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 Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur

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Les Chevaucheurs
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Message Sujet: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Ven 19 Mai - 2:15


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Quitterie Aubenacre et Rackham l'Îlien

Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur

RP express



• Date : 30 avril 1002, au soir
• Météo : Il a fait chaud dans la journée, la nuit commence à se faire plus venteuse et froide.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Prévenu par une pirate de l'état critique de Quitterie, Rackham fait le chemin depuis le port de Lorgol jusqu'au camp des réfugiés de l'Académie pour la retrouver. Il n'a pas idée de ce qu'elle a fait et de ce que le Destin lui réserve...
• Recensement :
Code:
• [b]30 avril 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2163-ouvre-les-yeux-ouvre-moi-ton-coeur#65680]Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur[/url] - [i]Quitterie Aubenacre et Rackham l'Îlien[/i]
Prévenu par une pirate de l'état critique de Quitterie, Rackham fait le chemin depuis le port de Lorgol jusqu'au camp des réfugiés de l'Académie pour la retrouver. Il n'a pas idée de ce qu'elle a fait et de ce que le Destin lui réserve...


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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Ven 19 Mai - 2:31

Son état est critique. C’est ce qu’avait dit Sibeliane, à la recherche de Géralt pour le prévenir d’une chose urgente : sa sœur est mal au point. Mais Géralt n’était pas là, et Rackham lui l’était. Le matin même, il s’était vu plongé dans cette réalité incompréhensible et avait encore du mal à l’appréhender. Où étaient ses camarades et ses amis, il n’en avait pas la moindre idée. De même qu’il n’avait plus Obsession… Oh il y avait bien Lionel, mais celui-ci avait disparu à son tour avec Liam de manière… fort remarquable. Mais la petite Quitterie était bien vite venue à l’esprit du capitaine d’Ansemer, inquiet pour la jeune femme qu’il savait à la fois vulnérable et maladroite. Il ne s’était pas imaginé cependant que son mauvais pressentiment soit vrai.

Il y avait des avantages à être un capitaine pirate connu, respecté et craint dans cette réalité. A peine avait-il ordonné qu’on lui trouve un mage des portails qu’il n’avait pas eu à attendre très longtemps pour qu’on lui en amène un, un peu malmené de toute évidence. Sibeliane lui avait dit qu’un camp de réfugiés se trouvait dans les alentours de l’Académie et que Quitterie s’y trouvait. Elle n’avait pas donné plus de détails sur son état, ce qui n’avait fait qu’accroitre l’inquiétude de Rackham. Même la douceur de Calico – pour ce qu’un gorille de cent-soixante kilo peut donner en douceur – n’avait pu apaiser celle-ci.

Le camp qui accueillait les gens ayant recouvrés leur mémoire de cette réalité était grand, quoique très précaire et assez bordélique. Il avait trainé et tourné plusieurs fois avant qu’on lui indique la tente de… de la fille qui s’était crevée les yeux. Il essayait de ne pas trop y croire, Rackham, mais quand il entra dans la tente et vit la petite Quittou couchée sur un lit de fortune, le ventre gonflé et les yeux bandés, son sang se glaça dans ses veines. Il n’était pas médecin ou quoique ce soit, mais il savait reconnaître l’odeur de la mort quand il la voyait. Elle était si pâle, sa Quitterie, le corps trahit des tremblements d’une fièvre et le souffle si faible qu’il en était presque imperceptible.

« R’ste dehors Calico. S’te plaît. » L’immense gorille obtempéra sans un mot, percevant le flot brulant et vivace des sentiments de son mage.

Approchant du lit, il n’osait pas faire le moindre geste. Lui qui était si brusque à l’ordinaire… pourtant, après quelques secondes, il finit par poser une main froide sur le front de la jeune femme. Il ne s’en était pas encore rendu compte, mais il tremblait.

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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Sam 20 Mai - 15:57

Le sommeil de Quitterie n’est pas vraiment reposant. Il est parsemé d’illusions et de fantasmes, de chimères et d’hallucinations, tandis que son esprit fiévreux bat la campagne.  Elle a perdu le contact avec la réalité il y a déjà un long moment, emportée par l’infection qui la ronge insidieusement, trop faible pour résister encore. La douleur ne dévore plus son visage, mais pulse en sourdine dans ce qui semble son corps entier. Elle n’a même plus la force de bouger, la petite Ibéenne fatiguée, étendue sur son matelas de fortune comme si le linceul s’était déjà refermé sur elle pour l’engloutir dans la profondeur des flots. Elle reste là, immobile, à respirer péniblement ; souffle après souffle. Elle a bien perçu la morosité de Marianne, sa frustration d’être impuissante, mais elle n’est plus vraiment en état de le comprendre.

C’est la fièvre qui peuple ses songes de chimères, à présent. Parfois, elle se met à parler, avec sa voix éraillée par la soif, racontant des choses insensées à des personnes qui ne sont même pas là. À Désirée. À Éponine. À Lucille et à Melinda, parfois. À Antonin, aussi. À Octavius, à Maelys, à Abigaïl, épisodiquement. À Géralt, régulièrement. À Rackham, souvent. Surtout à Sayam, et à Serment. Elle délire, lovée dans les bras de la mort qui resserre de plus en plus sa prise sur elle. Le bandeau retenant le pansement sur ses yeux fait partie d’elle à présent – la chose dans son ventre s’est définitivement tue, et elle n’est pas sûre de le regretter. Pourquoi vouloir vivre dans ce monde déserté par tous ceux qu’elle aime ? Elle s’enfonce, Quitterie, toujours un peu plus loin dans les profondeurs du néant. C’est sans étonnement qu’elle entend au loin la voix de Rackham, le nom de Calico. Une main froide se pose sur son front – sûrement Marianne qui tente de la soulager.

Un faible rire, dérisoire et pathétique, la secoue toute entière tandis qu’elle s’adresse à l’hallucination. « Pourquoi venir… hanter mes rêves, Capitaine… est-ce pour… me torturer encore ? Est-ce que je n’ai… pas déjà assez payé… mes bêtises ? » Le rire se fait grinçant. « Allez, emmène-moi, avec toi… cette fois… dans l’oubli. Je te suivrai… partout, Capitaine, jusqu’au bord du monde… tu le sais, hein ? Dis… tu le sais. »


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Sayam #006699Serment #990099Quitterie #990000
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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Dim 21 Mai - 1:36

Cruelle illusion. La fièvre faisait délirer de plus en plus la pauvre Quittou. Il n’était pas venu pour la torturer ni lui faire du mal, mais ne serait-ce que l’entendre prononcer ces mots le blesse fortement à son tour. Il pince les lèvres, le fier capitaine d’Ansemer, évitant le moindre commentaire qui pourrait franchir sa bouche avant que ses pensées ne filtrent. Oh comme il a envie de lui reprocher d’avoir été bête, stupide, idiote et maladroite. Mais surtout égoïste. Prenant le petit tabouret au côté du lit, Rackham finit par s’y asseoir, prenant la main de Quitterie dans la sienne. Elle semble si fragile, cette main griffée, rougie d’une bataille contre la douleur et le délire d’une fièvre trop forte. Même autour de ses poignets, il voit encore la marque des attaches utilisées pour la maintenir. Par Messaïon Quittou, qu’as-tu fait ? Pourquoi tant de douleur ?

« J’le sais Quittou. J’le sais… Mais t’sais aussi, j’suis pas là pour t’emmener quelque part. J’veux t’ramener moi, à mes côtés. J’suis pas là pour t’torturer, jamais. »

Franche mais pas moins légèrement tremblante est la voix du capitaine. Malgré le courage que lui envoie Calico de l’extérieur, il ne parvient pas à calmer la détresse, et plus les secondes passent, plus il est certain qu’en fait, Sithis est déjà en chemin. Sa main était certainement étendue au dessus de Quitterie, prêt à l’arracher du monde des vivants pour l’entrainer vers la mort. A cette simple pensée, la poigne de Rackham se resserre légèrement sur la main de la jeune femme.

« Pourquoi t’m’as pas attendu ? Pourquoi t’as fait ça ? T’sais… t’sais que j’serais venu. » La poigne se resserre encore, comme pour l’obliger à rester ancrée ici, avec lui. « J’t’ai promis qu’t’aurais l’droit d’voler toujours. J’tiens mes promesses… » Qu’importe ce… ce bordel sans nom où ils se trouvent, qu’importe ces gens qui ne savent pas qui il est, qui le prennent pour le capitaine de l’Audacia, et tant pis si Obsession n’est plus là. Il la retrouvera toujours, sa dragonne, il le sait. Tout comme Serment. Et Sayam. Peu importe cette illusion, il tiendrait parole pour elle. Alors qu’elle aussi ! Qu'elle reste fidèle à ses engagements… « …t’as pas l’droit d’me laisser Quittou. »

Ne suis pas la mort, s'il te plaît.

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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Lun 22 Mai - 1:31

La fraîcheur effleure sa main, à présent, et sous le pansement Quitterie fronce légèrement les sourcils. Depuis quand les hallucinations peuvent-elles toucher ? Elle a bien conscience que parfois son esprit s’égare parmi ses fantômes familiers, mais c’est la première fois que l’un d’eux réussit à s’imposer autant à ses sens fatigués. Sûrement le signe que la fin n’est pas loin. Elle n’arrive pas à déterminer si c’est bien, ou pas – en tout cas, son esprit épuisé a choisi de lui offrir la présence de Rackham, et même si c’est une illusion née de la fièvre, c’est… agréable. D’imaginer avoir l’attention de son Capitaine pour autre chose que des réprimandes. De recevoir de lui quelques marques d’affection… et peut-être, un brin de tendresse ? Un rire étranglé lui échappe, juste quelques souffles courts, et elle resserre faiblement les doigts autour de ce fantôme de main si tangible.

« Mais je t’ai attendu, Cap’taine… Je t’ai attendu, à la caserne… quand ma vie c’est devenu n’importe quoi. Je t’ai attendu, tu sais… Mais t’étais occupé. T’es toujours occupé… c’est comme ça, les Capitaines… ça a d’aut’choses à faire… que de s’occuper d’une aveugle… qui peut même pas voler tout’seule. »

Elle a attendu, avant d’aller pleurer sa détresse sur l’épaule d’Antonin – pauvre Antonin, qui n’avait rien demandé – elle avait attendu des jours. Mais les exigences du front ont retenu Rackham, et elle sait bien que son chagrin n’est rien à côté de la guerre qui menace tant d’innocents. Il y a sûrement quelque chose qui s’est fané en elle, ce jour où elle a compris combien le réflexe de se tourner vers Rackham était devenu naturel au fil des mois – et à quel point c’en était ridicule. Elle n’est qu’une Chevaucheuse pas fiable qu’il doit surveiller, un boulet à sa cheville, rien d’autre – c’est ce qu’elle a toujours été, pour Désirée, pour Géralt, même pour Marianne à présent. « J’vais juste voler sans ailes, Cap’taine… Voler plus haut, pour toujours, et tu seras… plus embêté. La vérité, Cap’taine, tu sais… la vérité vraie… je peux bien te le dire, t’es même pas là tu sauras jamais. J’aurais bien aimé… que tu me regardes autrement. Pas juste pour me surveiller… pas juste pour me gronder… J’ai peur des hommes, Cap’taine, tu l’sais, avec ma famille de fous, mais toi… toi, je me dis que peut-être, j’aurais pu t’aimer, tu vois ? Et que… ça doit pas être si mal… d’être aimée par toi. »

Quel mal y a-t-il à s’avouer ce secret ? A le murmurer à l’hallucination que son esprit malade a créée pour l’accompagner dans ses derniers moments ? Elle l’emmènera au milieu des nuages, ce secret si gênant si elle avait dû l’avouer au Capitaine dont l’absence a laissé un tel vide…

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Sayam #006699Serment #990099Quitterie #990000
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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Jeu 25 Mai - 23:00

Elle l’avait attendu et il n’était pas venu. Etait-ce le reproche qu’il devait se faire ? Certainement.

En tout cas, apprendre une telle chose perturbait Rackham, car il se rendait compte au fond qu’il n’avait pas été là pour elle. Qu’il n’avait pas été là quand elle en avait eu besoin. C’était sans doute un peu stupide de s’en vouloir pour cela, après tout il était capitaine d’Ansemer et envoyé sur le front en ces temps de guerre, mais il se trouvait désormais mal à l’aise de cette constatation. Peut-être parce qu’il aurait aimé être plus pour Quittou qu’un supérieur qui l’encadre quand elle fait des bêtises. Être plus qu’une figure hiérarchique absente et pourtant autoritaire. Plus qu’un ami peut-être aussi, même s’il avait mis du temps à se l’avouer. Et malgré tout, il n’avait jamais rien pu lui avouer. Ce n’était en aucun cas de la pudeur ou de la timidité, plutôt un doute lancinant qu’il n’arrivait pas à décrire. La peur de s’engager peut-être, lui qui était libre dans les airs comme sur la mer.

Et pourtant…

« S’tu m’l’avais d’mandé j’me s’rais occupé d’toi, idiote. T’sais bien qu’j’ai toujours été là pour vous et surtout… surtout pour toi. »

L’aveu n’est pas un murmure, c’est au contraire une voix qui se veut forte, puissante, assurée malgré l’éternel sentiment de crainte. Comment pourrait-il disparaître, alors qu’à chaque seconde passante, Quittou semblait s’enfoncer un peu plus dans la fièvre et l’illusion ? Il a peur pour elle, le fier îlien au caractère flamboyant. Il a peur de perdre cette petite maladroite qui avait su attirer son cœur d’enfant libre sur la terre ferme, là où il s’était pourtant toujours perdu à voler dans les cieux majestueux et nager dans les eaux tumultueuses. Elle avait peu à peu enflammé ses sens, malgré tout le déni et la mauvaise foi dont il avait fait preuve. Et ni Obsession ni Calico – et pas même Lionel – n’ont été dupe de ses mensonges.

Elle ne le savait pas, Quittou, qu’elle était déjà aimée par son capitaine. Un capitaine trop bête pour le reconnaître. Trop bête pour se l’avouer. Trop bête car il était trop tard.

« Qui t’dis qu’c’était pas l’cas ? »
Il ne s’attendait pas à l’aveu de la part de Quittou, mais il voit bien que c’est dit sous le coup de la fièvre et du délire. Au contraire pour lui, les mots sortent sans qu’il ne puisse les contrôler, de son verbe si franc et chantant, au fort accent des îles qui se perçoit dans son ton. « J’ai juste ‘té trop con pour pas t’le dire, c’tout. J’suis désolé, si j’t’ai donné l’impression qu’t’étais un poids pour moi et que j’t’ai souvent gueulé d’ssus. J’tais surtout inquiet pour toi. »

Il a toujours été bien plus protecteur avec Quittou qu’avec les autres. Et il sait aujourd’hui que ce n’est pas seulement parce qu’elle est aveugle… Se levant de son tabouret, il vient finalement se poser sur le rebord du petit lit de fortune, frôlant cette fois la joue de la jeune femme. « C’pas une illusion t’sais. J’suis là. Avec toi. »

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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Ven 26 Mai - 0:00

Le fantôme râle, le fantôme rouspète, le fantôme l’engueule, et Quitterie ne peut retenir un sourire nostalgique. Il est tout à fait comme ça, le vrai Rackham, bougon et râleur et caractériel, et c’est ça aussi qui lui plaît, chez lui : cette sincérité absolue, dans la sérénité comme dans la colère, le tourbillon d’émotion brute qui semble parfois l’emporter et qu’il évacue à pleins poumons en braillant sur quelque chose ou quelqu’un. Il est… il est entier, il est sincère, il est… bon, certes, il lui arrive de tricher le soir à la veillée, mais il n’y a rien de cupide ni de déviant en lui, et il ne ment jamais sur les points importants. Il a toujours été direct avec elle, clair dans ses exigences, sans lui faire l’affront de sa pitié – et ça, ça vraiment, c’était le plus important.

Il dit des choses belles, ce fantôme, des mots épars, un peu brouillés, un peu bancals, un peu heurtés – mais des mots jolis, des mots qui réchauffent, qui résonnent, qui réconfortent, qui soutiennent et qui consolent. Même si ce n’est qu’une illusion, même si elle est le jouet d’un délire engendré par sa fièvre, même si rien de tout cela n’est réel – ces mots lui font du bien. Oh, y croire, ne serait-ce qu’un instant ! Tromper la détresse avec ce leurre fébrile, prétendre que c’est possible, qu’il existe un monde où les hommes comme Rackham sont capables d’aimer des femmes comme Quitterie. Qu’il existe un monde où les filles de Bellifère en fuite peuvent s’éprendre d’un fils des Îles parti conquérir l’horizon sur les ailes d’un dragon. Qu’il existe un monde, un seul – où le bonheur est permis pour les aveugles à qui on a presque tout pris.

Elle y croit, un instant, la petite Chevaucheuse, dans les brumes de la fièvre et les frissons qui parcourent ses membres ; elle y croit, juste une seconde, juste le temps d’un battement de cœur, car le rêve est beau, et c’est agréable de glisser dans la mort avec l’espoir comme flambeau.

Puis le fantôme semble se rapprocher – elle sent le matelas de fortune s’affaisser sous le poids d’un corps qui s’assied, la caresse fugitive de doigts hésitants sur sa joue. Est-ce vrai, alors ? L’illusion le prétend, et son cerveau malade peine à décider si c’est réel ou simplement fantasmé. Péniblement, elle lève une main fatiguée, saisit celle qui effleure sa peau. Tangible ? Hallucination ? Elle ne sait pas trop, Quitterie, et finalement peu lui importe. « Tu es là, dis ? Pour de vrai ? » Son ton est léger, autant suppliant qu’amusé tandis qu’elle demande en se moquant de sa propre crédulité. Bien sûr, qu’il est là, si tu le veux : c’est toi qui affabule, ton esprit va forcément obéir. Tirant sur le bras qu’elle n’a pas lâché, elle l’attire vers elle, faiblement mais avec insistance. « Si tu es là… viens plus près. Reste là… encore un peu, Capitaine… ce sera plus très long, maintenant. Prends-moi juste… dans tes bras… jusqu’à la fin, dis. Tu veux bien… ? »


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Sayam #006699Serment #990099Quitterie #990000
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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Lun 29 Mai - 0:19

Il n’est qu’une illusion. C’est ce qu’elle persiste à croire. Mais est-ce grave de n’être que le fruit d’une fièvre mortelle ? Est-ce important ? Pas vraiment. Ce qui l’est, c’est qu’elle l’imagine près d’elle, que sa présence parvienne à l’apaiser le temps d’emprunter le long et lent chemin vers la mort. Il ne pourra pas la sauver, la certitude se renforce à chaque seconde. La fugace caresse de ses doigts sur la peau de sa joue ne semble que lui confirmer, éveillant frissons incontrôlés dans tout son corps.

Je vais la perdre. Et nulle réponse ne perce le voile de ses pensées, sinon le triste chant de son cœur mêlé à celui de Calico, qui à l’extérieur n’ose certainement pas regarder en leur direction.

L’agonie se montre pourtant douce pour Quitterie, comme appelée par ses soins. C’est sa faute, de ne pas avoir été là à temps et de ne pas avoir compris le mal qui rongeait un cœur aussi fragile et éprit des rêves au plus haut des cieux. Il n’a pu la sauver et là est le prix à payer pour ses absences envers celle qu’il s’est caché d’avoir aimé : la regarder mourir et sombrer sans pouvoir être cette main tendue pour la sortir des eaux agitées. Et cette constatation, ajoutée à la remarque pleine d’espoir et d’incrédulité de Quitterie fait une seconde rire le capitaine. D’un rire triste, amer un peu, désolé vraiment, mais surtout douloureux.

« J’suis là bien sûr. »

Et il se laisse tirer par la poigne faible de Quittou, adressant un sourire tendre qu’il est bien rare de voir sur les lèvres du capitaine. Elle ne le saura jamais, ne le verra jamais… mais c’est tel qu’elle l’espérait. Ce regard qu’il ne donnera sans doute jamais à aucune autre femme. Avec précaution, il se glisse aux côtés de la jeune femme, l’attirant vers lui dans une étreinte un peu tremblante, presque timide. Mais ses bras forts entourent finalement Quitterie, avec l’espoir fou peut-être de la maintenir près de lui plus longtemps.

« Jusqu’à la fin j’serais là. J’te laisserais pas partir seule. »

Même si cela devait lui couter cher. Même si cela devait être douloureux. Alors les minutes passent. Avec une lenteur qui ferait presque vaciller la patience quasi inexistante de Rackham. Et pourtant, la précarité de l'instant le laisse fébrile. Le silence, installé depuis un temps déjà finit par être brisé, par une question qui titille le capitaine. Il n'ose la laisser s'endormir, peut-être cruellement, mais cette tranquillité a un avant goût trop proche de la mort. Il n'est pas encore prêt à ça, l'îlien, même si chez lui, la mort avait toujours prit la forme d'une éternité.

« T'sais, j't'ai toujours admiré Quittou. Toi qui, au d'la d'ta condition et malgré tes problèmes, a réussi à poursuivre tes rêves. C'pas simplement pa'ce que t'étais fragile ou maladroite que j'suis... tombé amoureux d'toi. C'parce que t'abandonnais pas. J'avais envie qu'tu... qu'tu puisses accomplir tes rêves. De t'laisser avoir tes ailes. » Il se souviendrait toujours de cette première vraie discussion qu'ils avaient eu, des pleures et des espoirs piétinés, des rêves secrets... Elle voulait se battre, malgré l'adversité. N'était-ce pas là une belle démonstration de la liberté si cher à Rackham. C'était bien là qu'elle l'avait touché, pour première fois. « P'quoi t'aime un Îlien comme moi, Quittou ? »

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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Jeu 1 Juin - 0:40

Elle n’a pas eu le temps de lui répondre. Elle était bien, lovée dans ses bras, la douleur devenue presque complice sous les épais pansements – elle se laissait flotter, sereinement, sur les ailes de la mort qui s’installait doucement au creux de ses membres. Il a posté cette question, toutefois, une question qui appelait réponse ; mais avant qu’elle ne puisse expliquer, avant qu’elle ne puisse relier les points pour lui, le rabat de la tente se soulevant soudain dans une vague d’air frais l’a interrompue. Une voix familière a résonné, une voix tendue, une voix crispée – et Quitterie a reconnu Géralt, son frère aîné venu lui dire adieu, lui aussi, au crépuscule de cette vie insensée.

Le temps a filé – Rackham s’est éloigné, quittant la tente pour leur ménager un peu de tranquillité. Elle est si faible à présent, si fatiguée – elle perçoit le baiser sur son front, juste à la lisière du bandage qui maintient les pansements sur ses orbites mutilées, et Géralt s’en va. De nouveau l’air frais lorsque le rabat se soulève et se referme – et Rackham est là à nouveau, elle reconnaît son pas, le rythme de sa respiration, l’odeur de sel de sa peau, la force de ses bras. Elle s’est accrochée à la question, pour ne pas oublier, parce que c’est important – et les minutes lui sont comptées maintenant, elle le ressent, elle en est persuadée. « Je t’ai aimé, Capitaine, pour la liberté… que tu m’as offerte. T’aurais pu me laisser au sol… fouler la poussière… mais tu m’as rendu mes ailes, tu m’as dit de voler. Tu m’as donné l’espoir, que ma vie était peut-être pas terminée… que quelque chose pouvait encore… commencer. Je t’aime pour ta lumière… elle brille tellement fort, Capitaine… que j’arrive à la voir. » Elle reprend son souffle, épuisée par cette tirade – et se laisse aller un peu plus, notant distraitement qu’elle ne sent plus vraiment ses jambes – ni ses bras, d’ailleurs. Le sentiment de paix souveraine qui l’envahit progressivement depuis quelques heures a calmé l’angoisse, la peur, la douleur, la solitude et les regrets ; ne lui reste plus maintenant qu’une sage résignation. Elle est si fatiguée…

« Est-ce qu’il faut vraiment… une raison ? Tout ce qui devrait compter, c’est que je t’aime… Capitaine… » Elle a murmuré les derniers mots, si bas qu’ils en sont à peine audibles, tendant légèrement le cou pour se rapprocher de son oreille. S’il lui répond, elle ne l’entend déjà plus – dans un soupir apaisé, sa tête soudain bien plus lourde est retombée. Nul mouvement ne parcourra plus ses membres fatigués, le repos l’a emportée ; et dans les prières que ses lèvres n’articuleront plus, elle espère que l’on souviendra d’elle comme d’une enfant de la liberté.

Plus aucune respiration ne soulèvera le drap qui la recouvre ; dans un dernier souffle, son âme a fini par s’envoler, fauchée par le plus noir des désespoirs, rejoindre dans l’obscurité ces étoiles auxquelles elle n’a jamais cessé de croire.


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Message Sujet: Re: Ouvre les yeux, ouvre moi ton coeur   Ven 2 Juin - 23:22

Le silence est frustrant mais surtout triste. S’il n’attendait pas de réponse, Rackham l’espérait néanmoins. À juste titre, il craignait qu’elle parte sans lui dire et qu’il ne sache jamais pourquoi il avait attiré son regard aveugle et touché son coeur. C’était une pensée presque égoïste, mais sagement, le capitaine d’Ansemer laissa quelques minutes la jeune femme lorsque Géralt, le frère, pénétra dans la tente. Certainement pour lui faire ses adieux. Elle faiblissait tant, la pauvreQuittou, déjà dans ses bras tremblants… L’heure bientôt sonnerait l’arrivée de Sithis venu emporter la jeune femme, lui permettant de laisser son âme s’envoler haut dans les cieux.

Imperturbable, il attend à l’entrée de la tente, n’osant plus regarder vers l’intérieur. Face à lui, Calico toute aussi silencieuse, mais dont les regards lancés à la dérobée ne lui échappent pas. Comme lui, elle partage une douleur et une tristesse forte. Elle, la moitié de son âme, exprimant ce que lui n’arrivait pas à afficher, sinon par un visage fermé et crispé, les poings serrés jusqu’à en faire blanchir les jointures. Puis finalement, après ce qui a semblé être de longues minutes, il peut y retourner. C’est presque plus difficile, cette seconde fois, d’entrer dedans et de regarder Quitterie s’enfoncer dans la mort. A nouveau, ils sont seuls, témoins uniques d’un instant qui resterait gravé éternellement.

Il n’attendait plus de réponse. Juste un fol espoir, qui n’a finalement pas tant d’importance. Qui n’en a pas du tout en réalité, quand dans ses bras il sent le poids s’affermir, la charge retomber. Et plus encore, il n’a aucune réponse à donner quand dans murmure résonnent les dernières paroles de la jeune femme. Et le souffle ralentit. La tête et le corps s’affaisse avec presque douceur. Et le coeur qu’il sentait encore battre fébrilement cesse définitivement sa danse rythmée. La voilà partie, sa Quittou, vers les cieux tant rêvé, dans une paix attendue, loin des maux de ce monde bien trop sombre.

Ce monde qui semble désormais bien trop vide.

[RP TERMINE]

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