AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Ouvre-moi, tout ira bien

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 260
J'ai : 27 ans
Je suis : fabricants d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine Belastre, Marjolaine du Lierre-Réal et Liry Mac Lir
La Cour des Miracles
Message Sujet: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 5 Juin - 12:17


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Mélodie Douxvelours & Lancelot l'Adroit

Ouvre-moi, tout ira bien

Rien de tout cela n'est vrai



• Date : 4 juin 1002
• Météo : Le soleil se couche lentement sur une journée plus ensoleillée, quelques nuages cachent les derniers rayons du soleil
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Lancelot est inquiet de ne pas voir Mélodie débarquer à l'improviste à l'atelier.  Il se présente donc au logis de la demoiselle pour la trouver plutôt bien éplorée suite aux événements passés dans l'autre réalité.
• Recensement :
Code:
• [b]4 juin 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2241-ouvre-moi-tout-ira-bien#68230]Ouvre-moi, tout ira bien[/url] - [i]Mélodie Douxvelours & Lancelot l'Adroit[/i]
Lancelot est inquiet de ne pas voir Mélodie débarquer à l'improviste à l'atelier.  Il se présente donc au logis de la demoiselle pour la trouver plutôt bien éplorée suite aux événements passés dans l'autre réalité.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 260
J'ai : 27 ans
Je suis : fabricants d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine Belastre, Marjolaine du Lierre-Réal et Liry Mac Lir
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 5 Juin - 12:18

Cela fait quelques jours déjà que les choses sont revenues à la normale.  J'ai retrouvé mon atelier, mes créations, dont quelques unes plus avancées que dans mes derniers souvenirs, mes vieilles habitudes somme toute.  Les jours avaient continués d'avancer et tout ce que j'avais vécu dans cette autre vie avait remplacé les souvenirs de celles-ci.  J'étais plutôt embrouillé et le travail avançait plus lentement qu'à mon habitude.  La nuit, mes rêves étaient peuplés de cauchemars de poupée tueuse au rire grinçant.  Le jour, le moindre craquement du plancher me faisait sursauter, je la voyais arriver à chaque tournant, là prête à me planter un poignard dans le cœur.  Chaque ombre c'était elle.  Pour cette raison, j'avais annulé pour le moment toutes les commandes de poupées mécaniques.  Peut-être même pour toujours.  Je savais que ce genre de choses n'arriveraient pas de nouveau, mais la peu était inconditionnelle, foudroyante et je n'arrivais pas à la maîtriser.  Donc plutôt que de lui faire face, je l'enfermais dans un coin, en attendant d'avoir le courage de l'affronter.  Par moment, je m'interrogeais sur les raisons qui m'avait poussé à conserver le souvenir de ces jours étranges.  J'aurais pu les effacer de ma mémoire, les en chasser, faire comme si rien de tout cela n'était jamais arrivé.  Puis je me rappelais.  J'avais de plus grands objectifs à atteindre et j'aurais besoin de ces morceaux de souvenirs pour y arriver.

Une chose néanmoins qui avait changé depuis mon retour, c'était le manque de visite ponctuelle de ma catastrophe naturelle sur pattes.  Il m'avait fallu longtemps pour l'apprivoiser.  Au début, elle brisait tout ce qu'elle touchait dans l'enthousiasme de sa curiosité : c'était une importune.  Puis, au fil du temps, elle s'était un peu fait comme de l'encre tatouée sur ma peau et je m'étais accoutumé à elle, à sa présence destructrice.  Quoique… après le passage de la poupée Chimène, Mélodie n'était qu'une amatrice en question de dégâts.  Mais elle ne s'était pas montrée depuis leur retour.  Et je commençais à m'inquiéter.  Et si elle était…  La pensée m'emplit d'effroi et je la chassai rapidement de mon esprit.  Cette réalité n'était pas la nôtre.  L'esprit qui hantait le Fils des Ombres, Liselotte, ce n'était pas la petite femme boute-en-train que je connaissais.  Néanmoins, je ne pouvais me masquer mon inquiétude.  Quatre jours sans la moindre nouvelle, c'était peu fréquent.  À moins qu'elle n'ait quitté Lorgol pour quelque raison?  Suite à nos dernières aventures, j'avais quelques doutes toutefois à ce propos.

Lorsqu'en fin de journée je fermai boutique et laissai derrière moi le travail accompli, ma décision était déjà prise depuis longtemps.  Toujours sans avoir vu le bout du nez de mon amie, il m'apparaissait naturel que si elle ne venait pas à moi, je pouvais aller la chercher.  La plupart du temps, c'était une chose que je n'avais pas à faire, puisqu'elle s'introduisait dans l'atelier comme elle le voulait quand elle le voulait : il y avait quelques désavantages à entretenir des relations avec des voleurs.

Je n'étais pas très sûr du chemin jusqu'au logement de la voleuse, je n'y étais pas allé très souvent.  Sans trop m'égaré toutefois, je parvins finalement à bon port.  Devant la porte, je toquai une première fois sans recevoir de réponse.  Je m'impatientai un peu et cognai à nouveau, plus fort.  « Mélodie? » l'appelai-je une fois.  Je n'entendais rien à l'intérieur de l'habitation, tout semblait plutôt tranquille.  J'élevai la voix à nouveau : « C'est Lancelot, tu es là? »

Avec un peu de chance, si je cognais une fois de plus, peut-être m'entendrait-elle?  Je levai la main à nouveau et l'apposai à nouveau sur le battant, provoquant trois coups sonores.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 1433
J'ai : 26 ans
Je suis : Voleuse spécialisée dans l'escalade à la Cour des Miracles.
(Futur Roi Blanc et Fils des Ombres :sisi: )

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fils des ombres
Mes autres visages: Antonin de Faërie
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mar 6 Juin - 21:01

J’aurais pu choisir l’oubli, j’aurais pu me rouler dans la jouissance de l’ignorance, mais mon fichu caractère, les implications de perdre ces informations, aussi faussées fussent-elles, ce trésor malsain, ne m’avait pas été possible. A mes yeux, cela n’avait pas été la solution, a mes yeux, j’étais morte, comment cet état si définitif ne l’avait plus été ? L’oubli ne m’avait pas paru nécessaire. C’est dans une confusion extrême que le temps m’avait ramené à ma place véritable, déchirant les réalités pour transporter l’esprit vengeur que j’avais été dans son corps encore bien vivant.

Morte, pas morte ? J’avais mis du temps à me remettre, à comprendre ce qui s’était passée, à sortir de la solitude, à sortir de la colère et de la haine, des sentiments calmés par le retour de mon enveloppe corporelle et par la certitude que tout était rentré dans l’ordre.
Cela m’avait pris la journée, pliée sur mon lit, rampant, pleurant ou riant de façon hystérique, l’esprit embrouillé par ces évènements, pour me ressaisir. Pour aborder la situation avec calme, du moins sans que la panique d’emporte encore une fois tout raisonnement logique. Une journée entière à se torturer mentalement, à lutter, lutter contre… hé bien, contre des fantômes si on me pardonne le mauvais jeu de mots. Une journée à récupérer les fils des souvenirs, à y écarter la folie qui y était encore raccrochée, à les mettre bout à bout et à reconstruire la trame de ce qui avait été. D’y retrouver le sens que la folie de ma mort avait refusé de donner.

Je n’étais pas sortie de ma maison à Lorgol, ne comprenant toujours pas comment j’étais passée des cals d’un bateau à chez moi, mais cela était pour le mieux au final. J’avais fini par me coucher dès que le soleil avait décliné, épuisée, alors que je n’avais même pas osé mettre le nez dehors.
Sale nuit.
Remplie de cauchemars qui n’étaient que des réminiscences, les rendant par conséquents plus terrifiants encore. J’avais bien tenté de sortir, de revenir à la Cour pour tâter le terrain, mais je n’avais pas vraiment compté sur l’angoisse et les résidus haineux qui s’accrochaient à mon cœur, le faisant paraitre de plomb dans ma poitrine. Je n’avais pas pensé que mettre un pied sur l’un des nombreux chemins menant à la Cour, finirait par me provoquer une crise de panique une fois à l’entrée de ma seconde maison. J’avais finis par retourner péniblement chez moi, le souffle court et m’écrouler dans mon lit pour tenter de retrouver un semblant de dignité. Je me haïssais pour ma faiblesse, j’avais l’impression d’être revenue des années en arrière, lorsque ma mère était morte. Incapable d’y faire face, j’avais besoin de temps certes, appréhender la mort et la sienne par-dessus le marché était toujours une entreprise délicate.
Mais tout de même….

Je crois qu’avec mes tentatives d’aller dehors, mes retours au bord de la nausée, le cœur à la limite de l’explosion, j’en avais un peu perdu le décompte des jours. Ca allait mieux, même si ce n’était pas encore ça. Rouler en boule dans mon lit après une nième crise d’angoisse, j’ignore le frappement à ma porte. Il n’y avait aucune raison que qui que ce soit vienne à moi de toute façon. Puis la voix de Lancelot crève le silence. Je me rappelle vaguement de nos échanges, de son invitation et j’en rougirais presque de honte, de mon attitude lorsque je n’étais plus vraiment.

-Y’a personne !

Faut dire que quand on est fatiguée, on réfléchit plus vraiment très bien et en cet instant, j’étais tout à fait satisfaite de ma réponse. La trouvant parfaitement adéquat pour éviter toute confrontation. Dans le fond, si ce n’était pour se foutre de ma gueule, pourquoi venir ici, lui qui ne s’était jamais déplacé ? Autant faire la morte.

_________________



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 260
J'ai : 27 ans
Je suis : fabricants d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine Belastre, Marjolaine du Lierre-Réal et Liry Mac Lir
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 7 Juin - 17:50

Parfois, il est sidérant combien mon amie peut se montrer dépourvue de toute logique.  J'allais effectivement laisser tomber lorsqu'elle éleva la voix pour s'exclamer qu'il n'y avait personne.  Il n'aurait suffit qu'elle tienne sa langue quelques secondes de plus et je me serais en allé, voyant que je ne recevrais pas de réponse.  Et voilà qu'en deux, voir trois mots, elle m'avait bien décidé à rester sur place.  Quelque chose n'allait pas pour qu'elle reste enfermée comme ça par Alior et j'étais bien déterminé à le découvrir rapidement.  En tout cas, si elle espérait que je parte, c'était désormais un pari raté puisque j'étais désormais plus que convaincu qu'elle était à l'intérieur.  Il me restait donc qu'à la faire sortir de sa tanière, ce qui ne serait pas une chose simple : elle pouvait se montrer têtue la voleuse et elle l'était probablement beaucoup plus que je ne le serai jamais.  Néanmoins, je ne pouvais pas partir sans au moins être rassuré sur son état et le fait qu'elle me renvoie comme un malpropre m'indiquait que non, les choses n'allaient pas exactement bien.  Jusqu'à quel point, c'était encore un mystère, mais les mystères s'éclaircissaient si on persévérait rien qu'un peu.  Ce que je comptais faire.

« Mélodie, je sais que tu es là! » lançai-je d'abord en évitant de me moquer du fait qu'elle s'était trahie d'elle-même en parlant.  La faute était bête et la tentation d'en rire forte, mais sans savoir comment elle se sentait, je craignais de la froisser en poussant ma chance un peu trop loin.

J'attendis quelques instants avant de toquer à nouveau, plus fort, plus insistant.  Il fallait qu'elle vienne ouvrir cette fichue porte.  Je l'aurais bien défoncée, mais mes maigres bras d'oisillon n'en avait pas le tiers de la force.

« Ouvre-moi!  Tu sais qu'en parlant tu t'es trahie!  Je ne bougerai point du seuil de ton logis tant et aussi longtemps que tu ne m'y feras pas entrer!  Je suis sérieux! » m'exclamai-je.  Je savais être patient.  Je m'appuyai contre le cadre de porte nonchalamment, conscient que je pourrais avoir à attendre longtemps.  Je tendis l'oreille pour voir s'il n'y aurait pas des bruits de pas trahissant du mouvement à l'intérieur. Silence.  Je pouvais bien rêver.  Mélodie avait une démarche leste comme celle d'un félin et un mouvement si léger qu'il ne déplaçait qu'à peine l'air : c'était une voleuse formée pour ça.  Je soupira profondément et attendis encore un peu.

Le temps n'avançait pas.  Était-ce une autre plaisanterie, une autre défaillance du cycle des choses, ou une simple impression?  Peut-être me décourageais-je un peu trop facilement.  Je n'étais pas venu pour m'apitoyer sur mon sort, mais bien pour une raison bien particulière et précise.  J'élevai la voix à nouveau.  Doucement.  Peut-être n'entendrait-elle pas cette fois.

« Ça te ferait peut-être du bien, de parler un peu, plutôt que de te cloîtrer dans un cocon de solitude.  Tu sais, tout ira bien, tu n'as rien à craindre.  Tu es en sûreté. »

Certainement pas grâce à ma présence.  Je n'étais pas l'homme sur qui compter en cas de danger, on me le faisait souvent remarquer.  Ça me gênait, je n'étais pas un homme raté, mais je connaissais la part de vérité dans les propos qui me décrivait comme loin du preux chevalier secourant les damoiselles en détresse.  Mais j'avais ma propre façon de leur venir en aide, et peut-être ne faisait-elle pas flancher les cœurs dans un élan d'admiration, au moins était-elle utile et restait dans les cœurs.

J'attendais, le cœur battant de voir si elle m'ouvrirait, si elle accepterait de m'accueillir dans son nid, dans son cœur.  Je n'avais jamais perçu Mélodie ainsi, mais elle m'apparaissait alors tel un oiseau fragile qui avait besoin de reprendre son envol après une grave chute où il s'était abîmé les ailes.  J'étais un maître dans l'art de la mécanique, si ses ailes ne volaient plus, je lui en fabriquerais de nouvelles.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 1433
J'ai : 26 ans
Je suis : Voleuse spécialisée dans l'escalade à la Cour des Miracles.
(Futur Roi Blanc et Fils des Ombres :sisi: )

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fils des ombres
Mes autres visages: Antonin de Faërie
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Jeu 29 Juin - 15:52


La voix flotte et s’insinue, elle louvoie entre les meubles de bois noircis. Elle caresse le parquet, sans provoquer aucun grincement de ce sol abimé. Sans mal, elle passe sous ma couverture protectrice, vient me chatouiller les oreilles. Je grogne à moitié, tournant sur moi-même, m’enroulant dans les draps, me piégeant à moitié, tentant vainement de dissiper la voix et ses promesses, les paroles et leurs souvenirs.
Il pouvait donner l’argumentation qu’il voulait, j’étais sûre d’avoir été d’une discrétion exemplaire, personne –ou presque- ne m’avait jamais attrapé, pourquoi lui, il aurait pu savoir que j’étais là ? C’était un non-sens. Le silence pouvait être assourdissant et il n’avait strictement aucun moyen de savoir que ce n’était pas lui qui lui avait répondu. Le vide aussi pouvait être farceur, pourquoi diable avoir un esprit si rationnel ? Il pouvait camper, je ne bougerai pas, car si je le faisais, je risquais encore de ressentir cette angoisse qui alourdissait mon cœur et qui me faisait perdre horriblement tout mes moyens.

Donc non, je ne voulais pas.

Pourquoi diable est-ce que je devais l’écouter, pourquoi je voulais aller lui ouvrir, pourquoi est-ce que je voulais croire à la sécurité qu’il m’offrait comme lorsque j’étais…que j’étais…enfin que je n’étais plus disons. Je suis perdue, je me mords la lèvre, l’esprit flottant entre une attention exacerbée et une torpeur due à un sommeil qui me fuyait.

Les voix se mêlent, une plus enfantine qui répond avec une neutralité telle que seul celui qui la connaissait parfaitement savait y trouver l’amusement tout enfantin, mesuré par la méfiance.
La méfiance, toujours, elle était notre mère à tous, à nous les gamins des rues. Mes pensées sont volatiles.

« Elle ne ferme jamais la porte.»

Je ne veux pas entendre, je roule, je râle à moitié dans un murmure que le fracas de mon corps sur le sol étouffe. A trop rouler, à trop se battre dans une couverture qui me cachait des rayons de lumière, j’en étais venue à tomber de mon lit. Alors, je fais ce que toute personne sensé aurait fait dans ce cas là. Je roule sous le lit en sentant le courant d’air balayer le sol, signe que la porte avait été ouverte.
Les sons courent et sautent, je verrais presque les mots éviter les rainures des lattes en bois qui recouvrent le sol, comme des enfants sur les pavées des rues. Les enfants, ces sales gosses, pourquoi lui avoir ouvert ? Lui qui était tellement intelligent, il aurait pu se douter que voler un voleur dans la ville des Miracles était suicidaire et que donc personne n’irait s’y risquer. Quel intérêt de fermer à clé une maison plein de faille que n’importe qui pouvait ouvrir ? Stupide.

Finalement, il n’avait pas attendu, et je finis par apercevoir les pieds de Lancelot de ma cachette, la tête à moitié recouverte d’une couverture capricieuse. De toute façon, je crois que je ne pouvais plus bouger, plus vraiment, saucissonné comme je l’étais. Il finirait bien par partir en se rendant compte qu’il n’y avait personne à part une couette solitaire abandonnée à moitié sous un lit. Avant que la poussière et les moutons ne m’étouffent définitivement, j’espérais.

_________________



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 260
J'ai : 27 ans
Je suis : fabricants d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine Belastre, Marjolaine du Lierre-Réal et Liry Mac Lir
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 3 Juil - 17:04

Je m'apprêtais à jouer les surveillants de porte pendant des heures entières jusqu'à ce qu'un gamin de la rue m'interpelle pour me dire que la porte n'était jamais verrouillée.  Et pour me servir une belle honte.  Depuis combien de temps déjà Mélodie était-elle mon amie?  Ça ne datait point d'hier et voilà qu'un enfant venait me dire ce qu'il en était de la maison de ma camarade.  Il y avait de quoi se sentir tout petit dans ses souliers.  Et le meilleur moyen de fuir ce sentiment désagréable et dégradant était d'ouvrir cette fichue porte qui s'était moquée de moi tout ce temps et de la refermer une fois que j'aurais passé mon corps dans le cadre.  Et devenir invisible aux yeux de tous ceux qui m'avaient vu attendre qu'on vienne m'ouvrir.  Comme un parfait imbécile.  J'aurais dû savoir ce détail.  Si j'avais fait l'effort dans le passé de venir la voir, plutôt que d'attendre qu'elle ne vienne se poser en une catastrophe ambulante dans mon atelier, je l'aurais su.  Mais c'était un aspect de notre relation que j'avais toujours négligé.  Je ne craignais pas les quartiers de la Ville Basse, elle reconnaissait ses enfants et je savais en faire partie.  Néanmoins, après avoir été établi dans la Ville Haute, même si ce n'était pas dans le plus chic des quartier, l'envie de venir me promener sur les pavés de la Ville Basse me prenait beaucoup moins souvent qu'auparavant.  Et puis, on ne pouvait dire que j'avais beaucoup de temps pour errer et vagabonder à l'improviste.  Avec les commandes qui s'accumulaient à la boutique et les étalages que je devais remplir pour attirer la clientèle, j'étais bien occupé.  Néanmoins, j'avais failli à mon devoir d'ami en négligeant autant Mélodie.  Au point que de parfaits inconnus en savait plus sur elle que moi-même.  Du moins, j'espérais qu'en dehors de la porte, ils n'en savaient pas beaucoup plus.

À l'intérieur, il faisait plutôt sombre, elle n'avait pas allumé la mèche d'une bougie, il n'y avait pour tout éclairage les quelques derniers rayons du soleil qui traversaient les fenêtres en papier ciré.  Pas de trace de vie humaine.  Mais qu'est-ce qu'elle fabriquait ces derniers jours?

« Mélodie? » l'appelai-je, même si je doutais avoir de réponse.  Les choses étant comme je m'y attendais, je n'entendis pas un son pour me signaler sa présence.  Je soupirai doucement.  Elle pouvait être si désespérante parfois.  En même temps, si elle souvenait comme moi de notre dernière rencontre, je pouvais imaginer un peu quelles étaient ses motivations à peu sortir de la maison.  Je devais seulement la convaincre que tout ceci n'était pas vrai, que c'était terminé pour de bon.  Chose qui ne serait pas facile si elle ne voulait pas coopérer un peu plus fort que cela.

Il n'y avait personne dans la chambre.  C'était étrange comme j'avais clairement entendu Mélodie parlé et aussi le bruit d'un certain tumulte.  Et soudainement, je remarquai la couverture qui dépassait de sous le lit.  Trouvée.  Naturellement, elle s'était cachée dans l'endroit le plus accessible, mais aussi la plus évidente.  Je tirai de toute mes forces sur le tissus pour la tirer de sous le lit, donnant des rougeurs à mon visage : je n'étais pas très athlétique et même si on pouvait dire de la voleuse qu'elle était aussi légère qu'une plume, c'était une lourde plume pour moi.

« Mélodie, sort de cette vieille cotonnade.  Tu as perdu le jeu de cache-cache et je t'ai trouvée.  Ça fait combien de jours que tu n'as pas mis le pied dehors?  Tu as mangé au moins? » demandai-je en déroulant la couverture dans laquelle elle s'était transformée en un saucisson.  Je repoussai ses cheveux hors de son visage et l'aidai à se relever pour qu'elle s'assoit plus confortablement et que nous puissions avoir une franche discussion.  Il faudrait un peu forcer la main, j'en avais la forte impression.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 1433
J'ai : 26 ans
Je suis : Voleuse spécialisée dans l'escalade à la Cour des Miracles.
(Futur Roi Blanc et Fils des Ombres :sisi: )

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fils des ombres
Mes autres visages: Antonin de Faërie
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 17 Juil - 9:11

« Mélodie ? »

Je ne réponds pas, je me pelotonne dans ma cachette, protégée par la sacro-sainte couverture, les moutons de poussières sont mes gardiens et ainsi, personne ne pourra jamais me trouver. Une voix ricane vaguement dans mon esprit, mais je l’ignore, mes voix intérieures ne m’avaient jamais apporté que des embrouilles, j’étais la plupart du temps consentante et ravie de cet état de fait, cependant, là en cet instant c’était une excuse suffisante pour ne pas les prendre aux sérieux et simplement agir en l’enfant que je voulais être.

Mais voilà, le monde se liguait contre moi, alors que le mur qui me fait face s’éloigne de moi. La fissure qui le lézarde me sourit avec mesquinerie sous la mélodie de l’ahanement d’un Lancelot à bout de souffle. Un, je compte, les moutons sont de piètres sentinelles et il ne bouge pas un monceau de poussière pour m’aider, ils tentent plutôt de m’étouffer en s’égaillant tout autour de moi.
Deux, je compte, je sens les draps trembler, sans doute que la force prodigieuse du mécanicien est mise à mal, je suis mesquine, ça me fait sourire.
Trois, et le décompte s’achève, je ne suis plus sous le lit, plus de matelas aux tâches de vieillissement, plus de lattes grinçantes pour me tenir compagnie, non, ils m’avaient lâchement abandonné aux mains du jeune homme.
Bien ou mal ?
Trop de confusion dans ma tête pour que je puisse décider si mes meubles n’étaient que des traitres à la couardise scandaleuse ou des amis m’aidant en me donnant aux mains d’un hypothétique sauveur. De sauveur, il n’en avait pas vraiment l’allure le Lancelot, tandis qu’il se fait mère poule. Il est chétif, il a du charme c’est indéniable, mais il n’a pas cette prestance que les femmes recherchent la plupart du temps auprès de la gent masculine. C’est un prince, mais pas un protecteur, loin du chevalier qui habite les rêves de ses dames.

Il ne me laisse même pas le loisir de me cacher sous ma couverture qu’il me l’enlève de la tête. Je grogne, et situation oblige, fini par le regarder d’un air méchant. Pourquoi ne pouvait-on pas me laisser tranquille ? Mais je me radoucis bien vite sous ce vocabulaire que seul lui pouvait employer.

-C’pas une cotonnade, c’est une couverture, cou.ver.ture. J’articule exagérément, peut-être dans l’espoir secret que l’exaspération ne le fasse décamper.

Il me toise, je le regarde, ce concours est ridicule, d’autant que le silence se rit de nous, la fissure aussi. Je finis par me redresser dans un soupir exagéré pour m’adosser contre le bord de mon lit.

-Tu devrais pas plutôt être content que je ne vienne plus t’embêter ? C’est toi qui râles constamment que je te pourrie ton atelier !

Comme s’il c’était agi d’un habit royal, j’enroule la couverture autour de moi avec beaucoup de dignité, enfin c’est l’effet que j’aimerais donner, mais je crains d’être loin du compte, je n’avais jamais été très digne, mais ça ne m’avait jamais empêché d’être fier.

-Et d’abord que je mange ou non ne te concerne pas.

Et si ma langue venait à tomber parce que je mordais dessus un peu trop fort, ou que je lui demandais un effort trop important ? Oui, elle avait beau être bien accroché dans ma bouche, les images et les sensations me hantaient toujours, n’aurais-je, finalement, pas dû rester morte ? J’avais l’impression que ma vie m’échappait, qu’elle n’appartenait plus qu’a la peur. Je savais que ça ne pourrait et que ça ne durerait pas éternellement, mais pour le moment, j’avais besoin d’un peu de temps pour me reconstruire… de là à demander de l’aide… d’ordinaire cela ne me dérangeait pas, en général je connaissais mes limites et demandais volontiers du soutien ou des conseils, mais comment faire quand ceux à l’origine du trouble étaient les conseillers et les amis ? Même s’il ne c’était pas vraiment agi d’eux. C’était…compliqué et embrouillé dans ma tête.

_________________



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 260
J'ai : 27 ans
Je suis : fabricants d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine Belastre, Marjolaine du Lierre-Réal et Liry Mac Lir
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ven 4 Aoû - 22:38

J'ignorai complètement l'air bougon de Mélodie lorsque son joli minois se découvrit à moi : c'était à peu près celui-là qu'elle affichait aussi quand je la trouvais de bon matin endormie dans mon atelier et que je ne me gênais pas le moins du monde pour la réveiller.  Ça et aussi ses jérémiades sur mon vocabulaire.  Cotonnade ou couverture, la différence était mince.  Je me contentai simplement de la fixer, dans un concours pour la victoire.  Peut-être que de plonger mon regard dans le sien lui donna des pouvoirs de télépathie.  Peut-être qu'elle pouvait lire sans difficulté dans mon esprit à travers mes yeux posés silencieusement sur elle, en attente d'une réponse.  D'une réaction plus raisonnable que de corriger l'usage de mes mots.  Autrement, elle n'aurait jamais pu deviner avec autant d'exactitude que je pensais justement à ses importunes visites à l'atelier.  Mais cela me rassura.  S'invectiver avec autant de verve ressemblait beaucoup plus à ma Mélodie que la poupée de chiffon que j'avais tirée d'en-dessous du lit.  Même si elle tenta de se draper de sa vieille couverture telle d'une cape impériale.  L'effet n'était pas tout à fait réussi.

« Je n'ai pas dit que je voulais que tu reviennes foutre le bazar dans mon atelier!  Je t'ai simplement demandé il y a combien de temps depuis ton dernier repas, » répondis-je sur le ton de la défense.  La présence tumultueuse de la jeune voleuse à mon logis m'avait effectivement manqué mais, ça, il était hors de question de jamais l'avouer.  Et encore moins à elle, alors qu'elle tentait de me faire fuir par tous les moyens.  Tout était parti d'une bonne intention pourtant.  Après tout la dernière fois que je l'avais vu, elle n'allait pas bien du tout et j'avais de bonne raison de m'inquiéter.

« Que je sois ou non concerné par tes habitudes alimentaires des derniers jours m'importe peu.  Néanmoins, que je m'inquiète pour une amie, alors que la dernière fois que je l'ai vue, elle ressemblait à une vieille goule décrépie et crissante, me semble plutôt une chose tout à fait normale, » répliquai-je un peu plus acerbe que je ne l'aurais voulu.  Je me faisais du soucis pour elle, lors de notre dernière rencontre elle était mort et elle ne semblait même pas réaliser à quel point j'étais soulagé de la retrouver saine et sauve.  Du moins physiquement, parce que mentalement, c'était visible que ça n'allait pas du tout.

Regrettant un peu mon ton un peu trop sec, j'hésitai un instant, puis sans prévenir, j'attirai son petit corps frêle contre moi et la serrai dans mes bras, de façon à ce qu'elle puisse cacher son visage contre mon poitrail.  D'une main, je l'enlaçais, tandis que de l'autre je lui caressais doucement les cheveux de la nuque dans un geste protecteur.

« Mélo, je sais que ça ne va pas.  Sinon mon atelier serait en pagaille. Sinon tu n'aurais pas cet air hagard.  Des cauchemars hantent tes nuits, n'est-ce pas?  Pourquoi tu t'infliges cette souffrance seule?  Tu ne peux pas t'appuyer sur moi?  Ne t'ai-je pas tendu la main alors?  Tu pourrais la prendre à nouveau.  Elle est là, elle t'attend. »

Elle pouvait me repousser et cette fois, je lèverais le drapeau blanc et j'abandonnerais la bataille.  Il est de celles qu'on ne pouvait gagner.  Toutefois, j'espérais qu'elle s'ouvrirait à moi et qu'elle ne me laisserait pas partir.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 1433
J'ai : 26 ans
Je suis : Voleuse spécialisée dans l'escalade à la Cour des Miracles.
(Futur Roi Blanc et Fils des Ombres :sisi: )

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fils des ombres
Mes autres visages: Antonin de Faërie
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mar 8 Aoû - 11:23

Il s’agace le mécanicien et ses traits se durcissent en un visage plus adulte. Lui dont les traits fins le rajeunissent et font que beaucoup le mésestiment – à tort-. Je préfère ça, le voir en colère plutôt qu’inquiet, je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que la personne qui s’était le plus inquiétée pour moi, fut une époque, est désormais morte ? Peut-être parce que j’ai l’impression de ne pas mériter une telle sollicitude ?
Je me cache néanmoins dans les replis de ma couverture, qui désormais tien lieu d’une piètre écharpe ou d’une cape de mauvaise facture, tout ça pour ne pas qu’il puisse apercevoir l’ombre de sourire qui avait réussi à s’échapper des ténèbres de mon âme.
Peu importe ce qu’il cherche à dire, je le lui rappellerai, car pour moi, cela m’avait tout l’air d’une invitation en bonne et dû forme pour envahir son atelier. Cependant, je persiste, je bougonne et lui rétorque que mon alimentation ne le regarde pas, je n’ai pas vraiment l’habitude d’être maternée, enfin plus vraiment et j’ai du mal à supporter ces marques d’attention qui me paraissent déplacées, qu’on me soigne, qu’on me conseille, qu’on m’apprenne, oui, qu’on s’inquiète de savoir si j’avais de quoi manger et un vêtement chaud pour sortir dehors, pas vraiment, c’était différent.

Et pourtant, l’étincelle d’amusement qu’il avait amené avec lui est soudain soufflée quand il fait allusion à ce qui c’était passé. Je sens mon visage se refermer et je ne peux m’empêcher de lui répondre sur ce même ton dur qu’il a employé.

-Je n’avais pas une sale mine…j’étais morte, j’étais un fantôme. Tu peux le dire tu sais.

Et avec ça je sens la colère, l’angoisse et la peur rejaillir, ne sachant trop laquelle prendre pour la mettre au devant de la scène, pour qu’elle écrase les autres et m’empêche de me perdre dans cette tempête terrifiante.
C’était sans compter sur Lancelot qui loin de s’effaroucher de mon attitude me prend dans ses bras. Je reste un moment pantelante, sans trop savoir quoi faire, puis une fissure craquèle les murs de ma forteresse. Le visage jovial que je voulais montrer se déforme et avec lenteur je me raccroche à lui, comme un noyé à sa bouée. Mon visage vient se cacher dans les pans de sa chemise bon marché qui sentait un mélange d’huile et de savon.
Même avant qu’il ne parle, je sentais les larmes s’accumuler, comme une enfant qui voulait paraître grande, je les retiens, encore, encore un peu plus. C’était peine perdu et je les sens dégouliner sur mes joues sitôt que le traitre à la chevelure blonde parle pour finir de détruire ce faux-semblant, cette illusion, d’aller bien.

Plus jeune, sans doute me serais-je entêtée, mais plus jeune les adultes auraient eu une autorité suffisante pour me faire capituler. Je n’étais plus une enfant malgré les apparences que j’aimais à donner et je savais quand je me devais d’accepter l’aide qu’on me proposait, même si je ne la voulais pas, par fierté ou tout autre sentiment mal placé, même si cela meurtrissait mon ego qui préférait s’embourber dans une brume noire et déchirante.

-Tu… es injuste.

C’est la seule phrase que j’arrive à articuler, des sanglots bloquant ma gorge. Oui, injuste il l’était de ne me laisser le choix qu’en apparence, de m’obliger à le laisser plonger dans une intimité que j’avais peur de donner. Et pourtant ses gestes d’une assurance que je ne lui aurais pas forcément cru me rassurent, sa main sur ma nuque, ses doigts qui s’égarent dans mes cheveux en un geste protecteur.
Quand je vous disais que sa bouille ne lui rendait pas justice, qu’on le sous-estimait souvent et derrière mes larmes et l’insupportable maelstrom qui agite ma poitrine, j’ai vaguement l’impression de m’être faite avoir par cette gueule d’ange qui est la sienne. J’en oubliais presque l’une des règles cardinales qui régentait ma vie, ne jamais prendre un cielsombrois au sérieux. Mais en cet instant, il était la seule lumière qui m’empêchait de couler dans les abysses qu’il avait lui-même laissé échapper de mon cœur, alors….. Oui, je le croyais.

_________________



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 260
J'ai : 27 ans
Je suis : fabricants d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine Belastre, Marjolaine du Lierre-Réal et Liry Mac Lir
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mar 8 Aoû - 19:14

Le corps de Mélodie contre le mien était frêle, fragile.  Il me donnait l'impression qu'au moindre mouvement brusque, elle pourrait se briser comme du verre sous mes doigts.  Je la tiens dans mes bras, comme s'il s'agissait d'une poupée de porcelaine, une œuvre d'art à protéger le temps d'un voyage.  Mes  doigts glissaient doucement dans sa chevelure.  Un geste qui se voulait réconfortant, empli d'affection. Je râlais souvent en raison des dégâts que Mélodie causait dans mon atelier, touche-à-tout qui ne se gênait pas pour déplacer les choses sans mon autorisation, aimant à catastrophes sur pattes.  Pourtant, c'était bien quelque chose que je ne voulais pas lui reprocher ce jour-là, je n'étais pas venu pour cela.  Je crois bien que mon geste l'avait surprise.   Je m'étais attendu à ce qu'elle ne me résiste et ne tente de se dégager, mais elle restait sagement dans mes bras, son visage appuyé contre mon torse.  Ce fut ce qui montra avec certitude que mes convictions n'étaient pas fausses : ma petite Mélodie ressortait bien ébranlée des évènements dans lesquels ce bouleversement temporel nous avait plongés.  D'ailleurs, pouvait-il en être autrement?  N'importe qui aurait craqué devant une trahison d'une telle portée.  Après tout, sa meurtrière avait les traits de Liselotte Passefil.  Une amie.  Ce que je savais très bien puisque ma collaboration avec la couturière de l'impératrice d'Ibélène découlait d'une idée qu'avait suggéré Mélodie – il lui arrivait parfois d'être à l'origine d'autres choses que de lourds cataclysmes.  Rien ne garantissait que la Liselotte d'aujourd'hui y avait quelque responsabilité que ce soit, mais n'importe qui aurait du mal à la revoir sans se sentir envahi de craintes.  Mais moi, moi qui lui avais tendu la main sans hésité, qui ne l'avais jamais trahi, elle pouvait me faire confiance et je lui prouverais.

Sa voix était chevrotante, comme si elle retenait ses pleurs.  Pauvre enfant des miracles.  Ta vie aura été bien dure.  Pourquoi n'avais-tu pas décidé de tout oublier?  Ta pauvre tête en aurait gagné du repos.  Je la serrai encore un instant contre moi en silence avant de lui dire d'une voix douce, à peine audible : « Certaines injustices sont meilleures que d'autres. »  Certes, je ne lui laissais plus le choix de s'ouvrir à moi.  Mais elle aurait pu me repousser.  Je serais parti.  Il fallait faire preuve d'entêtement avec elle si on voulait arriver à quelque chose, cependant je savais qu'il fallait éviter de dépasser certaines limites.  Et il était bon pour elle de pouvoir s'ouvrir à quelqu'un.  À qui d'autre pouvait-elle le faire en-dehors de ma propre personne?  Elle n'avait plus de famille, ne savait plus lesquels de ses amis étaient vraiment des amis.  Il ne restait que moi.  Moi qui avais été là, le seul inchangé au milieu de cet horrible cauchemar.  Je ne l'avais pas trahie à ce moment-là et elle le savait : elle pouvait compter sur moi, s'appuyer sur moi.  Si seulement elle se l'autorisait.

« Pleure Mélodie si ça te fait du bien.  Ou parle-moi.  Tu n'es pas un oiseau enfermé dans une cage, ne pouvait voir le ciel qu'à travers les barreaux.  Tu peux t'envoler, toucher le ciel si tu le désires, » murmurai-je tout en l'attirant vers son lit où je l'assis avant d'y prendre place à mon tour, auprès d'elle.  Je l'enlaçais toujours, un bras passé autour de ses épaules.  Il m'importait peu de savoir où nous étions, les idées que cela pourrait lui insinuer : beaucoup de monde me méjugeait souvent puisque j'étais d'origine cielsombroise.

« Ou si tu veux, on peut d'abord aller manger quelque chose en premier.  »

J'avisai une brosse à cheveux, pas très loin et je m'étirai pour l'attraper.  C'était un simple outil de toilette, comme on pouvait en voir plusieurs.  Comme lorsque je consolais mes sœurs, naturellement, mon bras se leva pour la passer directement dans les cheveux de la voleuse.  Doucement.  Je craignais que des nœuds ne lui causent de douleur en cédant.  « Là, redonnons un peu d'éclat à ta jolie chevelure pour commencer.  Lorsque j'étais jeune et que je rentrais en Sombreciel pour l'été, mes sœurs aimaient à ce que je les coiffe. »  Je continuai, sans attendre son consentement.  Je savais que je devais faire ce que je voulais, autrement elle ne m'autoriserait rien.  Et ma visite serait caduque.  Le tout était de lui laisser le temps de s'ouvrir à moi.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 1433
J'ai : 26 ans
Je suis : Voleuse spécialisée dans l'escalade à la Cour des Miracles.
(Futur Roi Blanc et Fils des Ombres :sisi: )

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fils des ombres
Mes autres visages: Antonin de Faërie
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 9 Aoû - 9:23

Les quelques échardes qui s’échappaient du vieux sol en bois mordaient mes chevilles positionnées entre deux lattes. Je me fichais de la sensation désagréable qui se déchargeait sur ma peau, car les souvenirs comprimaient tout mon être en une boule d’angoisse et de peur, elle accaparait toute mon attention.
L’incompréhension d’un corps qui devait être mort, s’ajoutait au mélange et ne rendait la situation que plus pesante. Et pourtant derrière le flot des larmes qui dévalent ma peau, Lancelot rallume son étincelle de joie. Il était le seul maître de cette lueur, fragile, ténue, mais pourtant bien présente, il me la prenait pour me la redonner au moment le plus incongru. Il était cruel, mais il était incapable de s’en rendre compte. Derrière le rideau de mes cheveux, je sais que lui ne pleure pas, pourquoi le devrait-il ? J’étais en colère aussi pour ça, oui c’était complètement incompréhensible, mais je lui en voulais de ne pas partager ma peine, de ne pas verser des larmes pour ma mort passée. C’était stupide, mais je ne le maitrisais pas.

Certaine injustice était peut-être meilleure que d’autres, mais je n’étais pas en état d’entendre de telle absurdité. Mon poing s’abat doucement sur le poitrail de mon ami, dans un bruit ridiculement étouffé, il avait à peine cillé. J’étais presque déçue, comme si j’avais vraiment voulu lui faire du mal. Je voulais évacuer cette peur et cette peine qui me ralentissait, n’importe comment, la donner à autrui peut-être ? Frapper jusqu'à ce que je sois vide. Mais ça ne marchait pas comme ça, je devais endurer jusqu'à ce que la raison, ceux qui m’étaient chèrs, me soutenaient et le temps fassent cicatriser cette horrible expérience.

Je le suis docilement lorsqu’il me hisse sur le lit pour ne plus avoir à supporter les courants d’airs qui s’infiltraient à travers le sol pour nous glacer le sang. D’un revers de manche, j’essuie mes joues, je…n’aimais pas particulièrement pleurer en public. Ces rues étaient déjà trop saturées de désespoirs pour en rajouter, la Ville-Basse méritait chant et sourire pour contrebalancer le miasme de la pauvreté qui pourrissait tout. Je ne voulais pas…. Pas quoi ? Pleurer ? Parler ? Sourire ? Question intéressante, et pourtant sans réponse, je me sentais d’une lassitude extrême.
Mes yeux rougis se posent sur Lancelot, il était d’un calme étonnant, comme s’il avait toujours su l’issue de cette rencontre et avait déjà pensé quoi faire. La plupart des hommes étaient démunis face aux larmes et aux désespoirs, mais pas lui…Ou alors aurais-je préféré qu’il perde ses moyens ? Qu’il garde cette image d’enfant passionné, perdue dans un monde inaccessible, le rendant à jamais juvénile ?

-Pleurer ne sert et ne résout rien Lance.

Cependant, il avait raison sur une chose. Les cieux me seraient toujours accessibles. Ces mots avaient un sens différent pour moi. Je sais qu’en bon cielsombrois qu’il était, les métaphores et autres figure de style compliquée étaient son univers, le mien était plus simple et terre à terre. Qu’il le sache ou non, les hauteurs m’apportaient une rare sérénité, mais je n’osais encore m’attaquer à l’ascension de ces tours que je connaissais par cœur pour trouver les nuages, l’angoisse me serait mortelle si elle en venait à me paralyser. J’inspire profondément, pour refouler les sanglots qui sont tapis, comme un prédateur, attendant son heure, repoussé par le preux Lancelot.

-Je…je n’ai pas vraiment envie de sortir…Il n’y a pas grand chose à manger ici, mais je n’ai pas faim.

Parce que tapis dans l’ombre tout ce que j’avais ressenti lorsque j’avais été attaché et mutilé attendaient de pouvoir ressortir et quoi de mieux que les ruelles, quoi de mieux que les visages qui m’avaient vu mourir à petit feu pour le faire ressurgir ? Et pourtant ce traitre de corps se rebelle et mon ventre de gargouiller pour montrer son mécontentement. C’est vrai que je n’avais pas faim, j’avais le ventre noué et la gorge serrée, mais cela faisait quelque temps que mon alimentation laissait à désirer.
Je me retourne pour lui faire face, lui qui s’était glissé derrière moi pour… me coiffer ?

-Tu sais je ne suis pas en sucre… Je peux me coiffer seule.

Je ne comprenais pas l’intérêt de ce geste, mais peut-être était-ce propre à la noblesse et aux bourgeois ? Il n’y avait rien de plus simple que de se coiffer, ses sœurs devaient être bien empotées…

-Je…Comment tu fais pour ne pas en vouloir, aux autres ? C’était eux, même si… pas vraiment…


Lui aussi avait pâti de cet autre univers…alors comment faisait-il pour être aussi calme ?

_________________



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 260
J'ai : 27 ans
Je suis : fabricants d'automate et mage de l'invocation au service de la Cour des Miracles

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles
Mes autres visages: Séverine Belastre, Marjolaine du Lierre-Réal et Liry Mac Lir
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Dim 13 Aoû - 0:26

Peut-être que l'idée de lui brosser les cheveux n'était pas excellente, mais je n'étais pas… doué avec ces dames.  Toujours trop occupé à travaille et à étudier, mes rapports avec celles-ci étaient plutôt restreints.  Du moins, pas assez profond pour que j'aie à les consoler, à les rassurer.  Je n'aurais jamais cru me trouver dans cette situation, à tenter de faire oublier l'inoubliable à Mélodie.  C'était une tâche un peu impossible et pourtant, il faudrait bien que j'y arrive, maintenant que j'étais là, à ses côtés et venu sans autre motif que de la faire sortir et de m'assurer qu'elle allait bien.  Pour le moment, ni l'un ni l'autre de ces objectifs ne semblait être atteint et je doutais d'y arriver aussi facilement que je l'avais espéré.  J'avais été beaucoup trop naïf en venant ici, supposant que je pourrais faire partir ses peurs et ses craintes comme je pouvais le faire avec Viviane ou bien Ygraine.  Ce n'était pas ma petite sœur.  C'était probablement normal qu'elle ne puisse pas s'ouvrir à moi de la même façon, nous n'avions aucun lien de sang.  Tout ce qui nous liait, c'était ces heures passées dans mon atelier.  C'était bien peu, bien trop peu.  Pourtant, il fallait continuer d'essayer.  Je savais au fond de moi que si j'arrivais à m'armer d'assez de volonté, je pourrais y arriver.  Mais peut-être pas en la coiffant.  Cette technique qui apaisait mes sœurs dans leurs angoisses ne semblait pas appropriée finalement pour Mélodie.  Mais c'est peut-être que justement, elle voulait trop se montrer forte qu'elle en oubliait qu'elle aussi elle était fragile.  Je savais qu'elle n'avait plus de mère.  Combien y avait-il de temps depuis la dernière fois où quelqu'un avait pris cette peine pour elle?  Néanmoins, malgré tout, je ne persistai pas dans mon geste et posai la brosse sur le lit et poussai un léger soupir.

« C'était eux, mais ce n'était pas eux.  Dans cette autre vie, j'ai créé une poupée qui a tué des gens.  Tu crois que j'aurais jamais pu faire jaillir de mes mains une telle abomination? » laissai-je tomber sans mâcher mes mots.  C'était ce que j'avais fait.  On ne pouvait pas le changer.  Cette poupée était vraiment tirée de mon travail.  Pourtant, cela faisait-il de moi un homme mauvais?  Ou même dangereux? « Cette vie, c'était pas nous.  C'était… c'était une vie parallèle.  Deux lignes qui ne se toucheront jamais. »  C'était l'explication la plus saine que j'avais trouvée à toute cette histoire.  Et puis, je me doutais bien d'où cela venait.  L'Ordre avait trouvé un sablier brisé.  On avait travaillé à essayer de le faire fonctionner.  Peut-être que quelque chose avait marché.  Je ne pouvais pas m'en souvenir.  Peut-être même que je n'étais pas là quand c'est arrivé.  Ce qui me préoccupait surtout c'était à savoir comment les choses étaient-elles revenues à la normale.  Des gens avaient des souvenirs de cette autre vie, mais pas tous.  C'était… mystérieux.

« Il faut qu'on continue à vivre Mélodie.  Que tes ennemis soient les mêmes dans cette vie que dans l'autre, ils l'étaient déjà avant que tout ne bascule.  Ça ne t'a pas empêché d'aller vers l'avant pendant tout ce temps.  Pourquoi ça devrait être un obstacle à ta vie maintenant? »

En parlant, je me sentais de plus en plus enflammé, exalté et je l'attrapai par les bras, plongeant mon regard dans le sien.  Il fallait qu'elle comprenne.

« On est tous passé à autre chose.  Personne, mais personne, de ceux qui se souviennent encore ne s'en tire de façon indemne.  On a tous peur.  On ne sait tous pas ce qui va arriver ensuite.  Mais ce n'est pas en se cloîtrant et en se laissant mourir de faim qu'on avancera. »

Je m'écartai.  Sans m'en rendre compte, j'avais serré ses bras jusqu'à en laisser des traces rouges.  Les gens me voyaient souvent comme un homme délicat, faible, mais j'étais beaucoup plus fort de mes mains que qui ce fut puisse l'imaginer.

« Après, c'est à toi de faire tes choix.  Tu peux te laisser décrépir ici.  Ou tu peux aussi décider de prendre ta destinée en main.  Comme tu dis, pleurer ne règle rien.  Ça t'aurait peut-être fait du bien de laisser jaillir tes sentiments au moins.  Déjà plus que d'attendre sans rien faire. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 1433
J'ai : 26 ans
Je suis : Voleuse spécialisée dans l'escalade à la Cour des Miracles.
(Futur Roi Blanc et Fils des Ombres :sisi: )

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Fils des ombres
Mes autres visages: Antonin de Faërie
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 14 Aoû - 18:03

Pas juste, pas juste, pas juste.
Je pince les lèvres en une mine réprobatrice, qui n’efface pas les stigmates de la peine, cachée derrière un entêtement farouche. Ce n’était pas pareil, ce qu’il avait fait, c’était différent, sans compter qu’il avait été lui-même quand je l’avais vu. Ca ne pouvait décemment pas compter, et je le trouvais terriblement injuste que d’utiliser ce genre d’argument contre moi. Tandis qu’il me fait face après avoir posé mon peigne, je croise les bras, prenant un air d’enfant buté.

-Toi, c’est différent. Pourquoi tu es obligé de dire des trucs comme ça, c’est pas comparable. Puis si tu veux jouer à ça, ce n’est pas toi qui as tué des gens, mais la poupée, c’est comme pour les gosses, tu n’es pas responsable de leurs actes, ba la c’est pareil. Donc ton argument n’est foutrement pas valable.

Et je trouvais les miens parfaitement valide, au contraire.

-Elles se sont touchées…et si ça recommence ? Et si cette fois on ne peut pas en revenir ?


Et si, du jour au lendemain, j’étais de nouveau morte. Je me rendais compte en cet instant que cette peur irrationnelle qui me mangeait de l’intérieur était stupide, nous mourrons, tout un chacun, mais ce n’était pas tant de mourir que j’avais peur, c’était de la douleur, c’était d’être englouti dans un tourbillon de sentiments malsains qui faisaient pourrir jusqu’à l’âme et emprisonnait dans les ténèbres les plus profondes. Je n’avais pas les mots pour le décrire, pour me faire comprendre, ce qui m’agaçait prodigieusement. Je mourrais jeune, c’était une certitude qui m’avait toujours animé, mais pas comme ça, pas de cette horrible, affreuse, façon.
Il n’a pas conscience de ce que j’ai vécu, je l’avais suivie comme une ombre après que l’avoir rencontré, muré dans un mutisme obstiné, ne répondant que laconiquement. Que dire, alors que j’étais rongé par un mal dont je ne pouvais m’extraire ?

Cette ignorance qu’il porte fait que ses mots me blessent. Encore une fois, je le trouve injuste et la colère brule mon ventre avec force. Je sens mes joues s’enflammer et dans un mouvement, je pose mon front contre le sien, un bruit mat retenti mollement dans la pièce. Ainsi, je pouvais ficher mes yeux dans les siens, sans qu’il ne puisse, ou n’ose, me fuir.

-Lance, ce n’est pas que j’ai arrêté de vivre, mais que j’ai besoin de temps. Si tu es passé outre, grand bien t’en fasse. J’ai été tué, morte…Non… plus que cela en fait. Tu sais ce que l’on fait subir au traitre à la cour des Miracles non ? On ne se contente pas simplement de les tuer. J’ai été torturé, et mes amis, ma famille, ils sont tous venus me voir les yeux pétillant de joie, hurlant leur haine? ou que sais-je à mon encontre...à moi. On m’a coupé la langue Lance. Comment-est-ce-que-tu-veux, que je passe à autre chose en un claquement de doigts ?

S’il avait une solution magique j’étais preneuse, mais je refusais de le laisser croire que c’était aussi simple que de fermer une porte sans se retourner. Ce n’était pas facile et je ne m’apitoyais pas sur mon sort…bon…pas trop.. Mais…mais c’était dur, et je ne pouvais forcer une plaie à guérir instantanément, alors qu’il faudrait –je le savais- plusieurs semaines, voire mois, avant de guérir. Ne serait-ce qu’en parler comprimait mon cœur et le faisait battre douloureusement, laissant les images et les sensations s’insinuaient perfidement dans mon esprit.

-Ce n’est PAS, si simple, ok ?

_________________



Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Ouvre-moi, tout ira bien
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» je sais que tu me mens et jusque là tout va bien. {SACHA}
» " l'optimisme c'est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal. "
» Un jour où tout va bien ou presque {Eryn}
» J'espère que tout va bien ce passer!
» Allons-y, tuons un contre-amiral, tout va bien, je gère.[Première partie]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arven :: Les Terres du Nord :: Lorgol aux Mille Tours :: Ville Basse-
Sauter vers: