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 Toujours se méfier d'une femme

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Je suis : Premier Conseiller du Duc Castiel de Sombreflamme, ancien régent de Sombreciel, Comte de Séverac.

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Message Sujet: Toujours se méfier d'une femme   Ven 16 Juin - 0:25


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Séverine de Bellifère &
Maximilien de Séverac

Toujours se méfier d'une femme

Surtout lorsqu'elle est mêlée à un complot. Même contre son gré



• Date : 27 juillet 1002
• Météo : Fraîche mais belle
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Maximilien ne pensait pas revoir de sitôt Séverine de Bellifère... surtout qu'il n'a aucun souvenir de l'avoir épousé dans une autre trame temporelle. Ni d'avoir comploté l'assassinat de son duc.
• Recensement :
Code:
• [b]27 juillet 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2318-toujours-se-mefier-d-une-femme]Toujours se méfier d'une femme[/url] - [i]Séverine de Bellifère &
 Maximilien de Séverac[/i]
Maximilien ne pensait pas revoir de sitôt Séverine de Bellifère... surtout qu'il n'a aucun souvenir de l'avoir épousé dans une autre trame temporelle. Ni d'avoir comploté l'assassinat de son duc.


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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Ven 16 Juin - 0:29

Séverine de Bellifère... cela sonne tellement étrange, aux oreilles du comte, qu’il lui a fallu répéter les mots plusieurs fois dans le secret de sa chambre. Il serait dommage qu’il fasse une bourde, tout de même. Surtout qu’en ce moment, il a l’impression d’en faire, sans même le savoir. Ce qu’il s’est passé au cours des deux derniers mois lui laisse un étrange sentiment. Il se souvient, lui, d’avoir câliné le petit Meldred, d’avoir fait son travail, d’avoir fait des rencontres diplomatiques... sauf que ses proches ne s’en souvienne pas. Certains lui ont parlé d’assassinat, de guerre qui n’existe pas, d’un tas de choses incohérentes. Pour un peu, il soupçonnerait quelques drogues. D’ailleurs, c’est exactement ce qu’il a souligné, prudemment évidemment, lorsqu’on lui a dit pour la première fois.

Mais qu’importe. Il ne sait pas comment démêler le mystère Maximilien, car si eux sont certains, lui sait bien ce qu’il a vécu ! Et honnêtement, entre la rupture de la trêve, la guerre qui fait toujours rage et les préoccupations engendrées par leur déplacement à Svaljärd, il n’a pas le cœur à se préoccuper de quelque chose qui n’est sans doute arrivé que dans l’imagination de ceux qui lui ont raconté. Un détail le trouble, pourtant : ces récits, ils ont tous un fond commun. Un rêve, alors, une illusion, évoquée par un mage ? Mais les mages sont traqués, désormais, et n’ont plus d’accès en Ibélène. Alors, comment ? Et surtout, pourquoi ?

Elles sont nombreuses, les questions qu’il se pose, mais le comte de Séverac le sait, le moment n’est guère propice pour s’y pencher. Il a choisit de profiter de Lughnasadh pour conclure quelques alliances et contrats commerciaux, qu’il compte soumettre à son duc plus tard dans la semaine. Pour le moment, c’est dans les appartements loués par la délégation venue de Bellifère qu’il a rendez-vous, pour discuter un peu autour de quelques verres de vin chaud. Il connaît bien les législateurs et serviteurs de la duchesse Ermengarde, le comte, et sait déjà comment les négociations vont se dérouler. Ils vont boire, parlementer, boire encore un peu avant de conclure un traité qui sera lucratif pour tous. Malgré la guerre, les échanges demeurent, car Ibélène doit demeurer unie. Bellifère et Sombreciel le sont plus que jamais, depuis le mariage de la cousine de duc.

Il y pense, parfois, Maximilien. Sans culpabilité aucune - Sombreciel avant tout, après tout - mais avec une pointe d’inquiétude. Donner Séverine au futur duc de Bellifère était un pari risqué, car qui sait si la jolie jeune femme ne va pas parvenir à lui faire tourner la tête, avec ses paroles fielleuses et ses charmes bien trop cielsombrois ? Les Bellifériens ne sont guère éduqués pour suivre les avis de leurs épouses, mais Maximilien se méfie de la nouvelle duchesse, et de son intelligence bien trop développée pour son propre bien. Il n’a aucune mémoire, lui, des instants qu’ils ont partagé il y a quelques mois de ça. Renverser Castiel de Sombreflamme, en se servant de sa cousine Séverine... oh, douce ironie du Destin !

Un domestique le conduit dans un appartement mais e lei et place de ceux qu’il devait rencontrer, c’est la jolie Séverine qui s’y trouve. La surprise du comte est grande, mais il se reprend bien vite, rôdé qu’il est aux subtilités politiques et aux jeux qui en découlent. Elle voulait le surprendre? Elle sera bien surprise, la demoiselle. « Princesse. » Il bute à peine sur les mots, Maximilien, même s’ils lui arrachent presque la gorge. Pour le moment, il n’a pas encore à lui donner un autre titre. « J’ignorais que les femmes de Bellifère avaient droit de regard sur les tractations politiques » Les Bellifériennes, non, sûrement pas. Séverine, sans doute. « Votre époux préfèrera sûrement qu'on l'attende. »S'il a seulement eu vent de la présence de la jeune femme ici. Mais qu'importe, la seule chose qui compte est de rappeler à la jeune dame sa place. Sous Martial. Sans aucun mauvais jeu de mots.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Sam 17 Juin - 20:04

Séverine savait que Maximilien de Séverac viendrait rencontrer Martial pour parler de politique.  Plus précisément à quel sujet, elle ne le savait pas, du moins pas encore, puisque l'héritier de Bellifère ne communiquait pas ce genre d'informations à sa femme.  Ça ne la concernait pas, disait-il.  Et si la flamboyante Cielsombroise n'était pas du tout d'accord, elle se taisait et acquiesçait en silence.  Elle attendait tranquillement son heure.  Peu à peu, elle saurait bien s'attirer les bonnes faveurs de celui qui était son époux, voir même réussir à obtenir quelques informations intéressantes de sa part.  Et plus tard, devenir une source d'influence plus importante auprès du jeune homme.  Elle se contentait pour le moment de ne pas se mêler des histoires politiques et des questions destinées aux hommes dans son nouveau duché d'appartenance, pour mieux se concentrer à l'ardue tâche de séduire un peu mieux chaque jour l'homme qu'elle avait épousé.  Après tout, leur période de fréquentations avait été plutôt courte.  L'espace de quelques minutes avant que Castiel ne soit défait comme le pleutre qu'il était.  Puis suite à son enlèvement, on avait célébré la noce, malgré l'absence de sang sur les draps qui avaient accueillis leurs ébats scellant l'alliance.  Depuis, elle s'efforçait de faire sa place dans ce monde d'hommes où elle ne comptait point tenir le rôle d'une simple spectatrice.  C'était un processus ardu et lent, mais la Cielsombroise était patiente.  Elle attendait depuis plus de deux ans déjà de se venger de Castiel, celui qui avait mis à mort ses parents, l'avait dépouillée de ses titres avant de lui en offrir de meilleurs pour mieux la vendre.  Comme elle le haïssait!  Elle attendrait le temps qu'il faudrait, mais un jour, elle se vengerait de lui.  Et durement.  Violemment.

Aux alentours de l'heure de rendez-vous annoncé entre le délégué de Sombreciel et son tendre aimé, Séverine se dirigea vers le petit salon où aurait lieu la rencontre, avec plus ou moins l'accord de Martial.  En vérité, il n'était pas tout à fait au courant qu'en parlant de servir des rafraîchissements pendant leur discussion, elle avait comme intention de rester tout le temps de l'entretien à leur disposition.  Elle ne dirait rien, n'énoncerait point le moindre mot.  Se ferait oublié comme si elle n'était pas là.

Comme elle l'espérait, le comte de Séverac fur le premier à arriver sur les lieux des deux hommes.  Sa surprise de la voir fut plutôt manifeste et amusa un instant Séverine qui ne se laissa pas perdre de contenance.  Elle non plus ne se souvenait point d'avoir fomenter un coup d'état en sa compagnie contre Castiel, dans une autre vie, dans un autre temps.  Être si près du but, accompagnée de celui-là même dont son cher cousin ne doutait pas un seul instant de sa loyauté, c'était trop beau, mais trop douloureux pour s'en souvenir.  Elle ne s'expliquait donc pas comment elle avait un énorme trou de mémoire de près de deux mois, et son face à face avec le bras droit de son ennemi juré ne lui causa pas plus d'émotions que de rencontrer un tubercule.

« Sire, » s'inclina-t-elle lorsqu'il la salua.

Elle sourit, composant une attitude calme devant les insinuations très claires que sous-entendait le conseiller à propos de sa présence.  Sa maîtrise d'elle-même était mise à dure épreuve depuis qu'elle avait entré dans les rangs de la noblesse belliférienne et seuls ses motifs ultérieurs la motivait à se contraindre, à garder son esprit pour elle-même et attendre son heure.

« Je vous prie, asseyez-vous.  Il n'est nul question de débuter avant l'arrivée de Martial, vos propos m'étonnent, » glissa-t-elle sur un ton qui se voulait mielleux.  Elle ne savait point quand le sus-mentionné arriverait et elle ne voulait pas réduire à néant des mois de travail avec des paroles de travers.  « Vous ne me trouvez ici que pour vous offrir des rafraîchissements.  Vous ne vous attendiez tout de même pas à ce que mon époux les servent pour vous, n'est-ce pas?  Ce n'est pas un travail d'homme.  Qui plus est, peut-on faire confiance à de simples serviteurs désormais? » ajouta-t-elle en désignant les coupes et la carafe posées sur une table basse à proximité des fauteuils.  Après tout, le continent était en guerre, un espion se serait glissé avec facilité n'importe où.

Elle s'assit quelque peu à l'écart, lissant avec beaucoup de concentration les plis de sa robe, comme si rien de tout ce qu'elle pourrait entendre dans cette pièce ne pouvait l'intéresser.

« J'ose espérer qu'aux dernières nouvelles, mon cousin Castiel et sa jeune épouse se portaient bien, » s'enquit-elle comme si cela l'intéressait quelque peu.  Elle n'en avait cure, mais les seuls sujets qu'elle pouvait aborder étaient bien de cet ordre, d'une banalité à mourir et d'un ennui profond.  Et surtout d'aucun intérêt.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Sam 1 Juil - 17:40

Il est surpris de croiser Séverine en train de l’attendre, en lieu et place de son mari. Mais il s’y attendait un peu, en vérité, qu’elle tente quelque chose. Tenterait-elle aussi de polluer le relations cordiales entre Bellifère et Sombreciel ? Les deux duchés sont alliés, désormais, unis par des liens fort, et Maximilien ne cesse pas sa correspondance avec la sage Ermengarde. Qu’espère-t-elle Séverine, en lui parlant ? Des excuses ? Il sait bien que non. Alors, autre chose, sans doute. Quelque fourberie à mettre en place. Et dire que dans un monde tout autre, il a été jusqu’à l’épouser ! « Il est plaisant de constater que vous avec compris où se trouve votre place. » Acquiesce Maximilien d’un ton grave, alors que ses yeux ne quittent pas la jeune femme. Malgré son apparente docilité, il la connaît. Il l’a gardé à l’œil, pendant longtemps, et sait que la jeune Séverine ne plie pas aussi facilement. « Votre époux est un homme admirable, d’avoir su vous l’apprendre aussi vite. » Oh, il n’est pas un idiot Maximilien, il sait pertinemment comment le futur duc est parvenu à imposer son autorité. Et en toute honnêteté, il n’en a que faire.

Qu’elle souffre, Séverine, sous le joug de Martial de Bellifère : tant qu’elle reste l’épouse soumise de ce dernier, il n’a que faire de son sort. Cruel ? Peut-être bien, mais il espère qu’ici, elle ne sera pas une menace pour Sombreciel, ou pour Castiel. Lui donner le pouvoir d’une future duchesse est risqué, même si la misogynie belliférienne l’empêchera certainement de tenter quoi que ce soit. Le pari est risqué, mais la politique demande de prendre des risques. Et de sacrifier quelques têtes. Même celle aussi bien faite que la brillante Séverine. « Il est sûr que vous êtes bien plus digne de confiance qu’un serviteur. » Il ne cherche même pas à cacher son ironie le conseiller ducal. Il se méfie de Séverine comme on se méfie d’un serpent d’Erebor. « Mais servir est une tâche qui vous sied particulièrement, je dois bien l’avouer. » Il y a tant de venin, dans ces quelques mots ! Tant de sens cachés, mais Maximilien sait que la jeune femme les décryptera sans peine. Après tout, son sacrifice ne sert-il pas la couronne de Sombreciel ?

« Le Duc et la Duchesse se portent très bien, merci. La grossesse de la duchesse Madeleine lui va a ravir. » Est-ce une autre pique, destinée à souligner le bonheur de Castiel et la félicité du couple ducal ? Cet enfant éloigne un peu plus Séverine d’une couronne qu’elle a sans doute eut l’impudence de convoiter, et cela ne peut être innocent, dans la bouche de Maximilien. L’union de la jeune femme et de Martial reste infertile pour le moment, même si le conseiller suppose que ce n’est pas faute d’essayer pour le Belliférien. En est-elle ravie, Séverine ? Maximilien l’ignore, en vérité. Un bébé viendrait sans doute entraver la soif d’ambition de la jeune femme, mais désormais qu’elle est la futur duchesse, cela change-t-il quelque chose à ses rêves ? De toute façon, le conseiller ducal n’a aucune intention de cesser de faire surveiller la jeune femme. Il achète ses informations à prix d’or à la Cour des Miracles, et cela e va pas s’arrêter de sitôt.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Mer 5 Juil - 13:26

Oh quelle humiliation que d'être traitée ainsi, avec tant de complaisance par cet horrible Maximilien de Séverac.  À qui elle impute l'idée de la vendre aux Bellifériens.  Pour la coincer, la faire taire.  Elle ne croyait pas Castiel assez politiquement intelligent et mature pour arriver à une telle idée.  Qui d'autre que son conseiller à l'âme pervertie pourrait lui suggérer une telle idée.  Et ce qui enrageait encore plus la jeune femme, c'était de savoir que c'était un plan plus ou moins brillant.  Isolée à Hacheclair sous l'égide d'un homme qui ne lui reconnaissait aucun droit à émettre une opinion, qui ne la considérait principalement que comme celle de lui offrir une descendance et appuyer encore un peu plus son droit au trône ducal Belliférien, ses mesures d'action pour nuire à son cousin tant honni étaient réduites considérablement.  Néanmoins, elle était consciente que c'était un pari dangereux.  Elle ne craignait pas l'adversité et si elle se terrait pour le moment dans son coin, il ne s'agissait que de se renforcer avant de frapper plus fort et plus durement.  Exactement quand ils ne s'y attendraient plus, qu'ils la croiraient complètement transformée par sa vie de Belliférienne.  Oh, si elle supportait tant d'humiliations pour le moment, ce n'était pas pour s'en faire une vie de toujours.  Elle avait ses projets et ses idées.  Et si se retrouver à la tête d'un duché n'était pas pour complètement lui déplaire, elle aurait préférée être liée à un autre d'entre eux.  Un de ceux qui lui permettrait de se consacrer à l'étude du ciel qu'elle chérissait tant tandis que son époux s'occuperait des affaires internes du duché.  Elle ne voyait d'intérêt à sa position que cet accès à la fortune et elle doutait bien que l'on ne l'autoriserait pas à piger dans les coffres de Bellifère pour ses objectifs personnels.  Pas quand les femmes n'avaient littéralement aucun droit.

Mais elle encaissait.  Sa fierté heurtée, elle l'enfouissait au fond de son cœur, nourrissant sa haine dévorante pour Castiel, pour son profiteur de père.  Oh, elle n'avait nulle foi en cette histoire que la famille de Séverac avait accueilli Castiel par bonté d'âme.  Personne ne le ferait sans avoir de motifs plus importants derrière la tête.  Peut-être était-il née une affection par la suite, la famille du comte ayant accompagné le futur duc dans tous ses premiers pas, mais Séverine ne se laissait pas duper.  Maximilien Séverac avait certainement quelque chose à gagner en agissant ainsi et peut-être alliait-il cela à une forme d'amour paternelle pour le duc cielsombrois, mais il n'y avait nul doute qu'il était très satisfait de sa position dans les jeux de pouvoir.  Qui ne le serait pas.  Oui, réjouis-toi de m'avoir emprisonnée dans la meilleure prison que tu aies pu trouver, songeait-elle.  Oui sale vieillard obnubilé par je ne sais quelle promesse faite par Castiel, ris, moques-toi.  Trouveras-tu ton humour aussi savoureux quand je me serai vengé de toi?  Il y a amplement les moyens, même d'ici, ne crains point.  Dire qu'ils furent associés contre celui qui formait leur unique lien dans une autre vie.

« Vous me voyez ravie d'entendre pareilles nouvelles.  Il me fait plaisir à savoir que ma cousine Madeleine s'épanouit dans son nouveau duché, » répondit-elle avec toute la grâce dont elle était capable.  Séverine était une manipulatrice née et elle savait bien jouer son jeu.  S'il croyait qu'il réussirait à tirer d'elle quelque faux pas en lui désignant la désolation de sa propre situation en comparaison du supposé bonheur du couple ducal en Sombreciel, il espérait à tort.

« On raconte beaucoup de bonnes choses sur Madeleine, il ne fait point de doutes qu'elle sera une merveilleuse duchesse et une excellente mère. »

Oui, l'idée de tenter quelque coup contre la progéniture de ce cousin tant abhorré avait quelque chose d'extrêmement tentant.  Elle y songeait parfois, dans un recoin de son esprit.  Elle savait que si quelque chose devait arriver à sa cousine, Martial ne resterait pas les bras croisés.  Cependant, Séverine qui avait commencé une correspondance avec la jeune femme ne risquait-elle pas de se prendre à son jeu?  Après tout, elle s'abandonnait dans cette correspondance avec elle de façon si allègre et confiante, il était difficile de ne point développer d'attachement pour elle.  Et si Séverine était prête à utiliser les autres pour accomplir sa vengeance, elle n'était dénuée de cœur comme d'autres.  Blesser des gens hors de ce conflit ne serait appliqué qu'en dernier recours.  Oui, elle avait des manières plus sinueuses et tortueuses, qui demandaient plus de temps, pour atteindre son but et elle saurait trouvé le point faible où frapper.  Durement.  Douloureusement.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Lun 21 Aoû - 20:14

Il n'est pas assez stupide pour la croire definitivement en dehors de la partie, mais Maximilien se doute que la jeune femme doit avoir fort à faire pour se plier aux exigences de sa nouvelle vie. Il y a quelque chose d'infiniment jouissif, à la savoir si proche du pouvoir mais pourtant bien incapable de s'en servir. Martial est attaché à sa cousine, le conseiller le sait, et il ne mettra rien en place qui peut lui nuire, d'autant plus sur les injonctions d'une femme qu'il considère moins importante que les chevaux de ses écuries. D'autant plus que Madeleine est enceinte, et donc sinon heureuse, du moins investie dans son mariage. Et elle est heureuse, la princesse de Sombreciel, Maximilien la côtoie assez pour le voir.

Au contraire de Séverine, sans doute. Oh, mielleuse et attentionnée comme elle est, un plus bête que lui aurait pu croire qu'elle se porte bien. Mais pas Maximilien, pas alors qu'il la soupçonne depuis des années de nourrir sa revanche envers le duc. Un serpent dans une jolie fleur, voilà ce qu'elle est. Et Maximilien ne baisse pas sa garde malgré la conversation légère et leurs propos bien innocents. Séverine vante les qualités de la duchesse, s'annonçant  heureuse de son épanouissement. Le conseiller en doute bien, et il n'hésite pas à souligner la fortune de la belle. "Elle s'est déjà mise à la tâche, et passe de longs moments dans la bibliothèque pour connaître son duché." Son duché, oui, plus celui de Séverine. Et la bibliothèque, allons donc, quelle utilité pour une femme ? "J'imagine qu'il en va de même pour vous. Peut-être accepterez vous de me partager vos nouvelles connaissances : la cuisinière est toujours à l'affût de nouvelles recettes." Oh, que la pique est agréable ! Humilier Séverine est probablement inutile, mais après les inquiétudes dont elle est la cause, Maximilien reconnaît en son for intérieur que c'est appréciable. Et Séverine a beau être enchaînée, cela ne l'empêche pas de sortir des griffes. Elle n'est pas stupide pourtant, et le sait probablement davantage que le conseiller ducal : un seul faux pas suffira à l'enchaîner encore davantage.

"Vous ferez une bonne mère également, je n'en doute pas."
C'est probablement un compliment, en Bellifère. Maximilien reconnaît pourtant qu'il a hâte de voir Severine trop investie dans son rôle de femme et de mère pour chercher encore à nuire. "Je suppose que votre mari ne se lassera pas de vous faire porter ses héritiers." C'est une simple constatation : chacun sait que les Bellifériens sont bien peu enclins à s'amuser dans un lit, et Maximilien espère qu'avoir une épouse cielsombrois enflamme l'imagination du futur duc. Autant ne pas le nier : plus il sait Séverine occupé, plus il est rassuré de savoir qu'elle n'ourdit aucun complot. Même dans ces vêtements hideux, la jolie Séverine reste un corps bien fait. A vrai dire, c'est de sa tête que Maximilien se méfie plus que tout.

"Je prendrais un verre de liqueur de poire en attendant votre mari." Indique le comte en désignant l'une des bouteilles. Séverine a bien indiqué être la pour lui servir des rafraîchissements en attendant Martial, après tout. Et être servi par quelqu'un qui le méprise ne pose aucun problème à Maximilien, au contraire. Il arbore son sourire le plus suffisant en attendant que la jeune femme s'exécute.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Mer 23 Aoû - 6:02

Supporter les railleries de cet opportuniste parvenu était un réel supplice pour la future duchesse.  Elle souriait, cachant sous des airs d'indifférence toute l'humiliation qu'elle ressentait.  Et peut-être plus encore que Castiel, elle haïssait cet homme.  Elle se doutait très bien que l'idée de la reconnaître comme princesse de Sombreciel pour la donner en mariage à Martial venait sûrement de lui.  Elle croyait incapable son cousin d'arriver à de telles conclusions seul.  Si elle n'avait pas été elle-même la victime de ce plan, elle aurait salué l'ingéniosité dont avait fait preuve le conseiller.  Elle devait le reconnaître : il n'y avait pas de meilleur moyen pour la mettre hors d'état de nuire qu'en l'envoyant croupir en Bellifère, là où elle n'était pas importante.  Où elle ne servait à rien.  Pas même à faire la cuisine.  À cette remarque, elle répondit simplement sur un ton posé que la couronne belliférienne était bien en mesure de se payer les services d'un des meilleurs cuisiniers, or qu'elle ne pouvait point le conseiller en la matière.  Oh, elle brûlait de lui dire que s'il s'intéressait tant aux cuisines, il pouvait s'y rendre lui même et mener sa petite enquête.  Mais elle n'était pas là pour mordre à l'hameçon.  Si Séverine était venue, ce n'était pas pour ce vieux crouton dégénéré, c'était pour son propre époux à elle.  Elle lui montrerait à ce vieillard qu'il avait peut-être son petit moment de gloire en l'ayant enchaîné à d'aussi solides chaînes, mais qu'elle était encore loin d'avoir perdu la partie.  Certaines chaînes étaient trop dures pour être brisées, mais elles restaient encore légères et faciles à déplacer si on s'y prenait de la bonne façon.  Elle voulait qu'il soit témoin de l'ascension de son pouvoir sur Martial.  Progressivement.  Le danger n'était écarté que pour très peu de temps.  Il s'en mordrait bien assez tôt les doigts et elle lui ferait regretter son impertinence.

« Il n'est nul doute que le duc Martial se réjouisse à l'idée de rencontrer sa descendance, » répondit-elle simplement à l'allusion qu'il en faisait.  S'il croyait qu'elle se laisserait engrosser aussi facilement, il se mettait un doigt dans l'oeil.  Elle, déformer sa magnifique taille si fine pour porter la progéniture d'un barbare?  Jamais.  Porter les enfants de Castiel aurait presque été une bénédiction en comparaison.  Son cousin était un homme dégénéré et sans morale, mais au moins, la morale s'enseignait.  La bestialité, c'était forcément inné.  Séverine n'avait jamais été une grande romantique et n'aurait jamais accepté de porter les enfants de qui que ce soit pour qui elle n'éprouverait pas d'affection.  Elle savait qu'il se fallait peu de temps avant que l'on ne découvre qu'elle prenait des tisanes pour éviter que sa taille ne s'arrondisse, mais elle devait tout faire pour retarder le moment fatidique.

« Voudriez-vous des glaçons dans votre verre, mais peut-être n'en avez vous pas besoin, » ne put-elle s'empêcher de commencer.  Elle aurait aimé le piquer sur la froideur de son cœur calculateur, mais elle n'avait pas encore ce pouvoir.  Le jour viendrait où elle ne craindrait plus ses intimidations, car elle aurait Martial au creux de sa main, prêt à punir quiconque s'en prendrait le moindre du monde à sa belle.

Elle versa avec une élégance et une aisance qui lui venait de toutes ces années passées à boire, se servant elle-même verre après verre.  Pas une seule goutte ne tomba sur la table et elle posa le cristal sur la table, devant l'invité de son époux dans un geste délicat.  Le verre ne tinta que légèrement au contact de la surface marbrée.  Si elle avait pu, elle y aurait verser tous les poisons du monde pour se débarrasser de ce petit air suffisant qui emplissait son visage ridé, mais elle devait encore attendre.  Elle avait encore besoin de lui.  Un jour, elle le ferait trahir Castiel.  Elle ne savait pas encore exactement comment, mais elle avait entendu certaines choses qui pourraient servir plus tard.  Elle était assez imaginative pour cela.

« Quel dommage que le duc de Sombreflamme ne puisse se joindre à nous pour la fête!  Mais peut-être serai-je surprise, après tout, n'est-il pas dans sa coutume de faire des entrées tapageuses? »  Et scandaleuse, ajouta-t-elle en pensée.  Il n'y avait nul besoin d'insulter Castiel, tout autant qu'elle savait parfaitement que Martial ne l'appréciait guère pour lui avoir donné l'humiliation d'avoir échoué à protéger Madeleine, entre autres.  Elle n'attendait que l'occasion rêvée pour inséminer son venin.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Lun 28 Aoû - 21:44

Qu'il est doux de jouer à ce jeu des apparences quand chacun sait bien ce que pense l'autre, et se voir pourtant obligé de garder le masque ! Maximilien pourtant n'accorde que peu d'attention à la haine que Séverine pourrait avoir à son égard, bien plus préoccupé par le mal qu'elle pourrait faire à son duc ou à son duché. On ne devient pas premier conseiller ducal sans se faire d'ennemis, et on ne reste pas à ce poste sans en accumuler davantage, l'essentiel étant de les garder à distance tout en contrôlant leurs mouvements. Il se doute que Séverine ne l'aime pas et en vérité, cela ne l'émeut guère. En d'autres temps, en d'autres lieux, Maximilien aurait sans doute apprécié la jeune femme, il le sait. Mais ce n'est pas le cas, tandis qu'ils échangent des piques enrobées du miel de la diplomatie.

Ils parlent de descendance, de Madeleine si proche de donner un héritier à la couronne de Sombreciel, un enfant qui éloignera encore plus Séverine du trône, si tel était son souhait. Il la croit capable d'attenter à la vie de l'enfant Maximilien, mais ce petit héritier sera, des sa naissance, soigneusement protégé. Bien assez pour être heureux et en bonne santé, il l'espère ardemment. Que Séverine se dépêche donc de porter les enfants de son mari, elle comprendra peut-être mieux à quel point Maximilien est prêt à beaucoup de sacrifices pour protéger les siens, Castiel y compris.

"Des glaçons ? Allons donc Ma Dame, êtes vous tellement éloignée des réceptions de la couronne ducale que vous pouvez ignorer à quel point il s'agit d'une faute de goût ?"
La réprimande est légère et amusée, mais les yeux durs du comte trahissent bien qu'il se doute que ce n'est pas de ce genre de glace dont parlait la jeune femme. "Laissons leurs glaciers aux Kyréens, voulez vous ? Installez-vous donc à mes côtés." En a-t-elle seulement le droit ? Il la laisse décider en son âme et conscience la jeune femme. Ermengarde se serait assise, mais la duchesse bénéficie d'un statut sans égal ici. C'est presque une offre de paix. Presque.

La pique de la jeune femme est aiguisée, mais Maximilien ne se laisse pas déstabiliser. Il exècre la façon dont le duc s'est fait remarquer ces derniers mois, mais il n'y peut pas grand chose. "Hélas ma Dame, la guerre et la venue future de son héritier exigent qu'il demeure à Euphoria, mais j'ai son approbation et sa confiance pour conclure des contrats en son nom." Confiance, approbation... Séverine connait-elle seulement la signification de ces deux mots ? "Je crains donc que vous ne puissiez le croiser, mais soyez assurée qu'il réclamera de vos nouvelles aussitôt que je serais rentré." Comme si c'était une surprise. Maximilien laisse la jeune femme imaginer combien les deux hommes vont rire de ses malheurs et de son esclavagisme déguisé, s'asseyant plus confortablement dans son siège.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Ven 1 Sep - 10:38

Séverine ne quitta pas son poste malgré l'invitation.  Elle savait très bien quelle était sa position.  En-dessous de tout.  Peut-être la duchesse Ermengarde aurait-elle pu accepter l'invitation, elle avait cru comprendre que c'était également une vieille amie du comte.  Néanmoins, la nouvelle épouse n'avait pas la même notoriété que la grand-mère de l'homme qu'on lui avait fait épouser.  Elle savait les bruits qui couraient à son sujet.  Ils étaient nombreux ceux à récuser l'alliance avec une princesse sortie de nulle part, une bâtarde non avouée pendant des années.  En fait, la fille d'une bâtarde.  Même pas directement elle-même fille de duc.  Ajouté à cela la renommée des mœurs cielsombroises à travers le continent, elle se savait très bien la peu bienvenue dans le cœur de bien des sujets de la couronne belliférienne.  Elle ne s'en préoccupait que comme d'une guigne, elle n'aspirait pas à obtenir l'affection des Bellifériens, à moins que cela ne puisse lui servir.  Ce qui justifiait son comportement plus rangé que jamais, c'était seulement la seule connaissance des nombreux – trop nombreux – ennemis qu'elle avait désormais.  Elle ne savait à qui faire  confiance et les murs avaient des oreilles, elle ne pouvait faire preuve de trop de prudence.

« Je ne doute pas un seul instant de la confiance qu'il vous accorde.  Vous vous êtes montré si fidèle à ses intérêts pendant toutes ces années, il serait surprenant qu'il ne vous pas fasse pas aveuglément confiance. »

Ses propos restaient courtois, bien qu'emplis de sous-entendus.  Elle ne croyait pas à un altruisme complet de la part de son interlocuteur.  À ses yeux, s'il continuait d'oeuvrer pour Castiel, c'était bien parce qu'il en avait l'oreille.  Il avait tous les avantages à rester près de lui, le duc lui mangeant dans la main.  Comme un toutou et son maître.  Idiots tous les deux, songeait-elle.

« J'espère que je ne vous aurai pas donné de raison de faire un rapport qui ne soit pas tout en mon honneur, » répliqua la jeune femme.  Oui, elle s'était montrée bien sage depuis qu'on l'avait vendue comme de la marchandise.  Elle esquissa un sourire faussement modeste.  Il pourrait chercher longtemps le conseiller, mais il ne la trouverait pas en faute, elle y avait bien veillé.  Elle ne s'adaptait aucunement à son nouveau duché d'adoption, mais elle se pliait bon gré, mal gré à ses coutumes barbares.  Jusqu'à présent, on n'avait pas eu de raisons de critiquer le comportement de la duchesse, outre quelques petits écarts ici et là, des broutilles que l'on s'accordait à imputer à son ignorance des manières locales.

« Vous le remercierez par ailleurs des tenues qu'il m'a envoyées.  J'en suis ravie, bien qu'elles se montrent peu conformes aux robes que mon statut m'autorise à porter. »

Elle savait qu'il avait fait exprès.  Pour la narguer.  Après tout, n'était-il pas venu comme un voleur, envoyant des gardes la sommer auprès de lui à Ibelin avant de l'obliger séance tenante à devenir la femme – l'objet – de Martial à l'issu des contrats qu'il avait passé dans son dos.  Sa haine brûlait si fort qu'elle était palpable.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Dim 10 Sep - 23:03

La jeune femme ne bouge pas, refusant de fait son invitation, et démontrant au moins qu'elle avait pris conscience des coutumes de son duché d'adoption. Quelle déchéance, pour une femme comme Séverine, d'être ainsi traitée ! Qu'elle vienne d'être reconnue par Castiel de Sombreflamme n'ajoute que de la cruauté à sa bien peu enviable situation. Mais Maximilien n'a nulle envie de s'apitoyer sur le sort de la jeune femme : il le sait, elle aurait trouvé un moyen de nuire à Sombreciel. Malgré sa situation, elle n'était pas si isolée qu'il y paraît, la jolie Séverine. Comme beaucoup, les cielsombrois et les cielsombroises ont tendance à écouter les divagations d'un joli minois comme celui de la demoiselle. Mais si la demoiselle est attachée, sa langue est encore effilée. Pas libre, et les propos sont dissimulés sous une épaisse couche de courtoisie et de civilités, mais Maximilien sait bien ce qu'il se joue.

Il esquisse un sourire amusé, le comte, décidant de gratifier les propos de la jeune femme par un évident mépris. Ce n'est pas la première à remettre en cause son dévouement pour Arven et pour Castiel en arguant qu'il en tire un bénéfice tout personnel. Propos de jaloux et de flatteurs, que le comtene traite que par le mépris absolu. A quoi bon se fatiguer à décourager les envieux et les comploteurs, qui pensent qu'il est l'un des leurs ? Certes, Maximilien a l'oreille de Castiel, et une position confortable au sein du conseil ducal, mais il n'éprouve pas le besoin d'en user pour son confort. Il aime Castiel, sincèrement, comme il aime ses propres enfants. Prendre le petit duc avec eux, l'élever au sein de la fratrie Séverac a été une décision difficile mais emplie d'amour. Maximilien le savait, en acceptant l'enfant, qu'il devrait faire face à un tas de critiques sur sa supposée intégrité. Ou non-intégrité. Séverine ne fait qu'évoquer des propos mille fois entendus.

Les propos suivants de la jeune femme incitent le comte à la regarder avec une curiosité renouvelée. Il est vrai qu'elle se tient à carreaux labelle Séverine, mais elle est suffisamment manipulatrice pour que ce ne soit qu'une façade destinée à charmer son futur mari. Il ferait bien d'y prendre garde, Martial : les cielsombroises ne se domptent pas facilement, et il risque fort de l'apprendre à ses dépens.  Quant au cadeau de Castiel, cela ne surprend guère Maximilien :cela ressemble parfaitement au jeune duc, d'offrir des tenues que les gens qualifieraient volontiers de scandaleuses.

"Il est vrai que la tenue que vous portez aujourd'hui est particulièrement bien adaptée à votre duché." Maximilien aura beau retourner ses propos dans tous les sens, il est peine perdue d'essayer de commenter les robes bellifériennes. "Mais le duc sera ravi de connaître votre acclimatation." Oh que oui, il sera ravi d'entendre Maximilien décrire la tenue de la jeune femme, et la sagesse de son comportement. "N'hésitez pas à écrire à sa Grâce si vous avez besoin de quelque chose vous rappelant Sombreciel, il se fera une joie de vous le faire envoyer." Oh oui, douce Séverine, supplie donc Castiel de Sombreflamme, cela sera si plaisant à lire !

"Dites-moi Ma Dame." Reprit Maximilien avec un air indifférent, "J'ai eu bien peu l'occasion de visiter Bellifère. Quelle particularité de votre nouveau duché appréciez-vous le plus ?" La place ridicule des femmes ? Les mœurs guerrières et l'enlèvement marital ? Oh, la question n'est pas forcément piégeuse : le duché de la guerre a bien de bons côtés, non ? cachés sous tous ses mauvais aspects ?

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Jeu 14 Sep - 12:03

Séverine conserva son sourire forcé, bien qu'elle tirait une certaine satisfaction de tout cela.  Elle pouvait laisser croire qu'elle se faisait peu à peu à sa vie en tant que Belliférienne.  Et à sa propre surprise, elle avait trouvé quelques points de repères ici et là.  Elle n'aimait toujours pas cette vie, si privée de liberté alors qu'elle en était emplie avant, mais elle gardait le profil bas et continuait de fomenter sa vengeance en silence.  Cela prendrait pus de temps, c'était tout.  Mais elle serait plus violente qu'elle ne devait l'être d'abord.  Castiel avait poussé trop loin en cherchant à l'étouffer, en la rendant captive ainsi.  Il cherchait peut-être à protéger ses arrières, mais finalement il s'était créé une nouvelle menace.  Et elle ne manquerait pas de mener le quadragénaire assis en face d'elle à sa chute à son tour.  Elle le haïssait tout autant que son cousin, sinon voir plus.  Au moins, le duc avait l'excuse d'être assez idiot pour se soumettre à outrance aux substances spiritueuses.  Son aîné ne l'avait pas.  Les de Séverac était bien connus en Sombreciel comme une famille se tenant volontairement à l'égard des drogues et leurs dérivés.  Son nez se plissa un instant, sous le fait de la haine.  S'il s'imaginait qu'elle demanderait quoi que ce soit à celui qui l'avait vendue à un peuple de barbares.

« Eh bien, je me souviendrai de vos propos messire lorsque mon époux ne saura plus pourvoir à mes besoins.  Mais je doute que cela n'arrive de sitôt.  Le choix de mon promis à été fait avec un soin bien délicat, considérant mes origines, » répliqua-t-elle.  Oh oui.  Qu'ils se réjouissent de ce choix précautionneux qu'ils avaient fait à sa place.  Tant qu'il le pourrait.  Elle se promettait bien de leur en faire se mordre les doigts.  Dès que possible.  Et elle comptait profiter de la fête pour se montrer exemplaire et gagner encore un peu plus de la confiance de son époux.  Et son oreille.  Ils verraient bien et paieraient pour les conséquences de leurs actes.

« J'espère que vous n'espériez pas m'entendre médire de Bellifère et faire écho à toutes les rumeurs qui courent en Sombreciel? » demanda-t-elle d'abord, d'un air innocent, mais bien calculé.  « Eh bien, Bellifère est bien sûr différent de Sombreciel sur de nombreux points.  Je ne saurais dire ce que j'y aime le plus. Vous comprendrez que je commence tout juste à comprendre ses mœurs.  Néanmoins, j'oserais affirmer qu'on y mange beaucoup mieux qu'en Sombreciel et qu'il dégage des murs d'Hacheclair un agréable sentiment de sécurité.  J'espère que vous aurez l'occasion d'y faire séjour maintenant que les deux couronnes ducales sont aussi liées et de découvrir par vous-même. »

Les Bellifériens étaient connus pour leur gastronomie et pas à tort, l'avait-elle découvert.  Quant à la sécurité, cela était une pique directement dirigée contre Castiel.  Un souverain inconstant et incapable de protéger ses terres comme l'avait montré la guerre.  Martial avait ses défauts et s'il n'attirerait peut-être pas un jour l'affection du peuple, il en gagnerait très certainement le respect et serait en mesure de le protéger.  Contrairement à d'autres qui ne devaient leur popularité qu'à leurs excentricités, rendant le personnage sympathique aux gens du commun.

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Ven 29 Sep - 22:06

Elle est maitresse dans l'art de dissimuler ses sentiments de haine à son égard la jolie Séverine, mais son nez qui se plisse lorsque Maximilien évoque la possibilité de lui faire parvenir quelque chose de Sombreciel ne trompe pas. Elle n'aime pas l'idée, elle l'a méprise même mais au contraire des Cielsombroises, les femmes de Bellifère ne sont guère invitées à afficher leurs sentiments en public. La pique de la jeune femme est ciblée, à la fois fière et agacée. Maximilien est lui aussi agacé, en vérité : qu'elle se réjouisse, cette presque gueuse, que Castiel se soit amouraché d'Almeïde ! Sans cela, jamais Séverine n'aurait épousé le futur duc de Bellifère. "Chacun d'entre nous doit servir les intérêts de son duché, et il est bienheureux que votre promis soit un homme de haut rang, qui vous traite comme vous le méritez." Un double-sens, dans ces paroles ? Allons donc !

Mais si Séverine a accédé à ce rang prestigieux, c'est bien grâce à la bonté de Castiel ; son intérêt personnel, certes, mais la formulation est quelque peu malheureuse. Qu'elle n'oublie pas, la jeune femme, qui elle était avant d'être propulsé future duchesse : une gueuse, une vulgaire astronome dont les parents étaient des traîtres à la couronne. "Bien sûr que non, ma chère, que voulez-vous donc insinuer ?" Loin de Maximilien l'idée de médire du duché de la Guerre en public, et certainement pas quand Sombreciel a tellement besoin de son allié. Dans cette guerre qui fait rage en Arven, il faudrait être fou pour se mettre à dos Bellifère.

Le discours de Séverine est commun, destiné à endormir sa méfiance peut être, ou celle d'un éventuel interlocuteur. Certes, la gastronomie de Bellifère est réputée, Maximilien ne le nie pas. La pique sécuritaire ne passe pas inaperçue, et le comte ne peut s’empêcher de répliquer avec une certaine froideur. "Oui, la sécurité de la capitale a été sérieusement renforcée depuis les événements du tournoi des trois opales." Il était présent, il a craint pour la vie de son gendre, puis de ses filles. Alors non, le thème de la sécurité n'est pas un point à aborder avec lui. Il aurait même parlé de désastre du tournoi, Maximilien, s'il n'était pas si précautionneux du choix de ses termes. "Prenez garde à ne pas trop profiter des délices offerts par Hacheclair, j'ai entendu dire qu'à partir d'un certain âge, les Cielsombroises perdent la taille si fine qui les caractérisent."

Autant pour surveiller le choix de ses mots, Maximilien passe décidément trop de temps avec Ismalia ! L'époux de Séverine attend surement que sa taille s'arrondisse, mais le comte est prêt à parier que Martial ne désire pas que cela soit mis sur le compte des douceurs de Bellifère. "Lorsque le conflit me laissera du temps, surement suivrais-je votre conseil." Maximilien hoche la tête, se relaxant davantage sur son siège, avant d'interroger la jeune femme. "Je sais que le temps de votre époux est précieux, mais le mien m'est compté, et je ne pourrais guère attendre davantage." Sait-elle seulement où il est, ou personne n'a daigné la mettre au courant ?

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Message Sujet: Re: Toujours se méfier d'une femme   Lun 2 Oct - 17:03

Le Tournoi des Trois Opales.  Séverine n'y avait pas assisté, mais elle en avait bien assez entendu parler.  Les hommes pouvaient parfois être de tels barbares.  Et il était navrant de voir que son propre époux faisait partie de cette pauvre espèce.  Eût-il été moins engoncé dans ses manières protocolaires et moins envoûté par le chic qu'il croyait se donner avec ses airs de pacifistes, Séverine aurait également casé l'homme en face d'elle dans cette catégorie.  Vieil impudent!  Il guettait la moindre opportunité de mordre avec son dentier de vieux cabot.  Désintéressé oui.  Elle ne savait pas ce qu'il avait gagné en devenant le père d'adoption de Castiel, mais c'était certainement d'une valeur inestimable pour qu'il joue ainsi les toutous de garde.  Ô comme elle le haïssait, avec son visage frais rasé et ses cheveux bien coiffés.  Elle l'aurait envoyé pourrir aux portes du royaume de Sithis si elle l'avait pu.  Enfin, la possibilité n'était pas exclue, elle pouvait faire appel à la Confrérie Noire, mais la satisfaction de cette vengeance aurait été bien mièvre.  Mais peut-être aurait-elle dû.  Si elle l'avait fait, personne n'aurait pu réparer les nombreuses catastrophes politiques de son cousin et cela aurait bien fini par le destitué de son poste aux yeux de l'Empereur.  Et surtout, elle n'aurait pas fini mariée à l'homme représentant le duché le plus misogyne de tout le continent.  Elle avait peut-être commis une erreur en le laissant vivre, mais elle trouverait le moyen de le faire payer.  Ce qu'il lui avait fait et toutes ces piques qu'il se permettait de lui envoyer.

« Oh mais n'est-ce pas tous ce que vous attendez? » demanda-t-elle alors comme on parlait sa taille fine.  Elle devinait bien que tous attendait qu'elle s'épaississent et tranquillement s'arrondisse.  Qu'elle se mette à pondre un nombre infini d'enfant à la couronne ducale belliférienne.  Qu'elle s'enlaidisse en soit et que tout ce qu'il ne reste de son charme lui soit retiré.  Outre son joli corps et son beau minois, qu'avait-elle pour séduire le belliqueux Martial?  Il la trouvait probablement plus agréable dépourvue de tout esprit.  Comme elle la ressentait la cruauté de sa situation!

« Le prince Martial avait une importante rencontre avec son altesse le Duc d'Elvakyr.  Peut-être a-t-il était retardé.    Je ne doute point qu'il arrive d'un instant à l'autre, l'on ne saurait vous faire attendre plus longtemps, certes, » répondit-elle sobrement.  Elle était lasse de ce jeu mesquineries cachées.  Avec un peu de chance, on l'autoriserait à assister à cette réunion, mais elle doutait qu'on le lui permette.  Alors même qu'elle terminait de parler, la porte s'ouvrit sur un Martial avançant de sa démarche guerrière avant de s'arrêter pour porter ses salutations à son invité et ses excuses pour son retard.

Un seul regard lancé à Séverine lui fit comprendre qu'il était temps de prendre son congé.  Bien à contrecœur, elle se retira, déçue de ne pas pouvoir en entendre un peu plus.  Elle aurait voulu rester à la porte pour écouter, mais Prudence l'y attendait et elle ne put que se retirer vers ses appartements.

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