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 Le corps et le cœur mis à rude épreuve

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Le Pavillon Noir • Modo
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Je suis : chirurgien à bord de l'Audacia et baron d'Orsang

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Message Sujet: Le corps et le cœur mis à rude épreuve    Dim 14 Mai - 18:58


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Géralt de Rives

Le corps et le cœur mis à rude épreuve

Un jour comme les autres, sur la lande d'Aubenacre



• Date : 10 février 1001
• Météo : Gris, froid, humide
• Statut du RP : Privé, solo
• Résumé : Géralt fait face aux mots venimeux de son père alors qu'il est en visite à Aubenacre lors d'une permission.
• Recensement :
Code:
• [b]10 février 1001 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2144-le-corps-et-le-coeur-mis-a-rude-epreuve]Le corps et le cœur mis à rude épreuve[/url] - [i]Géralt de Rives[/i]
Géralt fait face aux mots venimeux de son père alors qu'il est en visite à Aubenacre lors d'une permission.


_________________

#1870AB
















Dernière édition par Géralt de Rives le Dim 14 Mai - 19:00, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le corps et le cœur mis à rude épreuve    Dim 14 Mai - 18:59

« Grandis. »

Le mot, implacable, claque dans les airs. Tu as l'impression qu'on vient de te gifler. Tu serres les poings et la mâchoire. Tu déglutis difficilement et tu pries pour avoir la force de tenir, de ne pas céder un millimètre de terrain à la Violence. Tu as combattu tant d'années son influence néfaste, celle de ton père, celle de certains de tes frères, de tes compatriotes. Baisser les bras maintenant serait un gâchis sans nom. Ce serait ruiner ta vie, salir toutes tes actions précédentes, trahir tes sœurs, ta nièce et Gédéon. Ta mère aussi, dans une certaine mesure, elle qui a enduré tant de souffrance et d'humiliation avant de rassembler le courage de quitter la Violence.

Tu fermes les yeux. Tu inspires discrètement pour te donner le courage de laisser les mots glisser sur toi.

« Tu as bientôt 25 ans. Tu as un métier. Il est temps de devenir un homme, mon fils. »

Ces deux derniers mots sont censés être marques d'affection. Sauf qu'ils sont prononcés par Géraud. Un homme alcoolique, violent et violeur. Un homme qui a fait fuir sa première femme et a tué sa deuxième. Un homme qui méprise les femmes tant chéries qui font ta vie. Un homme qui ne manque aucune occasion de martyriser Gédéon. Un homme qui aurait sûrement brisé Quitterie comme il le fait avec Désirée, si elle était restée.
Ces deux derniers mots sonnent creux et ne te font aucun effet. Ils font simplement naître un rictus sarcastique sur tes lèvres et te permettent de relever la tête. Ce mouvement semblent énerver d'autant plus Géraud, qui s'approche de toi, jusqu'à ce que vous vous retrouviez nez à nez. Il pense d'intimider de sa « grandeur patriarcale », sauf que tu ne fléchis pas. Ton regard s'ancre totalement dans le sien et, l'espace d'un instant, tu penses y déceler une certaine fierté. Seulement, cette étincelle est étouffée aussi vite qu'elle est arrivée. L'alcool reprend ses droits, la Violence aussi. Il retrousse légèrement le nez puis relève le menton.

« Si tu pouvais faire preuve d'autant d'insolence et de volonté ailleurs, tu pourrais être quelqu'un. »

La cruauté de ses mots et la déception dans sa voix soulèvent en toi une colère froide. Il n'a pas le droit d'être déçu quand lui-même n'apporte que déshonneur sur votre nom et souffrance parmi tes proches. La colère redouble. Elle t'affaiblit bien malgré toi, dépoussière des doutes et une culpabilité mal placés que tu tentes d'éradiquer depuis longtemps sans jamais y parvenir. Seul Géraud parvient à avoir cet effet sur toi et tu détestes ça. Tu le hais en partie pour ça. Tu hais comment il réussit à te mettre dans tous tes états, à creuser là où ça fait mal. Tu hais qu'il parvienne à vous garder dans sa poigne de fer, malgré tout. Tu le hais tellement fort.

Ta respiration se fait plus courte. Tes poings se mettent à trembler, impatients d'aller s'écraser sur son nez tordu et rougeâtre. Les effluves d'alcool émanant de lui t'enveloppent et te font tourner la tête l'espace d'un instant, tant elles sont fortes. Brièvement, tu l'entrevoies, la Violence. Elle attend, elle est prête à bondir sur toi, sur Géraud. Elle n'a qu'une hâte : vous réduire en charpie tous les deux. Ses râles morbides susurrent à ton oreille, tentateurs. Un gémissement de douleur, derrière toi, enflamme la rage qui te consume en cet instant. Honteux, tu réalises que tu as envie de lui céder. Tu as envie de lui donner ce qu'elle veut, pour obtenir ce que tu veux : faire payer à l'homme enviné qui te fait face, lui faire comprendre à quel point il a empoisonné vos vies et scarifié vos âmes et vos corps.

Automatiquement, Désirée apparaît devant tes yeux et tes doutes refont surface. A propos de ce que Géraud lui a fait, continue peut-être de lui faire lorsqu'elle est seule. Et tu fulmines, tu rouvres des yeux pleins de haine et assoiffés de vengeance. Tu trembles de tout ton corps et Géraud le voit bien. Un sourire satisfait et narquois naît sur son visage et ta respiration te fait défaut l'espace d'un instant. Ta main se porte instinctivement à l'arme que tu portes à la ceinture – toujours lorsque tu reviens à Aubenacre, toujours – et tu commences à lâcher prise. Tu commences à ouvrir la porte à la Violence. Tu le sens, tu-

« Géralt… S'il te plaît. »

La supplique fait éclater la bulle de chaos qui t'entoure. Sans préambule. Le choc est violent. Tu écarquilles les yeux d'un coup et laisses en même temps retomber ta main le long de ton flanc. Tu inspires brusquement, mélange d'air et d'alcool en vapeur, et la tête te tourne à nouveau. Tu recules d'un pas maladroitement, confus. Le visage de Géraud se ferme quand il réalise que tu te rétractes, que tu abandonnes la confrontation. La colère y apparaît et, toi, tu blêmis, secoué par ce qui vient de se passer. Tu recules encore d'un pas, d'un autre, puis tu te retournes et t'accroupis près de celui qui t'a sauvé de toi-même.

Alors que ta main va soutenir sa tête, se poser sur sa joue, Gédéon te sourit faiblement, entre deux coupures sur sa lèvre éclatée. Les larmes te montent aux yeux mais tu les ignores. Tu essaies de lui sourire également, mais tu dois probablement lui offrir une grimace à la place. Il a l'air tellement mal en point, là, au sol, battu, éreinté. Ton cœur se serre. « Pardonne-moi. » Ton murmure n'est audible que par ton frère ; Géraud, lui, est déjà en train de se resservir un verre. Tu t'excuses pour ton emportement, de t'être laissé aller à la Violence, mais aussi parce que tu n'es pas arrivé à temps pour bloquer le bras du vieil Aubenacre.

Ton grand frère te sourit à nouveau, en fermant les yeux. « J'ai mal partout, tu sais ? » Tu hoches la tête, t'essuies discrètement les yeux et t'empresses de passer tes bras en-dessous de lui pour l'aider à se relever. « Je sais, je vais t'aider. Ça va aller, Gédéon. » Il gémit alors qu'il tente de se redresser. La culpabilité t'étreint beaucoup trop intimement tandis que tu le forces à tendre ses muscles, à faire craquer certains os, à tirer sur certaines blessures. « J'ai mal, Géralt, j'ai mal. Fais quelque chose. » Il gémit de plus belle et ces bruits te font un tel mal au cœur. Ils ravivent ta rage mais tu la relègues du mieux que tu peux au second plan. Chaque chose en son temps : Gédéon est ta priorité.

« C'est ça, aide l'attardé à déguerpir de mon sol. Il en sera plus propre. » Les mots sont crachés, un peu bancals à cause de l'alcool. Tu l'ignores, purement et simplement. Alors il continue. « C'est tout ce que tu sais faire : défendre les faibles, les moins-que-rien, la vermine. Quel gâchis. Tu finiras comme eux, à ce compte-là. »

Tu serres les dents alors que tu réussis à faire tenir Gédéon sur ses jambes. Tu te forces à ne pas entendre le poivrot qui te fait office de père. Tu pries le Destin pour qu'un jour les choses changent, qu'il goûte enfin à la souffrance qu'il a infligée et inflige à ses proches. « Je veux pas, ça fait trop mal, je veux pas. M'oblige pas à bouger. » Ton frère se met à sangloter contre toi et le sentiment d'impuissance qui t'étreint fait remonter des larmes à tes yeux. Tu serres tellement fort ta mâchoire qu'elle te donne l'impression de pouvoir casser à tout moment. « Pardonne-moi. Je vais prendre soin de toi, mon frère. Pour moi, sois fort. »

« Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un débile comme lui et une lavette comme toi ? Des filles, au moins, j'aurais pu les- » Tu le coupes avec fureur, la voix forte et fébrile. « Quoi ? Les rosser, comme les autres ? Les détruire ? Forcer leur c- » Tu t’interromps instantanément en mordant ta lèvre jusqu'aux sangs, conscient que si tu prononces ces mots, aucun retour en arrière ne sera possible. Tu ne tournes pas la tête pour vérifier celle de Géraud. C'est mieux ainsi. Tu n'es pas prêt à avoir cette discussion-là avec lui. Désirée t'en voudrait certainement et c'est la dernière chose que tu souhaites : la blesser comme tous les autres hommes de sa vie l'ont fait avant. Alors tu gardes le silence. Tu vous fais avancer malgré les protestations que Gédéon forme du bout des lèvres. Tu prends autant de son poids que possible sur toi et tu lui souffles des mots d'encouragement. Géraud ne vous retient pas, tu en déduis que le débat est clos pour aujourd'hui.
Jusqu'à son prochain débordement.

En attendant, claudiquant, vous prenez la direction des entrepôts dans le froid mordant, là où Désirée aura de quoi te permettre de soigner ton frère. Ton frère si innocent, qui n'a rien demandé à personne et qui porte, comme vous, le poids d'une famille bien trop tordue, dont la soif de violence ne semble jamais s'étancher.
Ô Destin, si tu m'entends, viens-nous en aide. Il le doit car tu ne sais pas combien de temps encore tu tiendras la Violence à distance. Combien de temps encore tes mains resteront exemptes du sang de Géraud.

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