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 "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]

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Les Mages
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Message Sujet: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Jeu 4 Mai - 22:44


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Eponine & Géralt

"Tonton... emmènes-moi avec toi."

J'irai, où tu iras quand tu voudras



• Date : 3 mars de l'an 1002
• Météo : ensoleillé mais frais
• Statut du RP : privé
• Résumé : Géralt et Eponine passent une dernière journée ensemble avant le départ de l'Audacia.
• Recensement :
Code:
• [b]3 mars de l'an 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2117-tonton-emmenes-moi-avec-toi-pv-epo-geralt#63734]"Tonton... emmènes-moi avec toi."[/url] - [i]Eponine & Géralt[/i]
Géralt et Eponine passent une dernière journée ensemble avant le départ de l'Audacia.


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Message Sujet: Re: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Jeu 4 Mai - 22:53

Accoudée sur la table, j'écoute Félicie entamer son histoire de pirate, entourée d'enfants de tout âge. Nous sommes le 3 mars, cela fait deux jours que je suis à la Taverne de la Rose et deux jours que je continue de me réveiller le matin en cherchant des yeux le visage de maman. Elle me manque. Son odeur. Sa voix. Sa main qui me coiffait les cheveux tous les matins. Inlassablement. J'ouvre les yeux le matin en me demandant où je suis, encore déboussolée par notre voyage. Les dix jours passés seule au côté de tonton Géralt ont été étranges. J'étais autant heureuse de me retrouver avec lui et de partir vers l'inconnu, que malheureuse de quitter maman et de la laisser seule avec Grand-Père. J'ai supplié maman de m'accompagner. A genoux, en larmes, me cramponnant à ses jupons. Elle a refusé. Elle ne peut pas laisser oncle Gédéon. Elle n'a pas assez d'argent pour faire partir tout le monde. J'ai abandonné maman. La réalité est tellement horrible que j'évite d'y penser.
Abandonner maman.
Mon cœur s'est brisé. Je l'ai senti. Il me fait encore mal.

Félicie devient floue et je ne comprends pas de suite que les larmes me sont montées aux yeux. D'un geste je les balaye. Je ne dois pas pleurer. J'ai promis à maman d'être forte pour elle. Pour venir la chercher plus tard. Alors je ne dois pas pleurer. Maman s'est sacrifiée pour moi. Tonton Géralt a tout quitté pour m'amener ici. Tante Quittou va prendre du temps pour s'occuper de moi. Je n'ai pas le droit de craquer. Ici, au moins, je ne risque pas de me faire taper dessus.

Mon regard finit par se perdre dans la salle principale de la Taverne et s'arrête sur tonton. Tonton Géralt est là ! En même temps, mon corps bouge tout seul et je me retrouve dans ses bras.

-Tonton !

Tonton c'est la personne la plus importante dans ma vie après maman. Lui aussi il m'apprend beaucoup de choses. Il m'amène des douceurs quand il revient et il me lit des histoires le soir. Je compte les jours qui me séparent de sa prochaine visite et je le guette chaque après-midi, espérant voir sa silhouette se découper dans l'horizon. Lorsque je le vois, je crie alors à maman que tonton est là et je me précipite vers lui pour me jeter dans ses bras. Tonton il m'a emmené loin de Riven. Il a fait tout le trajet pour m'amener en sécurité auprès de tante Quittou. Ma vie ne serait pas ce qu'elle est sans tonton. Mais ma vie va perdre de sa saveur parce que tonton part. Il s'en va à bord de l'Audacia, avec les pirates. Comme ceux des histoires qu'il me racontait. Les épris de liberté, ceux qui ne s'enchaînent à aucune règle, qui se laisse guider par Rhéa, voguant là où la vivenef les emporte. Tonton va devenir pirate aussi. Il va partir loin de moi. Alors, mes bras resserrent plus encore sa taille, même s'ils n'en font pas le tour, et je respire son odeur pour m'en souvenir les jours durant lesquels il sera encore loin de moi. Cette annonce m'effraie autant qu'elle m'attriste. J'ai peur pour lui. Il sera loin de moi. Et si quelque chose lui arrive ? Si je le perds ? Maman aussi j'ai peur pour elle. Toute seule avec grand-père et oncle Gaston. Sans personne pour la protéger.
J'ai abandonné maman.
Et tonton s'en va loin. Tante Quittou n'est pas toujours là.
Je suis seule.
Félicie, Dame Freyja, Lena... elles sont toutes gentilles avec moi et prévenantes mais ce sont des inconnues. Des inconnues gentilles mais des inconnues.

Mais là je ne vais pas y penser. Tonton m'a promis de m'emmener visiter Lorgol avant qu'il ne parte. Aujourd'hui c'est un jour pour nous deux. Un jour pour oublier demain. Demain tonton partira et je le reverrai plus tard. Mais, aujourd'hui, il est tout à moi. Et je sais déjà où je veux aller.

-Tonton, je veux voir l'Académie. On peut ? S'il te plaît ? demandé-je, les yeux pétillants.

Tonton a trouvé son endroit à lui. A moi, maintenant, d'aller rencontrer le mien.

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Message Sujet: Re: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Dim 11 Juin - 3:05

Le réveil est compliqué.
Comme hier matin, tu t'attendais à ouvrir les yeux sur le plafond de ton infirmerie, à la Caserne de Riven. A voir pour la énième fois la tâche d'humidité, qui s'est étendue de plus en plus à mesure des années. C'est un tout autre plafond qui t'accueille, ce matin. Plus clair, plus solide. Tu as besoin de quelques secondes avant de replacer le fait que tu as fui avec Eponine, que vous êtes arrivés il y a bientôt 48 heures à Lorgol et qu'il s'agit du plafond de la chambre dans laquelle tu résides à la Taverne de la Rose.

A peine éveillé que tu soupires déjà fébrilement. Pour tout ceux que tu as laissés derrière. Pour tout ce qui peut dégénérer en ton absence, à Aubenacre. Pour tout ce que tu aurais peut-être dû faire, ces derniers temps et encore avant. Pour le courage qui t'a manqué par moments, mais qui te paraissait inaccessible, tant tu te sentais enfermé dans un carcan de ronces et d'épines.

Ta gorge se met à brûler et tu déglutis difficilement pour chasser les émotions qui menacent de te submerger. Un rire jaune t'échappe soudain, dérisoire, pour t'aider à contenir ces sentiments, à les maintenir sous contrôle, à te duper toi-même. Tu expires bruyamment plusieurs fois et y parviens au bout de quelques minutes d'une lutte sans relâche, à te répéter tes serments en boucle.
Tu t'es promis d'aller délivrer Désirée et Gédéon dès que tu aurais assez d'argent, dès que l'occasion se présentera. Tu t'es juré de faire tout ton possible pour veiller sur ta nièce, même de loin. Tu t'es fait le serment qu'à la première occasion, tu réunirais ta vraie famille, ton noyau.
Par Levor, tu comptes bien tenir parole.

Tu finis par te lever et aller te préparer avant de descendre dans la salle. Tu files vers le comptoir pour commander de quoi manger. Alors que tu énonces tes choix à l'un des employés, tu repères Eponine dans un coin de la salle, avec Félicie et les autres enfants ; tu rajoutes donc un jus et une douceur pour elle. Tu ne sais pas exactement l'heure qu'il est, mais la luminosité dehors ne semblait pas suffisamment puissante pour que le jour approche du zénith.

Tu es sorti de tes pensées par une boule d'énergie qui s'exclame : « Tonton ! ». Un grand sourire se dessine instantanément sur tes lèvres et tes mains vont se poser affectueusement, de manière protectrice, sur sa tête et son épaule. Elle te serre encore plus fort contre toi et tu ressens une telle vague d'amour à son égard que ton cœur se serre. Elle s'écarte ensuite et pose sur toi un regard plein d'étoiles, empli de hâte. « Tonton, je veux voir l'Académie. On peut ? S'il te plaît ? » Tu laisses échapper un rire en t'accroupissant devant elle.

Tu t'attendais à ne visiter qu'une partie de la Ville Basse, éventuellement de mettre un pied dans la Haute, pas à devoir rejoindre l'Académie qui se trouve en dehors de la ville. Ainsi soit-il. Il s'agit de votre dernier jours ensemble avant que tu ne prennes la mer. Si c'est là qu'elle veut se rendre, c'est là que vous tenterez d'aller. Tu t'en voudrais de la décevoir. Tu tiens cependant à ne pas faire de promesses en l'air. « J'imagine qu'il est possible d'arranger ce voyage. Il va simplement falloir que je me renseigne avant, ma belle. » Tu lui offres un sourire malicieux et lui pinces doucement et affectueusement le nez. « Dans tous les cas, on ne part nulle part tant que nos ventres sont vides. Surtout le mien, si tu t'es déjà nourri. » Même si une collation de plus ne fera pas de mal à la petite, si vous vous en allez crapahuter dans ce lieu qui est gigantesque, d'après tes souvenirs.

Tu caresses rapidement sa joue puis entreprends de te redresser. Tu déposes un baiser sur son front au passage et reprends : « Choisis-nous une table, je te rejoins au plus vite. » Tu la regardes s'éloigner un instant avant de reporter ton attention sur le comptoir.

***

Nourriture et boisson en main, tu te diriges vers la table qu'elle a choisie, un sourire satisfait aux lèvres. Tu déposes le tout sur la table, la douceur devant elle. Tu entreprends de lui servir un verre de jus sucré. « Bonne nouvelle. Une âme charitable a offert de nous envoyer directement par portail à l'Académie. » Ton sourire s'agrandit puis tu avales une gorgée du jus, avant de piocher dans ton assiette.

L'homme, présentement accoudé au comptoir, a entendu ta conversation avec l'employé. Il s'est présenté comme habitué de la Taverne de la Rose et mage outremarcheur et t'a proposé ses services. Quand tu lui as demandé Combien ?, il t'a jaugé du regard, t'a regardé de haut en bas, durant un moment somme toute court, mais qui t'a paru bien trop durer. Finalement, il t'a souri en décrétant qu'un repas chaud ferait l'affaire. Tu t'es exécuté sans discussion, trop heureux de l'aubaine.

« Nous irons le retrouver une fois notre repas avalé. Et ! Prends le temps de manger. Nous ne sommes plus si pressés, au final. Nous y arriverons en quelques secondes, tout au plus. » Tu hausses un sourcil, brièvement, feintant un air sévère, avant de repiocher joyeusement dans ta nourriture, un sourire affectueux aux lèvres.

***

Tu avances d'un pas, la main de ta nièce dans la tienne, et tu te retrouves soudain face à une place qui grouille de gens. Un regard en arrière te montre l'outremarcheur qui te salue de la main, ses doigts s'agitant avec désinvolture, pour appuyer son geste. Tu n'as pas le temps de répondre quoique ce soit que l'ouverture vers la Taverne disparaît. Tu exhales un rire léger en reportant ton attention sur le bâtiment face à vous.

Le rire meurt dans ta gorge.

La structure qui te fait face est gigantesque. Tu prends pleinement la mesure de l'immensité des lieux. Certaines tours s'élèvent si haut que tendre le coup ne suffit pas pour en avoir l’extrémité. Tu écarquilles les yeux quand, au loin, tu crois voir des gens marcher sur les parois de l'une d'entre elles, sans corde, sans protection, sans rien. « Par Callia, ton apprentissage en ces lieux risque d'être particulièrement intéressant, ma nièce. »

Tu penches ensuite la tête vers elle, ton visage cachant difficilement ton émerveillement – tu as beau être déjà venu ici, tu n'étais pas arrêté pour visiter les lieux, trop pressé de rentrer auprès de tes aînés. « Par quoi veux-tu commencer ? Il paraît que l'étage des négoces est particulièrement intéressant. » Tu doutes que cela pique réellement sa curiosité, mais tu te promets d'y passer une petite trentaine si vous en avez le temps à un moment. Tu fronces subrepticement les sourcils. « Je ne sais pas à quoi l'on a accès, en définitive. » Il vous faudrait vous rendre à l'accueil, afin d'être certains de ne pas entrer où vous n'êtes pas les bienvenus.

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Message Sujet: Re: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Lun 12 Juin - 11:30

Si j'étais un chat je ronronnerai de plaisir en cet instant. L'approbation de tonton a ma demande me fait sautiller de joie. Chouette ! On va à l'Académie, on va à l'Académie ! Je tape des mains en tournant sur moi-même, tout excitée à l'idée d'y aller. J'ai envie d'y aller de suite mais tonton a besoin de manger, contrairement à moi. Mais c'est pas grave, je mangerai avec lui aussi ! Avisant une table vide, je sautille pour m'y asseoir jusqu'à ce que tonton revienne avec une douceur et du jus sucré.

-On va y aller en portail ? demandé-je en écarquillant les yeux.

Je tape encore des mains. Je n'ai jamais pris de portail de ma vie ! J'aimerai tout manger vite et y aller de suite mais tonton me demande de prendre mon temps et j'obéis. Même si je bouillonne de l'intérieur, je mange sagement, discutant avec animation. C'est plutôt moi qui l'inonde de paroles mais ça a toujours été comme ça donc c'est presque comme à la maison. Puis, après un temps qui me semble une éternité comparable au tri des perles d'huîtres, il se lève enfin et on part passer le portail.

**

Le portail c'est rigolo. Je vois le monsieur qui nous a transporté par le trou qui montre la Ville Basse. Je lui fais des grands signes de mains m'amusant de cette fenêtre ouverte sur un autre endroit en plein milieu de la rue. La magie c'est fascinant ! Dire que maman m'a dit « Tu es une mage, Eponine. » Une quoi ? Moi ? Non, impossible ! Et pourtant si ! Et devant nous, se dresse l'Académie. Et je reste bouche bée.
Totalement immobile.
L'Académie est... magique. Je ressens sa magie qui fait échos à la mienne et je me mets à trembler. De peur. D'anxiété. D'excitation. Les tours sont tellement hautes que je n'en vois pas le bout. Du monde entre et sort, l'air pressé et occupé. Je me sens... petite. Minuscule. Une toute petite chose devant une personne géante et impressionnante. Intimidée, je me colle à tonton pour éviter de la regarder et une bouffée d'angoisse me sert la gorge. Je vais vraiment étudier... là-dedans? C'est immense et je suis si petite. C'est gros, c'est grand. C'est magique. Majestueux. Comment une si petite personne comme moi peut étudier là-dedans ? En plus, je sais même pas lire ! Je vais être l'élève la plus nulle de l'Académie. Je vais m'y perdre, je ne serais même pas où aller. Je suis sûre que je ne me ferai aucun ami. Tonton me parle et je lève une tête paniquée en sa direction.

-Je veux plus y aller, je gémis en me cachant une fois encore dans sa tunique.

C'est trop grand, y a trop de monde. Mais c'est faux, tout mon corps brûle d'envie d'y aller, d'entrer en parfaite symbiose avec l'établissement. J'ai envie de me fondre dedans, d'apprendre tout ce qu'elle peut m'apprendre. Mais j'ai peur. Tout ça c'est trop. Y a le voyage, maman me manque, tonton Géralt qui part, tante Quittou qui travaille. Je veux pas y aller mais j'ai envie d'y aller. Mais je veux que tonton il reste avec moi tout le temps. Il restera avec moi à l'Académie et comme ça je pourrai vraiment y aller.

-Tu restes avec moi, hein ?
demandé-je d'une voix suppliante. Je veux pas y aller toute seule.

Je me suis connue plus intrépide. Mais avec tout ce qu'il s'est passé dernièrement, c'est comme si je devenais une petite fille apeurée. Et bientôt, je serais toute seule.
Encore.

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Message Sujet: Re: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Dim 18 Juin - 21:08

Eponine vient se blottir contre toi et un sourire attendri apparaît sur tes lèvres. « Je veux plus y aller. » Ta main va entourer l'arrière de son crâne et tu ouvres la bouche pour tenter de la rassurer – il faut dire que le complexe académique est impressionnant –, mais elle enchaîne : « Tu restes avec moi, hein ? Je veux pas y aller toute seule. » Tu te figes tandis que ton cœur se serre soudainement car tu as dans l'idée qu'elle ne parle pas de votre visite à l'Académie, mais de ton départ prochain. La culpabilité t'envahit en un claquement de doigt et tu fermes les yeux pour tenter de contrôler le flot d'émotions qui te parcourt.

Une fois de plus, tu te traites intérieurement d'égoïste. Tu sais qu'une des raisons pour lesquelles tu pars est purement personnelle : tu veux, pour la première fois, faire un choix pour toi, rien que pour toi. Par toi. Pour étancher la soif de liberté qui t'étreint si fermement depuis ton adolescence et à laquelle tu n'as jamais cédé parce qu'il était simplement hors de question que tu abandonnes Gédéon, Désirée puis Eponine. Tu étais déchiré entre tes souhaits d'une vie meilleure pour toi, pour eux, et la réalité de vos vies, dramatiques mais incontournables. Tu aurais pu partir, les laisser derrière toi, dans les faits, mais jamais tu ne l'as envisagé. Tu as même inconsciemment saboté ton entretien à l'Académie parce que tu savais pertinemment que les choses empireraient considérablement. Alors, maintenant que tu es considéré comme un déserteur par ton duché, maintenant que Eponine est en sécurité, tu veux goûter à cette vie à laquelle Quitterie a eu droit en fuyant, à laquelle tous ces pirates aspirent en partant voguer sur les flots. Rien qu'un peu.

Puis, au fond de toi, tu sais qu'il n'y a pas que cela, qu'il y a des raisons qui font que tu n'as pas forcément le choix, alors tu tentes de l'expliquer à ta nièce : « Tu sais bien que je pars demain, ma belle. Mais je reviendrai d'ici quelque temps. Je reviendrai avec de quoi nous aider à vivre, mais surtout avec de quoi planifier la fuite de ta maman et de Gédéon. » Tu t'accroupis près d'elle, ta main allant caresser doucement sa joue. « Pour être honnête, je sais que c'est en partie égoïste de te laisser, mais ils ont besoin d'un chirurgien et je ne sais faire que ça. Et pirate, ça rapporte bien plus vite de l'argent que si je restais à Lorgol, avec un travail plus conventionnel. »
Tu déglutis et baisses ton regard, en même temps que tu laisses tomber ta main. Ton explication n'est que partielle, tu le sais, et tu veux pas lui cacher de choses, mais tu n'es pas sûr qu'elle saisisse la dualité en toi, ce besoin d'individualisme qui se mêle intiment à la loyauté que tu ressens envers ta famille. Tu ne veux avoir l'air de te justifier auprès d'elle, parce que tu suivras ta décision, mais impossible de ne pas t'en vouloir.

Tu relèves les yeux vers elle avec détermination et cet espoir qu'elle comprenne, presque qu'elle te pardonne du haut de ses 11 ans. « Je crois aussi... Je crois aussi que j'ai besoin de faire ce choix, Epo. De choisir moi-même ce que ce que je veux faire sans que Géraud ou tes oncles ne soient là pour me dire quoi faire. » Ton sourire est empreint de tristesse, mais tu tentes une petite touche d'humour. « C'est un peu ma fuite, ma petite rébellion, pour aller de pair avec ta fuite, avec ton futur qui arrive, à l'Académie. Mais ça ne veut pas dire que je vais vous oublier, ta mère, Gédéon, Quitterie et toi. Vous serez toujours avec moi, quand je serai en mer. Comme je serai toujours avec toi, là, tu poses une main sur son cœur, quand tu commenceras les cours à la rentrée et à chaque étape dans ta vie. Tu es ma petite nièce, forte et courageuse. Tu leur montreras à tous quelle belle petite fille tu es et quelle belle mage tu seras. Et je serai encore plus fier de toi que je ne le suis déjà, mon kangourou. » Ta main retourne sur sa joue et tu souris avec tendresse et douceur.

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Dernière édition par Géralt de Rives le Jeu 27 Juil - 9:45, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Dim 2 Juil - 16:19

Je suis consciente de l'égoïsme de ma demande. Tonton Géralt il a toujours été là pour moi. Il a toujours fait passé maman, tonton Gédéon et moi en premier. Je l'ai toujours vu. Je sais qu'il a loupé l'Académie et j'en ai été honteusement soulagée parce que ça voulait dire qu'il était obligé de rester avec nous. Et j'ai été heureuse de savoir qu'il travaillait pas loin parce que ça voulait dire que je le verrais souvent. Et là, comme une petite fille gâtée, je lui demande encore de se sacrifier pour moi, pour mon propre bien-être et je me déteste aussitôt d'avoir dit ça. Je peux dire que le fait de me retrouver toute seule me fait peur mais tonton a passé sa vie à s'occuper de notre vie. Il faut qu'il commence à s'occuper de la sienne. Je vois bien, en plus, que je rends tonton triste. Il essaye de me rassurer et mais il s'en veut de me laisser et je m'aime encore moins. Quelle fille égoïste maman a élevé ! Je ne mérite pas tout ça.

Je hoche doucement la tête et à mon tour ma main vient toucher la joue râpeuse de tonton. Je ne pleure pas parce que je me suis promis de ne pas pleurer. Mais je sais que mon cœur pleure parce que je sais que tonton a besoin de partir. Lorsqu'il reprend la parole, il me dit ce que mon cœur me dit depuis que j'ai su qu'il partait sur l'Audacia, avec les pirates. Je le regarde moi aussi gravement, sans sourire. Je sais que c'est important pour lui qu'il me dise ça. Il veut m'expliquer correctement. Je sais déjà tout ça. Je suis une nièce égoïste.

Je réponds à son sourire. Un sourire que je veux heureux et je passe mes bras autour de son cou pour une étreinte.

-Je sais tonton. Je suis désolée, je veux pas que tu crois que je crois que tu nous abandonnes. C'est juste que ça fait beaucoup.

Je lui murmure à l'oreille. Une voix un peu triste. Puis, je m'écarte et lui attrape la main avec un large sourire.

-Bon, on est venu ici pour voir l'Académie. On va rentrer dedans non ?

J'essaye de ne pas penser à ce qu'il va se passer dans les jours à venir. J'ai survécu à une éducation belliférienne avec un grand-père et des oncles un peu violent alors je vais pouvoir survivre à l'Académie. Et si tante Quittou l'a fait, alors moi aussi je peux le faire. Moi aussi je peux survivre.
Je me redresse et tire la main de tonton vers l'Académie. On passe les portes et gravit les marches menant à l'Académie. La peur a laissé place à l'excitation. Je vais visiter l'Académie !
Lorsqu'on pénètre dans le hall principal je reste bouche bée, perdant l'usage de la parole. C'est... magnifique. Tout n'est que magie. Le marbre blanc et bleu est d'une beauté sans pareil. Les discussions résonnent comme des tintements de clochettes à mes oreilles. Et les statuts des griffons et des dragons m'intimident tellement que je n'arrive pas à les regarder dans leurs yeux de inanimés. Je jure même voir le griffon s'ébrouer un peu et mes yeux s'écarquillent encore plus alors que je pousse un cri de surprise, mon doigt se pointant vers lui. Quelques têtes se tournent vers nous, intrigués et certains sourires apparaissent. Pour ma part, je... je tremble. De la tête au pied. Je n'ai jamais ressenti ça. Je pousse un gémissement plaintif. Impressionnée. La magie. Elle est partout. Elle est l'Académie. Elle rentre en parfaite résonance avec la mienne et je ne peux m'empêcher de trembler. C'est comme si l'Académie me parle, me murmure mon avenir, mon passé et mon présent. Comme si Sa magie se fond dans la mienne. C'est une sensation étrange et... puissante. Trop puissante pour mon corps de jeune enfant qui n'a encore jamais rien connu de tel. Est-ce ainsi que je vais vivre lorsque j'y serais ? J'ai l'impression. C'est... c'est comme si je ne fais qu'un avec elle.

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Message Sujet: Re: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Jeu 27 Juil - 11:41

Tu es fier de ta petite nièce, qui reste droite et digne. Son visage arbore l'air sérieux propre à votre famille, mêlé à une concentration sans faille. Tu sais qu'elle t'écoute, tu sais qu'elle comprend ce que tu lui dis. Tu vois qu'elle tente de s'empêcher d'être trop triste, peut-être de pleurer, et ce fait te touche autant qu'il t'attriste. Cependant, il te rend fier également. Eponine a toujours été une enfant éveillée et forte : même dans cette situation difficile, elle garde le menton haut et fait de son mieux pour gérer. Cela te rassure sur la suite à venir, quand tu seras loin, au large.

Elle finit par te rendre ton sourire et passer ses bras frêles autour de ton cou. Tu passes les tiens autour d'elle et la serres contre toi, fort, son odeur rassurante apaisant tes angoisses aussi efficacement que les quelques mots qu'elle murmure à ton oreille. Tu fermes les yeux brièvement, un sourire un peu triste aux lèvres à présent. Ta main va caresser l'arrière de son crâne alors que tu lui souffles à ton tour : « Je comprends, mon Epo. Mais tu verras, tout ira bien, on fera ce qu'il faut pour. » Bientôt, dès que possible, vous récupérerez ta sœur et ton frère, ce qui sera déjà un grand pas vers un semblant de retour à la normale, à votre famille, celle qui compte.

La petite s'écarte finalement, un sourire aux lèvres, et tu hoches la tête. « Je te suis, ma nièce. » Tu te relèves et te laisses guider par sa main enthousiaste.

Une fois à l'intérieur, tu dois afficher la même tête qu'elle : émerveillement, curiosité, étonnement. Tu fais simplement preuve de plus de retenue qu'elle, en ta qualité d'adulte, même si ce n'est pas l'envie qui manque d'en avoir moins. Ton regard dévore tout ce qui se trouve dans ce grand hall et ton sourire ne faiblit pas. Vous devez avoir l'air beau, tous les deux, là, non loin de l'entrée. Tu vous fais donc avancer un peu et vous vous rapprochez de statues magnifiquement ouvragées. Tu penses rêver un instant, quand l'une d'entre elles s'ébrouent, mais le cri surpris et enchanté de ta nièce résonne et te confirme que c'est bien réel. Tu laisses échapper un petit rire ravi, peu habitué à voir une telle magie à l’œuvre.

Tu sens la main de la petite trembler dans la tienne et baisses le regard vers elle : elle a l'air chamboulé, mais dans le bon sens du terme. Tu souris avec tendresse, avant de tirer légèrement sur sa main. « Regarde, le dragon, là-bas, il prend son envol. » Vos pairs d'yeux se posent sur lui assurément : il déploie ses ailes paresseusement, déliant ses membres avec la même nonchalance, et commence à battre l'air, comme si c'était normal qu'une statue dragon s'envole d'un hall d'entrée. « Wow », alors que tu suis des yeux l'être écailleux qui passe au-dessus de vos têtes et s'engouffre dans les hauteurs de la bâtisse. Tu remarques les vitraux à ce moment-là, joyaux chamarrés faisant entrer une lumière chaude et douce.

Tes yeux sont ensuite attirés par l'un des tableaux, un peu plus loin. Tu réalises, avant même de t'arrêter devant, que deux êtres au sexe non identifié s'enlacent, chacun levant au-dessus d'eux quelque chose. Ils dominent un attroupement, un tas d'êtres bien plus sombres, aux traits déformés, qui font naître en toi un sentiment malaisant. Tu comprends d'un nouveau coup d’œil aux êtres enlacés, bien plus clairs, bien plus définis, bien plus colorés, qu'ils tiennent ce qui s'apparente aux représentations de la magie et du savoir.
Il faut être honnête, tu as rarement était confronté à des objets d'art, dans ta vie, tu n'y connais donc vraiment pas grand-chose. Pourtant, ce tableau-là, il te parle et il te coupe le souffle, même si tu ne saurais dire pourquoi. Il t'attriste aussi, d'une certaine manière : le monde d'Arven a relâché ses vieux démons et l'utopie émanant de ce tableau est bel et bien terminée.

Tu secoues la tête sans t'en rendre compte, oublieux de ce qui t'entoure l'espace d'un instant.

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Message Sujet: Re: "Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]   Ven 28 Juil - 12:13

Tonton il a l'air aussi stupéfait que moi. Je sais pas combien de temps on reste planté là, à admirer l'architecture luxuriante, vibrante de magie de l'Académie. Je le vois aussi, le dragon, et le regarde ébahie. Je m'accroche à la main de tonton, le pointant du doigt, oubliant un instant où je suis.

-Tonton ! Il s'envole ! Il s'envole, regarde ! Il s'envole !

Quelques têtes se tournent vers nous. Des regards parfois condescendants ou des sourires attendris. Mais mon attention est totalement accaparée par le dragon qui s'envole dans le ciel de Lorgol. Les vibrations de la magie continuent de résonner en moi mais j'ai l'impression de percer un peu plus leur symphonie. C'est.... impressionnant et intimidant mais je pense que je peux finir par m'y habituer.

Immobile depuis un moment, le regard perdu dans le ciel d'où le dragon a disparu, je me retourne vers tonton. Lui aussi, il a l'air perdu. Il regarde un tableau qui me met un peu mal à l'aise. Mais moi je n'y connais rien en dessin. J'ai vu peu de tableaux, je sais pas trop ce que ça veut dire. Mais quoique ça dise, ça a accaparé totalement l'attention de tonton.

-Tonton ? appelé-je timidement en secouant sa main.

Je regarde un peu partout dans le hall, ne sachant pas vraiment où aller. On pourrait rester ici, et continuer de profiter du spectacle parce que je m'en lasse pas, mais on va finir par prendre racine. Et puis on a dit qu'on visiterait l'Académie alors autant la visiter. Je le traîne alors par la main, m'avançant vers le centre du hall. J'hésite, ne sait pas trop où aller ou quoi faire et, finalement, quelqu'un finit par nous expliquer que l'étage des négoces est accessible pour les visiteurs et nous prenons la direction. Les escaliers sont tout aussi magnifiques que le reste et l'Académie n'a rien à envié à son hall. Chaque pas est une symphonie magique et son écho résonne en moi à chacun de mes mouvements. C'est comme si je suis dans un état second. Pas vraiment là, trop occupée à écouter le chant magique de l'Académie, à suivre les chemins étoilés de la Magie que Valda me met dans les yeux. J'ai du mal à me dire que c'est ici que je vais étudier, maintenant. Que ma vie sera là pendant près de cinq ans. Cinq années durant lesquelles je vais apprendre à utiliser ma magie. Ca me semble incroyable. Et invraisemblable. Alors que quelques semaines avant, j'étais dans ma lande natale, à me cacher de grand-père, de mes oncles et à m'endormir au son de doux pas de maman, parfois blottie contre tonton Gédéon. En fait peut-être que je rêve ? Et plus j'avance dans l'Académie, plus cette impression se confirme. Un rêve tout éveillé, une torpeur dans laquelle je baigne depuis plusieurs jours. Je vais me réveiller et Lorgol et l'Académie auront disparu. Pourtant je sais, que ce n'est pas un rêve. Que le long voyage jusqu'ici a été très éprouvant. Que j'ai bien quitté maman. Que je suis bien à l'Académie.

Arrivée à l'étage des négoces, le monde est encore plus présent que dans le hall. Je pense qu'on doit pas être les seuls visiteurs mais l'ambiance y est... encore différente mais toujours cette même atmosphère. En fait c'est comme si l'Académie en elle-même a été façonnée par la Magie Pure. Je me sens toujours aussi... impressionnée. Et intimidée. Je vais vraiment étudier là. Je ne sais pas si j'en suis digne. Tout ce que je sais, c'est que je vais faire mon possible pour l'être.

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"Tonton... emmènes-moi avec toi." [PV Epo & Géralt]
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