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 Une éclaircie dans la tempête

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Message Sujet: Une éclaircie dans la tempête   Lun 22 Mai - 16:38


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Mélusine de Sylvamir & Alméïde d'Erebor

Une éclaircie dans la tempête

Elle est un soleil qui chasse les nuages



• Date : 1 mai 1002
• Météo : Temps couvert mais assez doux.
• Statut du RP : RP express
• Résumé : Alméïde est arrivée au camp des réfugiés il y a deux jours à peine, lorsqu'elle retrouve enfin un visage familier. Un visage qui lui a terriblement manqué.
• Recensement :
Code:
• [b]1 mai 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2175-une-eclaircie-dans-la-tempete]Une éclaircie dans la tempête[/url] - [i]Mélusine de Sylvamir & Alméïde d'Erebor[/i]
Alméïde est arrivée au camp des réfugiés il y a deux jours à peine, lorsqu'elle retrouve enfin un visage familier. Un visage qui lui a terriblement manqué.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Lun 22 Mai - 16:43, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Lun 22 Mai - 16:42

Elle n'est pas seule.
Elle doit se le répéter encore et encore, jusqu'à ce que ça s'ancre dans son esprit. Quelle que soit l'horreur dans laquelle elle se trouve, elle n'est pas seule. Il ne s'agit pas d'une illusion isolée ou d'un simple cauchemar, ce n'est pas ce cachot terrifiant où personne ne pouvait lui tendre la main. Tous ces gens, qui parcourent le campement, qui installent leur tente et s'y réfugient, ils sont dans le même bateau. Et c'est à la fois terrible et rassurant.

Alméïde s'est éloignée, une cruche à la main, afin d'aller la remplir à nouveau au puits. Elle a laissé Sitara derrière elle, en compagnie de la joaillère qui a enfin retrouvé ses souvenirs à son tour, mortifiée par ce qu'elle a pu faire, désireuse de se rattraper, certainement. L'Erebienne ne parvient pas à lui en vouloir pour ce qu'une autre qu'elle a pu faire, bien qu'il s'agisse du même visage, du même corps. La méfiance reste profondément présente néanmoins et Alméïde évite de rester trop souvent à ses côté, l'embarras étant trop fort pour le moment.

Du temps.
Il lui faut plus de temps. Et cette fois, elle n'est pas seule.

Elle revient sur ses pas, les traits tirés par la fatigue, conséquence de nuits écourtées par les cauchemars. Son regard papillonne autour d'elle, se pose sur un visage puis un autre, les effleurant à peine, appréhendant d'être attaquée à tout moment. L'atmosphère est pesante au campement, les regards reflètent des vécus difficiles, miroirs d'une réalité sombre, ténébreuse.

C'est alors qu'elle la voit. Enfin.
Juste devant elle, une silhouette gracile qui lui tourne le dos. De longs cheveux noirs, emmêlés, en cascade sur des vêtements qui ont connu des jours meilleurs. Son coeur manque un battement, l'émotion lui serre la gorge.

« Mélusine... » Un murmure. Un espoir. Elle s'avance à pas prudents, la silhouette se fait plus certaine sous ses yeux. C'est elle, elle en est sûre, ça ne peut être qu'elle ! « Mélusine ! » Sa voix porte plus loin cette fois et son amie se retourne, le visage marqué par les épreuves, mais toujours aussi rayonnante, flamboyante à ses yeux. Alméïde s'élance en avant, laissant tomber la cruche pleine d'eau, le coeur au bord des lèvres, les yeux déjà humides et elle se jette dans les bras de Mélusine, se blottissant au creux de son cou en serrant plus fort que jamais, comme pour s'assurer qu'elle ne se volatilisera pas.

Puis, elle relève les yeux pour les plonger dans les siens. « Le Destin soit loué, c'est bien toi. » Ses mains viennent caresser son visage, son regard s'embue de larmes qu'elle retient difficilement. Elle est là, elle est réelle, elle peut la toucher, la sentir.
Sa Mélusine.

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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Lun 22 Mai - 19:46

C’est un monde horrible dans lequel elle vit désormais, Mélusine en est persuadée. Sa mésaventure dans les ruelles et les canaux de la Ville Basse l’avant-veille en est un symptôme ; et l’impuissance qu’elle a ressentie à cette occasion lui pèse gros sur le cœur. Le bleu qui marbre sa joue, hérité d’un coup de poing un peu violent quand elle s’est débattue, pulse en sourdine quand elle se tourne dans son sommeil. Sommeil plus serein à présent qu’elle y succombe dans les bras de Hiémain, même si son repos reste superficiel… L’absence de Meldred au creux de ses bras la torture. Son époux bien-aimé ne l’a pas vu, Joséphine et Agathe sont introuvables, et Arsène a disparu également… Déserté, le nid douillet de la famille Sylvamir.

C’est un cauchemar qui tire Mélusine de sa sieste – rompue de fatigue, elle s’est laissée convaincre de dormir quelques heures pendant que Hiémain parcourt le camp à la recherche de visages connus. D’un sursaut, elle revient à la conscience, les lèvres craquelées et la gorge sèche, l’esprit en panique. Personne pour la serrer fort, pas de bras amicaux où se réfugier… Tentant d’oublier l’obsédante image de ses petits jetés en pâture aux loups, son tout-petit à elle et les deux oisillons réfugiés dans son nid, elle sort de la tente qu’elle partage avec son époux et prend le chemin du puits pour y chercher de l’eau fraîche. Elle ne se sent pas bien vaillante ; mais lorsqu’une voix familière crie son nom derrière elle, son sang ne fait qu’un tour, et c’est avec un espoir fou qu’elle fait volte-face.

C’est Alméïde, qui est là, qui se serre contre elle,  qui s’est jetée dans ses bras, – machinalement, Mélusine referme les siens autour d’elle, sentant se mouvoir sous ses mains les formes familières de son amie si chère. Elle est pâle, amaigrie, visiblement meurtrie ; mais elle est là, vivante, réelle. Les larmes montent aux yeux de la farouche marquise lorsque sa princesse se blottit contre son cou ; elle effleure prudemment sa tête, laissant courir sa main dans la chevelure en désordre, caressant sa nuque. L’Erebienne relève les yeux, murmure quelques mots que Mélusine ne comprend même pas ; leurs regards se croisent, et la vague de soulagement immense qui déferle sur elle lui coupe la parole. Un visage familier, un être cher retrouvé – oh, comme elle lui a manqué, tous ces mois, sa fleur des sables ! Peu lui importe qu’Alméïde soit fiancée à Castiel, qu’elle l’ait déjà repoussée une fois, qu’elle refuse ses avances – elle est là, contre elle. Vivante. Sans même tenter de réfléchir, elle resserre sa prise sur la nuque offerte, passe l’autre bras autour de sa taille pour la rapprocher encore plus près ; et se penchant légèrement, elle l’embrasse comme si sa vie en dépendait. Il n’a plus grand-chose à voir avec la première approche presque résignée de Sinsarelle, ce baiser furieux ; il clame aux quatre vents l’amour sincère de Mélusine, son inquiétude profonde et son attachement possessif pour sa petite princesse des dunes. Oh, l’indicible soulagement de la sentir là, peau contre peau, la souffle de sa respiration animant sa poitrine, ses lèvres pleines de vie sous les siennes… !


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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Mar 23 Mai - 0:25

Elle observe chaque détail de son visage, comme si elle ne l'avait jamais vu. Elle le détaille, le caresse du bout de ses doigts tremblants, abasourdie de l'avoir retrouvée ainsi, au hasard d'un chemin. Elle en pleure presque – en fait, elle en pleure véritablement. Alméïde observe le bleu profond de ses yeux, ses joues pâles, dont l'une marquée d'un hématome, ses cils humides qui battent doucement, ses lèvres... Ses lèvres qui fondent sur les siennes avec une fougue inattendue.

La surprise la laisse un instant pantoise. Rien qu'un instant. Car elle répond bientôt à son baiser sans contrainte ni barrière. Sans réflexion, sans raison. Juste la certitude qu'elle en a envie, qu'elle en a besoin. De cette tendresse mêlée de passion, de cette affection qui la rassure et qui l'effraie tout à la fois. Son souffle est chaud contre ses lèvres, tout comme son corps qui se presse contre le sien, qui en demande plus. Elle a le coeur qui bat à toute allure et l'esprit qui tourbillonne et durant ces quelques instants, elle parvient à oublier toute l'horreur qui menace encore de la submerger par moments. Loin des cauchemars, loin de la douleur, juste ce rayon de soleil qui perce les nuages pour l'éclairer et la réchauffer.

Elle en a le souffle coupé, la princesse des dunes, et quand enfin leurs lèvres se détachent, sa respiration se fait précipitée, erratique, aussi désordonnée que ses pensées. Mais elle ne s'éloigne pas, non, elle reste là, dans les bras de Mélusine, le regard perdu encore humide de ses larmes. C'est un rire léger, un rire nerveux, qui vient briser le silence ; un rire mêlé de quelques sanglots soulagés qui la secouent. Ses doigts effleurent la joue blessée, se perdent dans ses cheveux noirs ; elle ressent le besoin de la sentir, de la toucher, pour être certaine de ne pas rêver. « Tu m'as tant manquée. » murmure-t-elle avec peine, la gorge serrée. Elle lui a manqué oui, et la sensation la frappe avec tant de force qu'elle manque de vaciller. « Je voulais venir te voir, je voulais m'assurer que vous alliez bien, toi et le bébé... Pardonne-moi, Mélusine. » Une larme, un tremblement. Les souvenirs douloureux de sa captivité, les semaines qui ont suivi, puis l'horreur d'une réalité qui n'est pas la sienne. Tant de choses qui l'ont retenue loin de son amie, trop longtemps, bien trop longtemps.

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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Mar 23 Mai - 2:34

Alméïde est là, dans ses bras, elle est vivante, elle respire – Mélusine perçoit son souffle contre ses lèvres, entre deux arabesques de ce ballet tissé d’affection et de tendresse. Et de passion, oh qui vibre, si fort, si clair sous sa peau ! Comme un brasier de vie qui se serait enflammé, promesse de lumière, de chaleur, de « peut-être » et de « demain », et de jours meilleurs. Un peu d’espoir, le souvenir des matins d’avant, perdus sous la lueur timide des étoiles caressées par les premiers rayons solaires de l’aube, à Sinsarelle. Dans une autre vie ; une vie où elle pouvait aimer Alméïde avec ferveur sans avoir l’impression de trahir son époux adoré. Une vie où elle pouvait chérir Hiémain de tout son cœur, sans craindre de trahir sa princesse bien-aimée. Puis tout le reste est venu saccager son équilibre fragile, elle a trouvé le bonheur d’être épouse, d’être mère, d’être aimée – Hiémain est sa lumière, Alméïde est devenue son obscurité. Un fantôme perdu dans le secret de ses rêves, un regret, un deuil qui refuse de s’avouer.

Mais la voilà, elle est là – vibrante et si proche, contre elle, juste là dans ses bras, cœur contre cœur, ses yeux dans les siens ; oh, elle lui a manqué, aussi grand que l’océan des sables s’étend à l’horizon par-delà les murailles, aussi fort que le simoun et le sirocco quand ils tempêtent entre les dunes à l’automne. Le sang tambourine à ses tempes tandis qu’elle dévore des yeux le visage tourné vers elle, qu’elle effleure les traces de coups sur la peau si douce naguère, qu’elle s’enivre de la présence d’Alméïde, si proche, oh Valda – si proche, qu’elle pourrait la respirer. « Tu m’as manqué, princesse, chaque jour depuis Sinsarelle », murmure-t-elle avant de poser le front contre celui de l’Erebienne, fermant les yeux pour mieux évoquer ses souvenirs, « – tu m’as manqué, si tu savais à quel point, chaque jour depuis que mon fils est né, depuis que je t’ai reconnue sous les voiles de ma Tour si sage… »

L’absence de Rhéa se rappelle à sa mémoire, et elle se mord les lèvres, pour empêcher d’autres larmes de couler. « Il n’est plus là, mon Fou impossible, mon enfant terrible, ma douce folie familière – parti, envolé, je suis seule dans mes pensées ; mais tu es là, toi ma tendre, mon aimée, ma princesse, je t’ai retrouvée – le monde d’avant n’est pas encore oublié, hein ? Dis-moi, ma douce, dis-moi que je suis encore… moi ? » Il y a une supplique, dans sa voix – elle a peur, Mélusine, elle a besoin d’être rassurée. Son regard hésitant hurle une question silencieuse, dans ces prunelles claires de Sombreciel ; une supplique timide se cache dans chacune de ces caresses esquissées : est-ce que, cette fois, malgré les coups, et le sang, et la mort, et le chaos et ce monde insensé, sa princesse voudra bien se laisser aimer, juste un peu… ? Juste un instant, juste pour combattre l’angoisse, pour se rappeler un peu… du monde d’avant ?


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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Mar 23 Mai - 3:25

Il y a ses yeux dans les siens, il y a la chaleur de sa peau contre la sienne, il y a la douceur de ses gestes et la ferveur de son regard. Et c'est alors sa lumière qui vient l'éclairer et la sortir des ténèbres dans lesquels elle était plongée, un espoir étincelant qui irradie autour de ce visage aimé. Elle a eu le soutien et l'affection de Sitara pour l'empêcher de sombrer, mais il lui manquait cette impulsion, cet élan de plus, pour réellement se sortir de l'eau tumultueuse qui menaçait de l'engloutir. Il lui fallait cette amie si chère, celle qui la connaît par coeur, qui sait lui soutirer rires et confidences, qui sait si bien éveiller en elle la confiance et l'assurance nécessaire pour vraincre les épreuves. Entre ses bras, elle n'a plus peur de demain, car elle est là. Mélusine. Oh, son exubérante Mélusine. Comme elle lui a manqué.

« Tu m’as manqué, princesse, chaque jour depuis Sinsarelle. » Sinsarelle, lors d'une autre vie, lui semble-t-il. Si loin et pourtant si vif en sa mémoire. Le rouge monte à ses joues, à ce souvenir tendre teinté de regrets. Son amie s'est mariée depuis, a eu un enfant, a vécu son quotidien auprès de son baron. Un court instant, Alméïde éprouve un intense embarras, songeant à Hiémain, songeant à son propre fiancé – irrémédiablement absent. Mais comment s'attarder ainsi sur une existence qui s'écroule autour d'elle, remplacée par un chaos sans nom ? « – tu m’as manqué, si tu savais à quel point, chaque jour depuis que mon fils est né, depuis que je t’ai reconnue sous les voiles de ma Tour si sage… » Un sourire orne ses lèvres, tendre et triste à la fois, au souvenir de cette nuit terrible qui l'a menée droit à l'horreur. Alméïde réprime un frisson, serrant sa main dans la sienne, à la recherche d'un point d'ancrage.

« Il n’est plus là, mon Fou impossible, mon enfant terrible, ma douce folie familière – parti, envolé, je suis seule dans mes pensées ; mais tu es là, toi ma tendre, mon aimée, ma princesse, je t’ai retrouvée – le monde d’avant n’est pas encore oublié, hein ? Dis-moi, ma douce, dis-moi que je suis encore… moi ? » Son regard retrouve le sien et s'y accroche fermement, décelant sa détresse, miroir à la sienne. « Tu n'as pas besoin du Fou pour être toi, pleine et entière. Tu n'as pas besoin de lui pour savoir qui tu es. Je ne l'ai pas oubliée moi, cette lumière que tu as en toi. Rien ne pourra changer cela, pas même ce monde parti en lambeaux. » Elle serre un peu plus sa main dans la sienne, soudain nerveuse, prise d'une gêne subite. « Je n'ai plus ma Tour, moi non plus. Mais tu es là et c'est... tout ce dont j'ai besoin. » Juste elle, juste cette lumière qui la guide dans l'obscurité. Juste cette flamme qui lui réchauffe le coeur. « Ne pars pas s'il te plaît, reste avec moi... » Il y a encore cette voix, terrible, entendue dans ce sombre cachot. La voix de son amie qui disait ne plus avoir besoin d'elle. Qui disait ne plus vouloir d'elle. Ne me laisse pas, hurle ce regard angoissé. Garde-moi près de toi, murmure la main tremblante, serrée dans la sienne.

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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Jeu 25 Mai - 19:53

Elle a l’air si fragile, sa princesse du désert, perdue au milieu de cette folie insensée qui les balaie comme des fétus de paille dans les éléments déchaînés. Elle s’accroche à sa main, serrant ses doigts à les broyer, et c’est le cœur de Mélusine qui se serre d’imaginer toutes les épreuves que son amie a dû traverser. Ainsi, plus de Tour pour l’épauler ? Sont-ce donc toutes les pièces de la Rose qui se sont envolées ? Obéron aussi a déserté Hiémain, elle le sait, ils en ont parlé. Qu’est-il arrivé aux souverains de jadis ? Il faudra qu’elle y réfléchisse. Qu’elle se renseigne. Plus tard.

Pour le moment, elle se contente de serrer Alméïde contre elle, attristée de sentir les tremblements qui agitent la jeune femme. Elle semble épuisée, à bout de forces ; par quelles épreuves a-t-elle dû passer avant de parvenir enfin au campement où viennent s’échouer tous les réfugiés du continent ? Pensive, de sa main libre, elle effleure la joue blessée – une brûlure en voie de guérison, qui marbre la peau de sa tendre princesse. Un vent de révolte souffle sur elle, et elle se trouve prise de l’envie irrépressible de punir le fautif. Qui a osé lever la main sur Alméïde, qui a pensé pouvoir meurtrir sa bien-aimée et s’en sortir sans représailles ?

La rage pulse dans ses veines, soudain ; mais contrairement à l’habitude, Vespéral ne répond pas à l’appel. Point de sylvebois sous ses doigts, nul carquois sur son épaule… Le Fou est parti, Rhéa l’a désertée, et Mélusine se trouve bien démunie devant les blessures de son amie. Elle reporte le regard sur son amie, et un instant son cœur hésite entre la colère ivre de vengeance et l’amour sincère tissé de mille nuances. Les yeux noyés de larmes l’emportent, et c’est un baiser délicat qu’elle dépose sur les lèvres de la princesse, empreint d’affection et de tendresse, la serrant contre elle un instant. Puis, d’un doigt tremblant, elle effleure la joue brûlée. « Ma douce, si tu savais à quel point j’enrage de ne pouvoir châtier ceux qui t’ont fait ça… Qui a osé s’en prendre à toi ? »


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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Ven 26 Mai - 1:27

Sa main – oh merveilleuse main – qui serre plus fort, qui serre encore, voilà tout ce dont elle avait besoin. Elle remercie le Destin, et Joseï, et Aïda, et tous ceux qui semblent veiller sur elle, de lui avoir permis de retrouver son amie ; elle se mettrait à genoux devant chacun d'eux à cet instant, si elle le pouvait et elle prierait un peu plus pour s'assurer que plus jamais elle ne risquerait de la perdre. Comme cette nuit, dans la Tour de la Rose, où son coeur saignait de la voir si faible et si fragile. Une nuit terrible et angoissante. Une nuit où tout a basculé. Alméïde ne regrette pas un instant les risques pris pour sauver Mélusine ; chaque instant passé dans ce cachot en valait la peine s'ils ont permis à son amie de vivre C'est son visage lumineux et bien portant, parmi d'autres, qui lui a permis de tenir par moments dans la tourmente et la douleur. Et c'est un soulagement indescriptible qui la tenaille à présent qu'elle la voit réellement saine et sauve, pour la première fois depuis cette terrible nuit.

Son regard à l'azur plus pur qu'un ciel d'été la rassure, autant que ses doigts contre sa joue meurtrie. Alméïde ferme les yeux à son contact, plus détendue à présent, enfermée dans une bulle protectrice où elles seules existent, loin de cette réalité tissée de noirceur et de mort. Un cocon chaleureux où ses lèvres contre les siennes, de par leur douceur, allument une nouvelle étincelle de courage au creux de son être et la réchauffent de l'intérieur.

« Ma douce, si tu savais à quel point j’enrage de ne pouvoir châtier ceux qui t’ont fait ça… Qui a osé s’en prendre à toi ? » Son regard sombre retrouve le sien, incertain. « Une femme qui n'est plus. Elle n'était pas elle-même et s'est éveillée depuis, elle ne pourra plus rien me faire. » La princesse baisse les yeux vers leurs doigts entremêlés, le coeur lourd, l'esprit peuplé d'images qui la hantent encore et l'empêchent de dormir quand la nuit enveloppe le camp de son noir manteau. « Aucun d'entre nous n'avait conscience de rien, et certains ont commis des actes terribles... » Elle inspire difficilement, comme étouffée par l'angoisse, comme si elle s'efforçait de refouler un sanglot. « J'ai tué mon propre frère Mélusine... Mon frère Anwar était là, encore en vie et je...j'ai... Quand mes souvenirs me sont revenus j'avais encore la lame à la main. » Elle lève la main en question, la regardant sans la voir ; sous ses yeux, elle n'aperçoit que ce rouge vibrant, dégoulinant, elle n'aperçoit que le sang. Peu importe combien de fois elle frottera sa peau, elle aura toujours la désagréable impression d'en être recouverte. Alméïde secoue la tête et plante ses yeux dans les siens. « Nous devons trouver un moyen d'arranger les choses. Qu'importe que Rhéa et Simon ne soient plus là, c'est encore notre devoir, je refuse de croire qu'il n'y a rien à faire. » Et à ces mots, la conviction luit comme une flamme dans son regard.

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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Mer 31 Mai - 23:37

Oh, comme elle a l’air abattue, sa princesse bien-aimée ! Il y a au fond de ses yeux un océan d’horreur qui semble prêt à l’engloutir, et Mélusine serre son amie un peu plus fort, tentant de lui communiquer un peu de sa chaleur, un zeste de réconfort, quelque soutien silencieux susceptible de l’aider à faire face à tout ce dont elle a été témoin, tout le mal fait par ces gens autour d’elles – et tout le mal qu’elle a apparemment elle-même infligé. Anwar, le prince sacrifié… en vie ? Serait-ce donc lui, le sultan d’Erebor dont les messagers ont annoncé le trépas il y a peu ? Tombé sous la lame même de sa cadette qui était née après sa mort, dans l’existence dont elle se souvient…

Visiblement, tous se sont retrouvés dans des situations peu reluisantes dans cette nouvelle vie inattendue. Un profond soupir échappe à la baronne, et c’est d’un ton las qu’elle raconte ses propres déboires. « En ce qui me concerne… Sinsarelle n’est apparemment pas à moi, ma mère a quitté mon père. Je suis… je suis mariée, à Denys» L’horreur qui règne au fond des yeux d’Alméïde s’entend à présent dans la voix de Mélusine, tandis qu’elle raconte, de quelques mots brefs, son réveil dans les draps du démon détesté, dans ses bras. Oh, traumatisme affreux de découvrir le corps de cet homme honni contre le sien ! Elle en frissonne encore, rétrospectivement, et c’est d’une voix blanche qu’elle livre le reste. « – et il y a… quatre enfants… » Quatre enfants insupportablement lagrans, avec leurs chevelures brunes et leurs yeux clairs – oh, si clairs… Elle sait quels sont leurs noms, au fond d'elle, elle en est convaincue : Lazare, Lothaire, Lilas, Lys – quatre prénoms qu’elle connaît bien, car elle avait pensé à en baptiser ses futurs enfants, il y a si longtemps, lorsqu’elle pensait encore épouser le seigneur du Lierre-Réal… « J'ai mis le feu aux jardins, j'ai volé un cheval... et je me suis enfuie. »

Une larme s’échappe au coin de ses yeux. La douleur martèle son cœur. « Je ne sais pas où est Meldred. Hiémain est là, mais il ne sait pas non plus où est notre fils, Mémé… On m’a volé mon bébé. » Un sanglot silencieux la secoue, et c’est à son tour d’enfouir le visage contre le cou de son amie, pleurant silencieusement l’absence de son enfant.


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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Mar 6 Juin - 22:34

Les horreurs sont vives. Les horreurs sont partagées. Mélusine raconte les siennes, le regard voilé par le cauchemar éveillé qui la hante encore, ce même voile que chacun arbore dans ce camp où tous ont perdu quelque chose. Mariée à Denys, mère de plusieurs enfants... Une vie qui ne semble pas si terrible au premier abord, lorsqu'on ne connaît pas la haine virulente que la marquise ressent à l'égard du Lagran. Alméïde songe à ce qu'elle a entendu, à ses propres filles, qui résident en Bellifère. Une étrange sensation l'étreint lorsqu'elle réalise qu'elle ne sait ni leur nombre, ni même leurs noms. Quelles sont ces vies étranges qui ne sont pas les leurs ? Mélusine aurait-elle vraiment pu être heureuse avec Denys ? La princesse s'interroge sur tous ces chemins qu'ils auraient pu emprunter, si tout avait été différent. Immédiatement, elle sait qu'elle préfère l'autre, la vraie. Celle où elle n'aurait pas eu à connaître un frère qu'elle détestait au point de vouloir lui ôter la vie.

Alméïde réprime un frisson sans quitter Mélusine des yeux. Ses doigts frôlent sa joue, y recueillent une larme perdue sur sa peau. Quel malheur que ce monde qui parvient à rendre triste l'être le plus solaire qui puisse exister. « Je ne sais pas où est Meldred. Hiémain est là, mais il ne sait pas non plus où est notre fils, Mémé… On m’a volé mon bébé. » Son coeur est lourd d'entendre ces mots. Sa peine la contamine, si proche de la sienne. De ses deux mains, elle ceint le visage de son amie et appuie son front contre le sien. « On le retrouvera Mélusine. Je te jure que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'aider. » Mais est-il seulement ici ? Elle a des filles qui n'existent pourtant pas. Pourrait-il n'être jamais né ? Alméïde n'ose exprimer cette pensée à voix haute, mais elle se promet de tout faire pour que tout redevienne comme avant, que sa douce Mélusine retrouve son enfant, ce petit garçon qu'elle a brièvement tenu dans les bras et qu'elle désire voir grandir, elle aussi.

« Tout est différent ici, mais tu n'es pas seule. Tu... » Elle hésite, juste un instant, puis esquisse un sourire tendre. « Tu as Hiémain à tes côtés. » Et tu m'as moi, semble vouloir dire son regard, sans que les mots ne parviennent à dépasser sa pensée.

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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Lun 12 Juin - 2:39

Dans ce monde insensé, elle a si peu de choses auxquelles se raccrocher – des bribes de passé, des souvenirs précieux, dans le dédale de sa mémoire. Deux êtres chers seulement : l’homme qu’elle aime au-delà de toute raison et qui lui a donné ce fils merveilleux dont l’absence la tue chaque seconde un peu plus ; la femme qui sait tout de ses secrets mais qui a piétiné son cœur sans possible rémission. Hiémain et Alméïde : les deux piliers de son existence désormais, puisqu’elle a perdu tout le reste – puisqu’on a saccagé tous les trésors de son existence. Plus de fils à bercer, plus de jumelle à chérir, plus de frères à adorer, plus de parents auprès desquels se réfugier… Juste lui. Et elle.

« Et je t’ai, toi. Je sais. Je sais, ma princesse, je sais. Si tu savais, toi, combien ta présence me fait du bien ! » Des deux bras, elle serre la silhouette familière de son amie contre elle, à l’en étouffer. Juste pour être sûre, qu’elle est bien là, qu’elle ne disparaîtra pas en fumée, qu’elle n’est pas juste le fruit de son imagination désorientée. Elle voudrait tant s’écrouler en petit tas au sol – elle se sent tellement vide, tellement seule, tellement inutile sans la force de Rhéa, sans l’optimisme de Fantasme ! Sans la vibration réconfortante de Vespéral au bout de ses doigts. Oh, comme Alméïde doit partager son sentiment, sans Simon, sans Justice…

Ravalant ses larmes, elle entraîne son amie le long du chemin, la fait asseoir devant la tente qu’elle partage avec Hiémain, dégageant délicatement les mèches envahissant son visage marbré de bleus.  « Raconte-moi, toi, ce qui t’est arrivé, ma précieuse – dis-moi tout, dis-moi qui t’a blessé. Où est ton frère ? » Tout en parlant, elle déchire machinalement un coin de son jupon, le trempe dans le seau d’eau qu’une âme charitable a déposé près d’elles, et nettoie prudemment le visage poussiéreux de son amie, les doigts tremblants sous l’inquiétude, préoccupée par les traces de coups et le spectre de la violence qu’elle devine au fond de ses prunelles. Par quelles infâmes épreuves a-t-elle donc dû passer pour arriver jusqu’ici ?


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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Mer 14 Juin - 20:13

« Et je t’ai, toi. Je sais. Je sais, ma princesse, je sais. Si tu savais, toi, combien ta présence me fait du bien ! » Ces paroles sont un baume sur son coeur meurtri, de même que son étreinte dans laquelle elle se perd avec tendresse. Elle referme ses bras autour d'elle à son tour, rassurée par sa présence. En fermant les yeux, elle pourrait presque s'imaginer être de retour dans sa vraie vie, mais l'horreur de son réveil se rappelle à elle avec bien trop d'intensité pour qu'elle puisse se bercer d'illusions.

Alméïde suit son amie sans plus relâcher sa main. Le campement est vaste mais elles ne mettent pas longtemps à atteindre la tente de Mélusine, s'installant toutes les deux avec une lassitude due aux obstacles qu'elles ont dû affronter. « Raconte-moi, toi, ce qui t’est arrivé, ma précieuse – dis-moi tout, dis-moi qui t’a blessé. Où est ton frère ? » Elle pousse un soupir, ne sachant par où commencer. Seuls les gestes de Mélusine parviennent à lui faire esquisser un mince sourire et sa présence à ses côtés lui permet de trouver le courage de jeter un regard sur ses souvenirs.

Alors elle lui raconte. Elle lui parle de tout ce qu'elle a vu et de tout ce dont elle se souvient. Elle lui parle de ce qu'on lui a dit et de ce qu'elle a pu glaner comme informations grâce à ceux qui se sont éveillés avant elle. Le chef de clan Qoraïch a été d'une aide précieuse et les paroles crachées par la sultane et par Sitara avant leur éveil sont autant d'indices parsemés dans le vent. Alméïde parle d'Anwar et de sa mère, elle parle d'Astarté et de Sitara, elle parle d'Anthim et de Castiel. Elle évoque les blessures, le cachot, l'examen cruel de sa demi-soeur. Elle avoue à demi-mots être mariée au duc de Bellifère et avoir plusieurs filles dont elle ne sait ni l'âge, ni le nom. Et elle déverse les mots comme on retire le venin d'une plaie, terrifiée à l'idée de s'arrêter à présent qu'elle a commencé.

« J'ai cru que je ne sortirais jamais de ces cachots Mélusine, j'ai cru... j'ai cru que j'étais à nouveau entre les mains de l'Ordre... » Sa gorge se noue et elle peine à retenir un nouveau sanglot, mais la peur semble être contenue alors que la main de son amie serre la sienne avec douceur. « Depuis qu'ils m'ont capturée, j'ai peur de ne plus savoir faire la différence entre illusion et réalité. Est-ce que... Mélusine, est-ce la réalité ? » demande-t-elle, presque suppliante.

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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Sam 17 Juin - 17:39

C’est un simple soupir qui répond à sa question, dans un premier temps, et Mélusine y entend l’écho de son propre marathon tissé de trahisons, de douleurs et de désillusions. Alméïde commence à dévider l’écheveau de ses épreuves, et le sang de la Cielsombroise se glace, d’entendre ainsi le récit de ces tourments contre lesquels elle ne pourra jamais rien. Comme elle voudrait obtenir le pouvoir d’effacer ces souvenirs pleins d’amertume, de souffrance, de sang et de mort ! Comme elle voudrait être capable de réparer les blessures de l’âme et les plaies du corps, comme elle regrette de ne pouvoir apporter à sa princesse le réconfort dont elle aurait besoin… Doucement, elle presse la main de son amie, cherchant vainement des mots suffisamment forts, suffisamment solides, pour rasséréner l’âme tourmentée de sa tendre aimée.

« Je ne sais pas si c’est réel, Mémé, je n’en ai aucune idée – je ne suis plus sûre de… de rien. Tout ce qui a été ma vie n’existe plus, rien n’a de sens ; ma famille s’entre-déchire, je n’ai jamais épousé mon mari mais un homme que je méprise et déteste, je ne suis plus le bras de Vespéral, je… je ne suis plus la mère de Meldred… » Sa voix achoppe sur ces derniers mots, tant l’absence de son tout-petit lui pèse et l’empoisonne. Ils se chuchotent leur tendresse l’un à l’autre, Hiémain et Mélusine, le soir dans l’obscurité de la tente qu’ils partagent ; mais toujours le vide entre eux se rappelle à leur mémoire. Avant , il y avait le rire d’un enfant universellement aimé, un bébé parfait qui rayonnait sa lumière sur la vie de ses parents ; et maintenant, il y a… le néant. « Je crois… Je crois que l’Ordre a gagné, Mémé, que la Trêve n’a jamais eu lieu ici. Que la Rose n’a jamais… existé… » La gorge nouée, elle passe le bras autour des épaules de son amie, l’attirant vers elle comme pour se raccrocher à sa frêle silhouette. « Mémé, je crois… que tout est perdu. »


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Message Sujet: Re: Une éclaircie dans la tempête   Aujourd'hui à 14:01

Elle ne sait pas. Elle ne sait plus. Mélusine est aussi perdue que la princesse des dunes et sa détresse est intense dans son regard clair. Plus de famille, un autre mari, plus d'enfant... Comment le Destin peut-il être aussi cruel ? Alméïde a le coeur serré de voir son amie aussi démunie, elle qui rayonne sans cesse, elle qui illumine tout ce qui l'entoure, comme un soleil qui jamais ne s'éteint. Un instant, le désespoir s'achemine à l'orée de ses pensées et attend le bon moment pour l'agripper de ses griffes acérées, mais il suffit de quelques mots supplémentaires pour parvenir à le chasser.

« Je crois… Je crois que l’Ordre a gagné, Mémé, que la Trêve n’a jamais eu lieu ici. Que la Rose n’a jamais… existé… Mémé, je crois… que tout est perdu. » De façon étrange, c'est la soudaine faiblesse de son amie qui l'incite à retrouver son calme et un brin de courage. Son coeur est lourd de tous les malheurs qui se sont abattus sur elles, mais elle ne veut pas croire à une défaite, ni à un avenir fait de sombres desseins. Alors elle relève la tête, son regard plus sûr malgré la peur et les doutes qui sont profondément ancrés en elle.

« Tout n'est pas perdu Mélusine. La Rose n'existe peut-être pas, mais nous sommes là et peut-être que d'autres aussi. Nos camarades comme les Épines, certains se sont probablement réveillés. Le combat n'est perdu que si l'on baisse les bras et je ne m'avoue pas encore vaincue. » C'est tentant pourtant, de tout arrêter, de se laisser entraîner par l'obscurité et par l'angoisse. Mais Alméïde, dans un dernier élan d'optimisme, se persuade qu'il y a encore quelque chose à faire.

« Ici, l'Ordre a gagné et jamais la trêve n'a banni Magies ou Savoirs. Si nous pouvions nous rendre à l'Académie et nous renseigner, peut-être que nous pourrions savoir ce qu'il se passe et régler toute cette histoire. » Elle espère, elle croit, elle rêve peut-être. Sa main appuie sur la joue de son amie et ses lèvres embrassent sa tempe avec douceur, dans un geste rassurant. « N'abandonne pas Mélusine, nous trouverons un moyen. »

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