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 Lorsque les poules voleront et auront des dents

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La Cour des Miracles
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Message Sujet: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Jeu 25 Mai - 18:24


Livre II, Chapitre 3 • La Roue Brisée
Ayana Ailauvent & Lancelot l'Adroit

Lorsque les poules voleront et auront des dents

L'assaut des oeufs pourris



• Date : 30 avril 1002
• Météo : Le soleil surplombe la ville qu'il caresse de ses doux rayons
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Lancelot s'échappe un instant de la boutique pour fuir le calvaire que lui fait subir la poupée animée qui y a établi ses quartiers.  La promenade devait être reposante, mais elle se transforme vite à la catastrophe lorsqu'il se retrouve être la cible de lancers d'oeufs pourris.
• Recensement :
Code:
• [b]30 avril 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2184-lorsque-les-poules-voleront-et-auront-des-dents]Lorsque les poules voleront et auront des dents[/url] - [i]Ayana Ailauvent & Lancelot l'Adroit[/i]
Lancelot s'échappe un instant de la boutique pour fuir le calvaire que lui fait subir la poupée animée qui y a établi ses quartiers.  La promenade devait être reposante, mais elle se transforme vite à la catastrophe lorsqu'il se retrouve être la cible de lancers d'oeufs pourris.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Jeu 25 Mai - 18:26

Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Les ricanements horrifiants de la poupée m'ont empêché de dormir et j'ai frissonné dans mes couvertures jusqu'à ce que le soleil ne se lève enfin sur une nouvelle journée. Et je savais qu'elle ne serait pas agréable. Pour cause, lorsque je quittai l'endroit qui me servait de chambre, je retrouvai à l'avant de la boutique, placée en vitrine un horrible montage. Constitué du cadavre d'Elanin. Pauvre jeune femme, elle n'avait certainement rien demandé. Ignorant mon dégoût, je bougeai la chose vers l'arrière de la boutique. Il valait mieux ne pas m'en défaire, mon némésis trouverait le moyen de la ramener et même le repos ne serait point accordé à cette pauvre âme. Une fois la boutique de nouveau présentable, je tentai de me mettre au travail. Je ne reconnaissais rien des travaux en cours, mais comme toujours, mes plans étaient clairs et précis, c'était facile de s'y retrouver. Mes outils n'étaient peut-être plus au même endroit, mais je pouvais toujours m'en servir, ils reconnaissaient toujours ma main d'artiste les manipulant. Je soupira d'aisance alors que je commençai à assembler des rouages pour une horloge. La paix m'était enfin accordée.

Mais celle-ci ne dura pas longtemps, tandis que mon invitée s'était remise à faire des siennes.

Ce fut d'abord un énorme fracas de verre qui m'alerta. Concentré dans mon travail, je sursautai violemment à ce son. J'avais oublié l'existence de Chimène, mais celle-ci était pourtant bien là, toujours au poste pour me hanter de ses facéties. Inquiet, je me levai tout de même pour aller voir ce qu'elle pouvait bien être en train de trafiquer. Je trouvai la pièce voisine vide, aucun signe de vie, rien outre tout le verre que j'utilisais pour mes créations étalé sur le sol, les rouages de réserve renversés, la porcelaine explosée en miettes. Le même genre de bruit se fit entendre à nouveau, mais dans la boutique. Comment avait-elle fait pour s'y rendre sans que je ne la vois? Elle avait jeté par terre ce que je venais d'assembler. Et ce qui avait été fait avant.

La matinée se passa ainsi, entre les sons de destructions et la chasse à la poupée vengeresse. Jusqu'à ce que je ne baisse les bras. C'était trop agaçant, je n'arrivais pas à me concentrer, dès que je commençais à me détendre, je me retrouvais troublé par ses plans machiavéliques pour me détourner de mon œuvre. Las, énervé, j'ai donc décidé de prendre la fuite et de quitter mon atelier, prendre un peu d'air. C'était une mauvaise idée en soit, parce que j'étais persuadé que je retrouverais un champ de bataille à mon retour, mais la tension était insupportable.

Je n'avais fait que quelques pas hors de mon repaire que l'on me balançait des œufs pourris à la tête. Ce n'était pas qu'un seul individu, mais bien plutôt une foule qui s'était rassemblée devant ma boutique. J'essayai de protéger mon visage avec mes mains, mais la puanteur se fit rapidement sentir. J'essayai de reculer et de retourner vers la boutique, préférant affronter Chimène qu'une foule en délire qui scandait : « À bas l'Adroit! » en choeur, mais ils m'ont encerclé alors que mes bras cachaient mon visage.

Je n'avais pas le choix que de subir la pluie de projectiles puants. Baissant les mains pour y voir, j'essayer de trouver un point de sortie. Ce n'est pas gagné.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Sam 27 Mai - 22:35

Lorgol... voilà un moment que je ne m'étais pas promené dans le dédales de ses rues juste pour le simple plaisir de me promener. Voilà longtemps que je ne me promenais plus juste pour faire cela. À mes pieds, un énorme chien du genre violent, la queue raide de celui qui sait où il va et ce qu'il va faire et à ma gauche mon petit bonhomme toujours motivé à faire le pitre. Bien entendu, sur mon épaule, l'écureuil dormait d'un sommeil de plomb. Cela faisait déjà plusieurs jours et que j'étais rentré et bien entendu, à peine arrivée, les clients étaient déjà là pour me demander des conseils, me déposer leurs anomaux pour le dressage, à croire que mon père n'a pas fait correctement son travail ces derniers temps. Nan, en fait si les gens accourent, c'est surtout pour voir si j'ai ramené des animaux plus exotiques ? Ils veulent aussi que je leur raconte mes aventures, diverses et variés. Que je leur dise ce que j'ai pu découvrir, nombre de nos clients sont des curieux et ils vivent les aventures à travers les autres. Je trouve ça profondément dommage, de vivre à travers les autres. Il y a tellement de belle chose à voir, et à faire découvrir. Je crois que je n'aurais jamais pu me passé de ces voyages, ces moments de liberté, ceux où j'ai l'impression d'être réellement moi. Je me demande ce que j'aurais fais si je n'avais pas été celle que je suis. Ce n'est peut-être pas une question à se poser, après tout, qu'est-ce qu'il pourrait se passer réellement ? Voilà la bonne question. Je secoue la tête en douceur et part en vadrouille. Je dois m'occuper de Mastard, visiblement, il ne semble pas assez discipliné pour être sortie. Mission de routine, ennuyeuse peut-être, un peu, mais au fond, ça ne me dérange pas, j'ai vraiment besoin de me dégourdir.

Mon père n'a que très peu apprécié le fait que je m'en aille sans lui demander son avis. Pour autant, ce n'est pas faut de lui en avoir parler, encore et encore. Je ne compte plus les discutions que nous avons eu à ce sujet, mais comme d'habitude, il me prend toujours pour une petite fille qui ne peut pas faire quoi que ce soit de ses dix doigts. Je sais bien que par moment je peux paraître très distraite, mais pas de là à être totalement inutile. J'ai acquis de nombreuses connaissance de par mon voyage. Les livres recèlent de nombreuses informations, je le conçois, mais je trouve personnellement qu'il n'y a rien de mieux que l'expérience sur le terrain. Parler à des gens, apprendre ce qu'ils savent. Nous avons tous un savoir particulier, peut-être partons-nous tous de la même base et c'est même certains, mais j'ai pu voir que nous développions des techniques tellement différentes suivant l'endroit où nous nous trouvons. Suivant ce quoi nous avons affaire. Tellement de différences et si peu qu'on puisse combiner. Je trouve cela dommage, si seulement nous mettions tous en pratique ce que nous savions. Enfin bref. Je me promène avec ma petite tribu, retrouve les rues de Lorgol en souriant. J'ai l'impression d'être partie des années bon sang. C'est impressionnant de se retrouver de nouveau ici et je dois bien admettre que je me sens bien ici. Les bruits d'une foule en délire me sortent de mes pensées. Je lève la tête, mais qu'est-ce qu'il se passe ici sérieusement ?

Je me faufile avec autant de discrétion que possible, ce qui n'est pas bien simple pour quelqu'un comme moi qui a toujours tendance à être bruyante. Je me rends alors compte qu'ils envoient des œufs pourris sur un jeune homme. Mais... Pourquoi ? Je ne comprends pas trop le but, ça n'a rien de réellement sympa et puis franchement à je ne sais pas combien contre un, où est le challenge. Je ne peux pas réellement le laisser ainsi, ce ne serait non seulement pas honnête de ma part, mais je me sentirais réellement mal. Je secoue la tête et recule.

« Bien on va avoir besoin de tout le monde. »

Je retourne d'où je viens, heureusement, ce n'est pas trop loin. Je dis à mon père que je récupère tous les chiens, les gros chiens, c'est ce qu'il y a de mieux et ce qu'il y a de plus aussi. J'embarque tout le monde. Je me souviens des ordres. Il me suffit seulement de tout faire au bon moment. Je me tourne alors vers ma petite bête.

« Grignote. Tu dois emmené le jeune homme. Lui montrer le chemin. Tu sais faire. »

Il ne comprend pas tout, ce n'est un familier de mage, mais ce n'est pas la première fois que nous faisons ce genre de chose. Il sait ce qu'il doit faire. Je me pose sur le côté du bâtiment et le pose sur l'un des morceaux de charpente. Je me pousse et le dirige de loin. Il avance tranquillement et lorsqu'il est sur le point de tomber de tomber près du jeune homme. Je lance les chiens dans la foule. Celle-ci commence à crier, à s'écarter de celui qu'ils voulaient je ne sais pas quoi faire mais bon. Les œufs cessent de pleuvoir et je fais un petit signe de tête à Grignote mon écureuil qui descend devant le jeune homme, lui tire la manche de ses dents et tente de lui faire comprendre qu'il doit le suivre. J'imagine que ça n'a rien de simple pour un si petit bout. Pendant ce temps-là, je fais semblant de rattraper les chiens.

« Navré, je suis vraiment désolé. Ils étaient calmes et d'un seul coup, ils sont devenus très dissipé. »

Je regarde s'il bouge, j'espère parce que je ne vais pas tenir longtemps avec cette excuse.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Lun 29 Mai - 16:13

J'étais encerclé, pas moyen de fuir, même pas vers la porte de ma boutique.  Le liquide gluant des œufs coulait sur mon visage et commençait à répandre une odeur nauséabonde.  Dès que je réussissais à en essuyer quelques filaments, de nouveaux projectiles m'atteignaient au visage sans que je ne puisse m'en protéger.  Qu'avais dont je fais pour mériter un tel traitement de la part de la population?  La situation s'empira lorsqu'un manifestant détermina que me lancer des œufs n'était pas suffisant pour me faire payer quelque crime et que celui s'empara d'une roche et me l'envoya au visage.  Une mince coupure déchira ma joue droite et mon sang se mêla au blanc des œufs qui m'enveloppait.  La douleur était vive, frappante et me déstabilisa fortement.  Si d'autres trouvaient l'idée bonne, je me voyais déjà mort lapidé dans les rues.  Ça ne serait pas plus mal, si je repensais à tout ce qui m'étais arrivé depuis la veille.  Je baissai les bras, renonçant à éponger mon visage et à tenter de me protéger.  D'autres cailloux m'atteignirent, aux bras, aux jambes, à la tête.  Je restai immobile, résigné à mon sort.  Jusqu'à ce qu'un écureuil ne vienne tirer la manche de ma chemise.  Je le regardai un instant, perplexe, alors que la foule se dispersait tranquillement sous l'assaut de chiens en fuite.  C'était peut-être ma chance de me sauver!  Plus de cailloux, plus d'oeufs, plus de projectiles et plus personne ne semblait s'occuper de moi, plutôt concentré à éloigner les chiens de leurs mollets.  J'allais reculai et rejoindre ma boutique où, si j'y retrouverais le calvaire de la poupée mécanique, au moins elle ne pouvait pas s'en prendre directement à moi, mais le petit rongeur ne semblait pas près de me laisser aller mon chemin puisqu'il tira à nouveau la manche de mon habit.

« Mais qu'est-ce que tu essaies de me faire comprendre petite chose? » demandai-je, perplexe.  Je n'ai pas le talent de pouvoir converser avec les animaux, malheureusement.  Il continua de tirer sur ma manche.  On aurait dit un petit enfant qui voulait m'emmener quelque part.  Mais oui, c'était ça!  Il voulait m'emmener quelque part.  Pourquoi un écureuil voudrait-il que je lui emprunte le pas?  Je n'avais qu'une façon de le découvrir et c'était justement de le suivre.  Ce que je me décidai à faire, poussé par la curiosité plus qu'autre chose.  Ce n'était peut-être pas très prudent.  Clairement, cet animal était dressé, autrement il n'aurait pas été capable de me faire comprendre ce genre de devinette.  Son propriétaire n'était peut-être pas empli de bonnes intentions à mon égard, mais entre une foule en délire, une poupée qui tentait par tous les moyens de me faire rejoindre la tombe, et un inconnu dresseur de rongeur.

Mon petit guide poilu m'attira à l'écart, jusqu'à ce que je me retrouve nez à nez avec une jeune femme au regard d'un noir velouté, à la chevelure en cascade de jais.  « Cette petite bestiole est la vôtre? »  J'avais pris bien soin d'éviter de le toucher, supposant qu'il s'agissait peut-être d'un Familier de mage, bien qu'il ne s'était pas adressé à moi pour m'indiquer le chemin.   Les choses étaient bizarres depuis que les deux femmes s'étaient invitées dans ma boutique et je croyais qu'il était préférable de se montrer plus prudent.

« Il m'a bien aidé, en me tirant de cette foule, permettez-moi de vous présenter mes remerciements, mademoiselle, » déclarai-je en inclinant la tête dans un geste de reconnaissance.  Pour le moment.  Car je n'avais aucune idée du genre de traitement qu'elle me réservait pour la suite, surtout considérant les chiens qui se rassemblaient autour d'elle et qui n'avait pas tous l'air très amicaux.
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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Jeu 1 Juin - 14:26

Les chiens s’en donnent à cœur joie, alors qu’ils se jettent dans la foule, cherchant les caresses, mais n’arrivant qu’à disperser la foule. Je ne suis pas mécontente du travail accomplis. Avec quelques gestes, ils répondent parfaitement aux ordres. J’admire mon travail encore un instant, avant de me jeter sur le premier chien, le tirant par son collier, toujours en douceur. C’est moi qui les ais envoyé après tout, je ne vais pas leur tirer dessus en prétendant qu’ils y sont pour quelque chose. Je serais une bien mauvaise dresseuse dans ce cas-là. Je souris sous cape, en les voyant tous si énervé, si peureux, comme si chaque chien avait la rage. Je m’excuse et bien entendu, on me fait des remontrances. Peu importe, tant que le jeune homme a pu s’en sortir, ils peuvent bien me râler dessus que ça ne change rien. Grignotte sait ce qu’il a à faire, alors quand la foule s’est enfin dispersée, oubliant par la même celui qu’ils étaient en train de lapider avec des pierres -bande de barbare- je me dirige tranquillement vers l’endroit où ma petite bête a dû emmener notre hôte. Je ne doute pas qu’il doit se poser des questions et j’imagine que je vais devoir répondre à nombre d’entre elle ? Pas que cela me dérange de toute façon, je suis du genre à toujours répondre aux questions, je suis une grande curieuse. Je n’ai cependant pas le temps de me poser la moindre question que je me retrouve nez à nez avec lui. Je le regarde un instant, hoche la tête et souris.

« Il se nomme Grignotte. »

L’intéressé se dirige rapidement vers moi, il monte le long de ma robe et se pose sur mon épaule, enroulant sa queue autour de mon cou. Je me demande bien ce qu’il a fait pour mériter un tel traitement et je souris à sa déférence.

« Il n’y a pas de quoi. Je ne comprends pas pourquoi vous vous êtes retrouvé dans cette situation. Mais il aurait été malvenu de ma part de ne pas vous aider. Je crois que je m’en serais voulu assez longtemps pour avoir honte de mon geste. »

Après tout, même si je ne suis pas une combattante et si je ne suis pas du genre à me jeter dans ce genre d’événement, je ne peux décemment pas regarder quelqu’un se faire taper dessus sans réagir. J’aurais honte de ma réaction si j’en venais à me détourner de quelqu’un qui a besoin d’aide, sans compter que ça m’a aidé à voir si le dressage des chiens avait bien porté ses fruits. Ce n’est pas aussi facile qu’on le pense de s’adresser à toute une meute pour leur faire entendre raison. Heureusement, chacun d’eux, va repartir dans sa famille, bientôt, je serais de nouveau seule, malheureusement. J’ai beau pester contre eux parfois, parce qu’ils me mettent le bazar partout, je dois bien admettre que je me sens rapidement seule quand il n’y a pas d’animaux à portée. Enfin, c’est comme ça. On ne va pas me changer et on ne changera probablement pas les faits.

« Assis »

Les chiens s’assoie tranquillement, certains se couche même, repu par leur amusement pendant une bonne quinzaine de minutes. J’ai remarqué qu’il ne semblait pas très à l’aise et je dois bien admettre que je comprends pourquoi. Je me permets de sortir un mouchoir et de lui tendre avec le plus de douceur dont je suis capable.

« Tenez, je ne vais rien vous faire, je vous assure. Enfin vous n’êtes pas obligé de me croire sur parole, mais croyez-moi, je ne vais rien faire. »

J’attends qu’il le prenne alors que Moustache se détache du groupe et frotter le bout de son nez sur son pantalon, signe qu’il veut des caresses. Moustache est mon tout jeune chiot.

« Moustache reviens-là. »

Mais bien évidemment, il n’écoute pas.

« Désolé, il demande toujours énormément d’attention. J’espère qu’il ne vous dérange pas. »

Je me sens un peu mal là, et j’espère sincèrement qu’il ne va pas mal réagir à la présence du chiot qui se frotte allègrement sur son pantalon pour avoir de l’attention.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Sam 3 Juin - 16:23

Voilà une jeune femme qui a le sens de l'honneur, songeai-je en l'entendant ainsi s'exprimer.  C'était une chose qui m'apparaissait la bienvenue en les circonstances.  Néanmoins, aussi peu de choses cela pouvait-il représenter pour elle, je comptais bien la remercier dans les formes.  Elle m'avait tiré d'un sale pétrin et même si je n'étais pas tout à fait encore certain de savoir si je pouvais lui faire confiance, au moins, elle ne semblait pas disposée à me lancer des œufs, ni des cailloux.  Un changement très agréable par rapport aux quelques minutes précédentes.  Après, considérant que je semblais évoluer dans un monde quelque peu différent de celui auquel j'étais habitué, je ne savais trop ce que je pourrais bien lui offrir en témoignage de ma gratitude : un automate semblait hors de question, d'une part parce que j'avais la poupée destructrice qui m'empêchait d'avancer tout travail, d'autre part parce que j'étais incapable d'invoquer les entités.  Ce qui était particulièrement gênant puisque c'était elles qui faisaient toute la différence entre une œuvre réussie et une œuvre ratée.  En vérité, je n'avais absolument rien à lui offrir contre son aide.  Sauf des mots probablement et à ses yeux peut-être n'auraient-ils aucune valeur.

La meute de chiens semblaient particulièrement attachée à la jeune femme à qui ils obéissaient au doigt et à l'oeil.  Il n'avait suffi que d'un seul mot pour que toute la bande ne s'assoit.  Bon, quelques membres avaient décidé de se coucher, mais l'effet était assez époustouflant : qui aurait cru qu'une petite dame comme elle puisse avoir autant d'autorité sur ces canidés?  Je n'étais moi-même que très peu à l'aise avec les animaux, ce qui expliquait peut-être pourquoi je n'avais pas de familier.  Et pourquoi je ne le cherchais pas non plus.

Mon attention fut rapidement détournée des animaux lorsqu'elle me proposa un mouchoir.  Je l'observai un instant : peut-être y avait-il du poison là-dessus, je n'en savais rien.  Puis finalement, hésitant, je l'acceptai tout de même.  Je n'avais pas particulièrement envie de mettre fin à mes jours, mais je songeai que ce ne serait pas vraiment plus grave.  Vivre cette vie ne m'attirait guère, peut-être la mort me réveillerait-elle du cauchemar.  Je n'en savais rien.

« Merci, » soufflai-je avec reconnaissance tout de même.  J'essuyai donc les taches de sang sur mon visage du mieux que je le pouvais sans avoir un miroir à portée de main.  Je crois qu'une des blessures était plutôt grave, car du sang semblait toujours en suinter, en discontinuité.  En tout cas, c'était l'impression que j'avais en voyant le bout de tissu se gorger de sang.

« Je crois que je ne pourrai pas vous le rendre, mademoiselle, » déclarai-je, fort embarrassé.  Un mouchoir de dame, cela a quelque chose de sacré.  Elle le glisse dans ses corsets, elle entretient une relation intime avec lui.  C'est une part d'elle-même.  Il y avait presque quelque chose d'indécent à l'idée de le conserver pour moi-même, de le tacher de mon sang.

Tandis que je me laissais aller à ces belles pensées, un des représentants de la meute décida qu'il venait m'embêter.  Je me raidis brusquement : je n'étais pas habitué aux élans d'affection de l'animal qui décidément, cette fois, n'avait nulle envie d'écouter sa maîtresse.  J'essayai de le repousser discrètement, pour masquer mon inconfort, mais je n'y parvins pas, la petite boule de poils ne cessant de se frotter contre ma jambe.  Je souris, un peu crispé à la dame.  Mais de toute façon, mon sourire était naturellement tout sauf naturel, déformation professionnelle du vendeur.

« Cela ne me gêne point ma dame, déclarai-je le plus calmement possible, Moustache, c'est cela? »  Je me penchai vers le chiot et caressai le dessus de sa tête timidement avant de retirer prestement ma main lorsque je sentis son museau humide le toucher.  J'avais peur qu'il ne me morde et ne porte préjudice à mes mains, nécessaires à l'exécution de mon art.

« Pour tout vous dire, je ne suis pas tout à fait certain de pourquoi on me lançait des œufs ainsi…  Je suis un peu confus ces derniers jours, je crois que je me suis durement cogné la tête et je n'en suis pas encore remis, » tentai-je de justifier ma piètre situation.  J'avais quelque peu honte de me présenter à la vue d'autres dans cet état, les œufs commençant à coaguler dans mes cheveux et sur mes vêtements, dégageant une odeur des plus désagréable.

« Je vous dois peut-être jusqu'à la vie, ma dame, et Lancelot l'Adroit n'est point un ingrat.  Je n'ai rien à vous offrir pour le moment, mais je me souviendrai de cette dette que j'ai envers vous, » déclarai-je solennellement.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Jeu 8 Juin - 16:01

Je dois bien avouer que cette situation est pour le moins la plus étrange qu’il m’ait été donné de voir. Pas parce que la situation était nouvelle. Après tout, ici, certains se tapent toujours dessus pour des motifs totalement aberrant, alors une foule qui lance des œufs sur quelqu’un et le caillasse, ce n’est pas quelque chose que je n’ai pas vu. C’est surtout qu’il semble tellement méfiant. Comme si, à chaque geste, à chaque fois que je faisais quelque chose je pouvais lui tomber dessus et lui faire du mal. Est-ce que tout le monde se comportait toujours comme des parfaits abrutis ? Est-ce qu’il avait subis des violence qui l’obligeait à baisser la tête à chaque fois ? Je ne sais pas, mais ça me donne envie d’en savoir plus sur lui, je dois bien l’admettre. Je suis cependant contente qu’il accepte sans ciller le mouchoir que je lui tends. C’est agréable de voir qu’il peut encore croire en la gentillesse des autres et je souris doucement à sa remarque.

« Pas de souci, ne vous en faites pas. Vous savez, quand je vous l’ai tendu, je ne m’imaginais certainement pas le reprendre. »


Mon sourire se veut doux et tranquille. Je ne suis pas très douée avec les gens, je le suis bien plus avec les animaux. Les gens, je ne sais pas comment me comporter avec eux. Parfois, ils vont être sympathique, ouvert d’esprit et loin d’avoir des pensées salace et parfois les mêmes personnes peuvent se montrer agressive la minute d’après. Comment peut-on changer de sentiment d’une minute à l’autre quand même ? Il faut quand même plus que quelques secondes et surtout il serait bon d’avoir une raison pour changer ainsi. Je secoue la tête alors que je vois ses blessures.

« On devrait peut-être faire soigner ça. Les pierres vous ont bien arrangés. Attendez. »

Je sors d’un petit sac quelques bandages. J’ai toujours ce qu’il faut au cas où un animal se coupe. Bon, je ne vais pas dire que j’ai totalement ce qu’il faut, mais j’ai un baume cicatrisant et on m’a dit qu’il marchait aussi bien sur l’homme que sur l’animal, ce qui n’est pas faux, mon père ne cesse de l’utiliser.

« Permettez que je m’approche ? »


Je demande quand même au cas où, même si au fond je m’approche alors que moustache sent sa main et essaye d’avoir le plus de caresse possible. Je ne sais pas si c’est la peur qui le fait reculer, mais il ne semble pas très à l’aise. Alors je pousse doucement le chiot du bout du pied en le grondant et le regardant avec des gros yeux. Il s’éloigne et va se lover contre les autres, alors que le jeune homme m’explique qu’il ne sait pas très bien pourquoi on lui lance des œufs. Est-ce que le monde serait devenu fou entre temps ? Ou alors quelque chose est-il arrivé et il ne se souvient pas exactement de ce qu’il s’est passé ? Voilà question qui mérite réflexion.

« Ils vous ont peut-être confondu avec quelqu’un d’autre. Après tout, certains érudits disent qu’il existe au moins une copie presque conforme de chacun de nous quelque part dans le monde. J’imagine que cela doit être vrai. En tout cas, ils n’y sont pas allé de main morte. »

Et ils n’ont pas hésité une seule seconde à ce que je vois. Sérieusement, comment les gens peuvent-ils être aussi cruel, juste parce qu’ils pensent savoir quelque chose, qui n’est peut-être pas exact. Je soupir un instant et rougit à ses paroles.

« Oula, non. Je ne veux rien, je vous assure. Tout ce que je veux, c’est soigner vos blessures pour que vous n’ayez rien de grave. Le reste m’indiffère. Je ne suis pas du genre à demander des récompenses pour des choses que j’estime de mon devoir de citoyenne. Et ne pas laisser les gens vous lapider pour une obscure raison semble être un devoir à remplir. Je vous assure, je ne veux rien et vous n’avez pas de dette envers moi. »

Je ne l’ai pas sauvé de cette foule pour qu’il pense être endetté avec moi. Maintenant que je suis devant lui, je me permet de regarder ses blessures de plus près. Certaines cicatriseront vite, d’autre par contre.

« Laissez-moi juste faire. Ce serait dommage que votre beau visage soit couvert de cicatrice. Que diraient les filles sinon ? »


Je souris pour détendre l’atmosphère et m’occupe de désinfecter rapidement et d’appliquer un baume. L’apothicaire qui me l’a vendu, m’a expliqué au moins cinq ou six fois avant de me laisser le flacon. À croire que je dois être idiote.

« Voilà, vous êtes comme neuf. »


Avec des bandages en plus.

« Et maintenant qu’allez-vous faire ? »

Juste une question dénué de double sens. Je me demandais bien ce qu’il allait faire, maintenant qu’il était sorti d’affaire et sur pied.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Sam 10 Juin - 7:20

L'ironie était assez amusante qu'elle suggère qu'on me prenait à tort pour quelqu'un d'autre, parlant de sosie.  Seulement, je savais qu'il ne s'agissait pas d'un jumeau, mais bien de moi-même.  Un autre moi, dans un autre temps.  Je savais qu'ils avaient mis la main sur la bonne personne.  Ou du moins, sur le bon corps.  D'ailleurs, leurs cris prononçant mon nom ne laissait guère à se méprendre.  Mais oui, d'une certaine façon, il y avait certainement erreur sur la personne.  Je soupirai discrètement, me voyant mal expliquer à cette douce jeune fille que j'étais moi sans être moi.  Elle me prendrait pour un fou et avec tous les problèmes qui me tombaient sur la tête ces derniers jours, je préférais m'éviter d'en acquérir des supplémentaires par des propos qui ne ressembleraient qu'à de rustres divagations d'un fou aux yeux du monde.  Il ne manquerait plus que cela.  Ça et des blessures douloureuses.  Si la soudaineté de la situation précédente, la peur et la fuite m'en avait distrait, je réalisais maintenant que je souffrais atrocement de certains coups portés par les pierres.  Et comme si elle lisait dans mes pensées, avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, elle chassa tendrement la boule de poil qui s'était lovée contre mes jambes et les léchais avec allégresse avant de se mettre à panser mon visage.  Elle avait la main experte et assurée.  Si quelquefois je ressentais un faible pincement de douleur au passage de ses mains, la légèreté de ses mouvements me la faisait vite oubliée.  J'eus du mal à contrôler un petit rire lorsqu'elle mentionna les filles.  Je ne savais pas si j'étais du genre de beauté à voler les cœurs en temps normal, mais je savais que mes traits tirés n'avaient rien d'attirant.  Et même si j'arrivais à trouver la perle rare qui pourrait deviner la femme de ma vie, je la voyais bien vite fuir devant la poupée machiavélique.  Et si elle ne fuyait pas, elle mourrait probablement de sa main tôt ou tard.  Peut-être qu'au fond, c'était mieux que je reste défiguré.  Mais ces réflexions qui me faisaient sourire causaient de douloureux spasmes à mon visage meurtri et je les chassai rapidement.

Lorsqu'elle eut terminé, je souffrais toujours un peu, mais c'était soutenable.  J'étais bon pour devoir attendre quelques jours avant de retrouver un visage présentable.  J'étais prêt à attendre.  « Je vous remercie, noble dame, » soufflai-je en lui offrant un élégant baisemain comme gage de ma gratitude.

Toutefois, être questionné sur ce que j'allais faire maintenant me laissa silencieux.  Je ne savais que faire.  Retourner vers l'atelier semblait une mauvaise idée, les gens y seraient probablement revenus désormais qu'il n'y avait plus de chiens pour les disperser.  Néanmoins, ne pas y retrouver ne m'apparaissait pas comme une idée très sage : la poupée vengeresse y était toujours et je craignais ce qu'elle pourrait faire en mon absence.  Il fallait que je me résigne à souffrir alors.  Je soupirai, las.

« Tout à l'heure, nous étions juste devant ma boutique.  Enfin, presque, la foule m'en avait écarté un peu.  Il faut que j'y retourne, j'ai une invitée peu commode en ce moment et je crains un peu de la laisser seule, » expliquai-je plutôt vaguement.  Je me voyais mal lui expliquai que j'avais fait une poupée animée qui s'était retournée contre son propriétaire, l'avait tuée et maintenant cherchait à me tuer aussi sans y parvenir.  La situation était décidément plus que catastrophique.  J'aurais préféré rester là, à me terrer et ne plus sortir de ma cachette, mais je savais que c'était impossible.  Mais peut-être cette jeune femme au bon cœur pourrait-elle m'aider? J'avais acquis la presque certitude qu'elle ne me ferait pas de mal.  Pas après avoir soigné mes blessures.  Je ne pouvais point baisser complètement ma garde, mais je savais quand je pouvais me fier à mes intuitions : mon sens de l'observation était fort, plus développé que la moyenne et je l'entraînais, c'était mon métier.

« Écoutez, je sais que ce que je vais dire vous paraîtra insensé, mais voilà ce que je pense.  Si vous n'y voyez point d'inconvénients, venez à ma boutique, je vous offrirai un thé et je verrai à pourvoir en eau vos chiens.  Je ne vous cache pas que je vous demande à nouveau votre aide, je ne doute pas que ces gens seront là de nouveau, c'est bien moi qu'ils cherchent, mais à tort je puis vous en faire le serment.  Vous me voyez fort mal à l'aise de vous demander d'abuser de nouveau de votre bonté, ainsi je comprendrais tout refus de votre part, » débitai-je à une vitesse assez fulgurante, moi qui normalement parlait toujours sur un ton plutôt posé.  Je n'avais que peu d'options devant moi.  Je ne pouvais pas fuir indéfiniment la boutique et connaissant mon invitée encombrante, du moins ce qu'on pouvait en savoir en quelques heures, j'étais certain qu'elle trouverait le moyen de mettre le feu à toute ma vie si je restais éloigné trop longtemps.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Mar 13 Juin - 11:22

La situation était étrange, je ne peux le nier. Mais au final, ce n’était pas différent de ce que je faisais chaque jour… Enfin si en quelque sorte. Il est compliqué de définir tout ce qui se passait dans ma tête et dans mon cœur. Je ne comprenais certainement pas pourquoi on l’avait frappé et encore moins pourquoi on avait presque eu envie de le tuer. Je ne comprends pas grand-chose aux gens en fait, bien plus portée sur les animaux que sur le reste. Asocial, voilà comment mon père me décrit et je ne peux pas lui donner tord. Peut-être serait-il temps que j’arrête de ne penser qu’aux animaux et leur bien être et que je m’ouvre aux autres. Mais au fond, est-ce que cela est réellement utile. Quand je vois tout ce que j’accomplis pour les animaux, n’est-ce pas aider les Hommes aussi ? Et puis cela ne m’empêche pas d’aider ceux qui en ont besoin. La preuve avec lui, non ? En tout cas, je suis contente qu’il n’ait rien de plus grave que des égratignures même si certaines ne sont pas très belle et m’inquiète un peu. Je suis du genre éternelle inquiète, il ne faut pas se fier à mon apparence calme et posé. Sous mon crâne se déplace une multitude de chose et sous ma peau mon cœur bat la chamade de savoir quelqu’un blessé.

« Je vous en prie, mais pas de noble dame s’il vous plaît. Je n’ai rien de noble croyez-moi. Juste Ayana, ou Aya si vous préférez. »

Je ne suis qu’une roturière et même si je sais qu’il ne fait pas cela méchamment, je me sens un peu mal quand il parle de noble dame. J’ai l’impression d’être quelqu’un d’autre que je ne suis pas. Enfin ces derniers temps, j’ai réellement l’impression d’être quelqu’un d’autre, mais je ne vais certainement pas lui dire. Déjà que mon père s’imagine que j’ai un grain à cause de tous ces rêves que je fais. Il m’a même traité de folle dingue quand je lui ai parlé de magie. L’hérésie mon dieu. Je ne peux pas être une mage, je suis une savante, j’ai appris le dressage des animaux. Il m’a rabâché ça pendant des heures. Je crois bien que c’est la toute première fois ou j’avais effectivement l’impression d’être dingue. Ce vieux quand il s’y met, il est totalement fou lui aussi. On fait une belle paire. Le père et la fille, concentré sur les animaux, tous les deux totalement hors du temps… Je secoue la tête et écoute la réponse qu’il fait à ma question. Je suis étonnée, une boutique, si jeune. Il doit avoir un talent fou. Ça me donne envie d’en savoir plus.

« Oh je comprends. Parfois les invités peuvent se montrer quelque peu envahissant. »

Je pouvais comprendre cela avec les chiens, même si d’après ses paroles, j’avais dans l’idée qu’il s’agissait d’un bien autre souci qu’il avait. Ce qui me fit tendre l’oreille un peu plus. Son explication était vague, mais sa voix semblait quelque peu craintive. Quelque chose n’allait pas. Je le laissais donc continuer, et je compris qu’il voulait mon aide avant même de me l’avoir demandé. Je pouvais bien la lui fournir. De toute façon je n’avais rien de particulier à faire et donc cela ne me dérangeait pas le moins du monde. Il n’empêche qu’il parlait étonnement vite. Avait-il peur que je puisse dire non ? Ou alors se sentait-il gêné de me demander cela ? Ou alors était-ce pour une autre raison ? Je restais un moment sans voix et puis comprenant qu’une décision rapide était demandé, je finis par hausser les épaules.

« Je vous suis dans ce cas-là. Un thé ne sera pas de refus et mes petits monstres seront ravis d’avoir un peu d’eau. En plus, j’aimerais bien en savoir plus sur votre métier. Ça me semble, particulièrement intriguant. »

Je souris doucement, pour lui montrer que ça ne me gênait pas le moins du monde de lui rendre service. Mais je rajoutais quand même.

« Vous savez, j’aime rendre service. Donc ce n’est pas un problème. Et si jamais vous me trouvez trop envahissante ou que vous pensez qu’il est temps pour moi de m’en aller. Alors je m’en irais sans poser de question. C’est une promesse. »

Je sifflais et les chiens se mirent tous debout. Je pris moustache dans mes bras. Il semblait épuisé, d’un autre côté, le chiot était encore très petit et pas en état de marcher pendant des heures, pas plus que de courir comme un dératé comme il venait de le faire.

« Je vous laisse passer devant et ne vous inquiétez pas. Les chiens ne vous feront pas de mal au contraire. »

Je sifflais une nouvelle fois et ils nous entourèrent, comme une escorte. Ils étaient tous fier d’eux, la tête haute, la langue pendante, content de ce qu’ils faisaient. Personnellement, j’étais fière. Leur apprentissage s’était plutôt bien déroulé et chacun d’eux répondaient rapidement aux ordres. Mon père allait être content quand les clients reviendrait les chercher. C’est donc avec cette idée que j’attendais pour reprendre la route.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Sam 17 Juin - 16:49

Envahissant était un euphémisme quand on parlait de la poupée destructrice et je priai très fort pour qu'elle n'embête pas la jeune femme.  Avec un peu de chance, elle aura peur des chiens.  Ce serait vraiment chose merveilleuse que de pouvoir travailler chez moi sans l'avoir dans les pattes.  Peut-être pourrais-je demander à cette jeune femme où pourais-je en trouver un à adopter.  Elle devait en savoir long sur le sujet pour en avoir autant à sa charge.  Après mille mots rassurants pour m'indiquer que de me venir en aide ne la gênait pas du tout, je me sentis un peu plus tranquille.  Je ne lui avais pas dit toute la vérité, j'avais peur qu'elle ne me juge, elle semblait avoir un franc sens de la justice et peut-être trouverait-elle, elle aussi, révoltant ce qu'avait fait cet autre moi.  Après tout, il y avait quelque chose de quelque peu ignoble dans l'idée d'enfermer l'esprit d'un mort dans une machine.  J'en avais moi-même des frissons.  Un travail si formidable souillée par une magie maudite.  Et je devrais m'assurer que personne ne tombe sur le cadavre d'Elanin.  Je songeai que finalement, c'était peut-être une extrêmement mauvaise idée d'emmener cette jeune femme chez moi.  C'était dangereux autant pour elle que pour moi.  Néanmoins, elle avait déjà accepté de façon très affirmée et je ne voyais pas comment je pourrais me rétracter sans paraître suspect.  Du moins, encore plus suspect que je ne l'étais déjà.  Nettement, il y avait quelque chose de pas très net à mon sujet et je n'arrivais pas encore tout à faire à croire que la jeune femme osait m'accorder sa confiance et me suivre jusque dans mon antre.  Ou peut-être faisait-elle en réalité confiance à sa horde de canidés qui me mordraient les mollets à la moindre incartade à l'égard de leur maîtresse.

« Dans ce cas suivez-moi, demoiselle Ayana, » déclarai-je sur un ton solennel.  Je ne voulais pas qu'elle croit que j'avais de mauvaises intentions à son égard.  Les gens se méprenaient souvent à propos de mes origines cielsombroises qui feraient de moi un croqueur de dames.  De base, je m'identifiais peu à mon duché de naissance, ayant passé le plus clair de ma vie à Lorgol.  Et d'un autre côté, je crois que la plupart des gens étaient remplis de malentendus envers les Cielsombrois, nous prenant pour des dépravés.  Il y en avait certes, mais nos mœurs plus libertines ne voulaient pas dire que nous étions des hommes sans principes.  Enfin.  Mes pensées s'étaient égarées sur des chemins qu'elles n'auraient pas dû prendre au vue des circonstances.

Je guidai donc ma nouvelle alliée et son escorte aux dents qui me paraissaient bien assez acérées vers la boutique.  Au passage je lui indiquai quelques informations à propos de mon établissement.

« Je suis fabriquant d'automates, mais récemment les affaires ne vont pas très bien…  Quelques incidents ont terni ma réputation et c'est pourquoi, je crois, y avait-il foule pour m'accueillir à ma sortie du magasin. »

Je marchais d'un pas rapide, passant par les ruelles arrières où l'on ne trouverait pas, je l'espérais.  Si possible, je préférais éviter un affrontement avec cette population en colère et ne pas recevoir de nouveaux projectiles au visage.  Je cherchais également un moyen d'expliquer un peu à la demoiselle ce qui se passait chez moi, mais je me retrouvais face à un dilemme difficile, puisque j'étais moi-même incapable de comprendre ce qui se passait.  Et l'idée s'imposa à mon esprit ainsi, il n'y avait point d'autres moyens.  C'était une idée risquée, mais j'avais besoin de m'ouvrir à quelqu'un sur ce que je vivais en ce moment.  Puis d'un autre côté, il n'y avait pas d'explication raisonnable à ce que je vivais. Autant me jeter à l'eau.

« Vous croyez qu'il est possible qu'une vie change d'un jour à l'autre?  Totalement?  Un matin, vous vous réveillez, dans un endroit qui est chez vous, mais en même temps qui ne l'est pas.  Comme si votre âme s'était éveillée dans le mauvais corps.  Pourtant, c'est toujours votre même reflet que vous voyez dans l'eau. »

Je la regardai, curieux de savoir l'effet qu'aura produit mes paroles sur elle.  Peut-être me prendra-t-elle pour un fou?

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Dim 18 Juin - 13:17

Je me demande bien ce qui me pousse à l'aider au fond. Ce n'est pas seulement une question d'aider son prochain, c'est quelque chose de plus profond, comme s'il s'agissait d'une question d'honneur, comme si tout cela était on ne peut plus naturel, comme si je devais le faire, parce que.... Parce que j'étais quelqu'un d'autre. Ces sensations qui m'envahissent depuis plusieurs jours sont étranges, je ne saurais pas réellement les expliquer et en même temps, je ne suis pas certaine de devoir le faire. À qui pourrais-je dire cela ? Mon père ? Il ne m'écoute déjà pas quand je lui parle des chiens, ce n'est certainement pas pour m'écouter pour tout le reste. Il me dira certainement que c'est le fait d'avoir perdu ma mère, ou alors qu'il faut que je me trouve une activité en parallèle, que je trouve enfin un homme bien avec qui me marier, que c'est pour mon bien. Penses-y, c'est plutôt pour le sien. Ce n'est pas comme s'il avait du temps à me consacrer depuis qu'il s'est trouvé une compagne. Pas que je désapprouve, c'est sa vie, il fait ce qu'il veut, mais il pourrait au moins me consacrer un peu de temps, de temps en temps. Enfin bref. Je secoue la tête et le suit, les chiens sous bonne escorte, Moustache dans les bras. Le petit bonhomme c'est un peu trop excité et le voilà complètement flagada, il faut dire qu'on a pas arrêté depuis ce matin. Je me perds encore dans mes pensées, suivant mécaniquement le jeune homme. Je devrais avoir peur, mais pourquoi avoir peur quand la mort ne nous effraie pas ? Tiens pourquoi je n'ai pas peur de la mort d'ailleurs ? La question est bonne et je me la pose un instant avant d'entendre de nouveau la voix du jeune Lancelot.

« Oh. Ça ne doit pas être simple de fabriquer des automates, mais les gens sont trop promptes à juger les autres pour des actes qu'il pourrait commettre eux-même. Une foule complète contre une seule personne, je trouve ça déplacer. »


Après tout, ce n'était peut-être pas si grave. Ou peut-être que si, qu'est-ce que j'en savais ?

« Je trouve cette attitude assez déloyable. Si votre réputation en a pâtis, pourquoi ne pas vous parler ? Pourquoi toujours vouloir agir avec violence ? »

Parce que la violence est la plus simple des réponses. Cette phrase... C'est étrange, j'ai l'impression d'avoir déjà posé une question de ce genre et qu'on m'a répondu cela. Mais je ne suis pas quelqu'un de violent, je me contente d'éduquer les animaux, de les dresser. D'où pourrait venir … Je secoue la tête. Ce n'est pas le moment de penser à ça. Certainement pas. Il y a d'autre chose à penser que cela. Pourtant alors que nous marchions, il reprit la parole. Mettant le doute dans mon esprit. Je l'écoute tranquillement. Et je comprends ce qu'il veut dire. Ces derniers temps, il se passe des choses étranges.

« Je... Je crois que je comprends ce que vous voulez dire. Ces derniers temps, j'ai l'impression que certaines pensées, certains souvenirs ne sont pas à moi. Comme s'il s'agissait de moi, mais d'une autre vie. Est-ce que ce serait des vies antérieurs ? Ou alors est-ce que ce serait autre chose ? Je ne saurais vous dire, mais j'ai aussi parfois, l'impression d'être dans du coton, de ne plus savoir où j'en suis. Comme des réminiscence d'un passé. Pourtant.. Je suis persuadée que ce n'est pas moi, mais au fond, ça me semble logique. »

Je souris doucement.

« Je n'ai pas osé en parlé avec mon père parce qu'il ne m'écoute pas. Et les chiens... Ben ils ne me répondent pas. C'est compliqué de savoir et en parler à d'autre... Je ne sais pas si je pourrais le faire. Mais je comprends. Est-ce que ça vous a pris depuis longtemps ? Personnellement ça ne fait qu'une semaine. »

Je cherche à me souvenir de ce que j'ai vu. Me semble qu'il y avait une belette.

« Les souvenirs sont là, comme s'ils existaient réellement, mais dés que j'essaye de les toucher, ils s'enfuient, comme si au final ils n'étaient pas réellement à moi, ou alors que je n'étais pas autorisée à les toucher. Ça vous fait ça à vous aussi ? Vous avez une idée de ce qu'il pourrait se passer ? Un virus ? Quelque chose qui pourrait nous avoir contaminé ? »


Si c'est le cas, il faut de suite que je rentre en parler à mon père. Je m'en voudrais qu'il puisse lui arriver quelque chose.

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Message Sujet: Re: Lorsque les poules voleront et auront des dents   Lun 19 Juin - 14:48

Je m'attendais à une surprise, un rire moqueur.  Pourquoi me croirait-elle?  Selon toute logique, elle me prendrait pour un fou.  Si quelqu'un m'avait sorti le même discours, j'aurais probablement eu ce genre de réaction.  Je lui aurais demandé s'il n'aurait pas plongé dans un océan de plaisirs issus de mon duché d'origine.  Pourtant, elle sembla accepter mon explication, mes interrogations, mes peurs.  J'avais deux hypothèses : tout comme moi elle se souvenait de quelque chose de différent.  Ou alors, elle était d'une espèce divine.  J'optais plutôt pour la seconde, car la première me semblait beaucoup trop improbable.  Au contraire, cette simple pensée semblait soulever beaucoup d'interrogations chez elle aussi.  Ce qu'elle racontait ne ressemblait pas exactement à ce que je vivais.  Pour elle c'était beaucoup plus confus.  Elle ne semblait pas avoir conscience que quelque chose d'étrange se passait.  Du moins, pas dans la même profondeur que moi-même je le réalisais.  Pour moi, tout ceci ne se réduisait pas à une simple impression : j'avais vraiment changé de vie.  Comment et pourquoi, je n'en savais rien.  Mais la veille, quand je m'étais réveillé, rien n'avait la même forme que le jour précédent quand je m'étais couché.  Et je m'étais renseigné sur la date.  Il ne s'était pas passé un étrange trou noirs de plusieurs jours dans mon esprit.  J'avais basculé subitement d'un monde à l'autre.  Et j'espérais que mon autre moi n'avait pas pris ma place dans mon vrai monde.  Parce que j'avais la mauvaise impression qu'il y mettrait le bazar.  Je comptais retrouver mon atelier un jour l'autre et je désirais qu'il soit intact à mon retour.

Malgré tout, cela m'avait fait du bien de m'ouvrir, moi qui étais seul à songer à ces tracas dans le fond de mon atelier tout en tentant de limiter les dégâts causés par mon œuvre même.  Et il m'apparaissait avoir trouvé bonne confidente en cette jeune fille qui elle ne savait pas exactement avec qui parler de ce qu'elle ressentait.  Je me demandai si elle n'avait pas une mère, mais elle l'aurait mentionnée elle aussi dans ce cas.  Peut-être était-elle morte quand elle était plus jeune.  J'éviterais alors d'aborder le sujet, pour empêcher toute gêne à propos de ce sujet.

« Depuis hier, » répondis-je à sa question.  Peut-être mon autre moi avait-il des pressentiments avant de disparaître, mais je n'avais aucun souvenir de cette réalité avant de prendre sa place.  Le savoir aurait peut-être été intéressant, mais rien ne vient.  J'allais lui préciser que ma mémoire était vide de tout ce qui avait pu se passer avant ces deux derniers jours, lorsqu'elle enchaîna en me posant à son tour une série de questions.

« Non, ce n'est pas exactement ça.  Je ne me souviens de rien avant hier.  Enfin, rien de cette réalité.  Vous savez, je suis un artisan, j'anime à l'aide d'entité mes automates.  Ici… C'est l'âme des morts qui les dote de mouvements et de pensées…  Ce n'est pas normal, c'est de la magie bannie, interdite.  Je ne peux pas l'avoir apprise… » Mon ton se faisait de plus en plus aigu, mes propos de plus en plus haletants.  Je sentais la panique que je contenais depuis des heures déjà surgir du fond de moi.  Il fallait que je me calme.  Je ne pouvais pas céder à l'épouvante, pas maintenant.  Il fallait que je prenne sur moi et que je réfléchisse posément à une solution.  Une explication.

« Je ne sais pas ce qui se passe.  Je croyais être le seul dans cette situation.  J'ai imaginé que la folie s'emparait peu à peu de moi, comme des lianes prenant de plus en plus de place dans la jungle, bloquant tout accès à partir de l'extérieur, me coinçant à l'intérieur.  Vous trouver… me rassure un peu, » avouai-je sur un ton un cran plus bas, toujours plus aigu que ma voix habituelle.

J'arrêtai ma progression un instant.  Nous approchions de la boutique.  J'entendais des bruits de foule.  Ils s'étaient peut-être rameutés à nouveau, prêt à me lancer de nouveaux projectiles à la tête.  Je me tournai vers ma partenaire et posai mon index sur mes lèvres pour lui intimer le silence, quoi que ce serait peut-être plus compliqué d'obtenir la quiétude des chiens.

« Je crois qu'ils sont revenus.  Entrons d'abord avant de poursuivre cette discussion.  La porte arrière est par-là, » indiquai-je dans un murmure.  Je l'invitai à me suivre, croisant les doigts pour que personne ne nous remarque.

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