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 Ce ne sont jamais que des hommes

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La Noblesse
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Message Sujet: Ce ne sont jamais que des hommes   Sam 20 Mai - 0:02


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Castiel de Sombreflamme & Denys du Lierre-Réal & Marjolaine du Lierre-Réal & Tristan d'Amar

Ce ne sont jamais que des hommes

Et des hommes peuvent prendre goût au meurtre



• Date : Le 26 mai 1002
• Météo : Clémente, à deux, trois heures encore du coucher du soleil. Le ciel commence néanmoins à déjà se teinter de rose.
• Statut du RP : Express :miguel: Avec des choses géniales pour le Destin dedans.
• Résumé : Sevrage et maladie mentale ne font pas bon ménage, chez un homme déjà malade. Victime de lui-même, Castiel erre dans le campement de réfugiés, et croise Denys. Son ami. Son ennemi.
• Recensement :
Code:
• [b]26 mai 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2165-ce-ne-sont-jamais-que-des-hommes]Ce ne sont jamais que des hommes[/url] - [i]Castiel de Sombreflamme & Denys du Lierre-Réal & Marjolaine du Lierre-Réal & Tristan d'Amar[/i]
Sevrage et maladie mentale ne font pas bon ménage, chez un homme déjà malade. Victime de lui-même, Castiel erre dans le campement de réfugiés, et croise Denys. Son ami. Son ennemi.


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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Sam 20 Mai - 0:27

Un matin.
Tes lèvres qui dévorent celles d’Anthim, vos corps qui se fondent l’un en l’autre, vos regards qui jamais ne se quittent. En silence, tu formes son nom, tu formes des supplications qui te crucifient, qui jamais ne te quitteront.
Tu n’as pas la force de sortir, aujourd’hui.

Une nuit.
On te rattrape in extremis, alors que tu tentes de sortir de la tour, au moment où les heures sont les plus sombres et les plus dangereuses. Tu hurles, tu pleures, tu supplies, tu frappes contre le torse de ton amant, les membres des domestiques, pris d’une fureur que rien n’apaise. Tu dois sortir. Tu ne peux pas rester ici. La tour est en feu. Tu le sens partout sur ta peau, sous ta peau.
On te couche.
On t’attache.
À ta demande.

Un matin.
Par la fenêtre ouverte des cabinets de toilette, tu verses un sachet entier de muse des peintres. Tu l’observes se perdre dans le vent, danser quelques instants dans les courants levés par Levor, puis tu oublies.
Anthim n’est pas dupe.

Une nuit.
Tu recouvres des mètres de parchemin de tout ce que tu te souviens de ton monde. Les dialogues de chaque conversation qui te vient en tête, avec toi-même, avec Mirat, avec Alméïde, avec ton père, avec Melbren. On te fournit encriers les uns à la suite des autres et lorsqu’on vient te déranger, tu les lances au visage de domestiques terrifiés. Ne rien oublier. Le récit se change en théories quant à tout ce qui se passe. Tu retournes les livres de ta bibliothèque, tu les déchires parce que tu ne trouves pas ce que tu y cherches. Tout est déjà perdu.
Une nuit, un matin, et une nuit encore.

Un matin.
Tes dents férocement plantées dans sa chair, jusqu’à goûter le sang à travers le sel, râles et gémissements se faisant musique à tes oreilles. Tu le domines, conquérant.
Il t’a donné une lame, afin de te protéger contre ces ombres qui t’empêchent de dormir, celles que tu vois penchées au-dessus de toi. Un superbe poignard, à la lame affûtée que tu as testé contre ta paume, là où une cicatrice n’est pas. Le sang a coulé.
T’a souri.

Une nuit.
Tu places ses mains autour de ta gorge. Tu réclames. Sans peur. Vibrant de ce plaisir malsain. Sentir l’air qui quitte tes poumons, et qui si difficilement y retourne. Un monde coloré danse devant tes yeux. La marque maintenant violette de ses mains y règne en permanence, voisine, soeur, de celles de tes ongles, de tes tentatives pour arracher cette peau répugnante de ton squelette.

Un matin.
Un hurlement.
Il te manque déjà, cet Anthim.
Ton Anthim.

Une nuit.
Un matin.
Tu te perds, dans le temps qui passe.
Il n’est plus là pour t’orienter.

Un après-midi.
Tu es allé jusqu’au campement, accompagné d’Anthim, afin qu’il puisse retrouver sa soeur. Ou était-ce plus tôt ? Probablement plus tôt. Des jours plus tôt. Il est resté avec toi à la tour de Sombreflamme et a réussi à comprendre quelque chose dans tes explications confuses à propos de ce monde, à ordonner les théories soulevées quant à ce qui a pu tout changer. Un changement dans le temps, sans doute, a-t-il approuvé, pris des mêmes inquiétudes quant à l’Ordre du Jugement et aux Sabliers, en état fonctionnel, qu’ils possèdent donc vraisemblablement. Puis, vous êtes allés au campement, méfiants comme des chats sauvages, pour mieux y retrouver les vôtres. Mélusine. Sitara. Alméïde.
Vous êtes au campement et tu as laissé Anthim avec Alméïde. Tu les as laissé se parler et toi tu erres, sans savoir ce que tu cherches. Vous y dormez depuis trois, quatre jours, et tu détestes cela. Dormir à l’extérieur, comme des vagabonds et des nomades, comme si vous n’étiez pas ducs. C’est indigne de votre rang. Tu es incapable de trouver le sommeil, la nuit, effrayé par chaque silhouette passant votre tente de fortune, et bien qu’Alméïde tente de contenir et apaiser les symptômes de manque qui te brisent chaque jour un peu plus, ses efforts ne sont qu’une goutte d’eau de moins dans l’océan qui menace de te noyer. Bien qu’elle te veille, t’hydrate, te cajole, te rassure, elle-même peut-être sait que le pire est encore à venir. Que manque de moyens, de médecins, c’est de plein fouet que la vague t’engloutira.
Ce n’est pas pour rien, qu’on t’a cloîtré, à Ibelin.

Tu déambules, la main serrée sur la garde du poignard à ta taille. Chaque personne que tu croises semble t’éviter, subtilement. Un pas de côté. Tous des ennemis. Ils se méfient de toi. Ils ont peur. Misérables. Peur de ce visage exsangu, de ce sourire effrayant, de ces yeux immenses qui lit au fond d’eux. Ils n’attendent de toi qu’un instant de distraction. Tu les tueras d’abord. Il t’a montré. Il n’est plus là, mais tu sais qu’il guidera ta main. Tu croises un homme, une femme, et ton esprit vacille alors que tu reconnais ces visages. « Denys ? » Ta voix est brisée, craquelante. Tu crois bien que c’est lui.

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Ven 24 Nov - 15:18, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Dim 21 Mai - 2:16

Cette ville n’est en rien semblable à ce qu’il a connue. Et s’il n’est pourtant pas un régulier de la cité des milles tours, il connaît pourtant bien Lorgol, qu’il s’agisse de la Ville Haute ou de la Ville Basse. Mais Mayeul avait raison, les lieux n’étaient qu’un coupe-gorge indescriptible. Pourtant, rester dans le campement des réfugier ne plaisait que peu au duc de Lagrance – enfin, dans sa réalité. Tout le lagran ne supportait guère la précarité des lieux et le fait de vivre comme des pouilleux sous des tentes. Bien heureusement, la tour de Lierre-Réal était toujours existante et il n’avait pas manqué d’y faire un tour en sollicitant un mage des portails dans le camp. Ensuite, les servants de la tour s’étaient occupés du reste. Malheureusement, rester dans les alentours du camp était une nécessité. Et puis par chance, des connaissances étaient elles aussi arrivées malencontreusement dans cette vie bien étrange, tout aussi désemparés que les autres. Mais c’est en apprenant de la bouche desdites connaissances que Marjolaine avait fini par arriver elle aussi au campement que Denys s’y était rendu une nouvelle fois. S’il avait lui même du mal à le reconnaître, il s’était réellement inquiété pour elle et… elle lui avait manqué. Véritablement. Elle était un soutien pour lui plus qu’il n’avait voulu le reconnaître ces dernières années, et ces quelques semaines lui avait fait cruellement comprendre. Lui qui avait bien du mal à s’appuyer sur les autres prenait conscience de bien des choses. Comme sa rencontre avec Cyselle qui lui avait quelque peu ouvert les yeux…

« Marjolaine ! »

L’appelle-t-il en la reconnaissant immédiatement, dans cette petite foule de gens qui déambule sans but en attendant que les choses s’arrangent. Elle a petite mine, sans doute de la fatigue. Et elle moins distinguée que ce qu’il à l’habitude de voir. Ca ne l’empêche pas pourtant d’aller vers elle et la prendre dans ses bras. C’est après quelques secondes qu’il la relâche, s’apercevant au passage que les rondeurs de son ventre enceinte ont disparues. S’il devrait s’en inquiéter, il sait que cette réalité n’est pas celle qu’il connaît. Malgré tout, il est rassuré de la voir saine et sauve, et surtout consciente de qui elle est au regard qu’elle lui retourne.

Les heures qui passent ensuite, ils les partagent tous les deux, se baladant dans le camp pour raconter leurs mésaventures. Et puis une voix l’interpelle. Une voix qu’il reconnaît, quoique difficilement, tant le ton est différent de l’ordinaire. Devant eux se tient Castiel. Castiel, à l’air si… macabre. Malsain. A tel point que même Denys en frissonne d’une angoisse certaine en croisant le regard et le sourire qu’affiche le visage de son... ami. La réponse, moins assurée, se veut quand même franche, sympathique.

« Castiel, quelle surprise. » Et il a la sensation que ce n'en est pas une bonne.

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Dim 21 Mai - 10:07

Elle était épuisée Marjolaine, le voyage jusqu'à Lorgol n'avait pas été sans encombres.  C'était deux ou trois jours auparavant qu'elle était arrivée en compagnie de Tara et leur fidèle monture dans la ville.  Et elles avaient bien vite découvert que la cité qui se dévoilait sous leurs yeux n'était pas exactement la même que celle que connaissait sa partenaire de fuite.  C'était néanmoins grâce à elle que la duchesse avait pris connaissance d'un camp de réfugiés, d'autres gens qui, comme elles deux, se rappelaient d'une autre réalité.  Elle avait voulu s'y rendre immédiatement pour se mettre à la recherche de sa fille et de son époux.

Elle y avait passé une première nuit sans nouvelle de son aimé, ni de sa petite Rose.  Elle commençait à se faire à l'idée qu'elle ne retrouverait peut-être pas sa fille, comme elle avait perdu ce ventre qui protégeait son second enfant, peut-être celle-ci n'était-elle pas.  Sa nuit avait été peuplée de cauchemars, elle avait à peine fermé l'oeil, mais dès que l'activité repris dans le campement, elle se leva et se remit en quête de Denys : elle le chercherait jusqu'à ce qu'elle ne le trouve et pas avant.

Quand il l'appelle, elle reconnut tout de suite sa voix, mais elle crut rêver à nouveau.  Combien de fois l'a-t-elle vu dans ses rêves apparaître devant elle pour finalement se réveiller saisie d'un vide encore plus grand?  Ce n'est que lorsqu'elle sentit ses bras l'entourer, que les siens à elle aussi s'enroulèrent autour de lui qu'elle ne s'autorisa à croire que c'était vrai.  Des larmes coulèrent le long de ses joues : la fin de ses tourments arrivaient enfin, elle l'avait retrouvé.  Lui raconter tout ce qu'elle a vécu depuis qu'elle a pris conscience de qui elle était, il y avait déjà plus d'un mois la soulagea.  Reconnaissait-il sa femme dans les actes qu'elle lui décrivait?  Elle-même ne se reconnaissait qu'à moitié.  Les dernières semaines l'avaient complètement éloignée de ce qu'elle était réellement.

Elle commençait à peine à savourer ce bonheur lorsqu'elle entendit une voix familière interpeler son époux.  Une voix bien reconnaissable, celle du duc Castiel de Sombreflamme.  Marjolaine ne portait pas particulièrement le jeune dans son cœur, mais c'était un ami de Denys donc elle gardait ses réflexions à son sujet pour elle-même.  Elle aurait seulement aimé qu'il n'interrompe pas ce moment de retrouvailles qu'elle avait tant attendu.

« Monsieur de Sombreflamme, » lâcha-t-elle d'une voix effacée tout en effectuant une mince révérence à l'égard de l'homologue de son époux.  Il avait piètre mine, mais c'était un peu le cas pour la majorité des gens rassemblés là, mais quelque chose d'effrayant se dégageait de sa figure.  Elle souhaita qu'il parte rapidement et les laisse tranquille.  Elle attendrait silencieusement auprès d'eux.  Il y avait un elle ne savait quoi l'inquiétait, un mauvais pressentiment la tiraillait.  Elle resserra son bras contre celui de Denys, dans la crainte qu'il ne lui prenne.
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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Dim 21 Mai - 17:27

Il te répond. Il t’a reconnu. C’est bien lui. Son épouse. Marjolaine. Tu es un instant immobile, au milieu du campement, devant cet homme que tu oses appeler ami, alors ton esprit embrumé par le manque chemine d’une pensée à une autre, jusqu’à atterrir sur les plus noires. « Vous. Le mot est craché, pratiquement. Un pas en leur direction. Tout, tout est, de… tout est de votre faute. » Tu es si épuisé. Ordonner tes pensées afin de parler est difficile, et ta diction habituellement impeccable s’en fait même laborieuse. Ta langue pâteuse. Où est-il, ce duc de l’Esprit à la langue si agile, au verbe si vif, à l’oeil malicieux et allumé ? Perdu. Le visage serré de tics, les mains tremblantes, tout ton corps penché vers l’avant, comme un oiseau de proie survolant un animal convoité. « Comme pour… pour Mélusine. » C’est de sa faute, pour Mélusine. Comment aurait-il pu t’envoyer ce damné jardinier, dont les cris de terreur et de douleur te délectent encore au plus sombre de tes nuits, s’il ne savait pas ? Vous êtes en guerre. Ils se détestent. Comment aurait-il pu savoir ? C’est lui. C’est lui pour tout. Pour ta soeur, qui un instant a frôlé la main de Sithis de la sienne. Pour ton aimée, disparue lors de la même nuit, revenue suite à ta nuque qui s’est inclinée. Pour tout ce monde étrange et fou, qui ne disparaît pas, qui est toujours là, auquel tu es peut-être condamné. Perdu.

Tu oublies tout des soirées à boire, à argumenter, jusqu’à ne plus se souvenir. Des bouteilles envoyées. De la nuit avec Liselotte, au Château des Charmes. Tu oublies la gifle sur ta joue, le poids de son corps au-dessus des draps, le son de son rire.

Un regain d’énergie, subit. Ta voix s’élève, quitte les murmures brisés, se faisant accusatrice dans chacun de ses mots : « Vous… vous avez tué Mélusine. Ta soeur bien vivante, bien portante, étendue sur ce lit de mort, si faible. La couronne d’argent brille, puis s’éteint. Et… c’est vous, pour Alméïde. Tu ne sais pas ce qu’il lui a fait, mais c’était lui. Ça ne peut être que lui. Tout ce temps, c’était lui. Et ça, tout, tout, tout ça… » Un geste de main, large, désignant ce campement de pauvres pécores, ce monde terrible et minable où encore, il a pris le meilleur pour lui, pour ensuite condamner les autres aux affres de la misère. Un rire, aux accents de démence, alors que fier, tu constates toute l’étendue de ce que tu as deviné, enfin ! Anthim. Si tu pouvais, tu appellerais Anthim. Il tuerait pour toi. Tu le sais. Il est parti. Que te reste-t-il à faire ? Il ne t’a pas laissé. Il vit à tes côtés. Le bracelet à ton poignet gauche, le seul que tu as conservé de tous ceux que tu portais. Le poignard, qui a déjà goûté le sang. Le tien.

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Dim 21 Mai - 21:20

Fou. Froid. Effrayant. Il y a tant de mots pour décrire ce que semble être Castiel de Sombreflamme en cet instant. Et cela n’a rien d’engageant. Plus celui avance vers eux, et plus les frissons se font fort chez le duc de Lagrance. S’il essaie de garder une relative neutralité, il ne parvient pas contenir les tremblements qui doucement viennent trahir la sérénité de son corps. C’est bien la première fois qu’il ressent une telle chose face à celui qu’il considérait comme un ami. Il savait pourtant Castiel peu sain d’esprit, fou par certains côtés, mais jamais mortellement inquiétant de la sorte. Et tout dans la posture du cielsombrois semble murmurer l’agressivité, qu’il s’agisse de son regard ou de sa façon d’avancer. L’accusation fait mal. Mal mais peur surtout. Presque instinctivement, sa main se resserre sur celle de Marjolaine, son corps entier se tend. De quoi est-il coupable, il l’ignore. Et s’il n’apprécie guère, il n’a pas la folie d’esprit de le faire remarquer à son homologue qui ne semble pas spécialement ouvert au débat.

« Mélusine…? »

Il fait mine de ne pas comprendre. Il est doué pour ça, pour tromper son auditoire de la plus subtile des façons. Et si la crainte le transperce, il ne se laisse pas démonter ni ne recule pour autant. Après tout, n’a-t-il pas donné une chance à Mélusine de survivre en acceptant d’écouter Alméïde et désenchanter le rosier ? Il n’est point coupable du mal qui a failli tuer la sœur de Castiel. Mais de cela, Denys doute que le duc de l’esprit y porte le moindre intérêt. Plus que la folie, c’est une obsession malsaine qui semble guider les pas de son… ami. Pourtant, il a un rire amer mêlé d’une légère anxiété, quand Castiel l’accuse encore une fois, trainant la voix avec presque haine.

« Vous m’accuseriez de tout Castiel ? C’est absurde. Je n’ai rien à voir avec tout ça. »

Il n’est pas prudent de tenter la bête, mais il est n’est pas lâche, Denys. Et il n’accepte pas d’être traité de la sorte malgré l’ambiance lourde et dangereuse qui règne dans cette réalité. Est-ce bien le Castiel qu’il connaît d’ailleurs ? Et si dans ce monde, le Denys d’ici avait provoqué Castiel et fait du mal à  Mélusine ? Mais il avait la sensation que ce n’était pas le cas et que la rage folle palpable dans le regard du duc de l’esprit lui était toute adressée. Et cette lame qu’il tient à son côté… il pourrait vouloir le tuer avec…

Un frisson à nouveau glisse le long de son échine, plus glacial que jamais. L’espace d’une seconde, il croit percevoir le voile de Sithis chatouiller sa nuque, le regard du dieu se poser sur lui. Il n’ose y songer, et pourtant… pourtant la pensée vient titiller son esprit. Et il prie, prit d’un doute indescriptible. Dis moi, Ô Sans-Visage, que tu n’es pas venu me chercher…

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Lun 22 Mai - 15:32

Ce Castiel n'avait pas seulement quelque chose d'inquiétant, il était dangereux.  L'expérience de Marjolaine le lui dictait.  Un sixième sens, un vestige de cette personne dont elle ne se souvenait plus.  Elle restait en retrait, préférant ne pas s'en mêler et dégrader les choses.  À dire vrai, il l'effrayait, la pétrifiait.  L'amitié qu'il portait à son époux semblait complètement évanouie dans la nature alors qu'il l'accusait de tous les maux de la Terre.  Le nom de Mélusine, fit tressaillir la jeune femme.  Elle savait qu'elle faisait partie du passé de Denys, mais pourquoi l'aurait-il tuée?  Cela ne ressemblait pas à son mari d'exécuter sans raison les gens.  Après tout, c'était lui qui avait laissé tomber la Cielsombroise pour elle, la jeune héritière de Blanc-Lys.  Ça ne faisait aucun sens… à moins que…  Mais elle laissa tomber les suppositions en voyant combien le du de Sombreflamme avait tombé dans la folie.  Il n'était pas tout à fait lui même, c'était évident.  Et Denys était en danger.  Son instinct le lui dit.  Elle n'allait pas le perdre, pas maintenant qu'elle l'avait retrouvé.  Et la réponse du Lagran ne rassura guère la noble dame.  Elle tira discrètement sur la manche de son duc et articula presqu'en silence : « Partons, je vous en prie.  J'ai un mauvais pressentiment. »

Elle le tira pour qu'il recule de quelques pas, son regard fixé sur Castiel.  Sa main libre glissa jusqu'à sa cuisse où était accroché le poignard qu'elle n'avait pas offert en échange d'eau.  Elle ne savait pas s'en servir, mais au moins, il serait là si le besoin se faisait sentir.

« Vous ne vous portez pas très bien, votre mine a piètre allure, monsieur.  Vous devriez prendre un peu de repos, » fit-elle pour prendre congé, prenant les devants des décisions ce qui n'était pas dans ses habitudes.  Le sentiment d'alarme qui la tiraillait était trop fort pour qu'elle ne reste plantée là, à attendre que Denys ne réalise enfin que ce n'était point un ami qui  se tenait devant lui.  Tout au plus, il en restait le spectre.

Esquissant quelques pas de retrait de plus, elle tourna les talons, laissant derrière eux les loques de Castiel, entraînant dans son sillage son aimé.  Il fallait trouver un endroit sûr.  Une cachette où cet homme inquiétant ne les trouverait jamais.  Ses pensées se tournèrent vers Gertrude, l'hippopotame.  Avec Tara, elles avaient décidé qu'il s'agissait d'une femelle.  Elle saurait les protéger, les cacher du danger.

« Dépêchez-vous, j'ai peur qu'il ne nous poursuive.  Je ne sais pas ce qu'il a vécu avant d'arriver ici, mais il n'a pas plus toute sa tête.  N'entrez pas dans son jeu, » supplia-t-elle son époux, accélérant le pas, retrouvant une énergie qu'elle ne croyait plus avoir.  L'instinct de survie reprenait à nouveau le dessus et cette fois il n'était pas question de se décourager.
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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Lun 22 Mai - 18:42

Il bégaie, il doute, et tu ris encore plus, de ses vaines tentatives de se dédouaner des horreurs qu’il a commise. Vil serpent ! Cela ne sert à rien, tu l’as percé à jour, devant les yeux de sa propre épouse. Pauvre créature envoûtée, incapable de voir cet homme sous son vrai jour, sous cette peau de reptile qui le recouvre en entier. À chacun de leurs mots, tu avances un peu plus, de quelques pas hésitants, vacillants, sans jamais cesser de rire.

Il ne sert à rien de fuir.

La duchesse entraîne son époux à sa suite, fuyant à travers le campement, d’un pas qui frôle celui de la course. il ne sert à rien de fuir. Tu le retrouveras. L’énergie qui t’anime est meurtrière et si le feu ne brûle plus dans tes veines, s’il ne danse plus au bout de tes doigts, il n’en est pas moins vivace, il n’en est pas moins brasier. Tu te consumes.

Ô Sombre Mère, toi qui veille sur les bafoués.

Tu bifurques entre les tentes, entre les groupements épars de réfugiés effrayés, te dirigeant comme mû d’un instinct, à la suite des Lierre-Réal. Les innocents ne fuient pas. Ils affrontent, même, dignement, ce qui ne peut être évité. Il n’y a que les coupables et les lâches, pour fuir, et de ces deux adjectifs, tu couronnes Denys.

Toi qui lave les affronts dans le sang versé.

Tu repères une boucle sombre, une vague de cheveux bruns, et tu sais où ils sont. Tu sais, tu sens, et tu te rapproches d’eux à chaque pas. Ils ne pourront pas t’échapper. Dans ta main, le poignard que t’a offert l’Anthim disparu, afin de calmer tes cauchemars paranoïaques et tes éveils cauchemardesques, afin de chasser les ombres. Tu serres sa lame dans ta main, la barbouillant de ton propre sang, offrande à celle que tu invoques à voix basse, sans que tu l’entendes, sans qu’aucun de tes mots ne parvienne à tes oreilles. Tu pourrais crier, tu n’entendrais pas. Tu pourrais hurler, tout ceci ne serait qu’un chuchotement.

Toi qui venge les innocents.

Au détour d’une tente, tu les bloques, tu les découvres, comme le chasseur devant sa proie - comme le fauve caché en toi, enfin sorti de son pelage de persan, enfin défait de ses habits élégants et des faux-semblants.

Et ton esprit demande, murmure, comme il l’a déjà demandé à un homme couronné d’argent et de diamant, cette fois à une déesse couronnée de sang.

Ô Lida, guide mon bras.

La lame tranche la gorge, d’un coup net, en un collier sanglant, béant, profond. Le sang jaillit, alors que l’homme trébuche et bascule vers l’arrière, se cognant d’abord contre son épouse, avant de s’échouer sur le sol meuble. Il tremble, il hoquète, et de la blessure gargouillante s’échappe nombre de bruits affreux qui te ravissent et te font rire. Tu ris, si fort que le monde entier doit t’entendre. Tu hurles. Enfin il est mort. La lame tombe à tes pieds, se plante dans la terre, qui doucement se gorge de l’hémoglobine de Denys du Lierre-Réal.
Sous tes paupières te revient l’image d’un de tes cauchemars. L’homme sur le trône noir, l’homme portant ta couronne, plongeant sa main dans ta poitrine afin d’y arracher ton coeur - et toi, tu tombes à genou, rampant jusqu’à Denys. Son coeur. Mélusine a toujours dit qu’il n’en avait pas. Il n’a pas de coeur. Peux-tu prouver, s’il en a réellement un ? Tes mains fouillent les vêtements, les déchirent, afin de dénuder ce torse pâle, qui déjà ne se lève plus, dépourvu de tout souffle, de toute vie. Tes ongles cassés, sales, grattent la chair tendre, où tu ne sais pas si tu y trouveras un quelconque palpitant. Tu trouveras son coeur.

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Mar 23 Mai - 13:05

Elle le ramène. Dans un semblant de réalité, la voix de Marjolaine rappelle à Denys son environnement. Les frissons ne le quittent pourtant pas. Pas plus que cette impression d’avoir dans son dos la présence sinistre et solennelle du gardien des morts. N’est-ce qu’une illusion née de la peur ? Un sentiment qui se fait plus puissant, à chaque seconde qui passe, à observer cet homme au regard fou avancer à pas de loup. Le chasseur qui guette sa proie. Pour la première fois de sa vie, il se sent véritablement vulnérable et chassé. Il n’a pas un mot, pas une parole, quand Marjolaine finit par le tirer, l’emporter loin de cet homme. Il acquiesce juste, préférant défaire son regard de celui de l’homme qu’il considérait comme un ami.

Mais il ne voit devant lui qu’une bête.

Avancer, ne pas se retourner pour vérifier que l’animal les poursuit encore. Et pourtant, la sensation que celui-ci ne va pas lâcher l’affaire est bien présente, trop puissante. D’un geste il se retourne l’espace d’une seconde, le duc de Lagrance, pour voir dans la foule, plus loin, leur poursuivant. Il ne lâchera pas.

« Il nous suit. »

A peine un murmure, dévoré d’une crainte soutenue. Et son bras encore une fois se resserre sur celui de son épouse. Cela va mal se terminer. Il le sait, il le pressent, comme l’insidieuse vérité que l’on voudrait ne pas regarder en face. Les voilà pourtant acculés au détour d’une tente, le chasseur affamé guettant, lame au clair, une proie qui voudrait ne pas se laisser faire. Mais le geste est trop précis, trop rapide. Il n’est pas combattant Denys. Et s’il n’avait pas la folie de croire que son « amitié » avec Castiel comptait, il pensait qu’un vague éclair de lucidité finirait par le prendre avant l’instant fatidique.

Mais la lame tranche belle et bien. Sa gorge. Sa peau. Sa chair. Une gerbe de sang qui éclabousse. Une douleur foudroyante. Un souffle qui se perd. Une conscience évaporée.

Il ne se sent ni percuter Marjolaine ni tomber. Il n’a ni conscience du sang qui macule la terre meuble et l’abreuve, ni conscience des gargouillis immondes qui franchissent ses lèvres dans les vestiges de paroles inconscientes. Sur lui, le voile noir qui peu à peu enveloppe son regard et apaise sa conscience. Sa dernière pensée n’est pas pour son épouse. Pas pour sa fille Rose. Ni pour son peuple. Rien qu’un dernier élan de colère, un sursaut de vengeance.

Est-ce là ta justice, Ô Sithis ?

Puisses-tu être à jamais maudit, Castiel de Sombreflamme.

Que la mort l'emporte tôt, comme tous les siens avant lui.

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Mar 23 Mai - 14:06

Elle avait peur.  Plus encore que lorsqu'elle s'était éveillée au milieu des combats, que lorsqu'elle avait dû prétendre être une guerrière.  Plus encore que lorsqu'on avait essayé de la noyer pendant le tournoi des Trois Opales.  La seule fois où elle avait ressenti une telle frayeur c'était lorsqu'elle avait découverte une lettre portant la main de Lida dans leurs appartements à Hacheclair.  Il s'en était fallu de peu pour qu'elle perde son époux.  Ce sentiment qui l'habitait était similaire à celui d'alors.  Elle craignait plus pour la vie de Denys que pour la sienne.  Après tout, c'était lui que la haine de Castiel semblait viser.  Uniquement lui.  Il n'était clairement pas sain d'esprit et Marjolaine ne le laisserait pas accomplir ses sombres desseins.  Ses doigts s'enroulaient autour de la dague, de plus en plus serrés.  Elle croyait pouvoir le semer, mais Denys lui affirma qu'ils les suivait.  Ils n'ont plus nulle part où aller.

Avant qu'elle n'aie le temps de faire le moindre mouvement, un éclair argenté passa devant ses yeux.  Avant de même réaliser ce qui était arrivé, elle sentit la chaleur humide du sang mouiller son visage.  Ses doigts laissèrent tomber le poignard tandis que de ses lèvres s'échappait un cri de douleur étranger.  Avec le corps inanimé de son époux, elle se laissa tomber au sol, toutes forces l'ayant complètement abandonnée.  Elle avait échoué.  Elle n'avait pas réussi à garder le duc lagran auprès d'elle une fois de plus.  Devant ce sinistre spectacle, les yeux vides de vie de celui qu'elle avait cherché pendant des semaines, qu'elle venait de retrouver, ses prunelles se voilèrent d'un masque de larmes.

Et alors qu'elle n'aspirait qu'à s'abandonner à cette douleur aiguë qui la transperçait, l'impudant osait revenir vers eux.  Une part d'elle souhaitait obtenir vengeance, mais elle n'en avait pas la force. Pas le courage.

- N'en avez vous pas assez? hurla-t-elle d'une voix tremblante, presque hystérique.  Elle prit le corps gisant de son époux dans ses bras, au désespoir.  Ses sanglots s'intensifièrent.

- Ne vous approchez pas!  Je vous tuerai! Je vous tuerai! sanglota-t-elle sans y croire elle-même.  Elle berçait inlassablement le cadavre, caressant ses cheveux, ignorant le sang qui se répandait sur sa robe, sur ses mains.  Elle ne voyait plus rien.  Sa douleur était trop vive pour être supportée.  Elle devenait folle.

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Lun 5 Juin - 0:35

Il était las, las de tout, le marquis. Il portait ce nouveau né dont il ne connaissait pas l’identité dans ses bras, il déambulait entre ces installations de fortune, ayant l’impression que seule la peur exultait des gens présents. Il cherchait des visages connus. Des gens à qui il pourrait se confier, même s’il y en avait peu dans sa vie. Tara. Maelys. Cassiopée. Thomas. Un Chevaucheur lagran. Y avait-il seulement l’un d’entre eux, non loin ? Il croisa Agnès, son épouse d’après ce qui lui avait été dit à Amar, celle-ci lui demandant si Lazuli se portait bien, et lui faussant compagnie aussi vite qu’elle était apparue, l’empêchant de lui confier l’enfant dont il ne connaissait rien, si ce n’est son prénom pour le moins surprenant, lui imposant ce fardeau dont il ne savait que faire. Quelle importance, d’ailleurs, que ce nourrisson, alors que lui parvenait une voix qu’il connaissait, secouée de cris déchirants ?

Déposant l’enfant dans un panier, enroulé dans la couverture dans laquelle il se trouvait, il transporta ce dernier à ses côtés, prenant garde de dissimuler le spectacle macabre à sa vue, alors qu’il percevait sa duchesse penchée sur le corps de son époux, le portant et le berçant, sauvagement bousculée par le duc de Sombreciel, qui n’était certes pas réputé pour sa santé d’esprit, mais qui agissait particulièrement étrangement. Et surtout, qui était accusé par la duchesse, par sa duchesse. Que s’était-il tramé ? Il semblait que Marjolaine du Lierre-Réal le prenait pour responsable de la mort de Denys, mais… Était-ce réellement le cas ? Fronçant les sourcils, il s’approcha à pas mesurés, discrets, pour surprendre la troupe, et voir Castiel de Sombreflamme… arracher la peau de son duc ?

Sans réfléchir davantage, il agrippa l’épaule du duc, le forçant à s’écarter. Il n’avait pas d’armes, mais il avait repéré celle qui avait servi à tuer son duc, et il pourrait la saisir aisément, si le duc ennemi s’avérait menaçant. « Expliquez-vous, tout de suite ! Sans quoi vous serez accusé du meurtre du duc de Lagrance, et vous paierez pour vos crimes. Je ne sais dans quelle étrange illusion nous nous trouvons, mais cela ne m’empêchera pas de vous ôter la vie, comme vous vous êtes donné le droit d’ôter celle de mon duc. »

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Mer 7 Juin - 5:20

Tes maigres forces déjà te font défaut, alors que tu échoues à éventrer celui que tu as déjà osé appelé ami. Garde tes amis près de toi. Les ennemis encore plus. Tu ne fais que griffer, chaton aux griffes coupées, fauve de compagnie, et tu te fâches. Tu tentes de percer, de rompre cette chair par la seule pression de tes doigts, mais une force entre plus vive te repousse dans la poussière et la boue. Tu ne comprends pas ce qu’on braille à tes oreilles, ce qu’on te hurle. Tu dévisages la femme sans comprendre. Un instant, tu as oublié qui elle est, et surtout, ce qu’elle peut bien trouver à ce cadavre, à ce qu’on t’a dit être un homme et qui, tout ce temps, n’a été que tromperie, n’a été qu’instrument de perdition pour tout un continent. Pour tout un monde. Elle est avec lui. Elle ne mérite donc que le même châtiment. Le poignard n’est plus dans ta main. Tu le cherches, frénétiquement, mais tu l’effleures à peine des doigts qu’on te tire vers l’arrière. Tu suis le mouvement, surpris, et te relèves, afin de dévisager celui qui a posé la main sur toi. Un homme, roux. Tu ne sais pas son nom, bien que tu l’aies déjà vu. Tu as oublié. Ça n’a pas d’importance, n’est-ce pas ?

« Expliquez-vous, tout de suite ! Sans quoi vous serez accusé du meurtre du duc de Lagrance, et vous paierez pour vos crimes. Je ne sais dans quelle étrange illusion nous nous trouvons, mais cela ne m’empêchera pas de vous ôter la vie, comme vous vous êtes donné le droit d’ôter celle de mon duc. » Tu hoquètes. Tu rigoles, encore un peu, les bras ballants. Il est avec lui. Il est avec eux. Le meurtre du duc de Lagrance. La libération du monde. Puis, sans prévenir, tout change, une nouvelle fois. « Et lui ? Et lui, QUAND PAYERA-T-IL POUR SES CRIMES ? » Tu hurles à t’en casser la voix, mais tu fais un seul pas vers le rouquin que d’un coup assuré à la tempe, celui-ci t’assomme. Il n’en faut pas plus, à ton corps si faible, qui manque cruellement de repos, qui ne fonctionne en ce moment qu’à la haine, qu’à la folie, qu’à l’énergie du désespoir, puisée tu ne sais où, cède et tombe. Pour que le monde se fasse noir et qu’enfin, quelques instants, tu trouves le repos.

Tu ne perçois pas qu’on te bouge, qu’on te protège, qu’on vient te chercher, et que les hurlements et les sanglots ne cessent pas, tout autour de toi. Qu’on t’attache, dans une tente qu’on te veille. Tu ne perçois pas l’incohérence de tes propos, lors de tes brefs éveils, tu ne perçois pas la folie de tes mots et de ton esprit malade, qui se défait de toutes les drogues qui l’ont intoxiqué depuis trop longtemps. De ces derniers jours, tu ne te rappeleras pas. Au fond de toi, tu sauras toujours ce que tu as fait.

La Sombre Mère n’oubliera jamais.

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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Mer 7 Juin - 12:31

Elle n'arrivait pas à protéger la dépouille de son aimé.  Ses larmes brouillaient sa vue, son cœur hurlait de douleur et elle n'avait plus d'énergie.  Le voyage l'avait épuisée, sa seule motivation étant de retrouver Denys, de remettre les choses là où elles devaient être.  Et à peine venait-elle d'effleurer du bout des doigts son but, elle se le voyait ravir sous ses yeux par les mains mêmes d'un homme qui se prétendait ami de la cour lagrane.  Même sa haine n'arrivait pas à outrepasser cette détresse qui lui empoignait durement le cœur.  Elle aurait voulu éliminer ce meurtrier.  Le mot tournait en boucle dans sa tête, il prenait peu à peu les traits de Castiel.  Ils devenaient synonymes dans son esprit.  Si seulement son corps n'était pas  tétanisé par la douleur que  ressentait son âme, elle aurait pu passer à l'action.  Attraper cette dague et la plonger dans le cœur de celui qui était désormais un ennemi.  Néanmoins, à quoi bon?  Ce sang sur ses mains ne se laverait jamais, il y resterait comme une tache indélébile, même si l'eau l'aurait effacée.  Et ça ne ramènerait pas son époux à elle.  Il ne reviendrait pas.  Pourrait-elle affronter le regard pétillant de Rose en sachant qu'elle avait tué et pris plaisir à l'acte un homme?  Elle ne pouvait qu'endurer en silence et tâcher de protéger de son corps le cadavre à nouveau assailli par le déséquilibré d'esprit.  Elle ne remarqua pas son geste, sa main tendue vers l'arme du crime, prêt à frapper à nouveau.  Elle n'y portait guerre attention, le monde tournait à une vitesse foudroyante.  Elle était étourdie, plus rien n'avait de sens.

Jusqu'à ce qu'une voix, familière mais étrangère, ne résonne à ses oreilles.  Ses yeux se levèrent vers cet homme venu à leur secours, trop tard.  Le capitaine de vol de Lagrance.  Elle devinait son visage entre ses larmes, sa chevelure rousse le trahissait.  Les sons lui parvenaient entrecoupés et saccadés, elle n'était pas certaine de ce qu'il  disait, elle savait seulement que l'on éloignait l'assassin d'eux, qu'on les laissait en paix.  Elle enveloppa de ses bras le torse de Denys, laissant ses pleurs couler sans restriction, mouillant ses joues déjà dépourvues de toute chaleur.  Ses doigts s'agrippaient à lui, s'enroulaient dans les plis de ses vêtements qui conservaient encore un peu de la tiédeur de ce corps peu à peu froid comme glace.  Ainsi accrochée, elle ne remarqua pas ce qui se passa autour d'elle.

Dans un état de semi-conscience, elle laissa une paire de bras l'arracher du défunt, l'éloigner de cette scène horrible qui pourtant ne cessait de se reproduire dans son esprit.  La sauvagerie du tueur, la lueur folle dans ses yeux.  Dans le tumulte des évènements, elle ne sut comment elle se retrouva dans une tente, livrée aux bons soins d'une servante quelconque qui l'aida à se déshabiller, puis à se laver.  Peut-être lui avait-on parlé; elle n'avait que hocher la tête pour toute réponse, sans rien comprendre à ce qu'on lui disait.  Elle ne ressentait que la marque amère que laissait ses larmes désormais silencieuses en une ligne droite sur ses joues.

Elle ne quitta pas cet état de léthargie, pas même à l'approche de ses proches venus la réconforter.  En elle ne restait plus qu'un immense vide et une lassitude aussi vieille que le monde.
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Message Sujet: Re: Ce ne sont jamais que des hommes   Mer 7 Juin - 16:22

Payer pour ses crimes ? Ne venait-il pas de le faire, de sa vie ? Tristan n’était pas idiot, il était conscient que son duc avaient les mains tâchées de sang – qu’il ait agi ainsi de lui-même ou ait exigé des autres qu’ils se les salissent pour lui n’y changeaient rien. Il n’avait en revanche aucune idée de ce dont Castiel de Sombreflamme désirait le punir, mais le duc du duché de l’Esprit donnait davantage l’impression de gouverner celui de la Folie et de la Déviance en l’instant. Il aurait pu répliquer, le marquis, mais il n’avait guère de temps à perdre avec l’homme – d’autant plus qu’il n’avait pas toute sa tête. Soupirant, il se contenta d’un coup précis, pas fatal malgré le désir qu’il en avait, pour le réduire à l’impuissance.

Il aurait pu l’achever, en l’instant, mais il ne saisirait pas l’opportunité de cette réalité dont il ne savait rien, pour faire cela. Lui n’était pas gouverné par la folie, et agir sans pouvoir en estimer les conséquences ne lui ressemblait pas, peu importe l’envie qu’il avait de réduire à néant Castiel de Sombreflamme. S’il le remettait à sa famille, il ne s’arrêterait pas là, le Capitaine de Vol. Il avait à cœur la justice, et il entendait la faire régner. Principalement pour sa duchesse, pour qui il avait le plus grand respect, qui se trouvait là, dévastée. Si Denys du Lierre-Réal n’était pas le meilleur des époux, ils étaient pourtant soudés, de l’impression du marquis. Et l’état de la duchesse le confirmait.

Sans plus un regard pour l’infâme meurtrier, il détacha la femme de son époux, la forçant à abandonner le corps, et la conduisant à leur tête qu’on lui indiqua non loin, la remettant entre les mains d’une servante – une jeune femme qui se souvenait de la réalité telle que Tristan la connaissait, et qui s’occuperait bien de la duchesse, pendant qu’il s’occupait du corps sans vie qu’il l’avait contrainte à abandonner.

Il ne pouvait pas le jeter dans la fosse commune ou s’entassaient les nombreuses petites gens, qui n’avaient pas su se préserver d’un mal qui semblait envahir certains endroits de Lorgol, son duc méritait bien plus d’honneur que cela. Il n’était cependant pas question de construire un jardin funéraire comme il était coutume d’en voir en Lagrance, mais il ne pouvait laisser son duc périr ainsi. Il avait entendu parler de ce sculpteur, longtemps auparavant. Serait-il là, et aurait-il de quoi concevoir un cercueil, ou pourrait-il le renseigner sur un endroit où en acquérir un ? Et une statuette, qu’il pourrait ensuite modeler avec la magie du Sang ? Sa duchesse en voudrait-elle seulement ? C’était incertain. Il comptait le lui proposer, toutefois, le lendemain… Si ce Lancelot acceptait.

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