe, l’entraîne – nom d’un petit jupon enrubanné, comment donc a-t-elle réussi à invoquer son époux au moment du danger ? Pas de temps pour parler, elle court, s’essouffle, cavale, trébuche, tombe, se relève, repart, tousse, mais s’obstine et continue ; et lorsqu’ils se dissimulent au sous-sol d’une tour en ruines, c’est en tremblant qu’elle se presse contre lui, attrapant entre ses mains aux ongles cassés le visage de son Kyréen tant-aimé. « Tu-tu es là, tu es venu, j’ai eu peur, j’ai appelé et t-tu es venu ! Je comprends pas Hiémain, je ne sais pas ce qui se passe – je comprends rien à ce qui nous arrive, mais tu es là, tu es venu, tu m’as trouvée ! »

C’est dans un hoquet terrorisé qu’elle fond en larmes entre ses bras, couvrant son visage de baisers fébriles, à la fois infiniment soulagée et rétrospectivement traumatisée.


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Message Sujet: Re: Je te trouverai peu importe où tu es    Jeu 15 Juin - 11:51

Les dieux soient loués, Mélusine n’avait rien. Rien sinon le souvenir d’un instant traumatisant qui aurait pu tourner à l’horreur pure. Le Destin avait été généreux de le placer sur la route de son épouse, empêchant l’agression de celle-ci. S’il avait dû la retrouver morte, blessée, bafouée, il n’aurait pas donné cher de la peau de ces hommes. Hiémain avait beau ne pas être quelqu’un de naturellement violent, la droiture de son caractère mêlée à la colère sourde et glaciale de Valkyrion aurait fait sans le moindre doute des ravages. Mais il était arrivé à temps pour empêcher le carnage, remettant à leur place ces bandits, détournant assez leur attention pour prendre la fuite, la main serrant solidement celle de son épouse. Derrière lui, Mélusine cavale tant bien que mal, manquant à plusieurs reprises de trébucher, tomber, s’écrouler. Mais il la force, Hiémain, la tirant et la soutenant jusqu’à ce qu’ils parviennent à trouver un lieu sûr dans les fondations d’une tour en ruine. Les souffles sont saccadés, l’adrénaline brûle encore dans leurs veines, mais la tension tend à s’apaiser pendant une seconde quand Mélusine saisit son visage de ses mains écorchées et tremblantes. Il est infiniment rassuré, Hiémain, de l’avoir retrouvé sa Mélusine, fée solaire à l’éclat terni par cette réalité incompréhensible. Il ne comprend pas plus, le baron kyréen, mais l’avoir près de lui fait de nouveau vibrer son cœur.

« Heureusement tu vas bien. J’avais peur de t’avoir perdu, encore une fois. Je t’ai cherché partout depuis que je… j’ai pris conscience dans cet endroit étrange. Je ne sais pas pourquoi, j’étais persuadé que je te retrouverais à Lorgol. »

Difficile de définir ledit endroit, tant le monde entier était différent et semblait marcher sur la tête. Pour l’instant cependant, cela importe peu. Serrant Mélusine contre lui, l’envie seule de la garder à ses côtés et ne jamais la lâcher titille son esprit, éclipsant toutes autres pensées sensées et claires. Leurs lèvres échangent quelques baisers, perdus entre désespoir et soulagement. Il faut une bonne minute pour qu’ils cessent ces retrouvailles, leurs deux corps étroitement serrés à l’autre. Elle pleure à chaudes larmes, sa pauvre Mélusine, mais ce qu’elle venait de vivre avait de quoi la traumatiser. Elle avait beau être sa fée solaire, si comme lui Rhéa et Fanstame l’avaient abandonnés, alors la fragilité n’en était que plus présente. Une main dans sa chevelure, caressant le crâne avec douceur, il prend le temps qu’il faut pour que les sanglots doucement se taisent et se calment.

« Viens, asseyons nous. »

Si les lieux étaient relativement plus tranquilles que l’extérieur, ils n’étaient que ruine. Il ne restait quasiment plus rien et bien heureusement, ils avaient trouvé un passage vers les sous sol, car l’étage principal offrait un merveilleux balcon tendance avec vue sur la ville. Un peu trop grand le balcon. Trouvant du regard un vieux banc, il guida son épouse pour qu’elle s’y pose tranquillement, en profitant au passage pour retirer son lourd manteau de fourrure et le poser sur les épaules de Mélusine. Ses agresseurs avaient déchiré une partie de sa robe et dérobé son manteau en tentant de la forcer. Il finit par s’asseoir à côté d’elle, lui prenant avec douceur la main.

« Depuis combien de temps es-tu ici ? » Une autre question, plus pressante et pleine d’inquiétude lui tiraille le cœur et finit par franchir ses lèvres. « Meldred est-il avec toi ? » Il l’espérait sincèrement. Son fils lui manquait… et il n’osait imaginer une réalité sans lui.

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Message Sujet: Re: Je te trouverai peu importe où tu es    Sam 17 Juin - 17:19

Elle n’a pas écouté grand-chose des paroles de son époux, la baronne toute tremblante, encore agitée de frissons de terreur. Elle s’est simplement accrochée à lui, cramponnée à ses épaules solides, blottie contre son cœur qu’elle entend battre puissamment aux côtés du sien. Des semaines à errer seule, dans le doute, solitaire dans ce campement empli d’inconnus. Quelle terrible impuissance que tout ignorer du sort de ses êtres aimés ! Chaque soir, le sommeil la fuyait, dans cet esprit trop vide et bien trop silencieux sans la présence tumultueuse de Fantasme, et celle rassurante de Rhéa. La journée l’appétit se refusait à elle, et c’est amaigrie qu’elle a continué à attendre le Destin seul savait quoi.

Hiémain, voilà celui qu’elle était destinée à retrouver. Son mari, son confident, la moitié d’elle, le parfait compagnon de sa vie ; son mari tendrement aimé, furieusement chéri, passionnément adoré. Hiémain et sa force assurée, son silence chaleureux, son âme si claire ! Son Hiémain, l’homme qui ne sera jamais qu’à elle, qui l’a choisie elle parmi toutes les autres, son époux, le pilier de sa vie. Comme elle était perdue sans lui ! Ils ne sont pas encore mariés depuis un an qu’elle dépend déjà de lui entièrement. Elle vit dans ses yeux, elle respire dans son sourire – elle n’existe vraiment entièrement que lorsqu’elle a son attention. Maari soit bénie, le voilà de retour près d’elle, et elle ne peut se résoudre à le lâcher, de crainte qu’il ne disparaisse soudainement. Elle a si peur, de le perdre encore ! Fébrile, elle le serre dans ses bras, agrippée à lui de toute l’énergie du désespoir, prête à massacrer sans pitié quiconque tenterait de le lui reprendre. Docile, elle se laisse asseoir, relevant les yeux vers lui avec gratitude lorsqu’il dépose son manteau sur ses épaules partiellement dénudées, ornées de griffures infligées par les malotrus. Sourire instantanément effacé lorsque sa question résonne dans l’air silencieux de la cave – elle s’apprêtait à lui poser exactement la même.

« Il n’est… Il n’est pas avec toi ? » Elle perçoit le sang refluer de son visage sous le choc, et la panique commence à s’infiltrer dans ses veines. « Je suis là depuis… depuis… des semaines… mais je gardais espoir, je me disais que si Meldred n’était pas avec moi, c’est qu’il était sûrement avec toi ! » Les larmes coulent de plus belle, et elle renifle piteusement, s’essuyant le visage d’un revers de sa manche déchirée. Qu’elle fait triste mine, la pétillante marquise de Sinsarelle ! Tremblante, elle se blottit contre l’épaule de Hiémain, cherchant du réconfort dans sa simple présence, refusant obstinément la possibilité que son tout-petit soit perdu entre les mailles de la tapisserie insensée du Destin. « Hiémain, j’ai peur. Je me suis retrouvée à un endroit où je n’avais rien à faire – Meldred n’était pas là, mais il y avait… il y avait ces gens qui m’appelaient d’un nom qui n’est pas le mien, et des enfants que je n’ai jamais… jamais… Je ne comprends pas ce qui m’arrive, je veux juste mon bébé – j’espérais tellement, tellement, que toi tu pouvais veiller sur lui pour moi, qu’il serait en sécurité, avec toi, où que tu sois… ! Dis-moi… où étais-tu, toi ? »

Peut-être que partager leurs expériences leur permettra d’y voir plus clair, de comprendre pourquoi le monde s’est mis à tourner à l’envers… ? Et qu'ils pourront retrouver leur fils, ô Maari, aie pitié de nous !


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