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 On est pas sorti d'la grotte !

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Message Sujet: On est pas sorti d'la grotte !   Dim 25 Juin - 22:07




Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Rejwaïde Sinhaj & Mayeul de Vifesprit

On est pas sorti d'la grotte !

Aucun sous-entendu . Jamais.



• Date : 28 juillet 1002
• Météo : Belle, avec quelques passages nuageux.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Mayeul se souvient parfaitement de ce qu'il s'est passé durant la trame alternée et, un peu perdu dans sa vie actuelle, éprouve le besoin d'en parler avec Reja. Elle saura sûrement le réconforter.
• Recensement :
Code:
• [b]28 juillet 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2363-on-est-pas-sorti-d-la-grotte]On est pas sorti d'la grotte ![/url] - [i]Rejwaïde Sinhaj & Mayeul de Vifesprit[/i]
Mayeul se souvient parfaitement de ce qu'il s'est passé durant la trame alternée et, un peu perdu dans sa vie actuelle, éprouve le besoin d'en parler avec Reja. Elle saura sûrement le réconforter.


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Dernière édition par Mayeul de Vifesprit le Dim 25 Juin - 22:10, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Dim 25 Juin - 22:09

Il en a passé des semaines sur le front Mayeul, depuis son retour de cette réalité étrange . Plus que ça même, lui a-t-on certifié, mais il n’en a aucun souvenir. Réellement aucun. Être rapatrié pour surveiller Lughnasadh est presque une pause bievenue. Et autant ne pas le nier, le major de Svaljärd espère trouver Reja, bien conscient qu’ils ont des choses à discuter.

Il lui a écrit, quelques poèmes, durant les semaines qui ont suivi leur retour. Ce qu’il s’est passé entre eux, sous cette tente et à quelques autres endroits, semble tellement irréel maintenant que Mayeul est revenu dans la vie qui est la sienne. Et pourtant, c’est arrivé. Mayeul en a des souvenirs bien plus précis que ces pseudos-jours où il a guerroyé sur le front. Mais à quel point le Voltigeur peut-il se fier à ses propres souvenirs ? Il a repris de la drogue - oh, bien peu, et à une consommation moindre qu’avant - et ses pensées sont brouillées, lui échappant à chaque fois qu’il veut les examiner réellement. « Tu dois te reprendre, Voltigeur. » Agacé, Mayeul plaque les mains sur ses oreilles, comme si cela pouvait faire taire la voix accusatrice qui flotte dans son esprit. Il ne pensait pas devoir à nouveau faire face à la mort de Mathilde, et sait parfaitement qu’il n’en est pas capable. Pas sans aide. Ecrire à Marianne a été un appel au secours, presque désespéré, mais Mayeul sait que cela ne suffira pas. Tout dépend de lui, et il n’est pas sûr de vouloir affronter à nouveau ses démons.

Alors, pourquoi vouloir voir Reja ? Peut-être parce qu’elle a été la seule à qui il pouvait se raccrocher dans ce monde là, avec Nuage et leur lien instable. La mort de Denys a touché le Voltigeur plus profondément qu’il n’a voulu l’admettre devant quiconque. Et Reja sait ce qui s’est passé. Elle est la seule à pouvoir lui confirmer qu’il n’est pas fou, et que la drogue n’a pas emporté le peu de lucidité qu’il lui reste, certains soirs. Et puis autant ne pas le nier, il a apprécié ces moments avec elle. Elle lui manque, un peu. Ce qui n’était qu’un jeu au départ, un défi personnel, celui de séduire une Erebienne qui l’attire autant qu’elle l’intrigue... cela s’est mué en autre chose, et Mayeul a beau le nier de toutes ses forces, il sait que quelque chose a changé. Il aurait dû coucher avec elle et ne plus la croiser. Passer à d’autres bras, d’autres nuits, d’autres visages.

Mais il ne peut pas. Il lui a fait une promesse, et il ne peux pas la briser, n’est-ce pas ? il a promis à Alméïde, aussi, qu’il ne blesserait pas sa sœur. Et Mayeul a beau s’aveugler lui-même, se jurer que c’est juste pour ça, parce qu’il ne veut pas faire de la peine à Reja... Il y a plus, bien plus. Tellement plus. Sauf qu’il n’est pas capable de se l’avouer. Parfois, il lui semble même entendre le rire lointain de Mathilde tandis qu’il nie de toutes ses forces, la tranquille assurance d’une voix dans son esprit lui affirmer qu’il y viendra, qu’il finira par reconnaître ce qu’il ressent. Même Nuage s’en amuse, tandis que Mayeul se débat avec ces sentiments que les cielsombrois aiment tant embrasser, mais qu’il se refuse à admettre.

Il n’est pas tombé sous le charme de l’Erebienne. Non non non. C’est autre chose, forcément : il a besoin d’elle, elle l’a soutenu tandis que son monde partait à la renverse. Quand il sera remis, cela ira mieux, et il l’oubliera. Peut-être. Sûrement ? Que Mirta soit clémente, par pitié. Il a bien assez de problèmes comme ça sans penser sans cesse aux yeux noirs de l’Erebienne et à ses caresses dont le souvenir le fait frémir encore bien des nuits. Panique. Réconfort. Neige blanche, ciel bleu, jeunes humains qui bâtissent des griffons de neige. Tout va bien se passer.

Il est tard lorsqu’il vient frapper à la porte de la chambre que Reja et Grâce partagent. Grâce qui n’y est pas, il le sait, Nuage l’a confirmé. La belliférienne aurait un rendez-vous galant ? Mayeul a déjà noté de la taquiner plus tard à ce sujet mais pour l’heure, sa gorge est serrée par l’appréhension, et il n’a pas le cœur à rire. C’est stupide. Lui, qui jongle avec les mots et en dispose comme il le veut, dont la langue est aussi agile qu’un Voltigeur sur sa monture, ne saurait pas quoi dire ? Stupide, oui. Ridicule. Il refoule ce sentiment avec résolution, et affiche un sourire décomplexé et insolent qui, il le sait, agace profondément la Voltigeuse tandis qu’un bruit retentit derrière la porte.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Ven 30 Juin - 0:16

Il ne s’est rien passé. Rien passé du tout. Jamais, jamais, JA-MAIS. Ce n’était… rien qu’un rêve. Une illusion. Une autre vie. Oh, elle en a frémi, Rejwaïde, lorsque le choix lui a été donné ; comme si une présence incroyablement puissante lui demandait ce qu’elle voulait. Elle a failli oublier, tant cette réalité l’avait malmenée : sa mère bien-aimée en vie, mais qui la méprisait ! Sa sœur bannie, qui la haïssait ! Son frère vivant et sultan – et apparemment, également… son amant. Par Valda, quelle horreur – Reja a failli succomber et effacer tout ça, d’un revers de la main. Mais il y avait… le reste… ces moments inattendus, partagés avec Mayeul, sous la toile d’une tente de voyage erebienne. Ces moments absolument, totalement, définitivement déroutants. Non. Rien. Il ne s’est rien passé. Rien du tout. Jamais. C’est ce qu’elle s’est juré de prétendre : parce qu’il a pris la fuite, évidemment. Il a trahi la confiance qu’elle lui avait accordée, bien inconsidérément : il s’est esquivé, il n’a pas donné suite. Évidemment. C’est un homme. Qu’attendait-elle de plus d’un Cielsombrois ?

Elle a lu les poèmes, la Voltigeuse, ceux qui sont arrivés après son retour dans sa vie réelle. Elle les a lus, relus, jusqu’à les connaître par cœur, les empilant soigneusement dans un coffret, petit rouleau contre petit rouleau, étroitement enserrés de rubans de satin pour les préserver. Elle les a rangés là en prétendant vouloir les cacher, parce qu’ils ne signifient rien, parce qu’elle est agacée d’être ainsi harcelée, parce que… Parce que… Parce qu’elle n’arrive pas à oublier. Parce qu’elle ne veut pas, finalement. Parce qu’elle a aimé devenir le centre de l’univers pour Mayeul, même juste pour une heure. Parce que c’était bon, d’avoir quelqu’un juste pour elle, sans avoir à partager, sans avoir à lutter pour avoir sa pleine attention. Même si ça n’est jamais arrivé. Il ne doit jamais savoir, le Cielsombrois, qu’elle a cédé ; qu’elle a fini par consentir, par lâcher prise, par capituler, et qu’il a réussi à se moquer d’elle comme il le prémédite sûrement depuis le premier regard, à la Caserne de Serre, il y a de ça une dizaine d’années.

Elle l’évite, depuis. Bien sûr, il est major de Svaljärd et le festival de Lughnasadh a lieu précisément à la capitale kyréenne… mais il y aura quantité de Voltigeurs présents sur place, y compris le Maréchal de Serre en personne, elle n’aura sûrement pas besoin de le croiser. Ou du moins, de lui parler. Il y aura Grâce, il y aura Marianne : personnes bien plus intéressantes à fréquenter qu’un major cielsombrois indigne de confiance ! Et elle s’y est tenue, Reja, passant du temps avec son ailière pour renforcer leur efficacité, avec sa cousine pour tisser des liens familiaux auprès de quelqu’un d’autre qu’Alméïde. Plutôt efficace, comme technique, et bien agréable manière de passer le temps entre deux patrouilles avec Sirocco.

Seulement, voilà : on toque à sa porte, et elle sait que c’est lui.
Parce que Nuage a prévenu Sirocco qui lui a transmis l’information.
Un tantinet trop tard pour qu’elle ait le temps de prendre la fuite : satanés griffons vendus.

Contrariée, elle ouvre la porte à la volée, sourcils froncés ; et son regard noircit encore lorsqu’elle voit affiché sur le visage de son visiteur ce sourire goguenard qui l’insupporte au plus haut point. Immédiatement, l’agacement s’enflamme ; et, tapant du pied pour évacuer la frustration, elle lui claque noblement la porte au nez, à la volée, dans un tapage réjouissant. Adossée au battant, c’est un soupir d’exaspération qui lui échappe, avant qu’elle ne se retourne pour poser la main contre le bois qui vibre encore. « Je vais rouvrir la porte, maintenant. Si tu as encore ce sourire insolent, je te le fais ravaler à coups de sabre, c’est compris, Vifesprit ? »

Et tant pis pour le respect dû à la hiérarchie !


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Mar 4 Juil - 23:04

La porte s’ouvre à la volée, sur une Reja que Mayeul devine un tantinet furieuse contre lui. Elle a de quoi, sans doute. Elle a exigé quelque chose de lui, dans cette réalité lointaine, et il n’a pas su lui donner. Mais comment lui expliquer Nuage, la drogue, Deys ? Le fait qu’il est préféré la lâcheté des drogues plutôt que de céder à l’impérieux désir de passer Castiel de Sombreflamme - son duc, et le mari d’Alméïde ! - au fil de l’épée ? Comment lui expliquer la lâcheté, le manque de fiabilité, la douleur réveillée par la rencontre avec Mathilde ?Il ne peut pas, le Voltigeur. Il ‘a pas envie qu’elle sache. Alors il l’a fui, pare que c’est plus simple. Le Nuage de cette réalité a essayé de le convaincre de faire quelque chose, mais Mayeul est buté, lorsqu’il le décide.

Le sourire fait son effet, il le sait bien Mayeul, mais il n’a pas le loisir de placer une seule syllabe que la jeune femme lui claque la porte au nez, sans même écouter ce qu’il a à dire. Bien. Cela veut-il dire qu’elle a réservé à ses poèmes un sort bien peu enviable ? Mayeul brûle de lui demander, histoire d’en avoir le cœur net : il ne veut pas songer au pire, à savoir qu’il a gâché la seule chance qu’il avait. S’il en a jamais désiré une. Qu’est-ce qu’il désire, de Reja ? Pourquoi l’attire-t-elle autant ? Le défi, il le sait au fond, ne tient plus. Ces yeux noirs l’ont ensorcelés, il y a des mois de ça, peut-être même des années, et il ne peut plus se concentrer sur autre chose. Si elle ne veut plus lui parler, peut-être qu’il parviendra enfin à ne plus la désirer ?

La voix de Reja retentit derrière la porte, et Mayeul manque d’éclater de rire, autant de soulagement que de réel amusement. Elle ne le déteste pas au point de ne plus vouloir le voir et rien que ça, s’est rassurant. Cela ôte de son cœur un poids qu’il n’a pas vraiment eu conscience de porter le Voltigeur, et il se prépare une mine de circonstance, affichant un air quelque peu repenti. La porte se rouvre, et une Reja méfiante s’affiche dans l’encadrement de la porte, sabre au clair. Leurs instructeurs, à la Caserne de serre, leur indiquaient de ne jamais dégainer une lame à moins d’avoir la volonté de s’en servir. Le major esquisse une moue quelque peu ennuyé : cela s’annonce plus compliqué que ce qu’il pensait.

« Tu vois ? Pas de sourire ! » Fanfaronne Mayeul. Consternation. Le Voltigeur ignore Nuage pour se concentrer sur la jeune femme. Avant qu’elle ne pense à refermer la porte pourtant, il s’avance d’un pas, s’efforçant d’oublier le sabre erebien. « Je sais que je n’ai pas eu l’occasion de te croiser ces dernières semaines, et je comprends que tu puisses m’en vouloir. Cette vie, ce n’était pas la mienne, Reja. Je ne... » Il hésite un bref instant, le Voltigeur, avant de désigner le battant de la porte. « A vrai dire, je préférerais avoir cette discussion ailleurs que dans le couloir. » Annonce-t-il. La jeune femme n’a pas besoin de savoir que même si elle referme la porte, cela ne l’empêchera pas de lui dire ce qu’il a sur le cœur, même à travers le battant fermé, mais en vérité, il préférerait largement que cela se déroule en privé. « Je serais un invité exemplaire. » Souligne Mayeul avec amusement. Même si Svaljärd est plus chez lui que chez la jeune femme, en vérité.

Comment lui dire qu’il regrette tellement ce qu’il s’est passé ? Que dans cette autre vie, les épreuves étaient bien trop dures ? Mais il a choisi de se souvenir Mayeul, en partie pour ces moments partagés avec Reja. Pour Denys, aussi. Parce que pour la première fois depuis bien longtemps, le major de Svaljärd a eu quelqu’un sur qui compter, quelqu’un à qui se raccrocher. Elle a été le centre de son univers Reja, quelques heures, et c’est pour ça qu’il a voulu se souvenir.

Denys est son meilleur ami. Peu importe qu’il soit Faë, peu importe qu’il soit duc, ou que le temps et la distance ait fragilisé leur lien. Reja est... Il ne sait pas trop, Mayeul, ce qu’est réellement la Voltigeuse. Mais une chose est sûre : ces nuits, ces jours sans elle, il ne veut pas avoir à les revivre. Il s’en défend de toutes ses forces, il refuse de s’avouer la vérité, mais au fond, tout au fond, le major de Svaljärd le sait : il est tombé pour les beaux yeux de Reja. Rudement. Et coucher avec d’autres femmes n’a fait que renforcer cette certitude si bien cachée.

C’est sans doute pour ça qu’il prononce son prénom avec un léger accent, si loin de la façon dont les erebiens le prononce. Une façon pour Mayeul de rendre la jeune femme unique, à ses yeux. D’être le seul à pouvoir prononcer son prénom ainsi. Parce qu’il ne la veut qu’à lui. Il n’a pensé qu’à elle, durant ces dernières semaines sur le front.

Il est amoureux d’elle.

Et merde !

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Mar 18 Juil - 17:33

Elle agrippe son sabre comme le dernier rempart contre la perdition, la Voltigeuse, bien consciente de sa propre faiblesse lorsque Mayeul est impliqué. Oh, elle a tenu bon des années, ignorant les œillades, les avances, les sourires charmeurs – mais lorsqu’il est passé à l’étape des poèmes, il y a quelques mois en arrière, c’est devenu… plus compliqué, de le chasser de ses pensées. Et depuis janvier, il s’y est installé solidement, chevillé à ses rêves, et le souvenir de ces moments scandaleux partagés dans cette étrange vie éphémère ne fait rien pour arranger les choses. Elle est prête à lui laisser une chance, pour de vrai – une seule chance, par principe. Et bien sûr, Mayeul étant lui-même jusqu’au bout des ongles, voilà qu’il se met à fanfaronner. Consternation. Sirocco lui-même semble fort désabusé – il a bien fallu qu’il complote longuement avec Nuage pour arranger ce petit tête-à-tête, et sa cavalière peut comprendre sa déception à l’idée de le voir tourner court. Ses doigts se resserrent convulsivement sur la garde de son sabre, mais il enchaîne rapidement, comme s’il avait compris le sursis dans lequel il se trouve.

L’instinct de la jeune femme lui souffle qu’il n’hésitera pas à lui déclamer ce qu’il est venu lui dire à travers la porte fermée, quand bien même devrait-il le brailler à pleins poumons. « T’as intérêt à bien te tenir. Je partage cette chambre avec Grâce, et si tu fais quoi que ce soit de travers, je lui dirai. Et à Marianne aussi. » Elle a arqué un sourcil menaçant : elle a bien compris que ses deux consœurs exercent l’une et l’autre un contrôle relatif sur l’insupportable Voltigeur, et compte bien se servir du fait que la première est son ailière et la seconde sa cousine pour le faire tenir tranquille. Bon, elle ne lui dira pas que Grâce n’a dormi là que la première nuit avant de découcher systématiquement les suivantes. « Entre. »

Résolument, elle ouvre le battant en grand pour le laisser passer, le refermant soigneusement après son passage pour ne pas qu’ils soient interrompus. Dans l’âtre, un feu ronronne gaiement, et elle remet quelques bûches sur la pile pour entretenir le brasier. Elle a froid, Reja, dans cette contrée de neige et de glace, même au cœur de l’été ! D’ailleurs, elle a drapé sur ses épaules un châle épais prêté par Grâce, par-dessus le tissu bien trop léger de son sari. De la main, elle désigne à Mayeul le fauteuil un peu raide dans le coin de la pièce, s’installant pour sa part en tailleur sur le bord de son lit. Elle est un peu déconcertée : pendant des semaines, elle a repassé dans sa tête ce qu’elle pourrait dire, listant les reproches à lui faire, avant de se décider à feindre l’amnésie… or, maintenant qu’il est là, elle aurait presque envie d’autre chose. De lui parler d’Alméïde, peut-être, de ce que sa sœur lui a révélé sur ce qui s’est vraiment passé ; ou de lui montrer ses tatouages, peut-être ? Ou… ou pas, non. C’est une mauvaise idée ; elle doit se tenir à ce qu’elle a décidé. Il ne s’est rien passé. Elle ne se souvient de rien, car il n’y a rien à se rappeler.

Rien à regretter. Et surtout pas le fantôme de ce qui aurait pu être et qui ne sera jamais. Quel intérêt de pleurer un avenir révolu, auquel elle n’a jamais vraiment cru ? Elle n’a pas besoin de pleurer son chagrin, non – elle n’a pas de larmes à verser, car elle n’est pas amoureuse de Mayeul de Vifesprit. Il ne s’est rien passé. Elle ne se rappelle de rien. Elle n’est pas tombée amoureuse. Jamais !

Relevant les yeux vers son invité, elle chasse ces pensées, scellant son cœur et se barricadant derrière une factice froideur. « Maintenant que tu es là, qu’est-ce que tu veux ? »


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Ven 21 Juil - 22:34

Elle se fait menaçante Reja, l’avertissant que si il ose se comporter mal, elle en avertira Grâce. Grâce, vraiment ? Mayeul  retient la remarque mordante qui lui vient à l’esprit mais il serait curieux, en vérité, d’entendre Reja se justifier de la présence du major du Vol de Valkyrion ici, dans sa chambre. La menace d’en avertir Marianne le déstabilise nettement plus. Marianne... sait. Il a confiance en elle, la médecin ne divulguera pas ce qu’elle sait, il en est presque persuadé. Mais il existe une chance, une infime chance pour que si Reja lui demande un avis, il soit teinté de ce que la jeune femme sait, de cette lettre qui date d’à peine un mois. Réconfort. La présence discrète de Nuage apaise à peine l’inquiétude du Voltigeur, mais il dissimule son trouble du mieux qu’il le peut. En faisant l’imbécile, encore. Parce que c’est quand même nettement plus simple.

Rejwaïde l’invite à rentrer, et le pas du Voltigeur se fait conquérant. Il en sautillerait presque, de pénétrer dans cette chambre où Reja dort - à défaut d’occuper plus agréablement ses nuits. L Voltigeuse s’installe sur son lit, délaissant à Mayeul un vieux fauteuil, mais il a la grâce de ne pas s’en plaindre. Le feu dans l’âtre brûle gaiement, revigoré par la jeune femme, et l’atmosphère est chaleureuse. Presque. Les mots froids de son interlocutrice tranchent le silence, et Mayeul songe un instant à faire jouer son grade, exigeant un tantinet plus de respect. Mais malgré son envie de la provoquer, l’instance de Nuage pour qu’il se tienne sagement l’empêche d’agacer davantage la jeune erebienne.

Qu’est-ce qu’il veux ? C’est une bonne question, en vérité. « Je suis venu te dire que j’ai apprécié ces moments passés en tête à tête. Ils sont presque la seule chose que j’ai envie de retenir de cette réalité complètement faussée. » Il se rappelle le poème d’Eric, et la baleine à laquelle comparer Ilse. Dire à Reja qu’il a apprécié passer cette nuit à coucher avec elle serait vrai, juste, mais sans doute guère apprécié. Sigvald lui-même l’a mis en garde contre ses propos qui, parfois, manquent quelque peu de subtilité. « Et j’aimerais avoir cette chance, à nouveau. Ici. »

Mayeul se lève de son fauteuil dans lequel il s’est à peine assis, s’avançant vers la jeune femme d’un air qui se veut beaucoup plus nonchalant que ce qu’il ressent vraiment. « Je veux que tu m’accordes une chance de te montrer que cela peut être vrai, ce que l’on a vécu. Pas terni par les horreurs vues là-haut. » Il quémande presque, Mayeul, mais cela ne l’arrête pas. Il veut lui faire comprendre, à la jeune femme, qu’il a aimé ces instants partagés. « J’aurais aimé t’en parler avant, mais j’étais déjà sur le front, et ce n’est que parce que Lugnasadh a lieu bientôt que j’ai été rappelé avec mon Vol. » Explique Mayeul, avant de se rapprocher à nouveau et de se laisser tomber assis sur le lit au côté de Reja. Tant pis pour le sabre. Il se tient prêt à rouler de côté quand même, et ne peux résister à l’envie de prévenir la jeune femme. « Je suis Major de Valkyrion, tu n’as pas le droit de me blesser. » Son sourire amusé ne laisse aucun doute sur ce qu’il pense de sa phrase, tranchant avec la solennité de ses paroles précédentes. Mais quand Mayeul a-t-il su rester sérieux très longtemps ?

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Sam 22 Juil - 22:42

Elle en frémit, Reja, lorsque Mayeul mentionne les moments qu’ils ont passés ensemble. Ces moments qui n’ont jamais eu lieu, car il ne s’est jamais rien passé ! Rien du tout. Oh, elle perçoit bien la désapprobation silencieuse de Sirocco, mais elle a bien insisté pour que ce secret-là reste uniquement entre eux – il n’en soufflera donc rien à Nuage. Oh, ce ne sera pas forcément évident de faire avaler au major qu’elle a choisi de ne rien se rappeler ; mais l’alternative est trop dangereuse, et la fille des dunes craint la trahison. Silencieuse, elle l’écoute pérorer, l’observe s’asseoir à ses côtés – son dos se raidit, ses doigts se serrent, elle s’assure que son sabre est bien posé à portée de sa main et qu’elle n’a qu’un seul geste à faire pour s’en saisir. C’est plus fort qu’elle : elle a bien conscience qu’il ne va pas l’agresser, mais elle se sent en danger en sa présence. Elle ne risque pas d’être d’attaquée, pas physiquement ; mais elle sait pertinemment qu’il en faudrait peu pour qu’elle ne lui cède à nouveau, et après presque une décennie de résistance, de recadrages, de refus et de menaces de mort, la capitulation sera quelque peu honteuse et risible.

Alors elle se contente de hausser un sourcil faussement perplexe, mobilisant ses talents d’actrice durement acquis au harem, où il fallait ne rien laisser voir, jamais ne permettre aux autres de deviner ce que l’on ressentait, si l’on voulait survivre un jour de plus – une minute de plus parfois. Oui, elle triche et elle ment, Reja, perpétuellement, comme un réflexe de survie bien ancré au fond d’elle-même, tatoué sur son cœur à l’encre de la souffrance, payé au prix de ces larmes qu’elle n’a jamais osé verser, car toute détresse était faiblesse. Elle croise les bras : dérisoire protection, mais ainsi elle n’est pas tentée de le toucher – qu’il s’agisse d’une gifle bien méritée ou de… de… de ce qui ne s’est jamais produit. « Major ou pas, si tu tentes quoi que ce soit, je te coupe la partie de ton anatomie qui m’aura offensée. » La langue, la main… ou autre chose. On ne peut jamais vraiment savoir, avec ces maudits Cielsombrois.

Elle case un petit reniflement méprisant, se cuirassant de cette glace si envahissante à Svaljärd, mobilisant toutes ses ressources pour, surtout, ne rien laisser voir. Ne pas qu’il se doute que chacun des instants passés dans ses bras est gravé dans sa mémoire. Ne pas lui montrer combien elle s’est sentie humiliée quand il a quitté la tente pour n’y plus revenir. Elle a bien réussi à lui faire avaler que leur précédent tête-à-tête n’est que le fruit de son imagination – avec la complicité inattendue de Nuage, pour le moment, et celle de Marianne – sûrement parviendra-t-elle de nouveau à mener son petit baratin tout le long du chemin. Sûrement. Il le faut, dans tous les cas.

Raide comme la justice, elle se penche légèrement en arrière, comme si sa proximité la gênait, comme si elle le plaçait au même rang qu’un rebut crasseux ou une odeur désagréable, plissant le nez et les lèvres. « Je peux savoir de quoi tu parles exactement… ? Qu’est-ce que tu as encore été inventer ? » Oh, ils font bien un peu mal, ces mots affreux, et elle sen voudrait presque de les prononcer ; mais elle ne peut pas se fier à lui, il l’a prouvé, et elle ne lui laissera pas l’occasion de la blesser. Elle se l’est juré.


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Sam 22 Juil - 23:37

Mayeul sent la tension de l’Erebienne quand il s’installe à ses côtés, mais fait mine de ne pas s’en apercevoir. De ne pas s’en offusquer, aussi blessant que cela puisse être. Il commence à la cerner Reja, à travers les pans de sa vie qu’elle lui dévoile peu à peu, comme une mariée outreventoise s’offre à son mari pour leur première nuit. Couches après couches, vêtements après vêtements, souvenirs après souvenirs. Ce qu’elle a vécu l’empêche de se détendre complètement, mais il aurait pensé qu’après ce qu’ils ont vécu, cela irait mieux. Visiblement pas. Il s’en doute Mayeul, il lui faudra du temps pour apprivoiser la fougueuse Voltigeuse, mais ils l’ont, ce temps. Il est décidé à le prendre, Mayeul, parce qu’il savait qu’avoir couché avec elle ne résoudrait pas tous leurs problèmes.

« Et risquer de faire flamber les rumeurs sur ma présence ici ? » Mayeul lui adresse un sourire plein de morgue, ce même sourire qu’elle déteste, mais il se décide vite pour un compromis, le Voltigeur. Il n‘est pas là pour se mettre la jeune femme à dos, certainement pas ! « Mais je t’ai promis d’être sage, je m’y tiendrais. » Annonce-t-il en levant les mains dans un geste de paix. « Et puis, il serait dommage que tu en viennes à regretter certaines parties de mon anatomie que tu aurais supprimé. » Il y a du rire dans sa voix. Grâce l’aurait incendié pour cette réponse, il le sait. Reja en fera-t-elle de même ?

Mais sans qu’il ne sente le vent tourner, sas qu’il n’anticipe quoi que ce soit, Reja lui plonge soudain sa lame dans le cœur. Ce ne sont que des mots, mais il aurait sas doute mieux accueilli la blessure physique que les paroles dénuées de timbre de la Voltigeuse. « Tu... Je... Tu ne te souviens pas ? » Lui d’habitude si loquace, il est à court de mots. Il n’est pas difficile pour Reja de voir à quel point sa réponse n‘est pas celle que Mayeul attendait. Il pensait à son rejet, à sa colère, mais pas qu’elle l’ait simplement oublié. Pire, même, qu’elle ait choisi de l’oublier, comme si cela avait été une erreur. Tu réfléchis trop, Voltigeur. Soupire une voix dans son esprit, mais Mayeul ne se laisse pas réconforter. Le major de Svaljärd pose les yeux sur la jeune femme à ses côtés, qui s’est reculée comme s’il n‘était rien d’autre qu’un ennui passager, et il n’est pas difficile de lire l’incompréhension et l’incertitude dans les yeux de Mayeul.

Si elle l’avait giflé, il aurait compris. Il le mérite, quelque part. Mais le rejet total de ce qu’ils ont partagé fait bien plus mal qu’une blessure physique. Parce qu’il est amoureux d’elle, il le sait désormais, il est envoûté par ses yeux sombres et l’odeur de sa peau depuis longtemps déjà. Il aspire à se réveiller chaque matin auprès de l’Erebienne, à contempler son visage lorsqu’il lui offre son amour et la moindre parcelle de ce qu’il est. Il ne lui a pas menti, ce soir là : il s’est donné à Reja, complètement et sans retenue. Et apprendre que pour la jeune femme rien n’a jamais existé est douloureux. Parce que sans doute, elle a voulu que rien n’existe. Et cela fait encore plus mal, en réalité.

« J’ai peut-être... Non. Tu ne t’en souviens pas, mais je m’en souviens, moi. » Le feu qui se lit soudain dans les prunelles du Voltigeur est sans appel : il ne se laissera pas évincer aussi facilement. Il se battra, s’il le faut, pour ne rien regretter. Le ton du major de Valkyrion se fait presque accusateur, sans même un regard pour le sabre que la jeune femme tient en main. Il a d’yeux uniquement pour Reja. « Je n’ai pas rêvé. Ton corps, tes soupirs, tes caresses... je n’ai pas oublié. » Son ton se fait provoquant, tandis qu’il la défie de nier. « Tu n’avais pas de tatouages, parce que ce n’était pas chez nous. Je... Tu as été marqué par la Vouivre. C’est faux, peut-être ? »

Son regard plonge dans les yeux de Reja, dans l’attente de sa réponse. D’un mensonge, d’un déni, de quelque chose. Il est troublé cependant le Voltigeur : il en conserve un souvenir flou, de ces tatouages, mais il n’est pas sûr que ce ne soit pas dû à un rêve. Il a beaucoup rêvé de Reja dernièrement, des songes parfois précis, d’autres fois beaucoup moins. Serait-il possible que tout ne soit que le fruit de son imagination ? Même ce qu’il s’est passé das l’autre réalité ? « Vas-y, je t’écoute. » Il croise les bras Mayeul, la mettant au défi de mentir. Il se rappelle, lui, et il n’est pas prêt à laisser Reja s’en sortir aussi facilement. Sa fierté est meurtrie, certes, mais il est hors de question qu’elle puisse se débarrasser de lui sans qu’il ne tente de se battre.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Dim 23 Juil - 21:01

Mayeul vient de comprendre, et Reja observe attentivement les résultats de son mensonge. Elle a rarement l’occasion de le voir autant à court de mots, et elle ne peut s’empêcher d’éprouver un pincement au cœur, comme une onde de culpabilité, en constatant l’ampleur de son subit désarroi. Qu’avait-il imaginé, exactement ? Qu’elle attendrait sagement qu’il se souvienne d’elle, qu’il s’ennuie et ait de nouveau envie de se distraire entre ses cuisses pour disparaître ensuite avant l’aube ? Qu’elle accepterait sans ciller de se trouve reléguée à peine plus haut que les femmes du harem où elle a grandi, tout juste bonne au plaisir d’un homme ? Au fond, ce qui lui fait le plus mal, c’est d’avoir eu raison, en refusant pendant des années de céder ne serait-ce qu’un iota à Mayeul : n’a-t-il pas trahi la confiance qu’elle avait placée en lui, en se détournant d’elle une fois son objectif atteint ? Elle s’est sentie humiliée, Reja, de n’être qu’une femme de plus entre ses draps, une autre anonyme qu’il aurait tôt fait de remplacer. En rajouter un peu plus à présent, devant lui,  revenu la trouver en s’imaginant entrer en pays conquis ? Ha ! Que nenni !

Le voilà qui parle de soupirs, de caresses – le cœur de Reja accélère légèrement lorsqu’elle repense à ses caresses, à lui, lorsqu’il parcourait de ses mains son corps de danseuse, comme pour en apprendre chaque relief et chaque courbe. Elle se contient, toutefois, conserve une froideur glaciale au fond des yeux lorsqu’elle arque délicatement un sourcil prétentieux. « Tu étais là lorsque j’ai été blessée, évidemment que j’ai été marquée par la Vouivre – ta mémoire est vraiment boiteuse, Vifesprit, je me demande bien comment le duc Castiel a pu décider que tu ferais un bon officier. » Impitoyable, elle étale un peu plus de sel sur les plaies du Voltigeur, sans pitié – niant fermement les gémissements de douleur de son propre cœur qu’elle broie sans merci pour étouffer ses élans dangereux dans un étau de fer, au grand dam de Sirocco qui s’offusque. L’instinct lui souffle que, si elle joue bien, elle parviendra peut-être ce soir à se défaire complètement de tout danger impliquant son camarade : avec un peu plus de cruauté, si elle se montre vraiment irrémédiablement odieuse, peut-être la laissera-t-il en paix ?

Alors, elle plisse les yeux, troublée quand même par le feu qui brûle dans les siens, tâchant d’ignorer les hurlements de sa sensibilité ridicule. « Tu as l’air de bien la connaître, ma cicatrice – c’est que tu m’aurais épiée, en plus du reste ? Ça ne te suffisait pas de m’imposer ta présence à chaque occasion, à l’époque de la Caserne comme plus tard ? Il fallait aussi que tu envahisses mon intimité ? Tu faisais comment, tu te glissais dans nos vestiaires à l’infirmerie des Voltigeurs d’Ibelin, pour te rincer l’œil ? Tu collais le nez à la serrure de ma porte ? Tu te cachais derrière la fenêtre ? Et Grâce, et Marianne, tu les as reluquées aussi ? Tu t'offres aussi un droit de cuissage sur les apprenties qui arrivent dans ta division ? J’te savais déjà peu fiable, Vifesprit, mais au fond tu n’es qu’un – qu’un déviant, un pervers. Tu me dégoûtes.»

Oh, le venin avec lequel elle a craché ces mots ! Au fond d’elle-même, une jeune femme vulnérable, couturée de stigmates et de cicatrices, agonise doucement, fauchée par le poison qu’elle vient de répandre sur le malheureux Voltigeur – dont le seul réel crime, peut-être, est d’avoir réussi à la faire succomber. Allez, le coup de grâce, maintenant...

« Tes parents doivent tellement regretter que ce soit toi, le survivant ! »

Son propre cœur se brise, à l'intérieur, mais elle tient fermement les rênes de son chagrin. Est-ce bon ? Est-elle enfin allée trop loin... ? Suffisamment pour qu'il se détache d'elle, à jamais, et qu'elle ne soit... plus jamais tentée de lui appartenir pour de vrai... ?


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Dim 23 Juil - 22:31

La Voltigeuse se fait plus agressive, comme un serpent acculé au fond de son trou, et Mayeul lève un sourcil interrogateur lorsqu’elle se demande pourquoi il a eu cette promotion. Oh, il le sait : pour que Castiel se débarrasse de lui. Son ton se fait moqueur, et il e bat pas en retraite devant l’accusation. « Pourquoi, tu es jalouse ? Que ton mérite ne soit pas reconnu alors que le mien l’est ? L’envie ne te va pas du tout, Reja. » Ce n’est probablement pas la jalousie qui motive les paroles de la Voltigeuse, mais Mayeul n’a pas envie de baisser les armes, et il ne compte pas lui avouer la vérité. Surtout qu’une partie de sa promotion, il la doit à ses prouesses du Tournoi de Hacheclair, dans lequel il n‘a pas démérité. Et puis, ce n’est pas de cette blessure là qu’il parle. « Tu as été marqué, bien avant cela. Tu m’a montré. » Ses paroles sont assurées... Mayeul, en réalité, l’est beaucoup moins. Ses souvenirs sont flous, et il n’est pas réellement sûr de ne pas avoir rêvé. Nuage se montre étonnamment mutique sur le sujet, ce qui ne fait qu’ajouter à la suspicion du Voltigeur. Mais Reja insiste, et elle finit par trouver un autre angle d’attaque. Bien plus cruel, celui-là.

Il ne sert à rien de le nier, et Mayeul n’essaye même pas : les dernières paroles de la jeune femme sont un coup de poignard en plein cœur, une bassesse telle qu’il n’a pas de mots pour l’exprimer. Il s’est confié à elle sur la mort de Mathilde, il lui a dévoilé en partie ses peurs et ses doutes. Qu’elle se serve de ça pour le blesser est une désillusion bien plus cruelle que ce qu’il aurait pu imaginer. Il lui faisait confiance. Il a fait des erreurs, il le sait Mayeul, mais le châtiment infligé par Reja est loin, très loin de ses fautes.

Le feu de la colère brille au fond de ses prunelles quand il se lève brusquement, pour mieux dévisager la jeune femme. Ne pas penser à Mathilde. Se concentrer sur ses accusations. Ignorer Nuage et sa sollicitude, pour le moment. La voix de Mayeul est hachée, vibrante de colère, tandis qu’il lui annonce avec froideur. « Parce que tu crois que j’ai besoin de ça pour voir une femme nue ? D’aller l’observer sous la douche ? Tu as donc une si haute opinion de toi Reja, à croire que je risquerais la mise à pied pour toi ? » Qu’elle l’accuse d’être un pervers, qu’elle l’accuse d’être ce qu’elle veut, il s’en fiche. « J’ai cru avoir envie de passer le reste de ma vie à te voir à mes côtés. Ca aussi, visiblement, ce n’était qu’une illusion ! » La colère colore ses mots, mais Mayeul s’en fiche bien de lui révéler ce qu’il ressent. Il pourrait être tellement méchant, pourtant : parler d’Alméïde, de sa mère, des coups qu’elle a reçu... il pourrait, oui. Mais Reja n’en vaut pas la peine.

Le feu de tout à l’heure le quitte doucement, ne laissant qu’un Mayeul fatigué. Vidé. Il finit par hocher la tête, maté, et c’est d’autant plus inquiétant lorsqu’on le connaît : Mayeul ne rend pas les armes. Jamais. Il a besoin d’avoir le dernier mot, besoin de provoquer et d’exister, mais baisser la tête ne lui ressemble pas. « Je le regrette, moi. Chaque jour. » Murmure-t-il. Ils l’ont déjà eu, cette conversation, il s’en rappelle. Il y a une éternité de ça, à Hacheclair, pendant le Tournoi. Mayeul laisse échapper un rire creux, secouant la tête. « J’ai culpabilisé tu sais. Depuis que je t’ai laissé sous cette tente, j’ai culpabilisé. J’ai cru que... je ne sais pas. Que je t’aimais, sans doute, et que je devais te protéger. De moi. J’ai été tellement stupide. » C’est pour lui qu’il parle, plus que pour Reja. Il ne refera pas la même erreur, il le sait. Il se dirige finalement vers la porte Mayeul, avant de se retourner. « Je suis en mission toute la durée de la fête, mais quand elle sera finie... toi et Grâce, vous partez d’ici. Ne remets pas les pieds à Svaljärd. » La menace est claire, il n’a même pas besoin d’être plus précis. Il ne veux plus la revoir. En vérité, il veut juste partir d’ici, s’enfouir contre les plumes de Nuage et laisser les larmes tenter de faire partir un chagrin qui ne le quittera jamais.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Dim 23 Juil - 23:19

Elle a bien appris, toutes ces années recluse au harem : repérer les failles dans la cuirasse, viser soigneusement, frapper juste. Taper là où ça fait mal. Et une fois la victime à terre, faire pleuvoir une grêle de coups vicieux pour l’achever définitivement. Oui, les concubines sont des championnes incontestées lorsqu’il s’agit de massacre verbal, et les filles qui naissent et grandissent dans cet environnement vicié en deviennent des harpies au visage d’ange. Reja n’y fait pas exception, elle qui ce soir a puisé dans les tréfonds de laideur qui ont forgé son caractère depuis l’enfance… Elle est odieuse, délibérément, parce qu’on lui a appris que si elle ne triomphait pas elle serait vaincue. Alors elle abat toute sa cruauté méthodique sur Mayeul, impitoyablement – refusant d’admettre que ce faisant, c’est un peu d’elle-même qu’elle mutile sauvagement. Elle le nie, farouchement, refoule au fond d’elle-même cette part de son être qui voudrait ressentir, qui voudrait céder, espérer encore et s’attacher, cette part de son âme qui serait si aisément ensanglantée quand la trahison viendrait. Elle s’ampute de ses émotions, Reja, avec une barbarie furieuse – parce qu’aimer, c’est souffrir encore, et qu’après toutes ces années elle n’a plus de sang à perdre ni de larmes à verser.

Elle s’est préparée à sa rebuffade, cuirassée contre ce qu’elle attendait – la colère, la rage, le dépit, l’accusation, tout ce maelström violent qu’elle a nourri dans son propre cœur pour tenter de l’insuffler dans le sien. Elle n’attendait pas cet aveu saugrenu qu’il glisse entre deux accusations. Un instant, la stupeur annihile toute pensée. Ne reste que ce tremblement nerveux qui agite soudain ses mains, tandis que la réalisation commence à se faire dans son esprit. Le reste… de sa vie… ? Il reprend, il tempête encore, et lorsqu’elle voit le feu s’éteindre au fond de ses yeux, Reja perçoit distinctement le son misérable de son cœur qui vole en éclats. Le sien, à lui, peut-être ; mais le sien, à elle, définitivement. Il reprend, renouvelle l’aveu d’un sentiment qu’elle n’espérait plus – elle secoue frénétiquement la tête, tend une main tremblante, mais c’est trop tard : il a tourné le dos, il se dirige vers la porte.

Il va partir.
Il ne reviendra pas.

Un raz-de-marée se lève en elle. Une tornade refoulée qui rompt soudain les chaînes qui la retenaient ; un ouragan puissant qui déferle en furie et qui hurle dans chaque recoin de son esprit les terribles conséquences de son jeu cruel. C’est… terminé. Il n’y aura plus d’œillades insolentes assorties d’un sourire en coin pour la suivre dans les couloirs. Elle ne pourra plus prétendre dormir en portant sa chemise d’homme, bien trop large pour elle mais étrangement confortable. Il n’y aura plus de poèmes glissés sous sa porte, soigneusement lus, relus et appris par cœur avant d’être rangés dans un petit coffret avec la plume offerte par Nuage. Il va lui en vouloir, terriblement, le petit griffon, d’avoir cassé son cavalier. Dans une folle sarabande, toutes les confidences de Mayeul tourbillonnent dans l’esprit de Reja en quelques secondes, réveillant mille échos entrecoupés. Sa sœur, Mathilde qu’il aimait tant – on ne salit pas les morts, Reja, comment as-tu osé ? Elle voudrait parler, le retenir, mais sa gorge est nouée par la boule de sentiments qui enfle dans sa poitrine. Oh, qui enfle et enfle encore, et qui l’étouffe – et qui finit par crever, dans un sanglot étranglé, tandis que de grosses larmes jaillissent au coin de ses yeux. Ça brûle ! Comme de l’acide en plein visage – ce regard terrible qu’il lui a lancé, cette froideur, ce rejet, la certitude d’être redevenue ordinaire – c’est seulement maintenant qu’elle comprend, que pendant tout ce temps, elle a été spéciale à ses yeux. Oh ! Comme ça brûle ! Comme un membre amputé. La panique l’étrangle, son souffle est saccadé, sifflant, et sa voix rauque quand elle parvient, au prix de pénibles secondes à suffoquer, à articuler un cri pitoyable. « Attends ! »

Ses mains tremblent tellement qu’elle ne parvient même pas à les porter à son visage. Elle réalise pleinement ce qu’elle vient de détruire – elle supporterait de se savoir l’artisan de son propre malheur, mais la certitude de savoir cet homme brisé par sa faute la remplit soudain d’horreur. Juste pour cet aveu qu’elle n’avait même pas envisagé, juste pour cette toute petite vérité qui change tout – Reja comprend qu’elle vient de saccager quelque chose de précieux, un don sans prix qu’il lui avait fait sans s’en vanter – elle comprend qu’il a simplement eu peur.

Comme elle.

« Mayeul ! Attends ! » Une deuxième fois. A peine plus fort. Pitoyable prière. Son visage est ravagé par l’ampleur de son désarroi, et la panique fait battre son cœur à coups redoublés, comme un oiseau terrifié qui se briserait tragiquement les ailes aux barreaux de sa cage sans parvenir à s’envoler. Ses mains tremblent, si fort – si fort, Valda ! « J’ai m-menti. » Elle ouvre la bouche, pour expliquer, pour justifier – mais il n’y a aucune excuse, elle le sait. C’est impardonnable. « J’ai eu peur. » Un murmure étranglé qu’il n’entend sûrement pas. Pardonne-moi, articulent silencieusement ses lèvres qui tremblent, elles aussi – elle n’osera pas le dire à voix haute. Pas après les horreurs qu’elle a débitées sans ciller. Serrant les doigts, elle presse un poing contre sa poitrine, pour tenter de calmer la douleur intense qui la transperce de part en part et contre laquelle elle se découvre impuissante.

C’est donc… ça, un cœur brisé… ?
Idiote enfant, qui pense pouvoir saccager impunément les cadeaux du Destin…


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Lun 24 Juil - 18:35

Il lui a fait confiance. Il fait facilement confiance Mayeul, en général, même s'il garde pour lui les sujets qui lui tiennent le plus à coeur .Mathilde, entre autre. Et Reja a piétiné cette confiance, ces secrets, impitoyablement. Elle s'en est servi pour lui faire du mal, sur un sujet qu'elle sait particulièrement sensible. Et si la colère est retombée, s'il ne reste plus qu'une douleur sourde mais lancinante, Mayeul sait bien que c'est en partie de sa faute. Il n'aurait pas dû. Elle est... erebienne. Elle l'a ensorcelé, pour mieux le blesser par la suite. C'est donc vrai, ces histoires sur les Erebiens ? Qu'ils sont mesquins, et mauvais ? On lui a raconté tellement de fois, quand il était enfant, peut être aurait-il du écouter ?

Il ne lui reste qu'à tourner le dos. Oublier ces sentiments qu'il a cru réels, en espérant contre toute attente que cela soit rapide. L'oublier. Il sait comment oublier, et l'envie se fait pressante, impérieuse, le faisant presque suffoquer. Il a besoin de quelque chose, de cette drogue qui fait la renommée de Sombreciel et l'attire dans ses filets à chaque fois que cela devient trop dur de vivre. Oublier, quelques heures, que Reja vient de lui planter un poignard en plein coeur, oublier qu'elle a foulé aux pieds la confiance qu'il a mise en elle.

La voix de Reja retentit derrière son dos, mais il se refuse à l'écouter. A se laisser amadouer, encore, par ses yeux sombres et ses lèvres qui semblent appeler ses baisers. La main sur la poignée de la porte, c'est une seconde supplique qui arrête son geste. Il ne veut pas se retourner pourtant le Voltigeur, et se contente d'interrompre son geste, posant le front sur le panneau de bois. Les yeux fermés, il entend la jeune femme lui avouer qu'elle a menti. S'il ne voit pas ses larmes, il entend sa respiration saccadée. Il sent sa panique, mais refuse de se laisser ensorceler à nouveau. Il ne doit pas, il ne veut pas céder. Se retourner, c'est avouer qu'elle possède une emprise sur lui bien plus grande que ce qu'il voudrait. Nuage reste étrangement silencieux, et le désarroi du Voltigeur s'accentue. Le dos résolument tourné, Mayeul peut se convaincre qu'il gère. Qu'il n'est pas détruit par les paroles de la jeune femme. Mais s'il se retourne, il le sait, c'est fini. Elle lira en lui cette faiblesse, elle saura qu'elle l'a blessé. S'il ne la regarde pas, au moins conservera-t-il cette illusion qu'elle ne sait pas à quel point ses paroles font mal.

Mais il est faible, Mayeul. Quelques secondes encore, le front contre le battant, et il finit par succomber. Sa main lâche la poignée de la porte et il se retourne, le dos pressé contre la sortie. Comme s'il voulait mettre le plus de distance possible entre la Voltigeuse et lui. C'est sans doute le cas, inconsciemment. Son expression se veut soigneusement étudiée lorsqu'il lève les yeux vers la jeune femme, mais il n'a jamais été bien doué pour dissimuler ses sentiments, et Reja n'aura aucune difficulté à lire la douleur qu'il ressent. Il se sent trahi, Mayeul. Blessé. Anéanti, presque.

"Attendre quoi ? Que tu trouves d'autres mots, plus blessants encore ?" Sa voix n'est même plus agressive, un brin amère, peut-être. Un sourire triste sur les lèvres, le Voltigeur secoue la tête. Ne te fatigues pas, je pense que tu m'as dis tout ce que j'avais besoin d'entendre."Il voit le désarroi de la jeune femme, mais s'interdit de faire un pas vers elle. Avoir le dos contre la porte, cette surface solide qui l'empêche de s'écrouler, lui permet de maintenir la distance nécessaire. Que tu aies menti ou non, je ne pense pas que cela change quelque chose maintenant. Avoue Mayeul à mi-voix. Elle l'a blessé, délibérément, et il n'est pas certain d'avoir envie de lui pardonner.

Il a sa part de responsabilités aussi, il le sait. C'est cela qu'il voulait expliquer en entrant dans cette chambre parce que Mayeul le sait, dans cette réalité lointaine, il ne pouvait pas se plier aux exigences de Reja. Pas perdu et drogué comme il l'était. Mais ici... ici c'est différent. Et s'il n'est pas sur d'être fiable, ou d'être celui qu'il faut, le major deSvaljärd s'est promis d'essayer d'être celui que Reja attend. Parce qu'il n'a d'yeux que pour elle, depuis quelques temps maintenant. Parce qu'il veut se réveiller à ses côtés, et non aux côtés d'étrangers. Parce que quand elle n'est pas là, Mayeul se sent en manque.

Il a appelé Marianne à l'aide, pour lui, mais aussi pour elle. Il était prêt à lui offrir quelque chose Mayeul, à essayer de se montrer à la hauteur. Mais maintenant... cela n'en vaut plus la peine, n'est ce pas ? "Qu'est ce que tu attends de moi ?" C'est peut être mieux de ne pas prononcer son prénom. C'est moins difficile.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Mer 26 Juil - 13:17

Elle ne sait pas. C’est ça, la cruelle vérité : Reja n’a aucune idée de ce qu’elle attend de lui. Il y a encore une heure, c’était simple et lumineux : elle voulait cesser de se sentir en danger dès qu’il entrait dans son champ de vision, vulnérable à son sourire, à l’étrange étincelle cachée au fond de ses yeux quand il les posait sur elle. L’instinct lui soufflait qu’il était son point faible, et que si elle s’attachait à lui, elle ne pourrait qu’en souffrir une fois que tout serait terminé. Alméïde a été la seule affection qu’elle s’est permise, et ne souffre-t-elle pas depuis des années de voir sa sœur toujours lui préférer d’autres occupations ? Anthim, la médecine, les bébés de Sitara, le duc de Sombreciel ? Comment aurait-elle pu imaginer qu’il en irait autrement avec Mayeul, qu’il pouvait avoir des intentions… honorables ? Elle en frémit, Reja, et un tremblement souverain l’agite de la tête aux pieds tandis qu’elle enfouit le visage dans ses mains, fuyant le regard du Voltigeur, cette déception intense qu’elle a peine à accepter, cette trahison qu’elle lit au fond de ses yeux, si différente de l’émotion qui y vibrait naguère lorsqu’il les posait sur elle !

Elle ne sait pas. Vraiment pas : perdue, elle est complètement perdue, sans savoir où elle va. Ni même où elle veut aller. Elle n’ose pas relever la tête. Elle n’ose pas le regarder. Prendre en plein visage le mal qu’elle lui a fait. Ça brûle à l’intérieur, un brasier infernal qui ravage la plaie qu’elle porte au cœur depuis des années, et qui n’a jamais vraiment guéri. Noyée, complètement, dans le torrent puissant qui cavale dans ses veines en hurlant. Au prix d’un effort colossal – et d’une importante vague apaisante transmise par Sirocco – Reja parvient à calmer quelque peu le tremblement nerveux qui la secoue toute entière. Penaude, elle risque un œil entre ses doigts ; ô, Joseï, il a l’air tellement blessé, adossé là contre sa porte ! Elle est à court de mots pour exprimer l’ampleur de ce qu’elle ressent – peut-elle seulement comprendre, elle-même, l’identité réelle des sentiments qui s’entremêlent en elle ? Et si elle lui expliquait, tout cela… est-ce qu’il pourrait le comprendre ? Est-ce qu’un Cielsombrois inconséquent et volage pourrait vraiment appréhender l’intégralité des multiples facettes derrière lesquelles elle se dissimule ?

« On – on ne m’a jamais appris à comprendre ce que je ressens. On m’a appris à tuer mes sentiments. » Dès qu’elle a eu l’âge de comprendre ce que sa mère attendait d’elle. Dès le départ d’Alméïde pour le palais, en fait. Parce que c’est dangereux de s’attacher. Parce que c’est facile d’être manipulée, et blessée, et tuée. Parce que leur position était très vulnérable, sa mère l’ancienne sultane et actuelle favorite, et elle la seule enfant restante à persécuter, Anwar étant mort assassiné et Alméïde en sécurité auprès du prince. On lui appris à ne pas s’attacher, parce qu’un être cher peut être arraché subitement, ou trahir et mutiler. Nerveuse, Reja se mord les lèvres. Au fond, elle sait, ce qu’elle attend de lui. Elle n’ose simplement pas le lui demander. Et s’il refusait ? Et s’il se moquait d’elle, et s’il la traînait dans la poussière en répandant ragots et mensonges ? Et si… Et si.

Et si elle essayait ? Juste pour cette fois.
Parce qu’il a tout changé.  

« Je sais me faire haïr, je sais comment me faire détester, mais je sais pas – je sais pas me faire aimer. » On lui a enseigné à donner les coups en premier, pour ne pas avoir à les rendre, pour ne pas avoir à se défendre. Désemparée, elle hausse les épaules, pose les mains sur ses cuisses pour parvenir à se tenir droite, alors qu’une envie furieuse de se cacher sous le couvre-lit la démange. C’est dur, de trouver comment formuler sa pensée. De mettre des mots sur ce désastre. Hésitante, elle reprend, d’une voix blanche. « C’était tellement plus simple, de prétendre qu’il ne se passait rien, que de prendre le risque d’y croire. » Le risque, oui. Il n’a sûrement aucune idée du risque qu’elle prend, véritablement, à le laisser entrer dans sa vie. De la certitude qu’elle a, que tout va forcément dégénérer. Il ne sait pas qu’elle se prépare déjà aux larmes, à la solitude, à la trahison et à l’abandon. Il ne sait pas qu’elle a l’habitude de perdre ceux qu’elle aime.

Il ne sait pas. Comment le pourrait-il ? Le harem d’Erebor garde bien ses secrets, et nul ne peut voir la rivière du sang des femmes et des enfants assassinés alors qu’ils sont censés être sous la protection du sultan. « Je… Je sais pas faire ça. » Elle baisse les yeux sur ses mains. Elle déteste être en position de faiblesse. La supplique lui déchire la gorge – mais elle s’entête, à contre-courant de tout ce qu’on lui a enseigné, enfreignant tout ce qu’elle a appris. Elle s’obstine. Parce qu’une petite voix lui chuchote que, cette fois, ça en vaut peut-être la peine. « Je – je veux apprendre. » Tout ça. La confiance. L’espoir. Être aimée. Y croire. « Et si tu – si ce que tu disais est vrai, si toi tu, tu… » Elle s’embrouille. Elle n’arrive pas à le dire – pas encore. C’est trop grand, trop effrayant. Peut-il réellement croire en elle ? Est-ce seulement possible, la voilà, la vraie question. « … Si toi, si tu veux de moi, alors, alors – est-ce que tu veux bien… m’apprendre ? »

Elle n'ose pas le regarder.
Et s'il refusait ?


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Jeu 27 Juil - 21:21

Reja évite son regard, et ce fait seul suffit à dire à Mayeul qu'elle est sincèrement désolée d'avoir eu des paroles blessantes, et d'avoir trahi cette confiance qu'il a mise en elle, en lui révélant pour Mathilde. Parce que depuis quand Reja se cache-t-elle ? Elle affronte les problèmes, sabre en main, il l'a bien assez constaté pour le savoir. C'est déstabilisant, de voir la Voltigeuse si démunie, mais Mayeul se force à blinder son cœur. Parce qu'il le sait : s'il craque maintenant, et qu'il lui pardonne, comment savoir si elle ne recommencera pas ? Les mots ont du pouvoir, il le sait. Céder, pardonner, c'est donner à Reja l'occasion de recommencer. Et il n'est pas réellement persuadé que c'est une bonne solution Mayeul. Pas réellement sur de vouloir lui laisser le pouvoir de le rendre malheureux : il l'est bien assez comme ca, après tout.

Le poing du major de Svaljärd se serre, tandis qu'il lutte contre l'envie de tourner les talons et de s'enfermer dans sa chambre, pour goûter à l'oubli et à l'abandon. Il ne doit pas céder à la tentation. Alors bras croisés, le dos contre la porte, il se concentre sur la seule personne dans cette pièce qui peut lui donner envie de lutter, même si elle est celle qui l'a blessé en premier lieu. Reja. Son visage caché dans ses mains, la ligne de ses épaules, ses vêtements bien trop erebiens dont il devine la présence, à travers de ce que laisse percevoir le châle drapé autour de ses épaules. Il connaît ce corps dissimulé par les couches de tissus, il a eu l'occasion de l'explorer, il y a semble-t-il une éternité de ça.

Perdu dans sa contemplation, dans cette volonté pressante de ne plus ressentir le chagrin qui menace de le submerger, Mayeul garde les yeux farouchement posés sur la jeune femme. Il lui en veut, mais il s'en veut aussi à lui même. Il savait, il en était sûr, que tomber amoureux d'elle n'était pas une bonne idée.  Il a vu Mélusine amoureuse, presque détruite par cet amour qu'elle portait à Denys.  Non, l'amour, c'est bien trop compliqué. Profiter de ce que les corps, tant masculins que féminins, ont a lui offrir et repartir aussi libre qu'il est arrivé, c'est plus simple. Pas de blessures. Pas de trahisons. Pas d'attaches. Il ne sait même pas réellement comment la sauvage erebienne s'est installée durablement dans ses pensées. Il songe depuis des années à la mettre dans son lit, depuis qu'ils se sont croisés tous les deux en temps que cadets. Par amusement, par défi aussi, et il a continué de la taquiner à chacune de leurs rencontres. Il ne l'aimait pas, à cette époque. Probablement pas. Mais ils se sont beaucoup croisés, au cours de cette dernière année, et cette bravade adolescente a fait place à quelque chose de plus mature sans qu'il s'en aperçoive. Peut être que s'il l'avait vu venir, il n'en serait pas là ?

Les mots de la jeune femme le prennent au dépourvu. Ils ont parlé déjà, tous les deux, du fait que Reja ne voulait pas lui révéler totalement ce qu'elle ressentait. Ils ont parlé du harem, brièvement, mais Mayeul le sait, il n'a pas compris. Parce qu'il est cielsombrois, homme, noble, à des milliards de kilomètres de comprendre la vie qu'à eu la Voltigeuse. Il reste silencieux le major, bras croisés, les lèvres serrés dans une attitude fermée. Mais ses yeux, il le sait, le trahissent. Il n'est plus en colère, seulement fatigué. Peiné. Et touché, aussi, que la jeune femme prenne la peine de lui expliquer, parce qu'une chose est sûre : il sait que c'est difficile pour elle. Un soupir lui échappe lorsque Reja affirme qu'elle sait se faire détester. Il en a une longue expérience Mayeul : il aime aussi jouer et agacer, mais il n'est jamais blessant consciemment. Peut être est ce une des différences entre la Voltigeuse et lui : Mayeul s'amuse. Pour Reja, c'est avant tout une question de survie.

Et dans les mots de la jeune femme, Mayeul perçoit sans peine l'intensité de ses craintes. L'apprécier, avouer ce qu'il s'est passé, c'est prendre un risque. Celui d'être blessée peut-être, de se tromper, d'être rejetée. C'est pour ça qu'elle a menti ? Par peur ?
Alors non, il ne sait pas Mayeul, mais il entrevoit les choses sous un nouvel angle. Le problème, ce n'est pas lui, ni ce qu'ils ont partagé, mais bien le sens de ce que la Voltigeuse met derrière. Il peine à concevoir le risque, la peur, lui qui n'a pas grandi en se disant que faire l'amour est un engagement. Habitué aux relations qui ne durent qu'un temps, comment comprendrait-il la peur de Reja d'être rejeté ? La quitter au petit matin n'a certainement pas aidé la jeune femme à être rassurée, il le comprend désormais.

Les mots de la jeune femme se font plus hachés, et le major de Svaljärd hésite. Il sait que cet instant précis est un tournant dans cette... relation ? Chose qu'ils sont en train de construire. S'il tourne les talons maintenant, il ne reviendra plus en arrière. Reja a besoin de lui, et c'est à Mayeul de décider s'il veut lui donner ce pouvoir sur lui. Elle le connaît, elle sait ses doutes, mais surtout elle peut le blesser. A Mayeul de choisir si cela vaut la peine ou non. S'il l'aime assez pour lui donner, de son plein gré, le pouvoir de le briser. Mentionner les regrets de ses parents quand à la mort de Mathilde était un coup bas, coup de griffe d'un animal acculé. Cela sonne si proche des propres regrets de Mayeul pourtant, que c'est compliqué d'ignorer la vérité de la phrase. Et pourtant... Le Voltigeur le sait, c'est sa seule chance. Pardonner. Accepter.

Il se détache de la porte, pour se rapprocher de Reja qui évite son regard. Le major de Svaljärd se laisse tomber sur le lit, assis à côté de la jeune femme, avant de lui prendre doucement le menton pour la forcer à la regarder. "Tu m'as laissé une chance, dans cette réalité qui n'était pas la nôtre. Mais ce n'était pas vraiment toi, et ce n'était pas moi." Il n'est pas bien sur sûr qu'elle comprenne, alors il s'explique Mayeul. "Laisse moi cette chance, maintenant, de t'apprendre. De te montrer. Je ne te promets pas de ne jamais te rendre triste, mais je te jure de faire de mon mieux." Un sourire, et Mayeul se penche. Ses lèvres frôlent celle de la Voltigeuse, avant qu'il ne murmure en réponse au discours confus de la jeune femme. "Je te veux toi, Reja. Je ne mentais pas. Tu es la première chose que je désire voir en me réveillant, et la dernière avant de m'endormir." D'un geste, il attire Reja contre lui, goûtant enfin à la douceur de ses lèvres. Oh, il a encore le cœur serré devant ses paroles cruelles, mais elle avait raison la Voltigeuse : tout le monde a droit à sa chance, et il a décidé d'en accorder une à Reja.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Ven 28 Juil - 22:38

Le regard braqué sur le tapis usé qui recouvre les dalles du sol, Reja n’ose plus bouger ne serait-ce qu’un cil. Un peu comme ces animaux pris au piège, qui pensent que s’ils se tiennent cois on ne les verra pas… Le salut réside peut-être dans la fuite, dans ce cas présent, mais il s’agit de ses propres quartiers, où donc pourrait-elle fuir ? De toute manière, elle n’est pas absolument certaine d’en avoir envie. S’il la repousse, alors oui, elle fuira, elle s’en ira, cacher sa détresse dans les plumes de Sirocco ; mais il n’a pas encore parlé, il n’a rien dit, il n’a pas décidé. Peut-être… ? Les yeux toujours braqués obstinément au sol, sur les franges du tapis qui s’effiloche, elle concentre tous ses sens sur lui, sur le rythme de sa respiration, sur le moindre de ses mouvements, sur ses déplacements. Il s’installe à ses côtés, et c’est une petite victoire en soi : il n’est pas parti. Il aurait pu la briser, d’un seul mot, d’un seul geste, ne serait-ce qu’en gardant le silence ; elle aurait volé en éclats, et plus rien n’aurait jamais été pareil. Il aurait pu se venger, de sa cruauté et de son égoïsme, du mal qu’elle a tenté de lui faire et des blessures qu’elle lui a infligées… Peut-être ne s’est-il approché que pour ça, précisément ? Mais l’instinct de l’Erebienne lui souffle que ce n’est pas le cas, et dans les méandres de son esprit mutilé, une étincelle d’espoir se met à vibrer en sourdine.

Elle ne peut s’empêcher d’avoir un mouvement de recul, lorsqu’il lui saisit le menton ; avant de se calmer, tournant docilement le visage vers lui, son regard fuyant toujours celui du Voltigeur. Quelques secondes s’écoulent, et elle finit par ne plus avoir le choix : leurs visages sont tellement proches qu’elle finit par plonger les yeux dans les siens, son cœur battant la chamade. La promesse qu’il lui fait est bien cielsombroise, mais également très honnête : il ne s’engage qu’à… faire de son mieux. Est-ce que c’est assez, pour elle ? Est-ce qu’elle consent à se mettre en danger sur le simple engagement d’un peut-être ? Est-ce que s’il essaie, cela suffira ? Les mots qu’ils prononcent ensuite hurlent que oui. Personne, jamais, n’a eu pour elle de telles paroles ; jamais encore elle n’avait eu la sensation d’être importante, de mériter de passer en premier. De compter vraiment. Le baiser qu’il lui offre a un goût de promesse et d’esquisse, de futur et d’avenir, d’acceptation et de pardon. Il l’a vue dans sa plus totale laideur, avec les stigmates de son âme et la violence qu’elle porte chevillée au cœur, il sait que les marques laissées sur son corps ont aussi endommagé son esprit – il sait tout cela, et il veut d’elle quand même. Malgré l’ampleur de ses faiblesses et la profondeur de ses manques – Mayeul veut Reja.

Quelque chose se brise en elle – mais cette fois, ce n’est pas tant douloureux que libérateur. C’est un flot d’émotions qui revient, longtemps barricadé et à présent déchargé de toute entrave. Elle fond dans ce baiser, Reja, cramponnée à Mayeul comme s’il allait s’enfuir, puisant du courage dans la force de son bras qui la retient serrée contre lui, immensément soulagée et proprement terrifiée tout en même temps. Il accepte, il veut bien, il consent – par Valda ! Elle a tellement plus à perdre à présent ! Le souffle lui manque, et c’est dans une goulée d’air tremblante qu’elle se sépare de lui, choquée presque, cachant son visage dans le creux de son cou, à écouter battre quelques instants le sang sous sa peau. Elle a un aveu à faire, par souci d’honnêteté – et elle reste cachée contre lui, honteuse encore. « Je… Je dois te dire… tu avais raison. Tu as déjà vu mes cicatrices, mes tatouages et la marque de la Vouivre, la première… En janvier, quand tu étais blessé. Je suis – je suis venue te voir, parce que Nuage m’avait demandé, tu étais blessé… » Elle n’ose pas avouer le reste – mais sûrement s’en souvient-il… un peu ?


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Dim 30 Juil - 15:41

Les yeux dans les yeux, si proches l'un de l'autre, Reja et Mayeul s'observent un instant avant que le Voltigeur ne l'embrasse. Un baiser doux et chaleureux, une promesse de découvertes. Il craint de se faire trop affamé Mayeul, même si tout son corps hurle pour davantage, mais il s'en voudrait d'être la cause de la fuite de la jeune femme. C'est elle qui s'accroche davantage pourtant, et leur étreinte se fait plus intime encore, comme s'ils avaient été trop longtemps séparé. C'est vrai, en un sens : elle lui a manqué Reja, depuis qu'il est revenu dans cette réalité. Envoyé sur le front depuis des semaines - semaines dont il n'a strictement aucun souvenir - Mayeul a eu amplement le temps de penser à la Voltigeuse Erebienne.

Le baiser s'interrompt, et la voix étouffée de Reja retentit dans le silence de la chambre. Il voudrait triompher Mayeul, lui dire qu'il se souvient bien, mais les paroles de la jeune femme le laissent perplexe. Il se souvient avoir rêvé d'elle. Il sait que Nuage lui a demandé d'aller le voir, mais il est bien incapable de discerner le rêve de la réalité. "L'attelle." Il s’accroche à ce détail le Voltigeur, peinant à rassembler ses souvenirs. Il était confus, drogué, blessé, et ne se souvient pas de tout, mais il se rappelle que quelque chose n'allait pas."Je me souviens que cela ne collait pas. Je t'ai vu blessé. J'ai..." Les sourcils de Mayeul se froncent, tandis qu'il réfléchit. "Je t'ai embrassé. Je t'ai dit que... tu ne devais pas partir parce que..." Les souvenirs s'assemblent, s'éclairent, et Mayeul se recule pour fixer la jeune femme, bouche bée. "Tu veux dire que tout était vrai ?"

La main du Voltigeur lâche Reja et Mayeul se plaque les mains sur les yeux, cherchant la concentration. Il a besoin de se remémorer ce qu'il a dit, mais il en est bien incapable. Il se souvient d'avoir pensé qu'elle était là pour lui, pour satisfaire ses désirs, au contraire de la vraie Reja. Par Mirta, il ne lui a quand même pas dit cela ? Il l'a juste pensé ? Rêvé ? Ou c'est pire, bien pire que cela ? "Comment as-tu pu me faire croire... ?" Il ne finit même pas sa phrase Mayeul, se levant brusquement pour faire les cent pas. "J'étais drogué. Qu'est-ce que que je t'ai dit ?" Demande le Voltigeur en se tournant vers la jeune femme, un air abasourdi sur le visage. Comment a-t-elle pu profiter de sa faiblesse ainsi ? Et vraiment, qu'est-ce qu'il peut bien lui avoir dit ? Après le choc, il n'était guère cohérent Mayeul, il le sait. "Et Nuage sait ?" La colère du Voltigeur flamboie de nouveau, et il sent le petit griffon hésiter.

Il est furieux Mayeul, que Reja ait profité de lui ainsi. Il a pu lui dire n'importe quoi, dans l'état où il se trouvait ! Lui parler de Mathilde, de ses sentiments, de la colère qu'il éprouve toujours pour ses parents. D'elle, aussi. Surtout. Elle... Elle n'avait pas le droit. Il se sent trahi Mayeul, à nouveau, bien incapable de savoir ce qu'elle a obtenu de lui. Il se rappelle le baiser, les caresses, sa cicatrice et ses tatouages. Il a cru avoir rêvé, et pourtant tout était vrai ? Comment savoir, alors, si ce que Reja éprouve pour lui ne découle pas de ce qu'il lui a dit ? "C'est pas vrai." Souffle Mayeul. Depuis tout ce temps, il lui cache qu'il est accro aux substances cielsombroises et elle, elle se raccroche aux gestes et aux mots d'un drogué !

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Dim 30 Juil - 20:01

L’attelle. Reja hoche silencieusement la tête, cachée contre son cou. Oui, l’attelle : son poignet blessé lors de leur exploration du Palais des Soupirs. L’attelle qu’elle portait, ce soir-là. Ce soir où elle a pris peur devant ses propres sentiments, où elle s’est barricadée en elle-même, où elle l’a mené en chameau pour masquer sa propre fuite. Avec la complicité de Nuage, avec la complicité de Marianne. Ce soir, ce premier soir où elle l’a trahi et leurré. La honte lui enflamme les joues et elle n’ose pas répondre, alors qu’il la repousse et s’interroge. Son désarroi la désole – il n’a pourtant pas grand-chose à craindre. Il se relève, fait les cent pas – elle a froid, soudain, privée de sa chaleur. Il semble profondément atterré, et elle ne sait pas quels mots utiliser, pour le rassurer. Elle lève à demi les mains, en un geste qui se veut rassurant mais qui n’est vraiment qu’impuissant. « Nuage sait, c’est lui qui m’avait demandé d’aller te voir, les… les médicaments affectaient trop ton esprit pour qu’il puisse s’assurer lui-même que tu allais bien. Et… Marianne se doute de quelque chose, elle était là, à la fin, elle m’a aidée à te… à te remettre dans ton lit. Je ne lui ai rien raconté, mais elle a sûrement… deviné. Deux ou trois choses. » Loin de le rassurer, cette révélation a l’air de l’affliger encore plus, et c’est d’un geste clairement désespéré qu’il se passe la main sur le visage. Marianne ne dira rien, pourtant, elle en est convaincue ! « Tu peux avoir confiance en Marianne, elle – elle ne dira rien, elle t’aime bien. Et c’est – c’est ma cousine. Elle a promis. Et Nuage aussi, je l’ai fait promettre de ne rien te dire, c’est ma faute s’il ne t’en a pas parlé. J’ai – je suis allée le voir, après, dans les nids. » Et j’ai pleuré ma vie contre ses plumes, et il a eu pitié, et je sais qu’il te le montrera, parce qu’il t’aime et que ça l’a fortement contrarié de ne pas pouvoir t’en parler, et qu’il ne l’a fait que parce que Sirocco a insisté.

Nerveuse, la Voltigeuse se tord les doigts dans le tissu de son sari. Sans vraiment y réfléchir, elle se lève, abandonnant son châle sur le couvre-lit, peu préoccupée d’avoir chaud alors que Mayeul est là, devant elle, visiblement en train de se débattre dans les affres de l’inquiétude. De quelques pas prudents, elle le rejoint, saisit timidement ses mains pour les écarter de son visage. « Tu n’as pas… dit… grand-chose. Juste… que tu rêvais de moi, parfois, la nuit… » Chaque nuit. Il a parlé de chaque nuit, et elle se souvient encore de la chaleur qui s’est répandue dans ses veines à cette idée. « … et tu m’as montré ce que je faisais, dans ces rêves-là. » Elle n’a rien oublié de ces instants qui l’ont si fortement chamboulée. Ses gestes si déterminés, et pourtant d’une si grande douceur. La délicatesse de chacune de ses caresses. Le simple souvenir de ses doigts sur sa peau éveille un frisson le long de son dos – ces mains qu’elle tient dans les siennes, elle aimerait les sentir à nouveau sur elle, c’est une certitude. A mi-voix, elle en fait l'aveu, craintive presque de se dévoiler autant devant lui. « Sais-tu combien j’en chéris la mémoire, de ces quelques instants, de l’attention que tu m’as donnée, de combien mon corps se tendait vers toi, à cœur battant ? Cette nuit-là tu m’as donné des souvenirs précieux, et depuis tu es devenu mon refuge – chaque nuit, je dors dans ta chemise, pour avoir l’impression d’être à nouveau dans tes bras. »

Il y a quelques mois de ça, il se serait moqué de l’entendre confesser son obsession secrète. Il y a quelques mois en arrière, il aurait ri d’elle, sûrement, avec un sourire insolent et quelques vantardises insupportables – mais aujourd’hui, qu’en est-il… ?


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Lun 31 Juil - 22:38

Mayeul est furieux, blessé, trahi. Reja n'avait pas le droit de profiter de sa faiblesse pour lui extorquer ce qui ressent pour elle. Cela fait des mois qu'elle sait ! Des mois à le voir lui tourner autour, des mois pour quoi ? S'assurer que ses sentiments sont sincères ? Qu'il correspond bien à ce qu'elle veux obtenir de lui ? La mention de Nuage le blesse davantage encore. Le petit griffon n'a rien dit, le laissant s'embourber dans les affres de l'interrogation. Oh, pas étonnant qu'il s'entende si bien avec Sirocco, ils doivent en passer de bons moments, à rire de lui ! Peine. Regrets. Mayeul fait mine d'ignorer les sentiments de Nuage, les repoussant avec fermeté.

Et Reja assène le coup de grâce : Marianne sait, elle aussi. Marianne. La même Marianne à qui il a écrit pour appeler à l'aide. Elle sait, elle aussi. Il est donc le seul à ignorer ce qui s'est passé ce soir là ? À ignorer que ce n'était pas qu'un rêve de plus ? Le désespoir du Voltigeur est à son comble. Le visage enfoui dans ses mains, il ne peut que tenter de rassembler quelques bribes de souvenirs. Le sentiment de colère fond devant celui de trahison, qui vibre profondément dans tout son être. Il est défait Mayeul, honteux que tous aient pu ainsi se jouer de lui et de ses sentiments.

Un rire amer s'échappe de sa gorge, quand Reja tente de se justifier. Avoir confiance en Marianne ? Alors qu'elle détient ses secrets entre ses mains, alors qu'il est tout entier soumis à son bon vouloir ? Elle n'a qu'un mot à dire, une lettre à montrer, et sa vie est fini. Plus de Voltige. Plus de Reja. Plus rien. Mayeul n'est plus en colère, en vérité : il est terrifié. Force. Conviction. Amour, Voltige. Regret. Le rire se transforme presque en sanglot. Il comprend Nuage, qui n'a pas pu résister aux suppliques de Reja, sachant à quel point son Voltigeur tient à elle. Sirocco. Insistance. Tristesse, impuissance. Mayeul comprend, oui, que Nuage ne savait plus vraiment quoi faire. Il leur faudra régler ça, plus tard, tous les deux. Affection. Soulagement.

C'est un cauchemar. Il ne sait plus quoi faire le Voltigeur, et il garde le visage dans ses mains, espérant contre toute attente que rien de tout cela n'est vrai. Sa colère s'est muée en abattement devant l'ampleur de ce que lui raconte Reja. Et elle n'en a pas fini avec lui, visiblement. Il entend la jeune femme se rapprocher de lui, et deux petites mains se posent sur les siennes, les écartant. Il n'a même plus envie de lutter Mayeul, et il se laisse docilement faire, plongeant son regard tourmenté dans les yeux de Reja. Elle ne comprend pas, sûrement, l'ampleur de ce qu'elle lui révèle. Et quand elle reprend la parole, Mayeul réprime un gémissement, fermant résolument les yeux pour ne pas la voir. C'est encore pire que ce qu'il a imaginé ! Reja pourtant n'a pas l'air de vouloir le lâcher, et l'aveu qu'elle lui fait le prend au dépourvu. Il rouvre les yeux le Voltigeur, examinant la jeune femme avec perplexité. La colère et le désespoir sont toujours là, mais il ne comprend pas Mayeul. De l'attention ? Des souvenirs ? Ce n'est pas comme ça que l'on obtient quoi que ce soit.  Il sait Reja blessée, au fond d'elle. Il sait la difficulté qu'elle a à faire confiance, à s'abandonner, à croire, tout simplement, que quelqu'un lui veut du bien. Alors il ne peut pas l'abandonner, même s'il préférait s'enfermer dans sa chambre et oublier la totalité de cette conversation. Parce qu'il le sait, s'il tourne les talons maintenant, il peut faire une croix sur Reja. Elle l'a blessé, certes, mais l'ignorer la blessera davantage encore.

"Je suis toujours en colère." La prévient-il. "Tu n'as pas le droit de dire à Nuage ce qu'il peut me dévoiler ou pas, et tu ne peux pas me faire croire ce qui te plait parce que c'est plus facile. Ça ne marche pas comme ça, Reja." Il laisse délibérément le sujet de Marianne de côté, sachant bien qu'il est autrement plus délicat. Il choisit de se rapprocher le Voltigeur, et libère doucement ses mains de l'emprise de la jeune femme pour les poser sur les hanches si peu couvertes par le sari. "Tu n'as pas besoin de me mentir ou de me droguer pour obtenir mon attention. Un sourire, un mot, et je suis tout à toi." Il veut qu'elle comprenne, la jeune femme, qu'elle n'a pas besoin de mentir ou de tricher pour obtenir quelque chose de lui. "Ce que tu as vécu, je ne peux qu'essayer de le comprendre, mais sois-sûre d'une chose : Tu n'as pas à te battre pour que je m'intéresse à toi. Tu as mon attention, pleine et entière."

Mayeul lui adresse un sourire, une offre de paix, avant de reprendre. "Je ne me rappelle pas de tout, mais... si dans mon rêve je n'ai pas fait ça, je suis un imbécile." Et il l'embrasse Mayeul, une nouvelle fois, à la manière d'un homme bien trop longtemps sevré.  Ses mains dessinent les courbes de ses hanches sous le tissu léger, sa bouche quitte les lèvres de la jeune femme pour venir embrasser son cou, et il ne s'interrompt entre deux baisers que pour lui glisser. "C'est toi qui m'intéresse Reja. Toi. Aucune autre." Nouveau baiser, avant que le sourire taquin du Voltigeur ne se dessine. "Je t'en veux toujours, tu sais." Il fait bien de le lui préciser, au cas où ce ne serait pas clair.

Il lui en veut  encore, mais si la mort de Mathilde lui a enseigné quelque chose, c'est bien que nourrir regrets et amertume est toujours vain. Reja a fait des erreurs. Lui aussi. Alors peut être que cette chance qu'il lui donne, elle est valable pour tous les deux. Nouveau départ. Nouvelle donne. Et il n'est pas décidé à la laisser passer.

Il s'occupera de ce que sait Marianne plus tard. Parce qu'il n'a pas envie, maintenant, de penser à autre chose qu'à Reja.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Mar 1 Aoû - 13:57

Mayeul est en colère, et ses premiers mots glacent les sangs de Reja. Bien sûr, elle le serait également à sa place, en y réfléchissant bien… Elle a accumulé les maladresses et les erreurs, les mensonges et les lagraneries – menée par la peur, par l’angoisse, par le doute, et par un instinct de survie si radical qu’il en confine à l’égoïsme. Elle se bat contre tous ses instincts, en laissant Mayeul s’approcher autant, tant physiquement que sur le plan émotionnel. C’est un danger, elle le sait, elle en est persuadée ; mais elle a l’habitude de flirter avec le désastre, la Voltigeuse qui danse en effleurant les nuages, perpétuellement à la limite du déséquilibre. C’est un peu la sensation qu’elle a, juste maintenant, cette anticipation fébrile juste avant de sauter le pas et de se jeter dans le vide, avec simplement Sirocco pour la rattraper. Elle voudrait lui expliquer, qu’elle n’a rien ordonné à Nuage, qu’elle a simplement supplié et que c’était un acte de charité de la part du petit griffon. Elle voudrait lui dire, que Marianne l’a surprise, totalement à l’improviste, et qu’elle a dû improviser un écran de fumée pour ne pas avoir à lui raconter ce qui s’était passé. Mais pour le moment, il parle ; et elle l’écoute, mortellement sérieuse, concentrée sur chacun des mots qu’il prononce.

Il sourit ; c’est une proposition de paix, visiblement, et un sourire hésitant étire timidement les lèvres de la Voltigeuse. Est-ce qu’elle a vraiment droit au pardon ? Droit d’être aimée, exclusivement, sans avoir à se battre contre une compétition impitoyable ? « Tu as – tu as fait ça, oui. » murmure-t-elle dans un soupir, entre deux baisers, tandis qu’il vient en déposer au creux de son cou. Les images défilent dans sa mémoire, des sensations qu’elle a voulu effacer et qu’il éveille à nouveau. Elle en frissonne, de ses mains sur ses hanches, de ses lèvres sur sa peau, de sa simple présence si proche, tandis qu’elle l’enlace instinctivement, comme si c’était… naturel. Comme si à le retenir contre elle, elle s’assurait qu’il resterait là, sans velléité de fuite. Pas comme… pas comme la dernière fois. D’un baiser à l’autre, elle défait les attaches de sa chemise de quelques gestes saccadés, malhabiles, écartant les pans du vêtement pour glisser ses mains contre sa peau. Son cœur s’est mis à battre un peu plus rapidement contre le sari, son souffle est plus rapide – l’effet qu’il a sur elle est indéniable.

« Je t’en veux d’être parti. De m’avoir laissée seule le matin arrivé, de n’être pas revenu. Je me suis sentie… trahie. Manipulée. » Comme ces femmes qui désespèrent dans la pénombre du harem, faute de parvenir à attirer l’attention de leur seigneur. Non, non, Mayeul n’est pas comme ça, elle veut le croire – elle veut s’en persuader. Alors, fermement, Reja repousse ces sombres pensées. Elle a déjà craint ce rapprochement pendant des mois, elle a redouté d’être vulnérable, de remettre son cœur entre les mains d’un Cielsombrois notoirement volage – mais parfois, il faut savoir accomplir l’impossible. Un acte de foi, voilà ce qu’elle lui offre – et l’adrénaline soudain envahit ses veines, comme lorsqu’elle se jette dans le vide du haut des cieux et que quelques secondes s’écoulent, en chute libre sous les nuages, avant que Sirocco ne la rattrape. « Mais tu ne pouvais pas le deviner. Je parle peu de moi, des marques que je porte, et de ce qu’elles signifient. Tu m’as posé la question, ce soir-là : la signification de mes tatouages, et l’origine des cicatrices qu’ils déguisent. Est-ce que – est-ce que tu veux toujours savoir… ? »

Mayeul veut-il ? Cette fois, elle est prête – à lui raconter, mais aussi à lui montrer. À lui permettre de les toucher. De les couvrir de caresses, d’y poser un baiser. La peau de son dos, de ses hanches, les anciennes plaies sur son torse et sur ses épaules, tout cela. Les preuves visibles de sa laideur intérieure… Peuvent-elles réellement être sublimées par son simple contact ? Elle n’en sait rien, mais la simple idée qu'il puisse la toucher ainsi éveille un brasier au creux de son ventre – et rien que d’y penser, elle en vibre toute entière.


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Mer 2 Aoû - 21:53

La Voltigeuse est silencieuse et Mayeul se demande s'il n'a pas été trop sévère dans ses paroles. Certes, il est furieux, blessé, mais Reja a des circonstances atténuantes, il le sait. Lui faire la leçon comme il la ferait à l'un de ses Voltigeurs n'est peut être pas la façon la plus adéquate de faire. Mais au fond, il veut lui pardonner car il ne sait pas s'il sera capable de faire une croix sur l'érebienne. Il lui offre un sourire qu'elle lui rend presque timidement, avant de finalement opter pour une approche plus charnelle. Les cielsombrois sont tout aussi doué pour les disputes que pour les réconciliations, et il n'a pas envie d'en vouloir davantage à la jeune femme. Il prend sur lui Mayeul, pour mettre de côté ses paroles cruelles, ses doutes et des inquiétudes, et sa façon d'embrasser la jeune femme indique bien qu'il a décidé de ne penser qu'à elle. Le reste viendra plus tard : pour l'instant, la peau de Reja, ses mains contre sa chair et son souffle dans son cou sont les seules choses auxquelles il veut de consacrer.

Alors Mayeul joue, reprend ce rôle de charmeur et d'amant qu'il connaît si bien. C'est tellement plus facile d'aimer que de s'inquiéter sur son avenir ! Aimer, embrasser, il connaît, et sait s'y fondre tout entier. Pour quelques minutes, quelques heures, son souffle, son corps et ses pensées n'appartiendront qu'à la jeune femme. Reja a tellement à découvrir, et il a tellement à lui montrer Mayeul ! Elle apprend vite pourtant : les gestes sont maladroits, mais décidés alors qu'elle déboutonne la chemise qu'il porte. Ses mains font naître des frissons dur la peau du Voltigeur, mais avant d'aller plus loin, la jeune femme reprend la parole. Son aveu fait baisser la tête à Mayeul : non, il ne pouvait pas le deviner, mais il aurait dû, au moins. Il l'a évité, il est parti, et son retour dans la vie réelle, sur les frontières de Bellifère en guerre, à passablement compliqué les choses.

"Celui que j'étais alors ne pouvait rien t'offrir Reja." Drogué. Perdu. Abandonné. "Je ne savais pas te le dire, et j'ai préféré fuir." Mayeul attire la jeune femme contre lui, baissant la tête pour pose son front contre celui de Reja. "Si tu dois me croire sur une seule chose Reja, c'est celle là. Je ne t'abandonnerais pas." Il espère qu'elle comprend, et qu'elle lui fait confiance.

Il ne se rappelle pas réellement Mayeul, même s'il a de vagues souvenirs de tatouages et de blessures. "Bien sûr que je veux. Je veux tout connaître de toi Reja, dessiner ton corps les yeux fermés, dans les moindres détails. J'ai déjà commencé à explorer ici." La taquine-t-il avec un baiser dans le cou. "Laisse-moi découvrir le reste." Demande le Voltigeur en faisant glisser le tissu du sari de l'épaule de la Voltigeuse, en un geste qui éveille quelques souvenirs dans sa conscience. Lui torse-nu, Reja en partie déshabillée devant lui... c'est troublant, mais Mayeul s'efforce d'ignorer le sentiment et laisse tomber sa propre chemise à terre, avant de glisser ses doigts sur le tissu qui dissimule bien trop à son goût le corps de la jeune femme. Ses yeux rencontrent ceux de Reja, demande muette. Est-ce qu'il peut ?

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Jeu 3 Aoû - 22:53

Reja est suspendue aux paroles de Mayeul – à chaque mot qui tombe de ses lèvres, à chaque nuance, à chaque intonation. Elle ne peut lutter contre cet irrépressible besoin d’être rassurée, d’être sûre et certaine, d’être en confiance. Elle boit ses phrases, et hoche mécaniquement la tête lorsqu’il lui explique les raisons de son départ. Elle voudrait lui en vouloir – elle lui en a voulu, des mois – mais une part d’elle comprend très bien son sentiment. Elle aussi, elle s’est sentie… tellement perdue ! Parmi toutes ces horreurs qu’on lu racontait sur elle, sur Alméïde, et même sur leur frère. Frissonnante, elle revient toute entière à Mayeul, lorsqu’il fait glisser la lourde draperie de son sari. Il a ôté sa propre chemise, et elle ne peut s’empêcher de faire courir les doigts sur sa peau, cherchant dans ses souvenirs, les vrais comme les faux. Oui, c’est tout à fait ça, exactement cette sensation-là – elle ne peut retenir un petit rire nerveux. Plus tard, elle y promènera ses mains, méticuleusement ; mais pour le moment, il y a mieux à faire. D’un hochement de tête, elle lui donne l’accord – et frémit de plus belle tandis qu’il dégrafe son choli, libérant sa poitrine de toute entrave et dénudant entièrement son dos.

Nerveuse, elle attrape ses mains, l’attire vers le lit où elle le fait asseoir, avant de prendre place à ses côtés, lui tournant le dos qu’elle expose à la lumière du chandelier posé sur la commode au pied du matelas. Elle se penche légèrement en avant, arrondissant son échine pour mieux dévoiler les complexes motifs qui décorent sa peau de leur encre. A mi-voix, elle commence à raconter.

« Les épines sur ma colonne vertébrale… Elles symbolisent la protection dont je m’entoure. C’est la base de mon existence : blesser tout ce qui approche trop près, pour ne pas être atteinte. C’est le premier tatouage que j’ai fait – j’avais treize ans, et… Une des femmes du harem m’a ‘aidée’ à dévaler une volée de marches. Je me suis ouvert le dos sur toute la longueur contre l’arête de la dernière – j’ai eu de la chance de ne pas être plus sévèrement blessée. Mais elles ont empoisonné le baume guérisseur dont ma mère enduisait la plaie, et elle s’est infectée – mes chairs sont restées abîmées. J’ai voulu recouvrir cette trace. » Un soupir lui échappe. Triste souvenir. Un nouveau frisson la fait trembler toute entière, lorsqu’elle sent son doigt parcourir tout le motif, de haut en bas. D’ordinaire, un tel contact l’aurait fait bondir ; mais ce toucher-là est… différent. Comme s’il apprivoisait ses cicatrices. Troublée, elle inspire à fond, et poursuit.

« Les ailes… Je les vois à la fois fortes et fragiles, elles représentent ma liberté mais également mes failles. Au début c’étaient juste des ailes de papillon, pour représenter une beauté vulnérable, quelque chose de joli à regarder mais prompt à se briser si on le touche. Je me voyais ainsi : une décoration, réussie mais trop peu solide. Elles ont été tatouées l’été de mes quatorze ans, pour masquer les brûlures faites avec des braises d’encens, quand une des concubines s'est amusée à verser sur mon dos le contenu d'un encensoir allumé –les braises ont piqueté mon dos en creusant ma peau, c’était assez… affreux à regarder. J’ai voulu recouvrir la laideur d’une couche de joliesse, pour prétendre que même la noirceur pouvait se sublimer. » Elle se souvient encore si bien du grésillement de sa chair brûlée, de l’odeur grillée douceâtre et suffocante ! Perturbée, courbée en deux, Reja s’agrippe au couvre-lit, et reprend son récit. « J’ai ajouté les ailes de plumes quand j’ai rejoint la Caserne de Serre et que Sirocco m’a choisie. Elles suivent les courbes des marques laissées par un fouet piqueté. Une des favorites de l’époque s’est amusée à me flageller avec – par endroit, ma peau était tellement lacérée qu’elle s’en est arrachée, couche par couche. J’ai cicatrisé péniblement, mais j’ai traîné ces marques pendant des années avant que le choix de Sirocco ne me donne le droit de les transformer, avant que je ne me libère de tout cela. » Sa phrase s’achève dans un hoquet choqué, lorsqu’elle sent le contact des lèvres de Mayeul sur l’aile de droite ; puis elle le sent se mouvoir derrière elle, s’approcher, et l’enlacer pour la serrer contre son torse, avant d’embrasser avec autant de précautions l’autre aile. Comme si elle allait se briser – et un instant, le souffle lui manque, tant ce toucher est… intime.


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Mar 8 Aoû - 7:38

Il se consacre tout entier à Reja Mayeul, et cela lui fait du bien. Le temps est suspendu, son monde se réduit à cette chambre et à la jeune femme frissonnante sous ses caresses et pour le moment, il n'est pas forcé à prendre autre chose en compte. Il ressent le soulagement de Nuage, quelque part dans son esprit, présence rassurante et tellement familière, et cela lui suffit. Il n'a rien besoin d'autre. Juste de Reja, dont il défait les vêtements, quêtant son assentiment. Il ne veux pas l'effrayer la jeune femme, et il prend son temps, s'occupant d'elle comme si elle était la chose la plus importante au monde. Elle l'est, d'ailleurs. Reja ne le comprend pas, mais Mayeul sait, lui : elle est, à ce moment, la seule et unique personne d'Arven à avoir un quelconque intérêt pour lui.

Mais avant qu'il ne puisse goûter ou même toucher, la Voltigeuse lui prend les mains pour l'attirer vers le lit où ils s'installent tous les deux, dévoilant les dessins ancrés sur sa peau. Ce n'est pas la première fois qu'il en contemple Mayeul, mais ceux de Reja sont des merveilles, qui viennent sublimer le corps de la jeune femme plutôt que de s'imposer à la vue. Ou peut-être est-ce seulement parce que la jeune femme lui tourne la tête ! Et elle raconte Reja, tandis qu'il détaille les arabesques et les dessins, résistant à l'envie peut être précoce de toucher. Il ne lutte pas longtemps pourtant, tel en enfant incapable de ne pas toucher l'interdit du bout des doigts.

Il suit le contour du motif, s'interrompant quelques secondes lorsque Reja frissonne longuement.  Elle enchaîne pourtant, et Mayeul prend ça comme une invitation à continuer. Les cicatrices sur la peau de la jeune femme, fondues dans le tatouages, sont à peine visibles mais il prend le temps de les observer, de les caresser, de s'en imprégner. Elles sont ce qui fait Reja, il le sait, et rien que pour cela il veut être capable de les connaître. La voix de la Voltigeuse semble hésiter alors qu'elle raconte, et il ne cherche pas à l'interrompre le major de Svaljärd. Et pourtant... ce qu'il voit s'apparente à de la torture, une torture qu'on décrierait même en temps de guerre. Qu'Osir les maudisse toutes, celles qui ont osé faire ça à une enfant.

Les lèvres du Voltigeur se posent sur une aile d'encre, doucement. Elle est tellement belle Reja, avec ces tatouages qui sont une partie inhérente de ce qu'elle est. Il ne comprend pas vraiment pourquoi elle ne s'est pas donné le droit avant, mais sa question peut attendre. Il enserre la jeune femme dans ses bras, son torse nu en contact avec la peau de la Voltigeuse, embrassant avec délicatesse l'autre aile. "Tu étais si jeune." Murmure-t-il, sans s'interrompre plus longtemps que nécessaire. Ses baisers tracent la courbes des ailes, doucement, tout doucement, pour ne pas l'effrayer, ou la faire fuir. "Tu es tellement belle." Souffle-t-il à son adresse, avant de caresser les ailes du bout des doigts.  "Pourquoi avoir attendu Sirocco ?" L'interroge le Voltigeur avec curiosité. "Rien de tout ça n'était de ta faute. Tu étais une enfant, rien d'autre."

Il s'interrompt un instant avant de descendre plus bas, ses mains sur les hanches de la jeune femme, ne montrant aucun désir de la lâcher.  Oh non, il n'a plus envie de l'abandonner, plus jamais. "Je pourrais les embrasser indéfiniment." La taquine le Voltigeur. "Tu n'as rien de prévu pour les vingt prochaines années ?" Oh, si ils avaient ce temps ! Ils sont Voltigeur, tous les deux. Bientôt, Lughnasadh les rappelera au travail, puis la guerre. Mais cette parenthèse, Mayeul compte bien en profiter au maximum.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Mar 8 Aoû - 18:34

C’est le froid, qui la fait frissonner comme ça. Elle essaie de s’en convaincre, Reja, tandis que Mayeul l’enlace pour l’attirer contre lui, et dépose dans son dos quelques baisers. Ses lèvres lui paraissent brûlantes, sur sa peau glacée dans l’air de Valkyrion, mais ce n’est pas une sensation douloureuse ; c’est une chaleur qui apaise et réconforte. Presque de la… tendresse. Elle n’est plus vraiment en état de s’étonner de quoi que ce soit, la Voltigeuse fatiguée, tant ses nerfs ont été mis à vif par l’heure écoulée. Timidement, elle pose les mains sur ces bras d’homme qui l’enserrent, émerveillée de se trouver non pas enfermée, mais… protégée, par cette étreinte au goût de nouveauté. Un instant, elle se laisse aller en arrière, s’appuyant contre lui – c’est presque naturel, de se lover comme ça dans le creux de ses bras, et cela devrait l’inquiéter, non ? Mais ses bonnes résolutions sont bien en place, et l’Erebienne se force à s’apaiser, profitant simplement de sa présence.

« J’étais une enfant, c’est vrai, mais j’ai accepté que l’on me blesse et me mutile. C’est Sirocco qui m’a appris à refuser le pouvoir que les autres s’imaginent pouvoir exercer sur moi. Il m’a appris à être forte, et solide ; et il m’a menée effleurer les nuages du bout des doigts, hors d’atteinte de tous ceux qui voudraient m’opprimer. C’est lui, qui a brisé mes chaînes ; et c’est pour ça que ce sont ses ailes que j’ai tatouées sur mon dos. »

Les mains de Mayeul sont descendues sur ses hanches, et Reja retient un rire étranglé à sa question. « Je ne suis pas sûre de vivre jusqu’à la fin de l’année, avec la guerre qui ravage le sol – s’il était possible de vivre parmi les nuages et de n’en jamais descendre, je te donnerais ces vingt ans et je vivrais de tes baisers. » Elle rougit, la fille des sables si farouche, à formuler des pensées aussi osées, qui viennent colorer la peau mate de ses joues. « Mais j’ai déjà échappé à la mort, alors… qui sait. » Qui sait, de quoi demain sera fait.

Doucement, elle pose la main sur celle de Mayeul, guidant ses doigts sur les quatre balafres zébrant son flanc. « Ici, ce sont les griffes de la Vouivre qui ont labouré ma chair, quand j’étais jeune, la première fois que je suis entrée au Palais des Soupirs avec mes cousins Sinhaj. Il m’a fallu longtemps pour cicatriser – j’étais tout autant blessée dans mon corps que dans mon âme, parce que de tout le groupe je suis la seule à en être ressortie. Le motif, c’est un attrapeur de rêves erebien, pour qu’il arrête les mauvais souvenirs et ne laisse que la beauté dans ma mémoire. » Un soupir désabusé lui échappe, et un sourire triste passe fugitivement sur ses lèvres. « Il ne marche pas très bien. » De la main, elle écarte la ceinture de sa jupe, indiquant le tracé qui se poursuit hors de vue, le long de sa cuisse. « La partie plus basse est toute récente. Je l’ai faite ajouter après notre expédition de janvier, quand mes plaies ont cicatrisé. » De l’autre main, elle guide les doigts de Mayeul sur son autre flanc. « Tu sens, juste là, les deux marques ? Ce sont des crocs de serpent, l’année de mes sept ans, et en dessous, la trace d’une piqûre de scorpion quand j’en avais quinze. J’en ai réchappé grâce aux promptes réactions de ma mère, à chaque fois, pour aspirer le poison hors des plaies. Par-dessus, j’ai fait tatouer un bouclier couronné, parce qu’à l’époque je pensais que ma sœur la princesse avait envie de veiller sur moi. » Cette fois, son soupir est lourd de déception et de chagrin. « Celui-là ne fonctionne pas du tout. »

Mais Reja n’a pas envie de penser à Alméïde ; alors, repoussant les mains de Mayeul, elle se lève du lit. Un pas, deux pas – elle s’immobilise, le dos tourné, et hésite un instant. Sa prudence acharnée résiste, mais elle garde souvenir d’autres moments qui ne sont jamais arrivés, des moments agréables, et ses mains tordent nerveusement le tissu de son ample jupe. Par-dessus son épaule, elle tourne la tête, l’observe un instant. Nulle moquerie sur ses traits, juste une attention pleine et entière. Nerveuse, elle baisse les yeux au sol, n’osant affronter son regard tandis qu’elle se tourne face à lui et fait glisser le lourd vêtement au sol, où il s’entasse en bruissant autour de ses chevilles, dévoilant le complexe motif qui recouvre sa poitrine, son ventre et ses cuisses. C'est à mi-voix qu'elle reprend son explication, joliment cramoisie. « Et ça, ça, c’est – c’est récent, également. De – de quelques mois. Je l'appelle ‘mon armure de courage’. J’en ai dressé le tracé en pensant à toi, à ces endroits que je ne devrais jamais te laisser approcher. Et maintenant je ne peux pas m’empêcher d’imaginer ce que ça ferait, de sentir… tes mains s’y poser. »


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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Ven 11 Aoû - 21:13

Il a senti Reja se détendre entre ses bras, lui accorder sa confiance petit à petit tandis qu'elle se dévoile, dans tous les sens du terme. Il ne sait quoi lui répondre le Voltigeur, alors il se contente d'une légère pression de ses mains, de sa joue qui effleure la chevelure d'ébène. Il ne peut que lui accorder un soutien muet, dans ces tortures qu'elle a dû affronter avant que Sirocco ne vienne lui apprendre comment s'envoler. Les mots de la jeune femme, répondant à sa demande, font sourire légèrement le Voltigeur : oui, personne ne sait de quoi demain sera fait, alors il leur appartient de prendre ce que les Dieux leur offrent : cet instant, rien que pour eux. Rien que pour elle.

Reja pose ses mains sur les siennes, le guidant sur les cicatrices qui parsèment encore sa peau. Les griffures de la Vouivre, dont il a un vague souvenir. Ce qu'elle a rajouté, promesse à peine dévoilée tandis qu'elle écarte la ceinture de sa jupe. Mayeul penche la tête pour mieux distinguer le motif, avant qu'elle ne lui indique un autre endroit. Le soupir est plus appuyé cette fois, et Mayeul sait pourquoi. Almeïde et Reja ne savent pas communiquer, et la soeur aînée de la Voltigeuse est tellement prise qu'elle a du mal à prioriser. Il peut comprendre, Mayeul, mais Reja souffre, il le sait. Avant qu'il ne puisse la réconforter pourtant, la jeune femme s'échappe. Il l'observe avec curiosité, sans oser bouger de peur de rompre le charme. Les yeux de la Voltigeuse fixent obstinément le sol, et Mayeul remarque à peine la rougeur de ses joues avant que son attention ne soit appelée entièrement ailleurs. Le motif est superbe, mais le corps sur lequel il est gravé l'est encore bien plus. Nue devant lui, Reja marmonne quelques mots et il doit tendre l'oreille pour entendre sa confession.

Lentement, Mayeul se lève pour se rapprocher d'elle. "N'aie pas peur de moi Reja. Que Levor m'en soit témoin, jamais je ne te blesserais intentionnellement." Il l'attire contre lui le Voltigeur, avant de reprendre la parole. "Je veux passer les prochaines heures à t'aimer, les prochains jours à t'admirer, et le reste de ma vie à tes côtés. Laisse moi prendre soin de toi." Ses mains se promènent sur le motif, suivant les courbes et les arabesques du dessin qui l'entraînent vers les parties bien plus intimes du corps de la Voltigeuse. Mayeul l'attire vers le lit, la faisant s'asseoir sur le bord tandis qu'il s'accroupit devant elle. Pas une position de dominant, pas celle d'un homme qui désire brusquer celle qu'il aime, et il espère que cela suffira à apaiser la peur de la jeune femme. "Laisse moi te faire du bien." Chuchote-t-il, alors que ses lèvres, sa bouche s'aventurent là où il a posé les mains. Il tient la Voltigeuse par les hanches tandis qu'elle est assise devant lui, prêt à la lâcher pourtant si elle le demande. Il ne veut pas l'effrayer, et encore moins la faire fuir. Ses baisers deviennent caresses, sa langue traçant les contours du tatouage jusqu'à descendre entre les cuisses de la jeune femme. Un dernier baiser à cet endroit caché aux regards et il relève la tête, Mayeul. "Tu me fais confiance ?"

Il demande la permission, à nouveau, pour ne pas la prendre au dépourvu. Pour qu'elle sache, Reja, qu'elle est aux commandes, et que Mayeul est entièrement à sa disposition. Il ne fera rien sans le consentement de la jeune femme : accroupi entre les cuisses de la Voltigeuse, les yeux levés vers la jeune femme, il attend son assentiment. Elle décide, et cela lui conviendra quoi qu'elle choisisse.

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Message Sujet: Re: On est pas sorti d'la grotte !   Sam 12 Aoû - 22:35

Elle a peur, la Voltigeuse si pleine de méfiance depuis l’enfance ; elle est même terrifiée par ce qui se dessine entre eux, mais éprouve dans le même temps une fascination tissée de hâte. Pleine de contradictions, pleine de doute et d’appréhension, mais déterminée à assumer son choix. Alors, Reja se laisse faire, tandis que Mayeul tente de la rassurer, l’installant sur le lit, s’agenouillant devant elle. Elle lui est reconnaissante, confusément, de ne pas envahir son espace personnel, de se tenir à ses pieds, sans l’écraser de sa présence. C’est pour cette raison qu’elle hoche la tête timidement pour marquer son assentiment, lorsque ses caresses et ses baisers l’emmènent de plus en près – parce qu’il l’a laissée décider, qu’il se conforme à son choix à elle ; et qu’il n’aurait pas insisté si elle avait refusé, elle en a quasiment la certitude. Elle frémit, lorsqu’il commence à remplir sa promesse – l’inexpérience de cette vie côtoie les souvenirs d’une autre qui n’a jamais existé, et Reja se laisse emporter.


Impossible de dire au juste combien de temps a passé – le feu a doucement baissé dans l’âtre, et la Voltigeuse expérimente une toute nouvelle forme de fatigue qui envahit ses membres. La légère douleur entre ses cuisses cohabite avec une sensation de sérénité intense qui semble coller à sa peau et la baigner dans un nuage de contentement. Lovée contre Mayeul, blottie contre sa chaleur et maintenue par le bras qu’il a passé autour d’elle, elle se laisse dériver dans un océan ouaté et confortable, écoutant silencieusement le battement régulier de son cœur sous la main qu’elle a posée sur son torse. Son cœur à elle bat à grands coups puissants, comme si les moments écoulés l’avaient empli d’une force tranquille purifiée de toute hésitation et toute noirceur. La dernière fois, la seule autre fois, dans cette vie insensée dans laquelle les cahots du Temps les avaient projetés, ils s’étaient unis dans une sorte de désespoir affolé, cherchant l’un en l’autre un fantôme de leurs vies réelles, le souvenir d’une existence avortée. Cette fois, c’est différent – de sa part à elle, c’est un acte de foi, et la capitulation courageuse qui découle d’un choix risqué. C’est sa confiance qu’elle lui a offerte, en même temps que son corps et les secrets de son passé. De sa part à lui, qu’est-ce véritablement ? Un choix de sa part, également, celui de la placer, elle, avant toutes les autres ? Reja ne sait pas vraiment, mais la prévenance et la tendresse de Mayeul lui ont fait découvrir chez lui une délicatesse pleine d’égards qu’elle ne soupçonnait pas.

Tendant le cou, elle dépose un baiser appuyé sur le haut de son bras, se serrant un peu plus étroitement contre lui, comme si elle voulait combler tout espace vide entre leurs deux corps, émerveillée de sentir sa peau contre la sienne. « Merci. » chuchote-t-elle simplement dans le silence tranquille de la nuit, et elle sait qu’il comprendra. Merci d’avoir été patient. Merci de m’avoir choisie. Merci pour ta promesse, merci de ce que tu m’as donné. Merci pour cet avenir qui devient possible, grâce à toi. Merci d’être là, malgré ma cruauté.

Merci de m’avoir donné une autre chance.


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