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 Ouvre-moi, tout ira bien

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La Cour des Miracles
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Message Sujet: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 5 Juin 2017 - 18:17


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Mélodie Douxvelours & Lancelot l'Adroit

Ouvre-moi, tout ira bien

Rien de tout cela n'est vrai



• Date : 4 juin 1002
• Météo : Le soleil se couche lentement sur une journée plus ensoleillée, quelques nuages cachent les derniers rayons du soleil
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Lancelot est inquiet de ne pas voir Mélodie débarquer à l'improviste à l'atelier.  Il se présente donc au logis de la demoiselle pour la trouver plutôt bien éplorée suite aux événements passés dans l'autre réalité.
• Recensement :
Code:
• [b]4 juin 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2241-ouvre-moi-tout-ira-bien#68230]Ouvre-moi, tout ira bien[/url] - [i]Mélodie Douxvelours & Lancelot l'Adroit[/i]
Lancelot est inquiet de ne pas voir Mélodie débarquer à l'improviste à l'atelier.  Il se présente donc au logis de la demoiselle pour la trouver plutôt bien éplorée suite aux événements passés dans l'autre réalité.


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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 5 Juin 2017 - 18:18

Cela fait quelques jours déjà que les choses sont revenues à la normale.  J'ai retrouvé mon atelier, mes créations, dont quelques unes plus avancées que dans mes derniers souvenirs, mes vieilles habitudes somme toute.  Les jours avaient continués d'avancer et tout ce que j'avais vécu dans cette autre vie avait remplacé les souvenirs de celles-ci.  J'étais plutôt embrouillé et le travail avançait plus lentement qu'à mon habitude.  La nuit, mes rêves étaient peuplés de cauchemars de poupée tueuse au rire grinçant.  Le jour, le moindre craquement du plancher me faisait sursauter, je la voyais arriver à chaque tournant, là prête à me planter un poignard dans le cœur.  Chaque ombre c'était elle.  Pour cette raison, j'avais annulé pour le moment toutes les commandes de poupées mécaniques.  Peut-être même pour toujours.  Je savais que ce genre de choses n'arriveraient pas de nouveau, mais la peu était inconditionnelle, foudroyante et je n'arrivais pas à la maîtriser.  Donc plutôt que de lui faire face, je l'enfermais dans un coin, en attendant d'avoir le courage de l'affronter.  Par moment, je m'interrogeais sur les raisons qui m'avait poussé à conserver le souvenir de ces jours étranges.  J'aurais pu les effacer de ma mémoire, les en chasser, faire comme si rien de tout cela n'était jamais arrivé.  Puis je me rappelais.  J'avais de plus grands objectifs à atteindre et j'aurais besoin de ces morceaux de souvenirs pour y arriver.

Une chose néanmoins qui avait changé depuis mon retour, c'était le manque de visite ponctuelle de ma catastrophe naturelle sur pattes.  Il m'avait fallu longtemps pour l'apprivoiser.  Au début, elle brisait tout ce qu'elle touchait dans l'enthousiasme de sa curiosité : c'était une importune.  Puis, au fil du temps, elle s'était un peu fait comme de l'encre tatouée sur ma peau et je m'étais accoutumé à elle, à sa présence destructrice.  Quoique… après le passage de la poupée Chimène, Mélodie n'était qu'une amatrice en question de dégâts.  Mais elle ne s'était pas montrée depuis leur retour.  Et je commençais à m'inquiéter.  Et si elle était…  La pensée m'emplit d'effroi et je la chassai rapidement de mon esprit.  Cette réalité n'était pas la nôtre.  L'esprit qui hantait le Fils des Ombres, Liselotte, ce n'était pas la petite femme boute-en-train que je connaissais.  Néanmoins, je ne pouvais me masquer mon inquiétude.  Quatre jours sans la moindre nouvelle, c'était peu fréquent.  À moins qu'elle n'ait quitté Lorgol pour quelque raison?  Suite à nos dernières aventures, j'avais quelques doutes toutefois à ce propos.

Lorsqu'en fin de journée je fermai boutique et laissai derrière moi le travail accompli, ma décision était déjà prise depuis longtemps.  Toujours sans avoir vu le bout du nez de mon amie, il m'apparaissait naturel que si elle ne venait pas à moi, je pouvais aller la chercher.  La plupart du temps, c'était une chose que je n'avais pas à faire, puisqu'elle s'introduisait dans l'atelier comme elle le voulait quand elle le voulait : il y avait quelques désavantages à entretenir des relations avec des voleurs.

Je n'étais pas très sûr du chemin jusqu'au logement de la voleuse, je n'y étais pas allé très souvent.  Sans trop m'égaré toutefois, je parvins finalement à bon port.  Devant la porte, je toquai une première fois sans recevoir de réponse.  Je m'impatientai un peu et cognai à nouveau, plus fort.  « Mélodie? » l'appelai-je une fois.  Je n'entendais rien à l'intérieur de l'habitation, tout semblait plutôt tranquille.  J'élevai la voix à nouveau : « C'est Lancelot, tu es là? »

Avec un peu de chance, si je cognais une fois de plus, peut-être m'entendrait-elle?  Je levai la main à nouveau et l'apposai à nouveau sur le battant, provoquant trois coups sonores.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 7 Juin 2017 - 3:01

J’aurais pu choisir l’oubli, j’aurais pu me rouler dans la jouissance de l’ignorance, mais mon fichu caractère, les implications de perdre ces informations, aussi faussées fussent-elles, ce trésor malsain, ne m’avait pas été possible. A mes yeux, cela n’avait pas été la solution, a mes yeux, j’étais morte, comment cet état si définitif ne l’avait plus été ? L’oubli ne m’avait pas paru nécessaire. C’est dans une confusion extrême que le temps m’avait ramené à ma place véritable, déchirant les réalités pour transporter l’esprit vengeur que j’avais été dans son corps encore bien vivant.

Morte, pas morte ? J’avais mis du temps à me remettre, à comprendre ce qui s’était passée, à sortir de la solitude, à sortir de la colère et de la haine, des sentiments calmés par le retour de mon enveloppe corporelle et par la certitude que tout était rentré dans l’ordre.
Cela m’avait pris la journée, pliée sur mon lit, rampant, pleurant ou riant de façon hystérique, l’esprit embrouillé par ces évènements, pour me ressaisir. Pour aborder la situation avec calme, du moins sans que la panique d’emporte encore une fois tout raisonnement logique. Une journée entière à se torturer mentalement, à lutter, lutter contre… hé bien, contre des fantômes si on me pardonne le mauvais jeu de mots. Une journée à récupérer les fils des souvenirs, à y écarter la folie qui y était encore raccrochée, à les mettre bout à bout et à reconstruire la trame de ce qui avait été. D’y retrouver le sens que la folie de ma mort avait refusé de donner.

Je n’étais pas sortie de ma maison à Lorgol, ne comprenant toujours pas comment j’étais passée des cals d’un bateau à chez moi, mais cela était pour le mieux au final. J’avais fini par me coucher dès que le soleil avait décliné, épuisée, alors que je n’avais même pas osé mettre le nez dehors.
Sale nuit.
Remplie de cauchemars qui n’étaient que des réminiscences, les rendant par conséquents plus terrifiants encore. J’avais bien tenté de sortir, de revenir à la Cour pour tâter le terrain, mais je n’avais pas vraiment compté sur l’angoisse et les résidus haineux qui s’accrochaient à mon cœur, le faisant paraitre de plomb dans ma poitrine. Je n’avais pas pensé que mettre un pied sur l’un des nombreux chemins menant à la Cour, finirait par me provoquer une crise de panique une fois à l’entrée de ma seconde maison. J’avais finis par retourner péniblement chez moi, le souffle court et m’écrouler dans mon lit pour tenter de retrouver un semblant de dignité. Je me haïssais pour ma faiblesse, j’avais l’impression d’être revenue des années en arrière, lorsque ma mère était morte. Incapable d’y faire face, j’avais besoin de temps certes, appréhender la mort et la sienne par-dessus le marché était toujours une entreprise délicate.
Mais tout de même….

Je crois qu’avec mes tentatives d’aller dehors, mes retours au bord de la nausée, le cœur à la limite de l’explosion, j’en avais un peu perdu le décompte des jours. Ca allait mieux, même si ce n’était pas encore ça. Rouler en boule dans mon lit après une nième crise d’angoisse, j’ignore le frappement à ma porte. Il n’y avait aucune raison que qui que ce soit vienne à moi de toute façon. Puis la voix de Lancelot crève le silence. Je me rappelle vaguement de nos échanges, de son invitation et j’en rougirais presque de honte, de mon attitude lorsque je n’étais plus vraiment.

-Y’a personne !

Faut dire que quand on est fatiguée, on réfléchit plus vraiment très bien et en cet instant, j’étais tout à fait satisfaite de ma réponse. La trouvant parfaitement adéquat pour éviter toute confrontation. Dans le fond, si ce n’était pour se foutre de ma gueule, pourquoi venir ici, lui qui ne s’était jamais déplacé ? Autant faire la morte.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 7 Juin 2017 - 23:50

Parfois, il est sidérant combien mon amie peut se montrer dépourvue de toute logique.  J'allais effectivement laisser tomber lorsqu'elle éleva la voix pour s'exclamer qu'il n'y avait personne.  Il n'aurait suffit qu'elle tienne sa langue quelques secondes de plus et je me serais en allé, voyant que je ne recevrais pas de réponse.  Et voilà qu'en deux, voir trois mots, elle m'avait bien décidé à rester sur place.  Quelque chose n'allait pas pour qu'elle reste enfermée comme ça par Alior et j'étais bien déterminé à le découvrir rapidement.  En tout cas, si elle espérait que je parte, c'était désormais un pari raté puisque j'étais désormais plus que convaincu qu'elle était à l'intérieur.  Il me restait donc qu'à la faire sortir de sa tanière, ce qui ne serait pas une chose simple : elle pouvait se montrer têtue la voleuse et elle l'était probablement beaucoup plus que je ne le serai jamais.  Néanmoins, je ne pouvais pas partir sans au moins être rassuré sur son état et le fait qu'elle me renvoie comme un malpropre m'indiquait que non, les choses n'allaient pas exactement bien.  Jusqu'à quel point, c'était encore un mystère, mais les mystères s'éclaircissaient si on persévérait rien qu'un peu.  Ce que je comptais faire.

« Mélodie, je sais que tu es là! » lançai-je d'abord en évitant de me moquer du fait qu'elle s'était trahie d'elle-même en parlant.  La faute était bête et la tentation d'en rire forte, mais sans savoir comment elle se sentait, je craignais de la froisser en poussant ma chance un peu trop loin.

J'attendis quelques instants avant de toquer à nouveau, plus fort, plus insistant.  Il fallait qu'elle vienne ouvrir cette fichue porte.  Je l'aurais bien défoncée, mais mes maigres bras d'oisillon n'en avait pas le tiers de la force.

« Ouvre-moi!  Tu sais qu'en parlant tu t'es trahie!  Je ne bougerai point du seuil de ton logis tant et aussi longtemps que tu ne m'y feras pas entrer!  Je suis sérieux! » m'exclamai-je.  Je savais être patient.  Je m'appuyai contre le cadre de porte nonchalamment, conscient que je pourrais avoir à attendre longtemps.  Je tendis l'oreille pour voir s'il n'y aurait pas des bruits de pas trahissant du mouvement à l'intérieur. Silence.  Je pouvais bien rêver.  Mélodie avait une démarche leste comme celle d'un félin et un mouvement si léger qu'il ne déplaçait qu'à peine l'air : c'était une voleuse formée pour ça.  Je soupira profondément et attendis encore un peu.

Le temps n'avançait pas.  Était-ce une autre plaisanterie, une autre défaillance du cycle des choses, ou une simple impression?  Peut-être me décourageais-je un peu trop facilement.  Je n'étais pas venu pour m'apitoyer sur mon sort, mais bien pour une raison bien particulière et précise.  J'élevai la voix à nouveau.  Doucement.  Peut-être n'entendrait-elle pas cette fois.

« Ça te ferait peut-être du bien, de parler un peu, plutôt que de te cloîtrer dans un cocon de solitude.  Tu sais, tout ira bien, tu n'as rien à craindre.  Tu es en sûreté. »

Certainement pas grâce à ma présence.  Je n'étais pas l'homme sur qui compter en cas de danger, on me le faisait souvent remarquer.  Ça me gênait, je n'étais pas un homme raté, mais je connaissais la part de vérité dans les propos qui me décrivait comme loin du preux chevalier secourant les damoiselles en détresse.  Mais j'avais ma propre façon de leur venir en aide, et peut-être ne faisait-elle pas flancher les cœurs dans un élan d'admiration, au moins était-elle utile et restait dans les cœurs.

J'attendais, le cœur battant de voir si elle m'ouvrirait, si elle accepterait de m'accueillir dans son nid, dans son cœur.  Je n'avais jamais perçu Mélodie ainsi, mais elle m'apparaissait alors tel un oiseau fragile qui avait besoin de reprendre son envol après une grave chute où il s'était abîmé les ailes.  J'étais un maître dans l'art de la mécanique, si ses ailes ne volaient plus, je lui en fabriquerais de nouvelles.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Jeu 29 Juin 2017 - 21:52


La voix flotte et s’insinue, elle louvoie entre les meubles de bois noircis. Elle caresse le parquet, sans provoquer aucun grincement de ce sol abimé. Sans mal, elle passe sous ma couverture protectrice, vient me chatouiller les oreilles. Je grogne à moitié, tournant sur moi-même, m’enroulant dans les draps, me piégeant à moitié, tentant vainement de dissiper la voix et ses promesses, les paroles et leurs souvenirs.
Il pouvait donner l’argumentation qu’il voulait, j’étais sûre d’avoir été d’une discrétion exemplaire, personne –ou presque- ne m’avait jamais attrapé, pourquoi lui, il aurait pu savoir que j’étais là ? C’était un non-sens. Le silence pouvait être assourdissant et il n’avait strictement aucun moyen de savoir que ce n’était pas lui qui lui avait répondu. Le vide aussi pouvait être farceur, pourquoi diable avoir un esprit si rationnel ? Il pouvait camper, je ne bougerai pas, car si je le faisais, je risquais encore de ressentir cette angoisse qui alourdissait mon cœur et qui me faisait perdre horriblement tout mes moyens.

Donc non, je ne voulais pas.

Pourquoi diable est-ce que je devais l’écouter, pourquoi je voulais aller lui ouvrir, pourquoi est-ce que je voulais croire à la sécurité qu’il m’offrait comme lorsque j’étais…que j’étais…enfin que je n’étais plus disons. Je suis perdue, je me mords la lèvre, l’esprit flottant entre une attention exacerbée et une torpeur due à un sommeil qui me fuyait.

Les voix se mêlent, une plus enfantine qui répond avec une neutralité telle que seul celui qui la connaissait parfaitement savait y trouver l’amusement tout enfantin, mesuré par la méfiance.
La méfiance, toujours, elle était notre mère à tous, à nous les gamins des rues. Mes pensées sont volatiles.

« Elle ne ferme jamais la porte.»

Je ne veux pas entendre, je roule, je râle à moitié dans un murmure que le fracas de mon corps sur le sol étouffe. A trop rouler, à trop se battre dans une couverture qui me cachait des rayons de lumière, j’en étais venue à tomber de mon lit. Alors, je fais ce que toute personne sensé aurait fait dans ce cas là. Je roule sous le lit en sentant le courant d’air balayer le sol, signe que la porte avait été ouverte.
Les sons courent et sautent, je verrais presque les mots éviter les rainures des lattes en bois qui recouvrent le sol, comme des enfants sur les pavées des rues. Les enfants, ces sales gosses, pourquoi lui avoir ouvert ? Lui qui était tellement intelligent, il aurait pu se douter que voler un voleur dans la ville des Miracles était suicidaire et que donc personne n’irait s’y risquer. Quel intérêt de fermer à clé une maison plein de faille que n’importe qui pouvait ouvrir ? Stupide.

Finalement, il n’avait pas attendu, et je finis par apercevoir les pieds de Lancelot de ma cachette, la tête à moitié recouverte d’une couverture capricieuse. De toute façon, je crois que je ne pouvais plus bouger, plus vraiment, saucissonné comme je l’étais. Il finirait bien par partir en se rendant compte qu’il n’y avait personne à part une couette solitaire abandonnée à moitié sous un lit. Avant que la poussière et les moutons ne m’étouffent définitivement, j’espérais.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 3 Juil 2017 - 23:04

Je m'apprêtais à jouer les surveillants de porte pendant des heures entières jusqu'à ce qu'un gamin de la rue m'interpelle pour me dire que la porte n'était jamais verrouillée.  Et pour me servir une belle honte.  Depuis combien de temps déjà Mélodie était-elle mon amie?  Ça ne datait point d'hier et voilà qu'un enfant venait me dire ce qu'il en était de la maison de ma camarade.  Il y avait de quoi se sentir tout petit dans ses souliers.  Et le meilleur moyen de fuir ce sentiment désagréable et dégradant était d'ouvrir cette fichue porte qui s'était moquée de moi tout ce temps et de la refermer une fois que j'aurais passé mon corps dans le cadre.  Et devenir invisible aux yeux de tous ceux qui m'avaient vu attendre qu'on vienne m'ouvrir.  Comme un parfait imbécile.  J'aurais dû savoir ce détail.  Si j'avais fait l'effort dans le passé de venir la voir, plutôt que d'attendre qu'elle ne vienne se poser en une catastrophe ambulante dans mon atelier, je l'aurais su.  Mais c'était un aspect de notre relation que j'avais toujours négligé.  Je ne craignais pas les quartiers de la Ville Basse, elle reconnaissait ses enfants et je savais en faire partie.  Néanmoins, après avoir été établi dans la Ville Haute, même si ce n'était pas dans le plus chic des quartier, l'envie de venir me promener sur les pavés de la Ville Basse me prenait beaucoup moins souvent qu'auparavant.  Et puis, on ne pouvait dire que j'avais beaucoup de temps pour errer et vagabonder à l'improviste.  Avec les commandes qui s'accumulaient à la boutique et les étalages que je devais remplir pour attirer la clientèle, j'étais bien occupé.  Néanmoins, j'avais failli à mon devoir d'ami en négligeant autant Mélodie.  Au point que de parfaits inconnus en savait plus sur elle que moi-même.  Du moins, j'espérais qu'en dehors de la porte, ils n'en savaient pas beaucoup plus.

À l'intérieur, il faisait plutôt sombre, elle n'avait pas allumé la mèche d'une bougie, il n'y avait pour tout éclairage les quelques derniers rayons du soleil qui traversaient les fenêtres en papier ciré.  Pas de trace de vie humaine.  Mais qu'est-ce qu'elle fabriquait ces derniers jours?

« Mélodie? » l'appelai-je, même si je doutais avoir de réponse.  Les choses étant comme je m'y attendais, je n'entendis pas un son pour me signaler sa présence.  Je soupirai doucement.  Elle pouvait être si désespérante parfois.  En même temps, si elle souvenait comme moi de notre dernière rencontre, je pouvais imaginer un peu quelles étaient ses motivations à peu sortir de la maison.  Je devais seulement la convaincre que tout ceci n'était pas vrai, que c'était terminé pour de bon.  Chose qui ne serait pas facile si elle ne voulait pas coopérer un peu plus fort que cela.

Il n'y avait personne dans la chambre.  C'était étrange comme j'avais clairement entendu Mélodie parlé et aussi le bruit d'un certain tumulte.  Et soudainement, je remarquai la couverture qui dépassait de sous le lit.  Trouvée.  Naturellement, elle s'était cachée dans l'endroit le plus accessible, mais aussi la plus évidente.  Je tirai de toute mes forces sur le tissus pour la tirer de sous le lit, donnant des rougeurs à mon visage : je n'étais pas très athlétique et même si on pouvait dire de la voleuse qu'elle était aussi légère qu'une plume, c'était une lourde plume pour moi.

« Mélodie, sort de cette vieille cotonnade.  Tu as perdu le jeu de cache-cache et je t'ai trouvée.  Ça fait combien de jours que tu n'as pas mis le pied dehors?  Tu as mangé au moins? » demandai-je en déroulant la couverture dans laquelle elle s'était transformée en un saucisson.  Je repoussai ses cheveux hors de son visage et l'aidai à se relever pour qu'elle s'assoit plus confortablement et que nous puissions avoir une franche discussion.  Il faudrait un peu forcer la main, j'en avais la forte impression.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 17 Juil 2017 - 15:11

« Mélodie ? »

Je ne réponds pas, je me pelotonne dans ma cachette, protégée par la sacro-sainte couverture, les moutons de poussières sont mes gardiens et ainsi, personne ne pourra jamais me trouver. Une voix ricane vaguement dans mon esprit, mais je l’ignore, mes voix intérieures ne m’avaient jamais apporté que des embrouilles, j’étais la plupart du temps consentante et ravie de cet état de fait, cependant, là en cet instant c’était une excuse suffisante pour ne pas les prendre aux sérieux et simplement agir en l’enfant que je voulais être.

Mais voilà, le monde se liguait contre moi, alors que le mur qui me fait face s’éloigne de moi. La fissure qui le lézarde me sourit avec mesquinerie sous la mélodie de l’ahanement d’un Lancelot à bout de souffle. Un, je compte, les moutons sont de piètres sentinelles et il ne bouge pas un monceau de poussière pour m’aider, ils tentent plutôt de m’étouffer en s’égaillant tout autour de moi.
Deux, je compte, je sens les draps trembler, sans doute que la force prodigieuse du mécanicien est mise à mal, je suis mesquine, ça me fait sourire.
Trois, et le décompte s’achève, je ne suis plus sous le lit, plus de matelas aux tâches de vieillissement, plus de lattes grinçantes pour me tenir compagnie, non, ils m’avaient lâchement abandonné aux mains du jeune homme.
Bien ou mal ?
Trop de confusion dans ma tête pour que je puisse décider si mes meubles n’étaient que des traitres à la couardise scandaleuse ou des amis m’aidant en me donnant aux mains d’un hypothétique sauveur. De sauveur, il n’en avait pas vraiment l’allure le Lancelot, tandis qu’il se fait mère poule. Il est chétif, il a du charme c’est indéniable, mais il n’a pas cette prestance que les femmes recherchent la plupart du temps auprès de la gent masculine. C’est un prince, mais pas un protecteur, loin du chevalier qui habite les rêves de ses dames.

Il ne me laisse même pas le loisir de me cacher sous ma couverture qu’il me l’enlève de la tête. Je grogne, et situation oblige, fini par le regarder d’un air méchant. Pourquoi ne pouvait-on pas me laisser tranquille ? Mais je me radoucis bien vite sous ce vocabulaire que seul lui pouvait employer.

-C’pas une cotonnade, c’est une couverture, cou.ver.ture. J’articule exagérément, peut-être dans l’espoir secret que l’exaspération ne le fasse décamper.

Il me toise, je le regarde, ce concours est ridicule, d’autant que le silence se rit de nous, la fissure aussi. Je finis par me redresser dans un soupir exagéré pour m’adosser contre le bord de mon lit.

-Tu devrais pas plutôt être content que je ne vienne plus t’embêter ? C’est toi qui râles constamment que je te pourrie ton atelier !

Comme s’il c’était agi d’un habit royal, j’enroule la couverture autour de moi avec beaucoup de dignité, enfin c’est l’effet que j’aimerais donner, mais je crains d’être loin du compte, je n’avais jamais été très digne, mais ça ne m’avait jamais empêché d’être fier.

-Et d’abord que je mange ou non ne te concerne pas.

Et si ma langue venait à tomber parce que je mordais dessus un peu trop fort, ou que je lui demandais un effort trop important ? Oui, elle avait beau être bien accroché dans ma bouche, les images et les sensations me hantaient toujours, n’aurais-je, finalement, pas dû rester morte ? J’avais l’impression que ma vie m’échappait, qu’elle n’appartenait plus qu’a la peur. Je savais que ça ne pourrait et que ça ne durerait pas éternellement, mais pour le moment, j’avais besoin d’un peu de temps pour me reconstruire… de là à demander de l’aide… d’ordinaire cela ne me dérangeait pas, en général je connaissais mes limites et demandais volontiers du soutien ou des conseils, mais comment faire quand ceux à l’origine du trouble étaient les conseillers et les amis ? Même s’il ne c’était pas vraiment agi d’eux. C’était…compliqué et embrouillé dans ma tête.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Sam 5 Aoû 2017 - 4:38

J'ignorai complètement l'air bougon de Mélodie lorsque son joli minois se découvrit à moi : c'était à peu près celui-là qu'elle affichait aussi quand je la trouvais de bon matin endormie dans mon atelier et que je ne me gênais pas le moins du monde pour la réveiller.  Ça et aussi ses jérémiades sur mon vocabulaire.  Cotonnade ou couverture, la différence était mince.  Je me contentai simplement de la fixer, dans un concours pour la victoire.  Peut-être que de plonger mon regard dans le sien lui donna des pouvoirs de télépathie.  Peut-être qu'elle pouvait lire sans difficulté dans mon esprit à travers mes yeux posés silencieusement sur elle, en attente d'une réponse.  D'une réaction plus raisonnable que de corriger l'usage de mes mots.  Autrement, elle n'aurait jamais pu deviner avec autant d'exactitude que je pensais justement à ses importunes visites à l'atelier.  Mais cela me rassura.  S'invectiver avec autant de verve ressemblait beaucoup plus à ma Mélodie que la poupée de chiffon que j'avais tirée d'en-dessous du lit.  Même si elle tenta de se draper de sa vieille couverture telle d'une cape impériale.  L'effet n'était pas tout à fait réussi.

« Je n'ai pas dit que je voulais que tu reviennes foutre le bazar dans mon atelier!  Je t'ai simplement demandé il y a combien de temps depuis ton dernier repas, » répondis-je sur le ton de la défense.  La présence tumultueuse de la jeune voleuse à mon logis m'avait effectivement manqué mais, ça, il était hors de question de jamais l'avouer.  Et encore moins à elle, alors qu'elle tentait de me faire fuir par tous les moyens.  Tout était parti d'une bonne intention pourtant.  Après tout la dernière fois que je l'avais vu, elle n'allait pas bien du tout et j'avais de bonne raison de m'inquiéter.

« Que je sois ou non concerné par tes habitudes alimentaires des derniers jours m'importe peu.  Néanmoins, que je m'inquiète pour une amie, alors que la dernière fois que je l'ai vue, elle ressemblait à une vieille goule décrépie et crissante, me semble plutôt une chose tout à fait normale, » répliquai-je un peu plus acerbe que je ne l'aurais voulu.  Je me faisais du soucis pour elle, lors de notre dernière rencontre elle était mort et elle ne semblait même pas réaliser à quel point j'étais soulagé de la retrouver saine et sauve.  Du moins physiquement, parce que mentalement, c'était visible que ça n'allait pas du tout.

Regrettant un peu mon ton un peu trop sec, j'hésitai un instant, puis sans prévenir, j'attirai son petit corps frêle contre moi et la serrai dans mes bras, de façon à ce qu'elle puisse cacher son visage contre mon poitrail.  D'une main, je l'enlaçais, tandis que de l'autre je lui caressais doucement les cheveux de la nuque dans un geste protecteur.

« Mélo, je sais que ça ne va pas.  Sinon mon atelier serait en pagaille. Sinon tu n'aurais pas cet air hagard.  Des cauchemars hantent tes nuits, n'est-ce pas?  Pourquoi tu t'infliges cette souffrance seule?  Tu ne peux pas t'appuyer sur moi?  Ne t'ai-je pas tendu la main alors?  Tu pourrais la prendre à nouveau.  Elle est là, elle t'attend. »

Elle pouvait me repousser et cette fois, je lèverais le drapeau blanc et j'abandonnerais la bataille.  Il est de celles qu'on ne pouvait gagner.  Toutefois, j'espérais qu'elle s'ouvrirait à moi et qu'elle ne me laisserait pas partir.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mar 8 Aoû 2017 - 17:23

Il s’agace le mécanicien et ses traits se durcissent en un visage plus adulte. Lui dont les traits fins le rajeunissent et font que beaucoup le mésestiment – à tort-. Je préfère ça, le voir en colère plutôt qu’inquiet, je ne sais pas pourquoi, peut-être parce que la personne qui s’était le plus inquiétée pour moi, fut une époque, est désormais morte ? Peut-être parce que j’ai l’impression de ne pas mériter une telle sollicitude ?
Je me cache néanmoins dans les replis de ma couverture, qui désormais tien lieu d’une piètre écharpe ou d’une cape de mauvaise facture, tout ça pour ne pas qu’il puisse apercevoir l’ombre de sourire qui avait réussi à s’échapper des ténèbres de mon âme.
Peu importe ce qu’il cherche à dire, je le lui rappellerai, car pour moi, cela m’avait tout l’air d’une invitation en bonne et dû forme pour envahir son atelier. Cependant, je persiste, je bougonne et lui rétorque que mon alimentation ne le regarde pas, je n’ai pas vraiment l’habitude d’être maternée, enfin plus vraiment et j’ai du mal à supporter ces marques d’attention qui me paraissent déplacées, qu’on me soigne, qu’on me conseille, qu’on m’apprenne, oui, qu’on s’inquiète de savoir si j’avais de quoi manger et un vêtement chaud pour sortir dehors, pas vraiment, c’était différent.

Et pourtant, l’étincelle d’amusement qu’il avait amené avec lui est soudain soufflée quand il fait allusion à ce qui c’était passé. Je sens mon visage se refermer et je ne peux m’empêcher de lui répondre sur ce même ton dur qu’il a employé.

-Je n’avais pas une sale mine…j’étais morte, j’étais un fantôme. Tu peux le dire tu sais.

Et avec ça je sens la colère, l’angoisse et la peur rejaillir, ne sachant trop laquelle prendre pour la mettre au devant de la scène, pour qu’elle écrase les autres et m’empêche de me perdre dans cette tempête terrifiante.
C’était sans compter sur Lancelot qui loin de s’effaroucher de mon attitude me prend dans ses bras. Je reste un moment pantelante, sans trop savoir quoi faire, puis une fissure craquèle les murs de ma forteresse. Le visage jovial que je voulais montrer se déforme et avec lenteur je me raccroche à lui, comme un noyé à sa bouée. Mon visage vient se cacher dans les pans de sa chemise bon marché qui sentait un mélange d’huile et de savon.
Même avant qu’il ne parle, je sentais les larmes s’accumuler, comme une enfant qui voulait paraître grande, je les retiens, encore, encore un peu plus. C’était peine perdu et je les sens dégouliner sur mes joues sitôt que le traitre à la chevelure blonde parle pour finir de détruire ce faux-semblant, cette illusion, d’aller bien.

Plus jeune, sans doute me serais-je entêtée, mais plus jeune les adultes auraient eu une autorité suffisante pour me faire capituler. Je n’étais plus une enfant malgré les apparences que j’aimais à donner et je savais quand je me devais d’accepter l’aide qu’on me proposait, même si je ne la voulais pas, par fierté ou tout autre sentiment mal placé, même si cela meurtrissait mon ego qui préférait s’embourber dans une brume noire et déchirante.

-Tu… es injuste.

C’est la seule phrase que j’arrive à articuler, des sanglots bloquant ma gorge. Oui, injuste il l’était de ne me laisser le choix qu’en apparence, de m’obliger à le laisser plonger dans une intimité que j’avais peur de donner. Et pourtant ses gestes d’une assurance que je ne lui aurais pas forcément cru me rassurent, sa main sur ma nuque, ses doigts qui s’égarent dans mes cheveux en un geste protecteur.
Quand je vous disais que sa bouille ne lui rendait pas justice, qu’on le sous-estimait souvent et derrière mes larmes et l’insupportable maelstrom qui agite ma poitrine, j’ai vaguement l’impression de m’être faite avoir par cette gueule d’ange qui est la sienne. J’en oubliais presque l’une des règles cardinales qui régentait ma vie, ne jamais prendre un cielsombrois au sérieux. Mais en cet instant, il était la seule lumière qui m’empêchait de couler dans les abysses qu’il avait lui-même laissé échapper de mon cœur, alors….. Oui, je le croyais.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 9 Aoû 2017 - 1:14

Le corps de Mélodie contre le mien était frêle, fragile.  Il me donnait l'impression qu'au moindre mouvement brusque, elle pourrait se briser comme du verre sous mes doigts.  Je la tiens dans mes bras, comme s'il s'agissait d'une poupée de porcelaine, une œuvre d'art à protéger le temps d'un voyage.  Mes  doigts glissaient doucement dans sa chevelure.  Un geste qui se voulait réconfortant, empli d'affection. Je râlais souvent en raison des dégâts que Mélodie causait dans mon atelier, touche-à-tout qui ne se gênait pas pour déplacer les choses sans mon autorisation, aimant à catastrophes sur pattes.  Pourtant, c'était bien quelque chose que je ne voulais pas lui reprocher ce jour-là, je n'étais pas venu pour cela.  Je crois bien que mon geste l'avait surprise.   Je m'étais attendu à ce qu'elle ne me résiste et ne tente de se dégager, mais elle restait sagement dans mes bras, son visage appuyé contre mon torse.  Ce fut ce qui montra avec certitude que mes convictions n'étaient pas fausses : ma petite Mélodie ressortait bien ébranlée des évènements dans lesquels ce bouleversement temporel nous avait plongés.  D'ailleurs, pouvait-il en être autrement?  N'importe qui aurait craqué devant une trahison d'une telle portée.  Après tout, sa meurtrière avait les traits de Liselotte Passefil.  Une amie.  Ce que je savais très bien puisque ma collaboration avec la couturière de l'impératrice d'Ibélène découlait d'une idée qu'avait suggéré Mélodie – il lui arrivait parfois d'être à l'origine d'autres choses que de lourds cataclysmes.  Rien ne garantissait que la Liselotte d'aujourd'hui y avait quelque responsabilité que ce soit, mais n'importe qui aurait du mal à la revoir sans se sentir envahi de craintes.  Mais moi, moi qui lui avais tendu la main sans hésité, qui ne l'avais jamais trahi, elle pouvait me faire confiance et je lui prouverais.

Sa voix était chevrotante, comme si elle retenait ses pleurs.  Pauvre enfant des miracles.  Ta vie aura été bien dure.  Pourquoi n'avais-tu pas décidé de tout oublier?  Ta pauvre tête en aurait gagné du repos.  Je la serrai encore un instant contre moi en silence avant de lui dire d'une voix douce, à peine audible : « Certaines injustices sont meilleures que d'autres. »  Certes, je ne lui laissais plus le choix de s'ouvrir à moi.  Mais elle aurait pu me repousser.  Je serais parti.  Il fallait faire preuve d'entêtement avec elle si on voulait arriver à quelque chose, cependant je savais qu'il fallait éviter de dépasser certaines limites.  Et il était bon pour elle de pouvoir s'ouvrir à quelqu'un.  À qui d'autre pouvait-elle le faire en-dehors de ma propre personne?  Elle n'avait plus de famille, ne savait plus lesquels de ses amis étaient vraiment des amis.  Il ne restait que moi.  Moi qui avais été là, le seul inchangé au milieu de cet horrible cauchemar.  Je ne l'avais pas trahie à ce moment-là et elle le savait : elle pouvait compter sur moi, s'appuyer sur moi.  Si seulement elle se l'autorisait.

« Pleure Mélodie si ça te fait du bien.  Ou parle-moi.  Tu n'es pas un oiseau enfermé dans une cage, ne pouvait voir le ciel qu'à travers les barreaux.  Tu peux t'envoler, toucher le ciel si tu le désires, » murmurai-je tout en l'attirant vers son lit où je l'assis avant d'y prendre place à mon tour, auprès d'elle.  Je l'enlaçais toujours, un bras passé autour de ses épaules.  Il m'importait peu de savoir où nous étions, les idées que cela pourrait lui insinuer : beaucoup de monde me méjugeait souvent puisque j'étais d'origine cielsombroise.

« Ou si tu veux, on peut d'abord aller manger quelque chose en premier.  »

J'avisai une brosse à cheveux, pas très loin et je m'étirai pour l'attraper.  C'était un simple outil de toilette, comme on pouvait en voir plusieurs.  Comme lorsque je consolais mes sœurs, naturellement, mon bras se leva pour la passer directement dans les cheveux de la voleuse.  Doucement.  Je craignais que des nœuds ne lui causent de douleur en cédant.  « Là, redonnons un peu d'éclat à ta jolie chevelure pour commencer.  Lorsque j'étais jeune et que je rentrais en Sombreciel pour l'été, mes sœurs aimaient à ce que je les coiffe. »  Je continuai, sans attendre son consentement.  Je savais que je devais faire ce que je voulais, autrement elle ne m'autoriserait rien.  Et ma visite serait caduque.  Le tout était de lui laisser le temps de s'ouvrir à moi.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 9 Aoû 2017 - 15:23

Les quelques échardes qui s’échappaient du vieux sol en bois mordaient mes chevilles positionnées entre deux lattes. Je me fichais de la sensation désagréable qui se déchargeait sur ma peau, car les souvenirs comprimaient tout mon être en une boule d’angoisse et de peur, elle accaparait toute mon attention.
L’incompréhension d’un corps qui devait être mort, s’ajoutait au mélange et ne rendait la situation que plus pesante. Et pourtant derrière le flot des larmes qui dévalent ma peau, Lancelot rallume son étincelle de joie. Il était le seul maître de cette lueur, fragile, ténue, mais pourtant bien présente, il me la prenait pour me la redonner au moment le plus incongru. Il était cruel, mais il était incapable de s’en rendre compte. Derrière le rideau de mes cheveux, je sais que lui ne pleure pas, pourquoi le devrait-il ? J’étais en colère aussi pour ça, oui c’était complètement incompréhensible, mais je lui en voulais de ne pas partager ma peine, de ne pas verser des larmes pour ma mort passée. C’était stupide, mais je ne le maitrisais pas.

Certaine injustice était peut-être meilleure que d’autres, mais je n’étais pas en état d’entendre de telle absurdité. Mon poing s’abat doucement sur le poitrail de mon ami, dans un bruit ridiculement étouffé, il avait à peine cillé. J’étais presque déçue, comme si j’avais vraiment voulu lui faire du mal. Je voulais évacuer cette peur et cette peine qui me ralentissait, n’importe comment, la donner à autrui peut-être ? Frapper jusqu'à ce que je sois vide. Mais ça ne marchait pas comme ça, je devais endurer jusqu'à ce que la raison, ceux qui m’étaient chèrs, me soutenaient et le temps fassent cicatriser cette horrible expérience.

Je le suis docilement lorsqu’il me hisse sur le lit pour ne plus avoir à supporter les courants d’airs qui s’infiltraient à travers le sol pour nous glacer le sang. D’un revers de manche, j’essuie mes joues, je…n’aimais pas particulièrement pleurer en public. Ces rues étaient déjà trop saturées de désespoirs pour en rajouter, la Ville-Basse méritait chant et sourire pour contrebalancer le miasme de la pauvreté qui pourrissait tout. Je ne voulais pas…. Pas quoi ? Pleurer ? Parler ? Sourire ? Question intéressante, et pourtant sans réponse, je me sentais d’une lassitude extrême.
Mes yeux rougis se posent sur Lancelot, il était d’un calme étonnant, comme s’il avait toujours su l’issue de cette rencontre et avait déjà pensé quoi faire. La plupart des hommes étaient démunis face aux larmes et aux désespoirs, mais pas lui…Ou alors aurais-je préféré qu’il perde ses moyens ? Qu’il garde cette image d’enfant passionné, perdue dans un monde inaccessible, le rendant à jamais juvénile ?

-Pleurer ne sert et ne résout rien Lance.

Cependant, il avait raison sur une chose. Les cieux me seraient toujours accessibles. Ces mots avaient un sens différent pour moi. Je sais qu’en bon cielsombrois qu’il était, les métaphores et autres figure de style compliquée étaient son univers, le mien était plus simple et terre à terre. Qu’il le sache ou non, les hauteurs m’apportaient une rare sérénité, mais je n’osais encore m’attaquer à l’ascension de ces tours que je connaissais par cœur pour trouver les nuages, l’angoisse me serait mortelle si elle en venait à me paralyser. J’inspire profondément, pour refouler les sanglots qui sont tapis, comme un prédateur, attendant son heure, repoussé par le preux Lancelot.

-Je…je n’ai pas vraiment envie de sortir…Il n’y a pas grand chose à manger ici, mais je n’ai pas faim.

Parce que tapis dans l’ombre tout ce que j’avais ressenti lorsque j’avais été attaché et mutilé attendaient de pouvoir ressortir et quoi de mieux que les ruelles, quoi de mieux que les visages qui m’avaient vu mourir à petit feu pour le faire ressurgir ? Et pourtant ce traitre de corps se rebelle et mon ventre de gargouiller pour montrer son mécontentement. C’est vrai que je n’avais pas faim, j’avais le ventre noué et la gorge serrée, mais cela faisait quelque temps que mon alimentation laissait à désirer.
Je me retourne pour lui faire face, lui qui s’était glissé derrière moi pour… me coiffer ?

-Tu sais je ne suis pas en sucre… Je peux me coiffer seule.

Je ne comprenais pas l’intérêt de ce geste, mais peut-être était-ce propre à la noblesse et aux bourgeois ? Il n’y avait rien de plus simple que de se coiffer, ses sœurs devaient être bien empotées…

-Je…Comment tu fais pour ne pas en vouloir, aux autres ? C’était eux, même si… pas vraiment…


Lui aussi avait pâti de cet autre univers…alors comment faisait-il pour être aussi calme ?

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Dim 13 Aoû 2017 - 6:26

Peut-être que l'idée de lui brosser les cheveux n'était pas excellente, mais je n'étais pas… doué avec ces dames.  Toujours trop occupé à travaille et à étudier, mes rapports avec celles-ci étaient plutôt restreints.  Du moins, pas assez profond pour que j'aie à les consoler, à les rassurer.  Je n'aurais jamais cru me trouver dans cette situation, à tenter de faire oublier l'inoubliable à Mélodie.  C'était une tâche un peu impossible et pourtant, il faudrait bien que j'y arrive, maintenant que j'étais là, à ses côtés et venu sans autre motif que de la faire sortir et de m'assurer qu'elle allait bien.  Pour le moment, ni l'un ni l'autre de ces objectifs ne semblait être atteint et je doutais d'y arriver aussi facilement que je l'avais espéré.  J'avais été beaucoup trop naïf en venant ici, supposant que je pourrais faire partir ses peurs et ses craintes comme je pouvais le faire avec Viviane ou bien Ygraine.  Ce n'était pas ma petite sœur.  C'était probablement normal qu'elle ne puisse pas s'ouvrir à moi de la même façon, nous n'avions aucun lien de sang.  Tout ce qui nous liait, c'était ces heures passées dans mon atelier.  C'était bien peu, bien trop peu.  Pourtant, il fallait continuer d'essayer.  Je savais au fond de moi que si j'arrivais à m'armer d'assez de volonté, je pourrais y arriver.  Mais peut-être pas en la coiffant.  Cette technique qui apaisait mes sœurs dans leurs angoisses ne semblait pas appropriée finalement pour Mélodie.  Mais c'est peut-être que justement, elle voulait trop se montrer forte qu'elle en oubliait qu'elle aussi elle était fragile.  Je savais qu'elle n'avait plus de mère.  Combien y avait-il de temps depuis la dernière fois où quelqu'un avait pris cette peine pour elle?  Néanmoins, malgré tout, je ne persistai pas dans mon geste et posai la brosse sur le lit et poussai un léger soupir.

« C'était eux, mais ce n'était pas eux.  Dans cette autre vie, j'ai créé une poupée qui a tué des gens.  Tu crois que j'aurais jamais pu faire jaillir de mes mains une telle abomination? » laissai-je tomber sans mâcher mes mots.  C'était ce que j'avais fait.  On ne pouvait pas le changer.  Cette poupée était vraiment tirée de mon travail.  Pourtant, cela faisait-il de moi un homme mauvais?  Ou même dangereux? « Cette vie, c'était pas nous.  C'était… c'était une vie parallèle.  Deux lignes qui ne se toucheront jamais. »  C'était l'explication la plus saine que j'avais trouvée à toute cette histoire.  Et puis, je me doutais bien d'où cela venait.  L'Ordre avait trouvé un sablier brisé.  On avait travaillé à essayer de le faire fonctionner.  Peut-être que quelque chose avait marché.  Je ne pouvais pas m'en souvenir.  Peut-être même que je n'étais pas là quand c'est arrivé.  Ce qui me préoccupait surtout c'était à savoir comment les choses étaient-elles revenues à la normale.  Des gens avaient des souvenirs de cette autre vie, mais pas tous.  C'était… mystérieux.

« Il faut qu'on continue à vivre Mélodie.  Que tes ennemis soient les mêmes dans cette vie que dans l'autre, ils l'étaient déjà avant que tout ne bascule.  Ça ne t'a pas empêché d'aller vers l'avant pendant tout ce temps.  Pourquoi ça devrait être un obstacle à ta vie maintenant? »

En parlant, je me sentais de plus en plus enflammé, exalté et je l'attrapai par les bras, plongeant mon regard dans le sien.  Il fallait qu'elle comprenne.

« On est tous passé à autre chose.  Personne, mais personne, de ceux qui se souviennent encore ne s'en tire de façon indemne.  On a tous peur.  On ne sait tous pas ce qui va arriver ensuite.  Mais ce n'est pas en se cloîtrant et en se laissant mourir de faim qu'on avancera. »

Je m'écartai.  Sans m'en rendre compte, j'avais serré ses bras jusqu'à en laisser des traces rouges.  Les gens me voyaient souvent comme un homme délicat, faible, mais j'étais beaucoup plus fort de mes mains que qui ce fut puisse l'imaginer.

« Après, c'est à toi de faire tes choix.  Tu peux te laisser décrépir ici.  Ou tu peux aussi décider de prendre ta destinée en main.  Comme tu dis, pleurer ne règle rien.  Ça t'aurait peut-être fait du bien de laisser jaillir tes sentiments au moins.  Déjà plus que d'attendre sans rien faire. »

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mar 15 Aoû 2017 - 0:03

Pas juste, pas juste, pas juste.
Je pince les lèvres en une mine réprobatrice, qui n’efface pas les stigmates de la peine, cachée derrière un entêtement farouche. Ce n’était pas pareil, ce qu’il avait fait, c’était différent, sans compter qu’il avait été lui-même quand je l’avais vu. Ca ne pouvait décemment pas compter, et je le trouvais terriblement injuste que d’utiliser ce genre d’argument contre moi. Tandis qu’il me fait face après avoir posé mon peigne, je croise les bras, prenant un air d’enfant buté.

-Toi, c’est différent. Pourquoi tu es obligé de dire des trucs comme ça, c’est pas comparable. Puis si tu veux jouer à ça, ce n’est pas toi qui as tué des gens, mais la poupée, c’est comme pour les gosses, tu n’es pas responsable de leurs actes, ba la c’est pareil. Donc ton argument n’est foutrement pas valable.

Et je trouvais les miens parfaitement valide, au contraire.

-Elles se sont touchées…et si ça recommence ? Et si cette fois on ne peut pas en revenir ?


Et si, du jour au lendemain, j’étais de nouveau morte. Je me rendais compte en cet instant que cette peur irrationnelle qui me mangeait de l’intérieur était stupide, nous mourrons, tout un chacun, mais ce n’était pas tant de mourir que j’avais peur, c’était de la douleur, c’était d’être englouti dans un tourbillon de sentiments malsains qui faisaient pourrir jusqu’à l’âme et emprisonnait dans les ténèbres les plus profondes. Je n’avais pas les mots pour le décrire, pour me faire comprendre, ce qui m’agaçait prodigieusement. Je mourrais jeune, c’était une certitude qui m’avait toujours animé, mais pas comme ça, pas de cette horrible, affreuse, façon.
Il n’a pas conscience de ce que j’ai vécu, je l’avais suivie comme une ombre après que l’avoir rencontré, muré dans un mutisme obstiné, ne répondant que laconiquement. Que dire, alors que j’étais rongé par un mal dont je ne pouvais m’extraire ?

Cette ignorance qu’il porte fait que ses mots me blessent. Encore une fois, je le trouve injuste et la colère brule mon ventre avec force. Je sens mes joues s’enflammer et dans un mouvement, je pose mon front contre le sien, un bruit mat retenti mollement dans la pièce. Ainsi, je pouvais ficher mes yeux dans les siens, sans qu’il ne puisse, ou n’ose, me fuir.

-Lance, ce n’est pas que j’ai arrêté de vivre, mais que j’ai besoin de temps. Si tu es passé outre, grand bien t’en fasse. J’ai été tué, morte…Non… plus que cela en fait. Tu sais ce que l’on fait subir au traitre à la cour des Miracles non ? On ne se contente pas simplement de les tuer. J’ai été torturé, et mes amis, ma famille, ils sont tous venus me voir les yeux pétillant de joie, hurlant leur haine? ou que sais-je à mon encontre...à moi. On m’a coupé la langue Lance. Comment-est-ce-que-tu-veux, que je passe à autre chose en un claquement de doigts ?

S’il avait une solution magique j’étais preneuse, mais je refusais de le laisser croire que c’était aussi simple que de fermer une porte sans se retourner. Ce n’était pas facile et je ne m’apitoyais pas sur mon sort…bon…pas trop.. Mais…mais c’était dur, et je ne pouvais forcer une plaie à guérir instantanément, alors qu’il faudrait –je le savais- plusieurs semaines, voire mois, avant de guérir. Ne serait-ce qu’en parler comprimait mon cœur et le faisait battre douloureusement, laissant les images et les sensations s’insinuaient perfidement dans mon esprit.

-Ce n’est PAS, si simple, ok ?

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 21 Aoû 2017 - 1:59

Douleur.  Semblable au bruit que fit son front en venant percuter le mien.  Courte, mais sonnante.  J'essayai de fuir son regard, mais il n'y avait nulle part où aller.  Nulle part où se cacher.  Je savais que je ne comprenais pas, que je ne pouvais pas comprendre.  Mais je devais essayer.  Essayer de la secouer.  De la ramener à nous.  Je n'étais pas douée pour pénétrer la pensée des gens.  Je n'étais pas mage outreparleur.  Je n'avais pas étudié l'art de lire dans les autres comme d'autres Cielsombrois qui y étaient si doués.  Je n'avais que l'art de mes mots, des mots qui m'avaient forgé dans mon adolescence passé à Lorgol.  Loin de la contrée où j'aurais dû grandir.  Et pour une fois, je le regrettais un peu.  Si j'avais passé plus de temps là-bas, peut-être aurais-je été un meilleur orateur, un meilleur consolateur.  Mais tout comme mes propos pouvaient blesser Mélodie, les siens étaient tout autant un coup de hache en travers de ma poitrine.  Je ne souhaitais que lui venir en aide.  L'aider à mettre tout ça derrière elle.  Parce qu'elle n'y arriverait pas seule.  Personne ne pourrait traverser une telle épreuve sans avoir d'autre soutien derrière soi, sans avoir un être à qui parler.  Et peut-être que finalement, ça marchait un peu tout ça.  Peut-être qu'après ma visite, qui aurait été houleuse, elle se sentirait mieux.  Plus apte à faire face au monde.  Du moins je l'espérais de tout mon cœur.  Mélodie était une jeune fille fort agaçante, mais je l'aimais à ma façon pour son caractère un peu naïf.  Elle jouait les dures parfois, mais elle était aussi fragile que de la porcelaine et je devais l'empêcher de s'écraser au sol, transformée en mille morceaux.

Je l'attirai à nouveau dans mes bras et appuyai mon menton sur le dessus de sa tête, dans la prise la plus ferme que je pouvais maintenir.  J'étais plus fort qu'on pouvait s'y attendre, mais elle était agile et pourrait se défaire de mon étreinte si elle le désirait vraiment.

« Je n'ai pas dit que c'est simple.   Ni que cela va se faire en quelques jours.  Tu sais très bien que je sais tout aussi bien que toi ce qui se passe lorsque quelqu'un trahit la Cour.  Je suis désolé que tu sois passé à travers tout ça, et ça aussi tu le sais très bien.  Sinon je ne serais pas là, à faire de mon mieux pour te remonter le moral! » m'exclamai-je.

J'étais un peu énervé, mais j'essayais de le cacher.  Je n'étais pas ce genre de personne qui se préoccupait particulièrement du bien être des autres, qui étais là pour les appuyer dans les moments difficiles.  Loin de là.  Je ne pensais qu'à moi-même et je n'éprouvais aucune honte à être ainsi.  Pourtant j'étais là.  Pour elle.  J'étais descendu dans les quartiers de la Ville Basse que pour elle, alors que je n'y allais jamais.  Parce que je me faisais du soucis pour elle.  Parce qu'elle m'était chère.  Les choses n'avaient pas toujours été faciles entre nous et je me souvenais de la haine que je lui portais au début, quand elle venait tout saccager dans mon atelier et que l'on se connaissait à peine.  Mais ça avait changé.  C'était ça la force de l'être humain, c'était qu'il était capable de changer.  De se dépasser.  Mais il fallait s'en octroyer la chance.  Et j'avais l'impression que plus le temps passait, plus mon amie se refermait sur elle-même, s'emprisonnant dans un passé qui n'existait plus.

Et je me dis que finalement, je n'avais peut-être aucun droit d'être là et je la repoussai doucement avant de me relever.  Je m'écartai du lit avant de sortir de ma poche un petit sac en papier que je lui lançai.

« Tiens, je t'ai acheté ça, un peu de pain et du fromage.  Je vois que tu ne veux pas d'aide, que ma visite ne te fait pas de bien ni plaisir et que tu trouves que je n'ai pas le droit de venir t'encourager.  Je pensais qu'en tant qu'ami, c'était quelque chose que je pouvais faire pour toi et que tu pouvais t'appuyer sur moi dans les situations difficiles, » soupirai-je.  Je lissai d'un geste las mes vêtements avant de reculer de quelques pas.  « Je vais donc prendre mon congé.  Tu sais où me trouver si tu as envie de parler. »  Au moment où j'énonçai ces mots, j'eus l'impression que quelque chose se cassait en moi, mais je ne savais pas quoi exactement.  Je regrettais un peu cette sortie théâtrale, mais j'osais espérer que cela la réveillerait un peu.

Mais j'espérais surtout qu'elle m'empêcherait de partir.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 21 Aoû 2017 - 18:08

Lancelot me prend de court encore une fois, je me retrouve une nouvelle fois dans ses bras, alors que j’avais voulu l’intimider, lui faire comprendre que… Je ne sais pas vraiment. J’avais peut-être espéré qu’ainsi, il pourrait voir et ressentir ce qui me tourmentait pour mieux comprendre au travers de mes prunelles qui s’accrochaient aux siens. Ses mots sont lourds dans sa gorge, je le sens, ils ne sortent pas aussi facilement qu’à l’accoutumée. Etait-ce l’émotion ? Je me rappelais encore du regard surpris, la panique, un brin désespéré qui avait hanté ses iris quand il m’avait vu, quand il avait compris.
Je voulais être en position de force et voilà qu’encore il réussissait à se soustraire, à me prendre contre lui.
J’entendais son cœur battre dans sa poitrine. Un son précipité et pourtant agréable. Il signifiait qu’il était envie… et dans un sens que moi aussi. Cachée dans les recoins de sa tunique, un petit sourire éclot.

-Tu n’es pas très doué. Concédais-je d’une toute petite voix. L’amusement entaché par les résidus de souvenirs.

L’avais-je vexé ? Sans doute, je ne m’y étais pas attendue, même si ce n’était pas si étonnant. Le fait est qu’il me repousse avec douceur et qu’un froid saisissant et incompréhensible semble rendre mes membres d’une lourdeur insupportable. Je le vois me donner un petit baluchon et prendre son air le plus digne possible. J’ai du mal à comprendre comment il en est arrivé à ces conclusions et je pense que l’étonnement se voit sur mon visage tandis qu’il tourne les talons. Je regarde le petit baluchon et dénoue le nœud soigneusement préparé. Ca lui ressemblait bien ça tient. Je prends le pain, presque avec maladresse, et le lance sur la tête blonde pleine de fumée.

-Tu sais Lance, parfois, tu es aussi stupide qu’intelligent, c’est dire à quel point tu peux tomber bas.

Je prends le morceau de fromage, n’ayant pas encore le cœur de le porter  ma bouche, sachant bien le haut-le-cœur qui me prendrait certainement  si je sentais un aliment sur ma langue. Pourtant elle était belle et bien là, jusqu'au bijou qui la décorait depuis maintenant quelques années.

-A quel moment t’ai-je dit que ça ne me faisais pas plaisir de te voir ? Es-tu à ce point sot ou orgueilleux que tu aies besoin qu’on flatte ton ego pour que tu te rendes compte des choses ? Je ne t’ai jamais dit de partir, ni que tu étais indésirable. Simplement que je ne peux pas oublier comme ça, passer à autre chose comme si de rien n’était. Je ne … rha, comment je suis censée t’expliquer ce que je ne comprends, ni ne gère. Tu es foutrement agaçant putain de cielsombrois à la con.


Je le regarde de biais, les sourcils froncés, moitié agacée, moitié comprimée par cet étau qui ne me lâchait plus.

-Là, je ne te jette pas dehors Lance, c’est toi qui fuis et… je ne comprends pas ce que tu ne comprends pas, ce qui te fait tourner les talons comme ça. Tu dis vouloir m’aider, mais tu t’en vas parce que tu ne réussis pas du premier coup, alors même que tu ne changes pas ta manière d’approcher. Je t’ai connu bien plus buté avec tes machines… Mais sache que, j’apprécie que tu sois venue.


S’il voulait partir…hé bien qu’il parte, je n’avais plus rien, ni ne savais, quoi ajouter.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 23 Aoû 2017 - 1:20

Non, elle n'avait jamais dit que ça ne lui causait aucun plaisir de me voir, néanmoins tout dans son attitude laissait à croire que c'était le cas.  Elle m'avait après tout laissé poireauter à la porte indéfiniment et si un jeune enfant n'était pas venu m'indiquer que la porte n'était jamais verrouillée, je ne serais jamais entré.  Je supposais que j'avais toutes les raisons de croire que ma visite n'était pas la bienvenue.  Et en venant de me traiter de foutrement agaçant putain de Cielsombrois à la con, je cite, je devinais que je n'avais pas tort de penser ainsi.  Autrement elle ne m'aurait pas ramené mon duché d'origine au village.  Je n'avais pas honte de mes origines, au contraire, mais il y avait longtemps que je me considérais plus comme l'un des leurs.  Longtemps que pour moi, ma ville et ma patrie, c'était Lorgol et seulement Lorgol.  Et plus elle parlait, plus elle martelait mon cœur.  Je n'étais venu que parce que j'étais inquiet.  Ce qui m'avait fait parler, c'était le soucis que je me faisais pour elle.  Je n'étais pas de ces gens emplis d'empathie, qui aimaient à prendre soin des autres.  Dans mon monde, il n'y avait que moi et seulement ma propre personne.  C'était l'une des premières à y être entrée aussi loin, elle avait ouvert le passage à d'autre, mais elle m'était chère et spéciale.  Cependant, elle piétinait sans hésitations mes sentiments, mes bonnes intentions à son égard.  Je ne disais pas que mon approche était sans failles, qu'il était impossible que mes mots aient eu des répercussions négatives.  Toutefois, j'avais fait l'effort de venir.  Pouvait-elle en dire autant de tous ses amis?  Vu l'état dans lequel elle se trouvait, j'étais plutôt persuadée que j'étais le premier être qu'elle voyait depuis le retour des choses à la normale.

« Je ne t'ai pas dit d'oublier Mélodie!  Ni même de te dépêcher à le faire.  Je te dis juste que tu dois avancer.  Ne serait-ce que d'un pas à la fois.  Ce n'est pas en restant assise dans ton lit, les couvertures par-dessus la tête que tu vas réussir à vivre une vie normale.  Après, si tu veux ressasser ton horrible mort, tu peux c'est ton droit.  Mais si je ne  te secoue pas un peu tu ne bougeras pas! » m'exclamai-je après avoir subi sa tirade plutôt désagréable.  Je me retournai, en songeant qu'elle disait qu'elle ne me faisait pas partir, mais que je partais tout seul.  Oui, la décision au final était la mienne, mais elle faisait tout pour que je ne reste pas.  Néanmoins, ce qui me blessait le plus, c'était qu'elle comparait mon attitude avec mes inventions et celle avec les autres.  Cela me blessait profondément.

« J'ai essayé.  J'ai fait ce que j'ai pu, je ne suis pas un homme délicat qui se préoccupe d'arroser les fleurs fanées ou de les attacher à un tuteur lorsqu'elles sont blessées pour les aider à se tenir debout.  Je suis venu parce que c'était toi.  Tu comprends ce que j'essaie de te dire? »  Je plongeai mon regard dans le sien, prêt à le poursuivre si elle tentait d'y échapper.  J'avais parlé plus vite que je n'avais réfléchi, mais mes facultés mentales s'étaient déjà échappées hors de mon contrôle.

« J'ai attendu devant ta porte comme un imbécile.  Je t'ai tirée de sous le lit.  J'ai essayé de te parler.  De te réconforter par des gestes, mais je ne sais plus quoi faire.  Tu as repoussé chacune de mes tentatives.  Tu n'as même pas pensé que j'étais réellement inquiet pour toi. »

J'avançai d'un pas.  Puis d'un second.  Puis, je me rapprochai du lit à grands pas, précipités avant de la soulever comme s'il ne s'agissait que d'une légère plume, délicatement comme si j'avais peur de la briser.  Mon visage était près du sien.  Je pouvais sentir sa respiration contre ma joue.  Je me penchai un peu vers l'avant avant de souffler : « Ne comprends-tu pas que je voudrais seulement que tu ailles bien? »

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 28 Aoû 2017 - 2:07

Il se retourne le jeune savant, pour me toiser, visiblement mécontent. Etait-ce à cause du pain ou de ce que j’avais dit? J’étais bien incapable de le savoir, en tout cas, ses yeux lançaient des éclairs et je crois que je l’avais rarement vu si contrarié, même quand je venais explorer son atelier au tout début, poussée par la curiosité des rumeurs à son sujet. Je voulais vérifier si elles étaient véridiques, s’il était si doué. Elles l’étaient, mais la personne que j’avais rencontrée avait été bien loin de ce que je m’étais imaginée et forcément, je n’avais pas résisté à l’envie de le taquiner, lui que la colère rendait cramoisie.
Il n’y avait nulle couleur sur son visage aujourd'hui hormis ses joues rougis par la furie. Ses yeux, eux, étaient un livre ouvert et ses prunelles lançaient une foudre proprement effrayante pour qui le connaissait. Lui qui ne s’énervait jamais réellement, retranché dans ce comportement poli qui le protégeait des autres. Ou peut-être bien de lui-même.

-Et je t’ai déjà dit que j’étais contente que tu sois venu… Tu veux quoi de plus?

Je ne comprenais pas l’origine d’une telle furie. Bon…je me savais peu aimable quand je m’y mettais, mais n’était-ce pas injuste de sa part? C’était moi qui n’allais pas bien, pas le contraire, pourquoi..pourquoi se mettre en colère, je n’avais pas été aussi désagréable pourtant, j’avais dit que j’avais été contente qu’il vienne, je lui avais fait remarquer que je ne l’avais pas mis dehors. Etait-ce de ma faute s’il ne savait pas que je ne fermais jamais ma porte car je ne craignais pas les voleurs? Pourquoi être autant susceptible, lui qui était d’ordinaire si calme et joueur, j’avais bien le droit de panser mes plaies comme je l’entendais, pourquoi m’en blâmer de la sorte?

J’essuie ses remarques comme une pluie torrentielle, je ne peux que subir et faire le dos rond en attendant que l’orage passe, mais il ne fait qu’enfler, à mesure que la tornade blonde se rapproche. On dirait que ma proximité ne fait que rendre la tempête plus forte encore. Ce n’est pas pour autant que je sais quoi faire, toujours assise sur mon lit, un morceau de fromage dans une main et le drap emmêlé dans l’autre. Il s’avance et plus rien ne semble l’arrêter, ses yeux ne me quittant pas, à tel point que je me demande s’il va finir par s'immobiliser un jour. C’est à un centimètre de moi qu’il se stoppe enfin, laissant son odeur proprette m’envelopper et ses yeux m’inonder de leur sombre nuage.

Je ne savais pas quoi faire pour le calmer, je n’avais aucune envie de l’énerver encore plus de peur qu’il n’en vienne à exploser. Alors, coincée pour coincée, je dépose mes lèvres sur les siennes dans un signe d’apaisement, de paix, un geste doux mais fugace, une taquinerie destinée à le dérider, à le faire sourire. Il était cielsombrois, apparemment ce genre de comportement était anodin, plus d’un me l’avait fait remarquer.

-Pourquoi tu t’énerves comme ça…Je ne comprends pas. Tu… n’es pas autant à fleur de peau en général, tu râles, tu grondes, mais pas comme ça….

C’est une question sincère, recroquevillée sur moi-même, j’avais peut-être hormis un détail le concernant, peut-être était il aussi traumatisé que moi finalement, et peut être avais-je enfoncé le clou, lui ouvrant la blessure de ces souvenirs dérangeants et horribles qu’il portait et devait être en train de s’infecter. Si c’était le cas… je crois que je m’en voudrais énormément, il ne méritait pas de porter les mêmes blessures que moi…

-Tu veux du fromage ? Il en reste.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Mer 30 Aoû 2017 - 12:32

Le geste était doux et poursuivait ce que je venais d'arrêter.  Je ne pouvais décemment pas embrasser Mélodie.  Pourtant, c'était bien ce qu'elle venait de faire, non?  Je plongeai mon regard dans le sien, y cherchant un signe quelconque pour expliquer ce qui venait de se passer.  Il m'avait toujours apparut que la relation qui m'unissait à la voleuse était particulièrement platonique.  Du moins, il ne m'était jamais passé par la tête qu'elle ne ne me considérait vraiment comme un homme.  Si c'était le cas, elle n'aurait pas dormi tant de fois dans mon atelier sans aucune crainte.  Pas avec la réputation que me faisait le fait d'être né en Sombreciel.  Avec le temps, je m'étais habitué à être considéré comme un dégénéré sexuel par le reste du monde.  Beaucoup de gens confondait notre libéralité sur ce plan avec de la débauche, mais ce n'était pas ça.  Être Cielsombrois ne me faisait pas sauter sur toute personne qui bouge à tout moment.  Passer la nuit avec des gens de passage n'empêchait pas non plus mon cœur de s'incliner plus particulièrement vers une personne que les autres.  Cela ne me privait pas d'éprouver de tendres sentiments.  Dire que je ne m'étais pas habitué à Mélodie au point d'en avoir pour elle une affection unique serait un mensonge.  Elle m'était plus chère qu'elle ne se l'imaginait.

C'était ce que je pouvais lire dans ses prunelles tendues vers moi, un air d'innocence.  Non, mon habile chapardeuse d'amie n'était pas toujours la plus futée d'entre toutes.  C'était parfois décourageant de voir à quel point elle était aveugle à certaines choses si criantes.  Malgré tout, c'était à mon avantage la plupart du temps.  Elle ne voyait pas mes regards soutenus posés sur elle.  Mais dans un comme celui-là, elle ne m'en faisait que souffrir davantage.

Je la repoussai doucement et secouai la tête.

« C'est pour toi que je l'ai emmené, j'ai déjà mangé, » soupirai-je ignorant sa première question.

Elle ne pouvait pas comprendre pourquoi j'avais ainsi réagi.  Et finalement, je préférais peut-être qu'elle ne comprenne pas.

« Quoi que tu en penses, tu m'es une amie précieuse et j'espère simplement que tu ailles mieux.  Je sais que ça ne fait quelques jours, on en ressort tous avec nos différentes cicatrices, moi y compris.  Alors pardonne-moi de ne pas savoir m'y prendre, » soufflai-je, m'abandonnant quelque peu à la tristesse.  Je ne savais pas comment agir avec les filles dans ce genre de situation.  Les dernières que j'avais consolées étaient mes petites sœurs et elles étaient bien jeunes à l'époque.  Quand Ygraine était arrivée avec maman, je l'avais à peine reconnue, ce n'était plus la fillette que j'avais quitté des années plus tôt.

« Ça ne fait rien si tu ne veux pas sortir, mais… est-ce que tu pourrais passer à l'atelier parfois?  Je sais que ce lieu doit désormais t'être empli de mauvais souvenirs, moi-même j'entends encore les pas de la poupée et ses ricanements lugubres alors qu'elle saccageait tout sur son passage… »  Je marquai une pause, le temps d'être parcouru d'un frisson.  Je ne pourrai jamais oublier ce rire mécanique et pourtant si diabolique.  Il était imprimé au fond de mon esprit et me réveillais dans un soubresaut la nuit.  Il n'y avait plus de poupée de ce genre dans ma boutique, même si les entités ne pourraient jamais rien faire de semblable.  La simple vue de ces jouets me rendait malade.  Et pourtant, c'était peut-être dans leur confection que j'excellais le mieux.  « Au moins, je crois que tu sais que tu peux encore me faire confiance, non? » avançai-je sur un ton hésitant.

En vérité, peut-être que c'était parce qu'à moi non plus, elle ne me faisait plus confiance.  Peut-être qu'elle croyait malgré tout que je la trahirais, même si c'était moi qui avais renvoyé la Liselotte de l'autre réalité, moi qui avais refusé d'emprisonner son âme dans un objet. Parce que…

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ven 1 Sep 2017 - 3:47

Je ne sais pas pourquoi, mais je savais qu’il refuserait mon offre. Je hausse les épaules, alors qu’il s’éloigne et finit par manger le bout de fromage, sans trop y réfléchir, rapidement, pour ne pas laisser le temps à mon estomac de se rendre compte et de se rebeller. Je ne sais trop si ça marche, ou si, noyé par l’eau que j’ajoute goulument suffit à calmer toute récrimination.
En tout cas, le haut le cœur ne vient pas. Je me raccroche à la présence de Lance, à ses paroles stupides et exaspérantes, au moins ainsi, les images ne m’assaillaient pas et je ne vomirai pas.
Je lève les yeux au ciel, alors que lui, pourtant si intelligent, se renfrogne dans une auto flagellation qui ne lui ressemblait tellement pas. Il n’aimait pas l’échec, il n’y était pas habitué, surtout de ceux dont on ne pouvait d’emblé reprendre, faire comme si rien ne s’était passé et retravailler dessus….comme pour une machine par exemple.

Soit il avait passé trop de temps dans son établis, soit je n’étais pas allée le voir assez souvent….il faudrait que je le traine dehors pour que sa vision des autres et de lui-même évolue. Oui, je devenais philosophe, ou presque, c’était étonnant, mais c’était aussi une requête égoïste faite à moi-même, à s’occuper des autres, on oubliait bien vite de penser à soit et ses problèmes.

-Patate. Arrête de t’excuser pour rien. Au lieu de paniquer en croyant que je vais juste passer le reste de ma vie dans mon lit. Ce qui en soit est une fin tout à fait honorable de mon point de vue. Fait moi un câlin et propose moi un verre à boire, une fête où aller danser et me briser les cordes vocales à force de chanter faux. En général, c’est quand même plus efficace que, « vilaine fifille, sort de ta torpeur ! »
Finis-je en bombant le torse, les poings sur les hanches et en prenant une voix un peu trop rauque pour moi.

Puis, enfin à son tour, il me montre ses blessures. Une fêlure qui brise la vitre de son horloge, faisant grincer les aiguilles de son cœur pourtant d’ordinaire si bien ordonnées. Un pauvre sourire éclaire mon visage, j’aurais voulu lui offrir plus, mais je n’en étais pas capable. Je ressentais sa peine, elle faisait échos à la mienne propre, et je ne peux que lui tapoter avec douceur le bras.

-Tu veux dormir ici ce soir ?


Ce n’était pas bien grand, surement loin du luxe et du faste dont il était habitué, même si je devais me faire de fausse idée quand à son mode de vie. Je ne savais…pas du tout en fait, ses conditions de vie, mais au moins, c’était loin de cauchemar et des murmures que refermaient les lattes de son atelier.

-Oui Lance, je te fais confiance. N’ai crainte, je ne fuis pas ta compagnie. Ce n’est pas une question de confiance… c’est juste que…je crois que je ne suis même pas capable de l’expliquer.


Ma voix me semble un peu plus misérable et je passe ma main dans mes cheveux pour les chasser de mon visage et me donner contenance. J’étais dans un marasme malsain qui m’engloutissait et me comprimait, il se riait de moi, et dès que je pensais avoir retrouvé la lumière ce n’était que pour mieux me replonger dans cet étau insupportable. Comme si…comme si il n’y avait en fait pas d’issu, comme si cette univers alternatif allait revenir et me chasser de cette vie qui est la mienne.

-J’ai peur que ça recommence…

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Ven 1 Sep 2017 - 23:17

Une fête.  Sortir.  Des choses que je ne faisais jamais, ne le savait-elle donc pas?  Forcément, l'idée, toute aussi bonne qu'elle aurait pu être, ne m'aurait jamais traversé l'esprit.  Je n'avais jamais été un grand amateur des lourdes foules.  Mais j'aurais effectivement pu penser à apporter un peu de boisson.  Je ne disais jamais non à un petit verre.  Voulais-je rester à dormir?  Je ne savais pas.  Quelle était le fond de l'invitation de Mélodie?  Elle ne savait pas les sentiments que j'entretenais déjà depuis un moment pour elle.  Ils n'étaient pas aussi forts qu'ils l'avaient été, je savais me reconnaître vaincu.  À ses yeux, je n'étais simplement qu'un ami.  Eut égard à mes ascendances cielsombroises, peut-être qu'elle ne verrait en partageant la même couche que moi, une simple activité plaisante, sans plus de conséquences.  Ou alors elle ne me considérait pas comme un homme et considérait qu'il n'y avait aucun soucis de dormir avec moi.  Après tout, elle le faisait bien dans mon atelier, là où je pouvais bien faire ce que je désirais si j'en avais l'envie.  À moins qu'elle me proposait de prendre le plancher comme matelas, auquel cas j'énoncerais un refus.  Je finis simplement par secouer la tête.  Il valait peut-être mieux que je ne rentre chez moi pour dormir, bien que traverser la Ville Basse le  soir ne me rassure guère.  Je savais que j'y étais la bienvenue, en tant que fils des Miracles, mais j'avais toujours un petit sentiment d'insécurité lorsque je devais le faire et j'évitais le plus possible que cela n'arrive.

Bien que je m'étais reculé, en voyant la détresse de mon amie, je me rapprochai d'elle en quelques enjambées et la prit à nouveau dans mes bras.  Je passai ma main doucement dans ses cheveux, tout en la berçant.  Il n'y avait rien à répondre à telle peur.  C'était arrivé et ça pourrait recommencer.  Je le savais bien, moi qui cherchais à percer les savoirs du temps en compagnie d'autres érudits.  Qui exactement était la cause du dernier bouleversement, je ne le savais pas et ne le souhaitait pas, mais il nous faudrait bien trouver la faille du mécanisme, le faire fonctionner sans que tout ne dérape à nous.  Sans que personne n'en souffre plus.

« Je… j'aimerais te dire que ça n'arrivera plus, mais toi et moi, on sait bien que je n'ai pas le pouvoir de le savoir.  Ça pourrait arriver de nouveau.  Mais crois-moi, quiconque était à l'origine de ce qui s'est passé ne doit pas être prêt de vouloir recommencer.  Pas tout de suite, il faudra encore du temps.  Peut-être même des siècles. »

J'en disais un peu trop pour ce que je devais savoir et je me tus un instant, cherchant d'autres mots pour la réconforter.  Mais moi qui avait toujours été à l'aise avec ceux-ci, sans être un brillant orateur, ils me fuyaient cruellement ce jour-là.  Je soupirai, un peu découragé.

« Est-ce que… ça te rassurerait un peu si je passais la nuit ici?  C'est pour ça que tu me l'as offert? »

C'était une très mauvaise idée, une extrêmement mauvaise idée.  Mais il était trop tard pour reculer, les mots étaient déjà tombés.  Peut-être refuserait-elle.  Mais la pensée que j'avais peut-être deviné juste avec ces deux phrases me hantaient.  Je voulais être là pour elle, l'aider, la panser dans ses blessures.  Je savais pourtant qu'elle ne verrait en cela que les gestes d'un ami, un très bon ami.  Curieusement, cela me faisait moins mal au cœur que ça ne l'aurait fait des mois plus tôt.  La blessure était toutefois toujours là, prête à être ouverte et saigner abondamment.  Peut-être que le plus tôt cela arriverait, le mieux ce serait.

« Si ça peut te faire du bien, je resterai, ça me fera plaisir. »

Mon sourire n'était pas aussi franc que je l'aurais voulu.  Je ne mentais pas en m'exprimant ainsi, cependant je savais très bien qu'à mon départ le lendemain matin, ce serait mon tour d'aller soigner mes plaies.  Sans qu'elle ne sache même qu'elles existent.  Du moins, elle n'en connaîtrait certainement pas la nature.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Dim 3 Sep 2017 - 22:16

« Est-ce que… ça te rassurerait un peu si je passais la nuit ici? C'est pour ça que tu me l'as offert? »

Je lève de grands yeux vers lui, me mordant la lèvre inférieure, signe de ma réflexion. Me rassurer ? ….oui peut-être, mais c’était plutôt pour lui que je l’avais proposé. Pour qu’il puisse trouver le repos et la sérénité le temps d’une nuit, loin de ses propres cauchemars. Je savais que ce n’était pas drôle de vivre ainsi, je savais que fuir n’était pas la solution non plus, cependant, une pause, c’était acceptable et ca pouvait faire un bien salutaire.

Pourquoi, il ramenait tout à moi, systématiquement ? Ainsi, j’avais l’impression d’être obligée de me confronter à mes propres démons, comme un retour de bâton m’imprimant par la douleur que je n’allais pas bien, que je ne pouvais l’ignorer. C’était injuste, mais je crois que telle était la définition de ma relation avec le savant. Une amitié sous le signe d’un étrange sadisme inconscient.


-Hé bien…oui…enfin je suppose que oui, ça me ferait surement du bien d’avoir de la compagnie. Surtout que c’est la première fois que tu viens ici. Mais c’était aussi pour toi que je le disais, je veux dire…. Tu n’es pas le seul à vouloir aider les autres, ca m’arrive aussi et tu as l’air en piteux état toi aussi.


Je retrousse un peu le nez, l’irritation venant me le chatouiller et je profite mesquinement qu’il se rapproche pour le forcer à s’assoir. Cette fois, c’est moi qui me lève, pour me planter devant lui. Accroupie pour avoir ses yeux dans les miens, les mains sur ses cuisses pour maintenir mon équilibre. Ses jolies prunelles sont hantées par la douleur. Je détestais voir cela dans les yeux de mes amis, peut-être était-ce aussi, précisément, pour cela que je préférais n’entretenir que des relations superficielles avec les gens. J’étais toujours impuissance face à leur malheur, face au mien. Une vague de désespoir me submerge et c’est Sulfure qui me sort de la noyade en m’envoyant des ondes de réconforts.

Depuis mon retour, Iseult et Sulfure avaient fait un travail merveilleux pour me soutenir, sans eux…hé bien je m’en serais sortie, sans aucun doute, mais pas aussi rapidement et certainement avec de jolies cicatrices en plus. Je me raccroche à la bouée qu’il m’envoie, au réconfort d’un vieux griffon inquiet comme aux cils de biche et anormalement long pour un mec qui parent les yeux de Lancelot.
Je respire à fond pour reprendre contenance, me sentant un peu libéré de l’étau qui s’attelait à briser mon cœur avec une hargne proprement scandaleuse.

-Lance, oublie-moi cinq minutes. Toi, qu’est-ce qui te ferais plaisir ? Je ne veux pas te forcer la main, ou t’obliger à quoique ce soit. Tu es quelqu’un qui m’est proche, quelqu’un que j’aime et par conséquent je suis aussi concernée par ton bien-être.

Je l’avais suffisamment molesté comme ça, je pouvais m’occuper de la cajoler un peu aussi à mon tour. Il prenait tour à tour des airs de savant génial à l’intellect indéchiffrable, ou d’oisillon trempé par l’orage et tremblant de peur et de froid.

-J’aimerais que tu restes, dis-je après réflexion pour être sûre d’être en accord avec moi-même, je pense que ça nous ferais du bien à tous les deux dans le fond…Même si…c’est vrai, quand tu es arrivé je ne voulais voir personne. Mais… ne t’efface pas pour moi, c’est bien trop stupide.


C’était l’une des rares personnes qui avaient réussis à percer les frontières que j’avais érigé suite au décès de ma mère. Red faisait aussi partie de ceux-là, passant des sympathiques connaissances, à des amis sur qui…hé bien, que je veuille le reconnaitre ou non, sur qui je comptais, que j’aimais et qui me briserais le cœur et l’âme s’ils en venaient à disparaitre. Pas de cet amour illusoire et malsain qui consume et qui brise, mais un vrai, solide et digne de confiance. Iseult n’était pas d’accord sur ma conception de l’amour et j’entends un claquement de langue sceptique retentir au loin dans mon esprit.

Ca me faisait peur, maintenant que je m’en rendais compte, car ces enfoirés avaient réussi leur coup en catimini, sans même que je m’en aperçoive…mais c’était trop tard et c’était même pire pour Lance, lui qui m’avait aidé, qui m’avait sorti de la haine, l’empêchant de me consumer en un monstre que je n’étais pas, que je ne voulais pas être.
J’avais peur, peur de tellement de choses que j’avais l’impression que mon cœur n’explose, mais là, je devais m’occuper de ce stupide géni et mine de rien…. Hé bien cela éloignait la panique autant que faire se peut.


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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 4 Sep 2017 - 23:02

Ça me cloua un peu, qu'elle dise m'avoir invité pour moi. Parce qu'elle pensait que ça me ferait peut-être du bien à moi aussi de fuir mes fantômes. Voir même qu'elle se souciait tout bonnement de moi. Enfin, à ce point-là. Nous étions amis, mais je… je ne me serais jamais douté qu'elle puisse tenir autant que cela à moi. Je savais que je pouvais compter sur elle, mais je n'avais jamais envisagé qu'elle se montrerait aussi, aussi… Je ne sais pas, préoccupée de mon sort. J'étais venu là sans penser un seul instant à mes propres tracas, seulement au soucis que je me faisait pour elle. J'étais même parti chez elle avant d'avoir même réalisé que mes pas me menaient à son domicile. J'avais simplement pris la décision en mon fort intérieur inconsciemment et j'y étais allé. Je croyais que je maîtrisais bien mes émotions et ne laissaient pas transparaître de la détresse qui m'habitait aussi. Elle avait su le lire en moi, à ma grande surprise. Peu de gens pouvaient arriver à déchiffrer mes émotions à mon insu. Après tout, j'étais un espion, ma formation m'avait appris à me montrer discret, à me faire effacer. À tout dissimuler en fait. Je ne comprenais pas d'où venait sa prescience. Je n'étais que l'ami qu'elle aimait venir embêter. J'avais déjà bien compris qu'elle prenait un malin plaisir à venir fouiner dans mon atelier, même s'il m'avait fallu trop de temps pour deviner que si elle le faisait, c'était par curiosité d'abord. Ce que je créais de mes mains lui inspirait cet intérêt. Ça me flattait maintenant que je le savais. Et de cela découlait aussi que j'étais habitué à sa présence. Son absence m'était désormais étrangère. Et c'était ce sentiment déconcertant qui m'avait poussé à aller la rejoindre comme ça.

La surprise se peint évidemment sur mon visage. Venait-elle juste de dire qu'elle m'aimait? Est-ce que je comprenais tout de travers. J'essayai de sonder les traits de son visage, de voir si cela serait possible que ce soit ce que j'espérais tant. Mon cœur se mit à battre à la chamade sans que je sois capable de répondre à sa question. J'étais trop déboussolé pour pouvoir le faire. Qu'est-ce qui me ferait plaisir? Beaucoup de choses, trop de choses même, mais je n'osais formuler aucune d'entre elles comme demande. Je craignais un refus, le rejet. J'avais conscience qu'il était stupide de ma part de me faire de tels espoirs, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Ses mots, pouvais-je les interpréter différemment alors que ce que j'éprouvais, je l'avais gardé enfoui aussi longtemps sans jamais ne rien en laisser paraître?

Peut-être mon silence prolongé l'avait-elle rendue mal à l'aise. Elle était si hésitante dans ses paroles. J'osais croire que c'était peut-être l'intensité du moment qui en était la cause. Cette épreuve terrible que nous venions de traverser nous avait-elle rapprochés plus encore désormais? Permettrait-elle à mon cœur de sauter le pas?

Je levai la main et l'attirai contre moi tout en me laissant tomber sur le dos. La tête contre son lit, les yeux fixés sur son plafond qui avait besoin d'être dépoussiéré et débarrassé des toiles d'araignées, je la serrai contre moi, m'autorisant pour une fois à exprimer par geste ce que je ressentais. C'était assez, simplement de la savoir là contre moi.

« Juste ça, c'est suffisant, » soufflai-je doucement. Mes yeux quittèrent les motifs de la voûte de la pièce pour enfuir mon visage dans ses cheveux qui avaient une odeur réconfortante.

Je profitai de ce silence un instant, immobile. Pour songer à de jolies choses. Je laissai mes doigts se promener contre son dos, restant docilement par-dessus ses vêtements : contrairement à ce que d'autres pourraient penser, je n'étais pas bestial. Les jeux de l'amour étaient sacrés, il aurait été une offense à Mirta que de se montrer indélicat. Et puis, en toute vérité je n'en avais pas envie. Du moins pas beaucoup. Quand je disais que de l'avoir dans mes bras me contentait, c'était vrai. Pour l'instant.

« Tu te souviens la première fois que je t'ai trouvée endormie dans mon atelier? » demandai-je. Peut-être qu'en évoquant de vieux souvenirs, nous arriverions à chasser les plus récents. Peut-être que le véritable passé serait-il capable de venir à bout de ce qui s'était passé dans cette vie de chimères que nous avions enfin quitté.

Peut-être comprendrait-elle ce que j'éprouvais en ce moment précis.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 18 Sep 2017 - 2:22

« Juste ça, c'est suffisant, »

Etrangement, même si je n’aurais pas dû, j’avais les joues brulantes. Je ne m’étais pas vraiment attendue à ça, mais soit. Je ferme les yeux et installe ma tête contre le creux de son épaule, juste sous la clavicule. Mon oreille près de son cœur qui chantait une douce comptine apaisant mes peurs. J’avais toujours aimé ce son, lourd, sourd, mais puissant d’un battement signifiant que la vie pulsait dans les veines. Il réussit à m’arracher un soupir d’aise.

Son souffle se perd dans mes cheveux, chatouillant ma tête. L’une de ses mains est sur mon dos. J’étais bien là, j’espérais lui apporter le réconfort qu’il cherchait, qu’il puisait ainsi installé.
Il était vrai qu’il n’avait jamais été très tactile, taquin, charmeur, oui, mais toujours avec une distance respectueuse. Avec le temps l’intimité s’était immiscée, normalisée. Une tape par ci, des peaux qui s’effleurent, un doigt qui se pose sur une joue. Rien qui ne prête à confusion cependant. Ho, je l’avais embêté, je l’avais fait rougir comme il m’avait désarçonné, enfant terrible ne sachant trop qui de l’amitié ou de l’envie l’emporterait. Mais voilà, je n’aimais garder mes amants dans mon entourage, et la timidité cachée du savant génial de la cour avait réussi à me toucher de sorte à vouloir le garder près de moi. Le choix avait donc été fait, il serait mon ami, ainsi je ne le perdrais pas.


Un petit rire m’agite quand il pose sa question, crevant la douce cavalcade de nos respirations conjointe. Je ne bouge pas cependant, son cœur s’était calmé et je ne voulais pas lui arracher le peu de sérénité qu’il avait réussi à faire sienne.
Je me rendais compte, qu’être dans les bras de quelqu’un, se faire cajoler par un ami, finalement, ça faisait un bien fou.

-Oui je me souviens.


Je me rendais bien compte qu’il tentait de changer de sujet, c’était peu subtil, mais soit. Je me prête aux jeux, c’était sans doute mieux ainsi.

-J’avais été curieuse des rumeurs qui n’arrêtaient pas de courir sur ton compte. Du coup je suis allée voir, mais il pleuvait dehors et tu n’étais pas là, du coup je suis restée dormir dans ton atelier. J’avais piqué une vieille couverture, tu avais hurlé car soi-disant il y avait des bidules dessus que j’avais envoyés valsé. Que c’était fragile ou que sais-je. Tu avais vraiment l’air en colère…. Tu étais tellement rouge, j’ai pas pu m’empêcher de rire.


Ce qui l’avait, bien entendu, rendu encore plus furieux. Il avait bien compris que j’étais l’une de ses sœurs des miracles, ainsi n’avait-il pas appelé les autorités, mais il m’avait jeté dehors en me disant de ne plus jamais revenir. Il n’y avait pas eu meilleur moyen pour me faire revenir, ca avait été comme une irrésistible invitation. La seconde fois, j’étais venue avec de la nourriture, histoire de le dédommager du logement, mais de la confiture avait coulé dans la nuit et s’était imbibée dans de minuscules rouages d’un de ses prototypes…le bousillant. Il ne l’avait pas vu tout de suite et ce n’est que quelques jours plus tard quand il m’avait croisé dans la Cour des Miracles qu’il avait littéralement pété un plomb.

-Dis, tu avais pensé quoi de moi à ce moment ?

J’étais véritablement curieuse, avait-il su qu’on deviendrait ami par la suite ? Son lui d’avant, que dirait-il s’ils nous voyaient ainsi, l’un dans les bras de l’autre sur mon lit, chacun léchant la blessure de l’autre pour tenter de guérir plus vite.

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 25 Sep 2017 - 12:38

Simplement avec son rire, je sus tout de suite qu'elle se souvenait.  Et aussi clairement que moi-même je me souvenais.  Je me rappelais encore aussi clairement la déconvenue que j'avais eu en trouvant une fille couchée en travers de mon atelier, ayant détruit comme une tornade sur son passage des pièces fragiles pour un mécanisme.  Elle avait décidé d'utiliser l'un de mes draps de travail sur lesquels je laissais se figer ensemble des pièces.  C'était une très  très très mauvaise idée, mais elle l'avait quand même eu et ce n'avait pas été la dernière.  En vérité, la majorité de ses idées venues dans mon antre avait été mauvaises.  Au début, je craignais chacune de ses visites, présageant qu'un désastre allait s'abattre sur mon univers sans que je ne puisse rien y faire.  Parce que déjà Mélodie avait ce petit côté beaucoup trop imprévisible que je n'arrivais pas à prévoir.  Et le fait qu'elle appartenait aussi à la Cour des Miracles m'avait empêché d'appeler qui que ce soit pour la virer à coups de bottes dans les fesses.  Ça aurait été certainement plus convainquant que ma tentative de la jeter dehors par moi-même.  Elle était bien partie ce jour-là, mais ça ne l'avait pas empêché de revenir malgré mes avertissements.  Sa façon de raconter les choses m'échappa un sourire, bien qu'à l'époque je m'étais montré plein de rage.  Je crois que je n'avais jamais été plus furieux de ma vie.  Personne n'avait jamais osé venir troubler mon train-train de vie avant elle, cette furie.

J'haussai les épaules lorsqu'elle me demanda ce que je pensais d'elle à l'époque avant de répondre sans détour : « Que tu étais la pire chose qui me soit arrivée depuis la naissance.  Même quand j'ai été puni par mon père pour avoir brûlé ses favoris, on ne m'a jamais autant dérangé de mon existence. »

Une vraie plaie.  L'ironie tout de même.  Moi qui me plaignais toujours de ses visites qui se terminaient inévitablement par un point culminant de la catastrophe, j'étais venu la chercher parce qu'elle ne venait plus.  Depuis à peine quelques jours.  J'aurais plutôt dû m'en féliciter.  Comme quoi parfois le cœur ne suit pas la tête.

« En fait, je t'ai eu en horreur assez longtemps.  J'appréhendais chacune de tes visites, persuadé comme je l'étais que tu ne manquerais pas encore de faire une gaffe irréparable.  Malgré toute ta bonne volonté.  Tu n'as aucunement ta place dans un atelier comme le mien pour tout dire. »

C'était un peu creux comme aveu, mais ce n'était que la vérité et je n'avais aucune raison de le lui cacher.  Je n'étais pas adepte de la duplicité envers mes amis.  Il m'arrivait encore d'avoir envie de lui trancher la tête et de la mettre sur un piquet devant ma boutique, en avertissement contre les cataclysmes ambulants.  Elle n'avait jamais rien fait de mal volontairement, du moins l'avait-elle juré, mais parfois je me demandais si elle ne faisait pas justement exprès pour m'embêter.  Et si elle était vraiment si maladroite, je me questionnais sur comment elle faisait dans sa profession pour être aussi couronnée de succès.

« Si tu faisais un saut dans le temps pour retourner me voir à cette époque-là et me dire que plus tard on serait super copains, je t'aurais sûrement ris au nez. »  Je rougis légèrement, en espérant que notre position ne lui permettrait pas de le remarquer.  De nous deux, c'était moi l'espion, j'avais peut-être une chance.  Je n'avais pas pu m'empêcher de songer que je n'aurais jamais cru qu'elle pourrait devenir aussi spéciale pour moi.

Puis je songeai avec une soudaine amertume que je venais absolument de commettre une gaffe.  Sauter dans le temps.  C'était ce qu'on venait de faire.  C'était ce que j'essayais de lui faire oublier et je ramenais le sujet comme ça sur le tapis, à la blague.  Idiot!  Je me raclai la gorge, plutôt gêné.

« Bref, aujourd'hui c'est plus comme hier et je ne risque plus de te renvoyer de mon atelier.  Enfin, peut-être que oui encore.  Après tout, tu es un aimant à maladresses. »

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Message Sujet: Re: Ouvre-moi, tout ira bien   Lun 25 Sep 2017 - 22:43

Je me relève, prenant appui sur mon coude. Dans mon regard l’amusement se dispute à la surprise. Je n’avais jamais vu Lancelot comme un enfant facétieux. Il était toujours tellement sérieux, il prenait son rôle à cœur, il était passionné par ses machines dont je ne comprenais rien. Si bien que le voir se dérider n’était pas chose aisée, alors de là à l’imaginer en train de faire des farces.
Bien sûr, il avait son caractère, il savait s’adoucir, je l’avais vu plus d’une fois dépasser la simple courtoisie en compagnie de belle dame, mais il y avait toujours eu cette rigidité en lui qui m’avait toujours attiré à lui.
Cela me donnait à chaque fois une furieuse envie de briser tout ce qui semblait le retenir pour voir ce qu’il y avait derrière. Je ne m’étais pour l’instant que heurtée à un mur de colère, mais dernièrement, il y avait eu plus, une sensibilité farouche que je n’avais jamais soupçonnés.
Ce garçon était beaucoup trop secret pour moi, ça me donnait envie de fouiner encore et toujours plus. Curiosité oblige.

-Tu as…vraiment brulé la barbe de ton père ? Comment c’est arrivé ? Genre tu es allé le voir une allumette à la main pendant qu’il dormait ?

La situation me paraissait tellement incongrue que déjà mille et une idées me parcouraient la tête et je voyais un Lancelot miniature pris d’un rire hystérique en mettant le feu à tout ce qui lui tombait sous la main. Jusqu’à l’arrivé fatidique de la garde parentale et des punitions qui allait avec.

Je fais semblant de m’offusquer de ses paroles tandis qu’il continue de m’éclairer. A vrai dire, je ne savais pas si je lui en voulais de ses paroles, mais je n’avais pas envie de perdre de l’énergie en m’offusquant inutilement. J’en perdais déjà bien assez toute seule, avec mes cauchemars qui me hantaient. Je repose donc mon visage contre son torse, confortablement installée, me crispant de nouveau lorsqu’il parle du temps et du passé. C’était comme s’il avait lu mes pensées, suivit le fil qui s’était déroulé dans mon esprit et y avait accordé ses propres mots.
Mais, il n’était pas question d’en prendre plus ombrage que nécessaire. Me laisser bouffer ainsi ne me ferait pas avancé et même si je m’étais complaintes dans mon malheur, je ne voulais certainement pas y rester indéfiniment.

-Tu ne me renvoies pas, je pars simplement parce que j’y consens. Sache-le. Pour le reste, je ne suis pas maladroite, je suis une voleuse, je ferais comment pour vivre si je l’étais. C’est toi qui laisses trainer tes bidules de partout, c’est normal qu’ils s’abiment à force.

Je roule doucement sur le côté pour venir me lover contre les courbes de son flan.

-Avoue, tu m’aimes quand même, donc finalement, tu grognes, mais c’est juste histoire de.

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