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 Des merveilles à l'unisson

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Message Sujet: Des merveilles à l'unisson   Mer 5 Juil - 5:00


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Astarté des Sables & Lancelot l'Adroit

Des merveilles à l'unisson

Ou une association lucrative



• Date : 2 mars 1002
• Météo (optionnel) : Nuageux. Il fait sombre, en cette fin d'après-midi.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Mandatée par la Guilde des Gemmes à Lorgol, Astarté n'échappe pas à ses habitudes. Elle s'efforce de trouver un moment pour visiter la boutique de Lancelot l'Adroit et se rassurer quant à son état et ses affaires. Et puis... Elle n'arrive pas les mains vides, avec sa proposition bien audacieuse!
• Recensement :
Code:
• [b]2 mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2399-des-merveilles-a-l-unisson#72496]Des merveilles à l'unisson[/url] - [i]Astarté des Sables & Lancelot l'Adroit[/i]
Mandatée par la Guilde des Gemmes à Lorgol, Astarté n'échappe pas à ses habitudes. Elle s'efforce de trouver un moment pour visiter la boutique de Lancelot l'Adroit et se rassurer quant à son état et ses affaires. Et puis... Elle n'arrive pas les mains vides, avec sa proposition bien audacieuse!


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Dernière édition par Astarté des Sables le Mer 5 Juil - 5:03, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Mer 5 Juil - 5:03

Une visite à Lorgol n’en était pas vraiment une si elle n’incluait pas la boutique de Lancelot l’Adroit. De cette ville odorante et oppressante, Astarté n'en appréciait réellement que les quartiers de la Guilde des Joyaux et l’atelier de l’Adroit. Ce n’était qu’une fois entourée de ses petits automates, de tant de beautés, qu’elle se sentait libérée de ce sentiment de confinement que lui apportaient les ruelles sinueuses et les tours interminables. Chacun de ses passages à Lorgol l’épuisait considérablement et lui rappelait bien cruellement son passée, tant l’espace semblait manquer, par ici. Mais… Mais là-bas, dans cette boutique, il lui semblait qu’elle était ailleurs.

Semblable à un chat boudeur, la gitane n’avait que des réserves et une méfiance viscérale envers les Cielsombrois. Lorsque certains d’entre eux croisaient sa route, elle les observait, aux aguets, comme si leurs caractéristiques raciales étaient contagieuses. Il n’y avait réellement que Mélusine de Sylvamir qui dérogeait à cette mesure préventive de contagion éminente. Elle était Erebienne de coeur. Et Lancelot l’Adroit, peut-être bien, n’était pas si cielsombrois que ça. Du moins, Astarté était plus à ses aises à ses côtés. Il ne cherchait pas à se glisser sous ses jupons et son talent résultait autant du génie que d’un long labeur. Il n’était pas… Il n’était pas désinvolte, lui. Ni fou. Elle le respectait beaucoup.

Elle était entrée, discrète, sans faire de bruit. L’Adroit avait l’oeil, mais il fallait bien avouer qu’elle savait se faire oublier, bien souvent, cette jeune joaillière. Tout en observant ici et là les automates et poupées, elle laissait ses doigts avides effleurer quelques babioles de moindre valeurs. Lancelot ne devait pas être très loin. Elle entendait l’éclat vague d’une conversation, vers le comptoir. Une femme, peut-être. Une commande richissime. Elle le lui souhaitait du fond du coeur, alors qu’elle sentait sa fixation angoissante de dérober se dissiper. L’objet soustrait à la vente se logea dans la bourse suspendue à la ceinture de son anarkali. Un griffon, croyait-elle, en voie d’être animé. Ou peut-être était-ce un simple hibou? Elle n’avait pas remarqué. Elle ne remarquait jamais, Astarté, lorsque sa petite manie se faisait persistante, à son esprit. Elle s’inclinait devant elle, elle cédait bien honteusement, rapatriant à ses mains avides le premier objet à sa disposition. À ses oreilles, la conversation se terminait enfin. La dame riait. Elle s’en allait. La gitane pivota, faisant valser joliment les pans colorés de sa robe érébienne.

- Lancelot l’Adroit…

Son sourire était de miel, alors que les élans de son coeur étaient tout aussi doux. Elle, si timide d’ordinaire, se laissa aller à une démonstration d'affection bien sincère sans crier gare. Entre ses bras, la gitane enserrait son ami pour combler tous ces mois sans nouvelles. Ses cheveux indisciplinés effleurait le visage glabre de l’artiste, le chatouillant probablement au passage. Il lui fallut de longues secondes pour lui rendre sa liberté. Elle s’était inquiétée, Astarté, avec la guerre qui avait balayé le continent et dévasté son désert par la même occasion. Coupée du monde, elle avait eu bien peu de nouvelles de ses rares amis, et qu’il en soit conscient ou non, Lancelot était du nombre.

- Merci de créer tant de beautés, alors que le reste du monde cherche à les détruire.

Le regard brillant, elle cherchait le sien afin de lui témoigner ses remerciements les plus sentis. La gitane reprit une distance raisonnable, tant par timidité que par prudence. Il ne fallait tout de même pas lui souffler des idées, à Lancelot. Il demeurait un Cielsombrois, après tout.

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Dim 30 Juil - 17:49

Les jours se succédaient comme les autres dans un cycle monotone brisé par l'arrivée de nouvelles commandes et le passage des acheteurs.  Tandis que le printemps revenait tranquillement planer au-dessus des rues de ma Lorgol, les hommes venaient en quête d'idée pour séduire leur belle, les femmes se commandaient de nouvelles pièces pour décorer leur maquilleuse et agrémenter leurs pots de fleurs posés avec élégance de part en part du miroir.  Leurs joues roses, fraicheur du renouveau ou poudrerie d'un hiver nimbé de sang, allaient et venaient dans un tourbillon de chiffons multicolores.  Les beaux jours revenaient tranquillement, et moi je voyais mon commerce fleurir comme les bourgeons printaniers qui devaient peu à peu éclore en Sombreciel.  En ces moments, il m'arrivait parfois de songer à ma terre natale avec une nostalgie du  passé quelque peu mélancolique.  C'était là-bas que tout avait commencé, ma passion pour l'art.  Que restait-il de la forge de mon père, laquelle avait vu naître mes premiers bricolages?  Cette guerre était inquiétante.  La venue de toutes ces fleurs à la boutique indiquait-elle un retour à la paix?  La poésie n'avait pas vraiment sa place dans les jeux de pouvoirs entre les deux empires.

Occupé par une orchidée, bien décidée à se faire couvrir de poussière lumineuse, arrosée par la beauté de mon talent, je ne remarquai pas l'entrée silencieuse de cette espèce rare du désert qui ne poussait que très peu souvent dans mes jardins.  Ce sont ses doux pétales colorés virevoltant autour d'elle qui se firent d'abord remarqué, puis son parfum doux de soleil.  Comme une plante carnivore, elle s'enveloppa autour de moi, mais plutôt que de m'avaler dans ses entrailles pour me digérer, sa chaleur humaine se répandit sur moi et je ne me sentis plus uniquement Lancelot l'Adroit, l'artiste renommé, mais également l'ami de cette jeune femme à la chevelure bouclée.

« Astarté des Sables, voilà une pousse du désert qui n'a point besoin de parures, » répondis-je à sa salutation emplie de chaleur.

Avec la guerre, je n'avais eu que très peu de nouvelles de cette amie, joyaux brillant entre l'immensité de deux dunes, maître d'orfèvrerie sans son égal.  Son compliment quant à mon travail me toucha droit au cœur, la flèche qu'elle avait tirée atteignant sans détour son but.  Je ne portai point attention à la distance qu'elle mit entre nous une fois les effusions des retrouvailles terminées.

« Il me fait plaisir que vous pensiez ainsi.  Les affaires continuent de fleurir malgré le sang qui imbibent nos terres et donnent une teinte rosée aux nouvelles pousses.  Serait-ce les vôtres qui vous mènent sur nos pavés lorgois et m'accorde ainsi le plaisir d'une de vos rares visites? » l'interrogeai-je en l'invitant à prendre place sur une des petits tabourets installés derrière mon comptoir, placés là pour moi et l'assistant que j'ai pris au magasin pour m'aider quand je suis débordé.  Nous serions ainsi plus confortables pour discuter.

« Ou peut-être êtes-vous là pour faire une acquisition? » ajoutai-je.  Les sentiments amicaux n'empêchaient point de faire du profit, ni de trouver une nouvelle maison d'adoption pour un de mes précieux enfants.  J'étais tout autant empressé d'expliquer mes créations à un parfait étranger qu'à un proche.  Mon art était bien un sujet sur lequel j'étais intarissable, malgré mon tempérament généralement plus réservé et modéré.

« Permettez-moi de vous offrir quelque chose à boire? » lui proposai-je avec les politesses qu'indiquait la réception d'une invitée, aussi imprévue soit-elle.

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Sam 5 Aoû - 4:30

Les affaires allaient donc bien pour son ami. Astarté s’en réjouissait sincèrement, et c’est sous un sourire pâle mais constant qu’elle l’écoutait s’ouvrir en plusieurs mots pailletés qu’il affectionnait tant. Des “fleurir”, des “teintes rosées” et des “pousses” à foison, digne d’un Lagran qu’il n’était pas. Le regard brillant, la gitane le regardait lancer ici et là sa poésie sur les murs de son commerce avec naturel. Il lui avait manqué. À sa question qui poignait enfin la fit secouer la tête, bien simplement, évasive comme souvent. Non, ce n’était pas par affaire qu’elle était présente dans cette cité qui la rendait si mal.

Elle se posa sur l’un des tabourets, ses interminables jambes sagement croisées sous ses jupons chatoyants et ses mains croisées, comme par crainte de dérober un autre objet. À la nouvelle question, la gitane laissa fleurir son sourire, vaguement amusée. Elle fit non d’un nouveau mouvement de tête, laissant sa chevelure danser en auréole autour d’elle. C’était un non, mais c’était un oui, peut-être bien. Elle lui devait au moins cela, lui acheter quelque chose après lui avoir volé autre chose. Peut-être un petit cheval pour Arsène? Ou bien un poignard, pour se défendre enfin lorsqu’on reviendra l’enlever?

- Permettez-moi de vous offrir quelque chose à boire?

Elle alla pour acquiescer mais estompa son geste. Le silence était souvent lourd à porter, pour les hommes, et il lui semblait bien qu’il y avait un moment, déjà, qu’elle n’avait plus prononcé un mot.

- Un peu de thé, peut-être… Ou alors un vin chaud. Rien de trop… Rien de trop … Excentrique.

Il en avait fallu de peu pour que la gitane ne demande rien de trop cielsombrois. Elle s’était rattrapée de justesse pour ne pas blesser Lancelot dans ses origines, et sa petite pirouette d’hypocrisie gentille la fit rehausser un sourire coquin. Astarté connaissait trop bien la réputation de ses voisins pour ne pas craindre un vin coupé par une plante étrange et hallucinogène. Elle était trop loin de chez-elle pour affectionner un breuvage si peu coutumier pour ses papilles.

- La Guilde des Gemmes m’a demandée à Lorgol pour me remettre quelque chose. Elle le laissa chercher de quoi sustenter sa soif avant de reprendre son récit encore bien vague. Un titre. C’est beaucoup de reconnaissance, et je me surprends à penser que, peut-être, malgré cette guerre, mes affaires reprendront.

La joaillière réceptionna  ce qui semblait être un vin, ou une liqueur, peut-être. Elle en huma sa coupe, un brin méfiante, ses yeux de chat finement plissés pour mieux se concentrer sur la fragrance. Encore bien peu convaincue, elle leva sa coupe pour en inspecter la couleur avant d’enfin en prendre une gorgée. Du bout des lèvres. C’était bon, même si ce n’était manifestement pas erebien. D’un mouvement de tête profond et appréciateur, elle le lui fit savoir.

- C’était horrible, en Erebor… Il y avait du feu à perte de vue, depuis mon abris à Sinsarelle. À chaque grondement, il me semblait que c’était les dunes qui tremblaient d’indignation. Et les morts… Des gens que j’appréciais et que j’estimais ont été marqué, bien plus que moi.

Si Sinh s’en était sorti indemne, enfant chéri du Destin moqueur, Saraj n’avait pas eu cette chance. La nouvelle lui avait noué le ventre. La soeur de sa sultane était gravement blessée. Un silence de malaise ou de respect passa, alors qu’on parlait des morts récents. Pour se donner un peu de contenance, Astarté fit tourner le breuvage dans sa coupelle avant de reprendre, d’un air un peu plus léger.

- Lorgol ne semble pas atteinte, heureusement. Votre famille vous rejoindra?

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Sam 12 Aoû - 20:35

Rien de trop excentrique disait-elle.  Ah, le malheur d'être né Cielsombrois, toujours soupçonné de vouloir passer des substances spéciales à ses invités.  Personne ne comprenait nos aimables mœurs.  J'allais effectivement lui proposer quelques produits divertissants de ma réserve, que je gardais pour les visiteurs de marque, mais au grand jamais je n'en offrirais à l'insu de mon hôte.  Néanmoins, elle avait fait l'effort de ne pas mentionner les raisons de sa suspicion et je ne relevai pas cette demande comme une insulte.  Les gens ne savaient pas, ne comprenaient pas.  Alcool, drogue, ces choses n'étaient offertes qu'avec le consentement de ceux qui à elles étaient destinées.  J'esquissai un simple sourire amusé avant de me retirer quelques instants pour mieux revenir, armé de deux grogs de liqueur de cerise, fruit qui ne manquait pas de pousser sur ma terre natale.  Rien de trop spécial, mais de quoi faire danser de plaisir sa langue dans sa bouche, je n'en doutais point.  J'étais donc tout à fait disposé à savoir ce qu'elle voudrait bien me dire à propos des dons que lui faisait la Guilde des Gemmes, ma propre tasse entre les mains que je portai rapidement à mes lèvres pour une première gorgée qui me réchauffa doucement la poitrine.

« Vous me voyez ravi pour vous de cette acquisition fort honorable, » commentai-je lorsqu'elle m'en dévoila enfin la teneur.  Un titre, ce n'était pas rien.  J'éprouvais une certaine fierté pour elle, elle venait de ma solidarité entre artisans fort probablement.  Je ne l'exprimai point, car je n'aimais pas à m'épancher sur les flatteries.  Puis elle ne m'avait pas mentionné avec exactitude de quel titre on la décorait et je ne comptais pas pousser l'exagération.  J'en profitai pour l'observer discrètement alors qu'elle dégustait son breuvage, l'air incertaine.  J'attendais l'approbation.  Elle vint, comme je m'y attendais et je ressentis une petite fierté à l'idée d'avoir réussi à la convaincre.

Et le sujet de la guerre tomba bien inévitablement.  Elle était si présente dans notre vie quotidienne, même ici à Lorgol, la ville des peuples libres.  Je n'avais pas été témoins des combats, terrés dans ma boutique, n'en sortant que pour me rendre à la Cour des Miracles.  J'en étais moins marqué, moins terrorisé peut-être.  Je pouvais voir l'horreur onduler dans les yeux de la jeune femme : elle avait été témoin de scènes qu'elle n'aurait jamais dû voir.  Astarté était une de ces personnes que je considérais devant rester à l'écart du laid.  Il fallait voir la délicatesse de ses bijoux et autres trésors de joaillerie pour comprendre.  Pour ma part, je n'avais vu que des vagues de réfugiés, fuyant la guerre entre les deux empires.

« Les guerres ne nous ont pas encore touché, mais je crains bien qu'un jour ou l'autre cela ne doive arriver, » soupirai-je.  Il nous faudrait un jour choisir un camp et je craignais ce jour.  Ibéen par la naissance, je devais une part de mon allégeance à ma patrie, mon père forgeron toujours en Sombreciel.  Néanmoins, je ne pouvais non plus apporter mon soutien à un empire qui mettait à sang les mages tels que moi.  Tels que ma mère.  Avant la fermeture des derniers portails en terre Ibéenne, je l'avais fait venir jusqu'ici en sollicitant l'aide de Melbren.  J'avais entendu beaucoup de choses par position d'espion et j'avais préféré agir avant que les choses ne dégénèrent trop.  Elle était en sécurité et l'une de mes sœurs était avec elle.  Néanmoins, il avait été impossible de faire abandonner sa forge à mon père.

« L'une de mes sœurs ainsi que ma mère sont présentement à Lorgol.  Le reste de ma famille se trouve toujours là-bas.  Aux dernières nouvelles, ils se portaient bien.  Vous savez que beaucoup de terres en Sombreciel ont été conquises par l'armée lagrane, dont celle où vivent les miens.  Je n'ai que très peu de nouvelles. »

J'évitais toujours de donner trop de détails à propos de ma famille.  Mon métier d'espion pourrait les mettre en danger.  J'avais donc changer mon nom pour leur assurer la sécurité.   Je ne craignais pas de faire confiance à la joaillère, mais je ne pouvais lui expliquer pourquoi il ne fallait pas répandre de bruits à ce sujet sans trahir ma profession.  Donc je me taisais.

« Allez-vous retourner en Erebor désormais que votre course pour la Guilde des Gemmes est terminée?  Ou allez-vous passer encore un peu de temps à Lorgol? » m'enquis-je pour éloigner la conversation de ce sujet délicat que ma mère, mon père et mes sœurs.  J'avais aussi la vague impression qu'elle n'était pas venue me voir que pour une visite d'agrément.  « J'espère que vous ne nous quitterez pas de sitôt. »

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Mer 30 Aoû - 22:33

À la mention de sa famille en territoire lagran, Astarté pinça les lèvres en une moue légère, compatissante, mais également vexée pour les gens de Lancelot. Sa famille, celle qui l’avait élevée, celle à qui Solal l’avait remise dès qu’elle fut libérée de son rang d’esclave, était un clan fort qui façonnait de captivantes danseuses des sables et forgeait de solides coureurs des dunes. Elle savait que, lorsque le désert fut frappé à feu et à sang, les siens étaient aptes à se défendre, à prendre les armes pour repousser l’ennemi, au risque de leur vie. Au-delà des frontières, des duchés et des méandres politiques, il y avait le sable brûlant du désert qui abritait les ruines du passé, gorgées d’une histoire dense dont les siens étaient incroyablement fiers. Il s’agissait de réels raisons de prendre les armes, de se défendre et de risquer sa vie. Sinhaj, promesse d’impétuosité. Elle était bien pâle, Astarté, entourée de son clan. Mais il était le sien, et la gitane appréciait, parfois, s’imaginer être à la hauteur de ces gens entiers. Pour la famille de Lancelot, Astarté leur souhaitait de ne pas perdre espoir.

- Je vis à Sinsarelle, depuis de longues années. Dame de Sinsarelle -de Sylvamir- a rejoint les contrées de son époux pour donner la vie. On m’y attend…

Elle devait les rejoindre prochainement et retrouver la noble famille qui s’était montrée généreuse à son endroit. Retrouver Arsène, ce petit garçon si intelligent, la rendait joyeuse. Il y aurait la neige et un duché qu’elle ne connaissait que par les récits des gens de passage où par les histoires rocambolesques de Sinh. La fébrilité était là, bien présente, mais l'appréhension également. La gitane n’était pas de celle à affectionner le déracinement des voyages et perdre de vue les sables chauds d’Erebor.

- J’ai un hochet pour l’enfant.

Lorsqu’elle utilisait le mot hochet, Astarté faisait plutôt allusion à la tradition cielsombroise d’en offrir un au nouveau-né. Il s’agissait d’une jolie pièce qu’elle avait soigneusement choisie et sertie de pierreries chatoyantes, en harmonie avec les préférences joaillières de l’heureuse maman. Préférences qui, elle l’espérait, attiserait la curiosité et l’intérêt du tout petit humain qu’elle rencontrerait prochainement. Elle avait vaguement songé à acheter un présent, mais l’idée de le sertir elle-même et de le décorer de sa propre main lui semblait plus approprié. Sa relation avec Mélusine était avant tout celle d’une artiste auprès de son mécène. Certes, la noble dame était devenue une confidente, puis une amante, mais leur histoire avait débuté sur la confiance d’une marquise pour une joaillière qui débutait à peine son métier. Le hochet était d’autant plus symbolique, pour Astarté.

- Si vous avez ciselé une danseuse des dunes… ou alors un griffon d'ébène… peut-être pourrais-je l’acheter. Ma soeur voltige. Nous dansions ensemble, lorsque nous étions plus jeunes… Elle est née au creux de l’été. Comme moi.

À sa sortie du harem, Rejawaïde, tout comme l’avait fait Astarté, avait quitté une prison pour voir le monde. Un peu brisée. Un peu blessée. La danse avait aidé la gamine qu’était Astarté à se faire une place au sein de cette famille nouvelle et à comprendre les coutumes de son duché qu’on ne lui avait jamais expliqué, dans les montagnes d’Erebor. Lorsque sa mère d’adoption l’avait fait venir pour apprendre quelques mouvement à cette Erebienne forte mais fragile fraîchement libérée du harem, la gitane avait accepté le coeur en joie. Danser avec Reja était plus qu’un événement festif. Il s’agissait d’une réconciliation avec ce qu’Erebor avait de plus terrible à offrir.

L’idée de le faire chercher un griffon fit sursauter Astarté, la dérogeant tout à fait de ses pensées nostalgiques. Qu’avait-elle dérobé..? Était-ce un griffon? Ou alors un oiseau? Elle n’osait pas regarder à sa bourse tout comme elle n’osait pas rectifier sa requête. Pour se donner un peu de contenance, la joaillière siffla une gorgée un peu plus conséquente de cette liqueur de cerises.

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Ven 1 Sep - 11:18

C'était donc cela qui appelait la jeune femme en-dehors de ce titre.  Mélusine.  Je ne savais pas qu'elles se connaissaient toutes les deux.  J'avais entendu par-ci et par-là qu'elle devait en effet bientôt devenir mère.  Peu de choses arrivaient à m'échapper.  Puis, je me rappelais de son mariage auquel j'avais assisté, comme une vague connaissance.  Elle y avait invitée toute la Cour et pour ma part j'avais dans la tête l'idée de retrouver quelqu'un en particulier.  Un petit jeu.  À bien y repenser, c'était quelque peu immature, bien que cela me faisait toujours sourire rien qu'à y repenser.  J'avais bien réussi mon coup au final, malgré tout.  Et j'en gardais un plutôt bon souvenir, oui.  Le seul ombrage de cette déclaration, c'était qu'elle était attendue, ce qui signifiait donc qu'elle se remettrait bientôt en route. J'aurais aimé pouvoir profiter de son passage – elle qui venait si rarement jusqu'à Lorgol – pour voir un peu des dernières techniques de joaillerie qu'elle aurait développées depuis notre dernière rencontre.  Et peut-être aussi avoir quelques conseils.  Elle m'avait inspiré à utiliser un peu plus de pierreries dans la confection de mes automates et cela commençait tranquillement à connaître un certain succès, malgré le prix plus élevé qui en résultait.  L'avis d'une experte ne serait pas de refus, bien que je savais très bien que je n'atteindrai jamais son niveau.  Il ne fallait pas rêver trop haut.

Qu'elle aie un hochet ne me surprit pas particulièrement, n'eut été la façon dont elle l'avait annoncé.  Il était normal d'offrir un hochet lors d'une naissance, je me demandai un instant pourquoi elle prenait la peine d'en parler.  Peut-être l'avait fait d'elle-même?  Un hochet serti de pierres.  Digne d'un petit roi.  Ou d'une petite reine.  Je ne doutais pas que l'enfant serait chéri par ses parents.  Mélusine de Sinsarelle, de Sylvamir désormais, était une excentrique, plutôt tapageuse certes, mais je ne doutais pas de sa fibre maternelle.  Je ne savais pas exactement sur quoi je me basais pour le savoir, un pressentiment peut-être.

Sa requête me tira de ma surprise et je secouai la tête en signe de dénégation.  Je n'avais pas pareil objet dans ma boutique.

« Je n'ai jamais eu l'honneur de voir une danseuse des dunes à son œuvre, or je n'ai pas encore eu l'occasion de jamais exécuter une telle œuvre.  Néanmoins, si cela pouvait vous faire plaisir, je pourrais en façonner une, » répondis-je, au regret de ne pas avoir ce qu'elle demandait.  En vérité, je n'avais pas une boutique particulièrement remplie d'objets.  Mon commerce se reposait surtout sur l'exécution de commande et j'exécutais quelques menus travaux ici et là quand l'inspiration ou l'envie m'en prenait.  Il m'aurait fait grand plaisir d'avoir quelque chose pour ma visiteuse.

À moins que…

« Je crois bien que j'ai un petit griffon quelque part.  Je ne saurais dire s'il correspond à ce que vous attendez, mais cela ne vous coûte rien d'y jeter un œil. »

Je lui indiquai un coin de la boutique que je rejoins moi-même, me souvenant exactement d'où j'avais posé l'objet, un griffon qui faisait des va et vient.  Trois pas d'un côté et trois pas de l'autre.  Malheureusement ma magie ne permettait pas de l'animer réellement.  Il ne pouvait que répéter à l'infini la même série de mouvements.  Je me penchai, songeant qu'il était peut-être tombé, mais il ne se trouvait pas au sol et il n'y avait désormais plus que moi-même et l'Erebienne à l'intérieur.  Je me grattai la tête perplexe, puis haussai les épaules.

« J'avais bien l'impression qu'il était encore là, mais peut-être l'ai-je vendu.  Je suis véritablement navré de n'avoir rien à vous offrir maintenant, » m'exprimai-je dans un sourire confondu.  C'était vraiment particulier.  Enfin, ce n'était pas bien grave, c'était un essai fait en bois.  Je le trouvais plutôt réussi.  J'avais dû l'offrir à quelqu'un dans un moment occupé.

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Mar 19 Sep - 0:47

Lancelot l’Adroit s’était redressé pour parcourir sa boutique d’un pas léger et gracieux. Tout, chez ce Cielsombrois, semblait l’être. Ses mains fines, pour ciseler avec autant d’adresse ses automates. Sa démarche souple, pour fouler le sol d’une manière aérienne. Ses mots soigneusement choisis, pour rappeler la délicatesse des fleurs qu’il semblait tant apprécier. Astarté le regardait un moment, fascinée toute autant qu’apeurée de ce qu’il allait découvrir ou ne pas découvrir sur l’une ou l’autre des étagères. Elle s’attendait à ce qu’il pivote, d’un instant à l’autre, et la considère avec de la méfiance dans les yeux.

- Je pourrais vous montrer. C’est le clan Sinhaj qui m’a élevée. ...Un clan de coureur des dunes et de danseuses des sables.

Elle avait parlé sans réellement croire son propos; une promesse qu’elle avait lancée sans être certaine de pouvoir l’honorer. La gitane souhaitait seulement le désintéresser de sa recherche, le distraire, malgré sa propre timidité. Qu’il ne sache plus où il avait posé les yeux. Qu’il croit n’avoir rien perdu. Qu’il s’imagine un instant ce que pouvait bien être une danseuse des dunes. Pour couronner son hypocrisie, l’Erebienne avait croisé les jambes en faisant valser joliment ses jupons colorés. Il cherchait encore son griffon, mais Astarté sentait qu’il lâchait prise au moins un peu. Elle respirait à nouveau. Discrètement, elle replaça sa bourse sous un volant chatoyant afin de dissimuler totalement son larcin.

- J'avais bien l'impression qu'il était encore là, mais peut-être l'ai-je vendu.  Je suis véritablement navré de n'avoir rien à vous offrir maintenant
- Je trouverai quelque chose à lui offrir. Un ornement pour son griffon, peut-être…

Soltana Kamar semblait apprécier les ornements subtiles qu’elle lui offrait régulièrement. Reja, sa flamboyante Reja, apprécierait peut-être de couvrir Sirocco lors des événements, ou simplement pour le plaisir. L’idée prenait à peu racine dans l’esprit de la joaillière, et déjà, elle voyait les pendeloques faites d’or et d’onyx orner le harnais du griffon d’ébène. Qu’il serait élégant! Tout autant que l’était sa soeur de coeur. Elle leva une fois de plus sa coupelle, lorsque l’artisan se posa à nouveau devant elle, et trempa ses lèvres dans le breuvage sucré. Il avait visé avec justesse, Lancelot. Après la surprise d’une première gorgée, la liqueur était exquise sur la langue de l’Erebienne. Parfaitement sucré et fruité. L’alcool la réchauffait agréablement, jusqu’à faire presque disparaître sa frayeur du griffon animé disparu.

- J’avais une idée à vous proposer. Une idée peut-être fantasque… Mais j’y songe depuis Vivedune.

L’atelier de son maître regorgeait d’ébauches d’ornements et de bijoux qui n’avaient jamais trouvé finalité. Des idées, comme il se plaisait à les appeler. Des esquisses. Des étincelles qu’il proposait parfois aux clients indécis pour faire naître une idée, un besoin, un désir. La majorité de ces œuvres inachevées étaient des bracelets ou encore des pierres taillées que le maître et la jeune élève utilisaient comme ornements de montre lors de leur visite. L’un était utile pour la précision des gravures, l’autres pour l’enchâssement parfait, ou encore pour la taille délicate de la gemme. Lors de son dernier passage à l’atelier de Vivedune, après avoir vu le feu et le sang marquer Erebor et après avoir imploré Soltana de retrouver Sinh Qoraïch, Astarté s’était agenouillée dans le petit entrepôt de son maître pour s’entourer de ses trésors, comme lorsqu’elle était toute jeune et résidait encore à ses côtés. Le but de la manœuvre était simplement d’oublier l’horreur en contemplant ce qu’Erebor avait de plus précieux : les enfants de Joseï et leurs œuvres. L’idée lui était venue sans s’annoncer, un peu brutale, et il lui semblait que seul Lancelot l’Adroit puisse l’aider à réaliser une pareille oeuvre.

- J’ai appris à fixer les mécanismes simples d’un pendentif porte-cheveux. Vous devez les avoir vu, déjà. Ils sont très prisés par les anciennes familles d’Ibélène, et il est possible d’y glisser une mèche de cheveux, ou autre chose. ...Comme une minuscule figurine pouvant s’animer.

Savoir et magie. Magie et savoir. Elle lui souriait de ses lèvres charnues, à présent, un éclat brillant au fond de ses yeux de chat. Allait-il se défiler ou, au contraire, s’intéresser à ces oeuvres dont ils seraient les uniques parents?

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Lun 25 Sep - 12:42

J'étais quelque peu déçu de ne pas pouvoir proposer l'objet dont avait besoin mon amie à la chevelure ondulée, mais je ne pouvais faire autrement qu'avec ce qui était en magasin.  Une vente ratée me désolait toujours quelque peu.  Elle n'était pas assez souvent à Lorgol pour que je puisse me mettre à la tâche.  Il faudrait peut-être envoyer via l'aide d'un messager le colis et peut-être le temps que celui-ci arrive auprès d'elle, serait-il trop tard.  La disparition du griffon m'asticotait un peu, j'étais certain de ne pas l'avoir vendu ni de l'avoir vendu.  Où pouvait-il être bien passé?  Pourtant, je détournai mes pensées de ce mystère en entendant que ma visiteuse avait quelque chose à me proposer.  Elle semblait plutôt hésitante dans l'exposition de son idée, mais la lueur qui brillait dans ses yeux me rendit plutôt curieux.  D'un geste, je l'encourageai à parler et de me partager le fond de sa pensée, comme j'étais fort hâtif de la connaître.  J'avais reconnu la fièvre créatrice et il n'en fallait guère plus pour attirer mon attention.  Et le fait qu'elle considérait cette idée comme fantasque la rendait encore plus attirante.  Je sentais l'odeur du défi poindre et j'avais toute hâte de faire la découverte de ce que ce serait.  Il avait su piquer ma curiosité et je lui étais toute oreille.  Quelle merveille son esprit avait-il imaginé?  Pourrais-je y être d'une quelconque aide?  J'avais déjà demandé quelques pierres et ornements pour certaines de mes œuvres à la joaillière, mais l'idée d'une potentielle collaboration me plaisait particulièrement.  J'avais déjà quelques projets en compagnie de Liselotte Passefil, en avoir quelques autres à côté avec Astarté serait un énorme bonus.  Je pourrais profiter de leur renommée personnelle pour accroître la mienne.  Elles-mêmes pouvaient en faire autant.  Nous nous retrouvions alors dans un échange fort complaisant.

L'idée me charma instantanément.  Je n'étais pas un homme à porter ce genre d'ornement malgré l'excentricité que l'on attribuait aux Cielsombrois, mais tout de même.  J'avais vu quelques femmes se parer avec ce genre d'objet et cela avait une distinction certaine.  J'imaginais déjà toutes sortes de figurines à y insérer.  Des oiseaux dont les ailes se déployaient, des ballerines effectuant une pirouette.  Les possibilités étaient nombreuses et je manifestai d'abord mon approbation par de légers hochement de la tête qui ne témoignaient même pas de la moitié de mon enthousiasme.

« Voilà idée fort charmante!  Charmante!  Que dis-je, c'est exquis!  Dame, savez-vous la valeur que pourrait tenir un objet d'une beauté esthétique pareille?  Cela n'aurait pas que son pesant d'or, mais également des répercussions dans tous les salons des femmes de bonne famille.  Voilà ce dont nous avons besoin.  D'une beauté poétique et délicate.  Seule une femme telle que vous pouvait songer à telle merveille, » m'exclamai-je après un court silence dans lequel j'avais organisé mes pensées et mes idées.

Je dévisageai la jeune femme, lui trouvant presque un visage nouveau.  Je savais que c'était une habile de ses mains et que ses créations recevaient un accueil de plus en plus chaleureux.  Elle avait l'adresse de ses doigts pour ce faire.  Néanmoins, je n'avais pas songé qu'elle avait l'esprit aussi délicat que cela.  Oui, ses bijoux et autres ornements étaient marqués par une certaine poésie, mais je l'avais manifestement sous-estimée.

« Avez-vous déjà quelques croquis pour ces œuvres?  Ou même avez-vous apporter un modèle?  Je serais curieux de voir précisément le genre de forme que vous donnez à ces coiffes. »

Oh oui, la curiosité me dévorait et j'avais envie de me mettre à travailler à ces petites choses dès que possible.

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Ven 27 Oct - 6:18

Les compliments tombèrent en pétales délicates autour d'Astarté. La gitane demeurait silencieuse à en savourer ce spectacle. Il n'était pas rare que l’on s’extasiait devant ses créations, ses petites merveilles, mais il était moins fréquent que les compliments proviennent d’un autre artiste à la réputation égale à la sienne. Que c’était joli, cette pluie délicate de mots doux, cette retombée de gentillesse et de gratitude. Peut-être cherchait-il à l’amadouer plus que de raison pour une raison qui lui échappait, mais il y avait déjà un moment qu’Astarté avait accepté d’accorder un peu de sa confiance à Lancelot l’Adroit. Elle préférait le croire.

- Merci…

D’une petite voix, d’un murmure, elle avait répondu de son mieux aux paroles de son ami. Son sourire s’était fait aussi discret que sa voix, que sa présence, et la joaillière joua à défaire ou refaire un pli de son jupon coloré pour chasser son malaise et sa timidité. Les secondes passèrent avant que Lancelot ne revienne à la charge, la questionnant alors sur ce qu’elle avait apporté pour lui. Qu’avait-elle donc à lui montrer? Des croquis? Des modèles? Elle releva son visage vers le sien, se risquant à croiser puis figer ses prunelles claires sur les siennes. Des croquis, Astarté en avait quelques uns. Des modèles, uniquement ceux de son vieux maître. Il était toutefois hors de question qu’elle les lui montre avant qu’il ne s’engage à quoi que ce soit. Il était si simple de voler des idées, et l’amitié était quelque peu aveugle des élans artistiques et des appropriations artistiques.

- Je voyais cinq bijoux uniques, pour être entièrement honnête avec vous.

Elle laissa planer un silence, lui laissant un bref répit pour imaginer la suite, pour deviner la destination finale de ses paroles. La gitane se rapprochait un peu plus de Lancelot, prenant appui sur le bout de son siège. Ils parlaient d’art. C’était sérieux.

- Un premier pour Erebor et le Roi des gitans. Un second pour Sombreciel et l’enfant de Sombreflamme. Un troisième pour Bellifère et la duchesse de sagesse. Un autre pour Valkyrion et le couple ducal. Un dernier, plus raffiné encore, pour la famille impériale.

Elle en appréciait la moitié à moitié moins de ce qu’ils méritaient, mais son sourire semblait sincère alors que son hypocrisie frôlait de nouveaux sommets. Ils étaient ducs et influents. Elle avait besoin d’eux, elle vivait dans leur désir et n’existait que dans leur regard. Surtout, surtout, elle n’allait pas diminuer le duc de Sombreciel devant Lancelot autrement qu’en le qualifiant d’enfant. Il en était un, capricieux et volage et insipide et pâle. Même l’enfant le plus difficile aurait droit à son présent.

- Seriez-vous prêt, Lancelot, à dormir bien peu cette prochaine année et surpassez votre talent déjà incroyable, pour cette affaire?

Comme elle aimerait qu’il accepté, Astarté! Nulle supplication, nulle pression. La fière Erebienne espérait en toute dignité, patientant une réaction. La joaillière était convaincu de leur suprématie du domaine artistique. À eux deux, ils sauraient laisser une trace d’une délicatesse inouïe dans l’histoire de la joaillerie ibeenne. La gitane contempla encore un moment le regard de son ami avant de lui rendre sa main en guise d'invitation. Il était libre. Libre de refuser, d’hesiter, de repousser cette requête à plus tard. Libre d'accepter une année difficile pour façonner un rêve en compagnie de la sertie de merveilles.

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Message Sujet: Re: Des merveilles à l'unisson   Dim 29 Oct - 4:41

Cinq bijoux uniques.  Cette déclaration me laissa quelques instants perplexes avant de me rendre extrêmement curieux.  Des trésors que nuls ne pourraient voler, que quelques rares élus auraient pour eux-même.  C'était magnifique.  Le geste avait une certaine élégance et démontrait au monde que nous ne nous livrions pas à notre art simplement pour l'argent qui en résultait, mais aussi pour la beauté de la chose.  Ces pièces ne seraient pas reproduites, montrant notre talent et notre créativité.  Cela aurait des répercussions immenses.  Je pouvais le pressentir.  En parlant de seulement cinq modèles, je pouvais deviner un peu ce à quoi elle songeait.  Ce ne pouvait qu'être que ça.  Et l'idée me séduisait totalement.  Il n'était pas dans mes habitudes d'offrir mes automates en présent, je laissais plutôt les gens venir à eux, j'évaluais s'ils en étaient digne ou non.  Il aurait été bien malin celui qui aurait réussi à m'acheter un de mes précieux enfants sans avoir ma pleine approbation.  Les grands de ce monde m'était toutefois plutôt indifférent.  Il ne me serait jamais venu à l'idée de leur dédiée l'une de mes œuvres sans qu'ils ne m'en ait fait l'expresse demande.  Je n'étais point homme à se laisser émouvoir par les ferveurs patriotiques et si l'un de mes automates se trouvaient désormais, notamment, entre les mains de mon duc, c'était simplement parce qu'on me l'avait demandé.  Cette fois encore, l'idée ne venait pas de moi, mais une fois le geste posé, qui se soucierait de savoir qui de moi ou de la bijoutière avait d'abord penser à unir nos talents pour les différentes têtes couronnées d'Ibélène?  Car je ne m'étais pas trompé, c'était bien ce à quoi elle pensait et je m'y pliais avec bonne grâce.  Une fois ces présents terminés, la noblesse entière ne parlerait plus que de nous.  De notre art.  Et un refus de réaliser de nouveau pareille pièce de joaillerie ajouterait quelque peu de mystère à notre aura déjà retentissante dans tout le continent.  N'eut été la guerre, j'aurais également accepté de faire quelque chose pour les Faës.

« Douce Astarté, vous avez frappé à la bonne porte, » répondis-je en m'inclinant dans geste éloquent.  Très certainement, je ne pouvais qu'accepter cette collaboration.  C'était une occasion en or d'unir mon nom à celui d'une autre artisane de renommée et je n'allais pas passé mon tour.  Surtout quand le projet était si raffiné, si délicat et poétique.  J'aurais fulminé de savoir cette œuvre de longue haleine mise entre les mains de toute autre personne que moi-même.   D'envie.  Tant de beauté réunie en un seul endroit et pas un seul instant sous mon toit, c'était plus que je n'aurais pu le supporter.  Je pris la main délicate bien que marquée par le travail de l'Erebienne et y déposai un baisemain léger : je ne désirais pas la froisser rien qu'à l'aube de notre nouvelle entente.

« Ma muse, montrez-moi donc ce que vous avez déjà sous la main que je me fasse une idée plus précise.  Vous me voyez conquis par l'idée de cette œuvre et je vous en voudrais de ne point m'accorder votre confiance sur ce plan. »

Je laissai sa main retomber et me penchai pour récupérer plume et parchemins.  J'en avais toujours de cachés ici et là, au cas où : une idée pouvait naître à tout moment dans mon esprit et il était nécessaire que je la couche sur papier avant qu'elle ne s'évanouisse en volutes vaporeuses.

« Voilà de quoi écrire, nous pouvons commencer tout de suite à prendre les dispositions nécessaires.  Je ne saurais guère attendre très longtemps très chère.  Vous m'avez subjugué. »

Il me tardait de mettre en croquis et en mots tout ce que nous pourrions accomplir à deux.  Ce doux rêve me portait sur des nuées et je n'avais point la patience d'attendre quelques jours.  Et quelque chose me disait que le séjour de ma collègue ne serait jamais assez long pour parler de long en large de toutes les idées qui nous viendraient en tête.

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