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 Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté

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La Noblesse
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Message Sujet: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Mer 24 Mai - 5:42


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Castiel de Sombreflamme & Séverine de Bellifère

Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté

Ou quand on forme une grande famille aimante. Si ?



• Date : Le 24 février 1002
• Météo : Il pleut, à Hacheclair, et le temps est humide.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Séverine est expressément conviée à Hacheclair, afin d'y rencontrer son cousin chéri, le duc de Sombreciel. Celui-ci a une grande nouvelle à lui annoncer, et nul doute qu'elle en appréciera la teneur. Un titre de princesse et des fiançailles, ce n'est pas rien !
• Recensement :
Code:
• [b]24 février 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2180-ta-famille-comme-le-pire-ennemi-de-ta-liberte]Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté[/url] - [i]Castiel de Sombreflamme & Séverine de Bellifère[/i]
Séverine est expressément conviée à Hacheclair, afin d'y rencontrer son cousin chéri, le duc de Sombreciel. Celui-ci a une grande nouvelle à lui annoncer, et nul doute qu'elle en appréciera la teneur. Un titre de princesse et des fiançailles, ce n'est pas rien !


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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Mer 24 Mai - 6:30


Séverine Belastre


7 février 1002


Un élégant pli frappé des sceaux officiels de Sombreciel, accompagné de quelques gardes en livrée violette, attendent Séverine à Lorgol. Le transport est immédiat, par le biais d’un portail, suite à la lecture de l’ordre.


Par ordre de la couronne de Sombreciel,

La dame Séverine Belastre est demandée à l’ambassade de Sombreciel à Hacheclair, avant le 28 février 1002. Toute résistance et tout manquement à se présenter suite à la réception de cet ordre est passible d’emprisonnement.

Bien à vous,


Yvain l'Epistol

Chef des législateurs d’Euphoria



Tu as hâte de rentrer chez toi.

Après Ibelin, tu as rejoint Hacheclair avec la duchesse et le prince Martial, laissant ta douce épouse rejoindre Euphoria sans toi, accompagnée de ton père et dûment escortée, comme on protège un trésor. Ton voyage à la capitale belliférienne permett aux derniers actes de mariage d’être signés et aux affaires de Madeleine d’être acheminées jusqu’en Sombreciel, ainsi que les vivenefs qui forment sa dot. Cela fait tout de même bientôt un mois, que tu es loin de tes terres, loin de ton hiver, loin de Mirat, et tu en as assez. Tu ne peux même pas retourner aussitôt à Euphoria, une fois tes affaires terminées à Hacheclair : il y a Lorgol. Lorgol et les excuses, afin de rejoindre la capitale. Lorgol et la Rose Écarlate. Lorgol, qui pourtant te semble de trop.

Avant de partir, tu as une dernière chose importante à faire.
La plus importante de toute.
Car, parlant d’échecs, tu n’as pas encore fini de jouer. Fini d’avancer toutes tes pièces.
Il en reste une, encore, que tu dois sacrifier, afin de sauver le roi.
De te sauver toi.

Une nervosité te taraude sans relâche, logée dans chacun de tes membres. Tes doigts pianotent sur l’accoudoir de ton fauteuil, alors que tu attends de plus en plus impatiemment qu’on reconduise ton invitée jusqu’au salon. Tu as oublié ta pipe à Euphoria, malheur, et on ne trouve pas d’aussi bon tabac à Hacheclair, ni aucun qui soit aussi amusant que sur tes terres. Tu ne peux même pas fumer pour te détendre, et quant à l’alcool… tu as promis à Maximilien de surveiller ta consommation, qui a été ridiculement excessive depuis juillet 1001. Avec raison, à ton avis. Tu as tout de même promis. La nervosité ainsi grimpe, plus prégnante à chaque seconde, insistant douloureusement sur la faille dans ton plan si parfait. Une faille gracieuse, délicate, une faille à la main de fer, tu le crains bien, qu’importe tout le velours dont elle est enveloppée.
Séverine est la seule faille de ton plan matrimonial dangereux. La seule qui subsiste encore et qui pourrait mettre à mal tout ce que tu as érigé avec tant d’application et de persévérance. Tu refuses de penser que tout ce que tu as pourrait te filer entre les doigts, comme le sable du désert.

C’est difficile, cela dit, de ne pas s’y attarder.

Tu n’as même pas fait à ta cousine l’honneur de la recevoir au palais d’Hacheclair. Elle passera bien assez de temps entre les murs de cette forteresse, tu peux bien lui épargner le tout le temps de votre entretien. Puis, que ne pas aimer de ton ambassade ? Tu espères qu’elle appréciera sa décoration fine et ses grandes tentures astronomiques, le calme de ses lieux, jusqu’au parfum des lys séchés qui s’éternise entre ses murs, bien que la belle saison des fleurs soit depuis longtemps passée. Tu sursautes, lorsqu’à la porte, un coup t’annonce l’arrivée de la Cielsombroise. La porte s’ouvre et se referme sur Séverine. Sur un silence, de quelques secondes. « Séverine », salues-tu avec un simple sourire, sans te lever de ton fauteuil. Tu indiques à la demoiselle son siège, la détaillant avec attention. Tu n’as pas menti à Martial sur la marchandise : Séverine ne s’est certainement pas enlaidie, depuis la dernière fois que tu as posé les yeux sur elle. Son visage est plus doux que le tien, mais il n’est pas difficile de lire votre lien de parenté, dans vos traits, dans vos yeux sombres. Les deux paires, aussi durs que le métal. Implacables. « Votre séjour hivernal à Lorgol se déroule-t-il bien ? » Il est sur le point de s’achever : tu espères bien qu’il a été agréable.

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Ven 26 Mai - 5:21, édité 1 fois
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Je suis : astronome et dirige l'Observatoire de Voile-du-ciel dans la baronnie de Mauve en Sombreciel. J'étais autrefois héritière de la baronnie de Mauve jusqu'à ce que mon cousin Castiel de Sombreflamme, le duc de Sombreciel ne me dépouille de mes titres en l'an 1000.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Mer 24 Mai - 15:55

7 février 1002

Lorsqu'elle arriva devant sa porte ce soir-là, des gardes à la livrée de Sombreciel l'attendaient. Du moins, c'était ce qu'elle songea et peu importe ce qu'ils lui voulaient, Séverine pressentit que cela ne voulait rien dire de bon pour elle. Elle recula silencieuse et fuit sans se faire remarquer : elle avait appris à se faire plus discrète depuis novembre. Elle trouverait bien quelqu'un pour faire porter ses affaires à sa nouvelle résidence. Ils pouvaient bien la chercher, elle ne se laisserait pas attraper facilement : elle avait d'autres chats à fouetter que de se soumettre aux ordres de son cousin, surtout qu'il n'avait aucune raison de venir l'importuner, elle n'avait rien fait de mal… Du moins, pas encore et rien de son comportement des derniers mois ne laissait à supposer quelque fourberie de sa part.

21 février 1002

Ils ont bien fini par la retrouver, la jeune femme. C'était inévitable, mais Séverine se faisait prendre avec la fierté de leur avoir échappé quelques semaines. Bien fait pour cet imbécile de Castiel. Il apprendrait bien vite qu'il ne pouvait pas faire ce qu'il voulait d'elle. Elle prit connaissance du billet rapidement et le jeta derrière elle, agacée. Elle n'avait absolument rien à faire à Hacheclair et avec la guerre, ses possessions étaient toutes passées en terre lagrane, qu'est-ce que le duc de Sombreciel venait faire en la tiraillant alors qu'elle vaquait paisiblement à ses affaires à Lorgol. Elle qui venait de finir de négocier son passage sur l'Audacia. Mais quel casse-pied!

« Montrez-vous un peu utiles et paquetez mes affaires bon sang! On ne va pas y passer la semaine! » pesta-t-elle, donnant des ordres aux gardes un peu surpris. Ne savaient-ils pas qu'ils avaient affaire à la cousine de leur duc et qu'elle avait mauvais caractère?

24 février 1002

Si c'est bien à contrecœur que la dame Belastre était convoquée à Hacheclair, une fois sur place, elle ne put s'empêcher de s'émerveiller de l'ambassade Cielsombroise en cet endroit : on aurait dit une réflexion de son propre monde à elle, avec les tentures. Néanmoins, l'odeur de lys lui rappelait qu'elle ne se retrouvait pas dans son monde à elle, pour cela, ses narines auraient été envahie par le parfum des mauves. Elle appréciait en silence tout de même la décoration délicate et le calme qui régnait, un agréable changement malgré tout avec l'agitation de Lorgol. Elle prenait garde de ne rien laisser transparaître de ses impressions, cela aurait été faire trop d'hommages à Castiel et il ne le méritait certainement pas. Alors même qu'on l'annonçait à lui, elle songea qu'elle lui montrerait qu'il s'en prenait à la mauvaise cousine et que s'il s'ennuyait, il aurait dû chercher une autre descendante laissée par leur grand-père. Elle n'était peut-être pas la seule.

Elle s'assit avec raideur sur le fauteuil qu'on lui indiquait, ses yeux noirs fixés sur cet homme qu'elle détestait du plus profond de son être. Elle le détailla, elle qui n'avait pas eu l'occasion de poser les yeux sur lui depuis longtemps, ses iris le dardant d'un regard glacial.

« Il se déroulait très agréablement jusqu'à ce que je trouve des gardes à la livrée de Sombreciel au pas de mes appartements, » piqua-t-elle dès le début. Elle n'était pas là pour plaire à son cousin. Il était charmant, elle ne pouvait pas le nier, mais il pourrait bien user de tout le charme qu'il possédait, autant tenter d'émouvoir une pierre. Homme sans cœur. « Et je vous prierais de ne point user de familiarité avec moi, je ne crois pas avoir jamais feint avoir de l'amitié pour vous. Vous êtes culotté d'oser ternir de votre langue mon prénom. »

Il n'était peut-être pas très prudent de s'adresser ainsi à son duc, mais elle n'était pas là pour se montrer aimable. Ou peut-être sur un point. « La politesse exige quelques mots pour vous féliciter de vos noces avec la princesse Madeleine, » déclara-t-elle avec toute l'impertinence qu'elle pouvait y mettre. Elle était tentée d'exiger qu'il lui dise immédiatement le sujet de sa convocation, pour qu'on en finisse, mais l'occasion restait tout de même en or de pouvoir approcher d'aussi près son ennemi juré. Elle lui laisserait un peu de temps. Peut-être cela lui serait-il utile plus tard.
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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Ven 26 Mai - 5:28

Elle est si rigide, ta cousine, tu es persuadé qu’on pourrait la casser en deux, comme un morceau de bois trop sec. Tu ne cilles pas, à sa pique, ni au manque de politesse flagrant dont elle fait preuve devant nul autre que son duc. Comme devant un animal dangereux, tu ne détournes pas les yeux un seul instant de cette femme. Oh, tu te doutes bien que tu as pu interrompre les quelques occupations qu’elle avait à Lorgol, mais ça ne t’empêche pas de dormir la nuit et tu n’as aucun regret à ce sujet. Ni sur bien d’autres, pendant que nous y sommes. « Et je vous prierais de ne point user de familiarité avec moi, je ne crois pas avoir jamais feint avoir de l'amitié pour vous. Vous êtes culotté d'oser ternir de votre langue mon prénom. J’en userai autant que je le désirerai, Séverine, là est mon privilège de duc », soulignes-tu sans te dépourvoir de ton sourire, qui désormais se pare d’arrogance.

Un point partout. Un pion perdu de chaque côté, mangé sans pitié.

« La politesse exige quelques mots pour vous féliciter de vos noces avec la princesse Madeleine. Je prendrai la simple mention de mes noces comme vos félicitations, t’empresses-tu de répondre, attrapant la balle au rebond, et je ne vous ferai pas attendre plus longtemps avant de vous exposer la raison de votre convocation. Je suis certain que vous brûlez de curiosité. » Tu te replaces dans ton fauteuil et attrape, non loin de toi, une liasse de lettres, soigneusement entourée d’un large ruban de velours sombre, ainsi qu’un document officiel. Les sceaux de Sombreciel y sont visibles, mais de la position de Séverine, elle ne peut pas encore deviner la teneur du document. Et grand mal lui en prendra, elle l’apprendra bien assez tôt. « Lors de nos recherches dans les archives du palais, afin de fignoler les actes de ma demande en mariage, nos archivistes et législateurs ont mis la main sur la correspondance privée de feu mon grand-père, soigneusement dissimulée au coeur d’actes juridiques ombrageux. Celle-ci nous a permis de retracer quelques importants événements s’étant déroulés au cours de son règne, ainsi que celle d’une amante, qui aurait donné naissance à une bâtarde. L’attention de la couronne avait déjà été attirée par cette éventualité, mais sans aucune trace des faits, ni aucune reconnaissance de la part du géniteur… Ton sourire, un bref instant désolé, parle de lui-même. Les règles de succession sont claires, en Sombreciel, et sans la reconnaissance du géniteur, il n’y a que la génitrice qui prime. Un pari parfois gagnant, parfois perdant, mais nécessaire. Avec ces nouvelles informations, cela dit, nous avons pu officialiser l’existence de cette bâtarde, ainsi que celle de sa seule descendante encore en vie. »

Tu tends le contrat à la jeune femme. Un acte, simplement signé, déroulant les nouveaux titres qui sont les siens. La généalogie qui est la sienne. Le nom qui est le sien. La vie que tu sembles lui offrir, sur ce simple morceau de parchemin. « Vous êtes princesse, Séverine. Princesse de Sombreciel, Séverine de Sombreflamme. » Princesse de ton duché. Peut-être ta seule famille encore en vie, pour ce que tu en sais, vu que tu ignores tout de ce qui peut bien se tramer en Erebor. Ta cousine.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Sam 27 Mai - 17:48

Langue de vipère.  Ça devait être de famille.  Et Séverine ignora dignement toute tentative de politesse venant de celui qui était son cousin.  Sa seule famille encore en vie, pour autant qu'elle en savait.  Une parenté vraiment agréable, qui se donnait le droit d'utiliser ses pouvoirs politiques pour forcer une rencontre.  L'astronome n'était nullement intéressée parce qu'il pouvait bien lui vouloir.  Son seul désir était d'en finir rapidement avec cet entretien et retourner à Lorgol par portail, illico presto.  Elle arriverait peut-être à temps pour mettre les voiles sur les ponts de l'Audacia et mettre à exécution son plan de dessiner des cartes célestes vues de la mer.  Un projet ambitieux qui lui tenait autant à cœur que celui d'étriper vif l'homme assis en face d'elle.  Mais elle gardait ses plus profondes envies pour elle-même, doutant qu'il en apprécie la teneur et l'élégance.  Elle le regarda, très posée, prendre en ses mains une liasse de papier.  Des lettres peut-être?  Probablement.  Elle n'avait rien à faire de sa correspondance avec qui que ce soit.  Ou plutôt, elle n'avait absolument rien à faire de son existence et la lenteur qu'il prenait à exposer son point, alors que c'était lui qui l'avait fait venir expressément et de manière fort peu conviviale.

Il n'avait pas besoin d'en dire plus comprendre où il voulait en venir.  Ces document prouvaient que sa mère était une princesse de Sombreciel.  Cependant, la nouvelle ne la réjouit guère, elle était trop intelligente pour cela.  Il y avait forcément anguille sous roche et elle ne tressailla même pas à la nouvelle qu'il lui faisait d'être princesse.

« Vous pouvez remballer vos titres de princesse, celle qui le voulait, c'était Fantine.  Dois-je vous rafraîchir la mémoire et vous rappeler que c'est vous qui avez ordonné son exécution?  Je suis même étonnée que vous n'ayez pas allumé le bûcher de vous-même, vous sembliez si avide de vous en charger, » répliqua-t-elle avec froideur.  Elle voyait encore les flammes danser devant ses yeux, alors qu'elle voyait sa mère et son père se consumer dans la douleur, juste devant elle.  L'image était encore vivante et raviva la haine qu'elle portait à son cousin.  « Vous êtes un être vil, sans principes ni morale, et jamais je ne porterai le même nom que vous, » cracha-t-elle une aversion bien marquée.  S'il croyait qu'il pouvait l'acheter avec des titres de princesse, il pouvait rêver.  Oh oui, Séverine se savait supérieure au commun des mortels, supérieure à ce membre de sa famille tant honnis, mais elle ne rêvait pas de ce genre de gloire.  La sienne, elle l'obtiendrait par son travail, l'objectif d'une vie.  Plus grand encore que ses désirs de vengeance. Qu'elle assouvirait un jour.

« Dois-je être plus claire sur la haine que je vous porte ou êtes-vous rassasié?  Si cela est suffisant, vous m'excuserez, mais j'ai beaucoup plus important à faire que m'émouvoir sur de retrouvailles de famille que je ne désire pas, qui ne me font pas plaisir et que je ne reconnaîtrai jamais comme vraies. J'espère que vous n'êtes pas trop déçu. »

Elle avait beaucoup plus de poison à lui cracher, mais elle se contenta de si peu.  Elle gardait le reste pour plus tard, quand elle aurait accompli sa vengeance.  Les pièces du puzzle s'alignait tranquillement.  Elle lui montrerait qu'on ne jouait pas de la famille Belastre facilement.  Elle lui ferait payer la douleur qu'il lui avait infligée par une douleur plus vive encore.  Elle le haïssait du plus profond de son âme.  Sa seule famille, son cousin.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Dim 28 Mai - 7:12

Séverine vise juste. Elle flaire l’arnaque et elle a raison. Raison de se méfier de toi, de ton calme qui semble inébranlable, de ton regard attentif et immobile comme celui des chats, alors que tu aurais déjà fait payer à bien d’autres ses manières. Cette fois de s’adresser à toi, sans se soucier de ton titre, ne laissant parler que la fureur et la rancune, portées par une voix plus glaciale que tout Valkyrion.

Cet entretien est, tu le crois, le seul que vous ayez jamais eu. La seule conversation que vous avez eu la chance d’entretenir. Tu as toujours refusé, auparavant, serait-ce un court entretien avec la jeune femme, et aujourd’hui… Il est trop tard pour reculer. Il ne te viendrait même pas à l’idée de revenir en arrière. Tu ne peux pas. Tu es déjà trop loin, dans ta conquête de l’échiquier, pour t’arrêter. Trop de choses ont déjà été sacrifiées. « Vous êtes un être vil, sans principes ni morale, et jamais je ne porterai le même nom que vous. Par Erelf, vous exagérez, souffles-tu, invoquant le nom de ton dieu tutélaire afin de tempérer la colère de la charmante. Votre mère est la seule responsable de son sort, rappelles-tu, tranchant. Trahir la couronne ducale est explicitement passible de mort, peu importe le duché. C’est par sa propre faute, si elle ne peut aujourd’hui pas être avec nous afin de recevoir ce titre qu’elle désirait tant. Il ne reste que vous, Séverine. » L’indulgence n’était pas négociable. Les coupables et les traîtres ont été jetés en prison, puis exécutés, mis en exemple. La méthode est cruelle, barbare au coeur de ce duché si délicat, mais elle a marqué les esprits. Elle a rappelé aux divergents, aux dissidents, que tu es le duc. Que tu règnes.

« Dois-je être plus claire sur la haine que je vous porte ou êtes-vous rassasié ? Si cela est suffisant, vous m'excuserez, mais j'ai beaucoup plus important à faire que m'émouvoir sur de retrouvailles de famille que je ne désire pas, qui ne me font pas plaisir et que je ne reconnaîtrai jamais comme vraies.  J'espère que vous n'êtes pas trop déçu. Je ne vous demande pas de devenir mon amie, Séverine. Grands dieux, je ne vous demande même pas de devenir ma cousine, t’esclaffes-tu. Tu as assez de famille aimante ainsi, tu n’as pas besoin d’une cousine amère et venimeuse, et pas non plus de temps à investir dans cette relation. Vous savez aussi bien que moi que le sang n’est pas ce qui crée une famille et je n’espère pas que du jour au lendemain, votre inimitié à mon égard disparaisse. Ni même jamais. » Tu es toi-même du genre rancunier et tu crois bien partager ce trait de caractère avec la jeune femme. Oh, si le monde avait été autre, si l’histoire avait différente, qui sait ce qu’aurait été votre relation ? « Ne pas vous reconnaître comme princesse aurait été facile, mais je ne veux pas que notre relation si mauvaise soit-elle, s’embourbe de nouveaux mensonges. Pas venant de ma part. » Tu mens, pourtant, alors que tu déclames cela, sans démordre du sérieux que tu affectes depuis qu’elle est entrée dans cette pièce. Tu mens, alors que ton oreille affûtée repère le bruit de lourdes bottes grimpant les escaliers de ton ambassade, et une voix grave, indistincte, résonner. « Je ne peux rien faire pour vos parents, Séverine. Je puis seulement vous tendre la main. Il est libre à vous de la refuser. » Comme tu es bon.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Dim 28 Mai - 18:01

Elle ne put s'empêcher de s'esclaffer.  Ne pas embourber leur relation de mensonges?  Cette phrase était tellement fausse, tellement ridicule.  Mille mensonges n'auraient pas pu rendre les choses plus tendues qu'elle ne l'étaient déjà.  Toute cette situation était absurde et c'était justement cette absurdité qui la faisait se montrer sur ses gardes.  Cet homme qui devait être son cousin, par les liens du sans si ce n'était ceux de l'affection, avait quelque chose derrière la tête et la jeune femme n'en doutait pas un seul instant.  D'autant que comme il l'avouait lui-même, il était très facile de ne pas la reconnaître comme princesse.  S'il avait un minimum d'intelligence, ce dont elle doutait un peu parfois, il n'entreprendrait pas ce genre de démarches avec un objectif précis, cela aurait été dangereux pour lui, surtout quand elle ne lui cachait pas un seul instant ses sentiments.  Peut-être aurait-elle depuis le début jouer le jeu autrement, masquant sa haine dévorante, mais justement celle-ci l'habitait chaque seconde de sa vie qui n'était pas consacrée à la contemplation de la voûte céleste.  Comment aurait-elle pu même être crédible en essayant de la cacher?  Elle jouait bien avec le feu néanmoins, avec son insolence, mais elle ne pouvait s'en empêcher.

« Me tendre la main?  Laissez-moi réfléchir un instant.  Ah oui, non, navrée mon seigneur, l'envie de la saisir ne me traverse même pas l'esprit.  Tendez-la donc plutôt à ces opportunistes de Séverac, vos petits chiens de poche qui n'attendent que vous ne fassiez un faux pas pour prendre votre place, » cracha-t-elle avec tout le venin qu'elle possédait.  Elle exultait de pouvoir enfin lui dire sa façon de penser à ce petit poseur qui se croyait tout permis.

« Vous ne voulez pas entacher notre relation de nouveaux mensonges?  Vous êtes pire qu'un Lagran, » enchaîna-t-elle avec précipitation avant qu'il ne puisse la couper dans son élan.  C'était si libérateur de l'insulter en personne plutôt qu'à l'intention d'auditeurs peu intéressés, à qui elle devait ménager le fond de sa pensée, de crainte qu'ils la rapporte au duc et qu'on ne l'accuse de complot.  Bien que c'était effectivement le cas, elle attendait seulement sa chance dans l'ombre afin d'accomplir la tâche que c'était donné vos parents.  « Si vous étiez un bon duc, vous laisseriez votre place.  À quelqu'un de compétent.  N'importe qui.  Vous croyez que personne ne sait rien de vos jeux avec la princesse erebienne?  Le continent est déjà divisé par la guerre entre les deux empires et vous, plutôt que de récupérer vos terres perdues, vous vous préoccupez de vos amours d'enfant?  Tout compte fait, je préfère que ma baronnie soit sous l'égide de Lagrance. »  Elle marqua une légère pause, le temps de reprendre son souffle.  Puis elle ajouta sur un ton plus posé : « Je suis astronome monsieur.  Me joindre à vos jeux de pouvoir ne m'intéresse guère.  Mon grand-père n'a jamais officiellement reconnu ma mère comme étant sa fille, si vous aviez un peu de respect pour les morts, vous en feriez de même. »  Elle se retint d'ajouter qu'elle doutât qu'il éprouve du respect pour qui ce soit.  Elle se faisait un portrait très noir de Castiel sans vraiment le connaître.  L'apprécier aurait été une atteinte à la mémoire de ses parents.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Lun 29 Mai - 4:06

La gifle, puissante, résonne. Fait taire Séverine, brusquement, alors que sur son visage pâle, se dessine la marque rouge de ta main. Il y a des limites à ce que tu peux supporter, aux insultes que tu peux prendre. Qu’on insinue que ta famille, que ton père, tes frères, tes soeurs, ta mère, ne soient que des opportunistes veillant dans l’ombre afin de reprendre le trône, est de trop. Tu es un bon duc, tu le sais : mais ça, tu ne l’accepteras pas. « Cessez de vous faire une fierté d’étaler votre ignorance patente à propos de la politique, Séverine, siffles-tu, secouant tes doigts engourdis par la force du coup. Contentez-vous de parler d’astronomie, car c’est bien tout ce que vous connaissez. »

Quelques coups à la porte te préviennent de l’arrivée de ton réel invité à cette discussion. Déjà debout, porté par la gifle assénée à ta cousine, tu ouvres la porte sur ton… beau-cousin. Tu supposes que c’est le terme approprié pour décrire le colosse blond auquel tu adresses un simple sourire, qui ne t’est toujours pas retourné. L’ego froissé de Martial ne risque pas de te pardonner de sitôt d’avoir réussi à lui ravir sa cousine, mais lui-même n’a pu que s’incliner devant ton enlèvement réussi. Les règles sont les règles, n’est-ce pas ? Tu laisses entrer l’homme dans le salon, refermant ensuite bien soigneusement la porte derrière lui. Un signe discret aux gardes. Tu leur as signifié d’empêcher toute fuite inopportune de Séverine, au cas où celle-ci se révèle plus véloce que son fiancé. « Je vous présente Sa Grâce Martial, prince de Bellifère. Martial, ma cousine la princesse Séverine, dont vous avez ouï les louanges par le biais de Sa Grâce Ermengarde. » Les yeux clairs de l’homme semblent hésiter, alors qu’ils détaillent la demoiselle sans se gêner - ses yeux sombres, son visage clair marqué d’une grande main rouge, ses cheveux d’ébène et ses traits délicats, sa taille svelte et agréable. Tu te retournes vers ta cousine qui, heureusement, bien élevée, s’est levée et a gratifié le nouvel arrivant des salutations de mise, répondues avec un peu de raideur par le jeune homme. Comprend-elle le piège dans lequel, bien malgré elle, elle est tombée ?

« La nouvelle de votre reconnaissance comme princesse a été une vraie traînée de poudre, en Ibélène, ma chère, mais nos amis bellifériens ont été les premiers à en avoir vent. Je ne pouvais pas tenir le prince Martial dans l’ignorance, surtout alors que celui-ci cherche activement une épouse de noble lignée. Quel moyen plus efficace de resserrer les liens entre nos duchés que de conclure quelques ententes matrimoniales, n’est-ce pas ? » Ta voix est froide, alors que tu dévisages Séverine, tes mots comme une deuxième gifle en plein visage. Comme un aveu que peut-être es-tu, en vérité, tout ce qu’elle peut bien penser de toi, dans ce qu’elle dessine et imagine de pire. « J’espère que mes compliments passés sont à la hauteur de la réalité présente, Martial », dis-tu au prince, qui t’assures que oui, tout est très bien. Tu vas chercher, d’un pas léger, la même épée que tu portais lors de l’enlèvement de Madeleine. Tu es prêt. On me dit que cette fois, mon intervention ne sera pas nécessaire. Oh, non. Tu as seulement besoin de ton incompétence habituelle à l’épée et tout ira très bien. « Vous comprenez ce que doit parfois faire un duc compétent afin d’assurer l’équilibre d’un empire, surtout en temps de guerre, Séverine », sembles-tu te désoler, sans pourtant que rien ne sonne juste. Le prince Martial, tout autant que toi, sait ce qui doit être fait. L’importance de tout ce qui a été signé, et tu n’es pas prêt à laisser qui ou quoi que ce soit mettre tout cela à mal.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Lun 29 Mai - 17:30

La gifle fusa, puissante et résonna quelques instants dans la joue de la jeune femme.  Celle-ci ne leva même pas la main vers la brûlure.  La douleur était foudroyante, elle qui ne s'attendait pas à une réaction pareille, mais elle jubilait en elle-même.  Et elle aurait volontiers accepter bien d'autres coups de ce genre, rien que pour avoir la satisfaction de savoir qu'elle avait touché là où cela faisait mal.  Et si ce n'était pas seulement la joie d'avoir triomphé sur son ennemi, le faisant perdre son sang froid, elle ne lui ferait pas ce plaisir de se montrer outrée à l'égard du comportement qu'il venait de manifester.  Elle encaissa l'insulte avec beaucoup de patience, ne cillant qu'un peu, la colère de son cœur ne pouvant être complètement supprimée par si peu mêlé à la maîtrise qu'elle apprenait peu à peu à avoir d'elle-même.  Il y avait toujours cela de bien de savoir que son cousin la sous-estimait.  Elle-même se gardait d'avoir ce genre d'a priori à son sujet.  Elle n'était pas bête et si elle n'était pas au fait de tout ce qui avait trait à la politique d'Arven, elle savait que son duc était prompt à causer les incidents diplomatiques à la pelle.

Alors que son attention se détournait d'elle pour aller ouvrir la porte à laquelle on avait cogné, elle en profita pour reprendre une certaine contenance plus ferme encore qu'auparavant.  Sa surprise fut assez grande lorsqu'elle vit l'homme blond qui entra.  Bien élevée, elle se leva et s'inclina en une révérence élégante, en attendant que l'on ne fasse les présentations, mais elle avait une petite idée sur l'identité de cet homme.  Autrement, elle n'aurait pas fait montre de ses manières, rien que pour embêter cet imbécile qui croyait pouvoir chambouler sa vie à son désir.  Et il n'avait pas besoin d'étaler ses propos suaves et emplis d'un sentiments de supériorité déplacée.  Elle n'hésiterait pas à utiliser cela pour faire tourner la situation en sa faveur.

« Si cela vous fait plaisir de le croire mon seigneur, » répondit-elle avec une ironie à peine masquée.  Elle détailla celui dont on voulait faire son époux.  La perspective d'être envoyée en exil en Bellifère ne l'enthousiasmait guère : mettre une Cielsombroise en Bellifère, c'était comme de forcer à vivre dans le désert un poisson.  Aux dernières nouvelles, on avait fiancé la princesse Alméïde d'Erebor à ce jeune homme.  Elle pouvait comprendre pourquoi maintenant Castiel avait besoin d'une princesse Cielsombroise.  Elle avait bien raison de croire qu'il y avait anguille sous roche.

« J'espère que le duc de Sombreflamme n'a pas trop exagéré ses descriptions à mon égard et que vous ne serez pas trop déçu, sire, déclara-t-elle sur un ton posé, maîtrisé, N'est-il point dans vos coutumes de procéder à l'enlèvement de la promise dans une lutte contre sa famille? »  Elle savait très bien que c'était le cas.  Elle avait croisé son lot de Bellifériens obtus et certaines de leurs pratiques considérées comme barbares aux yeux de certains n'étaient pas dissimulées au reste du continent.  Et l'idée lui vint, séduisante, terrible.  Elle risquait gros, c'était jouer avec le feu, mais… pourquoi pas?  Ça ne pourrait pas être pire que ça ne l'était déjà.

« Et si vous le tuiez? »  Les cartes étaient sur table et elle regarda Castiel, un air de défi accroché sur le visage.  Elle n'allait pas s'arrêterait pas là.  « Il vous a privé de la fiancée que vous vous étiez choisie.  Selon toutes probabilité si nous sommes là aujourd'hui, il vous vole la fiancée que l'on vous avait offerte.  Et par-dessus le marché, il vous l'échange contre une princesse bâtarde.  N'est-ce pas se moquer de vous, n'essaie-t-il pas d'entacher votre honneur et votre respectabilité, vous ne trouvez pas? »  Elle aurait pu ajouté qu'il avait abîmé la marchandise avant son arrivée, mais elle doutait que la violence levée à son égard n'attendrisse le fier guerrier. Le pari était incertain, elle ne connaissait que très peu de choses à propos du prince belliférien, elle jouait même avec sa vie.  Quitte à mourir, elle l'aurait fait au moins en se soustrayant au destin que lui concoctait l'être qu'elle abhorrait le plus de tout le continent.  Elle était consciente de la place que devait avoir une femme dans la société archaïque des Bellifériens et ce n'était pas à son avantage de faire preuve d'autant d'indépendance devant celui qui devait devenir son époux.  À moins que son esprit ne se laisse envoûter et corrompre par les charmes de la belle Cielsombroise.  Et elle comptait bien y parvenir, si jamais elle n'arrivait point à échapper à ces noces.  Après tout, être une duchesse manipulatrice de l'ombre n'était pas pour lui déplaire et pourrait lui être utile dans sa quête de vengeance un jour.  Bien sûr, si elle arrivait à mater son époux.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Ven 2 Juin - 7:44

Au moins, Séverine est polie, et dans ses mots, tu espères même repérer un peu d’enthousiasme, sinon d’acceptation de ce destin qui vient brusquement de se présenter à elle. Tu sais que c’est illusoire. Il ne sert à rien de se faire croire que ta cousine est ravie de cette union imminente. « Et si vous le tuiez ? » La garce. Finalement, permets-tu, je resterai prêt à intervenir. Tu soutiens le regard de la jeune femme, estomaqué de ce front qu’elle ose afficher devant Martial. Quoique, tu as vendu une Cielsombroise, à ce jeune homme, pas une Belliférienne : ses attentes doivent être comblées. « Il vous a privé de la fiancée que vous vous étiez choisie. Selon toutes probabilité si nous sommes là aujourd'hui, il vous vole la fiancée que l'on vous avait offerte. Et par-dessus le marché, il vous l'échange contre une princesse bâtarde. N'est-ce pas se moquer de vous, n'essaie-t-il pas d'entacher votre honneur et votre respectabilité, vous ne trouvez pas ? »

Tu ne regardes même plus Séverine. Tu regardes uniquement Martial, auquel tu crains que l’idée plaise un peu trop. Tu veux bien être blessé un peu, pour la forme, pour sauvegarder cet honneur factice dont tu n’as cure, mais tué… non, ce n’est pas dans les plans, et le prince le sait tout autant. Te tuer ? Laisser sa cousine déjà veuve, moins d’un mois suite à ses épousailles ? Surtout, mettre en jeu tout l’équilibre d’un empire, alors qu’il n’est même pas encore duc ? Ce serait bien mal avisé, mais qui sait jusqu’à quelles extrémités un fier Belliférien peut se vouer afin de se venger ? Tu réponds, doucement : « Une autre preuve de votre ignorance, Séverine. C’est que vous y prenez goût. » Une princesse bâtarde contre une autre, aurait pu répondre quelqu’un de plus amer, de plus piquant. Une fiancée qui n’en était pas une, qu’une discussion à peine, contre une épouse. Un échec, contre une réussite.

Le prince Martial se retourne vers la brune et lui assure, cérémonial, qu’en effet, les coutumes de Bellifère veulent qu’il enlève son épouse, suite à un combat contre sa parentèle masculine, et que si celle-ci s’oppose au point où Sithis emporte l’un des deux combattants, ainsi soit-il. Il est toujours honorable de mourir au combat. Son intention, cela dit, est bien de repartir victorieux, car il a décidé de faire d’elle sa femme. Tu hoches un peu la tête, appréciant la rigidité officielle de chacun de ses mots (et craignant un peu le désir de victoire de ton beau-cousin), et tu n’as pas le temps de te mettre dans une quelconque position de défense que brusquement, une lame d’épée descend très, très rapidement vers toi. Tu pares de justesse et tu sens tes bras trembler, jusque dans tes côtes par Kern, sous la force du choc. L’échange est rapide, douloureux, et bien vite, tu te retrouves désarmé, d’un vigoureux coup ayant rien de moins qu’arraché ton épée de tes mains. Tu as essayé, pourtant, vraiment, et pendant une seconde, tu regrettes de ne pas avoir préparé quoi que ce soit de plus pour surprendre ton adversaire. Pas de bombe, pas de fumigène, rien. « Bien, M, Martial… je crois que vous, vous avez la victoire que vous désirez », que tu réussis à souffler, alors que le blond s’empare de Séverine et la soulève entre ses bras, comme si elle n’était pas plus lourde qu’une poupée de paille. Scène qui te fige, sans que tu saches pourquoi. Tu sais qu’il est trop tard. Sans ce mariage, tout est caduque.
Il ne reste que quelques secondes, avant qu’il parte, qu’il coure jusqu’au palais, demoiselle dans les bras, et que séance tenante, il l’honore… enfin, tu espères qu’il l’honorera au moins convenablement, et qu’il n’espère aucun sang sur aucun drap.
« Séverine… »
Tu ne sais pas quoi dire.
Tu ne sais pas si tu es désolé.

Alors, tu te tais.

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Message Sujet: Re: Ta famille, comme le pire ennemi de ta liberté   Sam 3 Juin - 8:13

Elle ne releva même pas le commentaire de Castiel.  Elle ne tentait pas de montrer qu'elle savait des choses, elle ne cherchait qu'à provoquer la fierté de ce Belliférien, en espérant que cela ne tourne à son avantage.  Sa vie ne tenait plus qu'à un fil, peut-être avait-elle poussé le bouchon trop loin, elle ne pouvait pas vraiment le savoir.  De ces deux hommes, elle ne savait rien.  Le premier était source d'une haine infinie tandis que le second ne lui inspirait que peu d'intérêt.  Elle n'escomptait pas s'échapper du piège que lui avait tendu son cousin, c'était impossible, et elle en acceptait plutôt sereinement l'issue.  Oh, bien sûr, être liée à un Belliférien ne la mettait guère en joie, mais elle qui n'avait personne dans le cœur pouvait voir les avantages d'être l'épouse du futur duc.  Être la duchesse d'un autre duché aurait probablement été un meilleur parti, mais sa naissance et sa déchéance l'empêchait d'espérer une telle alliance sans un petit coup de main.  Que venait de lui accorder dans un calcul fou le duc cielsombrois.  Un cadeau empoisonné, certes, mais Séverine était une femme astucieuse et pleine de ressources : elle trouverait certainement le moyen de gagner sa liberté, même à travers la cage que l'on essayait de lui imposer en l'envoyant moisir dans le duché le plus misogyne de tout le continent.  Après tout, elle savait mieux que quiconque que les oreillers gardaient les plus grands secrets et avaient la plus grande influence.  Là, ce qui comptait, c'était de mettre mal à en point son ennemi.  Et elle n'avait aucune honte à tenter de manipuler Martial pour parvenir à ses buts.

Elle retint une grimace en voyant combien il était raide : ça ne promettait pas grand-chose de bien plaisant, songea-t-elle.  Néanmoins, son destin se scellait de plus en plus solidement.  Et elle aurait la vie sauve.  Quelles raisons primaient sur la détermination du Belliférien à faire d'elle son épouse, elle n'en avait cure.  L'important était que son insolence, ses mots n'avaient point changer les projets.  Elle contempla le combat qui se déroula à une vitesse fulgurante.  Le coup d'épée aurait dû achevé Castiel, ou du moins le blesser.  Comment avait-il réussi à parer?  Séverine en fut dégoûtée.  Elle avait compté que comme la plupart des Cielsombrois, il serait un mauvais bretteur, et tout aussi imbécile combattant que duc.  Elle qui croyait ne pas le sous-estimer, elle s'était gravement leurrée, réalisait-elle.  Et cela l'enrageait.  Surtout devant sa faiblesse de mœurs.

Elle n'opposa aucune résistance lorsque Martial la souleva dans ses bras.  Ce fut à moitié malgré elle qu'elle tourna son visage vers Castiel lorsque celui-ci l'appela une dernière fois, sans rien ajouter de plus.  Une expression de dégoût s'empara de son visage alors qu'elle lâchait comme dernière bombe : « Vous n'êtes qu'un lâche Castiel. »  Elle le haïssait du plus profond de son être.  Pour avoir tué ses parents.  Pour lui avoir volé ce qui lui restait.  Et encore plus pour n'avoir jamais tenté de régler les choses entre eux, ce qu'elle n'avouait que du bout de la conscience.

Après tout, il était sa dernière famille, qu'ils le veuillent ou non.

Après tout, ils étaient beaucoup plus semblables qu'ils ne l'imaginaient.

Après tout, peut-être avait-il besoin l'un de l'autre plus qu'ils ne le pensaient.

Mais Séverine ne songeait point à ce genre de réflexion, elle laissait son cœur s'alourdir de haine et de rancœur.  Elle détourna le visage de cet homme qui l'avait vendue comme un vulgaire objet et s'accrocha au torse de Martial tandis qu'il l'emportait vers sa nouvelle vie.  Et elle espéra qu'il ne serait pas brutal au-delà du plaisir que cela pourrait lui apporter.

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