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 Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]

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Message Sujet: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Jeu 11 Mai - 11:48


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Serenus Dardalion & Abigaïl l'Embrasée

Boum, badaboum, badabigboum

On aime quand ça fait boum



• Date : 7 octobre de l'an 999
• Météo : temps ensoleillé, température douce
• Statut du RP : privée
• Résumé : Abigaïl poursuit un voleur qui sévit en Cibella. Le hasard fait qu'elle se trouve nez à dragon avec Serenus et un gros quiproquo prend alors forme.
• Recensement :
Code:
• [b]7 octobre 1001[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2134-boum-badaboum-badabigboum-serenus-abigail#64571]Boum, badaboum, badabigboum[/url] - [i]Serenus Dardalion & Abigaïl l'Embrasée[/i]
Abigaïl poursuit un voleur qui sévit en Cibella. Le hasard fait qu'elle se trouve nez à dragon avec Serenus et un gros quiproquo prend alors forme.


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Dernière édition par Abigaïl l'Embrasée le Mar 6 Juin - 10:45, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Jeu 11 Mai - 12:00

Le vent fouette son visage, cinglant et tourbillonnant. Ses cheveux dansent follement, rougeoyant dans le ciel lumineux. Filant comme le vent, majestueuse et gracieuse sur le dos de Royale, Abigaïl se laisse enivrer par le plaisir d'être dans le ciel. Voler. Encore et toujours. Un sentiment de liberté total, incommensurable. Un sentiment qu'elle ne pourra jamais abandonner car il brûle en elle d'un feu ardent. Cette liberté, cette sensation de pouvoir aller partout, n'importe quand. La chavaucheuse sait que rien ni personne ne peut la retenir. Elle est libre. Totalement. Abigaïl je vois l'homme. La voix de Royale raisonne dans sa tête. Cette voix douce et gronde, qui retentit dans son esprit. Un ronronnement puissant qui martèle chaque parois de sa cervelle. Abi adore la voix de Royale. Cette tonalité grave, apaisante. Cela fait à peine cinq ans maintenant qu'elles volent ensembles. Cinq années de pur bonheur. Depuis qu'elle a quitté ce mariage arrangé... Abi, il est temps que tu arrêtes de ressasser cette histoire de mariage arrangée. Les humains s'attardent décidément sur des choses bien futiles.

-Royale, soupire la jeune chevaucheuse.

La mission Abi, la mission. Une reine ne faillit jamais devant sa mission. La voix de la dragonne monte d'un octave et Abi ressent son orgueil. Une reine ne perd jamais. Royale, puissante et reine de son vol, ne permettra pas un échec de leur mission. Elles vont attraper ce voleur qui sévit depuis plusieurs semaines sur le territoire de Cibella. Abi sait qu'il est en fuite, espérant franchir la frontière. Dépêchée par Diane, son Capitaine de Vol, Abi compte bien prouver qu'elle est à la hauteur de Cibella. N'est crainte, petite humaine, nous allons attraper ce voleur. La dragonne entame une descente en piqué. Le ciel est clair, dépourvu de nuage mais la température reste glaciale là-haut. Les cinq années d'entraînements ne sont pas là pour rien. Apprendre à devenir Chevaucheur requiert certaines capacités, notamment savoir garder une tête claire à une hauteur inhabituelle et soumise aux aléas climatiques. Royale fend l'air avec toute sa grâce et sa majesté, rubis éclatant sous un soleil qui reflète ses écailles. Pour l'avoir déjà vu voler dans le ciel, Abigaïl sait que c'est l'un des spectacle les plus magnifiques au monde. Tu me flattes, petite humaine. Tu as raison. Tu n'es pas mal non plus tu sais. Abi sourit. La terre se rapproche lorsque Royale redresse son vol, volant ainsi à ras du paysage. Abi voit la terre filer sous ses yeux à la vitesse de la lumière, devant un océan de verdure. Soudain, elle le voit. Une frêle silhouette se faufilant vers le couvert des arbres. La vision de Royale surpasse de loin la sienne.

-Il est là ! s'écrit-elle, impatiente.

Je le vois bien, Abi. La dragonne émet un rugissement et accélère, si c'est encore plus possible. Un rugissement à en faire trembler la terre. La silhouette se retrouve bientôt à l'abri, dans une petite forêt. Assez grande pour pouvoir s'y perdre si elle s'y enfonce à pied.

-Maintenant !

Mais Royale, dont le lien s'étend à travers Abi, a perçu ses intentions bien avant et sa gueule s'ouvre pour laisser passer une gerbe de flammes mortelles, filant droit vers les pauvres arbres innocents. Un brasier ardent transforme bientôt la première partie de la forêt, bientôt suivi par des explosions retentissantes, dont l'enjouée propriétaire se trouve être la cavalière de la reine du vol de Rubis. Des voûtes de fumée finissent par s'élever, des morceaux d'arbre et de terre volant de part et d'autres. De ses yeux perçants, Royale le localise alors qu'il se faufile entre les troncs rescapés. Une clairière Abi, on va lui couper la route. D'un coup d'ailes puissant, la dragonne s'élance vers une petite clairière, assez large pour qu'elle puisse s'y poser, coupant ainsi la route au voleur coupable.

-Rends-toi ! rugit la voix de la Chevaucheuse. Par ordre du Maréchal, tu es hors-la-loi en Cibella et je n'hésiterai pas à te ramener en petits morceaux.

Comme pour donner du poids à ses paroles, deux grandes explosions se font entendre derrière le dos du voleur, signifiant clairement que certains végétaux sont redevenus poussières. Les sourcils froncés, perchée sur sa dragonne, Abi attend qu'il ne se rende. Elle ne le tuera pas, sauf s'il ne lui laisse pas le choix. Et jamais il ne passera au travers de Royale.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Dim 14 Mai - 22:16

Un peu de repos ! Enfin. Il avait pu obtenir quelques temps de repos après une longue et périlleuse mission. Mais cela en valait la peine. Le client était content, et il avait même versé une généreuse prime à son antenne. Serenus était reparti avec pas mal de fleurons en plus dans sa bourse, et il comptait bien en profiter. Sa femme était heureuse de le voir autrement qu'en coup de vent, et ils avaient profité de cette première soirée de congé pour renouer leurs liens sur l'oreiller. Même sa mère semblait contente de le voir, elle avait fait pour l'occasion son plat préféré. Tout allait pour le mieux chez les Dardalion, et Serenus souhaitait que cela continue.

Le voilà maintenant  à quelques heures de chez lui, dans une forêt qu’il connaissait par cœur tant il l’avait parcouru. Il chevauchait un jeune étalon fougueux qu’il avait emprunté à la Guilde et qu’il ne connaissait pas. L’animal appréciait la sortie même s’il se montrait peu disposé à lui obéir. Sa pauvre jument était condamnée à un repos forcée suite à une infection à son sabot avant droit. Le maitre d'écurie avait catégoriquement refusé de la laisser sortir, et avait proposé cette autre monture à Serenus, qui l'avait accepté à contrecœur. Le Guerrier s’était lassé du repos et avait décidé d’aller chasser. Quelques lapins ou faisans, voire même un daim, lui procureraient assez de viande jusqu’à son retour à Edenia. Serenus était partit tôt le matin, avant l’aube, et comptait arpenter la forêt jusqu’à la fin de l’après-midi. Le seul inconvénient à cette journée si parfaite était sa blessure, et le cheval qui ne pensait qu’à galoper.

Quelques heures après son arrivée dans la forêt, il tua un gros lièvre qui avait eu la malchance de se trouver sur sa route. Le Guerrier était descendu de sa selle, et était occupé à extraire la flèche du dos de l’animal, quand l’étalon poussa un hennissement apeuré. Serenus n’eut pas le temps d’attraper la bride que le cheval partit en courant, en direction du sous-bois. Mais quelle mouche l’avait piqué ? Serenus partit en courant pour le rattraper, lièvre accroché à la ceinture quand la réponse à a question arriva sous la forme d’un dragon, qui plongeait vers lui. Mais qu’est ce qu’il avait ce Chevaucheur à s’amuser à effrayer les chevaux ? Serenus soupira et reprit sa course. S’il perdait l’étalon, le Capitaine de son antenne n’allait pas être ravi. C’était un animal magnifique, de bonne race, et prometteur.

Serenus était en train de maudire ce Chevaucheur quand il entendit une voix de femme hurler « Maintenant ! ». Serenus se retourna et aperçu le dragon cracher ses flammes mortelles. Les premiers arbres s’enflammèrent immédiatement et transformèrent la première partie de la forêt en brasier. Mais il était complètement fou ! Serenus, oubliant complètement le cheval, prit les jambes à son cou. Mais qu’est ce qu’il avait ce Chevaucheur pour s’en prendre à lui comme ça ? Tuer un lièvre n’était pas un crime ! Aux flammes se succédèrent des explosions, et des morceaux d’arbres volaient de partout. Le pauvre Guerrier tenta désespérément de s’échapper en se faufilant entre les troncs rescapés. Une clairière ! Il pourrait échapper à l’incendie s’il coupait par-là ! Serenus accéléra et, malgré le souffle qui commençait à lui manquer, réussit à rejoindre la clairière. Un morceau de bois volant, pendant qu’il courait, lui ouvrit l’arcade, et un généreux flot de sang coulait sur son visage et sur sa tunique qui ne demandait qu’à rester propre.

Malheureusement pour lui, le dragon le rattrapa. La majestueuse créature le dépassa et lui coupa la route en se posant devant lui. Sa cavalière, une femme rousse plutôt séduisante, lui hurla de se rendre car il était un hors la loi et qu’elle n’hésiterait pas à le ramener devant le Maréchal en petits morceaux. C’était donc ça ! Elle le prenait pour un criminel ! Serenus éclata de rire, malgré la course qui l’avait laissé sans le souffle. Il se reprit bien vite quand deux explosions se firent entendre dans son dos. Serenus fit un grand sourire et posa la main sur son épée. Il lui dit d’une voix forte, pour couvrir le rugissement des flammes :

« - Vous devez faire erreur ! A moins que tuer un lièvre soit devenu un crime. Je ne suis pas un criminel ! Je suis un Guerrier de la Guilde. Serenus Dardalion. Demandez à l’antenne de la Volte, ou même à n’importe quelle personne habitant dans le quartier du marché, ils me connaissent tous. »

Serenus soupira et chercha son étalon du regard. L’animal devait être loin. Il ferait mieux de se lancer à sa recherche, et tant pis pour la chasse. Il laissa échapper un grommellement et lâcha sur un ton exaspéré à la jeune femme :

« - En tout cas, votre petit jeu a faire fuir ma monture. J’ai intérêt à la retrouver vite fait. La prochaine fois, prenez une loupe ou je ne sais quoi, ça vous évitera de perdre du temps à pourchasser la mauvaise personne. »

Il dépassa le dragon tout en montrant la forêt qui partait en fumée, il reprit sur le même ton :

« - Et puis regardez-moi ça ! Cette forêt je la connais depuis l’enfance ! Si c’est pas malheureux ! Ça vous arrive de penser aux bêtes qui vivent là et aux chasseurs qui veulent en faire leur déjeuner ?! »

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Dernière édition par Serenus Dardalion le Mar 6 Juin - 22:13, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Jeu 18 Mai - 23:03

Cela ne fait quelques semaines que Abigaïl est ressortie de la Caserne en tant que fière Chevaucheuse de sa dragonne Royale. Si sa vie a été tumultueuse, ses talents de mage sont reconnus par tous et elle n'a guère éprouvé de difficulté à suivre sa formation de chevaucheur. Beaucoup reconnaissent son sérieux, sa rigueur et son talent. Elle n'a rien à prouver. Sauf à elle-même.
Peu le savent, mais Abi souffre d'un cruel manque de confiance en elle, sûrement liée à ses parents adoptifs et l'absence de reconnaissance qu'ils lui ont toujours témoigné. La jeune rouquine n'a toujours dû compter que sur elle-même pour se satisfaire de ce qu'elle effectuait. Si le fait d'avoir terminé ses études en un temps record et de chevaucher la reine d'un vol est une bonne façon d'être fière d'elle et de lui octroyer quelques brins d'arrogance, la nouvelle recrue reste fragile. Royale la ressent bien, cette sensibilité que sa Chevaucheuse tente de reléguer au plus profond d'elle-même. Cette sensibilité, elle l'a perçu dès le début. Elle l'a touché. Profondément. Elle a su voir le potentiel de la mage de feu. A vu ce brasier ardent brûler en elle, cherchant à la consumer de partout, jusqu'à exploser, emportant tout autour d'elle. Un sentiment qui l'habite chaque jour depuis sa naissance et qui n'a de cesse de grandir. Sur le dos de Royale, Abi peut enfin l'extérioriser. Et c'est avec entrain, qu'il éclate de part et d'autre, autour de la silhouette pourchassée. La voix qui lui répond néanmoins, avec un aplomb qui la caractérise également, manque de la faire faillir. Mais sa ténacité fait le reste.

-Ne me ment pas, scélérat ! argue-t-elle avec suffisance. Si tu crois m'avoir comme ça. Facile lorsque l'on ne peut pas prouver immédiatement ses dires.

Bien envoyé, petite. Royale l'approuve. Elle sent son appui alimenter le foyer de ses flammes. Elle sait que, quoiqu'il se passe, elle pourra toujours compter sur l'appui de la dragonne, forte de sa propre sagacité et de sa puissance. Leurs flammes consumeront tout sur leur passage. Le mécréant ment plutôt bien pour un voleur, il faut le reconnaître. Il finit par les dépasser, peu regardant sur la présence des deux « reines » à ses côtés. Ce manque d'attention semble particulièrement froisser Royale qui, en véritable reine, n'a pas l'habitude d'être ignorée. Encore moins par des petits humains pouvant servir d'amuse-bouche. Sa gueule s'ouvre et un jet de flamme en surgit, filant droit barrer la route au malheureux. Joli coup. Royale émet un grognement de satisfaction. Abi en profite pour abandonner sa monture et mettre pied à terre. Faits attention, petite. La jolie rousse balaye ses inquiétudes d'une caresse mentale. Tu es là pour me protéger si besoin. Mais Abigaïl peut se défendre seule. Un faux geste. Un seul. Et il dit adieu à jamais à une partie de son anatomie qu'elle se fera une joie de réduire en cendre d'une petite explosion bien placée.

-Tu vas me suivre, maintenant pour faire face à ton jugement. Je te déconseille de fortement de résister mais si l'envie t'en prend, sache que tu risques ta vie.

Ses yeux ne lâchent pas sa cible un instant, même si son esprit fonctionne à toute vitesse, analysant la situation et ressassant ce qu'elle a vu en cours. Elle n'a encore jamais tué quelqu'un, certainement pas de sang-froid, mais si jamais il refuse de la suivre, elle n'aura pas le choix. Elle ne peut pas laisser sa proie s'enfuir alors qu'il est recherché dans Cibella. Ce serait une honte. Ne t'inquiète pas, petite, s'il le faut, j'en ferai mon quatre heure. Ce vol m'a ouvert l'appétit. Abi retient difficilement un petit sourire. Royale a toujours su détendre l'atmosphère et la dérider un temps soit peu.

-Pressons, reprend Abi, agacée. Je n'ai guère de temps. Viens, maintenant.

Le ton se fait plus pressant, plus menaçant. Elle ne lui laisse pas vraiment le choix.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Sam 20 Mai - 22:00

Il avait rien volé, du moins, il ne l’avait pas fait volontairement si c’était le cas. Serenus palpa ses poches et se rassura tout de suite. Il n’avait sur lui que des objets dont il était le juste propriétaire. Confiant, il passa à côté du dragon, tout en fouillant la clairière du regard. Où a pu donc bien aller cet étalon. Vu le caractère fougueux de l’animal, il s’était attendu à ce que celui-ci se montre… Plus courageux. Sa jument, elle, n’aurait pas fui. Elle avait assez vu de dragons pour savoir à quoi s’en tenir. Mais elle aurait manifesté quand même fait comprendre à Serenus qu’elle n’était pas rassurée.
Le Guerrier sortit de ses pensées quand la chevaucheuse lui ordonna de ne pas mentir, car il était facile de le faire quand on ne pouvait prouver ses dires. Sur ces mots le dragon cracha un mur de flammes qui barra le passage de Serenus. Surpris, celui-ci fit un bon en arrière et tomba sur le derrière. Sur le coup de la frayeur, il hurla :

« - Mais vous êtes folle ?! Ça va pas de faire ça ? Je vous dis que je suis de la Guilde des Guerriers, je suis juste venu ici pour chasser ! Le lièvre est encore chaud bordel ! »

Serenus se releva et passa les mains sur ses vêtements qui commençaient à sentir le roussi. Sa mère, même si elle était âgée, allait se demander pourquoi son fils sentait le cramé alors qu’il était censé sentir la sueur et la bête. La Chevaucheuse quitta sa monture et se dirigea vers lui à grands pas. Serenus, instinctivement devant un tel comportement, mis la main sur son épée. Il n’hésiterait pas à s’en servir pour faire comprendre à cette jolie rousse que, lui aussi, ne plaisantait pas. Oh, rien de bien méchant, quelques échanges et quelques coups bien placés. Il ne ferait pas couler le sang, sauf si la Chevaucheuse l’y forçait. Elle lui ordonna de la suivre, pour faire face à son jugement, et qu’elle lui conseillait de ne pas résister. Serenus fronça les sourcils. Non mais elle y croyait vraiment en plus ! Elle ne devait pas être du coin, sinon elle connaitrait au moins son nom. Dans son quartier de la Volte, quand les gens pensent à Dardalion, ils pensent pain. Dans les deux sens du terme. Pain à manger et pain dans ta gueule. Serenus n’était pas du genre à se laisser faire. La seule qu’il laisse parler à sa guise, c’est Melinda. Serenus ne bougea pas, bien campé sur ses jambes et il lui dit :

« - Pourquoi je vous suivrais alors que je suis innocent ? Vous êtes ravissante, et dans une autre circonstance, je vous aurais suivi, mais là, j’ai un canasson en cavale et mon Capitaine va pas vraiment apprécier si je le ramène pas. »

Il croisa les bras tandis qu’elle lui ordonna de se dépêcher, tout en continuant de le tutoyer, Serenus décida de faire de même. Il n’allait pas vouvoyer une femme qui brulait tout sur son passage ! Le Guerrier demanda :

« - Y ressemble à quoi votre voleur ? Et il a volé quoi ? Je l’ai peut-être croisé en venant ici. J’ai le souvenir d’avoir vu un type avec une sale gueule se diriger vers la grande route, celle qui va vers la capitale. Moi aussi je suis pressé, allez donc le voir lui. »

Son ton se fait plus ferme, moins hilare qu’il y a quelques instants. Il savait rire, mais sa patience avait des limites. Serenus jeta un œil au dragon. Il respectait ces créatures, mais celle-ci était allée trop loin en mettant le feu à la forêt. Le Capitaine de Vol en entendrait parler, ça c’est sûr. La Chevaucheuse et son dragon allaient apprendre à savoir quand il faut cracher les flammes et quand il le fallait pas !

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mer 24 Mai - 1:38

Sa certitude faiblit un court instant. Cet homme semble vraiment très honnête, pour le coup. Mais les meilleurs voleurs le sont également. Il ne faut pas se fier aux apparences, petite. Je sais bien... Mais il a l'air vraiment... Un maître du déguisement peut revêtir n'importe quelle forme.
Abigaïl commence à le détailler de la tête au pied, hésitante. C'est vrai qu'il a la carrure parfaite d'un véritable guerrier. Il est plutôt grand, costaud et porte une arme. Une description qui peut convenir à beaucoup d'hommes. Et son langage... rustre et grossier, propre à beaucoup de messieurs. Les joues rouges, offusquée, Abigaïl fronce les sourcils. Ravissante ? Rien que ça ! Cet homme n'a donc aucune manière ? Un voleur rustre. Il n'en faut pas plus à la Chevaucheuse pour affirmer sa position. Elle redresse la tête, sentant avec elle la colère de Royale, tout aussi indignée qu'elle que quelqu'un s'adresse à une Chevaucheuse de cette façon. Brûles-lui la langue, petite. Il va apprendre à ravaler ses mauvaises flatteries. En tout cas, si Abi a eu des doutes au début, le reste de ses propos la conforte dans son choix. Voilà le malin qui essaye de l'amener vers une autre direction. Brouiller les pistes. Elle ne se laissera pas faire et reviendra digne et fière, satisfaite d'une autre mission réussie. Il faut dire que la Chevaucheuse a été irréprochable tout son parcours et elle compte bien rester sur un sans faute. La défaite est une chose qu'elle ne connaît pas. Et qui ne convient pas à un dragon de la trempe de Royale.

-Tu penses pouvoir me tromper, voleur ? gronde-t-elle, rejetant sa chevelure de braise d'un geste farouche. M'envoyer sur une autre piste ? Tu es ici, devant moi, incapable de me prouver tes dires, m'envoyant des flatteries déplacées et tu espères que je vais croire un mot de ce que tu dis ? Que je vais te laisser poursuivre ta route pour aller dérober quelques autres larcins ? Et bien tu te trompes. Tu es fait comme un rat alors rends-toi sinon...

Royale ponctue ses dires par un nouveau jet de flammes, tel un volcan en furie. Comme chaque fois qu'elles sont en mission face à l'ennemi, Abi la trouve effrayante. Belle et rougeoyante, étincelante sous le soleil, elle est plus qu'intimidante. Ses pics hérissés lui confèrent une apparence de dragon enragé. Ses écailles luisent telle une cuirasse réalisée par les meilleurs forgerons. Elle est belle et majestueuse.
Royale.
Les flammes embrasent la forêt, léchant les troncs et les feuilles avec gourmandises, se propageant de plus en plus vite et formant un arc de cercle autour d'eux dont ils ne peuvent bientôt plus sortir. L'unique façon de le faire c'est par le vol... donc monter sur Royale. Mais la chaleur et le feu sont les meilleurs alliés d'Abigaïl. Elle ne les craint pas. Ils sont sa force. Elle est en terrain privilégié. Ce n'est pas le cas du voleur. Abi sait qu'elle a gagné. Elle va le ramener à la Caserne et sera saluée pour une victoire sans mort. L'incendie d'une petite forêt quelconque n'est qu'un dommage collatéral mineur. Personne ne lui en tiendra rigueur. De toute façon, dans le doute, mieux vaut déclencher l'étincelle que de noyer la flamme. Et comme lui a déjà dit Mae « dans le doute, fous le feu ». Sage petite. Abi hoche la tête. Elle aussi approuve cette philosophie.
Mais s'il dit la vérité... non. Il n'y a aucune preuve. Et mieux vaut ne pas penser à ce que dira Anaëlle si elle se trompe. Parce que mettre le feu à une forêt pour attraper un voleur qui est au final, un membre de la Guilde des Guerriers, c'est une autre histoire. Une histoire dont elle préfère ne pas connaître la fin. Même si elle assumera pleinement son choix. Mais, entre autre, cela voudra dire qu'elle a perdu la trace du véritable voleur et ce serait un drame. Et inadmissible, intolérable de sa part. Si jamais c'est le cas, alors nous le pourchasserons dans tout Arven, quitte à ne pas prendre de repos tant que nous ne l'avons pas trouvé. Tu as parfaitement raison. Une fois encore, elles sont en symbioses. L'humaine et le dragon. Alliées par le feu.
Le feu consumant la forêt.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mar 30 Mai - 21:45

Non mais elle était sourde ou quoi ? Il lui avait dit qu’il était un Guerrier, pourquoi s’obstine t’elle ainsi ? Alors que cela ne sert strictement à rien et qu’elle ne fait que perdre du temps. Son voleur devait être déjà loin d’ici, en train de rire de la stupidité de ses poursuivants qui se laissaient avoir par une fausse piste. Cette jeune femme devait encore être une novice. Si cela avait été Aaron ou Neve, ça aurait été une autre histoire. Le voleur serait déjà aux cachots, les sourcils cramés.
Serenus croisa les bras. Il avait tenté la séduction, la persuasion, et proposa même son aide pour lui indiquer le droit chemin. Mais rien n’y fait. Elle et son dragon étaient aussi têtu qu’un âne. Elle rejeta sa superbe chevelure en arrière et lui dit qu’elle ne le croyait pas. Elle lui ordonna de se rendre ou sinon…

« - Sinon quoi ? Tu vas me cramer ? Très bien. Fais-le, et tu seras mise à la porte pour avoir fait du mal à un membre de la Guilde des Guerriers. »

Il essayait la menace maintenant. Cela ne servirait sans doute pas à grand-chose, mais le comportement de cette novice le rendait furieux. Il perdait un temps fou à cause d’elle. Le dragon, quant à lui, ne devait savoir que cracher des flammes puisqu’il ne cessait de le faire. Il ressemblait à un chien de chasse excité par l’odeur de sa proie. Si Inespéré lui inspirait le respect tant il dégageait de noblesse, avec celui-ci, il se dit qu’il aurait besoin d’un bon dressage à la baguette, comme on le ferait avec un animal indiscipliné. Le Guerrier soupira et regarda la forêt de son enfance partir en fumée. S’il n’était pas aussi furieux, il aurait surement lâché une petite larme. Il vit un magnifique cerf s’enfuir en bondissant à travers la clairière, et pria pour que son cheval soit à l’abri des flammes. Il se tourna à nouveau vers la Chevaucheuse et posa la main sur son épée. Il lui dit, tout en la dégainant :

« - Je n’ai plus le temps de jouer, la novice. Je te propose deux solutions. Soit tu m’aides à retrouver mon cheval et je te suis bien tranquillement, je prouve mon innocence, et tu te prends une solide dérouillée par tes supérieurs. Soit tu continues à faire ton entêtée, alors je te mets moi-même une dérouillée et, une fois que j’aurais fini cramé par ton dragon et que mon cheval se sera évaporé dans la nature, tu t’en reprendras une à la caserne et tu finiras à la rue. Dans tous les cas, tu es dans la merde, donc je te conseille de bien réfléchir ! »

Le Guerrier leva son arme pour appuyer ses propos et planta son regard furieux dans celui de la Chevaucheuse. Il n’avait rien à craindre. De toute façon, il était innocent. C’était elle qui ne faisait qu’aggraver son cas en s’obstinant ainsi.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mar 6 Juin - 10:11

Abi hésite. Elle se sent reculer, cette fois. Les paroles du voleur la frappe en plein cœur et fait flancher ses certitudes. Est-elle en tord ? Ne t'inquiètes, petite. Je vais le manger si tu veux, comme ça il ne dira rien à personne, si jamais il dit la vérité. Abi sent ses muscles se détendre légèrement et un sourire se meut imperceptiblement sur ses lèvres. La proposition de sa reine est tentante... Il n'y a aucun problème ici-bas qui ne peut pas se régler dans mon estomac. Cette fois Abi éclate franchement de rire. Royale serait-elle née sous Rya ? Une idée qui lui paraît de plus en plus réaliste au vue de la gourmandise de sa dragonne. Ce n'est pas de la gourmandise, petite. C'est du sens pratique. Du sens pratique comestible ? Exactement. Sa proposition n'est pas si mal... il me met le doute. Je te suis petite, tu le sais bien. Mais c'est vrai qu'il se maintient très bien pour un voleur de bas étage. Mais les voleurs sont maîtres en comédie, en général. Je ne sais pas Royale... honnêtement je doute. Elle sent une douce chaleur se répandre dans son esprit alors que la dragonne lui insuffle un peu de son réconfort. Une chaleur qui la revigore. Elle va accepter son défi et, si elle est en tord, assumera le premier échec de sa vie. Elle ne doute en aucun cas de ses capacités. Elle est trop talentueuse pour qu'elle soit virée et trop douée pour recommencer pareille erreur. La jeune Chevaucheuse n'a pas peur. Elle sait qu'elle trouvera bien maintes et maintes façons de prouver sa valeur. Et puis, elle a trop l'habitude des ragots sur son compte pour y prêter attention. C'est ça l'esprit, petite.

-Je vais t'accompagner, nous allons trouver ce cheval. S'il s'avère que tu dis la vérité, nous irons ensemble à ta Guilde pour que tu me prouves ton identité. Si jamais j'ai raison, tu viens avec moi. Si  j'ai tord, je te présenterai des excuses et assumerai mes erreurs.

Ne te fais pas d'idée, jeune homme. Je suis Royale, la reine du vol de Rubis et une reine de vol ne laissera jamais personne virer sa Chevaucheuse. Fais un peu attention à ce que tu dis. Abigaïl est témoin de ses paroles prononcées dans l'esprit du voleur. Elle se détourne d'un mouvement brusque, ses cheveux enflammés suivant avec perfection son mouvement. Elles sont belles, Abigaïl et Royale, toutes de braises, faisant face au brasier de leur monumentale erreur qui consume peu à peu une des petites forêts de Cibella. Abi pose sa tête contre celle de la dragonne qui gronde de plaisir. Elle n'a guère besoin d'exprimer ses pensées pour qu'elles soient perçues par la dragonne. Je veillerai sur toi de là-haut. S'il y a un soucis, j'écrase tout et je le mange. Mais ne t'inquiètes pas petite, les arbres ne manquent pas ici. Abi sourit et la regarde s'envoler le cœur lourd. Le cœur lourd de ne pas se savoir sur elle, fendant l'air tels des seigneurs des cieux. Elle pousse un petit soupir puis se dirige d'une démarche assurée vers le voleur et se campa devant lui, l'air fier et digne.

-Bien, trouvons ce « cheval ».

Elle attend qu'il passe devant. Si jamais erreur sur la personne il y a, Abi fera ce que tout bon chevaucheur fera. Elle ravalera sa dignité, exprimera ses excuses au guerrier, à sa guilde et à sa Caserne. Puis, elle acceptera dignement le châtiment qui lui sera imposé. Et dans quelques années, ses exploits seront tels que ce malheureux incident ne sera qu'une poussière dans l'infinité de la terre.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mer 7 Juin - 21:01

Il commençait à y arriver. Il avait joué à un jeu dangereux mais cela avait porté ses fruits. La jeune femme paraissait de plus en plus indécise. De toute évidence, les paroles du guerrier l’avaient touché en plein cœur. Elle était jeune et encore bien naïve, sensible. Elena aurait réagi bien différemment. Elle lui aurait lancé son plus beau regard noir avant de lui enfoncer son aiguille dans la cuisse. Elle ne l'avait jamais fait mais Serenus savait qu'elle en était capable. C'est qu'elle avait l'air toute douce et toute gentille, mais elle pouvait être aussi sauvage qu'une louve. Heureusement que cette jeune fille n'avait pas le tempérament de sa femme. Mais elle avait quelque chose qui compensait largement cet écart. Elle avait un dragon. Un dragon qui n’hésitait pas à incendier une forêt pour retrouver un simple voleur. Serenus, brandissant son épée, observa les deux compagnes qui semblaient débattre de la situation actuelle, et de la proposition du guerrier. Il leva un sourcil quand elle éclata de rire et se détendit. Il rangea son arme et toucha la plaie à son arcade qui continuait de saigner. Il regretta vite ce geste car une douleur fulgurante lui fit comprendre qu’il ferait mieux de mettre ses doigts ailleurs.

Puis, enfin, la chevaucheuse prit une décision. Elle accepta de l’accompagner pour retrouver son cheval, puis elle assumerait son erreur une fois revenus à la Volte. Serenus hocha la tête et se permit même un petit sourire satisfait. Il avait gagné la première manche, et il savait qu’il gagnerait les suivantes haut la main. Il sursauta quand une voix résonna dans son esprit. Cette voix venait du dragon, ou plutôt, de la dragonne, qui lui dit sur un ton froid qu’elle s’appelait Royale, et qu’elle était la Reine de Vol de Rubis. Elle lui dit également qu’elle ne laisserait personne virer sa cavalière et que, par conséquent, il devait mesurer ses paroles. Serenus ne se laissa pas impressionner, même si, par habitude, il respectait les dragons. Il lui dit à voix haute :

« - A la bonne heure Royale. Mais une Reine de Vol doit savoir aussi contrôler ses jets de flammes. »

Il n’en dit pas plus, car il savait que, s’il continuait, il risquait de se montrer grossier. De nombreuses vies, aussi bien animales que humaines, souffriraient de la perte de cette forêt. Le guerrier regarda la dragonne s’envoler d’un puissant coup d’ailes avant de se tourner vers sa cavalière. La jeune femme lui faisait face, fière et digne. Elle et sa dragonne ne faisaient qu’un, et leurs deux caractères combinés avaient causé la destruction et le chaos. Voilà qui n’était pas très réjouissant. Serenus savait que, même s’il menait la danse pour le moment, il pouvait à tout moment se retrouver dans l’estomac de Royale. Même s’il admirait les dragons, pour leur noblesse et leur force, il n’avait aucune envie de le faire de l’intérieur. La jeune femme lui dit qu’ils pouvaient y aller. Le Guerrier ne répondit pas et ouvrit le chemin. Il marchait d’un pas décidé, même si l’odeur de la fumée lui donnait le tournis, et la nausée. Le lièvre se balançait et tapait contre sa cuisse au rythme de ses pas, et son arcade le piquait. Pendant qu’il sortait un mouchoir de sa tunique, il dit juste :

« - T’es pas de Cibella. »

Ce n'était pas une question, mais une affirmation. Une native des lieux aurait eu plus de respect pour la nature, et pour ses habitants. Serenus commença à éponger son front et, tout en grimaçant, il demanda :

« - C’est quoi ton nom ? Vu que tu connais le mien, et que je connais celui de ta dragonne, y vaudrait mieux que tu dises le tien tu crois pas ? Je pense pas que « la novice » ou la « folle aux flammes » te plaise comme surnom. »

Il fit un sourire sincère et continua à marcher. Son mouchoir fut vite rouge de sang et, dépité, il le rangea dans sa poche. Elena n’allait pas être contente. Elle allait encore devoir le recoudre. A force, elle était devenue aussi douée pour recoudre aussi bien les vêtements que les gens. Le Guerrier laissa échapper un sourire amer et, quand ils furent assez éloignés du brasier, il mit quatre doigts dans sa bouche et siffla. Le maitre d’écurie lui avait dit que, si le cheval était impulsif et peu enclin à obéir à son cavalier, il répondait aux sifflements, car, pour lui, ce son signifiait manger. Le Guerrier fit quelques pas, siffla de nouveau et répéta l’opération plusieurs fois, tout en regardant autour de lui. L’animal ne se montrait pas. Soit il était trop loin pour l’entendre, soit il avait trop peur pour venir, soit il n’avait pas pu échapper au brasier, dans ce cas, il n’y aurait plus rien à faire. Le Guerrier soupira et se tourna vers la Chevaucheuse. Il lui demanda :

« - Est ce que Royale a vu quelque chose ? Mon cheval a une robe bai-brun. Si elle le trouve, qu’elle ne l’effraye pas, il n’est pas habitué aux dragons. »

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Sam 10 Juin - 9:17

Abigaïl hausse un sourcil, étonnée de voir que Royale préfère ne pas répliquer. Au fond d'elle, elle se sent bouillir. Contrôler ses flammes... Royale contrôle toujours ses flammes. Ses flammes vont là où elle leur dit d'aller. Si elle a décidé de brûler la forêt de Cibella, elle brûlera la forêt de Cibella. Et si elle décide de manger un petit guerrier/voleur pour son quatre heure, elle le mangera. Un rugissement lui remplit l'esprit, signe que l'idée semble la faire beaucoup rire. Abi sourit. Même si haut dans le ciel, Royale n'est jamais loin et veille sur elle. Toujours, petite. Toujours. Rassurée elle lui envoie une caresse mentale. Elle se met alors en marche avec le guerrier qui décide d'entamer une petite discussion. Abi lui jette un regard enflammé. S'il croit pouvoir la faire baisser sa garde ainsi, il a tout faux. La jeune chevaucheuse ne sera vraiment au clair qu'une fois à la Guilde des Guerriers, avec la certitude qu'il n'est pas le voleur qu'elle cherche. Mais, après tout, s'il est bel et bien le voleur, discuter avec lui ne lui apportera rien de plus, et si c'est bien un guerrier, le résultat est le même.

-Non, réplique-t-elle d'une voix sèche.

Sujet délicat dont elle préfère éviter de parler. Ses origines outreventoises représentent une certaine honte pour elle. C'est le souvenir de l'époque où elle s'est laissée faire, où elle a vécu sous les ordres de parents dont elle a cherché à tout pris la fierté alors qu'ils ne l'ont jamais aimé. C'est revoir les racontars des Outreventois, le mépris et le dédain dans leurs yeux, leurs rires moqueurs. Bref, que des choses dont elle n'a pas envie de se souvenir. Pourtant, elle les aime, ces plaines d'Outrevent balayées par les vents. Elles sont belles, se dressant face à l'adversité avec dignité et aplomb. Elles ont fait du vent leur allié et ont ravi bien des cœurs. Mais cela s'arrête ici. A cause des vents et des falaises, son père est mort. Parce que sa mère n'a pas pu imaginer une vie sans lui, elle l'a rejoint en lui donnant naissance. Mais si tout ceci n'était pas arrivé, peut-être que Abi ne serait pas là où elle est aujourd'hui. Curieux comme le Destin peut être subtile. Abigaïl l'a toujours su et sait que c'est Lui qui a tracé sa vie.

Étonnamment, les surnoms improvisés de ce Serenus réussissent à lui faire dégainer un petit sourire. Il n'est pas si loin du compte. Plutôt rusé. Novice elle est, folle aux flammes plus encore. Elle hésite à le laisser l'appeler ainsi puis finalement se ravise.

-Je suis Abigaïl l'Embrasée.

Elle ne lui accorde pas un regard, remarquant à peine le flot de sang qui s'écoule de sa blessure. Qui joue avec le feu s'y brûle. Il se débrouille lui-même avec ses ennuis. Déjà qu'elle est bien gentille de courir après un cheval possiblement inexistant.
Royale ? Effrayante ? Il me flatte, ce bonhomme. Le sourire de la jolie rousse s'agrandit. Oh oui elle est effrayante. Et le cheval est un met fameux, à l'en croire. Je t'en garderai un bout si tu... là ! Je le vois. Un peu plus à l'ouest, en dix minutes. Il broute.
Donc l'histoire du cheval est bien vraie. Son voleur est à pied.
Merde.

-Ton cheval est à une dizaine de minutes un peu plus à l'ouest, explique-t-elle. Enfin... il y en a un, après de là à dire que c'est le tien...

Elle reste encore septique, la jeune chevaucheuse. Tant qu'elle n'aura pas la confirmation par la Guilde, Abigaïl le considérera comme son potentiel voleur. Même si son doute ne cesse de grandir. Ils tournent donc plus à l'ouest et poursuivent leur route pendant une dizaine de minutes jusqu'à une autre clairière où un cheval broute. Royale est beaucoup trop haut, flânant dans le ciel, pour l'effrayer. Mais la bête redresse la tête en les voyant et Abi s'arrête. Sa dernière expérience avec un cheval remonte à cette fameuse fois où elle a quitté son mariage et son derrière s'en souvient encore.

-C'est le tien alors ?

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mar 20 Juin - 18:35

Il avait tellement hâte de voir sa tête quand elle comprendrait qu'elle avait tort ! Il aurait alors non seulement gagné une nouvelle bataille mais aussi la satisfaction de ne pas avoir cédé face à un Chevaucheur avide de gloire. Il marchait d'un pas assuré, satisfait, malgré le sang qui salissait sa tunique. Il fit une remarque sur le fait que la jeune femme n'était pas née à Cibella, qu'elle confirma par un "non" sec et expéditif. Voilà qui était clair. Elle allait droit au but et ne cherchait pas à raconter sa vie. De toute façon, Serenus n'avait pas envie de l'entendre, pas pour le moment. Un petit silence s’installa, durant lesquelles le Guerrier essayait de deviner l’endroit où avait pu voir le jour une telle furie. Bellifère ? Non. Ils ont pas de mage là-bas. Pas Lagrance, ça c’est sûr, ils supportaient pas qu’on fasse du mal aux plantes. Un tel sens du devoir et une telle détermination, cela lui faisait plutôt penser à Outrevent. Elle était têtue et n’avait pas apprécié ses remarques qui avaient dû porter un coup à son ego et à son sens de l’honneur. Oui, il la verrait bien Outreventoise cette gamine.

Il rompit le silence (façon de parler, vu le boucan que faisait le rugissement des flammes dévorants la forêt de son enfance) en lui demandant son prénom. Après tout, il connaissait celui de son dragon, et elle connaissait le sien. Il était normal d’équilibrer les choses entre eux deux. Elle lui répondit qu’elle s’appelait Abigaël l’Embrasée. A ces mots, Serenus retint un éclat de rire. Ce nom lui allait si bien, vu sa profession et sa tendance à tout réduire en cendre. Serenus se tourna vers elle et lui dit sur un ton moqueur :

« - Abigaël l’Embrasée, la Chevaucheuse. Pourquoi cela ne m’étonne-t-il pas ? Remarque, t’a le nom qui colle parfaitement à ce que tu fais. Ça aurait été bizarre si t’avais été autre chose. » Il leva les bras et reprit en imitant la voix et le ton de la jeune femme « J’suis Abigaël l’Embrasée, la cuisinière ! » Il les baissa et lâcha un petit rire. Il dit en riant : « Vaut mieux que tu restes Chevaucheur, sinon t’es mal. »

Il s’arrêta de rire et observa les alentours. Il siffla encore une fois son cheval et soupira. Ou était donc cette satanée bête ! Il espérait qu’elle n’ait pas fini grillée dans les flammes. Mais, heureusement il avait de la chance. La dragonne avait repéré un cheval à une dizaine de minutes de marche à l’ouest. C’était peut-être le sien. Il hocha la tpete et la suivit à travers les bois jusqu’à une autre clairière. Serenus siffla par réflexe et, quand l’animal leva la tête pour les regarder, il soupira de soulagement. C’était bien le sien, et il n’avait pas été blessé. Il s’engagea dans la clairière, ignorant le dragon qui les survolait et la jeune femme pour s’approcher prudemment de sa monture. Si elle était encore sous l’emprise de la peur, il pourrait finir par se prendre un coup de sabot dans la figure. Le cheval cessa de manger et le regarda arriver. Il était encore nerveux, vu les coups d’œil qu’il jetait à la fumée de l’incendie. Le Guerrier arriva à sa hauteur et caressa doucement son cou tout en murmurant des mots rassurants. Il passa la main sur son museau et attrapa une pomme dans un des sacs de la selle pour l’offrir à l’animal. L’étalon l’accepta et se détendit.

Serenus rangea le lièvre mort dans le sac quand il entendit la voix de la Chevaucheuse qui lui demandait si ce cheval était le sien. Serenus se tourna vers elle, remarqua qu’elle restait à une certaine distance de l’étalon, puis il lui répondit en souriant :

« - Oui, c’est mon cheval, ou, du moins, celui de la Guilde. Tu peux remercier Royale de l’avoir retrouvé pour moi s’te plait ? »

Serenus attrapa la bride du cheval et lui donna le dernier morceau de la pomme. Il reprit avec un sourire :

« - Je vais tenir ma promesse à présent. Je vais t'suivre et prouver mon innocence à tes supérieurs. »

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Dim 2 Juil - 22:53

Plus le temps avance, plus Abigaïl doute. L'histoire du cheval est bien véritable alors le reste l'est sûrement aussi ? Sauf s'il la mène en bateau et compte lui fausser compagnie en route. Pourtant il n'en a pas vraiment l'air et Abi doute elle-même de ses pensées. Mais la jeune femme a toujours été prête à assumer ses erreurs et même si son parcours frôle la perfection, la jeune Chevaucheuse fera ce qu'il faut pour n'en faire qu'un malheureux souvenir.
Le « guerrier », en tout cas, est confiant et ce n'est pas que la maigre tentative de dérider l'ambiance sur son prénom qui lui fait dire. Tentative accueillit par une froide indifférence. Le côté Outreventois d'Abi prédomine et elle n'a guère l'habitude des attitudes plus libérées des Cibellans. Sans compter que l'humour, pour le moment du moins, n'est pas un sujet qu'elle maîtrise haut la main. Il te remercie d'avoir retrouver son cheval. S'il est reconnaissant, qu'il s'incline. Abi pouffe légèrement.

-Tu peux t'éloigner un peu, Royale va venir et je vais continuer en volant. Si tu tentes de t'échapper, je ne la retiendrai pas pour te manger, toi et le cheval.

Elle achève sa phrase par un sourire légèrement malsain, comme si l'idée lui plaît vraiment, au fond. Elle attend donc qu'il s'éloigne avant d'appeler Royale. Quelques battements d'ailes décoiffant plus tard, Abi se retrouve sur Royale, fendant le ciel, laissant une forêt finir de flamber paresseusement derrière elles. La dragonne continue d'observer de loin le cavalier qui ne fait pas un seul faux pas, poursuivant sa course vers La Volte, pour y rencontrer la Guilde des Guerriers. Je ne pense pas qu'il mente, Royale. Il semblerait, petite. Il semblerait. Mais ne t'inquiètes pas petite, ils ne te vireront pas comme ça. Je sais bien. Tu veilles sur moi. C'est ça. Et personne ne veut vexer la reine d'un vol. Mais je ne pourrais pas alléger ton châtiment, petite. Il faudra assumer nos débordements. J'assumerai tout ce qu'il faut assumer. Je n'en ai jamais douté.
Le regard de la Chevaucheuse est le reflet parfait de sa chevelure. Le brasier de ses pupilles s'accorde à merveille avec les flammes de ses cheveux roux. Elle a le regard fier et digne, Abigaïl, prête à affronter la punition qui lui est dû alors que les contours de La Volte se font de plus en plus distincts. Et elle sait, alors qu'elle passe les remparts, suivis par « le guerrier » et sa monture, qu'elle a commis une belle erreur. Elle n'a plus qu'à lui présenter ses excuses, ainsi qu'à la Guilde, son Capitaine et paraître devant sa duchesse pour lui expliquer ce léger quiproquo qui a entraîné la perte d'une petite forêt. Petite, certes, mais néanmoins précieuses pour le patrimoine si célèbre de Cibella, connu pour la verdure de ses forêts.

Quelques minutes plus tard, Abi a posé pied à terre et regarde l'ombre du guerrier la rejoindre. Elle sourit légèrement en le voyant arriver et son air serein laisse bien montrer qu'elle n'a nulle crainte pour ce qui va suivre. Abi a horreur d'avoir tord et ne supporte pas de s'excuser mais lorsqu'elle commet une erreur et qu'elle le sait, la Chevaucheuse met de côté sa fierté et assume ses responsabilités. C'est la preuve d'une grande maturité, pour elle, et jamais elle ne laissera quelqu'un jaser sur son incapacité à reconnaître ses tords. Il lui reste encore assez d'honneur outreventois pour le préserver dignement dans de tels moments. Surtout que, maintenant, l'honneur de sa Caserne et de son dragon sont en jeu et elle ne laissera personne critiquer l'un ou l'autre. Elle assumera ce que la Caserne décidera.

-Conduis-moi à ta Caserne, guerrier. Il semble que je me sois fourvoyer, j'assumerai ce que je dois assumer.

Sans se départir de son léger sourire, mais très sérieuse dans ses dires, la Chevaucheuse emboîte donc le pas au guerrier, prête à affronter le châtiment qui lui incombera.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mer 5 Juil - 21:08

La Chevaucheuse semblait maintenant consciente qu'elle avait fait une grosse erreur en le prenant pour un voleur et en le traitant ainsi. Elle doutait, son visage exprimait son désarroi et sa confusion. Serenus était aux anges. Son cheval, à lui seul, était la preuve de son innocence. Elle garda cependant son sang froid et lui conseilla de s'éloigner, car elle allait voler un moment sur le dos de son dragon. Serenus hocha la tête et enfourcha sa monture. L'animal, bien trop content de retrouver une présence rassurante, poussa un hennissement avant de partir au galop, en direction de la ville. La tâche ne fut pas simple, les flammes leur barraient la route et ils durent faire plusieurs détours avant de sortir de la forêt. C'était facile pour Abigaël, elle volait, elle passait par dessus les obstacles et les flammes en en rien de temps. Tout était plus facile pour les mages et les chevaucheurs. Serenus soupira et fit freiner son cheval avant de lui faire prendre un autre chemin. Ils n'étaient plus très loin de la lisière de la forêt, ils seraient bientôt en sécurité.

La jeune femme et son dragon les attendaient patiemment, et Serenus décida de prendre son temps. Il mit son cheval au pas pour le laisser souffler un peu, et rejoignit les deux compagnes. Il fit un grand sourire et dit sur un ton moqueur :

"- Désolé de vous avoir fait attendre mesdames. Je n'avais pas d'ailes pour contourner les flammes."

Il descendit de sa monture et regarda la ville qui se dressait à l'horizon. Abigaël lui demanda de la conduire à sa "Caserne" pour qu'elle puisse assumer les conséquences de son erreur. Serenus laissa échapper un rire avant de répliquer :

"- Une Antenne, pas une Caserne. Mais je te pardonne, tu pouvais pas le savoir, vu que tu sais pas faire la différence entre un Guerrier et un voleur."

Il lui fit un sourire qui, cette fois ci, n'avait rien de moqueur, celui ci était sincère. Cette petite avait encore beaucoup à apprendre, il était normal qu'elle fasse des erreurs, c'était humain après tout. Et c'était dragon aussi, vu l'incendie provoqué par Royale. Ils ne seraient pas renvoyés, Serenus en était certain. Elle avait du potentiel et une détermination qui était admirable. Serenus commença à marcher et lui dit, comme pour la rassurer :

"- Tu m'as aidé à retrouver mon cheval Abigaël L'Embrasé, et mieux encore, je n'ai pas fini dévoré. Même si tu as détruit une forêt, et que tu m'as parlé comme si j'étais un moins que rien, je te promet d'être indulgent. Ce n'est pas mon genre d'avoir des Chevaucheurs parmi mes ennemis. Je ne tiens pas à finir cramé."

Serenus décida, pour combler le silence, de raconter quelques unes de ses aventures, il lui parla de ses voyages à travers Faërie, de sa formation à Lorgol, il lui parla de son amie Solveig, et de beaucoup d'autres choses. Il ne savait pas pourquoi il papotait ainsi comme une femme, il en avait besoin, c'est tout. Un peu de son expérience permettrait sans doute d'enrichir celle de la jeune Chevaucheuse. Au bout d'un moment, il se tourna vers elle, alors qu'ils entraient dans la Volte. Il lui dit en souriant :

"- On a encore un peu de temps avant d'arriver à la Guilde. J'ai sans doute assez parlé de moi. A ton tour, si tu le veux bien."

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mar 11 Juil - 11:20

La réplique cinglante du guerrier lui arrache un froncement de sourcil. Royale grogne. Certes, Abi a tord dans cette histoire. Mais le guerrier ne semble pas se rendre compte de la gravité de la situation. Après tout, il était très suspect. Un homme seul qui semble vouloir fuir dans la même forêt où son voleur a disparu. Il ose insinuer une telle chose alors que, dans une situation similaire, Abigaïl ne doute pas qu'il agirait de même. Mais, après tout, Abi a tord alors elle ne dit rien. Son sourire s'efface juste et elle reprend sa route, la tête haute. Elle accueille la suite de ses propos par un haussement de sourcil intrigué. Décidément, elle a dû mal à cerner cet homme. Quel étrange phénomène. La remercier alors qu'elle a bien failli le tuer et qu'elle a brûlé une de ses forêts sous ses yeux. Il a cependant raison. Mieux vaut ne pas l'avoir comme ennemi. Quelques unes de ses rencontres se souviennent encore de la désagréable impression de roussi qu'elle laisse traîner derrière elle. Elle a même déjà brûlé les cheveux d'une petite noble teigneuse qui se la jouait beaucoup trop. Alors Abi sait qu'il ne vaut mieux pas se frotter à Royale ou elle. Qui s'y frotte si brûle. Le rire narquois de la dragonne redonne un peu le sourire à la jolie rousse. Royale sait parfaitement dédramatiser une situation.

Le guerrier, en revanche, est un incroyable bavard. La Chevaucheuse le regarde, étonnée. Elle a rarement parlé autant avec quelqu'un. Rhaps, par exemple, est muette. Elles discutent beaucoup mais leur conversation sont plutôt silencieuses. Enfin ce n'est pas gênant, elles se connaissent depuis longtemps et se comprennent sans avoir vraiment besoin de parler. Mae et elle passent leur temps à se disputer, donc on peut pas vraiment parler de discussion. Quant à Aya... même si elle adore son aînée, la Chevaucheuse outreventoise n'est pas non plus une grande bavarde et cela fait un moment qu'elles ne se sont pas vues, même si elles gardent contact par correspondance. Antonin n'est pas un grand bavard également, à la différence de leurs dragons respectifs qui ne cessent de jaser lorsqu'elles se retrouvent. Bref, Abi n'a guère l'habitude d'avoir à faire à un tel personnage. De plus, non seulement il raconte sa vie, mais il lui demande de raconter la sienne. De nouveau, Abi fronce les sourcils. Il n'y a rien à dire sur elle. L'Outreventoise n'est pas encore bien au fait des mœurs des Cibellants, et même si vivre à Lorgol l'a éloigné de son pays natal, elle reste tout de même réservée sur sa vie. Abigaïl a toujours eu horreur de s'étendre dessus. Elle choisit donc de rester évasive.

-Il n'y a pas grand chose à dire sur moi. Je viens d'être promue Chevaucheuse, je vous ai confondu avec un voleur et j'ai brûlé une forêt. Voilà.

Elle se renferme donc dans son mutisme alors qu'ils s'enfoncent de plus en plus dans la ville, devenue trop étroite pour Royale qui choisit de s'envoler de nouveau et d'attendre vers la Caserne où des terrains plus vastes lui permettent d'être plus à l'aise. Mais la dragonne reste toujours connectée à elle. Elle présentera des excuses pour les dommages causés à Cibella et pour le quiproquo. En revanche, elle ne s'excusera certainement pas d'avoir fait son travail. Quoiqu'il en soit, c'est la première erreur de son parcours. Inutile de dire que son Capitaine saura la rappeler à l'ordre.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Jeu 13 Juil - 18:54

Après tout ce qu'il lui avait dit, il s'attendait au moins à ce qu'elle lui rende la pareille. Mais non, madame continuait à jouer les renfermées. Elle le regardait d’un air qu’il n’aimait pas beaucoup et elle fronça les sourcils. Elle lui résuma sa vie en une seule phrase sèche et froide. Très bien. Qu’elle retourne donc jouer aux apprenties chevaucheuses avec sa machine à incendie sur pattes. Serenus fronça à son tour les sourcils. Il avait essayé de détendre l’atmosphère, il avait tenté de rendre les choses plus faciles, mais il s’était heurté à un mur. Il avait dit qu’il serait clément, mais il n’irait pas l’inviter à boire un verre après cette histoire, si c’est pour entendre des phrases courtes et des menaces. Serenus redressa la tête d’un air hautain et lui dit en soupirant :

« - Comme tu voudras. Nous sommes arrivés. »

Il lui montra alors l’antenne de la Guilde de Guerriers de la Volte. La bâtisse n’était pas très impressionnante, mais on s’y sentait tout de suite chez soi. C’était là que Serenus avait passé tant de temps à s’entrainer, à former les recrues et à jouer aux dés. Serenus pensa alors qu’il devait douze fleurons à un collègue avant de donner son cheval au maitre d’écurie, qui tiqua sur l’odeur de roussi qui émanait du pelage de la bête. Serenus sourit d’un air innocent et alla ouvrir la porte de l’antenne. D’un geste galant, malgré l’amertume qu’il ressentait, il la garda ouverte pour laisser passer la Chevaucheuse. Quelques Guerriers étaient présents et, à leur arrivés, ils se retournèrent tous pour observer la nouvelle venue. Serenus entendit un ou deux commentaires chuchotés et il les fit taire d’un geste ayant pour but de les rassurer. Non, il ne s’était pas trouvé une maitresse, bien au contraire. Les Guerriers retournèrent à leurs occupations et Serenus s’approcha de son Capitaine, qui était occupé à faire disparaitre dans son estomac un bon gigot. Le Guerrier lui souffla à l’oreille qu’il avait besoin de son aide et son supérieur, après un soupir, se leva. Serenus le mena à la jeune femme et, d’une traite, expliqua la situation.

Il passa sous silence le fait qu’il avait failli finir en déjeuner pour dragon mais parla de la pauvre forêt qui devait encore être en train de bruler. Il expliqua ensuite qu’elle l’avait aidé à retrouver son cheval qui s’était enfui puis se tourna vers elle, attendant de voir sa propre version des faits. Après avoir entendu les deux, le Capitaine commença par confirmer que Serenus était l’un de ses hommes, il parla de ses quelques missions les plus mémorable avant de retourner vers la table. Il écrivit un mot pour le Capitaine de Vol de la Volte. Si Serenus ne pouvait en voir le contenu, il espérait que son supérieur soit assez ferme dans ses propos. Cette jeune femme avait encore beaucoup à apprendre, et ce n’était pas en se montrant conciliant, comme lui-même le faisait, qu’elle allait progresser. Le Capitaine n’avait pas dit grand-chose, après tout, ce n’était pas à lui de réprimander la jeune Chevaucheuse, mais plutôt son homologue Chevaucheur, il ne pouvait qu’exprimer son point de vue. Serenus prit le mot et retourna vers Abigaël. Il lui fit une petite moue avant de lui dire :

« - Ce malentendu ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir l’Embrasée. Tu vas pouvoir retourner à la chasse aux voleurs. Ton fameux brigand ne devrait pas être très loi, surtout s’il est à pied. Allons à la Caserne. »

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Mer 26 Juil - 21:56

C'est le menton levé et la démarche assurée que la Chevaucheuse pénètre dans l'antenne de la Guilde des Guerriers de La Volte. Le guerrier qui l'accompagne se ferme, refroidi par ses remarques réservées. Abigaïl songe qu'elle peut être plus avenante, compte tenu des circonstances qui ne jouent pas du tout en sa faveur, mais on ne se refait pas. Elle a toujours eu du mal à se confier aux autres. Il n'y a guère que Rhaps qui a gagné sa confiance totale, et Aya qui l'a guidé pendant sa formation de Chevaucheuse. Il y a aussi Mae mais avec Mae c'est... tendu. Non que Abi l'aime pas mais leur caractère est tellement enflammé qu'elles discutent à coups de piaillements excités et passent leur temps à se contredire. Alors avant que le guerrier ne parvienne à transpercer sa dure carapace, il y a un monde à découvrir.

Quelques guerriers les regardent passer, l'air intrigué, d'autres le visages bon enfant, comme s'ils comprennent la situation. La jolie Chevaucheuse n'y tient absolument pas compte. Ils finissent par se retrouver devant le responsable et Abi les suit pour mettre au clair la situation. Elle laisse le guerrier s'exprimer, de toute façon, il n'y a pas grand chose à rajouter. Il passe même sous silence les propos véhéments de sa dragonne et son envie soudaine de s'en servir comme déjeuné. Finalement, c'est au tour d'Abigaïl de parler et elle lui explique comment elle a dû chasser un voleur, comment elle la suivit dans la forêt dans laquelle elle y a trouvé Serenus et comment le quiproquo s'est ainsi créé. Elle finit par ajouter des excuses, précisant que ses erreurs de débutantes de reflètent en rien les sentiments de sa propre guilde envers eux. Mais la belle rouquine sait d'avance que le pire reste à venir. Son Capitaine et elle.... si sa supérieur admire le talent de sa Chevaucheuse, elle ne peut dire la même chose de son comportement. Elle sait que ces attitudes laissent parfois à désirer et peuvent lui amener des situations compliquées. Le supérieur du guerrier écrit un mot qu'il tend à Serenus et leur indique de se rendre à la Caserne. Il ne fait pas plus de commentaires que ça à la jeune Chevaucheuse. Intérieurement, Abi apprécie même si elle comprend. Ce n'est pas au Capitaine de la Guilde des Guerriers de se charger de la recadrer. C'est le rôle du Capitaine de sa Caserne.

Lorsqu'ils sortent, Abigaïl inspire profondément puis lève les yeux au ciel, fixant le bleu azur dans lequel elle vole habituellement, privilégiée parmi le commun des mortels. La voix de Serenus la ramène sur terre et elle hoche la tête avant d'ouvrir la marche, cette fois, se dirigeant de pied ferme vers sa caserne. Royale est avec elle, elle sent son soutien, fermement attaché à sa Chevaucheuse. Sa présence rassure tout de même la Chevaucheuse. En soit, elle n'a pas spécialement peur de se faire virer, elle sait que non. Ce qui l'angoisse plus, c'est de se dire que son Capitaine risque de ne plus lui faire confiance. Mais après, l'Outreventoise a trop connu de moments où elle a été la honte de sa famille pour se focaliser trop longtemps dessus. Elle n'a pas à avoir honte d'avoir essayé de faire son travail. Et elle travaillera encore plus dur pour faire oublier ce fâcheux incident.
C'est sur ces bonnes paroles qu'ils atteignent finalement sa Caserne où Royale peut s'étirer dans l'espace de la cours. Elle couve sa Chevaucheuse d'un regard enflammé alors que la chevelure flamboyante de cette dernière disparaît dans l'entrée principale. Elle croise quelques visages connus qu'elle salue d'un signe de tête pour s'arrêter devant le bureau de son capitaine. Elle frappe trois coups et attend l'autorisation avant de pousser la porte. L'endroit est simple et austère et Anaëlle se tient derrière son bureau, son habituel air autoritaire collé au visage.

-Tiens, tiens... Abigaïl...

-Capitaine.

Les deux Chevaucheuses se fixent un moment dans les yeux avant que Abigaïl détourne les siens tandis que ceux de son capitaine vont se poser sur son accompagnant. Elle plisse un instant les yeux, avant de pousser un soupir.

-Qu'est-ce que tu as fais ? gronde-t-elle d'une voix dure.

Une nouvelle fois, Abi pousse un soupir. Puis, elle se lance dans les explications.

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Message Sujet: Re: Boum, badaboum, badabigboum [Serenus & Abigaïl]   Dim 30 Juil - 20:58

Serenus prit le message de son supérieur, et annonça à la Chevaucheuse qu'ils pouvaient y aller. Et ils prirent ensemble le chemin qui menait à la Caserne de la Volte. Sur le chemin, Serenus pouvait sentir que la jeune femme à ses côtés était nerveuse. En même temps, elle avait fait une énorme bêtise, elle ne devait pas s'en sortir comme ça. Serenus, s'il était Chevaucheur, et s'il confondait un Guerrier avec un voleur, ne mettrait jamais le feu à une forêt. Il était conscient de leur valeur, aussi bien pour les hommes que pour les animaux, et savait qu'en cas de danger, elles pouvaient constituer un abri de choix. Celui qui connaissait la forêt avait un avantage de taille sur ses ennemis. Serenus reste silencieux, et suit tant bien que mal Abigaël qui avance d'un pas décidé vers son destin. Il était inutile de tenter de faire la conversation tant que cette histoire n'était pas finie.

Ils arrivèrent, après un temps qui parut interminable au Guerrier, à la Caserne. Serenus entra après la jeune femme, et en profita pour observer les lieux. C'était plus aéré, moins pesant qu'à la Guilde, mais Serenus pouvait y sentir la même ambiance qu'à l'antenne. Une ambiance chaleureuse, fraternelle, et détendue. Chacun pouvait s'y sentir chez soi, et vivre au sein d'une gigantesque famille. Serenus sourit et salua les quelques Chevaucheurs présents. Il en connaissait quelques uns de vue, et l'un d'eux était un ami d'enfance qui avait bien réussi sa vie. Le Guerrier lui fit une accolade chaleureuse et prit des nouvelles de lui et de sa famille avant de retourner vers Abigaël. Ils entrèrent dans un bureau simple qui ramena tout de suite le Guerrier dans la dure réalité. Etre convoqué la dedans, cela n'avait rien de réjouissant. La Capitaine posa une question à la jeune femme, d'une voix sèche qui fit dresser les poils de la nuque du Guerrier. En voilà une femme avec du caractère ! Elle ne devait pas être du genre à se laisser marcher dessus. Serenus plaignit son mari, si elle en avait un, et tendit la lettre de son supérieur. Abigaël se lança dans des explications et, quand ce fut le tour de Serenus, il fit exactement le même résumé qu'à la Guilde. Il demanda à ce que la perte de la forêt ne reste pas impunie mais passa sous silence les menaces de finir en repas pour dragon. Il parla également de son cheval, qu'elle et son dragon avaient retrouvé. Puis il se tut. Maintenant, il fallait attendre le verdict de la Capitaine de Vol. Serenus recula d'un pas et observa la scène, cela n'allait pas être une partie de plaisir, mais c'était nécessaire, pour éviter que ce genre d'incident se reproduise.

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