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 Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir

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Message Sujet: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Mar 4 Juil - 21:46




Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Grâce de Sombregemme & Melsant de Séverac

Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir




• Date : 30 juillet 1002
• Statut du RP : Privé (et peut-être court)
• Résumé : Grâce se sent assez mal, et surtout très inquiète. Pour ses filles, pour Melsant, pour tous ses proches susceptibles d'être là. Elle peine à rester éveillée, et se confie, entre deux quintes de toux.
• Recensement :
Code:
• [b]30 juillet 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2397-conte-moi-tes-peurs-et-tes-doutes-je-susurrerai-l-espoir]Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir[/url] - [i]Grâce de Sombregemme & Melsant de Séverac[/i]
Grâce se sent assez mal, et surtout très inquiète. Pour ses filles, pour Melsant, pour tous ses proches susceptibles d'être là. Elle peine à rester éveillée, et se confie, entre deux quintes de toux.


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Dernière édition par Grâce de Sombregemme le Dim 8 Oct - 16:28, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Mar 4 Juil - 21:56

Grâce était à bout de force, d’avoir porté Reja inconsciente, et d’avoir inhalé autant de fumée. Elle avait beau regarder autour d’elle, elle y voyait trouble. Elle ne distinguait rien ni personne, et elle se sentait mal. Elle continuait à tousser, et elle se sentait partir de plus en plus. Elle sentit à peine les bras qui la saisissaient, arrêtant de lutter malgré elle, espérant qu’elle avait réellement sauvé Mayeul et Reja. Et que ses filles et Melsant étaient saufs. Que tous ceux qu’elle pouvait connaître, à vrai dire, l’étaient. Elle sombrait plus profondément dans l’inconscience, marmonnant sûrement leurs prénoms à tous, sans s’en rendre compte.

Combien de temps passa ? Elle n’aurait su le dire, ramenée à elle par la voix de Melsant, une voix ferme, qu’elle ne lui connaissait pas. Elle ne l’avait jamais vu aussi autoritaire, et jamais vu exercer en tant que major. Elle s’en fichait, en cet instant. Il était vivant, et c’est tout ce qui comptait à ses yeux, en dehors de ses filles. Elle tenta de se relever et de s’asseoir sur le rebord du lit de fortune où il l’avait déposée, mais la tête lui tournait drôlement. S’était-elle cognée ? C’était possible. Elle porta rapidement la main à son front, s’attendant à sentir une bosse, du sang, quelque chose, mais il n’y avait rien.

Elle se rallongea, incapable de se relever, et appela faiblement Melsant, repartant dans une quinte de toux. C’est sûrement elle, qui le fait s’approcher d’elle à nouveau – ou du moins, elle supposait que c’était lui, tant elle avait du mal à ouvrir les yeux. Elle tâtonna pour saisir sa main, se forçant à le regarder, avant d’être prise par la toux à nouveau. « De l’eau. » Sa voix était rauque, comme abimée, et l’eau qui descendait le long de sa gorge lui faisait terriblement mal, même si elle se força à avaler intégralement le verre qui lui avait été donné.

Bathild soit louée, ou peut-être Argon, elle n’était plus sûre, il était là. Ni Lida ni Sithis ne l’avaient emporté prématurément. Elle rouvrit la bouche, un moment, pour parler, incapable d’articuler le moindre mot. Il lui fallut plusieurs longues secondes pour y arriver. « Aubrée. Agathe. Elles sont vivantes ? » Il était difficile d’entendre sa voix, faible comme elle l’était. « Je veux, que, que tu les rencontres. Officie – officiellement. »

Elle se releva légèrement, s’appuyant tant bien que mal sur ses coudes douloureux, peut-être un peu brûlés. « Ne… N’attendons plus. Melsant, je. Je veux vivre avec toi. Toujours. » Elle agissait sûrement avec précipitation, mais elle avait eu tellement peur de le perdre. Et elle se sentait confuse, gênée de demander ça. Presque honteuse. Une femme ne faisait pas ça, si ? Et… S’il ne voulait pas ? S’il… s’il voulait quelqu’un d’autre ? Elle tenta de détourner la tête, de la cacher tant bien que mal, y compris les rougeurs qui devaient parsemer son visage.

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Message Sujet: Re: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Lun 10 Juil - 22:26

Quel soulagement alors que Grâce reprenait conscience, réclamant de l'eau. Il la savait encore vivante, mais c'était toujours angoissant de voir quelqu'un à qui l'on tenait dans cet état de vulnérabilité, surtout quelqu'un comme Grâce qui n'était pas du genre à se montrer faible. C'était une combattante. Une guerrière. Une femme forte et indépendante. Qui avait pourtant laissé Melsant voir ses failles et permis de l'apaiser. Cela faisait des mois que les deux Voltigeurs entretenaient une liaison qui n'était plus secrète aux yeux des Séverac d'ailleurs. Il accéda à la requête de la jeune femme, l'aidant à boire avec précaution, grimaçant en voyant que cela lui était pénible. Il imaginait sans mal le désagrément d'avoir respiré de la fumée. Heureusement, elle n'était pas brûlée. Elle avait eu de la chance. Mais s'engager auprès d'une Voltigeuse, c'était accepter de lui laisser sa liberté... Qu'elle prenne des risques et mette sa vie en jeu. Il ne lui serait pas venu à l'idée de l'en empêcher. Elle avait été soumise aux hommes durant toute sa vie de jeune fille. Melsant était assez fin pour comprendre cela. Comprendre ce dont Grâce avait besoin. Lui offrir son soutien, sans lui imposer quoique ce soit. C'était plus aisé maintenant qu'il y a 10 ans, il avait mûri.

Il devait tendre l'oreille pour entendre ses paroles alors qu'elle l'interrogeait concernant ses filles. Il eut un petit sourire apaisant.

« Elles le sont. Elles semblaient aller bien. Je les ai juste aperçu dans la cour du palais, mais elles ne semblaient pas blessées. »

Il leva un sourcil quand elle lui confia avoir envie qu'ils se rencontrent officiellement. Ah ? Est-ce que le fait d'avoir rencontré les parents de Melsant avait décidé Grâce à réellement officialiser leur relation au point de l'intégrer dans sa vie et le présenter à ses filles comme son compagnon ? Et que penseraient les deux jeunes bellifériennes ? Il les avait croisé brièvement finalement.

« D'accord. »

Que dire d'autre ? Cependant, il resta stupéfait quand elle se redressa et lui demanda de vivre ensemble. Pour toujours. Il s'était figé, n'étant pas certain de comprendre ce que cela voulait dire... Vivre ensemble... Se marier ? Il éclata de rire quand il comprit réellement ce qu'elle voulait, ou cru le comprendre, avant de se raviser en la voyant détourner le regard, soudain écarlate à cause de son audace. Il lui agrippa le menton pour la forcer à le regarder, les yeux pétillant de malice.

« Grâce de Sombregemme, vous êtes vraiment une femme incroyable. Serait-ce une demande en mariage ? »

Il pencha la tête, un léger sourire aux lèvres, oscillant entre l'amusement et l'émotion. Elle l'avait vraiment prit de cours mais il préférait parler d'un ton léger, afin de pouvoir retomber sur ses pattes s'il se trompait ou si elle se ravisait...

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Message Sujet: Re: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Dim 16 Juil - 22:18

C’était une vision plus rassurante qu’elle ne l’aurait admis, que d’avoir Melsant sain et sauf sous ses yeux, sa main dans la sienne, à ses côtés. Et flatteur, de savoir qu’il était là, même si… Même s’il aurait dû éteindre les incendies. Mais c’était peut-être déjà fait ? Elle cligna des yeux une ou deux fois, pendant qu’il la rassurait sur le sort de ses filles. Sithis soit loué, elles allaient bien. Pourvu que ce soit encore le cas… Elle pouvait difficilement croire autre chose, sans quoi elle en serait devenue folle. « Tu… Ses paroles se perdirent dans une nouvelle quinte de toux. veilleras sur elle ? Vérifieras, qu’elles vont bien ? Me tiendras au courant ? » Elle parlait trop et trop vite, mais elle craignait ne plus pouvoir parler, en toussant trop, alors elle essayait de dire tout ce qu’elle voulait dire. Même si elle se penchait pour se resservir de l’eau, le verre lui échappant des mains malgré elle. Heureusement, elle n’avait pas eu le pichet en main. Elle grimaça en entendant le bris de verre, et remercia d’un hochement de tête, lorsqu’on lui tendit un nouveau verre – plein.

Elle le regarda avec incertitude, à entendre sa réponse. D’accord ? Juste ça ? Il… il voulait pas ? Il avait pas l’air très intéressé… Peut-être qu’il aimait pas trop les enfants. Même s’il l’avait vu avec son neveu, très attentionné. Peut-être que c’était juste parce que c’était ses filles. « Tu… Tu n’es pas obligé. Je, je leur ai déjà parlé de toi, je voulais pas leur cacher, si ta famille savait, mais… Enfin, tu as le droit de pas vouloir. » Oui, il avait le droit. Elle comprendrait, qu’un Cielsombrois refuse les filles d’un autre, un Belliférien, et les problèmes qui y étaient liés. Elles avaient failli être kidnappées à nouveau, après tout. Et… enfin, Grâce ne savait pas ce qu’elle ferait, s’il voulait pas d’elles. Elle pouvait pas les abandonner, pas encore. Elle était peut-être une mauvaise mère, mais elle les avait sacrifiées par égoïsme, Agathe le lui avait bien fait comprendre, il y avait quelques mots, elle referait pas cette erreur.

Elle aurait sûrement pas poursuivi par les paroles qu’elle venait de laisser échapper, si elle avait envisagé un seul moment qu’il pourrait ne pas vouloir de ses filles. Elle avait agi impulsivement, mais elle aurait du se poser la question. Y réfléchir. Elle avait agi spontanément, sans prendre les conséquences en compte. Elle fronça les sourcils, en le voyant rire. Il ne la prenait pas au sérieux ? Ou alors c’était une manière de se dédouaner, de ne pas répondre ? Elle ne comprenait pas vraiment, et malgré le fait que ce soit venu assez facilement, il n’était pas aisé pour elle d’admettre avoir demandé ça, même implicitement, et encore moins d’attendre une réponse, alors qu’elle s’exposait à lui dans toute sa fragilité, dans toute sa vulnérabilité. Elle s’apprêtait à répondre, quand elle repartit dans une quinte de toux, qui lui laissait un peu de répit, alors qu’elle buvait deux grands verres d’eaux. « Peut… Peut-être. Si tu veux de moi, et de mes filles. Si… Enfin, si tu veux personne d’autre. Si tu as pas… peur. Ou que c’est pas bizarre pour toi. Tu peux dire non. Tu peux faire comme si je délirais, même. »

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Message Sujet: Re: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Mer 23 Aoû - 11:57

Même si Grâce n'avait pas été une mère exemplaire, son comportement étant sujet à controverse, même si Melsant avait pris soin de ne pas la juger ni la condamner, il ne put empêcher un léger sourire d'orner ses lèvres quand elle s'inquiéta pour ses filles. Les relations entre les enfants et la mère n'étaient pas évidentes et bien loin de ce que Melsant connaissait dans sa propre famille, elles devaient s'apprivoiser de nouveau, se faire confiance. Sans compter que les gamines avaient été abreuvées de sottises bellifériennes et avaient du entendre des horreurs sur leur mère... Mais rien n'était irréparable n'est-ce pas ?

« Bien sûr. »

Elle n'avait même pas besoin de lui demander ce service. De lui-même, il aurait eu cette initiative. La preuve, il les avait cherché du regard, tout en étant lui-même inquiet pour ses proches. Elle parlait vite, s'étranglant à moitié à cause de la toux et s'emballa alors qu'elle désirait boire un peu d'eau et que le verre lui échappait de ses mains devenues maladroites.

« Du calme Grâce. »

Il se faisait apaisant, ne bronchant pas au bris du verre. Un brin autoritaire également, comme il savait si bien l'être. Mélange de calme et d'autorité. Quand elle lui fit part de son désir qu'il rencontre officiellement ses filles, il accepta, naturellement. En toute simplicité. Ce qui induisit Grâce en erreur concernant ses sentiments à ce sujet.

« Non Grâce, je serai ravi de leur être présenté officiellement... même si, à mon avis, elles sont déjà au courant de certaines choses entre nous... »

Forcément, en côtoyant Mélusine et Mélisende... Les jeunes filles n'étaient pas sourdes, ni idiotes. Et il ne doutait pas que ses sœurs devaient parler les concernant. Surtout Mélusine, que le sujet des amours de son frère aîné passionnait.

« Et je me demande ce qu'elles peuvent bien en penser. »

Cela ne devait pas être évident pour ces jeunes filles élevées selon une éducation terriblement stricte, avec une place féminine des plus réduites. Leur mère devait avoir une réputation de catin.
Pourtant, elle réussit à le désarçonner alors qu'elle lui faisait soudainement part de son envie de partager le reste de sa vie avec lui. Une demande qui n'avait rien de conventionnel et qui le prit par surprise. Et qui lui faisait se demander si Grâce était totalement sérieuse. Si elle avait bien toute sa conscience. Si cela ne venait pas de l'inhalation des fumés, du fait qu'ils auraient pu mourir. Et si elle regrettait plus tard ? Melsant n'était pas du genre à tergiverser et à douter de lui ou de quoique ce soit d'autre, mais en cet instant, il préférait être prudent et ne pas trop s'emballer, ce qui donna un léger silence stupéfait. Puis un grand éclat de rire, devant cette audace qui le ravissait. Encore une fois, la fière Voltigeuse se méprit sur ses réactions. Décidément ! Il s'empressa de la rassurer avec sa malice habituelle.

« En réalité, je me demande si tu es vraiment sûre de toi... Si tu ne regretteras pas cette demande quand tu iras mieux. C'est cela qui me fait peur. Pas de partager ma vie avec toi. Loin de là. »

Il marqua une légère pause, la sondant de ses yeux incroyablement bleus et limpides.

« Je ne veux personne d'autre. Et j'accepte tes filles sans problèmes. J'aime les familles nombreuses. C'est oui, Grâce. Mais toi, ne prendras-tu pas peur quand tu auras mesuré tout ce que cela implique ? »

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Message Sujet: Re: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Lun 4 Sep - 23:43

Elle soupira de soulagement, alors qu’il lui affirmait, calmement, sereinement, qu’il veillerait sur ses filles. Il avait l’air tellement inébranlable et sûr de lui, en disant ça… alors qu’il n’y était tenu en rien. Une bouffée de reconnaissance et d’affection, de forte affection, prit Grâce par surprise, alors qu’elle prenait sa main, bien incapable de faire plus. Mais ça suffirait pour qu’il comprenne qu’elle l’en remerciait et que ça comptait beaucoup pour elle qu’il accepte, non ? Elle aurait peut-être du ne plus bouger, mais elle s’asséchait vite, et elle avait besoin de boire. Sauf que ses forces la trahissaient, sûrement parce qu’elle ne s’était pas ménagée en parlant rapidement et trop peut-être, alors qu’elle laissait échapper le verre, tout en toussant.

« Ex… Excuse-moi. » Elle reprit un verre, prenant le temps de boire, malgré la toux. Sa présence et sa voix tranquillisaient Grâce, l’incitant à se reposer sur lui – malgré ses réticences à l’idée de le faire. Elle était habituée à ne compter que sur elle, et c’était un défaut qu’elle arrivait difficilement à surpasser, même si elle s’y essayait. Et surtout, de se laisser aller, à ce qu’elle ressentait vraiment.

Elle avait tellement pris l’habitude de faire taire ses envies et ses désirs, inquiète de ce qu’il lui arriverait alors qu’elle était toujours mariée, et que son époux pourrait bien décider de reprendre ce qui lui appartenait, ou de reprendre ses filles depuis qu’elle les lui avait subtilisées, qu’il était difficile de les écouter. De croire que cette liberté qu’elle avait recherché en s’enfuyant à Lorgol était réellement à porter de mains. Elle grimaça à cette idée, songeant que, peut-être, Agathe ne lui avait toujours pas pardonné. Elle n’en savait pas grand chose, en réalité… même si elles n’avaient pas réellement abordé le sujet. Peut-être aurait-elle du le faire, provoquer une réaction. Au lieu de cela, elle leur avait dit, à Aubrée et elle, la réalité, concernant sa relation avec Melsant. Elle s’était sentie coupable, jusqu’à présent de la leur cacher. D’autant plus qu’elle savait à ce moment-là avoir des chances de rencontrer les parents de Melsant, qui se trouvaient à Svaljärd comme elle et leur fils. Elle ne voulait pas que ses filles soient au courant après eux.

Elle secoua la tête, demandant franchement à Melsant de les rencontrer. Présenté par elle. Comme… comme quoi ? L’homme qu’elle fréquentait ? L’homme qui avait su gagner son cœur ? Son amant ? Son… Elle n’en savait rien du tout, et cela commençait à lui donner mal à la tête, bien que tout ça soit un peu vrai. « Je leur ai dit qu’on se… fréquentait. Elles savent. Je ne suis pas sûre qu’elles prennent cela au sérieux. Pour tout te dire, je n’en sais rien. J’ai l’impression qu’elles ont désespérément besoin d’une mère, mais je ne sais pas si c’est moi, qu’elles veulent à cette place. Peut-être suis-je plus prête qu’à 18 ans, à assurer cela. Je ne suis même pas sûre de moi – peut-être devrais-je renoncer à partager leur vie, et suggérer à Mélusine d’adopter Agathe. Elle s’occupe très bien de son fils, je suppose, sûrement serait-elle une bonne mère, pour Agathe. » Elle s’agitait, trop pour son état, et une nouvelle vague de toux la prit. Elle fit signe que tout allait bien au guérisseur qui voulait s’approcher d’elle, s’allongeant à nouveau et essayant de se forcer à respirer doucement. Et à parler, d’une voix à peine audible. « Je ne sais pas ce qu’elles en pensent… Peut-être que je ne suis qu’une femme immorale, à leurs yeux, une femme fautive… » Probablement pas, mais la culpabilité qui l’avait étouffée des années durant était fluctuante depuis qu’elle les avait ravies à leur père, mais bien plus présente qu’avant.

Ça ne l’arrêta pas, pourtant. Peut-être aurait-elle du ne pas agir, en pensant à la désapprobation de ses filles. Mais pouvait-elle sacrifier ce bonheur qu’elle n’avait fait que frôler du bout des doigts, il y a plusieurs années de cela ? Sûrement le ferait-elle, si ses filles s’y opposaient, y réagissaient violemment. Elle devrait prier Melsant de ne rien dire, avant qu’elle ait leur accord. Et cela, elle n’était pas sûre de l’avoir. Plus qu’incertaine, même.

Elle ne fuit pas son regard, pourtant, quand il saisit doucement son menton, plongeant ses yeux clairs dans ses propres yeux sombres. « Je… je sais que ça va être compliqué. Très compliqué. Je sais que… chacun devra faire des concessions, pour l’autre. Que tu n’abandonneras pas d’être major, pas plus que je n’abandonnerai mon Vol. Mais je… Je me suis toujours interdit de trop me lier. Des chaînes invisibles mais incassables me retenaient, il y a peu. Son époux. Sa vie en Bellifère. Le sort de ses filles – qu’elle n’en ait rien dit à personne, pas même à Melsant, ne signifiait pas qu’elle n’avait pas craint la vie qu’elles auraient, alors qu’elle les laissait derrière elle.

« Peut-être que je prendrais peur. Peut-être que j’aurai du mal, face à certains… travers de ta famille. Pas que je les déplore, juste qu’ils sont plus libres que… Trop libres encore pour moi. Mais tu seras à mes côtés, pour m’aider à traverser tout cela, n’est-ce pas ? Quelles que soient les difficultés. Quelles que soient les contraintes. Je… Je le veux réellement. Le seul obstacle serait mes filles… Un refus d’elles, et… Je ne peux pas encore leur imposer mon égoïsme. » Et si elle devait être malheureuse pour elles, alors… sûrement le serait-elle. Mais elle ne regretterait pas, si elle construisait réellement sa vie avec lui.

Elle s’arrêta de parler un instant, la gorge sèche et en feu. Mais elle ne voulait pas arrêter sa conversation. « On peut… attendre. Discuter. Avant de décider. Ou avoir des longues fiançailles… Je suis erebienne, après tout, maintenant, elles durent un an, là-bas. » Elle émit un petit rire, qui ressemblait plus à un gargouillis, en disant ça. Elle n’avait pas réellement de raison de se soustraire à cette obligation erebienne, ne connaissant que peu les gens là-bas. Mais si ça pouvait le rassurer. « On pourra… décider de ce que l’on veut. En parler. »

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Message Sujet: Re: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Mar 12 Sep - 14:28

Il répondit par un sourire quand elle le pria de l'excuser. Elle avait tendance à trop tirer sur la corde, à vouloir trop en faire. Mais c'était aussi ça qu'il adorait chez elle, il ne fallait pas se leurrer. C'était un ensemble de beaucoup de petites choses et de détails... Qui rendaient donc cette femme exceptionnelles aux yeux de l'aîné des Séverac, lui qui semblait s'être montré assez difficile jusque maintenant dans le choix de ses conquêtes. Du moins, celles qui pouvaient revêtir une quelconque importance. Et il avait aussi son importance aux yeux de la Voltigeuse alors qu'elle lui demandait de rencontrer officiellement ses filles. Une idée qui lui plaisait, même s'il se demandait comment leur mère allait leur présenter l'homme qui partageait sa couche, à défaut de sa vie, pour le moment. Il savait les deux demoiselles d'éducation belliférienne. Cela rendait forcément plus délicat le sujet de la romance entre Melsant et Grâce. Les femmes avaient tellement peu de droits après tout...

Mais les deux jeunes filles savaient ce qu'il en était déjà. Oh. Bien. Dans ce cas, il n'y avait plus de questions à se poser. Cet épineux sujet avait déjà été abordé après tout. Et malgré elle, Grâce confia encore ses doutes concernant son rôle de mère. Elle ne se pensait pas à la hauteur et n'était même pas certaine que ses filles aient besoin d'elle dans ce rôle, alors qu'elles avaient des tutrices qui pouvaient très bien le remplir également.

« Mélusine serait sans doute une bonne mère pour Agathe, oui. »

Il avait répliqué calmement, avant d'ajouter, tout en caressant le front de Grâce :

« Mais c'est toi qui l'a mise au monde. Elle te ressemble. Et même si tes relations avec tes filles peuvent être difficiles, même si elles peuvent te reprocher d'être partie ou te rejettent, tu dois t'accrocher, Grâce. Pour leur montrer que tu as changé, que tu es désormais prête à assumer tes responsabilités, que tu veux veiller sur elle et ne les abandonneras plus jamais. Même si elles t'en font voir ou jouent les indifférentes... cela comptera pour elles. Ce sera difficile pour toi, sans doute, mais tu surmonteras ces épreuves, comme tu les as toutes surmonter. Et tu ne seras pas seule. »

Promesse qu'il l'épaulerait et la réconforterait si elle venait à douter. Il ne voulait pas paraître trop envahissant ou sous entendre qu'elle était trop faible pour s'acquitter de cette tâche, mais lui laisser la possibilité de venir se reposer sur lui quand elle en émettrait le besoin.

« A toi, de leur ouvrir les yeux dans ce cas. Mais j'en doute. »

Et là... Une demande en mariage fit son apparition dans la conversation, prenant Melsant au dépourvu, même s'il en rit, ravi de l'audace de la Voltigeuse, avant de tempérer un peu son enthousiasme, en se demandant si elle était bien consciente de tout ce que cela impliquerait à l'avenir ? Il y aurait de sacrées concessions à faire. Etait-elle vraiment dans le meilleur des états pour en discuter ?

« Pour quelqu'un qui s'interdit de trop se lier... »

Il eut un sourire en coin.

« Je suis flatté que tu te parjures pour moi. Il est des liens qui sont exquis tu sais... »

Cependant, elle avait conscience que ce serait difficile. Qu'il y avait un fossé entre sa moralité et celles des Séverac.

« Je serai à tes côtés oui. Et si tes filles refusent... Et bien je me ferai un devoir de les charmer et me faire accepter d'elles. »

Il accepterait leur décision, mais cela ne voulait pas dire qu'il renoncerait pour autant. Il décocha un sourire charmeur à Grâce, accompagné d'un clin d’œil malicieux. Il s'empara de sa main et en baisa le dessus avec tendresse alors qu'elle proposait d'en discuter plus tard.

« Alors nous voilà fiancés ? Avec une année pour discuter de tout cela ? »

Il jeta un regard autour d'eux... Les blessés, l'abri de fortune.

« Des fiançailles inoubliables, à n'en point douter. »

Il décida alors de s'emparer des lèvres asséchées de la jeune femme, pour la rassurer alors que ses paroles étaient bien trop légères et ironiques.

« Comme la femme qui en a eu l'idée. Repose-toi Grâce. Nous discuterons de tout cela à tête reposée, quand tout sera terminé et que tu seras en pleine forme. Mais ne compte pas sur ma mansuétude à ton égard... Tu es certes blessée, mais totalement lucide ! »

Il se leva donc, ajoutant avec sérieux cette fois :

« Je dois y retourner. Je m'occupe de quérir tes filles. »

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Message Sujet: Re: Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir   Dim 24 Sep - 22:13

Son visage s’affaissa, quand Melsant lui confirma ce qu’elle pensait déjà : Mélusine serait une mère parfaite pour Agathe, une chance immense, par rapport à ce qu’elle, elle avait à lui offrir. Elle savait qu’il ne lui dirait pas de mensonges, pour l’apaiser, mais c’était plus dur qu’elle ne le pensait. Elle avait beau eu nier cela, elle s’était en son fort intérieur toujours sentie coupable d’avoir abandonné Aubrée et Agathe, se demandant pendant longtemps si elle avait bien fait, et qu’il le lui confirme comme cela… C’était un coup dur. Elle releva les yeux, malgré tout, en l’entendant poursuivre, en sentant le doux contact de sa main sur son front, dans ses cheveux. Là où elle pensait que même lui ne pouvait nier la désastreuse mère qu’elle avait été et continuait d’être, il la surprenait encore. Et il réussissait, par-dessus tout, à la réconforter. Elle n’avait sûrement pas réellement réalisé à quel point Melsant était un homme merveilleux, avant ces derniers mois. À quel point il était tout ce qu’elle n’était pas, mais qu’il lui apportait cette stabilité, cette paix, dont elle avait toujours manqué. Elle saisit sa main, avec le peu de force qu’il lui restait, les yeux brillants.

« Je… Merci, Melsant. » Elle était incapable d’en dire plus. Incapable de dire qu’elle ferait tout pour cela. Même si cet unique mot devait dire tout cela… Cet unique mot, et plus encore la demande impromptue qu’elle lui fit, sans même avoir planifié de le faire. Elle avait réfléchi à rendre les choses officielles, mais… se fiancer ? Se promettre une vie entière, l’un avec l’autre ? Elle était sûre d’elle, comme souvent, mais elle n’avait pas pensé que cela surgirait à un tel instant.

« Parce que je serai sotte, de ne pas voir tout ce que tu m’apportes. Peut-être que… je suis fière, et indépendante. Mais pas idiote, au point de ne pas me rendre compte de tout ce que tu fais pour moi, et de ce bonheur que tu m’apportes. Je ne dis pas que ce sera facile, que je serai facile, mais je ferai tout ce que je peux pour te rendre au centuple tout ce que tu m’as donné. Et t’aimer, tout simplement. » Lui avait-elle déjà dit qu’elle l’aimait ? Elle en doutait fortement. Même si ses actes parlaient d’eux-même. « Tu m’as charmée, je n’ai aucun doute que tu arriveras à les conquérir aussi… »

Elle laissa échapper un petit rire, en le voyant faire son numéro de charmeur, bien conscient que s’il essayait sérieusement de séduire ses filles, il y arriverait sans mal. Et sentant une bouffée d’affection l’assaillir, à cette pensée. « Fiancés, oui. Une année, ou moins, si nous décidons de tout avant cela. Je ne veux pas me précipiter, Melsant, mais nous avons déjà attendu tant d’années… Je suis libre, maintenant, de ces liens du mariage qui étaient les miens, et je sais ce que je veux. Même si je te semble agir impulsivement. Même si on doit en discuter davantage. Ne doute jamais que j’ai pris cette décision en toute connaissance de cause. Et… on pourra raconter cette histoire, de fiançailles, plus tard. Je suis sûre que les gens apprécieront de le savoir. De savoir à quel point Melsant de Séverac est inoubliable, au point de se fiancer en plein combat, dans une infirmerie improvisée. »

Elle lui sourit malicieusement, avant de lui rendre son baiser, faiblement. Elle ne retrouverait pas ses forces tout de suite… « Épargnez moi, marquis, je suis bien trop fébrile et faible, pour subir ces attaques que vous évoquez. » Elle saisit sa main, brièvement, reposant sa tête sur l’oreiller, fermant les yeux. « Retrouve les… et merci. » Merci, pour de multiples choses. Elle lâcha sa main, bien qu’elle n’ait eu aucune prise dessus, le laissant aller.

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Conte moi tes peurs et tes doutes, je susurrerai l'espoir
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