AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Je te salue, Maari, pleine de grâce

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Les Mages • Admin
avatar

Messages : 161
J'ai : 28 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Marjolaine du Lierre-Réal et Gustave de la Rive
Mes autres visages: Mélusine de Séverac • Quitterie Aubenacre • Freyja de Brunante • Ljöta d'Evalkyr • Rejwaïde Sinhaj
Les Mages • Admin
Message Sujet: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Dim 18 Juin - 0:58




Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Faustine de la Fugue & Marjolaine du Lierre-Réal

Je te salue, Maari, pleine de grâce

Parce que tu es belle comme une étoile




• Date : 19 juin 1002
• Météo : Il commence à faire chaud
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Faustine a modelé sa première vivenef, et c'est une réussite qu'elle est fière de présenter à sa souveraine.
• Recensement :
Code:
• [b]19 juin 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2325-je-te-salue-maari-pleine-de-grace#70232]Je te salue, Maari, pleine de grâce[/url] - [i]Faustine de la Fugue & Marjolaine du Lierre-Réal[/i]
Faustine a modelé sa première vivenef, et c'est une réussite qu'elle est fière de présenter à sa souveraine.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Mages • Admin
avatar

Messages : 161
J'ai : 28 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Marjolaine du Lierre-Réal et Gustave de la Rive
Mes autres visages: Mélusine de Séverac • Quitterie Aubenacre • Freyja de Brunante • Ljöta d'Evalkyr • Rejwaïde Sinhaj
Les Mages • Admin
Message Sujet: Re: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Dim 18 Juin - 1:05

Parfaite.
Elle est parfaite.

Il est bien rare que Faustine soit satisfaite de son travail, mais cette fois, sa création est réellement parfaite, oui. Le tapotement discret de la main de Malion sur son épaule dit bien toute sa fierté, et sur un hochement de tête approbateur que le vieux professeur se retire. C’est… c’est presque une révélation. Des mois, qu’elle travaille sur cette œuvre délicate – adieu, granit froid, calcaire capricieux : c’est le bois, pour ce beau projet, qu’elle s’efforce de modeler vraiment, pour la première fois. Pas une petite statue mignonne, pas de petit pantin, pas de jolie marionnette ; non, une vraie conscience. Un esprit capable de réflexion, d’apprentissage et de progression…

Elle la regarde, la femme de bois, sculptée dans un bois délicat d’après les croquis des artistes du palais. Des traits fins, élégants, nobles et gracieux, si conformes à ceux qu’elle a en tête ! Du bout des doigts, elle caresse doucement la joue ciselée. L’esquif est prêt ; il reste à présent à en animer l’égérie. Elle a déjà versé dans le bois une quantité considérable de son propre sang, sculptant l’âme comme d’autres sculptent le corps, modelant la conscience d’un toucher aussi délicat que la caresse de la brise matinale entre les buissons des jardins, aux premiers jours de l’été. Elle sent l’énergie vibrer au sein de la forme de bois, frémir à chaque effleurement de son esprit, prête à s’éveiller. Pas encore, songe la modeleuse attentive, attends encore un peu. Nerveuse, elle sort d’un coffret doublé d’un épais rembourrage de velours deux fioles emplies d’un liquide carmin. Le cristal a été enchanté pour conserver l’étincelle de vie dans un sang prélevé, et Faustine perçoit la vibration au creux de ses paumes. Avec mille précautions, elle répand le contenu de la première fiole sur le bois, inspirant profondément tandis que tout un panel de souvenirs et d’émotions se répand à l’intérieur du bois. C’est comme si un croquis au fusain prenait soudain mille et une couleurs : la statue se pare de nuances et de reflets irréels. Ce sang lui a été donné aveuglément, en toute confiance ; et elle espère de tout son cœur que son propriétaire approuvera ce qu’elle en a fait.

Puis vient le moment délicat de l’éveil. L’autre fiole contient un sang puissant, chargé de mille et uns rêves secrets, d’un espoir d’enfant, d’une confiance aveugle et d’un amour simple. Un sang recueilli suite à un accident, un sang innocent. Le sang du capitaine auquel la mage va lier l’esquif. Délicatement, intensément concentrée mais sereine, presque en transe, elle répand le liquide sur le bois. Pendant quelques secondes, rien ne se passe. Allons, c’est maintenant : ton moment est venu, éveille-toi. La gentille poussée a suffi : dans un frémissement ardent, la statue frissonne, et un nuage de copeaux s’envole. Lorsque le tourbillon se dissipe, les traits se sont affinés – et les yeux sont ouverts, et la statue bouge. Malhabile, elle tend le bras en direction de Faustine. « … Mère… ? » La voix est hésitante, mais le timbre adulte déjà. Un sourire ravi, lumineux comme un soleil triomphal, illumine le visage d’ordinaire si sérieux de Faustine. La statue secoue légèrement sa tête de bois, bat de cils si fins qu’ils en sont un miracle ; ses idées semblent se mettre en place, et elle reporte ses prunelles peintes sur la mage – des prunelles cerclées d’un fin cercle écarlate, apparu spontanément. « Tu es la voix de mes songes, la présence dans mes ténèbres, n’est-ce pas ? Tu es ma mère, ma foi, mon serment et – une part de… moi… ? » Les fins sourcils se froncent. « Qui suis-je, mère ? »

La gorge serrée, prête à pleurer, Faustine caresse la joue qui pulse maintenant de vie, tiède sous sa paume. « Tu sais qui tu es, mon enfant. Mon sang t’a donné la magie nécessaire, j’ai choisi de te donner mon enfance et mes rêves, puis ma solitude et mon abandon, pour que tu saches que protéger ton capitaine est ta vocation. Je t’ai donné un sang de mère, pour que tu sois pleine de compassion et d’amour, prête à protéger tes passagers avant toute autre chose. Et je t’ai donné le sang de ton capitaine, pour que tu l’aimes plus que tout le reste. Le navire dont tu es souveraine se nomme Aventurier. Dis-moi, mon enfant, quel nom tu souhaites porter ? »

La figure de proue réfléchit. Sa main de bois recouvre celle de Faustine, et elle baisse les yeux, perdue dans ses pensées. Lorsqu’elle les relève vers elle, carmin dans l’écarlate, un sourire hésitant joue sur ses lèvres. « Maari… ? Est-ce permis ? C’est le nom que je veux, c’est le serment que je fais. Être la protectrice de mon capitaine, l’aimer comme le ferait une mère, et assurer sa sécurité, toujours. » Une larme glisse sur la joue de Faustine. « C’est un très bon choix. Tu es belle comme une étoile sous les lunes jumelles, je suis fière de toi. Es-tu prête à rencontrer ton capitaine ? » La figure de proue acquiesce, et Faustine sourit. « Très bien. Tu es dès à présent vivenef d’Ansemer. Je te salue, Maari, pleine de grâce… »

Quelques instants plus tard, les présentations sont faites à l'autre bout du palais.

« Cette vivenef, c’est l’Aventurier. Il t’emmènera dans mille aventures, dans l’enceinte du palais, Rose : et regarde, sa figure de proue s’appelle Maari. N’est-elle pas jolie ? » « Elle est belle comme maman ! »

Et comment donc ; c’est tout de même le sang de Marjolaine qui a donné sa personnalité à la figure de proue miniature. Rose est ravie. Maari observe d’un air curieux son petit capitaine tumultueux de presque cinq ans, et la petite princesse cavale autour de son cadeau dans une symphonie de cris de joie, au beau milieu du salon de réception de sa mère, où la duchesse la regarde s’exclamer avec un bien doux sourire. Amusée, Faustine montre à sa filleule comment déplier le petit marchepied qui lui permettra de monter à bord de la toute première vivenef à roulettes du continent, et l’enfant hurle de joie lorsque l’esquif s’ébranle lentement sur le tapis, en direction de l’antichambre. Dans le silence qui retombe, ponctué par des explosions de joie de plus en plus distantes tandis que la petite a  vraisemblablement mis le cap tout droit sur le bureau de travail de son père pour montrer sa trouvaille, la ménestrelle reporte son attention sur sa duchesse, énorme sur son siège rembourré de mille coussins qu’elle s’empresse de redresser pour améliorer le confort de son amie.

« Je voulais attendre son anniversaire, pour la lui offrir. Mais tu es si fatiguée avec ton terme qui approche, et je sais qu’elle t’épuise, alors je me suis dit… que ce présent l’occuperait dans les jardins, au moins quelques temps. » Un glapissement ravi en provenance de l’escalier signale à la modeleuse que Rose vient visiblement de découvrir que son nouveau jouet a reçu des enchantements de lévitation pour éviter toute chute impromptue. D’une main affectueuse, la ménestrelle effleure la joue de Marjolaine. « Comment l’as-tu trouvée ? Les artisans du palais l’ont sculptée à ton image, elle ne s’en est que peu écartée en s’éveillant. Elle te ressemble, sais-tu ? Douce, loyale, et farouchement dévouée à Rose… »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse
avatar

Messages : 315
J'ai : 28 ans
Je suis : duchesse de Lagrance

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Denys, mon époux
Mes autres visages: Séverine Belastre, Lancelot l'Adroit et Liry Mac Lir
La Noblesse
Message Sujet: Re: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Dim 18 Juin - 16:36

Elle était de plus en plus fatiguée, son gros ventre rebondi lui nuisait dans ses déplacements.  Elle ne savait plus comment se coucher pour dormir, ni comment s'asseoir.  Elle avait toujours un sentiment d'inconfort dérangeant et ce poids sur son pelvis la faisait souffrir.  Pourtant, comme toujours, elle supportait ses malheurs avec cette complaisance et cette patience qui la caractérisait si pleinement.  Elle continuait de s'occuper de la petite princesse, qui à l'approche de ses cinq ans ne manquaient pas d'énergie et refusait de faire sa sieste l'après-midi.  Tu n'avais plus l'énergie de continuer à tresser des couronnes de fleurs pour Maari, mais à ce stade-ci de la grossesse, elle avait sûrement déjà entendu tes prières.  Et avec un sein aussi énorme, tu ne doutais même pas un seul instant de mettre au monde un beau fils en bonne santé et bien rose.  Une main sur ton ventre, tu contemplais avec un sourire doux l'expression de joie de ta petite fille lorsqu'elle découvrit le cadeau que lui avait préparé sa marraine.  Oh c'était atrocement la gâter que de lui offrir un tel présent, mais Marjolaine n'avait pas envie de faire de reproches à ce propos à celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie.  D'autant plus qu'elle était tellement fière d'elle.  Si la duchesse n'était pas dotée de la magie du sang comme ses parents, elle la comprenait assez pour savoir à quel point obtenir un tel résultat demandait un travail de longue haleine et beaucoup de technique.  C'était la première conscience éveillée que créait Faustine et elle était touchée qu'elle l'offre à sa fille.  Elle le regarda tendrement la fillette prendre la route du bureau de son père – elle n'en doutait pas un instant – pour lui montrer son nouveau jouet, les cris s'espaçant et apportant un peu de calme à la mère bien éprouvée.

« Merci Faustine, j'apprécie énormément ce que tu fais pour moi, pour Rose.  Je crois que je n'aurais pu lui offrir de présent qui lui plairait plus, » déclara-t-elle, pensant encore plus à son enfant qu'à elle-même.  La ménestrelle était toujours pleine d'attentions pour elle et prenait son rôle de marraine bien à cœur et Marjolaine lui était beaucoup plus reconnaissante de cela que de tout ce qu'elle entreprenait pour lui faire plaisir à elle.  La femme enceinte se préoccupait beaucoup plus du bien-être et du bonheur de sa progéniture que du sien même.  Faustine était beaucoup plus qu'une dame de compagnie pour la duchesse et l'idée même de parler d'elle en usant ces termes ne lui avait jamais frôlé l'idée.

Son amie parlait avec enthousiasme en décrivant la figure de proue de cette vivenef à roulettes et si elle-même ne s'était pas sentie si lasse, elle aurait probablement montré le même.  Et peut-être un soupçon de l'excitation de la petite fille dont on n'entendait presque plus les rires.

« Oh, elle est merveilleuse!  Tu as donné vie à une conscience! s'exclama-t-elle en prenant cette main si tendre qui venait d'effleurer son visage, la serrant doucement contre son cœur, Toutes ces années à travailler, à étudier porte enfin fruits.  Il n'y pas de mots pour exprimer la joie que j'éprouve pour toi. »

Ses yeux brillaient de fierté.  Elle se souvenait de l'époque où Faustine était arrivée chez elle, brisée par cette magie et maintenant, elle pouvait l'utiliser jusqu'à donner une vie.  C'était magnifique.

« Cette vivenef répondant au nom de Maari est aussi ton enfant et je suis persuadée qu'elle te ressemble assez pour lui confier la sécurité de Rose, » ajouta-t-elle avec un sourire.  Elle leva une main pour repousser quelques mèches folles qui tombaient sur le front de Faustine.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Mages • Admin
avatar

Messages : 161
J'ai : 28 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Marjolaine du Lierre-Réal et Gustave de la Rive
Mes autres visages: Mélusine de Séverac • Quitterie Aubenacre • Freyja de Brunante • Ljöta d'Evalkyr • Rejwaïde Sinhaj
Les Mages • Admin
Message Sujet: Re: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Mar 4 Juil - 23:21

Décidément. La douceur perpétuelle de Marjolaine sera toujours un merveilleux baume sur son cœur déchiré. Sans mot dire, Faustine écoute les compliments adroitement formulés par sa duchesse, les rangeant soigneusement dans sa mémoire pour s’en rappeler dans les jours moins souriants. Sait-elle, la jolie souveraine universellement adorée de ses sujets, à quel point un seul de ses sourires peut illuminer les journées de sa ménestrelle attitrée ? L’approbation de Marjolaine est devenue l’aune à laquelle Faustine mesure la valeur de son existence, et savoir sa souveraine satisfaite de son travail répond pleinement à ses aspirations. Qu’elle s’estime heureuse, et chanceuse, la petite Outreventoise bannie, de se voir ainsi la préférée parmi les dames de la cour bien plus hautement nées. Quel insigne honneur, d’avoir le privilège de recevoir les confidences de la duchesse de Lagrance…

« Nul mal n’adviendra jamais à Rose sous ma garde, je t’en fais serment. Elle est si merveilleuse – qui pourrait lui vouloir du tort… » Le ton songeur de Faustine illustre mille pensées égarées. Dans ses cauchemars, elle voit Lagrance envahie par les forces ibéennes, les vergers fleuris saccagées par des hordes de barbares hostiles, le palais en flammes répandant des corps sans vie par ses ouvertures béantes – elle voit Marjolaine abattue, Rose massacrée, et elle s’éveille dans des hurlements silencieux qui ne résonnent que dans son âme et affolent Eriath. La guerre l’angoisse, et elle se rappelle trop bien de sa détresse lors de la Samhain, en apprenant sa duchesse en danger, loin de tout secours possible ! Elle est si grande, sa Marjolaine, avec sa belle âme et son cœur généreux, toujours à voir des qualités dans tous ceux qu’elle rencontre, à croire en le meilleur de l’humanité… Faustine, elle, n’en connaît que trop bien tout la laideur, l’ampleur de ses travers, de ses bas instincts, de tout ce qu’il y a de honteux au fond du cœur des hommes. Elle sait tout le mal que l’humanité peut faire, toute la douleur qu’elle sait engendrer, toute la peine qu’elle prend plaisir à causer. Jamais Marjolaine ne devra connaître tout cela, elle s’en est fait le serment il y a bien longtemps : protéger son amie, à n’importe quel prix, voilà quelle serait la contrepartie de l’amitié inattendue qu’elle a consenti à lui donner.

Délicatement, elle attrape la main qui écarte les mèches rebelles de son visage, dépose un baiser plein d’affection sur les doigts élégants, avant de contourner sa duchesse pour replacer les coussins soutenant son corps alourdi, les tapotant au passage pour les regonfler. Elle se doute que Marjolaine doit avoir mal au dos, dans ces derniers jours de grossesse, et place donc les mains sur les épaules tendues pour les masser quelque peu et tâcher de détendre de son mieux les muscles crispés. « Comment te sens-tu, dis-moi ? Les mages disent que l’enfant viendra bientôt, tu dois être soulagée. Sa Grâce ton époux a-t-il déjà choisi le nom qu’il donnera à son fils ? » Car c’est un fils, Faustine en est convaincue, Marjolaine le lui a tant répété ! C’est impossible de savoir, tout de même, mais la ménestrelle espère fortement que son amie ne sera pas trop déçue, si jamais le Destin lui jouait un tour à sa manière. Sans attendre, elle enchaîne, tentant de distraire les pensées de son amie par son babillage. « N’aimerais-tu pas une deuxième fille ? Une sœur, pour Rose ; elles seraient si mignonnes, la grande et la petite, tu ne crois pas ? Qu’un fils… Un fils t’échapperait, tôt ou tard, pour grandir avec son père. Heureusement que je ne serai jamais mère : j’aurais trop de peine à voir s’éloigner mes enfants ! »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse
avatar

Messages : 315
J'ai : 28 ans
Je suis : duchesse de Lagrance

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Denys, mon époux
Mes autres visages: Séverine Belastre, Lancelot l'Adroit et Liry Mac Lir
La Noblesse
Message Sujet: Re: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Dim 30 Juil - 18:40

Les soins que lui apportaient Faustine étaient d'un véritable soulagement pour Marjolaine, elle qui était si fatiguée.  Elle ne se souvenait pas avoir éprouvé autant de maux lorsqu'elle attendait Rose.  Il lui semblait qu'elle s'épuisait plus vite, que son ventre était plus rond, plus lourd, plus encombrant.  Elle y voyait néanmoins la preuve formelle que la vie qu'elle portait en elle était en santé et qu'ils seraient bientôt comblés par l'arrivée d'un beau petit prince, rose et grassouillet.

« Toutes les peines et fatigues sont oubliées quand je pense au bébé qui naîtra bientôt.  Je crois que Denys a déjà quelques idées de prénom pour lui, nous en avons déjà discuté, mais nous n'avons pas encore arrêté notre choix.  Il reste encore un peu de temps. »

Elle resta toutefois perplexe, alors que son amie, elle qui connaissait si bien son propre cœur, soulevait l'idée qu'elle pourrait mettre au monde une sœur, pour Rose.  Ce n'était pas que Marjolaine ne rêvait pas d'avoir d'autres filles, mais en bientôt dix ans de mariage, elle n'avait réussi qu'à concevoir que deux fois et à lourd prix.  Il n'était pas garanti qu'elle puisse le payer une troisième fois.  Mais elle garda ces réflexions pour elle-même.  Elle savait comment détourner la conversation.

« Oh! Faustine, que dis-tu là!  Ce n'est pas que je ne désire pas d'une petite sœur pour Rose, mais… c'est si difficile pour moi de redevenir mère à nouveau.  Je… balbutia-t-elle doucement, Je sais que Denys adore Rose, mais ne crois-tu pas qu'il serait heureux d'avoir un fils aussi?  Que nous serions plus soudés? »

Ce n'était pas un secret que la relation entre les deux têtes couronnées n'était pas aussi parfaite que l'aurait désiré.  Marjolaine répugnait à en faire la mention et ne voulait pas se plaindre de la situation.  Cependant, Faustine était sa première tendre amie, celle qui se tenait infailliblement à ses côtés depuis son adolescence.  Ne pouvait-elle pas se reposer sur elle un peu et lui montrer la tristesse que lui infligeait les infidélités de son époux.  Si seulement elle n'en savait rien, elle se serait beaucoup moins tracassée.  Elle attrapa de nouveau les mains de la ménestrelle, qu'elle ne répugnait point à toucher en dépit de leur difformité.

« Mais ma tendre amie, ne m'inflige pas tant de peine en affirmant aussi positivement que tu ne connaîtras jamais les joies de la maternité.  Ne sais-tu donc point à quel point je suis affliger de t'entendre tenir tel discours? »  La duchesse leva ses yeux de biche vers son amie, dans une plainte muette.  Oh!  Si chère Faustine, crois-tu vraiment qu'il t'est interdit de vivre tous ces moments de bonheur!  L'affection que portait Marjolaine à sa compagne de ses jeux de jeune adolescente était sans borne et elle souffrait parfois de la voir toujours à ses côtés.  Elle ne supporterait certainement pas d'être éloignée d'elle, mais combien trouvait-elle que la jeune femme méritait plus qu'une simple place au palais à ses côtés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Mages • Admin
avatar

Messages : 161
J'ai : 28 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Marjolaine du Lierre-Réal et Gustave de la Rive
Mes autres visages: Mélusine de Séverac • Quitterie Aubenacre • Freyja de Brunante • Ljöta d'Evalkyr • Rejwaïde Sinhaj
Les Mages • Admin
Message Sujet: Re: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Dim 30 Juil - 21:37

Le cœur de Faustine se serre, lorsque Marjolaine évoque ses difficultés à concevoir. Secret étroitement gardé, oui, mais dont elle a surpris les échos par hasard dans une conversation au détour d’un couloir, entre les deux parents Blanc-Lys lors d’une de leurs visites. Elle n’en a jamais rien dit, considérant que sa chère amie lui en ferait part lorsqu’elle estimerait le moment venu ; et que, peut-être, ce moment n’arriverait jamais. Comme saigne son cœur, de savoir que sa duchesse a dû recourir à de telles extrémités pour concevoir ! Et lorsqu’elle évoque à demi-mots les infidélités de son époux, une grande tristesse emplit l’âme de la petite ménestrelle. Sa Marjolaine est bien mal récompensée de son dévouement, et de sa loyauté. Elle n’en parle pas souvent, et toujours à mots voilés, mais Faustine connaît son amie après toutes ces années, et n’a aucune peine à discerner le chagrin qui pèse sur ses épaules. Pourquoi le duc ne peut-il se contenter de cette femme exemplaire ? Elle ne peut nier son charisme, elle l’Outreventoise facilement impressionnable, ni la puissante attraction qu’exerce sur sa conscience cette marque qui barre son torse et qui pulse de magie du Sang ; mais ses innombrables maîtresses ne sont pas mages, elles, et n’ont pas l’excuse de l’aura exercée par un dieu pour justifier leurs coupables ébats.

Non qu’elle-même ait jamais envisagé de tels ébats pour sa propre personne, bien évidemment.

« Ma douce, je crains que nul fils ne soit jamais en mesure de guérir ton époux de ses mauvaises habitudes. » murmure-t-elle, dans un filet de voix désolé. Elle ne veut pas accabler son amie parvenue si près de son terme ; mais Levor a toujours exigé d’elle l’honnêteté et la droiture, c’est donc avec sincérité qu’elle exprime ses réserves. Marjolaine se saisit de ses mains déformées, et c’est avec douceur que Faustine referme les doigts sur ceux de son amie, tentant de lui communiquer un peu de sa sympathie et de sa compassion. C’est à son tour à présent de réfréner une vague de détresse aux mots de son amie, et elle se mord les lèvres un instant. Pour masquer sa gêne, elle se penche vers sa duchesse, dépose un baiser affectueux sur sa joue, et se glisse sur le tabouret disposé pour elle à côté du fauteuil où sa souveraine est installée.

Comment lui expliquer la situation plus que navrante dans laquelle elle se trouve ? Péniblement, les yeux baissés pudiquement sur leurs mains entrelacées, elle tente de trouver les mots susceptibles de convoyer toute la pénible peine qu’elle a verrouillée au fond de son être. Et c'est un petit discours bien pitoyable qui s'égrène dans le silence de la duchesse, alors que sa confidente lui narre la ridicule tragédie de sa terne existence. « Lorsque j’étais… plus jeune, avant que le Sang ne vienne me placer sous son égide, avant que mes iris n’en portent le signe, j’étais – j’étais fiancée. En Outrevent. Le Noroît n’est pas riche, mais nous sommes une très ancienne famille, remontant loin avant la Trêve, et le prestige de notre nom nous valait l’approbation des hautes maisons. Une union avait été négociée pour moi, avec le second fils d’un marquisat réputé. Mais le Sang a surgi dans ma vie, et – et tout a été oublié. On lui a raconté que j’avais péri. Je lui ai écrit, après le couronnement de Sa Grâce Gustave, et la proclamation que le Sang devait être réhabilité. Je… Je ne sais pas ce que j’espérais, exactement. J’étais si jeune alors, je n’avais pas eu le temps de l’aimer, je… Je ne sais pas, Marjolaine. Juste son amitié. Quelqu’un qui se souvienne de l’enfant gaie et pure que j’étais. Et cet hiver, il m’a demandé un service… Modeler une vivenef. Pour lui – pas pour son usage personnel, mais gagner les faveurs de la princesse qu’il courtise. Je n’attendais rien, je t’en fais serment, mais une part de moi a… Je ne sais pas. Je suis incapable de te dire ce que je ressens. C’est, c’est sombre. Et noir. Pas de la jalousie, je n’avais aucun droit sur lui, c’est une évidence… Mais de la résignation, peut-être ? Je suis une façonneuse de consciences, et voilà tout. Je pense que personne ne me verra autrement, tu sais, le Sang fait si peur… Et cela ne me dérange pas. Je suis bien, auprès de toi, à prendre soin de Rose et à veiller sur ton bien-être. Ma vie est bien meilleure que celle de la plupart des gens. Je n’ai pas d’autre ambition, et aucun homme ne voudra jamais de moi, alors c’est bien, comme ça. »

Alors pourquoi cette larme solitaire, qui dévale sa joue et vient s’écraser sur leurs mains jointes ?
Pourquoi sa voix s’est-elle tendue et brisée ?
Pourquoi ne parvient-elle pas à croiser les yeux de son amie pour sourire et rire et prétendre que rien de cela n’a d’importance ?
Pourquoi ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Noblesse
avatar

Messages : 315
J'ai : 28 ans
Je suis : duchesse de Lagrance

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Denys, mon époux
Mes autres visages: Séverine Belastre, Lancelot l'Adroit et Liry Mac Lir
La Noblesse
Message Sujet: Re: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Sam 12 Aoû - 2:28

Marjolaine savait que les paroles de Faustine vibraient de vérité, mais elle y ferma tout simplement son cœur, s'accrochant à ses propres espoirs, aussi pouvaient-ils paraître aux yeux des autres.  Elle se réjouissait de l'ajout qui serait bientôt fait à sa famille et elle se persuadait que cela arrangerait bien des choses.  Elle l'espérait si fort.  Que les gens disent à voix basse qu'elle se voilait la face ne l'effrayait pas.  Elle préférait vivre les yeux couverts, aspirant à un monde meilleur que les prunelles remplies d'horreur.  Elle était pleine d'illusions la jeune duchesse.  Elle s'y berçait dans un confort qu'elle ne désirait point le moins du monde quitter un seul instant.  Ses propres soucis n'étaient point quelque chose sur lesquels elle aimaient à s'attarder, à se morfondre.  Elle préférait s'inquiéter pour les autres, notamment sa chère Faustine.  La duchesse se rappelait encore lorsqu'elle était arrivée à Blanc-Lys, brisée par une suite de malheurs qui l'avaient probablement marquée à jamais et sans que Marjolaine ne puisse jamais tout à fait entièrement comprendre les souffrances qu'elle avait pu endurer.  Depuis les prémisses de leur amitié, la fille du comte n'avait eu de cesse de se faire du soucis pour cette compagne de jeu et d'apprentissage.  Elles avaient grandi, mûri.  Marjolaine s'était trouvée une situation et il lui avait semblé normal d'emmener Faustine avec elle.  C'était elle qui lui reprochait de dire qu'elle resterait seule, mais elle savait être d'une hypocrisie en tenant de tels propos à son égard.  Après tout, c'était bien elle qui la gardait égoïstement auprès d'elle.  Sans l'avouer, la Lagrane savait très bien qu'elle désirait s'attacher à elle encore plus Faustine, la garder dans son sillage pour toujours.  Elle était sincère lorsqu'elle lui souhaitait le bonheur, dans le mariage et la famille, cependant, ô combien lui serait-il difficile de se séparer de Faustine, sa première compagne, sa première amie.

Or, les révélations qu'elle lui fit la surprirent.  Elle qui croyait connaître par cœur sa tendre amie, voilà qu'elle découvrait une nouvelle part de son histoire.  Une nouvelle blessure ouverte sur son pauvre cœur déjà tant meurtri.  Elle serra avec plus de force ses mains, tordues mais si capable de créer le bonheur avec le son de sa vièle.  Un sentiment ressemblant à de la pitié s'empara de Marjolaine.  Elle regretta rapidement, en raison de son amitié profonde pour Faustine qu'elle respectait beaucoup trop pour ce genre de sentiment, néanmoins comment ne pas s'attendrir devant tant de peines.  La vue de la ménestrelle versant des larmes désolait le cœur de la duchesse.

Elle ne sépara point ses mains des siennes pour tenter d'essuyer sa larme, mais appuya plutôt son front contre le sien, préférant gardant leurs doigts unis, protégeant cette amitié toute spéciale qui les liait.

« Faustine, tu n'es pas obligée de le faire si tu ne veux pas, » déclara-t-elle à voix basse, comme si elle voulait protéger un secret, bien qu'il n'y eut personne pour les entendre.  De ses pouces, elle traça d'affectueux ronds sur le dos des mains de la mage aux yeux cerclés de rouge.  Sans s'en rendre compte, elle laissa échapper un soupir douloureux.  Peut-être inconsciemment s'octroyait-elle le droit d'exprimer celle que Faustine gardait contenue en elle.  « Peu importe comment le reste du monde te perçoit, tu ne dois pas oublier toi-même ce que tu es.  Une jeune femme merveilleuse qui mérite tout autant d'être heureuse qu'une autre.  Si cela te fait du mal de lui modeler cette vivenef, ne te sens pas obligée de le faire.  Si tu ne respectes pas toi-même tes sentiments, qui d'autre le fera pour toi ma tendre amie? »  Sa propre voix s'était mise à chevroter.  Elle avait été tellement occupée à penser au bébé, à célébrer sa venue future, à en être si heureuse, qu'elle n'avait même pas vu les souffrances que vivait à côté la personne à qui elle tenait peut-être le plus au monde après son époux et ses enfants.  « Les choses vont changer.  Peu à peu, les mages du sang seront réhabilités, auront leur place tout comme un autre sans avoir à se cacher et se terrer.  Oh ma Faustine!  Que j'aimerais tant prendre une part du poids qui pèse sur tes épaules!  Tu sais que tu peux tout me partager, que je serai toujours là pour toi, n'est-ce pas? »  Ses mains se serrèrent encore un peu avant de relâcher leur pression, craignant de ne faire du mal à ces pauvres doigts déjà bien malmenés.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Les Mages • Admin
avatar

Messages : 161
J'ai : 28 ans

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Marjolaine du Lierre-Réal et Gustave de la Rive
Mes autres visages: Mélusine de Séverac • Quitterie Aubenacre • Freyja de Brunante • Ljöta d'Evalkyr • Rejwaïde Sinhaj
Les Mages • Admin
Message Sujet: Re: Je te salue, Maari, pleine de grâce   Lun 14 Aoû - 0:01

Elle se méprise, Faustine, d’avoir donné voix à son chagrin et à ses doutes personnels. Elle s’était promis de ne pas ajouter aux tracas de Marjolaine, déjà bien éprouvée par ses derniers jours de grossesse, l’hyperactivité débordante de Rose, et les infidélités de son époux. Elle a bien assez de mal à lui dissimuler la fascination que ledit époux exerce sur ses sens, lorsque le hasard leur permet de dégager un peu de temps pour qu’elle continue à lui enseigner à bloquer la lecture de son aura par les mages du Sang qui croiseraient son chemin. Hors de question d’avouer à sa chère amie combien la complexité de l’essence de son mari la perturbe ! La ménestrelle a découvert chez son duc une profondeur inattendue et mille tours et détours à son esprit tortueux, qu’elle n’attendait pas. Elle a rangé cette information dans le secret de son âme, pour y méditer plus à loisir… plus tard. Ses leçons avec Denys sont un secret absolu ; elle a juré de n’en point parler, à quiconque, et une fille de Levor tient toujours parole. Malgré les paroles affectueuses de Marjolaine, c’est quelque chose qu’elle ne peut pas lui confier. C’est sûrement mieux ainsi.

Sans mot dire, Faustine se penche en avant pour enlacer avec mille précautions son amie. Elle n’est pas de nature démonstrative, et se permet rarement une telle familiarité avec sa duchesse qui lui est supérieure à tous les égards ; mais elle a découvert depuis peu qu’un geste vaut bien mille paroles. Elle serre doucement Marjolaine contre elle, caressant prudemment ses cheveux d’une main, tapotant maladroitement son épaule de l’autre. « Il ne faut pas t’inquiéter, vraiment, Marjolaine, je t’assure ; cela me passera bien vite. Je n’ai besoin que de ma vielle, d’Eriath et de ta compagnie pour être heureuse, et j’ai tout cela. » Elle lâche sa duchesse, reprend place sur son tabouret, saisissant entre les siennes l’une de ses mains qu’elle masse à son tour. Elle se sent malvenue, de s’épancher ainsi sur les turpitudes de son petit cœur malmené, mais l’intérêt de son amie pour ses malheurs sentimentaux semble réellement sincère, et mettre des mots sur son chagrin lui permet de faire le point. Les mots de Marjolaine ont évoqué un écho en elle ; et maintenant qu’elle a fermement repoussé l’aura du duc Denys dans un coin de ses pensées, et soigneusement rangé Lionel dans un tiroir clos de sa mémoire, elle doit bien admettre qu’un regard clair cerclé d’écarlate et couronné d’une rousseur flamboyante se rappelle régulièrement à son bon souvenir. Elle en rougit même, Faustine, un peu, tandis qu’à nouveau l’homme vient toquer à la porte de ses réflexions.

Elle en toussote, gênée, sous le regard gentiment inquisiteur de sa souveraine. « Il y a bien… quelqu’un… que j’aime fréquenter. Il est très occupé, il n’a pas forcément beaucoup de temps, mais – il est… prévenant. Attentif à moi, et pas seulement à la magie que je lui enseigne, mais aussi au reste de ma vie. Sentir son esprit vibrer près du mien, c’est… C’est… » Si elle avait eu les mots pour parler de cette expérience crûment, elle aurait certainement évoqué l’aspect sensuel, presque érotique, d’un tel contact ; mais l’Outreventoise réservée est bien loin d’associer ces idées, aussi peine-t-elle un instant à exprimer son ressenti. « C’est puissant, Marjolaine, tu comprends ? Dans ces moments-là, j’ai l’impression de le connaître parfaitement, et même si cela se dissipe lorsque nos magies se rendorment, cela n’en reste pas moins… exaltant. » Elle ne l’a pas nommé, cet homme qui erre régulièrement dans ses rêveries, tant elle répugne à s’aventurer sur le terrain des spéculations ; mais Marjolaine sait peut-être de qui il est question, elle qui a l'instinct d'une marieuse belliférienne lorsqu'il est sujet d'amourettes.

Est-elle... amoureuse ?
La rougeur s'étend sur son visage. Elle ne sait pas.

Sait-elle... ?

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Je te salue, Maari, pleine de grâce
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un soir de pleine lune
» Les Histoires de la Pleine Lune
» En pleine tempête [PV Ezylryb et Volt]
» Débarque en pleine nuit [PV Ninon et JB]
» Pleine lune, sombre présage. [Moyen, privé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arven :: Faërie :: Lagrance :: Palais ducal de Lagrance-
Sauter vers: