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 Les épreuves passent

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Message Sujet: Les épreuves passent   Mar 27 Juin - 0:08


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Astarté des Sables & Alméïde d'Erebor

Les épreuves passent

Mais les souvenirs restent



• Date : 6 juin 1002
• Météo : Chaude matinée erebienne
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Alméïde passe quelques jours après son éveil à comprendre ce qu'il lui est arrivé et à reprendre ses tâches là où elles ont été laissées. Quand elle apprend qu'Astarté est à Vivedune, elle demande à la voir car elle a une demande à lui faire, et des choses à lui dire.
• Recensement :
Code:
• [b]6 juin 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2369-les-epreuves-passent]Les épreuves passent[/url] - [i]Astarté des Sables & Alméïde d'Erebor[/i]
Alméïde passe quelques jours après son éveil à comprendre ce qu'il lui est arrivé et à reprendre ses tâches là où elles ont été laissées. Quand elle apprend qu'Astarté est à Vivedune, elle demande à la voir car elle a une demande à lui faire, et des choses à lui dire.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Mar 27 Juin - 0:13, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Les épreuves passent   Mar 27 Juin - 0:13

Retour à la réalité brutal, aussi soudain qu'inattendu. La chaleur familière de Vivedune, bien que rassurante, laisse bientôt place à un accès de frayeur puissant, comme un coup dans l'estomac. Alméïde se relève, tourne la tête en tous sens, cherchant à s'orienter dans les premières lueurs du matin. La dernière fois qu'elle s'est éveillée dans le palais sans se rappeler comment elle est arrivée là, le cadavre de son frère gisait à ses pieds et elle a vécu un cauchemar éveillé. Cette fois, elle se rappelle s'être couchée dans une tente, auprès d'Anthim, s'endormant enfin après avoir fui le sommeil des heures durant. Ces images en tête, Alméïde se relève et fait quelques pas dans la pièce qu'elle reconnaît comme sa chambre ; tout est comme dans ses souvenirs, rien ne semble déplacé. Son coeur bat à toute allure, mais bientôt, une voix ancienne s'impose à son esprit et l'apaise. Simon. La voix de la raison à nouveau, alors qu'il l'interroge sur les raisons de ses frayeurs et qu'elle se met à lui expliquer tout ce qu'il s'est passé. Mais les détails attendront encore, elle veut aller voir son frère et Sitara, elle veut s'assurer que tous vont bien, elle veut remettre son médaillon et parler à Castiel afin d'être certaine qu'il a retrouvé ses esprits. L'image du duc de Sombreciel émacié, l'esprit brisé, continue à la tourmenter et c'est pourquoi elle presse le pas. Il est encore tôt, mais elle a besoin de savoir.

Et elle a eu ses réponses, petit à petit, comblant les zones vides de ses souvenirs. Simon et Justice lui sont d'une grande aide pour lui rappeler ce qu'elle a fait durant son absence, ainsi que les résidents du palais. Mnémosie a fait son oeuvre, effaçant les horreurs de certains esprits, les gardant intactes pour d'autres. La nuit, les images de cette autre réalité se mêlent à d'autres souvenirs plus terribles encore et elle se réveille souvent, le front perlé de sueur et la sensation d'avoir perdu tout repère lui enserrant la gorge. Alméïde se remet toutefois à son quotidien, reprenant ses affaires là où elle les a laissées sans s'en souvenir, travaillant aux préparatifs du mariage, veillant sur la fin de la grossesse de Sitara, s'occupant des concubines pour s'assurer qu'elles se portent bien. Elle songe également à écrire quelques lettres, et la première part en direction de sa soeur, qu'elle désire voir ; elle n'a que trop repoussé cet instant, elle ne le supporte plus.

Puis un matin, alors qu'elle cherche un joaillier pour s'occuper du bracelet de mariage de Castiel, on lui rapporte qu'Astarté des Sables est en ce moment à Vivedune. La mention de son nom fait remonter des souvenirs amers et elle réprime un frisson, avant de se rappeler qu'il ne s'agit pas de la même, que ce n'était pas vraiment elle. Ses doigts se portent à sa joue, dépourvus de la moindre cicatrice et elle fait mander l'Erebienne au palais le lendemain.

Elle s'installe dans une cour intérieure du palais, aux multiples bassins, sous un gazebo orné de voiles délicats. Vêtue d'un sari simple, les cheveux noués dans son dos, sans aucun bijou pour agrémenter son allure – pas même la balance jumelle de celle de son frère, prise par l'Ordre – elle patiente dans un fauteuil aux coussins moelleux, de couleurs chatoyantes. Dans une main, elle tient un éventail soufflant un air frais, de l'autre, elle feuillette un livre pris à la bibliothèque. Elle espérait que lire un peu lui changerait les idées en attendant son invitée, mais force est de constater qu'à la troisième lecture de la même page, elle n'a rien retenu. Elle repose donc l'ouvrage et attend avec appréhension la joallière, profitant de la douce chaleur de cette matinée erebienne.

Enfin, lorsqu'on lui annonce l'arrivée de l'artisane, Alméïde se redresse pour l'accueillir. La tête haute, les mains jointes, elle s'efforce de chasser la nervosité pour esquisser un sourire délicat et avenant. « Je suis ravie que vous ayez accepté mon invitation. » déclare-t-elle d'une voix douce avant de l'inviter à s'asseoir. Sur une table basse trônent déjà quelques pâtisseries et un thé à la menthe. « Puis-je vous servir quelque chose à boire ou à manger ? » Le ton semble serein mais le regard, lui, ne quitte pas celui de la joaillière. Dépourvue des atours de duchesse et de ses tatouages, elle semble métamorphosée et elle peine à croire qu'une autre habitait ce même corps, une autre capable de cruauté. La princesse chasse cette idée et s'assoit peu après son invitée, les mains croisées sur ses cuisses, le souvenir d'une autre vie planant entre elles.

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Message Sujet: Re: Les épreuves passent   Mer 28 Juin - 16:52

On l’avait plongée brutalement dans cette autre vie. Elle s’était réveillée tatouée, percée, scarifiée et crainte par ceux qui l’entouraient. Sauf le petit garçon. Il avait peur, autant qu’elle, du reste du monde. Lorsqu’on lui avait raconté ce qu’elle avait fait, ce qu’elle avait osé faire subir à la Princesse ainsi qu’à la Sultane, lorsqu’on lui avait expliqué tout ce qu’elle avait perdu, un enfant, un époux, Astarté s’était refermée. Complètement. Elle écoutait, elle restait là, à l’affût, le garçonnet ne quittant jamais sa main, mais elle ne s’était plus mêlée à elles. Mélusine de Sylvamir allait la chasser et l’haïr. Anthim d’Erebor allait refuser de l’approcher. Ils la puniraient, tous, en la rejetant, en refusant son art, en boudant un respect pour lequel elle avait travaillé durement, des années durant. Leur regard bienfaisant, sur elle, était tout ce qu’elle possédait. Allait-elle devoir renoncer à la quiétude de Sinsarelle? Allait-elle devoir poser ses valises à Lorgol..? Ville terrible… Pour chasser son angoisse, elle avait étudié chacun de ses tatouages, en compagnie du petit Aïssa -Pourquoi ce nom évoquait-il la haine, alors que son visage n’était qu’innocence?. Une montagne. Un serpent. Des taureaux blessés de lances, chassés par des éléphants. Des griffons. Des arabesques. Des fleurs, aussi. Des scorpions. Le nom de chacun des clans, sous son sein gauche. Aïssa n’y avait pas eu droit, à ces tatouages-là. Astarté ignorait tout de ce qu’elle avait pu être, dans cette vie, mais elle était persuadée que le corps de cette Sultane ne lui avait jamais appartenue. Astarté d’Erebor était Erebor et ne vivait que pour lui.

Son second réveil ne fut pas plus doux. Si elle se souvenait de ce qu’elle avait pu faire, elle ne pouvait pas en parler. C’était si honteux, si puéril, de s’attaquer à cette noblesse qui dirigeait Erebor, à l’épouse de son Roi, que la gitane n’avait même pas pu le verbaliser à son mentor. Aïssa! Où était-il, cet enfant perdu? Ailleurs. Dans l’autre vie. La joaillière eut une pensée pour lui, et plusieurs prières, espérant que si cette vie altérée perdurait, quelque part, que quelqu’un en prenne soin; un Solal, peut-être bien? Qu’il ne se retrouve pas chassé et traqué pour la couronne qui l’attendait un jour, peut-être.

À l’invitation d’Alméïde à venir la visiter au palais - pour affaire -, Astarté eut peur. Et si..? Et si c’était une ruse? Et si on allait la punir pour ce qu’elle avait fait? Ridicule… Ridicule. Toutes, dans cette triste histoire, avaient énormément à se reprocher. Pourquoi paierait-elle seule? Elle s’était préparée sans hâte: un bracelet fin cerclant le haut de son bras nu, des boucles scintillantes perçant sa longue chevelure bouclée, un sari sobre. La joaillière hésita un instant à garnir son coffret de démonstration des quelques bijoux lui appartenant, dans cette boutique qui n’était pas la sienne. Sa nervosité à rencontrer Alméïde d’Erebor allait lui causer quelques ennuis, elle s’en doutait. Ses mains ne lui appartenaient plus, lorsque l’angoisse était trop forte, et tenir le boîtier aiderait probablement à être plus sage. Elle y déposa quelques pierres précieuses joliment taillées et deux bracelets démontrant la précision de son art.

Lorsqu’on l’introduisit auprès de la Princesse d’Erebor, Astarté s’inclina bien bassement, son regard de chat fuyant vers le sol, entre elles. Si elle avait cru ne jamais rien voir de plus merveilleux que la beauté des salons du palais de Vivedune, Astarté dut se rendre à l’évidence : les jardins étaient plus spectaculaires encore. Les voiles légers ondulaient avec délicatesse sous la brise chaude de la matinée, créant une impression d’intimité dans ce gazebo luxueux. Ici et là, des plantes fleurissantes se démarquaient des jardins luxuriants. Et le bruit..! Le bruit des bassins, léger mais omniprésents, apportait rien qu’à lui un peu de fraîcheur.

Elle s’avouait ravie qu’Astarté ait accepté son invitation. Pouvait-elle refuser..? Elle demeurait silencieuse, la gitane, la tête toujours baissée vers le sol dans l’espoir ridicule de n’avoir jamais à affronter son regard. Lorsqu’elle s’installa, suite à l’invitation d’Alméïde, elle prit grand soin de déposer son coffret buriné près d’elle, sur la table basse, en retrait du thé et des pâtisseries. D’un coup d’oeil, Astarté recensa une cuillère argentée encore indemne de miel, un carnet bien mystérieux et un éventail.. Oh! Joli éventail. Elle serra étroitement ses mains ensemble, sur ses genoux, tout en se concentrant sur les paroles de la Princesse.

- Puis-je vous servir quelque chose à boire ou à manger ?
- Un peu de thé serait agréable. Je vous remercie…

La voix d’Alméïde ne semblait contenir aucun reproche, ni aucune acidité. Elle était de miel, comme à chacune de leur rencontre, comme cette fois où elle l’avait invitée à rejoindre le harem ducal. Un honneur. Un honneur qu’elle avait refusé, et qu’Alméïde avait accepté sans animosité aucune. Elle comprenait, la jolie princesse, elle acceptait. Était-il possible qu’elle ait compris et accepté que personne n’était réellement responsable, dans cette autre réalité? L’odeur de menthe l’extirpa de ses pensées, et pour la première fois, la gitane posa ses prunelles de jade sur la soeur de son Roi. Elle était jolie. Belle, même, sous ses traits doux et innocents. Elle était jolie sans apparat, dans sa plus simple expression, et une fois de plus, la joaillière eut envie de la couvrir d’ornements, de capturer cette pureté pour l’enjoliver d’atours délicats, de ce diadème qu’elle lui avait fabriqué, pour son anniversaire. Lorsqu’elle dénoua ses mains pour enserrer sa tasse fumante, Astarté soupira petitement. Il allait bien arriver, ce moment où elle devrait parler. S’expliquer.

- Votre générosité à me recevoir, malgré… Malgré… Malgré cette autre vie… Elle fait de vous une grande dame, Princesse.

Son regard se réfugia sur la tasse joliment peinte, tout en retenu et en timidité.
Elle avait survécu à beaucoup, Astarté. À beaucoup trop pour s’effondrer maintenant.

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Message Sujet: Re: Les épreuves passent   Sam 1 Juil - 20:01

L'embarras semble aussi grand chez la joaillière que chez la princesse des dunes. Alméïde s'efforce de garder la tête haute et le regard levé vers son invitée, c'est ainsi qu'elle remarque les yeux qui se baissent, la tête qui s'incline, la posture timide. La sultane sauvage et cruelle n'est plus, elle n'est qu'un mauvais souvenir ancré dans son esprit, un cauchemar qui hante parfois ses nuits. Mais de cette terrible femme, plus aucune trace ne subsiste chez la jeune femme du désert. La princesse réalise qu'il ne pourrait y avoir contraste plus frappant devant l'air gêné, pratiquement soumis, de cette artisane qui fait preuve d'un grand respect à son égard.

« Un peu de thé serait agréable. Je vous remercie… » Alméïde lui adresse un sourire hésitant mais sincère, s'emparant de la théière pour les servir toutes les deux. La fumée s'élève des tasses délicatement ouvragées et une légère brise tiède en répand les effluves dans leur abri de voiles. Le clapotis discret des bassins est apaisant dans ce silence qu'elles peinent toutes les deux à rompre. Enfin, le regard de la joaillière rencontre le sien et elle le soutient.

« Votre générosité à me recevoir, malgré… Malgré… Malgré cette autre vie… Elle fait de vous une grande dame, Princesse. » Ces mots la touchent, plus qu'elle ne saurait le dire. Un instant, elle reste silencieuse, observant son invitée avec attention comme pour y déceler ce qu'il reste de cette autre vie sur ce visage délicat. C'est probablement à cet instant qu'elle réalise que cette autre vie a définitivement été laissée en arrière et qu'elles sont libérées de ce fardeau.

« Cette femme – la sultane – elle... ce n'était pas vous. Je ne peux vous blâmer pour les maux qu'elle m'a fait endurer, ce serait injuste et cruel de ma part. Tout comme il serait injuste de m'accuser d'avoir ôté la vie de mon frère. » répond-elle d'une voix douce et mesurée. Elle y a longtemps réfléchi, Alméïde. Elle a longtemps conversé avec Simon sur ces différentes vies et sur les actes commis par les uns et par les autres. Elle est désormais en paix avec elle-même, au sujet de ces crimes perpétrés par un corps qu'elle a eu le malheur d'habiter quelques temps. Ce n'est pas sa faute si son frère est mort ou si sa mère la haïssait. Elle n'est pas responsable de ce qui leur est arrivé et les autres non plus.

« Je ne vous le cache pas, il m'est difficile de vous regarder sans penser à elle, mais je sais que la peur s'estompera et que la raison reprendra le pas. Vous voir aujourd'hui m'aide déjà à retrouver l'image que j'avais de vous, celle d'une artisane pleine de talent et d'une femme qu'il m'est agréable de côtoyer. » Ses mots sont francs, elle pense tout ce qu'elle dit et elle ne s'en cache pas. Depuis qu'elle l'a rencontrée pour la première fois, Alméïde apprécie la joaillière discrète et pourtant fière. Elle aurait véritablement eu sa place dans le harem, car son frère aurait apprécié le caractère et la beauté de cette femme du sable. Pourtant, depuis quelques temps, la princesse revoit son jugement sur le harem et elle est heureuse, quelque part, que la joaillière ait refusé, conservant ainsi sa liberté.

« Je vous apprécie Astarté, et j'apprécie votre art, c'est pourquoi je vous ai invitée à venir aujourd'hui. J'espère que nous saurons laisser cette autre vie derrière nous. » Et un sourire délicat vient fendre ses lèvres alors qu'elle pose son regard sur celui de la jeune femme.

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Message Sujet: Re: Les épreuves passent   Jeu 13 Juil - 0:14

Les paroles d’Alméïde se voulaient rassurantes et Astarté opina à quelques reprises, en les entendant. Il serait cruel qu’elles se lancent des reproches pour une vie dont elles ne se souvenaient qu’à peine. Quelques filaments, tout au plus, maintenus par ce que d’autres avaient pu leur raconter. Qu’était-il advenu de son frère, dans cette réalité? Oh… Il était mort au printemps de sa vie. Astarté en avait vaguement au vent, lorsqu’on lui avait enseigné quelques pans de l’histoire d’Erebor. Elle ne pouvait qu’imaginer la détresse qu’avait pu vivre Alméïde en apprenant, au détour de cette autre réalité, qu’elle avait elle-même enlevé la vie de ce frère perdu. La gitane nourrissait l’idée vague de questionner la princesse quant à l’enfant perdu, celui qu’elles avaient laissé derrière elles, Aïssa. À quoi bon? Se rassurer, peut-être, en espérant que la noble dame corrobore son hypothèse? Elle avait renoncé. Ses paroles ne valaient pas mieux que le silence.

Cantonnée dans un silence timide, elle se contenta plutôt d’incliner la tête bien bassement sous le compliment qu’on lui offrait. Une artisane pleine de talent. Une femme agréable à côtoyer. Depuis combien d’années se connaissaient-elles, à présent, tout en se connaissant bien trop peu? Astarté n’avait pas fait le compte, mais il était vrai que chacune de leurs rencontres, aussi brèves pouvaient-elles être, était toujours marquée par la délicatesse et le respect. Un sourire se dessinait, encore fragile, sur ses lèvres, comme pour trahir l’effet de la franchise d’Alméïde sur elle. Peut-être pourrait-elle plaider sa cause devant Mélusine de Sylvamir, s’il advenait qu’elle apprenne ses gestes dans cette autre réalité qui l’avait faite sultane?

- Je vous apprécie Astarté, et j'apprécie votre art, c'est pourquoi je vous ai invitée à venir aujourd'hui. J'espère que nous saurons laisser cette autre vie derrière nous.

Astarté haussa l’un de ses sourcils fins pour marquer la curiosité qui l’habitait. Elle était fière de ce qu’elle créait de ses doigts fort agiles. Elle était fière de ces compliments qu’on lui offrait, des titres dont on la couvrait. Son art était littéralement sa vie. Combien de repas avait-elle oublié, inclinée sur sa table de travail? Combien de nuit avait-elle veillé pour peaufiner un peu plus un ornement? À la proposition encore bien vague de la princesse, la joaillière redressa l’échine et s’intima de formuler quelques mots pour l’encourager à poursuivre.

- Je vous estime grandement, également. Je ne vous décevrai plus, ni pour que je suis, ni pour ce que je crée…

Elle prit une gorgée de thé, du bout des lèvres, et réprima une grimace légère sous l’amertume du breuvage tout en écoutant la jolie princesse. Qu’avait-elle besoin, pour enjoliver sa vie ou celle d’un proche? Après avoir reposé sa tasse sur la table, la gitane souleva la boîte burinée puis la déposa sur ses genoux. Non sans délicatesse, elle l’ouvrit et détacha enfin son regard de sur Alméïde. Quelques pierres qu’elle appréciait tout particulièrement y étaient déposées, ainsi que certains bijoux soigneusement choisis pour un aspect ou un autre, démonstrations de son savoir-faire.

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Message Sujet: Re: Les épreuves passent   Lun 17 Juil - 1:29

Les deux Erebiennes s'observent et se jaugent, timides, mais toutes les deux habitées par cette envie d'oublier un pan de leur vie qui pèse sur leur coeur. Alméïde n'a aucun désir de tenir rancune à cette femme qui n'est aucunement responsable de ses maux, elle n'en a pas la force non plus. Il n'est pas dans la nature de la princesse des dunes d'en vouloir éternellement à ceux qui l'entourent et sa nature tolérante est une rareté dans ce duché où les étrangers sont vus avec le plus grand scepticisme. De la fierté farouche de sa mère, elle n'en a hérité qu'une infime partie ; fière de son peuple, fière des siens, elle serait prête à beaucoup pour eux, malgré des erreurs de jugement qui auraient bien pu tout gâcher. Elle n'en est pas moins attachée à ce peuple des dunes et leurs chants barbares coulent dans ses veines comme il coulait dans celles de sa mère. Comme il va lui manquer, ce duché flamboyant, sa chaleur suffocante le jour et la froideur de ses nuits. Sa mer de dunes lui manquera, les montagnes qui s'élèvent vers les cieux, les étoiles qui les veillent et Vivedune ; ô Vivedune et son palais aux mille voiles, resplendissant sous le soleil. Un pincement au coeur semble l'étreindre alors qu'elle songe un instant à tout ce qu'elle va quitter, à tous ceux qu'elle va quitter. Voilà des jours qu'elle porte son attention sur le harem et sur sa gestion, sur Sitara et ses jumeaux, sur son frère qu'elle aime tendrement et pour qui elle éprouve une reconnaissance qui semble grandir chaque jour. Et chaque jour, il lui semble mériter un peu moins son indulgence et son amour.

Alméïde chasse doucement de ses pensées la culpabilité et les regrets qui assombrissent son coeur. Au lieu de ça, elle reporte sa pleine et entière attention à la joaillière, venue à sa demande pour une raison très précise.

« Je vous estime grandement, également. Je ne vous décevrai plus, ni pour que je suis, ni pour ce que je crée… » Le sourire que la princesse lui adresse est franc et plein de reconnaissance. La loyauté de cette femme au talent admirable a toujours été sans failles pour la famille d'Erebor et encore une fois, elle semble prête à oeuvrer pour l'un de ses membres.

« J'ai toute confiance en vous Astarté. » répond-elle, sincère dans ses mots comme dans son regard. Celui-ci se pose alors sur le coffret ouvert par l'artisane et la princesse admire un instant les trésors qui s'y cachent, sans un mot. Elle boit une gorgée de son thé, avec sérénité, avant d'entrer dans le vif du sujet. « Comme je vous l'ai dit, je vous ai invitée au palais car j'ai besoin de vos talents, une fois de plus. Dans quelques mois, j'épouserai le duc de Sombreciel et là-bas, il est de coutume d'offrir un bracelet à celui ou celle qui partagera notre vie. » La mention de Castiel lui tord doucement le ventre, de ce tiraillement à la fois agréable et dérangeant. La dernière fois qu'elle l'a vu, il était dans un état déplorable, au coeur d'une réalité faussée où les ombres étaient reines. Avant ça encore, elle n'a pu profiter de sa compagnie que quelques temps, suite à sa disparition aux mains de l'Ordre. Lui parler à travers son merveilleux miroir ou grâce à leurs médaillons n'est qu'une maigre compensation alors qu'il lui tarde de le revoir un peu plus chaque jour. Ces quelques pensées colorent légèrement ses joues et pourtant, elle continue de cette même voix tranquille et mesurée.

« J'avais déjà quelques idées, peut-être parviendrez-vous à les réaliser ? J'aimerais quelque chose de beau et discret à la fois, rien de trop... ostentatoire. » S'il y a bien un duc de l'ostentatoire, c'est bien Castiel pourtant, mais il a un côté plus doux et plus délicat, plus sensible, que l'on ne voit pas peut-être pas au premier coup d'oeil. Elle songe à la fleur mécanique qu'il lui a montrée il y a bien longtemps, elle songe à leur visite aux Murmures et aux lucioles, elle songe à cette nuit à observer les étoiles, blottis sous les couvertures. Un sourire tendre naît sur ses lèvres sans même y penser, et son regard croise celui de la joaillière alors qu'elle s'empare d'un petit carnet posé sur le coussin, à ses côtés. « Quelque chose comme ça... peut-être ? » Elle ouvre son carnet et dévoile un croquis dessiné par ses soins. Tracés au fusains, les contours d'un bracelet prennent forme, un bracelet d'apparence solide mais fine, sur lequel on devine quelques reliefs laissant penser à des lucioles. Il lui a fallu de nombreux essais avant de tomber sur une version qu'elle apprécie, bien qu'elle hésite encore à y incorporer ou non des pierres précieuses, de peur d'en alourdir la beauté. Silencieuse, elle attend l'avis de l'artisane.

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